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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Ces calculs sont sans arrêt revus: l'Europe va vraisemblablement pas baisser tant que ça en relatif (voir ce que la fuite des capitaux hors des pays émergents va donner rien que sur ces fameux calculs.... Et ce que donnera ce qui se passera ensuite), et restera importante, surtout pour la Russie. Mais le point était que toute action sur les flux de gaz a une influence avant tout sur 2 choses: les cours de la matière en question (impact de court et moyen terme), et l'importance relative de certains acheteurs dans les revenus de l'exportateur. Si une consommation européenne à la baisse (par des politiques voulues et affichées, qu'on peut ensuite menacer de renforcer) devient une tendance lourde (au-delà de quelques contrats annulés/retardés/remplacés par d'autres avec d'autres fournisseurs, ce qui n'est qu'une mesure de court terme), et peut potentiellement devenir un axe politique valide dans les pays européens, surtout si c'est coordonné entre les pays majeurs de l'union, et donc faire l'objet de surenchère parce que, politiquement, en interne, ce n'est plus un truc trop risqué (voire c'est encouragé), non seulement il y a un impact sur les prix, mais il y a surtout une dépendance accrue de la Russie à un nombre plus réduit de gros clients qui acquièrent de ce fait plus d'importance. Et des gros clients, ceux dont la demande pèse nettement dans les exportations russes, y'en a pas tant que ça: dans le temps un peu plus long, l'impact sur les prix est modéré, voire complètement mitigé (ça, ça dépend de trop de facteurs pour être clairement un outil utile), mais ce qui est structurel, c'est que la Russie est de fait plus dépendante des bonnes volontés des dits clients. Et y'en a un qui est le plus gourmand du monde, qui joue "hardball", et qui a une longue frontière avec tonton Poutine; et celui-là, tonton Poutine aime pas qu'il ait les moyens de négocier un ou plusieurs crans plus fort.
  2. Merde, ça c'est de la rétorsion! Méchant. M'enfin, toute façon c'est Gravity ou 12 years a slave, et Matthew McConnaughey pour le "Best Actor"; pas vraiment de suspense. L'ONU a les forces et les faiblesses de ses particularités: tout le monde est aussi trop de monde dans beaucoup de cas, ses règles sont bloquantes, la forme du mode de relations y est un avantage et un problème, ce sont pas les ministres et chefs d'Etats, mais des diplomates professionnels (avantage ET inconvénient selon le moment).... C'est de facto la "table" principale, et la première manifestation du "world business" avec pour intérêt principal qu'il y a toujours quelqu'un pour parler avant de taper, malgré tout ce qu'on peut, légitimement ou non, y critiquer. Il y a un topic dédié à l'ONU, je t'y renvoie....
  3. Réduire les destinations d'exportation du gaz russe (surtout chez les pays à fort pouvoir d'achat et de grande taille) est un moyen de pression authentique: les prix sont quand même assez bas en ce moment, et ils tendent à le rester vu l'état de l'économie mondiale: baisser la demande pour un pays dépendant avant tout de ses exportations d'hydrocarbures n'est jamais très bon pour le dit pays, surtout si on l'assortit de nouvelles politiques énergétiques garantissant à terme une baisse de la demande structurelle. Mais surtout, restreindre le champ potentiel des exportations russes, c'est aussi jouer sur le fait que la Russie dépendra plus d'un nombre plus restreint de clients, qui auront de ce fait plus de possibilités de négociations à son encontre.... Je n'ai pas dit "Chine".... Mais je l'ai dit quand même. Si l'UE s'accorde pour diversifier ses appros de gaz quelques crans en plus de ce qui se fait aujourd'hui, et d'accélérer un peu l'investissement dans les énergies alternatives et les économies d'énergie (en publiant beaucoup sur la chose en revanche, et en en parlant beaucoup.... Surtout pour les marchés), et qu'elle le fait de manière un peu plus coordonnée (et en le montrant), ça peut ne pas sembler bandant à court terme, voire, pour reprendre le vocabulaire trop entendu, faire "faible", mais ça impacte nettement plus que beaucoup d'autres choses. Rappelons que les USA ont fait reculer France et Angleterre à Suez sans remuer un doigt militaire ou menacer de le faire; juste en tripatouillant un peu le sterling. C'est dresser un gros majeur humide devant Poutine, mais comme c'est le faire lentement, et ça correspond pas à la temporalité des caméras, ça "parle" moins aux imaginations. Mais le doigt rentre bien là où il faut.
  4. Hé, c'est justement là que le marketing est le plus fort: combien de milliers de bouquins de "souvenirs de guerre" de tel ou tel membre de telle ou telle unité, de bouquins et documentaires sur telle unité, tel front, tel matériel, combien de jouets, figurines ou maquettes (mis dans les mains dès l'enfance)? On travaille à tous les niveaux du cerveau: image, opinion, analyse, goûts et préférences, affinités.... On veut se croire maîtres de nos pensées et inclinations, mais on est facilement manipulables/influençables. Ca veut pas dire qu'il y a un grand "mastermind" omiscient derrière qui a conduit un travail de sape entièrement coordonné et pensé depuis 45 dans le cas de l'armée allemande, mais ça veut pas dire non plus qu'il n'y a pas eu, de fait une multitude d'efforts pour implanter ce genre d'images, d'états d'esprits et de certitudes (de la part de multiples acteurs et pour une multitude de raisons qui, dans cette occasion, ont de fait eu un effet conjoint sans que ce soit forcément voulu ainsi). Et plus important encore: combien de gens racontant, de façon publiée ou de personne à personne, de personne à audience, "leur" guerre (forcément pure le plus souvent)? Combien d'associations d'anciens combattants, de gens ayant quelque chose à sauver (estime ou image d'eux-mêmes, de leurs copains, de leur unité, de leur société....)? Ce sont de puissants médias, les plus puissants en fait (au sens propre, ce sont les "médias sociaux") que n'importe quelle campagne même prolongée de marketing -au sens strict- voulue, pensée, organisée et financée depuis une instance centrale. C'est pas pour rien que les agences et directions marketing envahissent les médias sociaux aujourd'hui, et essaient d'y stipendier ou d'instrumentaliser leurs acteurs clés à tous les échelons: le dialogue direct et le bouche à oreille sont de loin les plus puissants instruments pour créer un état d'esprit, créer un climat, insérer une image dans le "paysage mental" (telle qu'elle devienne "normale" et incontournable, sans même qu'on y pense consciemment), faire d'un postulat un adage, établir une proposition (pas plus vraie ou fausse qu'une autre) comme la "normalité" (exemple: les Allemands sont les meilleurs guerriers du monde, sont "supérieurs", le vin français est par essence meilleur que tout autre, la bouffe anglaise est dégueulasse, les protestants sont honnêtes....). Parce qu'il faut pas non plus exagérer: "l'aura" militaire allemande, on peut analyser le thème sans fin et trouver des justifications du fait et de son contraire, mais 99% de ceux qui sont touchés par cet aura et lui donnent une réalité, cad les populations d'un tas de pays, n'ont que très peu lu, vu et entendu sur le sujet (et plus largement sur la chose militaire dont ils n'ont pas grand chose à foutre) au-delà de quelques phrases dans des livres d'histoire ou des romans, quelques documentaires ou films.... Le marketing est en filigrane dans ces choses rarement focalisées sur l'armée proprement dite pour la plus grande partie des gens. Le marketing plus pensé et focalisé se fait plus sur les experts et les professionnels (cad les soldats), où là, certains efforts conscients ont existé, notamment le lobbying d'anciens officiers, y compris des officiers généraux, de la Wehrmacht, qui ont passé leur après guerre à faire ça, avant et après la recréation de l'armée allemande.
  5. C'est précisément l'organisation dont on peut exclure un membre rapidement, parce que ce n'est pas une organisation formelle, avec structures et règlements: c'est une table ronde organisée sur un mode coutumier, ce qui la rend d'autant plus importante et plus souple que d'autre. Un Etat (selon un ordre négocié) accueille ainsi les membres de ce "club" informel pour une série de réunions de niveau ministériel couronnés ou non par des meetings des chefs d'Etats. C'est pas juste un country club auquel ça fait bon genre d'appartenir: c'est une des représentations visibles de ce qu'est la "table des grands", où il fait bon être représenté et convié aux réunions, pas seulement pour dire qu'on en est, mais parce que des décisions réelles ont des chances de s'y prendre (rarement connues), des canaux s'y établissent et s'y maintiennent, l'interaction se fait, des deals se décident, la coordination à plusieurs acteurs s'opère.... Sans passer par les modes de relations habituels, nettement plus bilatéraux par nature, ou contraints par la forme, et passant par trop d'intermédiaires (ce qui multiplie les malentendus sur une foule de facteurs, l'implication de plusieurs échelons de décision, fausse les anticipations, accroissent les délais, fait rater des occasions....).
  6. Comme tu dis, l'impression d'impuissance peut transparaître aux yeux des opinions publiques intéressées: les dirigeants et analystes gouvernementaux sont évidemment plus sérieux et se laissent moins avoir par ce genre d'impressions, mais ils n'y sont pas insensibles, cela crée un climat dans lequel il baigne (et qui ne peut manquer, dans le temps, d'imprégner les mentalités), et cela crée surtout des réflexes dans les opinions et chez certains politiques (opportunistes, démagogues, extrêmistes), de former des groupes de pression (dans la rue, dans les bureaucraties, dans les assemblées) tablant sur une vision si infantile des relations internationales et des anticipations à faire, vision qui acquiert de ce fait de la puissance concrète dans la prise de décision, fait généralement faire des conneries (parfois la connerie de trop) et amène à pourrir lentement le climat dans lequel les Etats négocient en permanence, avec comme conséquence concrète de favoriser l'antagonisme, de pousser le bouchon trop loin et trop vite, de réduire les options.... Et ce quoique pensent les décisionnaires les plus importants, même s'ils sont les plus rationnels qui soient. C'est encore plus crucial dans les pays plus autoritaires, où l'opinion de la population (généralement moins focalisée sur la politique extérieure) compte moins dans la prise de décision, ou dans les démocraties (ou trucs approchants) où la politique extérieure peut compter plus que dans d'autres, au moins sur certains sujets (ce qui en fait des "objets" politiques importants, valant capital politique, donc intérêt des élus). C'est l'un des multiples problèmes quand trop de gens se mettent à raisonner en termes de "faiblesse" ou de "force", ou autres débilités du genre, à parler en termes d'antagonismes, et à former leur pensée avec en arrière toile le principe essentiel que tout est un jeu à somme nulle. Ca favorise entre autre l'impression générale de la soi-disant efficacité supérieure des actions de court terme (visibles, vendeuses, flatteuses pour l'ego), et le syndrôme du "nous vaincrons, parce que nous sommes les plus cons".
  7. Oui, parce qu'il y a toute l'ambiguité de l'intérêt de moyen-long terme, qui peut impliquer de manifester une volonté assortie de moyens même dans une affaire dont on se bat l'oeil, et l'intérêt de court terme et purement autocentré qui cherche à éviter à tout prix d'avoir à se coltiner ce genre d'affaires qui requièrerait d'y "dépenser" du capital politique réel, qui est déjà par essence bien compté et qu'on essaie d'utiliser pour les problématiques sur lesquelles on est focalisés. C'est pas qu'on n'a pas les moyens, c'est qu'on veut pas les mettre pour ça, même si on sait que ce serait utilement "dépensé", mais seulement pour des bénéfices peu tangibles, surtout immédiatement. Sans compter qu'il s'agit d'un jeu où, côté occident, on est à plusieurs, ce qui multiplie l'envie non seulement de décaler dans le temps, mais en plus de refiler la patate chaude à quelqu'un d'autre. Une des conséquences est de faire monter la chose en épingle (le blabla et les hauts cris) en espérant que ça devienne un sujet "important" (chez soi et chez les alliés), qui soit justifierait la "dépense" de capital politique, soit inciterait les copains à la faire, ou au moins la partager. Mais si ça prend pas, ce n'est pas "important", donc tant pis.... Notez bien que le blabla et les hauts cris ont aussi de l'importance vis à vis de la Russie: il peut s'agir de "vendre" même une posture neutre dans les faits. Faire payer un blanc seing sur une affaire dont on n'a rien à foutre et où on ne mettrait jamais les pieds fait aussi partie du jeu diplomatique où une chose fondamentale est de faire comprendre que rien n'est gratuit, pas même ce qui ne nous coûte rien. Ne pas agir crée aussi une autre gamme de mauvais réflexe et d'ambiance trompeuse sur la scène internationale: ça accroît le flou sur le point où un camp ne laissera pas passer ce genre de comportement (raison pour laquelle on est censé s'être mis d'accord pour qu'ils ne soient pas un moyen "normal" de faire du business), et ça incite ceux qui les ont à le faire encore plus. Et ça casse, précisément comme tu le remarques, les "graduations" dans les seuils et les modes de répliques qui sont censés encadrer les relations internationales et le règlement des tensions entre Etats, surtout entre Etats importants (ceux qui ont les moyens de faire des dégâts); on perd de plus en plus la capacité de "désescalade", échelon par échelon, ce qui tend à terme à rendre les crises plus prononcées, à limiter les options pour en sortir, à accroître les tensions et les anticipations d'antagonisme, et donc à rendre l'utilisation de moyens violents (pour obtenir, pour répondre, pour résoudre) plus probable. Comme le réchauffement climatique, ça rend la probabilité d'événements "météos" extrêmes plus élevée.
  8. C'est toute l'ambiguité; créer un précédent et ne pas avoir l'air de se foutre de l'Ukraine sont les deux points qui font chier. L'Ukraine en elle-même n'est pas réellement un "copain", au-delà des formes diplomatiques: personne en a rien à carrer (ce qui rend l'appellation "copain" difficile: c'est juste un voisin.... Et les voisins font chier, c'est dans leur nature :-[ ). Le tout serait de trouver un moyen de faire sentir à Poutine qu'il y a un coût désagréable à ce genre de business, sans que ça NOUS coûte beaucoup (état d'esprit présent des décideurs). Ca reflète à peu près le poids réel du droit et des principes dans les relations internationales réelles (et le poids de l'intérêt durable par rapport à l'intérêt immédiat): ça existe, on y a un intérêt de moyen-long terme, il faut le faire respecter un minimum dans les crises graves parce que cet intérêt existe, on le sait, mais là, juste là, maintenant, c'est pas le bon moment, on a d'autres trucs sur le feu, et il faut aller chercher le gamin à l'école.... Alors si on pouvait juste dire (encore une fois) "la prochaine fois on fait quelque chose"....
  9. Dans une certaine mesure, la question de cet aura de l'Allemagne, outre le marketing avant, pendant et surtout après la guerre qui n'est pas une force à négliger, peut s'apparenter à la question de ce qui est généralement retenu des Thermopyles. Le dernier G&H en remettait une couche sur les mésinterprétations de cette bataille, mais l'essentiel est disponible pour qui étudie la chose au moins 5 minutes: les Perses n'étaient pas des millions et ont bien joué une affaire difficile (franchir un blocage de moins de 20m, aisément défendable), et les 300 Spartiates n'étaient pas seuls, ayant plusieurs milliers d'autres Grecs qui se sont battus tout aussi férocement. Sans même parler de l'erreur tactique de Léonidas dans le choix du site défensif (la passe la plus avancée), couplée à celle d'avoir mal reconnu le terrain et pas identifié la passe par laquelle les Perses ont contourné sa position. Mais le mythe l'a emporté, et on a droit à un grand truc lyrique sur la résistance héroïque de 300 gus "invincibles", venus d'une nation pour qui l'invasion perse n'était apparemment pas une priorité et qui ne constitue pas vraiment un "modèle de liberté". Le rôle d'Athènes dans la défaite perse, bien plus majeur sur mer comme sur terre, est tout aussi occulté que celui des milliers d'autres hommes qui on combattu aux Thermopyles. De là, on s'étale jusqu'à la nausée sur les super guerriers spartiates, et on peut s'enferrer dans les détails, vrais, faux, exagérés, occultés, du combat et des combattants. Le mécanisme évoque quelque chose?
  10. Raisonnablement, l'UE/l'OTAN PEUVENT faire énormément, de sanctions diplomatiques temporaires jusqu'à la guerre ouverte; y'a l'intégralité des moyens de rétorsions qui est valable. Le point est qu'ils ne VEULENT rien faire, tout comme, au final, les USA. Puisque ces derniers sont l'indicateur de tendance, et le lieu dont viendra l'impulsion, il convient d'observer quelques trucs, notamment le fait que l'Ukraine (depuis le temps que je sample les médias US quotidiennement) n'est pas vraiment au sommet de leurs préoccupations. Pour comparaison, la Syrie, au moment de la crise des armes chimiques, avait 4 à 5 fois plus de couverture média. Là, même dans les chaînes d'info continue, l'Ukraine a au maximum un reportage par JT, et pas vraiment celui en tête de file. Certes, on a un peu tout le monde, surtout côté conservateur, qui monte au créneau pour dire n'importe quoi, mais c'est en fait du débat intérieur, pour faire du buzz et dire d'une façon un peu différente par rapport à d'habitude, qu'Obama est un nul et un traître à l'Amérique, sans doute islamiste et communiste et même pas de nationalité américaine (si, si, ce truc court encore chez les ultras, le Tea Party....), et que c'est pas Hillary Clinton qui ferait mieux (parce qu'il faut revenir dans le monde réel des choses sérieuses: la course à 2016 est ce qui compte pour beaucoup) parce que c'est une nana et qu'elle ment sur Benghazi (ça aussi, ils veulent pas lâcher). Si vous croyez que l'Ukraine les préoccupe.... C'est juste pour faire du buzz que des personnels politiques conservateurs parlent de l'Ukraine, avec notamment McCain, un des rares à en parler pour autre chose, qui est encore une fois à appeler à l'intervention militaire, ou au moins à la menace de la chose (jouant les "raisonnables" en disant que la Russie s'écrasera dès que 'Merica montrera les biceps), essayant de se donner des airs d'homme d'Etat incontournable. Côté démocrate, pas grand chose sinon occasionnellement une dénonciation des postures de guerre froide et de la présentation forcément antagoniste de la situation. L'un dans l'autre, le fait est que personne, chez les gens sérieux, n'ose dire ouvertement qu'ils n'en ont pas grand chose à foutre de l'Ukraine, tout comme l'Europe. Outre cet embarras, la seule chose qui donne encore de la priorité au sujet est qu'ils aimeraient juste ne pas donner le champ libre à Poutine de faire de cette méthode de politique extérieure une habitude. Mais l'Ukraine proprement dite? Il s'agit juste d'essayer de trouver une façon de ne pas s'en mêler sans avoir l'air de dire qu'on en a rien à taper.... Evidemment, c'est pas commode. Ceci dit, l'enjeu réel, et qui serait susceptible de voir USA et UE réellement se bouger et y mettre volonté politique et -qui sait-capital politique, c'est vraiment cette "méthode Poutine" et sa conception des relations internationales; laisser trop de précédents s'installer serait problématique. Cela implique de tracer une vraie ligne dans le sol, ou une vraie limite dans les "coups" diplomatiques, ce qu'aucun politique n'aime faire. Le problème de ce genre d'attitude, et qui a de réelles conséquences au sein de l'OTAN, est que même s'il n'y a aucune réaction concrète à cette affaire ukrainienne, la stratégie vis à vis de la Russie VA être repensée, ce qui n'augure de rien de bon pour les relations est-ouest (et pour la Russie) car, concrètement, ce type d'actions sans doute très satisfaisantes pour l'ego à court terme ne peut impliquer qu'un seul genre de calculs et d'ajustements politiques à plus longue échéance. Et là je fais moins de l'analyse que je ne ramène la façon dont les Américains trament leur débat public sur la question (FoxNews excepté: là, c'est exactement ce que vous imaginez qui s'y dit). Pour la note, l'info qui a littéralement écrasé l'affaire ukrainienne toute cette semaine (en plus d'autres, à un moindre degré) a été la proposition de loi votée par les députés de l'Arizona pour une loi autorisant de fait la discrimination anti-gay dans les commerces, et le suspense quand au veto de cette proposition par la très conservatrice gouverneur(e) de l'Etat. Même pas photo sur le degré d'attention et de couverture sur ces problèmes. Le timing en est d'ailleurs étonnant: l'histoire a commencé en début de semaine, et s'est conclue vendredi, le veto étant finalement apposé, à peu près au même moment où les Russes bougeaient leurs troupes. Et ce WE, après coup, c'est toujours de l'Arizona qu'on parle avant tout. A aucun moment l'Ukraine n'a réellement fait un buzz important. A vous de conclure sur quoi la volonté politique et l'attention de la scène politique américaine se portent. Le débat autour du fameux "Keystone pipeline" domine aussi largement.
  11. Et les Chinois se sont rapidement fait baiser en retour parce qu'ils ne connaissaient rien des Américains. Et cette conception des relations internationales avait jusqu'ici été largement tempérée par, précisément ces "contraintes superflues" qui sont des règles ayant une forte tendance à éviter les gros merdages aux conséquences majeures qui placent la scène internationale sur une spirale descendante de conflictualité plus grande. Ce ne sont pas des règles artificielles: elles impliquent seulement de forcer les décideurs à percevoir un intérêt national autre qu'immédiat, généralement précisément parce que ce genre de comportement de décision sur le moment -cause des grandes conneries passées- répond plus à des problématiques internes aux pays qui les commettent qu'à une REELLE appréciation des intérêts durables du dit pays. D'où l'emphase sur la nécessité d'un système international (avec règles écrites et non écrites) un tant soit peu contraignant, très facilement méprisé par des considération soi disant "realpolitiker" qui n'ont de pertinence qu'en apparence, et selon une appréciation très limitée de la façon dont fonctionnent ce genre de trucs... Et ont tendance à créer une conflictualité toujours un cran plus grande, simplement parce que des décideurs n'ont pas eu les couilles ou l'honnêteté intellectuelle d'affronter leurs problèmes nationaux, et ont préféré, en quelque sorte, les exporter. Un "grand pays et un grand peuple" parce qu'une décision brutale est prise? Tu veux combien d'exemples de décisions, connes ou non, d'erreurs ou de monstruosités dont l'application a été rapide, pour revoir ta définition assez juvénile de la "grandeur"? L'histoire en est pleine, et on fait des conneries aussi vite qu'on réussit des trucs, on applique précisément et sans recul des politiques aussi bien rentables que lamentables (qui a dit "Irak, 2003"), on se saisit d'objectifs aussi visiblement "utiles à l'intérêt national" qu'ils y sont néfastes en se plaçant dans une optique un peu plus longue. "Grandeur".... Qu'est-ce qu'il faut pas entendre.
  12. Guerre de Corée, guerre du VN, déjà (ce sont les deux poids lourds de ta liste un tantinet étrange, qui mêle des micro trucs à des conflits énormes); des guerres unilatéralement déclenchées par les méchants USA pour conquérir? Tu me rappelles comment ça a commencé, la Corée? Et qui y est intervenu en nombre en cours de route? Ou qui a alimenté les armements au nord? Le VN est aussi un cas "double", d'ailleurs, vu que ces deux guerres concernent les deux pays qui ont été sectionnés en deux entités où beaucoup de monde s'est investi. Sans compter, pour éviter de trop verser dans le HS, que le commentaire a un petit peu rien à voir avec la remarque que tu cites. Mais tant qu'à faire, tu peux quand même aussi rajouter l'après 45 et la "libération" de l'Europe de l'Est, vu que les deux premiers points dans cette liste concerne des opérations de "maintien de l'ordre" pour être sûrs que les deux pays concernés "restent libres". Tant qu'à faire, autant essayer l'exhaustivité aussi à cet endroit. Et quelques autres trucs mineurs dans le Caucase, ou "l'aide" à la Pologne dans les années 80 (quand on met la Grenade, Panama ou les plates formes pétrolières, tant qu'à faire, autant garder les mêmes échelles de comparaison).
  13. Habillées moins court, peut-être, mais plus classe (ce qui est à mon sens nettement plus band....). J'ai recueilli un certain nombre de commentaires, avant tout de femmes, de beaucoup de gens de toute l'Europe (et ailleurs) -échantillon non représentatif; je prétends rien-, et la récurrence de cette impression est assez impressionnante, et rafraîchit beaucoup par rapport à l'autoflagellation si énervante qu'on trouve en France. Le "je ne sais quoi" existe toujours, et combiné au syndrôme de la verdure de l'herbe qu'on croît toujours plus prononcée chez le voisin, ça fait un effet dont j'aime à m'éloigner.
  14. J'ai chopé les épisodes, mais -et comme quoi l'inconscient a son mot à dire, et s'en prive pas-, j'ai pas vraiment réussi à les mater après le 2ème; juste un petit sampling rapide des scènes, notamment celle, effectivement, de la baston en mer du dernier (enfin, après ce soir, ce sera l'avant dernier). La narration me semble en effet avoir trop besoin de "faire durer", en essayant de créer une angoisse par rapport à une fin connue à l'avance, sans réellement y parvenir.
  15. J'espère que ce sera pas avant que mes invités arrivent, sinon je vais pas être un hôte attentif.... Du moins s'il y a des images.
  16. Préférer les USA, c'est pas avoir les yeux fixés sur eux à H24, ou être aveugle à leurs problèmes, tares, hypocrisies et défauts.... La Russie, elle, offre pour moi trop d'incertitudes: la politique extérieure d'un pays reflète bien plus souvent ses problèmes intérieurs -structurels et ceux du moment- qu'elle ne reflète une réelle continuité fermement tenue. Les seuls régimes où on peut trouver un peu de cette continuité sont les plus démocratiques (sur le long terme: ils reviennent, qu'ils le veulent ou non, toujours sur certaines constantes) ou les plus autoritaires (sur le court terme: y'a un dictateur qui peut, sur sa durée en place, en jouer, s'il a de la marge de manoeuvre). La Russie a t-elle seulement un après-Poutine clair? Poutine a t-il seulement encore le même pouvoir qu'il y a 7-8 ans? Une oligarchie au fonctionnement autoritaro-kleptocratique, sans grande règle fixe sinon le "ferme ta gueule et encaisse" a de fait un grave problème de politique interne qui ne peut qu'avoir des conséquences sur ses relations extérieures, la plaçant toujours en position d'avoir à faire du bruit, de se placer dans une logique antagoniste, de rallier son opinion sur une "cause", de projeter (contaminer?) le fonctionnement de son système interne sur sa sphère d'influence.... Trop peu de visibilité sur les logiques dont dépend Poutine, et trop peu de visibilité sur -dans l'état des rapports de force internes à la Russie- l'après Poutine. En l'absence d'une UE relativement unie avec une doctrine politique commune (niveau de puissance qui donne de la marge de manoeuvre et permet de tolérer des partenaires volatiles), je préfère le diable que je connais à celui que je ne peux pas connaître de façon un peu fiable. Je remarque que tous les partisans d'un "partenariat" franco russe ou euro-russe présupposent une bonne volonté de la Russie qui se rendrait "naturellement" à la prééminence d'intérêts communs évidents pour tout observateur.... L'histoire des relations internationales montre que ce qui semble si évident l'est rarement (surtout pour les intéressés, et surtout aux moments qui comptent). C'est pas parce que la coca colonisation est souvent énervante qu'il faut trouver un fix de remplacement n'importe où (si on juge qu'on a la peste, c'est pas en invitant le choléra qu'on se soignera). Ce qui est réellement énervant et pousse à ces comportements, c'est surtout le fait, pour ceux qui ont la fibre identitaire ou "l'ambition de puissance", de vivre dans un ensemble politique (France ou UE) qui ne fait pas trop mumuse à la puissance. Pas besoin de "chercher à contrebalancer l'influence américaine": amener un autre dans cette configuration n'amènera aucun équilibre. La solution ne peut être qu'intérieure, donc faut adresser sa critique et orienter son vote et son militantisme ACTIF, si on donne dans ce registre, en ce sens. Mais si on veut VRAIMENT emmerder la Russie, on devrait avoir une autre politique, et leur dire: servez vous! Prenez l'Ukraine et démerdez-vous avec! Ca va faire du bien à leurs finances, à leur image et à leurs moyens (militaires et policiers) dispo, tiens! La sécurité de la Pologne et des Baltes est garantie pour 50 piges avec ça. Et tant qu'à faire, pour les alarmistes et paranos, ça devrait aider les budgets militaires occidentaux.
  17. . Ca m'a jamais frappé ou gêné pour avoir ce dont j'avais besoin. Et on n'est plus dans la Russie des années 90: les prix ont grimpé. Et ça me coupe d'un fantasme encore plus important: être un homme entretenu Au-delà des déploiements de soldats partout, et de la présence russe en Crimée et dans l'oblast de Zaporojie, y'a t-il beaucoup de moyens de transport en jeu, ceci dit? Ou est-ce qu'on va voir des hommes en vert jaillir de partout en Ukraine et se mettre en groupes et en positions chacun dans les "points clés" de leur voisinage immédiat, avec peu de circulation entre tous ces endroits, et des Russes se mettre aussi sur la défensive dans des blindés courts sur pattes sans moyens logistiques significatifs? Auquel cas on va surtout avoir, passé le "moment" de Crimée, beaucoup de gens posant armés pour la caméra et disant des mots super virils et menaçants, mais se bougeant pas trop pour aller dans la région d'à côté, parce que c'est loin et qu'on se caille les miquettes. Alors, elle démarre cette guerre ou ils se déballonnent? J'ai passé depuis un moment le point où ça me choque ou celui où je me sentirais concerné. "900 millions de petits martiens. Et moi, et moi, et moi...."
  18. Bof; la réalité n'a aucun sens de l'occasion: 10 contre 1 qu'ils vont même pas commencer ce soir, et sûrement pas au moment où ton repas sera prêt. Tous des putains d'amateurs!
  19. Ca fait pas moins du fait de re-re-re-revoir la chasse à un vieux sous-marin un grave problème.... Na!
  20. Si ça avait un fondement de réalité, oui.... Mais les généralisations avec des pays de 300 millions d'habitants couvrant 4 fuseaux horaires ont tendance à passer à côté de pas mal de trucs. Tiens, un exemple: je préfère nettement la capacité américaine à l'auto critique permanente, à l'irrévérence et à mettre les trucs sur la table. C'est plus présent aux USA que quasiment n'importe où ailleurs, même si ça veut pas dire que les tendances inverses n'y existent pas, et qu'ils n'ont pas leur propre version de l'hypocrisie (on a tous l'hypocrisie de notre façon d'être), tout aussi énervante qu'ailleurs. Et je préfèrerais à 300% vivre aux USA qu'en Russie; même pas photo une seule seconde. Quand au cas précis des nanas.... Y'a statistiquement plus de chances de tomber sur une alcoolo en Russie (pas confondre la vitrine moscovite/pétersbourgeoise, ou des centres villes, avec le reste du pays), et statistiquement nettement plus de chances d'en trouver une belle aux USA qui sont deux fois plus peuplés et nettement plus jeunes (et mieux alimentés, même si parfois trop). Ca risque même d'être encore plus vrai vu la tendance lourde à la baisse de l'obésité. Et si les nanas sont l'argument déterminant.... On est plus de 500 millions dans l'UE, donc plus de 250 millions de nanas (avec le meilleur niveau de santé du monde, ce qui a généralement des conséquences lourdes sur l'humeur et l'aspect): pourquoi aller voir ailleurs quand on a de très loin le meilleur pool de sélection?
  21. Le plus responsable est toujours celui qui est le plus fort et prend l'initiative. Mais le problème de cet appel est moins que Klitschko soit ou non inconséquent en le faisant, que le fait que l'ukraine, ou tout au moins son gouvernement "en place", si l'on peut dire, n'ait franchement aucune autre alternative vu la situation à laquelle elle a été acculée: une mobilisation dans l'état actuel du pays et de ses forces ne procurera pas un potentiel militaire de nature à tenir tête à la Russie, mais c'est le seul moyen d'avoir un argument vu la nature des actions (militaire) que les Russes ont entrepris, avec la capacité de rendre le "cost of doing business" élevé pour la Russie, et de démontrer de la résolution, aussi bien au dehors qu'au dedans. Répondre autrement quand des troupes étrangères sont déjà sur ce qui est encore le territoire national, n'aura aucun effet et ne créera que de la faiblesse. Que la Crimée soit "perdue" de toute façon à l'issue du processus ne change rien à l'affaire. Tant que l'Ukraine refusera de mettre sur la table une sorte de "constituante" avec un vote incluant l'option de la scission du pays, elle n'aura de son côté aucun autre choix. C'est con de toute part, mais quand la situation en est réduite à cela (un gouvernement qui s'improvise et essaie d'abord et avant tout d'être un gouvernement, un pays étranger qui force la situation avec des moyens militaires et des intentions pas franchement honnêtes....), faut pas débattre comme si tout le monde avait toutes les options et du temps pour les envisager. Côté russe, c'est vraiment le genre de politique qui accule lentement à des postures plus antagonistes avec une foule d'autres pays: peut-être pas de réaction significative dans ce cas précis, mais une "ambiance" de moyen et long terme qui sera nettement moins propre à trouver des compromis. L'illusion de la puissance "à l'ancienne" que procure des actions de court terme de ce type peut plaire à certains, voire sembler des maîtres coups issus d'une génialissime pensée de stratège, mais c'est l'effet contraire qui s'ensuit généralement. Et avec le piétinement abusif des "règles de comportement déjà minimes que sont censées observer les grandes puissances, c'est un peu plus des chances d'avoir un world business qui roule (relativement calmement) qui s'en vont. Le genre de trucs qui ne fera pas de la Russie un pôle "équilibrant" l'hyperpuissance, mais aura un effet contraire.
  22. Il l'a décrétée, ou il a lancé un appel? Faut savoir.... Dans un cas il essaie d'inciter à réagir, dans l'autre il se prend pour le chef de l'Etat. En quoi? En incitant son pays à réagir? Il faut attendre que combien de régions de son propre pays soient l'objet d'une opération militaire par un autre pays pour qu'il soit "raisonnable et responsable" de l'ouvrir?
  23. Vikings a repris avant hier: ça reste égal à soi-même, cad plaisant à l'oeil, un peu du n'importe quoi historique, tempo assez modéré, et bien sûr, les Vikings sont toujours des êtres génétiquement modifiés supérieurs au commun des mortels.... Les clichés ont la vie dure, fussent-ils absurdes. Mais les persos centraux sont bons, et leurs relations et interactions ne restent pas dans la "safe zone": les actions, surtout les conneries, ont des conséquences, il n'y a pas de "gentils" ou de "méchants", la caméra se fixe bien sur une communauté de gens qui ne sont pas des anges, et ne sont même pas particulièrement sympathiques (ce sont après tout juste des pillards avides de rapines, exportant leurs problèmes internes dans des proto Etats nations encore fragiles). Ragnar, en particulier, s'il a la baraka sur certains plans, paie ses conneries et, dans ce premier épisode, on voudrait pas être à sa place, coincé qu'il est entre deux dangereuses créatures.
  24. Il est député et chef d'un parti important: il a le droit d'appeler à des mesures, qu'elles soient pertinentes ou non.
  25. Devinette africaine: quand un éléphant et un rhino s'affrontent, qui souffre? L'herbe. Le sujet n'est pas si simple, parce qu'il implique de donner une définition utile au terme de "peuple": si n'importe quel groupe humain peut se déclarer "peuple" du jour au lendemain, il y a peu de chances qu'un système international ayant la moindre stabilité puisse même exister, et cela laisse dans les faits beaucoup de latitude aux Etats pour pousser le bouchon trop loin et créer un chaos permanent. C'est pourquoi 2 tendances existent sur la scène internationale: les tenants du "droit des peuples", et ceux de l'intangibilité des frontières. C'est là où l'on voit toute l'hypocrisie de la Russie qui s'est faite depuis longtemps le champion de la seconde tendance.... Et évidemment s'asseoit dessus dès que ça l'arrange. Notez bien qu'une porte de sortie internationale sur cette question serait, après une période de montée en tension, avant tout interne à l'Ukraine, et de prises de positions de plus en plus tranchées, de leur faire se poser la question, région par région, de savoir s'ils veulent être un pays: un grand referendum sur un nombre de formules donné. Une façon comme une autre, dans l'hypothèse où les grands acteurs internationaux parviendraient à s'entendre, de renvoyer la balle aux facteurs de bordel eux-mêmes, qu'ils sachent ce qu'ils veulent. Après ça, suivant le résultat, on ira se faire (re) tuer pour Sébastopol ou non, mais au moins sans avoir présupposé de la situation. Donc on laisse marmiter, les "grands" se mettent d'accord ensembles, et hop!
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