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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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Arabie saoudite, le pays et son influence internationale
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
De fait, par rapport aux années 80, la rente moyenne des citoyens saoudiens a sérieusement baissé, mais cette seule allocation et tous les avantages et prestations qui découlent de l'argent du pétrole, ne sont pas les seuls facteurs explicatifs: outre le rôle des institutions wahabites et de l'impopularité fondamentale des Séouds, il faut souligner le désoeuvrement important de la population du pays, ou en tout cas d'une bonne partie. Les universités refilant des diplômes qui ne valent rien et ne qualifient pas pour grand chose (place de l'éducation religieuse dedans, notamment), les emplois fictifs ou semi fictifs, le système féodal qui est le seul critère de gestion des activités du pays (à comparer à une économie normale et au fonctionnement normal d'une entreprise, d'une administration ou d'une organisation) et donc de valorisation individuelle (ici, la position sociale, généralement de naissance, est le critère qui détermine ton importance et ce que tu reçois de quelqu'un d'autre), la faible mobilité sociale qui en découle.... Une bonne part de la population, même chez les favorisés, ne va en fait nulle part, et n'a que le devoir de pas faire de vagues et d'accepter passivement. Dans un pays si artificiel où le régime n'est pas populaire et pas vraiment le fruit d'une approbation, même historiquement lointaine, du peuple, c'est pas une bonne recette pour avoir un soutien solide du pouvoir, ou même une approbation mi-tacite, mi passive/résignée. Les régimes solides n'ont pas à s'entourer de tant de protections, d'agressivité punitive, de surveillance et de prestations. -
Une visite de grande conséquence politique: l'arrivée du pape aux USA pour un voyage de quelques jours, dont une étape dans une prison (les USA ayant un quart de la population carcérale mondiale à eux seuls -en grande partie en raison d'une approche politique aussi particulière qu'erronée-, c'est un sujet que quelqu'un comme ce pape trouve digne d'intérêt) et une adresse au Congrès, suscite beaucoup de remous dans la scène politique interne du pays. il est difficile d'assez souligner l'importance du pape en général, et dans ce pays en particulier, tant en raison du nombre de catholiques et de l'importance de cette communauté dans le débat national, qu'en raison de la particularité de l'Eglise d'avoir un seul chef très visible, qui a du coup acquis un rôle informel, à un certain degré, de "chef des chrétiens" en général (il est loin le temps des accusations de "papistes" et de "laquais de Rome" par les protestants, qui n'avaient pas empêché kennedy d'être élu). Tant et si bien que dans ce pays encore si religieux, toute personne ayant une affiliation chrétienne a un rapport particulier à la figure du pape, le considérant à un degré ou un autre comme "le patron", ou en tout cas un important repère, un expert es chrétienté, un consultant d'orientation religieuse en chef.... Et c'est là que le bât blesse en politique, surtout pour le côté républicain qui a, depuis les années 80, pris un virage religieux si marqué et allant toujours plus vers l'inflation, souvent outrancière: ce pape n'est pas super d'accord avec une bonne partie de la plate-forme politique républicaine telle qu'elle est devenue. Ils aimaient bien les papes anti-URSS, et/ou qui se cantonnaient aux sujets sociétaux qui ont leur attention particulière, avortement en tête. Mais plusieurs choses sont arrivées avec ce pape comme souvent avec l'Eglise catholique qui a plusieurs aspects, et pas seulement ceux qui plaisent aux dames patronesses: il parle de pleins de trucs, il en parle bien, il en parle fort, il est écouté, il est inclusif et moins porté sur le jugement, tout l'inverse des successeurs de la "moral majority" américaine. Et il ne parle pas que de moeurs (où certains de ses avis, notamment sur les homos, ont aussi gratté aux entournures), mais bien aussi d'économie, de place de l'Etat et de la communauté, et d'écologie, trois tabous pour la droite américaine. Qui plus est, ça fait longtemps qu'un pape n'a pas été aussi écouté ET aimé par les Américains, qui, ô surprise choquante, approuvent ses prises de position en assez large majorité. De ce fait, les Républicains, qui comptent sur les institutions religieuses pour être sans réserve et exclusivement de leur côté, et se sont habituées à ce fait, ont du mal avec la situation: il échappe à leur système de pensée et à leur système de promotion, et, malgré le statut informel puissant qu'acquiert un pape (sorte de super citoyen du monde, bienvenu dans tous les foyers et esprits, directeur de conscience mondial....), il est un étranger, répondant à d'autres instances.... Et ça ne passe pas dans le logiciel républicain, surtout la caricature qu'il est devenu dans la boîte à résonance FoxNews, aux "logiques" simplistes. Ce pape ne répond tout simplement pas à la logique droite gauche américaine, mais ils essaient désespérément de réfléchir à ses positions en ces termes, d'où une catégorisation comme "liberal", "lefty".... Alors que ce n'est pas le cas, bien évidemment, et que, chose gravissime, il est aussi très populaire à droite, y compris via ses discours sur l'économie. Et là, ça fait mal: parce qu'ils veulent le soutien et le selfie avec le mec en blanc! Ils sont donc pris entre pointages de doigt (façon Bush ou Santorum: "quand je veux un conseil sur l'économie, je ne demande pas à mon évêque) et compliments pour aller avec le courant. Et ils sont assez ridicules ce faisant. Parce qu'apparemment, dans la politique actuelle, ce pape est une référence qui pèse significativement, et sans doute plus encore après cette visite qui déjà s'annonce comme un événement rare en termes d'affluence et d'audience, le tout dans une Amérique où l'image catholique a été réhabilitée par le père François (micro-trottoir dans les Eglises depuis quelques années: il y a un "effet François" mesuré en taux de remplissage et commentaires positifs).
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Arabie saoudite, le pays et son influence internationale
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
De ce que j'ai pu voir, elle représente un quart de la Garde Nationale qui tourne autour de 100 000h, même si les chiffres sont apparemment mal actualisés et que la chose est globalement assez opaque: un quart est ainsi cet ensemble directement et étroitement commandé par les Séouds, les 3 autres quarts étant plutôt sous le commandement de sheikhs locaux, choisis pour leur loyauté et bénéficiant ainsi d'un niveau supérieur de redistribution de la manne pétrolière via cette appartenance au club privilégié de la Garde Nationale (mais pas du même niveau d'entraînement, d'équipement et de soin apporté à la composition et à l'encadrement des unités, même si ce sont quand même des ensembles homogènes, contrairement à l'armée). C'est au final un système d'assurance du pouvoir bien plus que ce n'est conçu pour être une force militaire au sens traditionnel, cad calibrée et pensée pour une mission "normale" d'une armée (généralement combattre un ennemi particulier contre lequel on se prépare, et/ou avoir une capacité d'intervention polyvalente): ces unités protègent le régime et ce qui le sous tend en dernière instance, cad un certain nombre de sites et d'installations (pétrole, noeuds de communication, certaines villes et/ou certains bâtiments, dépôts) et évidemment, l'élément "tribal" protège directement la famille royale au sens strict, certains de ces sites, et forme une réserve d'intervention limitée qu'on imagine employée dans un set de circonstances très précises. La fragilisation du régime a du être sensible ces dernières décennies (vu de l'intérieur) vu que cette Garde Nationale ET l'élément tribal ont connu une inflation très significative de leurs effectifs et moyens depuis les années 90. -
Arabie saoudite, le pays et son influence internationale
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Du coup, raison logique pour la jouer façon reine de coeur: qu'on lui coupe la tête. A part ça, "faits de terrorisme".... Ils ont toujours la politique de réhabilitation des ex d'ISIS via un séjour balnéaire tous frais payés avec quelques leçons de civisme dedans? Les poids, les mesures, toussa..... -
Arabie saoudite, le pays et son influence internationale
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Parce que ce n'est pas un pays: encore aujourd'hui, c'est une collection de tribus, de groupes, et surtout de coalitions (notamment les leaders wahabites saoudiens, véritables autorités parallèles), le tout plus ou moins "organisé" par le fonctionnement féodal de l'Etat des Séouds. Faut pas chercher un grand sentiment d'appartenance ou d'union nationale dans un pareil ensemble qui n'a que la structure juridique (et la reconnaissance par l'extérieur) de ce que nous appelons un Etat (parce que c'est plus commode, mais comme pour l'Afghanistan -un cas bien pire en la matière- c'est surtout une vue de l'extérieur qui le fait considérer comme un Etat) mais qui n'est en aucun cas une nation. Une relative paix sociale y a été achetée à prix d'or (allocations et financements divers, infrastructures....), par diverses autres méthodes (notamment la faible participation à la main d'oeuvre dans toute une gamme d'emplois, compensée par la main d'oeuvre étrangère -des expats occidentaux aux esclaves pakistanais, bengladeshi....), et par le pacte avec le clergé wahabite, qui lui accorde une jolie part du pactole pétrolier et un tas de prérogatives (notamment sur l'enseignement). On a évoqué la chose sur le sujet de l'armée saoudienne, mais ce seul secteur militaire illustre bien la réalité. Avec le budget qu'ils se paient, ils devraient avoir la 4ème ou 5ème meilleure armée du monde, ce qui est TRES loin d'être le cas. La réalité de leur système militaire est différente: - 1ère couche: la défense contre la menace extérieure: l'armée du pays pour faire ça s'appelle l'US Army (c'est l'autre pacte fondateur de l'AS). Cette politique de défense est en coordination avec l'un des aspects fondamentaux de la politique extérieure saoudienne: les achats d'armement et d'équipement militaire, qui sont un énorme outil de négociation pour eux. - 2ème couche: l'armée saoudienne sert à faire du keynésianisme, de l'organisation économique et politique du territoire, et de la redistribution dans le système féodal de pouvoir de la monarchie séoud: on entretient ses clients/vassaux, quoi. On donne de l'emploi dans leur coin, on y injecte du fric, on leur donne une autorité sur des stocks militaires (dont beaucoup de fournitures se retrouvent parfois sur le marché international avant même d'avoir atteint les entrepôts de destination).... C'est là qu'il faut chercher l'extrême inefficacité de l'organisation militaire saoudienne: tableaux d'effectifs incomplets, main d'oeuvre souvent peu/pas qualifiée, parfois en surnombre (emplois fictifs), souvent en sous-activité, avec des matériels (ceux qui ne sont pas revendus) mal entretenus.... - 3ème couche: la protection du régime contre son pays. Là, il y a la Garde Nationale, un truc déjà nettement plus sérieux en terme de capacité militaire. Sélection des personnels, revenus, entraînement par des consultants étrangers, contrôle moins régional et plus direct du pouvoir, matériels au top.... C'est une sorte de super gendarmerie, moins faite pour le combat militaire proprement dit que pour le contrôle de zone et, de fait, la répression (et c'est ce qui est employé au Yemen il me semble). - 4ème couche: la protection des Séouds. Là, on ne rigole absolument pas. Cet élément central de la Garde Nationale est une sorte de Garde Tribale, puisque les personnels sont issus d'une seule et même tribu intimement liée aux Séouds. Le commandement de ces unités est directement assuré par la famille royale (et pas en version étendue, avec des milliers de "princes saoudiens": là, c'est les frères, neveux, cousins directs....), les serments de fidélité et la culture qui va avec sont une réalité puissante, les rapports sont directs et permanents, la paie et les avantages sont significatifs, les matériels et le soutien sont le top du top, les formateurs (et stages à l'étranger) aussi.... Et du coup, le niveau est là extrêmement bon. C'est comme dans Iznogoud: tout le monde se plaint et manifeste, il s'en tape. Si les gardes du corps le font, ils obtiennent tout ce qu'ils veulent. C'est un reflet de l'organisation de "l'Etat" saoudien, qui est plus une administration des possessions de la famille Séoud qui gère un territoire mis en coupe réglée par un système féodal d'exploitation et de pacification (un corollaire nécessaire). Rien de ce qu'on appellerait une nation. -
L'affaire commence à passer dans les grands médias: apparemment, une tradition afghane veut que les soldats au combat (et policiers, par extension, dans ce contexte) aient pris l'habitude d'avoir à leur disposition de jeunes garçons pour leur servir de défouloir sexuel, avec ce qui est de fait un statut d'esclave. La chose arrivait de façon permanente, et semble t-il à grande échelle depuis les débuts de la formation des forces de sécurité afghane, et sur les emplacements de bases militaires occidentales, américaines en tête (je ne connais pas leur statut juridique exact: propriété américaine? En tout cas certainement juridiction américaine), avec une tolérance informellement en place de la chose par le commandement. Un capitaine, par exemple, s'est plaint d'avoir trouvé un enfant enchaîné à son lit.... Et a été viré de l'armée. Mais maintenant, la chose est venue aux oreilles de la presse américaine, et on commence à se demander jusqu'à quel niveau cette tolérance avait été acceptée: est-ce un fait des commandants de base, ou cela remonte t-il bien plus haut, jusqu'au Pentagone? La chose semble un fait généralisé, surtout dans les commandements locaux afghans où les chefs militaires peuvent faire la pluie et le beau temps, mais le fait marquant (au sens où l'outrage semble encore plus grand) ici semble être l'occurrence répétée de tels comportements réellement institutionnalisés sur des bases américaines. Par ailleurs, qu'en serait-il pour d'autres nations impliquées dans la formation et l'appui aux forces afghanes et en ayant des éléments sur leurs bases? Autant dans les zones de garnison de l'armée afghane que dans les bases occidentales, cette "tradition" est assez révélatrice du comportement des forces de sécurité, et par extension, de l'Etat afghan, et explique beaucoup sur la façon dont les Talibans peuvent recruter, et/ou dont l'Etat afghan ne parvient pas à convaincre, s'aliénant même beaucoup de monde, et avec lui les forces occidentales qui deviennent complices de tels comportements (et il y en a d'autres, comme la corruption, la prédation, l'autoritarisme, la mise en coupe réglée des zones dominées par une hiérarchie de petits tyrans....). Les enfants/jeunes ados, surtout mâles, sont ainsi plus facilement poussés à agir pour les talibans, ou en tout cas contre (ou pas pour) la coalition et l'Etat afghan, et beaucoup de tueries "green on blue", ou surtout d'attaques de civils (parfois les enfants eux-mêmes ou leurs parents) contre des soldats, souvent sur les bases mêmes de la coalition (et évidemment des soldats afghan) peuvent trouver au moins en partie ce genre de faits comme explication. Après, y'a moins à se demander pourquoi les "coeurs et les esprits" ne sont pas gagnés, malgré le fric dépensé, les kilomètres de routes, les écoles.... Un exemple d'article:http://www.nytimes.com/2015/09/21/world/asia/us-soldiers-told-to-ignore-afghan-allies-abuse-of-boys.html
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AFRIQUE : politiques internes et relations internationales
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
Comment naissent les théories du complot: ça commence parfois avec ce genre de petits riens, et la pierre roule et amasse de la mousse. A votre avis, celle-là a t-elle un bel avenir, aux côtés de Roswell, du Protocole des Sages de Sion, du "9/11 is an inside job", de tout ce qui entoure l'assassinat de Kennedy, la non mort d'Elvis, la tombe de Jimmy Hoffa, la retraite dorée d'Hitler, les hélicoptères noirs, les camps secrets de le Fema pour l'armée noire d'Obama, la mission Apollo.... Merde, je m'aperçois que les théories du complot qui font du bruit sont à 99% américaines! C'est trop pas juste, on n'a rien qui peut tenir la route et faire de l'audience, à côté. -
Migrations de masse vers l'Europe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Et avec ton astérisque, tu soulignes le fond de l'affaire pour beaucoup de gens, qu'ils en soient conscients ou non: ce qui dérange dans les chiffres, c'est qu'il y a une forte insistance à chercher sans en avoir l'air le nombre de gens avec la couleur de peau et/ou la religion qui va pas, qu'ils aient la nationalité ou non, avec présupposition que ces éléments ne cadrent tellement pas avec le décor qu'ils sont par essence incompatibles avec lui, quand le nombre de cas où ça se vérifie est statistiquement très réduit, que ce soit à l'échelon de la population en général, ou à celui des populations concernées. Si la plupart de ces critiques essayaient de voir par exemple ce qu'était le catholicisme d'il y a encore 150 ans (anti-république, anti-démocratie, anti-liberté religieuse, pour la primauté légale du catholicisme et le rôle politique du clergé, aux ordres du pape, contre la liberté d'expression -sauf la leur-....), ils seraient déjà plus obligés de prendre position sur certains trucs, essentiellement à se demander si ces énergumènes, leurs prêtres en tête, ont vocation à rester dans le pays ou non. Sur ce seul exemple, j'en reviens à me demander quelle est l'idée qu'ils se font de ce que c'est "qu'être intégré", parce que si c'est ça l'identité française selon eux (pays catholique depuis Clovis, une antienne qui revient souvent), c'est déjà incompatible avec l'après 1905. Donc si ces modernes défenseurs de la France sont républicains, ils sont pour quoi? Une identité qui date des lendemains de la loi de 1905? Essentiellement après 1918, en fait, puisque c'est là que la querelle anticléricale a trouvé son aboutissement, après les tranchées. Donc l'identité française selon eux n'existe qu'entre ce moment et les débuts de l'immigration non européenne? Soit quelque chose comme une quarantaine d'années..... Sur 15 siècles et plus d'Histoire? -
Migrations de masse vers l'Europe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est en effet LA question, et même si je compte bien jeter des pierres à une bonne partie de ceux qui chantent le mot comme un absolu générique et rarement défini, je dirais que la première -et plus lourde- pierre est à jeter du côté de l'Etat, c'est-à-dire des politiques.... Et de nous en tant que collectif. A force de manier le débat abstrait dans tous les (mauvais) sens possibles, on a évité à tout force de définir ce qu'était ce mythique "socle commun" définissant l'intégration, fuit à grande vitesse devant l'obligation de définir essentiellement ce qu'est et doit être un citoyen français (insistance sur les deux mots). Et on ne peut se cantonner à dire que c'est "le respect de la loi", parce qu'à ce compte là, toute personne qui l'enfreint même une fois devrait être déchue de sa nationalité. Tout comme il est absurde de vouloir que chacun adopte le bérêt basque et se foute une baguette, un poireau et un litron sous le bras (ce qui de toute façon est difficile techniquement). On souffre grandement d'une absence de définition commune de ce que ce terme d'intégration peut bien vouloir dire, même s'il ne faut pas non plus essayer de le faire trop précisément (une manie française), et sur ce flou absolu fleurissent les critiques ayant du bon et du nauséabond, du pertinent et du gland (j'ai cédé à la rime facile, désolé) qui permettent d'introduire dans la conversation le ressenti d'un pan de la population qui, sans jamais le dire ouvertement, reproche aux étrangers et descendants d'étrangers de n'avoir pas de racines dans ce qu'ils voient comme leur propriété privée (aussi virtuel que soit le sentiment), de n'avoir pas la couleur qui "correspond" au terroir, d'avoir une langue/un accent qui cadre pas dans l'historique du paysage audio français.... Tous ces éléments risquant avant tout de métaphysiquement menacer l'idée qu'ils se font d'eux-mêmes. Et ça c'est avant tout un défaut d'affirmation de la république et du pays, beaucoup plus que ce n'est un problème de refus soit-disant massif d'adhésion à la nation: faudrait encore avoir quelque chose de tangible (et si possible de plaisant/valorisant) à proposer, ou au moins quelque chose tout court. Rien n'est fait pour donner corps (surtout dans l'esprit et les représentations des enfants et ados) à cette adhésion, et par extension au pays, à ses cultures (j'aimerais un jour qu'on me définisse aussi LA culture française comme un tout: ça m'amuserait vraiment beaucoup d'en voir essayer), à son système de gouvernement et de sociabilité (un des trucs en danger partout dans le monde développé individualisant/atomisant à l'extrême).... Sinon moi aussi je peux dire qu'il y a plein de catégories que je trouve inaptes à être bien intégrées, et qui sont des boulets pour la nation. Les vieux, tiens, d'abord: avec eux, c'est le bruit et l'odeur! Ca pue le rance (et d'autres trucs), ça parle tout le temps, c'est malpoli dans les transports en commun, estimant que tout leur est du, ça coûte une fortune en allocs et à la Sécu tout en étant complètement improductif, ça prend de la place, ça vous agresse (à coups de caniches, de radotages, d'admonestations et de reproches, plus les occasionnels coups de parapluie), ça a des manies bizarres, c'est pas souvent compréhensible (le dentier, les chicots, la flemme d'articuler), ça parle à moitié à quelqu'un, à moitié à quelqu'un.... De mort depuis longtemps, ça fait du harcèlement téléphonique, ça fait attention à rien sauf à ce qui les irrite.... Pourquoi on en accueille autant sur le territoire? C'est un peu ça le truc: ce reproche d'une "intégration foirée", c'est souvent le refuge de la rage de certains qui ne peuvent formuler autrement leur reproche aux autres de n'être pas exactement comme eux, et au présent de n'être pas exactement comme leurs fantasmes. -
Migrations de masse vers l'Europe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Yep! Là est le seul vrai danger: perte du sens du collectif pour la majorité (à terme), recherche de collectivités alternatives (sens de l'identité et du "destin", de la fierté de groupe/team spirit....), affaiblissement de l'Etat, et par extension, de son autorité (morale et effective).... C'est de là que vient le sentiment de délitement qui fragilise tellement les consciences collectives et fait sur-ressentir un danger posé par des minorités plus ou moins actives mais statistiquement négligeables. Que d'autres phénomènes concourent de ce délitement comme certaines modes culturelles (le rôle de l'EN est à cet égard édifiant, avec l'aspect particulier de l'enseignement historique qui devrait permettre d'inculquer un minimum de sens de l'identité individuelle par rapport à la continuité du groupe) qui seront succédées par d'autres modes antagonistes, c'est un fait, et le ressenti à un instant T et à un endroit particulier (toujours ces banlieues/cités/quartiers chauds dont on finirait par croire que 95% de la population y vit) peut être particulièrement puissant, c'est un autre fait. Mais de là à dire que quelques centaines de milliers d'individus en ordre dispersé vont foutre par terre un Etat, faut garder mémé loin des orties. -
Migrations de masse vers l'Europe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Ben, c'est ça une menace existentielle Estampillées FN? Les délires habituels avec chiffres fantaisistes? Une armée musulmane secrète qui s'entraîne en divisions entières dans les banlieues chaudes? Aaaaah, la tache d'huile de quelques milliers/dizaines de milliers de gens pris à divers degrés dans un système criminel essentiellement local, qui contraint la vie de 4 à 5 millions de gens vivant dans ces endroits (et pas en concentrations de millions, mais de dizaines de milliers), qui vont se transformer en raz de marée du crime prenant d'assaut 65 millions d'habitants. Quand je parle de "sens des proportions", quel mot n'est pas clair? -
Migrations de masse vers l'Europe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
"Toujours et partout" est un absolu théorique et une fausse base de raisonnement qui présupposerait dans le cas du sujet présent qu'avant l'immigration, il n'y a pas eu de vagues de crimes parfois terrifiantes (et en terme de mortalité, et de sentiment d'insécurité, bien supérieures à ce qu'on voit aujourd'hui en France), ce qui est bien évidemment faux. L'ordre public est quelque chose qu'on cherche, un ordre public relatif est une réalité possible, et essentiellement, avec des hauts et des bas, la France l'a. Quel est le pourcentage géographique et démographique où il n'existe pas en France l'essentiel du temps? Pas vraiment 20% (110 000 kilomètres carrés, et/ou 13 millions d'habitants), sinon le pays serait de fait en quasi guerre civile (si ces 20% étaient répartis dans un nombre important de foyers significatifs), ou en train de mener une guerre asymétrique majeure sur un pan de son territoire. -
Migrations de masse vers l'Europe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Moi je serais curieux de voir des statistiques ou analyses montrant les populations immigrées dans leur majorité comme une menace existentielle pour les nations-hôtes: où est la masse de manoeuvre du crime ou du jihadisme qui va massacrer par millions, asservir des populations entières ou renverser un régime? Où est la vague criminelle qui va dépasser les forces de police d'un pays entier et faire disparaître la notion d'ordre public? Quand j'utilise le mot "existentiel", je l'utilise en pleine connaissance de cause. Que les problèmes liés au mauvais fonctionnement de l'intégration pour des pans significatifs des populations concernées soient réels, c'est un fait, qu'ils pèsent lourd à certains endroits et les polluent pour les autres populations qui y vivent l'est aussi, que certains des dits endroits soient visibles, et parfois importants (voire le cas marseillais) est tout aussi réel. Je ne suis pas en train de te renvoyer une question pour éviter de répondre à une question, par artifice rhétorique; j'essaie simplement de recadrer les échelles à l'oeuvre aujourd'hui. Je ne donne certainement pas dans l'angélisme de l'immigration ou la bien-pensance victimaire qui l'accompagne, mais juste dans les ordres de grandeur dont on a à parler quand on évoque ce sujet si prompt à déchaîner des passions immédiatement polarisantes. Et le fait est qu'un collectif sûr de lui ne craint généralement pas des problèmes comme celui-là, même face à des migrations plus significatives. Quand une nation s'effondre, c'est en premier lieu parce qu'elle est fragile, pas parce qu'une petite minorité (et il faudrait qu'elle soit unie et fonctionne comme une armée, selon une stratégie) s'y agite. Quand on réagit agressivement, c'est parce qu'on se sent faible, souvent bien plus qu'on ne l'est en réalité. -
Migrations de masse vers l'Europe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Faut pas sombrer dans le simplisme: c'est pas parce que l'intégration a des échecs, dont certains importants, que l'intégration est un échec: prendre l'une position ou l'autre est extrêmement biaisé, et au final, de la formule politicienne tendance absolutiste pour se donner une (fausse) assise morale. En parler comme un phénomène global dans un pays est une erreur dans les prémisses même du raisonnement, au même titre que ne se fonder que sur des histoires individuelles. Et plus encore si l'on regarde l'histoire des migrations dans l'histoire récente, qui passent toujours par quelques générations difficiles avant de produire (ou non) un résultat. Il y a certainement des recettes de l'échec et des raisons concrètes pour certaines foirades, correspondant souvent à de mauvais choix politiques, mais c'est pas pour autant qu'il faut perdre de vue les ordres de grandeur à l'oeuvre, et la masse des immigrants ou descendants d'immigrants qui, même dans les zones les moins favorisées, ne posent pas de problèmes. Au final, l'essentiel de ce qu'on pointe comme des "échecs de l'intégration" représente statistiquement des phénomènes mineurs, parfois inquiétants, parfois extrêmes, mais pas existentiellement dangereux; en revanche, comme tous les phénomènes caricaturaux, voire excessifs et violents, ils sont plus révélateurs de ce qui marche moins, ou pas, dans les pays concernés, à savoir ce que j'évoquais beaucoup plus haut dans le topic, une crise de confiance en soi et d'unité, une crise de l'Etat et du collectif, qui fait ressentir mille fois plus que de raison tout phénomène qui dans son principe (même si pas dans sa dimension) pose problème à l'égard de cette "identité" et de ce "bon fonctionnement" (si on peut le définir) national. Bref, c'est viscéral, et aucunement analytique. Ca peut en revanche produire des résultats problématiques, essentiellement par des réactions antagonistes excessives à l'égard de "l'ennemi" ainsi désigné par les trips (les immigrés ou tout ce qui y ressemble de près ou de loin et tout ce qui en est "complice"; les "ennemis de l'intérieur", quoi, une vieille chanson), mais au final, le problème n'est pas dans la réalité de l'immigration (les proportions, les nombres ne sont pas là), ou en tout cas pas un problème menaçant réellement le pays: le manque de confiance en soi et de reprise en main de l'Etat et du sens du collectif l'est. Comme toujours, c'est pas le danger qui nous menace, c'est la peur. Et l'art du politicien (l'homme -ou la femme- d'Etat, c'est autre chose) est d'assumer ces changements radicaux d'une minute sur l'autre sans même avoir honte ou avouer qu'on a changé d'avis, et attaquer celui qui signale le changement: non monsieur, l'opinin la plus récente est ce qu'on a toujours pensé, et honni soit qui autrement y pense! S'il y a un organe pour la honte, les politiciens naissent sans, ou en sont amputés en cours de route. -
Migrations de masse vers l'Europe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est pas tellement politiquement qu'une politique nataliste est pour l'instant difficile à réaliser en Allemagne. C'est en partie financièrement (ça coûte cher un moment quand il faut en commencer une), mais surtout, c'est culturellement; les principales raisons entravant la natalité allemande sont économiques et sociales (baisse du niveau de vie depuis 15 ans, modes de vie et impératifs de vie alignés sur les besoins du secteur privé....), et plus encore (par extension?) culturelles, avec cette séparation plus nette qu'ailleurs, essentiellement pour les femmes, entre l'impératif d'avoir des enfants et celui d'avoir une carrière. Vaincre des réticences politiques dans des luttes de partis dépend au final d'une élection dans un sens ou un autre. Vaincre un atavisme culturel désormais ancré dans une grande partie des mentalités est beaucoup plus dur, long et cher, et un tantinet aléatoire (y'a pas vraiment de méthodologie certaine pour le faire marcher). -
C'est la Floride: dans la liste des trucs tarés qui arrivent aux USA, la Floride arrive en moyenne toujours en tête dans tous les domaines, pour le plus marrant et surtout pour les plus outrageants. La vie politique et le système judiciaire y collectionnent les trucs les plus vomitifs Mais cet exemple particulier de la pelouse illustre surtout le pouvoir des copropriétés et de leurs réglements, qu'elles arrivent souvent à faire convertir en réalités judiciaires, tant il s'agit de groupements influents, du moins dans la partie CSP+ de la population. Comme en moyenne ces proprios sont plus âgés, plus blancs et plus riches que la majorité de la population, ils cumulent les avantages pour se faire entendre des autorités, et par exemple, beaucoup d'histoires sordides de gens au profil différent (surtout la couleur de peau) qui se font gicler de façon scandaleuse de telles copropriétés, ou dont les enfants se font, entre autres choses, fréquemment harceler, voire arrêter, par la police, sont liées à ce genre de groupements qui, à l'échelle municipale, a tendance à faire la pluie et le beau temps, qu'il s'agisse de grands voisinages suburbains, de "gated communities" ou de grands immeubles en condominium. Et dans certains Etats, comtés ou villes, l'étendue de leurs prérogatives effectives et/ou de leur influence politique peut aller vraiment loin. La Floride, eu égard à son statut particulier dans le paysage des retraités américains (dont elle est un refuge privilégié), est sans doute le pire en la matière, avec des exemples de tels groupes qui ont créé de véritables villes privées de fait exemptes de comptes à rendre, qu'elles soient ou non sur le territoire d'une ville. Mais monsieur le maire (et par extension le chef de la police) et/ou monsieur le shériff n'iront jamais contredire la vieille conne d'un tel groupement même si elle leur dit qu'il faut exclure par tous les moyens les noirs du voisinage, sans autre raison "concrète" que parce "qu'on sait bien qu'ils ne font rien de bon". On ne touche pas à ce genre de connards en troupeau, aucun élu ne s'y risquera jamais.
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Les primaires sont encore dans longtemps, et Trump a déjà commencé à accumuler des gaffes, dont certaines ne lui seront pas pardonnées si facilement (même si, sortant du cadre et des règles habituelles -sa candidature suit en fait plus les règles du showbiz que de la politique, mais ce sont des règles quand même et gare à qui les enfreint); le point majeur est que pour l'instant encore, même dans l'électorat militant qui constitue l'essentiel des primaires, il y a moins du tiers des personnes concernées qui font réellement un peu attention à l'élection, même si l'engouement des médiateux donne l'impression que c'est une foire nationale passionnant toutes les âmes. Bref, ce sont en majeure partie les plus obsédés, enragés ou préoccupés qui mènent la danse pour l'instant, avec une bonne proportion qui ne le fait que d'une oreille et ne prête donc pas grande attention aux contradictions et faux pas. A ce stade, ce sont les émotions les plus basiques chez les plus motivés qui comptent le plus, ce qui n'est même pas représentatif des électorats des primaires, et encore moins révélateur des futures décisions effectives de vote; cad que ceux qui sont "pour" un candidat en ce moment le sont sur instinct, par emmerdement, par colère, ou parce que quelqu'un les amuse -de l'inconvénient d'avoir transformé une élection en reality show-, et une bonne partie changera d'avis quand ils commenceront à réfléchir. Et Trump accumule trop vite trop de bagage pour qu'il n'y ait pas de retour de bâton à un point donné, y compris dans des domaines qui peuvent emmerder particulièrement certains pans de l'électorat républicain hardcore, comme une de ses dernières sur son passage préféré de la Bible (qui était demandé à tous les candidats); après avoir, à sa façon creuse et superficielle, vanté la Bible, il apparaît qu'il ne l'a pas lue, et a pour répondre à la question.... Inventé un passage. Chose dont tout le monde se fout en France, et beaucoup de gens avec nous aux USA, sauf dans la Bible Belt où ce genre de trucs n'est pas considéré comme valorisant. Et la Bible Belt pèse très disproportionnellement lourd dans les primaires républicaines. Accumuler ce genre de conneries se fait très vite, et comme un chewing gum, ça colle longtemps à la semelle dans le climat invraisemblable d'une présidentielle américaine où le niveau d'observation des candidats est sans commune mesure avec ce qu'on connaît en France: on est à la loupe, ils sont au microscope à balayage. Et la publication des résultats, faite avec l'efficacité d'un crieur public en France, est du niveau du harcèlement multimédia aux USA, en version martelage industriel continu. Et toutes les NON-conneries qu'un candidat, surtout un républicain de ces 2-3 dernières décennies, dit pour passer les primaires, deviennent des énormes conneries quand on passe à la générale, tant le parti s'est écarté d'une majorité grandissante de la population (dans le cas de Trump, les latinos sont déjà "adios", alors qu'ils sont devenus un électorat vital). Qui plus est, Trump est très divisif: certes, il a grimpé, et plus étonnant encore, fait monter le nombre de ceux qui envisagent sérieusement (quoique "sérieusement" puisse vouloir dire si loin des primaires) de voter pour lui, mais si 27% des militants républicains (chiffre de ce WE pour le niveau national, plus dans certains Etats cruciaux pour les primaires) sont pour lui actuellement, il a aussi une proportion anormalement élevée de gens qui le rejettent totalement en tant que candidat (plus que 50% en moyenne depuis plusieurs mois à l'échelon national), qui ne voteraient pas pour lui quelles que soient les circonstances: il est donc adoré par une proportion non négligeable des militants, mais aussi détesté par ce qui est encore une majorité, avec une proportion décroissante de gens hésitants, ou le considérant comme un candidat plausible. Bref, il polarise pour ou contre lui, avec de moins en moins de neutres, ce qui est plus révélateur de la profonde division au sein des républicains que de hautes probabilités de le voir élu candidat officiel. Qui plus est, quand on en vient aux sondages sur la crédibilité de ses propos, Jeb Bush est encore considéré comme beaucoup plus crédible que lui: le critère "honnête/digne de confiance" voit un énorme écart entre lui (55%) et Jeb Bush (72%) parmis les républicains, ce qui renvoie à la polarisation de cet électorat, mais aussi à la "révolte de la base" qui pour l'instant encore se manifeste par un rejet des candidats de l'establishment (Bush, Rubio, Kasich, Walker), même si beaucoup savent qu'ils sont plus crédibles (ou pour être honnête, moins délirants) que les clowns anti-système qui disent merde à tout le monde et s'affichent comme indépendants de l'establishment et des lobbies (Trump, Carson, Fiorina). Une autre façon de dire qu'une majorité de républicains croient plus ce que Bush dit, mais ne l'aime pas et n'attend pas de lui qu'il change le système, et que pour l'instant au moins, ils refusent de le voir comme le plat de légumes verts qu'ils devront peut-être, à un point donné, accepter de bouffer, plutôt que le beignet au gras et au sucre que sont Trump et Carson, ou plutôt la foire d'empoigne qu'ils suscitent pour l'instant. Par ailleurs, faut pas oublier qu'en plus de tout ce qui peut et va arriver à Trump à mesure que les choses deviennent plus sérieuses, qu'il accumule du bagage et que le niveau d'observation s'accroît, il sera de plus en plus confronté à son plus grand ennemi: sa grande gueule qu'il ne contrôle pas. L'essentiel des primaires est en février prochain, le moment réellement crucial étant le Super Tuesday (c'est là qu'elle est réellement gagnée ou perdue, même si plus du côté démocrate que républicain); ça laisse énormément de temps pour que l'électorat commence réellement à rentrer dans la partie, pour que les candidats aient accumulé un certain nombre de conneries et succès, que l'examen se soit resserré, que les candidats aient été mis en face de certaines de leurs contradictions, que l'humeur ait changé, que la situation du pays (et les sujets qui comptent pour l'élection ait changé d'ordre de priorité).... Il faudrait toujours, avant de faire un pronostic, se souvenir de la phrase de McMillan: "une semaine en politique, c'est l'éternité".
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Guerre civile en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de maminowski dans Politique etrangère / Relations internationales
Tiens, j'avais jamais entendu la formule "son 06": c'est une autre façon d'évoquer la quête d'un numéro de téléphone pour se placer, au bout du compte, dans les 6 heures de la donzelle? Quand on s'appelle Geoffrey, on mérite toujours des claques (toi aussi Robert Hossein, même des décennies après les faits).... Surtout avec cette tête là. -
[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
La chaîne américaine FX a décidément de l'ambition et conserve son goût pour l'originalité: son producteur/scénariste/réalisateur vedette, Kurt Sutter (papa de The Shield et de Sons of Anarchy) s'est lancé dans une nouvelle entreprise dont le premier épisode vient de sortir (en fait les deux premiers: un double pilote gabarit film): The Bastard Executioner, une série médiévale avec un budget conséquent, située à l'époque de la fin de la conquête du Pays de Galles et de la disparition des dernières principautés celtes. Le décor, ce sont les marches galloises, ce cordon de sécurité fait de nombreuses forteresses bâties rapidement sur le pourtour du territoire gallois et dedans, pour le quadriller, veiller à la lente colonisation et préserver l'Angleterre des raids de bandes armées encore très actives. Tournée sur place, la série ne lésine pas sur les beaux paysages et a eu visiblement accès à tout ce qu'elle voulait en matière de châteaux et de droit de jouer avec. Costumes, reconstitutions et figurants à la douzaine sont au niveau. Reste l'intrigue; je me réserve le droit d'attendre avant d'émettre un avis. Pour l'instant, ça ressemble à un pitch un peu à la Monte Christo, croisé avec un thème de rebellion contre le grand empire. Essentiellement, wilkin Brattle, un chevalier, visiblement de haut rang, renonce à la guerre après un trauma, disparaît dans la nature, épouse une locale et se fait pégu. On découvre que le massacre auquel il a échappé par ce qu'il croit être une intervention divine (et qui l'est peut-être: le surnaturel, ou les apparences du surnaturel pour jouer avec la perception de gens superstitieux, sera peut-être de la partie) était en fait une trahison à son encontre, par deux personnes qui se retrouvent, au temps où commence l'intrigue, à la tête du comté où se déroule l'action; le comte et son chambellan, ce dernier apparemment l'antagoniste principal de la série, et joué du coup par un acteur de poids, Stephen Moyer (le vampire Bill de True Blood). Après des péripéties dont je vous passe les détails (spoiler alert), notre bon ex-chevalier-passé-en-CSP-- se retrouve en rebellion ouverte et contraint d'endosser une fausse identité, celle d'un bourreau itinérant qui, pour le peu qu'on voit de lui, ne semblait pas être une personne que beaucoup de gens regretteraient (y compris sa femme et son fils).... Une fausse identité ET un job (elle est pas belle la vie en cavale?): celui de bourreau attitré du comté. -
Guerre civile en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de maminowski dans Politique etrangère / Relations internationales
Quasiment tous, j'ai dit. En plus, lui l'a remplacée par une coiffure.... Discutable. -
Guerre civile en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de maminowski dans Politique etrangère / Relations internationales
Facile! Je suis déçu, là; tu peux mieux faire. Bon, OK, devant la facilité, non, on ne peut pas mieux faire: c'est trop tentant. Ceci dit, je doute (et toi aussi, tu l'as dit plus haut: si, si, je te dis quelle est ton opinion, ne discute pas) que Poutine envoie unilatéralement assez de forces pour faire autre chose..... Que ce que font les USA actuellement (et encore, en plus petit): garantir certaines zones, appuyer un acteur de terrain (l'ophtalmo moustachu..... Pourquoi les méchants sont-ils quasiment toujours moustachus? Est-ce un atout tactique, stratégique?), entraîner des troupes, prendre une position "forte". La seule question qui compte réside dans l'évaluation comparée des intérêts des USA et de la Russie quand à leur problème commun: le coût de ne pas agir s'avère t-il plus élevé que celui d'agir réellement (les 100 000h et plus, l'engagement sur des années et toussa)? Avec la question subsidiaire pour les ricains: ce comparatif doit être évalué à court terme (politique interne: c'est vraiment en train de devenir un gros truc dans le débat ricain) et à moyen terme (estimation de résultats obtenables), là où Poupou a peut-être moins d'impératifs internes urgents sur ce sujet. -
Guerre civile en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de maminowski dans Politique etrangère / Relations internationales
Un dicton veut ainsi que "les USA feront toujours la bonne chose à faire..... Après avoir essayé toutes les autres solutions". Sous entendu "contrairement aux autres pays" qui n'iraient pas jusque là ou lâcheraient en court de route: c'est très mi figue mi raisin. Devinez à quel stade du dicton on est, là. -
Guerre civile en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de maminowski dans Politique etrangère / Relations internationales
En tout cas, le combattant rebelle syrien sponsorisé par les USA doit être le soldat le mieux financé de la planète: le programme a pour l'instant coûté autour de 500 millions de dollars, ce qui fait au bas mot 100 millions par combattant effectif. Ces 4-5 gars doivent être de vrais Rambos, à ce prix là , et je parle du Rambo sérieux: pas celui qui se paie un Sheriff's department et quelques gardes nationaux de l'Oregon, ou celui qui dégomme une garnison pénitentiaire viet (avec quelques consultants russes), ou encore la vieille tapette qui ne s'en prend qu'à un bataillon de jungle birman, mais celui qui attaque une division d'élite soviétique en Afghanistan! J'ai regardé la vidéo du témoignage devant un comité sénatorial du général Lloyd Austin (chef du Centcom) sur ce sujet, et les tronches étaient pas piquées des vers (même si j'imagine bien que tout le monde connaissait plus ou moins l'information avant l'audience); même si on peut raisonnablement parier qu'un effectif plus conséquent est réparti à diverses étapes de son entraînement (on évoquait des chiffres de 2000, ce qui n'est pas énorme), le fait est que créer une rebellion comme on la veut (avec sélection et profilage des combattants pour "occidentalo compatibilité") n'est pas une option viable, ou ne pourrait produire des résultats que dans trèèèèèèèès longtemps. L'une des grandes faiblesses du système, à mon sens, est de n'avoir pas pour ces gens une base territoriale plus ou moins sanctuarisée qui puisse un minimum fonctionner et s'assumer par elle-même, c'est-à-dire avoir une économie de base, un lieu où retourner, où leurs familles vivraient, un semblant d'organisation politique dont découlerait une organisation militaire en laquelle ils puissent voir une solution pour l'avenir.... Entraîner des volontaires en terre étrangère et sur fonds totalement étrangers ne peut produire que des effectifs marginaux d'auxilliaires, pas une armée. -
Guerre civile en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de maminowski dans Politique etrangère / Relations internationales
Il y a quand même des exemples aussi où ça a pu marcher, mais étrangement, ces exemples renverront aussi toujours à une situation où moins d'idéalisme et plus de pragmatisme est de mise, où les moyens et la volonté sont là, et où il existe un vrai partenaire solide sur place, voire même un qu'on aide à se mettre en place mais en trouvant la bonne mesure entre ce qu'on attend de lui et ce qu'il doit faire pour s'assurer une assise. J'émettrais des réserves sur la comparaison algérienne, ou d'ailleurs celle qu'on peut faire avec le Vietnam ou l'Afghanistan (1 ou 2, ou le futur 3 "le retour du fils de la revanche"): plus visibles certes, mais on peut aussi à cet égard souligner qu'il n'y a pas de règle établie dans ce genre de choses, et que chaque situation est un cas unique, et chacun de ces cas a vu ses propres merdages, soit un set de circonstances et d'événements uniques menant à des conclusions non nécessairement écrites à l'avance, même à un stade parfois avancé du conflit (l'Afghanistan même après 2006, l'Algérie avant la bataille d'Algers et même jusqu'à la fin; l'issue eut pu être très différente). Je rajouterais même l'exemple chinois (Mao vs Chang Kai Tchek) pour bonne mesure, en soulignant que là non plus, le résultat ne fut pas celui espéré par l'intervenant extérieur (même s'il jouait là un rôle plus indirect), et que si celui-ci a pu foirer certains mouvements, la conclusion n'était pas nécessairement écrite avant un bon moment dans le conflit, encore une façon de dire que tout peut bien se passer pendant longtemps et qu'on n'est jamais à l'abri d'une connerie majeure, ou d'une courte séquence de conneries au mauvais moment. Juste pour dire que les estimations de succès à l'aune des exemples un peu trop ressassés a tendance à faire oublier que l'intervention dans un conflit existant n'est pas un sport nouveau, et qu'il a aussi laissé derrière lui nombre de réussites et d'Etats stables (même si parfois ou souvent loin des critères que l'occident tend à apprécier). Il faut avant tout éviter de sélectionner, même inconsciemment, les cas qui arrangent notre pessimisme (ou notre optimisme, c'est selon), car il n'y a que des cas particuliers dans ce registre. Tu cites le cas tchétchène, qui lui risque bien d'avoir un 3ème épisode vu les tendances que Kadyrov commence à afficher et la reluctance croissante de tonton Vlady à cracher au bassinet: de fait, l'épisode 2 a été remporté en faisant essentiellement ce que les ricains ont fait avec le "surge" en Irak.... En version plus hardcore. A savoir amener l'effectif nécessaire, taper fort, beaucoup et vache, retaper encore pour la bonne mesure, puis favoriser l'avancement d'un leader local (chef de structure de type clanique, avec assise solide et tendances maffieuses) dont on fait le chef de classe en l'arrosant de cash et en lui permettant de mettre le territoire en coupe réglée. Et ça marche tant qu'on arrose, en attendant que l'inertie de la paix puisse se créer, essentiellement par la reconstruction, le maintien d'un certain calme, une activité économique (même limitée et gangrenée par le système maffieux), et surtout le phénomène générationnel (avoir des gamins qui grandissent sans vision de parents démembrés et de grenades qui pètent juste à côté). Les ricains en Irak se sont eux empressés d'arrêter une partie du système -la partie militaire du surge- dès que possible, tant pour limiter la casse, limiter le risque immédiat (dans une guerre qui franchissait alors des records d'impopularité) que, surtout, pour limiter le surcroît temporaire de dépenses (rappelons qu'à cette date, les finances devenaient un problème pressant). De fait, ne restait réellement en place, pour faire fructifier le surcroît de calme ainsi acquis, que les structures militaires (et surtout de renseignement) américaines, et le flot continu de cash vers les milices shiites et sunnites (soit un surcroît de segmentation dans un pays où le sens de l'unité avait déjà été battu en brèche). Manque de bol, c'est à cette même période que les accords prévoyant la sortie américaine sont signés (2009), ce qui enlève aussi beaucoup de crédibilité au surge, un essai non transformé, auquel les ricains ont coupé les pieds rapidement, renforçant l'hypothèse qu'il y avait juste assez de volonté politique pour en faire une victoire à Washington, et pas assez pour en faire une victoire sur le terrain. Mais celle-ci n'avait rien d'impossible, pour peu que l'investissement ait été consenti. C'est pourquoi j'énonçais la condition pour que quelque chose se fasse et réussisse en Syrie: mon point est que la chance ne serait pas mince de réussir, mais comme toi, je pense que les conditions à réunir sont, dans la configuration actuelle, quasi impossible à réunir. Le vrai problème est que, d'un autre côté, la situation sur le terrain, dans la région ET dans les scènes politiques des pays d'intervention potentiels (USA et Russie en tête) a suffisamment évolué pour rendre un certain volontarisme et un certain niveau d'action inévitables. La question devient dès lors: qu'est-ce qui va être envoyé, et pour quoi faire? Les USA sont en ce moment pris entre les deux feux de vouloir intervenir rapidement ET de freiner des quatre fers à l'idée de le faire seul, et tous les intervenants potentiels évitent soigneusement l'aspect pourtant indépassable du niveau de forces exigé pour obtenir quelque chose, tant pour la destruction de l'EI que pour le fait d'obtenir une zone un peu pacifiée en résultat, à tout le moins une zone majoritairement couverte par l'autorité d'un vrai Etat, et qui ne ferait plus fleurir des mouvances comme l'EI. La formule politique pour obtenir un plan de campagne relativement consensuel à cet égard semble clairement hors d'atteinte pour l'instant, malgré ce qu'on dit sur le fait que Poutine subirait pas mal de pressions en interne pour calmer le jeu entre la Russie et l'occident, et malgré la conscience qu'on les USA que le seul fournisseur de forces significatif qui puisse vouloir faire quelque chose là est la Russie (la gibi est hors jeu pour un engagement qui pèse, et la France aussi; l'Allemagne, même s'il lui poussait une volonté, ne joue pas dans cette catégorie de projection de forces). L'autre désaccord que j'ai avec ton post (le premier, que j'ai trop délayé -désolé- est que les chances de succès de ce genre de choses ne sont pour moi pas dictées par les quelques exemples qu'on sur-cite pour toute intervention), c'est que si opération multinationale il devait y avoir, l'évolution des rhétoriques à l'ouest me laissent moins sceptique à l'égard de l'option du soutien au régime syrien. Même avec des pincettes, même en se bouchant le nez et en prenant l'air très mécontent de le faire, j'ai plutôt l'impression que le discours penche vers une résignation à cette option, avec comme élément décisif le devenir personnel du sieur Bachar Al Assad, dont beaucoup essaient en ce moment d'aménager le plan retraite. Pour peu que ce préalable puisse être réglé, je pense que les USA (et l'occident) sont en fait plus ou moins déjà dans le process qui mène à une intervention au sol. Quelle en sera la forme et la taille, c'est évidemment encore autre chose, qui inclue en tête de liste ce qui doit être arrangé avec une Russie qui a des intérêts à défendre et semble vouloir rétablir des relations avec l'ouest. Mais il faut pour cela différencier ostensiblement Assad et l'Etat syrien, noircir le premier pour rendre le second moins toxique à soutenir. Mais bon, l'avantage des dictatures (qui sont souvent surtout des oligarchies avec un primus inter pares), c'est qu'on a tendance à les voir comme tenant à un seul personnage. -
Guerre civile en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de maminowski dans Politique etrangère / Relations internationales
Je regarde surtout les médias américains, et sur ce sujet, j'avoue avoir mes doutes quand à la faisabilité de ce qui semble si "évident" à certains intervenants publics d'autres pays, à savoir d'abord et avant tout une alliance active, même si de fait plus que de droit, entre les USA et la Russie, les seuls qui aient de facto les réserves militaires et une volonté d'agir en Syrie. Le ton général de tout ce que j'ai pu voir sur les chaînes américaines (et pas que Fox) est terriblement hostile à la Russie, quasiment aucun distingo n'est fait entre le soutien de Poutine au régime/à l'Etat syrien et le soutien à Bachar (alors que dans les faits, on sait que les Russes aimeraient beaucoup se débarrasser de Bachar lui-même), et ce soutien est assimilé de ce fait au soutien à une dictature hostile aux alliés américains. A aucun moment n'entre dans le raisonnement de leur scène publique que la grande peur des Russes est que l'Etat syrien, ou ce qu'il en reste, quelle que soit sa forme, s'effondre. Ils ont peur que ce soit le principe d'un Etat syrien (et avec un hinterland significatif évidemment, incluant leurs bases) qui vole en éclat. Mais la nuance ne passe pas dans une presse américaine très polarisée contre la Russie. L'autre truc qui me frappe dans le ton du débat US et donc ce sur quoi les politiques, surtout ceux en campagne, s'engage et essaient de bâtir du capital politique et d'influencer par là l'opinion à Washington, l'opinion publique et la population (3 choses différentes), est la trivialité avec laquelle l'idée d'opérations terrestres est évoquée: on en parle en abstraction, en disant "qu'il faut faire quelque chose". D'un côté, ce n'est pas négligeable, parce qu'il semble bien que l'année écoulée ait permis à beaucoup de politiques de définitivement casser la "war weariness" de la population américaine, une chose bien réelle et qui a pesé lourd l'an dernier au moment de la grande offensive d'ISIS en Irak (qui fut aussi son "émergence" aux yeux du monde occidental): la majorité des ricains est aujourd'hui pour une intervention au sol. C'est à partir de là que la chose se complique et devient inquiétante, parce que personne ne parle réellement des nécessités du conflit, et des ordres de grandeur induits: très politiquement, les quelques fois où c'est évoqué, et encore rapidement, en passant, ça revient toujours à des ordres de grandeur de 10 000h, essentiellement des FS, des cadres et des formateurs. Donc de l'intervention au sol, mais en fait pas vraiment de l'intervention au sol. Comme le général Desportes le disait la semaine dernière, c'est une affaire à 100 000h au bas mot, cette histoire (venant encadrer et appuyer les centaines de milliers de syriens et d'Irakiens de factions diverses s'opposant à ISIS et, dans une moindre mesure, à Al Nosra); comme il semble que ce soit la règle depuis trèèèès longtemps, ce genre de conflits implique, de façon beaucoup plus importante que des capacités de combat à grande échelle, des capacités de contrôle et sécurisation de zone à grande échelle, et pour ce faire, on en revient à des chiffres qu'aucune technologie ne semble beaucoup changer, à savoir avoir l'équivalent de 3 à 5% (armée et personnels de sécurité en tous genres) de l'effectif de la population ciblée pour avoir une chance de réellement pacifier la zone voulue. Ce qui, dans le cas syrien seul, implique des ordres de grandeur que personne n'ose ainsi réellement évoquer, mais aussi des ordres de grandeur que seul un duopole russo-américain pourrait commencer à assembler (et rendre crédible au point d'attirer d'autres soutiens significatifs -même si plus petits). L'irréalisme des discussions publiques américaines me laissent ainsi sceptique sur le niveau de volonté à l'oeuvre: d'une part, je ne sais pas ce qui se passe côté russe et si la Russie aurait les moyens (les réserves continuent à filer, en ce moment) et suffisamment d'intérêt dans la zone pour ce genre de mobilisation, de l'autre, je ne sais pas si les Ricains sont encore en train d'amener leur population vers la réalité de l'effort nécessaire, ou s'ils parlent vraiment dans l'abstraction. Parce que ma seule certitude pour l'instant est qu'on est bien en face d'une affaire à 100 000h au moins, et une qui durerait un nombre indéterminé d'années.