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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. De facto, ça veut dire que beaucoup plus d'argent va sortir d'Arabie Saoudite, et que nettement moins y rentrera: - achats de nourriture - achats de terres agricoles hors du royaume - achats de technologie et prestations pour le changement économique induit (centrales de désalinisation, rénovation et expansion de la "tuyauterie nationale", évolution du modèle énergétique....) - moindres rentrées pétrolières en raison de l'explosion de l'utilisation de pétrole pour le dessalement d'eau de mer Ceci dit, je n'imaginais pas que le dessalement en AS produisait une telle part de la consommation nationale (moitié des besoins non alimentaires, soit 40% de la consommation nationale): le bilan énergétique doit être joyeux.
  2. Je rassemble encore des ragots de Bruxelles sur le sujet; notamment quelques histoires amusantes sur les dessous de son processus de nomination à la Commission; pour les amateurs des Rois Maudits, il aurait, à un point, réussit à faire un "Jean XXII" (pas aussi théâtral évidemment) pour se faire choisir. Quoiqu'il en soit, j'ai recueilli beaucoup plus de "matériel" sur le fait qu'il soit en état de guerre avec l'establishment luxembourgeois, que sur les raisons pour lesquelles c'est le cas, qui ne sont au final peut-être connues que des intéressés. En tout cas au-delà de ce qui est connu et évident, à savoir que son parti l'a jeté sous le bus en 2013 suite aux menues histoires qui leur ont coûté la majorité. Le résultat, en revanche, est assez clair: il en a rien à péter, des desideratas du Luxembourg, et il aurait même envie de la leur mettre profond. Evidemment, tout cela n'est que radio rumeur à Bruxelles: il y a juste forte récurrence et convergence.... Et les positions prises.... Et les sujets sur lesquels l'attention semble se porter.... Difficile de tout dépatouiller, puisqu'il y a aussi les autres conflits du gars, notamment avec les positions allemandes (ce qui veut dire guéguerre en interne, notamment avec son dircab, imposé par Berlin).
  3. Et entretemps, la classe politique luxembourgeoise et lui ont connu un divorce plutôt brutal et plein de rancoeur.
  4. C'est pas un grand secret que Juncker a complètement coupé les ponts avec la politique luxembourgeoise, et que la coupure n'a pas été à l'amiable. Il serait même un tantinet revanchard, à ce qui se dirait....
  5. La contorsion juridique est plus discrète et moins chère que la contorsion politique.
  6. Au fil de cette "reconquête" que l'élan actuel des forces bachariennes semble favoriser, la question des effectifs ne va t-elle pas TRES vite se reposer? Cette armée a largement fondu depuis le début du conflit, et sa partie encore réellement capable et utile (et motivée) est plutôt réduite, si bien que, par définition, chaque morceau de terrain reconquis devra avoir de la garnison, ou au moins de quoi assurer un minimum de contrôle et de surveillance. et dans le cas de zones fraîchement reconquises, proche de la ligne de front et où, comme dans la grande majorité de la Syrie, Assad n'est pas vraiment la personnalité la plus populaire, ce besoin ne peut qu'être important. Jusqu'où le régime peut-il pousser ainsi, compte tenu de ce facteur? Cherche t-il juste en ce moment à reconquérir juste quelques morceaux de "Syrie utile" et à obtenir une ligne de front plus favorable et durablement défendable? Dans l'état des moyens actuels, un tel objectif est-il même à sa portée? Pourquoi? Lui, il l'avait, la voie triomphale qui va avec la porte: il avait le kit complet, pas juste des morceaux. De quoi y se plaint le barbichu? Ce serait pas un moustachu déguisé, des fois? F'rait mieux de remballer ses papillottes et de décaniller avant que j'm'énerve, le mec avec un nom de gabarit de champagne.
  7. Pour compléter ta citation; "j'en ris encore".
  8. Oui, il y en a eu un, avec un film à son nom: le discours en question constitue le début du film..... C'est Patton. Comment ça il a pas été président? C'est un discours de campagne ou j'y connais rien! Non je ne sortirais pas, na! Plus sérieusement, je peux pas affirmer qu'un président américain ait spécifiquement dit un truc comme ça, mais je ne mettrais pas la chose hors de la portée de Jackson, quand il parlait des Indiens (ceux à plumes, pas ceux à turban). Tu n'y connais rien: bien sûr que ça existe. Les crimes de guerres, c'est ce que les autres font (sous entendu: parce qu'ils ne sont pas nous).
  9. Je suis personnellement plus impressionné par l'autel de Pergame, dans le même musée.... La Porte d'Ishtar, sans la voie triomphale qui va avec, ça fait petit joueur.
  10. Mets tes bésicles, Alexis: il est pas moustachu, il est barbichu!!! Et si tu me sors, pour rester dans la même époque, une photo de Clemenceau, je vais te renvoyer à la tronche un "Eeeeuuuuuh, ta gueule" tonitruant et parfaitement hypocrite. En plus, nous avons affiné le théorème de la malignité moustachue dans le fil dédié: les méchants sont moustachus, mais tous les moustachus ne sont pas forcément méchants. C'est quand même plus sérieusement scientifique. Franchir le cap du niveau idéologique est ce qui pousse à ce genre d'actes: c'est moins une question de corpus d'idées (quoique certains sont un bad trip dès la conception) que de degré auquel tu le pousses. L'excès nuit, par essence: excès = abus (voir les 7 péchés capitaux: dans leur forme moindre, ce sont généralement des qualités ou des plaisirs sans danger) = fout la merde partout. Notamment parce que quand on a besoin d'en venir à définir un tout homogène et cohérent, on a généralement accouché d'un truc sans contradiction apparente; en fait il en reste plein soigneusement masquées sous le tapis.... Et un torrent de rhétorique et de "ferme ta gueule et arrête les questions, et t'es un sale communiste/hérétique/capitaliste/antisocial/extrêmiste/haineux/terroriste/couille molle/fan de l'OM/peine à jouir/décadent/treize à table/étranger..... Un truc sans contradictions apparentes, donc, mais extrêmement restreint et qui requiert du coup de tourner en vase clos, d'éviter le questionnement, de ne réfléchir que sur lui-même à l'exclusion de tout autre mode de pensée..... D'où, dans le cas turc, par exemple, la lutte de moins en moins voilée contre le journalisme et le contrôle des médias sociaux, la répression en cours de campagne des partis concurrents et leur labellisation de plus en plus ouverte comme "anti-turcs", le rejet de toute forme de pluralisme (y compris ethnique, puisque la plate forme idéologique est racialement et culturellement connotée), et un ensemble de choses qui se résument, comme dans toutes les idéologies, à "avec nous ou contre nous". On se met à ne parler qu'en absolus. La démocratie accepte les contradictions et le bordel qui va avec. Si on en fait une idéologie, elle aura tendance -en fait le parti au pouvoir à ce moment- à ne plus être une démocratie, tout en en proclamant les apparences dans tous les domaines.... Ce qui amène généralement à une propension à l'expansionnisme ou à la guerre extérieure (sous condition d'une "cause juste" qu'on arrive à vendre; pas forcément évident) pour mieux nier les contradictions internes, focaliser attention et énergies.... Et aller poutrer du tyran (cad le méchant adversaire, forcément tyrannique). Pour qu'une démocratie en arrive là, surtout pour plus qu'un bref moment, il faut cependant pousser bien loin, que beaucoup de conditions soient réunies. Le coup des USA en 2003 était un feu de paille difficilement reproductible: on a vu à l'oeuvre bien des ingrédients d'un potentiel régime idéologique extrême, mais plutôt au stade de germes, et sans que les fondamentaux démocratiques soient remis en question, ce qui a permis à la douche froide (la guerre qui dure, les questions qui dérangent, les mensonges qui marchent plus, les élections qui frappent) de faire effet sur une population qui a, au final, assez vite passé le cap du coup de sang post-2001. Difficile de manier ces termes aux USA: les néocons se diront "pro-démocratie", mais pas "démocrates", du fait des réalités politiques: subtil, hein? Ceci dit, l'ex président Bush (Bush 41, le père, pas Bush 43) vient de sortir un bouquin où il dénonce très agressivement les actes, paroles et décisions de Rumsfeld et Cheney (ils ont été potes, il fut un temps), et sans la moindre ambiguité. Le truc vient de sortir, donc a pas encore fait effet.... Affaire à suivre, parce que le vieux Bush, il a maintenant l'aura d'une icône.
  11. Si; elles créent des émules, qui forment des groupes, qui deviennent des mouvements, qui sont du pouvoir, qui fait changer les décisions des gouvernements, voire les renverse; influence du christianisme à travers l'Histoire? Ou du seul catholicisme? Le "combien de divisions" est une question à courte vue, qui ne fait pas la différence entre le pouvoir direct, et l'influence, entre l'immédiat et le différé. Comment l'AKP s'est-elle développée et a t-elle accédé au pouvoir? Pas en ayant des divisions en ordre de marche, mais via une idéologie mobilisatrice, un lent travail pour la développer et en faire un point de rassemblement, un prosélytisme politique actif. Et dans le cas d'un gouvernant qui promeut son idéologie (et combat les corpus d'idées concurrents), s'il arrive à le faire marcher, il achète ainsi de la stabilité, la consolidation de son pouvoir, le changement des équilibres politiques de son pays à son profit, immédiat et de plus long terme. Accessoirement, il achète ainsi l'accès aux divisions susmentionnées. Mais ça ne se promeut pas quand on a le pouvoir, comme un gadget de communication venu d'en haut; ça se construit depuis la base, pour accéder au pouvoir. On ne décide pas, une fois en position de diriger, quel axe de communication sorti d'une séance de brainstorming, va marcher et porter l'enthousiasme et la conviction: penser comme ça, c'est mettre la charrue avant les boeufs.
  12. Ah, oui, j'aurais du la poster: la dernière carsonade en date! Interviewé hier sur ce sujet, il a maintenu fermement sa position..... Qui rejoint ses autres grandes affirmations d'expert historique: - si les juifs d'Allemagne avaient eu un équivalent du 2ème Amendement, il n'y aurait pas eu d'Holocauste - Rome était jadis une république conservatrice avec un "small government", et est entrée en décadence parce qu'elle est devenue socialiste/étatiste - le système d'imposition décrit dans la Bible est le meilleur jamais conçu, ce qui justifie le fait que c'est celui que Ben Carson a présenté pour son programme de campagne, qui avance donc la nécessité d'une dîme unique (tithe), soit une flat tax - dans le prolongement du truc sur les pyramides comme greniers à blé (franchement pas très bien situés et overkill en terme de rapport entre la superstructure et le contenu).... Les pyramides n'ont pas été construites grâce à un savoir-faire extraterrestre (parce que ça, c'est franchement de la théorie à deux balles), mais par l'inspiration divine (là on est dans du sérieux): selon les mots du camarade Ben, "quel besoin a t-on d'extra-terrestre quand on a Dieu avec soi". Evidemment, vu que c'est Joseph (pas le père de Jésus, celui d'avant) qui, apparemment promu premier ministre du pharaon; aurait construit les édifices, tout se recoupe rigoureusement. Ce qui souligne d'ailleurs que Carson rejoint la théorie selon laquelle Amenhotep-Huy, principal ministre du pharaon Amenhotep III, aurait en fait été Joseph (y'a vraiment pas beaucoup de monde qui abonde dans ce sens), et qu'il aurait ainsi pu influencer l'héritier, Amenhotep IV, plus connu sous le nom d'Akhenaton, le pharaon qui imposa le temps de son règne un changement massif fondé sur une religion monothéiste (le culte d'Aton/Râ).... Alors que tout le monde sait que ce qui a influencé Akhenaton, ce sont les Goa'Uld Petit détail qui n'embarrassera pas Carson: le règne évoqué, c'est au XIVème siècle av JC; les 3 principales pyramides du plateau de Gizeh (ben oui, c'est les seules pyramides: faudrait pas dire à Carson qu'il y en a d'autres), c'est 12 siècles avant ça. A l'époque évoquée, les Egyptiens ne construisaient plus de pyramide depuis déjà quelques siècles, et n'auront qu'un bref revival dans le domaine 5 siècles plus tard. Oups! Mais évidemment, faut pas laisser les faits mettre leurs sales pieds sur le chemin d'une bonne histoire. Et puis c'est pas comme si les Ricains en avaient quelque chose à foutre. Ce qui illustre bien un fait de cette campagne, même si il s'agit là d'un sujet anecdotique: c'était déjà un acquis assez net avant chez les candidats républicains, mais c'est encore plus vrai pour les candidats "anti-système" actuels dans la primaire républicaine.... Vis-à-vis de la base (qui vit en grande partie dans sa bulle médiatique faiblement connectée au réel), ils ont le droit de dire n'importe quoi! Aucune rigueur ne leur en sera tenue, parce que c'est pas pour ça que les électeurs républicains hardcore les choisissent. Donc qu'il s'agisse de pyramide, des juifs allemands des années 30 n'ayant pas d'armes à feu, de la future muraille de Chine version Rio Grande qui sera payée par le Mexique aux ordres de Donald, des budgets et projets de taxation fantaisistes, des programmes économiques dont on vous garantit qu'ils seront "the best-most-fantastic" (sans plus de détail), des politiques étrangères voyant les USA imposer tout ce qu'ils veulent à tout le monde.... Rien à péter! Ces gars là peuvent dire ce qu'ils veulent (les autres candidats républicains aussi, mais moins, et de toute façon, on les écoute pas), la base en redemande.
  13. Une petite précision assez importante en ce qui concerne les campagnes électorales américaines, qui a son utilité pour qui est inquiet de voir l'argent submerger le processus démocratique dans le pays le plus puissant du monde: je n'avais jamais fait attention au fait que les organismes de campagne centrés autour d'un candidat bénéficient d'un tarif spécial pour la publicité de campagne. Ainsi, la seconde de pub télé/audiovisuelle (je ne connais pas les barêmes équivalents pour les autres formes de médias) leur coûte quatre fois moins cher qu'elle ne coûtera à une organisation externe (PAC/SuperPAC), ce qui impose à ces dernières organisations de lever beaucoup plus d'argent à quantité diffusée égale. Evidemment, cela souligne à quel point Citizens United est un tournant, vu qu'il s'agit pratiquement d'une ouverture des vannes en très grand pour quiconque veut acheter sa part du système de décision des USA, sans même avoir d'obligations en matière de transparence (qui verse combien et pour quoi). Autre facteur limitant l'effet de ce tarif différencié: les médias/diffuseurs n'aiment pas faire des rabais, donc déploient des trésors d'ingéniosité pour favoriser l'argent des organisations externes aux dépends de celui des campagnes, partout où ils le peuvent (disponibilités en général, meilleurs créneaux horaires/emplacement....). Néanmoins, la différence de tarif reste un relatif bémol pour les candidats, une chance de peser plus ou d'être moins écrasé par la déferlante d'argent qui tombe depuis 2010 (avant cela, c'était un avantage nettement plus décisif), même si cela ne concerne que le domaine de la publicité. Les PACs et SuperPACs ont d'autres moyens d'action où leur argent peut s'employer à plein effet, sans handicap, même si beaucoup de ces moyens peuvent aussi impliquer l'entrée dans une zone nettement plus grise du système électoral, voire franchement noire: outre les coups tordus des campagnes électorales (employer/appuyer des gens pour faire des choses vraiment pas bien, moralement ou légalement), on voit surtout ainsi ces organismes créer des services et relais de campagnes de tous types qui, en toutes choses sauf sur le plan strictement légal (cad juste pour les apparences), sont indifférenciables des organisations et services des campagnes des candidats. La seule obligation légale étant de ne pas "se coordonner" (lol lol) avec les dites campagnes.... Ce qu'il n'est pas très difficile de cacher. Ainsi, organiser des levées de fonds, des systèmes de transport de militants et d'électeurs, des centres de "renseignement" de terrain (notamment les très chères infrastructures de sondages), des groupes d'activisme en ligne.... Peut parfaitement être de fait outsourcé à ces PACs et SuperPACs en toutes choses.... Sauf dans le discours officiel.
  14. Vu les forces politiques à l'oeuvre qui poussent maintenant à ce roman national réécrit, en créant littéralement une culture politique et un ensemble de choix politiques autour de cette "plate forme" idéologique, je crois que ce mot restera pour encore un petit moment à inventer, le temps qu'il se trouve plus de cohérence, avant tout dans le corpus de ceux qui le promeuvent, qui sont pour l'instant plus une coalition qu'un mouvement uni. Entre les nationalistes kémalistes 2.0 (de moins en moins spécifiquement laïcs, mais encore sécularistes), les pan-turkistes dans toute leur variété (qui va jusqu'à un trip new age animiste/shamaniste) et les AKP-istes (dont je ne connais même pas toutes les nuances et divisions -obligatoires dans un mouvement aussi vaste), il y aura encore pour un temps à boire et à manger en trop grande quantité pour faire un repas cohérent. Disons que pour l'instant, ce sera, à défaut d'autre chose, l'erdoganisme, un bricolage dont le seul vrai point d'ancrage est le moustachu (il est moustachu, donc c'est un méchant).... Maintenant, s'il veut se faire poser une couronne sur la tête et fonder une dynastie, on va peut-être reparler "d'ottomanisme". Mais la perspective ottomane était un impérialisme conquérant et une aspiration, issue entre autre de l'Islam, à la domination/conversion universelle. Pour l'instant, ce "néonationalisme" turc me semble pas aspirer à l'empire universel, ni même être particulièrement expansionniste (même pas comme les pan-turkistes qui rêvent de "l'espace turc", pour ainsi dire du Bosphore à la Mongolie).
  15. Une anecdote qui dégénère, avec potentiel pour un scandale national: quand vous vivez aux USA, vous allez, plus ou moins souvent, assister à un événement sportif ou un autre, qu'il s'agisse de basket ou de hockey, mais plus encore, de baseball, de soccer (le "faux" football, s'il faut en croire les ricains) ou du roi football (celui avec les mains, comme son nom l'indique), ces 3 derniers dans de grands stades à ciel ouvert, rassemblant de larges foules dans des kermesses culturelles dépassant même les Eglises.... Et comme toute messe, elle inclue des chants.... Notablement le chant patriotique de rigueur au début de chaque match, interprété le plus souvent (sauf au Superball) par des militaires en grande tenue, qui viennent faire une démonstration et un acte de présence. Il est de notoriété publique que ce "moment" de tribut à la nation incarné par les personnels en uniforme est payé par les propriétaires de club, coaches et équipes.... Mais la notoriété publique a t-elle raison? Le remuant senior senator de l'Arizona, vétéran et faucon hyperactif, John McCain, accompagné de son "junior collegue" Jeff Flake, est parti en croisade contre ce qu'il voit comme une hypocrisie nationale aux frais du contribuable, parce qu'il s'avère que la facture de ce moment patriotique dans les stades est payée.... Par le Pentagone, qui permet cependant aux équipes et proprios de porter le noble chapeau aux frais de la princesse, tout comme ces mêmes équipes font un chantage permanent aux villes qui les hébergent en forçant la construction de stades hors de prix, renouvelés plus vite qu'elles ne peuvent les payer, et si possible exclusivement réservés à un sport et une équipe (de nombreuses villes se retrouvant avec un parc invraisemblable de stades faits pour un seul sport.... Et qu'il faut reconstruire parfois moins de 10 ans après), dans un pur exemple de "corporate welfare". McCain appelle ce moment au début de chaque match "paid patriotism" (patriotisme acheté, en essence). La revue budgétaire en cours au Congrès est tombée sur ce point et, semble t-il, le prochain budget fera disparaître cette dépense, et sans doute avec elle, cette pratique. Elle dérive des dépenses de marketing du DoD destinées au recrutement et à ce que nous appellerions le "lien armée nation": les équipes sportives sont ainsi payées pour faire place à ce "moment", tout en se drapant dans le pur manteau du patriotisme pour se donner une belle et noble image. Reste à voir si la pratique disparaîtra sitôt que Washington cessera de payer pour. Il est à noter que les propriétaires se sont déjà défendus d'avoir eu même connaissance de cette pratique, renvoyant la responsabilité sur les divisions marketing de leurs équipes: vraie ou fausse, cette dénégation a été reprise haut et fort par le tout puissant M. Football aux USA, Roger Goodell, le commissaire de la NFL (encore récemment pris jusqu'au cou dans une série d'histoires ayant vu la NFL étouffer un très grand nombre de cas de violence domestique, parfois spectaculaires, dans ses rangs, ainsi que dans les tumultes du "Deflategate"), qui s'est porté, comme toujours, garant de l'intégrité parfaite du plus gros sport-business aux USA.
  16. Comme le dit Akhilleus, c'est pas spécifiquement fasciste, ou marxiste-léniniste, ou autre chose: c'est un messianisme idéologique, même pas universalisant , soit un syncrétisme nationaliste (au sens le plus étroit)/religieux taillé pour une idéologie purement nationale.... Mais simplement poussé à un niveau assez extrême. On fantasme un passé mythique, on magnifie l'histoire en lui donnant un fil rouge, et, par extension, on lui assigne un objectif "naturel" par définition inéluctable. Tout y est caricaturé pour tourner autour d'un monde centré sur votre groupe, par définition meilleur, dont tout ce qu'il est, fait et pense est, en conséquence, meilleur.... Surtout quand vous êtes le gars qui définit ou prescrit ce qu'il est, fait et pense.
  17. Ca c'est la question, et les vents venant d'Ankara sont aussi chauds que froids sur le sujet: les turcs veulent désespérément un Etat tampon entre eux et le bordel syro-irakien, mais, dans un monde idéal, souhaiteraient qu'ils ne soit pas kurde, ce qui est impossible vu la carte des peuplements, et surtout, la capacité d'organisation politique et de cohésion des zones concernées. Seuls les Kurdes peuvent monter une ou plusieurs entités de ce type, avec l'avantage supplémentaire que pour l'instant, ce qui existe d'autorité kurde gagne plutôt de bons points en terme de gouvernance et de gestion des différentes ethnies dans sa/ses zones de contrôle: ils ont formé les seules communautés un peu inclusives de la région. Mais évidemment, encourager ce développement au-delà d'un certain seuil revient à acter la fin de l'Irak, ce que personne ne se résoud à faire pour l'instant, vu que ça amènerait automatiquement cette question d'un "shiistan" directement satellisé par l'Iran (ce qui est en train d'arriver/déjà arrivé de toute façon), et d'un "sunnistan" dont on envisage difficilement comment lui donner une forme et un ordre, qui se confondrait de fait avec l'orient syrien..... Comment s'appelleront les nouveaux accords Sykes-Picot qui essaieront de trancher ce noeud gordien? Quoiqu'il en soit, la Turquie devra avoir voix au chapitre, tout en n'en ayant pas une énorme envie. Cet hypothétique Etat kurde pose tant de problèmes dans les relations internationales qu'il ressemble réellement à une patate chaude que personne ne veut réellement tripoter, tout en souhaitant désespérément la mettre au menu. Rien que la définition de ses frontières semble insoluble: lentement, ils vont se tailler -ou essayer de le faire- des extensions dans le territoire futur-ex-irakien (Mossoul est leur cible depuis combien de temps?), mais dès lors qu'on cause de l'autre côté de la frontière syrienne, la merde commence.... Avec l'additionnelle complication venant du fait qu'il s'agira d'un Etat enclavé, rendant les voisins d'autant plus intéressés à faire partie du tour de table.... Et revoilà encore la Turquie: le lobby néocon à Washington semble bien seul à pousser pour un soutien agressif aux kurdes, et il n'est pas en odeur de sainteté (vu son passif, son impopularité au sein du parti républicain même, et sa taille limitée), ce qui place d'autant mieux la Turquie comme interlocuteur local obligé.
  18. Théoriquement oui, mais dans la pratique, quel est le vrai risque? Ni Erdogan ni Poutine ne peuvent se permettre de vraiment se fâcher l'un contre l'autre en ce moment: Poutine essaie lentement de se "déséloigner" de l'occident (Européen surtout) et de lisser certains trucs avec les USA, et il n'a pas vraiment une force décisive en Syrie (et même une force si petite découvre en ce moment les joies des contraintes de l'aventurisme expéditionnaire.... Et leurs coûts), une du gabarit qui puisse faire peur à la Turquie, qui a de son côté tout intérêt à voir les Russes créer une zone tampon stable, surtout si un départ programmé de Assad est inclus dans les cartons. Quand à réellement menacer d'en venir aux mains avec la Turquie pour un incident de frontière.... N'oublions pas que les forces russes ne sont toujours pas à leur meilleur niveau, gardent les contraintes de leur énorme territoire à gérer en même temps qu'un processus de réformes majeur, que la zone de contact russo-turque est étroite et montagneuse, et que l'armée turque n'est pas précisément un acteur de 3ème zone. Les moyens de menace de Poutine sont quand même limités, à moins d'aller tout de suite dans l'escalade majeure, ce qui est vraiment beaucoup risquer et beaucoup perdre pour un incident de frontière qui a 99% de chances d'être accidentel dans la configuration actuelle: les 2 chefs d'Etat en question ont plus de chances de la jouer pragmatique et cynique, et de passer tout incident par pertes et profits, quoique les éventuelles postures publiques et polémiques médiatiques en disent en cas de merdage aérien. Sans rire, quelqu'un voit franchement un incident de frontière à cet endroit dégénérer en une escalade violente entre la Russie et la Turquie? Qu'Erdogan veuille par contre jouer à tester la réaction occidentale, surtout américaine, ça c'est encore autre chose, et même si un des scénaris évoqués se présentait, les chances sont bonnes que nous, ici, n'ayons pas connaissance de cet aspect des choses avant bien longtemps.
  19. Par définition, les "hoboes" ne votent pas, le terme voulant essentiellement dire "vagabond", donc sans domiciliation. Trump se contentera donc des Américains vivant dans les "trailer parks". Sinon une statistique complémentaire de l'article évoqué: sur la période étudiée (99-2013), le revenu des hommes n'ayant pas été au-delà du lycée, mais en étant diplômé, a été diminué de 20%. C'est pire pour ceux n'ayant même pas fini le lycée.
  20. C'est quoi l'archer vert? C'est le titre de Arrow en français, ou c'est encore un autre truc? Mais bon, l'arc en film/série d'action est revenue depuis les années 80, avec Rambo: depuis, c'est la foire au n'importe quoi.... Et oui, j'utilise le n'importe quoi pour comparer tout ce qui a été fait à Rambo (qui, sur l'échelle du bon sens, est déjà dans la partie la plus rouge de la catégorie "n'importe q.... Oh et puis merde, vous gobez vraiment tout, pourquoi en ai-je même quelque chose à foutre"); c'est dire à quel point l'univers de la fiction audiovisuelle ne fait que réfléchir sur lui-même au fil du temps, construisant de nouveaux codes visuels, de nouvelles tropes, à partir des anciennes et non à partir du réel, s'enfermant dans une spirale à mon avis néfaste du toujours plus/toujours pire. Mais bon, ainsi donc, là où notre bon John embarquait un arc dans la jungle du Vietnam pour le simple besoin de pouvoir opérer en silence s'il le fallait (il embarquait des armes à feu avec), aujourd'hui l'arc semble l'arme ultime, plus létal que n'importe quelle arme à feu, tirant plus loin, plus vite et avec plus de puissance et de cadence que les dites armes à feu (faut-il même préciser le niveau de connerie?), et impliquant un niveau d'expertise qui démarque les vrais personnages des amateurs cantonnés à la méprisable poudre à canon. Mais bon, l'arc est visuel.... Et plutôt classe question esthétique de l'action, faut le reconnaître. Et apparemment, la connotation culturelle de l'arc comme arme féminine (qui existe depuis que l'arme à feu l'a remplacé pour la guerre et la chasse, le cantonnant à un rôle de loisir, et de là, au domaine plus exclusivement féminin, déconnecté des exigences du tir de l'arc de guerre) perdure encore aujourd'hui, vu le caractère "égalisateur" à l'écran qu'il peut prendre (en action contemporaine, et plus souvent dans les trucs d'époque/medieval fantasy), le simple fait d'avoir un arc étant apparemment pour une nana, un gamin ou un vieux, un upgrade en létalité, les différenciations de puissance, de taille de l'arc, de capacité à tirer puissamment, n'existant pas pour la narration visuelle. Oui, je pense qu'on devrait mettre des scientifiques sur le sujet de la physique des tables et portes à l'écran: les portes se défoncent à coups de pieds, même d'un poids plume en talon aiguilles, alors que dans le monde réel, même un poids lourd entraîné à la chose aura du mal même avec la plupart des portes les plus standards, et, comme tu le dis, on ne compte plus les cas où les gens se font buter à coups de feu à travers la porte (l'assassin sonne, écoute la personne venir ouvrir, et tire avant même qu'il touche la porte, ou bien la personne à l'intérieur sent venir le coup et défouraille direct), ce qui est nettement plus réaliste côté résistance, même si la précision des tirs à l'écran est étonnante, et le taux de coups au but invraisemblable (mettons ça sur le coup des nécessités de scénarios en format série qui doivent avancer, avec en plus le "hero factor" qui donne à certains des bonus dans pas mal de domaines). En revanche, la table est pare-balles non par la physique des matériaux et/ou son épaisseur, mais par sa nature même de table, tout comme la porte de voiture par la vertu de sa portedevoituritude, la personne qui se planque derrière elle ne pouvant être blessée ou tuée que si: - la vitre explose, signe que le tireur est malin et évite de tirer dans la porte qu'il sait par nature impénétrable - un petit malin tire SOUS la porte pour infliger la vicieuse blessure au mollet ou au pied qui, à l'écran, bénéficie d'un "bonus hurlement" particulièrement élevé - le tireur emploie une arme hors norme, façon Terminator II, face à une horde de voitures de flics: le gatling gun, une doucette, un fusil de sniping lourd (à la condition scientifique express que ce coup ne peut porter que si la caméra s'attarde dessus: si c'est un coup tiré pendant une scène en grand angle, il ne touchera personne, et la physique de la porte de voiture reprend le dessus) ou des trucs dans le genre.
  21. Oh, un joli! Je sais pas si on l'a déjà sorti sur ce sujet qui a déjà franchi la taille critique le rendant peu aisément consultable, mais tant pis: les scènes de combat d'armes à feu, en mode police/gangsters aussi bien qu'en mode militaire, ont quasiment toujours, à un moment ou un autre, des gars qui renversent une table et s'en servent comme écran pare-balles. C'est une sacrée table qui peut arrêter les balles, surtout quand, dans la plupart des scènes évoquées, on donnera plutôt dans la table de restau cheap (genre contreplaqué/formica, plastique, alu ou bois fin) que dans la lourde et épaisse plaque de granit/marbre ou le plateau médiéval épais en bois massif et dense. Mais bon, une fois l'obstacle levé, c'est bon, le héros (ou le méchant catégorie supérieure, celui qui est classe et ne meurt pas comme un homme de main) peut la jouer soldat de tranchée. Notez bien que cette table si omniprésente est une proche cousine de la porte de voiture elle aussi fréquemment utilisée pour le même motif (mais dont je crois bien qu'on l'a déjà évoquée).
  22. Ouais, ma faute; j'aurais du lire l'article. Ils précisent que le taux de mortalité des noirs (mais pas des latinos, beaucoup plus bas) de la même tranche d'âge est toujours très nettement supérieur, même à cette catégorie de blancs peu éduqués de la tranche d'âge 45-54 ans (quand même un créneau précis); c'est l'écart qui se réduit, et apparemment, à un taux quasiment sans précédent, qui n'aurait d'équivalent que le sida/VIH sur quelques populations particulières. C'est l'évolution qui est spectaculaire, et apparemment, sans qu'on constate de changement aussi significatif dans les causes majeures de mortalité de la population en général (diabète et infarctus, les deux tueurs dominants aux USA): l'article pointe un nombre de problèmes qui peuvent être souvent liés à l'hygiène de vie et l'état de santé en général, et à des conséquences de l'obésité en particulier (problèmes de dos et d'articulation notamment), ainsi qu'à l'absence de perspectives et ce qu'on appelle généralement le déclassement et ses maux associés (renforcé aux USA dans la "white working class" par la comparaison, fondée ou non, aux populations "de couleur", qui reste un étalon de mesure surtout pour ce groupe qui a grandi en tant que classe moyenne avec l'habitude de voir les minorités "en dessous", et garde une conception fortement racialisée du pays). La dépendance aux opiacées, illégales ou légales (mais aussi les "légales de contrebande et/ou contrefaites", premier trafic criminel du monde aujourd'hui) et à l'alcool serait plutôt une conséquence de ces maux, mais évidemment une conséquence qui tue. Il manque une donnée cependant: la répartition géographique de cette surmortalité. Est-elle homogène, ou particulièrement concentrée dans certains endroits? Le vieux sud (surtout la zone apalachienne), les Etats vides du Midwest avec peu d'activité (comme le Nebraska) et la "rust belt" semblent tout désignés pour voir une surreprésentation dans ce triste tableau, avec une collection de facteurs jouant plus fortement dans l'importance des maux présentés. On peut aussi faire un lien particulier avec la primaire républicaine: la particularité de la base acquise par Donald Trump consiste précisément dans le ralliement massif de cette "working class" blanche, dans les tranches d'âge évoquées et autour. Aucun autre candidat républicain ne les a touché, sinon, marginalement et tant qu'il a été un candidat porteur (cad pas longtemps), Scott Walker, gouverneur du Wisconsin, un Etat à l'identité fortement "white working class", qui n'a jamais récupéré de la désindustrialisation, et a toujours du mal à redémarrer. Ben Carson rallie les évangélistes avant tout, Cruz d'autres religieux et un certain type de radicaux idéologiques plus particulièrement liés aux Etats du sud (surtout à l'ouest des Apalaches), Rubio et Bush touchant plus la "upper middle class" conservatrice liée à l'establishment républicain. Mais l'Amérique des truckers, des ouvriers et ex-ouvriers, des déclassés conservateurs, des hillbillies et rednecks, des amateurs de talk show sans nuances, des gun shows, des monster truck events, des ligues de catch pourries et du conspirationnisme, elle appartient désormais au Donald. Et cette Amérique là est très en colère. Si les taux de suicide et de dépendance sont un indicateur plus général (des symptômes -extrêmes- d'un mal plus large), ce n'est pas une petite colère.
  23. J'ai du mal à comprendre comment ils peuvent réellement faire la différence, étant donné que sur l'ensemble des populations, même décile par décile en terme de niveau de ressources, les noirs et latinos sont plus mal lotis, de même que les femmes par rapport aux hommes (donc si tu es une femme noire non mariée avec au moins un enfant aux USA, et résidant dans un Etat du vieux sud....). Pour les hommes noirs, la surmortalité par la violence et la drogue est beaucoup plus marquée que pour aucun autre groupe statistique, d'après tout ce que j'ai entendu, et le problème lié à une plus courte espérance de vie se trouve multiplié par l'invraisemblable taux d'incarcération, à mille lieues de celui de la communauté blanche, même à CSP équivalente: prison = à peu près la fin de tout espoir de vie professionnelle aux USA, et donc de toute assurance santé même très limité (plus inéligibilité à Medicare pour la majorité), de tout accès à un niveau de vie satisfaisant (y compris pour la santé). Donc là j'essaie de placer ta statistique dans le contexte; pour l'instant, ça fait pas trop de sens avec ce que je lis ailleurs.
  24. Ou encore: "les gens faiblement qualifiés (blancs ou non, mais les non blancs plus encore que les blancs) ont de moins en moins d'opportunités d'emploi (et surtout d'emploi correctement payé) et de perspectives de carrière et de vie, et un accès faible ou nul au système de santé, même en mode dégradé; en résultent de faibles possibilités d'avoir une hygiène de vie correcte, un faible optimisme (qui est la cause moteur de la dépression et du recours à la drogue) et des problèmes de santé qui ne peuvent que s'accumuler plus vite qu'ils ne peuvent être combattus/guéris"....
  25. Donc après son élection, ce sera le 1er discours donaldien sur l'Etat de l'Union: En même temps, on peut pas lui reprocher l'usage de cette formule: c'est sa catchphrase en tant qu'animateur de télé-réalité. C'est LE gimmick par lequel il est le plus connu: devant les divorces, les banqueroutes frauduleuses, l'étalage de fric et de mauvais goût, les bâtiments abominables et la moumoute-qui-n'en-est-pas-une-mais-on-sait-pas-en-fait.
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