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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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Air Hollande obligé de faire demi-tour
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Asgard dans Actualités air
A quelques exceptions près cependant: un peu de tralala pour les Assemblées, l'Elysée, Matignon et un ou deux autres trucs, juste pour les réceptions de sommités étrangères et pour ce petit keynésianisme d'intérêt public que mon côté vieilles pierres appelle pour certains articles "made in France" (histoire de faire marcher les manufactures nationales, quelques corps de métier artisanaux entretenant des pratiques devenues rares....): au final, ça garde des savoirs-faires actifs et ça fait tourner la machine pour l'entretien des monuments historiques :lol:. Mais à moins qu'on commande la déco des avions présidentiels aux manufactures de Sèvre et des Gobelins, plus à quelques artisans du Faubourg St Antoine et de Bastoche (ce qu'il en reste), le Président devrait se contenter de ce qu'il trouve sur catalogue chez les avionneurs (et si possible pas prendre les options :lol:). Et s'il est pressé, il a qu'à prendre la place passager dans un Rafale :lol:! -
La bataille.... Quelle bataille?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Ca n'est pas couper les cheveux en quatre dès lors qu'on se penche un tant soit peu sur la chose au lieu de la regarder en général en disant "tout le monde a compris". Il se trouve que beaucoup de monde justement réfléchit à la chose et à sa pertinence ou non, au mode de pensée qui l'accompagne. Et généralement, comme tout sujet abordé correctement, ça suppose de commencer par le définir, ne serait-ce que pour être sûr que tout le monde parle de la même chose, sans quoi tout ce qu'il risque d'arriver, c'est des glandus se balançant des grands développements en utilisant le même mot sans qu'aucun mette la même réalité derrière le dit mot. La précision évite les pertes de temps. -
Air Hollande obligé de faire demi-tour
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Asgard dans Actualités air
C'est vrai! Que peut-on faire de nos jours avec seulement 300 têtes nucléaires: l'inflation a tout bouffé ma bonne dame :lol:! Apparemment, elle a lancé un concours parce qu'elle n'est pas fan du titre de "première dame": on voit que les choses importantes sont à l'honneur. Mais plus sérieusement, ce côté critique du transport aérien du président (notamment la fin spectaculaire du GLAM, juste en fait renommé :lol:) est éternel: c'est d'une part évident que le président a besoin d'un transport spécifique, d'un certain volant de "rechange" pour les divers trajets et pour garantir la dispo totale.... Et une part de la critique variera selon la personnalité du président, tout comme une part, aussi râleuse et vaine soit-elle, est au final une meilleure chose que pas de critique du tout. Mais l'un des problèmes, dont la limite est indéfinissable, se situe en regardant de plus près les coûts: qu'il y ait besoin d'un avion à tout moment, oui, et qu'il doive avoir des moyens de communication et de sécurité spécifiques, encore oui, mais a t-il besoin d'avoir l'intérieur entièrement tartiné par un super-hyper-hype designer? La question sur laquelle il est légitime de pinailler est précisément le niveau de luxe que s'autorisent les sommités publiques (ne serait-ce que parce qu'elles balaient toute critique sur ce plan d'un revers de main et/ou la jouent "simple" sans que ce soit vrai), le côté "on rase gratis" sur les mille et une "petites choses" qui vont avec des plus nécessaires. La déco et les petits conforts excédentaires des avions en est un aspect, mais tout comme les fameux brunches grand luxe de pas mal de ministères où 90% des invités sont d'authentiques pique assiettes (n'est-ce pas Mr et Mme Balkany). Franchement, le pseudo argument comme quoi le "prestige" de la fonction et de la France en dépendrait vitalement fait doucement marrer: c'est le rôle d'un monarque d'avoir ce genre de tralalas et de folklore, et les habillages grand style pour le côté marketing de la fonction ainsi que l'affichage public de "l'hospitalité française" ou la "marque France" a déjà quelques lieux, peut-être trop (l'Elysée, Matignon, le Quai, le Bld St Germain, l'Assemblée et le Sénat, Versailles-Trianon) pour faire les choses avec les falbalas d'usage et le total look nécessaires aux réceptions de sommités étrangères. Quand on voit le coût des sommets internationaux (le dernier grand truc du G20 à Strasbourg: 400 millions d'euros!), on se dit qu'une limite a été franchie. Qu'est-ce qu'elle a de nul la déco standard des avions d'affaire pour un avion présidentiel? Ils se prennent tous pour Jackie Kennedy les boss? Si on voulait les falbalas et le luxe affiché du pouvoir, autant abolir la République et refoutre un monarque sur le trône commandé à Gucci: on organise un truc de télé réalité pour choisir le candidat (parce que la gueule d'épagneul dépressif de l'actuel Comte de Paris, merci mais non merci), on commande tous les gadgets grand luxe et on en ressort d'autres du Garde Meuble, on ratisse quelques vieilleries chez Sotheby's et on appelle Gala et Voici pour couvrir les sauteries des nouveaux roi/reine/princes/princesses, en faisant décorer quelques A 380 par Jacques Garcia. -
La bataille.... Quelle bataille?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Y'a t-il même eu une "bataille classique" pendant la Guerre du Golfe? Disons quand même que pour qu'il y ait "bataille classique" telle qu'on semble l'entendre dans cette discussion, j'ai plutôt l'impression que l'affrontement doit concerner des adversaires de niveau technique-technologique relativement proche et de taille -au moins sur le théâtre d'opération- un peu comparable (et en fait de nature similaire, à savoir un Etat organisé et un peu développé). C'est plutôt en fait dans ces conditions seulement que la recherche avant tout de la bataille décisive prendra préséance sur d'autres objectifs, afin d'éliminer le ou les fers de lance adverses, soit la capacité adverse de guerre mobile, donc ce qui lui permet d'opérer des concentrations et de porter le combat rapidement en un point ou un autre du dit théâtre d'opération. L'aviation est le premier élément de cette capacité mobile, de même que des forces mécanisées/blindées pourvues d'artillerie. On peut imaginer que certains théâtres particuliers, vu leur géographie, impliqueraient forcément une phase classique ou la bataille en concentration serait incontournable; je pense immédiatement aux 2 Corées si ça devait péter là-bas. Vu l'étroitesse du terrain et les 2 mastodontes mécanisés qui s'y font face, ça charclerait vite. Mais encore une fois, et peut-être est-ce un abus de concept/langage de ma part, la bataille est quelque chose de plus large, et aussi un concept que je vois comme relatif aux moyens déployés sur un théâtre ou un front: si un corps expéditionnaire est d'un battlegroup, alors un engagement ponctuellement décidé qui voit la mise en oeuvre d'une compagnie interarme pour obtenir un résultat dont le commandement espère qu'il fera avancer le schmilblick de façon nette EST une bataille. De fait, toute concentration particulière d'un dispositif déployé, même peut-être juste le temps d'un après-midi ou moins encore, est potentiellement une bataille. C'est d'autant plus confus quand on a le regard historique qui voit la majorité des batailles du passé s'être déroulées sur un terrain réduit, le plus souvent un endroit où les chefs pouvaient presque entièrement voir l'ensemble des combats d'un seul regard ou pas trop loin de ça (et encore, quand on regarde de près, ça n'a même pas été souvent le cas): la radio a clairement redéfini le concept au sens physique, éclatant les phases, lieux et combats d'une bataille et la déconnectant en grande partie de la topographie d'un terrain, le chef appréhendant l'ordre de bataille de l'événement de façon moins visuelle, moins directe, mais pas moins réelle. D'autre part, les progrès dans les domaines de la mobilité, du command and control (et de la coordination en général jusqu'au plus bas échelon), des portées de tir, du repérage, de la dissimulation, de la logistique, de l'autonomie sur des distances moyennes, de l'instruction militaire (des officiers et cadres en général, mais aussi de la troupe), des communications.... Ont accéléré les processus essentiels à la bataille, qui se résument en fait à la concentration de moyens à un moment donné dans une zone donnée: ce qu'on voit dans l'histoire des campagnes militaires a longtemps été entièrement subordonné au fait de garder une armée entière la plus groupée possible et de la faire se mouvoir comme telle, et pire encore, les manoeuvres de 2 armées cherchant à se friter ou à s'éviter, à guetter le moment opportun et à tromper l'adversaire, ont constitué l'essentiel de l'art de campagne (on va dire la manoeuvre "grand tactique", soit l'implémentation pratique d'une pensée opérative) tant ces dispositifs commandés à la voix, au visuel et aux messagers humains étaient lents, complexes et lourds à bouger, chose qui se pratique aujourd'hui pour ainsi dire "en temps réel". Les guerres mondiales -en fait surtout la 2ème- nous donnent à cet égard des critères peut-être un peu exagérés, vu qu'elles impliquaient des concentrations humaines et matérielles absolument dantesques que même les moyens modernes, l'organisation et l'instruction généralisées ne pouvaient accélérer au-delà d'un certain seuil, le tout pourtant sur des théâtres d'opération pas souvent gigantesques (sauf cas de la Russie). Le processus concentration-dispersion, quelque part lié à toute l'histoire de la guerre organisée, peut être aujourd'hui affaire d'heures (pour une certaine échelle d'effectifs) là où il était hier affaire de jours, de semaines ou de mois. Et le contact entre 2 adversaires de calibre comparable fonctionne autrement. Par exemple, je ne peux m'empêcher de voir Tora Bora en 2002 exactement comme une bataille: une concentration ponctuelle d'un certain volume de troupes (et un pourcentage significatif d'un certain type de troupes à haute valeur ajoutée) et de moyens pour frapper "un coup décisif" (ou espéré tel). Evidemment, on s'éloigne du cas particulier de la bataille décisive (ou recherchée comme telle) entre 2 forces mobiles de niveaux qualitatifs et quantitatifs comparables, issues d'Etats organisés, voisins ou non, et recherchant l'anéantissement l'une de l'autre. Quels seraient vos critères pour définir une bataille? L'enjeu? Les attentes suscitées? L'attention qui y est portée? La concentration ponctuelle de moyens représentant une part significative d'un orbat, soit un "investissement"? L'impact sur les calculs stratégiques/opératifs avant et après l'événement? Quoi d'autre? -
Air Hollande obligé de faire demi-tour
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Asgard dans Actualités air
Je sais plus qui avait fait remarquer que le Hollande si "non Sarko - non bling bling" avait radiné de Corrèze à Paris en avion (et pas seul) la nuit de l'élection, coûtant de ce fait au contribuable infiniment plus qu'un certain pot au Fouquet's :lol:. -
La bataille.... Quelle bataille?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Dans des circonstances genre "affaires courantes" dans la campagne afghane, non. Si ces opérations de ratissage représentent un enjeu particulier et nécessitent un investissement en proportion, alors oui c'en est une: attentes des décideurs, concentration d'une part plus significative des moyens dispos pendant un moment (=ils sont prélevés ailleurs donc ils y manquent, et/ou on les fait venir de métropole et ça coûte en même temps que cela révèle publiquement -donc à l'adversaire aussi- une faiblesse relative qui peut renforcer la détermination adverse), calculs opératifs impactés par cet enjeu et ses issues possibles, estimations de l'adversaire qui changent, enjeu public/moral de la chose (mais aussi sur le moral des militaires, y compris des décideurs).... La bataille est par essence un moment où on surenchérit; l'échelle peut n'en être pas dramatique, vu que toutes les batailles ne sont pas Verdun, Sekigahara, Malplaquet ou Stalingrad, et il ne s'agit pas toujours de situations désespérées, mais c'est quand même une opportunité et un risque plus élevés que la "moyenne" d'une campagne ou d'une guerre. En toute logique, les objectifs ne sont jamais les armées adverses, mais des réalités concrètes (villes, structures, dirigeants, concentrations humaines, économiques ou autres....) ou moins directement matérielles (frapper le moral ou les calculs adverses, donner un certain sentiment aux décideurs, populations ou combattants adverses, atteindre/ralentir des circuits économiques ou de décision/communication, diviser des alliés....) qui se résument généralement au fait de contraindre la posture de l'adversaire d'une manière ou d'une autre, dans une proportion ou une autre. Les forces militaires adverses sont les obstacles visant à l'empêcher et à jouer le même rôle contre soi. La bataille est donc un moyen pour obtenir ces fins. Pas le seul, pas le moins cher, mais potentiellement le plus rapide et le plus spectaculaire. La particularité européenne est à mon avis d'avoir eu sur de si faibles superficies autant d'adversaires de forces comparables, quantitativement et qualitativement, ce qui a notamment fait de la destruction des forces adverses, plus qu'ailleurs, un préalable si nécessaire que le degré de focalisation sur la chose est devenu plus important, voire parfois absolu et conditionnant la pensée militaire à des degrés dangereusement aveuglants. -
La bataille.... Quelle bataille?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Mais la guerre, c'est de la politique, pas sa continuation, mon cher Berezech ;) :lol:. La bataille n'est pas non plus un gadget inventé pour faire beau: c'est d'un large point de vue un risque calculé et potentiellement très pertinent, et au final, un usage légitimement pertinent du potentiel militaire si recherchée et engagée correctement. Le point particulier en Europe, à mon avis, est que la bataille et la guerre ont pu y être conceptuellement plus rapprochés qu'ailleurs en raison de l'étroitesse des théâtres d'opération, de la grande interconnection de fait entre les belligérants, des points de frictions omniprésents, des distances assez courtes. La "bulle" espace-temps politique est en fait réduite en Europe, mettons directement à partir de la 2ème période de la guerre de Cent Ans et surtout définitivement au XVIème siècle avec l'ascension des Etats nations, la permanence et la croissance incessante des armées et la croissance démographique. Les Européens ont été contraints plus qu'aucune autre zone à s'organiser internationalement et à renouveler cette organisation régulièrement en raison de frictions trop nombreuses: avantage et inconvénient d'être le plus petit continent du monde, et de loin, avec les plus grandes concentrations humaines appartenant à des entités politiques et culturelles différentes et concurrentes. La recherche de la bataille décisive, et donc la formation de la pensée militaire et le calibrage des armées dans ce but, ont donc été plus qu'ailleurs et plus vite qu'ailleurs un impératif capital. Louis XIV est en fait le premier qui ait conçu un moyen de relativiser l'importance de la bataille en sécurisant l'espace français d'une manière pertinente, donnant une profondeur stratégique de fait via la ceinture de fer malgré l'absence du facteur distance. C'est son oeuvre et celle du marquis de Chamley (son "stratégiste"), ainsi évidemment que celle de Vauban, dont le vrai génie réside moins dans son art des fortifications que dans le "méta système" des réseaux de fortifications qui préside à la construction: calcul des temps de siège, choix des poins incontournables à fortifier, calculs des distances pour que les dits points puissent se soutenir, organisation en couches successives.... Mais l'importance de la bataille, à cette époque, était déjà décisive: Louis XIV, dans la guerre de Succession d'Espagne que tu mentionnes, a joué la défensive dans le nord, mais l'offensive dans une Espagne contestée par ses adversaires, et dans une Italie pareillement menacée; et cette offensive a impliqué recherche de sièges et de batailles. Marlborough a cherché lui la bataille décisive afin d'obtenir un résultat propre à accélérer la fin d'un conflit trop coûteux pour des belligérants épuisés par la guerre précédente, et pour tenir et affirmer sa position politique fragile à Londres, qui n'aurait pas survécu à un match nul ou à une campagne de fixation des armées françaises, ce en quoi son intérêt rejoignait celui du prince Eugène, son compère. Mais ce n'est pas tant pour l'ambition ou la gloriole: il s'agit de fait, pour parler en langage actuel, du "programme" d'un "parti politique", celui des bellicistes anglais, qui fondamentalement, répond à l'idée du refus d'hégémonie des Bourbons, face aux "pacifistes" commerçants, pas pro-Bourbons mais refusant le coût d'une guerre. 2 visions politiques différentes. Et pour atteindre son but, la politique de Marlborough a besoin d'une victoire décisive contre la France afin de l'astreindre à une paix voyant sa profondeur stratégique reculer et son potentiel de guerre diminuer, afin de conforter et renforcer d'autres pays et d'obtenir une meilleure répartition des cartes en Europe: de fait, sur le plan des campagnes militaires, cela le contraint à rechercher la décision afin de pouvoir prendre des villes très importantes enfonçant un coin dans la ceinture de fer, au minimum, et surtout, à être en position de menacer Paris. Pour un tel objectif, la recherche de batailles décisives est incontournable, là où la politique de ses adversaires se contenterait de ne pas perdre (= garder une armée menaçante), de fatiguer la France, de saisir quelques villes pour négocier une paix en position honorable et assurer le maintien de ses alliés, et une séparation de fait des couronnes de France et D'Espagne (avec évidemment une faction aussi qui veut jeter l'éponge plus vite encore). Faut pas croire que Marlborough voulait des batailles pour lui (quand il y a une victoire, oui, il fait le marketing politique autour, mais ça c'est le business courant): comme tous les chefs, il déteste l'idée de la bataille où le hasard joue une trop grande part et où même une victoire peut coûter trop cher simplement parce qu'un officier médian a bien tenu son coin du champ de bataille ou a ponctuellement eu un succès local qui a taillé des croupières à une aile de l'armée, ou encore parce qu'un officier de son propre camp a salement merdé au mauvais endroit au mauvais moment. Mais bon, il ne faut peut-être pas regarder que l'obsession pour la bataille décisive en particulier: le terme "bataille" est plus large. -
La bataille.... Quelle bataille?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Attention: il n'est pas question "d'aujourd'hui". Quand on regarde l'histoire, le terme de "campagne" s'est en fait toujours mieux appliqué que le terme de "bataille" pour définir les opérations militaires strictement dites, dans le sens où c'est une campagne qui fait (ou non) la décision dans le versant militaire de la guerre. On sera tous d'accord là-dessus. Seule l'historiographie a pu artificiellement focaliser l'attention sur "l'objet" qu'est la bataille en le détachant de tout le reste, une telle concentration sur la bataille, surtout dans les manuels d'histoire (pour jeunes, donc ça doit être rapide) et la lecture grand public ou la dramatisation (écrite, audiovisuelle, orale....), relevant plus d'oeillères et de désir de voir le "simple et sexy" rapidement compréhensible et raccoleur plutôt que les choses dans leur ensemble, qui sont infiniment plus complexes et lourdes à retenir et plus encore piger. La bataille illustre éventuellement la campagne, voire la guerre. Mais faut quand même pas oublier non plus que la bataille "existe" en soi, et que même sa recherche a largement, et parfois à tort, conditionné la stratégie et la pensée opérative, y compris jusqu'à l'obsession. Cependant, elle ne perd pas nécessairement son objet dans le cours d'une campagne et d'une guerre si elle représente un pourcentage considérable des ressources militaires, un capital psychologique important, si ses répercussions politiques et militaires sont suffisantes.... Certaines campagnes se sont passées de grandes batailles, multipliant les petits combats et accrochages, les évitements, mouvements masqués et retraites simulées, la gesticulation et les mouvements menaçants sur tel ou tel point pour obtenir, au final, ce qui est désiré dans une guerre: contraindre la volonté de l'adversaire, lui imposer son tempo, l'obliger à réagir plutôt qu'agir, et ce faisant, économiser ses propres forces et préserver son territoire et ses intérêts pour être au final en position de force quand arrive une négociation. De telles campagnes peuvent compter tactiquement sur l'usure, stratégiquement sur un adversaire qui ne peut se permettre de maintenir longtemps des armées en mouvement, sur un calcul d'opportunité et/ou une volonté de temporisation.... Ou bien simplement ne pas voir suffisamment de circonstances se réunir pour qu'un belligérant ou les deux voient un intérêt au risque d'une bataille, affaire où le hasard joue souvent une part plus grande qu'ailleurs dans la guerre. Certaines sont inconclusives, d'autres sont extrêmement efficaces, certaines sont faites de telle façon qu'elles voient, en point d'orgue, une attaque brutale sur les arrières d'un adversaire, sur ses lignes ou sur ses bases, ou carrément sur un corps d'armée isolé et entièrement détruit, dans des circonstances qui n'ont rien à voir avec un combat mais comme un massacre pur et simple (par la disproportion des forces à un instant et à un endroit, par la surprise....). La campagne d'hiver en Alsace de Turenne est à cet égard un exemple à garder à l'esprit, une merveille du genre, avec un niveau de risque minimisé, des pertes négligeables et un résultat disproportionné qui fait définitivement pencher la balance stratégique. Pourtant, on peut difficilement qualifier de "bataille" aucun des affrontements qui s'y déroule: déception et mouvement inattendu dans un lieu vu comme inaccessible à un moment jugé inopportun donnent à Turenne l'occasion de frapper sans grand risque, et avec une petite partie de ses forces, un coup énorme, lui laissant l'usage d'une armée peu ou pas affaiblie face à un adversaire qui vient de se faire amputer nettement de quelques membres. A l'inverse, les campagnes d'Espagne de Wellington ne recherchent pas la bataille: il ne l'accepte que quand il ne peut faire autrement et dans des circonstances absolument favorables. Parce que là le but est stratégique: avoir une armée en Espagne sert à soutenir les alliés de la péninsule, à occuper les armées d'occupation en les menaçant et en rendant impossible la maîtrise du terrain conquis, à y attirer plus de troupes qui n'iront pas en Allemagne où la décision est censée être faite. La Rome du Haut Empire, avec déjà des prémisses dans l'armée marienne et celle des guerres civiles, avait développé l'avantage tactique et opératique romain de telle sorte qu'une armée romaine pouvait rechercher la bataille dans un panel de circonstances plus large qu'aucune autre armée: plus polyvalente, plus renouvelable, mieux entraînée, organisée et aguerrie, plus apte dans tous les savoirs-faires de combat (en tout cas presque tous), l'armée romaine pouvait accepter la bataille même dans la plupart des situations jugées défavorables par d'autres armées, comme par exemple ne pas avoir l'avantage du terrain (devoir charger une hauteur, terrain accidenté qui casse la manoeuvre....). L'art de la guerre romain recherchait la bataille pour minimiser le coût des campagnes et de la guerre, mais l'armée avait les moyens adéquats pour ce faire. Aujourd'hui, nos armées occidentales sont aussi calibrées pour rechercher la bataille: plus elles sont petites, d'ailleurs, plus c'est vrai. Il n'y a qu'en bataille contre des forces organisées que tout peut être concentré pour profiter réellement des avantages technologiques, techniques, organisationnels et humains à leur plein rendement, il n'y a que là que leur capacité fondamentale, la destruction d'un dispositif classique organisé adverse, est à son maximum. C'est vrai dans une guerre en général, c'est tout aussi vrai sur un théâtre d'opération donné, pour une campagne précise, quelle que soit son échelle, et la bataille peut alors très bien être l'action d'un ou deux bataillons interarmes, ou d'une ou deux compagnies interarmes, tout comme elle peut être ailleurs l'affrontement de corps expéditionnaires et armées de défense dans leur entier. C'est pas l'effectif en jeu qui fait appeler un affrontement "combat", ou "accrochage", ou bien "bataille": c'est l'intention, la pensée qui préside à l'événement, la proportion d'un orbat déployé qui est mise en jeu, et tout simplement ce qu'on en attend. La campagne peut mener à une bataille, ou plusieurs; c'est d'ailleurs ce qui est souvent visé, l'objectif étant de ponctionner le potentiel de guerre adverse en préservant le sien au maximum. Et plus une armée est sophistiquée dans ses moyens et son organisation, plus elle tend à la rechercher puisque la sophistication induit le maximum d'efficience par la synergie des moyens interarmes et interarmées, mais aussi des coûts tels qu'une campagne ou une guerre longue est à éviter. Pour moi, Falloujah est une bataille, de même qu'un ensemble d'opérations de contre insurrection dans une ville à contrôler peuvent être une bataille s'il s'agit: - d'un enjeu jugé crucial par celui qui vise la ville - d'une concentration très significative, "anormale", des moyens disponibles pendant une fenêtre de temps donné - d'un moment où on risque quelque chose de plus que dans le cours d'un conflit "en général": pertes anormalement élevées (matérielles ou humaines), atteinte du moral (civil/politique ou militaire), changement de calcul stratégique/opératif à l'issue de l'opération.... -
La bataille.... Quelle bataille?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Tu oublies l'élément le plus essentiel de toute stratégie, rappelé par les 2 premiers principes de Sun Tsu entre autre: le savoir et sa perception. La connaissance de soi et la connaissance de l'autre sont absolument et irrévocablement cruciaux.... Mais on arrive là autant dans le domaine de la connaissance et de l'analyse que dans celui de l'estimation des capacités, donc de la perception (déjà plus subjective) et de sa manipulation. Evidemment, il y a, au niveau tactique comme au niveau stratégique, le rôle de la désinformation, de la déception, de la manipulation pour amener l'adversaire à la bataille, donc à lui faire croire qu'il y a avantage, avec pour préalable le fait d'être raisonnablement certain de pouvoir le vaincre et donc celui d'être sûr de son estimation des forces de l'adversaire. Comme les deux belligérants jouent ce jeu, c'est souvent compliqué. Mais il y a aussi le fait de comprendre ses points forts et ses points faibles, d'avoir une meilleure idée que l'autre des capacités réelles des armées en lice et de la façon dont le combat se passe: il y a la un fort rôle de la théorie et de la pratique militaire en général dans la perception générale de ces capacités, aussi bien au niveau du combat proprement dit que de celui de la manoeuvre, de la rapidité de la boucle information-décision-action (à travers les âges) donc de l'optimisation dans des fenêtres de temps courtes des ressources militaires, des capacités relatives des 2 adversaires à renouveler et accroître ou non leurs forces rapidement, de la mesure de l'impact (militaire mais aussi politique -en interne chez l'adversaire) d'une défaite ou d'une victoire (et de leurs modalités: voir l'impact de Malplaquet sur la politique anglaise et Marlborough).... Et là se greffe en plus l'élément "culturel" sur la bataille: certitudes sur "l'élan" dans la période post-napoléonienne et jusqu'à 1870, idéologie chevaleresque.... Sans compter évidemment un adversaire qui n'a pas de choix, pour une raison ou une autre (tenir un carré de terrain politiquement important -comme les Allemands de la Guerre Froide ne concevaient pas de pouvoir laisser du terrain aux Russes-, être acculé....), et qui se trouve sur ce que Sun Tsu appelait un "terrain de mort". -
Imposer un budget équilibré, est-ce possible ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Economie et défense
Disons aussi, sur la Grande Dépression, qu'il ne faut pas oublier d'autres aspects, plus immatériels, culturels et humains, avec leur transcription politique que beaucoup d'économistes, surtout monétaristes, ont complètement négligé: cette époque est celle de la montée des consciences collectives à un niveau rarement égalé, aiguillées et accélérées par l'apparition des médias de masse (qui plus est audiovisuels), l'accélération et la généralisation des flux humains au sein d'un pays (incarnés par la démocratisation de l'automobile et la massification des capacités de transport par rail), la croissance nette d'un seuil minimal d'instruction et ses corollaires dans la prise de conscience sociale de groupes plus larges d'une société. Le moment de la Grande Dépression a ainsi vu un niveau de protestations énorme, une société déstabilisée qui voyait effectivement et fréquemment (en "vrai", et à l'écran: les reportages et écrits sur le seul "Dust Bowl" ont eu un impact énorme), entendait (radio) et pouvait avoir un certain recul (commentaires, analyses.... Pertinents ou non, superficiels ou non) sur les événements, les situations et les perspectives d'avenir. Si FDR a été élu et réélu, malgré une situation économique qui ne s'est pas non plus cataclysmiquement améliorée jusqu'à la guerre, c'est pas pour rien, et cela exprime avant tout un niveau de colère dont une partie s'est aiguillée (et une plus grande encore aurait pu le faire) vers d'autres formes de protestations, certaines politiques (des mouvances et courants plus durs) ou intellectuelles, d'autres carrément violentes et/ou à visées radicales. On ne peut dire que l'Amérique était fondamentalement incompatible avec des populismes tels qu'ils se sont manifestés en Europe qu'avec le recul historique (le simple fait de dire "ce n'est pas arrivé", qui conduit souvent faussement à le faire équivaloir avec "ça ne pouvait pas arriver") et en réfléchissant sur des périodes de temps d'une dizaine d'années ou plus (en oubliant ce qui peut arriver sur 2 à 5 ans). Mais les années 30 aux USA furent aussi ceux de prises de conscience profondes avec des conséquences énormes sur l'organisation syndicale, par exemple, sur des regroupements sociaux de tous types moins dépendants des chapelles en place et des élites, mais aussi sur la question des noirs américains: l'impact d'un homme comme Saül Alinsky est à cet égard révélateur, si bien que récemment, Newt Gingrich le ressortait de l'oubli en décrétant qu'il téléguidait Obama depuis la tombe :lol:! En bref, ce qu'il ne faut pas mésestimer non plus dans la posture et l'action de Roosevelt, c'est ce qui n'est PAS arrivé en grande partie en raison de son action. Ce qui n'est PAS arrivé dans les années les plus dures de la crise économique et plus encore dans les débuts de reprise, et qui aurait pu arriver, localement et/ou nationalement si une autre présidence et une autre gouvernance avaient été en place. Protestations violentes, déconnexion brutale entre dirigeants et populations, condamnation plus active des élites économiques et politiques, déchirement du sentiment national et de la conscience d'une société.... La situation à un instant T et les perspectives d'avenir à cet instant suffisent le plus souvent à déchaîner les pires tragédies, et le rôle de Roosevelt à cet égard a été absolument capital en ce qu'il a rétabli la confiance qui reste la première ressource économique, et la plus déterminante pour toute politique. Aussi déterminante qu'elle est inchiffrable d'une part, et en grande partie sans rapport avec les montants d'investissement public d'une relance keynésienne, pertinente ou non. Essayez d'avoir une activité économique et des perspectives d'investissement dans un pays qui n'a pas confiance en l'avenir, pas d'espoir, pas de sentiment de solidarité, un sentiment d'impunité des fouteurs de merde.... Et surtout essayez de prendre cela en compte quand l'urgence est passée: déjà quelques années après, les esprits sont anesthésiés et retrouvent des schémas de pensée faisant oublier à côté de quoi un pays a pu passer, tout comme les esprits d'analystes économiques et de dirigeants en situation confortable ont tendance à ne considérer rétrospectivement une société à un moment donné que comme un ensemble de strictes données économiques obéissant à des principes et lois rassurantes, généralement cantonnés au seul domaine économique. L'analyse de Milton Friedman et des monétaristes sur la Grande Dépression suinte ce genre d'a prioris, entre autres fautes, prenant l'union nationale, l'ordre public et la paix civile, le consensus social, la capacité de prendre des décisions politiques unilatérales.... Comme des données absolues, constantes et allant de soi. -
Encore un sujet "l'avenir anticipé via le passé".... La bataille est le moment paroxystique de la guerre, la concentration dans le temps et l'espace d'une part plus ou moins considérable des ressources militaires immédiatement disponibles d'un camp pour "frapper un coup" dont il espère qu'il impactera significativement son adversaire et hâtera la résolution du conflit en cours, en tout cas au moins plus que ce que l'usage "normal" et moins concentré des mêmes moyens aurait permis. La bataille est en somme un investissement ponctuel. Le pendant de la chose est le risque encouru, qui dépend donc des estimations de probabilités de l'emporter. Parfois, et particulièrement en occident, la bataille a tendu à être recherchée pour elle-même, l'entretien et le développement des forces, et de là toute la stratégie, étant calculées pour ces concentrations ponctuelles et en fonction d'elles uniquement. En un sens, la logique fondamentale à l'origine de cette posture reposait sur le postulat du coût que représente une guerre, et avec elle la mobilisation dans la durée de moyens qui ponctionnent fortement l'activité et le capital (matériel, humain, financier-économique, politique....) d'une organisation politique (principalement des Etats mais pas que). Des éléments culturels y ont aussi incité, comme la mentalité de peuples guerriers, souvent retranscrite dans les codes de comportement et moules de pensées des élites dirigeantes d'un pays, parfois en teintant la pensée stratégique à tel point que la bataille devenait un objet en soi, en partie déconnecté d'une réflexion plus pondérée: certains moments de la guerre de cent ans l'illustrent beaucoup, mais globalement, on peut le voir à d'autres moments, une stratégie reposant sur le combat l'emporte régulièrement sur une pensée plus globale de l'action politique "totale" qu'est la guerre. Au Moyen Age et à d'autres moments, l'idée de bataille a nettement reculé étant donnés la taille microscopique des Etats (en tant qu'organisations), la non permanence des armées, la faiblesse politique des souverains et la donne géo-économique: le siège était le centre de la pensée militaire puisque, dans une Europe peu densément peuplée, avec de faibles stocks alimentaires, des stocks monétaires limités (exemple: les rançons de grands seigneurs représentaient des montants réellement macro-économiques), des routes rares et des armées de petite taille ponctuellement levées, la ville était le coeur de toute pensée stratégique. Une ville était un enjeu politique, économique et stratégique en soi et sa possession déterminait tout. Ce n'est qu'au XVIIIème siècle que le niveau de développement économique et démographique, et celui des Etats, que le bataille est réellement devenue un objet en soi, recherché pour lui-même, le "capital militaire" et stratégique d'un Etat s'incarnant avant tout dans les armées de campagne qui devinrent l'objectif prioritaire. C'est aussi à ce moment que, sur un plan strictement tactique, l'attaque des fortifications prenait un avantage très net sur la défensive, rendant la prise de villes quasi certaine, la limitant à une affaire de temps, donc à l'échelle d'un théâtre, à une histoire "d'opératique" (arbitrer entre les objectifs -les villes, les forces adverses- et les batailles, dans une vision plus globale). La taille des villes "qui comptent" devenait aussi un handicap côté défense, la masse de réserves alimentaires pour tenir longtemps devenant problématique, surtout dans des grandes villes qui devenaient des "systèmes humains" et économiques plus profondément connectés à leur environnement immédiat (local, régional) mais aussi à un environnement plus large (national, international) via le commerce ou les capacités administratives qui les rendaient plus dépendantes de flux humains, matériels, financiers et d'information de différentes échelles. En somme, au XVIIIème siècle en occident, le niveau de développement économique et étatique, mais aussi celui des consciences politiques (notamment les sentiments d'appartenance), rejoignait ce qu'ils étaient dans l'antiquité, surtout sous l'empire romain. La vision de la guerre et des campagnes s'en trouvait changée, et le poids des mobilisations militaires, tout comme la nature et la taille relative des adversaires, rendaient la recherche de la bataille décisive prioritaire, au sens où la bataille était un affrontement en rase campagne (ou un affrontement autour d'une ville qui dans cette occurrence, ne devenait qu'un "terrain" de bataille particulier). Mais que peut-être la bataille aujourd'hui? Est-elle encore si probable dans les formes que nous lui connaissont? Ou même souhaitable? Si oui selon quelles modalités suivant le type de conflit? Concentration de moyens dans le temps et l'espace (et/ou le cyberspace et la sphère informationnelle au sens large), "investissement" ponctuel plus ou moins massif du potentiel de guerre (= pas seulement militaire) sur un aspect ou une concentration du potentiel de guerre adverse, elle ne se traduira pas forcément sur le terrain par un tas de combattants se fritant en un lieu donné pendant quelques jours, semaines ou mois. Surtout à une époque où la ville a pris une telle importance pour un très grand nombre de pays, ne serait-ce qu'au niveau des concentrations humaines et de la part de la population d'un pays qui s'y trouve; surtout quand peu d'armées, sinon aucune, ne peuvent réellement en assurer le contrôle vu la taille des grandes villes (si on compte qu'il faut un équivalent d'entre 5 et 10% de la population d'une ville à tout moment pour la contrôler, ratio jamais démenti). Sous de nouvelles formes, le "siège" semble plus pertinent (d'où l'insistance sur le combat urbain, le contrôle de zone, le COIN dans toutes ses interprétations version urbaine....) et surtout la donne qui est imposée de fait. Cela ne veut pas dire, surtout pour les grands Etats qui gardent dans leur horizon la possibilité de se friter d'autres grands Etats, que l'affrontement, concentré ou non, en rase cambrousse, est sorti du tableau; mais celui-ci peut n'être pas toujours très pertinent si, après la destruction d'une partie significative d'un orbat organisé, l'exploitation de ce genre de victoire tactique ne débouche pas vraiment sur la possibilité d'imposer une paix souhaitable par absence de capacité de contrôle des concentrations de populations adverses (et plus encore que cela, tout ce que les villes représentent: organisation, flux, activités, consciences collectives....). Qu'en pensez-vous? Qu'est-ce que la bataille aujourd'hui? Que peut-elle être suivant les cas? Quelles batailles pour l'avenir?
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Que pensaient les Alliés de Staline ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Kiriyama dans Histoire militaire
Donc la loi que font régner les Djandjawids dans leur zone de contrôle doit être respectée (autrement que par simple terreur)? Dans le fondement d'une loi, il y a souvent un principe ou un accord, pas forcément écrit, de résistance à l'oppression ou "tyrannie" (qui différencie le souverain légitime de l'illégitime), ce qui renvoie à un principe absolument transculturel, le débat sur légalité ou légitimité, qui n'est pas qu'occidental et préside de fait à tous les contrats sociaux à la base des organisations politiques que sont les pays. En bref, cela inclue le fait de savoir jusqu'à quel point l'autorité est supportable dans les extrêmités où elle est parfois susceptible, voire contrainte, d'aller. Un certain seuil est admissible à défaut d'être acceptable. Ce débat, et le flou qui l'entoure, n'est pas toujours transcrit dans la loi écrite, mais il fait partie de ces principes immanents et inhérents à tout régime, même les plus autoritaires, tout connement parce que même s'il n'est pas admis de droit, il finit toujours par se manifester, en petit ou en grand, de fait. Tandis qu'obéir absolument à la loi parce que c'est la loi, quelle qu'elle soit, n'a rien à voir avec le fait d'être un "bon citoyen". C'est se condamner d'avance à être complice d'absolument n'importe quoi, et pas qu'une fois. -
amiraux et chefs d'escadre français
Tancrède a répondu à un(e) sujet de leridan dans Histoire militaire
Ducasse, c'est un peu comme Jean Bart ou Surcouf; difficile de vraiment les considérer comme des chefs d'escadre ou des amiraux proprement dit, même s'ils ont pu avoir des grades équivalents. Duguay Trouin est un peu à part dans les corsaires, vu l'expédition de Rio. Note: j'ai cité Brézé (Maillé-Brézé devrais-je dire) parce qu'il est trop souvent ignoré, alors qu'il fut un très bon chef naval tout en n'étant pas marin du tout à la base. Un pur officier de cavalerie dans la jeune marine de Richelieu, mais dont l'intelligence, l'autorité et l'agressivité lui ont donné une carrière impressionnante même si prématurément interrompue. -
amiraux et chefs d'escadre français
Tancrède a répondu à un(e) sujet de leridan dans Histoire militaire
Kersaint (XVIIIème siècle), La Pérouse (XVIIIème), D'Orville (XVIIIème), Brézé (XVIIème), Barras (avant sa période politique), De Grasse quand même, le chevalier Paul, Duguay-Trouin, Coëtlogon, Château-Renaud.... Juste comme ça en passant.... -
Battleship - Trailer
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
C'est justement la 1ère (la 2ème un peu aussi) saison que j'ai trouvé caca :lol:. C'est aussi pour ça que je n'ai regardé Buffy (et Angel aussi d'ailleurs) que des années plus tard: ayant vu d'abord la VF, j'avais vite arrêté et décrété que c'était de la merde à l'état brut.... Puis j'ai vu des épisodes en VO presque par accident, et là, la magie a opéré. Il n'y a AUCUNE prise au sérieux dans la VO: de la distanciation en permanence, et un thème principal (histoires entre les personnages, chasse au vampire et lutte contre le mal) qui ne sert que de prétexte pour parler d'autre chose, refléter d'autres thèmes, se moquer de soi-même et déconner à plein tubes par allusions et second degré permanents. Aux USA, Buffy était plutôt maté par les 16-30 ans; en France, avec la traduction telle qu'elle a été faite, le public principal était plutôt les 10-16 ans. Et Buffy et Willow bourrées de remords bien pensance très américaine sur le fait de taper des Indiens (pardon, des "native americans", comme ils le rappellent sans cesse :lol:) si martyrisés par l'histoire et les WASP (alors que Willow est juive), un Alex atteint d'une syphyllis mystique refilée par l'Indien et dont tout le monde se moque à coups de bonnes vannes lourdingues sur les MST, un Spike "transfuge" passant son temps ligoté avec 3 flèches dans le torse, qui commente l'épisode entier en attendant ses Weetabix trempées dans du sang :lol:.... Et une Buffy qui arrive à éliminer ses remords en se disant que maintenant, les Indiens ont des casinos :lol:. Et je revois le moment où ils essaient de se comprendre mutuellement par petits dessins ridicules interposés, blagues salaces visuelles (dont une Buffy qui fait un geste évoquant un onanisme violent qui vaut le détour).... Et tous les quiproquos foireux dus à l'absence de compréhension: les visages quand ils essaient de se parler au téléphone :lol: :lol:. Disons quand même que si t'as pas vu la VO, ton avis manque un peu de punch ;). Regarde là donc comme il se doit, et on se frite après :lol:. -
[Belgique]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Jojo67 dans Politique etrangère / Relations internationales
Hé non, mais c'est en grande partie la concentration industrielle des années Pompidou, celle qui a créé nombre de ces géants, qui est responsable de la structure économique française. C'était sans doute une bonne réponse à l'époque (le paysage économique était nettement plus fait de "moyens"), vu le besoin de "champions" nationaux tirant le reste vers le haut et concentrant certains efforts de recherche et d'investissement (et tant qu'à faire protégeant certains atouts industriels nationaux), mais on subit maintenant le contre effet qui est une nouvelle forme de féodalité: une énorme part des PME française est plus ou moins dans la dépendance d'un "grand", comme fournisseur ou prestataire de service à un niveau ou un autre d'une filière, sans la taille critique pour pouvoir s'en affranchir (et un cash flow souvent en flux tendus), avec trop peu de marges pour risquer le développement hors des frontières (c'est cher d'aller prospecter), voire simplement hors de la région. La création de géants a trop brutalement déséquilibré les rapports économiques, qui plus est dans les années 70, dures pour une grande partie de l'industrie. -
[Belgique]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Jojo67 dans Politique etrangère / Relations internationales
Autre produit des clichés durablement implantés par des manuels scolaires d'une autre époque: les "frontières naturelles", la réunion des peuples parlant une même langue.... Vues comme des évidences, des tendances lourdes et naturelles contrariées par l'Histoire. Dur d'extirper ça de son crâne en s'en distanciant assez pour voir que ce n'est qu'un a priori nullement ou peu justifié en raison. -
[Belgique]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Jojo67 dans Politique etrangère / Relations internationales
Meunon, on va te dire que ce sont des contre exemples ponctuels, en aucun cas le reflet d'une quelconque généralité :-[. France = latins, latin = frivole, tchatcheur, flemmard, rien dans le froc, sans doute aussi très très sale.... C'est la loi c'est général, et pour peu que tu aies rencontré quelques Allemands sérieux et quelques Français frivoles, tu pourras dire, preuves à l'appui :-[ "c'est comme ça et pas autrement". Juste en passant, les Italiens, latins parmi les supposés latins, ont concentré une grande partie les zones les plus riches d'Europe depuis la fin de l'Empire Romain jusqu'au XIXème siècle et en ont gardé quelques-unes au-delà: un effet de leur frivolité flemmarde, ou ces 15 siècles sont une exception, un simple contre-exemple sans conséquences sur les "vérités générales" qui semblent déterminer les vertus des uns et les vices des autres? Une France qui pendant l'essentiel de son histoire fut faite à 85% d'agriculteurs avec pas ou peu d'éducation devait sûrement les voir tous passer leur temps à se lancer dans de grands discours. Enfin bon, faudrait quand même se rendre compte à quel point les manuels d'histoire écrits il y a à peine un siècle et demie polluent encore fondamentalement les esprits au point de leur faire voir uniquement ce qu'ils veulent voir dans pas mal de domaines. Soit dit en passant c'est pas hors du débat parce que c'est précisément le fond "d'argumentation" ethnoculturelle qui sert aux autonomistes et nationalistes flamands de tous types, qui est seriné, maintenant à nettement plus haute dose, dans les esprits dès l'enfance. Mais jusqu'à la crise des années 70, les Wallons ne semblaient pas si "latins", et étaient plutôt "sérieux" et travailleurs: la génétique les a rattrapé depuis? Oui, les entrepreneurs français sont des glandeurs, c'est bien connu :-[. Ca doit être des fonctionnaires déguisés. Et aucun n'a l'intelligence de se reconvertir dans le "secteur" de l'exportation; plutôt que de produire des voitures, des plats préparés ou des parpaings, ils devraient produire des exportations, c'est plus classe. Et pour la note, un pays qui calibre son économie pour l'exportation, c'est un schéma de pays en voie de développement. Un pays développé se calibre avant tout pour être son propre premier marché. -
[Belgique]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Jojo67 dans Politique etrangère / Relations internationales
On peut d'ailleurs noter le regain récent de ce bon vieux -mais pas si vieux en fait- cliché sur la "vertu" et le "sérieux" germaniques versus la "frivolité", la paresse et la corruption latines: les "économies club med" contre l'Allemagne responsable :P. Mais bien sûr ça n'a rien à voir avec le besoin très politicien de porter sur d'autres la rage interne de tensions sociales dures imposées par une économie faite par et pour les secteurs d'exportation et les vieux actifs et retraités épargnants aux dépends des générations suivantes, qui pèsent moins électoralement.... Parce que le déficit démographique gravissime du pays "responsable" n'implique rien en terme de politique et d'économie évidemment .... Comme quoi, se payer de mots à défaut de concret.... On vend ce qu'on peut, quoi. -
[Belgique]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Jojo67 dans Politique etrangère / Relations internationales
Et t'as pas l'impression de raisonner par des clichés qui viennent un tantinet d'une autre époque, celle avec des manuels d'histoire vantant les qualités génético-culturelles de peuples gentils entourés de peuples méchants? Le formatage des esprits au travers de ces clichés qui n'existaient pas au XVIIIème siècle ne cessera jamais de m'étonner. Pour les envolées lyriques et la prose hyper emphatique sans grande réalité derrière, j'incite à lire autant les policiens allemands (aussi creux que les autres) que les romantiques d'outre Rhin (petit détail, c'est là qu'est né le romantisme avec son sentimentalisme outré et délirant et ses emphases gratuites). De même que la corruption des milieux d'affaire tout comme le crime organisé (l'allemand est d'ailleurs un des premiers d'Europe) semblent si incompatibles avec la vertu germanique? L'affaire EADS avait d'ailleurs montré la qualité du travail, de l'organisation et de la productivité allemande, derrière les discours de vertu accusant la glandouille française :lol:. Mais bon, la France a du se conquérir et se construire avec de la main d'oeuvre étrangère, vu qu'on devait être occupé à parler. -
[Belgique]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Jojo67 dans Politique etrangère / Relations internationales
Pitié pour les bons clichés sur la supposée "vertu" germanique contre la frivolité latine (l'abnégation, sérieux, j'en ris encore :P): t'en as d'autres des comme ça? -
Rambo va mourir au Mexique...
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Oui, ça peut sembler exagéré, mais d'un autre côté: - "tous les flics" d'un tel patelin, ça se compte sur les doigts d'une main :lol: - c'est le réflexe de la meute s'acharnant sur un sujet perçu comme "faible": le meneur et ses suiveurs, qui plus est dans une petite ville avec sa mentalité "nous et l'extérieur" plus les préjugés évoqués plus haut. Ca semble caricatural, et pourtant ça arrive tous les jours et beaucoup (j'en ai eu un exemple très récent dans un bled où je vais en vacances: la mentalité de village peut être terrible), même si évidemment pas souvent jusqu'à la chasse à l'homme.... En tout cas en France: regarde dans des pays moins développés et/ou ayant une culture/idéologie plus "tribale", religieuse.... Lapidation, ostracisme, étrangers qui disparaissent.... Ca manque pas. - c'est pas exactement des flics: ce sont des agents de police et des juges de paix ELUS. Des locaux qui font campagne pour obtenir un uniforme, un flingue et des prérogatives liées avant tout à la communauté, pas tant que ça à la loi elle-même (plutôt ce qui arrange la communauté dans la loi et/ou la façon locale de l'interpréter). Dans un bled isolé, c'est souvent cautionner un potentat local (voire l'excellente série Justified à cet égard, qui montre entre autres la réalité de ce qu'est un shériff dans les bleds du vieux sud); dans l'histoire réelle, l'affaire d'OK Corral n'était pas un affrontement entre la loi et les truands, mais un règlement de compte pour la domination sur les business juteux de la ville de Tombstone (les jeux, les putes, l'alcool). Il se trouve qu'un des clans, les Earp, avait obtenu des badges et une fonction officielle, qui n'est localement qu'un des atouts du pouvoir. Plus généralement, dans des bleds sans trop d'histoires ou de difficultés, le shériff est le gardien de l'ordre établi tel que le voient les gens qui comptent dans le coin), pas de la loi. Et c'est un des piliers de la communauté lui-même, donc un de ceux qui décident de ce qu'est "l'intérêt", la volonté de la ville. Et pour ce faire, il a carte blanche, ce qui inclue souvent une façon de procéder informelle, des codes de fait pas forcément en conformité totale avec la loi, de la "persuasion" discrète, et à l'occasion, des méthodes douteuses. Le shériff garde la "famille" ensemble, règle les choses en faisant tout pour laver le linge sale en famille et sans paperasse, impose au besoin, et surtout représente la barrière contre l'extérieur. On voit d'ailleurs dans Rambo I le moment de "discussion" entre le shériff et le policier de l'Etat (c'est l'Etat de Washington ou l'Oregon, je crois), qui est lui pour le coup un flic au sens plein: il devine ce qui s'est passé et dit franco ce qu'il pense au shériff de bled, et on sent là les rapports entre policiers et shériffs, choses qui vont sans dire pour un spectateur américain. Et puis c'est même pas si caricatural: y'a le petit jeune qui proteste et se fait mettre en boîte par l'adjoint (et son lèche cul qui en rajoute une couche sur Rambo), puis se fait carrément engueuler et cogner par le shériff après la mort de l'adjoint. -
Rambo va mourir au Mexique...
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Vu son âge? Une overdose de Viagra ou une infection buccale due à un dentier mal entretenu, ouais! -
Battleship - Trailer
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Pas encore vu mais le réalisateur est Joss Whedon, le créateur de Buffy, qui, contrairement à ce qu'on pense, est une série à voir (mais uniquement en VO, la VF la transforme en série pour les 10-12 ans); il est très second degré, monte bien ses récits et sait prendre la distance vis à vis du propos. Dans le cas de trucs comme ça, ça veut dire auto-dérision et refus de se prendre trop au sérieux (le personnage de Tony Stark a l'air d'être là pour ça :lol:). Evidemment, ça va être du truc de super héros, faut pas attendre autre chose qu'un bon divertissement. -
La destruction absolument complète et totale, de même que la mort d'absolument tous les habitants de la zone concernée ne changent rien à ce qui fait l'essentiel de la capacité dissuasive de la frappe: outre le traumatisme collectif, le coût politique interne pour le gouvernement de la nation ciblée, la zone urbaine touchée est, à toutes fins pratiques, complètement out of business pour très longtemps. Désorganisation totale, concentrations de capacités (techniques, industrielles, technologiques, coordinations, communications, décisions, aussi bien dans le registre public que privé) détruites, capacités uniques, par leur quantité (grands hôpitaux, grands centres de gestion/décision, concentrations industrielles et boucles recherche-production de grande capacité....) et leur rareté (centres de recherche de pointe, hôpitaux de meilleure qualité et/ou spécialisés, centres administratifs/décisionnels du haut de la hiérarchie, places boursières, archives publiques et privées....), il y a des raisons pour concentrer des choses dans les grandes villes, des raisons qui font que les grandes villes concentrent les gens les plus qualifiés dans tous les domaines en très grands nombres, et les infrastructures, réseaux et modes d'organisation qui les mettent en synergie (les systèmes humains complexes quoi) en sont la force, et donc face à la capacité de destruction de l'arme nucléaire, la faiblesse. Détruit Pékin, Shangaï et Canton (plus Hong Kong, Shenzen et une ou deux autres), et la Chine perd infiniment plus que simplement un pourcentage somme toute pas énorme de sa population: tu la renvoies pas à l'âge de pierre, mais en caricaturant, c'est un peu l'idée. C'est une baffe monumentale dont elle ne peut pas se remettre avant trèèèès longtemps. Et certainement pas le temps d'un conflit. Et aucun gouvernement ne peut se permettre de risquer cette menace, tant qu'un système antimissile GARANTISSANT 100% d'interception n'existe pas, ce qui, en l'état des choses prévisible, n'a pas beaucoup de chances d'exister. C'est pourquoi, et c'est l'idée du sujet, l'affrontement des grandes puissances nucléaires ne peut avoir lieu; donc le but du sujet n'est pas de s'étendre sur le nucléaire, mais de voir quelle conflictualité peut exister sachan qu'il y a cette impasse.