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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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C'est utiisé juste là où ça arrange: pour être gentil avec les auteurs, il est TRES difficile, même pour des experts, de se représenter l'impact d'ensemble des nanotechs sur une société, et d'une, et surtout dans un futur lointain, de deux, où elles seront présentes dans TOUS les aspects, petits et grands, de la vie (corps humain, domicile, activités économiques, cadre urbain, armée....) tant elles auront été "normalisées" et seront devenues une base cheap de tout matériau, de toute science.... C'est encore plus dur étant donné que vu la distance à aujourd'hui de la plupart des grandes sagas de SF (plusieurs siècles, plusieurs millénaires), les nanotechs seront surtout quelque chose de déjà ancien, complètement intégré dans les nouveaux domaines scientifiques (sans même qu'on y pense), et/ou complètement dépassé. Quelques exemples où on les voit utilisées: la série du "Vieil homme et la guerre", et Honor Harrington (très limité: chimie de certains matériaux, notamment la "peinture intelligente" des vaisseaux, mais aussi pour la médecine génétique où elles servent de vecteur....). Dans Le vieil homme et la guerre, et ses suites, qui est une des sagas à succès qui a commencé le plus récemment (années 2000) avec un auteur plus jeune que les autres grands noms, on voit l'une des intégrations les plus abouties par rapport à ce qui précède (du moins à ce niveau de notoriété pour un bouquin: quantité d'auteurs sortent des trucs en permanence, peu sortent du lot): je vais pas trop détailler, ça serait déjà de l'énorme spoiler pour la grande surprise qui arrive dès après le préambule du premier tome (le voile tombe sur le mystère que ce préambule présente.... Ce qui lance la saga). Mais on peut voir l'intégration des nanotechs très poussée dans les armes (un très bon concept notamment pour les munitions), et surtout dans le domaine médical. Quand à savoir si c'est plausible, même un peu.... C'est le genre de trucs QUI EST CENSE ETRE LE SUJET DE CE FIL!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Groumpf! Elle est statique, puis elle est plus rien du tout à un moment..... Abracadabra, personne n'a lu le spoiler: vos paupières sont looouuuurdes, vous êtes en paix, je vais compter à rebours et, à zéro, vous n'aurez aucun souvenir..... Le nombre de forts décroît énormément après la libération de l'Etoile de Trevor (et la planète San Martin -celle des Latinos hyper maousses- qui va avec), qui libère le système mère de cette contrainte. Le désarmement des forts, par ailleurs à ce moment obsolètes et très "labor intensive", libère une masse d'effectifs qui accompagne l'expansion de la flotte. De nouveaux forts sont bâtis à Trevor et Basilic (et plus tard dans l'amas de Talbott qui sera annexé suite à la découverte d'un nouveau wormhole dans le noeud de Manticore), mais, outre leur automatisation plus grande (bien pratique pour le récit), le nombre requis est infiniment moindre que quand il fallait saturer le système mère à tous les Terminus. Le point de divergence est ici justifié, et pas forcément stupidement, par le règne précédent l'actuel monarque de Manticore (le papa de la reine colérique), qui, anticipant l'expansionnisme messianique havrien, a préparé le socle politique pour favoriser d'un côté le développement de la flotte et une stratégie de "défense avancée" impliquant le contrôle des deux côtés des terminus des wormhole aboutissant à Manticore, et de l'autre le développement de l'alliance manticorienne -et donc le travail politique qui va avec- en pointant du doigt le dit expansionnisme havrien. Soit une politique entamée plus de 30 ans avant le début de la série. l'isolationnisme des conservateurs n'est qu'une des tendances dans la politique manticorienne, et cette tendance, si elle trouve un écho dans d'autres portions du Parlement, n'est pas majoritaire et ne peut donc obtenir que des compromis: elle cède sur l'expansionnisme naval depuis un bail (encouragé par ailleurs par de grands cartels, la puissance politique de la couronne, l'aura des deux derniers monarques et du premier ministre en exercice, et la majorité en place), mais empêche un expansionnisme pur et dur d'annexions ou de "fusions" politiques, ce qui amène entre autres à la situation de Basilic.
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Donc le HS n'existe pas, dans ton univers alternatif? Désolé, mais c'est de la SF, ton sophisme.... En vieux françois, on appelle juste ça une sodomie de coléoptère en plein vol: c'est technique, c'est pointu, c'est "out of the box", mais c'est juste pour la vanité de l'exercice .
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Pas faux sur beaucoup de points..... Mais le sujet est bien sur la pertinence des récits de SF par rapport à ce que nous savons aujourd'hui de la science: créer une aide de lecture pour les lecteurs non matheux qui veulent savoir à quelle sauce ils se font enfiler, et/ou quand l'auteur trouve des biais élégants qui "accompagnent" mieux les inconnues et problèmes scientifiques posés.... Je le sais, parce que c'est moi qui ai créé le sujet :P .
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terrorisme [AQMI & Boko Haram]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Akhilleus dans Politique etrangère / Relations internationales
Oui, chaque pays a une histoire, et celle du Nigéria a complètement démoli leur armée dans les 30 dernières années: institutions faibles (quoiqu'il semble y avoir amélioration depuis peu; mais ce n'est que le début d'un processus de reconstruction) et insuffisantes au regard de la taille du pays et de ses problèmes (maillage faiblard, service moins que minimum sur tous les plans, formation trop limitée, moyens réduits), corruption élevée, forte "régionalisation" (traduire par "clanisme outrancier" et tribalisation, ce qui rend le pays plus féodal qu'Etatique, au profit de "barons brigands" locaux), moyens de l'Etat limités (mais en croissance, l'armée n'étant pas l'investissement prioritaire cependant), faible mentalité/consensus nationale (qui fait percevoir l'armée comme une troupe étrangère et hostile dans beaucoup d'endroits).... Bref, les multiplicateurs qui rendent un appareil de sécurité (polices et armée) efficaces ne sont pas là. Quand au dit appareil, il est aux fraises pour encore un moment, et le peu d'efficacité qu'il peut produire (une partie des forces -réduite) ne s'applique qu'à un champ de capacités limité, ce qui explique l'extrême brutalité des troupes quand elles ont été envoyées en missions à l'intérieur, et les réactions des populations, hostiles. En plus, la dite armée est petite: 130 000h pour 160 millions d'habitants, avec priorité à la protection des zones pétrolières et grands centres urbains, et, sans doute, une priorité ethnique et religieuse aux groupes dominants (les 160 millions d'habitants sont une mosaïque très peu unie). -
Ouais, enfin faut ramener certaines choses en proportion: le Japon, même à l'orée de la 2ème GM, était un pays économiquement très contrasté: une industrie militaire moderne (mais, à part quelques domaines, quelques crans en retard), quelques secteurs d'activité modernes, mais somme toute, beaucoup d'arriération en dehors (peu d'industrie de consommation, industrie d'équipement et d'infrastructure inégale, limitée et pas super avancée, proportion d'éducation supérieure réduite....), et pas de consommation de masse. Sa modernisation a été essentiellement (disproportionnellement pourrait-on dire) militaire, accompagnée d'une "normalisation" (administrative, financière) par nécessité pour interagir avec le monde extérieur (établissement d'un système monétaire et financier moderne et de la comptabilité nationale qui s'est mise à chiffrer ce qui ne l'était pas avant, afin d'obtenir des valorisations). Le contraste est énorme entre les années 1850 et les années 1890, effectivement, mais moins si on regarde ailleurs que l'action extérieure et l'armée..... Et ça fait tout de même plus de 40 ans contre les 15 ans de Grayson dont la population est formée.... Mais dont la formation a 5 ou 6 siècles de retard au moins. L'Allemagne (ou les Allemagnes) ne ressemble pas vraiment à cela au XIXème: elle n'a aucun retard technique, a une infrastructure développée et moderne dans une bonne partie des entités qui la composent, ou déjà les moyens (techniques, financiers, humains) de l'acquérir rapidement, est pleinement intégrée aux axes commerciaux du continent, n'a pas de retard dans le train de la révolution industrielle sur le dit continent.... Tout ce qui change est l'unification politique qui agit comme un booster en centralisant dans une large mesure une vaste gamme de décisions (politiques, militaires, économiques, financières, commerciales, d'infrastructure.....), limitant énormément de coûts (impliqués par la concurrence des Etats qui s'unifient, leur organisation et fonctionnement interne....) et redéployant un maximum de moyens dans un ensemble plus grand, pour plus d'effets à l'arrivée, créant confiance, échanges.... A une plus grande échelle. Tout en combinant la chose avec plusieurs effets d'aubaine (liés à l'époque: croissance démographique -accrue par l'unification-, révolution industrielle et scientifique dans tous ses aspects, présence des bonnes ressources au bon endroit au bon moment) qui donnent au résultat final un aspect spectaculaire. Mais au final, c'est juste un changement d'organisation politique qui agit comme effet multiplicateur en usant autrement de ressources qui étaient là et étaient "à niveau". Ceci dit..... Le sujet est sur la "science" dans la SF: sa plausibilité, comment ne pas avaler n'importe quoi....
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Ah, là on voit l'électorat hardcore des militants de la droite très conservatrice, ceux qui ont un poids disproportionné au sein du parti républicain parce qu'ils se présentent en nombre et organisés aux primaires (où peu de monde va en dehors d'eux), parce qu'ils votent plus souvent et parce qu'ils représentent une part incontournable des militants qui vont faire du porte à porte et de la collecte de fonds dans les communautés.... Et parce qu'ils dépensent plus que la moyenne pour la politique: ce que vous avez là, ce sont les gens qui écoutent religieusement Rush Limbaugh, passent la moitié de leur vie sur FoxNews (avec emphase sur Hannity, O'Reilly et Fox & Friends), s'abonnent à la chaîne internet de Glenn Beck ou Alex Jones (ou celle de Sarah Palin qui vient d'être lancée), souscrivent à tous les suppléments premium possibles, et achètent tous leurs bouquins et ceux des autres "pundits" de l'ultra droite (Ann Coulter et consorts), toujours délirants et stupides, (souvent le même bouquin avec une autre couverture et à peine quelques altérations) mais toujours avec quelque chose à vendre (chaîne de Glenn Beck et produits dérivés: 90 millions/an). Un marché en soi.... Au global, une très petite minorité aux USA, mais une minorité suractive. Et apparemment, une fois de plus, les saillies du révérend Al Sharpton ces dernières semaines les ont gonflé. Rien de nouveau, quoi. Mais faut pas s'étonner du différentiel de recueil de fonds: cette frange de population est beaucoup plus organisée et réactive que leurs opposants sur cet événement, qui tiennent eux plus de la réaction spontanée et en désordre de qui a de l'attention et de l'argent à consacrer quand il le peut. Tout ce que ça mesure est le niveau de rage organisée habituel de la frange nauséabonde de l'ultra droite à la ricaine, versus.... Rien du tout en face: des individus dispersés réagissant à un événement selon le niveau d'exposition/proximité qu'ils ressentent par rapport à cet événement (comme une catastrophe naturelle et la campagne de dons spontanée qui suit).
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Ben, ce sont les seuls qui sont (dimensions, époque et facteur SF à part) confrontés à des situations "réelles", cad en terme de fiction, à des dilemmes qui sont pas des faux choix, à de vrais déchirements (ce qui est au fond LE point de toute fiction, de tout récit), avec des options limitées et jamais franchement enthousiasmantes. Et ce sont plus des humains, pas des archétypes. Honor Harrington était plus sympa de ce côté au début de la série: personnage pas encore accablée de tout le surdimensionnement que lui a foutu Weber (carrière, background, capacités....), petit officier confrontée à plein de contraintes.... Elle pouvait être plus "réelle" que le machin qu'il en a fait très/trop vite dans la série (dès le 4ème tome, pour moi elle est finie -et déjà dans le 2ème à Grayson, elle commençait à me gonfler). Theismann et Tourville, Casket et Yu, Pritchard et Giscard (le leur, pas le nôtre) sont de ce côté d'autant plus sympas qu'ils n'ont pas non plus droit aux avalanches de complaisance sentimentalo-moralo-justificatrice nauséeuse qui entourent HH dans la narration, états émotionnels débiles et autres (c'est du mauvais manga pour adolescentes en fleur). Ca, tu retrouves le nombrilisme exceptionnaliste américain à son plus fort, façon Tom Clancy avec le décorum d'une pseudo monarchie anglaise du XIXème siècle. Grayson est un cas splendide: ils prennent moins de 15 ans pour passer d'un stade socio-économique genre début XXIème siècle avec quelques trucs en plus, au top du standard économique des romans, le tout en ne comptant que sur leur population active masculine (20% de la population graysonienne) et une part réduite (mais croissante) de la population féminine, soit moins de 500 millions de personnes, dans un univers où les planètes développées sont peuplées à coup de milliards d'habitants suractifs, à la capacité démultipliée par des siècles d'accumulation capitalistique, organisationnelle et technologique. Forts les bigots mysogynes amateurs de baseball! Et évidemment, dans ces 15 années, ils bâtissent la 2ème flotte la plus méchante de l'univers (en tout cas de l'alliance manticorienne), à partir de rien du tout, aux effectifs se comptant en millions. Manticore, quelle générosité: je veux bien qu'ils puissent se permettre plus de marge de manoeuvre dans les cadeaux diplomatiques, tant parce que toute fiction peut autoriser les héros à être UN PEU plus généreux que dans le monde réel, que parce que Manticore bénéficie de l'ultime ressource/Epice/puit de pétrole/mine d'or de cet univers (le "noeud" unique qui en fait le super carrefour), mais point trop n'en faut. Ca tombe bien: il semble que l'auteur ait aussi mis l'écriture en pause . Non seulement ça piétine depuis 3-4 tomes, mais en plus, à le lire, on sent que ses personnages, Honor en tête, l'emmerdent sauvagement depuis encore plus que ça. Les spin offs ne semblent plus le distraire non plus (il a essayé de se relancer sur Michelle Henke d'un côté, et le duo d'espions de l'autre, Honor étant trop chiante), et les retours de lecteurs semblent nettement moins enthousiastes.
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Dans le storytelling japonais, le traitement de Reinhard se retrouve souvent: place du "chef"/aîné dans la culture japonaise, hyper-théâtralisation, hyper "centralisation" du récit sur le personnage, mélodramatisation à outrance, superlatifs et emphase ultra poussés.... Au final, il y a LE personnage, et une masse de faux personnages qui sont juste là pour le mettre en valeur (et n'existent à l'écran que pour ça): en s'opposant à lui, en étant nuls (pour mieux souligner à quel point il est génial), pour parler de lui quand il est pas dans la scène, pour témoigner des conséquence proches ou lointaines de ses actions, décisions, faits, gestes, aspect..... Mais aussi pour l'idolâtrer évidemment, le plaindre, l'aimer (et donc montrer qu'il est aimable parce que c'est pas toujours évident quand on le voit -particulièrement vrai dans le cas de Reinhard qui est franchement à baffer), le pointer du doigt (évidemment à tort).... Aucun de ces procédés n'est en soi mauvais ni illégitime dans un récit, mais poussé à ce point, c'est pire qu'infantilisant, et bien au-delà de l'énervant. La figure tragique du héros/génie incompris face à la médiocrité du reste de la création est un tantinet poussée beaucoup trop au-delà des limites acceptables. On peut noter que cet angle de récit a une connotation particulière au Japon, dans la justification partielle des actes des militaires des années 30-40, souvent présentés comme des génies altruistes avec une grande vision mal comprise; ça se retrouve assez fréquemment dans la fiction du pays.
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Ouaif: les années 80 (et japonaises en plus) n'excusent pas tout.... C'est quand même salement kitsch, et les grandes envolées pleines de poncifs sont lourdingues, de même que l'over-vénération/martyrisation (je sais, c'est particulièrement poussé dans le mode de récit japonais) des deux super-poids lourds de l'intrigue est un tantinet irritante, avec mise en contraste, pour souligner le "génie" des deux, l'over-stupidisation de leurs concurrents (qui sont soit franchement attardés, soit hyperémotifs/hypersanguins au point de se demander comment ils ont eu leurs galons)..... Y'a quand même des codes de récit japonais qui passent pas super bien en occident (du moins passé un certain âge): trop théâtral, des héros "trop tout" sur qui tout est trop centré et emphasé.... Les ricains font un peu ça côté oversentimentalisation: Honor Harrington en est un bon exemple. Y'a pas un petit peu du syndrôme Achille/Patrocle, Frodon/Samwise, Socrate/ses élèves, avec celui-là :-X ?
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terrorisme [AQMI & Boko Haram]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Akhilleus dans Politique etrangère / Relations internationales
Comme le Hollandais le dit dans le film Pirates (celui de Polanski), y'a des moments où "l'otage ne nourrit plus son homme"..... Enfin dans le cas du Moyen Orient en ce moment, il ne semble pas que ce soit le cas. Il faut aussi souligner que la part d'ISIS (et Al Nusra d'ailleurs) est d'autant plus difficile à évaluer que malgré ses récentes évolutions, le mouvement est tout sauf monobloc: comme beaucoup de tels groupes, Al Qaida inclus, il s'agit d'une "nébuleuse", d'une appellation devenue générique qui, selon le moment, a pu voir son "centre" acquérir plus de moyens, pouvant de ce fait, tel un gouvernement "fédéral", distribuer ou refuser (ou allouer plus ou moins radinement) des ressources diverses (renforts, entraînement, armes, soutien, argent, renseignement, approbation/bénédiction, contacts, débouchés....). Mais tous les groupes qui, de l'extérieur, peuvent sembler des subdivisions, sont en fait souvent des affiliés, avec un degré variable d'autonomie dans leur zone d'action. Pour ISIS, ça semble être moins le cas depuis peu, avec un centre qui a dorénavant pris une importance sans commune mesure avec ce qu'on a pu voir ailleurs: décréter la création du "califat" et communiquer massivement en ce sens a résulté sans doute d'une longue guéguerre politique intérieure au sein de ce réseau, le "centre" se jugeant suffisamment fort pour le faire ("masse critique" atteinte sur plusieurs plans: moyens militaires, moyens financiers/économiques, attractivité/image/renom -avec une "star" à la tête-, positions et bases acquises, parts de population contrôlées, capacités de renseignement, position incontournable dans l'opposition à Baghdad et Damas....), et acquérir de ce fait plus d'autorité sur ses membres (désormais, c'est une "marque" sans concurrent, un truc dont les autres ont de plus en plus besoin). Mais même dans ce cas, les morceaux qui constituent l'entité ont des degrés d'autonomie très variables; au moins encore pour l'instant. L'affirmation du califat semble cependant signaler qu'il doit y avoir un alignement sérieux sur le centre, qui doit désormais disposer d'un degré de contrôle très important, aidé par le fait de tenir une entité géographique (par opposition à Al Qaida, qui en est toujours resté au stade de nébuleuse terroriste: mondiale, mais sans territoire autre que des bases, des enclaves réduites....). Sinon, les résultats d'une petite étude (à prendre avec des pincettes), sur l'estimation des ressources détenues par les différents groupes terroristes "du moment". Un comparatif façon "Fortune 500", quoi: - ISIS: 2 milliards de dollars (1 milliard issu du pétrole, 400 millions des casses des banques en zones "conquises", 100 millions issus du blanchiment....) - Talibans: 560 millions - Hezbollah: 500 millions - FARC: 350 millions - Al Shabaab: 100 millions - Hamas: 70 millions Les chiffres sont un agglomérat bizarre (réserves/trésor de guerre estimé? Revenu? Sommes acquises qui sont effectivement connues, et cumulées en un chiffre reflétant des flux et sommes indifféremment?), mais ils donnent un ordre de grandeur des ressources traçables qui ont été vers leurs coffres. -
terrorisme [AQMI & Boko Haram]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Akhilleus dans Politique etrangère / Relations internationales
Beaucoup de questions que je me suis posé aussi, effectivement: Le fait de ne pas négocier a t-il, dans une mesure plus ou moins large, impacté le nombre d'Américains pris en otage? Le fait que des sociétés ou des familles (de tous pays, dont les USA) payent des rançons change t-il sérieusement la donne au point d'invalider ou de très sérieusement amoindrir la position de principe des USA? La majorité des groupes terroristes s'adonnant à cette activité perçoit-elle une différence entre l'Etat qui édicte une politique (et s'y tient ou non), et les sociétés/associations/familles qui y appartiennent et répondent à leurs demandes malgré la position de leur nation? Y'a t-il hypocrisie de fait du côté des Etats qui "ne négocient pas", soit qu'ils le fassent dans certains cas, discrètement, soit qu'ils donnent un relatif blanc seing à leurs sociétés (ou familles, associations....) pour le faire de leur côté, par assentiment ou faible rétorsion (pas plus qu'une tape sur la main en disant "c'est pas bien, on doit pas négocier, mais ça va pour cette fois..... Encore")? Dans ce dernier cas, la puissance de lobbying et l'entregens des individus et groupes concernés joue évidemment à plein pour parasiter le processus de décision étatique et la tenue d'une politique ferme, tout comme un gouvernement peut profiter de cet état de fait pour négocier de fait tout en le niant, via ces proxys (main droite et main gauche se connaissent pas, quoi). le cas de Bo Bergdahl peut du coup devenir un cas d'école: les Talibans sont-ils reconnus par les USA comme une nation, finalement, avec laquelle un échange de prisonniers peut avoir lieu? Ou bien y'a t-il eu de fait et de droit une négo avec des terroristes/mouvements de guérillas locaux, qu'on habille par de la com? On peut aussi, effectivement, souligner la différence de potentiel militaire/action/renseignement entre les Etats: ceux qui en ont plus ont plus d'options avant d'en être réduits à raquer. Mais la France, si les ordres de grandeur sont vrais, semble le premier payeur, tout en étant, en Europe, le pays avec le plus de potentiel en la matière (au moins pour la zone africaine). Est-elle celle qui envoie le plus de monde en zone dangereuse? Pas plus que les USA ou les Brits (ou les Chinois) il me semble. Autre question, plus générale: quel impact de cette vraisemblable inflation des montants concernés? Dans quelle mesure est-ce dû à une augmentation du nombre d'otages, et dans quelle mesure est-ce lié à une augmentation des tarifs? L'effet "d'appel d'air" semble réel malgré toutes les relativisations à apporter. Par ailleurs, les montants évoqués ne sont pas du petit argent, et ont eu un impact réel sur les finances d'un certain nombre de mouvements organisés/structurés et idéologiques, leur conférant des capacités très supérieures, donnée mal prise en compte dans les tentatives d'élaboration finale d'un bilan coût/bénéfices des postures prises. J'en doute: la guéguerre des services peut avoir joué son rôle (chacun veut ses petits domaines pour briller, faire des carrières et obtenir des budgets), mais faut pas oublier qu'au pays des mille agences et officines de renseignements (dont 16 majeures), il y a bien une répartition du travail et des domaines de spécialités, le tout sur fond d'engorgement permanent face à l'accumulation de données (logique autodestructrice du renseignement US: plus ils en ont, plus ils deviennent paranos, donc plus il leur en faut, et ils ont pas de quoi réellement traiter le dixième de ce qu'ils ont, surtout pas en temps utile). Le Département du Trésor a donc aussi son agence de renseignement (Office of Terrorism and Financial Intelligence), ce qui est assez logique vu qu'ils ont un angle d'approche aussi unique que crucial, et les outils et spécialisations pour le traiter (c'est un métier et une spécialisation, il faut le reconnaître; et quand on a les moyens des USA, ça devient une agence). On a bien le Tracfin en France, à très petite échelle, qui est bien utile. -
terrorisme [AQMI & Boko Haram]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Akhilleus dans Politique etrangère / Relations internationales
J'avais pas vu que la question du fric des rançons se traitait ici (posté un truc sur l'article du Times sur le fil USA)..... Les montants impliqués révèlent quand même, autant par leur importance que par leur concentration essentiellement sur un très petit nombre de zones précises et/ou de mouvements, que les groupes terroristes qui posent problèmes aujourd'hui atteignent, via ces rançons, une masse critique permettant de franchir un "seuil de nuisance" de niveau géopolitique: ils passent dans la classe supérieure par ce biais longtemps considéré comme anecdotique, ramenant la question du fait de payer ou non sur le devant de la scène, au-delà du seul aspect de principe. ISIS, par exemple, s'est largement financé par ce biais et l'a utilisé pour passer à la catégorie "je contrôle des puits de pétrole dans deux pays et rançonne des grandes villes". Sur les 125 millions de dollars payés en rançons par l'Europe depuis 2008, 66 millions l'ont été sur la seule année dernière, et ce à un nombre de groupes très réduit (où ISIS et ses affiliés se taillent la part du lion il semblerait). Du coup, le débat rebondit aux USA, avec doigts pointés vers l'Europe, France en tête (les Anglais reçoivent une caresse sur la tête au passage); il semble que les ricains s'activent désormais beaucoup plus sérieusement en coulisse pour essayer de contraindre les Européens d'arrêter de raquer, mais aussi, plus globalement, pour empêcher les entreprises et familles (là, c'est plus vaste et cela inclue aussi des entités américaines) de le faire. -
Les USA commencent à s'énerver sévère contre les pays qui négocient leurs otages avec des groupes terroristes, et ajoutent à la liste les familles et entreprises (là, y'a aussi des entités américaines) qui le font: un article du NY Times pointe les dispositifs opaques qui permettent d'acheminer l'argent des rançons sous couvert "d'aide humanitaire" ou d'aide aux pays du tiers monde. Selon l'article, environs 125 millions de dollars auraient été payés par les pays européens depuis 2008 pour des rançons (essentiellement au Moyen Orient, au Maghreb et au Sahel), dont 66 millions pour la seule année dernière. Et comme d'hab, si beaucoup de pays sont mentionnés, la France semble toujours un peu plus pointée du doigt que les autres.... Notons que l'argent des rançons a été jusque récemment le principal moyen de financement d'ISIS.
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Ukraine II
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Akhilleus dans Politique etrangère / Relations internationales
Y'a des statues de St Just, Carrier, Robespierre ou Marat en France? Si oui, je propose de faire une réunion AD.net pour les démolir. D'urgence! Que Lénine se sente pas seul dans le rejet. -
[Irak] passé, présent, avenir
Tancrède a répondu à un(e) sujet de roland dans Politique etrangère / Relations internationales
Chez les papous, y'a des papous à poux et des papous pas à poux, Mais chez les papous, y'a aussi des poux papas et des papous pas papas; Donc, chez les papous, y'a.... (la version entière doit se dire à dire à voix haute, et très vite). How much wood would chuck a woodchuck if a woodchuck would chuck wood..... Je sais, lit 145, salle 32, 3ème étage à Sainte Anne..... J'y retourne. -
C'est ce que je soulignais plus haut: en fait, de la police anti émeute, surtout en termes d'unités avant tout dédiées à cet emploi, c'est pas si fréquent que ça. Les Anglais n'en ont pas vraiment: les polices reçoivent divers degrés de formation complémentaire en la matière, avec quelques cadres permanents (ou petites équipes de cadres formant de très basiques chaînes de commandement ad hoc) pour coiffer les uniformes quand la situation demande la conversion en mode anti-émeutes.
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[Irak] passé, présent, avenir
Tancrède a répondu à un(e) sujet de roland dans Politique etrangère / Relations internationales
Mini tempête à Washington: les Américains ont apparemment tenté une opération de récupération d'otages détenus par ISIS, qui a foiré. Le Pentagone (ce qui veut dire que c'est l'USSOCOM qui a tenté le coup, pas la CIA) est furieux que l'information ait filtré, mais heureusement, soyez rassurés, les journalistes se concentrent sur le versant important de l'affaire: le fait que Barrack Obama ait été en train de jouer au golf avec une star de la NBA pendant que l'opération se déroulait. On n'est encore sûr de rien, mais il semble que la tentative ait eu lieu sur le sol syrien, ce qui a incidemment lancé le débat sur l'extension des frappes aériennes contre les positions d'ISIS en Syrie (et amène aux USA un peu plus de poids politique derrière le fait de se réimpliquer au MO), le point restant délicat à mains égards (pas refoutre le pied dans cette merde du MO, pas dépenser plus, pas se retrouver en position de devoir coopérer de facto avec un Assad qui se repeindrait en anti-islamiste....). -
[Irak] passé, présent, avenir
Tancrède a répondu à un(e) sujet de roland dans Politique etrangère / Relations internationales
Le timing de la décapitation n'est pas neutre cependant: le faire après s'être pris la première branlée, le premier coup d'arrêt dans "l'élan" d'ISIS depuis l'apparente "avance irrésistible" depuis juin, c'est de la compensation pour essayer de tenir le terrain médiatique, à défaut d'avoir une solution militaire: le ressaisissement irakien, la coopération kurdo-irakienne, le soutien iranien et l'implication active des USA (qui plus est par un vecteur qu'ISIS ne peut contrer) ont redonné du souffle sur le terrain et plus encore changé radicalement la trame narrative du flot médiatique, largement en défaveur d'ISIS (pas au sens partisan, mais surtout au sens "voilà qui gagne -et qui est donc fort-, et voilà qui perd -et qui est donc nul"), avec du coup plus d'emphase sur l'inhumanité et les problèmes de la zone de contrôle du mouvement qui doit découvrir que tenir est plus dur -et cher- que conquérir. Faut plus de monde en statique pour le contrôle de zone, surtout quand on impose un régime dur et différent de ce qui précède, et il semblerait que les perches tendues aux clans sunnites de l'ouest par Baghdad et Washington commencent à être prises (en tout cas certaines), ce qui doit accroître l'inconfort d'ISIS et la difficulté de sa position, en même temps que les coûts réels de la mise en oeuvre d'un "pays" et ceux d'une guerre aux demandes croissantes commencent à s'empiler (avec un soutien financier des pays du Golfe qui risque de largement disparaître si ce n'est pas déjà fait). Sur ce point d'ailleurs, quelqu'un a t-il une idée de ce que peut rapporter le trafic de pétrole? On souligne que c'est ce qui finance ISIS, mais je me demande quel genre d'argent ça représente: quelques dizaines/centaines de millions, c'est suffisant pour entretenir la petite armée d'ISIS sur ses 2 fronts, son appareil de propagande et une première phase de "conquête" (aidée par le mécontentement précédent des tribus sunnites) où on distribue les cadeaux et joue les libérateurs. Mais quand la population gérée commence à se compter en millions, dépasse la dizaine de millions, qu'il y a une infrastructure minimum à faire marcher et entretenir/réparer, qu'il faut que les gens mangent, que la guerre offensive commence à être plus demandeuse en matos et en homme (rythme d'attrition....), et qu'il faut tenir et consolider les zones occupées (moins forcément réceptives que dans le tout début euphorique, avec des gaffes et horreurs accumulées, les problèmes terre à terre qui s'empilent....), il semble que la famille des coûts fixes et variables change radicalement de catégorie. On commence à avoir besoin de milliards, ou à tout le moins de plus de centaines de millions plus souvent, et surtout de manière plus fixe et sûre: exit la stratégie à la petite semaine de faire quelques "coups" comme la banque de Mosoul, ou refiler des petites quantités de pétrole syrien ici et là, au coup par coup (j'ai plus le chiffre en tête, mais au mieux du mieux à l'époque de la Syrie pré-2011, ça chiffrait pas en milliards, déjà). -
[Irak] passé, présent, avenir
Tancrède a répondu à un(e) sujet de roland dans Politique etrangère / Relations internationales
Le bordel est là pour un moment, ça c'est sûr: la seule question est de savoir sur quelle étendue. La capacité de renouvellement des effectifs est une autre question, pas si facile à évaluer: ISIS est maintenant un proto-Etat, et comme tel, va devoir tenir dans la durée, assurer des services, établir un certain train-train, disposer de ressources durables et plus importantes.... Toutes choses qui sont moins bandantes qu'une campagne de com brève incitant à joindre "la sainte croisade" (si on ose dire). Comme un parti politique attire en faisant campagne, en promettant à tout va le grand changement, le nettoyage des écuries et le bonheur sur terre, et généralement tend à décevoir ensuite (dans quelle mesure, là est la question). C'est une chose de radiner des ressources pour acheter du petit matériel de guerre pour une armée de taille somme toute réduite, et d'en acquérir via quelques raids de pillage, c'en est une toute autre d'avoir des ressources durables pour faire fonctionner un pays et faire vivre une population (qui tend à devenir moins coopérante si elle manque de tout), et c'en est encore une autre de soutenir l'attrition matérielle d'un conflit prolongé: le matos, faut l'entretenir, le remplacer.... A l'échelle d'un petit groupe, c'est facile, à l'échelle d'une petite troupe (l'équivalent de quelques bataillons), c'est faisable dans une zone en guerre avec d'importants stocks d'armes (la Syrie et une partie de l'Irak), et ça devient très coton quand on est un quasi-pays (qui par définition ne bouge plus, a des centres fixes, des infrastructures dont il dépend, des trucs à défendre, une population dont une relative majorité doit être gardée relativement satisfaite....) avec une "honnête" petite armée qui combat sur 2 ou 3 fronts, et surtout qui semble devoir le faire pour un très long moment. On n'alimente pas ce genre d'efforts de guerre avec juste du traffic d'armes et autres matos (les Sudistes ont essayé aux USA, ça a pas vraiment couvert les besoins), surtout quand on commence à cumuler les adversaires et hostiles; Turquie et Iran, notamment, en plus des Kurdes, d'un "Sud-Irak" un peu ressaisi, des USA et éventuellement de la Jordanie, les pétro monarchies restant encore une inconnue. Renouveler des forces semble une capacité d'ISIS pour l'instant, mais on est d'un autre côté peu documentés sur le taux d'attrition de leurs cadres et combattants expérimentés (en tout cas quand/si le conflit se réchauffe avec des Kurdes et Irakiens rentrant plus sérieusement dans le jeu), qui est une des grandes variables sur lesquelles une campagne soutenue va jouer, de même que sur le taux d'attrition de leurs matériels "lourds"/de forte capacité, en destruction (là, les USA vont jouer un rôle plus fort) comme en usure (c'est beau de prendre des matos US, mais c'est comme une petite copine ces trucs là: lourd en maintenance délicate, et la réserve est limitée). Tanks, Humvees, MRAPs, canons automoteurs et autres ne sont pas des items produits par ISIS, leur quantité est finie, et le trafic n'est pas une voie conséquente pour ces joujoux là. Si tant est que des adversaires sérieux (j'entends cohérents, avec une volonté politique et du mordant) rendent les coups, faut pas non plus entrer dans les délires d'une nouvelle conquête arabe réitérant les coups de l'armée rashidun du VIIème siècle (ce qui est leur trip de communication). L'un des grands problèmes, cependant, est pour l'instant le refus apparent des pays concernés de faire autre chose que du containment en Irak: c'est possible, relativement facile avec quelques changements politiques mineurs, et la ressource est disponible (armée kurde -l'irakienne reste à voir-, soutien américain, soutien iranien....), mais le problème n'est pas irakien.... Et PERSONNE ne veut même trop prononcer le mot "Syrie" pour l'instant en occident et dans le Golfe. En tout cas certainement pas pour dire qu'il faut y faire quelque chose. Et utiliser ce mot reviendrait vite à poser tout haut la question qu'aucun politique ne veut mettre dans le débat, et aucun monarque local ne veut réellement voir traitée: peut-on se permettre un Moyen Orient à ce point bordélique. Il est presque cocasse de voir que la question de l'approvisionnement en eau de l'Irak (via la situation du barrage de Mosul) et celle des perspectives des flux de pétrole vont se charger d'amener les sujets sur la table, quoiqu'on y fasse. -
[Irak] passé, présent, avenir
Tancrède a répondu à un(e) sujet de roland dans Politique etrangère / Relations internationales
Non, mais en terme d'allocation de moyens, on est souvent radins..... Ou plutôt "grandes ambitions, grands mots, petites bourses". Il a pas été fusillé après avoir dit ça? Les Anglais deviennent très coulants sur le sujet "frenchies".... -
[Irak] passé, présent, avenir
Tancrède a répondu à un(e) sujet de roland dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est fou ce qu'on peut être biaisé contre les modalités de l'action de la France quand elle a de la pub: spontanément, j'imagine tout de suite Hollande livrant effectivement des doucettes..... Mais en fait une vingtaine seulement, et avec pour 2 jours de munitions..... Mauvais esprit...... Quoique: personne a rien trouvé sur les quantités livrées? -
Pourquoi? J'ai strictement aucune analyse de l'appréciation par les ricains de la police française, de toute façon; désolé si ma remarque a sonné sarcastique.... Je répondais juste à ta formulation avec un très vieux slogan (pas pu résister, c'est pas bien), et poussé le délire un cran plus loin.... Rien de sérieux là-dedans. Ceci dit quelques petits checks rapide, sur le sujet des CRS/GM, m'a fait noter à quel point les unités de police anti-émeute spécifiquement dédiées à cette tâche n'étaient pas une chose si fréquente, en tout cas dans les régimes démocratiques: y'en a pas vraiment ni aux USA, ni en Angleterre par exemple. Quelques entraînements supplémentaires (à degré variable selon l'endroit) pour les flics normaux (pour être "convertis" en anti-émeute selon le besoin), éventuellement quelques cadres spécialisés (surtout en Angleterre), et c'est tout. Sachant que la formation aux USA peut souvent être une des variables d'ajustement budgétaire (surtout les trucs structurellement ou conjoncturellement jugés "superflus" par le niveau politique), ça peut aboutir à des flics rapidement débordés par manque de savoirs-faires, d'approches et d'organisation spécifique, et donc plus rapidement violents face à une manif. Sur l'échelle mondiale des comportements policiers face aux manifs, nos braves CRS et GM sont des tendres (tendance câlin-bisounours) avec plutôt un excellent CV en la matière (côté efficacité ET limitation de la casse).
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Ben évidemment: tout le monde sait que c'est les routiers qui sont sympa..... Désolé.... Sortir...... Vite..... Que diraient les minorités américaines si elles avaient affaire à nos CRS et gendarmes mobiles: on leur demanderait une note? Allant de "câlins" à "Ferguson", en passant par "taquins", "ça chatouille", "professionnels", "non, pas là", "hé, on n'a pas élevé les cochons ensembles", et "restons calmes"? Il y a eu une forte polémique dans le débat sur les multiples restrictions (à visées partisanes) au vote, parce que dans de nombreux Etats (tous républicains et très conservateurs et avec des "antennes" locales du Tea Party très fortes), tout d'un coup, il y a eu des tentatives pour empêcher les étudiants de voter via.... La non reconnaissance de leur carte d'étudiant comme pièce d'identité. Jusqu'ici (et encore majoritairement), elles sont encore valables pour voter, ceci dit. Juste pour souligner la variété de ce qui est considéré comme une "pièce d'identité" aux USA. La plus courante reste encore le permis de conduire, tant et si bien qu'il y a nombre d'histoires (réelles ou inventées pour l'occasion) de gens n'en ayant pas lors d'un contrôle, que les flics refusaient de croire ou prenaient pour des non Américains: il fut un temps où carte d'identité et permis de conduire étaient quasi synonymes aux USA, ce qui a changé depuis 15-20 ans, particulièrement avec la génération des "millenials", et la jeune génération montante, qui apprennent de moins en moins à conduire et pour qui la voiture n'est plus un symbole de réussite/reconnaissance sociale, ou une nécessité (transports alternatifs, systèmes genre "Uber", retour vers les centres-villes/"dé-banlieuisation"....). Combinez ça avec le mouvement artificiel créé par les Républicains (qui continuent à délirer sur le fait que la fraude au vote est un problème réel -quand tout indique que c'est faux) dont les effets réels dans nombre d'Etats poussent vers l'adoption généralisée de cartes d'identité spécifiques, et la question va bien se poser pour les Américains qui, pour la première fois, pourraient avoir à instaurer une carte d'identité d'Etat ou Nationale généralisée (surtout vu que la possession d'un passeport reste le fait de moins d'un tiers -plutôt un quart- du pays).
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Dans le cas des banlieues pourries en France, on trouve CERTAINS symptômes similaires dans les problèmes entre policiers et minorités (contrôles trop fréquents et souvent au faciès, profilage racial....), mais certains seulement, et surtout, pas dans les mêmes proportions que ce qu'on peut voir dans les villes américaines, surtout celles du Vieux Sud.
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Dans les effectifs oui, dans le reste, c'est plus contrasté: on ne regarde que le matériel dans cette militarisation, mais il faut aussi envisager des postes de dépense comme: - les programmes "sociaux" de la police, particulièrement dans le "community policing"; ils sont très importants, ont eu beaucoup d'effet, mais sont aussi les dépenses les plus faciles à dégager politiquement (comme tout ce qui n'a pas d'effet visiblement et rapidement associable à une cause précise, ne rapporte que peu politiquement à un élu en exercice -à mandat court-, et travaille dans le long terme). Il faut des crises comme celle-là pour qu'on se rappelle qu'ils existent. - les formations: initiale et surtout continue. Ces dernières, innombrables et variées, sont de véritables programmes d'équipement essentiellement fournis par des prestataires privés, et représentent une industrie énorme et tout aussi politiquement influente que les équipementiers matériels (ce ne sont pas d'ailleurs des secteurs séparés: beaucoup d'entreprises font les deux -hardware et software-, et les lobbyistes sont les mêmes). Si on y ajoute les "consultants" en tous genres, on a un vaste portrait. Et budgétairement, il faudrait recenser les proportions de types d'entraînements et formations, et leur évolution par période, pour avoir un portrait complet, mais des spécialistes indiquent que la part prise par les formations SWAT-like et autres spécialités liées à la militarisation et à l'action, ont explosé aux dépends d'autres ("sensitivity training", "community policing", spécialités d'enquêteur diverses, rapports humains, "de escalation techniques", négociation....). Les temps et qualité de formation initiale et continue sont aussi des variables d'ajustement plus politiquement accessibles que d'autres trucs (ces formations "SWAT like" sont souvent de la blague, mais qui autorise à sortir le FA après). - les proportions budgétaires pour les types d'unités/fonctions: les enquêteurs spécialisés (type PJ, quoi), les flics en uniforme (pour la patrouille: le flic "de base" quoi) et les personnels "fixes" sont considérés nettement plus compressibles que les officiers et unités SWAT (ou les "intelligence units" qui se sont multipliées sous prétexte d'antiterrorisme et/ou via la mode surdéveloppée du "renseignement criminel" poussé à des extrêmes souvent absurde, justifiant d'énormes programmes), par exemple, changeant souvent, avec le temps et les périodes d'ajustement budgétaire qui s'accumulent, les proportions fondamentales d'une police à un endroit, et accroissant aussi la part de jobs temporaires pour de nombreuses tâches qui réclameraient des spécialistes faisant carrière. Facile de présenter politiquement ce genre de changements comme des "réformes efficaces et responsables", des "modernisations" pour une police "plus souple, féline et manoeuvrière" , quand la réalité est un tantinet différente, et les effets ne se constatent qu'avec le temps. La plupart des PD et SD ne sont pas ceux des très grandes villes (NY, LA, Chicago, les 3 plus grands PD du pays, et le plus grand SD), qui peuvent anticiper et prévoir les évolutions sur de plus longues périodes de temps (permettant donc de "lisser" les changements: moins de licenciements, mais moins de recrutement initial et plus de départs en retraite à la place, réformes et formation internes....). Pour la note, oui, des policiers ont défilé.... Tous en chemise blanche, et peau noire, comme ceux avec qui les manifestants prennent des selfies. La réalité des communautés aux USA, qui, cumulée au comportement de la police, a délégitimé celle-ci; la distance ne pourra commencer à être réduite que par cette première étape d'avoir des policiers ressemblant aux communautés dans lesquelles ils exercent. Ils en sont à un point où la couleur de l'uniforme n'est pas du tout définissante vu qu'elle n'inspire aucune confiance, sans laquelle rien ne peut exister et l'action de la police (même la mieux intentionnée et entraînée du monde) n'a aucune chance de marcher.