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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. De fait, les LGBT sont savatés et gravement discriminés en Russie, avec grand sourire de la police qui explique ensuite aux victimes que leur tabassage par des glandus, et parfois la police, était justifié. Les lois "antipropagande" sont d'une hypocrisie complète, et entendues ainsi dès l'abord. Dans toute société humaine, les LGBT doivent peser entre 5 et 10% de la population (difficile à évaluer, et il y a une question de "degrés", avec en moyenne 2 fois plus de gays que de lesbiennes): c'est une orientation/construction psychologiquement normale d'une part de la dite société, avec ou non une base génétique (pour l'instant pas établi). C'est tout sauf négligeable, et le stigma à leur encontre n'est pas un phénomène passager ou particulier à une société. La question LGBT est une constante des sociétés humaines, et elle n'est pas si souvent au coeur de l'actualité à un niveau suffisant pour rendre la chose politiquement traitable, malgré tout ce que diront les râleurs ayant l'impression nombriliste qu'ils sont assaillis par ça 24h sur 24 depuis que le monde est monde. Là, il y a une fenêtre d'opportunité. Si t'es pas content, crée ton média et/ou ne regarde pas les autres. Les minorités chrétiennes (où ça d'ailleurs?) ont aussi leur traitement, et comme d'autres groupes humains et problèmes (LGBT compris), il n'arrive que rarement que ce traitement arrive à un niveau suffisant d'attention pour être traité, au moins un peu. Quand ça arrive, il faut arrêter parce qu'il y a d'autres problèmes légitimes dans le monde?
  2. Je dirais oui si on n'était pas dans un monde de ressources limitées: il y a beaucoup trop de sujets d'indignation légitime, grands et petits (tout le monde a ses problèmes, et ils sont constants et simultanés), et trop peu de temps d'attention utile à y consacrer, et de moyens de les faire connaître UTILEMENT (c'est pas un reportage sur chaque sujet qui peut bouger assez de monde). Si on se met à réfléchir dans l'absolu, comme si on avait des ressources infinies pour traiter, ou ne serait-ce que regarder, chaque problème, ce mode de raisonnement serait valable: il faut le garder à l'esprit, mais si on le place à la base de la réflexion, aucune critique n'est légitime, aucun scandale ne peut être soulevé, et aucun problème n'est jamais traité, parce qu'il y a toujours quelque chose à redire. Le monde est imparfait, on y fait ce qu'on peut avec ce qu'on a. Même s'il faut, sur un sujet, et pendant un court moment, devoir être dans le même rang (ça veut pas dire d'accord) que Caroline Fourest & Filles, ou avec les excités violents d'extrême droite ukrainiens. Autant rester au lit si on cherche la perfection.
  3. Une organisation où il y a Caroline Fourest dit déjà tout ce qu'il y a à dire sur sa nature: pourquoi aller chercher plus loin? Les idéologues sont tous les mêmes, quelle que soit l'idéologie.
  4. De la publicité pour quoi? C'est pas un produit à vendre, et la "communauté gay" n'est pas un ensemble organisé mondialement avec un centre de décision régissant une population. Waaaah, celle-là est fabuleuse. Mieux vaut donc la fermer et ne même pas essayer de signaler un problème qui existe: que les Russes tabassent leur LGBT en paix. Tout ce qui met un groupe (France comprise) le nez dans sa merde est bon à prendre. Surtout quand ce groupe nie que sa merde existe et qu'elle sent. Heureusement que l'histoire, grande et petite, ne t'a pas écouté: c'est comme ça que les choses se font, bonnes et mauvaises. Pas en restant derrière son clavier. Parfois ça marche, parfois pas; parfois ça aide, parfois pas, mais personne ne sait à l'avance l'effet que ça va avoir.
  5. Poutine s'auto-décerne et se fait décerner sur commande suffisamment de louanges comme ça, et empêche suffisamment de critiques. Si un politique en occident faisait le centième de ce qu'il fait dans ce registre, on l'appellerait un autocrate. Il a fait de son pays une pétro monarchie, et la petite classe moyenne qui commençait à naître (surtout les petits entrepreneurs) s'est retrouvée vampée par l'oligarchie plus en place que jamais aux rênes du pays: quelle réussite! J'adore les apologues du "Poutine redresseur de la Russie" (ça pouvait sembler ainsi après son premier mandat comme président: ça a un poil changé depuis) qui abondent à mort dans les apparences qu'il donne à son action. De la gesticulation médiatique et quelques "coups" internationaux, une économie subsistant sur les bénefs des ressources naturelles (en vampirisant l'investissement dans la prospection et le renouvellement des structures et matériels d'extraction), de l'investissement militaire/sécuritaire en partie "pour la gueule" (de plus en plus réalisé en pompant dans les autres ministères), et ça crie au "retour" de la Russie comme puissance mondiale.
  6. Ca, c'est très partial: ça revient à dire: - qu'on ne peut soulever de point critique nulle part parce qu'on n'est pas soi-même parfait: une antienne vraiment toujours aussi présente que jamais - que tu amalgames médias et gouvernement en occident. Ce sont les médias qui en font un point particulièrement lourd: la diplomatie US et de quelques autres pays en a parlé (mais n'a rien conditionné à ça), l'ONU y a consacré quelques séances noyées dans une multitude d'autres - que tu en parles dans l'absolu, alors que ce n'est qu'un (court) moment: le sujet sera renvoyé au niveau de la majorité des autres sujets sitôt après les JO, ce qui veut dire qu'il sera renvoyé dans les limbes vu la masse des sujets importants, voire critiques, qui existe à tout moment dans une actualité générale que les consciences collectives et individuelles ne peuvent connaître qu'en petite partie et au sein de laquelle elles ne peuvent prioriser qu'un nombre très limité d'entre eux pour les convertir en revendications, pressions et actions. C'est ainsi, on n'y peut rien, et tout sujet sur lequel se focalise l'attention est épuisant/énervant quand il devient un point d'attention (seul moment où il devient politiquement traitable), mais on peut pas se priver d'agir quand l'occasion se présente: c'est beaucoup trop rare, comme ressource. Après, la situation des LGBT est infiniment pire en ce moment au Rwanda où ça devient un délit passible de la peine de mort: mais là, comme pour tout sujet, la même inéquité est à l'oeuvre, à savoir que personne en a rien à foutre du Rwanda, que c'est petit, beaucoup moins peuplé et de nettement moins haut profil que la Russie, surtout pendant les JO. Monde imparfait, ressources limitées. Parce que l'occasion est là, et elle est rare. Et parce que "la ligne de Washington" n'existe que bien peu sur le sujet: j'ai pas entendu la diplomatie américaine en faire tant que ça sur le sujet LGBT, sinon quelques discours avec pas grand chose derrière hormis quelques symboles, et ça a pas été "dense" dans l'actu. Les médias en ont largement plus parlé par eux-mêmes, et non, à part pour les complotistes, ils ne sont pas des outils d'un Département d'Etat tout puissant, tout comme les médias français ne sont pas vraiment des agents du gouvernement pour les questions extérieures, ou même intérieures; on a juste droit à quelques journaleux faisant de la crème insipide pour garder leurs entrées, quelques idéologues se prenant pour des éditorialistes et quelques rédactions veillant à ce qu'on ne cherche pas trop de linge sale, plus une litanie variable d'incompétents, et beaucoup de prostitution pour l'audience; rien de comparable à des pays plus autoritaires. Le fait est que la question LGBT en Russie S'EST raidie récemment, via un Poutine de plus en plus faible politiquement (il a perdu une bonne part de la petite classe moyenne russe, sa base historique, littéralement baisée par les dernières années de surconcentration oligarchique) qui s'est rapproché d'une Eglise orthodoxe russe bien engluée dans un ultra conservatisme ignare et violent, et un entrisme politique plus fort que jamais, à la fois au service du pouvoir et lobby ultra-conservateur radical auprès du pouvoir (cherchant à retrouver autant d'emprise qu'elle peut sur le pays). Les gays sont particulièrement faibles politiquement en Russie où un Etat de droit minimum n'existe de toute façon pas (fait signalé à répétition par les Russes eux-mêmes, par le business....), ils sont donc une des cibles désignés pour une démagogie facile, violente et visible. Ca coûte rien politiquement, et ça ne fait que rapporter à Poutine. L'attention se fixe là-dessus, procurant l'occasion d'agir.
  7. Pas de l'innocence: mais qui est juge de ce qui est "proportionné" et "impartial" (si une telle chose existe)? Toi seul? Et qui en fait trop selon toi, ou pas assez, est coupable? Y'a pas de recette pour trouver le juste équilibre: ça se fait en tâtonnant, avec des outils imparfaits, essentiellement la presse-à-peu-près-libre, qui est un outil dépendant aussi d'autres logiques, essentiellement celle du fonctionnement commercial, de la contrainte du fonctionnement médiatique actuel (le buzz, l'hyper-réaction, le realtime, l'hyperconcentration et le "newscycle" de 2-3 jours en moyenne), et des limites de ce fonctionnement (niveau qualitatif des journalistes, niveau quantitatif, immensité du champ de l'info vs quantité limitée de "place" d'exposition....). Dans le cas LGBT en Russie, c'est un sujet légitime et valant un accent particulier, parce qu'il y a eu une récente crispation particulièrement importante, visible et violente dans un pays qui, malgré son déclin (et tous les efforts pour présenter les apparences du contraire), reste important et de haut profil (et il fait tout pour garder ce haut profil). Surtout quand le dit pays organise des JO qui ne sont pas un outil international neutre, mais une onction internationale (dans une certaine mesure) en même temps qu'une sonde et une occasion de regarder/s'intéresser au dit pays. Ils veulent pas qu'on regarde leur linge sale? Ils ont qu'à pas en faire autant et demander à ce qu'on le trouve propre, et ils n'ont qu'à garder profil bas. Le sort des LGBT n'est peut-être pas folichon partout (y compris aux USA, au moins dans certains endroits et dans certains cas), mais il est particulièrement désagréable en Russie en ce moment, et toute plate-forme qui peut donner l'occasion de le signaler et de donner un peu de "jeu" ou d'air aux LGBT russes vaut le détour. Même si ça peut sembler un peu insistant à court terme, ou si ça passe par un groupe punk rock dont personne ne sait ce qu'elles chantent (mais elles ont quand même "gagné" la légitimité pour en parler.... En allant en taule: si Poutine voulait les emmerder efficacement, il aurait du les ignorer et les laisser brailler dans la rue ou les églises, avec juste éventuellement une amende). Sinon, sujet d'actu sur les JO: vu quelques reportages sur la sécurité informatique des visiteurs, et c'est assez effarant. La société informatique chargée de la sécurité dit elle-même que les hackers du pays se sont spécialement concentrés sur l'événement et que la tâche est proprement ingérable tant le nombre de victimes (organisations, individus, infrastructures) est énorme et le nombre d'attaques dantesque. Un reporter américain était venu avec un expert informatique pour faire un test dans un bar: dès les premières secondes de connection, son téléphone et son ordi étaient hackés.... Et la dite société en charge de la sécurité avait elle-même était hackée, J'avais pas fait attention à ce sujet dans les derniers JO, mais à quoi ça ressemble, ce champ de bataille sécuritaire là, désormais? La sécurité (de vos données personnelles, bancaires....) est-elle même possible dans ce genre d'événements où se concentre tant d'attentions malveillantes?
  8. Ben, contrairement aux autres JO, c'est pas vraiment faux, et ça n'est pas prononcer en soi un jugement de valeur que de dire que les JO ont été voulus par Poutine: c'est rare dans l'histoire des JO que la tenue de l'événement ait autant tenu à une seule personne. Tu vois beaucoup d'autres JO ou coupes du monde d'un sport majeur qui ait été autant voulu par une seule personne, pas par une ville, un groupe? Perso, je cherche, mais à part un très petit nombre (et encore, je manque de doc), j'ai du mal. C'est faux: il n'y a rien de tel dans les médias américains (que je regarde tous les jours), et ne font aucun "blocus" contre les JO: ils incitent à l'occasion à la prudence, et la prévalence de clarifications sur la situation sécuritaire (avec, comme c'est toujours le cas quand des experts sont convoqués, des opinions disant tout et son contraire) répond à des inquiétudes manifestées quotidiennement par les Américains allant aux JO. Le public demande, quoi. Mais globalement, en proportion de l'actualité, franchement, les reportages sur Sotchi prennent pas beaucoup de place dans le flux de l'actualité. Parler d'hystérie et de matraquage est juste du délire. D'accord, donc ça n'existe pas et faut pas en parler. Et toute façon si on le fait, c'est la même chose partout et personne n'a le droit de pointer la chose du doigt parce que personne n'est parfait.
  9. Boooouuuuuhhh, c'est trop nul..... De s'être fait pincer. Qui a pu enregistrer et diffuser le truc? Un service de rens européen qui fait une réponse du berger à la bergère?
  10. OK, pour ce que je peux en comprendre..... Ca fait quand même risquer beaucoup d'exposition (pas le casse lui-même, mais le truc sur la centrale) pour un tel truc. C'est déjà arrivé, quelque chose de comparable? Ca fait tellement tarabiscoté/grand guignol dans la "scénarisation" (on est tous abonnés aux séries télés). Mais bon, tu me mets 2-3 informaticiennes sexy (non, pas forcément une antithèse), voire un sniper façon agent-secrète-donc-tout-en-cuir-moulant-avec-flingue-énorme, une intrigue qui tient la route (ou en tout cas 1h1/2) et je te le prends, ton film .
  11. Merci. Montrer que le système est pas fiable, j'imagine que ça nécessiterait quand même un effort de "publicité" par les perpétrateurs, au moins réalisé si l'histoire ne prend pas d'elle-même dans les médias (ce qui n'est pas arrivé): là, ils l'ont pas fait du tout. Ca reste possible, mais je trouve qu'il manque une composante si telle était la volonté à l'oeuvre. Pour la 2ème hypothèse, là.... Faudrait savoir si de grands casses ont eu lieu au même moment dans la zone couverte par cette centrale; même si c'est sans doute possible, la shériff de ce comté, qui a fait pas mal de RP sur cet événement, aurait je pense eu tout intérêt à mettre la chose en valeur (vu le système électoral des shériffs et le haut profil de ce comté très riche), ne serait-ce que pour dire qu'il s'agit de "terrorisme" ou du fait d'importantes organisations impliquant qu'il faut plus que les moyens du bureau local du shériff. Pour se dédouaner au moins, elle l'aurait fait. Le test de faisabilité a été avancé comme l'hypothèse dominante par les personnalités (surtout au niveau fédéral) préoccupées par la chose: là aussi, on peut supposer le motif d'en faire trop, surtout tant que demeurent autant d'inconnues, mais à mon sens, ça reste l'hypothèse par défaut, si on veut supposer une grande "raison" et une grande organisation derrière. L'autre est la "low key": du terrorisme domestique "local" qui veut foutre sa merde en parlant fort. Mais l'absence de revendication/publicité laisse trop de doutes. C'est tout le truc, là, non? Ca exige des compétences, du savoir, de la préparation, mais pas non plus une équipe d'ingénieurs. C'est tout le danger du terrorisme "low tech", un peu comme l"idée d'un groupe extrêmiste se mettant à faire flinguer/tuer une personne à la fois au hasard dans la rue par une multitude "d'agents" (genre en cagoule, prenant la victime à part dans un coin peu ou mal surveillé, et disparaissant vite), un peu partout dans une ville ou un pays, dans une fenêtre temporelle réduite, étalant les risques tout en gardant l'effet nombre. Là, pour faire du dégât matériel et non humain, le choix est vaste: électricité, eau, rail, communications.... Sont des réseaux physiquement immenses et difficilement protégeables: l'approche low cost peut quand même produire des résultats spectaculaires et réellement emmerdants avec ce genre de cibles. Quand en plus on parle d'un pays comme les USA, où les distances sont (proportionnellement) vraiment très grandes (une des raisons pour lesquelles des sites sensibles ont leur propre production d'énergie), un groupe terroriste adoptant cette posture a table ouverte. La production d'électricité est particulièrement vulnérable aux USA vu (ce que j'ai dit plus haut) sa faible organisation/rationalisation, son aspect bordélique, son absence de redondances et l'extrême hétérogénéité des sites et opérateurs en matière de sécurité, moyens, vulnérabilités, et les faibles contraintes sur les acteurs du marché.
  12. Le sabotage économique pourrait être une option, effectivement, mais là je vois mal pourquoi: le proprio est AT&T, pas un petit, donc l'attaque a de fait peu d'impact sur ses comptes et perspectives, ou sur sa marque, mais un impact général sur le secteur. Si l'attaque avait eu lieu sur un petit opérateur comme il y en a tant en Californie, là, le sens économique serait manifeste, vu que les petits producteurs californiens investissent peu et dépendent d'un nombre minuscule de centrales, parfois une seule; qu'un "grand" les attaque ainsi pourrait là obtenir quelque chose, à savoir la perte de confiance immédiate et l'incapacité à rebondir, soit, de fait, une ouverture pour récupérer rapidos la zone de couverture de l'opérateur ciblé, voire sa centrale à vil prix.
  13. Les USA commencent à reparler d'une étrange affaire de l'an dernier, dont les conséquences pourraient être de sécurité nationale et inquiètent experts du secteur énergétique et politiques. Le 16 avril 2013, une singulière attaque s'est déroulée dans une des centrales électriques alimentant la Silicon Valley (PG&E Metcalf Transmission Substation, Comté de Santa Clara): dans la nuit, vers 1h du matin, des caméras de sécurité ont gardé quelques vagues images de brèves flammes vite révélées comme étant des coups de feux, sur le premier rapport de police rédigé suite à l'événement, environs 2h après l'incident. A ce moment, la chose n'est reportée que comme un cas de vandalisme, le fait de quelconques abrutis ou ivrognes se défoulant à l'arme à feu sur un bâtiment. La suite des événements s'annonça moins triviale: les coups de feux semblent n'avoir été qu'une distraction, la partie émergée d'un "coup" recherchant un effet donné, obéissant à un plan préparé par des gens sachant ce qu'ils faisaient. Une enquête fut commanditée dès le lendemain, qui a depuis fait des petits; en effet, dans la journée suivant l'événement, des coupures de courants et sous tensions nombreuses furent signalées dans toute la zone couverte par la centrale, dont la cause fut vite trouvée. Des câbles souterrain avaient été coupés (via une effraction pour l'accès à des points de contrôle) dans le même temps où les coups de feux avaient été tirés, et ces derniers avaient été tout sauf le fruit d'un nuage d'ébriété: tirés avec un fusil de forte puissance, ils ont visé (et touché) plusieurs transformateurs, endommageant l'équipement et causant une fuite de pétrole. Il apparut évident aux enquêteurs que les criminels savaient où trouver les câbles en fibre optique, et où les couper pour obtenir l'effet maximum, savaient quelles cibles choisir dans la centrale et où frapper ces cibles, et ils connaissaient manifestement les dispositifs de sécurité (pas non plus folichons). Les premiers câbles qu'ils ont coupé furent ceux des communications de la centrale: ligne spéciale vers la police et les services d'urgence, lignes téléphoniques fixes, accès internet et le service de téléphonie mobile couvrant la zone (?! On peut faire ça?). Les tirs sur les transformateurs survinrent juste après, soulignant le timing calculé. 27 jours furent nécessaires pour réparer les dégâts et rétablir la sécurité de la centrale et la couverture électrique de la zone. Pour un acte dont l'exécution demanda moins de 30 minutes apparemment. L'événement ne fit pas de bruit au-delà du niveau local pour trois raisons: - beaucoup de mystères demeurait sur les circonstances et les causes - sans morts ou dégâts majeurs/dramatiques, ça peut vite être relégué au second rang dans les priorités des uns et des autres - le 16 avril 2013, c'est le lendemain des attentats du marathon de Boston, qui ont monopolisé l'attention nationale (médias, politique et services de sécurité) L'enquête fut donc discrète et prit quelques mois, et seules les instances dédiées au niveau étatique, le bureau du shériff local et la compagnie propriétaire de la centrale (AT&T) restèrent préoccupés par la chose (AT&T allant même jusqu'à faire circuler un avis de recherche avec une récompense de 250 000 dollars pour l'identité des coupables). L'événement fit toutefois écho aux avertissements de Jon Wellinghoff, ancien "chairman" de la Federal Energy Regulatory Commission, qui avait souligné la vulnérabilité des infrastructures d'alimentation électrique à des attaques "low tech/low cost" réalisées par un très petit nombre d'individus. En décembre, Henry Waxman, élu de Californie au Congrès, a appelé à un briefing sur ce sujet avec le FBI; le briefing attend toujours. Quelques jours après cette annonce, cependant, un membre du National Security Council s'est aussi épanché sur le sujet dans le journal Foreign Policy, insistant sur le fait que l'événement de San Jose n'avait pas été le fait d'amateurs se défoulant au hasard sur la première cible venu, et qu'il s'agissait d'une répétition à petite échelle d'une campagne d'attentats à venir. Paranoïa? En tout cas, les instances fédérales n'ont pour l'instant rien fait de plus qu'en parler un peu, ici et là. Un article détaillé est paru hier dans le WSJ, avec Jon Wellinghof comme consultant principal, qui récapitule la timeline précise de l'attentat: - 00h58: les câbles de télécoms de la centrale sont coupés - 1H00: les coups de feux commencent et durent 19 minutes, ciblant le système de refroidissement (au pétrole) de 17 transfos géants (tous sont dégommés). Une centaine de douilles (de type comparable à celles d'un AK-47) seront retrouvées sur les lieux. - 1h20: les perpétrateurs disparaissent du champ des caméras, pour le peu qu'on ait pu en voir: la seule chose réellement visible furent les étincelles produites par les balles touchant le grillage de la centrale Les questions soulevées concernent la sécurité et la résilience de la grille énergétique américaine: aucune mesure n'a été prise, aucun standard n'a été relevé, aucune exigence supplémentaire n'a été même discutée au niveau fédéral ou étatique. L'agence fédérale susmentionnée a en fait peu d'autorité pour changer la régulation, et le secteur énergétique est suffisamment puissant pour éviter ce genre de choses. Parce qu'il faut se rendre compte d'un truc: les USA n'ont pas de grille énergétique: on utilise le nom pour simplifier, mais ils n'ont aucun système centralisé au niveau fédéral, et très peu d'Etats ont même une grille/un réseau organisé et centralisé, rendant le système électrique non seulement bordélique, mais aussi extrêmement gaspilleur et sans redondances, avec une faible connectivité. La Californie est à cet égard l'un des pires cas possibles, suite à l'extrême dérégulation du secteur (et c'est aussi plus criant parce que c'est un Etat énorme et très peuplé); le marché est trusté par quelques acteurs intouchables/inrégulables par l'Etat ou le niveau fédéral (la façon dont les "poids lourd" ont envoyé chié les gouverneurs de Californie est connue; même Shwartzy, pourtant pas un "régulateur", a voulu mettre fin au bordel, et s'est vu rembarré par un patron lui signalant qu'il déjeunait le lendemain avec Dick Cheney, vice président et encore "Mr Halliburton"), et surtout par une multitude de "petites" entreprises locales hostiles à tout changement parce qu'il coûterait trop cher. Trop cher? Ben oui, pour des compagnies qui possèdent en moyenne entre 1 et 3 ou 4 centrales (en majorité au fuel ou au gaz, et très moyennement productives.... Donc nombreuses), aucun investissement significatif n'est réellement possible, et la plupart n'investissent même pas assez pour réellement garder leur outil en l'état (tant que ça fait du bénef....). Rappel que le secteur énergétique, comme d'autres activités d'infrastructures, s'accorde mal avec le "libre marché" et crée des monopoles ou oligopoles privés, des monopoles publics, ou du bordel faiblement efficace, abusif et hors de prix. Les grands du secteur sont très emmerdés par l'événement du 16 avril, mais font tout pour le garder sous silence pour éviter de susciter des vocations dans un pays qui se voit ciblé par les islamistes du monde entier et qui un un niveau de menace terroriste domestique très important. Et ils ne semblent pas favoriser les changements nécessaires, et sûrement pas investir réellement pour, ce qui veut dire qu'ils font leur lobbying pour que l'Etat fédéral et/ou les Etats assument la dépense.
  14. J'adore l'article: à l'en croire, un cursus express de quelques semaines/mois, et un diplôme expédié rapidos vous font un super espion/commando de la mort/charmeur-euse de première.... Pour une histoire qui, à l'arrivée, révélait plutôt des branquignoles montés en épingle ensuite pour au moins réussir un coup de RP à défaut d'un coup de renseignement. Mais bon, c'est Fedorovski qui écrit: délirer sur papier, c'est son métier. Sinon, plus marrant: les hôtels de Sotchi seraient tout sauf prêts à l'événement. Apparemment, même ceux qui sont déclarés opérationnels ont de menus problèmes.... Entre autres les toilettes et la tuyauterie en général. Des journalistes se sont vus déconseillés de boire l'eau courante ou de se laver avec: apparemment, sa couleur jaune pisse n'est pas que de la déco, le personnel avertissant qu'il y a quelque chose de dangereux dedans. Quand aux WC.... Des notices très "spéciales" ont fait la joie des journalistes qui se sont empressés de les répandre partout. Allez farfouiller, c'est édifiant. Sans compter les détails comme le fait qu'apparemment, le PQ ne doit pas être évacué par les chiottes, mais mis à la poubelle. Bon appétit! 51 milliards, et juste avant les jeux, les rues sont encore en cours de pavage, les hôtels sont pas prêts, l'eau est jaune et les chiottes sont HS (avec tout ce qu'un athlète bourré aux amphètes évacue par le bas, et tout ce qu'un journaleux bourré évacue par le haut, c'est vraiment un blocage majeur); Poutine a pas demandé une garantie décennale?
  15. Mais essaie de pointer le passif des US face aux réfugiés juifs d'Europe pendant les années 30 et la guerre (et le blocage actif des migrants juifs), ils nieront. C'est pourtant pas une histoire édifiante.
  16. Oh, un beau cliché: depuis une vingtaine d'années (et sous une forme plus light depuis plus longtemps), on a souvent, dans les séries les plus "modernistes", voire futuristes, droit, à une étape ou une autre de la série (et de plus en plus vite en fait), à la super société secrète hyper ancienne, parfois avec des options mystiques/surnaturelles, comme antagoniste ou participant à l'intrigue de long terme de l'histoire. Expérience perso pour moi qui teste autant de séries que possible (j'ose même pas dire le nombre de HD externes remplis à ras bord de séries dans mes étagères), dès que ce genre de trucs se pointe, la série est à lâcher, si elle l'était déjà pas avant: c'est le signe absolu que les scénaristes sont soit très flemmards, soit très mauvais, soit très mal payés (facteurs non exclusifs les uns des autres). Vraiment une sale mode de foutre du pseudo antique ou médiéval dans le monde moderne, voire le mélanger à l'hypertechnologie, quand ce ne sont pas des savants géniaux d'il y a 1000 ans qui ont tout prévu en génétique, informatique.... Et c'est devenu une recette beaucoup trop commune. D'une manière générale, dès qu'une société secrète est foutue dans une intrigue, une série commence à puer et ses dialogues prennent une connotation d'absolu ridicule, quoiqu'on fasse. La seule raison légitime de continuer, c'est si les actrices en valent la peine.
  17. Les destroyers tels qu'ils se développent pendant la IIème GM (pas ceux d'avant) n'entrent-ils pas aussi dans cette catégorie ayant du blindage, en fait comme tous les navires conçus pour opérer en escadre "de bataille" (telle qu'on conçoit encore la chose à l'époque)? Il me semblait que tout ce qui était destiné par concept à opérer en escadres, cad autour d'un PA ou d'un cuirassé, était censé porter un blindage significatif. Peut-être pas 1/3 du poids, mais quand même une proportion conséquente, et pas nécessairement dans les hauts, mais un fort blindage antitorpilles au moins.
  18. C'est vrai, mais il faut vraiment noter l'immense poids du facteur culturel/idéologique dans la doctrine de combat terrestre et la stratégie terrestre japonaises: l'idéal de la campagne courte culminant dans une unique grande bataille décisive (existant aussi dans la marine), appuyée de l'apport allemand (qui souffre du même défaut conceptuel, mais d'une autre façon), est plus que terriblement prégnant. C'est hallucinant de constater le biais culturel dans lequel baigne l'armée japonaise à cet égard: souffrant déjà en outre d'un certain immobilisme lié à l'extrême conception de la hiérarchie, de la prévalence des "aînés" et de la difficulté à mettre les points sur les ""i" en discussion ouverte (faut voir une réunion de travail encore aujourd'hui au Japon pour le croire), qui débouche sur une difficulté/lenteur à "apprendre" et à se corriger en tant qu'entité collective, l'armée japonaise aura du mal à s'adapter. Quand on y ajoute les manques industriels et la priorité à la marine, d'une part, et le manque de ressources pour assurer la formation d'effectifs suffisants à niveau satisfaisant (dans toutes les armes), le résultat est dur. Rien qu'après Kalkhin Gol, l'armée japonaise niera pour ainsi dire l'expérience et n'en retirera rien, n'apprenant pas de ses impasses et erreurs. Même pendant la bataille, on voit les "lurning curves" des deux camps au fil des événements; celle des Russes monte vite, celle des Japonais reste plate. Regarder aussi le temps qu'ils mettront à renoncer aux charges banzai en cours de conflit face aux Américains et à leur densité (et capacité) de feu. Il y a un grave problème de remise en cause et d'apprentissage.
  19. La réaliser pleinement, oui c'est rare, vu que sauf exécution parfaite et réussite sur l'essentiel des points du mouvement, voire dans une situation où le terrain manque derrière l'adversaire, celui-ci peut toujours reculer s'il anticipe suffisamment le mouvement. Mais c'est ce qui est recherché, et réalisé correctement, cela permet d'imposer le tempo et de contraindre l'adversaire à annuler/changer radicalement ses plans (et retraiter généralement). C'est ce qui s'est passé à Khalkin Gol, même si là, on ne parle pas d'une "profondeur" gigantesque vu les dimensions modestes du théâtre des combats, contraintes par les effectifs en présence (quoique les lignes soviétiques soient très profondes) et la volonté semble t-il partagée des deux pays de ne pas voir cette affaire se prolonger dans le temps et/ou dégénérer en conflit total entre eux. La désorganisation recherchée, c'est avant tout la dislocation de son effort à mon sens, en contraignant ses options, le forçant à se disperser (surtout dans l'usage de ses réserves) et à perdre sa capacité à mobiliser ses ressources pour un effort offensif, soit en fait imposer son tempo. Vu l'importance que les soviétiques accordent aux réserves (plus encore qu'ailleurs), ça implique entre autres le fait de garder un deuxième échelon qui est là pour produire l'effort principal (percée, idéalement) une fois les forces ennemies séparément fixées. Dans le principe, rien de nouveau, dans l'exécution et l'échelle de conception, c'est nettement plus novateur. Surtout face à des Japonais qui mettent en ligne un concept plus radicalement opposé qu'aucune autre armée d'alors ne le pourrait, misant tout sur un effort d'infanterie court et brutal, extrêmement offensif mais court sur pattes au niveau opératif, contraint par la logistique et par la faible portée d'unités avançant à pied.... Et qui plus est sans appui suffisant en artillerie et armes lourdes, ou évidemment en chars, qui sont, outre leurs insuffisances techniques (défaut d'industrialisation japonaise), conçus pour appuyer les troupes d'infanterie japonaise et la doctrine de combat japonaise (donc limités dès leur conception, en plus de l'être par la capacité industrielle du pays).
  20. Seulement une partie de l'armée: une petite partie en fait. Dans le cas de l'aéronavale, c'est un tout petit fer de lance qui est formé à l'extrême, et vu le niveau de ressources disponibles face aux besoins de la guerre moderne, ce fer de lance est virtuellement non renouvelable, alors que l'usure est rapide et implacable dans ces conflits. Pour l'armée de terre, pareil: il y a un fer de lance et ensuite un dégradé exponentiel de troupes de niveaux inférieurs, et là aussi, des besoins immenses, démesurés par rapport aux capacités du Japon. Je soulignerais aussi: - le problème doctrinal évoqué plus haut et la certitude maladive que "gagner en un coup décisif" est possible, sur mer et sur terre - le problème culturel dans une force armée où la tradition hiérarchique et l'autorité des "aînés" sont encore plus forts qu'ailleurs Pour les blindés, oui, mais pour les effectifs, partout où je regarde, je trouve un avantage côté Japonais. C'est un avantage dans l'absolu (cad sur le théâtre) qui ne s'est pas retrouvé déployé dans les combats? Le point à Khalkin Gol est que les Soviétiques avaient un désavantage net en terme d'encadrement et de formation: les troupes manquaient gravement d'entraînement, d'homogénéité et de préparation en général, et plus encore, le pays souffrait alors à plein du déficit de cadres de tous niveaux vu que les grandes purges battaient encore leur plein et avaient déjà produit des effets dramatiques dans une armée qui avait connu une croissance démesurée et qui, même sans purge, connaissait déjà un sous encadrement proprement hallucinant, l'URSS ne pouvant alors former suffisamment de cadres (et en plus former la majorité d'entre eux correctement). Qui plus est, ce déficit était encore accru par la culture de l'officier et l'absence d'un corps de sous offs de longue durée, étalant le problème d'encadrement du haut de la pyramide jusqu'au plus bas échelon possible. Côté japonais à ce moment, on a une doctrine fondamentalement fausse pour laquelle toute l'armée est calibrée, hommes, cadres et matériels, mais dont en plus une partie réduite seulement peut être entraînée et équipée correctement (quelle proportion de ça à Khalkin Gol?). Résultat, on a surtout la confrontation des deux systèmes, en cette occurrence: des Russes concevant l'affrontement de la bonne façon (prévoient la logistique et le matos pour durer, ont une mécanisation supérieure et des matériels roulants plus nombreux et puissants), mais ayant beaucoup de problèmes pour la mise en oeuvre, et des Japonais se gourant sur le cadre stratégique et opératif, mais ayant à ce moment un outil dont les éléments de base (unités de combat) tendent à être de meilleure qualité, en tout cas au niveau humain. Le taux de perte de part et d'autres est alors plus compréhensible: les Japonais ont une doctrine très offensive et consommatrice d'hommes, chose qui devient dramatique quand l'adversaire a une forte densité de feux (et du blindage roulant), et les Russes ont des problèmes de mise en oeuvre tactique parfois très graves, qui leur font gaspiller beaucoup de monde. Sans compter que les principes opératifs russes recherchent alors moins le bodycount proprement dit que, déjà, la désorganisation du dispositif adverse plus que sa destruction (ou la destruction de ses composantes).
  21. Même avant guerre, les Russes ont montré aux Japonais leurs limites, malgré leurs propres -et élors énormes- lacunes. Et faut pas oublier le principal obstacle pour les Américains: les immenses distances dont on parle, et le fait qu'il s'agisse d'un front avant tout maritime, 2 éléments qui complexifient ce théâtre à l'extrême et expliquent la longueur du conflit, en plus d'un certain niveau initial d'impréparation.
  22. Ben oui, c'est tout qu'est ce que j'ai dit: ils sont devenus les bonnes à tout faire pour l'escorte des capital ships, les combattants de surface principaux, grandissant sans cesse au passage et prenant tous les types d'armement. Y'a plus vraiment beaucoup de croiseurs construits après 45, ou on a de plus en plus de mal à voir les différences, ce qui révèle avant tout l'obsolescence de ces noms et différenciations. Il n'y a plus que des combattants de surface, avec un degré plus ou moins variable de taille et de quantités d'armements/capacités différents. Une division stricte du travail est encore un peu la norme dans les plus grandes marines pendant un temps, mais c'est rien du tout à côté de ce que c'était au moment où les noms sont apparus.
  23. Le problème était la doctrine pour laquelle matériels et hommes étaient faits: les mitrailleuses marchaient sûrement bien.... Mais n'étaient pas les bons outils pour la bonne guerre (portaient moins loin, cadences de merde). Les troupes japonaises restaient dans une idée que le combat était le corps à corps des unités de fantassins lancées les unes contre les autres et s'écharpant de près. Ils n'avaient pas tenu assez compte des combinaisons interarmes, de la portée et de la puissance des armes à feu modernes (et des tirs de saturation qu'elles permettent).... Et la majorité de leur matériel datait quand même, s'il faut comparer aux USA: le Japon n'avait pas une industrie aussi moderne, et on tendrait à dire qu'à part quelques domaines d'excellence, ils étaient quand même une génération derrière. La charge banzai illustre beaucoup leurs problèmes de doctrine et de tactique, et plus largement, de conception de la guerre. Par ailleurs, leurs blindés ne valaient pas tripette, et ils étaient globalement sous mécanisés, et là encore, les manques de l'industrie japonaise en qualité/modernité, et plus globalement de l'industrialisation du Japon, insuffisante en quantité (le Japon avait une puissance militaire disproportionnée à sa puissance économique, s'étant fait très militariste), sont assez criants: leur armée était très hétérogène, les ressources ne permettant d'équiper et encadrer correctement qu'une partie des troupes. L'armée du Kantô (celle présente en Mandchourie et dans le nord de la Chine) était la meilleure de très loin (priorité dans l'affectation des hommes et des cadres, influence, budgets prioritaires, taux d'équipement), mais même là, les manques japonais ont été criants contre les Russes même avant guerre, quand ils étaient vraiment pas au point et gaspillaient beaucoup d'hommes (commes les Japonais). Au global, ils ont subi contre les Russes et les Américains, même en ne regardant que les combats au sol strictement dits. Après, pour la marine, c'est encore une autre question, mais l'idée générale est qu'ils avaient pareillement une marine mal conçue malgré des domaines d'excellence, ayant trop affûté une petite pointe de lance aéronavale, gaspillé des ressouces dans des cuirassés dont le concept était obsolète (pour faire la décision en mer), et sans grand chose de suffisant derrière. Soit une conception de la guerre moderne ancrée dans l'idée dépassée qu'ils pourraient gagner dans une hypothétique grande bataille décisive, le coup unique et mortel qui gagne tout. Bon, faut voir aussi qu'ils ont fait une erreur de calcul majeur: penser qu'ils étaient dans la même catégorie que les USA, ou une catégorie suffisamment voisine pour obtenir quelque chose.
  24. Les destroyers sont graduellement devenus des couteaux suisses: à la base, ils sont des escortes de capital ships (les frégates étant plus en charge des convois) chargés de contrer les navires porte torpilles (dont ils se différencient en ayant une artillerie conséquente en plus des torpilles), et sont plus des sprinters que des marathoniens. Ensuite ils sont en plus chargés des sous marins, puis d'avoir une capacité AA, et développent la capacité de mener des raids ponctuels depuis une escadre. Puis quand viennent les premiers missiles antinavires modernes, ils intègrent aussi cette dimension. Aujourd'hui, faut pas voir dans le nom autre chose que des traditions correspondant à diverses marines: on peut appeler ça aussi bien navire lance missile, frégate, destroyer, contre torpilleur, escorteur d'escadre.... Autant l'appeler pour ce qu'il est: combattant de surface. Mais comme ça fait trop de mots, "destroyer" va aussi bien. Ca ne définit pas un tonnage, ni même une mission précise (dont le nom "destroyer" vient pourtant à la base: une mission extrêmement précise dans un orbat naval à forte division du travail entre navires d'escortes ou de croisière), juste un rôle générique vaguement défini, si on regarde de près. "Croiseur" ne veut pas dire grand chose non plus aujourd'hui. Si on prend les grands croiseurs russes mentionnés plus haut, ils n'ont rien qui en fait des croiseurs au sens d'un "métier" particulier, mais juste la taille et la quantité d'armements disponible qui en font en fait des capital ships dans une vision et une doctrine particulière à la marine soviétique de cette époque qui avait une stratégie navale très particulière. Les appeler "croiseurs" ne correspondait dans ce cadre qu'à une tradition pour des bâtiments d'une telle dimension: même leur désignation précise de "croiseurs lance missile", ou de "croiseurs de bataille" correspondaient plus à une appellation traditionnelle qu'à une réalité correspondant à ce qu'avaient été les croiseurs de bataille, qui se définissaient plus par rapport aux cuirassés (donc nécessitant une marine AVEC des cuirassés pour que la répartition des rôles puisse être valable) et pour des missions de chasse. Le mot "croiseur" a été galvaudé avant celui de "destroyer", pour qualifier des navires très différents, sans grand chose de commun. Un peu comme "frégate" avant eux. Ce ne sont que des mots qui renvoient à des missions et des organisations du travail d'autres marines et d'un autre temps. Aucune réalité concrète qu'ils pourraient encore refléter. Les humains manquent beaucoup de créativité....
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