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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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Israël et voisinage.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de loki dans Politique etrangère / Relations internationales
Oh la vache! j'ai été lire quelques trucs là-dessus.... Moi qui croyais que la propagande à la papa avait essentiellement disparu.... Les abrutis qui postent leurs "articles" là-dessus sont-ils des abrutis sincères, ou de mauvais opérateurs psyops? -
Conflits territoriaux dans la Mer de Chine méridionale
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Henri K. dans Politique etrangère / Relations internationales
Faut pas non plus plaquer un schéma général sur un "moment" passé: qu'un pays et une ou deux générations puissent fournir ce genre d'effort sacrificiel est une chose, qu'ils soient capables par nature de le faire à tout moment en est une toute autre. Et on ne bénéficie pas toujours d'un adversaire aussi incompétent que l'était l'armée chinoise en 1979. La Chine a fait des pas de géant depuis, et les forces vietnamiennes ne sont plus celles de 1979, mais celles d'un régime bien installé (pas forcément très efficace et un peu trop bien installé), endurcies par des décennies de guerre, d'effort et de sacrifice, avec une génération d'officiers aguerris. Il en faut beaucoup plus pour recréer les conditions d'un tel moment. Surtout face à un tel différentiel de capacités. -
[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Pourquoi désolé? Tu relis les 52 pages chaque fois que tu regardes le topic? Faut pas ??? .... Y'a pas de malaise. Surtout avec une série originale qui n'aura jamais assez de pub. -
[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Je crois que je l'avais évoquée plus haut dans le topic, l'été dernier quand elle était sortie: la 2ème saison vient de commencer. Je me suis un peu lassé en cours de 1ère saison, ceci dit. Sinon Strike Back vient de reprendre: la saison 5 longuement délayée.... Au programme pour moi tout à l'heure.... Ou demain. -
Russie et dépendances.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tactac dans Politique etrangère / Relations internationales
Oui, mais je me demande surtout, de mon côté, comment on peut même penser évaluer sérieusement les gains dus essentiellement à l'événement et/ou à ses infrastructures (pour l'après), à moins que l'augmentation soit d'une telle importance qu'on puisse légitimement la leur attribuer. Après ça, il faut encore évaluer quel type d'activités cela favorise majoritairement (l'économie "de casino", de "parcs de loisirs", avec surtout des emplois de courte durée, à faible valeur ajoutée, et un modèle général de "winner takes it all"), et donc quel effet d'entraînement réel cela a pour une économie, locale et/ou nationale. Surtout comparé à d'autres formes d'investissement. Par essence, ce genre d'événements plaît avant tout aux élites: du fric public à s'attribuer (et convertir en bénéfices privés) en grande quantité et dans un court laps de temps, peu d'investissement propre (pour les élites économiques parties prenantes directes et indirectes de l'événement), beaucoup de publicité toute faite (name recognition) mettant d'emblée une partie de l'opinion dans ta fouille, autant pour soutenir la candidature que pour venir et dépenser.... Et des bénéfices essentiellement concentrés en haut, de même que des bénéfices politiques importants: y'a jamais autant de consensus dans un lieu que quand l'argent coule à flots et que tout le monde peut en croquer autour de la table. -
Russie et dépendances.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tactac dans Politique etrangère / Relations internationales
J'en ai pas trouvé. S'il y en a, il faut faire très attention au commanditaire, et il faut qu'il y en ait plusieurs, de commanditaires et organismes différents. Et même là, selon l'époque, ce genre d'étude dépend toujours aussi de certaines hypothèses et assomptions du moment qui sont très souvent revues après coup. La littérature générale dans ce domaine depuis maintenant une bonne quinzaine d'années tend à être assez univoque pour souligner la mauvaise affaire que sont ces événements, bien trop chers pour un impact économique de trop courte durée, et sans réelle monétisation observable du côté "prestige": ça n'a pas fait de Salt Lake City une métropole vibrante, ni changé quoi que ce soit à l'économie d'un Brésil maintenant plombé par des stades géants (200 millions pièce en moyenne) que personne n'utilise (certains sont déjà délabrés), un endettement accru et pas d'effet positif (et la population râlait déjà contre la coupe avant 2014, et pendant). Les Allemands ont peut-être mieux calibré la taille et la nature de ce qu'ils ont bâti pour que l'addition fasse moins mal (mais ils ont aussi un endettement pas piqué des vers, quand on y pense), mais les effets positifs sont aussi à placer dans le registre du fumeux, au mieux: l'Allemagne s'est-elle mise à faire plus de business ou attirer plus de touristes après sa coupe, les installations bâties ont-elle eu un effet de création de richesse particulier que l'Allemagne n'avait pas avant ou n'aurait pas pu avoir pour beaucoup moins cher? Le contraste entre la dépense et l'effet réel se voit nettement moins dans un pays riche et assez homogènement développé, ce qui accroche moins le regard quand on cherche la merde: il faut aller dans les statistiques générales, la comptabilité publique.... Pour commencer à voir quelque chose. Moins marrant que dans le cas de la Grèce, du Brésil.... -
Russie et dépendances.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tactac dans Politique etrangère / Relations internationales
L'hyper-inflation des coûts de ces événements depuis 20-30 ans, JO ou Coupe du Monde, a même clairement fait de ces trucs une très mauvaise affaire, ce qu'on pointé beaucoup d'études depuis maintenant un sacré bout de temps; les seuls pour qui c'est une bonne affaire sont les élites locales qui trouvent ainsi le moyen de lever une manne énorme (essentiellement publique) à se redistribuer entre eux pour confirmer ou réorganiser la formule politique en place, développer les "amitiés" et se faire une bonne part de gâteau aux frais de la princesse. L'effet immédiat sur le PIB est faible, l'effet de long terme nul. Mais le coût reste, de même que souvent l'embarras de ce qui a été bâti, qui trouve rarement un usage ultérieur, en tout cas rarement un à la hauteur de l'investissement. Quand au "prestige", comme dit plus haut, c'est un de ces mots creux servant uniquement dans les campagnes marketing avant l'événement, qui a l'avantage d'être non quantifiable et non décomposable en avantages ou réalités concrètes. C'est plus criant encore pour les JO que pour une Coupe du Monde, étant donné que l'événement se concentre sur une ville et non sur un pays (même si, suivant le régime, le pays peut mettre plus ou moins la main à la poche aussi), qui supporte le coût seule. Mais dans tous les cas, l'économie du lieu et la population ne font pas de bénefs sur l'événement, et gardent l'addition pour longtemps. Pour Sotchi et la coupe du monde 2018, le seul bénéficiaire de la "poudre de fées" de l'événement, c'est censé être Poutine et son pouvoir, pas les lieux des événements, et certainement pas l'économie russe. Pour l'affaire FIFA en cours, il faut rappeler aussi que l'enquête avait commencé bien avant l'attribution des coupes du monde 2018 et 2022, à propos de faits de corruption liés à la coupe du monde 2010 et à l'élection de la FIFA qui suivit, via des actions ayant eu lieu aux USA et dans des banques US: ça sort pas de nulle part, ce genre de trucs. Ca prend des années pour la justice d'un pays de traiter ce genre de cas transnationaux et de réunir des éléments concrets dessus. Le complotisme a deux balles n'y change rien. Perso, je me réjouis que la FIFA soit mise le nez dans sa merde, et je souhaiterais voir l'organisation entière passer à la trappe, et tous ses membres en taule. La seule chose qui me ferait encore plus marrer serait de voir la même chose arriver au CIO dans la foulée. -
[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Pareil, les Wachowskis sont dans leurs délires, qui restent essentiellement les mêmes et qu'on peut retrouver dans leurs autres productions comme Cloud Atlas (très space, mais assez plaisant; mais ce film, on l'aime ou on le déteste, sans juste milieu) ou Jupiter Ascending (une authentique merde), et on rentre dedans ou pas. Mais au final, pour te faire une opinion, pose-toi les questions toujours essentielles: - t'es-tu emmerdé en regardant? - as-tu regardé d'une traite (pauses pipi excusées) ou t'as t-il fallu regarder par morceaux? - as-tu eu envie de regarder l'épisode suivant à chaque fin, ou t'as t-il fallu te forcer (faisant rentrer d'autres logiques dans la décision), ou en tout cas hésiter? - y'a t-il eu besoin pour toi de "compenser" en grignotant/buvant/fumant/bavardant/chattant/surfant (ou tout autre dérivatif possible), plus que de raison? Question subsidiaire, si tu avais regardé la chose au cinoche: aurais-tu eu le syndrôme du mal de cul? Ce sont au final les seules questions: la critique intellectuelle/raisonnée vient après (second effet kisscool), et elle joue son rôle, mais au final, pour reprendre un exemple célèbre, Jaws est complètement con, souvent ridicule et peu crédible, mais si t'es scotché pendant 1h et demie la première fois que tu le vois, Spielberg a fait son boulot. Si en revanche tu n'es pas scotché pendant la grande majorité d'une oeuvre que tu regardes, là tu peux te défouler sur la critique parce que la dite oeuvre a pris un impôt forcé (payé en temps, en émotions négatives, en ennui....) sur ta vie :| . Elle continue à le faire pendant cette critique que tu en fais après coup (perdant plus de temps et de nerfs sur le sujet), mais on n'y peut rien: on a besoin de se défouler. -
[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Je viens de commencer la nouvelle série de Netflix par les frères Wachowski (doit-on dire les frère et soeur maintenant?) et JM Strackzynski (papa de Babylon V), appelée Sense8: vraiment pas mal du tout. Bien réalisée, visuellement riche, intrigante et, malgré le grand nombre de storylines essentiellement séparées (enfin pour l'instant) et évoluant en parallèle, ça se tient bien côté narration, en créant de l'envie plus que de la frustration. Assez dur pourtant, avec 8 personnages vivant aux 4 coins du monde et chacun pris dans leurs histoires et situations très différentes. On s'attache plus à certains qu'à d'autres, c'est inévitable, mais le fil rouge qui les unit est assez solide et sensible pour le spectateur (pas pour les persos) pour donner un sens unifiant à cet apparent cafouillis visuel et narratif. Ce n'est pas exempt de reproches et de déjà vu, les Wachowskis ayant leurs obsessions qu'ils refoutent dans leurs productions, sous une forme ou sous une autre: vous y retrouverez beaucoup de parfums de Matrix même si amenés par des biais et procédés totalement différents: pas d'hyper technologie et de réalité virtuelle cyber implantée, de monde-qui-n'est-pas-ce-qu'on-croit, pas de machines régnant secrètement sur un monde d'illusions, d'humains connectés à un réseau commun.... Et pourtant, d'une autre façon..... Si. De quoi que ça cause? De 8 personnes très différentes, qui se retrouvent soudain brutalement "connectés" mentalement par une femme visiblement si troublée par sa capacité télépathique/télé-empathique qu'elle s'empresse de se suicider sitôt l'acte accompli, son petit copain partant assurer le service après-vente alors même qu'arrivent sur les lieux les méchants agents d'une mystérieuse organisation qu'on suppose très très néfaste; la preuve, le meneur de l'équipe d'intervention a l'air lui aussi de pouvoir entrer dans les esprits, il est narquois et cruel, il a un manteau de cuir, il est chauve et barbichu, et il a des hommes de main. A l'autre bout de la connexion, 8 personnes qui ont toutes leur lot de problèmes, souvent pas piqués des vers (une transexuelle blogueuse militante, un flic de Chicago qui essaie de ne pas prendre son quartier pour Faloujah, un craqueur de coffre berlinois avec son Oedipe, une chef d'entreprise coréenne qui se défoule des malversations de son associé et frère dans des combats pros de MMA, une DJ dépressive ballottée dans un milieu malsain....), et qui commencent à voir l'esprit de chacun des autres se mettre "online" dans leur champ de vision, sans comprendre ce qui se passe, et généralement au mauvais moment. On n'échappe pas à certains clichés, dont certains déjà utilisés dans Matrix avec d'autres méthodes et une autre approche (c'est le parfum de déjà vu.... Celui qui vous prouve que vous êtes dans la Matrice ??? ), et on a un mélange de tropes courantes dans les séries (la nana rachitique qui démolit un poids lourd -dans un combat hyper esthétisé totalement irréaliste au point de l'emmerdant-, les gang bangers de Chicago qui se vivent tragiquement comme un pays en guerre, la transexuelle qui a inévitablement des parents ultra-religieux -genre fanatique- et autoritaires....) qui contrastent avec un angle général de vue plutôt original par rapport à l'ensemble des séries qu'on peut voir, SF et "ovnis audiovisuels" (souvent autoproclamés) inclus. Pas mal de clichés et de facilités sont évités dans le même temps, notamment par la grande diversité des environnements, le fait d'éviter de trop faire comprendre trop vite aux personnages, d'éviter de les rassembler, de ne pas suivre une partition trop évidente.... Y'a un vrai travail d'écriture, il y a BEAUCOUP de moyens, et visiblement, les nouveaux acteurs de l'audiovisuel comme Amazon ou Netflix ne doivent pas avoir les mêmes contraintes que les chaînes de télé (notamment dans le format), et/ou doivent avoir donné plus de libertés à leurs producteurs, parce que les épisodes sont plus longs (et assez inégaux en longueur) et beaucoup moins formatés: on sent moins les passages obligés et les étapes de narration (genre qui vous font dire "il y a encore le temps pour un retournement de situation, et après tout revient dans l'ordre pour le final"). Très rafraîchissant. -
Ah mais je suis entièrement d'accord. Sans m'y connaître assez, je lis et entends depuis des années certains trucs comme par exemple le saupoudrage des TP et TE qui empêche d'avoir des pools de snipers suffisamment concentrés pour la formation continue ou un emploi plus approprié. Mon point ici était plus de demander ce qu'il advient de la capacité de reco/éclairage; risque t-elle d'être supprimée purement et simplement (= perte de capacité, remplacée par quoi? Rien?), ou aussi rassemblée dans un "pool" de plus haut échelon, créant des unités de spécialistes (l'équivalent d'une ou deux compagnies par brigade, un truc comme ça)? Sinon ma remarque narquoise sur la fumette concernait l'allusion à des VBCI T40: souhaitable.... Et peu probable. Mon expertise est faible, mais 40mm, ça sonne plus cher que 25 :'( .
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Et quand on se remet à fumer des normales ;) , ça risque de donner quoi, plutôt? Sinon, en réaction aux commentaires du grand manitou; en quoi la suppression des SRR avait une logique autre que budgétaire? La capacité était (est)-elle supposée disparaître purement et simplement? Une section de reco (ou éclairage, je sais plus où en était la sémantique militaire française, si volatile et mal-sonnante), ça sonne un peu important comme truc....
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Elle est en cale sèche pour 3 ans: sa prochaine croisière sera en 2018. Les Ricains veulent absolument la maintenir à flot et éviter d'en faire un pur bateau musée au sec qui ne navigue jamais (doit plus y avoir beaucoup de pièces d'origine vu le nombre de grandes réfections et liftings qu'elle a eu), l'utilisant pour des parades, des visites, des sorties-écoles.... Jamais de très longue durée, mais bien réelles: c'est après tout encore un navire en commission dans la Navy, avec un équipage issu du service actif (une affectation spéciale et temporaire pour militaires: ce ne sont pas des spécialistes auxquels on donne une appartenance superficielle à la Navy). Je crois que sa dernière sortie en date était en 2014. De toute façon, elle est à Boston, qui est sur le chemin de l'Hermione, donc elles seront dans la même zone d'ici quelques semaines. Je ne sais pas si sa cale sèche est juste en bordure d'eau -ce qui permettrait la photo sympa-, mais le port de Boston (enfin la partie du Charlestown Dockyard où est la Constitution), a plein de vieux trucs à flots. Les ricains ont d'autres vieux gréements, ceci dit. Peut-être que quelque chose est prévu pour faire naviguer des vieilles choses ensembles à cette occasion.... Enfin autrement qu'en foutant Ségolène Royale dessus un petit moment (elle est en Virginie pour l'occasion, apparemment). Je sais pas si Baltimore est sur l'itinéraire de l'Hermione, ceci dit, mais y'a la Constellation, là bas; même si c'est une frégate des années 1850 (soi-disant construite avec des morceaux de l'ancienne Constellation, de la même génération que la Constitution), l'apparence n'est pas trop éloignée d'un navire du XVIIIème, et elle est à flot, même si elle ne navigue pas. Les mettre bord à bord serait sympa.
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Dommage que le dispositif de "tir" soit un petit peu minable question effets :-[ ; sinon, putain d'image!
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Pays baltes
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Wallaby dans Politique etrangère / Relations internationales
Quand même plusieurs problèmes dans cette critique: - comme le dit l'un d'entre eux, la mesure a été réintroduite brutalement, sans débat, sans temps de préparation/transition, pour ainsi dire imposée "d'en haut" de manière assez peu démocratique, et très rapidement, le tout sans un vrai temps de préparation de l'opinion à une "prise de conscience" de la "menace russe". Si le gouvernement avait été intelligent, il aurait pris du temps, peut-être quelques années, pour construire cette idée d'un "ogre russe" visant à écraser le pays. - dans le fil du point précédent, mais plus généralement: la conscription universelle et/ou obligatoire est, historiquement, quelque chose d'assez contre nature et qui se maintient rarement très longtemps à un niveau satisfaisant, des exceptions se créant bien vite et se multipliant, la chose étant mal vécue, le service se détériorant dans une partie plus ou moins grande des forces.... Si en plus il n'y a pas de menace réelle/ressentie nationalement, ou qu'on n'arrive pas à en faire un rite important pour tous, ça risque pas de produire grand-chose d'efficace. La lâcheté n'existe pas: la conscience d'un besoin et d'une obligation commune crée le volontariat, et avec les bonnes mesures, on peut faire de cet état d'esprit initial une culture commune et acceptée. Voyez-vous beaucoup d'ingrédients de ce genre dans cette conscription lituanienne improvisée? Ca sent plus l'envie d'avoir de l'effectif à bon compte, en saupoudrage d'une politique plus axée sur la com anti-russe que profondément axée sur la défense nationale et le patriotisme. Des politiciens de bas étages qui créent des politiques de bas étages; faut pas s'attendre à des résultats de haute volée. - l'article mentionne qu'il s'agit d'un contingent plutôt réduit (3000h évoqués) par rapport aux effectifs de jeunes arrivant chaque année à l'âge militaire (40 000 sujets des 2 sexes chaque année, mais le truc est pire encore puisqu'ils parlent d'un pool des jeunes de 19 à 27 ans, soient 320 000 personnes, ou 160 000 si on parle juste des mecs).... Ce qui veut dire que seulement une fraction d'une classe d'âge sera appelée au service chaque année. Je ne connais pas les critères (apparemment, question profession, y'avait de tout chez les sujets interrogés), mais c'est une recette abominable si on veut obtenir quelque chose d'utile: tirage au sort, sélection selon la profession (avec priorité à ceux qui sont plutôt dans le bas du panier).... Cela revient au même: une partie d'une classe d'âge sera forcée d'aller se khakifier tandis que l'autre partie y échappera; que croyez-vous que ça puisse donner, quand la seule impression qu'on crée chez les "sélectionnés" est qu'ils vont être forcés de faire un truc qu'ils n'ont pas choisi, qu'ils vont perdre X années ou mois quand d'autres ne le feront pas? Il y en aura sûrement qui accepteront parce que leur histoire personnelle et/ou mentalité favorise cette option, qui s'y découvriront ou qui y auront une planche de salut par rapport à une situation sans perspective dans le civil, mais dans des conditions de conscription très inégalitaire et dont on ne sait pas si il ne s'agit pas plus d'une marotte politique qui sera du coup mal financée, j'ai de sérieux doute sur la capacité de la chose à créer de l'enthousiasme et du patriotisme. Surtout qu'il semble s'agir d'un service de 9 mois: qu'est-ce qu'on fait de sérieux avec ça? Alors je trouve qu'avant de traiter tout le monde de lâche, de couille molle ou de djeunz-d'aujourd'hui-tous-des-tapettes-ramollies-par-le-consumérisme-homo-occidental, y'a quand même une situation générale à envisager. La conscription française du XIXème siècle par tirage au sort n'a pas laissé de bons souvenirs ni de bonnes habitudes, et la liste des effets contre-productifs qu'elle a créée (y compris dans la motivation des troupes, la désertion, le rapport de la société à l'armée....) est sans fin. -
[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Désolé si je spoile, mais ça n'arrivera pas: la guerre n'est pas le sujet principal, mais une toile de fond, un motif pour certains personnages, et un "sideshow" pour aider l'intrigue à certains moments. La scène principale est et reste l'Angleterre proprement dite, et le noeud de l'intrigue est une affaire humaine (enfin, y'a principalement des humains dedans) dans l'île elle-même; il s'agit d'une histoire d'individus, et d'une histoire du pays lui-même, sans méta-intrigue mettant l'avenir du monde en question.... Ce qui arrive essentiellement dans les séries US où ils ont besoin de cet enjeu pour se sentir bien dans leur peau et croire qu'ils ont un intérêt particulier. Les Anglais se suffisent plus à eux-mêmes et adorent leur nombril ; du coup, ils le regardent. Donc si la guerre est un ressort d'intrigue fréquent dans la série, elle n'en est pas le pivot, même si elle offre des moments intéressants et, dans la série télé, des visuels impressionnants, tels le système d'alerte et de défense de Mr Norrell autour de l'Angleterre, les méthodes particulières de déséchouage de J Strange, le blocus 2.0 de Brest, les moyens d'observation optique, le suivi des navires français plus pointu que celui d'un satellite, et l'emploi de M. Strange comme arme d'appui de l'armée de Wellington en Espagne (l'important dans l'histoire étant en fait que cette mission longue durée fasse qu'il ne soit PAS en Angleterre pendant un bout de temps.... Compliments de Mr Norrell). -
FRANCE : 5° puissance économique?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de SPARTAN dans Economie et défense
Un détail qu'on sous-estime aussi fréquemment, voire qu'on condamne souvent avec mépris et dégoût: l'infrastructure juridique et administrative, cet ensemble vague et impalpable qu'on n'assimile le plus souvent qu'à cette "bureaucratie" par essence néfaste ??? et inefficace.... Qui est aussi un agent essentiel d'une économie fiable, notamment dans ce petit détail qui fait tourner toute la sphère économique: créer un climat où les factures seront généralement payées, sans avoir besoin d'organiser des conditions de deal invraisemblables ou à renoncer à la plupart des opportunités de business parce qu'aucun niveau minimum de certitude en la matière ne peut exister. Ca semble abstrait? Allez essayer de faire des affaires dans un grand nombre de pays où cette infrastructure est inexistante, limitée ou complètement à la botte d'un Etat fonctionnant de facto en mode féodal (baronnies administratives.... Mais pour ainsi dire au sens propre) ou corrompu (cad une administration sans redondances, systèmes d'inspections croisées....), et revenez en France: vous trouverez une autre saveur au mille-feuille administratif et à la paperasse. Et quand je dis "grand nombre de pays", j'emploie un euphémisme (l'Afrique est à cet égard un cauchemar, en général, et l'Amérique du Sud peut être souvent assez gratinée en la matière), et même des pays considérés comme développés vous surprendront à cet égard (j'ai quelques histoires au Japon qui sont pas piquées des vers). Qui n'a pas eu à faire ses propres factures et à se les faire payer dans le monde réel ne peut pas réellement comprendre. C'est surtout vrai pour les petites et moyennes entreprises, les consultants et professions libérales, et plus encore dans le cas d'étrangers opérant dans un de ces pays; vous êtes face à un local, et/ou à une grande entreprise, ce que vous croyez comme allant de soi devient un chemin de croix, avec une crucifixion à l'arrivée bien souvent (et pas pour la partie débitrice). L'inflation des coûts de justice est d'ailleurs en train subrepticement et lentement de ramener ce genre de fonctionnement dans les pays développés, vous diront les mauvaises langues. Mais pour qu'un tel climat existe, l'investissement est lourd, et la culture à créer par cet effort soutenu est longue à venir. Aucun acteur privé n'aurait la volonté, les moyens ou la capacité de le réaliser, à moins de créer un service hors de prix et réservé à une minorité de business (ce qui est le cas dans certains endroits....), soit rien de nature à créer un climat général. -
[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Je proteste: elle fait pas mal de centimètres, même des dizaines de centimètres..... Mais bon, on compte pas en mètres non plus. Ceci dit, l'est intimidant "l'Autre"; la barque est impressionnée et reste sur le cul. Sinon une série amusante dans un sous-genre très particulier au Royaume Uni, la SF époque napoléonienne, ou heroic fantasy en jabots (j'essaie des noms): Jonathan Strange and Mr Norrell. Tirée d'une série de best sellers éponyme, elle s'attache à un RU essentiellement authentique pendant les guerres napoléoniennes.... A ceci près que la magie y existe. Ou y existait, avant de disparaître pendant 300 ans tout en restant un phénomène admis et légitime (même aux yeux de la religion), jusqu'à ce que -et c'est l'essentiel de l'histoire-, elle réapparaisse à cette période via les deux personnages titres, apparemment prophétisés depuis un bail. L'un est un mage autodidacte, petit homme riche et reclus qui a collectionné l'essentiel de la littérature existante sur le sujet pour se faire son apprentissage. L'autre est un mage "naturel" fils raté d'un grand propriétaire qui n'a rien trouvé à faire de sa vie jusqu'à ce qu'il soit mis de force dans le bain. L'un est un égotiste au comportement refoulé, aspirant à la reconnaissance nationale mais capricieux et voulant se faire supplier, l'autre est un enfant gâté idéaliste. Et toute une faune de personnages étranges ou avides tournoie autour d'eux, dont certains non humains. Avec en toile de fond les conflits napoléoniens, pour lesquels le ministre de la guerre est assez vite convaincu de les employer, étant donné l'atout stratégique qu'ils représentent (même si ce lobbying implique un quasi pacte avec le D.... Avec quelque chose). Plutôt bien menée, vraiment bien financée et très bien mise en scène, cette histoire a son lot d'originalité, évite la plupart des clichés possibles et s'attache à une galerie de personnages intéressants et riches, ayant pour beaucoup leur propre histoire (en plus des 2 personnages principaux). Elle a surtout du caractère, étant donné que le thème principal de l'auteur des romans est d'utiliser le thème de la fantasy pour s'attacher à décrire en profondeur les caractères et mentalités de l'Angleterre de l'époque et de l'Angleterre en général, pour laquelle elle a voulu faire une "légende nationale" (trouvant que l'Ecosse, l'Irlande et le Pays de Galles en ont, mais pas l'Angleterre proprement dite). Du coup, ça a plus de saveur, via les détails, les comportements, les attitudes... Que beaucoup de récits de tous types. Tout en étant fondamentalement divertissant. -
Ah mais je n'ai pas dit le contraire, juste qu'il faut une sacrée chaîne de capacités de toutes sortes pour faire marcher une arme blindée, ne serait-ce qu'une brigade, comme un tout. Du commandement de tous échelons jusqu'à la formation des équipages, en passant par la cohérence de l'ensemble, la maintenance, l'approvisionnement.... Faire marcher un char, ça suppose, outre les facteurs matériels, juste un équipage, qu'on forme et dont on maintient l'entraînement: ça, c'est largement accessible à l'Ukraine actuelle. Faire marcher un peloton, doit pas non plus y avoir de problèmes (employer le peloton correctement, peut-être plus) quoique ça réclame déjà un autre niveau d'entraînement (et de suivi de l'entraînement) pour les équipages et les personnels assurant le soutien (sur base et en campagne). Au-delà, ça commence à réclamer des moyens d'une autre échelle, qui commencent à nécessiter des structures qui fonctionnent bien, dont le financement est assuré au jour J ET pour l'avenir visible, des décideurs de tous échelons qui sont à la fois honnêtes, dédiés à leur tâche et capables de l'assumer (donc un système de sélection, formation et affectation qui marche).... Pour l'emploi de l'arme qu'on en retire, c'est la même chose. Au début de la crise, l'armée ukrainienne ne disait avoir que quelques milliers de soldats en unités, toutes armes confondues, à un niveau acceptable de battle readiness, entraînement, rôdage et appro pris ensembles. Depuis, l'Etat ukrainien a plutôt eu quelques problèmes de gestion et de financements, ainsi que de bordel générique de ses structures; pas vraiment l'environnement rêvé pour faire renaître une arme blindée, très technique et gourmande en moyens, un bébé nécessitant un cadre stable et beaucoup d'attention. Ceci dit, il manque aussi peut-être un autre truc pour que l'Ukraine fasse la guerre blindée.... Un adversaire avec une arme blindée; ça a pas eu l'air d'être trop le cas.
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La faible occurrence de combats de chars/combats blindés en Ukraine n'est-elle pas surtout due à la faiblesse technique des forces en présence? L'arme blindée conçue comme un tout opérationnel, c'est un outil cher et long à développer, nécessitant un haut niveau technique de l'ensemble, une maintenance pointue et un entraînement constant, soit pas vraiment le schéma en vigueur chez les séparatistes, et pas le genre de capacité que l'armée ukrainienne a pu maintenir avant le conflit vu ses problèmes, et certainement pas après la relative désagrégation de ses structures au début de la crise. Résultat, le mix de volontaires/miliciens et conscrits envoyé au combat n'a pas du repartir de zéro, mais pas si loin. En tout cas je vois difficilement comment ils auraient pu recomposer des forces blindées fonctionnelles à un échelon plus élevé que le peloton, pouvant déjà s'estimer heureux de mettre en selle suffisamment d'équipages de chars relativement qualifiés. Depuis, le conflit durant, ça s'est sans doute amélioré, mais c'est plus du bricolage en cours de route qu'autre chose vu la façon dont "fonctionnent" l'Etat ukrainien et ses composantes (dont l'armée).
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Conflits territoriaux dans la Mer de Chine méridionale
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Henri K. dans Politique etrangère / Relations internationales
Et une part ne l'est pas; et franchement, quand on parle de décision de ce niveau (gens et organismes capables de mesurer, compter, anticiper, estimer....), c'est la plus conséquente. Mais même la part subjective a sa réalité légitime, puisqu'elle forme les points de vue, grilles de lecture, opinions, tropismes et préférences; dès lors qu'un grand nombre de gens préfère X à Y, en politique, ça devient une réalité. Ce serait aussi factuel que ridicule si ces tropismes étaient fondés uniquement sur de l'imaginaire, mais ce n'est pas le cas. Ce n'est pas si univoque, pas plus que la trajectoire ascendante d'une Chine qui se trimbale un tas de boulets au pied, dont certains ont une mèche allumée (et son niveau d'expansionnisme dépend autant de problèmes intérieurs que de motifs d'ambition mondiale). Elle n'est pas le béhémoth à l'avance implacable et à la domination inévitable qu'il est facile de présenter, pas plus que les USA ne sont nécessairement cet "empire décadent" sur la défensive. Ca, ce sont des vues génériques et romantiques dont la presse abreuve les ondes, les écrans et le papier pour donner des grilles de lecture plus sentimentales et vendeuses qu'autre chose. Mais le problème des remises en cause d'un statu quo est de savoir jusqu'où on aménage le dit statu quo, et à partir d'où on commence autre chose: c'est tout sauf une science exacte, et les relations internationales sont tout sauf un domaine où l'anticipation est fiable, et où on peut juste se contenter de bouger des curseurs en maintenant l'équilibre général. C'est pour ça que l'attitude de la Chine à cet égard s'apparente de plus en plus à de l'aventurisme, ou à tout le moins à une posture qui tend toujours plus à acculer les autres joueurs régionaux (USA compris) à un nombre toujours plus limité de réactions. Quand la violence reste une option, ça pose problème, surtout quand on prend en compte le facteur Murphy, omniprésent en politique et dans les relations entre Etats: tout ce qui peut merder va merder, toutes les contingences et circonstances fortuites qui peuvent s'imposer s'imposeront, tous les malentendus qui peuvent survenir surviendront, tous les problèmes de communication qui peuvent gripper ou faire foirer une négo arriveront. Bref, quand ce facteur est pris en compte, on remarque que les attitudes consistant à pousser le bouchon toujours un peu plus loin pour obtenir plus, surtout sur beaucoup de fronts et sujets, éliminent aussi toujours plus les coupes-circuits et amortisseurs multiples que des puissances responsables devraient avoir pour priorité de toujours garder. L'Histoire tend à montrer que compter sur le fait que "les guerres ne se déclenchent pas comme ça" (ou les paix armées et tendues, qui amputent le commerce) n'est pas une bonne idée. C'est pas parce que les relations inter-étatiques (surtout quand il y a beaucoup de joueurs) semblent ordonnées et civilisées vues du sol que le chaos n'est pas juste de l'autre côté de la porte; l'attitude consistant à pousser continuellement le plus de pions possibles vers l'avant dans une zone aux limites finies a pour nécessaire conséquence d'acculer ceux d'en face et de restreindre leur marge de manoeuvre. On ne peut avancer en toute sécurité que jusqu'à un certain point, ce qui amène la question: le cas de la Mer de Chine méridionale n'est-il pas déjà au-delà de ce seuil étant donné les ressources que l'endroit couve (et la compétition pour les ressources, elles aussi un tout limité, sinon fini), mais surtout la zone de transit absolument cruciale qu'elle représente (plus de 5 trilliards de dollars par an de marchandises circulent là)? Avoir une Chine contrôlant ce point de passage essentiel n'est pas une option acceptable par les locaux, et les USA ont un bien meilleur CV en ce qui concerne une certaine idée de la liberté des mers: on peut avoir le niveau de cynisme qu'on veut, il n'est que de constater que la partition qu'ils ont joué dans ce domaine est constante et plutôt unique dans l'Histoire. Peut-être changeront-ils, mais c'est pas encore le cas. Pour se souvenir de comment ça marchait avant, faut remonter plus loin, et s'apercevoir que des mers ouvertes comme aujourd'hui, c'est une nouveauté, et pas vraiment dans le code génétique de la plupart des Etats. -
Ca marche pour l'essentiel.... jusqu'à ce qu'un lobby organisé et/ou un groupe plus ou moins permanent de pro-guns décident de mettre la chose sur le plan juridique, soit en intentant une action pour que le précédent soit créé et inscrit dans le marbre, et donc que les FdO aient à faire respecter la loi après sur simple demande, ou non. L'avantage de la chose serait que le débat serait sérieusement mis sur le tapis pour ce qui concerne les commerces, bars et autres établissements privés (hors clubs privés, qui ont plus souvent un droit de définir qui entre et dans quel appareil): vu le soutien que pourraient rassembler les pro-réglementation sur un sujet si spécifique (en l'occurrence, les grandes enseignes de commerce, banques....), une telle action pourrait être de nature à remonter plusieurs niveaux de la justice, voire aller devant la Cour Suprême, qui serait forcée de restatuer sur la teneur du 2ème Amendement. A priori, si ça reste local, la chose est tuée dans l'oeuf avant que ça aille plus loin: le juge local veut la paix avec les commerçants, et la majorité silencieuse fait peser son poids, en l'occurrence appuyé par le lest supplémentaire du bon sens et du besoin de calme dans la vie courante d'une communauté qui se connaît. Dans un tel cas, bye bye les gun nuts, sauf peut-être dans certains comtés spécifiques. Si des organisations plus conséquentes s'en mêlent et que l'affaire se médiatise, tout change, et ça devient moins une affaire locale et plus une guerre sur le 2ème amendement, la constitution, ameuwican fweeeeeedom....
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Conflits territoriaux dans la Mer de Chine méridionale
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Henri K. dans Politique etrangère / Relations internationales
Oui dans l'absolu (et encore peut-on aussi relativiser en comparant la tutelle de l'un ou l'autre des "empires": y'a des carcans moins lourds que d'autres), mais non en ce que le statu quo, ou l'ordre d'aujourd'hui (ou encore "l'harmonie" puisque c'est le terme que vous employez tous deux ironiquement) a un mérite simple: il est un ordre existant. Le "rupture d'harmonie", c'est le chaos. Peut-être déboucherait-il ultimement sur un nouvel ordre acceptable pour tous (j'ai des doutes), mais la phase de transition (aussi appelée "guerre") serait nécessairement terrible, destructrice en soi des avantages dont tous jouissent aujourd'hui dans cette région et qu'ils dévaluent dès lors qu'arrive la mentalité d'en vouloir toujours plus, de pousser l'autre toujours un cran plus loin. Ca peut sembler très objectif, calme et analytique de dire qu'il n'y a qu'à recomposer l'ordre existant, mais c'est juste raisonner sur le papier, sans réellement jauger de la façon dont l'ordre international se recrée quand il est bouleversé, ni du temps que ça prend réellement (c'est tout sauf court, frais et joyeux), ni encore des dégâts profonds que cela crée sur tous les plans (notamment le retour en arrière économique pour beaucoup, parfois irréversible), qui sont autant de nouveaux problèmes structurels -politiques, économiques, commerciaux, sociaux....- créés pour l'avenir. La dernière fois, il a fallu attendre 1945 (symboliquement, en fait plus, si on intègre la décolonisation et autres conséquences) pour retrouver une forme d'ordre international après que le précédent ait volé en éclats en 1914. Et là aussi, il y avait moins de causes économiques/commerciales que de simples desideratas, aspirations marginales et axes de politiques poussés comme "importants" (mais en réalité pas si fondamentaux, ou à tout le moins irréversibles), à l'origine de l'histoire. En l'occurrence, tout le monde a sa part de torts en mer de Chine, mais la Chine est de facto le poids très lourd du lieu, donc nécessairement l'acteur dont les actions sont les plus massives, ont le plus d'effets et de conséquences, et causent le plus d'inquiétude; soit la démonstration par l'exemple que quand on est le plus maousse du coin, on est censé agir différemment si on tient à éviter le bordel, et on est censé tempérer son égoïsme national dans une plus large mesure que les plus petits ("with great power come great responsibilities" pour citer le grand philosophe Spiderman). C'est pas un jugement moral, c'est un fait: celui qui a nettement plus de billes que les autres (voire que les autres combinés) doit avoir une autre attitude s'il veut que les autres continuent à jouer avec lui. Les USA savent mieux la jouer comme ça que les autres, malgré leur montagne d'égoïsme et leur impérialisme soft qui reste une forme d'impérialisme. Et tant qu'ils sont là, ils offrent une alternative aux pays de la zone qui sont pas franchement enthousiastes face à la Chine. Même si les USA étaient aussi affamés, suractifs, omniprésents et unilatéraux que la Chine dans cette région, ils auraient encore un avantage (outre leur avance militaire encore bien réelle): on préfère toujours le tyran de la région d'à côté que celui de la porte à côté. -
Une victoire pour le "Open Carry Movement" dans l'Etat du Texas, qui vient d'autoriser le port d'arme "libre" (ou "ouvert" littéralement, cad porter son arme à la vue de tous, et non cachée selon divers types de modalités (holster sous une veste, généralement avec une autorisation spécifique, ou plus généralement, dans une forme ou une autre de boîte sécurisée) après un long et intense lobbying d'une petite minorité d'activistes (mais de plus en plus soutenue par une bonne partie de la sphère pro-gun) utilisant toutes sortes de tactiques, y compris (pour la partie "au niveau du sol") l'intimidation et le harcèlement, notamment contre certains élus, mais aussi contre des activistes pro-réglementation (je ne dis même pas "anti-flingue".... Ceux-là existent peu médiatiquement). Le Texas rejoint ainsi les 43 Etats autorisant le port ouvert (seuls 5 désormais l'interdisent.... Dont quand même les 4 plus peuplés hors Texas) selon des modalités diverses (type d'armes notamment).... Dont 11 seulement exigent un permis spécifique (quand au niveau de garanties et exigences de ce permis, c'est Etat par Etat). Partout ailleurs, c'est essentiellement libre, sauf quand les circonstances et les lois locales permettent à des communautés, villes ou comtés, de mettre en place quelques bémols (insistance sur le "quelques"), ce qui veut dire essentiellement que n'importe qui, à n'importe quel moment, peut amener un flingue à peu près n'importe où (seuls les tribunaux, bâtiments officiels et quelques lieux spécifiques sont sanctuarisés: les législateurs et personnes en vue vont pas non plus mettre le nez dans ce qu'ils ont chié, non mais!), y compris au bar (alcool et flingues, mélange génial), au jardin d'enfants, à la supérette locale ou au restau. Tiens, je me demande ce qu'il en est pour les banques.... 'Doivent pas laisser faire non plus. SI vous vivez dans un de ces Etats, la question devient: faites-vous confiance en toutes circonstances à votre frère humain que vous ne connaissez pas? Votre sentiment de sécurité, plus qu'ailleurs, dépend de l'état mental et de l'humeur de votre voisin qui n'a pas que son attaché case sous la main. Étonnant quand on pense que la violence armée est une constante aux USA (plus de 12 000 morts par armes à feu par an - quelques 18 000 suicides déduits- sans compter les blessés, traumas....), et que, par ailleurs, le nombre hallucinatoirement élevé de morts par police (la majorité des cas impliquant une personne armée ou suspectée de l'être..... Même si souvent elle n'a pas même essayé d'employer son arme) commence à être cerné et discuté (autour de 450 estimés pour ces 5 premiers mois de 2015, sans compter les blessés); risque pas de faire baisser le réflexe policier de tirer au moindre doute, et l'état de peur souvent paranoïde de la police américaine en raison de ce simple fait.
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[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Le problème de Caterina Sforza, c'est que son personnage à l'écran n'est pas si éloigné de la réalité: lis sa bio, tu verras que pas mal d'épisode (y compris la mort d'un de ses fils) abracadabrants sont en fait réels, ou en tout cas découlent de ce qui en était dit à l'époque (oui, la téléphone arabe peut avoir fait son boulot.... Mais c'est celui de l'époque, pas celui des scénaristes). Tout comme Cesare Borgia, c'était un personnage extrême et puissant, qui a fait et ordonné des trucs hallucinants. La première campagne française d'Italie est il est vrai très mal représentée, même si elle se cantonne à la réalité dans les très grandes lignes: première phase = promenade militaire, tractations fragiles avec le pape, mainmise sur Naples, problèmes à Naples (épidémie), retraite nettement moins aisée. C'est surtout la fin qui est du grand n'importe quoi: les "forces spéciales" de Cesare qui portent des coups invraisemblables (et parce qu'ils ne respectent pas un "code d'honneur" qu'apparemment tout le monde respecterait: débile!), et la bataille de Fornovo qui aurait vu la destruction de l'armée française (alors que, même si la campagne finit sur un échec -perte du butin-, la bataille est un succès tactique français qui coûte cher aux Italiens, pourtant en écrasante supériorité numérique). -
Psychoses,culture, transes, drogues et rock n'roll
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
J'ai utilisé l'exemple plus haut.... Sinon, un exemple de "préparation" avec un peuple éminemment guerrier; à côté, les vikings et leur obsession du Valhalla rempli de vierges (qu'est-ce qu'ils ont tous à promettre des vierges après la mort?), d'alcool et de baston, c'est des tapettes. Les Samnites étaient un peuple avant tout pastoral et semi nomade, n'ayant que peu de sites urbains permanents, dont très peu d'entre eux pouvaient être qualifiés de villes; comme beaucoup de peuples à ce stade de civilisation, ils pratiquent la razzia comme part normale de leur activité comme peuple; comme moins de peuples à ce stade de civilisation, ils sont très organisés, et à grande échelle (en "nations" samnites: Frentani, Hirpi, Carraceni, Caudini...), et leur système militaire l'est aussi. Très martiale, leur société crée ainsi une intense pression sur l'individu pour prouver son mérite et sa vaillance, pour se distinguer, et pousse à une extrême agressivité. Ca veut donc dire que la religion est pleinement partie prenante à l'affaire, comme le système social et politique. Ainsi, voici un exemple de ce qui arrive quand un samnite s'engage dans l'armée (je résume un passage de Tite Live): lors d'une mobilisation, le samnite qui ne se présente pas est condamné. Au milieu du camp où les conscrits se rassemblent, on crée un enclos fermé et couvert par une grande toile, d'environs 60 mètres carrés, où se déroule le cérémonial, qui commence par un sacrifice, probablement humain. Ensuite, le général convoque les soldats par groupe (d'abord les plus distingué -par naissance ou mérite), et chacun entre dans l'enclos pour y trouver une mise en scène très gore, avec les sacrifiés disposés autour, l'autel sanglant au centre, et des centurions délimitant la zone où passent les conscrits; ceux-ci sont amenés de force devant l'autel où on les force, épée sur la gorge, à jurer publiquement qu'il ne révèlerait rien de ce qui se passe sous la tente (comme le Fight Club: c'est un rite de "religion à mystère"), et surtout à prêter un serment "épouvantable" (c'est le terme de Tite Live) faisant risquer la malédiction sur sa famille et sa descendance s'il ne va pas au combat sans discuter, s'il quitte de lui-même le champ de bataille ou s'il ne tue pas le premier des siens qui fuit. Ceux qui refusent de prêter serment sont exécutés devant les autres (et rejoignent ceux qui décorent l'enclos, pour l'édification des groupes suivants). Ajoutons à cela que les Samnites pratiquaient, semble t-il, en tout cas pour leurs élites, le meurtre rituel (d'esclaves, de criminels ou de prisonniers sans doute) comme partie de l'initiation guerrière. Les Spartiates le faisaient aussi à travers la "Krypteia", sorte de police secrète tournée contre les Hilotes, où l'élite des jeunes recrues faisaient un passage: tous les ans, Sparte déclarait symboliquement la guerre aux Hilotes, et ces jeunes recrues allaient en chasser et tuer quelques-uns. Impliquer, de force ou non, dans un "péché" (ou un acte fort) commun, est une très vieille méthode, et bien des exactions, y compris de nos jours dans des armées très réglementées, sont liées cette forme de pression collective et d'implication plus ou moins forcée par la dynamique de groupe. Mais l'impact sur l'individu est certain.