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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Et là tu es déjà en train de faire du tri sélectif: quel que soit le discours politique ambiant, il est différent de ce qui fait voter/bouger les populations, surtout quand on parle des formes et des codes du discours, dont apparemment -et non, c'est jamais bien, pas de problème là-dessus- pointer Israël du doigt fait partie.... Parce que l'essentiel des Iraniens ne se lève pas le matin en pointant du doigt ton pays, et ne vote pas à ce propos. Mais quand tu as ton premier ministre (et vraiment pas que lui et pas que sa faction politique), cad quelqu'un au pouvoir, qui cache à peine qu'il fait pression pour une campagne de bombardement, là tu ne parles plus que des formes du discours en Israël et des nuances de discours entre les différentes factions. Vu de l'extérieur, les nuances des différentes factions comptent peu. Inciter à bombarder l'Iran, c'est de fait prendre position contre l'Iran, ce que le peuple iranien, et quelques portions plus nerveuses/radicales en particulier, a peu de chances de prendre autrement.
  2. Ben alors pourquoi en faire un plat? Un démagogue sert la sousoupe à un auditoire particulier, l'auditoire particulier répond comme attendu et ça va pas plus loin au niveau international qu'une bagarre de trolls par interviews et talk shows (l'équivalent politique d'un forum de discussion). C'est pas ce dont Netahnyaou donnait l'impression dans ses tournées aux USA, condamnant assez ouvertement toute discussion avec l'Iran et cachant à peine et très mal que les Iraniens ne comprendraient que la force. Avec McCain et Graham pour faire caisse de résonance, il plaidait quasi ouvertement pour une campagne de bombardement.
  3. Ca te choque peut-être moins parce que ça fait partie du ton de discours dans ton pays (on s'habitue à quasiment n'importe quoi quand ça fait partie du paysage), mais le discours de certaines factions en Israël est tout aussi agressif et choquant pour d'autres (ne serait-ce que sur quoi faire contre l'Iran, discours non limité aux factions les plus droitières). Mais le point est surtout que le discours dans les démocraties de type libéral a une tendance certaine à une forme ou une autre d'angélisme, sans pour autant que ça reflète la réalité de l'attitude et de la politique menée, ce qui est souvent perçu ailleurs comme d'une hypocrisie énervante. Sans compter que la façon de présenter le discours même d'un clown comme Ahmadinejad est souvent caricaturée hors d'Iran: le plat principal de la majorité de ses discours ne concernait pas Israël ou les USA ou l'occident (le plat principal, comme d'hab, c'est parler à son électorat de lui-même et de son pays), ce genre de diatribes était plutôt l'entrée ou le dessert, soit une mise en valeur, un "passage obligé" pour garder un "style", rester dans la même verve, voire à l'occasion désigner un exutoire pour que tout le monde dans son audience gueule en même temps un bon coup, et surtout faire du buzz (national et international), ce qui était au final l'un des seuls moyens pour ce connard de rester dans la course, d'être un personnage "qui marque" dans les médias. D'autant plus facile quand, en tant que président iranien, on n'a pas vraiment LE pouvoir (celui qui ne l'a pas peut toujours plus se permettre d'agir en gamin irresponsable et de jouer les passions).
  4. Je n'occulte rien du tout, justement: je pointe que le genre de discours auquel tu fais référence, des deux côtés, ne vise que très rarement et très peu les audiences auxquelles il prétend s'adresser, et qu'il a rarement pour but les grands concepts qu'il met en avant. Un Peres disant que les Iraniens ne sont pas des ennemis parle pour l'audience internationale (plus particulièrement les USA) et/ou pour de la consommation politique intérieure, avec pour seul but de faire du bruit dans le cadre d'une politique d'image où Israël est par nature le gentil contre des grands méchants fondamentalistes haineux. Un Ahmadinejad balançant ses diatribes a plus de chances de s'adresser à sa base à qui il sert en fait sa rhétorique habituelle pour la garder avec lui, et conforter sa position dans son pays (ou la défendre), dans le cadre d'une politique là aussi d'image visant à se montrer en chef "fort" qui "dit les choses" et ne se laisse pas manipuler par les vieux barbus ou par "l'étranger". C'est de l'agitation, ça ne vise pas à être suivi d'une politique de guerre, juste à garder ou marquer des points dans le jeu politique intérieur. Et c'est pas vraiment sûr que ça fasse gagner des parts de marché au-delà des bases électorales déjà acquises. Côté israélien, un discours en apparence conciliant et bien-pensant ne change pas non plus grand chose à la réalité de ce qui est fait, et qui est là plutôt mal perçu par les Iraniens: la même hypocrisie en somme que celle des Iraniens quand ils disent à l'occasion vouloir la paix universelle, le bien et l'amour chez leur voisin, tout en envoyant des "conseillers militaires" par paquets et en sponsorisant des groupes d'activistes/terroristes. Juste de la politique, quoi (et pas pratiquée par des bons). Mais dans un environnement hautement instable, peu représenté et peu développé, où l'on est plus près de la résolution des problèmes armes à la main.
  5. A mon avis beaucoup plus le fait que des héros faisant le bien ramènent plus d'audience si leur logement, leurs fringues et leur bagnole ont de la gueule: personne n'aime les apparences tristouilles, surtout devant une série plus axée sur le divertissement. Ca déprime. Je ne crois pas que ça date particulièrement des années 90-2000: c'est juste qu'à cette période, le nombre de chaînes dispo, de structures de productions et de cash dispo pour ce marché ont littéralement explosé, créant un effet général donnant parfois cette impression. Y'a toujours des séries plus réalistes, voire axées glauque/cradasse (comme pour les films, le genre "noir" en est une caricature), comme il y avait des séries où les héros ou PP ont des fringues/logements/bagnoles sans rapport avec leurs moyens apparents. Certes, le crédit pour tout (surtout dans les années 90-2000) est une norme culturelle aux USA, avec une récente période d'explosion (années 80 à 2000) qui s'est trop déconnectée du réel, mais ça n'empêchait rien avant les années 90 non plus, vu que tout le monde aime toujours les héros qui ont de la gueule, les avantages en nature et les joujoux.
  6. Et les déclarations d'un dirigeant (qui sont dictées par bien des raisons diverses, visent souvent des publics très différents de ce à qui ils s'adressent en théorie) sont toujours et en tous lieux le reflet exact de la volonté du bon peuple? La volonté de bombarder tout ce qui a trait au nucléaire en Iran est aussi très présente en Israël (ou celle de parasiter leur filière nucléaire, ou celle de buter des scientifiques): comment tu crois que le peuple iranien prendrait la chose, si elle arrivait (et il y a beaucoup de lobbying pour que ça se fasse, et pas qu'en Israël)? Comme une preuve d'amitié? Du coup, s'ils y réagissaient mal, ça ferait d'eux des ingrats ou des abrutis haineux par nature et ne comprenant rien à rien? Quand aux déclarations d'Ahmadinejad, sont-elles le reflet exact et durable (cad au-delà du temps d'une crise) de la profonde volonté et attitude de l'ensemble des Iraniens à l'encontre d'Israël (et plus largement, de la posture concrète et effective de l'Iran)? La gesticulation d'une certaine portion de la population iranienne, incarnée (souvent exagérément) par un clown essayant avant tout de racler plus de pouvoir (et d'y rester) contre la mafia des vieux barbus au sommet? Une aventure démagogique? Un simple mode de discours en apparence haineux mais tellement codifié qu'il n'est pas fait pour être suivi de vraies politiques? Un peu de tout ça? Bref, les mots et les réalités sont souvent, ô surprise, des choses différentes.
  7. Ils ont quand même une excuse, les personnages de séries..... Ils vivent généralement dans un format de 40 à 45 minutes: ça compresse beaucoup de trucs qui doivent passer dans une autre dimension et offre en contrepartie de multiples options de vie intéressantes, souvent décrites sur des sites de "lieux communs de fiction", de "codes" (ou tropes), voire sur un topic dédié sur AD.net.... La coiffure express et indéfaisable (une critique pas totalement justifiée: j'ai connu quelques personnes avec ce superpouvoir écoeurant), les fringues qui sèchent d'un plan sur l'autre, la capacité à se cacher juste à côté de sa cible, à l'abri hors du cadre de la caméra, les bulles de distorsion spatio-temporelles (parce que filmer des gens passant 3 plombes à se déplacer d'une scène à l'autre, ou nier que les choses puissent arriver autrement qu'en simultané.... Est chiant), la complète conscience de tout ce qui se passe partout (on localise toujours tout et tout le monde, et vite, même si on n'a qu'une carte et une info, ou son portable), l'étrange capacité à disposer d'un logement très cool en centre ville tout en n'ayant qu'un boulot peu payant (avocat pro bono, flic, agent fédéral, association caritative, fonctionnaire).... Font partie de ces capacités parfois abusées par les scénaristes, mais fortement rentables question usage du temps disponible. Au final, dans la plupart des cas, c'est pas tant que ces capacités, vertus, pouvoirs, codes.... Existent, qui est choquant: le problème est qu'ils soient tellement entrés dans les habitudes d'écriture et qu'ils soient une telle commodité, que les productions en abusent souvent beaucoup trop sans se poser de question, usant trop de telles facilités au point de dénaturer l'intrigue. C'est une chose d'avoir des persos se déplaçant vite d'un point à l'autre ou séchant en 3 secondes, pour garder un récit court plus ou moins haletant/intéressant. C'en est une autre de compter dessus (et de le faire tout le temps) pour faire reposer une partie de son récit dessus. Quand on le fait, tout se banalise, tout devient fadasse, et la capillotraction gêne même le meilleur (et/ou le plus désoeuvré) des publics.
  8. Sur le dernier point, c'est une posture récurrente, même chez ceux qui sont passés par des universités occidentales: on croit que c'est une caricature ou une posture devant les caméras, mais il y a vraiment BEAUCOUP de dirigeants au MO, en Asie Centrale, en Asie de l'Est, en Russie et en Afrique qui ne conçoivent pas que la cacophonie médiatique en occident (et TOUT: infos, débats, films, séries....) ne soit pas une émanation directe des gouvernants. Pour le reste, les néo cons sont toujours là, et tant que la "droite FoxNews" aura sa propre caisse de résonance, soit un ensemble multimédia où elle seule peut s'entendre délirer en circuit fermé, ils ne seront jamais réellement out. Ils sont juste passés par un temps acceptable de mise au coin, le temps que les choses "s'oublient" dans l'espace temps particulier de la bulle médiatico-politique des pundits (en anglais "they did their time in the doghouse"). La différence est que maintenant, ils ont un courant pseudo-libertarien à tendance isolationniste (assez irréaliste) désormais puissant en face d'eux, qui capitalise sur la fatigue du pays des grandes aventures militaires coûteuses et sans résultats (quoique le cas ISIS commence à relativiser cette "war weariness" abondamment décrite dans les médias, dans une certaine mesure). Mais ils restent des gens bien introduits qui ont accès aux médias et aux cercles décideurs, et gardent une part de crédibilité, surtout vu l'énorme travail de réécriture de l'histoire qu'ils font depuis quelques années (y'a que Cheney qui, bien que régulièrement invité et intervenant à tort et à travers, ne parvienne pas à se rétablir). Cependant faut pas confondre néo cons et "faucons" ??? interventionnistes, les deux formant une masse de manoeuvre appréciable pour l'aventurisme et l'interventionnisme militaire et militant. Sans compter la part d'opportunistes, surtout à droite, qui n'ambitionnent que de surfer sur la vague des régulières polémiques sans fondements dont la caisse de résonance des grands médias dominants a le secret, et qui peuvent prêter occasionnellement des bataillons, autorisant parfois une masse critique sur un sujet donné lors d'une crise donnée. Mais globalement, le sujet d'un engagement militaire significatif, surtout au sol, reste intouchable pour le moment..... Et il faut faire confiance à la scène politique américaine actuelle pour être capable de ne pas pouvoir se mettre d'accord sur la couleur du ciel. La seule guerre dont se préoccupe réellement Washington ces temps ci est celle qui va vraiment commencer dans 8 jours, bien que les prémisses aient déjà eu lieu et qu'Obama en ait tiré le premier coup cette semaine (avec son décret sur l'immigration).... Dans 8 jours, le nouveau Congrès entre en session (pour l'instant, c'est l'ancien qui siège dans une "lame duck session"), avec 2 Chambres vs 1 président, où le dit président est désormais débarrassé de toute contrainte par son parti (qui s'est comporté particulièrement lâchement par un électoralisme très mal pensé), et où le dit Congrès est encore largement détourné par ses extrêmistes, sans ligne directrice, uni seulement par la volonté de faire n'importe quoi du moment que c'est contre Obama, enclin à se jeter dans des fausses crises (mais vrais événements médiatiques)....
  9. L'intrigue est dès l'abord une série d'impasses scénaristiques tant ils ont créé de limites encadrant les devenirs possibles des persos: ils ferment trop de portes, avec une ambition trop immense qui en devient juste de la prétention, des prétextes pour dire de grands mots creux, balancer des grands concepts, créer le genre de méchants caricaturaux (étrangers -avec certaines préférences-, avec une puissance de feu et des moyens dantesques par rapport aux "gentils", sans retenue et animés par le vice même) que les séries B ricaines adorent. Pour bien résoudre l'équation qu'ils posent dès le premier épisode, faudrait des scénaristes de génie, qui manifestement n'ont pas été convoqués dans les brainstorming du processus créatif. Ce qui me ramène sur mon diagnostic professionnel, scientifique et impartial: "à chier". Sinon, mes récentes découvertes: - The Knick (sortie l'été dernier): série historique médicale avec Clive Owen. Très bonne, moyens bien employés, intrigue sympa (façon de parler), personnages riches, reconstitution excellente (le sale business de la santé dans les rues merdiques et les beaux quartiers du NY du début du XXème siècle), ambiance glauquissime - Madam Secretary: plutôt bonne surprise. Une ex analyste de la CIA bombardée Secrétaire d'Etat hors de tout processus politique, à la suite de la mort suspecte (seulement pour quelques uns) de son prédécesseur. Toujours à deux doigts de différents types de mauvais clichés (la non politique face aux politiciens, la gentille et honnête mère de famille aux solutions de bon sens, l'existence permanente d'une solution cachée et morale aux problèmes apparemment insolubles....), voire y trempant le doigt régulièrement, le tout est enlevé par un excellent script, de bons dialogues et des persos corrects. Pas la panacée, mais se laisse regarder - State of Affairs: commencée cette semaine, à éviter. Une analyste de la CIA (encore), en charge du brief présidentiel quotidien sur les alertes prioritaires (c'est elle la "gare de triage" qui décide ce qui est assez important pour aller sous les yeux du président -enfin de la présidente en l'occurrence- chaque matin), se débat avec dans les guéguerres intra et inter agences, avec son passé (qui redevient son présent.... Potentiellement emmerdant) et de visibles troubles de la personnalité (décidément, depuis Homeland, il faut des espionnes névrosées). On sent les mauvais angles d'attaques et le trop plein d'ingrédients caricaturaux (et franchement too much) dès le départ. Pour ceux à qui Katherine Heigl manquait. Bon, j'en ai plein d'autres, mais elles s'éloignent encore plus du thème du forum....
  10. Je voulais me forcer à la regarder, mais j'ai craqué en cours de 2ème épisode: vraiment à chier.
  11. Je ne dirais même pas quel âge il m'a fallu atteindre pour me rendre compte qu'il y avait une statue de Clemenceau à cet endroit :-[ : elle se fond tellement dans le paysage.... Celle de De Gaulle, on ne remarque que le piédestal, quand on passe à son niveau, avec pour seule pensée "mais qui a foutu un parpaing à cet endroit".
  12. Bof, la statue de De Gaulle sur les Champs est un petit truc qui a sans cesse l'air d'être une oeuvre temporaire, prête à être enlevée, posée en plein milieu d'un espace piéton sans délimitation, pelouse autour, mise en valeur particulière (un de ses caractères est que malgré son emplacement, pas grand monde n'y fait attention: on passe devant, pour l'essentiel). Y'a des moments où je me dis que c'est un de ces acteurs déguisés en statue qui prend une pose et la garde quelques heures.
  13. Tout le monde veut toujours la paix à tout instant (à quelques rares exceptions près), mais SA paix. Et tout le monde est conscient qu'il faut céder un truc, le problème étant qu'il faut souvent une guerre pour se rendre compte de et accepter ce qu'il faut réellement céder, cad de ce que l'autre considère comme le minimum pour son intérêt, le seuil en deçà duquel il ne peut pas descendre, même s'il y est forcé (auquel cas il peut accepter une "paix" qui n'en est pas une, revenant à la charge aussi tôt que possible, sous une forme ou une autre). Donc la "paix" que tout le monde dit vouloir n'est qu'un mot; la vraie est un peu plus dure à trouver, surtout quand on veut qu'elle dure plus que le week end (un peu comme quand on se contente de hurler "la paix!" aux enfants du voisin qui font trop de bruit.... Ce n'est qu'un vœu pieux, facile à dire et sans base dans le réel :-[ ).
  14. Le risque est effectivement la fermeture, j'aurais du le préciser pour avoir une position complète, mais le point est que cette fermeture n'aurait qu'un temps; la phase initiale de déni du réel en fait, comme dans toute transition. Elle pourrait être dangereuse, c'est un fait.... Mais en même temps, la ligne politique actuelle n'est ni calme, ni sans énormes risques, ni sans crises sanglantes non plus, et elle est garantie de durer ad vitam, par phases de 2-3 ans entre crises sanglantes. Surtout, la posture du "tout le monde nous hait" aurait du mal dans la mesure où Israël est un pays qui dépend de son intégration dans le commerce mondial (et pas juste comme exportateur primaire comme la Russie: ils dépendent du flux dans les deux sens), principalement avec les pays occidentaux, et que le mouvement décrit ne serait pas une condamnation ou une mise au ban, mais..... Une bête "normalisation" des relations. Sans compter que vu le niveau d'intégration sociale et familiale entre une bonne partie de la population du pays et les populations d'Europe et des USA, la posture du gamin boudeur qui pique une crise aurait du mal à tenir. Que les Israéliens doivent sortir de leur fonctionnement façon 4ème république version parano (et rappelons comment la 4ème a fini: quelqu'un voit un De Gaulle en Israël en ce moment?), c'est un fait, mais leur blocage étant politiquement (ou politiciennement?) confortable, l'initiative a peu de chances de venir de là. Difficile à réaliser (c'est dire à quel point le blocage est énorme), mais y'a plus de chances de voir du changement par Washington... Pas la peine de se lancer dans un grand calcul de probas; le chiffre ne sera pas un grand.
  15. Moi je sais, moi je sais m'sieur! Passke z'avaient un problème avec le fait qu'Israël existe en tant que pays! Donc pas de possibilité de lui parler comme à un pays, donc pas de parlage du tout. Jébon? Y'a un fondamental problème dans le fait de blâmer les Palestiniens; je vais faire mon matérialiste, mais y'a pas beaucoup de preuve dans l'Histoire que vivre dans la merde et en plus avoir zéro perspectives puisse faire émerger des leaders modérés avec un soutien inébranlable. Il y a peu d'athées (ou en tout cas de non superstitieux) sous les bombes, il y a peu de gens regardant l'avenir proche et lointain sous les rangers. Vu l'écrasante asymétrie des situations matérielles, Israël, pour peu que le pays cherche réellement une solution durable, ne peut s'offrir le luxe de rechercher la réciprocité systématique: le problème du plus fort (surtout quand il est plus fort à ce point là et sur tous les plans), c'est qu'il doit donner plus et accepter d'encaisser plus s'il veut dégager l'avenir..... Chose que des politiciens à la petite semaine, jouant uniquement dans l'immédiateté et sur un fumeux discours démago arrosé de "protéger le pays" et de "rendre coup pour coup" qui sonnent bien sur le moment à des oreilles énervées, ne pourront JAMAIS produire. Eux, comme toutes les pourritures, ne peuvent produire que du pourrissement. Au final, la solution, ou en tout cas un début de solution, pourrait venir de Washington: si la chose était politiquement possible, les USA devraient arrêter tout soutien militaire, technologique, technique (renseignement surtout) et financier à Israël, et se contenter d'une garantie "normale" de soutien contre une agression étatique. Le soutien étasunien, surtout tel qu'il fonctionne, sert en l'occurrence juste à conforter les dirigeants israéliens actuels dans une posture de non décision et de toujours faire un peu plus de la même chose. En bref, ils sont le dealer et les politiques Israéliens les drogués, le "enabler" (comme disent les ricains) de cette ligne politique, le parent laxiste qui continue à gâter et encourager la petite brute qui refuse d'assumer des responsabilités et servir autre chose que ses bas instincts sans souci du lendemain. Quand on voit Netahnyaou la jouer adulte responsable et raisonnable sur les chaînes américaines, tout en alignant hypocrisie sur hypocrisie, on comprend quel est le seul axe de politique étrangère qui importe pour lui. Et quand on voit les journalistes et politiques US tout avaler, on se dit que l'adulte de service n'est pas près de revenir à la maison. Un changement a peut-être commencé à émerger lors de la dernière crise, mais il balbutie seulement.
  16. Moi je me suis dit: "chouette! De la biche pour dîner".... C'est grave docteur? Non, c'est pas vrai.... En fait, j'arrive pas à me décider à revoir le film.
  17. Tout le drame de l'orgueil national russe.... Ils veulent pas s'admettre que la majorité des opinions en occident ne veut pas avoir à consacrer un millionième de leur espace mental à la Russie; ils veulent s'en foutre. Tout ce que Poutine fait, à Washington, est de maintenir en vie politique les vieux paranos dont le logiciel n'a pas eu d'update depuis 89 (qui vraisemblablement ne supporterait pas cette mise à jour). C'est un peu le problème; y'a pas vraiment de garanties que la Russie puisse offrir. Elle ne peut pas déménager, et le différentiel de taille et de potentiel militaire est beaucoup trop grand pour qu'un quelconque accord soit fiable, sans même compter la faiblesse (qui semble structurelle, au moins à ce stade) du système politique russe, à la merci de semi-autocrates de type Poutine au mieux, ou d'une instabilité ploutocratique faisant craindre les aventuriers populistes (qui ont une propension naturelle à la "fuite en avant").
  18. Taper sur la Jordanie en ce moment? C'est l'autre chouchou des USA au MO, et en pleine crise ISIS-ienne, c'est l'un des seuls points d'appui auquel Washington tient particulièrement, en première ligne, tout en étant l'un des rares pays qui laisse entrer des effectifs énormes de réfugiés, chose qui, depuis les années 60-70, le fragilise énormément. Je doute que les USA voient d'un bon oeil autre chose qu'une guerre de troll sur les ondes entre Israël et les Jordaniens. La meilleure lutte contre les trolls du côté jordanien et de faire la nique à des manifestations du genre incriminé ici.... C'est d'aider le régime jordanien à stabiliser sa société et son économie, à intégrer les masses de réfugiés (de toutes générations) qui composent une part si énorme de sa population. Mais apparemment, il semble plus aisé de dépenser des masses de fric pour faire de la gesticulation militaire ou jouer les petites brutes que pour soutenir un tel effort.
  19. Et tu n'as pas noté de quoi on parlait? La question n'est pas de ce qui est (ou de ce que l'observateur distancié croit, examine, pondère....), mais de ce qu'un peuple en tant qu'entité collective perçoit: la politique est fondée avant tout sur la perception en un temps et un lieu, et là, les Russes des années 90 ont eu leur interprétation et ont vécu les choses comme ils les ont vécu, et sans refaire l'histoire, on peut dire que les USA les ont effectivement poussé à la surdépense (en jouant ce jeu eux-mêmes, qu'ils pouvaient plus se permettre, quoique cela ait amorcé la spirale d'endettement public massif des USA que Bush Jr a plus tard relancé), ce qui était le but de l'approche de Reagan et, d'un autre côté, jouait aussi largement dans la paranoia de Russes qui ont construit leur mentalité collective en partie sur la vision d'une citadelle assiégée (comme pour tout pays, c'est légitime en partie.... Mais eux poussent le délire très loin). Donc ils ont perdu une course aux armements: difficile de ressentir une impression de "défaite" dans ce domaine, comparé à une défaite militaire. Tant qu'on n'a pas une rangers enfoncée dans la joue, des confiscations massives, des chefs exécutés ou arrêtés ou forcés de s'humilier, et/ou les troupes adverses défilant avec un grand sourire devant sa maison, difficile de se vivre en vaincu.
  20. C'est là justement qu'il faut se forcer à ne pas regarder le problème comme on lit une page d'un livre d'histoire, mais de l'examiner en contexte: en 1918, l'Allemagne est certes vaincue militairement et son armée est en cours d'effondrement quand l'armistice est établi (savoir si une continuation de la guerre aurait pu voir un ressaisissement, cette fois loin en arrière, et une guerre continuer sur le territoire allemand, c'est autre chose), mais à ce moment aussi, le pays est confus, a du mal à voir sa propre situation (c'est un peu le bochson, l'info circule mal et a trop de sources divergentes), et tant bien que mal, entre les parties prenantes (autorités locales, autorité nationale, autorité militaire, conseils de soldats, groupes d'insoumis) s'établit un accord qui entérine vite le mythe de Ludendorff du "coup de poignard dans le dos", avec une armée "invaincue" lâchée par l'arrière. Ca arrange beaucoup de monde, ça passe bien, la population l'avale d'autant plus facilement qu'elle n'a pas vu de ravages ou de troupes étrangères, et tout le monde se congratule. Donc en 1918 et après, l'Allemagne ne se vit pas comme un pays vaincu au sens plein: pas de destructions, mais il y a un grave problème économique, pas de morts civiles, mais pleins de membres de la famille morts ou mutilés, de la fierté dans l'armée dite invaincue, mais l'humiliation d'une "situation défavorable" ou d'une "non victoire" qui voit l'adversaire dicter des conditions aggravant les problèmes et abaissant l'orgueil collectif (ce qui, face au mythe, donne l'impression d'injustice, de dirigeants faibles) donc par extension la fierté de soi. Quand en plus il fait faim et que l'adversaire vous pique des trucs (genre trains, usines, récoltes, mines, réserves monétaires....), on se dit des trucs, et qu'on va jouer la belle. La question n'est pas de savoir si objectivement l'Allemagne de 18 a été vaincue, mais de voir qu'elle ne s'est pas vécue comme telle, du moins pas complètement: elle s'est vue traitée en vaincue sans avoir l'impression de le mériter (parce que la guerre ne l'a pas touchée directement, que les combats étaient loin....). Et pour la part semi consciente qui sait quand même un peu qu'ils ont été vaincus, ou en tout cas qu'ils n'ont pas pu gagner, c'est juste suffisant pour provoquer du déni, donc de la rage quand on le pointe du doigt. . Les Ricains sont encore nombreux à ne pas vivre le Vietnam comme une défaite vu que c'était loin, que le territoire et la population n'ont que très partiellement senti le coup (et qu'en plus ils sont persuadés -en partie à raison- d'avoir gagné toutes les "batailles" et eu un bodycount comparé super favorable). Les Russes post 90, c'est un peu pareil: pas l'impression d'avoir perdu une guerre, vu qu'au final, la Guerre Froide..... N'était pas une guerre. Comment veux-tu que des termes comme "vaincus" s'appliquent? Et surtout, comment veux-tu qu'ils soient vécus ainsi par la population russe? Tout ce qu'ils peuvent se dire, c'est que les dirigeants communistes ont merdé dans la gestion du pays, que les Ricains les ont forcé à trop dépenser, qu'ils ont été mordus par ceux qu'ils nourrissaient.... Difficile d'énumérer tout ce qui rentre dans une psyché collective, mais encore plus difficile de parler de victoire et de défaite dans un face à face statique de 50 ans où personne ne s'est agressé. Pareil! Oh putain! Ils sont 3 fois moins peuplés que l'Ile de Ré....
  21. 192? Allez, comme ça, de tête, vas-y, chiche ;) :P . Désolé, jépôpu résister :-X ....
  22. En même temps, et années 90 à part, Poupou a poussé un peu fort de son côté: y'a pas beaucoup d'alternatives en matière de pressions concrètes entre pays, quand le temps des pures menaces en l'air devant un verre de cognac est passé. Quand on en vient aux actes bien réels, déjà c'est que beaucoup de monde de tous les côtés a foiré beaucoup de trucs (savoir qui a plus merdé ou plus poussé le bouchon est une autre affaire), mais ensuite on se rend compte que la boîte à outils n'offre pas une énorme variété, et on en revient toujours à la rétorsion sur le fric (beaucoup de méthodes pour le faire, d'angles différents à cibler, d'objectifs et aspects à adresser, mais au final, à plus ou moins longue échéance, ça tape le porte monnaie), sur le territoire et/ou le sang. Quelles autres alternatives y avait-il face à un Poutine qui a adopté la philosophie stalinienne du "ce qui est à moi est à moi, le reste est négociable", avec une conception très particulière de "ce qui est à lui"? Céder sans arrêt? Quand un pays (et encore plus un groupe de pays) dit "non", ça doit généralement avoir des effets: pourquoi se battre la coulpe en se disant que c'est trop con et que quelque part, d'une manière ou d'une autre, ça doit encore et toujours être la faute de l'occident, de l'Europe, voire spécialement de la France? On a tous notre nombrilisme individuel et collectif, mais quand même.... Des fois que ça serait un peu la faute aux Ukrainiens (comme collectivité) qui sont pas capables d'être un pays (et un peu à ce stade celle de la Russie qui a soufflé sur ce feu intérieur particulier depuis bien longtemps), forçant tout le voisinage à réagir à une situation merdique dès les prémisses, et sans bonne solution nécessairement..... La nature a horreur du vide, et n'attend pas que l'orgueil russe fasse sa thérapie.... Surtout quand le psy en charge est lui-même dans le déni (et, il semble, mériterait de plus en plus sa place en institution) et décourage cette admission.
  23. Là tu élargis beaucoup: je crois qu'on était plus dans la partie "visuelle" de la narcoculture, cad la zique, l'esthétique, l'identité locale.... Soit les trucs qui font qu'il y a une narcoculture au sens strictement "culturel" (arts, représentations, récits, identification) qui s'est développée en Amérique du Sud, centrale et du Nord (sud est et sud des USA surtout) bien au-delà des milieux criminels et des quartiers où ils sévissent (un style auquel empruntent désormais une génération d'artistes et qui a sa portion d'imaginaire dans la jeunesse). Evidemment, ça fonctionne en partie main dans la main avec un écosystème criminel développé qui est le producteur d'origine de ce style (en France, à plus petite échelle, ça renvoie à quelques modes: banditisme "classique" et films noirs de la "grande époque" -voire jusqu'à Audiard-, période loubard, plus récemment le style "banlieue"), mais désormais, c'est un phénomène qui vit de lui-même sans la nécessaire corrélation avec le fait d'appartenir au milieu. J'étais pas en train de prédire une OPA des Cartels de Sinaloa ou Juarez, ou des gangs genre Los Zetas, sur l'Europe; juste de noter qu'ils sont implantés apparemment assez solidement en Espagne (et fermement associés en Sicile et en Calabre) depuis une décennie, et que ces têtes de ponts peuvent produire une influence dans les "cultures" criminelles locales, et peut-être plus largement dans les modes culturelles (ce qui arrive quand on s'implante dans un paysage durablement). Ceci dit je te suis pas totalement quand tu dis qu'il n'y a pas de régions en Europe qui réunissent les conditions (économie en rade complète, pas d'avenir, désoeuvrement durable, contrôle gouvernemental affaibli, voire très relatif ou intermittent....): certaines banlieues de grandes cités réunissent bien des conditions (et ont déjà créé des "écosystèmes" criminels aux fondamentaux proches de ce qu'on voit en Amérique latine -sinon pas encore au même degré), mais surtout, beaucoup de zones péri urbaines lointaines et des zones rurales sans activité me semblent coller au tableau (en Angleterre, en Espagne, en Italie, en France, y'a des coins qui sont pas loin de ressembler à un film de Tarantino). Et c'est un marché concurrentiel que celui du crime organisé créant des succursales à l'étranger, véhiculant une sous culture et une esthétique particulière: les grands gangs de bikers dits "One percenters" (Hell's Angels, Bandidos, Outlaws, Mongols....) ont des chapitres dans beaucoup de pays européens, et les activités et rivalités (et la violence) qui vient avec (pas mal d'incidents en France par exemple). Eux aussi véhiculent une "culture" propre et fortement identifiante, qui favorise un certain recrutement, et une certaine émulation.
  24. Le business a aussi démarré modestement au Mexique, donc ça n'augure de rien.... Mais il a démarré dans une région déshéritée et essentiellement agricole: en Europe aujourd'hui, je doute qu'il y ait la main d'oeuvre pour créer de la production à échelle significative, et quoiqu'on en dise, le retour à la terre des citadins n'est pas une option facile ou souhaitée, et y'a pas beaucoup de moyens ou d'organisations pour y aider dans les productions légales, donc évidemment encore moins pour les autres (l'agriculture, même pour faire pousser de la marijuana, c'est pas un truc qui s'improvise ou se fait par défaut d'autre chose). Mais pour la culture, le point n'est pas que ce soit une narcoculture latino américaine (plus exactement mexicaine: la culture "narcos" n'est pas un bloc, y'en a au moins une par pays, et celle du Mexique, la plus représentée et la plus importante -avec celle du Brésil) qui s'implante: le truc est que si la place de l'Espagne dans le commerce de la came sud américaine se renforçait et s'implantait durablement dans le paysage local, elle créerait un écosystème favorable à l'émergence d'une variante locale, inspirée du modèle d'origine (surtout au début), mais "appropriée" par les locaux et qui prendrait vite, comme ailleurs, ses caractéristiques propres (tout en étant au final une variation sur le même thème: les cultures gangsters -comme d'autres- sont pas si variées dans le fond: homme viril, qui fait sa loi, qui est un chef, qui est fort et a un flingue, qui fait son chemin contre un monde dur et inique, qui a des "règles" -on y croit ou non-, blablabla). Les migrants criminels ne seraient que le "vecteur contaminant" amenant le prototype et la séduction qui va avec: effet de mode renforcé par l'aura de celui qui arrive avec du business, des opportunités et du fric à étaler, voire un certain "prestige" du symbolisme qu'il amène avec lui -en l'occurrence la force médiatique de la narcoculture, à laquelle s'ajoute éventuellement l'aura de son organisation (si elle est grande; mais on imagine que quand un ponte du Cartel de Sinaloa débarque en Espagne avec du business et quelques gars "cool", et se met à recruter du local, il est un peu comme l'officier américain en Europe en 45: il en jette et c'est lui qui a les cartes).
  25. Chiant pour les Ukrainiens et les "Donbassiens/Novorussiens", mais j'imagine pas trop grave pour les artilleurs russes qui doivent avoir quand même l'organisation, les équipements et la formation pour pas être trop emmerdés par un bulletin météo à chier. Leur armée est encore loin d'avoir bien établi sa mise à jour, mais quand même, on peut supposer que ce qu'ils déploient dehors est dans le haut du panier (et si l'adversité n'est que le temps pourri....); donc a priori, c'est plutôt juste emmerdant pour les locaux (qui ont déjà du mal). Donc avantage Russie (un de plus)?
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