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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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Guerre civile en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de maminowski dans Politique etrangère / Relations internationales
Un peu plus de moyens fait sans doute partie de l'explication, mais si cette proportion est confirmée, je soupçonne quand même plus le niveau de confiance et/ou support envers le régime syrien comme plus déterminant, de même peut-être que la plus grande crainte de Daech chez les non sunnites. Sanctuariser la bande côtière qui est le territoire du régime, peut-être. Ou en tout cas la "frontière" entre les bachariens et les daéchiens. Mais ma remarque ne concernait pas cet aspect là de la question, mais bien plutôt la façon dont le régime parvient à tenir dans sa propre zone, sur ses propres pieds: même dictatorial, un régime a besoin d'un certain niveau de consentement et de passivité de sa population, et ce que les problèmes de recrutement de l'armée, et cette sur-représentation des chiites chez les migrants, représentent (entre autres indicateurs), c'est que le régime syrien, même protégé de Daech, n'est peut-être plus capable de tenir par lui-même, ce qui me faisait dire que le pari russe me semble tout aussi chimérique que la non position américaine. Un peu comme soutenir le régime de Saïgon après 1968, quoi: tu peux soutenir un cadavre à bout de bras tant que tu veux bien y consacrer l'effort nécessaire, mais quand tu ne le voudras plus, ce sera toujours un cadavre, et devine ce qui arrivera. Un gouvernement qu'on soutient est un gouvernement qui tombe.... L'était vraiment pas con, le boîteux. -
Guerre civile en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de maminowski dans Politique etrangère / Relations internationales
Si c'est vrai, ça répond en grande partie à ceux qui, en Europe et aux USA (Trump faisait une sortie récemment dessus), s'indignent que ces hommes ne combattent pas "pour leur pays": si cette proportion de chiites est vérifiée, le fait de voter avec ses pieds et de risquer (et payer) un voyage aussi risqué, épuisant et sans nécessairement grand espoir est révélateur du niveau de confiance et de popularité du régime d'Assad en Syrie, ce qui confirme aussi le fait que celui-ci est encore plus impopulaire que Daech aux yeux du plus grand nombre. Beaucoup de gens se sont accrochés pendant 4 ans (ce qui semble selon pas mal de commentaires être environs la durée de résilience qu'on observe dans beaucoup de conflits chez les populations), ont combattu ou soutenu (plus ou moins activement) pour un certain nombre, et au bout du compte, se retrouvent face à un choix pourri, avec aucun camp en présence qui les motive ou semble même représenter le minimum tolérable à leurs yeux; la route de l'exil devient leur seule option acceptable, quel que soit sa difficulté. Mais sur le plan du conflit, ça devrait faire réfléchir Poutine quand à la viabilité de son poulain comme "solution politique". Assurer la continuité d'un Etat syrien, même sur un territoire réduit, est une chose (et il y a matière à faire un deal orient occident là-dessus), mais faudrait rendre la chose réaliste. La population chapeautée par le régime syrien est déjà fortement réduite en effectifs et en nobre de groupes représentés, mais si même ceux qui restent fuient la conscription à tout prix et refusent tout soutien à Bachar, quelqu'un pourrait croire que c'est un indicateur de pérennité qui pointe très bas; quand un régime en est là, le soutenir ne sert à rien à moins d'être prêt à mettre beaucoup de moyens pour en remplacer une bonne partie. Comme disait Talleyrand, "un gouvernement qu'on soutient est un gouvernement qui tombe". -
Un conflit très actuel: 1792-1799
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
J'entends bien, mais l'aspect "guerre de masse" ou le débat "guerres de la révolution, des guerres totales avant l'heure?" n'est pas trop l'angle sous lequel j'essayais d'aborder le sujet. Ma faute, je l'ai pas assez bien cerné. Mais ces aspects, on les a traité ailleurs et ils sont aujourd'hui plutôt du rabâchage, voire même des lieux communs. Et en Syrie aujourd'hui, c'est quoi? Des armées contre des armées. Plus le temps a passé, moins elles ont été des levées improvisées, et aussi mal entraînées qu'elles soient par rapport à des critères otaniens, aussi dépareillées qu'elles soient, fondamentalement, les armées de la Révolution (et des débuts de la Révolution russe, j'avais aussi l'exemple en tête) présentaient nombre des mêmes problèmes et évolutions. La vieille armée de ligne, déjà un peu malmenée par plusieurs années de sous financement et par la fuite d'une bonne partie de ses cadres qualifiés, ne composait qu'une part minoritaire des troupes mises en marches, et ce d'autant plus qu'il fallait la répartir sur plusieurs fronts pour espérer donner un minimum de solidité aux autres troupes qui ont du être rameutées par divers moyens et dispositifs avant qu'une formule de conscription relativement satisfaisante puisse être trouvée (ce qui n'arrive pas réellement avant 1794-1795): entre les miliciens contractuels d'un an de 1790-91, les bataillons de volontaires inefficaces, les levées plus ou moins en masse inefficaces.... Il y a eu beaucoup de tentatives, et contrairement à l'image d'Epinal, il a fallu du temps avant de pouvoir faire quelque chose, et encore plus avant de cesser d'avoir des pertes massives pour des résultats au mieux moyens. Mais plus encore quand on se penche sur l'analyse de la période, du conflit et de la France à cette période via le prisme de l'armée, la question même de la conscription fut un des problèmes majeurs, et il faut cesser de voir la dite période comme on en a l'habitude, cad ce que disent en la survolant les manuels d'histoire: cette seule question de la conscription -et de son absence dans un premier temps- a causé une guerre civile (et de multiples situations contre insurrectionnelles en différents endroits) en parallèle de la guerre extérieure, a bien failli ne pas passer, et pendant plusieurs années, tout ce qui a séparé la France d'une évolution à la syrienne, ce sont quelques succès militaires (cad quasiment le hasard), à l'intérieur comme à l'extérieur, là où le régime bacharien s'est lui planté. Je récuse fortement la vision de cette période comme reposant sur un seul affrontement de nations, parce que précisément à ce moment, la France est un bordel sans aucun référent institutionnel solide ou un appareil d'Etat très développé. Il y a un gouvernement plutôt provisoire jusqu'au Directoire (corrompu et inefficace, mais premier élément de stabilisation ayant un début de consensus derrière lui), et diverses factions en son sein qui ont tendance à se rentrer dedans brutalement par incapacité à s'entendre même sur le minimum: quand les Girondins, et avec eux les zones rurales non monarchiques et les villes petites et moyennes, sont écartés (et qu'ils rejoignent les fédéralistes), c'est de facto une couche supplémentaire de guerre civile, qui s'ajoute à l'opposition aux monarchistes/religieux (qui sont eux aidés par l'étranger), le tout se surimposant aux conflits aux frontières qui incluent aussi des contingents français (l'armée des émigrés, ou "armée des Princes"). Ces derniers pourraient, si on regarde la chose avec des yeux non français, être "l'opposition syrienne modérée", là où les Chouans (de l'ouest, du centre et du sud est), Vendéens, réfractaires de tous styles et autres opposants sont les factions intérieures sponsorisées par des puissances extérieures (on va limiter la comparaison, sinon l'Angleterre va devenir l'Arabie Saoudite, et nos Vendéens un peu bigots seront le front Al Nosrah). Plus le conflit dure, plus effectivement le jeu devient un affrontement de nations et plus strictement de la "grande" guerre classique, mais dans la période charnière, en fait plus entre 1791 et 1795, je vois pas du tout la chose comme ça. L'armée aux frontières ne représente pas la nation (même si évidemment c'est ce que la propagande du vainqueur -républicain- imposera après coup), et plus la faction qui a le plus de pouvoir (les Montagnards, rapidement, aux dépends de la "Gironde" et de la "Plaine", qui ne sont pas juste réduits à l'opposition au Parlement, mais exclus, persécutés et donc astreints à une opposition armée), soit celle qui vient graduellement à dominer le régime insurrectionnel très instable qui essaie de prendre le contrôle du pays. En ce sens, je comparerais plus la situation à la position actuelle du régime bacharien, face à l'extérieur et face au reste de son propre ex-pays; à ceci près que le régime, d'abord entré en conflit avec sa composante monarchiste modérée (les radicaux ayant fui avant le début du processus politique) qu'il fait fuir, puis avec sa composante "décentralisatrice" et les modérés républicains (qu'il fait fuir aussi pour en faire des opposants armés), a connu plus de succès militaire. Mais l'historiographie des manuels scolaires nous a faire rentrer dans le crâne une vision a posteriori où cette évolution était au final dans le cadre d'un Etat et d'un territoire restant monolithiques, d'une population en majorité passive ou enthousiaste, d'une démarcation ennemis-amis assez nette, d'un pouvoir bien en place quel que soit son occupant.... Alors que tout cela est justement faux. Ce qui est d'ailleurs bien pourquoi le 9 Thermidor fut un moment si capital: fut-il advenu autrement, la guerre civile totale (et l'éclatement complet du pays) aurait été une réalité. C'est quand même la période où les combats entre factions politiques sont des batailles rangées au canon dans les grandes villes de France et où chaque idée qu'elles ont du gouvernement est supportée par des troupes militaires, miliciennes et de volontaires/militants. Au même moment où les opérations dans l'ouest (Vendée, Bretagne, Anjou, Maine, Normandie....) voient des effectifs militaires se comptant en dizaines de milliers, incluant des contingents anglais débarqués (le débarquement de 1795, ce sont 20 à 25 000 fantassins anglais et vendéens, par exemple). Tout ce qui différencie la chose de la situation syrienne, c'est la plus grande réussite à quelques moments clés du régime. -
Guerre civile en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de maminowski dans Politique etrangère / Relations internationales
Il y a plus de fromage en France qu'en Arabie Saoudite, et tout le monde sait que les mines de marshmallow sont aux USA, donc je ne comprends pas ton analyse des ressources les plus stratégiques . Le fait est que pour beaucoup de pays, pas que occidentaux, un équilibre plus ou moins tenable est préférable.... Et qu'en l'état des choses et des parties en présence, l'équilibre équivaut à une poursuite du conflit sans qu'aucune partie n'ait un avantage définitif. Les Turcs s'accommodent fort bien d'un Bachar qui ne gagne pas et d'un ISIS qui ne perd pas, les deux occupant les kurdes de leur côté de la frontière pendant que papa Erdogan "veille" sur les siens. Par exemple. Et les Golfiens sont au final bien contents "d'occuper" les énergies chiites et de voir les Bachariens sur la défensive. Evidemment, ce cul entre deux chaises inavouable mais pourtant en partie souhaité (par opposition à un état de paix et de stabilité qui n'existe qu'en fantasme.... Même avant 2011), c'est de la politique de court terme, pas une chose sur laquelle on puisse compter, mais en attendant, ça encourage la procrastination et la "réflexion" sur une "solution politique", mais sans s'presser. Surtout sans s'presser: comme Zorro, la solution arrivera quand elle voudra bien arriver. C'est urgent et important.... Mais juste pas assez urgent et pas assez important -dans l'esprit des dirigeants de tous bords, sauf les Iraniens, qui regardent pas trop le futur au-delà du lendemain- pour justifier de concéder quelque chose, de risquer un peu, d'investir un peu plus, et de se confronter aux problèmes existentiels de cette région bordélique. La seule chose qui puisse accélérer ce processus et faire sortir de ce confortable (mais faut pas le dire) attentisme, c'est un intervenant extérieur (de pas trop loin ou de très loin) amenant suffisamment de jeu dans la partie pour peser d'un poids décisif forçant la solution collective (avec évidemment beaucoup plus de changements en faveur des positions du dit intervenant), et forçant aussi la réaction des autres procrastinateurs (qui pourraient du coup aussi amener des jetons et équilibrer la partie). En ce sens, Poutine a essayé de donner l'impression qu'il était ce joueur, sans y mettre le dixième des moyens minimum nécessaires, ce qui est révélateur de la Russie poutinienne: veut être à la table des grands et profiter de la moindre occasion pour le faire, mais n'a pas les moyens. Parce que la position russe n'est pas moins chimérique que la non position occidentale: le statu quo ante favorisé par Poutine est tout aussi illusoire. La Syrie ne reviendra pas en arrière, rétablir l'unité de son territoire semble aussi réaliste que vouloir maigrir en bouffant chez Pizza Hut, et l'espérance de voir le régime syrien actuel accepté par la majorité de la population (ou même une petite minorité), ou ayant la capacité de s'imposer à elle, me semble pour le moins.... Optimiste. Les USA sont exportateurs aussi; et les deux pays sont pris par le même problème, à savoir que quelle que soit ta situation en ressources pétrolières, les prix sont avant tout fixés mondialement. Donc l'indépendance en la matière est une chose très très relative (qui n'existe qu'en situation d'extrême urgence, si personne ne veut te fournir), voire immatérielle, tant que le marché mondial reste relativement ouvert. Là je suis pas d'accord; il y a en occident beaucoup plus de comptes à rendre, avant tout devant sa propre opinion, dans ce registre, en tout cas pour ce qui concerne les modes d'opérations sur un théâtre militaire; on le voit jusque dans les procédures de bombardement où il me semble qu'il y a besoin de plus de confirmations sur un objectif et ce qui se passe autour avant que ça puisse prunauter. De même pour les incitations à la restriction. Ou encore, mais là c'est moins éthique et plus technique, la généralisation des armements de précision. A "l'échelon" supérieur de l'action des Etats, celui que tu décris dans ton exemple (les embargos, restrictions....), j'ai plus de mal à doser hypocrisie et nécessité, politique et inaction: Les Russes en Ukraine ou en Tchétchénie ont-ils été moins impitoyables ou hypocrites que les USA contre l'Irak de Saddam dans les années 90? Je manque de moyens pour faire une comparaison dans ce registre, et je doute qu'il y ait une échelle fiable pour la faire. -
Guerre civile en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de maminowski dans Politique etrangère / Relations internationales
Depuis qu'ils sont plus prêts à foutre 50 ou 100 000h dans la balance. Bref, depuis qu'ils ont qu'à moitié envie de s'investir dans ce conflit. -
A force de rabâcher la situation syrienne, je ne peux m'empêcher de penser que ces conflictualités que les superHyper analystes qualifient de nouvelles, de "quatrième génération", de "troubles d'Etats faillis", de "contre-insurrection", de "basse intensité" ("guerre civile contrinsurrectionnellement bassintensitaire, quatrième du nom" pour résumer en un seul truc).... Mélangeant à mes yeux des modes d'actions et des natures de conflit, confondant les échelles à mon avis parce qu'on s'est historiquement trop focalisé sur cette notion un peu artificielle de "grande guerre" (celle entre nations organisées au sens moderne) qui en est venue à englober tout le champ de la guerre si bien que tout ce qui n'en ressort pas.... N'a plus vraiment d'endroit où se mettre et ne peut plus être analysé correctement sinon par une surabondante littérature de pros et non pros ne parvenant pas à se mettre d'accord, et sans qu'aucune grille de lecture homogène puisse dégager des façons correctes d'aborder (en tout cas en occident) de tels problèmes qui recouvrent aujourd'hui l'essentiel de la conflictualité mondiale. Donc je retourne à la source, pour l'époque contemporaine, avec cet Etat failli qu'est la France, déchirée par une guerre civile larvée dès l'inception de son grand changement de 1789, divisée entre quelques grandes factions portant chacune leur tendance à une radicalisation extrême, créant ses populations de migrants (plus des citadins, les conditions d'alors limitant les possibilités de migrations de masse des ruraux et habitants de villes petites et moyennes -de l'intérieur du pays en tout cas), avec déjà une armée d'opposants hébergée et soutenue par des pays voisins et souvent hostiles, et un tas de gouvernements étrangers regardant les événements d'un mauvais oeil. A l'intérieur, que d'instabilité: dès le début, un dirigeant, dynaste héréditaire qui vit mal le changement et ne sait pas réagir correctement aux événements (mais il a pas de moustache, donc c'était pas forcément un mauvais bougre), des factions révolutionnaires qui ne peuvent pas se piffrer, une opposition entre citadins et ruraux, entre centre et périphérie, une période de disette dont le pays commence à peine à se remettre, et un système qui ne tient plus, politiquement, socialement et fiscalement. De là va suivre quasiment un quart de siècle de guerres continuelles à une échelle jamais vue en Europe. Mais mon point est ici de nous attacher à la période des guerres de la 1ère coalition, soit en fait la naissance et l'enfance difficile de la 1ère République, avec pour but un peu avoué de prendre de la distance par rapport à la situation syrienne (et à d'autres actuelles ou récentes.... Ou probablement à venir) pour voir que ces choses suivent des schémas en grande partie similaires, loin des images d'Epinal qu'on peut souvent en avoir. Dans la situation française des années 1789-92 à 1797-99, on peut trouver maints points de comparaison pertinents pour dégager les ingrédients et aléas d'un type de conflit qu'on s'attache aujourd'hui à croire si nouveau ou si exceptionnel, et qui a en fait toujours existé. Je prends cette période qui commence avec la Révolution (début du changement d'équation géopolitique) et les prémisses de la guerre (jusqu'à son déclenchement), et qui s'étend jusqu'à la fin de la 1ère coalition (fin de la possibilité de prise de Paris et d'imposition d'un gouvernement sous tutelle) ET le coup d'Etat du 18 brumaire (stabilisation du pouvoir en France), parce qu'elle recouvre la période de fragilité où tout est possible, où l'espace français peut emprunter beaucoup de chemins différents (éclatement en plusieurs entités, partage en zones d'influences ou dépeçage pur et dur, restauration monarchique, autoritarisme dictatorial ou collectif/idéologique, guerre civile continue....). Bon, là je suis en train de rafraîchir mes connaissances (me suis pas penché sur cette période depuis un petit bail).... Mais que pensez-vous de l'analyse de cette période exceptionnelle? Il serait à mon sens pertinent d'essayer d'aborder le sujet sous l'angle de vue des différents pays étrangers qui se sont lancés dans la partie; il est moins question de faire parler le cocorico intérieur pour départager des méchants et des gentils, mais de voir les mécanismes à l'oeuvre qui président aux prises de positions et aux décisions de toutes les parties (celles en France -nombreuses- et celles à l'étranger -encore plus nombreuses) et d'en parler comme on essaie de parler sur le topic de la guerre en Syrie, histoire de déranger nos mécanismes de pensée inculqués à l'Ecole et forcément très biaisés pour ne voir la chose que sous un angle, et avec un mode de récit un peu univoque et lénifiant hérité d'un siècle et demie d'historiographie un tantinet orientée (quand on parle de manuels scolaires). Il est question d'intérêts des différentes parties dans et hors de France, de visions sur la paix et la sécurité, de droit/devoir d'ingérence, de maintien de gouvernements existants ou de soutien au renouveau (voir la position de l'Angleterre et les débats à Londres entre 1789 et 1793), l'émulation de l'exemple français ailleurs (Pologne, Irlande, Antilles), de radicalisation constante des factions dans le pays problématique et de durcissement de l'opposition extérieure.... La recomposition de l'armée française, par ailleurs, est l'un des meilleurs terrains d'analyse, tout comme l'évolution de l'opposition à la République par différents adversaires français, dans et hors du pays. L'évolution radicale du corps des officiers, les bouleversements du recrutement et les crises que cela suscite (l'un des points qui a failli enterrer la Révolution), l'improvisation à tous les échelons (des unités essentielles au ministère), le Grand Amalgame, la politisation des commandements, les liens pouvoir-armée (avec des méthodes très daéchiennes à certains moments), le volontariat étranger..... Tout est révélateur: ce qui marche, ce qui ne marche pas, ce qui fait que telle chose marche ou non, quelles sont les conditions requises.... Je reviens vite, faut que je révise la période. Désolé si le sujet est mal posé, mais plus j'étais sur le fil Syrie, plus ça me démangeait tant la comparaison revenait toujours plus fréquemment. Y'a quelque chose à gratter (en même temps que parler d'une période concentrée de réformes militaires accélérées, bonnes et mauvaises) pour, comme toujours, éclairer le présent à la lumière du passé, fut-ce celle d'une vieille chandelle.
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Guerre civile en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de maminowski dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est toujours problématique, parce que d'un côté personne ne veut s'engager là-bas, de l'autre, tout le monde a besoin que CE là-bas particulier soit calme et aussi ordonné que possible. Et vraiment très méchamment besoin, parce que c'est un des 2-3 grands barils de poudre de la planète, avec un impact majeur sur certains des axes commerciaux majeurs et le marché des hydrocarbures (et accessoirement les plus gros acheteurs du monde), et une forte propension à la contagion au niveau régional (instabilité des pays composant le cocktail moyen oriental) et au-delà (islamisme jihadiste). Et dès lors que le besoin d'ordre reste dans les esprits, se pose inévitablement la question de QUEL ordre doit exister dans ce coin, ce qui fait que tout le monde là encore a besoin de mettre son grain de sel.... Sans réellement vouloir consentir l'investissement nécessaire, parce que le dit investissement est nécessairement très élevé, en vies, en fric, en moyens et en temps. Les affaires du Moyen Orient sur la scène internationale sont peut-être la caricature la plus extrême du fait que la diplomatie (comme la politique dans un Etat) est l'art de faire durer les carreaux cassés; en somme, malgré l'apparente urgence, on assiste en permanence au plus grand concours de procrastination de la planète, où tout le monde est motivé pour faire quelque chose, mais personne ne l'est réellement suffisamment pour en faire assez. -
Guerre civile en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de maminowski dans Politique etrangère / Relations internationales
Oui, si c'est à ce point le cas, la seule chose que le régime doit essayer de conserver, ce sont les structures et infrastructures, humaines et matérielles, des forces armées, à défaut pour l'instant d'un grand nombre d'unités et grandes unités combattantes efficaces: au moins de quoi reformer un demain, en espérant le miracle de la part des intervenants extérieurs pour ce qui est de commencer à regagner du terrain et remettre un peu de crédibilité derrière la moustache. Crédibilité qui, en son temps, et en conjonction avec la nécessité (qui se fera croissante à mesure que le pays continuera à s'épuiser et se démolir) et une aide matérielle et humaine suffisante (financements, conseillers, matos.... De la part des Russes et Iraniens), pourrait refaire venir du monde à la porte des casernes. Pour l'instant, cet espoir pour les régimiens (je leur cherche toujours un nom, alors je tente des trucs) est vraiment maigre, mais je ne leur en vois pas d'autre s'ils veulent retrouver de la crédibilité, y compris auprès de leurs alliés qui ne sont pas là pour leurs yeux, mais pour s'assurer qu'il y a et qu'il restera un Etat syrien capable de contrôler ce territoire (insistance sur "capable"). -
Guerre civile en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de maminowski dans Politique etrangère / Relations internationales
Oui, j'aurais du mieux élaborer en présentant la distinction entre le camp bacharien et l'armée bacharienne proprement dite. Ceci dit, les NDF, c'est plutôt de la milice très peu formée reléguée à des tâches de protection locale (ce que j'évoquais, avec notamment la ponction qu'elle représente sur un vivier de recrutement désormais très compté) et de contrôle des axes. Difficile aussi, évidemment, de mesurer le phénomène, mais un des trucs qui m'avait fait tiquer était que même les Alaouites se faisaient tirer l'oreille pour aller s'enrôler, maintenant, en raison des mauvaises conditions dans l'armée gouvernementale, des taux de pertes et de la popularité faible et toujours déclinante de Bachar, ce dernier point soulignant d'ailleurs qu'il n'y a pas que chez les Sunnites que le moustachu (donc méchant, ce que nous avons scientifiquement prouvé sur ce forum) est au moins aussi impopulaire que le barbu (lui aussi méchant, c'est aussi prouvé), et certainement pas (et toujours moins) une incitation au combat (ce qui devrait faire comprendre certaines choses à ceux qui continuent à hurler sur les migrants et réfugiés parce qu'ils ne "combattent pas pour leur pays"). L'armée gouvernementale a t-elle franchi le cap de démotivation où l'effort pour garder les recrues (plus ou moins volontaires) dans les rangs dépasse l'effort de combat, ce qui expliquerait pourquoi j'entends un peu partout que le camp bacharien, au sol, ne tient que via les milices et groupes essentiellement étrangers qui viennent renforcer son armée? Et éventuellement les groupes organisés nationaux institutionnels mais séparés des forces armées proprement dites, comme la brigade baasiste (sunnites fidèles au régime) et les milices Shabiha (alaouites) qui ne pèsent cependant pas lourd dans la loi des grands nombres? Je me centre plus sur l'armée gouvernementale proprement dite, parce qu'en terme d'effectifs dans le camp bacharien, c'est encore le poids lourd; en terme de potentiel de combat et d'efficacité, c'est peut-être autre chose, mais mon point est d'essayer de comprendre si c'est encore un organisme auto-reproductif capable de dégager une proportion suffisamment importante de ses effectifs pour un combat efficace (et si oui, qui et comment?), ou si cette organisation a passé ce cap pour n'être plus qu'un agglomérat complètement dépendant de l'efficacité importée de l'extérieur, essayant essentiellement de survivre mais avec un compte à rebours greffé à sa structure qui la restreint à tenter de boucher les trous et fuites au lieu de pouvoir fournir un effort militaire significatif. Si le recrutement forcé (avec beaucoup de pertes et fuites avant même l'incorporation ou la fin de l'entraînement ou celle d'un minimum d'aguerrissement) est la donne majoritaire, ça augure d'autant plus mal de toute solution politique fondée sur la préservation de Bachar: les Russes et partisans du "réalisme" russe n'arrêtent pas de taper sur la niaiserie et le caractère chimérique des positions occidentales, mais personnellement, je n'ai pas trouvé les positions russes et iraniennes plus réalistes, à savoir soutenir un camp qui n'en est plus vraiment un (divisions, méfiances....), et n'arriverait pas, même si ISIS était démoli, à se maintenir par lui-même tant il suscite d'opposition, désormais même dans ses propres bases minoritaires (et il a pas de fric du pétrole pour compenser). -
Guerre civile en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de maminowski dans Politique etrangère / Relations internationales
Ayant du mal à garder le suivi de sujets qui partent à ce point dans tous les sens (chose en bonne partie inévitable avec des sujets "chauds" tendance "bouillants"), je me pose en ce moment la question spécifique de savoir ce qui fait tenir le régime bacharien dans ses zones de contrôle (si l'on peut dire), et dans le cadre de ce forum plutôt spécialisé, ça veut dire savoir comment il s'incarne militairement. Certes, on n'a pas besoin de redire à quel point le régime baathiste repose avant tout sur les minorités, musulmanes ou non, et à quel point plus le conflit dure, plus il a tendance à se transformer en une version (je caricature) de Bachar et les minorités versus plusieurs versions d'oppositions, essentiellement sunnites (les Kurdes, quoiqu'évidemment en conflit avec ISIS et Bachar, tendant plutôt à jouer leur partition, sans être pleinement partie au jeu étant donné qu'ils n'ont pas de projet pour l'ensemble de la Syrie). Mais, passé ces nécessaires prémisses et en mentionnant le support absolument essentiel d'intervenants étrangers (Russes et Iraniens), quid de l'armée syrienne/gouvernementale (plus exact) aujourd'hui? Qu'est-ce que c'est? D'où émane t-elle? Qui s'y enrôle, et plus encore, qui y reste et continue de combattre en y mettant un peu du sien? Malgré tout ce qu'elle a subi, cette armée continue quand même à bénéficier, outre ses alliances extérieures, de l'immense avantage de la continuité des structures et de l'infrastructure (encore) existante, ce qui n'est jamais à sous-estimer pour tout ce qui concerne le renouvellement des unités avec un niveau plancher acceptable (moins cher, plus rapide, plus efficace que former et reformer des unités ex nihilo), la mémoire institutionnelle en termes de savoirs et savoirs-faire, la structure de commandement et coordination du plus haut échelon aux échelons de terrain, l'organisation et l'infrastructure militaire (soutien, communications, zones de repos et entraînement).... Cependant, on note aujourd'hui et depuis un bail que le camp le plus impopulaire pour la majorité de la population syrienne (cad les sunnites), c'est celui de Bachar, et que la conscription est depuis quelques années une chose du passé, parce qu'aucun jeune de 18-21 ans n'ira vers un centre de recrutement ou d'appel de l'armée bacharienne, en tout cas pas s'il est sunnite. Donc de quoi est faite cette armée, ou plutôt de QUI est-elle faite? Si l'on enlève les milices locales qui reflètent souvent la priorité à la défense immédiate de son chez-soi et de son voisinage, ainsi que le besoin d'avoir encore un semblant d'économie fonctionnelle dans un pays où les circuits économiques ont volé en éclat (ce qui doit ponctionner la main d'oeuvre sérieusement puisque dans de telles circonstances, on retombe dans une économie "work intensive" et faiblement productive), le vivier de recrutement doit être très limité, et ce encore plus si on considère que le niveau du volontariat n'est pas forcément élevé (priorités immédiates dominent, le régime -ou son leader- suscite au mieux la résignation, les conditions n'y sont pas des meilleures). J'ai beaucoup entendu le qualificatif de "mercenaire" pour définir l'armée bacharienne actuelle: Iraniens, Hezbollah et Afghans en formeraient la colonne vertébrale, ce qui pose la question de leur degré d'obéissance au régime syrien. Qui sait quoi sur le reste de cette armée qui doit quand même encore tourner autour de 80 000h (combattants plus ou moins effectifs: les chiffres présentés officiellement semblent douteux), maintient quand même encore un vaste territoire dans un contexte où le front est partout, continue à opérer une force aérienne, aussi limitée qu'elle soit devenue? -
Ou sur l'échelle sans précédent des incendies après des années de constante sécheresse et une évolution climatique indiquant plutôt clairement que ces incendies plus grands, plus nombreux et plus fréquents sont désormais la nouvelle norme, et pas une exception.
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Il y aura encore une saison de 8 épisode et c'est fini. -
Oui, c'est fou comme en temps de guerre, beaucoup de gens riches, et/ou puissants, et/ou très connectés, ont les pieds plats, tout d'un coup. Mais Trump n'a commis aucune erreur en attaquant McCain comme il l'a fait: dès le lendemain de ces attaques, sa cote de popularité a grimpé en flèche chez les électeurs des primaires. Y compris chez les associations de vétérans qui sont classées très à droite. De la même façon, Carson a eu un énorme boost dans les sondages après ses remarques hallucinatoirement sectaires à l'encontre des musulmans, et a pu lever des sommes d'argent bien supérieures à ce qu'il avait rassemblé avant, franchissant la barre des 20 millions de dollars. C'est le processus des primaires chez les conservateurs: profitez du spectacle. Sinon, un joli exemple du fonctionnement du Vieux Sud encore aujourd'hui, surtout depuis que la Cour Suprême a retoqué une partie des dispositifs issus du mouvement des Droits Civiques; l'Etat d'Alabama, suite à une série de déficits majeurs (à force de baisser les impôts continuellement et d'accorder des exemptions fiscales aux copains et puissants sans pour autant que l'activité économique en soit favorisée.... Qui l'eut cru?), a décidé de tronçonner dans les dépenses. Normal me direz-vous, à ce stade. Mais les coupes sont révélatrices: 5 parcs de l'Etat ont été fermés, et un tas d'autres trucs, y compris les centres d'attribution de permis de conduire de comtés, qui sont un truc très important aux USA, pays sans carte d'identité nationale obligatoire ou carte d'électeur (et où très peu de citoyens ont un passeport), et où du coup le permis de conduire en tient lieu..... A ceci près que 75% des fermetures sont concentrées dans les 12-15 comtés de la "Black Belt" (cordon de comtés où les noirs sont majoritaires, qui couvre tout le vieux sud et recouvre en fait l'ancienne nomenclature agricole, ces comtés étant historiquement les plus fertiles, et donc là où se concentraient les grandes productions de coton au temps de l'esclavage puis du sharecropping) qui sont en Alabama. Ces comtés n'auront donc plus de possibilité d'attribuer ce document essentiel non seulement pour la mobilité mais aussi pour la vie civique. Pour ces populations déjà modestes, souvent très peu mobiles par contrainte financière, l'accès à une quelconque activité civique ou économique s'en trouve d'autant compliqué/handicapé. Un centre par comté, surtout dans un Etat vaste et peu densément peuplé, était déjà un minimum. Un petit détail parmi mille autres types d'actions, visibles ou non, qui vous donnent une idée de ce que ça peut faire d'être noir dans le sud américain.
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[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
J'ai bien aimé au début, et j'aime bien les fondamentaux de la série (je crois d'ailleurs avoir posté une critique dessus sur ce forum), mais j'ai lâché en cours de route (8-9 épisodes): difficile de dire exactement pourquoi: un peu trop d'abus de bien pensance malgré le bon niveau d'écriture et un certain niveau de refus de la simplicité? Réalisation et narration visuelle un petit peu soporifique à la longue? Je te conseille de regarder les 2-3 premiers épisodes pour te faire ton opinion: ils suffiront à te donner le ton et l'ambiance de ce qui suit. -
[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Quantico: je sens pas trop le truc. Toutes les prémisses dans le pilote annoncent du mélo et du réchauffé dans toutes les parties de l'intrigue. Blindspot: mes craintes indiquées plus haut sur le pilote sont amplement confirmées. Avec en plus un détail amusant: la personnage principale est très fadasse et effacée malgré sa place. Elle se fait bouffer à l'image par Stapleton qui occupe réellement tout l'espace; pas parce qu'il a plus de lignes à sortir ou de place dans l'action, juste parce qu'il domine la scène, et qu'elle.... Pas du tout. -
Arabie saoudite, le pays et son influence internationale
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est un vrai truc (qui a l'air con tout en pensant être du sérieux), ou ça a juste été créé pour avoir l'air con? -
Arabie saoudite, le pays et son influence internationale
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
T'essaies d'être trop subtil; ça fait mal à la tête. Sois bourrin, c'est plus sain. Et arrête de tripoter la boucle de Möbius que tu t'es mis dans la tête; tu économiseras sur l'aspirine! -
Migrations de masse vers l'Europe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
En même temps, ces chiffres peuvent présenter un problème pour une période, mais on parle aussi trop facilement de changement démographique en fonction de telles statistiques: faut pas oublier que, et c'est de plus en plus vrai dans des sociétés ouvertes où cette immigration plus ou moins connue/contrôlée/masquée (bref, toutes les situations qu'on peut trouver entre le complètement légal et le totalement clandestin), des éléments comme la faible intégration économique et le déséquilibre hommes-femmes érodent beaucoup d'effets de longue haleine: le regroupement familial, entre autres choses, n'est pas si évident, voire sera complètement impossible, pour nombre de ces migrants, et la possibilité de fonder une famille sera barrée à une énorme proportion d'entre eux (ce qui n'améliorera pas le niveau de violence/d'agressivité dans une société), comme ce qu'on peut déjà voir en Inde ou en Chine, pays où le déséquilibre démographique entre hommes et femmes commence déjà à avoir des proportions alarmantes, et ne va pas en s'améliorant. De facto, une bonne part de ces migrants masculins sont exclus de la sélection sexuelle, si l'on peut dire. Pour ceux qui ont cette phobie exacerbée du changement démographique qui fera éclater nos sociétés dans le long terme. Evidemment, ça ne change pas la nature des problèmes d'intégration pour la génération courante, et les risques énormes en matière de violence, de cohésion sociale, de radicalisation politique, d'affirmations identitaires antagonistes (et "anti-système").... -
Migrations de masse vers l'Europe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Y'aura un peu de ça, mais je crois malheureusement moins que des facteurs ethniques/culturels/religieux, qui sont des dénominateurs plus "viscéraux" et dans beaucoup de cas, "visibles" (comme on dit pudiquement de nos jours). -
[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Cette production s'est développée parce que c'était utile pour développer la fidélité à la franchise qui ne pouvait pas sortir un film tous les 2 ou 3 ans pendant plus de 30 ans et ne pouvait rien faire de génial pour la télé avant une période récente où les progrès des effets spéciaux (en qualité et en terme de coûts) et le développement du marché des séries ont rendu la chose possible.... Parce que, vu le nombre limité de supports profitables pouvant maintenir et développer l'intérêt pour l'univers SW (contrairement à d'autres produits qui l'exploitent, mais l'épuisent aussi: jouets et objets, jeux vidéos....), cette approche a pu être préférée, qui permettait de ne pas mobiliser d'investissements tout en obtenant de la créativité par l'afflux de tels produits narratifs (payant pour eux-mêmes), la sélection se faisant par le fait de décréter une chose canon ou pas. Mais aussi, parce qu'il n'y avait pas forcément toujours de moyens de l'empêcher de se développer: connerie de liberté d'expression. Aux USA, c'est pas si évident de limiter ce genre d'activité, même commerciale, surtout si l'auteur paie son écot, qu'il ait ou non l'aval de Lucas dont le contrôle ne peut être si absolu (malgré les moyens qu'il y met). La propriété intellectuelle, le droit d'usage, le domaine public.... Sont définis différemment aux USA par rapport à l'Europe: faut pas se focaliser sur notre seule conception. -
Les énormités et clichés du cinéma et séries télévisées
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Kiriyama dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Et cette idée qu'on peut punir le criminel avant qu'il ait commis son crime; vieux débat en un sens (si vous remontiez le temps jusqu'en 1923, tueriez-vous Adolf? et toussa....), mais dérangeant parce que posant mal la question en la plaçant dans un contexte fantaisiste (fondé sur une technologie -ou autre moyen- miracle), qui focalise l'attention sur le mauvais point, oubliant un petit peu certaines bases de la morale, de la loi, de ce qui fonde les valeurs et la stabilité d'une société (des détails comme punir pour les faits). Au nom essentiellement d'un vieux fantasme sécuritaire exacerbé dans cette métaphore narrative du ressort magique qui permet d'empêcher un crime particulier avant qu'il n'arrive. La barrière entre sécurité et liberté est ainsi souvent oubliée à plus d'un titre: droit de regard absolu sur l'individu et sa sphère privée, certitude que le ressort "magique/techno" est si infaillible qu'il justifie toute action préventive (emprisonnement, exécution....). Reflets de cette fascination infantile sur le fait de prétendre connaître l'avenir (surtout de façon certaine) et d'agir décisivement en fonction de cette connaissance (acceptée comme un fait, pas une probabilité), au mépris de tout le reste. Incarné dans la fiction non dans des capacités d'anticipation génériques (futur d'un marché, du climat, d'un budget d'Etat.... Choses pouvant être anticipées sans certitudes mais avec parfois de bons degrés de proba), mais bien dans des capacités de prédiction de comportements individuels. Le pire étant qu'on voit ces choses à l'oeuvre à divers degrés dans la réalité: par exemple le profilage criminel sur des bases très génériques, mais qui impactent la vie de nombreux individus (exemple aux USA et ailleurs: le contrôle systématique, voire la violence, à l'égard de certains groupes ethniques jugés plus suspects par essence..... La faute de sous-groupes ou d'individus de ces ethnies devenant un fardeau pour le groupe en général). -
Les énormités et clichés du cinéma et séries télévisées
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Kiriyama dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Je ne sais pas si on peut appeler ça un cliché, une trope, un code, ou plus prosaïquement une mode, mais je trouve que depuis quelques années, les ricains multiplient les séries (et quelques films aussi) plus ou moins fondées sur le fait de pouvoir prédire crimes et/ou attentats avant qu'ils n'arrivent, par toutes sortes de moyens. Comme un trauma du 11 septembre qui surgit et s'ajoute à ce vieux fantasme ET à la commodité d'un tel outil narratif pour les scénaristes. Que ce soit par le biais de voyages dans le temps, de précognition, d'un quelconque génie ayant un don miraculeux et/ou la capacité de croiser les données, d'un autre type de génie sachant tellement tout ce qui se passe dans le monde qu'il peut refiler des tuyaux hallucinants aux héros, ou d'une technologie miracle (ordinateur, pilule magique....), il y a prolifération de ce ressort narratif essentiellement impossible (quel que soit le niveau technologique) mais hautement attrayant, qui résonne comme un refrain vieux comme le monde, celui de vouloir connaître l'avenir, ici appliqué à un domaine très particulier et rendu d'autant plus sensible pour les Américains depuis un certain jour de 2001. Ainsi, que peut-on trouver? Le réchauffage "maison" de Minority Report en série, loin de la dystopie de Philip K Dick. Le même genre de resucée adaptée à ce type d'intrigue avec Limitless, qui adapte le décorum d'un film centré sur autre chose pour imposer ce ressort de la quasi divination, masquée sous une forme d'hyperintelligence. Evidemment, vient aussi Person of Interest, avec la toute puissante machine (et son némesis). Dans un autre registre (dans la méthode, pas le fond), on a The Blacklist, avec le mystérieux génie du mal qui a suffisamment d'infos en réserve pour informer le FBI, sur tous les crimes et attentats majeurs qui vont se commettre pendant des années: le tout avec la date et l'horaire précis. Quelques séries de voyages dans le temps, évidemment (dont le récent Continuum, même si cet aspect n'est pas le plus dominant dans la série, mais il y en a eu d'autres). A l'occasion, mais c'est pré 11 septembre, on avait le brave gars qui recevait le journal du lendemain et empêchait une quelconque catastrophe de finir dans la page des faits divers. Feue la récente série Intelligence était à une sorte de "frontière" entre l'analyse du passé tout frais et l'anticipation de la suite des événements, via un mix technologie/jus de cervelle tout fondus en un seul gars.... Le cerveau qui valait trois milliards, quoi (en fait plus que ça dans cette série). The Player, commencée il y a quelques jours, utilise ce ressort comme prétexte pour ses intrigues, via aussi une technologie mystérieuse, précisant que apparemment, entre tous les logiciels permettant d'analyser des individus sous tous les angles (comportements, yeux/expressions/langage corporel, historiques personnels, dossiers fiscaux/financiers, suivi GPS....) et les capacités d'analyse "Big Data", de riches glandus qui s'emmerdent ont pu créer pour leur seul usage un équivalent de la machine de Person of Interest (version plus utilitaire, sans IA et personnalité emmerdante). Bref, prévoir les horreurs de ce monde avant qu'elles n'arrivent (nature des faits, identité des perpétrateurs, dommages....) n'est qu'un jeu d'enfant et une question de fric. Apparemment, la NSA, avec ses budgets pharaoniques qu'aucun groupe de milliardaires ne pourrait égaler, et son capital humain, matériel et de savoirs faires accumulé depuis les années 50, est bien trop conne pour avoir pensé à un truc comme ça. Là, comme ça, j'en ai pas d'autre dans la tête, mais je les avais tout à l'heure..... Je les retrouverai, et comme Schwartzy..... Je reviendrai. -
[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Ah merde, c'est vrai, je me souvenais plus que le coup de feu était le cliffhanger de la fin de saison. Désolé, j'ai spoilé tout partout. Ouais, enfin les producteurs "sérieux", cad ceux qui font les films, et bientôt la série, ne s'embarrassent que très moyennement de tout ce qui s'est créé autour de l'univers SW depuis plus de 30 ans, récit "canon" compris. Georges Lucas en tête. Ce qui se justifie quand on a ou croit avoir un bon script: faut pas laisser les contraintes écrites par une foultitude d'autres (chacun voulant "faire son truc", dans son coin, et voir après si on peut recevoir le tampon "officiel" sans pour autant que celui-ci soit un contrat signé dans le sang), sur une longue période de temps, compliquer le récit qui coûte 200 millions de dollars la pièce (plus le budget promo, souvent équivalent) et a besoin d'être son propre truc pour espérer marcher. Donc oui, encourager les geeks à produire du roman, de la BD, des fanséries et compagnies, distribuer le tampon avec un semblant de cohérence.... Mais n'en tenir aucun compte quand on arrive aux choses qui coûtent. Dans l'ordre, les films, la future série live, les jeux vidéos et les séries animée. De toute façon, cette série semble cibler la période entre les deux premières trilogies, et sur un lieu particulier qui n'a pas été trop traité (Coruscant), avec essentiellement de nouveaux personnages. Quoiqu'il soitt question de voir le préféré de tous les fans après (Han Solo et Darth Vader): Bobba Fett. Comme perso, ou comme intervenant ponctuel. -
[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Yep,j'ai fini la saison 4 ce WE: la mort de Branch, c'est la toute fin de la saison 3. Là, c'est les lendemains.... Et la résolution de beaucoup de choses. Pas trop cependant, parce qu'il y aura une saison 5 (Yee Hah! Comme ils disent). Une bonne saison, même si beaucoup de repères qu'on avait éclatent, les persos (en tout cas les survivants) prenant chacun leur chemin (narratif, pas géographique) et pas qu'à moitié, ce qui concourt à l'intérêt de cette série pas focalisée sur un individu, faisant des autres des sous-fifres, des lèches-culs, des méchants-parce-que-pas-d'accord-avec-le-héros, des cons (parce que pas d'accord avec le héros).... Ici, tout les persos importants (ou presque) ont leur moment, et surtout, font beaucoup de conneries. -
Migrations de masse vers l'Europe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Attention aux facilités que les corrélations apparentes permettent; dans des phénomènes aussi complexes et multifacteurs, se focaliser ainsi sur 1 ou 2 éléments, aussi importants soient-ils, fausse complètement la donne, et entraîne souvent un nombre d'exceptions aux "règles" ainsi déduites, tel que la règle a un sens très limité. Je soulignerais notamment la baisse assez continue de la mobilité sociale sur les 30 dernières années, qui à elle seule limite fortement la validité des analyses présentées. C'est particulièrement sensible aux USA (devenus le pays développé à la plus faible mobilité sociale: prends ça, rêve américain) où cette tendance a été de plus en plus en contradiction avec l'explosion du coût de l'éducation, et surtout de l'éducation supérieure, ainsi qu'avec la macdonaldisation du marché du travail (de moins en moins de jobs de classes moyennes une partie des jobs CSP+ devenus nettement moins lucratifs, explosion du temps partiel et de l'emploi précaire, les jobs "de démarrage" qui deviennent les seuls jobs disponibles pour nombre de diplômés et ne sont plus juste "pour démarrer"....).