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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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A l'occasion, oui: - quand les ricains lancent des campagnes anti-françaises, certaines venant "d'en haut", d'autres venant "d'en bas", contre la position (= qui a force de loi) prise sur la question irakienne (pas neutralité, mais menace d'usage du veto).... Avec un volant en métropole même, avertissant les ressortissants américains qu'ils ne sont "pas en sécurité" en France, auquel correspond aux USA une fausse polémique (avec des vraies manifs qui y répondent) sur les avertissements à adresser à la France pour éviter que quoi que ce soit leur arrive (on croit rêver, mais pourtant, ça arrive). - pas mal de milieux et organisations anti-avortement incluent la France (entre autres) dans leur vote vu qu'ils demandent non seulement à l'interdire aux USA, mais à ce que les USA agissent dans le monde pour le faire interdire partout (ce qui donne une autre dimension au vote conservateur) - quand on fait voter la loi contre le port du voile, les ricains non seulement débattent, certains gueulent fort, mais beaucoup aussi demande à ce que le Département d'Etat et le Président agissent - quand les dispositions françaises en matière de laïcité heurtent le prosélytisme d'Eglises évangéliques ou de la scientologie par exemple, que des procès sont menés contre la Scientologie (légitimes et non religieux en plus, puisqu'avec eux il s'agit souvent d'atteinte aux droits de l'individu, à la liberté d'expression, d'arnaques commerciales, de corruption, de harcèlement organisé et de chantages en tous genres), le Département d'Etat gueule, l'Amérique fait pression, et avec du soutien d'élus derrière parce qu'eux-mêmes ont des groupes de râleurs organisés et des soutiens financiers qui poussent en ce sens. - n'entront même pas dans les questions de droit économique/commercial, de lutte contre la concurrence déloyale, des subventions (hein l'agriculture, la banane, le fromage, la vinasse, les labels et terroirs, "l'exception culturelle" et ses quotas et reversements).... Y'a des manifs, des râleurs institutionnels, associatifs et individuels.... Les exemples s'étendent à l'infini. Et je mentionne, sur le sujet des armes, les tournées internationales de représentants de la NRA en tête desquels Wayne Lapierre (le patron) qui finance des colloques, des associations, la formation de lobbies.... Pour renforcer son assise nationale et étendre ses réseaux.
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Tu as une conception étrangement limitée de ce que permet un outil militaire (ET l'industrie qui va avec) dans le cadre d'une politique extérieure: "intervenir" ne veut déjà pas forcément dire "attaquer un pays". On peut, entre mille et une choses, amener des moyens dans une situation tendue entre 2 (ou plus) pays à couteaux tirés, pas vraiment décidés à faire la guerre mais dans une spirale de tension inextricable (parce qu'ils sont quand même paranos l'un par rapport à l'autre et à un stade de montée des tensions qui fait qu'ils sont pris dans le cycle belligène sans pouvoir baisser de régime); si en plus ils sont relativement proches militairement (taille/niveau de l'outil), en tout cas assez pour qu'une ouverture des hostilités menace de faire vraiment du dégât, de durer et/ou en plus d'amener d'autres intervenants dans la rumba, un acteur extérieur à la zone qui amène "du jeu" (= un niveau de forces suffisant pour être crédible), ou qui simplement PEUT LE FAIRE relativement rapidement si la situation l'exigeait, change radicalement l'échiquier. De plus, un pays ayant une énorme partie de son activité et de son économie dépendant d'une vaste "surface économique/commerciale utile" dans le monde (et une si possible en expansion), cad un monde avec autant que possible de zones développées/en développement et plus ou moins ouvertes et intégrées dans les flux commerciaux, a un intérêt net et notable à ce que la liberté de circulation soit assurée, ce qui suppose de créer et dégager autant d'axes commerciaux (maritimes, terrestres et aériens, mais aussi virtuels -avec donc une infrastructure concrète) et de points d'accès que possible, et autant de marchés (= grandes zones pacifiées et développées/en développement) que possible. C'est "l'ordre mondial", et plus un pays est développé, plus il a un intérêt à ce qu'il y en ait un (et à y peser), et quoiqu'on en dise, 2 choses majeures en découle: - une capacité militaire effective pour en faire "la police" est cruciale: contrôle, tenue et pacification de ces axes, points et zones sont nécessaires, mais leurs abords aussi doivent être surveillés et tenus, ce qui représente beaucoup, vraiment beaucoup d'endroits et de surface, donc des moyens conséquents. - plus tu participes à cet ordre activement, plus tu tends à en retirer de bénéfices proportionnés non forcément à ta taille (économique, politique, démographique), mais à ton effort, parce que tu es présent et crédible. Et la part qu'on pris les USA dans le maintien de cet ordre est absolument énorme, surtout relativement aux Etats européens. Ceci étant établi, la dite capacité militaire recouvre un énorme panel de capacités politiques et opportunités qu'il est impossible de résumer comme tu le fais à l'intervention agressive ou à la menace de le faire. Le fait d'avoir un outil crédible d'intervention (= outil militaire pertinent, adapté, efficace dans une gamme plus ou moins large de missions et scénaris de plus ou moins grande échelle, et sur un ou plusieurs théâtres) au niveau mondial et/ou régional (/"multi-régional", comme ce qui semble être le cas de la France avec "l'arc de crise"), assorti d'autres moyens qui le rendent réellement "mondial" (réseau de bases, réseaux diplomatiques d'alliances, relais de pouvoir, soft power....) fait de toi un "joueur" ou non. L'outil proprement militaire s'intègre dans ce mix comme des cartes sur une table plus vaste, avec d'autres cartes: il se manie bien en amont du niveau de l'intervention effective ou de la menace explicite d'intervention. Le simple fait de patrouiller des axes maritimes et passages sensibles les sécurise, et faut pas attendre de beaucoup de pays qui les bordent qu'ils le fassent sérieusement: voir le Golfe de Guinée, la Corne de l'Afrique, le Cap de Bonne Espérance, mais aussi la zone indonésienne et ses détroits. Sans même compter les points de passage qui sont instables pour cause de tensions militaires/politiques: canal de Suez, Mer de Chine depuis quelques temps apparemment, et évidemment Golfe Persique, voire Canal de Panama si l'avenir du Mexique et de l'Amérique Centrale continue à merder vers un narco-féodalisme violent. Par extension, le calme des régions adjacentes à ces passages est requis, et donc on tombe dans la capacité d'intervention au sol direct et ou l'appui effectif ou potentiel de pays plus ou moins solides. Une alliance, ce simple mot d'alliance, veut dire qu'avant d'avoir des avantages économiques (généralement mutuels) spécifiques avec un ou plusieurs pays donnés, le préambule est de se garantir mutuellement aide et assistance pour le premier des facteurs, la survie: on n'a pas d'alliés si on ne peut pas aller les aider, même si l'hypothèse d'une menace concrète ne concerne qu'un des deux pays, ou aucun des deux dans un avenir visible. Le soutien militaire est alors à court terme sans grande signification, mais il est pourtant inscrit en filigrane pour un avenir indéterminé, et exige donc (pour profiter notamment des avantages économiques susmentionnés) d'être crédible (et plus l'allié est loin, plus ça coûte cher de rester capable d'intervenir, on le sait tous ici). Et évidemment la menace contre cet allié peut aussi bien être d'un voisin emmerdant, de voisins en plein bordel, ou d'organisations intérieures et extérieures, dont l'attitude peut radicalement changer ou non suivant que cet allié est tout seul ou qu'il a une France réellement active et crédible qui, même sans être là significativement, peut envoyer ponctuellement, ou même une fois (voire n'en a pas besoin) des "messages" (une petite opération, voire une très discrète) qu'il faut pas pousser mémé et laisser le copain tranquille. Et quand on dit "capacité crédible", ça comporte aussi désormais une énorme dimension de "rétablissement de la sécurité" et de relancement d'un processus étatique dans des zones fragiles/instables, des pays en plein bochson, des "proto-pays".... L'industrie d'armement est aussi une capacité énorme à cet égard, le soutien militaire n'étant vraiment pas que de l'intervention ou la capacité d'intervention en soutien ou en direct. C'est offrir (enfin vendre, ou vendre à prix préférentiel) des capacités, et des capacités crédibles (parce qu'utilisées, et fournies avec un package "d'appropriation"), c'est offrir de la compatibilité pour un co-usage.... Mais évidemment, avoir une industrie dans ce domaine suppose d'avoir une armée (seule chose qui rendent les produits crédibles et qui soutienne la dite industrie), la volonté de s'en servir (battle proven :lol:, c'est comme "vu à la télé"), de la crédibilité et des réussites répétées à son actif, en plus d'avoir la surface et la volonté politique pour dire qu'être membre de ton "club", ça induit d'autres avantages pour les membres (essentiellement portés par les forces armées et tout ce qui entoure une diplomatie). De ce point de vue, le "club France" vend très très mal. Dans certains cas oui; lesquels, on ne saura pas toujours, quoiqu'il suffit de regarder attentivement et de déterminer où il peut y avoir un intérêt clair à agir réellement, où il peut y avoir "un coup à jouer" pour développer une présence, nouer des liens, se renforcer auprès de tel ou tel pays/acteur, gagner du poids politique.... Mais pour ça, il faut le vouloir et "avoir du jeu" pour que l'effort ponctuel relatif et le maintien simultané de la position de "co-gendarme" au jour le jour, ainsi qu'une réserve de capacité d'intervention "au cas où", soient crédibles. Crois-moi, pour connaître quelques personnes au quai d'Orsay (qui sont ceux "à la table" de négo, qui peuvent mesurer qui parle et qui on écoute, ce qui vaut quoi quand on propose ou qu'on râle....), dans les rapports entre Etats, même si il n'est pas forcément question du tout d'usage de la force ou de menace d'usage de la force, ce registre est primordial, parce qu'il reste, en dernier recours, toujours à l'arrière plan, plus ou moins loin. Même s'il y a mille autres cartes à jouer (qui toutes pèsent quelque chose, je parle pas de blabla, ça c'est pour la caméra) avant, ça reste une bonne part ce qui définit la porté de ton discours. Parce qu'au final, je vais essayer d'arrêter de digresser :-X, mais c'est la garantie que tu apportes à tout "produit" que tu "vends" ou négocie avec un autre pays, un groupe de pays, une région en général et vis-à-vis d'autres acteurs plus ou moins impliqués, un message non formulé, qui reste toujours en arrière plan des autres messages que tu formules et des positions que tu prends. Si ça va jusqu'à se menacer même à demi-mot d'envoyer du monde quelque part, c'est que quelque chose a vraiment salement merdé entretemps.
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:lol: Si les syndicats en font une cause nationale: à voir quel degré d'importance ils y accorderont, parce que s'ils sont prêts à aller dans la rue pour ce sujet, la défense peut redevenir un objet politique....
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Bouef, et au-delà de paroles (ils parlent beaucoup et sur tout, sans arrêt), en notant bien qu'ils parlent de la chose tous les 36 du 13ème mois, tu as déjà vu la chose avoir de l'écho sur la scène publique? Ils lancent sans arrêt des "sondes" de ce type sur n'importe quel "petit" sujet (ceux qui "coûtent" pas énormément, voire rien) pour voir s'ils peuvent devenir une polémique, histoire d'avoir de l'attention médiatique (et/ou de détourner l'attention médiatique); comme 1000 autres sujets de ce type, ça passe inaperçu, tout le monde s'en tape, et ils essaient la minute d'après avec autre chose.... Au hasard le mariage gay, qui est passé inaperçu pendant des lustres et là, tout d'un coup (et avec autrement plus d'écho dans la sphère publique que les armes), devient un sujet médiatique, au moins pour un temps. Cependant, dès que le sujet "homoparentalité" a été évoqué par les militants, on a vu les 3/4 des socialistes appuyer ferme sur le frein et entrer dans les propos flous: évidemment, ça ça voudrait dire quelque chose de plus "engageant" et coûteux politiquement, parce que ça veut dire des études, du suivi (donc des moyens), puis des débats longs et politiquement coûteux, des centaines de sujets de politique courante devant avoir des modifications de législation.... Tandis que le mariage gay, au-delà de quelques réactions épidermiques et visibles, la grande majorité des Français s'en tape, et à mettre en oeuvre pratiquement, ça coûte rien du tout (juste un agenda un peu plus chargé chez monsieur le maire). Juste pour illustrer ce que sont un sujet, un faux sujet et un non sujet en politique :lol:. Faut pas trop t'en faire et sur-réagir comme ça, ça fait vieillir prématurément :lol:. Meunon, c'est juste des profiteurs qui font du business. Ceci dit, trop cool: ils le font avec un revêtement ERA pour que ça pête à la gueule du tireur :lol:?
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[Mode Audiard ON] Ca veut dire que tu sais pas qui c'est Raoul :lol:? [Mode Audiard OFF] Désolé, je suis comme un redneck; j'ai un gun, personne peut me le prendre, mais je veux pas du sens des responsabilités qui va avec.... Alors le coup part souvent tout seul :-X.
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Tu peux le vivre comme ça parce que c'est un sujet auquel tu fais attention (et dans lequel, consciemment ou non, tu places une "charge" émotionnelle/personnelle), mais le point de ma remarque est que au final, il n'y a pas de débat parce que justement, y'a pas grand monde pour se préoccuper de déterminer une "vérité absolue" sur la question. Pour l'essentiel, tout le monde s'en tape en France (pour ce qui concerne le débat public qui a effectivement lieu), et ça ne peut pas apparaître comme une "vérité absolue" pour la quasi totalité des Français.... Parce que ça n'apparaît pas du tout :-[.
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Visiblement bien des choses puisque le discours officiel sur bien des problèmes et situations du monde est resté quelques crans au-dessus de ce qu'on pouvait réellement faire et de ce sur quoi on pouvait réellement influer. Ca peut sembler peu sensible étant donné qu'on n'a pas les oreilles de gens d'un autre pays, et que c'est une maladie commune en Europe que de parler de tous les problèmes du monde sans pouvoir agir sur aucun d'entre eux significativement, mais hors d'Europe, il y a une grande récurrence à voir chez le Européens (Français en tête puisqu'on parle fort) un décalage plus grand qu'ailleurs entre discours, intentions affichées, et réalité (réalité de l'action, réalité de l'évolution de la situation -qui peut résulter d'actions et négos qu'on voie pas-, ou réalité de la réaction des pays concernés -en bref, la posture prise par la France influe t-elle sur leur comportement). Mais cette tonitruance parfois ridicule au regard des moyens réels de peser sur une situation, malgré son importance (parce que la France reste un pays qui "parle fort/influe peu" sur beaucoup de choses) est l'arbre qui cache la forêt de ce qu'on a pu abattre dans le discours, sur tous les sujets (cad zones, sujets et motifs d'intervention ou de négos incluant la menace ou la promesse d'intervention/présence/action) où on aurait jadis pu se prononcer, quand on avait plus de "jeu", essentiellement parce que le pays estimait qu'il devait avoir du jeu (donc des moyens). En bref, malgré tout ce que la diplomatie (enfin moins les pros du quai d'Orsay que les amateurs d'un gouvernement ou d'un autre, qui ne prennent de positions que par rapport à leur électorat et se foutent du reste) gueule encore vainement sur la scène mondiale, la posture du pays a clairement baissé de plusieurs tons, et n'essaie le plus souvent même pas, préférant le recul ou le silence dans beaucoup de cas qui "comptent" (où l'intérêt national pourrait tirer avantageusement parti de plus d'actions effectives ou potentielles, donc de moyens), plutôt que la dépense, surtout de long terme, que nécessiterait une position réelle. Incomplet: les moyens DONT ON (en tant que collectif politique) VEUT BIEN SE DOTER. Et on se dote des moyens qu'on peut non en fonction d'une définition des intérêts et "intentions" du pays (c'est ça qui devrait être la base des analyses prévisionnelles: situation internationale prévisible, enjeux, ce qu'il faut pour peser où il faut pouvoir peser....), ou des capacités réelles de financement d'un appareil de défense (limite objective de ce qui est supportable sans devenir un handicap), mais en fonction des commodités politiques intérieures qui déterminent le budget.... Tout simplement parce que les domaines stratégie/géopolitique/sécurité/défense ont été zappés de ce qui est "prioritaire" non dans l'absolu des intérêts du pays honnêtement évalués, mais dans l'ordre des priorités de l'opinion publique telle qu'elle a évolué, une sphère somme toute petite et plus biaisée qu'à d'autres moments, très refermée sur elle-même et influencée disproportionnellement par des acteurs et groupes ayant des intérêts et opinions ciblés et sur-représentés. Une part de la faute repose sur les Américains et leur protectorat de facto sur l'Europe, qui a écarté beaucoup du sentiment de vulnérabilité et de la "conscience internationale" que toute communauté politique doit avoir, mais le reste repose autant sur l'évolution sociale moderne (narcissisme, individualisme, perte de conscience collective, sous-information sur de nombreux sujets -soit une sorte de "provincialisme" des électorats) que sur la scène politique française elle-même (dans l'ordre décroissant des fautes: système politique de la Vème république, élus, intervenants et électeurs).
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Ben tu vois, au risque de te choquer (je crois que je cercle légèrement ton opinion sur le sujet ;)), je dirais que non, pour la simple, bonne et essentielle raison que ce débat n'existe pas réellement en France: tu l'as déjà vu sur une émission de débat, toi, et plus à propos (parce que ça a bien du arriver à l'occasion, une année bissextile ou quand le verseau était aligné avec la balance pendant que les Gémeaux le teabaggait avec Uranus et Neptune :-X), sur 2 émissions de débat dans une période de temps relativement courte? Pas moi, et je n'ai jamais entendu réellement de tel débat, et surtout, je ne l'ai jamais vu constituer la moindre espèce de priorité politique ni pour un bord, ni pour l'autre; même Chasse, Pêche, Nature et Tradition ne l'a pas mis en avant quand ils ont eu un semblant d'écho médiatique. Je ne vois pas de lobby "pro" ou "anti" en France: y'a sûrement des associations ou groupements d'une sorte ou d'une autre, mais personne ne les écoute et tout le monde s'en tape parce que ce sujet n'a jamais été réellement mis sur "la table" nationale à un niveau d'attention quelconque pouvant éventuellement influer même marginalement sur un bulletin de vote. Les chasseurs ne votent pas en fonction de leur permis de chasse, et les politiques ne parlent pas sérieusement (sauf les Ecolos) de poser le débat d'interdire la chasse ou pas, ce versant étant à peu près le seul angle un peu visible par lequel un sujet plus ou moins lié à la possession individuelle d'armes à feu parvient jamais jusqu'aux oreilles médiatiques. Pour le versant sécurité/armes individuelles, la façon dont ce débat existe en France shunte l'étape "flingues personnels" pour aller directement à l'étape "le trafic d'armes illégales en France" et "les armes dans les banlieues". Alors oui, y'a un ton général à gauche qui serait plutôt dans le principe pas très favorable aux armes à feu légales (et à l'occasion, un commentaire ou deux franchement atterrant a pu être entendu), mais ça n'existe quasiment pas en tant que priorité politique (combien de fois par an le sujet est-il même mentionné par un seul politique?), donc ça n'est pas dans l'agenda d'aucun parti (sauf éventuellement les verts pour la chasse, et même chez eux -vu ce qu'ils représentent en plus- c'est pas une priorité), et en tout cas certainement pas à une place, dans l'échelle des priorités, qui aura jamais la chance d'être mis dans la portion des choses à faire pour lesquelles on risquera un tant soit peu de "capital politique", matière première rare et chère dont la plupart des élus n'ont déjà pas assez pour faire le dixième de ce qu'ils veulent, ou influer sur le dixième de ce qu'ils veulent. Eventuellement, un sanglant massacre avec des flingues achetés légalement et dont l'obtention pourrait être contestée (nature instable du tueur....) pourrait brièvement créer une fenêtre d'opportunité, mais même là, j'ai des doutes. Les quelques restrictions qui ont pu être ajoutées dans un passé récent viennent plus d'un atavisme légalistique qui, comme dans bien d'autres domaines en France, résulte de l'activité journalière des politiques qui ont une tendance prononcée à toujours plus légiférer et encadrer, et surtout à taxer, les petits domaines et petites catégories qui ne peuvent pas se défendre politiquement. Que les propriétaires d'armes à feu constituent un semblant d'association nationale un peu conséquente, avec une vraie participation (les Français ont une certaine tendance, même quand ils sont dans une assoce, à n'y pas être très actif, à ne pas contribuer de montants réels, et à s'y comporter comme des clients membres d'un club, comme s'ils avaient du mal à comprendre ce qu'est une association dans le principe) et une bonne com/un bon activisme (juste ce qu'il faut, quand il le faut, et surtout COMME il le faut), et tant qu'à faire un peu de volant monétaire (au niveau local, pour quelques élections/élus là où il faut: pas besoin de faire campagne dans un grand nombre de circonscriptions), je t'assure que leur position serait politiquement béton, tant le débat est un non débat en France.
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Il savent pas: ils sont aussi graves, voire pires que nous. Les coaliser en grands gangs d'échelle nationale, avec des noms cools, comme chez eux :lol:. Pourquoi? Ils cherchent la recette aussi :lol:. Chez eux ça coûte juste plus cher.
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Ce récent massacre est étrange en ce que, contrairement aux précédents, même les plus terrfiants, il semble avoir un impact significatif sur la scène politique et la société américaine en général: il est fréquent que chacun de ces événements donne lieu à une polémique, mais celui-ci porte apparemment nettement plus loin et plus profondément. Des chansons très populaires de rappeurs sont dégagées manu militari des programmes de radio pour leur évocation de la violence, les projections du dernier film de Tarantino ont été annulées en de nombreux endroits, des "gun buybacks" (rachats anonymes de flingues par les autorités) massifs ont lieu, des personnages éminents et pas spécifiquement assimilés à des mesures de "gun control" parlent publiquement de la chose (tel un des entraîneurs de basket les plus populaires le soir d'une célébration nationale en son honneur suite à une grande victoire), les politiques démocrates, pourtant sans grand courage sur de telles question, parlent fort et sans équivoque (bref, ils "s'exposent"), les médias suivent (y compris les "networks" et "beltway media" en général), le président s'avance et saisit l'opportunité, les militants de la NRA (qui ont un certain décalage avec leur direction en ce qu'une grande majorité est partisane de certaines mesures de "gun control") s'expriment plus fort contre Wayne Lapierre (le patron de la NRA, qui en a fait plus un parti politique/lobby très conservateur et "chrétien"), le consensus semble s'établir autour d'un arrêt de la censure de fait sur la recherche (études) dans le domaine de la violence par arme à feu et ses publications.... L'un des 2 sénateurs de Hawaï est mort cette semaine, qui était connu pour être un des rares élus à poser systématiquement les sujets très dérangeants sur la table et à parler candidement de son opinion (généralement de très bon sens) sur ces sujets (c'est l'un des rares à s'être opposé publiquement au Patriot Act, à la guerre en Irak, et dans les années 80 à la "diplomatie secrète" et à "l'armée parallèle" de Reagan, notamment dans l'histoire des Contras), et il était de ce fait très écouté et respecté (il est d'ailleurs l'un des très rares membres du Congrès à avoir droit à des funérailles nationales); sa dernière sortie fit suite au massacre du Connecticut. Le mouvement sera t-il suivi dans la durée ou non, au point de revenir à un "juste milieu" pour le terrain d'affrontement entre anti et pros? A voir, mais pour l'instant, ce qui est sûr est que la réalité politique semble effectivement s'orienter vers un changement assez net, sorte de tectonique des plaques politiques ramenant un équilibre moins malsain et pouvant potentiellement casser le blocage du débat par la désormais habituelle surenchère hypermédiatique castratrice influencée par la NRA.
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budget Les budgets militaires en Europe vont-ils souffrir de la crise ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de S-37 Berkut dans Economie et défense
On peut ajouter un facteur d'accroissement de la préoccupation: le "volume par soldat" n'a t-il pas AUSSI augmenté par simple effet mathématique d'une baisse des effectifs plus rapide que la baisse relative en valeur des matériels? Que représente ce calcul de 100 000 euros par tête de pipe? Juste la dépense d'achats de matériels? -
Coquetterie militaire, esthétique nationale
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Cette dimension, qu'on le veuille ou non, devra entrer en partie (assez inévitablement et semi-inconsciemment: on est le reflet de son temps) dans le mix qui aboutira à la composition d'un uniforme ou de plusieurs uniformes reflétant une diversité des types de forces et de métiers (les "tribus" de l'armée que je mentionne plus haut, à plus différencier dans le principe de l'uniforme que dans des mauvais ajouts de couleurs ou de breloques et autres détails). Mais il faudrait essayer autant que faire se peut de se différencier absolument de "modes" civiles par essence passagères (surtout aujourd'hui où elles filent très vite); une armée, surtout culturellement et par là esthétiquement et socialement refondée, peut espérer récupérer un "pouvoir de prescription" qui ferait que, avec un bon travail d'image et donc par le fait de savoir "donner envie", c'est plutôt d'elle, en partie, que la mode civile s'inspirerait (le pantalon de treillis, le "fatigue" américain, a quand même fait une sacrée carrière civile jusqu'à aujourd'hui, au point de devenir une "forme" de base de la mode, qui survit désormais aux modes qui le revoient régulièrement mais ne remettent plus en cause son principe). Exemple historique connu, et mis en contexte: comme je l'ai dit plus haut, l'uniforme né sous Louis XIV naît en s'inspirant de la forme générale du costume de cour (revu en plus rustique, solide, et évidemment plus cheap), ainsi que de considérations plus pratiques (solidité, facilité d'entretien, couleurs correspondant à la lisibilité de l'armée et à la reconnaissance mutuelle, en plus d'un souci de "coquetterie", de prestige et d'élégance, pour la fierté du soldat et pour donner envie....). On va dire qu'il est une "matrice" à partir de laquelle une tradition vestimentaire va s'engager, ajoutant des éléments. Deux ajouts connus: - suite à la bataille de Steinkerque, essentiellement une embuscade totale suivie d'un bon rétablissement par le maréchal de Luxembourg, la mode revint à Paris de porter le foulard, d'habitude bien noué et serré, "à la Steinkerque", émulation des officiers, des cavaliers et de Luxembourg lui-même qui, pris par surprise, n'avaient pas eu le temps d'ajuster leur tenue et s'étaient lancé en contre attaque en se foutant rapidement la veste sur le dos, sans armure (les officiers portaient encore souvent une cuirasse sur le torse), et évidemment sans nouer leur foulard (shocking). Non seulement une mode civile vient de l'armée (et passe évidemment comme toutes les modes), mais elle dure en revanche dans l'armée. - la constitution d'une cavalerie légère permanente, en bonne partie mercenaire et issue de l'est européen (Pologne, Hongrie, Balkans), amène cette terrible et néfaste innovation qu'est la cravate, à la base le foulard strictement noué des cavaliers légers croates qui, amalgamés dans le régiment "Royal Croate" voient leur nom francisé dans sa prononciation en "royal cravate" :-[.... Et leur foulard, largement adopté, est baptisé de ce nom. Et une très sale tradition vestimentaire commence =( On peut multiplier les exemples de ce style, mais il faut voir que ce n'est pas seulement un bon design en soit (donc au final, par un ou quelques créateurs) qui "donnera envie": c'est beaucoup plus que ça. Ce qui donne envie, ce qui aussi fait d'un habit un "look cool" ou un truc beau/qu'on aime voir, repose en partie sur l'image, car l'esthétique en soi n'existe que partiellement (croire qu'il y a des choses "belles" dans l'absolu est une vision très partielle), et beaucoup est du à la psychologie, donc au regard subjectif: qualités qu'on prête à la personne ou aux personnes portant un vêtement donné, image de l'institution ou du groupe ayant un ou des vêtements et ornements particuliers.... Brigitte Bardot, avant d'être alcoolo, a particulièrement (et salement) fait bander le mâle moyen (plus qu'à son habitude), et titillé le général De Gaulle, en arborant une veste d'uniforme à brandebourgs lors d'une réception à l'Elysée (qui a fait couler de l'encre). L'effet n'est que très partiellement du au fait qu'une veste à brandebourgs est en elle-même particulièrement jolie, ou a un design qui correspondrait à un quelconque "nombre d'or" (sorte de vérité universelle, de loi définissant que dans l'absolu, c'est toujours beau, bon ou vrai) de la mode, ou encore plus partiellement au fait que la veste soulignait activement les formes de la "bombe anatomique", mais bien plus au fait qu'on avait la redoutable combinaison "nana bandante" (et célèbre en plus) + vêtement militaire (= autorité, castratice, force, prestige....). Et cet effet qu'on peut superficiellement limiter à un durcissement de l'entrejambe masculin est en fait complètement psychologique (fantasme de la pétroleuse, de la nana qui dépote, de l'autorité féminine....), par le simple choc de deux univers alors culturellement antithétiques ("douceur et passivité" féminines, violence, force et autorité masculines). Y'en a des trucs derrière une simple gaule :lol:. Sans évidemment rechercher le même effet que BB, la définition d'un uniforme passe par des mécanismes de ce type: il suggère mille fois plus qu'il n'est par lui-même. L'uniforme n'est donc qu'une partie de la chaîne de facteurs constituant le "message" que représente l'armée auprès de sa nation (et de ce côté, il est de plusieurs types: autorité rassurante, code de conduite, confiance, prestige, envie....), de ses alliés, des autres, et évidemment de ses adversaires. Côté national, il doit représenter une connexion avec la nation (c'est donc pas juste la coupe et les couleurs qui vont faire quoi que ce soit). De ce fait, il ne peut pas résulter que du délire créatif d'un créateur et de la commande timorée de généraux demandant "de la nouveauté mais en gardant tout" . Le message véhiculé par l'uniforme actuel, pour la population: - au pire: "c'est l'armée de quel pays"? - au mieux: "vous sentez pas comme une odeur de naphtaline?" - en moyenne: "maman, c'est qui les gens avec des fringues toutes nazes? Ils sont punis?" - en passant devant une blanchisserie: "y'a quelqu'un qui s'est lâché sur la javel" - si un défilé avait lieu dans le sentier: "le délavé, ça fait trop années 90.... Enfin si c'est bien fait" -
J'ai failli créer un sujet, mais poster ici va en fait soulever mon point: cela a certainement été soulevé avant, mais parfois, la lisibilité du forum me semble le revers de la médaille de son succès.... En effet, le nombre de sujets est tout bêtement hallucinant, et on voit régulièrement se lancer des polémiques ponctuelles sur des sujets pour se dire si tel ou tel ordre de remarques ou débat y a sa place, s'il ne faut pas créer un topic sur le même sujet mais avec une autre approche ou grille de lecture (n'est-ce pas Messieurs les topics sur le F-35 :lol:).... C'est certes justifié à chaque fois, mais autant l'enthousiasme et la variété des sujets d'intérêts sont louables et sont l'intérêt du forum, autant on semble en être arrivés à des points de saturation vu le cumul de sujets, les limites de la fonction "recherche" et du temps (et de la volonté) d'attention de chacun. Est-ce une limite inévitable selon vous, un truc qu'on doit accepter faute de mieux? Faudrait-il, dans chaque section, créer encore plus de subdivisions, si c'est possible, au risque d'accroître l'arborescence des sections, sous-sections? Dur à voir; je constate cependant les efforts méritoires des modos et bonnes volontés très contributives qui essaient de limiter le flot des sujets créés, nombre reprenant, parfois mot pour mot, des fils déjà créés: la fonction recherche est utile, mais franchement, seuls ceux qui connaissent le site sur le bout des doigts et sont "dans le rythme" (avec donc la mémoire fraîche et fonctionnant instinctivement sur ce qui s'y fait), peuvent rappeler à l'ordre et ordonner (au prix d'un effort d'attention énorme) un peu les choses.... Sans pour autant pouvoir par ailleurs limiter la liste désormais énorme des sujets qui, dans chaque section, voire sous-section, s'accumulent et restent dans l'oubli (pour 90% d'entre eux). Mon point n'est certainement pas de critiquer quoi ou qui que ce soit, mais de constater que le forum n'est plus si jeune et que l'âge, comme chez les vieux (et pas si vieux :lol:) lui a maintenant fait accumuler un matériel impressionnant qui peut-être nécessiterait, si c'est possible (à voir comment), une autre forme de classement, ou une couche supplémentaire de critères de classement. S'il y a besoin d'aide, je suis tout prêt à contribuer, même si évidemment dans mon cas, je "n'ai" que certaines sections un peu bien "en main"/"en tête" (histoire, éventuellement international et armées de terre -un peu- et quelques autres), que j'ai plus ou moins largement contribué à saturer ou polluer :-X. Je peux par exemple faire un listing des sujets de la section histoire et proposer de les "chapitrer" par thèmes, périodes chronologiques.... Tout en réservant, autre idée, un "top 5" (ou top ten) des plus récentes et ou des plus traitées puisqu'il n'y a pas de raison que des sujets ayant eu des milliers, voire plus de 10 000 lectures, mais il y a 5 ou 5 ans, sombrent dans l'oubli alors que des sujets sous-lus restent en tête de liste ou dans la première page à l'effet attractif si discriminant. Doit-on faire? Peut-on faire? Veut-on faire (évidemment, c'est time consuming)? Que faire? Comment le faire?
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Non mais y'a quand même un peu plus que ça, notamment la préservation de savoirs-faires dont on peut (et dont on doit) juger de l'utilité relative, dans les conflits prévisibles/probables: 200 Leclercs, oui c'est trop, et personnellement, je trouve qu'il faut se poser la question du maintien d'une arme blindée lourde telle que conçue pour le Leclerc. Mais faire disparaître cette arme blindée lourde offensive est une autre question encore: a t-elle un avenir, telle qu'elle est conçue? Si on juge que oui, le maintien d'un certain volant de chars sous cocons et d'au moins un escadron appelé à maintenir le savoir-faire tactique sont des choses cruciales. Si on juge que non, il faut s'en débarrasser, et complètement. Si encore on juge que oui, y'a un avenir mais pas comme ça, on entre encore dans un autre domaine d'options, entre autres celles du "char utile" (expression connotée: il s'agit de chars adaptés à une doctrine d'infanterie, de combat mixte urbain-cambrousse, de guerre dans des zones peuplées et d'opérations de contrôle de territoires), soit une composante blindée lourde avec des chars d'appui pas "formule 1" comme le Leclerc, et beaucoup moins chers, prenant acte du fait que le char n'est plus l'instrument dominant de la "percée" classique. Les matos ne sont effectivement pas fait pour être regardés en rêvant, mais si tous ne sont pas utiles aujourd'hui, ça veut pas non plus dire que certains sont définitivement et totalement inutiles (et donc qu'ils doivent être préservés à un certain degré), juste qu'ils doivent être revus (pour des équivalents moins ambitieux), redimensionnés dans leurs parcs, replacés dans une autre doctrine.... Arbitrage entre urgences d'aujourd'hui, de demain et d'après demain, le choix n'est vraiment pas simple quand le fric est pas là.... Mais d'un autre côté, quand il est encore là, on refuse de choisir et on délaie. Ce manque de fric actuel est donc peut-être un mal pour un bien: on pourrait voire les élites, surtout militaires, se voir pousser une paire de couilles intellectuelles et arbitrales, et choisir un nouveau modèle doctrinal cohérent et efficace, et forcer l'effort et la décision de politiques (surtout quand il y a quelques bonnes oreilles "en haut" du ministère, qui ont elles l'oreille personnelle du flanby).
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Coquetterie militaire, esthétique nationale
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Oh putain, les foulards jaunes/rouges, le képi sur treillis, et les lacets blancs sur vieilles rangers noires: quelqu'un à l'EMA veut absolument que les djeunz soient dégoûtés par l'armée avant d'y être :lol:. Pompé sur les Youesse Meuwines (uniforme de parade) avec quelques emprunts russes ( :lol:) et japonais (sachant que les uniformes japonais doivent beaucoup à ceux.... De l'X). Pour la Marine manticorienne, attention: pour les Marines manticoriens, personne sait d'où ça sort. Oui, et surtout que les "traditions", et "l'histoire", dans l'armée française, ils ont tendance à pas vouloir les voir ailleurs que dans la fin du XIXème/début XXème (déjà une époque où le goût militaire, en France, a sérieusement pris le chemin de la cuvette), avec un soupçon du goût gerbant né dans les années 50-60. Sans doute, mais ils sont un intéressant révélateur parmi d'autres: si l'esthétique militaire et la com de l'armée étaient bien faites, spontanément, des geeks et des petits enfants se feraient des tenues de militaires français, et des sociétés proposeraient des panoplies sans que ce soit sur commande de l'armée (faire ça serait un très mauvais geste, très maladroit). Créer identification, désir et appartenance (même fantasmée), ce doit être le but d'un uniforme, d'une esthétique. Les ricains y arrivent, ça doit donc pas être hors de portée, malgré certains avantages qu'ils ont (parler anglais avec un accent qui en jette d'autant plus que ceux qui fantasment dessus n'y comprennent rien, être la première puissance mondiale et s'en servir....). Je parlais sur un autre sujet de l'urgence d'une révision de la conception (plus que de la réalisation) de la communication des armées: l'uniforme en serait un des multiples vecteurs, aboutissement d'un changement culturel des armées qui se débarrasseraient de la naphtaline rancie qu'elles ont avant tout dans le crâne. Faut créer du "désir d'armée", mon coco, si tu veux vendre ton produit :lol:. -
Coquetterie militaire, esthétique nationale
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Raaaah, Babylon V attack! C'est sournois, et puis t'aurais au moins pu mettre Ivanova plutôt que Sheridan, non mais (ou les nanas salopes et cool du Corps Psy, avec leurs uniformes de pseudo SS/working girl) :lol:! Ceci dit, comme beaucoup d'uniformes, celui-là ne pardonne pas le moindre semblant de bedaine :lol:. A noter quand même que s'ils représentent une plage d'essais intéressante (parfois très très ratés), les films et séries de SF reflètent quand même avant tout la décennie dont ils sont issus, et pas une vraie "vision du futur" (les pyjamas mi-rapeux mi-luisants de Star Trek :lol:....). Une des pistes à explorer serait justement de se demander quels niveaux d'uniformité et de diversité sont souhaitables pour les armées actuelles: reconnaissables/identifiables, mais pas forcément issues du même moule, les tenues devraient peut-être, dans cet esprit, être cousines plutôt que soeurs ;), reflétant autant la diversité énorme des métiers/activités dans les armées modernes: métiers techniques de divers horizons (informaticiens/électroniciens, mécanos, projetables ou sédentaires, combattants ou "peacekeepers" (ou encore fonctions civilo-militaires "d'interface et interaction" avec le public, avec des populations secourues/protégées/assistées), mêlée ou appui.... Les critères de différenciation sont à définir, mais si c'étaient les fonctions qui devaient parler, refléter la diversité (donc divers types d'attractivité au sein d'armées très différenciées dans leurs métiers: les combattants/projetables seront-ils encore la grande majorité, ou même une majorité demain?), former une "armée de tribus" pourrait être pertinent, une ayant moins besoin d'une uniformité écrasante qui correspond aux Etats balbutiants d'hier (qui avaient encore besoin de s'affirmer auprès de leurs propres populations, de créer un moule unique de citoyen) et aux idéologies nationalistes mettant le tout extrêmement et absolument au-dessus des parties. Une armée "fédérale", quoi :lol:. Pour l'unité, il reste bien des facteurs autres que l'uniforme stricto sensu (au sens du vêtement). Après tout, l'armée napoléonienne fut extrêmement bigarrée, et seule l'infanterie avait un "moule unique" dominant un nombre très faible d'éléments de diversité, mode de combat oblige, sans doute. Hors des unités de Garde et quelques unes spécifiques (surtout de cavalerie), c'est pas très chamarré ou élaboré: on assiste même à une grande simplification à cette époque, notamment chez les Russes, les Prussiens et les Anglais. L'armée napoléonienne (au moins dans la période faste) avait de ce point de vue un focus particulier sur les tenues, beaucoup plus poussé qu'ailleurs. Ceci dit, pour l'infanterie standard (la ligne et la légère) et donc la grande majorité des troupes, ce niveau d'élaboration ne va pas non plus très loin dans la grande armée. La Garde et la cavalerie en général portent l'essentiel de cette extrême recherche. A noter toutefois que pour les unités "visibles", la coquetterie napoléonienne a eu un certain rôle de lanceur de modes sur le continent. Mais il ne faut pas exagérer l'extrême élaboration des uniformes des unités concernées: certes certains étaient de fait, et sciemment, conçus pour en jeter vraiment un max, mais dans le regard de l'époque, la plupart de ces uniformes n'ont rien d'embarrassant (en terme de commodité) ou de "lourd", ni ne déparent tant que ça dans la tradition militaire. D'une certaine façon, les uniformes voyants comme ceux de cette époque, et surtout des unités et armées entières qui en portent, recouvrent plusieurs fonctions que l'uniforme n'a plus aujourd'hui: - attractivité du métier pour le recrutement: statut, aspect, puissance d'évocation dans les inconscients.... La politique et la communication de recrutement aujourd'hui (par rapport à leurs moyens limités à ces époques antérieures: l'uniforme était alors un "média de masse" vu qu'il n'y en avait aucun autre) se chargent d'une partie de cette capacité de création d'image - l'effet psychologique, surtout créé par des armées de masse et de ligne, ne peut avoir d'équivalent aujourd'hui, sauf à l'occasion dans les parades militaires: on ne concentre plus des dizaines de milliers d'hommes dans un seul endroit. L'esthétique de la puissance et de son ordonnancement (voire des masses de pantalons blancs bouger en face de façon parfaitement cadencée et régulière, ça frappe). - effet de propagande, ce coup ci plus sur les civils adverses. Mais pour les civils ou militaires adverses, une bonne partie de ces fonctions n'ont plus vraiment les uniformes/tenues comme vecteurs (ou très très peu: le simple fait de l'uniforme avec le "bon" drapeau dessus peut vouloir dire "on est tenu par des règles, on n'est pas des assassins"); les psyops, opérations civilo-militaires et services de communication, la capacité de dissuasion d'armes modernes quand elle est "mise en scène" (les show of force....), les stratégies d'images (les films, séries et jeux vidéos d'Hollywood donne une aura aux GI's et Meuwines, comme les ravages façon pyramides de crânes faisaient la pub de Gengis Khan ou des Vikings), sont aujourd'hui des fonctions à part entière avec des moyens. - fonction C4I (transmissions, command and control en général, identification "friend or foe", espacements....): l'uniforme en général d'une armée, et ses disparités plus ou moins élaborées entre unités, de même que les drapeaux, fanions et étendards, sont le premier système d'identification et de coordination permettant un semblant de "lecture" d'une scène de bataille ou de mouvement, non seulement pour chaque échelon de commandement, mais aussi pour les unités élémentaires entre elles. Les espacements, le pas militaire (stratégique pour connaître les rythmes de progression sur le champ de bataille et pouvoir anticiper) en concouraient largement, et la musique en est aussi une autre partie importante, c'est pourquoi elle était cruciale et c'est pourquoi l'entraînement à la musique était important et omniprésent (son rôle évolue d'ailleurs au XIXème pour devenir aussi un instrument de propagande et de "lien armée nation", chaque garnison ayant un orchestre dans des villes où, la plupart du temps, il n'y a pas d'orchestre, la musique étant une chose rare); les orchestres et fanfares militaires actuels devraient d'ailleurs aussi être revus/changés. Ils ne correspondent plus qu'à un maintien de traditions et pas grand-chose d'autre, ce qui les condamne sauf s'ils assortissent ce rôle d'une nouvelle utilité nettement plus "vivante" et indéniable. -
Coquetterie militaire, esthétique nationale
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
J'essaie d'engager le thème en poursuivant dans le ton des dernières lignes du premier post: à travers les âges, comment est né (et re-né à plusieurs occasions) l'uniforme militaire, comment a t-il été défini par rapport aux nécessités du combat, par rapport à la société dont il émane (non seulement la société/époque/âge en tant que reflet du "niveau technique/civilisationnel", mais évidemment aussi comme reflet culturel et esthétique), soit pour s'en différencier radicalement (et peut-être volontairement) soit par simple évolution pratique, fondée sur la commodité, soit encore plus par empilement incrémental sur une longue période de temps. Quelques exemples: - "l'uniforme" romain, qui n'a jamais non plus été totalement uniforme, se fonde à la base sur le vêtement antique, la tunique. Elle est le premier uniforme voulu comme tel dans l'armée quand celle-ci tend à devenir permanente, que Rome est en guerre quasiment tous les ans (à la saison de la guerre) et en expansion permanente, d'abord en Italie puis au-delà avec les guerres puniques. Avant, chaque citoyen est tenu d'apporter ses effets militaires, ce qui fait que la seule uniformité d'apparence, au sein de chaque classe de citoyens auxquelles correspond un mode de combat, consiste en fait en leur armement et équipement défensif. De plus en plus de choses sont prises en charges par l'Etat (à commencer par un premier embryon de solde), et notamment l'armement, au fur et à mesure de la croissance des besoins d'organisation très spécifiques et de l'évolution des modes de combat qui s'accompagne d'une expansion des effectifs mobilisés, mais aussi d'une mobilisation plus fréquente des citoyens qui, de plus en plus tendent non seulement à ne pouvoir suivre (ou vouloir suivre) les exigences de matériels, mais à ne pas pouvoir le faire pour bon nombre d'entre eux. Sans compter les simples exigences techniques comme le fait que des armées de plus en plus grandes impliquent le besoin de reconnaître et de se reconnaître (c'est un "système C4I" en somme). La tunique est le premier item fourni par l'Etat (ou le sénateur levant une légion) qui ne soit pas de l'armement. Même si les couleurs ont pu varier suivant les légions, et plus tard les garnisons permanentes, la tunique de base, d'une pièce et qui s'arrête au dessus du genou, est le premier uniforme romain, et il le restera tout au long de l'histoire de Rome, avec les calligae (les rangers romaines), les effets de temps froid (chaussettes épaisses notamment) et, très important pour le soldat, le ceinturon (où il met du fric, accroche son poignard -le pugio- et qu'il ornemente au fil de sa carrière). Des ajouts s'y apposeront, notamment les braies (le futal) gauloises, vite adoptées dès la conquête de la gaule Cisalpine pour les campagnes d'hiver, les zones montagneuses et les climats plus froids, ainsi que le foulard épais autour du cou, typique du légionnaire et à la base fourni pour éviter les blessures dues au frottement de la cuirasse autour du cou. S'y ajoutent les différentes cuirasses portées par le soldat romain, les ptéruges (les lanières de cuir doublé de métal qui font "jupette"), les protections de bras et jambes (pas systématiques) et le casque, mais là on est dans la tenue de combat et de parade (différence entre les 2: pour la parade, tout est super briqué et retapé :lol:). Les ornements (achetés/pillés) et décorations (gagnées) s'y ajoutent et sont une touche personnelle et règlementaire non seulement tolérée, mais encouragée (généralement la marque des vétérans): disques pectoraux (phalères), bracelets, torques et anneaux de bras. On trouvera plus tard l'adoption d'item régionaux, et certains se généraliseront, comme le bonnet panonnien (Slovénie/Croatie) ou encore des sortes de bandes mollassières, ainsi que des broderies pour les tuniques. Mais à la base, c'est la tunique qui est le centre de tout, le plus inamovible des éléments à travers l'histoire; et la tunique, c'est le vêtement antique méditerranéen par excellence: elle est devenue "l'uniforme" par généralisation et production de masse d'un type unique et d'une couleur unique (avec un emblème ou non). Mais qu'on ne s'y trompe pas: l'habit militaire romain reflète un rang social (entre autre car il reflète aussi une position PAR RAPPORT à la société, surtout avec la professionalisation post Marius) et le soldat romain moyen est "mieux fringué" que le péquin lambda de l'empire, ou même qu'une bonne part des habitants des grandes cités (et la cité est l'univers mental de référence du Romain), et il est plus propre/rutilant (les gens se lavent souvent en ville, et vont aux bains assez régulièrement, mais une ville antique salit très vite), il se démarque et dénote du coup dans le paysage, et ce d'autant plus qu'à Rome reste mentalement implanté le principe comme quoi l'homme en arme, celui qui porte le rouge de la guerre (et des armes), n'est pas à sa place dans la cité, dans l'enceinte du "pomerium" (le tracé officiel, remontant à Romulus, à l'intérieur duquel les armes ne sont pas tolérées). - l'adoption d'un uniforme en France, c'est surtout sous Louis XIV: il est blanc/gris par économie (les budgets militaires et d'Etat ne sont encore que moyennement développés alors que les effectifs explosent), mais pour la forme, il s'agit tout connement d'une adaptation rationalisée du costume formel, soit, une version simplifiée, rustique et cheap de l'habit de cour. Pantalon/culotte, bas et chaussures (ou bottes pour les officiers et cavaliers), chemise, écharpe (avant la cravate), gilet long, et l'emblématique veste à grand revers sont la forme générale, avec une couleur dominante unique pour la grande partie de la veste et des couleurs différentes selon les unités pour ses revers, ses épaulettes et les pantalons, gilets et bas pour différencier les unités. Mais on a là l'habit de cour (pour la forme générale), soit quelque chose de marquant, autant par rapport aux soldats d'avant les réformes de Louis XIV-Louvois-Colbert que par rapport au reste de la société; l'habit militaire, y compris celui de la troupe, se calque sur le modèle esthétique de l'élite, tout en insistant sur un bon niveau d'entretien et de propreté, ce qui dénote à l'époque. Beaucoup de strates de la société calquent leur habit sur ce que porte l'élite (avec la qualité de leurs moyens), noble ou bourgeoise (celle-ci est notoirement plus sobre dans ses choix en général), mais hors de la moyenne et petite bourgeoisie ou d'une petite frange de paysans aisés, la forme de l'habit courant se simplifie radicalement très vite au fur et à mesure qu'on descend l'échelle sociale. L'habit militaire a donc pour effet de différencier le soldat, en grande majorité issu du petit peuple ou des "petites classes moyennes", du reste: forme d'un habit complet, qualité correcte, couleurs voyantes, netteté et propreté.... Le militaire en jette et de fait, c'est un des aspects de la réforme louis-quatorzienne, il devient une classe sociale en soi (le militaire de carrière en tout cas) autant qu'un "objet" social à part qui traduit un statut certain (cad une façon d'être, un revenu stable -même si rarement énorme-, un code de conduite nouvellement imposé, des valeurs affichées, un "caractère"....), mais aussi une appartenance à ce statut, à un corps (dont l'image est renforcée aussi par le visuel de parades et d'alignements militaires de milliers de ces habits, ce qui a un effet réel et d'autant plus frappant à l'époque). Le "prestige" (qui porte bien plus que la simple admiration d'un habit flashy) de l'uniforme naît réellement à ce moment. J'essaie de souligner les logiques et mécaniques dont émergent la création des uniformes par rapport à leur époque pour soulever la question de savoir si beaucoup de ces mécanismes peuvent encore exister avec les uniformes actuels, au moins en France, qui sont plus une évolution à part, très coupée de la société, depuis cette innovation initiale, qu'une adaptation née justement d'un questionnement pertinent sur le "lien" entre uniforme et société (plus que simplement l'adoption du treillis "baggy" parce que les rappeurs ont mis le futal trop grand à la mode); il s'agit de bien plus qu'un reflet de la mode du moment, d'une adaptation due à certaines nécessités professionnelles, ou du maintien pour elles-mêmes de "traditions vestimentaires" qui reflètent plus souvent un autre temps, donc un rapport entre esthétique militaire et réalité d'une société, qui n'est plus de mise aujourd'hui (donc de fait "visuellement peu parlant", voire incompréhensible pour les inconscients et goûts actuels). Cela renvoie donc, pour essayer de voir ce que pourrait être un uniforme "qui en jette" aujourd'hui, un truc qui parle et porte un message que tout civil qui en croise un "entend" (inconsciemment), et éventuellement donne spontanément envie, parce que c'est pas juste un design cool par un couturier inspiré qui pourra créer cet effet: ça traduit beaucoup plus, ce que nombres d'époques et civilisations avaient compris. Quel est le référent esthétique dont il faut s'inspirer, par exemple? Autrefois, c'était la noblesse (et évidemment le roi à son sommet) qui fournissait le cadre de référence socioculturel à l'esthétique militaire, mais la noblesse a disparu de nos cadres sociaux et mentaux (après avoir disparu du cadre légal et institutionnel), et "le peuple est souverain". Faut-il par exemple que l'uniforme incarne les aspirations et envies (merde, va falloir alors trouver une esthétique générale des stars d'Hollywood?), le vêtement de travail courant de "l'élite" (le costard-cravate façon Saville Row)? Très difficile dans une époque sans autre uniformité ou référent que l'extrême diversité de formes. Et les armures? OK pour le pékin lambda, qui a l'inconvénient de n'être que très rarement un militaire régulier (y'a des milices, peu de troupes roturières permanentes), mais l'aristo, évidemment surtout à cheval, il cherche à en jeter: les armoiries, les couleurs, les armures qu'on cherche à agrémenter, puis à ornementer, sont loin de n'être que des soucis esthétiques (vanité) et individuellement pratiques (protection). Il s'agit de se différencier, de se faire remarquer, ce qui est l'exact reflet de la "culture militaire" du Moyen Age, à savoir l'individualisme absolu d'une caste (qui crée sa propre esthétique et s'y enferme, comme elle s'est enfermée dans une conception de la guerre de plus en plus déconnectée des réalités), ce qui finira par être sa perte pendant la guerre de Cent Ans. Et avant ça, combinant un juste milieu entre commodité, efficacité et esthétique (sobre, donc classe), y'avait eu les seules armées professionnelles (et un peu "complètes", avec tous les systèmes d'armes) du Moyen Age, à savoir les ordres de moines-soldats: osez me dire qu'ils en jettent pas, les templiers :lol:! Changement de logique entre les 2: il y a, outre les impératifs militaires (uniformité, production de masse, reconnaissance des unités, relative commodité/solidité), sociaux (prestige de la fonction, entre autre pour recruter et créer dans l'armée une volonté d'y rester, un sentiment de corps/classe nouvelle à part, une fierté), un rôle politique de reconnaissance (marquer le soldat en "territoire civil", surtout étranger) et de propagande (là, notamment, l'alignement des uniformes en grand nombre a son rôle d'esthétique de la puissance à ces époques d'explosion des effectifs). Mais entre l'ancien régime et Napoléon, un changement s'opère: la "chatoyance" des armées de l'empire est aussi voulue, en plus des impératifs précédents qui ne disparaissent pas, une volonté d'affirmer l'armée comme une "nouvelle élite" copiant non plus la noblesse, mais s'affirmant (donc aussi visuellement) comme l'incarnation de la nation en arme (donc un "reflet du peuple" et de la nation, 2 concepts pas identiques) d'une part, mais aussi et surtout comme la vitrine du meilleur de la nation, le soldat-citoyen.... Et celui-ci doit en jeter. -
Coquetterie militaire, esthétique nationale
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Rôôôô, vous êtes toutes timides, bandes de pucelles: on fait du lèche-vitrines, mais on va pas dans le magasin, on va essayer, mais on n'achète pas :lol:. -
Bon, fin d'année = droit à la frivolité. Tout en sachant à l'occasion rester sérieux et aborder le sujet en termes d'utilité (difficilement mesurable dans ce domaine, mais bien réelle), le but est ici de parler de symboles, d'esthétique, de froufrous, de flonflons, de trucs qui en jettent et vous foutent à l'occasion la chair de poule dans la nuque, dans tout ce qui est l'apparat et l'apparence militaire, en opérations, dans l'apparence "de tous les jours" et dans les occasions spéciales, cérémonies et grandes soirées. On inclue l'apparence "de tous les jours", en garnison, dans les buraux (et dans la rue) comme en opérations (tenue de combat) puisqu'elles portent le plus souvent aussi bien le regard du militaire sur lui-même et son armée que celui des autres armées et populations sur la dite armée d'une nation, et ont à ce titre un effet réel et une façon de se percevoir et d'être perçu qui concourt activement du moral, du prestige.... Parce qu'au final, si l'habit ne faisait pas quand même un peu le moine, les ordres monastiques ne se seraient jamais préoccupés d'avoir chacun un habit propre :lol:. Vous m'avez compris mesdemoiselles, pourquoi qu'y aurait que les nanas qui ont le droit de parler à voix haute de fringues, de décorum et de froufrous? Si quand même d'aventure certains voulaient parler des sous-vêtements militaires, je les prierais de cantonner cet aspect aux MP, non mais bandes de petites cochonnes. Réveillez votre pêtasse intérieure, avouez que vous en avez une et que ces trucs là importent: vous voulez que ça crache, vous voulez que ça pète, vous voulez que le troufion en jette.... Et il vous arrive de trouver que certaines armées (au hasard.... Lesquelles ?) n'ont pas récemment fait beaucoup d'efforts dans ce domaine, voire ont un mauvais goût devenu institutionnel, qui ne le cède ni à la commodité ou à l'efficacité, ni au confort, ni à l'esthétique. J'avoue que je considère le jour des funérailles de De Gaulle comme les vraies funérailles (après une certaine agonie) de toute esthétique dans l'armée française, aussi bien pour ses uniformes que pour son goût de la mise en scène des grands événements: une chenillette poussive et pétaradante pour porter le cercueil, avec un conducteur dont seule la tête émerge qui pointe le menton sous son vieux casque pourri en essayant de circuler dans les petites rues de Colombey, personnellement, je trouve que c'est plus ridicule qu'autre chose, surtout quand on compare aux funérailles de Kennedy avec les grandes perspectives dégagées et l'affût de canon léger et esthétique pour porter le cercueil.... Affaire de goût? Quand aux treillis et uniformes actuels et aux "ajouts" qu'on leur fait subir les jours de parades.... C'est comme les acronymes et dénominations d'organismes et systèmes dans l'armée: à croire que quelqu'un le fait exprès. Nombre de nations, sinon toutes, ont à travers l'histoire porté une attention plus ou moins grande à l'esthétique militaire en général: celle des uniformes et tenues de combat ou de parade, celle des cérémonies et rituels des armées, celle "de tous les jours" (façons de se tenir, de se comporter....). Il y a là un enjeu, une image, une communication de messages parfois très précis et d'autant plus puissants qu'ils parlent plus directement à l'inconscient (des soldats, des adversaires, des populations, des individus comme des collectivités) et s'addressent aussi bien à une personne en particulier qu'à un groupe en général; il est par exemple bien connu que l'alignement des uniformes, les rituels et gestes opérés en synchro, les sons et apparences coordonnés et maîtrisés, l'esthétique proprement dite des vêtements et apparences comme des cérémonies, ont des effets réels et puissants sur le sentiment d'appartenance, l'enthousiasme, l'envie, ou au contraire la peur, les complexes d'infériorité (le rôle "dissuasif" d'une esthétique de la puissance traduite par l'ordonnancement, l'apparence, la coordination....). Tout comme une juste combinaison des armes est un multiplicateur d'impact au combat, une juste combinaisons des bons aspects et mouvements est un multiplicateur d'impact sur les consciences visées, nationales, amies ou ennemies. Et évidemment, tout militaire a sa conquetterie, quoiqu'il en dise, toute recrue éventuelle est aussi attirée par ceux "qui en jettent" et/ou qui se remarquent dans le paysage (fonction inverse du camouflage pour ce versant). Qu'en pensez vous? Spontanément, demandez-vous ce que vous pensez de l'apparat militaire à travers les âges et aujourd'hui, surimposez le au fonctionnement et à l'apparence de la société civile qu'il reflète, par rapport à laquelle il dénote, dans laquelle il se fond, ou dont il semble radicalement séparé. Qu'est-ce qui fait "la bonne distance" entre uniforme et "tenue civile" (ni trop, ni pas assez différent)? Qu'est-ce qui peut faire radiner du monde dans les cérémonies militaires?
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C'est là que le reste des faits évoqués entre en jeu, qui soulignent essentiellement qu'une part importante des appelés ne sont que très peu "appelés" de fait: proportion des dispenses importante (et chez les femmes apparemment, c'est TRES important), et surtout beaucoup de "service militaire à temps très partiel", les recrues effectivement en khaki ayant très peu d'entraînement passées les plus basiques des classes (et effectivement, en 4-6 semaines, tu formes quoi, surtout si le coeur y est moyennement? Un troufion individuel au mieux) et passant le reste de leur service à pas foutre grand-chose, et/ou à se retrouver à des corvées sans intérêt et une vie sur base chiante, et/ou surtout à ne pas avoir à se pointer en caserne si souvent que ça. Ca fait pas des réserves entraînées même si plus ou moins formellement, un type a théoriquement fait ses 3 ans. 5 brigades d'infanterie (tournant autour de 3000-3500h), 3 bataillons autonomes et 3 brigades blindées: c'est l'essentiel des forces de manoeuvre d'active, auxquels s'ajoutent pour faire vite environs 5-6 bataillons d'artillerie, 3 bataillons de génie combat et 3 de reco/rens, plus un nombre donné de petites unités de "forces spéciales" dans toutes les spécialités: ça fait pas très lourd au regard de la masse de conscrits théorique levée chaque année. Et surtout, ça renvoie au problème de l'inégalité du service sachant que plus l'armée se "professionnalise" de fait, plus d'une part la proportion de pros augmente (nécessaires pour la masse croissante de jobs techniques/pointus, exigeant plus de permanence), et plus d'autre part ces unités d'active concentrent moyens, temps et attention par comparaison avec le reste (toutes les unités ayant un statut plus ou moins "spécial", et certaines ayant une fonction pointue, par exemple, ont un service plus long). En bref, une petite part des appelés concentre les efforts. Hors les critiques de Van Creveld, je lis régulièrement qu'à peine la moitié des appelés d'une fournée fait son service (la proportion étant très élevée chez les femmes, plus réduite chez les hommes), et dans ces 50%, au final, la proportion à faire un vrai service militaire est pas impressionnante. Il n'y a pas besoin de tels taux pour que le principe du service universel soit déjà gangrené et mal vécu en interne, dans les classes d'âges. On peut vanter tant qu'on veut le besoin d'une armée pointue, où la part croissante de la technique implique plus de spécialisation, d'expérience et de pratique, mais il faut mettre ce focus en face de la réalité de ce qu'est un service militaire (bien appliqué ou mal appliqué) et de ce dont LUI a besoin pour fonctionner plus ou moins correctement. Et pour l'essentiel, ça semble difficilement compatible. Pareil pour une armée qui veut que ses unités de combat/manoeuvre soient vraiment pointues: il faut du temps en unités, vraiment beaucoup de temps (les savoirs tactiques individuels collectifs -à plusieurs échelons d'intégration- sont un haut degré de technicité), en plus de recrues motivées et très formées, et cela aussi est peu compatible avec un service plus ou moins bien appliqué et une réserve plus ou moins bien maintenue, sauf à maintenir un effort différencié avec une proportion de "happy few" sur qui tous les efforts se concentrent (pour un seuil donné de forces qui n'est pas impressionnant en Israël, loin des chiffres théoriques).... Et cet effort différencié est pour le coup TRES PEU compatible avec le maintien d'un service militaire accepté, efficace et bien vécu. Les circonscrits :lol:; désolé, tu m'as eu avec celle-là. Le rappel d'un mois par an est le maximum théorique (hors temps de guerre/mobilisation spéciale), et il semble qu'il soit bien peu pratiqué, et vraiment pas pour tout le monde. La formation initiale a plutôt l'air d'être de 4-6 mois (la moitié en formation individuelle, l'autre en formation collective élémentaire), plus le temps en unités, et encore juste dans les unités combattantes qui sont très peu nombreuses, donc n'intègrent pas beaucoup de monde. Et la réserve a manifestement été peu convoquée (en faibles proportions), rarement pour son mois entier (maximum théorique), et apparemment, lui donner un entraînement (les piqûres de rappel) pertinent n'a pas pendant longtemps été une priorité. Là est le point: on ne parle pas du glorieux passé et du temps de la conscription universelle largement acceptée et soutenue pour faire une grande armée avec le plus d'unités possible. Juste de la réalité actuelle. On ne parle pas du service militaire israélien dans un absolu atemporel et théorique, mais de ce qu'il est depuis 1-2 décennies.
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F-35: objet politique mal identifié :lol:.
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Comme je l'ai dit plus haut, dans la très grande majorité des Etats américains, la présence de ton nom sur la "terrorist watchlist" ou un casier judiciaire (ou même une histoire documentée médicalement de problèmes mentaux, y compris violents) ne t'empêcherait pas d'acheter un flingue, y compris un fusil d'assaut dans bien des cas, et les munitions qui vont avec. Le fait qu'un lance grenade, un char d'assaut ou un missile nucléaire te soit interdits semble être un niveau intelligent ou "minimum" de "règlementation" :-[? Il n'y a aucun besoin sérieux de marché noir aux USA pour la plupart des gens: les seuls qui y ont recours sont des groupes ou individus criminels voulant éviter d'avoir des armes "traçables" par les autorités (parce qu'accéder à des armes légales, y compris des TRES dangereuses, n'est aucunement un problème pour eux), avant ou après leur usage, et par des tarés paranos voulant des flingues dont le grand méchant "gouvernement fédéral" ne peut connaître l'existence.
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HEIN? Tu as déjà regardé le contenu de ce débat? C'est justement ça le problème: il n'est même pas question de l'interdiction de la possession d'armes à feu (personne ne se risquerait à même évoquer la chose), mais de mesures un peu efficaces de "gun control", pour la bonne et simple raison qu'il n'y a que très peu d'Etats avec au moins un semblant de législation crédible en la matière (environs 15, dont la plupart des plus peuplés), et beaucoup où c'est juste du "free for all".
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Sauf que la consommation d'alcool et la conduite, surtout ensembles, sont deux choses autorisées MAIS aussi encadrées et règlementées, et passant par des procédures (licenses de vente d'alcool, règlementation sur leur composition, leur consommation et leur distribution, code de la route, instruction et vérification de savoir faire -appelées permis de conduire-, contrôles....) connues et socialement acceptées par le plus grand nombre pour l'essentiel. Avec des résultats plus que visibles, soit une minimisation terriblement importante des conséquences d'une irresponsabilité sans contrôle (ou de fautes) que certains veulent baptiser "liberté" quel qu'en soit le contenu. La ceinture de sécurité dans les bagnoles fut au départ une règlementation qui fit pousser des cris d'orfraies aux constructeurs qui lancèrent dans beaucoup de pays des campagnes de lobbying hallucinantes: pourtant ses conséquences en termes de sécurité et de baisse de la mortalité furent énormes, et elle est aujourd'hui socialement acceptées. Certains avocats du libre marché absolu veulent dire qu'elle se serait imposée d'elle-même (leurs prédécesseurs n'étaient pas d'accord sur son utilité, mais ça ils l'oublient) dès lors qu'elle aurait été introduite, les clients demandant absolument à en avoir. Ils oublient cependant que, demeurée à l'état d'option, cela n'aurait rien eu de certain, qu'une option rendrait la chose plus chère (et donc que la recherche de minimisation du prix la ferait obérer pour beaucoup de monde), que l'irresponsabilité ou la faute d'un conducteur (ou simplement la malchance) auraient toujours eu des conséquences tragiques en plus grand nombre, et pas que pour lui, et que surtout, notamment en vertu des mêmes mécanismes à l'oeuvre dans le cas des flingues ou tout autre chose, chacun s'estimant parfait et responsable en l'état de ses habitudes et certitudes, la ceinture de sécurité en série sur les bagnoles serait encore vraisemblablement un débat aujourd'hui, avec un bodycount énorme sur les 40-50 ans écoulés. Juste un exemple parmi mille autres. Est-ce que formellement, des libertés ont été piétinées par le fait d'imposer le montage en série et le port de la ceinture? Oui, mais d'autres ont été préservées par ces mêmes mesures, et l'intérêt public a dans l'ensemble été plus que largement servi, de façon extrêmement nette et sans appel.
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Pas vraiment. Ca vient d'où cette idée de "perte de vitesse"? C'est un des lobbies permanents les plus actifs, mieux financés et mieux "ancrés" dans leur créneau de marché (auprès des médias, des élus et d'une part de la population: cad l'un des lobbies qui a le moins d'efforts à faire pour influer sur le débat et avoir des résultats), un préalable nécessaire pour tout candidat républicain, un à ne pas trop s'aliéner dans une énorme partie des Etats américains pour tout candidat démocrate, et un des plus implantés partout au niveau local (ce qui veut dire de la "force militante" sur le terrain, au niveau du péquin lambda). Et leur capacité de financement ne fait que croître, qui est aujourd'hui le premier objectif de tout élu dès le soir de son élection (à partir duquel on estime qu'il doit passer les 3/4 de son temps à récolter des fonds pour la suivante). Et la NRA n'est pas le seul lobbie pro-gun aux USA, même pas le seul d'échelon national.