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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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FRANCE : 5° puissance économique?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de SPARTAN dans Economie et défense
Oui, mais ils ne le font pas, ou en tout cas pas très fort, et pas en des termes qui pèsent. C'était l'essentiel de mon point: Twitter n'est pas une mouvance politique créant la pression adaptée au sein d'un parti, ou sur un député ou gouvernant donné. Ce n'est pas là qu'est le goulot d'étranglement de l'impuissance citoyenne. Au final, Qu'est donc Twitter ou n'importe quel réseau social sinon l'équivalent du café du commerce et du téléphone arabe en plus rapide? Ca permet à l'information biaisée de bouger plus vite dans tous les sens, c'est tout. Ca n'a pas de poids en soi. Ca peut éventuellement permettre une coordination ponctuelle de grande échelle dans un cas de force majeure (type printemps arabe), mais, comme la bombe atomique n'est pas un substitut aux forces conventionnelles, les réseaux sociaux (ce qu'on entend essentiellement par "à notre époque") ne change pas le fond des choses du fonctionnement dans la durée de la démocratie, qui repose sur des citoyens réellement impliqués de façon soutenue, et cherchant une information plus solide sur laquelle ils se concerteront pour agir par des moyens qui pèsent vraiment. Ca sert pour organiser UNE manif géante rassemblant beaucoup de monde: pour que la masse critique soit atteinte, il faut un "plus petit dénominateur commun" permettant de mettre d'accord suffisamment de gens suffisamment motivés (donc en colère, dans la mouise, indignés.... Des gens et groupes qui, hors de circonstances exceptionnelles, ne sont d'accord sur presque rien: il faut donc que ce soit sur des trucs essentiels ET perçus comme tels viscéralement par beaucoup de monde) pour qu'il se bougent le cul et si possible de façon concertée (manifestations, organisation en cartels de vote de fait, mouvements faisant émerger des candidats hors système/alternatifs ET crédibles, militantisme antagoniste au sein des partis, campagnes de pression sur des élus, boycott visible de la presse et des porteurs d'infos....). Beaucoup de conditions (incluant aussi une proximité géographique et/ou beaucoup de logistique), et le hashtag activism n'en est qu'une seule, très insuffisante en soi. S'il y a vraiment une maladie plus fondamentale dans la démocratie aujourd'hui, je la vois plus dans la faiblesse du 4ème pouvoir, à la fois trop gratuitement contestataire ET trop peu indépendant pouvoirs en place (politique et économique), avec un juste milieu moins pertinent qu'il n'a pu l'être auparavant, soit à la fois trop lèche cul et trop gratuitement critique, tapant trop souvent aux mauvais endroits aux mauvais moments et de la mauvaise façon. -
FRANCE : 5° puissance économique?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de SPARTAN dans Economie et défense
C'est vrai si et seulement si les citoyens concernés s'en rendent compte en nombre suffisant ET de façon organisée, pas chacun de son côté, ET font quelque chose à ce propos; c'est le but de la démocratie, de pouvoir corriger un tir jugé faussé. Mais ça suppose une masse suffisante de citoyens actifs et impliqués, qui font plus que voter à l'occasion (et surtout voter par résignation -pour les mêmes- ou par pure colère -pour les extrêmes), ou militer façon fan club. Comme ce n'est pas vraiment le cas, la charade continue depuis qu'il y a des démocraties, avec à l'occasion, quand les choses vont vraiment loin, d'heureux sursauts. Parce que "LES citoyens" ne sont pas un bloc monolithique, et l'électeur type n'existe pas. Après, il est aussi du devoir du gouvernant d'améliorer un peu (je dis bien un peu) la réalité et de présenter les choses à l'occasion (je dis bien à l'occasion) sous un angle flatteur ou dédramatiseur: la parole publique ayant une capacité d'effet d'entraînement, quand elle est bien utilisée, elle peut faire la différence, sur une question sociale, un événement tragique, une question économique, ou pendant une guerre. Evidemment, l'abus de cette faculté conduit souvent à un abus et une dévaluation de la dite parole publique. Mais il faut aussi noter que dans ce jeu, le politique, au pouvoir ou en opposition (celui-ci noircit tout outrageusement pour charger son adversaire, forçant l'adversaire à embellir d'autant plus), n'est pas le seul responsable: les différents groupes plus ou moins organisés formant la population au sens politique ont aussi leurs propres filtres, biais, exigences contradictoires, hypocrisies.... Et déforment autant le message et la réalité dans leurs demandes et attentes. C'est un système hautement imparfait pour un monde hautement imparfait où vit une espèce éminemment imparfaite. C'est pas le plus grand mal qui la plombe, mais c'est l'une des plus graves erreurs politiques: se faire prendre la main dans le pot de confiture n'est pas moins moralement excusable qu'avoir la main dans le pot de confiture, mais c'est politiquement fatal (ou pas loin) si "les citoyens" y réagissent de façon politiquement valable (cad faire plus que râler ou s'indigner dans son coin ou au café du commerce). Cependant, il vaut mieux éviter de fonder ses raisonnements concernant la démocratie d'aujourd'hui en partant du principe abstrait qu'il fut un temps où elle était nécessairement meilleure, parce que ce n'est pas vrai. Ce comportement des décideurs a toujours été là. -
Les énormités et clichés du cinéma et séries télévisées
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Kiriyama dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Ce pourquoi on a cité ce cliché en premier lieu; mon post ne faisait que pointer du doigt la façon dont l'ouïe peut être perdue dans le monde de Mad Max, avec ses lois de la physique et de la physiologie quelque peu.... Différentes . Vu le volume auquel ils écoutent la musique dans ce film, de toute façon, ils doivent tous être déjà à moitié sourd à la base. On le remarque pas trop en voyant le film, mais à mon avis, si on était parmi eux, on se rendrait compte que ce qu'ils appellent murmurer est ce que nous appellerions hurler comme un porc à la St Jean. -
Les énormités et clichés du cinéma et séries télévisées
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Kiriyama dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Là tu es vache et juge un peu facilement: détruire l'ouïe par le son d'une détonation ne cadre tout simplement pas avec le genre de Mad Max.... C'est plutôt un univers où on arrache l'oreille et/ou perce le tympan avec une foreuse. Question de style. -
[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Humans est l'adaptation en Angleterre de cette série scandinave (pas vu cette version originale Real Humans, que tu évoques). Chier! Je croyais qu'elle avait été reconduite! Ne pas perdre espoir: maintenant que Sandman est une certitude (budgétée après autant de temps, pas parce que c'était une patate chaude, mais parce que Gaiman avait son mot à dire et veut pas de déconne avec son bébé) et n'est pas produit par des demi sels ni avec des bouts de ficelle, et maintenant que Lucifer version série est une réalité, cet univers aura un certain boost dans un proche avenir.... L'exorciste soupe au lait et fumeur va revenir.... -
Les homos ne sont pas un électorat très conséquent en taille. Les noirs sont de toute façon considérés comme "perdus" par les Républicains, et restent une portion limitée de la population (autour de 12%, désormais dépassés -de beaucoup- par les latinos), mais surtout, sont en général plus difficilement mobilisables pour le vote (une partie se sent flouée quel que soit l'élu; Obama a mobilisé de façon nouvelle cet électorat, comme Clinton en son temps -qui reste selon beaucoup le "plus noir" des présidents), et en bonne partie handicapés pour voter: les nombreuses lois visant à limiter de fait, dans beaucoup d'Etats essentiellement républicains, la capacité de vote de cette communauté, ont eu un poids réel, moins pour les présidentielles que pour le Congrès, et surtout, plus que tout, la chambre basse (vote par circonscription, où tous les dispositifs adoptés peuvent cumuler leurs effets). Le vote des femmes, souvent plus en faveur des démocrates que les 55% évoqués, est contrebalancé par plusieurs phénomènes: un repli plus prononcé de l'électeur blanc (adultes et vieux) sur le vote conservateur, le vote des vieux en général (surtout les hommes, donc), et les variations du taux de participation. C'est l'un des grands problèmes du vote démocrate: les élections non présidentielles (on vote tous les 2 ans aux USA, pour renouveler la moitié du Congrès, entre autres) voient une plus faible mobilisation à gauche qu'à droite. Et les mesures destinées à limiter l'accès de fait au vote de certaines populations sont essentiellement le fait des Républicains, touchant proportionnellement plus lourdement les noirs et autres minorités ethniques, les femmes (notamment celles des "working class", plus présentes dans des jobs de service qu'elles peuvent moins laisser même pour le temps d'un vote, parce que le vote est en semaine), les étudiants. Pour les démocrates, l'équation se résume essentiellement à aller faire voter du monde: le taux de participation est leur grande variable fondamentale. Les Républicains, dans l'équation politique actuelle qui leur est défavorable depuis plus de 15 ans (ils n'ont jamais remporté le vote populaire -en décompte absolu- pendant cette période), se maintiennent dans leur formule actuelle très exclusive d'une part croissante de la population, via la faible participation et le jeu de leurs dispositifs électoraux (notamment le découpage des circonscriptions), en plus de la "bulle", cette caisse de résonnance qu'incarne Fox et qui, outre le fait d'avoir isolé en partie leur électorat ferme dans un univers à part, joue un rôle pour créer des polémiques nationales à certains moments, et pour handicaper et distordre la perception des positions du camp d'en face, par simplecapacité de volume et de détermination de l'agenda du moment (de quel sujet on parle).
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Apparemment, même dans la base républicaine, pas tant que ça: la prise de position de Jeb Bush (en difficulté pour l'instant, même s'il est le candidat préféré de l'establishment GOP, et sans doute l'un de ceux qui durera jusqu'à l'année prochaine) en faveur de la guerre d'Irak et du bilan de son frère, n'est pas bien passée auprès des électeurs des primaires (et dans l'opinion), le ressassement des mêmes excuses et de la même trame narrative de la décennie écoulée faisant partie désormais du package que les Américains, base républicaine comprise, rejettent massivement avec l'ensemble de la rhétorique établie des candidats habituels. Donald Trump ne s'y trompe pas, lui qui fut quasiment le seul dans le champ républicain à taper sur ce legs de Bush avec des mots simples et les bons angles d'attaque, tapant par là moins sur le thème en lui-même que sur la manière dont les politiciens s'expriment en général, couvrent leur cul, nient leurs responsabilités (même quand c'est évident) et évitent le discours direct. Il ne durera sans doute pas, mais il est extrêmement symptomatique et porteur du type et du niveau de ras le bol qui prédominent en ce moment, plus sans doute que les autres démagogues et "candidats protestataires/anti-système" qu'on voit habituellement. La même chose se voit côté démocrate, même si pas à propos de l'Irak, avec Bernie Sanders, désormais passé devant Hillary dans les sondages de la primaire du très important New Hampshire (là où Clinton dominait de façon absolue depuis des mois, reléguant tous les autres candidats à des scores du niveau de la marge d'erreur statistique).
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C'est une erreur d'appeler Cruz un néo-con, et sans doute Rubio aussi: ils font partie de ceux qui empruntent juste une partie de la rhétorique quand le besoin s'en fait sentir. Et pour faire campagne auprès de la base républicaine, il faut des phrases et mots-clés, notamment dire sans arrêt qu'il faut une politique extérieure "dure" et "forte", dans dire ce que c'est concrètement, mais en réemployant ces mots le plus grand nombre de fois possible dans un discours. Et saupoudrer le tout d'allusions ou de déclarations directes concernant ISIS et l'Iran, essentiellement à base de phrases "positives" (au sens général, pas moral) et assertives tournant autour du thème "il faut y aller carrément", "bombarder", "les dézinguer".... Aucun besoin du moindre rapport à la réalité des possibles, ou à la complexité d'un problème, ça gâcherait l'effet. Oh! J'oubliais! Il faut sans arrêt dire qu'il faut un leadership "fort" (le mot "fort" doit être employé pour tout ce qui concerne le candidat), par opposition à toute autre politique, qui est donc forcément "faible", et reflète donc par là le caractère de l'individu qui la promeut. Si vous croyez que c'est caricatural, écoutez les discours de campagne: aucun scénariste de la pire production hollywoodienne de série Z n'oserait écrire ce genre de choses même pour une série à bas budget destinée à passer à l'écran d'une chaîne minable pendant la nuit, ou à ne jamais sortir du tout. Le discours du président dans Independence Day est l'épithome de l'éloquence et de l'intellectualisme, à côté. Ca fait près d'un an que Cheney revient sans cesse sur Fox, à vendre son "héritage" et traiter tout les autres de cons, et ça fait plus longtemps que les agités de 2003 de plus bas rangs se sont réintégrés dans la sphère médiatique en mixant un curieux cocktail de "on a fait ce qu'il fallait faire", et "c'était génial" avec un "tout ce qu'il y a de pas bien était la faute aux renseignements". Une journaliste passionaria notoire de 2003, dont les articles ont largement conctribué à populariser la marche à la guerre (à base d'énormités foutant tout travail et toute éthique journalistique aux chiottes) a récemment fait la tournée des plateaux pour vendre son bouquin sur les événéments, sans peur de mensonge, de couvrage de cul, de doigts pointés sur tout le monde sauf elle, et d'autopromotion décomplexée. Un truc amusant que partagent tous les néocons de haut rang (branche idéologique spécifique des conservateurs américains, à dissocier des faucons plus classiques; si, si, il y a une césure nette), qui sont essentiellement de l'époque du Vietnam: ils ont tout évité de servir, que ce soit par relations ou une autre "occupation". Cheney, Rumsfeld, Bush (qui a "servi" dans le Golfe.... Du Mexique).... Tous des planqués. Ce pourquoi ils sont aussi souvent qualifiés de "Chickenhawk".
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[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Ce post est pour les geeks d'une certaine famille de comics.... Quelques indices: on a déjà eu Constantine le film, puis maintenant Constantine la série (et non, pour les moldus, ça n'a rien à voir avec un récit sur la vie des Pieds Noirs avant qu'ils ne soient Pieds Noirs), dont la 2ème saison est attendue bientôt. Et bientôt, le big mac de cet univers (appartenant à DC Comics) sera sur grand écran, The Sandman lui-même. Mais en attendant, je suis tombé sur une fuite prématurée du pilote (ça semble devenir un truc régulier, comme récemment avec Blindspot -à chier- ou Supergirl -pire qu'à chier) d'une autre série issue de cet univers: Lucifer. En commençant l'épisode hier, j'avais une impression de maldonne: le décor (Los Angeles), l'acteur (Tom Ellis) et la bagnole (un cabriolet sport genre collector/crise de la cinquantaine) étaient les mêmes qu'une série de l'année dernière, Rush, qui n'a duré qu'une saison (dommage, j'aimais bien), sur un ex-médecin prodige, radié de l'ordre, exerçant sa profession dans les dessous d'Hollywood, tout en continuant à s'adonner aux vices ayant présidé à sa radiation (sex, drogues et..... Encore plus de drogues). Mais non, hors de ces similitudes, on est bien dans l'univers du comics, soit un cadre où l'ange déchu et PDG de Hell Inc en personne a pris un congé sabbatique permanent par ennui, et gère désormais un piano bar stylé, décadent et à la mode dans la cité des anges, mal nommée puisque beaucoup d'Américains aiment aussi l'appeler "Hell A". De ces prémisses, le personnage, qui n'est pas toujours un si mauvais bougre, va trouver mêlé, selon son caprice (toujours son caprice, c'est son moteur), à divers événements et aux vies de divers personnages, jouant (comme tant de personnages télés) les détectives amateurs avec l'inévitable flic incorruptible du coin. C'est essentiellement le thème du pilote, et il faut maintenant espérer que la série a un peu d'ambition (et que l'auteur, Neil Gaman, a un peu de poids dans l'affaire), et ne se limitera pas à un cadre avant tout limité à cette énième mouture du thème "buddy cop" de circonstances, dont seul l'habillage varie plus ou moins selon les films ou série; c'est pas parce que l'un des buddies est le diable en personne que ça rend la série originale (c'est juste du détail si ça n'est qu'un outil pour des histoires d'enquêtes toutes vues ailleurs mille fois et sous mille formes). Trop tôt pour un réel avis, étant donné qu'on sent du potentiel (l'acteur principal notamment), qu'on voit du métier (personnages, dialogues), qu'on espère beaucoup (le matériel d'origine est bon), mais qu'on sent aussi les faiblesses (facilités, stéréotypes, trucs standards/pré-machés, routines....) et qu'on perçoit toutes les impasses dans lesquelles une production peu ambitieuse et/ou peu dotée pourrait donner. Avec la rafale que va nous asséner Netflix bientôt (Jessica Jones, Luke Cage et Iron Fist, en plus de Daredevil, dans un univers sériel Marvel fonctionnant comme l'univers ciné: plusieurs séries simultanées se rejoignant régulièrement dans des épisodes ou miniséries spéciaux), et le tandem Agents of SHIELD/Agent Carter, on va dire que les comics ont bien envahi les séries comme matériel source majeur pour les plus grosses productions, tout comme au cinoche. Sinon, je conseille vivement l'OVNI de l'été: la nouvelle mini-bombe Netflix appelée Wet hot American Summer: First Day of Camp. Une pure série satyrique, prequel d'un film culte et (pratiquement) éponyme de 2001. C'est de la comédie sale, bête (mais pas vraiment en fait) et méchante (mais pas vraiment en fait), très bien mise en scène, très bien écrite, avec un casting proprement hallucinant d'acteurs et de comiques: Bradley Cooper (A Team, American Sniper, entre autres), Chris Pine (Star Trek), Janeane Garofalo, Amy Poehler, Paul Rudd (Ant Man), Weird Al Yankowicz (pour les fans). Essentiellement, c'est une caricature d'un camp de vacances pendant l'été 1981. -
Les Anglais ont un système plus intermédiaire: ils ont un très petit nombre d'équivalents CRS/GM, qui servent essentiellement de cadres à des policiers lambda quand il faut revêtir la panoplie anti-émeutes, et les policiers lambda ont divers degrés de sensibilisation à ce métier.... Mais il faut aussi reconnaître que les policiers anglais ont un tout autre niveau de formation que leurs équivalents ricains. Parce que c'est vrai que la gestion des manifestations de tous types aux USA est plutôt mauvaise (bémol pour les grandes villes où il y a plus de savoir-faire gardé en mémoire, même si c'est loin du besoin quand même), et il est hallucinant de voir la façon dont le sujet est débattu sur les chaînes américaines: les différents sons de cloche reflètent surtout le nombrilisme américain et l'incapacité à vouloir essayer de voir ailleurs et de comprendre qu'on peut appréhender ces problèmes autrement.... Si bien qu'il n'y a d'étalon de performance qu'américain; là où nous trouverions que beaucoup d'événements peuvent être considérés comme des manifestations d'incompétence crasse (voire des cas où la police a aggravé les choses), ils ne verront qu'une occasion où la police aurait pu faire mieux. Et évidemment, on se rassure en se disant que les flics américains sont de toute façon dans l'ensemble les meilleurs et les mieux formés du monde.
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Bien noté: j'avais écouté pas mal de trucs divers sur le niveau d'entraînement des flics aux USA, mais je m'étais pas systématiquement documenté dessus. Il y a avant tout une énorme diversité dans la chose, et des niveaux de qualité très différents, mais allant généralement pas très loin comparé à ce qu'on pourrait attendre (connaissance de la loi, entre autres "détails", procédures de désescalade et de maîtrise d'échanges verbaux....). Et c'est aussi vrai pour la formation initiale que pour la formation continue, dont la quantité et la qualité varie énormément mais vole généralement pas haut. A contraster avec le niveau de formation des agents fédéraux, de très bon standing. L'un des trucs que j'ai vu sur l'entraînement des policiers est l'importance (en temps passé, en proportion de la formation, en niveau de l'investissement par rapport au budget de l'académie) de l'entraînement sur simulateur vidéo, des sortes de salles avec projections 3D reproduisant des scénaris types de confrontation et de mise en situation.... La liste des scénars est assez représentative: la proportion de situations impliquant le fait d'avoir à sortir son arme de manière quasi inévitable est absolument dominante. Entre ça et mille autres trucs, pas mal de journalistes et personnes se penchant sur le sujet pointent du doigt le fait que les flics sont formés à aller à la confrontation et à réagir avant tout par la violence (et souvent très vite, comme l'une des premières réponses automatique). De la même manière, il y a développement d'une attitude (posture, mode de dialogue....) qui favorise la réponse agressive de beaucoup de monde, avec donc une plus grande probabilité de créer des situations de tension là où elles n'auraient pas émergé autrement. Il est vrai que ce point n'est souvent pas aidé par nombre de politiques mises en place: tout ce qui ressort des outrances des postures "tough on crime", ou de la "zero tolerance"/"broken window policy", ont eu un impact négatif difficile à sous estimer. C'est moins vrai dans les grandes villes avec une forte tradition propre de police et la taille nécessaire pour avoir leur propre formation et leur mémoire institutionnelle en existence continue et avec les moyens de les faire évoluer (même si ça oeuvre pas toujours nécessairement dans le bon sens, comme on peut le voir à l'occasion avec le LAPD, souvent pointé du doigt). Dans les chiffres que ta source évoque, je trouve que certains sont hallucinatoirement bas (surtout évidemment comparé au temps consacré au tir): 11h de "relations humaines", 8h de "médiation/gestion de conflits", 6h de "résolution de problèmes". Bref, tout ce qui permet de se mettre dans le crâne la façon d'interagir avec des gens, surtout en situation de stress et sans filet..... N'est pas considéré comme suffisamment important pour bénéficier du temps de s'implanter des mécanismes basiques dans le crâne (de façon réflexe). C'est comme l'instruction civique à l'école, quoi: on les met juste dans le menu pour se dire qu'on en fait.
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Les énormités et clichés du cinéma et séries télévisées
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Kiriyama dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Une exception à la règle, sur ce dernier point et ses succédanés: l'un des pires réalisateurs en matière de codes et abus de clichés pour les scènes d'action (et d'autres trucs) a fait un film fondé sur un dommage causé ainsi: John Woo dans Le Tueur, où le personnage voit sa vie changée parce qu'il a tiré juste devant les yeux d'une passante, la rendant aveugle. Mais bon, à part ça, non, les flingues sont bons pour les sens, à l'écran. -
Les énormités et clichés du cinéma et séries télévisées
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Kiriyama dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Et les explosions n'ont que très peu d'éclats, ou juste pour l'apparence, et surtout, ils ne font pas de dégâts sur ceux qui sont à proximité, et qui devraient sinon être déchiquetés par tout plein de petits trucs bougeant très vite. -
Les énormités et clichés du cinéma et séries télévisées
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Kiriyama dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Tu as commencé à voir ça de façon anecdotique, mais régulière, dans les années 60-70, avec les "grandes ancêtres" que furent Emma Peel (et ses remplaçantes auprès de M. Steed) et Wonder Woman; ça s'est en fait développé à cette époque avec la vogue des arts martiaux orientaux qui ont visuellement créé le code (pour l'écran) que le gabarit n'est rien (et que les très musclés sont lents, stupides et maladroits) et que les dits arts martiaux permettent de "retourner la force" de l'adversaire contre lui (et autres facilités). Matraque un peu ça, et ça devient un code visuel facile qui permet aux nanas taille mannequin, enfants et vieillards de foutre une tripotée à une horde d'armoires à glace estampillées FS. Du coup, question code visuel entré dans les moeurs, c'est ça ou des super pouvoirs (sous une forme ou une autre), évidemment, et le pli est pris. Les années 80 ont continué à refoutre une couche en la matière, même si hors des séries, c'était encore essentiellement confiné à la scène téléfilms/séries B/films "de genre" (arts martiaux, fantasy), avec des femmes comme Cintya Rothrock (qui a cumulé 1000 fois plus de films cheaps essentiellement inconnus -mais cultes pour une certaine audience- que Steven Seagal et ses films made in Europe de l'Est produits à la douzaine). Cöté "grand" cinéma, Nikita est essentiellement le point de départ iconique (ironique quand on voit le réalisme volontaire de Nikita, qui met en exergue la force du personnage sans avoir à la "justifier" par des capacités invraisemblables). Pour moi, ce sont les années 90 qui ont vu la "régularisation" du phénomène, sa banalisation, avant tout dans les séries: le stéréotype de la femme d'action (généralement policière ou détective privée, parfois "espionne", plus quelques autres carrières de façon anecdotique), avec comme corollaire le code télévisuel selon lequel personne ne peut lui casser la gueule sinon une autre femme, est entré dans les moeurs à ce moment, façon déferlante. La simple force du nombre, en somme, qui en a fait un code de plus à l'écran: Buffy est la plus emblématique, mais on trouve surtout quantité d'inspectrices/détectives, et quelques espionnes (qui auront plus le vent en poupe dans la décennie suivante), qui assurent la permanence à l'écran et dans les rétines. C'est moins sensible en Europe, mais il faut aussi prendre en compte, surtout à partir des années 80, le rôle du catch dans ces codes culturels: aux USA, le catch est vraiment partout, et les soirées WWE sont du niveau de la religion. Et dans les spectacles et procédés stylistiques de ce sport (dont les protagonistes sont essentiellement des cascadeurs/acteurs mettant en scène des "bagarres" scénarisées et grotesques), l'introduction des femmes comme autre chose qu'un accessoire visuel sur le ring date vraiment des années 80, en tant que phénomène massif: elles ont rapidement eu leurs compètes, et comme les scènes sont unifiées et qu'il a fallu à cette époque réellement relancer l'intérêt et créer l'événement à l'année, la mise en scène a explosé pour être une histoire continue où les catcheurs sont en permanence dans leur rôle, sur et hors du ring. Du coup, hommes et femmes ont des relations, interagissent, et inévitablement, doivent aller sur le ring ensemble, soit pour des matches, soit dans des "événements spontanés" de toutes sortes; et du coup, ils se castagnent fréquemment. Et toute une gamme de code s'est alors développée, avec un énorme impact sur les modes de pensées et attentes du public: un homme doit perdre le combat (et de façon humiliante, surtout après s'être vanté et avoir méprisé la nana), sauf s'il triche ou est réellement une montagne de muscles, les nanas ne sont "girly" et en mode crêpage de chignon/tirage de tresses qu'entre elles.... Du haut vers le bas, de la WWE et des autres organisations nationales jusqu'aux spectacles locaux (aux USA, c'est hallucinant d'omniprésence jusqu'aux plus petits bleds: tout le monde a sa scène et ses catcheurs locaux essayant de se faire remarquer, reproduisant tout ce qui se fait chez les "grands"), tout ce fonctionnement s'est diffusé et a impacté les moeurs. C'est un truc qu'on n'a pas vraiment en Europe, au final, ce mode de "violence fictive en 3D" qui est un spectacle permanent et omniprésent, et aussi culturellement implanté que le Superball (on n'a "que" les vrais sports de combat et la fiction télé/ciné). Mais pour impacter les moeurs et les esprits, et créer des codes culturels, c'est extrêmement puissant. -
Chine
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est aussi ma faute: j'aurais du être plus explicite (c'était pas une analyse, juste un commentaire rapide): pas de système de retraite et de couverture sociale "fiable et à la hauteur du besoin" (retraites des zones rurales -pour la proportion de ruraux qui ont la chance d'en bénéficier- qui dégorgent splendidement une pension loin sous le seuil de pauvreté, retraites des urbains.... Aléatoires et insuffisantes, retraites du public.... Plus compliquées; retraites complémentaires très limitées en termes d'accès et de choix d'investissement). En tout, le système intègre de façon très diverses autour de 850 millions de gens en théorie (ce qui est loin du total) Soit dit en passant, ce sont bien les économies des Chinois, essentiellement ces retraites, qui ont pris un coup massif en juillet. Parce que les organismes de gestion de ces masses d'argent sont eux aussi, comme les couvertures très divers, très nombreux (la place des administrations locales y est énorme.... Et leur niveau de corruption est une antienne), tout sauf transparents, et aiguillés par toute une gamme d'impératifs collectifs et individuels tendant à avoir précédence sur la nécessité de pérenniser et améliorer le sort des Chinois. Dit comme ça, généralement, on pourra rétorquer que c'est la même chose partout, me direz-vous, non sans raison (pour des organismes publics tout comme pour des entreprises privées partout dans le monde: quand on tape dans une caisse, on commence toujours par celle des vioques et futurs vioques; c'est là qu'il y en a le plus, et pour beaucoup, c'est pas à échéance immédiate); mais c'est pas au même degré. L'inconvénient d'un système qui n'a aucun compte à rendre. -
[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Je viens d'essayer Blindspot, le plan reconversion de Sullivan Stapleton (Damian Scott de Strike Back): sans la moindre surprise, une série comme les ricains en produisent 13 à la douzaine. Une mystérieuse jeune fille (Jaime Alexander, la Sif des films Thor) est trouvée dans un sac de voyage au milieu de Times Square, couverte de tatouages bizarre et complètement amnésique, l'un des tatouages étant le nom d'un agent du FBI (Stapleton). Rapidement, les mystérieux tatouages se révèlent être des indices sur des crimes pas encore commis. Donc évidemment, une équipe se met en place, la jeune fille y est de fait intégrée et les joyeuses aventures commencent. La liste des lignes de scénar vues 36 fois et des clichés, énormités et codes devenus habituels est l'essentiel du scénario de cette série; inévitablement, comme tous les amnésiques de l'écran, la jeune fille se révèle avoir les capacités d'un bataillons de commandos marine (tout en pesant 50kgs toute mouillée, mais, girl power oblige, il est désormais interdit qu'une nana ne soit pas le Rambo de toute série), et les mises en situation pour fonder l'équipe et y foutre des liens profonds en 40 minutes d'épisode pilotes sont.... D'une platitude déconcertante. A regarder si on a un petit quelque chose pour l'actrice (ou Stapleton, n'ayez pas honte ;) ; sinon, j'ai même pas besoin de recommander de l'oublier.... Voir l'épisode fera ce boulot tout seul. -
Chine
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
Il faut noter cependant que l'effondrement boursier du mois dernier a frappé cette classe moyenne émergente/émergée, ce qui terrifie le pouvoir chinois; et pour cause, ce sont leurs économies qui sont parties en fumée, eux qui avaient été convaincus depuis 2 décennies par le pouvoir que la bourse chinoise, c'était du sûr, que l'avenir du pays en dépendait et était garanti, que c'était bon pour tout le monde.... Et ce dans un pays qui n'a pas de système de retraites ou de filet de sécurité social (et où les générations qui travaillent, moins nombreuses, doivent prendre en charge leurs parents et grands parents). Les riches Chinois, eux, sortent leurs capitaux du pays (dès qu'ils atteignent une certaine importance) depuis longtemps (ca va avec les gamins, à Londres, à NY ou à Zürich). Lâcher du lest sur la monnaie, c'est aussi essayer de commencer à liquider la casse pour les citadins de la partie développée de la Chine, qui doivent avoir en ce moment d'autres soucis que de savoir s la machine à café est Moulinex ou simili-Moulinex. -
Les énormités et clichés du cinéma et séries télévisées
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Kiriyama dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Oui, c'est tout caca (mais vraiment très caca). Une des grandes absurdités invisibles des films et séries: les ondes..... Les héros et méchants de l'ère moderne ont toujours des gadgets commandés à distance et des communications qui passent absolument partout, et à n'importe quelle distance, gardant ainsi leurs liaisons fonctionnant à 100% où que ce soit et quoiqu'il arrive: sous l'eau, de l'autre côté de la planète, à l'intérieur d'un bunker blindé 200m sous terre, dans un avion.... La caméra, la radio commande, la liaison de données et les communications fonctionneront parfaitement quoiqu'il arrive, permettant tout, y compris la transmission instantanée de masses de données, la manipulation d'un engin commandé remplissant une tâche de haute précision, une conversation complexe prononcée dans l'urgence et à voix basse (qualité son parfaite).... Et le tout sans possibilité de détection ou d'interception, évidemment. Ca va, j'imagine, avec les téléchargements de quantités bibliques de données hautement sécurisées de façon quasi instantanées (quand on farfouille notamment dans l'ordi d'un méchant qui revient d'une minute à l'autre), la bande passante toujours disponible (un peu comme le fait qu'ils ont toujours des satellites dispos pour regarder n'importe où sur le globe à n'importe quel moment, et assurer le suivi autant qu'il le faut), les connections hyper haut débit jamais interrompue ou en baisse de forme.... Bref, les TIC marchent terriblement bien pour les persos de fiction. -
En cherchant rapidement, j'ai trouvé le chiffre pour 2014: 134 policiers morts en service, dont 47 tués par balle (plus 2 autres tués par erreur de manipulation d'une arme) et 12 par d'autres catégories considérées comme "assault", le reste étant des morts par accident, problèmes de santé (dont 7 pour des séquelles liées au 9/11!!!!), chutes, noyades.... Doit y avoir environs 1,4 millions d'agents de police aux USA, tous types d'agences confondues (dont 100 000 à temps partiel, et 120 000 fédéraux non militaires), et 2 millions environs si on compte divers types de polices privées (plus que de la simple sécurité). La moyenne des morts en service par "assault" (cad ceux qui sont effectivement tués/mortellement blessés par quelqu'un) sur la période récente tourne autour de 40% (grande majorité par armes à feu), à comparer par exemple avec une moyenne britannique de 10% sur 10 ans. Une variable difficile à suivre (et sans doute partiellement couverte): les suicides pendant le service.
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Certains achètent de toute façon ce genre de matériels, mais si, les MRAP ET tout le reste sont refilés pour rien du tout à de multiples forces de police, d'Etat ou locales, via le DHS. Depuis 1981 (Military Cooperation With Civilian Law Enforcement Agencies Act), une continuité de dispositifs législatifs ont développé cette tendance qui a accompagné l'histoire de la War on Drugs; elle s'est aussi alimentée de certains événements particulièrement violents et de postures politiques sans cesse plus dures (voir la gratuité du "tough on crime"), ainsi que du développement de la politique carcérale et de son corollaire, le complexe carcéro-industriel. Le tout représente un énorme changement culturel qui s'est notamment vu dans les programmes d'entraînement et de formation continue (où l'insistance sur l'emploi des armes, une attitude "on est en zone de guerre", et une politique du "shoot first and shoot to kill" a pris une importance hors de toute proportion). L'un des phénomènes les plus visibles de cette tendance est la multiplication des équipes d'intervention type SWAT, y compris dans des villes et zones dont la taille et le niveau de risque ne justifient en rien l'investissement; et la mentalité SWAT a ruisselé sur toute l'institution policière dans la conception du métier, ce qui se voit notamment par le sur-emploi de telles unités, dans 99% des cas pour des actions qui ne nécessiteraient que quelques policiers (ainsi voit-on la normalisation des entrées en force grand style dans des pavillons de banlieue où un glandu a son petit sac de shit). Concernant la position particulière sur les transferts d'armement, le dispositif 1033 est l'épithome de cette politique: au titre de ce programme, plus de 5 milliards de dollars de matériels militaires (armes, munitions, véhicules, équipements divers) ont été transférés vers 8000 agences de police diverses entre 1997 et 2014, sans compter les multiples passerelles de coopération et appui mutuels, et les programmes de formation massifs. Le Patriot Act n'a fait que sur-développer une tendance déjà bien en place. A noter aussi, et c'est surtout vrai dans le cas des véhicules, que la plupart des départements de police et Sheriff Departments n'ont pas les moyens d'entretenir des matériels souvent beaucoup plus coûteux à l'usage que des matériels civils, si bien qu'ils siphonnent leurs propres budgets au profit de ce type de posture, et deviennent accros au "fix" de la DHS qui devient leur premier, et souvent seul, fournisseur, perpétuant le cycle.
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Et on estime que déjà, pour l'année en cours, entre 500 et 600 personnes ont été tuées par la police (entre 900 et 1000 l'an dernier, DONT ON A PU TROUVER LA TRACE, étant donné que toute centralisation des rapports et études sur la chose est interdite; ces chiffres ne viennent que d'articles de presse locale ou nationale, donc sont incomplets), pour ce qu'il est possible de savoir; cela, sans même aller plus loin et voir le niveau des blessures non mortelles et autres types d'offense par la police. La France est environs 5 fois moins peuplée que les USA; donc prend le plus bas de ces chiffres incomplets, et demande toi s'il y a eu 100 personnes tuées par la police en France depuis le début de l'année. On en est très loin. Le point est plus qu'il y a un problème dans les polices américaines, et qu'il s'est aggravé depuis les années 90: un problème d'évolution des mentalités de l'institution, de ce qui joue dans l'équation sociale et politique pour favoriser cette évolution, mais aussi un problème d'entraînement. L'essentiel de ces problèmes n'est pas tant celui des agences fédérales que celui des forces locales, des grandes comme des petites villes, des comtés et, dans une moindre mesure, des polices d'Etat. Il y a de grands contrastes dans les niveaux d'entraînement, beaucoup de problèmes dans le type d'entraînement, beaucoup d'endroit où la police est de fait là pour un objectif très particulier et peu avouable (comme à Ferguson: faire du fric aux dépends des pauvres pour financer le budget réduit de la ville et perpétuer sa power structure), beaucoup d'instrumentalisation de la police (pour alimenter le système carcéral délirant devenu un business avec la "war on drugs", maintenue même si elle a été perdue il y a longtemps), et pas mal d'évolutions en vase clos d'organisations locales, favorisant certains problèmes fréquents dans les forces de police (qui existent partout et peuvent ou non se développer: esprit du "seuls contre tous", tendance à se comporter comme des caïds, impunité, couvrages de cul façon bandes organisées, tendances violentes, mentalités d'extrême droite....). De fait, si les polices européennes ont divers problèmes (souvent communs avec celles des USA, même si pas aux mêmes degrés), on est loin du cocktail actuellement présent aux USA, et surtout de son degré de développement.
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Et si vous me racontiez l'Armée française dans la Révolution américaine .
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Histoire militaire
Bien sûr, de la même façon qu'aujourd'hui ou à toute époque: c'est un pur système régimentaire, comme ceux qui envient le "système anglais" actuel en rêvent, avec ses avantages et ses inconvénients: ce sont pas des extra-terrestres. Il s'agit d'une armée professionnelle comme on recommence depuis peu à en avoir une en France (ou qui existait de façon plus informelle, ou partielle, dans l'armée de conscription). Il y a évidemment des différences entre régiments (qualité, popularité, attractivité), qui dépendent de nombreux facteurs dont beaucoup varient avec le temps (bon ou mauvais proprio, bon ou mauvais chef -pas toujours la même personne-, état des financements, conditions d'emploi....), et généralement, hors quelques cas, les régiments royaux sont mieux pour un soldat, ou en tout cas ceux qui sont hauts dans l'organigramme, ou plus permanents, ou à statut spécial (entre autres les régiments étrangers). L'esprit de corps y est fort, le prestige important, les conditions meilleures. Les "vieux corps" (ou les "6 Vieux") sont la crème de l'infanterie: Picardie (le 1er RI est le dernier d'entre eux), les Gardes Françaises, Piémont, Navarre, Champagne et Normandie. On y ajoute aussi les "petits vieux" (liés à l'épopée d'Henri IV; levés par lui ou initialement régiments de gentilshommes liés à lui, ils portent tous dans leur couleur un carré violet pour porter son deuil): Bourbonnais, Béarn, Auvergne, Flandres, Guyenne, Artois. D'autres s'y ajoutent avec le temps: le régiment "colonel général", les régiments liés à une personnalité ou une position importante (famille royale, princes du sang, grands du Royaume....) qui garantit leur financement, leur permanence en temps de réforme, et leur besoin de briller (régiments de la Reine, du Dauphin, de Monsieur, du Prince de Condé, du Roi....). Pour les régiments étrangers, le fonctionnement est analogue, surtout avec les Suisses (où le système de recrutement est le plus permanent et le mieux organisé), les Allemands et les Irlandais: le service en France attire les bons, et les organisations sont soignées. Gardes Suisses, Royal Allemand.... Sont d'excellentes unités. Le grade de colonel existe depuis le début du XVIème siècle, pour la note: de l'italien "colonna", une colonne désignant alors un groupement de compagnies (la compagnie d'alors étant un petit bataillon en termes de taille), soit une subdivision ou une articulation autonome d'une armée de campagne. Par extension, le chef de colonne, jusqu'alors un capitaine (au sens médiéval, cad le chef d'une compagnie, soit l'aristocrate qui a le plus haut rang dans ce groupement de féodaux) est devenu "colonel", sous entendu "capitaine de colonne". Le procédé sera similaire plus tard pour le brigadier, ou général de brigade (à l'échelon au-dessus). Rapidement, au XVIème siècle, les groupements de compagnies ou de "bandes" (ou encore "enseignes"; terme lié à l'infanterie initialement et représentant un groupement de base de 400-500h) deviennent permanents et deviennent les régiments, à la tête desquels les colonels deviennent aussi permanents. Le procédé a été analogue chez les Espagnols, via les groupements d'unités que furent les premiers tercios (effectif total divisé en 3 groupements régionaux en Italie, d'où le nom de tercios -"tiers"); des groupements de bandes (capitanias) qui deviennent permanents, sous le nom, là aussi, de colonne (coronelia), et dont le leader, le capitaine ayant le plus haut rang, le plus d'autorité ou la nomination par le chef de l'armée ou le souverain, devient donc "colonel". Le terme, le grade et la fonction de colonel sont donc éminemment liés à l'apparition et l'entrée dans les moeurs d'unités permanentes d'échelon régimentaire, là où le Bas Moyen Age avait plus pour référence la compagnie (même si les compagnies du MA variaient beaucoup en taille et pesaient généralement plus l'équivalent d'un petit bataillon), et son chef, le capitaine (tout autre groupement de plus grande importance étant temporaire). C'est l'inscription de telles unités dans le fonctionnement militaire qui implique l'émergence du poste représentant son commandement et, pendant longtemps, son propriétaire (le roi n'étant souvent "qu'un" colonel parmi d'autres, même s'il a souvent, et de plus en plus, beaucoup plus de régiments dont il est colonel). Transition du système hiérarchique féodal, le système régimentaire naît comme une forme encadrée de féodalité: un seigneur est le capitaine en chef d'un groupe de capitaines, établissant ses normes, ses règles.... Avec un certain nombre de droits et d'obligations (à commencer par le fait d'avoir le droit de lever ou non un régiment, qui, en théorie, vient du roi). Et c'est ce système qui, de plus en plus amendé (surtout sous Louis XIV), est en grande partie achevé par Choiseul et les réformes qui le suivent (avant d'être définitivement enterré par la Révolution), au profit d'un système plus national unifiant les régiments dans un système unique non influencé par des propriétaires privés: le colonel devient un officier employé par l'armée, plus un "contractor", car le roi, puis l'Etat, est le propriétaire unique des armées. -
Et si vous me racontiez l'Armée française dans la Révolution américaine .
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Histoire militaire
Les équipages de navires viennent essentiellement du système des classes initialement mis en place par Colbert, sorte de conscription des "gens de mer" (habitants des littoraux dont le métier est lié à la mer), avec un complément de "presse", c'est-à-dire du recrutement forcé de gens d'un peu partout, avec qui on comble les trous, plus l'infanterie de marine et les artilleurs de marine (corps des canonniers matelots notamment), sous leurs différentes itérations en termes d'organisation (corps à part.... Ca change assez vite à ce moment). Donc en termes de proportion, les équipages d'un navire, d'une escadre donnés, ont tendance à venir en grande majorité de la région où les unités sont basées. Les officiers sont mobiles, de même que certains personnels qualifiés (et les personnels recrutés de force, plus souvent que les autres), mais la grande majorité des équipages est locale. Côté armée, le recrutement est tout aussi local pour sa plus grande part, et on constate en fait l'évolution à travers le temps des implantations régimentaires pour expliquer les déséquilibres géographiques du recrutement: plus une frontière est "chaude", plus les implantations militaires permanentes y sont nombreuses (unités, forteresses, dépôts et magasins), et plus leur "niveau d'alerte", donc l'importance de leurs effectifs de temps de paix (pas au complet, mais pas réduits au minimum), est élevé. De même pour les effectifs exigés des diverses milices: cet effort est plus grand dans les provinces frontières et sur les côtes, surtout du nord ouest et du sud est. Ainsi, dans les années 1770-1780, le nord-est, l'est, le sud-est et le nord sont de loin les plus importants contributeurs de l'armée de terre, et le sud ouest, le centre et l'ouest sont de très faibles contributeurs (compensé en partie par la contribution à l'effort naval: équipages et milices gardes côtes). Dans les zones éloignées des frontières chaudes, on chiffre souvent moins de 300 soldats pour 100 000 habitants (ouest, sud ouest, centre: autour de 200 en moyenne). Dans l'est, le nord et le nord est, on est en général à plus de 800 soldats pour 100 000 habitants (en moyenne autour de 1000 pour l'ensemble Alsace, Lorraine, Franche Comté, Champagne, Ardennes, Picardie, Flandres françaises). Du Bassin Parisien à la côte méditerranéenne, en passant par la Bourgogne, les Alpes et la vallée du Rhône, on est entre 500 et 800 soldats pour 100 000 habitants (plus un effort naval conséquent sur la côte sud). Un siècle avant, l'effort était plus équilibré, quand l'Espagne était un ennemi quasi permanent et relativement plus puissant. Comme dit plus haut, le Charleville 1777 est ici employé pour la première fois et fera ses preuves, appuyé par la première mise en oeuvre réelle du système Gribeauval qui les fera aussi, des pièces d'appui (pièces de 4 livres) à l'infanterie (présentes dans chaque régiment) aux lourdes pièces de siège (canons de 12 et 8 longs, canons de 16 et 24, mortiers de 8, 10 et 12 pouces et mortiers longs de 10), en passant évidemment par les pièces de campagne (12 et 8 livres, obusiers de 6 pouces). Le standard d'entraînement au tir pour l'infanterie de ligne, essentiellement, est de pouvoir lâcher 3 salves par minute par soldat (diffère selon la formation: adopter un feu roulant où les 3 lignes roulent sans cesse reste une option, même si ce n'est plus en vogue), avec une distance optimale de combat autour de 70m (75% de tirs au but individuellement): plus loin, la précision individuelle se dégrade vite. Pour le feu de salve, cette distance peut aller en théorie jusqu'à 150m (et 250m de portée maxi), même si à cette distance, la précision collective sera mauvaise et donc l'impact limité (sans compter la dégradation rapide de puissance des armes de l'époque). Un bataillon préfère donc tirer à partir de 90-100m, et un bon officier sûr de son unité préfère retenir son feu pour le lâcher à partir de 60-70m, pour un effet de choc plus prononcé (les Anglais adopteront ce mode de tir comme standard, aidés par la plus grande puissance et le plus gros calibre du Brown Bess). Pour les unités, il est difficile d'évaluer un âge moyen, mais dans l'ensemble, ça devait être plutôt jeune: les efforts d'après 1763 ont porté leurs fruits et accru l'âge moyen de la troupe, et surtout des bas-officiers, favorisant l'ancienneté et les réinscriptions, entre autres par l'institution du contrat de 8 ans, par l'amélioration des conditions de vie et d'emploi (et de la régularité de la solde) et par un effort pour faire reconsidérer la condition et l'image du militaire, mais c'est pas non plus une révolution. Entre la désertion et les problèmes persistants d'attrait de la carrière militaire (variable selon les régions), il y a un fort facteur limitatif qu'on retrouve partout. De même, dans le monde de l'époque, à mobilité géographique et sociale réduite, le pool de recrutement volontaire est limité par les structures et moyens du temps: les volontaires sont donc le plus souvent les cadets de familles (surtout celles sans beaucoup de biens) et le "bas" de la société (domestiques -ils sont considérés comme "dépendants"-, chômeurs, vagabonds....), même s'il y a eu un effort pour limiter l'incorporation de criminels et renforcer les critères physiques minimums. Mais question âge, du coup, il y a un fort renouvellement (ralenti par le contrat de 8 ans), quoique l'on fasse: la réinscription ne s'est qu'améliorée (dans de bonnes proportions), elle n'est pas devenue la norme absolue. C'est de toute façon le cas partout ailleurs: la proportion de troupes ayant l'expérience de la guerre progresse pas mal, mais une grande partie des effectifs, au début de chaque guerre, reste "vierge" en la matière. L'une des nouveautés est qu'on compte à cette époque mener les guerres avec avant tout les unités permanentes, et non une grande part d'unités levées pour l'occasion (les milices servent à la garde des places, et de réservoir pour combler les unités usées), ce qui solidifie et homogénéise les unités en campagne. Les unités permanentes, depuis la moitié du XVIIIème siècle, sont donc plus nombreuses. Ce fait est cependant tempéré par la variation des effectifs des dites unités: au sein des régiments, les compagnies tombent souvent à 30h, voire moins, en temps de paix, tout au long du siècle. Bon pour l'esprit de corps des cadres et vétérans, et leurs liens avec des officiers (surtout tant que la vénalité des charges faisait que les dits officiers s'entouraient de "leurs" gens pour ces postes, donnant un fort caractère clanique aux unités), moins bon pour l'expérience moyenne de l'unité (à moins d'un bon temps de montée en puissance) en début de conflit, surtout dans le mode de combat principal de l'époque, qui impose un type de courage très peu naturel aux soldats de ligne (le combat en ligne "chosifie" le troufion, exigeant qu'il soit un automate); même entraînée, la recrue a besoin de beaucoup d'expérience pour acquérir l'impassibilité fataliste nécessaire pour éviter de paniquer, rester en rythme avec l'unité.... -
[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
J'avais essayé au début (le trip vampires, à l'occasion, je suis très facilement bon public dessus), et j'ai même réessayé y'a pas très longtemps (j'avais un moment, et les nanas de la série sont.....): c'est Twilight en pire, avec des moyens minables, un scénar à tiroirs encore plus bancal (on rajoute toujours un peu plus de la même chose et des trucs qui sortent de nulle part), et pire encore, ça se prend très au sérieux. Le spin off The Originals est de la même eau. Juste du sentimentalisme adolescent à deux balles, de la facilité scénaristique qui donne l'impression qu'il y a écrit "t'es vraiment un con, un refoulé et un émo" sur l'écran, et un jeu d'acteurs emmerdant. Un gourbi qui veut se donner des airs de 3 étoiles. Rien de comparable à l'humour trash et au je m'en foutisme de True Blood, même dans les moments les plus lassants (mélo, répétition, tournage en rond, rallonges, misérabilisme.... Sookie nous en a aussi fait voir) de la série. Si tu veux une série de vampires/garous correcte, regarde Being Human: la version US est pas mal et a plus de rythme, l'originale anglaise a plus de piquant et moins de pathos facile. Y'a pas à dire, à voir les séries télés US, on a parfois l'impression que le pays est à moitié peuplé de vampires, loups-garous et sorciers. Combien de séries sur ce thème? -
[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Si, des séries anglaises: y'en a pas mal de très bonnes souvent mentionnées ici (y compris dans ma liste plus haut). Après ça, qu'est-ce que tu veux: c'est aux US qu'il y a le métier, si bien que même les mauvaises idées sonnent meilleur et passent mieux au visionnage. En France, souvent, même les bonnes idées sonnent souvent mal ou plat, n'ont pas de tempo.... Faute de métier. C'est quand même avant tout une pratique, de mettre un récit en scène et en action, en dialogues et en rythmes. Dernière expérience en date pour moi avec une série continentale.... Crossing Lines: je me suis forcé à mater une saison histoire de pouvoir juger.... Oh, merde, j'ai souffert! C'est plus mauvais et mal cousu que la plus merdique des séries policères US (heureusement qu'il y avait l'italienne dans l'équipe, sinon j'aurais pas tenu). Mal écrit, persos creux, incohérent, raccords débiles, histoires abracadabrantesques et ne tenant pas debout, action ridicule et dialogues.... Douteux (pour être gentil). Du coup, je retraverse le "Pond", et à l'occasion le "Channel".