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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Les armes à feu en libre service de fait pour n'importe qui dans la plupart des Etats (dans ce dernier cas, le type avait déjà un casier, mais dans bien d'autres cas on a un florilège: problèmes mentaux connus et recensés, présence sur la "terrorist watchlist".... Et l'accès aux armes légales reste), et en plus en très grande abondance (300 millions d'armes légales, aucun contrôle sur le marché de la revente), sont de loin la première cause de cette surmortalité (et encore, on n'évoque jamais les chiffres des blessés, sans doute au moins aussi nombreux, et encore moins des traumas -souvent générateurs de violence ultérieure). Et faut pas compter que la brève période d'indignation médiatique et de débat changera quoi que ce soit: la combinaison politique en place est trop puissante, avec les lobbies pro-armes, et surtout la NRA telle qu'elle a évolué ces deux dernières décennies, qui maîtrisent trop bien le processus pour maintenir un système réglementaire pourtant extrêmement impopulaire. Quand on voit ce qui s'est passé, ou plutôt ne s'est pas passé, après Newton (ou la plupart des victimes avaient moins de 10 ans), on n'imagine pas que quoi que ce soit de significatif va arriver. Beaucoup de républicains, dès le lendemain de cette dernière horreur, était déjà dans le déni de 2 des 3 causes majeures de cet événement. Parce qu'évidemment, l'autre grande cause est l'état du problème racial aux USA, qui, allié à l'extrême stratification sociale (on risque de retomber sur l'économie, là), a poussé le communautarisme à un niveau saisissant dans beaucoup d'endroits aux USA, notamment le vieux sud (où il était de toute façon déjà très gratiné et profondément implanté culturellement). Ce genre de polarisation (qu'on retrouve au niveau politique, où le degré de polarisation actuel est décortiqué sous tous les angles et présenté comme historiquement au plus haut) ne peut que déboucher sur ce genre de drames. Surtout quand il s'allie à la 3ème cause de l'événement, soit, dans le cas d'un individu commettant l'acte, le problème de la santé mentale, de sa reconnaissance, de son suivi, de ses facteurs (notamment les "enablers" que sont l'isolement, l'échec, l'absence de perspectives, et divers écosystèmes violents comme la sphère -physique et online- des "white supremacists" dont ce gars venait). Mais les flingues sont bien la première cause de la fréquence et de l'importance de ces drames, le niveau de létalité et de commodité (on peut trouver d'autres trucs autant voire plus meurtriers, mais pas qui réclament aussi peu de conditions) des armes à feu étant incomparable pour faire bondir les nombres d'occurrences (décision de passer à l'acte, opportunité de le faire, facilitation) et de cadavres (beaucoup de morts dans un simple chargeur lambda). Mais quand un tas de politique mainstream (pas des marginaux), dès le lendemain, en sont à dire qu'on ne peut rien comprendre à ce genre de trucs, voire à blâmer le pasteur lui-même de n'avoir pas porté d'arme et avoir ses ouailles tout aussi armées pour l'office, et que l'outrage se limite à la sphère des pro-gun control (ne parlons pas des anti-armes: ils sont silencieux depuis longtemps), on mesure l'ampleur du blocage. Tout ça parce que moins d'un tiers de la population a une arme, et moins de la moitié d'entre eux (en fait sans doute même pas le quart) refuse tout débat sur la chose. Là, Obama a en fait bien formulé la chose dans son discours post-massacre (son 14ème du genre -il ne prend que certains cas particuliers-; il doit se lasser): il n'y a pas foncièrement plus de problèmes de santé mentale aux USA, ni forcément plus de haine qu'ailleurs... Mais y'a plus de flingues.
  2. Il faut 51 voix pour approuver une loi au Sénat. Mais il faut un vote préalable à majorité de 60 voix pour passer outre un "filibuster" (quand vous voyez un gars -ou une femme- monopoliser la parole indéfiniment, souvent en parlant de n'importe quoi: ça s'arrête avant ou après effondrement.... Ou impératif de la vessie), vote qui réouvre la procédure normale pour passer un projet ou une proposition de loi. Les médias confondent souvent (par ignorance) ou simplifient (parce que la majorité du lectorat/de l'audience s'en fout ou n'y connaît rien) avec une telle formulation selon laquelle la loi doit être approuvé par au moins 60 sénateurs. Là, ça veut juste dire que le filibuster a déjà été annoncé. Il est sans doute même probable que s'il ne l'avait pas été, la loi ne serait pas passée à la Chambre: la même majorité qui avait voté contre la semaine d'avant aurait essentiellement repris sa position. En l'état, ça veut dire que ceux qui ont "changé d'avis" devaient avoir des comptes à rendre, des faveurs à faire, ou un cul à planquer (d'autres politiques, ou de certains sponsors à qui ils peuvent maintenant dire "regarde, j'ai voté pour le "fweee trade", donc pour la "fweeedom").
  3. Début d'une nouvelle série avec un thème qui me semble limité: The astronaut wives club. Ou l'histoire des épouses des sept premiers astronautes américaines, les "Mercury Seven" dépeints dans le célèbre film The Right Stuff (L'étoffe des héros). Le but est de dépeindre, au fil du déroulement du programme Mercury (puis Gemini, voire Apollo, si la série dure), le versant "au sol"", public et en coulisses, de la vie des astronautes et de leurs familles, essentiellement du point de vue de leurs femmes. Rappelons-nous que le programme Mercury n'était pas qu'un programme spatial, mais une grande entreprise de relations publiques destinée à mener la course à l'espace plus que comme un fait technique, mais bien aussi un objet politique, aussi bien pour la scène politique intérieure américaine que pour la promotion de l'image de l'Amérique et du "Monde Libre" face au bloc soviétique. La vie des astronautes et de leurs familles fut donc totalement instrumentalisée pour ce second objectif, et un large partenariat public-privé (principalement entre le gouvernement et le cultuel -à l'époque- Life Magazine, mais incluant aussi de nombreux autres acteurs, qui sponsorisaient la chose) qui devint aussi, ce faisant, le promoteur d'une vision idéalisée de l'American Way of Life, incarnée par ces 7 familles dont la vie devenait plus un rôle à incarner qu'autre chose, souvent très éloigné de leurs vérités. C'est pas un mauvais thème, même si j'aurais préféré une histoire des "Mercury 13", le programme privé de sélection et entraînement de 13 femmes astronautes mené en 1960 (chapeauté par l'aviatrice haute en couleur Jackie Cochrane et Chuck Yeager), qui ne donna rien pour un ensemble de raison qui amenèrent la NASA à se focaliser uniquement sur le groupe initial de 7 hommes. Evidemment, ça fait pas beaucoup de matériel pour une série, et y'a rien de spectaculaire, mais l'histoire du lobbying pour cette cause et des intrigues politiques qui jalonnent son parcours est assez jouissive et illustre pas mal la politique et les mentalités de l'époque. Le premier épisode est plein d'événements, un peu trop à mon goût: la prod a voulu résumer beaucoup pour lancer son intrigue, passant à mon avis beaucoup de choses qui auraient été un riche matériel pour plusieurs épisodes. Mais apparemment, ils voulaient aller de la sélection des 7 au premier vol de Shepard dans cette introduction. 14 couples (en insistant plus sur les 7 femmes), plus les intervenants de la NASA et de Life Magazine, ça fait beaucoup de personnage pour une narration audiovisuelle; du coup, on s'attache peu dans un premier temps. Et la rapidité de la narration n'aide pas, même si les dialogues ne sont pas mauvais; ils ont un ton juste, sans en faire trop (grand guignol, emphase, platitudes génériques et réchauffé mal servi sont évités) ou pas assez (plat, sans sel et aride). Disons que ça va dans le sens d'une reconstitution sans grande âme mais visuellement très réussie, de même que du point de vue de l'ambiance. Pourquoi en parlé-je après un déballé si peu enthousiaste? Parce que je suis partial quant aux trucs d'époques, ce qui me fait espérer quelques trucs de cette série, et que j'attribue les défauts perçus dans ce premier épisode aux besoins de mettre en place le cadre de la série, persuadé que je suis qu'il s'agit là d'une introduction trop rapide mais nécessaire pour entamer le coeur du sujet. J'aurais peut-être du le mentionner au début, mais c'est aussi pour ceux qui veulent revoir Yvonne Strahovski (de Chuck), qui joue la femme de Scott Carpenter, ou encore Odette Annable (la super tueuse indienne dans Banshee), qui joue l'ex-femme-pas-vraiment-ex-femme de Gordo Cooper.
  4. Oui, c'est pas le plus flamboyant des personnages ET des acteurs, et le jeu en retenue lourde de second degré n'était pas non plus son truc; mais pour une fois qu'il y a une série politique HORS des USA (qui plus est un environnement inhabituel à l'écran) qui la joue réaliste, n'a pas de quasi superhéros, de manichéisme simplet ou de platitudes narratives, je fais pas trop la fine bouche. Avec ce charme inimitable, en plus, des familles de pouvoir -et un pouvoir tyrannique, ça saigne plus, tout est plus vicieux- et de intrigues d'alcôves en territoire exotique. Que demande le peuple? La bonne réponse avec cette série est "ON S'EN FOUT, qu'il crève"!! Snifff, Iznogoud, tu me manques.... La deuxième saison a plutôt bien démarré, je trouve, et la façon dont ils sortent de l'apparente impasse narrative dans laquelle ils se sont foutus (en fin de 1ère saison) est pas si mal, et même la moins conne possible quand on y réfléchit.
  5. Pour montrer une bonne foi au créditeur, ça a du sens, mais les expériences de "tutelle" sont plutôt négatives, en tout cas au moins dans la perception populaire. Et pire encore, faut pas se faire d'illusions sur le degré de surveillance d'un appareil d'Etat qu'on en obtient, à moins d'avoir vraiment beaucoup de monde sur place, et pour longtemps (si on veut un certain seuil de capacité, ça finit par avoir un vrai coût: qui paie?). Le problème est que les réformes à tenir en Grèce pour un appareil fonctionnel prennent du temps: établir un cadastre, qui plus est un fiable (tant qu'à faire) et actualisable, ça demande pas mal de moyens, et beaucoup de temps (là on parle en termes d'années, voire d'une décennie au moins) avant qu'on puisse réellement pouvoir en faire usage. Les créditeurs semblent rarement si patients.
  6. Tyrant a commencé sa 2ème saison.... Je jouis déjà :-X .
  7. Syriza est parvenu au pouvoir; ça veut pas dire que l'organisation est capable et en mesure de gouverner, c'est-à-dire de réellement contrôler l'appareil d'Etat à un instant T, et plus encore, de pouvoir être sûr d'exercer un fort contrôle dessus dans le futur. Et au-delà de cette simple-mais-pas-si-simple capacité, il y a le fait de savoir ce qu'ils font (pour gérer les affaires courantes -tâche très compliquée- ET implémenter leur politique propre, qui doit s'articuler en un plan opérationnel et ses myriades de ressorts d'exécution -et encore ressembler aux idées initiales à l'arrivée), qui est encore une autre paire de manche, et dernièrement, de savoir mettre en cohérence leurs idées avec une pratique aussi complexe que diriger un Etat. Si leur délai d'apprentissage (visiblement aujourd'hui, leur capacité est pas vraiment folichonne) dure un mandat (sans garantie qu'ils aient bâti la capacité à la fin), ça va pas être glorieux pour leur pays: y'a pas de mode d'emploi pour diriger un Etat, mais il y a une somme de savoirs-faires à avoir, et une organisation hiérarchisée suffisante en taille et capacités, de même qu'une bonne mesure de contrôle à avoir sur cette organisation pour les leaders. Ces conditions sont-elles réunies dans le cas Syriza? Plus qu'évidemment, non, malgré toute la brillance de nombreux individus. C'est terrible, mais c'est l'avantage principal des partis dits de gouvernement. Un cas emblématique à travers lequel on peut comprendre ce phénomène est le président en France: combien ont passé essentiellement leur premier mandat à apprendre ce que ça veut dire d'être président, et, malgré tout leur cynisme et les contraintes politiciennes de leur rôle de vainqueur d'élection et de chef (formel ou informel) de majorité, ont du apporter à l'exercice de leur fonction une mesure plus ou moins grande du rôle d'arbitre moins politisé qu'est le président (s'opposant du coup plus ou moins souvent à leurs convictions, impératifs politiques et politiciens, à leurs alliés et soutiens)? On le voit plus fréquemment en 2ème mandat, parce que souvent, le premier est, si on apprend à regarder la chose, pas terrible en terme de pratique des "grandes prérogatives", au premier rang desquelles les relations extérieures et la façon de les articuler avec la politique intérieure.
  8. Ce fut le cas dans bien des endroits du vieux Sud, et l'évolution politique interne que tu décris arriva un peu partout, provoquant graduellement un exode assez massif des populations noires vers le nord au cours du XXème siècle, aggravant le déséquilibre démographique et donc politique pour ceux qui restaient.
  9. Encore un massacre dans une Eglise historique et très symbolique de Charleston, en Caroline du Sud; 9 morts et 1 blessé. Parmi les tués, le pasteur, aussi un sénateur de l'Etat, extrêmement populaire et iconique à Charleston. Le tireur, rapidement identifié, appartient à la sphère des "white supremacists", et a été arrêté grâce à une fleuriste qui l'a reconnu, a fait passer le message, et a suivi la voiture pendant 35 miles (traversant la frontière avec la Caroline du Nord) pour s'assurer qu'il ne disparaîtrait pas dans la nature.
  10. Système de vote obligatoire, vote blanc qui compte et exigence d'un seuil significatif pour qu'une personne soit élue (pour éviter justement le cas de figure évoqué). Plus encore, facilitation des moyens de "service après vente" pour favoriser une plus large mesure de contrôle citoyen sur le comportement des élus en place (plus que reposer sur les électeurs ayant le temps, la patience et le savoir-faire pour appeler leur élu ou aller faire la queue à sa permanence): transparence accrue des dépenses (accès facile, actualisation fréquente....), facilités d'avoir des organisations efficaces assurant ce suivi (locaux, petits financements permettant notamment une expertise juridique accessible et permanente), possibilités institutionnelles de pression (possibilité de révocation par pétition rassemblant un certain seuil d'électeurs, ou un referendum spécifique dans la circonscription, possibilités de "class actions" d'un type spécifique, options de vote contraint....). Techniquement, il y a beaucoup d'options qui permettraient un meilleur contrôle ET une incitation à une plus grande responsabilisation des citoyens. Si ces choses étaient mises en place, il y aurait déjà nettement plus lieu de parler d'une vraie responsabilité des citoyens dans une démocratie qui dépasse la taille d'une petite ville (cad l'essentiel de nos démocraties dont les populations se comptent en millions/dizaines de millions, voire plus); sans cela, cette responsabilité est très, très théorique.
  11. Je n'écrivais pas sur la politique au XVIIIème siècle. Juste sur l'élevage des chats en troupeaux. Qui est un art très difficile. Mais là on retombe sur une discussion qu'on a déjà eu ailleurs: les limites de la démocratie et la détermination du niveau de responsabilité réel du citoyen, mesuré à la capacité réelle de pression qu'il peut avoir sur son gouvernement et l'ensemble des décisions prises qui impactent sa vie et celle de son pays (deux choses de plus en plus différentes vu les différents niveaux de supranationalité qui prennent de plus en plus de place, tant par des instances publiques que par des organismes privés, sans compter évidemment aussi la croissance de la capacité de levier sur les Etats de grandes organisations privées), à son niveau d'information et de capacité à la traiter (tout le monde ne comprend pas comment marchent l'économie, le budget, les relations internationales et tout ce que ces domaines impliquent), mais aussi à l'état de l'offre politique et du débat public. Et de ces deux derniers points de vue, c'est pas folichon en France par exemple; c'était, si je me souviens bien, un point de désaccord majeur avec Alexis. C'est pas parce qu'un petit parti se présente qu'il constitue une vraie possibilité d'alternance; il n'y a, en France (et dans beaucoup de pays), que peu de partis qui PEUVENT réellement gouverner (bien ou mal, c'est encore autre chose). N'importe quel glandu avec un fan club peut poser sa candidature et faire une campagne, voire même réunir des financements un peu sérieux. Avoir l'infrastructure interne, la masse critique de savoirs-faires, le tissu national d'élus, de cadres, d'appuis, le capital politique à tous les échelons de gouvernance.... C'est une chose que seuls les deux grands partis ont, malheureusement. L'offre politique crédible sur le simple point de la capacité à gouverner (à prendre en main l'appareil d'Etat et avoir une vraie emprise dessus) est très limitée. Sans oublier l'une des limites les plus évidentes de la démocratie, et, partant, du niveau réel d'information, de contrôle et de responsabilité du citoyen: chacun a des opinions très diverses, mais un seul vote et une seule personne qu'il élit. On a tous une carte, mais on est contraint de voter pour un menu. On n'aime pas forcément beaucoup de choses dedans, on tient juste à quelques-unes.
  12. Aujourd'hui, rappel d'une des grandes erreurs stratégiques de Napoléon: revenir en France..... 18 juin 1815/2015: n'adressez pas la parole à un Anglais aujourd'hui. Pas par rancoeur, juste parce que s'il a ça en tête, il va être chiant.
  13. Sérieux? Et alors? Les tartines de fromage trempées dans le chocolat chaud, j'ai longtemps fait ça (c'est booooonn), et je me suis pas excommunié pour autant, malgré mon ayatollisme gastronomique prononcé.
  14. T'as pas honte d'évoquer ça sur un topic adressant le sujet de la faim dans le monde? Oui, je sais, pour certaines personnes, c'est bon la honte. Donc tu fais quoi? Masque de beauté? substitut sexuel pour branlette salissante? Calligraphie? Simulation scatologique? Projectiles tachants? Dégustation sur corps nubiles et juvéniles? Ou vieux et décrépits? Ou, vice suprême, léchage sur un corps d'orang-outan copieusement tartiné au dit produit?
  15. :lol: :lol: :lol: !!!! Alors ce soir au dessert: Nutella-banane ou orang-outan-banane sur la tartine? Edit: grillé! Si tu veux mettre tout le morcif en une fois, aussi..... Dis-moi, quand tu te tartines du Nutella, tu fous tout le pot d'un coup?
  16. Sauf que c'est pas vraiment un "christianisme social patriotique" au sens où nous l'entendons: chez nous, ces mouvements ont pour l'essentiel été (ou essayé d'être) plutôt modérés et rassembleurs quand ils ont joué l'activisme politique. Douguine est un pur exalté mystique qui donne dans l'omni-conspirationnisme et réalise l'étape de transformation du mysticisme religieux en idéologie politique extrêmiste; c'est pas lui qui loue l'exemple de la Corée du Nord et de l'Iran, prône un génocide en Ukraine, appelle à la déportation, à l'exécution ou à l'internement de tout ce qui est en désaccord avec lui? Qui appelle à l'interdiction d'Internet et de l'enseignement de la physique et de la chimie (sciences "démoniaques")? Un taré de plus qui a élaboré une "théorie de tout", une matrice pseudo intellectuelle qui comble ses immenses vides et incohérences par l'exaltation mystique ethno-religieuse (y compris une forme d'appel à la guerre sainte), le nombrilisme collectif du pan-slavisme, un conspirationnisme bas de plafond (les ricains sont partout et la cause de tout ce qui est mal), le pointage de doigts sur des coupables individuels ou collectifs, des généralisations faciles niveau café du commerce (mais très formatées dans un discours pseudo intello) et des appels au meurtre. Encore un autoproclamé "expert de tout" qui se donne de grands airs et qui n'est rien d'autre qu'un fanatique dont on exagère l'influence, comme souvent avec ces oiseaux là.
  17. Moins préjudiciable, façon de parler: entre la dépense en fric et capital militaire qui pèse encore lourdement et le fera pour longtemps, l'impact humain (pertes et problèmes associés) et sociopolitique (y compris la "war weariness" si présente aux USA aujourd'hui, le niveau de méfiance vis-à-vis des décisions gouvernementales et positions en politique extérieure.... Et en somme tout ce qui contraint la posture américaine), et les conséquences géopolitiques de longue haleine sur les zones d'intérêt américaines (Moyen Orient en tête évidemment, mais aussi Afrique, Asie Centrale....), c'est quelque chose de très relatif. Ca "touche" moins directement qu'une défaite "classique" (au moins une grande unité massacrée/capturée, un navire important coulé, une escadrille abattue), et ça ne touche pas trop l'Amérique dans sa chair (parce que victoire ou défaite arrivent à moins de 0,5% de la population), mais l'impact mesurable sur les USA est quand même très mesurable. Le point est d'ailleurs fait dans l'article (en partie), mais la chose ne serait-elle pas tout aussi valable dans le cas des autres armes? L'impact d'une défaite navale (d'une task force ou autre) serait-il si différent, les USA ayant pas mal de redondance, et surtout une position éloignée par rapport aux adversaires potentiels? N'aurais-tu pas les mêmes décideurs politiques capables de se ressaisir et, profitant de ces avantages de position (militaire) et de situation (géographie), de lisser le résultat pour éviter d'employer le mot "catastrophe"? Mais "à l'échelle en-dessous", le phénomène est bien décrit dans l'article: le très mauvais fonctionnement du système de commandement américain, voire sa nullité dans bien des cas, est caché par l'absence de désastre que la supériorité tactique permet. La qualité, ou à tout le moins la capacité (je me souviens du dur jugement évoqué par Goya sur la relative faiblesse tactique des Américains en Irak et Afghanistan) des forces US, surtout relativement à leurs adversaires, permettait de garder la situation sous relatif contrôle et d'éviter des échecs tactiques, et surtout des vraies branlées, même de niveau local, mais aussi de continuer à "faire du chiffre" (le bodycount et sa médiatisation; la maladie héritée du Vietnam.... Ca s'attrape dans les bordels de Saïgon?).... Tout en masquant la valse des officiers généraux, leur absence de décision, leurs querelles, leurs couvrages de cul, leurs insuffisances et leur absence de direction. La spirale de 2003 à 2006 est à cet égard plutôt bien décrite par l'auteur, notamment le rôle et la mentalité de Tommy Franks et Ricardo Sanchez, ou le cocon protecteur qu'est le fonctionnement de la caste (pas vraiment menacé par les insuffisances du politique).
  18. Un très bon article sur le commandement de l'armée américaine et son évolution depuis 1945; il s'agit moins de "la maladie de la victoire" en soi que de l'observation des évolutions internes du pachyderme né du conflit mondial, et son impact sur la façon dont le commandement fonctionne (sélection, rotations, mentalités, culture de corps....) et a évolué, pour donner un résultat peu satisfaisant dans la direction des conflits, créant -chose qu'on a parfois évoqué dans ce forum, souvent avec de la protestation en face- un corps de fonctionnaires et de spécialistes obsédés par les aspects purement techniques et tactiques et le micromanagement, se couvrant mutuellement et gérant avant tout leurs carrières, souvent avec des effets dramatiques. Un poisson pourrit par la tête, après tout. C'est évidemment débattable et contestable, mais c'est un bon exposé de la façon dont ces maux qu'on retrouve souvent à toutes les époques en viennent à surgir dans un cas particulier qui sert d'exemple: http://www.theatlantic.com/magazine/archive/2012/11/general-failure/309148/ Où l'on voit le genre de mentalité qui peut se développer dans un corps d'officier, et comment ça commence et ça se développe, avec des habitudes aussi néfastes que le refus de faire le lien entre politique/stratégie et militaire/tactique (rôle essentiel des généraux), l'habitude de penser en termes de carrières et d'habillage de résultats calculés sur une période de temps très bornée (le terme d'un commandement, surtout dans le cadre de rotations courtes), avec pour conséquence de refiler les patates chaudes non traitées au suivant, le micro-management et l'écrasement des subordonnés (agressif ou passif) comme habitude de repli, le refus conscient ou non de donner un sens général à l'action et une direction à l'effort, le retournement critique et culturel ultérieurement contre la direction civile et politique (forcément incompétente et lâche par rapport aux braves soldats), le couvrage de cul corporatiste des officiers généraux.... Les exemples sont avant tout en Irak et Afghanistan (Tommy Franks et Ricardo Sanchez en prennent notamment plein la gueule.... Avec raison), mais on pourrait adopter exactement la même critique sur la guerre du Vietnam et l'absence de remise en question qui a suivi. Seuls les noms et situations changeraient; les mécanismes, causes et effets seraient les mêmes.
  19. Tu oublies des acteurs: pour l'essentiel, les grandes organisations financières et autres concentrations capitalistiques pouvant agir au niveau européen sont très contentes du statu quo qui garantit un proto-Etat européen faible et influençable, et des Etats coincés par la complexité du système de pseudo co-gérance européenne et la compétition interne qu'ils doivent se livrer ainsi (avec un bras attaché). Ces acteurs là comptent parmi les plus importants obstacles à toute réforme un peu sérieuse, dans un sens (ré-"étatisation") ou un autre (fédéralisme). Trouver des responsables politiques ayant vision et burnes (et savoir-faire), ou plutôt trouver dans une fenêtre temporelle courte une masse critique suffisante de ces gars-là (et les mettre au pouvoir, évidemment, ou inciter ceux qu'on a -qui ne sont pas arrivés où ils sont parce qu'ils sont cons et lâches, arrêtons les clichés- à faire un pas en avant) n'est pas tout: il faudrait encore qu'ils aient le pouvoir et la latitude d'agir comme il le faut, et dans ce registre, les forces incitant à un blocage (ultimement entropique, voire autodestructeur) sont nombreuses et puissantes, et il ne faut vraiment, vraiment pas les limiter aux pans d'opinion réellement souverainistes, à la persistance psychologique du référent nation (qui a bien des raisons objectives d'exister) ou au conservatisme culturel s'incarnant dans un réflexe pavlovien de résistance au changement. Soit une gamme de comportements collectifs essentiellement psychologiques et culturels qui, d'une part, sont liés à bien des raisons très logiques et objectives, et de l'autre sont loin d'être les seuls, voire les plus puissants obstacles à des changements politiques d'ampleur.
  20. Hé, ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dit: je n'ai aucun doute sur leur résultat net global en fin d'exercice. Je signalais juste que le compte/l'investissement "Stannis Baratheon" était une perte sèche sans possibilité de récupération; le chargé du dossier va en prendre plein la gueule et sa carrière aussi.... Même si évidemment, on va lisser tout ça et se refaire discrètement ailleurs. Surtout avec l'énorme créance sur les comptes de la couronne des 7 royaumes, du moins quand celle-ci aura récupéré un occupant stable. Ceci dit, vu l'état du pays, l'Iron Bank va devoir sans doute jouer les FMI/BCE et oublier une partie de la dite créance. Et si ce qu'on attend arrive à la fin, à savoir le retour de la reine, il vaudra mieux pour les Braavosi ne pas exiger trop: s'ils font chier, elle a 3 vecteurs d'attaque aérienne qui n'ont pas de parade connue. Un bon moyen d'être écouté par son banquier.... Ou alors les Autres auront pris le contrôle, auquel cas bon courage au dit banquier pour aller les faire raquer.
  21. Ouais, à la façon d'Henri IV et de Louis XI, deux batailleurs (c'est moins connu pour Louis XI) qui ont compris comment faire une analyse coût-bénéfices avant d'aller cogner, et avaient les couilles de risquer l'impopularité (se contenter de menacer, et souvent acheter, l'adversaire: l'audience apprécie peu, et on crie à la lâcheté, à l'injustice ou au gaspi) plutôt que leurs troupes, les populations concernées et la possibilité d'une issue incertaine et sans fin visible. Ceci dit, ce qui perd Stannis, c'est plus son obsession littéralement fanatique pour son "droit" au trône plutôt que son inflexibilité en soi sur les façons de faire. OK, c'est une forme d'inflexibilité, mais c'est la directive première de son logiciel: s'il ne l'a pas, il reste dès le premier tome sur son île, ne se mêle de rien et n'est pas un personnage de l'histoire. C'est sa raison d'être dans l'intrigue. Une fois cette décision prise, il n'a pas vraiment d'autre issue que vaincre ou périr, et ce avec des moyens limités.... Ceci dit, ça me fait penser qu'avec la fin de son histoire, y'a une faction bien baisée, qui ne pourra récupérer sa mise: l'Iron Bank de Braavos . Z'ont perdu ce pari là, et y'a personne à qui présenter la facture. Mais faut pas trop compter sur une autre issue dans les livres: les méthodes peuvent changer, des raccourcis pris, des chemins de traverses empruntés, des ellipses faites, des omissions et coupes nettes réalisées, mais le résultat est le même pour les persos et faits importants. GRRM semble avoir été assez clair là-dessus. Sinon, nouvelle série de SF qui vient de commencer: Humans. Avis à suivre.
  22. Ca c'est la question à un million: est-ce que le succès de la série est tel qu'ils vont décider de "faire durer" un peu, ou y'a t-il un synopsis et un nombre de saison fixé à l'avance? S'ils font durer, la prochaine saison pourrait être un "rattrapage" d'épisodes manqués dans celle-là et la précédente, qui verrait l'intrigue générale moins avancer, et plus de pions être mis en place (et Jon revenir pour la suivante). Vu l'investissement, vu le rythme général de la série et la forte relation avec une audience particulièrement active, je doute qu'ils puissent se permettre ce genre de choses. D'un autre côté, ce tour là peut être joué par un bon scénariste (ça tombe bien, ils ont l'un des meilleurs), qui pourrait ainsi faire ce qui a été fait avec les deux derniers tomes en date, qui se focalisent sur la même période de temps, mais pas sur les mêmes trames et persos. Dur à faire pour la série avec le niveau de tension qui a été construit. Mais il est vrai que ce serait aussi nécessaire, vu les pans d'histoire qui manquent, notamment ce qui concerne Bran. En même temps, pourquoi cette certitude que quasiment tout le monde semble inconsciemment partager que Jon est si central dans la résolution de l'intrigue (donc impossible à réellement sacrifier)? Il est pas forcément plus attachant que d'autres, et l'auteur a jamais hésité à trucider des persos très attachants (c'est tout son art, à GRRM >:D ) ou à tout le moins des persos dont on aurait voulu voir ce qu'ils allaient donner. Et pourtant, on peut pas s'empêcher de penser que lui, il a un truc spécial, une "get out of hell free card". Il présente bien des caractéristiques de héros de fantasy classique (l'enfant issu de rien mais qui arrive quand même à avoir la super éducation, qui sacrifie tout pour un idéal, avec une ascendance mystérieuse dont on attend qu'elle soit révélée), c'est peut-être ça.... Et GRRM veut que nous enfoncer un bon coin dans la gueule en disant "vous y avez cru longtemps, hein? J'vous ai bien enflé!".
  23. Dans un pays de 320 millions d'habitants (divisés en 50 scènes politiques étatiques, deux partisanes et une nationale qui sont toutes des univers en soi, seulement partiellement perméables entre elles), il n'est pas si facile de faire émerger des candidats qui soient à la fois viables, crédibles et bien introduits (cad ayant plusieurs larges sources de financement), tout en ayant aussi une forte "identité visuelle": dans ce dernier registre, la "name recognition" et l'image personnelle sont des avantages ayant un poids énorme, en même temps que de potentiels handicaps (ce que Jeb Bush est en train de découvrir, avec une campagne qui n'a pour l'instant amené ni le fric ni l'électorat attendu). Rappelons nous pour l'exemple comparatif que Louis Napoléon Bonaparte (futur Napoléon III/Badinguet) n'é été élu président de la IIème République que grâce à son nom de famille, dans un pays de 30 millions d'habitants sans téléphone, radio, télé ou internet, avec une presse limitée, des communications lentes et couvrant imparfaitement le territoire, des électeurs éclatés en milliers de communautés souvent en partie isolées, très peu informées, parlant mille et un patois.... Au moment de l'élection, peu de gens savaient qui était et ce que voulait LN Bonaparte, et personne ne connaissait les autres candidats; le nom de famille l'a emporté. Faut pas croire que ce soit si différent dans les USA d'aujourd'hui, malgré l'état des communications et de la scène médiatique moderne: rassembler des masses d'audience sur un sujet et une personne et les informer suffisamment (et garder leur attention) reste difficile, et ce encore plus dans la cacophonie et la surabondance médiatique. Emerger de ce bouillon est une tâche lourde, aléatoire et hors de prix.
  24. Les Ironborns avec leurs querelles internes, et les circonvolutions des intrigues à Dorne, ont du passer à la trappe à mon avis: 10 épisodes, c'est beaucoup trop court pour rendre ces deux intrigues annexes dont l'impact sur l'histoire générale est important (voire très important si ce que je soupçonne de l'expédition Ironborn vers Slaver's Bay donne ce que je pense), et riche d'événements, mais au final, ça peut être bypassé, et c'est ce que Martin semble avoir fait: le déroulé des retournements de situation Dorne et des intrigues des Sand Snakes et autres auraient été beaucoup trop pour garder une narration fluide, contrainte par le format audiovisuel (une minute d'écran ne raconte pas la même chose qu'une minute de lecture) et le nombre d'épisodes. L'auteur a donc préféré trancher ces passages pour une lecture fluide et une intrigue qui ne se perd pas trop en mille sous-intrigues, ce qui tend à rendre le récit lourd et moins attachant: quand t'as 40-50 minutes pour vendre des persos assez nombreux et les rendre attachants (pour mieux en trucider plein après, avec fort impact émo sur le client), irritants, terrifiants ou intrigants (mais jamais fades; ils ne doivent pas laisser indifférent), vaut mieux travailler ton sujet et faire au plus simple pour le fil, tout en se laissant des plages de calmes où on peut "développer" un perso. Ca laisse pas beaucoup de marge. Et encore, là on peut s'estimer heureux: le scénariste en chef de la série est l'auteur des bouquins, qui sont encore une série en cours (il arrive ce putain de prochain tome, bordel??!!!!!! Bouge ton cul, GRRM, au lieu de faire le con à Dubrovnik ou en Irlande, ou à Malte!!!!). Il sait donc ce qui arrive après, et a un fort contrôle sur la conversion du récit à l'écran. Ca arrive au final très peu en séries comme en film. Ceci dit, même si je sais que le personnage est populaire et que GRR veut lui faire faire des trucs, les passages d'Arya m'ont singulièrement bourré cette saison; ils ont évidemment sur-simplifié (et changé pas mal de trucs, notamment la raison de son court-circuit oculaire soudain) son séjour sport-études chez les handicapés faciaux (appellation politiquement correcte requise par le conseil des Maesters :-X ), mais j'ai pas du tout accroché. Mais calmez-vous sur Jon..... C'est bien sûr pas une certitude, mais la saison finit sur le même point que dans les bouquins, le concernant: il est APPAREMMENT mourant. Si son "secret" (qu'il ne connaît pas lui-même) est ce que je pense, GRRM peut pas finir sans lui.... Evidemment, ce n'est là que conjecture de geek. Bon, sur ce, je retourne à mon Khalasar; y'a une blondasse qui vient d'atterrir dedans. Les femmes au rênes, nomdidju....
  25. Elle va manquer de crédibilité de ce côté pour encore un bon moment, voire jusqu'au bout: - Bernie Sanders (vieux routier du Congrès, progressiste parmi les progressistes) s'est lancé dans la course, et ce avec un succès d'audience et de levée de fonds inattendus qui ont déjà polarisé la base "liberals"/progressistes/écolos - la corrélation entre l'origine des fonds de campagne (et le "soft money" qui représente désormais la majorité -de très loin- des fonds pour une candidature, même si chuuuut, on le dit pas) et l'origine des votes/intentions de votes pour Hillary Clinton est encore en grande partie un grand écart. Si elle va après la base franchement progressiste du parti, elle aura du mal à vraiment écarter assez, ou alors il faudra qu'elle fasse avaler de la couleuvre gabarit destroyer. Etant donné qu'elle est notoirement et depuis longtemps cul et chemise avec les milieux financiers, surtout New Yorkais (ex mandat oblige), et avec la vaste sphère d'argent plus ou moins électoral disponible nationalement et dans chaque Etat via les fondations, think tanks et autres (merci réseautage, fondation Clinton et M. l'ex président Chouchou), et les relations directes avec un carnet d'adresses inégalé côté démocrate (tous les potes et relations à fort compte en banque), ça va être coton d'aller aussi récolter le fric des syndicats (ce qu'il en reste), mais aussi celui très convoité de la conférence des gouverneurs, entre autres. Mais ça va surtout être coton, avec des sponsors comme ça, de soudain incarner la Jeanne d'Arc du progrès social et de la réforme économique. C'est pour ça que depuis un mois, elle s'est lancée dans une campagne de "retail politics", cad aller démarcher le chaland chez lui, en petits comités avec des leaders électoraux d'échelon local (genre les militants qui font les campagnes de porte à porte, les leaders d'opinion -pouvant voter à droite ou à gauche- de l'échelle du pâté de maison/du groupe de maisons) et du péquin de base, en groupes de discussion de 8-10 personnes maxi. Investissement en argent réduit (les frais de déplacement, la bouffe offerte aux pégus, l'entretien et la paie d'un staff réduit, plus des trucs de pub locale pour s'annoncer), investissement en temps énorme et de petit rapport marginal. Mais c'est encore ce qui marche le mieux, surtout dans certains Etats culturellement importants dans les cycles électoraux américains, notamment les deux "leaders d'opinion" de la nation (fait et rôle très contestés), l'Iowa et le New Hampshire, où la "retail politics" (politique au détail) est le seul truc qui fonctionne. Va aussi falloir que la mère Clinton arrive à se mettre l'autre icône progressiste dans la fouille (ou pas trop se mettre dans son pif), Elizabeth Warren. Avec comme cerise sur le gâteau: à droite comme à gauche, ça critique "Wall Street" et l'élite corporate qui prend tous les gains de productivité et gains de croissance.... Et ces gens, qui financent les campagnes et soutiennent souvent individuellement, surtout à droite (ce qui explique les 22-23 candidats putatifs ou déclarés, qui compliquent la vie des républicains -surtout que nombre d'entre eux sont des clowns- et dont beaucoup dureront dans la campagne, avec un fort niveau de notoriété), un candidat à eux seuls (fait sans précédent, surtout à ce niveau), empêchant de dégager un "candidat utile"..... Mais ces mêmes gens, aussi un fait sans précédent dans l'histoire politique américaine, n'aiment pas qu'on ne les porte pas publiquement aux nues pour les qualifier sans cesse de héros, de "job creators" (terme et concept de propagande des derniers cycles électoraux), et jouent les mijaurées, même s'ils savent pertinemment que ce populisme n'est essentiellement que de façade. L'élite business américaine a historiquement eu le cuir plus épais, se foutant de ce genre de rhétorique comme de sa première Rolls.
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