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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Cela n'a duré qu'un temps à Rome: comme partout, il y eut une évolution. Pendant longtemps, effectivement, les prisonniers de guerre -suite à une défaite; en cas de victoire, on les libère et c'est normal- n'étaient pas négociés, et étaient surtout très mal vus socialement: pas foutus d'avoir vaincu ou été tués. Selon l'adage de l'époque "Rome n'a que faire des lâches" (je sais plus comment on le dit en latin). Mais il faut déjà apporter des nuances: on négocie les fils de grandes familles dans bien des cas hors du contexte précis de la guerre.... Et le plus célèbre des rançonnés s'appelle..... Roulement de tambour.... Jules César: de retour de sa deuxième campagne en Orient (3ème guerre Mythridatique, je suis plus sûr), son navire fut capturé par les pirates ciliciens qui polluaient l'intégralité de la Méditerranée à ce moment (et qui nécessiteront l'une des plus grande campagne de l'histoire de Rome, sous Pompée, une campagne qui impliqua ou renforcera nombre des changements institutionnels qui tuèrent vite ce qu'il restait de République). C'est un célèbre épisode de sa vie, où il exigea notamment que les pirates augmentent son "tarif", le prix qu'ils exigeaient initialement pour sa tête étant une insulte à son ego (ils appliquaient le tarif pour les praetor, ce que le patricien César trouvait trop mesquin). Il a monté une flotte après pour revenir les trucider, mais le fait était là. Et à cette époque, c'était une industrie pour les dits pirates: un autre captif connu est l'un des sbires de César, maître d'oeuvre de ses basses besognes politiques dans la ville de Rome, le tristement célèbre Clodius (un Publius Clodius Pulcher, histrionique, minable et problématique). On peut aussi voir "culturellement" la "vertu germanique" à l'oeuvre: la tradition des otages et rançons remonte très loin chez les Germains (que les Anglos aiment voir comme leurs "ancêtres vertueux") et les Celtes aux mêmes époques, et dénotent un caractère bien plus systématique (pour les élites surtout), qui se poursuivra longtemps et restera une façon de faire la guerre et un but de guerre.... Transmis en continu au Moyen Age: longtemps (de la chute de l'empire romain, et surtout après l'âge carolingien, à la guerre de Cent Ans), ce sera un pivot de la féodalité et de la guerre féodale, du plus petit échelon au plus élevé, un but de guerre et un système parasitaire de la politique et des campagnes militaires. C'est un système qui existe dans quasiment toutes les cultures: les Afghans, au final, le pratiquent sans interruption depuis la nuit des temps, et dans le Sahel, c'est pareil. Le "terrorisme" s'est juste plaqué dessus.
  2. Par définition, c'est dur à trouver.... Et il est encore plus dur de différencier certaines choses: les familles et/ou organisations/entreprises paient souvent des rançons, parfois avec l'accord, voire le soutien, de leur Etat de tutelle, parfois en dépit de ses interdictions, parfois encore elles le font pour cet Etat de tutelle qui se sert d'eux comme paravent (une allocation "d'aide humanitaire privée" -qui peut discrètement inclure des armes et du fric- venant d'une ONG, et la libération parallèle -et apparemment sans rapport- d'un otage). Et y'a pas que du fric: on peut payer en nature, en "services" (fermer les yeux sur un trafic ou une opération....), et surtout en prisonniers échangés de fait. Mais pour les montants impliqués, comme je l'ai souligné plus haut, c'est clair que désormais, on peut plus parler d'anecdotique: ce sont des sommes importantes (on parle de millions/dizaines de millions de dollars à chaque fois, dont le montant cumulé se compte désormais en centaines de millions), surtout à l'échelle de groupes terroristes, qui ont de vraies conséquences géopolitiques. On ne peut pas faire l'économie d'un débat sérieux là-dessus.
  3. Ah, ça c'est autre chose: les USA ne paient pas (ça veut pas dire qu'il y a pas des Américains -des entreprises et des familles- qui paient pas), c'est leur politique. Comme les Brits. Il y a quelques "aménagements" avec le principe, comme le cas récent de Bo Bergdahl, qui a commencé à être discuté aux USA (est-ce ou non "négocier avec les terroristes"?) après avoir été différencié d'un paiement sous le prétexte que les échanges de prisonniers sont une chose courante.... Ce qui est un point de vue/une argumentation de juriste, qui pose d'autres questions: si c'est un échange de prisonniers, ça veut dire que les USA reconnaissent les Talibans comme une autorité légale et légitime, comme un belligérant, donc comme un Etat? Si ce n'est pas le cas, n'est pas "négocier avec des terroristes"? C'est con la culture juridique trop pointilleuse....
  4. Parce qu'il y avait: - une opposition d'un nouveau genre, la "Gingrich revolution", moule de l'ultra-conservatisme actuel, qui aurait été capable de faire la même chose à Clinton, claquer le même pognon public (entre 400 et 500 millions de la commission Starr) et privé (la campagne médiatique massive) pour délit de brushing douteux, surtout quand le but principal de cette action était moins l'impeachment auquel aucun politique sérieux ne croyait passé les premiers instants, et plus de récolter des fonds de campagne (le "fundraising" a explosé dans les milieux ultra conservateurs à cette période) - un président pris en défaut publiquement, toujours une bonne occase de faire du bénef politique (et aucun politique sur la planète se prive de piler quand ça arrive), et ce à une époque où les élus commençaient seulement à s'acclimater au "news cycle" permanent (rôle du nouveau "rythme médiatique" d'alors) et où la "nouvelle vague" des ultra conservateurs a amorcé un niveau de polarisation comme les USA n'en avaient jamais vu.... Et qui est encore là aujourd'hui, en dix fois pire. Rien de structurellement culturel là-dedans, et beaucoup plus à voir avec des évolutions récentes. Je ne vois pas de plus grande tolérance au mensonge en pays soi-disant "latin", ou de plus grande rigueur (même dans l'arène publique seulement) en terre "anglo"; ça, c'est de l'imaginaire plaqué a posteriori.
  5. Et les Anglo mentent autant, sinon plus, que les "latins" (depuis quand la France est un pays spécifiquement "latins"? J'entends ça être répété à l'envi seulement depuis les années 90: quelqu'un a décidé à ce moment qu'on devait intégrer une catégorie?), se dépatouillent aussi mal quand le mensonge est public, niant encore plus, se lançant dans de pitoyables circonvolutions pour nier le mensonge. Tout comme en France, ou dans d'autres pays soi-disant "latins", j'ai jamais vu le mensonge être approuvé ou "souplement accepté". Ce genre de différenciation culturelle est complètement imaginaire. Les pétro monarchies elles-mêmes (cad les régimes) ont arrêté depuis quelques temps de le faire, et l'ont fait en Syrie de la même façon que les USA ont sponsorisé l'opposition afghane à l'URSS: pour emmerder un régime chiite. Et ils se retrouvent comme les USA avec une entité emmerdante. D'autres citoyens issus de ces mêmes monarchies (et pétés de thunes) sponsorisent de tels mouvances, et il est sûr que ce devrait être contrôlé. Mais quelle que soit la façon dont on tourne et retourne la question, il y a un débat à avoir sur le paiement de rançons et la réalité de ses effets, notamment dans le cas d'ISIS: - les montants impliqués sont de nature à faire passer une bande armée de voyous idéologisés au stade de petite armée - la réalité ou non de l'effet "appel d'air" est à examiner sérieusement - le systématisme de l'activité aujourd'hui est sans commune mesure avec ce qu'on a pu voir précédemment, et les filières qui l'exercent sont de vrais problèmes. Ils ont la main au chéquier, comme d'hab: c'est la contribution la plus utile qu'ils puissent faire (s'ils la font): pour leur utilité militaire, voir les topics dédiés. Ces pays n'ont pas vraiment d'armée. Pour les Séouds, la défense de leur territoire, c'est l'US Army, la défense de leur régime, c'est leur garde nationale (une police militarisée lourdement musclée dans les faits), et la défense de leur famille, c'est une "garde tribale" (seule réelle unité militaire un peu sérieuse). Les achats de matos et services de nature militaire, c'est de la diplomatie et après, ça sert à l'aménagement du territoire et à la politique économique.
  6. Oui, c'est ce qui semble être depuis longtemps un schéma récurrent, avec souvent de grandes désillusions pour l'expliquer, une expérience qui "calme" ce qui sont souvent des colères/quêtes d'adolescents/jeunes adultes. Dans le cas des militants occidentaux, on voit aussi le plus souvent que l'essentiel d'entre eux est plutôt reléguée dans des rôles très secondaires, de soutien (voire de pures corvées), qui concourent largement à ramener leur idéalisme/fantasme à la réalité.... Et à les faire se poser quelques questions, trouver de nouveaux angles de vues.
  7. Comme quoi rien ne change: regarde au Mali, il suffit qu'un légionnaire brandisse un foulard à tête de mort pour que les généraux partent comme des fous pour couvrir leur cul ou faire semblant d'avoir la gerbe. Y'a pas, ça fiche la trouille un crâne ??? .
  8. C'est l'une des tendances de fond impliquées par l'UE, avec comme problème principal le fait que toute direction commune serait encore plus difficile face à un tel éclatement qui, outre multiplier le nombre d'entités souveraines/semi-souveraines, sous couvert ou non d'un Etat fédéral, accroîtrait de beaucoup le différentiel de taille et de poids des dites entités: le niveau de cohésion ethnoculturel de l'entité allemande est très supérieur et, Bavière ou non, pèserait toujours d'un poids démographique et économique énorme, qui plus est relativement plus puissant face à une Europe plus éclatée. A noter cependant que tous les Etats ne sont pas au même stade de leurs séparatismes potentiels: les cas Ecossais, Flamands et Catalans (et Basques) ne sont pas représentatifs du degré auquel d'autres peuvent se trouver: à toutes les époques et en permanences, il y aura toujours des séparatismes/irrédentismes, tout comme il y aura toujours des tentations extrêmistes et des idéologies de tous poils, la question étant de voir si elles touchent du monde, et si oui combien. Le rôle des USA dans l'impression de garantie/sécurité est cependant extrêmement puissant dans ce fait, et il serait intéressant de voir la réaction de Washington si un certain nombre de régions prenaient leur indépendance, formant autant d'Etats croupions sans capacité à apporter quoi que ce soit de significatif à l'OTAN ou à prendre plus en charge dans la capacité de défense régionale (surtout avec une Russie qui s'agite et redevient un sujet sur lequel de l'attention politique, légitime ou non, se focalise, réimpliquant un volet de défense dans un sujet de grande audience). Autre point: quand les premières indépendances seront passées, le débat sur la question changera radicalement. Des indépendantistes vont être encouragés, mais des Etats vont aussi réagir, et les désavantages d'être un "petit" vont aussi se faire jour pour les nouveaux venus, à commencer par leur intégration à l'UE en tant que nouvel Etat (qui ne sera pas gratuite pour eux).
  9. L'un des problèmes fondamentaux est la définition de la "menace réelle ou imminente", qui permet des circonvolutions, de même que le blocage permanent pour motifs purement politiciens au Congrès, qui travaille pour la légitimité. Mais la Constitution US n'est pas si aisément violée suivant la nature des actions entreprises, surtout quand il ne s'agit même pas d'une "guerre" au sens juridique du terme (cad une guerre inter-étatique, seul type réellement défini légalement dans les textes constitutionnels). Les USA sont un pays de juristes culturellement, et un pays de juristes de Common Law, ce qui nous est encore plus étranger (même s'il semble de premier abord difficile de saisir de vraies différences avec le "droit romain").
  10. Non, ça a déjà été fait, et largement, en termes de processus, bien au-delà de ce que le War Powers Act autorise (Bush Jr l'a fait, forçant ensuite un vote en surfant sur la vague post 9/11 et la peur des démocrates de passer pour des tapettes); et Obama n'a pas l'intention de procéder ainsi, mais a laissé entendre qu'il pourrait le faire si le Congrès continuait à fonctionner sur cette question comme il a fonctionné sur tout le reste depuis 2010, ce qui peut encore arriver. C'est avant tout de l'annonce pour éviter que la question reste trop longtemps en discussion sans être mise en débat officiel, et surtout au vote. Apparemment, pour les premières mesures qui vont venir, Obama semble procéder de façon inhabituelle en faisant passer les éléments concrets (surcroîts de matériels et aides, financement des déploiements en cours....) par les "appropriations", cad par des aménagements de budget (qui veulent dire un assentiment de fait au surcroît d'activité militaire et diplomatique), plutôt que de poser la question de décisions "de guerre" et de définition de stratégie/objectifs en général. Ce qu'il veut éviter, c'est surtout de se lancer sans le Congrès (hors d'aménagements budgétaires qui seront sans doute votés sans problèmes), non que ce soit illégal pour les formes d'opérations visées (rappelons les complications éternelles d'interprétation dans un pays de Common Law), mais parce que ça veut dire que, politiquement, il sera seul, et donc prendra tout le blâme si ça foire ou si quelque chose de spectaculairement mal arrive, ou simplement que le courant de l'opinion évolue vite en sens inverse de ce qui s'est construit depuis juin..... Et les élections sont en novembre. Il a aussi des élus démocrates (et des candidats, et des structures de partis) qui font du pressing en cette période où peu d'entre eux veulent être vus avec lui pendant leur campagne.
  11. Ils ont toujours le petit problème de la cinquantaine de diplomates turcs détenus par ISIS (avec leurs familles en plus). De toute façon, ce qui est le plus nécessaire apport de la Turquie est le contrôle de leur frontière contre la contrebande (pétrole et matériaux....) et les flux d'aspirants terroristes (dans un sens et dans l'autre).
  12. Il se dit que Thomas Jefferson l'a fait pour une de ses prestations de serment (pas la présidence, je crois, mais un mandat de représentant, antérieur), et il me semble que pas mal d'élus ont prêté serment sur la Constitution (des USA ou de leur Etat). Sans parler d'élus d'autres religions.
  13. Hé, je suis bien plus jeune et bien plus beau que lui! Non, mais! Ouais, enfin sur le forum, on les voudrait surtout compétents, pas des amateurs essayant de se donner un genre, et sur qui tout et n'importe quoi a été dit..... Bon, si dans le cas des espionnes/barbouzettes, l'esthétique est AUSSI dans le package, ça dérangera personne, mais dans le cas de Miss Chapman, c'est vraiment le seul truc qui joue en sa faveur. Quand on pense que son seul espoir de carrière aujourd'hui, c'est d'épouser Edward Snowden devant les caméras (ou en tout cas essayer d'obtenir ce résultat)..... Ceci dit, sur l'article, je note le point de l'évolution des actions du Qatar et de l'AS sur les dernières années, qui joue pour beaucoup dans la stratégie fondamentale d'ISIS, qui est au final effectivement une pure fuite en avant: c'est un peu l'élément que je ne voyais pas très logique dans la posture du "mouvement devenu Etat/proto-Etat": un capital qui s'évapore vite, des contraintes de dépenses trop grandes, des modes de financement pas voués à durer longtemps, reposant sur des flux commerciaux irréguliers, peu fiables et limités (et sans eux, que vaut même l'argent qu'ils possèdent, si il y a rien pour le dépenser sur place?), des populations qui ne peuvent être contrôlées pour longtemps sans ces dépenses (et un "système économique" aussi cru soit-il) et une forme d'ordre et de stabilité (policière, juridique, économique....) offrant un minimum de visibilité sur l'avenir.... Rien de tout ça ne semblait solide quand on se penchait sur l'analyse socio-économique du dit "proto Etat", chose que les têtes pensantes du mouvements doivent parfaitement savoir, à commencer par les ex-Baasistes dont bien peu sont des tarés religieux (et même beaucoup de hiérarques ISISiens semblent plus être des chefs de bandes maffieuses que des illuminés), ce qui posait la question de savoir quel pouvait être le calcul derrière, ou plutôt, de se demander ce que ces gens pouvaient espérer d'une telle stratégie? A moins d'un effondrement total du régime irakien, et d'un éclatement complet du pays en tant qu'entité sociale et politique un minimum unie (est-ce que ça a été possible au moment des offensives de juin? L'est-ce encore?), ce qui, malgré le caractère "tout ou rien" de cette stratégie, peut ou a pu se justifier, la chose semblait quand même improbable (au moins pour la zone chiite). Du coup, cet article, via la description du fonctionnement d'ISIS et d'Al Nosrah avant, avec les soutiens qataris et saoudiens, souligne la logique à l'oeuvre: le désespoir, compensé par la fuite en avant (sans peur -ou surtout sans pensée- du lendemain), aidés ensuite par quelques coups de bol et opérations "one shot", peut-être inespérés, qui ont radicalisé et accru le problème, sans changer ses fondamentaux.
  14. :D :D :D :oops: !!!!! Le plus court livre de l'histoire a beau être 1000 ans d'humour allemand, l'humour à base d'Allemands reste un classique.
  15. Des 3 "poids lourds" qui se sont opposés aux USA en 2003, Condoleeza Rice avait préconisé: "oublier la Russie, pardonner à l'Allemagne et se défouler sur la France"....
  16. Oui, mais ce seraient toujours autant d'efforts séparés que de membres, et d'une, et avec un décalage énorme entre les 3-4 plus puissants européens et les USA, de deux. A moins d'une coordination extrême, qui semble improbable voire impossible (tant que des Etats différents existent, leurs intérêts sont essentiellement concurrents, surtout en matière d'action extérieure, qui, rappelons-le, est un ensemble qu'on ne doit surtout pas réduire à sa seule dimension militaire), et ce encore plus si on casait dans ce mix une "Allemagne décomplexée" (et débridée juridiquement) se remettant à jouer sur tous les plans "comme les autres". Les places sont chères dans les frontières, hors de prix en dehors d'elles. La somme des dépenses militaires européennes actuellement se place dans un rapport de 1 à 2 par rapport à l'effort américain, et c'est pire si on essaie de faire un agrégat des sommes consacrées ou tenant plus ou moins à l'action extérieure: ça inclue le renseignement, la diplomatie proprement dite, l'ensemble des aides diverses et variées -domaine difficile à évaluer-, une partie des deals privés, et un vaste agrégat de participations, soutiens, actions privées.... Qu'il est difficile de réellement délimiter. Le tout est, à des degrés divers, coordonné depuis un point dans le cas américain, 28 dans le cas européen (nombre et origine différents si on parle de l'OTAN, évidemment), qui n'agissent pas, pour ces derniers, dans le même sens, puisqu'il s'agit d'intérêts majoritairement concurrents. Y'a pas photo.
  17. Tout à fait, et mon point n'était que de souligner: - l'un des aspects du problème d'ensemble - l'aspect subjectif de la chose, cad l'effet ressenti dans différentes opinions publiques Ceci dit, si tous les Etats membres faisaient leur effort de défense dans leur coin et développaient la politique étrangère qui va avec, je crois pas que ça changerait grand-chose: ce seraient toujours plein d'efforts séparés, et la plupart seraient de faible ampleur quand comparé au big boss (diviser pour mieux régner, quoi). Il faudrait une "composante européenne" unifiée de l'OTAN (cad, au final, des EU d'Europe, avec un échelon suprême de décision/orientation politique dominant, donc, essentiellement, une armée et une politique extérieure) ou une sacrée augmentation des budgets militaires (là on parle d'un seuil respecté de 4% du PIB) pour que les enfants puissent s'émanciper en partie (en fait selon moi plus sur le chapitre du marché de l'armement dans ce second cas). Faute de ça, toute augmentation de budget militaire ne profite qu'aux industriels de défense et aux USA qui obtiennent ainsi des supplétifs mieux équipés et plus nombreux (voire une plus grande clientèle solvable). Je crois que tu sous-estimes largement l'ensemble de ce qui garde le monde relativement calme (attention, j'utilise l'expression à défaut d'une autre): la dissuasion nucléaire, mais surtout l'ensemble de la politique extérieure américaine constituent le premier pilier de cet ordre (très relatif). Facile de pointer les interventions foirées/douteuses, mais il convient de mesurer leur effet au-delà de ce qu'on condamne (et de ce qui est objectivement condamnable quel que soit l'angle de vue), notamment le fait que même ridicule et foireuse, elles rappellent que Oncle Sam est toujours prêt à radiner dans votre voisinage (la joie, hein?). Histoire de dire que le "big stick" est pas vermoulu (un peu comme la raison derrière la bombe de Nagasaki, quand on sait que le Japon se rendait après la première). Plus généralement, il faut pointer l'ensemble de ce qu'est la politique étrangère US, qui est un vaste ensemble représentant un gigantesque capital financier et social investi: du temps, des réseaux énormes, des alliances, des garanties, des soutiens de tous types (militaires, économiques, financiers, institutionnels....) qui soutiennent et/ou imposent un ordre relatif (pas forcément le meilleur sous un angle moral, ou même un angle plus amoral) dans un grand nombre de régions..... Mais bon, 2003 reste un sacré bâton merdeux dans ce tableau, vu les conséquences de moyen et long terme; mais qui essaie de nettoyer un peu de la merde ainsi causée? Washington s'y colle un peu quand même, ce qui est plus qu'on peut dire pour beaucoup d'acteurs, à commencer par les plus impliqués, à savoir le voisinage. La participation des autres marines, comparée à celle des USA, est quand même mineure, surtout si on regarde au-delà de la surveillance des eaux territoriales (même là, la proportion de nations faisant un boulot correct est même pas si impressionnante dans beaucoup de régions). Alors, encore une fois, cet ordre n'est effectivement pas la seule manière dont la sécurité des voies maritimes est pensable.... Mais c'est le seul qui est en place, vu que personne d'autre a présenté d'alternative sérieuse, et surtout pas montré la volonté soutenue de le faire. Le temps aidant, tout le monde s'accommode fort bien du rôle US au point de le considérer comme un acquis, ce qui tend à minimiser l'importance de l'apport. Voir ce qu'il y avait AVANT l'existence d'une puissance à ce point dominante: la concurrence navale n'a pas produit de grand équilibre auparavant. Beaucoup de formes d'organisation pourraient produire un ordre maritime propre au commerce.... Mais y'a rien qui se fait, ou essaie même de se faire. J'ai pas dit le contraire: encore une fois, je présentais juste un aspect du problème, pas l'ensemble. Sous un angle purement national/égoïste, les Teutons, Japonais et autres ont raison de profiter autant qu'ils peuvent sans payer pour la sécurité dont ils bénéficient. Mais cet angle n'est pas le seul si on se place dans une perspective de plus longue durée.
  18. C'est l'un des problèmes majeurs du système international actuel: les pays qui profitent le plus du grand commerce mondial sont, à quelques exceptions près, ceux qui contribuent le moins (proportionnellement à leurs gains) aux fondamentaux permettant les dits échanges, et parmi ces fondamentaux, la sécurité est l'un des premiers, aussi bien le versant de protection des axes commerciaux (à un temps T ET pour le futur visible) que celui de prévenir, réduire, limiter ou contenir les foyers d'instabilité, le tout dans une action visible et affirmée, c'est à dire non seulement répondant à une crise éventuelle, mais aussi en garantissant (dans une mesure plus ou moins large) qu'un certain niveau de stabilité doit être et sera maintenu (au moins dans un certain nombre de zone) dans l'avenir. C'est une des grandes raisons qui font réduire le coût du business: accroît l'instabilité tous azimuths, et regarde l'évolution des perspectives d'échanges et d'investissements. Ce n'est évidemment pas le seul aspect de l'ensemble du problème, et mon point n'est pas d'instruire un procès à charge, mais c'est la part légitime de l'argumentation des USA (il y en a d'autres, moins légitimes, et certaines franchement hypocrites), et dans une moindre mesure, de la France et de l'Angleterre, à l'égard des autres pays de l'OTAN (et de quelques autres) qui "profitent sans payer", en quelque sorte. Très bien de se dire pacifiste et non interventionniste, ça se respecte totalement..... Mais tout de suite moins quand on profite plus que beaucoup des à côtés de l'interventionnisme. C'est à mon avis la "gratuité", ou la perception de cette "gratuité", qui énerve consciemment ou inconsciemment beaucoup de monde à des degrés divers.
  19. L'OTAN n'a pas réellement une politique ou des axes politiques propres: en tant qu'organisation prenant une vie propre, c'est une administration qui développe sa propre inflation, ses crédits, ses postes, ses factions.... Pour ramener du beurre et justifier son existence continue et l'absolue nécessité (dans l'esprit de ses personnels) de chacune de ses composantes, de chacun de ses moyens, de chacune de ses implantations.... En tant que plate forme permanente avec des factions permanentes essayant d'orienter les Etats-membres dans certains axes politiques, c'est nettement plus fumeux de présumer tant de volonté propre que ça, de ce que j'en sais. Du lobbying à l'occasion peut-être, mais s'il y a eu un tel comportement, il a plutôt été pendant les années 90, quand beaucoup de choses étaient en question pour l'organisation.
  20. Ha ben voilà l'irresponsabilité poutinienne à l'oeuvre: les petits Russes (et les grands) ne vont pas améliorer leur état de santé et leur espérance de vie, avec cette pénurie de pommes (à si courte échéance, vont pas trop pouvoir trouver même une fraction des quantités voulues). Quelqu'un a dit à Vlad que "an apple a day keeps the doctor away" (ce à quoi Churchill rétorquait "if you aim right", mais vu son hygiène de vie, c'est pas une référence)? Ni fait ni à faire tout ça: va falloir coller l'association internationale des nutritionnistes au cul de Poutine! Ca va le faire réfléchir.
  21. La Constitution pèse peu au regard des grandes féodalités qui se sont créées et constituent le seul vrai fonctionnement du pouvoir dans ce pays; c'est la différence majeur avec les pays occidentaux où les constitutions sont nettement plus intégrées au fonctionnement du pays, malgré les divers types de factions durables qui peuvent se créer. De fait, la constitution russe est nettement plus un objet de papier sans guère de possibilités d'être réellement respectée, faute de mécanismes permettant plus de poids à d'autres parties prenantes (comme la majorité de la population); la faiblesse du droit d'association (en matière politique), de l'Etat de droit, de la transparence gouvernementale (et des grandes concentrations capitalistiques), de la liberté d'expression (aujourd'hui plus théorique qu'autre chose) et de la pluralité (théorique ET réelle) de l'information y sont pour beaucoup, de même que le niveau extrême de concentration des richesses et la nature essentiellement cooptative des accès aux postes de décision de tous échelons. Ca ne veut pas dire que beaucoup de ces choses n'existent pas aussi dans les démocraties occidentales, mais c'est à un degré infiniment moindre. Qui dépendent essentiellement d'une chose (les hydrocarbures), sans autre pilier, et ce fonctionnement est l'une des barrières à une évolution du système (pourquoi changer si ça marche) qui, de son côté, est voué à toujours coûter plus (la grapille à tous les étages, c'est uniquement inflationniste: la minute où ça devient déflationniste, ça devient aussi conflictuel): les arrangements et deals en interne (entre acteurs du "jeu") coûtent toujours plus cher tant qu'on peut arroser avec du fric (plus on en a, plus on en veut, c'est une logique fondamentale), et ce qu'on sait de l'histoire du "projet" des JO indique qu'il a fallu que Poutine les veuillent longtemps et très fort, et concède des sommes invraisemblables, pour que ça se fasse.
  22. Le retard d'investissement accumulé est justement ce qu'on ne pointe pas assez: c'est trop peu flashy et conduit beaucoup à dire que les experts se gourent depuis 10 ans sous prétexte que des puits usés continuent quand même à produire. Mais le coût le plus sous estimé est celui du système politique lui-même, soit ce que tu nommes la "rapacité des parasites": j'avais quelques échos concordants sur le coût de Sotchi, et la part qu'y occupait ce système, et c'était édifiant. En essence les mêmes infrastructures auraient pu être produites pour 1/3 à la moitié de la facture finale (le prix du kilomètre d'autoroute était particulièrement édifiant); on devrait y faire attention en France, étant donné que la Caisse des Dépôts a été le plus important investisseur étranger de l'événement. Mais le dit coût du système (corruption, allocation des dividendes et ressources, mainmise économique des "grands" sur les petits, notamment les petits entrepreneurs) est édifiant, et le niveau parasitaire de concentration de la richesse, combiné à celui de l'évasion (et de l'évitement/contournement) fiscale et aux sorties constantes de capitaux privés (cad d'un petit nombre d'individus), L'absence persistante d'un Etat de droit ne fait pas augurer de changement, ce qui ramène la survie du système russe au seul secteur des hydrocarbures, qui permet de maintenir le minimum d'équilibre.
  23. Même l'Armée Rouge, contrairement au mythe, ça a pas été de grands effectifs et très peu d'unités, une fois retranché le nombre d'opératrice de batteries AA (très consommatrices de personnels) dans les villes, bases ou centre industriels (les Anglais, qui ont utilisé les femmes dans ce même type de postes, devraient à ce moment être comptés comme ayant des effectifs conséquents de "combattantes").
  24. On a vu toutes les dépenses de l'Etat diminuer pour combler cette équation, sauf l'armée; même la sécurité intérieure a morflé, alors que c'est l'un des piliers de Poutine, et un investissement nécessaire pour la conservation du système de pouvoir. On peut aussi anticiper une part d'endettement public qui pourrait augmenter, avec la Chine comme bailleur de fond incontournable, ce qui faisait dire, entre autres raisons, à Brzezinski (pas impartial, loin de là, mais restant un analyste incontournable), que la spirale antagoniste dans laquelle Poutine pousse la Russie peut produire des résultats, ou des apparences de résultats (l'opposition au "grand méchant occident"), à court terme, mais peut tendre à faire de la Russie un satellite ou semi satellite de la Chine à plus longue échéance (débouché gazier/pétrolier principal ou en tout cas trop incontournable, bailleur de fond), dans une relation par trop déséquilibrée.
  25. Pas un grand mystère: mêmes échos de la part de copains et connaissances à Bruxelles (beaucoup de lobbyistes que j'ai honte d'encore appeler "amis" :-[ ): le lobbying est une activité étrangère à la scène politique française, culturellement, ce qui est une chose (qui met du temps à changer, notamment via le changement de génération de politiques.... Qui tarde en France), mais surtout la scène bruxelloise est encore considérée comme une voie de garage pour les politiques à Paris, où on envoie les seconds couteaux et où les postes politiques sont des lots de consolation ou le piquet de punition, avec tout le manque de "networking" et d'attention suffisante portée au sujet et à la scène locale que ça suppose. Ajouter aussi le manque d'investissement dans le lobbying de la part des acteurs politiques français (ce qui est un système pernicieux et auto entretenu, mais incontournable si on veut peser), à comparer avec l'investissement allemand (Etat ET länders, en plus des entreprises) et anglais. Pas un grand mystère: mêmes échos de la part de copains et connaissances à Bruxelles (beaucoup de lobbyistes que j'ai honte d'encore appeler "amis" :-[ ): le lobbying est une activité étrangère à la scène politique française, culturellement, ce qui est une chose (qui met du temps à changer, notamment via le changement de génération de politiques.... Qui tarde en France), mais surtout la scène bruxelloise est encore considérée comme une voie de garage pour les politiques à Paris, où on envoie les seconds couteaux et où les postes politiques sont des lots de consolation ou le piquet de punition, avec tout le manque de "networking" et d'attention suffisante portée au sujet et à la scène locale que ça suppose. Ajouter aussi le manque d'investissement dans le lobbying de la part des acteurs politiques français (ce qui est un système pernicieux et auto entretenu, mais incontournable si on veut peser), à comparer avec l'investissement allemand (Etat ET länders, en plus des entreprises) et anglais. Pas un grand mystère: mêmes échos de la part de copains et connaissances à Bruxelles (beaucoup de lobbyistes que j'ai honte d'encore appeler "amis" :-[ ): le lobbying est une activité étrangère à la scène politique française, culturellement, ce qui est une chose (qui met du temps à changer, notamment via le changement de génération de politiques.... Qui tarde en France), mais surtout la scène bruxelloise est encore considérée comme une voie de garage pour les politiques à Paris, où on envoie les seconds couteaux et où les postes politiques sont des lots de consolation ou le piquet de punition, avec tout le manque de "networking" et d'attention suffisante portée au sujet et à la scène locale que ça suppose. Ajouter aussi le manque d'investissement dans le lobbying de la part des acteurs politiques français (ce qui est un système pernicieux et auto entretenu, mais incontournable si on veut peser), à comparer avec l'investissement allemand (Etat ET länders, en plus des entreprises) et anglais. Pas un grand mystère: mêmes échos de la part de copains et connaissances à Bruxelles (beaucoup de lobbyistes que j'ai honte d'encore appeler "amis" :-[ ): le lobbying est une activité étrangère à la scène politique française, culturellement, ce qui est une chose (qui met du temps à changer, notamment via le changement de génération de politiques.... Qui tarde en France), mais surtout la scène bruxelloise est encore considérée comme une voie de garage pour les politiques à Paris, où on envoie les seconds couteaux et où les postes politiques sont des lots de consolation ou le piquet de punition, avec tout le manque de "networking" et d'attention suffisante portée au sujet et à la scène locale que ça suppose. Ajouter aussi le manque d'investissement dans le lobbying de la part des acteurs politiques français (ce qui est un système pernicieux et auto entretenu, mais incontournable si on veut peser), à comparer avec l'investissement allemand (Etat ET länders, en plus des entreprises) et anglais.
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