-
Compteur de contenus
18 697 -
Inscription
-
Dernière visite
-
Jours gagnés
166
Tout ce qui a été posté par Tancrède
-
terrorisme Daesh
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Politique etrangère / Relations internationales
Demande pas à M. Dassault.... -
Guerre civile en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de maminowski dans Politique etrangère / Relations internationales
Ouais, on dit pas non plus ce qui a pu être demandé en échange. -
Pour citer un général de la Révolution: "quand le canon vous pètera au cul, on verra si vous êtes toujours volontaires". Ca, et sans captagon, la lutte armée est toujours moins exaltante pour beaucoup d'entre eux. Puis c'est pas la même chose quand on est l'attaqué, et pas l'attaquant qui choisit où, qui, quand et comment, surtout si le "qui", ce sont des civils vivant leur vie et pensant à tout sauf à la guerre, et pas des soldats préparés. La panique, l'indécision, le manque de résolution avaient beaucoup plus de chances de prendre leur dû. C'est effectivement là qu'on voit la dégradation rapide si on essaie de faire une analyse plus fine de l'ensemble de cette nébuleuse de l'idéologie islamo fasciste. Du plus au moins nombreux: - on a ceux qui sont d'accord avec certains postulats, ou avec le principe de l'opposition radicale au "système", ou qui ont plus prosaïquement beaucoup de colères, de sentiment d'impuissance et d'injustice, des griefs particuliers.... Et pour qui certains courants de l'Islam (et certains porteurs de ce courant, parce que c'est souvent une histoire de rencontre d'une personne à un moment) ont apporté des éléments de réponse. C'est l'immense majorité - on a ceux qui versent dans un soutien plus ou moins passif, voire certaines "aides" plus ou moins indirectes (fermer les yeux, ne pas parler à la police, héberger....) - on a ceux qui commencent un soutien plus ou moins actif, une certaine participation à la "mouvance islamiste" en général, avec ou sans affiliation particulière: ça va à beaucoup de prêches et réunions, ça participe aux discussions online ou en réel, ça participe aux mauvaises assoces/paroisses, ça milite et manifeste, ça s'inscrit dans des réseaux de "soutien" à certaines mouvances radicales (hébergement, financement, renseignement....) - on a ceux qui s'engagent activement dans une mouvance radicale donnée, et participent à leur vie et leur activité sans franchir eux-mêmes le seuil de la violence: ce sont les "complices" (aussi appelés "déburnés") - on a ceux qui s'engagent dans la filière combattante proprement dite, avec ou non une vocation de martyr (mais qui peuvent y être amenés): ce sont les troufions - on a les idéologues convaincus, ceux qui pensent et combattent, sont entrés dans la mouvance par conviction "auto-créée" ou on développé une vraie pensée une fois "amenés" dans la mouvance radicale: ce sont les sous-offs/officiers. Pour les deux dernières catégories: on est vraiment dans le sommet le plus étroit de la partie émergée de l'iceberg, et même chez les troufions, on en trouvera beaucoup qui balancent encore, ne serait-ce que face à la peur de la mort ou à la peur de tuer, ou commenceront à se questionner après les premiers actes de violence (s'ils survivent, parce que souvent, les organisations essaient de filtrer/repérer ceux qui "ne serviront qu'une fois" et ceux qu'elles voudront "développer"). De même que, comme indiqué plus haut, combien de "troufions" sauront être des combattants quand ils n'ont pas tous les avantages, quand ils ne sont pas en position de force? Ca demande de la motivation (et une qui a été mise en face de l'épreuve et du doute), et beaucoup d'entraînement (des mois, des années.... Et un BON entraînement), plus, comme dans les armées, des cadres et des unités (or, les terros tendent à ne pas vivre "en unités", se réunissant sur court préavis pour agir). Bref, une fois qu'on filtre la "pyramide" de l'organisation idéologique terroriste, la proportion de combattants, et plus encore celle de combattants décidés, est très basse, statistiquement anecdotiques (même si dans l'absolu ça peut rester des effectifs préoccupants). C'est d'ailleurs pourquoi, personnellement, je m'inquiète nettement plus du reste de l'iceberg/pyramide en question, qui constitue un problème plus durable pour nos sociétés.
-
Guerre civile en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de maminowski dans Politique etrangère / Relations internationales
Au hasard, quelques raisons possibles: - les munitions de précisions sont chères, les avions présents sur théâtre peu nombreux, la MCO lourde pour garder le tempo opérationnel dans le temps: ça incite à frapper à bon escient, car ces camions, eux, sont très nombreux, renouvelables, peu chers à acheter et à maintenir. Bombarder systématiquement tous ces véhicules prendra du temps et sera très consommateur en ressources matérielles et non matérielles (notamment le niveau d'attention qui y est consacré: temps de satellites/drones/avions d'observation disponible, temps consacré par les unités de coordination et décision sur place....) - le fait qu'on frappe plein d'endroits et de trucs en très peu de temps depuis quelques jours veut dire qu'il y avait beaucoup de renseignement accumulé jusqu'ici, par chacun des participants (la mise en commun depuis quelques jours semble vraiment avoir fait des progrès énormes); visiblement, on l'accumulait pour une raison, qui correspondait à la stratégie et aux priorités retenues. Qu'est-ce que ça pouvait être dans le cas de ces convois, par exemple? Basiquement, je dirais qu'on essayait plus de s'intéresser aux filières et itinéraires d'écoulement de ce pétrole, pour bien les connaître et pouvoir frapper les goulots d'étranglement et les intemédiaires et acheteurs primaires, qui sont autant de cibles bien moins nombreuses et consommatrices de ressources à détruire, permettant ainsi d'interrompre ou de limiter le trafic avec moins d'efforts. La priorité a changé après les attentats, donc on tape les camions, ce qui demandera plus d'efforts et de ressources. - ce changement de priorité vient en effet d'une autre approche de la guerre, qui répond en plus ou moins grande partie à des motifs psychologiques et de politique intérieure, surtout chez les Russes et les Français, les deux nations "non locales" et intervenantes qui ont été très visiblement touchées par Daesh récemment. Leurs gouvernements sont contraints ou s'estiment contraints d'agir de façon bien visible et "qui tache", voire, si on est cynique, de capitaliser politiquement sur ce besoin d'action et de revanche. -
Mets ça sur le fil de Daech, qu'on puisse en parler et dire plein de conneries sans HS-er un maximum. Mode discipliné et gentil garçon OOOOOOFFFFFFFF!!!!!
-
terrorisme Daesh
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Politique etrangère / Relations internationales
Non, pas "pavé", mais "pavé" (nuance): -
terrorisme Daesh
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Politique etrangère / Relations internationales
Je commenterais le reste de ton pavé plus tard..... Un peu la flemme, là.... Et des trucs à faire (genre travailler, je crois, c'est plus très clair... Mais qu'est-ce ça pèse par rapport à l'avenir du monde qui se décide ici, sur AD.net).... Ceci dit, sur le point mis en gras: ce raisonnement, je tiens à le pointer, marche aussi bien pour qualifier l'EI, comme tu le fais, que pour qualifier un tas de monde en occident et jusque sur AD.net qui surestiment largement ce que la puissance militaire peut accomplir et obtenir comme résultats durables, et qui, surtout dans un moment émotionnel comme ce lendemain de grands attentats, veulent voir du sang couler et se persuadent que si on y va "dur et fort" (quoique ça veuille dire dans leur imagination), et "pas comme des tapettes émo" (là aussi, sous-titres nécessaires), les résultats seront garantis et qu'on va vous emballer tout ça ma bonne dame. J'entends les néocons et autres versions des va t-en guerre sur les chaînes américaines, et j'en entends d'autres versions en France et ailleurs, sans que 99% d'entre eux veuillent bien même se rendre compte que les fondements sur lesquels ils basent leurs affirmations sont faux. Ils présupposent l'omnipotence occidentale, l'omniscience côté renseignement (tout en clamant souvent dans le même temps que nos renseignements sont impuissants contre les communications cryptées de Daesh, juste histoire de), minimisent l'effort militaire nécessaire (quantité et temps) pour commencer à marquer de vrais points (parce qu'une invasion massive pour une durée indéterminable, c'est trop cher et pas voulu par la population), disposent de la volonté des pays moyen orientaux qui, dans le délire de ces faucons, vont se mettre à notre service, accomplir nos quatre volontés, faire ce qu'on veut comme on le veut et sans tenir compte de leurs intérêts, contraintes et visions.... Bref, de la débilité ou de l'hypocrisie, mais rien d'autre. Juste un prétexte pour dire que les dirigeants en place sont des tapettes, qu'il faut des hommes des vrais aux commandes, et qu'il faut y aller "dur". De la posture en somme: je sais que chacun a une manière particulière d'extérioriser sa colère et son impuissance après un choc, mais quand même. Un peu moins de thalamus et un peu plus de cortex serait souhaitable. Bref, je trouve que beaucoup de monde veut cette "guerre apocalyptique" (dont le général que tu mentionnes) et, qu'ils s'en rendent compte ou non, ils semblent la souhaiter plus pour elle-même que pour réellement appréhender et résoudre la situation. Fou de constater en temps réel cette tendance qu'on voir de façon incrédule, mais répétée, dans les livres d'histoire. Petite citation du poète Robert Wilson Lynd: "the belief in the possibility of a short decisive war appears to be one of the most ancient and dangerous of human illusions". Particulièrement vrai à l'ère des vastes complexes militaro-industriels bureaucratisés dont les centres de décision, y compris politiques, sont séparés de la réalité par des couches sans fin de "coupe circuits" déresponsabilisants (médias compris). -
Disons que c'est quand même souvent la différence entre le déséquilibré endoctriné qui tentera de faire quelque chose de très méchant, et le taré fanatisé qui réussira à coup presque sûr à passer à l'acte, à ne pas trop paniquer pendant l'acte, et à devenir de ce fait un complet "très méchant".
-
En fait, c'est la même question que pour les bombardements sur Raqqa: toutes ces perquisitions et opérations en un temps record présupposent une masse de renseignement dont, apparemment, on disposait déjà pour l'essentiel. Est-on en train de "griller des cartouches" en consommant tout le renseignement qu'on avait déjà et gardait sous le manteau pour trouver des poissons plus gros, mieux cerner les filières, avoir une cartographie plus large du jihadisme en France/Europe, et ce juste pour la façade et pour que le gouvernement donne l'impression d'être "à poigne"? Ou avait-on ce renseignement sans réellement pouvoir l'utiliser, pour des raisons juridiques (que l'Etat d'urgence a fait péter) et/ou politiques (parce que ça "fait" méchant oppresseur et ça risque d'aliéner du monde)?
-
terrorisme Daesh
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Politique etrangère / Relations internationales
J'ai de sérieux doute sur ces grands projets massifs de cités "modernes": - les objectifs de création d'emploi semblent délirants au regard de la masse de capitaux qu'il leur faudrait drainer du monde extérieur pour que ces jobs soient créés et que la plupart d'entre eux soient pérennes - une bonne part de grands projets analogues dans les monarchies pétrolières ont jusqu'ici été plus souvent des villages potemkine alimentant une bulle immobilière énorme et une grande part de blanchiment d'argent, représentant des sommes sans aucun rapport avec l'activité réelle créée, et ce d'autant plus que même leur construction n'a pas recours à de la main d'oeuvre locale, mais à des quasi esclaves importés - l'investissement énorme consenti pour de tels projets, non seulement dans leur construction, mais ensuite dans leur fonctionnement au quotidien, représente un coût par tête d'actif (vivant et travaillant dans ces lieux: logistique/maintenance, sécurité, services publics et administrations, prestations diverses) absolument dantesque, ce qui semble impliquer un modèle économique qui ne peut être étendu au pays, ou à la majorité des gens qui y vivent, même avec l'énorme masse de fric dont dispose ces monarchies. C'est d'autant plus vrai que, ces derniers temps, cette masse a plutôt tendance à diminuer, voire même à le faire rapidement, en tout cas à ne pas se renouveler aussi vite qu'avant. Je trouve que c'est avoir un niveau d'optimisme démesuré sur la capacité d'attraction de ces projets, qui devraient, encore une fois, drainer des sommes proprement gigantesques du monde extérieur (surtout des voisins.... Qui deviendront quoi, de leur côté, si leur fric part? Des foyers d'instabilité plus grands encore?) pour pouvoir devenir des pôles de création nette d'activité et d'emploi à une échelle suffisante pour pouvoir faire tache d'huile, économiquement et culturellement. Bref, c'est un modèle économique "d'ultra riches" qui ne peut effectivement concerner qu'une minorité. - on pourrait aussi mentionner le coût écologique de ces cités dans un environnement aussi contraint (notamment le seul sujet de l'eau et du coût que sa "production", son acheminement et son recyclage atteint dans ces pays); pour en faire des lieux réellement attractifs au point de justifier leur coût, ça va taper sec (sec est réellement le mot) dans la ressource comptée. Oups, je viens de me rendre compte que c'est pas le bon topic: ça devrait pas être transféré sur le fil dédié à l'Arabie Saoudite? -
Comme le dit Alexis autrement, ce type de posture fait un peu trop abstraction du temps de "grillottage", et on peut même faire une analogie avec l'URSS dont l'effondrement "naturel" était prophétisé depuis très longtemps, mais qui a pris son temps quand même. Dans le cas, comme ici, d'une entité qui a à peu de frais un fort pouvoir d'attraction et de nuisance externe, ça peut poser problème. Je pense que ton raisonnement fait trop abstraction de ce facteur temps, donc, mais aussi de la résilience potentielle de l'organisme visé, qui a tendance à grandir et évoluer avec le temps, surtout quand on commence à toucher à une ou deux décennies, qui impliquent aussi un phénomène générationnel: les enfants nés/ayant grandi dans la guerre ne seront pas nécessairement le public si prêt à se lever contre Daesh qui, pour eux, aussi odieux et incompétent qu'il puisse être en tant qu'Etat de fait, fera aussi partie du paysage.
-
C'est un peu le problème: comment tu coupes ce système oppressif de la population qu'il contrôle? Sans troupes au sol, ayant un seuil minimum de capacité et une présence quantitative suffisante et DURABLE, ça semble difficile, parce qu'on ne détruira pas ce système par une contre-propagande même efficace, des actions de FS et des bombardements. La nature de l'effort au sol, et la composition de ses troupes, forment un ensemble vaste de possibilités, de même que les stratégies générales employables en termes opératiques, mais le fait de cette présence au sol me semblent incontournable. EDIT: grillé!
-
Oui, je vois mal l'utilité de bombardements accrus et je m'interroge aussi sur la nature du renseignement qui permet soudain de frapper plein de cibles d'un coup en quelques nuits: en avait-on un "stock" qui, de ce fait, va vite s'épuiser avant de pouvoir être renouvelé face à ce tempo d'attaque accru, ou commence t-on à taper pour taper, ce qui s'assimile essentiellement à du show pour montrer qu'on est durs et méchants après les attentats? Dans ce dernier cas, ça ne produira pas grand chose, voire jouera contre nous. Comme tu le dis, la population est prise entre la peste et le choléra, et on ferait bien de faire plus attention aux quelques renseignements "ouverts" qui viennent des zones occupées, réalisés par tous ces "citoyens journalistes" avec leurs téléphones portables, qui montrent la réalité d'ISIS derrière la propagande: longues files d'attente devant les comptoirs de rationnement, absence d'électricité, peu ou pas de soins, oppression constante.... Ce sont les mêmes populations qui s'étaient soulevées contre Assad il y a 4 ans, ont combattu/résisté tant qu'elles ont pu, et se sont faites préempter par les tarés islamiques, voire dans de nombreux cas aussi les ont rallié pendant un moment, non par conviction ou par réel choix, mais parce que c'étaient les seules avec de l'organisation, du savoir-faire, des armes et des victoires au compteur. Entre le réalisme nécessaire à la menée d'une guerre (des innocents périront/souffriront quoiqu'on fasse, et pas en petits nombres) et le bombardement peu discriminant, il y a quand même une marge, outre le nombre de victimes dont on parle, et cette marge reste, encore et toujours, que l'effort en vaille la peine, en d'autres termes qu'il y ait une stratégie cohérente et plausible et les moyens de la mener à bien. Personnellement aujourd'hui, malgré la somme énorme de problèmes que cela causera immanquablement, je ne vois pas d'alternative au soutien actif à l'idée d'un Kurdistan indépendant; un "grand" cumulant le Kurdistan irakien et Rojava, ou deux "petits" avec ces deux entités soutenues aussi activement, mais séparément (l'une étant un quasi Etat, l'autre -la partie syrienne- une entité non encore déterminée mais de facto autonome). Sans de tels points d'appui relativement stables et solides ayant une énorme proximité avec le "front" et l'empreinte au sol (et les effectifs) pour tenir/contrôler et savoir, le reste me semble du vent. J'entendais un expert américain (un vrai, avec la médaille d'honneur et toussa, dans le business depuis plus de 40 piges) évoquer même un effectif minimum de 200 à 250 000h toutes sources confondues (occidentaux, russes, voisins et locaux) pour réellement tenir la seule partie syrienne du conflit de manière suffisante pour permettre le contrôle de zone et un VRAI nation building ne reposant pas sur des grandes théories et espérances façon Afghanistan ou Irak (ou Vietnam). Sans même préjuger de la qualité du compromis politique qu'on pourra trouver localement pour rendre la nouvelle gouvernance acceptable par la majorité (à ce titre d'ailleurs, l'actuel "modèle" de Rojava, de démocratie directe fondée sur l'autonomie de communautés s'apparentant à des "civitates" romaines, pourrait être un bon point de départ).
-
Espérons que Charlie Hebdo en profite pour rattraper sur ce coup sa faute de goût (à thème similaire) sur l'avion russe..... En attendant, ISIS a été surpris le pantalon baissé.... Littéralement. Et le RAID la leur a mis profond. On était sur le sujet de la "menace intérieure".... Ben voilà en photo l'intérieur de la menace.
-
Et l'ex-pape (celui qui respire encore) en était le patron.... Ce qui, quelque part, n'étonnera personne vu l'image qu'il a projeté, malgré lui je veux le croire..... Même si, quelque part, il foutait un peu les jetons (tu ne jugeras point, et surtout pas sur les apparences..... Faut que j'essaie de m'en rappeler......Même si je suis devenu athée, le caté est pas si loin, de même que le reliquat d'envie de me sentir coupable et d'avoir toujours quelque chose à expier ). La Croix-Rouge dispense plutôt libéralement son enseignement dans toutes ses annexes, sinon, va falloir trouver un moyen de répandre la chose dans les écoles, mais là, le problème -et je préfèrerais avoir ici un expert pour en parler- est si je ne m'abuse qu'une bonne part de ce genre d'effort de grande ampleur mais de faible intensité produit plus de mal que de bien, ou en tout cas pas beaucoup de bien, parce que la plupart des "gestes qui sauvent" dépendent avant tout d'une aptitude minimale à un diagnostic fiable. Outre l'exécution correcte de ces quelques simples gestes ("simple" n'étant jamais, rappelons-le, l'équivalent de "facile"), il faut savoir exactement quand et dans quelles conditions ils sont nécessaires et comportent un rapport coût-bénéfice favorable: je crois avoir lu une série d'articles, à un moment, sur le grand nombre de gens à qui on avait fait, souvent à tort, un massage cardiaque, et qui se retrouvaient avec des côtes défoncées, ce qui illustrait la réalité derrière les torrents de bonnes intentions et de réflexes salutaires. Une illustration parmi d'autres, avec les tourniquets foirés ou la respiration artificielle employée mal à propos et/ou mal exécutée. La question devient: ce "kit minimum" de savoirs, de capacité d'évaluation de l'état d'une victime et de savoirs-faires basiques, peut-il être enseigné à très grande échelle A UN NIVEAU SUFFISANT pour être réellement utile, et non pas une simple arme psychologique motivant les bonnes volontés, donnant de la ressource au péquin moyen dans la rue en cas de problème (ce qui n'est en soi pas rien, tant ça permet d'éviter/limiter le phénomène "biche prise dans un faisceau de phares")?
-
Pour ce qui concerne les bombardements de Raqqa: pourquoi s'étonner du faible nombre de bombes effectivement larguées? Outre le fait qu'on dispose maintenant, par rapport à la 2ème GM ou au Vietnam, d'armes permettant de moins gaspiller d'énergie et d'efforts pour frapper une cible valable, il faut rappeler que la chose dont on manque le plus (Russes, Américains, Anglais et nous-mêmes) sur ce point, c'est de renseignement. A la fois le renseignement pré-bombardement, pour savoir ce qu'il y a à taper, et le renseignement post-bombardement pour évaluer la frappe et l'état de la cible après coup. La maigreur apparente des frappes est directement contingente de ce facteur essentiel, que le renseignement satellite et radar ne peut que très imparfaitement fournir, par rapport au renseignement humain, au sol, qui manque cruellement et ne pourra venir que quand/si la zone de "front" se rapproche de façon plus conséquente de ce centre ennemi dont, par ailleurs, il ne faut pas surestimer l'importance (autre que symbolique, et encore) ou sous-estimer la facilité de frappe. C'est une ville initialement de 250 000 habitants, avec un réseau urbain de près de 400 000, qui doit être réduite à un tiers de sa capacité démographique actuellement (voire moins encore), ce qui en fait une zone où il est relativement aisé de mettre des trucs à l'abri des bombardements, et la plupart des installations qu'on peut estimer valables pour bombardement ne sont pas des trucs difficiles à remplacer: un camp d'entraînement n'est jamais qu'un espace au sol et quelques logements et dépôts faciles à remplacer. Ce qui compte, ce sont les personnels d'encadrement et les recrues à un stade "avancé"; et ça, c'est pas vraiment facile à cibler du ciel, tout comme, au final, c'est remplaçable chez un adversaire qui a acquis la taille critique pour supporter ce genre d'attrition quantitative et qualitative, à moins de pouvoir imposer un rythme d'élimination suffisant.... Qui présuppose avant toute autre capacité, un niveau de renseignement au sol très important. En l'absence de ce niveau de renseignement requis, qui est en fait le corollaire d'un important effort au sol, parler de bombardements à tort et à travers reflète juste l'envie de voir des trucs péter sans se préoccuper de ce qui pète, et de l'utilité que ça a. Le carpet bombing a à maintes fois depuis les années 40 démontré son inutilité totale et complète, ainsi que ses effets contre-productifs (aliénation de la population dont on souhaite le revirement/ralliement, renforcement de sa résilience). Pôv'toutou; voilà bien une victime de la connerie humaine qui n'avait pas d'enjeu personnel direct ou indirect dans ce conflit.
-
[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Viens d'essayer une nouveauté: Into the badlands. Surprenant: une sorte de monde de type féodal dans un univers étasunien qu'on suppose post-apocalyptique, sorte d'improvisation sur la pas terrible série Revolution, mais sans la méta-intrigue sur la technologie et avec une bien meilleure qualité d'écriture, des personnages mieux créés, et beaucoup plus de moyens employés avec de bien meilleurs goût et jugement. Une histoire qui part sur des prémisses connues: le jeune prodige-qui-sait-pas-pourquoi-il-est-un-prodige-et-ne-contrôle-pas-son-don se retrouve embringué dans l'univers des barons des badlands, 7 seigneurs qui règnent sans partage sur cette région qui constitue l'univers entier pour les gens qui y habitent, dont la quasi totalité sont des serfs au service des barons, ceux qui ne le sont pas étant leurs troupes, les "clippers" (une forme argotique pour dire "tueur"), des soldats surentraînés et conditionnés depuis leur enfance, les enfants de serfs étant tous astreints à passer par une période de sélection pour devenir clipper, un job qui garantit évidemment des conditions de vie bien meilleures. Le "baron en chef" (Marton Csokas, décidément éternellement astreint à des rôles de salaud), Quinn, voit son règne fragilisé par ses 6 pairs/rivaux qui acceptent mal sa tutelle, particulièrement "la Veuve" (excellente Sarah Bolger, venue notamment de The Tudors et Once upon a Time), qui consacre beaucoup d'efforts à la poursuite du jeune héros/perso principal, pour son "don" particulier sans doute, mais aussi peut-être pour l'étrange symbole qu'il porte autour du cou, symbole dont un autre personnage éminent a un exemplaire.... L'assassin et garde du corps en chef du big boss, un terrible combattant qui porte très mal son nom Sunny (= "ensoleillé", littéralement, "joyeux" plus prosaïquement). Ce début d'histoire n'a en soi rien de très original, et on pourrait dire que l'univers tel qu'il est posé non plus, mais le tout est plutôt bien mené, bien décrit, avec un pilote qui fait la part belle à ce qu'il ne dit pas, laissant donc une place importante à tout ce qu'on ne sait pas, mais qu'on se prend à avoir envie de savoir précisément parce que la réalisation rend ce cocktail suffisamment intrigant. Guerres d'alcôves autour du trône et dans la maison même du grand patron, grandes injustices partout, un univers bien méchant et dur avec les nécessaires milligrammes de tendresse/humanité pour lui donner vie, un bon coup de caméra et de très bonnes prises pour les beaux décors façon Midwest, quelques reliquats de technologie (motos et voitures, tourne-disques.... Le tout en très vintage années 30-40), et une grande importance accordée aux combats, dont les chorégraphies et la façon de filmer semblent plus courants dans de bonnes productions ciné que dans les séries, même de luxe (à part quelques trucs comme le récent Daredevil). Univers garanti sans armes à feu, donc ça se bastonne à l'arme blanche dans des séquences qui ne dépareraient pas dans Matrix ou Tigre et Dragons question qualité et ambition; évidemment, faut aimer ce type de combats visuellement (amateurs de réalisme s'abstenir, mais c'est 1000 fois mieux que le très habituel "Kung fun", cartoon fighting ou les pseudo MMA/streetfighting qu'on voit dans toutes les séries, même les plus récentes), mais ça se lâche bien sur les impacts bien méchants (de l'articulation qui saute/se retourne, des os qui craquent, toussa). Bonne surprise: c'est pas la révolution de l'année, mais un bon goût de reviens-y. -
Nan, il a été naturalisé américain, l'an dernier il me semble, et a épousé une ricaine (une femme vétéran, d'ailleurs).
-
Les énormités et clichés du cinéma et séries télévisées
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Kiriyama dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Mais attention Kiri, c'est parfaitement plausible .... C'est juste qu'on omet au montage la scène suivante où le personnage se roule par terre de douleur parce que l'articulation de son coude a aussi explosé, et qu'on oublie de signaler que la scène qui suit arrive en fait plusieurs semaines après, quand le type peut plus ou moins réutiliser son bras. Tu vois? C'est tout à fait logique. -
Merde, j'avais oublié d'aller voir Last Week Tonight! Merci du rappel! Je sais pas ce que la pièce montée vient foutre là, juste après un commentaire sur le fait que la France va "foutre" les "trous du culs" de Daesh, mais du coup, ça fait vraiment cochon.... PS/ les modos peuvent pas m'épingler pour le langage et le jugement de valeur potentiel..... Je ne fais que citer , petit ange de rigueur que je suis....
-
[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Vu le pilote et le 2ème épisode de The man in the high castle: c'est bon, c'est riche, c'est bien écrit et bien réalisé, c'est raisonnablement intriguant.... Le seul bémol pour moi est que le rythme est un peu trop lent, mais c'est subjectif et ce genre d'impression varie avec l'humeur. L'histoire individuelle des personnages compense en partie. Vu le début du 1er épisode, j'y reviendrai ce soir. C'est pas qu'un peu d'anachronismes et d'erreurs historiques, c'est complètement à côté de la plaque et tellement loin de la réalité que c'est de la fantasy déguisée avec quelques noms et apparences issus de l'histoire de France: on prend la chose ainsi et on regarde, ou on dégage à grande vitesse. Pour moi, la première option est difficile tellement l'histoire fait partie de mon logiciel, mais bon, comment résister à une série en costumes avec des moyens et, semble t-il, de l'ambition. Parce que côté authenticité, bon.... Ce Louis XIV est une tête à claque aigrie, qui a une relation forte avec son frère (déjà deux erreurs), et on est en 1667: à ce stade, Louis XIV était maître incontesté et incontestable, le fromage de tête absolu du pays. Déjà du temps de Mazarin, l'essentiel était fait, et en 1661 (pour les amateurs, y'a un grand film de Rossellini sur cette année charnière), il le fait savoir sans la moindre ambiguité, montrant qu'il est le patron de tous les réseaux de pouvoir dans le pays (point culminant de l'oeuvre accomplie par Richelieu/Louis XIII, puis Mazarin/Louis XIV). Et là, dans la série, on a une semi fiotte à qui même son majordome et ses gardes du corps n'obéissent pas, et dont les ministres régentent la vie et l'activité, se posant comme le vrai pouvoir. Seul point se rattachant à l'histoire, Monsieur (frère du roi) porte comme il se faut très mal son titre, et devrait être appelé Madame, quoiqu'on ne le voit pas s'adonner à son principal plaisir, aller et venir en robes (quand il partait en campagne militaire -où il s'est avéré très bon-, il était dur de l'empêcher d'aller diriger une armée ainsi). -
Le dernier récipiendaire de la Médaille d'Honneur du Congrès tourne en ce moment sur les plateaux télés: il a reçu cette distinction jeudi dernier, la nouvelle étant vite passée à la trappe face au drame de vendredi. Hier soir, il envoyait un message de soutien à la France depuis le plateau télé de Steven Colbert.... En français et sans accent (si, un peu parigot). Et pour cause, il est français de naissance: né d'un père américain et d'une mère française (franco-algérienne s'il faut préciser), le capitaine Florent Grobert (Army) a grandi en France et n'a pas parlé anglais avant l'âge de 11 ans, continuant à correspondre activement avec son cousin, un artilleur du 93ème RAM.
-
Tulsi Gabbard est un(e) vétéran (Army/Garde Nationale) de la guerre d'Irak (Police Militaire il me semble), et s'est fait depuis quelques temps une spécialité de ruer dans les brancards: c'est une des stars montantes du Parti Démocrate (faisant partie de ce très petit club des nouveaux élus ayant fait le discours d'ouverture d'une convention nationale démocrate: généralement le signe qu'on est dans le "fast track" du parti), mais elle est entrée en guerre assez ouverte récemment avec la tête de la convention nationale démocrate (notamment sa patronne). Pour le conflit avec la CIA, faut pas l'exagérer: la CIA elle-même est si politisée dans sa hiérarchie et son encadrement en général que si conflit il y a, il se trouve aussi bien à Langley qu'à Washington. Le récent rapport sur la torture chapeauté par Diane Feinstein (sénatrice démocrate) ne serait jamais sorti, ou n'aurait rien contenu de très révélateur, s'il n'avait pas bénéficié de matériel, "d'insights" et de confessions largement fournis par des agents, ex-agents, cadres et hiérarques de la CIA à tous les échelons, particulièrement sur le sujet de la torture qui a profondément divisé l'institution. Ce qui est en guerre avec les démocrates et les anti-tortures au Congrès, c'est l'ex-équipe Brennan et les autres "hardliners" qui sont encore dans la boîte. En somme, un jour de plus dans une démocratie et ses bas fonds, ou plutôt, dans une démocratie qui a erré et qui en paie encore les pots cassés 14 ans après le début de ce type d'emmerdes. Ce qui ramène vers le sujet: la France a en ce moment crucial l'opportunité de ne pas commettre les mêmes gaffes.... Nos dirigeants qui semblent avoir une réaction paniquée façon GW Bush/Cheney/Rumsfeld (une journaliste américaine disait hier soir que Hollande avait l'air de faire du "channel" de GW Bush, de puiser à ses mânes), entrant dans le même genre de grandes phrases et déclarations emphatiques dont l'application concrète semble vouée à être très inégale, et en tous cas nettement plus modeste que ce qui est affiché, mais faisant planer aussi l'ombre potentiellement néfaste de changements juridiques (voire, semble t-il, constitutionnels) de grande ampleur.
-
Ca oui, en ce qui concerne ce sujet, Internet, c'est les Cévennes de notre époque.
-
Disons quand même qu'après Louis XIV, la répression fut très relative, mais surtout que, suite à l'exode continu, l'essentiel des Huguenots non convertis (dont une partie a effectivement continué à pratiquer en secret) était géographiquement très localisé, en grande majorité dans les Cévennes, une région alors très difficile d'accès (relief, éloignement des axes et centres, habitat dispersé), et encore plus difficile à contrôler sur une longue période. Pareil pour d'autres régions dans une France où l'immense majorité de la population était rurale, peu concentrée, où beaucoup d'endroits étaient difficiles d'accès, où l'information était réduite, partiale et très incomplète, les distances grandes et où l'Etat, malgré ce qu'on en dit, avait assez peu de moyens physiques d'exercer un contrôle permanent. Les catholiques en Grande Bretagne pendant et après le règne d'Elizabeth Ière sont peut-être un meilleur exemple (ou les juifs maranes restés en Espagne après 1492). Mais dans l'ensemble, on parle d'un autre âge où les moyens de savoir et d'agir étaient très très relatifs.