-
Compteur de contenus
18 697 -
Inscription
-
Dernière visite
-
Jours gagnés
166
Tout ce qui a été posté par Tancrède
-
Le potentiel économique des technologies de rupture
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Economie et défense
C'est plutôt une "galaxie" de concessionnaires, étant donné que 48 Etats sur 50 ont, avec le temps, développé une législation interdisant la vente directe de véhicules par les fabricants, créant une situation de rente qui n'est pas à l'avantage du consommateur, mais bien à celui de ces intermédiaires indéboulonnables. Mais parler de "galaxie" est exagéré vu que, comme souvent avec le capitalisme "moderne", on parle de marchés qui sont depuis un bon moment extrêmement concentrés, pas du tout concurrentiels et bien tenus par les grands du secteurs qui sont aussi de puissants lobbies au niveau de chaque Etat comme au niveau national. La National Automobile Dealers Association rassemble 16 000 de ces opérateurs (même si un nombre ridiculement petit d'entre eux pèsent vraiment quelque chose), et financent très libéralement des campagnes électorales (à 70/30 en faveur des Républicains) et d'importants efforts de lobbying (permanent, via des organisations diverses, et de campagne, via des PACs et SuperPACs). Résultats de tels efforts pour Tesla: - le Texas est une zone de guerre pour la marque, qui ne peut y vendre que par correspondance (les vendeurs n'en veulent pas, et les showrooms sont juste là.... Pour le show), étant donné qu'un intermédiaire y est obligatoire. Et encore faut-il aller chercher son achat dans un autre Etat. - Virginie Occidentale: Tesla est interdit dans l'Etat - Michigan: déjà problématique pour Texas, l'Etat a voté en 2014 une loi qui, de fait, conforte l'organisation en place et barre tout accès à de nouveaux entrants - New Jersey: via une procédure peu démocratique, voire douteuse, le gouverneur a pareillement fermé son marché à Tesla ou à tout autre modèle de vente que le sien (qui, comme ailleurs, conforte aussi les places acquises des grands manufacturiers, qui ont leurs arrangements avec les dits vendeurs), et à tout nouvel entrant. - seuls 4 Etats ont réellement, pour l'instant, modifié leur législation pour permettre l'existence du modèle Tesla: Californie, Maryland, Massachussets et Georgie. - au niveau national, malgré un avis favorable de la Federal Trade Commission, la NADA susmentionnée a réussi à bloquer toute évolution et à bien verrouiller son marché, ce que l'actuel Congrès continue à confirmer toujours plus chaque jour. -
Le potentiel économique des technologies de rupture
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Economie et défense
Comme indiqué plus haut, les subventions de Tesla sont le petit carré de Kiri ^_^ face au grand Maroilles coulant des subventions et aides en tous genres en faveur des géants pétroliers (pour qui les USA vont jusqu'à lancer des guerres et conditionner leur politique étrangère), souvent en dépit de tout sens économique réellement national (au profit d'une perception court termiste et sectorielle coûtant globalement plus cher à terme); pareil pour les grands industriels auto. Qui plus est, on ne parle pas dans ce mix uniquement de ces géants en place, mais aussi d'une autre industrie qui profite ainsi de cette situation de rente établie et pas forcément très vertueuse économiquement; les grands réseaux de vente de voiture, extrêmement puissants aux USA et qui concourent largement à fausser le marché et empêcher l'émergence d'autres formes de propulsion automobile. Un bon exemple avec les 3 grands réseaux qui tiennent le marché texan et l'ont verrouillé pour Tesla, avant tout via la pression collective qu'ils exercent sur le gouverneur du Texas (Perry Ier-le-débile) qui est dans leur fouille. Eux aussi sont largement subventionnés et protégés de façon tout sauf économiquement rationelle, maintenus dans leurs positions dominantes (y compris contre leurs concurrents "normaux"), face à un Musk qui a du opter pour le développement de sa propre infrastructure de vente, une entreprise longue et chère qui explique en grande partie le résultat financier pour l'instant limité de sa boîte dont l'intérêt économique et écologique, surtout si on se place dans une optique longue, vaut bien quelques subventions qui sont au final de la petite bière comparé à celles que mangent ses adversaires. -
[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Zoo , qui vient de commencer (5 épisodes): si on passe le prémisse un peu con mais nécessaire à l'intrigue, c'est pour l'instant pas trop mal, et moins in-original que la majorité de ce qu'on peut trouver. Thème: les animaux, un peu partout dans le monde, s'éveillent à la conscience et commencent à rendre les coups aux humains. Ray Donovan: la saison 3 est en cours, et le "fixer" préféré d'Hollywood reste dur, méchant et dans la merde comme il se doit. Jonathan Strange et Mr Norrel: déjà évoquée plus haut dans le topic, la petite perle britannique adaptée du roman éponyme, et l'une des meilleures surprises de l'année. De la vraie fantasy originale, époque napoléonienne, où la magie est surtout un prétexte à une histoire humaine riche et pleine de personnages réellement multi-dimensionnels. Rien n'y est téléphoné. Tyrant; je l'évoque régulièrement. Une série originale à laquelle on peut se laisser prendre sans problèmes. Humans: pour l'instant pas trop mal, cette nouvelle série aborde un angle marrant de "light science fiction", un futur proche où des androïdes à l'apparence humaine sont le nouveau gadget de grande consommation à la mode.... Et pas exactement ce que les vendeurs en disent. Galavant: une pure parodie de conte de fée et comédie musicale qui fait vraiment rire et ne respecte RIEN! Halt & catch fire: déjà en saison 2, ça reste un des trucs originaux du moment. Arriver à faire une intrigue divertissante des débuts de l'informatique individuelle. Penny Dreadful: la saison 2 vient de se terminer, et ça reste de la très haute qualité pour cette façon de revisiter les classiques mythes surnaturels de l'époque victorienne, à travers une gallerie de personnages forts incarnés par un très bon casting Mr Selfridge: 3ème saison terminée pour cette excellente série sur le fantastique personnage fondateur du grand magasin londonien portant son nom, magnifiquement porté par l'acteur (le terrible Ari Gold de Entourage). The Knick: grandiose série (la saison 2 arrive bientôt) sur la médecine à NY et ses dessous sordides au début du XXème siècle, avec Clive Owen en premier rôle. Ca crache fort et c'est tout sauf Grey's Anatomy ou Urgences. Manhattan: l'histoire "intime" du projet éponyme. la saison 2 va arriver. Longmire: avec finalement une saison 4 en vue (via une autre chaîne), ça reste un des vrais bons spectacles prenants et sans prétentions du moment. Le shériff du Wyoming profond vs les arrangements merdiques des puissants locaux, et les histoires sordides derrière les fantastiques paysages. Bouef pour Defiance, personnellement, et vraiment broaf pour Dark Matter (vaincu par l'ennui en cours de 3ème épisode); Killjoys n'a strictement rien d'original ou de prenant.... Sauf l'actrice et un petit je ne sais quoi qui fait que je continue à regarder, pas convaincu du tout, mais pas emmerdé. -
La base républicaine, c'est-à-dire la majorité de ceux qui votent aux primaires républicaines, et il s'agit (et particulièrement depuis une vingtaine d'années) de groupes particulièrement marqué à droite, incapables de compromis ou de nuance, extrêmement en colère et "incompatibles" avec le reste du pays (et même de plus en plus avec l'électorat républicain potentiel aux élections). C'est en partie un inconvénient du vote à un tour: l'obligation de "voter utile" est immédiate, ce qui fait, et ce surtout dans un pays si grand, divers et peuplé (qui peut donc être subdivisé en nombreuses entités, territoriales ou non, ayant la taille critique pour être organisées en groupements significatifs et puissants), que les primaires ont un rôle qui est en grande partie largement couvert par nos premiers tours, et par des primaires moins cruciales au sein des parties (2 stades "d'écrémage" et de débat au lieu d'un aux USA).
-
Et si vous me racontiez l'Armée française dans la Révolution américaine .
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Histoire militaire
Vu de haut, non, mais vu du sol, ça devait être plus commode: rappelons-nous qu'il s'agit de l'Ancien Régime, du XVIIIème siècle. La mobilité y reste limitée. On peut balader une unité pour une OPEX, on va pas lui faire faire la valse permanente d'une ville de garnison à un port, et vice versa, à chaque caprice de réorganisation "politique": dans les faits, hors opérations et manoeuvres (et des grands camps de manoeuvre réunissant beaucoup d'unités, y'en a un par an à tout péter), les unités étaient assez sédentaires, les infrastructures limitées (donc en construire de nouvelles ailleurs se faisait pas aussi facilement: trop cher) et la plupart des besoins qu'elles pouvaient remplir hors combat ne disparaissaient pas. Donc le service à bord des navires tout comme la protection des arsenaux, et évidemment la garnison des fortifications coloniales (et l'encadrement des milices), ont du à eux seuls garantir la continuité de fait des unités évoquées pour des échelons comme l'escouade ou la compagnie. Beaucoup de changements évoqués sont souvent des changements administratifs, des "traits de plume" sur un papier à Paris; ils ont des conséquences bien souvent, comme la réorganisation interne de l'unité, l'accroissement ou la décrue d'effectifs (de l'unité, de ses composantes), l'arrivée ou la promotion de cadres (ou des départs), une ponction brutale pour former une nouvelle compagnie, un nouveau bataillon, voire un nouveau régiment, un jumelage avec une autre unité, voire une unité d'une autre arme (ou l'adjonction d'autres métiers).... Mais on bouge dans l'ensemble le moins possible le gros de l'effectif. Pour l'infanterie de Marine, les ports et fortifications ne bougent pas, et c'est là qu'est l'essentiel du besoin en temps de paix. Qui plus est, la mobilité est encore réduite par le facteur régional et linguistique: on reste généralement pas trop loin de ses pénates dans la majorité des unités. -
Et si vous me racontiez l'Armée française dans la Révolution américaine .
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Histoire militaire
L'écrémage avait aussi beaucoup à voir avec la santé et la fiabilité, plus que la compétence: on est dans les armées d'Ancien Régime, qui ont, entre autres, deux problèmes absolument permanents et dominants concernant l'attrition: - la désertion: en moyenne 10% des effectifs désertent chaque année en temps de paix, et jusqu'à 20% en temps de guerre. Beaucoup de progrès ont été faits dans l'Armée Française avec les réformes post guerre de 7 ans, y compris dans la qualité du recrutement et la fidélisation, mais ça ne change pas à ce point les données du problème. On verra d'ailleurs pendant les guerres napoléoniennes la différence entre les armées "modernes" (française, puis prussienne), à recrutement plus volontaire et national (impliquant des changements politiques plus ou moins profonds) qui ont un taux de désertion faible (moins de 5%), et les armées d'Ancien Régime qui conservent un taux de désertion très important (armée anglaise notamment). - la maladie et les infections: c'est encore le XVIIIème siècle! Le soutien médical est souvent à peine plus que symbolique, en qualité et/ou en quantité, l'hygiène est en progrès mais globalement pas bonne, l'intendance est moyenne, souvent aléatoire, et en proie aux problèmes du temps (méthodes de conservation médiocres, contrôle sanitaire faible.... La bouffe et l'eau sont donc souvent une cause de problèmes permanents), la vaccination n'existe pas (elle est à cette époque un truc expérimental), les maladies vénériennes prennent un tribut inévitable, l'environnement d'une campagne est violent pour les organismes (vêtements peu isolants, insuffisamment remplaçables....), et les épidémies se répandent comme des traînées de foutre. Comparées à ces deux causes majeures, les pertes en bataille, surtout si on restreint leurs causes à un différentiel de compétences entre les "corrects" et les "bons", sont un détail très très anecdotique (même dans l'absolu, les pertes en bataille, à moins d'une grande conflagration avec d'énormes affrontements dans un court laps de temps, sont une part réduite des pertes totales). L'écrémage mentionné pour le corps expéditionnaire a consisté, si je me souviens bien, à prélever les 500 meilleurs hommes hors officiers ("meilleurs" étant défini par des critères de robustesse, de santé et de fiabilité) de chaque bataillon d'un régiment donné, le bataillon comptant à l'époque environs 650h tout compris. Si on enlève ceux qui devaient déjà être malades ou indisponibles au moment de la sélection (un volant naturel), plus les places vides (une unité n'étant jamais complète), ça a pas non plus du être une impitoyable sélection de ceux qui pouvaient faire 1000 pompes d'affilée le ventre au-dessus d'un grill avec une vache sur le dos. On a surtout du vouloir s'assurer de prendre ceux qui avaient de meilleures chances de résister à une traversée (en fait 2: aller et retour) de un à deux mois (sur les navires de l'époque, aux conditions dégueulasses), au climat nord américain (l'Amérique des 13 colonies était peu développée et très insalubre) et aux tentations de désertion. On peut aussi imaginer (là, je conjecture) que le maintien d'un volant d'effectif minimum (avec notamment des cadres) en métropole permettait d'incorporer les nouvelles recrues sortant de l'entraînement dans le bataillon de dépôt du régiment (il faut bien qu'ils aillent quelque part, et former des compagnies ex nihilo est plus long qu'assurer une continuité), sans quoi le régiment cessait de fait d'exister (comme unité continuant à former des individus et sous-unités) pour le temps de l'expédition (indéterminable à l'avance), alors même que le pays était en guerre. Parce qu'évidemment, il faut se rappeler que le théâtre américain n'est qu'une partie de l'effort de guerre d'ampleur mondiale de ce conflit; au même moment, il y a 4 autres déploiements navalo-terrestres importants (et une quantité de plus mineurs): en Méditerranée, dans l'Océan Indien, dans les Antilles, et surtout, en zone Manche/Atlantique (près de 100 000h sur les côtes de la Manche, et un grand effort naval). -
Et si vous me racontiez l'Armée française dans la Révolution américaine .
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Histoire militaire
Oups, my bad pour le Régiment de la Marine: c'est une autre unité, sans rapport à cette date avec les compagnies de la mer. La période 1763-1789 est très compliquée à suivre pour l'organisation des armées, avec les réformes continuelles et pas toujours heureuses qui suivent la grande réforme de Choiseul de 1761-1762 (principalement celles de 1772, 1776 et 1788). Pour résumer les unités françaises qui participent au conflit sur le continent américain: - les 4 RI du corps expéditionnaire de Rochambeau (bataillons): Saintonge, Royal Deux Ponts (régiment étranger), Bourbonnais et Soissonnais. Normalement, les régiments d'Anhalt (étranger) et de Neustrie auraient du se joindre, mais n'ont pu partir par manque de transports. Ils auraient du suivre dans la 2ème vague qui n'est finalement pas partie. A noter qu'un fort écrémage des bataillons a été fait pour la constitution des unités expéditionnaires. - les éléments d'appuis, avec principalement des éléments de 2 RA: Auxonne et Metz. L'artillerie est alors organisée en grandes formations régimentaires centrées chacune autour d'une ville où se trouve une école d'artillerie et un vaste dépôt, détachant des compagnies à la carte. L'effectif d'artillerie parti en Amérique avec ces formations tourne autour de 400h; deux compagnies supplémentaires auraient du partir, mais ont été laissées par manque de transports. S'y ajoutent autour de 50 "mineurs" et "ouvriers" qui forment l'expertise de Génie "combat". - la légion de Lauzun, environs 600h (au départ): elle a du s'alléger de ses 2 compagnies de fusiliers (toujours le manque de transports), mais a aussi recruté sur place (comme d'autres régiments, surtout le Royal Deux Ponts), essentiellement des mercenaires Hessois ayant déserté les rangs anglais. Elle comporte une compagnie de grenadiers, une de chasseurs, deux de hussards (dont des lanciers, souvent appelés Uhlans par les Anglais), et une d'artificiers (artillerie légère/d'appui, armuriers, ouvriers). Pour la note, les chevaux de l'unité, comme ceux du corps expéditionnaire, sont restés en France par manque de place à bord, et il a fallu se servir sur place. - les unités d'infanterie de renforts amenées par DeGrasse: les régiments de Gâtinais et d'Agenais, et sans doute celui de Port au Prince ou celui d'Angoumois, sont les seuls à avoir été amenés en unités constituées d'échelon bataillon, même si le fait qu'elles étaient en campagne outre mer depuis un moment (les deux premiers ont déjà servi en Amérique continentale, à Savannah et en Floride, en plus des Antilles) devait en faire de petits bataillons. C'est pourquoi on trouve aussi la mention d'éléments de Touraine, Dillon (régiment étranger), Champagne, Foix, Armagnac, Hainault (étranger) et Walsh (étranger). - une centaine de dragons amenés par DeGrasse, ceux-ci avec leurs chevaux. - l'infanterie de Marine débarquée par DeGrasse: en campagne (qui plus est navale) depuis un moment, celles-là aussi ont du souffrir d'une attrition conséquente, très partiellement compensable par le recrutement local dans les colonies et les rangs des déserteurs adverses. Les 24 navires de l'escadre pouvaient contribuer un total théorique d'environs 3600h (autour de 150h par navire en principe), mais en pratique cela a du être beaucoup moins, vu le total moyen qu'on attribue à ce renfort, avec le chiffre plus ou moins consensuel de 3300h (tout confondu: infanterie de marine et infanterie) qui est plus une moyenne artificielle qu'autre chose. - on évoque aussi une unité d'esclaves affranchis, de noirs libres et de métis venus de St Domingue, sans que l'historicité de la chose soit totalement certaine: peut-être s'agissait-il de renforts pour combler les effectifs des unités, d'un groupement sur base raciale au sein d'une unité formée ou d'un groupe indépendante, rien n'est certain. Pour ce qui est de la qualité de la troupe envoyée, on parle là du top niveau de l'époque: c'est l'armée post grande réforme, grandement réduite en taille, homogénéisée et concentrée en moyens (on dirait aujourd'hui qu'il y avait nettement plus de fric par tête de soldat), avec un accent fort porté sur un entraînement plus homogène et important qu'auparavant, où la disparité était devenue plus grande au cours du XVIIIème siècle. Les manoeuvres sont fréquentes, l'exercice est une constante, et le "dressage" (terme français pour le drill) a été généralisé après avoir été initialement introduit par Maurice de Saxe dans les années 1740 et avoir rencontré un succès mitigé (lui-même n'était d'ailleurs pas unilatéralement fan de la chose, considérant les résultats prussiens très inégaux, notamment dans un feu de salve peu efficace). La grande oeuvre de la réforme, qui permet beaucoup de ces progrès, c'est la quasi disparition des prérogatives traditionnelles de la vénalité des charges d'officiers (la propriété privée des unités par des individus) quand à la gestion des régiments, donnant une plus grande force aux règlements et ordonnances, pour lesquels les moyens d'inspection et de contrôle sont multipliés. La proportion des régiments "royaux" (cad dont le roi est le propriétaire) augmente beaucoup (même si les compagnies sont toujours à vendre ou à distribuer aux favoris), celles des régiments de gentilshommes diminue, mais l'exigence de qualification et l'homogénéité de cette qualification, pour les officiers comme les bas officiers, sont fermement affirmées et vérifiées. Par ailleurs, chose qui a aussi ses défauts, les effets de la vénalité sont encore relativisés par la plus grande propension à bouger les officiers passé un certain temps en garnison: ils ne peuvent donc plus constituer des clientèles dans leurs unités, ou recruter leurs unités dans leurs clientèles, ce qui provoque des émois réguliers (avec les "antis" disant que ça casse l'esprit de corps "clanique" de l'aristo ou notable local recrutant "ses" gens), mais se trouve compensé par la plus grande permanence des unités, l'accroissement de l'ancienneté moyenne (contrats de 8 ans, fidélisation, notamment des bas officiers, diversifications des chemins de carrière, emploi des invalides dans les dépôts et la formation....), l'amélioration des conditions de vie et d'emploi et l'effort sur l'entraînement et les manoeuvres. N'en déplaise aux Prussiens et à leurs thuriféraires, l'armée française post guerre de 7 ans est la meilleure et la mieux réglée, ce qui sauvera les braillards révolutionnaires vantards à Valmy. Pour le fusil, c'est la première campagne du mousquet Charleville modèle 1777, la bête de somme de la période Révolution-Empire. Et évidemment, l'artillerie est celle de Gribeauval dont l'essentiel de la réforme a alors été fait.... 'nough said. Lafayette n'a pas de place dans le corps expéditionnaire français: il est à ce moment un Major General dans l'armée continentale américaine où il combat depuis quelques années comme engagé volontaire, chargé de la "Light Division", un mix d'infanterie de ligne et légère. Côté corps expéditionnaire français, à part Rochambeau, D'Aboville (qui commande l'artillerie), St Simon (qui commande le corps de renforts des Antilles) et Lauzun, pas de gens très notables aux postes de commandes, et pas de célébrités (D'Aboville n'étant réellement connu que parce que son descendant, le rameur, est connu), ce qui était d'ailleurs l'intention, pour ne pas froisser les ricains et amoindrir l'autorité de Washington: Rochambeau a été choisi entre autres parce qu'il était un très bon professionnel, de bon rang, mais modeste et sans caractère de prima dona. On notera plutôt aux rangs subalternes des futures célébrités, comme, parmi beaucoup d'autres Berthier à terre, ou Barras en mer. Suite plus tard -
Et si vous me racontiez l'Armée française dans la Révolution américaine .
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Histoire militaire
L'effectif de ce qui a été nommé "l'expédition particulière" est difficile à établir. On trouve aisément le corps expéditionnaire principal de Rochambeau, qui compte autour de 5500-6000h, et reposant sur 6 bataillons d'infanterie (issus d'une sélection qualitative dans leurs régiments), un fort élément de commandement, des éléments d'artillerie (éléments des régiments d'Auxonne et Metz) et de génie (capacités précieuses parce que pas ou peu disponibles chez les ricains, surtout en ce qui concerne l'artillerie lourde et les travaux de siège) et la légion de Lauzun, une unité interarme (infanterie de ligne et légère, cavalerie légère, artillerie légère et du génie) d'environs 500-600h. Un renfort de 3000h ou plus était censé arriver dans une seconde vague, mais ne put jamais partir. Plus de flou existe quand aux renforts amenés par la suite: quelque part entre un minimum de 3000h et un maximum de 5000 ont été amenés par DeGrasse sans qu'on puisse totalement en avoir une composition exacte. Le régiment de Port au Prince (ancêtre du 110ème RI, mais alors un régiment dédié "Marine") et le régiment d'Agenois (déjà aux siège de Savannah en 1779 et de Pensacola, et repassé aux Antilles ensuite) sont les seules grandes unités dont on soit sûr qu'elles appartenaient à ces renforts, le reste étant débarqué de la flotte elle-même plutôt que transporté des Antilles. Il s'agissait donc d'infanterie de marine embarquée sur la flotte, soient les Compagnies Ordinaires de la Mer (appartenant toutes au corps formé par le Régiment de la Marine et dites "ordinaires" par opposition aux "compagnies franches de la marine", unités non enrégimentées en garnison dans les colonies et dissoutes une dizaine d'années auparavant). Leur effectif est dur à évaluer; un navire de premier rang (les vaisseaux amiraux, portant autour de 100 canons) en emportaient autour de 250h, les 2ème (80 canons) et 3ème rangs (74 canons, le cheval de bataille des marines d'alors représentant l'essentiel de la ligne) devant en charger autour de 150h. Je ne sais pas quelle était la base d'organisation tactique de ces unités, si elle différait beaucoup de celle des unités terrestres; les compagnies franches étaient un peu plus nombreuses (une centaine d'hommes contre autour de 80-90h dans les compagnies des régiments terrestres), mais je ne sais pas si c'était la même chose pour les compagnies ordinaires. Pareil pour leurs subdivisions; je ne sais pas si elles s'alignaient sur le modèle "terrestre" ou un modèle spécifique. Une compagnie se divisait généralement en 4 "escouades" ou "escadres" (d'où le terme de caporal = "cap" -cad "chef"- d'escadre), avec un sergent à sa tête, assisté de 2 caporaux, pour encadrer une vingtaine d'hommes. Difficile donc de savoir quel effectif a pu fournir DeGrasse hors des bataillons amenés depuis les Antilles: en théorie, il aurait pu fournir jusqu'autour de 3600h, étant donné qu'il avait 24 vaisseaux de 2ème ou 3ème rang à la Chesapeake, et on s'accorde ainsi généralement sur le chiffre de 3000h sans précision sur leur nature. -
La salle était pleine.... Pour le débat "table des grands" (les 10 candidats en tête des sondages): certains médias ont commencé à rebondir sur le traitement assez inique réservé au débat "table des enfants" (ceux qui étaient le plus bas dans les sondages, soient les 7 qui tournaient autour de 1-2%) par l'organisateur de l'événement, à savoir FoxNews. Sérieux doutes sur le mode de sélection (et les sondages de référence), horaire, orchestration et mise en scène TRES différenciée pour les deux débats (tout semble avoir été fait pour rabaisser le débat des "petits" et les faire passer pour des losers avant même que ça commence), animation du débat très douteuse et, semble t-il, à charge.... Bref, en accord ou non avec la RNC (Republican National Conference), Fox s'est bien arrangé pour faire disparaître ces gens avant même de savoir s'ils pouvaient encore avoir une chance "d'exister" dans la campagne, de se "refaire".... A côté de ça, le principal débat était là pour faire du show et de l'audience, avec des "médiateurs" très peu incisifs ou enclins à empêcher un candidat de dire des énormités (ce sont les présentateurs de Fox après tout, pas choisis pour leur impartialité ou leur intellect), et juste là pour faire un bon reality show où ça se critique, ça s'invective si possible, et ça se booste l'ego à coups de grandes déclarations nationalistes, gratuites, souvent sentimentales et essentiellement vides de sens concret (mais pleines de sens symbolique pour la base conservatrice, ce que les ricains appellent "servir la viande rouge" -le rouge étant la couleur du GOP). Bref, c'était un événement télé.
-
Problème de Foriona: une illustre inconnue pour la très grande majorité des Américains, et pour la majorité de ceux qui connaissent, elle n'est pas extrêmement sympathique, et son bilan à la tête de Hewlett Packard n'est, pour être aimable, pas une réussite incontestable (en plus d'être court). Sinon, pour les cotes de popularité actuelles, faut pas non plus les prendre totalement au sérieux: même chez les Républicains uniquement, la grande majorité des bases électorales n'est pas vraiment en mode "élection". Ce sont pour l'instant vraiment des cotes de popularité (et des indicateurs de notoriété) et un exutoire à l'humeur du moment (quand au système politique), en aucun cas un reflet des intentions de vote. Ca a juste un effet médiatique important parce que la classe médiatico-politique ne peut pas s'empêcher d'entamer la prochaine campagne le soir-même de l'élection, aux USA plus que n'importe où ailleurs, et avec un maximum d'attention et de moyens (tout en s'en défendant et en clamant que c'est absurde.... Mais en consacrant quand même la moitié, voire la majorité de leur temps d'antenne à parler de ça). Mais outre Bush et Walker (en plus de Trump en l'état des choses), faut pas oublier Rubio, qui est lui aussi parvenu à "devenir" quelqu'un au niveau national dans la sphère républicaine, et fait partie de ceux qui ont pu se trouver un pool de gens très riches (avec généralement un "parrain en chef" particulièrement fortuné et attaché à son poulain) qui le soutiendront même si les débats marchent mal, poursuivant l'effort jusqu'au bout. Dans le cas de Trump, ça peut même aller un cran plus loin puisqu'il semble engagé dans l'option Perrot, cad le fait de poursuivre en indépendant si il foire aux primaires républicaines. A part ça, même ceux à forte notoriété qui semblaient avoir le vent en poupe à un moment ont du mal, comme Chris Christie (qui a cumulé les problèmes, l'amateurisme au niveau national, et le fait de se faire piquer le rôle de brut de décoffrage démago qui agresse tout le monde gratuitement par Trump -un positionnement très populaire à droite), baudruche qui s'est dégonflée et n'a plus que le débat comme va tout (il est assez bon dans cet exercice, dans un mode bully-démagogue), ou Rand Paul dont les problèmes dans son organisation (2 arrestations pour corruption rien qu'hier) s'ajoutent au fait que "l'effet Trump" lui a pris une partie de son vent en tant que candidat "crédible" et anti-système.... Ca et le fait qu'il a beaucoup merdé son positionnement et un peu trop joué les girouettes sur tout et son contraire. Le problème est que la popularité actuelle de Trump dans la base républicaine est en grande partie le révélateur de l'impopularité du système politique, et du parti républicain en particulier (qui, depuis plusieurs années, a une image très nettement plus mauvaise que le parti démocrate dans l'opinion US, genre 15-20% en moins en moyenne); il cumule ainsi l'avantage de "l'anti-système", du contestataire, avec le package conservateur (anti-taxes, anti-immigration, agressif en politique extérieure, anti-gouvernement, avec un blabla en apparence généreux pour mieux vendre) et son image personnelle (réussite, vociférant sur tout et tous, démago, envoyant tout le monde chier, popularité médiatique avec ses reality shows....), pour se poser en ennemi de la conférence nationale républicaine (RNC, l'organe de coordination des partis républicains de chaque Etat), qui est elle clairement en porte à faux avec la base toujours plus radicalisée depuis 20 ans, et aujourd'hui incompatible avec aucune autre forme d'opinion que la sienne, adversaire irrévocable du compromis (ce qui était jadis la droite modérée n'existe plus; "conservateur", jadis la droite du parti, est aujourd'hui sa gauche).
-
Et comme disait un (fictif) président du Conseil français, "dire n'importe quoi est le privilège de l'opposition".
-
Faut quand même relativiser très sérieusement le postulat pour le cas italien, en partie d'ailleurs par ce qui a déjà été objecté sur la proportion de musulmans dans une population; la masse de la population immigrée en GB n'est que plus partiellement musulmane qu'en France (les Indiens font la différence dans ce total), donc les probabilités sont déjà plus basses, et c'est pareil pour l'Allemagne. Pour l'Italie, le cas est encore plus simple: l'Italie n'a pas eu d'histoire de pays d'immigration avant les 30 dernières années. En conséquence, la taille de la population immigrée est ridiculement basse (comparée à la France ou à l'Angleterre), la 2ème génération (premiers descendants des premiers migrants) commence à peine à sortir de l'adolescence pour l'essentiel, et l'impact de l'immigration n'est encore que marginal dans la culture et les habitudes du pays, soit la situation de la France des années 60-70 pour ce qui concerne l'immigration extra-européenne (moins le fait que la France avait alors déjà une longue histoire d'immigration intra-européenne de grande échelle, avec ses hauts et ses bas, ses erreurs et ses horreurs). Pour ce qui concerne l'intégration, les Italiens en sont encore au superficiel, avec aucune remise en question et aucun changement encore en vue, donc ils peuvent, comme l'auteur de l'article, déballer leur roman idyllique (à assortir de pas mal d'histoires de rejets et de manifestations de racisme violent) des gentils immigrés s'alignant complètement sur le modèle culturel absolument dominant et sans compromis (tout en s'émerveillant façon "le monde est merveilleux" sur le "mélange de cultures" essentiellement limité à de nouveaux plats et quelques fêtes si typiques et charmantes). Bref, pour eux, c'est encore dans la phase sécurisée et sécurisante. On en reparle dans 20 ans; le discours sera très différent. Par ailleurs, pour le nombre de terroristes, outre cet aspect de la taille du réservoir, il faut aussi rappeler un truc: on parle d'effectifs anecdotiques, qui sont essentiellement de l'ordre de l'exception statistique dont il semble présomptueux de tirer de grandes conclusions sur les mécanismes fondamentaux faisant que telles causes produiront tels effets. On est encore essentiellement à l'échelle du cas par cas et d'histoires individuelles: certes beaucoup se ressemblent et peuvent produire quelques familles d'explications auxquelles il faut prêter attention, mais c'est tout. Ce n'est pas de la production de masse de terroristes. 1500 personnes, c'est un problème de sécurité, mais ce n'est pas non plus un phénomène majeur de société (en gravité si, pas en échelle).
-
Chasser les Japonais du continent asiatique, sûrement, mais débarquer au Japon? Ou même mener des campagnes efficaces de bombardement sur l'archipel nippon? J'ai des doutes: les capacités ne me semblent pas avoir été présentes, surtout en plus du côté de l'extrême orient russe et à un moment où toute l'attention et l'essentiel de l'intérêt étaient mobilisés par l'après-guerre européen et le face à face avec les occidentaux, le tout avec des forces et un pays profondément épuisés. Une grande campagne aéronavale prolongée suivie d'une opération amphibie majeure contre un adversaire de ce type sur son sol insulaire (même préalablement épuisé stratégiquement par les USA) auraient été hors de portée de l'URSS à ce moment. Ou alors, il aurait fallu une puissante motivation pour que Staline mobilise les énergies restantes de son pays sur cet objectif; et franchement, quel intérêt y aurait-il eu pour lui dans un débarquement au Japon, surtout vu l'état du Japon en 45?
-
FRANCE : 5° puissance économique?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de SPARTAN dans Economie et défense
Est-ce la désindustrialisation en tant que telle, ou n'est-elle que le symptôme de causes plus profondes, tout comme l'augmentation du coût de bien des choses (biens, services, procédés) pour un grand nombre de raisons (tout est plus capital intensive, normes plus élevées....)? J'incriminerais plus le procédé de captation des richesses par "le haut" dans les comportements depuis une quarantaine d'années, qui a pour effet principal de favoriser un cycle de baisse structurelle de la demande, mal compensé par le développement de la demande des pays émergents (qui atteint plutôt vite un certain plafond). Il faut y ajouter d'autres trucs plus fondamentaux, comme la moindre "rareté" de la capacité de production industrielle (contrairement aux périodes précédentes où c'était un quasi monopole occidental) et donc la concurrence décuplée qui en découle (qui fait que la dite production -et surtout ses bénéfices- ne peut plus être aussi concentrée dans quelques pays qu'elle a pu l'être, et que les marchés sont plus durs à obtenir et garder qu'ils ne l'ont jamais été), ou comme l'augmentation fondamentale du coût moyen de l'énergie (malgré des aléas conjoncturels). Au final, les déterminants fondamentaux qui expliquent les difficultés actuelles un peu partout, et surtout celles du monde dit "développé" (mais les émergents entrent vite dans des schémas comparables), ne sont pas nombreux, et sont souvent loins des déchaînements idéologiques auxquels se livrent les enfileurs de perles des débats médiatiques, focalisés sur des "détails" de bien moindre impact, mais plus en accord avec la vision du monde très connotée qu'ils veulent souvent vendre. -
FRANCE : 5° puissance économique?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de SPARTAN dans Economie et défense
C'est le bon thème pour un vrai reboot de la franchise Terminator (par rapport à cette nullité de Genysis): "cette fois, il viennent pour votre job, pas votre peau". -
[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
De ce qu'on sait, le vrai Toutakhamon devait être très limité physiquement, limite handicapé, donc cet aspect de la série est déjà de la fiction. Comme pas mal de trucs par ailleurs; faut pas chercher l'historicité dans la trame de l'intrigue, avec ce genre de séries; faut espérer la trouver dans le contexte, la manière dont les choses se passent et dont le background "fonctionne". Et si c'est aussi moyen de ce côté, on peut encore attendre de bons persos et de bons échanges. Dans cette série, il y a un étonnant mélange de beaucoup de moyens et de talents mis au service de quelque chose de très inégal: de bons trucs sur le fonctionnement des enjeux et intrigues autour du pouvoir, avec pourtant aussi beaucoup de facilités, clichés et niaiseries. Le tout pour quelque chose de peu historique. Personnellement, j'aurais moins centré l'intrigue sur Toutankhamon tout seul, qui a au final eu un rôle très faible, mais surtout (pour les besoins d'une série), une très courte fenêtre d'opportunité pour devenir quelque chose (mort à 19 ans sans doute, il a eu peu de temps où il aurait pu se constituer une faction et essayer de régner vraiment, ayant grandi sous tutelle après la mort et la destruction de l'oeuvre de son père, l'hérétique Touthmosis IV/Akhenaton), et plus sur l'ensemble des intrigues et événements qui entourent et articulent cette période mouvementée mais courte du passage de la XVIIIème à la XIXème dynastie (cette dernière étant celle des Ramses, Seti, père de Ramses II, étant sans doute déjà né au moment de la série). Un détail con parmi d'autres, mais le personnage d'Horemheb , le général en chef ambitieux, est ici confondu avec Paatemheb, son prédecesseur sous Akhenaton: le vrai Horemheb, venu du peuple, a fait son ascension sous Toutakhamon (et deviendra un pharaon "hors dynastie", faisant la transition avec la XIXème) et était vraisemblablement un intime du jeune pharaon et un adversaire de Ay (le personnage de Ben Kingsley), l'ambitieux grand oncle de Toutankhamon et l'éphémère dernier pharaon de la XVIIIème dynastie. Cette erreur nuit à l'intrigue, à mon sens (je n'ai pas encore vu le 3ème épisode, ceci dit), parce qu'il manque du coup un important appui au personnage principal, ce "vrai" Horemheb qui serait son relais au sein de l'armée, son fidèle second contre les prêtres et évitant le risque d'insubordination de toute l'armée (et son absence en tant poids politique côté pharaon). -
[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
J'ai trouvé ça au contraire plutôt pas si mal pour l'intrigue: il y avait des camps en présence, avec un état des forces données (très déséquilibré). Sur le plan scénaristique, soit il fallait laisser pourrir ce face à face sans que grand chose se passe pour troubler la situation, ce qui aurait été extrêmement chiant et aurait vite donné l'impression de longueur sans fin de la série, soit il fallait qu'il y ait mouvement, ce qui a été fait (destruction de la cellule de résistance du fils de feu l'émir gazé/exilé/tabassé); quid de la suite? Certes, on sent bien que Bassam essaie de nous la jouer Paul Atréides/Mahomet/Aragorn, mais ça va être très long pour lui de pouvoir monter quelque chose de puissant. Dans l'intérim, il faut bien que quelque chose se passe et accélère le tempo des événements: introduire un réservoir de forces nouveau pour l'opposition, un qui soit directement prêt au combat et prêt à se nourrir de la faiblesse du régime en place (surtout autour des zones réprimées), c'est plutôt dans la logique des choses et ils l'ont pas si mal amené (surtout montrer comment l'implantation daéchienne peut se dérouler vue du sol). Quelle alternative, sinon? Une armée de résistance nationale qui surgit de nulle part, toute prête? Un soulèvement général? Ce dernier point était le thème de la première saison: un "printemps arabe" qui a pu être "accompagné" un moment, avant finalement d'être réprimé. Introduire un mouvement ISIS-like était une bonne solution scénaristique qui évite de faire n'importe quoi, tout en continuant à surfer sur l'actualité, ce que la série a fait depuis le début (parano du frérot dictateur sur la fin de Khadaffi). Ca peut sembler pas original parce que c'est l'actualité, mais faut pas croire qu'il y ait des idées de fond originales au ciné ou à la télé, ou dans l'Histoire. L'important, ce sont les personnages, et la façon dont on amène ces changements et événements qui les confrontent à des choix et des défis. Sinon je commence la minisérie Tut, découverte aujourd'hui: l'histoire de Toutankhamon. Un thème très rare pour une série télé, surtout qu'il semble y avoir vraiment pas mal de pépètes dans la prod (et une des jolies actrices de Tyrant, d'ailleurs: la belle fille malmenée par le méchant frère). Quelqu'un l'a vue? -
FRANCE : 5° puissance économique?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de SPARTAN dans Economie et défense
Faut pas le prendre pour un con total le Jacques, même s'il est vrai qu'il a commencé à gatouiller il y a un bail, et qu'il est un tantinet détaché de la réalité sur certains sujets: c'est notre Donald Trump à nous.... Il fait ce genre de sorties pour faire du buzz et être en vue, c'est une question d'ego (il doit commencer à se sentir partir). Parce qu'il n'y a pas de mauvaise publicité, vous dira t-il, en grand orfèvre. -
Les forces de l'armée et de la marine impériale japonaise
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Kiriyama dans Histoire militaire
Ben oui, mais il font comme tout le monde: ils vieillissent et restent persuadés d'être encore les jeunes premiers iconoclastes qui déchirent leur race, alors qu'ils sont devenus depuis un bail les vieux croûlants immobilistes si persuadés qu'ils ont découvert tout ce qu'il y a d'important, avec personne pour leur dire le contraire, surtout dans une culture aussi axée sur l'autorité, l'absence de débat et de contestation, le "consensus par le haut", la révérence absolue pour l'aînesse.... Et quand on est vieux, on écoute personne et on se fout de beaucoup de choses (surtout l'avis des autres, particulièrement s'ils sont plus jeunes, et encore plus s'ils lorgnent un peu trop sur votre poste), et on aime se faire lécher la rondelle, donc on ne s'entoure que de ceux qui savent bien le faire et ne vous menacent en rien. Arrive alors cet éternel piège de toute organisation: on peut être vieux et en poste assez longtemps. Il suffit qu'un officier révéré arrive à un poste de décision avec encore 10 à 20 ans de carrière devant lui, ou en tout cas d'influence, et le mal est fait: non seulement il n'est pas seul dans son cas, généralement, surtout s'il est issu d'une génération particulière de "jeunes turcs" arrivistes qui ont envahi le haut commandement avec une gamme d'idées plus ou moins homogène. Entre le temps passé à effectivement prendre des décisions et modeler l'institution à leur image (ou à ce qu'ils pensent qu'elle est), celui à sélectionner une ou deux générations d'officiers supérieurs qui se fondent bien dans le moule pour les entourer et/ou commander les unités et branches, et le temps passé à se quereller entre chapelles, groupes d'influences, lobbies et cercles divers pour les budgets, les choix et les priorités, et on a tout pour faire que le moule s'impose absolument et fasse prospérer ses faiblesses.... Surtout si l'institution est culturellement monolithique et fermée à la constestation. Rappelons que Pétain a été moderne et innovant, un "jeune turc iconoclaste" à un moment..... -
Les forces de l'armée et de la marine impériale japonaise
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Kiriyama dans Histoire militaire
Il faut quand même noter que l'extrêmisme idéologique des Japonais de la 2ème GM est plus une caricature du bushido, un état d'esprit qui s'est développé lentement et généralisé dans une certaine mesure autour des années 20 pour polluer essentiellement 2-3 générations d'officiers, et auquel on peut trouver tous les ingrédients originaux qu'on veut sans pour autant avoir de raison de les accuser un par un (nationalisme, militarisme, colonialisme, idéal guerrier, bushido, shintoisme, modernisme/futurisme....): le cocktail particulier qui en résulte est un produit de son époque, de son lieu de naissance et de ses promoteurs actifs, qui donne des résultats qui, au final, ne peuvent durer (en tout cas pas à ce degré d'intensité et de popularité). Des milliers, n'exagérons rien: on a de ces images d'Epinal qui ne devraient pas prendre le pas sur une vision plus détachée. Beaucoup de suicides ont eu lieu, c'est vrai, et pas seulement chez les militaires (voir les drames comme les suicides collectifs de Saipan), mais il faut entrer dans le détail de nombreux cas pour se rendre compte qu'il y a de nombreuses raisons, parfois (souvent en fait) juste le "chaud" du moment, pour les expliquer: entre ceux qui craignaient d'avoir des problèmes dans l'après-guerre, voire ne voulaient pas y faire face, la pression sociale ou le peur de la pression sociale -pour certaines catégories de gens- qui devient trop forte pour quelques-uns (ceux qui ont été fait prisonniers, ceux qui ont du se rendre, ceux qui ont subi la défaite et portent le stigma qui va avec....), la déprime qui va avec la fin anticipée des combats (et se cumule avec beaucoup d'autres raisons psychologiques), la crainte de représailles par les armées conquérantes (ou les populations locales en zones occupées).... Il y a en fait vraiment très peu de gens se suicidant "par idéologie" (cad opérant réellement un choix motivé essentiellement par l'idée qu'il se font de leur pays, de leur caste et d'eux-mêmes et manifestant ainsi leur adhésion totale à cette idée), et encore moins qui vont le faire comme un acte bien défini et plus ou moins ritualisé pour montrer que c'est pas un coup de sang ou de peur (démarche dont le seppuku est l'incarnation poussée). Faut pas non plus se représenter les Japonais d'alors comme une population de fanatiques: ils le sont pas plus que les autres, et les seuls comportements collectifs extrêmes(suicides, charges insensées, jusqu'au boutismes divers), civils et surtout militaires, qui témoignent du dit fanatisme arrivent dans des circonstances précises, avec une forte "préparation" mentale (plus facilement trouvée dans les armées, surtout dans les garnisons un peu isolées -typique des îles du Pacifique- et les groupes fermés pouvant se monter le bourrichon ensembles pendant une longue période de temps, sans contradiction ou élément extérieur) et un "encadrement" (là encore plus facilement trouvé dans les armées, mais arrivant aussi dans des communautés particulières) très présent qui "travaille" son groupe au corps et "surfe" sur un événément fort (défaite ou victoire) pour l'exalter, dans le chaud du moment, à un geste extrême. la même chose ne marcherait pas "à froid" sur la majorité d'un groupe, même chez des gens endoctrinés depuis l'enfance. Pour le cas du service de santé, je ne sais pas quelle est la part d'idéologie dans le sous-développement du soutien japonais en la matière (surtout le soutien de campagne), mais je pointerais aussi sur des données bien bêtement matérielles pour expliquer au moins en partie la chose: le Japon d'alors n'est qu'un pays partiellement développé, qui a mis l'essentiel de ses billes depuis le début de l'ère Meiji sur quelques secteurs bien précis à développer. Le domaine militaire (et encore, de façon inégale) vient en tête, accompagné par les industries qui le servent. Pour le reste, y'a beaucoup moins d'investissement. De ce fait, le taux de médecins pour 100 000 habitants doit pas être équivalent à ce qu'on trouve en occident, de même que la capacité à assurer un certain niveau de soins à la population comme aux armées. Ce qui devient encore plus vrai quand l'armée subit une invraisemblable croissance dans les années 20-30, bien au-delà de ce que l'économie du pays peut soutenir, et qui plus est à une vitesse complètement insoutenable s'il fallait faire en sorte que la dite croissance se fasse à qualité équivalente (capacités combattantes, proportions de matériel, qualité et quantité du soutien, motorisation....), même par rapport aux standards japonais d'avant les années 20. Du coup, pour un service de santé, c'est rude: avoir à soutenir dans des conditions acceptables et avec une efficacité correcte 300 000h ou 3 millions (chiffres purement illustratifs), c'est pas la même chose et c'est pas le même prix. Surtout quand toute la priorité va déjà à l'armement et à la "mise en oeuvre" de ces 3 millions, et qu'il n'y a déjà pas assez pour ça (loin de là). Et encore plus quand la dite croissance se fait sur une courte période, et ne cesse de s'accélérer car le besoin croît encore plus vite (impératifs stratégiques délirants). L'infrastructure à mettre en oeuvre n'est tout simplement pas dans la même catégorie, l'investissement nécessaire est énorme, et, plus important et moins élastique encore dans un métier si spécialisé: il y a de multiples goulots d'étranglement, mais sans doute aucun équivalent à celui des médecins, généralistes comme spécialistes. Il faut longtemps pour former un médecin, et plus encore pour en avoir un correct et capable de faire son taf dans des conditions "militaires" (et la culture hiérarchique au Japon fait que ce processus prend encore plus de temps qu'en occident, phénomène qu'on retrouve ailleurs, par exemple dans leur système de formation de pilotes). Ca n'est aucunement compressible. Et la capacité d'accroître les effectifs formés est limitée (plus un métier est lourd en formation, plus c'est vrai), plafonnée par de multiples facteurs (niveau d'éducation moyen, financements, capacité des écoles existantes, lenteur pour en créer de nouvelles, aiguillage prioritaire des meilleurs vers les fonctions combat ou production....). Le Japon d'avant 45 a montré une grande rigidité, en plus, dans son adaptation structurelle, même dans les armées (ce qu'illustre bien la formation des officiers, des pilotes.... Dont les effectifs ne croîtront jamais très vite, et surtout jamais assez, et de loin); il y a lenteur à changer, et plafonnement des capacités (matérielles et humaines) à le faire, et qui plus est à le faire bien. -
Gérard de Villiers, L'écrivain qui en savait trop.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Canal Directo dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Clancy était un agent d'assurances, avec un passé d'inapte au service; juste un geek qui a fait fructifier sa passion personnelle (comme John Keegan l'a fait dans un autre registre). -
Les forces de l'armée et de la marine impériale japonaise
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Kiriyama dans Histoire militaire
Blocage culturel important sur de nombreux plans (culture du corps à corps et de la "bataille décisive" qui préside à la conception des armements, du mix de forces, de l'entraînement, culture très poussée de l'autorité et comportement extrême de caste des officiers, rigidité de l'organisation....) et inégalités technologiques dans le matériel, mais aussi fortes limites matérielles: les ressources sont comptées, surtout par rapport à l'extrême croissance de la taille de l'armée et l'extensivité des besoins imposés par les impératifs stratégiques délirants. De ce fait, entraînement et dotations ne peuvent suivre dans beaucoup de cas. -
Israël et voisinage.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de loki dans Politique etrangère / Relations internationales
Oui et non, parce qu'Israël (que Joab aime ça ou non) semble, en politique intérieure, sur un mode de consensus plus ou moins large qui abonde dans cette ligne et en fait le partenaire obligé d'un éventuel unilatéralisme agressif américain. Mais pour le capital politique que les Ricains risqueraient en la matière, regarde celui qu'ils ont perdu dans la décennie de guerre Irak-Afghanistan..... Est-ce évaluable? Est-ce quelque chose que l'électeur moyen, ou même l'électeur informé, a senti? C'est juste quelque chose qui se sent après coup, et encore, moins au jour le jour que dans la durée: des deals plus difficiles, plus chers ou qui ne se font pas, des positions plus compliquées à maintenir, plus d'occasions manquées, moins de gens prêts à parler (ou plus difficiles/chers à atteindre), plus d'animosité générale et de micro-risques (attentats, enlèvements....) au quotidien, mais dont il est difficile de dire qu'ils font partie d'une situation plus chaude parce qu'il n'y a rien d'autre que d'abstrait avec quoi le comparer.... Le problème de ce capital est qu'il est difficile à vendre électoralement, ou même dans la scène politique et médiatique, parce qu'il faut vraiment être au coeur du système de décision au quotidien pour voir sa valeur et sa réalité (et encore plus ou moins partiellement). C'était moins sensible jadis pour les USA, quand ils avaient à la fois une situation générale de plus grande puissance relative (et donc d'impunité) et une classe politique ayant un important noyau dur de "permanents/expérimentés" ayant conscience de l'importance de ces réalités, et donc adaptant leur attitude politique à l'intérieur en conséquence, ne s'autorisant pas à franchir un certain nombre de lignes et sachant que le vrai business d'adultes doit continuer quoiqu'il arrive. Question proportions, ce fait est une réalité très minoritaire aujourd'hui à Washington, avec une classe politique qui vise à plus de 80% (contre moins de 5% encore dans les années 70) la reconversion rapide (après 2-3 mandats maxi) dans les médias, le lobbying, les divers think tanks et autres organismes évoluant autour de la scène politique, les conseils d'administrations.... Moins de contraintes et des ambitions différentes, ça enlève beaucoup d'inhibitions, et plus grave, ça fait venir un tout autre pool de candidats, surtout quand le système médiatico-politique a évolué pour favoriser disproportionnellement le succès des braillards aux dépends des adultes. Dans une atmosphère qui en devient du coup polarisée à l'extrême et hyper médiatique, ce genre de discours et de positions (cad qui seront suivies d'effets) en acquiert un risque d'occurrence infiniment plus grand qu'auparavant, et ce encore plus dans le contexte socio-économique (polarisation des richesses, radicalismes, haine du "système"....) qui semble devenu la donne. Est-ce si différent en Israël? Et ce capital politique, soit la réalité au quotidien de ce avec quoi les dirigeants américains du jour doivent composer et négocier, est la seule réalité qui limite leurs actions; problème, eux seuls peuvent le sentir au moment où ça compte, ils ne seront donc pas jugés (sauf dans quelque cas) pour son niveau. L'administration Bush l'a démoli pendant 8 ans, tout en compensant en grande partie avec une sur-dépense (et un déficit) d'une ampleur sans précédent depuis la 2ème GM, sans que l'addition leur soit réellement présentée, sauf peut-être juste à la fin (et encore, la crise financière est plutôt ce qui a pesé réellement). C'est très cher l'unilatéralisme, si on veut le faire durer. Mais si on ne paie pas de sa poche.... WTF! -
Israël et voisinage.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de loki dans Politique etrangère / Relations internationales
Merci de la précision; j'avais pas fait attention à la particularité juridique de la chose, et avais simplement assumé qu'il s'agissait d'un traité. Ceci dit, juste pour l'orfèvrerie, la position politique d'Obama en tant que président sortant et donc avec moins de jus politique, n'est pas "Slam Duck" (canard "frappant"? Tu as mentalement mixé avec "slam dunk"?), mais "Lame Duck" (canard boiteux). Même si je veux croire que si le business, surtout du pétrole, se rétablit dans cette zone et permet de sécuriser le Golfe Persique (par rapport à son potentiel actuel de poudrière), les Républicains continueraient à dire tout et son contraire sur l'Iran tout en laissant pisser dans les faits (si Obama créait cette situation, comme ça semble être en voie de devenir le cas), la possibilité demeure qu'un mouvement israélo-américain, mené par les conservateurs en pleine fuite en avant rhétorique et ayant besoin de cet artifice unifiant pour des raisons de politique intérieure, rétablisse la situation antérieure de façon nettement plus unilatérale (bilatérale, mais bon). Les faucons américains (à ne pas confondre avec la droite seule) et néo-cons sont par essence, et souvent même idéologiquement (American exceptionalism, manifest destiny et tout le bastringue du messianisme), unilatéralistes et partisans de la politique du fait. Ca ne veut pas dire qu'ils n'essaieraient pas d'abord de rameuter les autres signataires dans une affaire de contestation (réelle ou montée) de l'honnêteté de l'Iran dans le deal, juste qu'ils ne considèreraient pas un refus comme un obstacle. -
Israël et voisinage.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de loki dans Politique etrangère / Relations internationales
Ca résume souvent la politique de nos jours: le terrible zèle... Des objectifs minables :-[ . Et "un jour" n'est peut-être pas loin: l'état actuel du Congrès, qui plus est en période électorale (oui, la campagne de 2016 est lancée depuis des mois.... A contraster avec les 6 semaines de la dernière campagne britannique), peut faire douter de la ratification du traité par une majorité obsédée par sa rhétorique et la "viande rouge" qu'elle doit servir à son électorat de base (surtout celui des primaires, le pire). Depuis le début des négos, ça s'affaire dans la droite américaine pour dire que Obama voulait et a capitulé devant l'Iran, et que si un républicain avait été à la table, il aurait eu un deal formidable (équivalent dans les faits à attendre que l'Iran fasse une soumission officielle aux USA). Depuis quelques jours, ça se déchaîne pour faire monter ça en épingle, avec en tête d'affiche les candidats aux primaires qui déclarent clairement et nettement que ce deal ne doit pas être voté, et que s'il l'était, le prochain président républicain ( ??? ) le reniera. Sont-ils en mesure de nous refaire le coup de Versailles? En temps "normal", on vous dirait que ce sont les agités qui râlent, et que les adultes sont au fond de la salle, veillant à ce que le business continue; avec l'actuel parti républicain.... Qu'en pense le futur président Donald Trump ??? ? Qu'évidemment il aurait tout obtenu de l'Iran, et qu'il obtiendra le même genre d'à-plat-ventrisme fantasmé de la part de la Chine, du Japon.... Il caracole loin en tête des sondages, et même s'il n'a pour ainsi dire aucune chance d'avoir la nomination (quoiqu'il puisse retenter le coup de Ross Perrot), il est révélateur de la portée accrue d'une démagogie brutale et délirante aux USA (à croissance constante depuis maintenant une bonne quinzaine d'années).