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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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Conséquences militaires de l'évolution sociétale
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Akhilleus dans Histoire militaire
Un autre changement sociétal dont les effets potentiels peuvent être inquiétants à l'avenir: le ciblage de soldats à domicile par des groupes, groupuscules et sympathisants d'idéologies radicales, surtout en lien avec des conflits extérieurs. La nouveauté réside moins dans le fait lui-même ou dans le risque personnel que peut faire encourir l'uniforme en dehors de zones de guerre, surtout dans des pays stables où le risque est mineur et gérable via de multiples moyens, mais plus dans la disponibilité de l'information et l'aisance et la rapidité avec lesquelles elle peut circuler, facteur qui démultiplie potentiellement les possibilités de frapper une armée par certains belligérants, qu'ils soient étatiques ou non. La systématisation (relative) de l'usage de ce mode d'attaque est évidemment plus dans les cordes et mentalités d'idéologies radicales (le/les tueurs, une fois lancés, ont une espérance de vie/d'activité minime), un Etat constitué (qui peut instrumentaliser de tels outils cependant) ayant plus de contraintes de comportement bien concrètes et des limites à ce qu'il peut exiger de la plupart de ses agents (peu de gens sont prêts à se sacrifier pour la gloire de leur chef de service ou la carrière de leur ministre de tutelle ??? ). La multiplication potentielle d'attaques de "loups solitaires", téléguidées ou non (rôle de l'influence et des mécanismes "d'importation de conflits extérieurs") est un risque de notre temps: difficile à quantifier, ou de savoir si cela peut dépasser le seuil de l'anecdotique, mais même là, l'effet terroriste (impact sur le recrutement et la fidélisation? Sur la confiance dans les institutions pour protéger les soldats et leurs familles à domicile? Beaucoup de "est-ce que ça vaut le coup" peuvent apparaître dans la tête des soldats) peut devenir une constante et jouer son rôle dans l'état des mentalités et du moral d'une armée. Une des conséquences possibles (de longue haleine, je parle pas pour demain matin) serait la constitution de grandes bases plus fermées (justifiées aussi par de nombreuses autres raisons largement évoquées ici et là sur le forum), voire un resserrement de l'identité militaire (dans le genre "citadelle assiégée"), encouragé par les évolutions du recrutement (qui rétrécissent le bassin où puiser), le tout orientant vers des tendances plus ou moins affirmées à la reproduction sociale et à un plus grand clivage armée-nation, soit à l'arrivée, un phénomène de caste qui peut ou non atteindre des seuils inquiétants. Délire? Science fiction? -
Sait-on ce que le haut commandement en Indo disait au politique, pendant les presque 8 années de conflit? C'est en fait là que le bât blesse (ou plutôt qu'on voit si et en quoi il blesse): le manque de volonté politique est une chose (avec ses propres problèmes qui font s'enferrer dans un merdier sans se donner les moyens d'en sortir bien), mais si l'institution militaire, et surtout l'organisation sur place, "vend" des illusions au politique, celui-ci se trouve en partie dédouané, car mal informé et biaisé (par un agent extérieur) dans ses calculs, prévisions, anticipations et raisonnements sur quoi attendre, quoi espérer.... Et quoi viser (et donc convertir en politique concrète). C'est là qu'il faut essayer de revenir vers le sujet et pas se perdre (trop) dans les exemples: de quelle façon, par quels mécanismes et tendances, l'institutions s'est-elle abusée sur la situation? Quels sont les phénomènes et dysfonctionnements qu'on observe qui sont plus à l'oeuvre qu'à l'ordinaire? Comment polluent-ils le processus de décision stratégique (de théâtre), le processus de décision "opératique" et les implémentations tactiques? Donc est-ce la "maladie de la victoire" et ses succédanés divers? La mentalité de l'institution militaire en France en 46-54 est-elle une mentalité de vainqueur enclin à se surestimer, en tout cas face à une armée "non blanche"/du "tiers monde"? Il ne semble pas tellement. La surestimation de ses propres forces, que tu mentionnes comme je l'ai fait plus haut, est un symptôme commun, et elle a tendance à avoir de multiples causes potentielles, ce pourquoi je parle aussi (plutôt) de "maladie de la force" (force réelle ou perçue, comme aujourd'hui l'avantage technologique peut nourrir beaucoup d'illusions). Les mauvais indicateurs (victoires tactiques) sont aussi un très bon point, sur le sujet de "comment évalue t'on la force ou l'avantage" (ici en situation). Mais le point ici serait de savoir ce qui se passe dans les têtes militaires aux échelons supérieurs en Indo: commandement de théâtre, commandements régionaux.... Et comment l'info circule entre eux, et sur quels modes. C'est là que je manque cruellement de données.
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Dans la chronique de Benoît Bihan d'un DSI récent, centrée sur les "cultures stratégiques" des institutions militaires de divers pays, il adresse rapidement celle des forces françaises où la "mentalité héroïque" (par opposition au professionalisme) serait encore trop présente en arrière plan. L'attitude de Piroth est-elle une incarnation de ce genre de problème de mentalité? Dans le style "l'intendance suivra", ou "ça arrivera parce que je vous dis que ça arrivera" (et les contraintes du monde réel peuvent aller se faire foutre). Soit le point où, malgré tout ce que connaît l'officier et toute sa part de savoir-faire et de professionnalisme, passé le cap des analyses, on en arrive malgré tout aux estimations et aux choix instinctifs (parce que tout n'est pas quantifiable, ou en tout cas facilement et rapidement quantifiable), et où le fait de prendre ses désirs pour des réalités prend le pas. Si, dans une institution, le côté "guerrier/héroïque", l'esthétique du métier et de son histoire, la "can do attitude" (souhaitable par ailleurs dans bien des cas) et l'aspect "on peut tout faire, et on le fait quel que soit le coût", sont trop développés, trop prégnants dans la formation et la culture ambiante, c'est ce à quoi on peut aboutir. Entre la charge de la brigade légère ou les fantasmes allemands sur les réalités logistiques pour Barbarossa (ou les possibilités réelles d'une armée pour obtenir un résultat décisif), on a quelques exemples pour travailler: est-ce la maladie de la victoire/de la force, ou un autre problème en soi, plus axé sur les mentalités, le prisme déformant d'un métier qui pense pouvoir plus qu'il ne peut effectuer (entre autre par "provincialisme" intellectuel et mentalité de geek obsessionnel qui fait mépriser toute autre réalité que sa technique)?
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Mort du PDG de Total dans le crash de son jet
Tancrède a répondu à un(e) sujet de chaba dans Aviation de ligne, d'affaire...
Comme souvent dans les grands groupes pétroliers, ce sera celui qui contrôle la branche prospection.... Cad celui qui connaît l'état des réserves réelles (très éloignées de la fiction que sont les chiffres officiels) et contrôle sa diffusion. -
J'entends bien; je parlais plus de le l'attitude des décideurs militaires "opératiques" et tactiques, et surtout, pas en 46, mais en 54. S'ils avaient les mêmes préjugés en 54 et qu'ils étaient encore en place, là, oui, y'a un énorme problème d'attitude et d'intellect qui remet plus profondément en cause l'institution. Par ailleurs, c'est une chose d'avoir un mépris raciste pour un adversaire, n'en est-ce pas une autre de le prendre à la légère et/ou de se surestimer (en bref, les 2 aspects du délire sur une situation militaire)?
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Là, pour cet exemple, je soulèverais deux questions: - le mépris de l'ennemi, jugé "sous développé" et/ou assimilé à des guérilleros à la petite semaine (des "amateurs" jugés par les pros), voire déconsidérés car non européens (l'après 45 a déjà du revoir ça à la baisse).... Est-il encore si valide à ce moment, soit en 54? Y'a eu quelques pépins entretemps, y'a eu De Lattre qui a remis certaines pendules à l'heure, y'a eu le rôle de "sélection naturelle" de tout conflit, et y'a eu le constat que les dits guérilleros étaient déjà souvent mieux équipés que les Français (en artillerie surtout). - le problème ne se situe t-il pas plutôt avant tout au niveau politique: de fait, il n'y a pas de direction de la guerre, pas de stratégie et surtout pas de volonté de mettre les moyens pour obtenir même les résultats limités voulus par le gouvernement du moment (négocier dans de bonnes conditions pour se barrer vite). Une direction politique trop changeante ne serait pas un problème dans le contexte de l'époque (instabilité gouvernementale mais continuité ministérielle) s'il n'y avait pas une profonde division dans la classe politique entre les pro-empires et les antis, avec pour résultat l'absence de décision réelle, et donc d'attribution de moyens en adéquation avec un pôle ou l'autre des politique possible (le départ ordonné ou l'entrée réelle dans le conflit). Je penche plus pour la deuxième solution comme explication majeure: l'absence de volonté, donc de stratégie générale, donc de moyens (matériels, humains, politiques....), donc de stratégie de théâtre. Donc un grand vide, qui ne peut qu'être mal rempli par des généraux sur place qui ont des ambitions, des idées, des défauts et trop peu de moyens et de soutien pour réellement faire quelque chose de durable. Y'a t-il un défaut de généraux voulant faire des "coups" (qui font remarquer, qui font des carrières) plus que "gagner" une guerre qui s'annonce longue (quand bien même les forces du Viet Minh pouvaient être vaincues, il était à ce stade trop enraciné et durable pour ne pas les faire renaître rapidement)? Possible, mais c'est plus le genre de réactions, de système, qui se met en place quand y'a du vide un échelon plus haut et trop peu de moyens. Après, seulement, le mépris de l'adversaire peut jouer, mais, pour aller vite, plutôt à un échelon tactique, pas à un niveau réellement décisif. Je ne saurais absolument pas dire dans quelle mesure il a joué (si quelqu'un sait?), ni quelles fautes importantes il a pu faire commettre, mais je ne pense pas que ce problème (un des symptômes bien réels de la maladie de la force/victoire) ait joué un rôle majeur (cad d'importance stratégique) dans ce conflit. Et Dien Bien Phu était plutôt initialement une bonne idée (au moment de Castor)..... Le problème a été de faire durer la base, sans objectifs et avec des moyens insuffisants, et trop peu de possibilités de la soutenir (et de maintenir le soutien malgré l'attrition éventuelle des moyens d'acheminement). Pourquoi cette procrastination? C'est là que je ne pense pas au mépris de l'adversaire comme facteur déterminant: - surestimation de ses propres forces et de leurs possibilités (cad les moyens d'action de la base, les possibilités de soutien, compte tenu de l'ennemi tel qu'on le voit/connaît)? Sans doute en partie, mais pour moi pas le facteur décisif - ambition d'épauler cette opération par d'autres.... Qui ne se réalisent jamais ou trop peu. - procrastination, guéguerres de la tête militaire du conflit, non décisions, contre-ordres, désaccords donnant lieu à des compromis branlants (des "chameaux" en langage parlementaire, cad des chevaux dessinés par une commission): choix des officiers de terrain inadapté, mauvaise allocation des ressources, délais volontairement mal calculés (pour mettre trop de monde d'accord), prétentions et ambitions des uns et des autres (beaucoup de gens qui promettent ce qu'ils ne peuvent pas tenir).... - encouragement de la procrastination par la non décision au niveau politique: mauvais choix de généraux, consignes vagues, changements d'objectifs constants.... J'ai plus l'impression générale d'un problème de déconnexion entre les neurones commandant au conflit, de trop nombreux non choix à divers échelons. Moins un cas de maladie de victoire/force qu'un cas de refus de décider à plusieurs échelons (ce qui est une autre maladie).... Mais avec, et c'est là qu'est l'intérêt, des effets (du haut vers le bas) réels qui sont des symptômes souvent communs entre ces maladies, sans doute parce qu'une institution, même si pour diverses causes, ne peut produire qu'un nombre limité d'effets (en bien comme en mal). Elle dysfonctionne selon des formes au final limitées en nombre, avant tout parce que ces dysfonctionnements existent à l'état latent (et généralement limités en ampleur) à tout moment, et sont inhérents à une organisation donnée (chacune a ses problème potentiels propres). J'avoue que ce sont ces formes, ces dysfonctionnements, qui m'intéressent dans ce sujet.
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Difficile à dire, étant donné: - l'énorme diversité des situations; la police est un phénomène avant tout local aux USA (Etat, comté, ville) et pouvant avoir différents modes de fonctionnements (un sheriff department est une institution plus ou moins différente d'un police department suivant les Etats). Le niveau fédéral n'a pas trop ces problèmes - la réaction qui s'est désormais installée: le sujet est devenu un objet politique: il a atteint la "masse critique" de ras le bol pour que des organisations de taille, financements et audiences/visibilité suffisants se créent et durent, s'implantant dans la conversation. Le nombre de scandales et de protestations (voire parfois émeutes), et surtout leur fréquence, sont suffisamment devenus parties du paysage politique pour que le sujet ait du poids en interne des partis, et ce plus encore au niveau local/étatique. - les logiques lourdes qui peuvent maintenir en place les dysfonctionnements actuels, voire en développer certains Bref, dans 10 ans, il peut y avoir beaucoup de mieux ET beaucoup de pire qui coexistent, ou plus l'un que l'autre, mais surtout..... Il y aura, et ça c'est certain, des contrastes énormes suivant l'endroit, les ressources disponibles et le débat politique au niveau local et au niveau de l'Etat concerné. Je le sens pas trop bien pour les communautés des Etats bien rouge vif (= républicains) dans le vieux sud (là où les partis républicains sont en fait faits des mêmes groupes et hiérarchies, jadis démocrates, qu'on appelle parfois encore "dixiecrats").
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Regarde 1, 2 et/ou 3 pages plus haut: on a décrit le mécanisme par lequel cette militarisation de la police a commencé dans les années 80, et a explosé dans les années 90 (avec le programme dit "3003"..... Merde, je suis plus sûr du nombre). Le matos militaire est gratos (cadeau fédéral) là où acheter du matos fait pour la police (essentiellement locale aux USA) serait payé plein pot, qui plus est sur le budget de communautés locales dont les ressources n'ont fait que baisser (puisque le "moins d'impôts = plus de croissance" est un credo religieux depuis les années 80) et où de très mauvais réflexes ont été généralisés (politiques systématiques d'abus de contraventions, surtout sur les populations défavorisées, deals avec les consortiums de prisons privées pour "faire du chiffre" en arrestations, chute des financements de l'aide juridique, abus -vu plus haut- des procédés de "civil forfeiture"....) pour se faire du fric.
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Russie et dépendances.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tactac dans Politique etrangère / Relations internationales
La "vraie guerre" (selon la distinction de Clausewitz entre les 2 grandes formes de guerre) repointe son nez à plus grande échelle qu'avant: trop de codification/ritualisation de la guerre entre Etats? Cadre trop contraignant? Incompatibilité croissante entre les intérêts et les contraintes? Réponse aux coûts et risques de destruction trop grands, voire impensables (y compris le "blocage" qu'implique le nucléaire) de la guerre "officielle"? La Russie, comme la Chine (forme de stratégie "intégrale" et de politique extérieure agressive contournant les obstacles) ou les USA (rôle de l'USSOCOM qui explose -avec sa propre diplomatie parallèle-, des services secrets, des frappes de drones et procédures judiciaires secrètes) fournissent divers exemples de réponses, comme les entités non étatiques ayant désormais accès à bien des matériels, canaux d'information et de reconnaissances, méthodes et savoirs-faire jadis plutôt réservés aux Etats. -
Une émeute violente vient d'avoir lieu dans la ville de Keene (New Hampshire), lors de la fête annuelle de la citrouille (ça ne s'invente pas!); pas de contexte socio-économique ou racial particulier; il y a sûrement un contexte, mais il semble plus s'agir de jeunes excités et beurrés, dont les actes ont vraiment dégénéré et impliqué une réaction dure de la police locale, en "full gear". En fait, ma question aux forumeurs vient des images que j'ai vues, où des policiers (plus en tenue SWAT qu'en tenue anti-émeutes, il me semble) étaient équipés de lanceurs de paint ball: j'hallucine un peu, vu que tout pratiquant vous dira que sur un terrain de paintball, on entend 50 fois par heure qu'il faut avoir un masque à tout moment et ne JAMAIS le baisser en cours de partie, parce que dans la tronche, c'est plus que dangereux, et que les histoires d'yeux crevés (réelles et inventées) sont monnaies courantes. Ca semble quand même pas le joujou idéal pour calmer des ados et post ados beurrés (en plus, vous diraient les mauvaises langues aux USA, c'étaient des ados et post ados blancs: double scandale s'il y avait de la casse).
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FRANCE : 5° puissance économique?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de SPARTAN dans Economie et défense
La Hollande, par opposition, a beaucoup construit ces dernières décennies, et acquis des pans de territoire importants sur la mer: à l'échelle du pays, ça a beaucoup joué. Les USA sont difficilement comparables aux cas européens, en raison du gigantisme du pays, de ses grandes "zones vides" et de certaines différences structurelles dans le marché immobilier (principalement la construction en bois et les mécanismes de crédit -souvent trop facile). S'il fallait trouver un moyen de comparer la situation US à l'Europe de façon plus pertinente, il faudrait plus se focaliser sur des portions plus réduites de leur territoire. L'Etat de NY, par exemple, ou le New Jersey, pourraient être utilisés: fortes concentrations urbaines côtières, "hinterland" rural peu densément peuplé (voire vide dans certaines portions), et zones péri urbaines à densités variables. Un facteur nouveau semble aussi émerger depuis un certain temps, dans les pays et/ou zones avec un "hypercentre" (une capitale ou une grande ville particulièrement importante): le volume général de l'achat immobilier de pure spéculation, qui paradoxalement, fait diminuer le taux d'occupation tout en tirant les prix dans ces centres à des hauteurs nouvelles. Le phénomène en soi n'est pas nouveau, la proportion si, et l'un des effets est d'accroître la déconnexion entre les prix du mètre carré et les possibilités d'achat/location de la majorité des locaux. Si on y ajoute des problèmes particuliers, comme l'insuffisante croissance du parc immobilier, et/ou des problèmes de législation/règlementation, plus l'incertitude sur l'avenir (le "facteur psychologique" lié à un marché donné à un moment donné, fondé sur du rationnel et de l'irrationnel avant tout local); on a un portrait. -
Conséquences militaires de l'évolution sociétale
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Akhilleus dans Histoire militaire
Voir Gally dans la rubrique Histoire, ça, ça vaudrait une pétition pour réitérer l'expérience..... Je suis dehors, vous m'attraperez pas .... Les menstruations comme facteur anti-camouflage.... Le déodorant Axe est aussi interdit aux hommes en OPEX? Parce que sinon, c'est comme dans la pub, ça va attirer toutes les nanas du coin et le groupe se fait repérer.... -
FRANCE : 5° puissance économique?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de SPARTAN dans Economie et défense
C'est pas une évidence du tout, loin de là: c'est avant tout un objet politique, ce qui veut dire que tout ce qui est fondé sur la perception, dans un sens ou un autre, est complètement faux et biaisé. Seule l'analyse des données, et surtout en terme de flux, peut donner de vraies indications. Combien partent, combien reviennent, combien arrivent (de l'extérieur)? Combien sont en faux exil (leur imposition part, mais leur activité reste) et se font pincer ou non? Quelle quantité de nouveaux millionnaires se crée chaque année (tombé sur un classement ce matin à la télé américaine, où la France était dans le top 5 mondial pour le nombre de nouveaux millionnaires l'an dernier.... Et ce genre de chiffres, même si vérifié, n'est pas forcément un bon signe pour une économie, contrairement aux raisonnements café du commerce)? Pareil pour les jeunes diplômés et profils de qualification supérieure (mais pas que): combien partent et combien reviennent après un certain temps? C'est un environnement mondial, et c'est ça qui est enseigné dans les écoles de commerce, avec création de passerelles toujours plus nombreuses: le but est d'aller faire un tour ou deux à l'étranger (quelques années, une décennie parfois.... Avec l'inverse aussi vraie pour les étrangers) pour la très grande majorité de l'effectif qui est décrit comme "fuyant la France" (dont, pour la note, particulièrement dans le cas londonien, une part importante sont des profils pas si hauts qui vont taffer quelques temps comme ils peuvent) par ceux qui ont un intérêt politique à le présenter ainsi, ou des certitudes et l'envie de toujours dire que tout fout le camp ma bonne dame. Le tout saupoudré de quelques exemples hauts en couleur pour dire: "c'est que des gens comme ça". Ce sont des phénomènes tout sauf simples à analyser. -
FRANCE : 5° puissance économique?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de SPARTAN dans Economie et défense
Ca dépend de la composition de ton patrimoine et du rapport revenus/patrimoine (et la nature des revenus). A ce niveau, tu as quand même plus de gens capables de correctement calculer ce qu'ils y gagnent ou perdent, même s'il ne faut pas non plus sous estimer le nombre de gens qui partent à cause d'un ressenti et/ou d'une certitude d'être "persécutés"/paralysés.... Et qui sont souvent déçus ailleurs. L'exemple londonien pour les actifs est assez édifiant selon un ami fiscaliste: entre le coût de la vie et la taxation des revenus, il y a souvent beaucoup de désillusions. Mais les certitudes idéologiques ont la vie dure. -
Russie et dépendances.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tactac dans Politique etrangère / Relations internationales
Il n'a pas été "désigné" successeur: il s'est imposé. Ce qui fait la force de Poutine, c'est le réseau qu'il a bâti quand il était dans l'administration de St Petersbourg, qui fut en fait la réunion d'un certain nombres de groupes et réseaux existants séparément (essentiellement un groupe "business", un groupe de barbouzes et un de maffieux, pour aller vite) et dont il était et est resté l'unique courroie de jonction capable d'équilibrer leurs antagonismes internes. C'est ce qui fait son pouvoir, c'est à ces gens là qu'il a distribué les bonbons une fois au pouvoir, et c'est en s'appuyant sur eux, la marge de manoeuvre qu'il a en tant que chef de l'Etat (quoique le fait qu'il centralise de plus en plus semble indiquer qu'il a de moins en moins de marge et essaie d'en radiner plus pour compenser), et la part de bénefs pétroliers, qu'il y reste. Bref, quand il a "été désigné", il était tout sauf une obscur ex-barbouze, il n'avais juste pas d'image publique; si il avait été obscur, il n'aurait pas été désigné. C'est pas des "qualités cachées" ou une "grandeur" repérée par Eltsine dans son quart d'heure de lucidité quotidien, qui l'ont fait désigner. Dans le monde réel, ça marche pas comme ça. Il a bâti le bon levier de pouvoir au bon endroit, à un moment où le bordel des élites russes commençait à atteindre une phase de structuration/concentration. Et c'est le "méta" réseau pétersbourgeois (le sien, donc) qui a été le premier sur les rangs. Eltsine n'a pu qu'entériner. Je doute qu'il ait eu d'autres options. -
Conséquences militaires de l'évolution sociétale
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Akhilleus dans Histoire militaire
J'entends bien, mais Singapour comme contre exemple? La ville est virtuellement en plein emploi, avec un PIB/tête hallucinant, une économie essentiellement tertiarisée (l'hyper spécialisation possible uniquement pour les "petits") et entièrement urbaine, et un effort majeur sur l'éducation qu'une si petite entité (3,3 millions de nationaux) avec tant de fric peut se permettre (et maintenir à volonté, dictature aidant): l'option de trouver beaucoup mieux dans le privé est réelle et, sinon pour tous, du moins pour une écrasante majorité, surtout les hauts profils. Difficile d'y voir une société comparable à des pays de 10 ou 20 millions d'habitants, ou nettement plus. Ils ont plus en commun avec les Luxembourgeois ou les EAU. A noter qu'aux USA, ils ont nettement moins de problèmes de recrutement depuis 2008-2009 et qu'en ce moment, ils sont plutôt dans une phase de "nettoyage" des conneries et dysfonctionnements induits par la politique de recrutement des années 2000 (qui est allée, à un moment, jusqu'à recruter des groupes issus de gangs), comme en témoigne l'explosion des affaires d'agressions sexuelles (cachées jadis, mais il semble bien que le nombre estimé soit lui une nouveauté due aux années récentes). Il est cependant certain que le recrutement et la fidélisation (en fait, la GRH en général) vont devoir avoir de nouveaux fondamentaux, et ne plus être considérés comme la 5ème roue du carrosse où on repose sur des à-prioris stupides, du genre croire que faire des affiches ou spots qui crachent va rameuter des masses de gogos excités: pas spécifique au militaire, cette pensée se trouve aussi dans tout l'univers du marketing et de la com (croire que faire plus ou plus aguicheur obtient par essence plus de résultat, et surtout des résultats à bon compte) où de grandes campagnes de pub sont souvent employées là où un investissement 4 fois plus réduit mais mieux pensé (comme une vraie stratégie, parce que c'est une discipline en soi) peut être nettement plus efficace. Mais dès qu'une équipe de direction méprise une, plusieurs ou toutes les disciplines du marketing et de la com, c'est ce qui arrive. Pareil pour la GRH: y'a des études très intéressantes que j'ai lues, notamment issues de McKinsey et du BCG, sur le sujet, et un cas d'étude récent est l'histoire parallèle de Boeing et Airbus dans les 15-20 ans écoulés (notamment les problèmes de personnel et de recrutement de Boeing à 2-3 moments clés: déménagement de la direction à Chicago, et déménagement d'usines au Texas). L'incompréhension (ou le je m'en foutisme bien camouflé) des hautes sphères, qui coûtent des fortunes sans rien produire, est très documentée et étudiée, même si c'est pas la partie qui fait les gros titres et les cours de bourse. Bref, faire de la GRH le marketing et des forces elles-mêmes le premier vecteur de com serait par exemple dans la logique d'une stratégie d'attractivité bien pensée, en même temps que dans celle d'une nouvelle approche du facteur humain dans l'armée. Quand à savoir s'il y a au moins des gens qui y pensent là où les choses se passent.... A l'heure où tant de sciences des individus, des groupes et des organisations sont désormais des disciplines quantifiées, avec des champs d'applications pratiques connus, maîtrisés et professionnalisés, et des décennies de retours d'expérience, l'armée semble assez immobile sur le sujet (alors qu'à l'origine, elle en a été la pointe, le lieu de naissance). Y'a mille et un moyens de tellement mieux utiliser les ressources et budgets existants pour leur faire cracher tellement de résultats que c'est rageant de voir le gaspillage contre productif dominant. Pour attirer, fidéliser et développer le capital humain entre autres choses. -
Conséquences militaires de l'évolution sociétale
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Akhilleus dans Histoire militaire
Difficile d'en trouver, surtout de réellement fiables (des études et surtout des modèles d'analyse): il faudrait pouvoir réellement évaluer les vocations dans un certain nombre de branches, et quasiment à chaque année d'une adolescence/post adolescence (où ça change beaucoup), et même là, ça serait très partiellement représentatif étant donné que l'armée (et quelques autres professions) ne sont évidemment pas uniquement peuplées de vocations. Je cherche déjà des études fiables sur la composition des armées actuelles en terme de motifs d'engagement, et plus encore de raisons de rester au moins un contrat de plus (voire, dans certaines armées comme aux US, les raisons de faire un contrat "complet" ou d'écourter la période d'active pour aller dans la réserve): vocation du service armé? Vocation de servir la patrie? Tradition familiale? Besoin d'aventure, d'une vie "différente"? Erreur? Besoin de couper les ponts, de fuir quelque chose (la peur de mal tourner par exemple)? Besoin d'une structure de vie très encadrante? besoin d'une "bande"? Besoin de se prouver quelque chose? Besoin d'argent et pas d'autres options? Besoin de violence? Ce dernier point est un sujet controversé: le nombre de gens qui y vont pour, en caricaturant, "pouvoir tuer légalement", voire la part de sociopathes de types et degrés divers -pas de jugement sur l'armée: on estime souvent, par exemple, que jusqu'à la moitié des chirurgiens seraient des sociopathes ou des psychopathes ayant trouvé/développé un exutoire socialement utile/acceptable/valorisé. Pareil pour les politiques ou hauts dirigeants d'entreprise: grande proportion de tels profils (savoir s'ils le sont à la base ou le deviennent en chemin est encore autre chose). Mais je cherche déjà s'il y a des faisceaux d'études à peu près fiables; d'autant plus difficile que les gens mentent, omettent, ne se confient qu'à moitié, voire se mentent à eux-mêmes et/ou ne connaissent qu'une partie des raisons qui les ont amené où ils sont. Mais si on peut quantifier, sur une certaine durée, ces motivations dominantes qui amènent à l'armée, on peut mieux se faire une idée de ce que l'avenir du recrutement réserve. A mon avis, la question des problèmes démographiques de certains pays ne vient qu'après, surtout avec la façon dont les économies "matures" évoluent, qui garantit, au moins jusqu'à un certain point, qu'il y aura une offre pour ces jobs, et une demande d'emploi bien plus importante. La question qui vient après ce point encore est de voir l'évolution de l'attractivité de ces jobs, en termes de "passerelles" et modes de transition pouvant amener plus facilement et en plus grand nombre des volontaires, et de gestion de carrière pour les y faire rester et rendre moins problématique le fait d'entrer et de sortir de ces institutions (cad vulgairement, "rapprocher armée et société civile" dans les aspects pratiques). Et ce point ouvre entre autres sur le fait d'exprimer plutôt un "besoin militaire" dans nombre de métiers et spécialités, plutôt qu'exprimer un besoin de militaires: là je parle moins des spécialités de combat/déploiement que d'une masse de spécialités et fonctions (représentant une certaine proportion de l'effectif demandé) qui peuvent être remplies par d'autres méthodes. -
Conséquences militaires de l'évolution sociétale
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Akhilleus dans Histoire militaire
Avant d'y réfléchir plus avant, je posterais une première remarque; beaucoup dépendra déjà du besoin (réel, "ressenti" par le collectif/le politique); si ce besoin reste dans le voisinage de ce que les forces armées sont actuellement (quelque part entre 200 et 300 000 tout compris), la question risque de n'être pas un gigantesque problème, vu la taille de la population (qui va croître encore, même si la proportion -pas le nombre absolu- des gens en âge de servir va diminuant). Le rapport Population/Population en âge de servir/effectif des forces armées sera plutôt en faveur d'un besoin suffisamment réduit pour ne pas poser trop de problèmes. Renforce aussi cet aspect par toutes les tendances et évolutions lourdes qu'on peut voir: toute évolution entraîne une contre évolution, et aux côtés des individualistes, tu trouveras des patriotes ou "néo patriotes", aux côtés des antisociaux, tu verras se développer des "ultra sociaux", aux côtés des "anti patrie", tu trouveras des ultras de l'autre bord.... Je ne dis pas qu'une seule de ces tendances suffit à faire l'effectif, mais leur cumul en couvre une bonne partie (les petits ruisseaux qui font les grandes rivières, quoi). De même si tu y ajoutes ceux qui "entrerons parce qu'il y a de la lumière" ou qui n'ont pas d'autre alternative (et besoin de manger) et qui "s'y trouveront", d'une manière ou d'une autre. Maintenant si on parle d'une société future capable de se lever en majorité en cas de "patrie en danger".... Peu de chances, c'est sûr. Mais en même temps, en 1792-1794, c'était pas le cas non plus. La conscription universelle, et surtout une qui fonctionne bien, n'est pas vraiment une donne durable dans l'Histoire (c'est plutôt un "moment" exceptionnel qui dure peu). -
Allemagne
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Wallaby dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est à ce moment que les marchés financiers sont plus devenus une agence de paris sur les estimations futures (donc de l'argent qui n'est là que pour ça) et de d'échanges trop rapides (par rapport au temps nécessaire pour un investissement réel) des titres de propriété, plutôt que le lieu de rencontre entre l'offre et la demande de financements. Là où ce qu'on met (par commodité) sous le nom de "spéculation" est devenu la norme plutôt que l'exception/la marge (qui, jusqu'à une certaine proportion des sommes en jeu, avait aussi des effets vertueux: tester un marché, révéler des fautes et contradiction, corriger des rentes de situation contre-productives....). Autres conditions de cette évolution: la concentration (des métiers, des épicentres et des structures) de l'industrie financière, la concentration des personnels l'animant (une "classe financière" très incestueuse, à mentalité unique), l'absence d'alternative et, facteur multiplicateur, le vieillissement des populations occidentales, qui a aiguillé des masses financières conséquentes vers ces acteurs, créant des logiques dominantes différentes.... Et l'Allemagne, surtout via ce dernier point, est dans le peloton de tête du mouvement, où les seniors et leurs intérêts dominent la politique de façon plus radicale qu'ailleurs. -
FRANCE : 5° puissance économique?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de SPARTAN dans Economie et défense
Oui, c'est pas forcément tabou, et ce peut même être salutaire, mais au final, plus que la démographie (à moins qu'on parle de démographies réellement catastrophiques comme en Chine, au Japon, en Allemagne ou en Italie), le problème le plus pointu est celui de la gouvernance de l'organisme. Parmi les fonds de pension "mixtes", CalPERS (le fond des fonctionnaires de Californie et le plus puissant fonds de pension du monde) est peut être le moins mauvais exemple en la matière: pas parfait, loin de là, et subissant/imposant lui aussi les défauts inhérents aux fonds privés, mais en matière de gouvernance et de gestion de long terme, il semble mieux rouler que les autres. Mais il faut bien souligner que c'est un organisme public adoptant les formes du privées: il n'a pas d'actionnaires proprement dits.... Ses dérives potentielles sont donc plus le top management prenant trop de millions ou dizaines de millions (en nature ou en argent) que des actionnaires et une corporate structure se bouffant des centaines de millions ou des milliards et obérant ce faisant le fonctionnement et la stratégie de l'organisme. Avantage propre à Calpers: clientèle de fonctionnaires, "captive" et avec plus de visibilité sur la longueur et la stabilité de carrière. Pas reproductible partout. Autre dérive, identique aux autres: les mauvais investissements et l'état des marchés financiers, difficilement compensables par un "système" quelconque. C'est le risque propre à ce mode d'épargne. Risque d'un fond privé pour l'économie: être un actionnaire vorace aux exigences trop lourdes. C'était le système CalPERS, et ça l'est encore.... Avec cependant un bémol: même avec ses avantages et ses gardes fous plus nombreux, il semble bien qu'il ait donné dans les mêmes défauts que les fonds privés, à savoir jouer au "Ponzi scheme", avec des pensions futures qui, dans les faits, ne sont pas financées. I=S? Pas pour tout le monde. -
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de SPARTAN dans Economie et défense
Ca, c'est un fait, mais la démographie touche différemment les fonds par capitalisation, puisque par essence ils sont moins représentatifs et chassent des clientèles/profils spécifiques, mais surtout parce que, le temps aidant, ils ont toujours une tendance à spécialiser, se différencier, connaître une évolution propre et.... Prioriser leurs clients (qui, qui, qui sera mangé/baisé). La démographie en touche certains, et moins d'autres (voire pas du tout), vu qu'au global, ils ne se concentrent que sur des échantillons de population (et ne se concentrent bien que sur des portions plus réduites encore). Et ils dépensent des sommes disproportionnées simplement pour se disputer un pool limité de clients (des sommes qui ne sont pas reversées aux dits clients quand ils sont retraités, évidemment); moins pour les garder, étant donné que, comme pour une banque, c'est un marché très peu "libéral" (une fois qu'on est dans un fond, c'est dur de sortir). Mais il faut vraiment que la démographie soit TRES problématique pour menacer un système par répartition fondamentalement; il a moins de coûts de fonctionnement de façon structurelle; le problème inhérent au système est ailleurs (gestion politisée évidemment). Au global, tout le monde a les avantages de ses inconvénients, et vice versa, mais quand on parle d'un système, il faut aussi garder à l'esprit qu'on examine le résultat, l'efficacité/la pertinence pour une population entière (censée être le critère de référence si on veut une analyse à l'échelle d'un pays). On ne peut donc pas se concentrer sur un fond par capitalisation précis ou le modèle dans l'abstrait pour dire "c'est mieux".... Par extension, parler d'un "modèle" fondé sur des fonds par capitalisation implique aussi de parler de ce qui peut/doit être fait pour ceux qui ne sont pas acceptés ou très mal traités par les fonds privés: dépense publique ou la "loi du marché" fait la différence en les laissant crever? Parce que l'analyse empirique depuis un siècle tend à montrer qu'ils sont nombreux, ces gens là, et que leur population augmente pour diverses raisons (dysfonctionnements nombreux et importants du système privé, généralement sans appel ou rattrapage pour les blousés, entropie du système public, susceptible de correction.... Le tout étant de les faire :-[ ). -
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de SPARTAN dans Economie et défense
Et il est moins vorace que ceux qui manient les fonds de pensions, et il a plus de garantie d'exister encore à un horizon long, et il a, par essence dans un système par répartition, une meilleure assise démographique (qui est aussi son problème.... Quand la démographie pose problème). Ceci dit, le mécanisme de capitalisation ne peut qu'amener une "tolérance coupable" (voire une complicité active) de l'entité de régulation et du politique: c'est tout simplement trop de pognon concentré. C'est pourquoi il est absurde de vanter le système dans le principe, en le séparant du monde réel dans lequel il existe, à commencer par le fait qu'il est dirigé par des humains (et que si c'est un fond important, on parle, pire encore, d'une grande "corporate structure, d'une intégration dans les marchés financiers, de grands actionnaires....) et qu'il se place nécessairement dans une communauté politique et juridique donnée. Concentration importante de cash, système financier et système politique..... Où est-ce que ça ne produit pas de dysfonctionnements qui ne peuvent que s'aggraver avec le temps? L'encadrement public n'est certes pas parfait, (comme pour le reste: c'est le pire à l'exception de tous les autres), mais il a plus de barrières et de gardes fous que ce qu'on peut voir ailleurs, et les dirigeants ont en moyenne plus peur pour leur mandat que dans une corporate structure où la sanction n'existe que peu, voire pas. -
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de SPARTAN dans Economie et défense
En Allemagne, le cercle est d'autant plus vicieux que les actifs âgés et retraités puisent disproportionnellement pour entretenir ou soutenir/aider leurs enfants et petits-enfants, ceux dont les revenus ont morflé ces 15 dernières années (la coupure en Allemagne est géographique et sectorielle comme ailleurs, mais beaucoup plus générationnelle qu'ailleurs). Quand au débat capitalisation/répartition.... Il suffit de voir la réalité de la grande majorité des fameux fonds de pension américains qui eux fonctionnent comme des "Ponzi schemes" de façon authentique, et là sans les contraintes liées à un organisme public (ni l'assise qui va avec, répartie sur une population entière): les grands actionnaires et la "corporate structure" se sont largement servis ces 30 dernières années et n'entretiennent le mécanisme que via la fuite en avant permanente.... Cad: les rentes ne peuvent être versées (et des rentes bien moindres qu'au temps où elles étaient si vantées.... Bulle financière aidant) que par les contributions des nouveaux entrants et des jeunes actifs (en aucun cas par la "capitalisation" accumulée des retraités, évanouie depuis longtemps). Secret de Polichinelle aux USA, c'est le fabuleux modèle économique de la très grande majorité de ces boîtes qui ont en fait opéré exactement comme les fonds de retraite des grandes entreprises automobiles (et quelques autres secteurs) depuis les années 80, où la direction et le CA puisaient leurs besoins de financement (pour des investissements et placements assez systématiquement mauvais dans ces secteurs; mais hé! C'est dans la maison, donc plus commode d'être juge et partie) et leur beurre dans le fonds de retraite pour annoncer un peu plus tard que les retraites prévues ne pouvaient être versées, voire devaient être carrément supprimées au nom de la survie de l'entreprise et de sa crédibilité (sans qu'eux prennent le moindre coup).... Ce qui fait monter le cours de bourse très fort, presque automatiquement avant que le fond de la décision et de ses raisons soient analysés (comme les licenciements: c'est pas inventé, c'est un fait systématiquement constaté). Ford et GM sont les cas d'écoles, mais il y en a beaucoup d'autres (compagnies d'aviation, aciéries....). Et le cas des dernières années et de la TWA et de sa faillite est un classique récurrent dans les cursus de business schools: dépecé à la loupe, il est aussi écoeurant qu'il est représentatif de la "gestion" des grandes boîtes, particulièrement en ce qui concerne les sujets des fonds de retraite et des processus internes du top management. Le problème est appelé à se développer en Chine, mais le plus lourd commence à passer à grande échelle maintenant, avec la phase de départ à la retraite des premières générations d'enfant unique, qui n'ont pas pu accumuler un capital énorme et n'ont aucun système de retraite, ce qui implique souvent de quitter la grande ville. C'est un problème avec une origine juridique (mais justifiée en partie par le problème démographique chinois qui a présidé à ce dispositif), mais aussi culturelle: l'obligation traditionnelle de soutenir la famille étendue est beaucoup plus vivace en Chine que dans les pays développés (qui se sont éloignés de ce "stade" culturel plus tôt). -
Sauf si les puces vous refilent une maladie.... Ce qu'elles font souvent. Et pour sortir de la métaphore, quelles maladies donnent-elles? Les fausses certitudes, le confortement des élites militaires en place (et leur mode de reproduction) et de leurs habitudes et schémas de pensée, de gestion et de commandement.... Ou comment se perpétuer une bonne petite place au chaud, avec la complicité d'un politique pas vraiment tenu par les résultats et qui ne se donne pas la peine de questionner réellement le militaire, notamment sur le fait de savoir si: - les opérations envisagées sont souhaitables et gagnables - des objectifs réalistes pour les réaliser sont établis et atteignables - des résultats sont obtenus (mesurés notamment par les effets politiques, but de toute opération militaire) - plus pointu: si la façon d'opérer est/a été la bonne, la plus "cost effective".... En bref, savoir si l'opération aurait pu produire d'autres résultats avec une autre pensée/approche et une autre organisation, voire (plus poussé) une autre structure de force et une autre pensée tactique/opératique. Là, ça touche aux certitudes et habitudes d'un microcosme bien établi dans sa place. La position des généraux est donc plus une rente de situation, quoi. Et la seule inquiétude, c'est quand on menace des postes de commandement.
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Petit remontage.... Concrètement, la maladie de la victoire/de la force, comment s'attrape t-elle? Comment se développe t-elle, avant de produire les désastres ou, dans une forme plus "encaissable", les désillusions et dures leçons dont l'Histoire nous fournit une si abondante liste? Comment repérer les symptômes de façon fiable et relativement incontestable (sauf au plus haut niveau politique/administratif)? Y'en a t-il de récurrents? C'est une question rhétorique, mais les lister sous une forme explicite et générique peut être indicatif, utile et/ou intéressant. J'aime le parallèle, dans l'histoire de France, entre la période 1791-1793 et l'été-automne 1914, deux périodes où la leçon fut dure (non qu'en 1791-93, le camp français souffrît d'une quantité exagérée de confiance en soi, vu l'état de l'armée), où il y avait de la profondeur stratégique (les distances, contraintes logistiques, problèmes de l'ennemi, la motivation et le réservoir humain) et où le processus d'adaptation fut rude, corrigeant ou compensant des défauts de longue haleine aussi bien que conjoncturels en un temps records, dont l'élément le plus visible (et "plaisant" à observer) fut le déboulonnage (parfois violent, parfois aveugle et inique) d'une proportion très importante d'officiers généraux (ceux qui incarnent généralement la prétention liée à la maladie de la force, les présomptions absurdes, les illusions idéologiques....). Je vais aller farfouiller pour retrouver les dites proportions; c'est amusant, impressionnant, et même la "purge" prussienne après Iéna-Auerstedt est faiblarde en comparaison. De nos jours, l'évaluation de la battle readiness des unités et des chefs/cellules de commandements de tous échelons est censée fournir un état des lieux permanent et une "grille de notation" de la valeur des forces; tout aussi évidemment, il est aussi difficile d'établir des modes d'évaluation complet d'une chose aussi vaste qu'il est facile pour des armées bureaucratisées d'éviter et/ou de diluer la responsabilité, et de définir des critères d'évaluation plus "commodes" à satisfaire (et qui servent ultérieurement à couvrir son cul en cas de pépin), et surtout conformes à l'idéologie dominante (c'est la part d'auto-intoxication sur sa propre valeur et ses propres certitudes sur le combat et la guerre). Le poisson pourrit toujours par la tête, et la tête en l'occurrence, est formée par l'échelon politique et le haut commandement qui l'informe, mais aussi par l'administration de l'armée qui concentre l'information et la traite (et a ses défauts, ses problèmes et ses ambitions propres à chaque échelon), et en dernier lieu, dans une certaine mesure, par les forces elles-mêmes en tant que milieu (corps constitués et informels, officiers et sous-offs, unités et armes) qui ne sont pas exemptes dans la production d'une certaine image d'elles-mêmes, de certitudes et d'une "culture" ambiante (qui valorise telles choses et en dévalorisent d'autres: des choix d'armes, des choix de types de personnalités, d'orientations de l'outil, de réflexes institutionnels, de boucs émissaires....). Et plus ce milieu est fermé, coupé de certains pans de réalité (société civile, contacts/échanges ouverts avec d'autres forces....), plus l'effet peut être drastique, comme le montre la société militaire française du XIXème siècle, surtout entre 1815 et 1870. Le nationalisme pré-1914 a t-il aussi joué dans le nombrilisme forcené qui empêche d'évaluer correctement la valeur de l'autre et fait surestimer la sienne, déformant le regard du commandement (le présupposé de la doctrine offensive: une hypothétique "supériorité morale"). Alors comment la maladie arrive t-elle? On pourra certes dire que les ingrédients sont toujours là, à tous instants, dans toute armée, à toute époque; OK, mais autant ne rien dire à ce moment. Ce sont des ingrédients de base et des risques potentiels, rien de plus. Comment, par exemple, l'armée française de 1918 perd en quelques années (2, 3, 4 ans maxi) ses capacités et sa compréhension de la guerre? Le manque de pratique à grande échelle joue certainement son rôle (pertes de savoirs-faire des EM de grandes unités et de groupements majeurs/"opératiques", et perte de la réflexion et de la façon de concevoir la guerre -par extension l'armée et ses besoins- qui en découle), de même que les certitudes qui vont avec la victoire dans l'ego de ceux qui l'ont remporté. L'individu vainqueur peut par lui-même sous-estimer les bons facteurs qui l'ont fait gagner, et surestimer les mauvais ou moins bons: on peut même voir ce point à l'oeuvre dans toutes les activités humaines (penser qu'on a réussi tel truc parce qu'on est génial plutôt que parce qu'à tel ou tel moment, on a eu du bol, ou penser qu'on a réussi tel truc grâce au facteur X alors que c'est un petit peu plus le facteur Y qu'on a en fait bien joué). Pas si incroyable quand on examine la mentalité du haut commandement aux XVIIème-XVIIIème siècles en France (et ailleurs), où la mentalité nobiliaire reste dans l'idéologie d'elle-même en s'attribuant des "qualités innées" dont les autres ne disposeraient pas (et justifiant leur maintien aux rangs inférieurs). C'était pas juste de l'égoïsme de caste ou la volonté de restreindre la concurrence pour les hauts postes: ils y croyaient, et ce point justifiait aussi bien l'oligopole du commandement militaire que l'indiscipline des chefs et leur refus de concevoir le métier comme un art autant qu'une science qui doit s'apprendre et se pratiquer longuement, et surtout ne pas se résumer à une mentalité "héroïque/guerrière" ramenant le savoir militaire à la bravoure qui explique, excuse et justifie tout (y compris les échecs, conneries, vols, abus, tricheries, désobéissances, absentéismes, non préparation....). La situation américaine actuelle (et par extension occidentale) les place dans une situation idéale pour bien des aspects et problèmes de cette maladie: l'avantage de l'organisation établie, des moyens et de l'avance technologique (et de sa large diffusion qui donne un "niveau technique moyen" des forces surélevé par rapport aux adversaires rencontrés) ne donne t-il pas un miroir déformant pour l'évaluation et les critères d'évaluation auxquels on choisit de s'astreindre? J'entends par là que si par exemple une brigade américaine est jugée X% plus efficace que tel ou tel adversaire (réel ou potentiel), l'évaluation peut beaucoup errer pour attribuer les raisons de cette supériorité aux forces de la dite brigade ou à l'ensemble interarme et interarmée (sans même parler du contexte géopolitique, politique et local qui préside à l'action, donc à la stratégie qui y mène, premier multiplicateur de forces) qui produit l'effet "victoire". De ces raisons et forces, on déduit des critères et une quantification/notation dans chacun d'eux, que telle unité doit pouvoir remplir pour être estimée prête ou remplissant les petites cases voulues, Les imperfections et insuffisances (toujours difficile de quantifier la réalité dans le meilleur des mondes.... Alors dans celui-là....) peuvent, le temps aidant, devenir un miroir très déformant, surtout quand s'y ajoutent les défauts systémiques d'une organisation: beaucoup de gens qui veulent/doivent remplir les critères, et qui en définissent donc de plus faciles et/ou parlants (pour "vendre le produit" à l'échelon supérieur, influer sur la conception des forces, faire leur carrière, couvrir leur cul), ou influent sur la façon de noter. Le microcosme qui en découle est un ensemble politico-militaire qui, en soit, tend à produire ce qui l'arrange (dans une mesure plus ou moins large selon le cas) dans le seul univers de référence qui importe pour lui: celui des administrations et arènes "centrales", où se décident les carrières, où se choisissent les officiers généraux, où s'affrontent les clans. Mais dans une autre mesure, jusqu'au plus bas échelon, de tels facteurs jouent aussi (culture/ambiance dans les forces, mentalités de spécialistes, entrismes divers.... Sont autant de prismes déformants pour le regard). Quels mécanismes peuvent les rappeler vers la réalité, les forcer à ne pas trop la perdre de vue? A part, évidemment, la grande baffe d'un conflit majeur qui commence mal, ou "l'homme providentiel" (ou le petit groupe) qui, à un moment donné et sans contexte de contrainte absolue, produit de bonnes tendances (ça arrive).... Le système de carrière des cadres (officiers et sous-offs)? Le système de formation? Le "niveau" de patriotisme à un moment donné? L'ouverture de la réflexion de l'organisation (notamment éviter trop de cloisonnement et avoir une place -avec pouvoir de décision/d'influence- pour d'autres profils, notamment des civils)? La concurrence "structurelle" (cad obligée, faisant partie du fonctionnement des forces, de façon fréquente) avec d'autres armées (comme ce qu'est en théorie l'OTAN ou tout autre partenariat approfondi?