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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. 24h réaliste et cohérent :lol: ?! Merci, ça fait toujours du bien de rire! Les combats y sont réalistes :lol: ..... Putain, t'es endurant, toi! J'ai lâché bien avant. Un des trucs que j'adore dans cette "série", c'est le point caricatural auquel ils ont poussé un petit "code" habiuel dans les séries: le temps et les distances existent assez peu. Là, évidemment, comme tout est censé être compressé dans 24h théoriques, ça devient un problème tout de suite plus visible qu'ailleurs: on circule vite, les embouteillages n'existent pas, et en fait l'espace temps n'existe que très peu (sauf si, à un moment, ça arrange bien les scénaristes). Quels nuls nous sommes que de ne pas pouvoir faire autant de trucs et aller dans autant d'endroits en 24h.
  2. :D Elle m'a pris par surprise celle-là :lol: .... Enfin, vaut mieux l'avoir entendue: c'est toujours bon de rire. Parce qu'il fait froid sous la pellicule.... Et pour respecter la plus importante règle du show business, bien plus que pour respecter les conventions sur la pudeur (et j'utilise cette règle dans cette phrase).... Tais-toi béotien! Le monologue du méchant est sacré! Sacré, tu entends? En plus, je me demande même si c'est si irréaliste ou cliché que ça: regarde ces conneries de vidéo d'Al Qaida et consorts islamistes, ou d'autres organisations et idéologies, quand ils ont des otages.... Toujours 3 plombes de grand blabla sur la conquête du monde, la destruction de l'occident.... Avant de flinguer ou décapiter l'otage, ou menacer de le faire.... Pareil dans le crime organisé: y'a pas que des exécutions sommaires dans la rue, mais souvent aussi des "représailles" et vengeances longues qui incluent des speeches (ou plutôt des sévices ponctués d'insultes postillonneuses), surtout quand ce sont des trahisons ou vengeances (c'est souvent très personnel, plein de rancoeurs). Quoiqu'on veuille penser sur la réalité de ce genre de choses, faut quand même pas oublier que la plupart des criminels de carrière (et bien souvent aussi les terroristes) sont rarement "sobres, utilitaires, pragmatiques et efficaces", sont souvent des monstres d'ego (qui ont pas poursuivi leur carrière par hasard) avec une "revanche à prendre" et un "statut" imaginaire à affirmer (c'est très freudien, c'est donc toujours une histoire de couille et de taille de bite). Le speech auto-justifiant, les insultes et/ou la moquerie assénés à la face de "l'adversaire", ça fait partie des compensations irrésistibles pour des petites frappes peu éduquées (même s'ils sont arrivés près du sommet de la hiérarchie criminelle), des fanatiques enragés.... Qui présentent le plus souvent un type ou un autre de sociopathie affirmée (et qui sont donc les héros de leur petite histoire, avec besoin de le dire, d'affirmer qu'ils sont les plus forts, qu'ils ont raison, qu'ils sont les gentils dans l'affaire....). Bref, le monologue doit arriver plus souvent qu'on le pense, sous une forme ou une autre..... BOn, évidemment, ça doit pas ressembler à la jubilation pompeuse et loooonnngue d'un méchant dans un vieux James Bond, genre Bloffeld vantant sa génialitude en jubilant ET caressant son chat en même temps. Tiens, un cliché des films de guerre/d'action: les officiers qui sont pas dans l'action sont toujours extrêmement dévoués et efficaces dans leur soutien aux héros, par opposition aux "suits", les gars en costard dont on sait pas ce qu'ils foutent là -dans les salles de contrôle et bureaux-, mais on sait que c'est rien de bon; ils manigancent, protestent, parlent pour ne rien dire..... Ces officiers n'ont jamais de carrière à avancer, de cul à protéger, de copains à couvrir.... Toujours à fond dans le truc et inénarrablement prêts à foutre leur job en jeu. Snifff, ça m'émeut.
  3. En l'occurrence, d'après le pitch que j'avais lu de la série, il s'agit de militaires revenant d'Irak ou d'Afghanistan qui retrouvent leur ville natale mise en coupe réglée par le crime organisé, et décident de prendre les choses en main en faisant ce qu'ils ont appris à faire (le pitch suggérant qu'ils font plus que défourailler, mais mettent en place une "campagne" planifiée de reconquête). Bref, cela semble plutôt faire référence à l'aspect infantile et "territorial" du terme "sandbox": des enfants "étrangers" sont venus jouer dans leur bac à sable, alors les p'tits gars du quartier vont le récupérer. Ah ouais: j'avais mentionné les gens qu'on réanime à volonté (sans impact sur le corps, et ils reviennent prêt au combat) et surtout le coup des poisons au timing impeccable et aux antidotes miracles, ou les drogues qui font simuler la mort.... Mais le défibrillateur, l'avais oublié çui là. Et surtout sa version artisanale: on en bricole un avec n'importe quoi dans les séries. Autre cliché maousse, devenu tellement banal dans les séries: les agents sous couverture. On a vraiment l'impression que tous les flics, soldats et agents de renseignement (eux, ça fait plus partie de la culture, mais pas à ce point) passent d'abord par des années d'infiltration: des années et des années loin de tout, sans contact, passant une portion énorme de leur vie au sein d'un gang, d'une mouvance terroriste.... Et ayant tous les droits pour y rester: violer, voler, tuer, n'importe quoi qui permet de garder la mythique "couverture" (qu'on tire à soi évidemment) en se donnant des airs de vieux briscard qui regarde de haut tous ceux qui ne font pas ça. Sérieux, y'a quel pourcentage de flics sous couverture dans les grandes organisations criminelles? A croire qu'un gangster sur 3 est un flic incognito, et qu'un terroriste sur 4 est en fait un américain.
  4. Que beaucoup de groupes et courants de pensée ont acquis une influence suffisante pour pouvoir travailler la scène médiatique et culturelle, et l'arrière scène avec elle, afin de s'introduire dans les processus de décision pour ce qui concerne ces choses. Que la conscience collective japonaise a été aiguillonnée sur une longue période par ce travail qui a su taper aux bons endroits, là où elle avait été abîmée et rabaissée (en tout cas selon les japonais), parfois réellement abusivement, et surtout, par là, mettre en évidence le ressenti de "l'américanisation" forcée de l'après guerre. Et que ces tendances, chacune en elles-mêmes pas forcément déterminantes (on les retrouve au Japon depuis 45), se sont trouvées plus facilement instrumentalisables à échelle croissante dans un contexte de stagnation économique durable, brutalement renforcée par une crise ponctuelle douloureuse. Pourquoi caser les abstractions de la différence culturelle et des "logiciels mentaux" incompatibles quand il n'y a là, pour l'essentiel, que des comportements de groupes humains parfaitement semblables aux 4 coins de la planète. Les seules spécificités culturelles sont à trouver dans la façon dont s'articulent ces logiques et comportements fondamentaux, au niveau individuel et collectif, en termes de stimulis (ce qui vexe ou énerve, ce qui flatte ou réjouit, ce qui est espéré ou fui....) et de réactions spécifiques. On ne voit là rien de bien original sinon des comportements très très humains et pas si "mystérieux" que ça: des egos collectifs (avec leurs codes) qui sont en phase de repli (de tous les côtés) et donc s'isolant toujours un peu plus et refusant toujours un peu plus d'accepter ceux du voisin (avec qui y'a toujours une ardoise). On peut s'extasier autant qu'on veut sur les "cultures" et les "modes de pensée" qu'elles impactent, l'humain (et plus encore le groupe humain) reste le même partout sur trop de mécanismes pour qu'il y ait là rien de terriblement différent d'ailleurs, sinon la déco. les vraies différences de modes de pensée avec un impact réel sur les buts et les actions sont à trouver ailleurs (et sont quasiment impossible à réellement discerner à notre époque où l'autre n'est plus un inconnu).
  5. Plus encore que ça: croire que la carte militaire n'a pas servi avant aujourd'hui à faire de la politique politicienne, ou à servir des objectifs de pure politique intérieure, ou encore à faire de "l'aménagement du territoire" politique, est plus encore qu'une illusion. L'exemple romain; entre mille autres, le rappelle: - la répartition des unités dans l'empire répond aussi à des logiques politiques: éviter notamment autant que possible les provinces à 3 légions ou limiter même celles à 2 était crucial, même si la province était exposé. 3 légions aux mains d'un consul/proconsul (plus les auxilliaires qui vont avec), ça empêche les sénateurs, puis les empereurs, de dormir. AU besoin, le découpage des provinces elle-même, des provinces frontières surtout (puisqu'elles seules sont militarisées), est opéré de telle façon que les impératifs de défense sont pris en compte au même titre que les impératifs de politique intérieure: des portions de front ne devant pas avoir plus que 2 légions, certaines en nécessitant 2 ou plus mais n'en recevant qu'une, avec compensation en unités auxilliaires, peut-être jugées moins dangereuses (efficacité tactique graduellement similaire, mais ce ne sont pas des unités d'échelon opératique). - l'intérieur des provinces elles-mêmes, la répartition des garnisons et unités ne correspond pas toujours uniquement à des impératifs stratégiques/militaires - la grande période de réforme qui suit la crise du IIIème siècle, à partir des années 360 environs (règnes d'Aurélien, puis de Dioclétien) et aboutit au modèle militaire dit tardif, sous le Bas Empire (période dite du Dominat, par opposition au Principiat), prolonge beaucoup de tendances déjà observées avant, particulièrement sous les Sévères. La constitution de réserves centrales (Septime Sévère crée 3 légions sans affectation aux frontières) s'ajoutant à une Garde Prétorienne posant elle-même un problème de "carte militaire" (garde, police, police secrète et réserve militaire, elle a longtemps été la seule unité militaire loin des frontières et près de l'Empereur.... D'où son histoire mouvementée) et dont le volant équestre est progressivement détaché, fusionné avec la garde personnelle des empereurs (la ou les unités qu'il emploie à titre personnel et privé, en tant que particulier) pour donner la base des Scholae Palatina. Cette réforme militaire graduelle des IIIème-IVème siècle, décrite dans d'autres topics, implique aussi un énorme volant d'organisation administrative et géographique: chaque province est divisée en 2 à 3 diocèses (qui sont de fait les nouvelles provinces, surtout militaires) plus petits. Commodité pour une meilleure administration? Impératifs militaires? Peut-être, mais répartition du pouvoir et complication de la tâche de tout révolté potentiel, sûrement. L'évolution de l'armée elle-même, "explosée" en une armée de bataillons permanents et d'EM de différents niveaux (2 EM de niveau "augustien", 2 autres de niveau "césarien", pour les 4 préfectures de l'empire, 3 EM de niveau "magister" pour les groupements palatins, plus une collection de commandements et sous commandements locaux -échelons "dux" et "comes"), semble autant refléter des impératifs politiques que des impératifs opérationnels: certes la croissance des menaces majeures et des sollicitations mineures mais constantes sur toutes les frontières est très importante, et l'effectif global de l'armée ne peut augmenter de beaucoup, ce qui contraint à un usage plus souple et plus fréquent, et à une organisation qui le permet. Re-certes, les différents échelons d'armée et la répartition des rôles répondent à cet emploi (2 réserves impériales de cavalerie d'élite, 3 réserves centrales de troupes palatines, 4 à 5 réserves de théâtre). Mais la répartition, une fois observée même rapidement, révèle la nature profondément politique de cette organisation en échelons successifs. - l'aspect "aménagement du territoire" au sens strictement géo-économique est de fait, pour l'empire romain, un outil opérationnel: romaniser la zone frontière sur tout le pourtour de l'empire a toujours été un impératif stratégique dès que Rome a eu des provinces outre mer, avant même l'empire qui, lui, systématise cette politique et y consacre de lourds moyens: des provinces frontières aussi romanisées que possible avec une proportion élevée de citoyens romains (et d'Italiens d'origine), sont des provinces plus solides, moins perméables aux mouvements de sédition, aux alliances entre locaux et adversaires au-delà des frontières, mieux organisées et plus mises en valeur (routes, infrastructures....), avec une plus grande assise de réservistes sur place (légionnaires démobilisés et miliciens), donc plus défendables et nécessitant de ce fait moins de soldats laissés en arrière (cela libère plus de troupes en garnisons pour une armée mobile). Et cet aménagement du territoire, à Rome, passe par les armées: ce sont elles qui bâtissent les infrastructures, mettent en valeur la zone.... C'est un emploi opérationnel normal des troupes romaines qui n'ont rien de seulement militaire au sens le plus étroit ("un soldat qui n'est qu'un soldat est inutile" selon Lyautey). - ne pas oublier que dans toute l'histoire de l'armée professionnelle à Rome, les vétérans et leur implantation (qui dépend en grande partie de leur affectation pendant leur temps de service) sont un problème et un enjeu politique majeur: les vétérans sont plus qu'incités à prendre leur retraite dans leur zone de garnison, pour y constituer une réserve de mobilisation ultérieure, pour contribuer à l'effort de romanisation, ET SURTOUT pour pas faire chier les décideurs et patrons politiques (puis LE patron politique unique qu'est l'empereur après la guerre civile). Un vétéran reçoit la donativa, cad une terre et/ou une stipende en argent (voire une pension); mais c'est la terre qui compte le plus (élément de prestige et de rang social dans la culture romaine, assise, et surtout potentiel de revenu, qui vaut plus qu'une simple somme en argent). Or, évidemment, les terres en Italie (celles que tous voudraient) sont très peu dispo après les guerres civiles (César, puis Antoine, puis Auguste, ont pu caser une proportion donnée de leurs vétérans en Italie sur des terres confisquées aux adversaires, mais c'est limité, et l'usage est peu réitérable); c'est donc en province qu'on refile des terres à tout va pour inciter à l'installation (des soldats, mais aussi d'autres: colons, propriétaires de plus haut échelon....). Non seulement cela remplit l'obligation aux vétérans et sert la politique de romanisation, mais surtout ça éloigne d'Italie (et des centres) des groupements d'individus nombreux, organisés et potentiellement dangereux (habitués à la violence et marqués par elle, prêts à se regrouper et agir pour obtenir quelque chose, voire à se rallier à un général/consul/proconsul ambitieux comme jadis ils suivaient leurs généraux/patrons sous la République finissante). Les masses de soldats démobilisés et en fin de service sont des pans de population dangereux, donc des objets politiques intérieurs. Il n'y a pas, dans l'histoire militaire, une seule répartition de garnisons qui corresponde seulement à des impératifs opérationnels. La période des nationalismes/idéologies et de la conscription universelle en occident (très courte et exceptionnelle sur l'échelle historique: grosso modo de la moitié du XIXème à la fin de la guerre froide) est celle qui nous donne des oeillères parce qu'elle constitue encore pour nous l'alpha et l'omega du domaine militaire: on est nés dedans, l'apprentissage de l'histoire est focalisé dessus (période la plus récente et la mieux documentée), c'est la mémoire récente (transmise par les parents et grands parents).... Et elle est exceptionnelle en ce qu'une bonne partie des impératifs de politique politicienne et de politique intérieure qui co-président à l'organisation d'une armée sur un ou des territoires, sont "masqués" par l'abondance procurée par la conscription universelle (qui procure beaucoup de monde et d'implantations, et contraint d'avoir des bases partout pour le processus de mobilisation) et l'impératif absolument dominant de défense aux frontières (qui maintient l'essentiel des troupes en métropole et contraint l'organisation). Du coup, c'est une période où "y'en a pour tout le monde", ce qui politiquement est plus commode et permet de limiter la concurrence, et donc les sordides querelles paralysant le processus d'organisation territoriale des armées (on peut même "exporter" en Allemagne pendant la Guerre Froide :D .... Surtout certaines troupes "à problèmes"). Par ailleurs, les implantations outre mer, en territoires conquis/sous tutelle, ou dans des pays alliés, correspondent aussi souvent, à plus ou moins fort degré, à des motifs de politique intérieure voire de politique politicienne: il y a des lobbies et forces organisées qui entendent obtenir des moyens d'un Etat pour servir leur intérêt particulier. Les lobbies coloniaux, militaristo-industriel (sous diverses formes selon les époques) ou idéologiques poussent ainsi à l'action extérieure (et à la présence outre mer), que ce soit dans l'intérêt évident d'un Etat ou non, et le dit Etat peut ainsi avoir une politique extérieure pas si évidemment dans son propre intérêt que ça, voire pas du tout: voir les USA actuels prisonniers d'une politique d'impérialisme (1/2 million de personnels militaires partout dans le monde) qui n'est plus si forcément dans leur intérêt (rapporte des problèmes de longue haleine, commence à coûter plus que ça ne "rapporte"). La colonisation française de la IIIème République a t-elle été dans son intérêt, au final, hors de 2 ou 3 colonies/protectorat? L'expansion romaine post guerre punique a précipité une crise sociale et politique majeure et croissante de 2 siècles qui l'a affaiblie et foutue par terre, qui n'a clairement pas été dans l'intérêt de la population romaine et juste dans celui des classes supérieures (la classe équestre -la classe sénatoriale n'est créée que plus tard- et la 2ème classe censitaire -où se trouvent les marchands- numériquement très faibles), dont une bonne partie l'a d'ailleurs payé au final dans les guerres civiles et avec l'avènement de l'empire (perte du pouvoir des patriciens et sénateurs, décimation des grandes familles, concentration graduelle du pouvoir). On fait moins attention à ces logiques quand elles coïncident, ou semblent coïncider (à court ou relativement court terme) avec les impératifs plus purement stratégiques/opérationnels d'implantation (et donc d'organisation) des forces, mais elles y sont toujours présentes, à un degré plus ou moins élevé, plus ou moins tolérable. Qu'il s'agisse de lobbies d'intérêt particulier (économique, militaro-industriel, idéologique) ou de politique politicienne (avoir sa base, son implantation militaire -base, infrastructure, rocade/point de passage ou contrôle, ou production de matériel), ou encore d'objectifs de sécurité intérieure (répartir les unités et éviter les dangereuses concentrations, contrôler le territoire), ces logiques sont TOUJOURS là à un degré ou un autre. Et il est très rare qu'elles coïncident avec les impératifs purement militaires/stratégiques/opérationnels: le modèle de forces (surtout la conscription) et l'impératif stratégique du moment (défense territoriale) peut les rendre moins sensibles, et/ou la direction politique centrale peut être suffisamment forte pour imposer sa logique stratégique comme absolument dominante (honnêtement, pour la France, depuis Louis XIV, je vois pas quand ça a eu lieu), mais ce n'est qu'une composante de l'équation qui aboutit à une carte militaire.
  6. Certains trouveront que j'aborde un sujet dont certains aspects ont été traités ailleurs, et surtout (pour ceux qui lisent mes trucs) qu'il recoupe certaines de mes obsessions (donnant parfois l'aspect d'une reformulation du même topo); ce sera vrai en partie, mais le fait d'aborder un large problème sous des angles multiples est ce qui permet de le cerner et de le traiter et, une fois encore, seule l'approche historique (et géographique) permet de fournir la quantité de matériel nécessaire (les exemples) pour percevoir des tendances, des schémas, donc des logiques. La carte militaire, c'est l'implantation des bases, ou, plus largement, la façon dont le potentiel militaire disponible (ou développable) se répartit sur le territoire de l'entité politique qui le crée, l'entretient et l'emploie. Enfin, sur son territoire et sur d'autres: zones occupées ou conquises, territoires amis ou en association.... C'est depuis toujours un enjeu crucial pour le niveau politique, autant pour des raisons purement militaires et stratégiques que pour des raisons de politique intérieure (sécurité, éviter les séditions, menaces internes et soulèvements, faire de "l'aménagement du territoire" -donc "distribuer des cadeaux" aux forces politiques dont on veut le soutien), ce qui contraint à un exercice permanent animé par des logiques contradictoires. Et, évidemment, plus le potentiel militaire est réduit, plus cet exercice est délicat, les logiques "stratégiques/extérieures" appelant à la concentration (et si possible aux frontières ou à l'extérieur, avec éventuellement des réserves "centrales"), et les logiques "politiques/intérieures" appelant à la répartition (sur le plus de territoire possible), les deux ayant de bonnes et de mauvaises raisons pour s'exercer ainsi. A noter que le cas particulier d'une large conscription (ou conscription universelle) impose de fait une répartition (pour la partie non active de l'armée) qui a l'avantage d'être un compromis plus facile entre les 2 groupes de raisons susmentionnés. De même, le cas de petits pays (ou cités Etat) amoindrit, voire fait disparaître, l'opposition entre ces 2 groupes de raisons, avantage qui cesse quand la dite petite entité devient expansionniste (cf Rome après sa conquête du Latium, Athènes, Thèbes ou Sparte, la Hollande des XVIème-XVIIème siècles....). C'est généralement là que les problèmes commencent: on se pose la question entre armée de métier (voire mercenariat national ou étranger) et conscription, entre concentration et répartition des forces.... Qui impliquent des coûts financiers et politiques très conséquents et très variés, impactant la stabilité et la croissance d'un pays. Le Moyen Age est le cas extrême d'une armée quasiment entièrement de conscription articulée autour d'une caste de guerriers (dont c'est le métier assigné dès l'enfance), ce qui fait de cette caste une "armée de métier" entièrement répartie sur le territoire en micro unités essentielles le plus clair de l'année (allant du petit groupe inférieur à la taille d'une section actuelle au chevalier tout seul), ce qui forme un sommet d'inefficacité militaire et, en l'absence quasi totale d'Etat central, une concurrence interne (devenant politique) entre les dites micro unités (guerres privées, querelles individuelles.... Sans régulation ou régulateur). Selon les cas et les époques, l'organisation de la carte militaire a pu être adaptée ou non: adaptée à la guerre et aux menaces extérieures, adaptée à l'instabilité et aux risques intérieurs; parfois, elle a été adaptée aux deux (plus ou moins bien), et parfois elle a tendu vers une inadaptation plus ou moins complète aux deux (ce qui vient généralement avec le temps, comme le cas du Moyen Age l'a révélé en France, notamment au moment de la guerre de Cent Ans. La guerre de 1870 a par exemple montré l'inadaptation de la carte militaire (à côté d'autres problèmes) à la défense du territoire: l'armée était calibrée pour des OPEX réduites ou moyennes (pour les grandes, il fallait une situation calme dans le voisinage -qui coûtait politiquement- et une mobilisation douloureuse et non soutenable dans le temps), et pour la lutte contre l'instabilité politique intérieure. Ce double impératif a rendu difficile, voire impossible, de trouver une solution efficace face à une menace importante aux frontières à une époque où la masse comptait proportionnellement plus qu'avant, et où l'évolution technique (le rail, les communications) aggravaient cette menace par le caractère crucial de la mobilisation (le système prussien des années 1860 avait alors atteint un fort rendement en la matière). Malgré les avantages effectifs et potentiels de l'armée française (parmi lesquels ne se trouvait PAS son haut commandement), ce désavantage, reposant moins sur le système militaire (conscription partielle et longue) que sur l'organisation territoriale et logistique, n'a pu être compensé, les Prussiens apportant un écrasant surnombre (d'effectifs, d'unités organisées, d'encadrement) dans l'équation, malgré tout ce qui limitait cet avantage (distance, faiblesse logistique, capacité limitée d'avance, attrition du combat et des conditions matérielles -appros et maladies). Autre exemple; la grande réforme de Colbert/Louvois/Louis XIV a apporté une grande attention à cet aspect (même si ça semble peu visible, comme souvent sur ce sujet, quand on lit des bouquins d'histoire qui se focalisent sur d'autres aspects); la concentration militaire des unités les plus "combat ready" se faisait à proximité des fronts potentiels principaux (pour des actions préventives et une capacité de raid importante en tout début de conflit, à une époque où mobiliser prenait du temps), avec une réserve au centre. On note aussi une poursuite de la politique monarchique depuis les débuts de l'armée permanente, avec la concentration disproportionnée des moyens "lourds" ou à forte valeur ajoutée (cavalerie d'élite, infanterie d'élite, commandement d'échelon "opératique" -essentiellement les grands généraux/aristos et des experts-, et surtout artillerie de campagne) comme réserve centrale, soit autour de Paris. Ce dernier aspect est certes stratégiques (centralité pour "distribuer" les moyens rares sur les fronts cruciaux, avoir une capacité de montée en puissance, mais surtout garder les moyens les plus puissants pour éviter que des chefs locaux aient trop d'idées). Ces développements ont été consubstantiels à la sécurisation du territoire par rapport aux invasions, mais aussi par rapport aux déprédations commises par les armées sur leur propre territoire, tous aspects favorisant la stabilisation de l'Etat: meilleures conditions de vie, discipline accrue, meilleur recrutement, casernements (une nouveauté au XVIIème siècle), meilleur lien "armée nation", création de "couloirs militaires" sur le territoire (distincts des routes civiles pour éviter les ravages accompagnant les armées).... Beaucoup a été couvert. De même, l'histoire romaine démontre une importance plus que cruciale de ce thème, particulièrement quand vient la transition du modèle militaire autour de et après la grande crise du IIIème siècle. La concentration des Prétoriens à Rome, l'absence, puis l'insistance fondamentale sur- des réserves centrales, la disposition de troupes concentrées aux frontières ou des réserves centrales de théâtre (avec juste un "écran" aux frontières).... Sont des aspects permanents de l'histoire romaine. Une dernière logique, qui s'inscrit dans la famille des motifs de concentration du potentiel militaire, est l'importance des grands camps et grandes bases permanentes, soit la réunion en un endroit d'une grande troupe réunissant plusieurs armes/systèmes d'armes: pour former les troupes, avoir un "échelon de gestion" pertinent, mieux former des unités pas seulement aptes au combat, mais à la manoeuvre en bataille et en campagne (donc plus opérationnelles), cet aspect ne peut être ignoré et, s'il n'est pas directement politique (mais a des ramifications politiques: coût, "manque à gagner" politique, crainte d'un soulèvement ou d'une instrumentalisation du militaire, politique locale -le militaire est généralement mal vécu localement), il fait pleinement partie du débat. Qu'en pensez vous? Quels sont vos avis sur le caractère crucial de cet aspect des choses? Quels ont été les modèles les plus et moins pertinents (par rapport à leurs époques, leurs situations géopolitiques et circonstances particulières)? Quelles leçons peut-on en tirer pour aujourd'hui?
  7. Je sais pas si ça a été posté, mais Obama a annulé l'exercice conjoint bisannuel (le Bright Star, qui a déjà été souvent annulé cette dernière décennie, Irak et Afghanistan obligeant); constatant la faiblesse relative des moyens de pression américain, Washington a du en passer par ce genre d'exercice public, visible et, dans les faits, pas trop douloureux, qui peut potentiellement être plus contre-productif qu'autre chose (quoiqu'il ne faille pas sous estimer le besoin américain de faire des économies, cet exercice étant particulièrement cher). Sinon, dans la rue cairote, on a vu beaucoup de scènes avec des forces de l'ordre assumant publiquement et fièrement les actions des derniers jours, alors même qu'ils nettoyaient les rues (au sens propre -dégager les corps, coordonner les équipes de nettoyeurs et travaux publics....) et qu'une campagne de communication massive essaie de transformer l'essai de la répression en surfant sur l'ostracisme des FM et en façonnant le débat sur la place public, le "ton" ambiant. On voit en fait une polarisation accrue de la scène publique égyptienne, avec les médias gouvernementaux (et apparentés, ou sympathisants) d'un côté, et les privés de l'autre, qui se retranscrit dans la rue où, malgré tout, des pans de population importants semblent soutenir l'action de l'armée, sans doute pour l'essentiel moins par conviction ou goût que par perception d'une ambiance pré-guerre civile (qui impose inconsciemment de choisir un camp.... Et généralement, ça se résume à deux) et la forte image de l'armée (moins sa direction que l'institution et sa place dans le sentiment national), sentiment sur lequel les militaires essaient de capitaliser. A voir si ou comment ça prendra. Mais l'idée est que le niveau de polarisation est déjà tel qu'on peut effectivement craindre que les FM (ou plus certainement une partie d'entre eux) tendent vers l'action violente organisée (et vu la taille et l'infrastructure du mouvement, ça veut dire tout autre chose que des mouvements plus réduits mais connus comme le Hamas), et les militaires réagir parallèlement; bref, on peut légitimement se demander à quel degré de polarisation le pays en est. S'il y avait une échelle de la tension allant de 1 à 10, où 1 représente une polarisation "acceptable", celle d'une démocratie (ou quelque chose d'approchant) en situation tendue, mais qui suit encore et accepte le processus démocratique/parlementaire/majoritaire (et réversible au gré des élections), et 10 représente une guerre civile ouverte (et 6 ou 7 serait le point de non retour), où se situerait l'Egypte en ce moment? A t-elle grimpé d'un degré sur cette échelle cette semaine? De plus d'un degré?
  8. Sans doute un peu, mais avec des capacités XXL (même en proportion par rapport à leur puissance relative d'alors): - l'Army reste un acteur de poids par sa seule active (on parle de 32 BCT dont toute les non Strykers sont alourdies d'1/3): dans les années 20-30, elle existait quasiment pas. Et il faut y ajouter toutes les unités d'appuis (les "modular support brigades") qui incluent notamment des forces très agressives (les "air brigades", donc les hélicos de reco et d'attaque, et les "fire brigades": missiles sol-sol, MLRS, et canons lourds) en plus des unités log/aide à la manoeuvre, du génie "lourd", des trans, de défense AA.... Ce à quoi tu rajoutes la GN dont les USA ont montré qu'ils n'hésitaient pas à l'engager dans des missions expéditionnaires non vitales - les marines restent à un haut niveau (comparable à 2003-2004, soit post 11/09): ils étaient à un niveau microbien dans les années 10-20-30. Au global, ces deux forces représentent, surtout quand on introduit le facteur qualité, encore du monde au sol - le nombre de "pions" opératiques/stratégiques évolue peu: les EM de divisions ne sont pas touchés, les EM de brigade s'étoffent, les EM de niveau CA et Armée ne sont pas touchés, des commandements régionaux croissent (notamment l'Africom) et les centres nationaux de C3I se développent: la capacité à gérer la guerre, et plusieurs guerres en fait, en grand, ne change pas. Ce qui va avec l'insistance sur l'investissement croissant dans le commandement (formation initiale et continue, moindre licenciement des cadres, capacités renforcées, infrastructures accrues) et le domaine C3I. Evidemment, ça peut aussi vouloir dire que l'armée américaine, comme d'autres avant elles, a une tendance structurelle à l'hypercéphalie qui ne traduit pas seulement une adaptation au futur, des unités plus intelligentes.... Mais aussi tout connement un alourdissement bureaucratique (et à la "féodalité" qui va avec, faite de chapelles, fiefs, ambitions personnelles....), une caste d'officiers qui se défend mieux face aux coupes.... - la croissance de l'USSOCOM semble être autant liée à l'émergence de cet acteur sur la scène interne des forces US (une autre "chapelle" aux côtés des grands services) qu'à une croissance de certains besoins et à un réflexe accru (pas forcément toujours justifié) des politiques et décideurs militaires de se reposer sur l'emploi et le suremploi des FS. A noter que les grands organismes interarmées (notamment les "unified Combatant command") représentent une forte croissance aussi, en effectifs et surtout en moyens et infrastructures.
  9. Dominique Wolton l'a écrit depuis 2003: le bidonnage complet des chiffres chinois qui sont, dans la grande tradition du stalinisme, en grande partie assignés à l'avance pour la consommation publique comme un plan quinquennal. D'ailleurs l'organisme de "statistiques" qui se charge de les communiquer est le même (chargé entre autre de la propagande économique). Comme l'Inquisition qui s'est perpétuée aujourd'hui dans un autre organisme (Congrégation pour la doctrine de la foi), on peut trouver une certaine logique à la chose, en terme de continuité administrative et bureaucratique; mais vu que le mode de gouvernance a peu changé et le fait d'avoir des comptes à rendre (ou d'être confronté par une information contradictoire, publique et privée) n'est pas devenu une norme, la confiance à accorder à de tels organismes est au mieux minime. On se demandera pourquoi il est courant de dire que si la Chine ne croît pas de 10%, elle décroît (et ne crée pas de jobs): inflation réelle et trucage des chiffres y sont pour beaucoup. En parlant d'information contradictoire, certains ici connaissent-ils l'histoire du cabinet de conseil et stratégie (j'ai un trou, mais je suis relativement sûr que c'était PWC) qui avait, déjà aussi vers 2003-2004, essayé de publier des analyses sur l'économie chinoise et ses perspectives réelles, et s'était trouvé sommé par les autorités chinoises de la fermer et de confirmer les chiffres et estimations bidonnés sous peine de se voir interdire d'accès au marché chinois? Le dit cabinet a évidemment obtempéré, et cet "exemple" a servi, si bien que chez les consultants en stratégie, on mentionne encore le fait de se faire "faire un PWC". C'est comme le coup de l'état réel des réserves de pétrole saoudienne: tout le monde a son chiffre, le vrai est caché, et quiconque s'avance à en parler en prend pour son grade.
  10. Pas dit le contraire, mais la simple réalité pratique se résume de fait à ça: la peste islamiste ou le choléra autoritaire, non parce que les généraux le disent, mais parce qu'il n'y a pas d'autre force organisée, chose qui n'existe pas spontanément.
  11. Et à chaque fois que des extrêmistes religieux ont été dans la même position, ça a donné quoi ;) ? Je n'ai pas beaucoup lu sur la nature et la destination des financements vers l'Egypte; on peut d'ailleurs difficilement se contenter de dire "le Qatar finance ci", "l'Arabie Saoudite finance ça", vu qu'on ne parle pas uniquement de grandes sommes monolithiques. Tu as des aides d'Etat à Etat, d'Etat à mouvement/groupe, d'Etat à individu (en tant que représentant de telle ou telle chose, ou à titre personnel), mais aussi des aides venant de riches individus ou groupements de riches individus (ou d'organisations établies, religieuses, commerciales....) et allant à l'Etat égyptien, à des individus, à des groupes ou organisations.... Un imbroglio pas si facile à déterminer, et encore moins quand il s'agit de voir le "pourquoi" de ces soutiens (obtenir de l'influence et/ou des positions, voire des contrats, favoriser une cause, favoriser la politique de son pays, favoriser la stabilisation de l'Egypte, renforcer untel pour se rendre nécessaire à son adversaire -et vice versa-....). Les sommes en jeu reflètent beaucoup de réalités différentes, parfois concurrentes, parfois proches, parfois juste un peu concurrentes, parfois juste un peu proches. Surtout que l'argent venu du Golfe va dans les deux sens. Mais le truc, si la fontaine venait à se tarir plus tôt que dans 1 ou 2 générations, c'est la réalité bêtement pratique: l'Egypte, et surtout sa scène politique, est trop faible actuellement pour s'en passer. Ca veut dire, pour les Islamistes, qu'ils ne pourraient plus fonctionner comme organisation d'échelle nationale (le bénévolat remplace pas des moyens de cette échelle), et surtout plus jouer le terrain (action sociale et charitable, encadrement, assurance, micro-financement et banque....). Alors dans un tel cadre, les Islamistes ne disparaîtraient pas, mais leur influence si.
  12. En bonne partie d'accord: c'est de fait un jeu à deux sur le terrain, vu que les "démocrates", "libéraux" et autres protestataires refusant l'islamisme et n'approuvant pas des masses une quelconque mesure d'autoritarisme militaire (et la clique d'intérêts que représente en fait l'armée: l'armée est surtout l'outil visible des clans du pouvoir économique, administratif et politique, ce que reflète le corps des généraux), ne sont en aucun cas des camps en tant qu'organisation et structures représentant une "hiérarchie" de relais dans la société jusqu'au plus bas échelon. Beaucoup de petites organisations (échelle organisation de quartier, groupes d'intérêts directs -d'échelle "humaine"-, rassemblements et forums internets....), mais pas de "méta organisation" avec une infrastructure, des "services" (coordination, entraide, formation, encadrement, action sociale, suivi et expertise des débats et questions importantes, relais d'informations entre le "bas" et le "haut", services d'ordres de manifs, forums et lieux de rassemblements réguliers, processus organisés, communication....) et des financements, et surtout pas une organisation de figures visibles de l'échelon local au national, parlant d'une seule voix (ou avec un minimum de coordination: des axes, des principes, un programme, des politiques communes....). Cette tendance (ou ces tendances) peuvent bien représenter des dizaines de millions d'individus, voire une très large majorité (ce qui est probable), cela n'est que virtuellement; il n'y a pas de réelle force politique entre les islamistes et les militaires, si bien que cette "majorité silencieuse" n'a pas d'autre moyen d'expression que la manifestation massive, par définition rare et qui s'apparente vite à une révolution parce que même quand elle est dans la rue, elle n'a pas d'articulation pour obtenir un dialogue représentatif instillant des réformes (au mieux, on prend ici et là quelques figures notables pour parler un coup, mais ça n'en fait pas un processus fiable, juste, représentatif.... Donc satisfaisant et efficace). La dernière fois, c'est l'armée qui s'est faite le porte parole de ces masses de manifestants pour effectivement FAIRE les trucs (dégager Morsi....), essentiellement en s'auto-proclamant "représentante du peuple" et en prenant les quelques mesures d'urgence qui garantissaient l'approbation de court terme de la foule (assez pour qu'elle rentre à la maison). Mais faut aussi voir les autres acteurs du jeu, essentiellement les USA et les pays du Golfe, les seuls acteurs à avoir du poids dans le débat, essentiellement parce qu'ils allongent du fric: cette semaine, les militaires ont, en essence, envoyé les USA se faire foutre (en termes à peine déguisés) suite aux critiques de Washington (agitant son aide annuelle d'1 milliard et demie plus la coopération économique).... Et Washington est essentiellement prisonnière de son aide: ils ne peuvent dans les faits la retirer, ce qui garantirait de les exclure de la table de négo, et surtout d'aggraver en fait la situation intérieure de l'Egypte. Et ce à un moment où le débat est lourd aux USA sur l'attitude à avoir sur ce dossier (c'est si grave qu'il n'y a aucune querelle politique -encore- au Congrès, Kerry, Lindsey Graham et McCain oeuvrant ensembles; quand on connaît l'état actuel de la scène américaine, c'est ENORME), étant donné que si un officiel américain reconnaissait que le pouvoir actuel des militaires est un putsch (ou prononçait seulement le mot), le gouvernement serait obligé par la loi de retirer l'aide à l'Egypte, qui, dans l'état où elle est, ne peut se permettre ce genre de perte sèche. A côté de ça, on a l'aide des Etats du Golfe (Emirats et Qatar en tête) qui, apparemment, s'élèverait à 12 milliards de dollars, et qui représente en essence ce qui a permis aux militaires Egyptiens de dire "merde" à Washington. La vraie influence extérieure en Egypte est là et se mesure au comptant. Dans quelle mesure pèse t-elle sur les décisions actuelles et sur la gestion des événements? On peut pas juste dire qu'il y a un soutien univoque à l'islamisme, l'aide au gouvernement continuant; et on sait comment les pays du Golfe aiment voir gérer les manifestations.
  13. Non (je l'ai spécifié d'ailleurs: élève Chronos, vous aurez un blâme; se référer à la BD Lénoard pour savoir ce qu'est vraiment un "blâme/blam"): 32 BCT d'active (mais donc au global plus lourdes), sans compter la GN et la Réserve (qui auront cependant des coupes assez proportionnelles) formeront le corps de bataille de l'Army. Je ne sais pas par ailleurs s'il reste, ou restera, encore des formations indépendantes dédiées au combat (outre des formations d'entraînement aussi aptes à l'expéditionnaire, qui existaient encore il y a peu): logiquement, 2 devraient exister (vu qu'il restera donc 10 divisions à 3 BCT), mais j'ai pas regardé lesquelles. Mais entre ce corps de bataille, les EM (inchangés, vu l'insistance particulière de Martin Dempsey -et l'establishment militaire avec lui- sur les programmes de leadership et la formation des officiers et des unités "pensantes") et l'importante contribution de l'Army à un USSOCOM intouchable, cela semble être le portrait des forces terrestres US pour l'avenir proche, avec un corps des Marines qui semble lui aussi revenir à un seuil tournant autour de 180 000h au total (avec peu d'unités proprement dites qui ferment, mais une contribution accrue à l'USSOCOM).
  14. News entendue sur une chaîne US: une branche d'Al Qaida a ouvert une boîte à suggestion sur Twitter, qui a marché très fort pendant quelques heures, incitant les sympathisants de la cause islamiste à faire tourner les bonnes idées pour favoriser, populariser et aider le mouvement :-[ . Un journaliste spécialisé dans le terrorisme (JM Berger) a repéré le truc et lancé un appel pour faire venir un maximum de monde et balancer des suggestions débiles destinées à noyer les "valides" dans un flot de dérision. Florilège des suggestions: - un boys band al qaidiste - ne pas oublier d'activer la fonction "localisation" dans les tweets - penser à illustrer la propagande avec des chats et des licornes, parce que ça marche avec les filles - toujours utile: le jus de citron ou le sprite empêchent les pommes de brunir - Al Qaida doit organiser un "jeudi Tacos" - avez-vous pensé au porno pour faire venir les jeunes? Comme quoi, même le trolling peut-être parfois utile, et la mauvaise vanne reste une arme de dissuasion efficace! La lutte continue sans merci!
  15. Mary est géniale, Mary rules! Emmerdante, atrabilaire, colérique, emportée, sarcastique, énervante, chiante, couillue, terre à terre, pieds dans le plat, emportée, casse burne, agressive.... Et violemment attachante. Y'a que Raylan Givens (un autre US marshall) de Justified qui pourrait lui tenir tête. Yep, le perso et la série sont à chier. Connais pas; pas trouvé. C'est quoi le titre original? Ou le nom d'un des acteurs (pour retrouver la série)? Sinon, pour recentrer sur le sujet, une série MILITAIRE/ACTION qui va arriver bientôt (chaîne cinemax): Sandbox.
  16. Elle est aussi un bon exemple (parce que plus caricatural que la moyenne) des différentes lois qui régissent à l'écran les personnages masculins et féminins (mais aussi les enfants et quelques groupes particuliers); en l'occurrence, les lois de la physique (et de la biologie) sont les plus modifiées pour chaque sexe. Kickass est soumis aux bêtes lois de la réalité: les coups font mal et portent, on ne saute pas à 3 mètre (et on ne saute pas sans effort.... Cad on est sans câbles), les adversaires ne sont pas passifs, le coup qui tue n'existe pas, les coups sont proportionnels à la masse et à la taille des individus. Quand c'est la gamine, toutes ces lois volent en éclat: la gravité disparaît quasiment (et en plus elle court avec des énormes écrases merdes design genre des New Rock), les adversaires sont passifs, lents et maladroits, une gamine de moins de 10 ans cogne comme un poids lourd.... C'est assez édifiant en regardant le film, vu que les scènes d'action avec Kickass et celles avec la gamine n'ont tout connement pas l'air d'être filmées dans le même univers: un documentaire d'un côté, un quasi dessin animé de l'autre.
  17. On peut difficilement faire comme l'armée romaine avec ses 16, puis 20, puis 24 ans de "service" obligatoire (en théorie et dans la formulation, l'armée romaine est toujours restée une armée de conscription, même si de facto, il s'agissait d'une armée de métier/volontaire; partiellement avant les réformes mariennes, puis totalement après); de telles durées étaient évidemment une garantie d'un temps de formation important et étalé sur un certain temps (formation initiale, puis formation continue de "tronc commun", et formations spécialisées). Par ailleurs, le taux de mortalité et de disparition (plus un certain taux de désertion) devait certainement jouer en faveur d'une certaine ouverture constante de postes, spécialités et affectations d'échelon/rang supérieur, donc une certaine "circulation" offrant une proportion d'opportunités relativement importantes (on évalue par exemple au 1er siècle après JC que 50% des légionnaires engagés parvenaient vivants à la fin de leurs 16, puis 20 ans de service; ce taux intègre sans doute cependant les estropiés permanents qui étaient rayés des cadres sans autre forme de procès ou de soutien -ou un très réduit). Ce point est un autre élément assez peu reproductible, sauf à le remplacer par un effort nettement plus important sur la reconversion au civil, à rendre aussi peu douloureuse que possible (pour éviter ceux qui s'institutionnalisent dans l'armée sans être des ambitieux ou se dépasser, voire pour inciter à faire des allers-retours). Entre autres avantages militaires que procure un niveau d'ancienneté moyen conséquent, outre la continuité des savoirs-faires au plus petit niveau tactique possible ET à tous les échelons opérationnels, se trouvent, il faut le noter, la capacité de résistance, de résilience et d'adaptation d'une armée à un théâtre, à une guerre et à toute situation nouvelle/inédite, ce qui est d'autant plus crucial à notre époque où les matériels, "modèles", mix opérationnels et schémas tactiques ont tendance à être sollicités dans des situations très différentes (pour lesquelles ils ont rarement été élaborés et conçus), et à exister dans des temps longs (conception, acquisition et durée de vie) déconnectés de l'évolution des situations et de leur variété (ne serait-ce que par la diversité géographique). Evidemment, ce facteur doit être accompagné d'une bonne circulation verticale de l'info (dans les 2 sens), horizontale aussi, d'une bonne gestion des RETEX, d'une bonne formalisation des savoirs et critères d'évaluation (des individus, des unités, des matériels, des schémas et mix tactiques, des fonctionnements....). Vu les travers de toute grande organisation (plus ou moins grave selon les lieux et périodes), surtout ,pour une armée, en temps de paix, et vu la persistance d'une grande part d'éléments et critères pas ou peu quantifiables et peu facilement explicables (donc moins "vendeurs", laissant une large part à l'appréciation personnelle de celui qui juge et de celui qui présente une analyse.... Et donc toutes les dérives qui vont avec: biais idéologiques, vision incomplète, intérêts de carrière, inimitiés, querelles de chapelles....), l'armée dans sa globalité ne me semble toujours pas l'échelon idéal pour opérer la bonne jonction entre le terrain et l'individu d'une part, et la décision et l'arbitrage (budgétaire, politique, opérationnel/orientation du modèle de forces) d'autre part. Il y a toujours eu des problèmes de reconversion qui constituaient autant d'obstacles au recrutement (peu incitatif, tend à accroître la mise à part des militaires de carrière dans une société, voire à parasiter son fonctionnement interne), et c'est encore plus vrai aujourd'hui où peu de métiers militaires ont des équivalents civils, où le travail manuel peu qualifié (comme jadis l'usine et les champs) n'est plus du tout une donnée quantitativement massive dans une société moderne, et où les familles n'offrent plus la même capacité de "récupération" qu'avant (époque d'une plus faible mobilité géographique et sociale, où la famille reste un lieu de retour et reconversion). On peut dire que les matériels sont plus complexes, mais en ramenant la chose au temps de formation nécessaire pour obtenir un soldat correct, quel que soit sa spécialité, et plus encore des unités correctes, je ne pense pas qu'il y ait tant de changement que ça à travers les siècles: on passe facilement dessus, mais les formations de bataille du temps jadis, le fonctionnement humain et les savoirs-faires de combat, de campagne, de garnison et de mouvements de groupes constitués de divers échelons représentaient des sommes de savoirs-faires énormes, longs à acquérir et réclamant beaucoup de pratique pour les entretenir. C'était vrai pour tous les métiers militaires (infanterie, cavalerie -très long d'obtenir de bonnes unités-, artillerie, génie....), et ce d'autant plus que les méthodes d'entraînement, la formalisation des savoirs, n'étaient pas aussi poussées qu'aujourd'hui, et donc que la transmission était en général moins efficace (ramenée à l'heure, au jour ou au mois d'entraînement type). En France, l'effort de standardisation/formalisation de ces savoirs n'a réellement recommencé qu'avec Colbert (avant, il s'agissait plus de reproduction à l'identique des savoirs par immersion pendant une période assez longue -pour les bonnes unités et bons personnels), et ça a pris du temps, avec des hauts et des bas, avant de voir du progrès net. L'armée romaine avait de ce côté des siècles d'avance sur l'Europe moderne, même si elle restait limitée par le temps et les distances de son époque, les mentalités (niveau d'éducation moyen, taux d'alphabêtisation, mentalité profondément conservatrices et reprodutrices de l'antiquité) et évidemment la technique (méthodes de conservation, évolution et transmission des savoirs). C'est en raison de ces limites que l'institution de la légion, de grande unité permanente, avait une importance énorme, même si quand je pointe cet élément dans le cadre d'une "perte" pour l'armée romaine tardive, j'ignore en partie comment se faisait la transmission des savoirs et si des "grandes bases" n'existaient pas, le niveau de centralisation de certaines fonctions ayant largement progressé (on le voit notamment pour la production d'armement en véritables "usines", les "fabricae", dont le principe n'existait pas avant le IIIème siècle, les légions produisant leurs propres armements -plus rudimentaires et simples). La re-localisation partielle de l'armée tardive a pu voir un certain degré de centralisation de telles fonctions au niveau de chaque "front" (les 4 préfectures), dès lors que les unités en garnison étaient plus souvent de taille bataillonnaire, et non plus des groupements d'échelon opératif comme les légions. L'organisation en troupes de frontière (éparpillées), réserves de théâtre (comitatus), réserves centrales (palatins) et élite impériale (scholae) a pareillement pu avoir pour corollaire un certain niveau de regroupement des unités de réserve (dites abusivement "armée mobile"), même s'il semble établi que la permanence de groupes d'échelon opératif comme la légion n'ait plus été une réalité constante ou dominante (moins parce qu'on ne concentrait pas certaines troupes que parce qu'il semble y avoir eu une certaine valse des unités, comme on fait du lego aujourd'hui avec les compagnies et bataillons). La référence que tu fais au régiment canadien, c'est ce que j'avais mentionné plus haut; c'est le système régimentaire britannique (en fait issu du système régimentaire tel qu'il s'est créé sous l'Ancien Régime). Mais c'est pas interarme, et cela semble aujourd'hui peu adapté autant par cet aspect non interarme que par une taille trop réduite (et encore plus parce que les bataillons britanniques sont assez maigrichons en effectifs), donc à mon sens pas un bon échelon de référence pour avoir une armée faite de "mini armées" qui sont autant des échelons opératifs que des échelons de formation et de carrière longue (où un engagé peut faire toute sa carrière, ou l'essentiel, sans avoir l'impression de stagner, et un officier peut y faire au moins la moitié de sa carrière sinon plus).
  18. Pas encore le Bas Moyen Age: environs 16 000h sous Charles VII, plus environs autant de miliciens, 50 000 permanents sous Louis XI, et c'est à peu près ce chiffre qu'on retrouve au XVIème siècle, hors milices et quelques garnisons. Ou même le début du XVIIème: environs 20-25 000h sous Henri IV -en temps de paix- et de nouveau 50 000 à la fin de son règne. Il faut la guerre de 30 ans pour voir les effectifs dépasser 100 000h, et retomber dessous après. La grande croissance de l'armée de temps de paix vient avec Louis XIV, et c'est sous son règne qu'on tape dans les 150 000 et plus en temps de paix (et plus de 300 000 en guerre) en incluant la Marine. Au XVIIIème siècle, c'est environs l'ordre de grandeur, quelque part entre 150 et 200 000 (théoriques), et c'est avec ça (même moins) que commencent les guerres de la Révolution, et avec elles l'époque de la conscription obligatoire (qui avait commencé avant avec les milices) et graduellement universelle, donc l'époque des grands effectifs même en temps de paix. Avant Charles VII, aucune armée permanente, donc quasiment zéro effectif de temps de paix, sinon les quelques formations gardant le roi de France et employées par lui personnellement (comme n'importe quel autre seigneur féodal, vu qu'il n'y a aucun impôt "national" et qu'il n'a que ses revenus domaniaux), et le peu de troupes permanentes (quelques compagnies) qu'il peut s'offrir (comme les autres seigneurs féodaux). "L'armée" féodale est une pure conscription théorique (dans les faits plus dépendante du consentement et des intérêts de chacun que de l'obligation légale ou du sentiment de devoir patriotique, moral ou de vassalité), sans aucun organisme central d'ordonnancement, de discipline, de contrôle/inspection, de "R&D", de "mémoire institutionnelle" (sinon les archives fiscales, juridiques, familiales et domaniales), à part le Connétable (et sa micro administration qui sert juste à faire fonctionner son bureau stricto censu) dont l'autorité dans une campagne dépend en fait seulement de son rang social et/ou du poids politique du roi à un moment donné (soit pas forcément grand chose). On peut pas dire qu'il y ait réellement une armée en France entre la fin de la période carolingienne (dernier moment où la féodalité initiale a pu fonctionner un tant soit peu) et Charles VII (première vraie armée professionnelle depuis.... L'Empire Romain).
  19. Ca, ni toi ni moi ne pouvons le savoir (à moins que.... Tu le connais???!!! Aaaaaaaaaaaaah! Hiiiiiiiiiii! -mode midinette hystérique-), mais depuis que j'ai pu mesurer la différence entre des arts, disciplines et méthodes qui accordent une part dominante à la pratique libre (et full contact) et les arts et sports qu'on voit dans 90% des cas (l'évolution en "arts martiaux de temps de paix", quoi, ceux qui distribuent des ceintures noires à des gamins de 10-12 ans et dont les "combats" sont des concours de touche pleins de règles), qui sont très "théoriques", je me méfie des gens qui se disent "ceinture noire" (ou équivalent) ou "experts". Et pour que ces coups marchent vraiment, faut de la puissance et un adversaire coopératif. Y'a pas de "points vitaux" magiques qu'il suffit d'effleurer pour obtenir un effet. Mais bon, le High Kick administré par une femme gabarit mannequin, c'est un peu le lever de cuisse (façon french cancan.... En moins provocant qu'à l'époque du Moulin Rouge) de notre époque: initialement, c'était nouveau et excitant, aujourd'hui c'est une convention visuelle obligatoire qui fait partie de l'attirail destiné à fidéliser le spectateur mâle moyen (la bandaison, contrairement à ce que pensait Brassens, ça peut se contrôler: celle de l'autre en l'occurrence). Ca, un coup de raquette administré par une culturiste, ça fait pas du bien à la cabèche. Oh! Oh! Deux-trois autres codes/conventions débiles que j'adore à force d'être énervé par elles: - le "neck snap": on casse des nuques d'un geste simple et fluide, quasiment sans effort. Un tirage de tête sur le côté et pof! - la munition tranquilisante: se met dans un flingue normal ou -rarement-dans une arme spécifique, a la taille d'une balle, et endort aussi vite qu'une balle tue. Et on prévoir en général le temps de sommeil forcé à la minute près (comme d'ailleurs tous les produits chimiques/pharma dans les séries ont des effets précisément prévisibles....) - dans le même registre, les "antidotes" aux poisons super rares et hyper sophistiqués: il y a toujours une durée exacte avant que le méchant poison (ou autre produit aux effets nocifs) ne fasse effet (là encore, ça se prévoit à la minute près: l'organisme est une vraie machine avec une horlogerie proche.... Des comptes à rebours mentionnés plus haut), et l'antidote lui aussi, souvent pris à 2 ou 3 secondes de l'échéance, fait effet direct, et annule tout (non, les poisons ne font aucun dégât sur leur chemin, ils n'agissent qu'à l'heure dite, comme les Suisses, et tuent d'un coup).
  20. T'as oublié le code fondamental pour les retournements d'articulation et luxations: le personnage se reboîte l'épaule ou se remet le membre dans le bon sens en serrant les dents et, quand le crac sonore a lieu, c'est un reboot complet . Good as new! Ah? Aller à un cours d'arts martiaux lambda pendant quelques mois ou même quelques années te rend apte à la baston, surtout contre des gabarits supérieurs, et encore plus quand t'es un mannequin de 50kg tout mouillé (qui donne l'impression qu'aller appeler l'ascenseur est un acte épuisant)? C'est pas l'impression que je retiens de cette chose "magique" que reflète le mot "arts martiaux", qui m'a toujours semblé produire.... Pas grand chose, à moins d'y passer vraiment très longtemps, et à condition que ce soit pas trop fantaisie (la très grande majorité des soi-disants dojos et autres sont assez foutage de gueule pour ce qui est de produire de la vraie aptitude à se bastonner: sport, hygiène de vie, connaissance de soi.... Je veux bien, mais pour le reste, bof). Et c'est surtout cette question de l'abstraction faite du gabarit qui m'étonne toujours.... Pourquoi ils font des catégories de poids dans les sports de combat, à ce moment ::) ? Et plus encore pour les acteurs; le "stage fighting" est devenu un enseignement à part entière (pour les acteurs, c'est devenu incontournable) dont on trouve beaucoup d'écoles, à côté des écoles de "katas artistique" et "karaté acrobatique". Ce ne sont plus des disciplines de combat (et ça ne donne pas vraiment de capacités de combat), même si ce sont des sports souvent très exigeants. La plus connue de ces disciplines, c'est le "rope fu" des studios chinois, le combat acrobatique accroché à des câbles: très dur, très sportif, super impressionnant, rendu variable à l'écran (suivant la mise en scène et l'inspiration), mais c'est pas du combat, vu que du vrai combat, ça ressemblerait à rien à l'écran (ça ferait "faux", en fait, ou en tout cas pas du tout impressionnant). C'est bon dans un sens: les acteurs sont de plus en plus rompus à l'aspect visuel de ces scènes, qui peuvent désormais beaucoup cracher. C'est mauvais dans un autre: ces disciplines dominent tout et ont créé leur propre monde, leurs codes.... Qui franchement deviennent fatigants à l'oeil et assez peu crédibles, surtout quand on tient pas compte de réalités basiques (poids et taille pour l'impact des coups donnés et encaissés, l'allonge.... Mais aussi la gravité, par exemple). Le rôle des chorégraphes combats/cascades est à cet égard grand et sans cesse croissant (certains sont des stars alors qu'ils "n'existaient" quasiment pas sur les fiches de paie y'a encore pas longtemps), mais c'est chez eux qu'on trouve au final le plus de conformisme par rapport à ces "codes" et modes, et le moins de créativité. Faut en plus ajouter ça au code en vigueur dans la fiction télé et ciné: une nana qui se bat ne peut être battue par un mec.... Au besoin, ils existent dans deux espaces temps différents: si un mec est visiblement bon, il est un dieu du combat contre un autre mec, mais dès qu'arrive une fille, il est maladroit et passif, et au mieux, il lui tient juste tête et survit. Je pointe ça parce que c'est vraiment un "code", une espèce de principe immanent qui se surimpose dans les séries et films. Autre code qui vient à l'esprit dans les fictions violentes: le coeur qui repart après s'être arrêté.... C'est un vrai reboot ce truc là, et on peut le faire à répétition sans aucune séquelle, et l'individu est toujours prêt au combat dans la minute! Ca et le coup du poison/produit qui permet de simuler la mort (et trompe les observateurs et appareillages divers).... Et celui là, c'est un vieux code, vu qu'on le trouve dans la mythologie égyptienne, grecque et romaine.... Et, pour le plus célèbre des cas, chez Shakespeare (aaah Juliette qui simule, et Roméo qui y croit). Eh ben pour moi, c'est pas dommage: ça va libérer les ondes pour -on peut l'espérer- mieux. Si tu veux une héroïne vraiment bien créée et écrite, forte et géniale (et pleine de défauts mais salement attachante), je te renvoie à Mary Shannon (jouée par Mary McCormack) dans la série (finie, pas arrêtée) In Plain Sight. Pour moi, elle n'a toujours pas trouvé d'égale (et peu "d'égal"), dans le registre action/violence. Bon, c'est une US Marshall, pas une espionne ou une militaire (y'a des croisements avec les barbouzes, l'armée et les mercenaires à l'occasion, qui veulent profiter de la sécurité du Witsec auquel elle appartient). Pour le "pas réaliste et plein de codes et facilités", j'ai plus récemment craqué sur Kiera Cameron (aaaah Rachel Nichols) de la série SF Continuum (voyage temporel depuis un futur dystopien dans le Seattle d'aujourd'hui); bon, là ils résolvent la question du gabarit par une combinaison/exosquelette (hyper moulant évidemment) qui accroît force et résistance et possède plein de fonctions amusantes (genre effet tazer). Ou encore (mais là, question baston, j'ai tiqué) le personnage joué par Ivana Milisevic dans la série Banshee (2ème saison à venir), assez trash question baston. Ygritte et Asha Greyhoy dans Game of Thrones (plus quelques autres qui devraient apparaître dans les saisons à venir, si elles sont importées des bouquins) sont de très bons exemples de personnages féminins forts et inclus dans le combat, mais échappant aux codes et conventions si emmerdants (rien d'exagéré).
  21. Le dernier point surligné est l'un des plus cruciaux et complexe, et il fait penser à Louvois (le vrai, pas le logiciel) et Colbert et à l'organisation d'une inspection aux armées pour veiller à contrer les fraudes, abus, cas de corruption, et surtout à contrôler l'efficacité et l'effectif des troupes, maux qui grevaient l'armée permanente depuis ses débuts, et en fait même l'institution militaire féodale (l'absence de contrôle et le fait de s'en remettre à chaque échelon individuel pour la qualité de l'entraînement, la nature des troupes.... Qui fait qu'on se retrouve qu'avec de la cavalerie lourde, et inégale et indisciplinée de surcroît: l'esprit de chapelle qui voit triompher une chapelle unique et désunie, devenue une institution sociale). Et Colbert, pour l'armée comme la Marine, était en recherche désespérée du même point crucial qui contraindrait la réforme que tu soulignes dans ce même point, ou plutôt les deux points cruciaux: - l'honnêteté du procédé: en bas comme en haut (et évidemment les divers échelons intermédiaires inhérents à toute organisation de grande taille), il faut des motifs avant tout centrés sur "l'intérêt du service" et limitant les possibilités de guéguerres de services et de bureaux, les luttes politiques pour l'affectation des ressources (ou des bases), celles de compétition individuelle pour faire avancer une carrière, les mécanismes institutionnels ou politiques qui parasitent les décisions (genre si j'utilise pas toutes les ressources, c'est que j'ai pas besoin d'autant, si je demande pas X personnels une année, c'est que j'en ai jamais besoin d'autant).... Bref, tous les parasitages possibles qui font que par anticipation de telles conséquences, des comportements trop parasitaires se forment et s'enkystent (et s'aggravent bien souvent). Aucun système ne sera jamais parfait, mais dans le cas de l'armée française actuelle et de beaucoup d'armées anciennement de conscription, ou qui ont connu des baisses significatives, on voit souvent des "armées de 100 000h" avoir les scléroses d'armées d'1 million d'hommes - comment juger la qualité? L'établissement de critères quantifiables est un problème crucial: ils sont nécessaires et utiles, mais ils ne sont que très partiels, et leur usage peut souvent être détournés, plus, pire encore, devenir exclusifs dans la prise de décision vu que les chiffres et facteurs facilement appréhendables, parce que plus parlants et "faciles" d'accès, l'emportent souvent dans la décision par rapport aux plus complexes et peu illustrables (comment "vendre" facilement le moral, l'allant, le rôdage d'équipes de travail et de combat....). Ca me semble un fait établi, à l'aune des exemples historiques, que plus une armée est ouverte à la progression à travers les échelons (forme, ouvre des horizons, facilite une reconversion ou une retraite....) et plus elle se penche sur les conditions de vie, de travail et d'image de soi, plus elle est un système "incitatif" attirant des recrues de meilleure "qualité" et/ou favorisant "l'éclosion" d'individus à priori peu prometteurs (il y a en fait peu de vraies mauvaises recrues, et plus de gens renfermés, ne se donnant pas de chance à eux-mêmes). De ce fait, la concurrence entre individus peut être diminuée (par le nombre d'opportunités, l'exigence mieux centrée sur des résultats collectifs avant ceux individuels....), la rétention des personnels favorisée et l'investissement dans l'humain peut produire des résultats beaucoup plus importants, toutes choses qui présupposent de prendre au sérieux le budget "humain". C'était sans doute plus facile à l'époque romaine où les individus, les équipes et groupes, et les savoirs-faires constituaient 95% de la qualité d'une armée (et la part absolument dominante du coût) par rapport au matériel, et où l'armée était une chose absolument vitale. C'était sans doute encore le cas à l'époque renaissance-moderne où cette proportion, quoiqu'en forte baisse, devait encore être plus que lourdement en faveur de l'humain (mais où d'autres problèmes, politiques et organisationnels, se posaient aussi dans des Etats encore sous administrés et à la culture nobiliaire). C'est plus complexe aujourd'hui, au point que l'investissement humain, et surtout son importance dans le résultat tactique/opérationnel (et par là son importance cruciale au plan stratégique), sont mésestimés (bien plus que ce que la structure de coût reflète).
  22. Tancrède

    Hyperloop

    Non, il y croit d'autant plus qu'il était hier et aujourd'hui dans pas mal d'émissions de prime time (du matin et du soir) aux USA pour donner de l'élan à la chose. Mais être inventif n'étend pas les journées, et Musk est actuellement essentiellement pris par Tesla Motors (et un peu par Space X), qui reste une activité de plus que plein temps, et un véritable combat puisqu'il s'agit d'une révolution sur plusieurs plans: technologique, économique, commercial (voir le fonctionnement très particulier du marché automobile aux USA, qui est une véritable cartellisation, parfois même très gravissime dans certains Etats).... Ce temps là n'est pas compressible et demande beaucoup de batailles politiques et commerciales. Un projet comme l'hyperloop n'est pas un truc pouvant émerger concrètement d'une initiative individuelle: c'est un développement d'infrastructure majeur, impliquant même pour la première ligne proposée (Los Angeles - San Francisco) des coûts très importants par elle-même, mais aussi d'autres coûts induits, et surtout des décisions d'ordre politique (sur l'impact environnemental, les surfaces et communautés traversées, les normes de sécurité à exiger -et établir-, les priorités budgétaires dans un Etat de Californie plutôt mal de ce côté....). Bref, Musk n'a matériellement pas la possibilité de se lancer dedans. A noter cependant -mais ce n'est peut-être valide que dans certains endroits comme la Californie- qu'il insiste sur l'autosuffisance potentielle du système, les tubes devant être recouverts de panneaux solaires et les capsules créant de fait leur propre électricité (par mouvement?). Plusieurs scientifiques et experts intervenant dans les médias sur les interventions de Musk avançaient que les obstacles n'étaient pas de nature technique, mais politiques/décisionnels, et économiques: quels coûts réels "complets" pour le projet? Quelle autorité aurait la marge politique et les moyens financiers de se lancer là-dedans? Comment garantir la sécurité et absorber le coût politique des inévitables accidents de tout nouveau type de transport?
  23. Aaaaaah, le téléphone à repérer, quel truc dont on abuse et surabuse. Y'a tellement de versions différentes que les autorités sont soit complètement impuissantes à les repérer, soit omnipotentes en la matière (parfois les 2 dans la même prod). Et oui, Austin Powers: "pourquoi personne ne se soucie jamais du sort des hommes de main" :D !!!!!
  24. Oui, sans doute: chaque sexe a plus ou moins tendance à voir l'autre sexe comme profondément incapable. Ma remarque était à cet égard là pour souligner l'impact sur l'audience de ces séries et films (masculine dans une proportion plus qu'écrasante), et, en conséquence, les "cahiers des charges" qui sont assignés aux productions pour la définition de personnages, de scènes, d'histoires..... Et donc des archétypes et codes dans lesquels ils puisent pour les constituer. Quand une recette marche ou semble marcher, les commanditaires (et plus encore aux USA qu'ailleurs) surexploitent ce qu'ils pensent être un filon, se persuadant qu'ils ont trouvé la martingale reproductible à l'envi: ils croient savoir quels sont les bons ingrédients d'une formule et les croient réemployables facilement. C'est devenu encore plus vrai et criant avec la mainmise totale des financiers et managers dans les grandes chaînes télé et les grands studios, et la disparition quasi complète des "créatifs" dans les instances et échelons où les décisions se prennent (pour les studios, ce fut dans les années 70, pour les networks, dans les années 80). Bien peu de studios et sociétés de prod peuvent mener des projets importants (et survivre à un échec): Dreamworks est à cet égard une exception, et encore, depuis ses débuts, cette boîte a beaucoup changé pour s'aligner progressivement sur le modèle ambiant (suite à son rachat). Résultat, la nouveauté, l'inventivité, se trouvent sur les chaînes câblées US et canadiennes (et chez quelques producteurs indépendants ayant une taille suffisante pour pré-développer des projets pouvant ensuite être vendus ou diffusés directement.... Ces producteurs sont souvent eux-mêmes de grands réalisateurs à succès), dont certaines ont atteint des tailles suffisantes pour avoir des produits plus ambitieux, cad des séries et films rompant quelques-uns des codes tout faits qui donnent l'impression générale d'insipidité, d'absurde/irréalisme et de "déjà vu" qui caractérise souvent le paysage de la fiction audiovisuelle. Des boîtes plus petites et ayant besoin de conquérir des PDM, où l'interface créatifs/décideurs (voire la confusion des deux) existe encore. C'est le plus souvent pas folichon cependant. Et en matière de réalisme/nouveauté/cassage de codes pour ce qui se recrache à l'écran, ça dévie quand même rarement des "tendances" qu'on croit en vogue (reflet du moutonisme profond de décideurs sans grands rapports avec le spectateur ou la production "de terrain"; ils suivent un truc qui marche et croient pouvoir le reproduire, s'enfonçant dans cette logique jusqu'à l'obsession), des codes en vogue d'une période (généralement, ça couvre de petites décennies). La décennie post 11 septembre a quand même été assez marquée en la matière, cassant certains codes des années 90 (les "agents", soldats et "aventuriers" oeuvrent pour la paix et la stabilité dans le monde, ont des codes de conduite stricts, sont politiquement corrects, n'aiment pas l'extrêmisme patriotique voire sont anti gouvernement, sont assez apolitiques, la violence c'est pas bien et en dernier recours.....), en développant d'autres (girl power et ses délires, les mecs sont cons et n'ont droit d'être bons que dans un domaine de spécialisation, ils sont guidés par leur ego et les filles sont rationnelles, modestes et bonnes en tout....), et en en introduisant (ou réintroduisant) d'autres (la torture ça marche, la patrie avant tout, l'armée c'est cool et que des bons gars, l'ONU et le reste du monde sont des cons sauf quand on dit le contraire, on tue vite et beaucoup, il faut s'y connaître en flingues dans le détail, les blagues de cul et le cul à l'écran sont désormais autorisés et "normaux"....).
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