Aller au contenu
Fini la pub... bienvenue à la cagnotte ! ×
AIR-DEFENSE.NET

Tancrède

Members
  • Compteur de contenus

    18 697
  • Inscription

  • Dernière visite

  • Jours gagnés

    166

Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Je n'ai pas regardé en détail les autres cas, mais pour le cas de figure américain, la baisse constante de l'immigration illégale via la frontière sud a bien peu à voir avec la fortification du Rio Grande, et beaucoup plus à voir avec le vieillissement des populations d'Amérique du Sud qui n'ont plus des légions de jeunes, avec le développement de l'économie mexicaine, plus attractive pour les jobs pas/peu qualifiés, et surtout, avec l'attractivité décroissante des USA depuis 2008. Ces 3 facteurs constituent l'essentiel de l'effondrement de l'immigration clandestine aux USA et du solde migratoire négatif avec le Mexique depuis 5 ans. Pour la note, les migrants passant la frontière clandestinement, depuis bien longtemps, représentent une part ridicule de l'immigration illégale aux USA: l'énorme majorité de ceux qui viennent aux USA le font légalement, et s'arrangent pour rester (ils se contentent de ne pas repartir pas à l'expiration de leur visa). Ca a été ainsi depuis trèèèès longtemps, et aucune fortification n'y changera rien. En revanche, les surdépenses pour les dispositifs de contrôle à la frontière sont bien du susucre des élus locaux pour distribuer aux copains, créer de l'emploi localement avec du fric fédéral, et plus généralement, se donner des airs de gros durs qui fait des choses sans grandes dépense de leur Etat, et sans avoir de compte à rendre sur la réalité de l'efficacité du dispositif.
  2. Tu oublies la méthodes russe, avec son importante garde frontière, pour empêcher les migrants chinois de venir en Sibérie..... Grande efficacité, hein? Les seuls pays pour lesquels une forte surveillance des frontières marche pour éviter l'immigration.... Ce sont les pays où personne ne veut aller.
  3. Je rajoute ceci, qui est une impression personnelle, ou en tout cas personnellement formulée: L'Autriche Hongrie pouvait continuer, et même relativement aisément se stabiliser, telle qu'elle était en 1914, pour peu que la guerre n'arrive pas. Son développement économique était largement suffisant, en fait supérieur à la moyenne européenne, mal récupérée des années de la grande dépression de la fin du XIXème et plus entrée en phase de faible croissance et de financiarisation (avec par là un accroissement des inégalités, contrairement à une phase de développement). Comme l'Allemagne willhelminienne, et même plus qu'elle en fait, elle est encore en phase de primo-développement industriel, avec donc une croissance plus forte (même si fondamentalement plusieurs crans derrière en termes de richesse et de puissance industrielle absolue), ce qui facilite grandement un relatif lissage du territoire en terme de développement, donc un apaisement d'une bonne part des contestations internes, via un accès plus équitable aux infrastructures, aux opportunités, à l'éducation.... Le point délicat aurait été une réforme politique, principalement vis-à-vis du pôle tchèque, dont l'intégration à une autre forme de gouvernance ("triple monarchie"? Parlementarisation du régime? Un certain degré de "self government"?) aurait été, sous une forme ou une autre, inévitable, ce que beaucoup alors à Vienne savaient, même si, deuxième grave problème du régime impérial, la trop grande importance de l'aristocratie, sa forme plutôt gérontocratique, constituait un facteur de blocage non négligeable. Le développement économique permettait graduellement cependant à l'Empire de sortir d'un certain immobilisme en faisant surgir une nouvelle élite et une classe moyenne, en aidant l'urbanisation, mais aussi en dégageant des marges de manoeuvre pour l'Etat, qui avait besoin de mobiliser une proportion décroissante de moyens pour assurer le maintien de l'ordre dans les parties non centrales. C'est ce mécanisme que la guerre a enrayé, puis renvoyé en arrière, mettant le régime en face de ses contradictions de nationalités, mais surtout révélant un état de surextension au regard des moyens disponibles et de la politique étrangère choisie. L'empire en paix avait les moyens de son territoire, et pouvait ce faisant espérer réellement l'intégrer (en tout cas l'essentiel) à terme. L'empire dans une guerre majeure et multi-fronts n'en avait pas les moyens: hors des entités centrales (germanique et hongroise), les morceaux se trouvent moins à l'aise dans l'ensemble habsbourgeois, plus sommés de payer (en hommes et en argent, en opportunités et en développement) sans recevoir et sans qu'on leur demande leur avis, sans qu'on leur reconnaisse le droit d'exprimer leur spécificité. La tutelle devient trop lourde, alors même que développement, organisation, éducation et communications ont permis une prise de conscience collective et laissé entrevoir la perspective d'alternatives acceptables (essentiellement des indépendances, plus qu'un autre patron potentiel). J'irais jusqu'à dire que l'Empire aurait pu au mieux se payer le luxe d'une guerre avec la Russie, ou avec l'empire ottoman, ou avec l'Italie (voire avec les deux derniers à la fois), ou encore une combinaison de la Serbie et de l'Italie; mais pas une guerre totale et meurtrière de l'échelle de la 1ère GM. Cette guerre demandait trop de moyens, trop de ressources, posait trop de pressions sur la capacité de l'Etat habsbourgeois. A leur décharge, on peut dire que les Habsbourgs, comme les autres puissances européennes, n'ont pas pu voir et comprendre ce qu'un affrontement généralisé pouvait donner et coûter en 1914. Personne n'a vu venir l'énormité de la nouvelle guerre moderne et le niveau d'engagement et de mobilisation qu'elle demandait. On peut cependant pointer du doigt leur penchant/tradition pour l'expansionnisme, qui créait une surextension fragilisant leur Etat (en étant consommatrice de moyens et créatrice de lignes de fractures internes nombreuses), à un point certes moins visible en temps de paix (et surtout de croissance), mais perceptiblement sensible en temps de mobilisation importante. Le XIXème siècle et ses instabilités étant passé par là, on peut pointer leur responsabilité à cet égard.
  4. Oui, moi aussi je souhaite vivre dans "des temps inintéressants".
  5. Même pas besoin de regarder pour m'exclamer "mais putain elle est toujours aussi conne"! Oui, moi non plus; j'ai cependant l'inavouable sensation, si contraire à nos pulsions humaines, de me dire qu'il y a parfois des problèmes sans solution acceptable.
  6. Comme le dit EOA, on parle bien de l'Autriche-Hongrie: la double monarchie est bien une entité reposant sur ces deux pôles pour contrôler le territoire impérial. Ce n'est pas un empire colonial en territoire continu contrôlé depuis une "métropole" que serait le territoire proprement germanique (l'actuelle Autriche, plus quelques zones, notamment l'est de la Bohême, ce qu'on appelait les Sudètes). Et ce surtout avec la révolution industrielle: les industries de la "1ère révolution industrielle" se développent dans cette partie allemande (et la partie tchèque), et celles de la 2nde le font dans la partie hongroise, qui, déjà importante démographiquement, politiquement et financièrement dans l'empire, devient co-dominante économiquement (notamment par un exceptionnel développement agricole et agro-alimentaire). Le compromis qui crée la double monarchie répondait déjà au poids politique en interne de l'entité hongroise, avant même ce développement. La Hongrie n'est donc pas "perdue", au sens où on parle d'un Empire intégré géo-économiquement: chaque partie est dépendante des autres parties pour ses fournitures et ses débouchés, si bien que l'explosion de l'entité impériale détruit aussi une bonne partie des circuits économiques qui permettaient le développement (monnaie commune, marché unique, circuits commerciaux, filières intégrées....). Les entités qui en résultent doivent, et dans une situation dramatique en plus, essayer de se recomposer économiquement alors même qu'elles essaient de s'inventer politiquement. Si on faisait la somme des PIB des différents Etats et régions de l'ex empire dans les années 20-30, je doute qu'on arriverait à un total approchant même de loin celui du PIB austro-hongrois d'avant 14. La "puissance autrichienne" est perdue parce que ce qu'on voyait depuis toujours comme "l'Autriche", en tant que camp, entité géopolitique européenne, disparaît; le pays qu'est l'Autriche, qui naît à l'issue de la 1ère GM, n'est qu'une région (assez petite en plus) de cette entité, qui garde juste le nom (parce que ça a toujours été le sien géographiquement/culturellement) et l'ex-capitale (ou l'une des ex-capitale, puisque quand l'Empire est devenu une double monarchie, Budapest est aussi devenue co-capitale). Ce qui a disparu en 1918 et que nous appelons par fainéantise la "puissance autrichienne", nous devrions plutôt l'appeler "l'empire des Habsbourgs", ou "la puissance habsbourgeoise", ce qui serait en fait beaucoup plus juste, en référence à cette entité impériale, voire encore en partie féodale. Cette entité a connu bien des évolutions à travers son histoire, même si on se fixe plus sur la période où les Habsbourgs ont commencé à monopoliser le trône du St Empire, par la taille de leurs domaines (qu'ils ont aussi ensuite développés grâce à ce monopole) et leur situation particulière, la place qu'ils sont arrivés à se tailler dans le monde germanique/centre européen. Un trône qui leur sert de multiplicateur de puissance. Quand l'héritage bourguignon ET l"héritage espagnol leur tombe dans l'escarcelle, c'est encore une autre période, donc l'idée qu'on se fait de cette "puissance autrichienne/habsbourgeoise" est plutôt celle qui suit, avec la séparation des deux branches décidées par Charles Quint avant sa mort. Les "Habsbourgs d'Autriche" (comme on nous le fait apprendre à l'école) deviennent réellement cette entité que nous avons à l'esprit, et qui disparaît en 1918. Quand Napoléon dissout le St Empire, l'entité habsbourg est devenue en propre un très gros morceau territorial, et garde son importance dans le monde germanique, mais avec un concurrent désormais: la Prusse telle qu'issue du Congrès de Vienne. C'est la Prusse qui finit par emporter la domination sur le monde germanique, l'Autriche n'étant sans doute plus apte à imposer au XIXème siècle nationaliste son option d'une "grande Allemagne" impériale, soit avec son empire multi-ethnique (ce qui aurait été un nouveau St Empire, essentiellement). Les révoltes nationalistes et sociales, mais surtout la défaite face à la Prusse, ferment définitivement cette option, et forcent à la recomposition interne de l'empire en créant la double monarchie, consacrant la pluri-ethnicité et le pluriculturalisme des instances dirigeantes (jusqu'alors plutôt allemandes, même si c'était devenu intenable).
  7. Combien ça paie? On sait jamais..... En fait, le point de ton argumentation sur lequel on diffère, ou celui que je trouve le plus sujet à discussion, est celui qui concerne le comportement des migrants économiques (on devrait aussi mettre spécifiquement les "réfugiés environnementaux", vu que c'est maintenant devenu un vrai truc massif et désormais constant), qu'ils fuient une économie peu développée, une catastrophe économique donnée (tels qu'en ce moment les Africains de l'ouest, qui font partie du flot actuel), l'absence d'opportunités.... Crois-tu réellement à l'effet dissuasif? pour moi, c'est un peu comme la réputation de l'effet dissuasif de la peine de mort sur les criminels: en théorie ça sonne bien, mais je suis pas sûr qu'on ait jamais vu le truc fonctionner (l'être humain ne pensant pas à un tel terme, et la mentalité criminelle et/ou de nécessité ne répondant pas à ce schéma). Si on parlait de l'émigration d'un pays limitrophe, je dirais peut-être, mais des populations si éloignées, pas toujours éduquées, ou en tout cas informées, je vois mal comment ça marcherait efficacement. Et quand on parle de désespoir, d'absence d'alternatives, on parle aussi de décisions moins rationnelles, y compris si ça implique le coût souvent exorbitant d'une migration: les grandes mafias font après tout des fortunes de masses de migrants ne fuyant pas toujours la plus terrible des situations (des mauvaises situations, oui, voire des trucs vraiment merdiques, mais pas à l'échelle syrienne/cambodgienne). Regarde le cas des migrations d'Amérique centrale vers les USA l'an dernier: ce n'étaient pas des gens fuyant des guerres civiles et une mort certaine (certains d'entre eux seulement le faisaient), mais ils ont quand même risqué le calvaire souvent insoutenable qu'est la traversée du Mexique pour les clandestins (extorsion, viols systématiques, violences débridées....). Tu as lu quelque chose sur ce sujet de ce qui peut influer sur le comportement des migrants potentiels, ou c'est du "gut feeling"? Je garde en mémoire ce qu'on m'a dit sur les éboueurs parisiens originaires d'Afrique centrale, qui transmettaient au pays l'image de la "réussite en France" en même temps que l'argent qu'ils pouvaient renvoyer à la famille, parce qu'ils ne voulaient pas se résoudre à dire, voire à penser eux-mêmes, qu'ils n'étaient pas très satisfaits de leur situation.... Mais ce faisant perpétuant le mythe de la France offrant des opportunités pour tous. Après, autre point de potentielle discussion pour moi dans ton argumentation, c'est le cas plus ou moins séparé (par endroits) des réfugiés, tels que les Syriens en ce moment. Je note que la situation du nombre de réfugiés en ce monde ne va pas en s'améliorant: les chiffres augmentent bien plus vite qu'ils ne peuvent être réduits (retours/stabilisation de temps en temps, et assimilation/intégration dans des pays d'accueil), et qu'outre les guerres civiles et Etats faillis, la réalité du changement climatique et d'occasionnelles catastrophes (typhons.... Mais aussi des trucs comme la crise Ebola l'an dernier) créent de nouvelles vagues de migrants (eux-mêmes porteurs, par leur masse, de déstabilisation des pays traversés/de destination) qui garantissent que les flux actuels ne sont pas une exception, mais indicatifs de la nouvelle règle à venir. Et c'est pourquoi, par les deux points mentionnés, je ré-insiste sur le changement apporté par l'effet de masse et les problèmes que j'ai à envisager des solutions pratiques que je trouve convaincantes. Dans le cas syrien, par exemple, aurait-il été réellement possible de maintenir l'essentiel des réfugiés près de la frontière syrienne, même avec tout le financement voulu pour créer une masse de gigantesques camps aux conditions de vie acceptables? Le Liban et la Jordanie sont débordés, et déjà plutôt fragiles sur ce plan. La Turquie aurait certainement pu faire plus, et être aidée pour faire plus, mais à un moment, faut aussi se rendre compte que la place manque pour des camps qui, quand on parle de telles dimensions, deviennent des grandes villes, et n'offrent aucune activité: pour quelques mois, c'est une chose, mais quand on parle d'années, et surtout d'années sans aucune perspective de fin d'une telle situation..... Incertitude, absence de visibilité et inactivité ne font pas bon ménage. De fait, on peut difficilement reprocher aux pays limitrophes de la Syrie de ne pas pouvoir offrir d'opportunités aux réfugiés, quand nous ne le pouvons pas non plus: offrir assistance et protection est une chose, mais ça ne marche que pour un temps court, à moins de se condamner à payer une telle charge sans arrêt à l'avenir, et de la voir croître exponentiellement..... Et de voir que des populations, passé le moment de crise, supporteront mal de rester dans des camps. Avec toujours le même problème à l'arrivée: il est en l'état impossible d'intégrer de telles masses humaines dans des économies, brutalement ou non. Que ce soit l'économie turque, libanaise ou jordanienne, ou les économies européennes actuelles. C'est là que je vois mal l'entretien même bien financé de grands camps fonctionner comme moyen d'empêcher ou de sérieusement limiter les flux de migrants. Il est bien entendu que ce financement aurait du venir, de la part des Nations Unies en général, et des Européens en particulier (et des riches voisins du Golfe aussi), mais n'est-ce pas juste un pis aller renvoyant le problème à demain matin?
  8. Very good your Majesty, because I am not your official jester . Impressionnant, mais si je comprends bien le problème actuel, et surtout l'évolution des migrations dans le monde, on est face à une perspective de flux constants, croissants et sans réelle date de fin visible, ce qui n'est pas du tout la même chose, et sur le plan de cette réponse "terre à terre", change complètement la donne du problème, si bien que la perspective n'est pas d'avoir 2-3 camps de cette dimension, mais beaucoup plus (si on parle de flots annuels de centaines de milliers), la capacité d'absorption des sociétés européennes/développées n'étant pas extensible à l'infini, et même pas forcément, en l'état, terriblement importantes. On est donc en face de la forte probabilité d'une accumulation incessante de migrants à un rythme insoutenable et dans des proportions qui rendent un encadrement du problème beaucoup plus difficile, voire matériellement impossible, que même ce que tu as pu voir, par simple effet de l'échelle dont il est question, à moins de se mettre à tirer à vue et en masse. Sur le plan technique, à un moment ou un autre, on parle bien de centaines de milliers de personnes ANNUELLEMENT, dont beaucoup sont des réfugiés (cad n'ont pas de perspectives ou possibilités de retour), et pour longtemps. C'est pas un exode d'une ou deux années, mais beaucoup plus. A moins de rétablir la conscription -et ce partout en Europe plutôt que dans la seule France-, rien que le problème de la main d'oeuvre pour faire ce que tu décris semble insurmontable. Tu veux jouer à l'Empire Romain avec moââââ? We are amused ;) ! Immigration/migrations et invasions armées sont difficiles à séparer dans le contexte de l'Empire Romain de cette période (fais-moi la différence entre une migration et une invasion), et s'il y a un affaiblissement (avant tout démographique) de l'empire, il est bien plus relatif qu'absolu, les entités à ses portes aquérant elles-mêmes plus de force (grandes ligues de peuples, stucturation d'entités proto-étatiques, voire étatiques, dans le monde germanique, renaissance perse, multiplication des fronts dans l'espace et le temps, "démocratisation", des méthodes et armements romains....), ce qui met en évidence la surextension de l'Etat romain et rend plus graves les conséquences de ses traditionnels déchirements internes qui reposent en partie sur les divisions de cet espace pour créer des pôles internes de puissances qui se livrent bataille. Pour l'immigration militaire, il est aussi à noter que la "loyauté" que tu évoques n'empêche rien et ne doit en aucun cas être vue comme du patriotisme ou de l'adhésion à une "nationalité" romaine: une bonne partie des armées gothiques de Frédégaire à Andrinople étaient des vétérans de l'armée romaine, qui y avaient fait leur temps de service (à l'époque plus de 20 ans) ou y avaient servi comme numeri (recrutement d'unités mercenaires pour une campagne ou plus), en retirant une grande fierté, et étant sans doute loyaux pendant leur temps de service. Ca n'empêche pas les sentiments, même si le cas d'Andrinople, une migration mal gérée créant du ressentiment, est à spécifier dans les conditions de son déroulement. Mais les conséquences d'Andrinople sont avant tout l'installation durable d'une entité armée, nombreuse, avide et unifiée, en territoire romain, qui change toute la donne politique interne tout en créant un moment de grave faiblesse dont, ironiquement, c'est l'occident qui paiera la facture alors que tout se passe dans la partie orientale. Evidemment, la donne ainsi créée, déjà dure à contrer, est surtout aggravée par les événements qui arrivent 26-27 ans plus tard sur le Rhin (une année de gel au mauvais moment, et hop!), qui portent l'estocade lançant le mécanisme de l'effondrement. Mais là on on retombe sur le sujet avec ça..... C'est par le nombre, les effectifs en question. Un groupe de Goths (pas ceux en noir, cuir et chaînes avec des airs déprimés), même celui de Frédégaire puis Alaric, formant une entité proto-étatique, aurait été gérable, et en fin de compte, destructible et/ou fongible dans l'orbis; jointe à la constance d'autres flux plus ou moins agressifs et souvent simultanés sur toutes les frontières, avec d'occasionnelles poussées massives, plus la constance de l'adversaire perse version sassanide (=Perse 3.0), c'était trop. Et pour la note, Rome n'est pas tombée: la ville elle-même (plus grand chose à cette époque) oui, et avec elle la partie occidentale, mais l'empire romain a continué sans interruption (capitale Constantinople)..... Jusqu'en 1204 (où une alliance franco-vénitienne a un peu merdé et fait une grosse connerie), et plus artificiellement jusqu'en 1453. L'Urbs est tombée, mais pas l'orbis romanus. Yep, notre actuelle conception des flux va en prendre un coup.
  9. On l'oublie toujours, mais l'Autriche avait un accès à la mer avant 1918, et une marine (pas mauvaise d'ailleurs), même si cette ouverture était sur l'Adriatique, soit une mer un peu fermée, en tout cas sur le plan stratégique: un axe fragile, en somme. Et une ouverture limitée par rapport à la dimension essentiellement continentale de l'Empire, qui a limité son expansion coloniale et/ou commerciale dans un monde où avoir un grand poids sur le continent européen ne suffisait plus. Après, les vision de "déclin" sont en grande partie subjective, et le seul point de décider si l'Autriche était un pays "décadent", "en déclin" avant 1914, est assez largement ouvert à interprétation. Déclin relatif en termes de puissance, certainement, mais cela est largement du à l'expansion d'autres puissances bien plus qu'au fait de savoir si l'Autriche était un pays par lui-même déclinant: qu'est-ce que ça veut dire? Une économie qui s'effondre? Des finances qui se cassent la gueule? Les métaux précieux qui quittent le pays? Une armée qui perd en qualité et en quantité? Un niveau d'éducation à la traîne? Une société qui se délite? Des élites qui fuient le pays? Si on prend ces critères comme référence, l'Autriche de 1914 n'allait pas mal du tout, même s'il y avait désormais beaucoup de pays plus puissants ou riches. Certes, son problème dominant était la question des nationalités à cette époque, et re-certes, ce problème nécessitait un certain usage de l'armée (notamment la disposition de ses garnisons) comme source de stabilité intérieure (que la guerre fera voler en éclats) sans qu'il s'agisse pour autant de répression brutale. Mais ce problème n'était pas vraiment insurmontable, surtout si la question tchèque avait pu trouver une solution avant 1914. Il est bien entendu qu'à ce stade, il était fragile, avant tout du fait de la guerre qui multipliait ses problèmes internes, et que tous ses territoires n'étaient pas forcément tenables (notamment la Bosnie-Herzégovine, et, dans le cadre de l'après-guerre tel qu'il s'est déroulé, la Galicie), mais l'essentiel l'était, ou aurait pu l'être. Son autre grande faiblesse était son système social, aristocratique et de classes, multiplié par le facteur ethnique qui aggravait la faiblesse de l'ascenseur social et de l'accès géographique au développement. Problématique, oui, insurmontable? Sans doute pas vu les évolutions politiques internes. La puissance autrichienne est quand même avant tout morte d'un coup extérieur -la guerre- à un moment de grande faiblesse: un coup qui a certes porté sur ses lignes de fracture internes, mais un coup qui a réellement décidé de l'issue, pas précipité un changement qui serait arrivé de toute façon. Donc la puissance autrichienne a en fait plus connu un déclin relatif dans la 2ème moitié du XIXème siècle: en 1914, c'est une puissance moyenne, moins peuplée que l'Allemagne (environs 52 millions d'habitants, contre plus d'une soixantaine) et moins riche dans les matières stratégiques (charbon, fer: c'est une puissance agraire avant tout, et de ce fait moins urbanisée), sans doute aussi plus inégalement développée, mais pas un "homme malade de l'Europe". L'Autriche-Hongrie a juste entrepris une guerre, et par origine une politique extérieure, qu'elle ne pouvait pas se permettre.
  10. C'est vrai que le débat immigration légale/illégale est faussé par les décennies de triche hypocrite des dirigeants, qui ont affiché l'ouverture tout en compliquant de facto toutes les réglementations concernant l'immigration légale, ou, par alternance, prétendu freiner l'immigration tout en ne faisant rien de très significatif mais en continuant la complexification du fonctionnement des processus, au point d'un brouillage complet du système. A l'aune de ce problème, il y a une légitimité des immigrants légaux de se plaindre de l'immigration illégale et de toute la réalité très diverse qu'elle recouvre: le flux est si large que ça leur donne l'impression d'avoir du se conformer à beaucoup de choses, faire beaucoup d'efforts, que d'autres n'ont pas eu à fournir. Critiquer leur attitude serait plus légitime s'il n'y avait qu'un système d'immigration, si le processus légal était universellement imposé et respecté, clair et simple, et sérieusement encadré, ce qui reviendrait à dire qu'il y a un effectif qu'on accepte chaque année (contingenté par pays d'origine ou non), au-delà duquel on met la barrière et on la maintient.... Ce qui reviendrait à devoir publiquement donner un chiffre, chose très peu politique voire sujette à vastes polémiques.
  11. De force forcée, notre manière de concevoir l'économie, le capitalisme, la croissance, la réalité de la création de richesse (ce dont le PIB et son évolution sont toujours moins le reflet).... Va en prendre un bon grand coup sur la gueule dans les décennies à venir, et sans doute aussi notre manière de concevoir l'Etat et la démocratie. Il est aussi logique qu'étrange de voir tout commencer à arriver ensemble pour poser un vrai défi civilisationnel: le changement climatique et les grands problèmes environnementaux (notamment la pollution des océans, le problème de l'eau....) comme révélateur et facteur multiplicateur, s'empilent sur les probables grands mouvements migratoires qui ont commencé depuis un certain temps déjà, aux côtés du seuil qu'a atteint le niveau des inégalités (des richesses et de l'accès aux opportunités), désormais bien plus parasites que créatrices d'émulation, de stimulation et de richesses. Le fait est que le réflexe pavlovien de bunkerisation est aussi futile que contre productif: même s'il était techniquement possible d'empêcher un tel flux de passer à travers les frontières européennes (et d'ailleurs), ça ne changerait rien à la réalité du fait qu'il y a un flux massif de migrants, et qu'il va croître, le cas syrien n'étant en fait que le cas visible en ce moment. Et ce flux massif et grandissant ira toujours quelque part, déstabilisera/changera toujours quelque chose: si des pays sont déstabilisés (surtout des pays fragiles, et surtout s'il y en a beaucoup), ou fragilisés, l'espace de marché sur la planète se réduit, touchant de toute façon même les Etats qui se bunkerisent (si et seulement si c'est réellement possible de le faire efficacement face à ce genre d'échelle de migrations) en restreignant leurs options, leurs débouchés, leurs sources d'approvisionnements (en matériaux et produits qu'ils n'ont pas, en matériaux et produits à bas prix....), leurs possibilités d'échanges (niveau de sécurité des axes commerciaux), en diminuant le nombre de partenaires, en contraignant les attitudes (plus de concurrence pour des ressources et débouchés rendus plus rares que par les seuls effets de raréfaction des ressources et de développement de la concurrence).... Une bunkerisation relative est d'une manière ou d'une autre inévitable, comme tu en donnes les grands axes: la question est moins de savoir exactement quel genre de mesures seront de facto prises, que de savoir s'il sera possible de bien les implémenter, de les faire accepter, et de les inscrire dans un cadre cohérent qui soit effectivement une réaffirmation/pérennisation de l'Etat, et par lui des communautés nationales (des consensus nationaux plutôt) qui garantissent sa stabilité. Qu'il s'agisse des Etats actuels ou de groupes plus larges ou plus réduits, c'est aussi une partie de l'équation. Mais cette équation est maintenant posée effectivement, et non plus annoncée comme depuis 40 ans; à ceci près que l'échéancier est beaucoup plus court que ce qu'on aurait pu prévoir.
  12. Gustav Adolf? Il devait être poméranien (la partie récupérée par la Prusse): ce composé particulier a plutôt des ramifications culturelles suédoises. Mais dis donc, malgache? C'est plus grave encore qu'africain ;) , mon brave Alexis: c'est insulaire (et on les connaît, les gens qui viennent d'une île: sont un peu.....)!!!! M'enfin, t'inquiètes pas trop, ç'aurait pu être pire :P .... Quitte à être insulaire, t'aurais pu avoir des ascendants anglais :-X​ . Hashtag "justdodgedabullet", hashtag "putaincépapasséloin". Seulement la reconduite à la frontière est-elle même une possibilité pratique? Renvoyer un migrant, et surtout un énorme tas de migrants, à quelle frontière? Dans les pays voisins? Ca veut rien dire en Europe, et c'est bien évidemment un tonneau des Danaïdes. Renvoyer dans un pays d'origine quand le pays d'origine est en guerre civile (y'a t-il même un aéroport ou un port encore en état et de taille suffisante où ce soit possible?), c'est souvent de l'illusion quand on parle des nombres dont il est questions actuellement. Ca nous renvoie surtout au seuil limite des capacités ET d'accueil ET de refus d'un pays: on l'a déjà évoqué, mais les capacités pratiques d'accueil de populations réfugiées dans des conditions acceptables et pas trop génératrices de problèmes sont limitées..... Tout comme les capacités de refus de flux de populations (à moins de passer au mitraillage massif, et encore); on devrait se rendre compte dans le débat public qu'on n'a tout simplement jamais été confrontés à un problème de cette échelle; la dernière fois, c'était quand? Les grandes invasions/migrations des IVème-VIème siècles? Allons comparer les notes avec l'Empire romain. Quand les flux de réfugiés deviennent trop importants, ou que les migrants arrivent en masses compactes, il n'y a tout simplement pas de moyens adéquats, qu'on le veuille ou non. Qu'ils passent par la fenêtre ou plus simplement par la porte. L'immigration des années 40 à 70 a bénéficié d'une situation économique exceptionnelle: croissance réellement forte, expansion démographique, période d'investissements forts.... Les Portugais sont arrivés pendant cette période (les Espagnols aussi, mais il y avait déjà eu une première vague avant, arrivée dans des conditions économiques plus difficiles et tombant de ce fait dans le schéma "normal" des populations migrantes), et leur intégration a donc pu trouver les meilleures (ou moins mauvaises) conditions, y compris un meilleur niveau d'acceptation de l'immigration, les mécanismes existant. les réflexes ayant été acquis, une certaine "place" étant définie dans les mentalités (les jobs du bâtiment).... Et le duo Daesh/Bachar, tant qu'on n'y est, n'aurait-il pas un tantinet aussi quelque part dominante dans ces tragédies? Sur un plan plus général, j'essaie plus de me poser les questions pratiques, au sens le plus terre à terre possible: quand on parle des quantités dont il est ici question, ne faut-il pas partir du postulat de base qu'aucune politique, même la plus hostile, n'enrayera ce genre de flot? Quand et où une politique d'endiguement (de "bunkerisation") a t-elle fonctionné, dès lors qu'on ne parle pas de quelques milliers de gens, mais de dizaines ou centaines de milliers, voire de millions? N'est-ce pas se faire de grandes illusions sur les possibilités pratiques réelles d'un Etat, aussi puissant, stable et organisé soit-il? Et dès lors que ce postulat est intégré au raisonnement, que deviennent la plupart des grandes affirmations qui ont cours à peu près partout en Europe (et aux USA) qu'on voit fleurir dans le débat public? "Il faut les renvoyer chez eux", "il faut les renvoyer à la frontière", "il faut les arrêter à la frontière".... Sérieusement? Y'en a qui pensent vraiment que c'est matériellement, logistiquement, une option? Que c'est techniquement faisable, quels que soient les moyens et la volonté qu'on y mette?
  13. J'ai aimé le début de Continuum.... Mais c'est une série qui s'enferme très vite dans son propre trip sans apporter de souffle ou de légèreté (ou des petites routines familières et agréables) pour soulager le pathos surabondant et la vacuité omniprésente, si bien qu'on a l'impression de tourner en rond en la regardant; j'ai lâché en début de saison 3, après m'être bien péniblement forcé au cours de la saison 2. Même Rachel Nichols ne peut à elle seule compenser pour tout le reste. J'espère qu'il y aura bientôt des nouvelles sur une 2ème saison: la série a reçu un bon accueil, mais pas un fabuleux ou un torrent universel d'éloges.
  14. Encore plus parce que, en plus d'être encore très loin de l'élection dans le temps, on est à une période où les esprits ne sont pas en mode "vote", et donc expriment des intentions qu'ils n'auraient pas si le vote était dans un mois ou une semaine (beaucoup de gens tendant à être plus résignés/raisonnables, à vouloir "voter utile"....); ces cotes de popularité actuelles sont plus le reflet des colères, griefs et préférences inavouées/inavouables, des fantasmes, des envies de "leur rentrer dans le lard" (à l'establishment, républicain ou démocrate, à "Washington" en général, aux puissants....). Le côté "dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas".... Et même le côté héritage est commun: l'un a hérité d'une grande fortune et d'un business déjà établi (mais se présente comme un self made man disant merde aux puissants), l'autre a hérité un nom, des réseaux, un business aussi, quoi. Un journaliste américain (Josh Barro, fils de l'économiste du même nom, pour référence) disait l'autre jour, après consultation de la presse européenne sur le sujet Trump (comme quoi il représentait tout ce que le monde déteste chez les ricains), qu'on n'avait pas le droit de critiquer parce qu'on avait le même genre de démagos.... Et de citer en tête Marine LePen, la présentant comme la "Trump française".
  15. Faire attention avec la masse des sondages américains: il faut vraiment examiner à la loupe ce qui est sondé (en plus des habituelles précautions avec les sondages), et savoir ce que cela vaut: par exemple, les scores actuels entre candidats de primaires, outre différents faits qui relativisent leur portée (date des élections encore trop loin pour que l'électorat soit réellement "dedans" et exprime donc autre chose que du feeling....), ne valent rien quand on parle de sondages nationaux. Ce qui compte, ce sont les estimations par Etat, à commencer par les Etats vedettes pour toute primaire ou élection (Iowa et New Hampshire ont encore ce statut avant tous les autres), qui comptent: comme le disent les journalistes, le sondage national est juste l'équivalent d'un concours de beauté, ne reflétant rien.
  16. Ce chiffre de 6 millions de musulmans a quand même été sérieusement démonté depuis un bail, même si c'est celui qui a médiatiquement pris, la réalité étant très en deçà. Surtout qu'une des premières erreurs qui y a mené était de confondre "musulmans" avec le fait d'une personne venant ou ayant un parent venant d'un pays à majorité musulmane. Les Libanais chrétiens sont par exemple englobés comme musulmans dans ce compte, tout comme les autres chrétiens d'orient, les émigrés turcs juifs ou chrétiens (qui ont largement évacué ce pays pourtant jadis plus cosmopolite)....
  17. Si on ajoute tous ceux d'origine ibérique et italienne (censés encore aujourd'hui être les plus nombreux si on prend en compte 3 générations), c'est à se demander si quelqu'un a encore des origines du terroir ??? . Et la diversité, hein? T'en fais quoi de la diversité? Tous les bonnets sont acceptés! Il en faut pour tous les goûts. D'ailleurs je suis pour une autre immigration choisie: que des femmes! On refuse les hommes, on prend que des nanas! De toutes les couleurs et de tous types de raisons d'immigration (réfugiés, regroupement familial....)! Je suis sûr d'avoir l'essentiel de la population masculine, des féministes et des lesbiennes avec moi pour cette nouvelle croisade politique!
  18. Oui, my bad; j'ai pensé l'un et écri l'autre; auto-flagellation, orties fraîches et glaïeuls, puis bain avec des glaçons. J'ai fini hier après un bon binge watching; j'ai vraiment aimé, et la narration est aussi prenante que l'image, même si je peux admettre que ce mode de récit n'est pas fait pour tout le monde. Si le sujet ne n'intéressait pas, je ne suis pas sûr que je serais si fan: il y a quand même beaucoup d'ellipses couvertes par le personnage de Murphy qui joue pour cette occasion le narrateur (très bien écrits, ses morceaux, d'ailleurs), ce qui donne une impression de survol à l'occasion, aux dépends d'une histoire couvrant moins de temps, mais qui ferait elle un récit continu sans besoin de voix off et de changements de scènes et de dates constants (sautant des mois, ou des années). Faut aimer, quoi. Avaient-ils peur de pas pouvoir conclure au moins une partie de l'histoire en cas de non renouvellement de la série? Qui sait? Mais c'est quand même très bien fait, et bien mené: une très bonne production, avec de bons acteurs sans "star" envahissant le paysage et collant son visage aux dépends des personnages. J'ai particulièrement aimé le personnage de l'agent Pena, joué par Pedro Pascal, qu'on avait vu à l'écran pour la dernière fois en train de se faire crever les yeux et exploser le crâne par un géant qu'il avait pourtant dézingué (mais seulement pratiquement.... Tout est dans le "pratiquement").... Fin de l'avant dernière saison de Game of Thrones. Il a l'air d'aller mieux, en tout cas ??? . Et son perso est vraiment iconique, je trouve. En plus, ça m'a fait me repencher sur la Colombie de ces années là, et je vais peut-être lancer une discussion sur le forum dessus: j'avais complètement oublié à quel point le pays était vraiment en guerre à cette époque, avec un bodycount annuel équivalent à la moitié de ce que le conflit au Mexique a fait en 10 ans.
  19. Narcos a été lancé sur Netflix, c'est donc la foire au binge-watching de la première saison: je n'ai vu que le premier épisode pour l'instant. Moyens très conséquents, très gros travail d'authenticité visuelle (aaahhhh, les années 80: y'a le pire.... Et le reste), gros travail de background scénaristique, bons acteurs (que des inconnus, ce qui aide beaucoup) et bonne écriture. Je ne peux pas encore parler de la narration, du tempo et de l'histoire en général: le premier épisode est une sorte de récapitulatif subjectif de l'émergence du Cartel de Medellin et du secteur de la coke en Colombie (qui vient à la base.... D'Argentine, amené par un petit narco chassé par la prise de pouvoir de Pinochet), accompagné d'une présentation d'Escobar, vus par le personnage principal, un agent de la DEA de Miami. Visuellement, l'action est très réaliste: c'est du "qui tache", sans capacités de super héros mal déguisées (donc les délires façon NCIS/Nikita/Person of Interest qui veulent se donner de faux airs réalistes tout en faisant du grand guignol, by bye), avec des balles qui font des vrais dégâts de balles.
  20. On est d'accord: je pointe en fait la nouveauté du thème (la Chine, particulièrement sous l'angle de la relation économique, jusqu'ici plutôt sacro sainte au niveau des débats de grande audience) sur la scène publique américaine. Et le point est de voir si cette introduction est en fait un dépucelage de l'arène publique sur ce thème visiblement porteur (parce qu'il y a une large audience qui a visiblement envie de le voir aborder, à droite comme à gauche), auquel cas ces choses peuvent vite devenir des sujets permanents de discussion dans le débat "de tous les jours" à l'antenne, et non plus seulement le fait d'une sortie occasionnelle. Et je pointe le rôle de Trump en ce que, même s'il a peu de chances d'être le candidat républicain et encore moins d'être président, il a certainement et contre toute attente émergé comme un prescripteur de tendance majeur pour l'électorat républicain, assommant l'establishment du parti et soulignant la haine de la base à l'égard de celui-ci. Donc c'est bien de l'émergence de ce thème comme constante du débat à droite (et, selon d'autres modalités et angles, à gauche) que je parle, pas de sa réalité comme plate-forme de campagne et base de gouvernance pour le très proche futur. Si ça devient désormais une constante du débat public aux USA, voire un thème (même purement rhétorique) de la prochaine campagne, c'est un signe des temps du niveau de populisme de la politique US, en fait proche du son de cloche qu'on voit se généraliser partout en Europe, tous sujets confondus. Plus un rôle de thermomètre de l'aspect général du débat politique, peut-être plus orienté de nouveau (ça va, ça vient) sur le populisme (toujours là, mais à niveau variable), son accès au pouvoir/son influence sur le background motivant les axes généraux de politique, et sur des mouvements plus rassembleurs de monde (bref, le temps des tribuns revient-il un peu?).
  21. Ce sera donc à droite que ça aura commencé aux USA: on en parle depuis des années, et on a pu en voir à l'occasion quelques échantillons qui n'ont jamais réellement pris dans l'opinion publique en tant qu'outil de discours politique "qui marche", mais ça semble désormais être le cas dans la campagne des primaires républicaines. Si le thème du "trop de libre échange", incarné par les attaques sur les grands traités commerciaux, a déjà atteint un premier niveau de vitesse de croisière, et ce à gauche comme à droite, aux USA et en Europe (de façon encore limitée et inégale cependant), dans les ailes populistes des grands partis et des partis plus marginaux, le thème du pointage de doigt de la Chine, surtout économiquement, n'est pas encore devenu une antienne politique. Du moins jusqu'à aujourd'hui. S'ajoutant aux inquiétudes à l'égard des nouveaux degrés d'agressivité dans la gesticulation diplomatique/militaire de la RPC, les malaises économiques généraux et les rancoeurs à l'encontre d'une relation commerciale jugée déséquilibrée et depuis trop longtemps n'avaient jusqu'ici jamais trouvé de réelle incarnation politique dans le discours mainstream, au-delà de quelques occasionnelles imprécations. Mais la campagne des primaires républicaines a changé cela: dans la foulée de Donald Trump, désormais prescripteur officiel des tendances conservatrices (immigration, politique au Moyen Orient....), d'autres candidats, en mal de popularité, stagnants ou au contraire boostés par le premier débat et ayant désormais une cote à la hausse (Carly Fiorina, John Kasich) commencent à taper dans les réserves de résonnance encore vierges de ce thème.... Scott Walker, encore considéré comme un favori sur le long terme, a, par exemple, mis les pieds dans le plat, tapant sur la RPC et son président, en contradiction avec toutes ses positions depuis des années sur le sujet (ultra libre-échangisme, meilleures relations avec la Chine comme axe stratégique, blabla....), allant jusqu'à dénigrer l'invitation de Xi Jinpin à un dîner officiel à la Maison Blanche (le "state dinner" n'est pas juste un dîner entre le président et un chef d'Etat en visite -ça, il y en a beaucoup: c'est une occasion spéciale, avec un protocole précis et un statut officiel.... Il n'y en a même pas forcément un par an) et à la présenter comme une faute d'Obama, cette distinction devant être réservée aux alliés et partenaires selon lui. Du détail me direz-vous, non sans raisons; ce qui m'interpelle, c'est la lente généralisation de ce thème dans le discours de la droite américaine, et ce dans un contexte de campagne, qui peut le faire monter rapidement et l'imposer comme une constante de la scène médiatique/politique désormais. D'une certaine manière, il est dans l'air du temps (et ça fait un bail que les Chinois sont moins tièdes dans l'usage du populisme à doigt pointeur), et c'est un thème sur lequel le populisme, de droite et de gauche (selon des modalités et tons différents), peut reposer, et on peut dire qu'on le sentait arriver depuis un certain temps, voire s'étonner de ne pas l'avoir vu arriver plus tôt, la relation commerciale américano-chinoise (la relation diplomatique étant séparée dans le débat médiatique) ayant plutôt bénéficié de certaines exemptions et pincettes jusqu'ici. En Europe, la même chose est-elle en train d'arriver, même si en ordre dispersé? Est-ce le signe que ces pincettes sont mises au rencart? La période durable de croissance lente/stagnation se prête à ce genre de discours, et le nombre de problèmes commerciaux avec la Chine n'a fait que s'accumuler avec le temps, les diverses scènes politiques occidentales n'ayant pas fait beaucoup pour corriger le tir. On parle depuis longtemps de la réaction occidentale à l'encontre de la Chine: Trump a t-il donné le signal du départ en introduisant franco le sujet (même si via une rhétorique stupide et souvent absurde) dans le "grand débat", forçant la main du consensus en place et de l'establishment sur la nature du débat et le ton qui doit y être dominant, arbitrant les sujets "sérieux" et les autres?
  22. Sur le plan ferroviaire, il faut aussi souligner, plus que les rails eux-mêmes, l'ensemble des problèmes auxquels les Allemands ont été confrontés: - destruction des infrastructures ferroviaires au-delà de seules (et vastes) sections de voies ferrées: ouvrages d'arts, aiguillages, points de ravitaillement, signalisation.... - évacuation d'une grande partie du matériel roulant (wagons, mais surtout locomotives), si bien que le butin allemand en la matière fut ridicule, et en celà de toute façon immensément inférieur à ce que les Allemands avaient anticipé et donc à ce qu'ils avaient prévu dans leurs plans.... Ce qui souligne une planification plutôt limite car fondée sur un voeu pieux dans ce domaine, un truc sur lequel vaut mieux pas compter quand on essaie d'anticiper sérieusement. Cet aspect des choses ressemble vraiment au fait de sortir des chiffres de son cul et essayer de leur donner l'air sérieux ensuite pour se donner un genre - le charbon sur le matériel russe est incompatible avec les locomotives allemandes, et vice versa: tout doit donc venir d'une Allemagne déjà pressurée pour faire marcher sa propre économie Ajoutons que l'état des chemins de fer allemands en 41 n'était pas celui de 1914: sous-investissement chronique, vieillissement dans les professions, matériel insuffisant.... Et du jour au lendemain, il faut envoyer du matos (roulant et d'infrastructure), du charbon et des gens qualifiés en nombre à l'est, pour essayer de donner un peu de mobilité sur un territoire gigantesque, plusieurs fois plus grand que le Vaterland. Et une bonne partie des trains que les Allemands pourront faire circuler sont des locomotives moins puissantes, pour des trains de faible capacité, qui consomment des ressources, nécessitent des efforts, sans avoir l'utilité nécessaire. De ce que j'ai compris, quand il faut rebâtir des voies ferrées, les armées en 14-18 mettaient en place environs 1 à 1,5km de chemin de fer/jour (quand c'était LE truc stratégique, avant que les efforts se partagent plus avec le camion), même si, j'imagine, sur plusieurs axes. Quand on voit les distances du théâtre russe, on peut se poser quelques questions. Côté route, outre le fait qu'il fallait aussi fabriquer/réparer des routes dans une Russie encore faiblement maillée, une part importante du parc automobile était du matos pris aux pays conquis, donc non renouvelable, avec peu ou pas de stocks de pièces détachées (et un inventaire général de l'ensemble des modèles et de leur soutien propre qui devait donner des cauchemars à la maintenance). Pour le parc allemand, je connais mal, mais s'il reposait sur les mêmes principes que leurs armements extrêmement divers et complexes, aux modèes innombrables, ça a pas du non plus être la joie dans ce pays qui était déjà à la base sous-motorisé avant guerre.
  23. Pour les démocrates, il faut noter qu'à part Hillary Clinton (et apparemment, depuis quelques jours, Joe Biden tâte à nouveau le terrain et on se remet à parler de lui comme candidat), aucun n'a de stature nationale: Bernie Sanders a récemment commencé à changer cela et à se tailler une image à l'échelle du pays, mais le travail est encore loin d'être fini, et il devra soutenir la vague de popularité et de foules qu'il a réussi à susciter depuis 1 à 2 mois pendant encore longtemps pour changer la loi des grands nombres, surtout dans les communautés latino et noire, proportionnellement plus localisées dans le sud et l'ouest, où il est moins connu hors des milieux informés politiquement, et des électorats "liberals" et "progressives" (extrêmement blancs). Donc son score cité ici chez les latinos est avant tout du à ce facteur dominant du fait qu'il est peu connu. C'est encore pire pour Chafee qui n'est littéralement connu que dans son Etat et à Washington, et Webb (un type par ailleurs admirable: vétéran extrêmement distingué, auteur de best-seller, ex-sénateur très couillu -a voté contre la guerre d'Irak en 2003- qui n'a jamais cédé à l'électoralisme) qui est virtuellement inconnu hors de son ex circonscription et n'a jamais cherché la publicité facile ou la polémique télégénique. Ca va être la nouvelle version de "j'ai un ami noir" :-[ . S'il continue sur ce genre de rhétorique, lui qui est physiquement incapable d'admettre avoir tort (alors que c'est souvent le cas), de concéder avoir fait une connerie (alors qu'il en fait en permanence), de s'excuser pour les énormités, choses gratuites/infondées et insultes qu'il profère (et il en balance beaucoup), il va vraiment sombrer au moins en image dans le cliché de l'anticlérical qui a son curé, ou l'antisémite qui a son juif.... Avec les latinos, les noirs.... Et en fait tout ce qui ne ressemble pas à un blanc chrétien, si possible de type germanique, qu'il semble préférer sans oser complètement l'avouer, mais en ayant du mal à le cacher. Sinon, fait divers délirant: une présentatrice télé d'une chaîne de Virginie et son cameraman ont été abattus ce matin pendant un reportage, en direct live, par un ex employé de leur chaîne en colère avec ses ex patrons (il apparaît clairement sur les images!). Grande chasse à l'homme en Virginie.
  24. En raison de sa réputation d'implication dans tous les sales coups, petits et grands, de la politique: d'une certaine manière, il en tirait une forme de gloire et une partie de sa popularité, se présentant comme celui qui prétendait moins que les autres être une colombe immaculée et allait mettre les mains dans le cambouis avec moins de faux semblants hypocrites. Un autre de ses surnoms, hérités de sa manière de jouer quand il était footballer à l'université: "the badger", "le blaireau", à ne pas prendre au sens figuré français; en anglais, un tel surnom fait plus référence à la combativité acharnée, à la sauvagerie carnassière, à la manière de combattre "près du sol", de façon sale si besoin est. Son surnom de "the cheat" est à voir à la même aune qu'un autre de ses surnoms de la même époque, Richard "dirty tricks" Nixon, entre autres parce que la masse de réseaux business-politique qu'il avait accumulé s'était établie par le statut de "go to guy" qu'il s'était bâti pour le business, devenant l'intermédiaire majeur entre le parti républicain et un certain nombre d'intérêts: cette puissance politique passait entre autres par le fait qu'il s'était dans le même temps institué comme le go to guy (le mec vers qui on va) des dessous des campagnes politiques républicaines. Cela implique d'être "l'enforcer", soit "l'encaisseur" de contributions et services promis et que beaucoup peuvent être tièdes à payer quand vient le moment, d'être celui qui force la main de tel ou tel (businesses de toutes échelles, soutiens politiques/médiatiques/communautaires/associatifs....) pour apporter son soutien au parti.... Et, dernier aspect de ce rôle dans les campagnes, là où la triche et les sales coups sont particulièrement éminents, c'est l'ensemble de toutes les manoeuvres et moyens pour obtenir une multitude de petits (et moins petits) avantages dans les campagnes électorales (dans le parti et dans les générales), moyens qu'il a su coordonner à l'échelon national pour en faire une force de frappe électorale à part entière: ça va des découpages de circonscriptions aux réglementations locales/étatiques sur les droits et processus de vote (notamment qui peut voter ou pas, combien il y a de bureaux de vote dans une circonscription, où ils sont, combien de temps ils ouvrent et à quelles heures....), de l'espionnage ou du sabotage des campagnes adverses (notamment en y infiltrant ses propres militants, en gâchant des meetings, des campagnes d'affichages, débats ou interviews, saccageant des bureaux de campagne, bloquant les transports de militants ou électeurs....) aux affrontements calculés entre militants, en passant par divers usages qu'on peut faire d'un budget occulte (qu'il avait rassemblé dans des proportions encore rarement vues, et contrôlait) permettant entre autres l'usage discret de professionnels pour divers types de tâches (espionnage/sabotage sophistiqués, corruption pure et simple de candidats adverses ou de journalistes, intimidation par menaces soutenues ou gros bras.....), ce qui se verra dans un certain hôtel et causera la perte ultime de sa présidence, parce qu'il semble qu'outre la nécessité plus ou moins réelle de cet aspect des campagnes électorales (surtout dans un pays si grand et dont la politique est si financée, qui permet donc plus d'options aux politiques), Nixon adorait personnellement cet aspect des choses, comme certaines personnes dans tous les grands partis semblent le faire: ça donne l'impression de faire "le vrai boulot", d'avoir les mains dans le cambouis, d'être au coeur même du secret et des réalités dures....
  25. Surprenant, pas forcément.... Dégradant pour l'espèce humaine en général, et honteux pour eux en particulier, quand même un peu, non? Ou je deviens un peu pointeur de doigts et donnant dans le jugement facile? Quoi, je regarde le Seigneur des Anneaux et des films et séries de super héros, et alors? Pfff, ça n'a rien à voir, d'abord!!!!
×
×
  • Créer...