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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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Beaucoup se sont surtout aperçu que Trump n'était pas un très bon débatteur, et ne connaissait pas grand-chose aux réalités des dossiers politiques dont il est censé parler, si bien que sur toute la durée des débats où il a été, il a parlé en moyenne autour de 17 minutes par débat, ses interventions essentiellement résumées à des attaques ou contre-attaques, plus quelques grandes affirmations-slogans assez gratuites. S'il est sorti le plus souvent de ces débats avec l'apparence d'être le "vainqueur", c'est pour d'autres raisons, avant tout le fait que son audience et son audience putative dans la base républicaine se foutent éperdument de ce qu'il a à dire dès lors qu'il dit "fuck you" à ceux estimés appartenir à "l'establishment" du GOP et au "politiquement correct" (terme commodément protéiforme qui sert plus souvent à définir l'hypocrisie supposée des autres). Dans les débats à venir, surtout ceux de la générale, face à un seul adversaire, et avec une audience bien plus large que la base du parti républicain, il n'est pas dit qu'il puisse s'en sortir à si bon compte, vu qu'il devra nettement plus exposer son flanc et ne pourra pas se contenter d'invectives; il est donc probable qu'il fasse tout pour limiter au maximum le nombre de débats et leur durée. En attendant, ce débat-ci, il avait tout intérêt à l'éviter, non parce qu'il risquait d'y laisser des plumes, mais parce que son absence était nettement plus productive, faisant sentir à la droite US que sans lui, l'audience et l'intérêt dégringolaient (ce qui s'est passé), et que les débats tournaient quand même en bonne partie autour de lui (ce qui s'est passé), soulignant sa position extrêmement dominante, qu'il soit là ou pas. Et au passage, cela lui a permis de montrer sa "puissance" en mettant FoxNews sur la sellette et en les présentant comme faisant partie de "l'establishment"; on notera sa tactique préalable au débat d'apparaître partout pour dire qu'il ne serait pas sur le débat et créer cette polémique ridicule mais monopolisatrice d'attention, allant jusqu'à réussir le coup de maître de se faire supplier en direct par Bill O'Reilly (présentateur emblématique de Fox) comme un enfant qui se fait prier par ses professeurs et parents pour daigner aller faire quelque chose. Ca a beau être ridicule, narcissique à l'extrême, méprisable au possible, rabaissant pour le débat public, il faut admirer la technique, parce qu'il s'agit là d'une démonstration de force.
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turquie La Turquie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de madmax dans Politique etrangère / Relations internationales
Si tu penses ainsi et t'en remets immanquablement à l'Etat par crainte, tu auras et subiras ton régime de parti unique qui n'a de démocratique que quelques apparences. Aussi imparfaits qu'ils soient, les médias sont la plate-forme de l'affrontement nécessaire entre les puissances dans un espace politique: tant qu'il reste hors du champ de la violence physique, cet affrontement doit à tout prix continuer. Empêche le de se dérouler comme Erdogan le fait actuellement, et le résultat est à terme garanti: les forces qui sont muselées finiront par se manifester de façon violente, et ce que tu as cru éviter te reviendra dans la gueule avec une puissance décuplée. -
turquie La Turquie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de madmax dans Politique etrangère / Relations internationales
Pour la simple raison qui est à la base de la démocratie: aucun pouvoir ne peut être cru. A aucun pouvoir ne peut-on confier toute autorité. comme il est impossible d'éliminer la puissance d'entités et/ou d'individus donnés, quelle que soit la nature de leur pouvoir (étatique, politique, économique, spirituel, médiatique, social), on crée un terrain de jeu où ils sont obligés de s'affronter. Parce que les espaces de libertés n'existent que dans l'intervalle entre ces combattants. N'en laisse qu'un seul sur le ring, et c'est ton tyran. Je serais turc, je voudrait voir ces gars là continuer à s'affronter longtemps, parce que tant que le combat dure, ils sont de fait contraints de "demander" (en partie, mais c'est déjà quelque chose) au peuple d'être l'arbitre, et sont forcés de le courtiser au moins dans une certaine mesure. Plus il y a d'idéologies et courants d'opinion en compétition, pouvant amasser un auditoire et des moyens, plus le combat a des chances de durer, et plus la liberté a de garanties. Exemple de raisonnement à l'envers: si ce que tu dis est si vrai, alors l'Etat peut édicter n'importe quelle loi, aussi abusive soit-elle, et labelliser qui il veut "terroriste" ou "journaliste irresponsable", et l'enfermer. Sans contre-pouvoir et, dans le cas de la presse, un certain degré d'immunité, il n'y a pas de liberté. L'arbitrage pour savoir si un journaliste, un reportage, voire tout un média, a, dans l'exercice de son métier, "franchi la ligne" et vraiment pleinement aidé une organisation violente dans une action directe contre l'Etat et/ou la population est dans les faits et le monde réel souvent bien trop délicat pour ne reposer que dans les mains d'une seule autorité (à moins d'avoir pris ouvertement et expressément fait et cause pour la lutte de cette organisation, ce qui est plus aisé à trancher, mais arrive plutôt rarement). A des niveaux EXTREMEMENT variés. Un petit pois n'est pas une pastèque. Pour être libre et trouver sa voie, tout enfant doit "tuer le père" (métaphoriquement; essentiellement, c'est s'en affranchir, et le voir dans sa réalité, pas dans son mythe); c'est une règle de base de la psychologie humaine. -
Crise financière mondiale [info only]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de debonneguerre dans Economie et défense
Ca c'est pas un choix libéral. D'abord, la flat tax est un sujet très discuté, et pas particulièrement la marque du "libéralisme" en général, mais de certaines écoles de pensée extrêmement spécifiques (et généralement très idéologiques). Ensuite, et surtout, Poutine l'a implémentée parce que l'Etat russe ne repose pas vraiment sur la taxation de l'activité et des personnes, ou seulement en partie: plus de 50% de son budget viennent des royalties et dividendes des ressources naturelles (en immense majorité les hydrocarbures). Quand ton besoin fiscal est réduit à ce point, les impératifs budgétaires changent drastiquement, surtout si tu y ajoutes le fait que ton système politique, ou plus prosaïquement ton pouvoir personnel, de nature clientéliste, se fonde sur la conciliation et la tenue en laisse d'un certain nombre d'oligarques et potentats divers qui n'ont pas envie de payer d'impôts et dont tu t'assures de leur coopération en leur laissant la bride sur le cou pour qu'ils s'occupent plus de leurs baronnies et et moins du pouvoir. Dans ce contexte, la flat tax n'est qu'un moyen de prélever un minimum d'impôts (le montant réduit qui est nécessaire) tout en gardant les boyards heureux. Sans les ressources énormes de la Russie, le modèle ne fonctionne pas et n'est en rien économique (l'Etat russe ne tiendrait pas debout, à moins de réellement taxer ou, pire, d'essayer des réformes qui, en l'état du pays, précipiterait plus une guerr civile qu'autre chose). C'est un choix politique contraint qui prend les apparences d'une flat tax. -
Crise financière mondiale [info only]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de debonneguerre dans Economie et défense
Ah, ben si les Russes rétablissent l'usage du Knout, je vais envisager de créer une usine pour produire ces charmants gadgets (juste histoire de rester dans le fil économie). -
Crise financière mondiale [info only]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de debonneguerre dans Economie et défense
Naaan, chez lui, les défilés Gay Pride, ça se fait à la campagne, à dos de cheval, têtons à l'air.... Maintenant, Vlady, libéral en économie? J'ai du mal à voir en quoi . -
Crise financière mondiale [info only]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de debonneguerre dans Economie et défense
Oh! Ces vieux cours d'économie (années 90/début années 2000) où l'utilité de la spéculation était encore mise en avant (révélateur de tendance, "testeur" d'un marché).... Quand on voulait encore croire qu'elle ne représentait toujours qu'une part minime de ce qui est très facilement appelé "investissement" de nos jours (un terme qui devrait sérieusement être défini et encadré), alors qu'elle est ce qui donne le ton des marchés aujourd'hui. On n'en finit pas de pleurer la perte des principes et de l'esprit qui ont présidé au vote de Glass Steagall. Le drame majeur aujourd'hui, c'est l'ouverture globale: quel pays pourrait se permettre de commencer seul un tel chantier de réformes financières? On en voit bien un, mais c'est celui dans lequel il est le moins probable que ça puisse se faire. Quand à ce qu'un accord en ce sens se trouve entre ne serait-ce que les économies du G8/ex-G8, autant rêver. -
Crise financière mondiale [info only]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de debonneguerre dans Economie et défense
C'est le cas, en caricaturant un peu (à peine). Il peut disparaître en bonne partie dans un premier temps, et une partie du reste avec le temps, au fil de la dégradation du capital acquis quand il y en a (les immeubles vides évoqués et autres grands projets sans objet dont le monde est couvert, surtout à certains endroits), et des faillites et disparitions pures et simples de nombre des entités impliquées. Ce fric ne s'investissant pas dans quelque chose qui a une réelle valeur durable n'a, en essence, pas de contrepartie dont la valeur approche même un peu les montants évoqués, lesquels ne sont du coup maintenus et développés que par les phénomènes de bulle décrits, qui n'existent que parce qu'un consensus en parti voulu en parti suivi existe pour décréter que ces évaluations sont plausibles. Et après, on parle de l'Etat et de sa "fiat money".... Ceci dit, faut pas non plus entièrement jeter le bébé avec l'eau du bain: une partie de cet argent alimente quand même nombre d'investissements bien réels. C'est juste que la proportion de ces investissements est minime par rapport à l'énormité des sommes évoquées, et a tendance à l'être encore plus quand la demande est atone et visiblement destinée à le rester (oui, c'est un cercle vicieux). Les investissements dans "l'économie réelle" (pour reprendre cette formule caricaturale) ont cet outrageux inconvénients d'être des engagements de longue durée (o mon Dieu, plus d'un an ou deux), plus ou moins incertains (et encore plus avec la demande structurellement plate et les perspectives de développement plafonnées), et à la profitabilité souvent limitée (sauf dans un nombre limité de secteurs jackpots ou estimés tels: pétrole et gaz, nouvelle technologie révolutionnaire -qui n'arrive pas tous les 4 matins- ou qu'on arrive à vendre comme telle, secteur en boom à un endroit et un moment donné). C'est là qu'on voit que 99% des soi-disants "investisseurs" sont en réalité très frileux et à très courte vue (eux qui aiment tellement se vendre comme visionnaires et audacieux "capitaines d'industrie" -souvent sans industrie): résultat, leur fric va dans l'emprunt d'Etat (si possible dans la dette à court terme, avec pour résultats ses taux si négatifs) et l'immobilier, deux domaines: - où la ruée est telle que les taux d'emprunts sont négatifs pour les Etats solides, et que la bulle immobilière (= il faut inventer une demande - en fait inexistante- pour justifier des projets dont on maintient ainsi la valeur artificielle pour un temps) est une réalité pour quasiment tous les pays un peu stables - o étrange coïncidence, ces deux domaines sont de loin la majorité de l'investissement extérieur dans les pays développés (l'investissement dans des entreprises locales étant très minoritaire en proportion) Oui, les montants sont énormes (mais divisés en "paquets" cependant: y'a pas un trader aux commandes qui fait de tels mouvements avec 1 milliard d'un coup), mais comme le nom l'indique, c'est moins la masse par transaction qui compte que le nombre de transactions, sur lequel se fait la vraie marge cumulée. Il est à cet égard indicatif que les grandes banques "d'investissement" mettent en place leurs propres réseaux de fibre optique pour gagner quelques nanosecondes sur leurs concurrents et le marché en général: entre Chicago et NY, plusieurs ont ainsi fait poser des câbles adaptés au niveau de fréquence voulu, ce qui coûte évidemment une blinde, le tout pour une vitesse accrue de quelques millièmes de seconde au mieux.... Mais dans ces millièmes se joue leur marge..... Ce qui a évidemment tout à voir avec la rationalité économique, l'optimisation de l'allocation des ressources, l'investissement rationnel ET utile.... Non? -
Pour le savoir, il aurait fallu le faire essayer à jeun..... Donc sa qualité putative en tant que chasseur restera une inconnue. Pour le reste, c'est comme les politiques américains susmentionnés: l'important dans leur business, c'est de faire la photo avec le fusil et des potes (pas de nanas dans cet attroupement "viril"). C'est comme la messe: l'important pour un politique, c'est pas que vous soyez en fait en train d'y rattraper du sommeil ou de faire votre compta, c'est juste d'y être vu. Après, on peut retourner embrasser des mains et serrer des bébés.
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Crise financière mondiale [info only]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de debonneguerre dans Economie et défense
Parce que c'est justement ça qui manque, les moyens de le "garder au chaud", ce fric. Les banques prennent un pourcentage de gestion conséquent, et ne peuvent offrir de taux d'intérêts satisfaisants (surtout avec la mentalité générale actuelle dans la finance qui considère que le long terme, c'est 2 ans maxi, et que la rentabilité se juge donc à cette aune), vu qu'ils sont négatifs pour les emprunteurs tant l'offre de "gros cash" est abondante. Ces investissements sont le signe d'un certain niveau -c'est choquant de le dire- de désespoir. Les taux négatifs offerts aux Etats indiquent qu'il s'agit d'un des moins pires placements du moment (voire le moins pire), un où la dégradation du capital prêté est la moindre. C'est pas la même chose de faire quelques pour cents de bénef en bourse sur son compte épargne, et d'arriver à faire quelque chose de plusieurs milliards ou dizaines de milliards, surtout sur une planète où la demande est structurellement en berne et les perspectives sont au mieux assez plates. Du coup, ceux qui ont des masses de milliards à placer ont peu d'endroits où foutre leur fric: la spéculation peut former des bulles ici où là, mais, outre l'incertitude qui accompagne ces phénomènes dont les leaders du marché sont très conscients (même si c'est dans leur mentalité de jouer à ce jeu et d'y miser toujours un peu plus, certains qu'ils sont de se retirer à temps), elles doivent être fondées sur un minimum de réel. De vastes projets immobiliers sont donc l'autre moins pire placement, entre autres parce qu'il s'agit de placements offrant quelques années (le temps de développer le projet, de bâtir....) où l'illusion peut être maintenue, et qui, si éclatement il y a, peuvent encore offrir des garanties pour un certain temps (l'immobilier se dégrade moins vite que d'autres formes d'investissement). Mais principalement, c'est juste que "garder au chaud" des masses de fric de cet acabit, c'est pas si facile dans le marché mondial que leur accumulation sans frein a créé. De l'inconvénient d'avoir mis graduellement fin aux économies fondées sur les classes moyennes. Pendant une à deux décennies, l'illusion a pu être un peu maintenue que le modèle marchait parce qu'il y avait un certain développement d'une partie du monde émergent, créant une certaine proportion de classes moyennes avec un pouvoir d'achat, mais le plafond est vite atteint quand aucun frein n'est mis à la polarisation de la richesse créée. -
[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Oulà, faute de geek! l'équivalent schwartzénérien (non, ce n'est pas contagieux) du Prix du danger, c'est Running Man.... Tu vas devoir aller réciter des pater et des ave, et te mater un marathon de films de SF pour ta pénitence. -
[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Putain, Rogue! J'arrive pas à croire que cette série ait survécu pour arriver jusqu'à une 3ème saison..... Le premier épisode m'avait tellement emmerdé. -
Crise financière mondiale [info only]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de debonneguerre dans Economie et défense
L'extrême abondance de cash sur la planète, conjuguée à de mauvaises perspectives partout, ne cesse de m'étonner dans ses effets: de fait, on prête à (moindre) perte à des Etats et quelques gros investisseurs aux projets plus ou moins viables, à certains secteurs économiques qui trouvent des fortunes pour des projets de développement que des investisseurs rationnels ne regarderaient même pas en temps normal (regardez le type de projets de "nouvelle-appli-de-la-mort-qui-tue" genre qui permet de foutre un chapeau de clown sur la tête d'un prof dans une vidéo....), et évidemment, à l'achat et/ou la construction massive dans le monde entier d'appartements, maisons ou buildings entiers destinés à n'être jamais occupés, et dont la valeur ne peut que se dégrader (surtout quand on veut limiter les coûts de maintenance d'immeubles vides: faudrait pas qu'ils coûtent trop, non plus) sauf pendant un certain temps où on peut alimenter une bulle immobilière jusqu'au moment où quelqu'un d'important pose la terrible question "qu'est-ce que ça vaut vraiment tous ces trucs?", et que quelqu'un l'écoute. Apparemment, quelqu'un a posé la question en Chine et un certain nombre de gens l'ont entendu. D'ici à ce que quelqu'un la pose dans les Emirats, au Qatar, à NY ou Miami, ou -et là ça chierait grave- en Arabie Saoudite (ou, plus modestement, à Paris ou Londres), que de joyeuses perspectives..... Sauf évidemment pour la capacité d'emprunt de nos chers gouvernements. -
Sanders est un libéral (sens français) à côté de Mélenchon.
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[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Vu, suivi, mais la série a été annulée après la première saison. Quoique beaucoup de choses la rendaient attrayante (y compris l'actrice), je trouve qu'ils se sont enfermés trop vite dans le "too much too soon tous azimuths", avec des prémisses vraiment trop incroyables même pour une ambiance qui se veut thriller. C'est devenu trop commun dans trop de séries, et je ne vois d'explication que des producteurs qui pensent qu'en empilant sans limite des enjeux énormes et des causes de stress venant de toutes les directions, des liens invraisemblables entre les personnages, ils ont les recette du succès. Et cette série souffrait de tous ces symptômes dès l'abord: j'avais fait le pitch de la série ici quand elle avait commencé (je sais pas sur quelle page du topic), mais j'avoue qu'elle m'a lassé au bout de quelques épisodes (tout en continuant à la suivre) malgré ses qualités, au point qu'aujourd'hui, je suis incapable de me rappeler si j'ai ou non terminé la saison. La chargée du brief présidentiel qui manipule littéralement la présidente tout en dirigeant des affaires en cours, évidemment au moment le plus crucial et qui se terminent toutes en temps réel, avec en plus une méta intrigue qui la lie à un terroriste ultra-dangereux (genre littéralement le sort entier des USA) via sa relation quasi familiale avec la dite présidente? Sachant qu'à côté, elle se bourre la gueule et s'envoie en l'air au lieu de profiter des quelques heures qu'elle a pour pioncer? Le tout lancé dès le premier épisode et fonctionnant à plein régime directement? Quand on a un synopsis aussi grand guignol, faut pas jouer les éjaculateurs précoces, et laisser quand même un peu de temps pour rendre les personnages attachants (ce qui implique entre autres qu'ils soient un minimum crédibles, et leur petit monde aussi), qu'on s'intéresse à leurs affaires et les prennent à coeur, qu'on trouve un tempo.... Après seulement, on peut commencer à leur balancer graduellement plein de merdasses sur la tête avec lesquelles ils devront jongler façon 24. -
Arabie saoudite, le pays et son influence internationale
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Ce qui est un record, étant donné que leurs routes sont en grande partie des trucs tout droits ou des plans urbains tracés à l'équerre, bien nets, contrairement à une bonne partie de nos routes au tracé hérité de l'histoire, et avec nettement plus de trafic. En même temps, ils ont un peu que ça à foutre, et doivent s'emmerder comme c'est pas permis, donc autant se lâcher et crever de quelque chose avant que le diabète ou l'infarctus n'emporte le combat. -
[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
C'est en fait ma crainte. Les deux possibilités majeures sont: - une explication "matérielle", cad un biais technologique ou magique qui donne la possibilité d'ouvrir deux timelines. J'ai rarement vu ça bien mené en film ou série. Ca peut mieux marcher en livre où on est moins directement contraint par le visuel, par la "matérialisation" (pour le spectateur) des artifices de scénario. Généralement, au cinoche ou en série, y'a beaucoup de chances d'avoir du très bancal, voire de l'enfermement dans les mécanismes foireux du "comment c'est possible".... Ce qui est généralement le moment où un récit tourne au pur truc pour geek prêt à rentrer dans un "système" (de magie, de technologie plus ou moins délirante....) et à en compter les rouages. Dans le cas d'une série, si on veut la prolonger, c'est là que la prod peut vraiment inciter à ça, et c'est le coup fatal à la qualité. Et là, M. Grand Guignol et Mme Deusexmachina pointent souvent le bout de leur nez, pour tirer des auteurs imprudents et/ou contraints par leur prod, d'un pétrin autocréé. - une explication "mystique", voire un onirique..... Et là on tombe dans la fin à la japonaise (cf Akira, pour ceux qui l'ont encore en travers de la gorge), la fin ouverte avec parfois un grand bouzin visuel (pour éviter d'avoir à expliquer quelque chose ou avouer que l'auteur avait pas vraiment réussi à trouver un bon truc pour terminer son délire de départ). Là encore, ça peut mieux marcher en livre avec un auteur habile qui sait laisser l'esprit turbiner: les médias audiovisuels permettent nettement moins ce genre de chose, aussi bon soit l'auteur, parce que la même chose donne l'impression au spectateur d'être pris pour un con, là où ce n'est pas le cas à l'écrit (de la différence profonde entre les médias). Ce genre d'intrigue est un peu difficile, au final: c'est un enfermement dans une impasse scénaristique juste pour le thrill d'une excellente idée de départ (généralement un what if). Dans un genre comparable, mais sans surnaturel, je trouve que Fatherland (aussi adapté à l'écran, mais dans un mauvais film) s'en était bien mieux tiré. T'as déjà vu un bon Total Recall? Je cherche encore, parce que c'est pas Schwartzy ou Farrell qui vont me convaincre (bon, Sharon Stone jeune et Kate Beckinsale si.... Mais quelque chose me dit que ça n'a rien à voir avec le scénario ou mon cerveau). -
[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Je suis d'accord: c'est étrange, mais il me faut toujours regarder les deux derniers épisodes, et j'arrive pas à m'y résoudre tout en en ayant envie. Cette série est grandiosement réalisée, parvient à créer et faire sentir l'atmosphère qu'elle a voulu créer (peut-être que cet étouffement est aussi ce qui finit par déranger: le temps d'un film, c'est une chose, le temps d'une saison, soit plusieurs films, c'en est une autre: à la longue, personne n'aime être étouffé), les acteurs sont bons et bien choisis, les dialogues corrects (un peu niais parfois, mais généralement corrects), les interactions plus matures que la moyenne, les personnages bien caractérisés (pas de super héros, pas de blanches colombes, pas de méchant-juste-parce-que-j'aime-être-méchant-et-puissant, pas de poids lourd dominant: plusieurs individus dont on explore l'intérieur, les choix et les motivations) et par lesquels on sent le poids indirect, souvent inconscient, des idéologies et impératifs nationaux, et la lourdeur contraignante de la politique appliquée et des appareils d'Etat, un très bon usage de l'évocation plutôt que l'exposition directe (comme évoqué plus haut, la violence suggérée est très bonne: la découverte du charnier, après un long "processus", a ainsi un effet puissant)..... Bref, vraiment beaucoup de bon, malgré les prémisses évidemment exagérées (on sait plutôt bien, surtout sur ce forum, que l'Allemagne et le Japon n'avaient pas les moyens de menacer les USA) et l'élément surnaturel (le futur alternatif sur film) dont j'ai du mal à vraiment voir comment ça peut se goupiller ultimement dans une intrigue qui ne deviendrait pas du grand guignol (mais évidement, je ne demande qu'à être heureusement surpris).... Et pourtant un grand problème qui ne peut vraiment se résumer à la seule question du tempo. Faut vraiment que je me motive pour finir la saison.... -
Un petit point sur la réalité des primaires, juste histoire que tout le monde maintenant se fasse une idée sur ce qui va suivre. Voici le calendrier: - 1er février: caucus de L'Iowa pour les deux partis - 9 février: primaires du New Hampshire pour les deux partis - 20 février: caucus démocrate du Nevada et primaire républicaine en Caroline du Sud - 23 février: caucus républicain du Nevada - 27 février: primaire démocratique de Caroline du Sud - 1er mars: Supertuesday et game over Petit rappel: les Etats procédant par primaires utilisent un système de vote direct, généralement moins limité aux encartés (selon des modalités différentes), les électeurs choisissant leur candidat. Les Etats procédant par caucus (il y en a 13 en tout) organisent un vote dans chaque "precinct caucus" (traduisons très approximativement par "circonscription") de chaque comté de l'Etat (1681 caucus pour les deux partis, 99 comtés) pour élire des délégués aux conventions de comté. Ces 99 conventions de comté (dans chaque parti, de fait) sélectionnent ensuite parmi ces délégués pour former une "Congressional District Convention" et une "State Convention" qui choisirons, entre autres, les délégués pour les "Presidential Nominating Conventions", l'organisme désignant le candidat d'un parti. Les caucus sont donc un processus très indirect, impliquant peut-être une meilleure représentativité, une plus grande capacité à créer du consensus (essentiellement à minima) plus durable dans un parti, à éviter les fièvres populistes, mais aussi, évidemment, beaucoup de détournements potentiels, d'abus, de filoutage, de cooptation/harponnage en cours de route, par rapport aux primaires, plus directement représentatives, mais aussi plus "césaristes". Dans le cas démocrate pour 2016, on note l'importance du calendrier dans la circonstance de l'affrontement Sanders-Clinton: l'Iowa en tout premier, où Clinton semble encore être la favorite (malgré l'avance apparente depuis 1 ou 2 semaines de Sanders, qui serait plus dans la marge d'erreur que réellement nette) et où elle concentre la majorité de ses ressources disponibles, prend une signification particulière. Pour Sanders, une victoire le rendrait pleinement crédible au plan national, le rendrait "réel" en quelque sorte, dans le sens même d'un "vote utile", pour beaucoup de monde, et aurait donc un effet majeur de rebattage des cartes et reformulation des calculs pour la suite. Pour Clinton, c'est un "make or break moment" (ça passe ou ça casse) dans une certaine mesure, eu égard à se force réelle, mais aussi à sa relative impopularité personnelle (elle est nettement plus un vote utile, voire nécessaire/inévitable, qu'un vote de conviction), et au niveau de ressources qu'elle a consenti dans cet Etat. Une victoire ne lui créerait pas un effet d'entraînement particulier, mais une défaite pèserait assez lourd, surtout avec une défaite désormais attendue dans le New Hampshire. Elle a une force secondaire dans l'Iowa via le processus de caucus qui repose ainsi moins sur la ferveur populaire et militante, et plus sur les délégués potentiels et actuels (via la façon dont sa fonctionne en interne), auprès desquels elle a très activement fait campagne et auprès desquels elle est nettement plus en vue que Sanders (ce que ne reflèteront pas réellement les sondages), ce qui pourrait potentiellement aller jusqu'à détourner le vote des militants en cas de victoire de Sanders si la marge de différence entre les deux est faible. Une victoire clintonienne en Iowa aurait ensuite un profond effet sur le vote en Caroline du Sud, où Clinton est encore en force, quoique vote le NH. je gage que les efforts de la campagne Sanders se portent actuellement beaucoup sur cet Etat, le Nevada, bizarrement, ayant moins d'attention. Quoiqu'il en soit, les pundits américains reportent ainsi l'importance de l'organisation Sanders pour un plan post New Hampshire.
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J'ai fait le tour des sondeurs, et il semble confirmé que Trump n'a, à ce stade, réellement aucune chance dans une générale; c'est moins visible avec les intentions de vote proprement dites qui, si loin de l'élection, ne veulent rien dire et sont encore le plus faible indicateur. Nate Silver (le seul sondeur américain qui ne se soit jamais gouré dans ses prévisions, aussi longtemps à l'avance qu'elles aient été faites) pointe que le plus lourd problème pour Trump est ses "net favorability ratings", soit la popularité dans un électorat particulier; en suivant l'évolution de tous les aspects et angles possibles pour ses "favorability ratings", Silver a observé que la figure ultra polarisante de Trump le sert autant dans les conditions de la primaire républicaine actuelle qu'elle le dessert pour une générale. A mesure que sa popularité dans le parti républicain s'est renforcée, il a aussi polarisé CONTRE lui en interne du parti, son lead ne restant possible que: - parce qu'il a su conquérir une masse critique suffisante (quelque part entre 1/3 et 40% de l'électorat des primaires du GOP) - parce que la compétition est restée extrêmement fragmentée entre beaucoup de candidats Le fait est qu'une proportion conséquente de ceux qui ne vont pas voter Trump lors de la primaire ont de bonnes chances de ne pas voter pour lui dans une générale, ou de ne pas aller voter (en tout cas de ne rien cocher pour la présidence, les bulletins électoraux étant des trucs uniques et imbittables où on vote pour toutes les élections du cycle d'un seul coup). C'est ça, être polarisant: Trump est ou bien adoré, ou bien détesté, avec peu de monde entre les deux. Et le fait est que les conservateurs idéologiques/durs et les "modérés" (qui ne le sont qu'en nom, si on regarde objectivement) détestent le "trumpisme". Mais vraiment, ils le détestent. L'évolution de ses "net favorables" sur les 3-4 derniers mois est la plus abyssale de tous les candidats GOP: - 25%. Plus il conquérait et développait SON public, plus il s'aliénait tout le reste. A ce stade, on peut légitimement parler de mépris pur et simple, voire de haine. Et au stade national, cet effet a été démultiplié et se trouve encore plus vérifié: Trump est incroyablement impopulaire chez les démocrates et "left leaning" en général, et, beaucoup plus grave, dans ce vaste et très divers package statistique qu'on appelle rapidement "independents", soient les 20 à 30% dont l'orientation du vote n'est pas écrite à l'avance et sur qui tout repose. Dans l'ensemble, tous les candidats ont vu leurs "favorables" baisser à mesure que la campagne progressait (on observe donc la différence entre ceux qui voteront POUR quelqu'un, et ceux qui se résignent à voter en faveur d'une plate-forme, d'un parti, pour le "moins pire", ou contre quelqu'un); et cette baisse implique entre autre que tous les candidats voient leurs "net favorables" (la différence entre "favorables" et "unfavorables") être généralement en négatif. C'est modéré dans beaucoup de cas, voire tourne autour de 0 (autant de partisans que d'opposants), mais chez les républicains, la plupart des candidats avec un score conséquent ont un "net favorable" incroyablement bas (Trump à -33, Bush à -22), ce qui est pour le coup anormal et indicatif de l'extrême polarisation non seulement entre les partis, mais aussi en interne des partis. Une exception à cet état de fait, et à cette dynamique: Bernie Sanders. Seul candidat à avoir un "net favorable" positif tant au sein du parti démocrate qu'au niveau national ou chez les "independants". Il est même populaire chez les républicains, ce qui indique entre autre le poids d'une image de forte conviction, d'indépendance et d'intégrité dans l'électorat, par rapport au poids du programme. Sur ce plan des "net favorables", Trump et Clinton souffrent du même problème, qui est le revers de la médaille de leur avantage: ce sont des figures très connues, et depuis longtemps. Cela leur a permis de conquérir un nombre certain de fans (surtout Clinton, dont les "favorables" sont bons, encore pour l'instant supérieurs à ceux de Sanders), mais aussi de cumuler les casseroles, les problèmes, les erreurs, les hypocrisies.... Les "unfavorables" (vraiment l'équivalent politique des "thumbs down" ou "dislike", mais avec de vraies conséquences) de ces deux figures sont énormes. Le fait est que tout le monde aux USA sait qui ils le sont, le savent depuis longtemps, et ont depuis tout aussi longtemps une opinion bien ferme sur eux, qu'il est très difficile de changer, ce qui limite fortement leur marge de manoeuvre (ceux qui n'aiment pas ne vont pas changer d'avis) et rend extrêmement cher (temps, argents, efforts) et hasardeux le fait d'essayer de la changer. Les Américains, ou plutôt les groupes électoraux dans lesquelles on peut répartir les Américains (dans chaque Etat et au niveau national) savent ce qu'ils regardent avec ces deux-là, et un nombre très important d'entre eux n'aiment pas ce qu'ils voient. C'est infiniment plus problématique pour Trump que pour Clinton, qui a plus de marge pour, à tout le moins, être un vote utile. Face à Trump, pour elle, c'est du pain béni. Sanders, lui, est sur un nuage à côté de ces deux-là; il est encore tout nouveau tout frais pour la grande majorité des ricains (ironique vu le kilométrage du gars), il suinte l'honnêteté et la conviction et, contre toute attente, c'est un fabuleux candidat en termes de talent pour faire campagne. Ce ne sera pas forcément assez pour l'emporter dans la primaire, mais c'est déjà un élan incroyablement fort, et surtout, ça lui laisse une énorme marge de progression.
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Non, ça n'a pas grande influence: - d'abord et avant tout, Bloomberg n'est que partiellement de l'establishment new yorkais (il l'est par son niveau de fortune et le carnet d'adresses, mais pas par "appartenance"), et il est par lui-même assez riche et égocentrique pour dire merde à tout le monde si il le veut. Ce qui est sûr, c'est qu'il n'est pas un message envoyé par quelqu'un d'autre: ça vient de lui et de lui seul, cette initiative (qui n'est pour l'instant qu'une annonce sur quelque chose qu'il pourrait envisager) - le New Yorkais pas "américain", c'est une vision qui n'existe que dans une partie des USA, majoritairement rurale, dans les Etats du midwest et du vieux sud (plus la partie rurale du grand ouest peut-être), et essentiellement à droite, soit dans l'Amérique rurale culturellement très conservatrice. Ce qui ne fait pas une proportion si énorme que ça du pays. Mais c'est une population qui gueule fort. Et au final, c'est la même chose que ce qu'on peut trouver en France à l'encontre des Parisiens: "les gens de la grande ville et/ou de la capitale" se voient toujours affublés de stéréotypes (comme tout le monde.... Et ils les rendent bien) assez banals ("cosmopolites", "pas authentiques", "loin des vraies valeurs", "mous", "menteurs", "mal élevés", "snobs", "coupeurs de cheveux en quatre".... Et autres conneries).
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Comme -et c'est là un peu le problème- toute la classe des journalistes, "experts", consultants et intervenants politiques de tous types qui se déchaînent sur cette campagne depuis plus d'un an. Les journalistes ricains bavaient devant la campagne législative anglaise qui avait duré 60 jours chrono.... Tout en rebasculant sur la campagne 2016 la minute d'après. Ca fait un an qu'en moyenne, sur les talk show orientés info, y'a facilement les 2/3 du temps qui sont consacrés à cette campagne et à tous les petits pronostics et débats stériles (mais dont le cumul et la permanence font un objet politique réel, puisqu'ils définissent où va l'attention médiatique, donc où vont les politiciens et ce dont ils parlent) qui l'accompagnent. C'est de la pure parlotte politicienne gratuite, de rien et sur rien, cet aspect de la campagne qu'ils appellent la "course de chevaux", soit tout ce qui ne concerne PAS les problèmes et sujets importants (même ceux de la campagne), juste la course à l'échalotte, les guéguerres internes et les luttes d'egos, et tout ce qui peut en découler. Un journaliste américain lucide disait que c'était réellement la cocaïne de la presse politique: ils savent que ça ne sert à rien, que c'est mauvais pour eux et pour le débat public, que ça sert les intérêts en place (surtout de ceux qui vendent cette merde et/ou en profitent par ricochet), que ça rend tout le monde plus agressif, polarisé et méchant, que comme c'est l'équivalent civilisé de la guerre, la vérité est la première victime.... Mais ils ne peuvent pas s'en empêcher. Mais bon, maintenant, les premiers votes des primaires, qui sont le premier tour aux USA, sont dans peu de temps, donc les enjeux sont maintenant concrets et réels.... Et inquiétants, tant le débat a ainsi été mal tramé.
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Ou plutôt: "est-ce que suffisamment d'Américains croient que nous nous trouvons au point de basculement".... Et le croient très fortement. Une énorme partie de ce qui va se passer va dépendre du niveau de mobilisation des populations qui suivent Sanders/Trump, et/ou qui rejettent les candidats traditionnels, et/ou qui veulent du changement de façon forte. La participation est un des problèmes essentiels de la représentation et de la politique aux USA, de même que l'information sur la politique, qui n'est suivie que par une partie de la population, malgré l'énormité de l'appareil médiatique. Sanders, plus encore que Trump ou Cruz, fait sortir des non votants des sous-bois. En fera t-il sortir suffisamment?
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petite nouvelle "amusante": l'ex-maire de NY, le milliardaire Michael Bloomberg, créateur des services et médias financiers éponymes, a annoncé sérieusement envisager d'entrer dans la course à la présidence, se disant prêt à engager jusqu'à 1 milliard de dollars dans sa candidature..... Mais seulement en cas, a t-il dit, d'une élection qui verrait Trump ou Cruz d'un côté, contre Bernie Sanders de l'autre. Bloomberg dispose certainement des moyens, des contacts et de l'organisation politique pour tenter le coup, même si une telle candidature en indépendant aurait peu de chances de réussir (il rallierait cependant beaucoup des gens de l'establishment paniqués par une élection 100% populiste); il subirait en plus le double effet négatif de son image de "liberal" sur le plan sociétal, qui lui aliènerait beaucoup de monde à droite, et d'ultra capitaliste (on lui attribue à NY, pas à tort d'ailleurs, une posture ayant accru les inégalités dans la ville au point d'en faire, comme on dit aux USA et en référence à un roman de Dickens, "a tale of two cities"), qui empêcherait de voir la gauche le soutenir réellement.
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Ca fait quelques jours, déjà: elle a déjà à plusieurs occasions, dans des rassemblements pro-Trump, sorti quelques belles longues tirades difficilement compréhensibles (sauf, apparemment, pour l'audience particulière qui est ciblée) ressemblant essentiellement à de la salade de mots, faite de phrases sans queue ni tête, de morceaux de discours enfilés les uns dans les autres comme si quelqu'un avait coupé toutes les phrases en plusieurs morceaux et les avait réassemblé au petit bonheur. Parce que c'est le pire, dans l'histoire: à chaque occasion, elle lisait un prompteur, donc quelqu'un a écrit ces débilités -déjà assez triste en soi-, mais a aussi pondu cette masse discontinue d'incohérences.... Mais bon, après tout, il semble que ce qui compte pour cette audience, c'est que quelques mots et courtes locutions clés soient prononcés, et avec le bon ton. Genre "Obama est nul", "les démocrates sont des cons", "le monde va s'effondrer demain et les musulmans vont envahir", "Trump va nous sauver", "small governement", "jeeeeeezus takes the wheel", "our army is invincible".... Blablabla, "star spangled banner", "meuwica".... L'un des pires moments fut quand elle a réussi à attribuer les déboires de son fils cette semaine (vétéran avec visiblement quelques problèmes, puisqu'il a violemment battu sa copine dans le domicile parental, puis l'a menacée avec un AR-15 avant de menacer de se suicider).... A Obama en personne. C'est de sa faute si son rejeton a pété une durite. Et tout le monde dans la foule d'applaudir. Evidemment, comme le soulignent nombre de commentateurs, palin est un atout dans quelques endroits comme les caucus conservateurs de l'Iowa, mais globalement, elle est un handicap majeur, parce que sorti de tels microcosmes particuliers et qui n'ont d'importance que très momentanée, elle fait fuir et/ou marrer. Problème: elle ne marche (cad, elle n'a d'effet qu'ainsi ET elle n'accepte de participer que si elle peut faire splash et faire du cash) qu'à la publicité et avec des déclarations tonitruantes et largement diffusées: depuis la plate forme inespérée que lui a offerte McCain en 2008, elle ne vit (très bien) que de ça, à savoir faire fructifier une notoriété sans apport et sans impact politique réel (mais la taille du marché est suffisante pour la rendre très riche).... Faut quand même savoir que même FoxNews l'a virée. Ce sera amusant de voir comment Trump va la virer sitôt les primaires d'Iowa passées, sans qu'elle fasse un esclandre (elle a déjà annoncé se voir en secrétaire à l'Energie, prétextant son "expérience" en tant que gouverneur (pendant moins de 2 ans- d'Alaska); si ça se passe en douceur, je supputerai que quelqu'un a payé une jolie somme. Parce qu'en termes de perspectives politiques, non seulement elle n'en a aucune, malgré ses discours, mais en plus, aucun conservateur ne veut la voir traîner longtemps autour de lui. On la fait aboyer 2-3 fois devant certaines foules précises à certains moments, et après, on aimerait bien pouvoir la faire piquer.