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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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Problèmes de gestion des carrières longues, problème peut-être de trop grandes promotions dans les écoles, et surtout problème de toute structure: tu crées une niche (un grade, un bureau, une structure, un service) permanente, elle a du mal à disparaître, même si elle ne sert pas à grand-chose. C'est un peu ce que disait Aqva: la culture du grade/du rang, par rapport à une culture de fonction. Après, faut voir, si tu simplifies les pyramides de grades et des affectations correspondantes, à ne pas en faire un simple prétexte pour faire des économies sur les coûts de main d'oeuvre: là on entre dans le domaine des profils qu'on veut faire venir dans les armées et qu'on veut garder. Ca passe par la rémunération et les perspectives (et un peu la satisfaction du job, du statut, et de l'image de soi qu'il donne). Les mauvaises tendances des 2 cultures: compenser par le grade et les planques ce qu'on donne pas dans la paie, ou pressurer le coût de la main d'oeuvre à la baisse en zappant certains corps, rangs, statuts.... Pour faire occuper les fonctions par moins gradés/qualifiés (mais pas plus payé). Dans les 2 cas, les choses peuvent être bien faites ou non: comme on dit, c'est l'intention qui compte :lol:. Mais bon, ce n'est que mon avis et là on entre clairement dans un domaine que je maîtrise très peu. Alors pardonnez si je dis trop de conneries :-X.
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[Union Européenne] nos projets, son futur
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Marechal_UE dans Politique etrangère / Relations internationales
Oui, je me suis mal exprimé et c'est mal sorti: juste pour rappeler que à cette période, sur fond de "dividendes de la paix", de chute du rideau de fer et de "nouvel ordre mondial" bushien (enfin la première version :lol:), le tropisme des "nouveaux" pays européens anciennement varsovisés allait direct vers la case US (entre autres par peur d'une résurgence russe)Les . Et il n'y a pas eu une chute d'atlantisme en soi dans les pays d'Europe occidentale qui aurait donné un créneau à la France pour bâtir une structure européenne. Juste anecdote personnelle, pour avoir été assistant parlementaire d'un député français représentant à l'UEO à la fin des années 90, j'ai un peu entendu ça "de première main", et malgré tout son européisme en fait très gaulliste, le mec était très lucide sur ce qu'avaient été ces grandes déclarations sur la "défense européenne" dont le seul rapport avec la réalité était de voir si y'avait pas moyen de faire encore plus d'économies sur le secteur défense. L'OTAN se cherchait évidemment une nouvelle mission "visible" et parlante, mais les ricains n'ont jamais baissé leur stratégie d'influence au sein des milieux décisionnels européens, et il n'y a jamais eu de mouvement "yankees go home". Les Américains ont continué à jouer des antagonismes européens, précisément entre autres à l'encontre d'une Europe puissance qui n'a jamais sérieusement été évoquée en dehors de la France. La crise yougoslave a révélé un fait et une tendance au grand public, elle ne l'a pas créé. Et la même tendance se retrouve dans la PESD, toujours pour les mêmes raisons fondamentales: défense/armée et politique extérieure sont une même chose et émanent d'un Etat, d'une volonté politique unique. Et en Europe, il n'y en a pas qu'une et si une était adoptée, beaucoup seraient lésés, dans un sens ou un autre. Je ne déplore personnellement pas le fait, ne souhaite pas par essence l'échec d'une structuration politique européenne ni quoi que ce soit d'autre (pour tout dire, je m'en tape): je constate juste des faits et tendances simples et la nécessité de cohérence dans un domaine qui nécessite qu'on ne mette pas la charrue avant les boeufs, et qui suppose que les boeufs veuillent aller ensemble ;). -
Services secrets, forces spéciales et action clandestine du temps jadis
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Forces spéciales et clandestines
J'ai modifié le texte plusieurs fois, les réponses à tes questions sont dedans. Pour les canassons (c'est dans les modifs), ils ont surtout fait de la récupe de chevaux volés par l'ennemi, surtout autrichien dont les hussards hongrois avaient une tendance plus prononcée que d'autres à viser les montures, par culture. Mais voler, disperser, mutiler ou tuer les chevaux de l'adversaire, à l'époque, ça fait partie du business. Comme il s'agit souvent de récupe, il n'y a pas de rachat comme pour un navire, sauf peut-être des récompenses personnelles ou primes pour le groupe. Mais il s'agit d'une fonction militaire qui a toujours existé du temps de la cavalerie, confiée à des domestiques ou des fantassins légers, et qui est un peu subalterne. Elle est permanente: c'est un boulot de tous les jours, quasiment, en opération vu qu'il y a toujours quelqu'un pour essayer de piquer ou abîmer les canassons, comme on essaye de saboter des essieux, de faire péter des réserves de poudres, plus encore de piquer de la bouffe.... Ceci dit, les chevaux pris à l'ennemi, surtout par les légers, sont le plus souvent réemployés immédiatement pour monter plus de monde, ou fournir des chevaux de remonte, vu l'espérance de vie d'un cheval en campagne. Il y a une vraie concurrence interne dans les armées de cette époque pour les chevaux, surtout de qualité: la ressource (le cheval en général et entraîné en particulier) est rare et chère par rapport à la taille croissante des armées, elle s'épuise vite (blessures, morts, maladies/indisponibilité), et il en faut plusieurs pour chaque cavalier pour garantir qu'une unité est opérationnelle. La remonte est essentielle. Bref, au sein d'une même armée, ça joue des coudes, de l'influence, des poings et du fric pour radiner le plus possible de bourrins. Et les armées entre elles essaient beaucoup de se les piquer pour ça. Dans une région où se déroulent des opérations, être un éleveur peut poser problème: il arrive, surtout à partir du XVIIIème, que les chevaux soient achetés (du moins par l'armée du pays de l'éleveur), mais c'est souvent à vil prix, quand ils ne sont pas simplement réquisitionnés. -
[Union Européenne] nos projets, son futur
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Marechal_UE dans Politique etrangère / Relations internationales
Et après, Histoire et Sciences Po: j'ai déjà fait aussi, ça ne donne pas raison ou tort en soi. Dire que l'Europe aurait quelque part attendu que la France constitue le coeur d'une future armée européenne, je sais pas d'où tu sors ça, mais c'est méconnaître gravement les aspirations des pays européens (peut-être au profit d'une vision francocentriste quasi messianique). L'atlantisme a un peu plus de ressort que ça, les pays de l'est dans les années 90 se ruent vers l'OTAN avant de se préoccuper de la case Europe, et personne en Europe n'a jamais voulu voir en la france l'avenir de sa politique extérieure/de défense. Quand à séparer les domaines Armée/Politique extérieure, désolé, j'ai juste jamais vu ça. Ca n'a rien de populiste, c'est une constante. -
Services secrets, forces spéciales et action clandestine du temps jadis
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Forces spéciales et clandestines
Aïe, difficile de définir le périmètre de ce qu'étaient les unités dites "légères" des XVIIème-XVIIIème siècle, et les Chasseurs de Fischer furent l'une des plus efficaces et célèbres, avec un chef exceptionnel à leur tête. Déjà symboliquement, les chasseurs de Fischer sont la première unité de "chasseurs" à pied: ce sont eux qui introduisent le nom, car comme toutes ces unités légères, leur nom était choisi en interne. il s'agissaient en effet d'unités dites "franches", c'est-à-dire levées par leur chef qui recevait une commission spécialement à cet effet (Fischer sera anobli par cette commission), et chargées de former les troupes légères de l'armée royale, essentiellement formée de troupes de ligne avec même peu de cavalerie légère restant permanente, vu "l'alourdissement" progressif des dragons au XVIIIème siècle, qui deviennent en fait de la cavalerie standard peu à peu. La "location" de plus en plus permanente de régiments de hussards hongrois est un des moyens de compenser, mais sinon, ce sont les unités franches qui font l'essentiel, leur effectif de temps de paix étant quasiment inexistant (des compagnies théoriques où ne restent, au mieux, que les officiers et quelques sous-offs, voire juste le propriétaire de l'unité), et étant en temps de guerre boosté jusqu'à parfois peser 15% de l'effectif de l'armée (voire plus si on compte nombre d'unités de milice de frontière) qui sont ainsi employées en défense locale. D'autres unités de ce type étaient faites de formations ad hoc assemblées dans une armée avec des surnuméraires, des domestiques, quelques effectifs pompés ici et là dans les unités (des "disciplinaires" aussi, parfois), et des officiers volontaires ou y servant par roulement (c'était à la base pas glorieux). Légalement, on peut les assimiler à des corsaires. La plupart d'entre elles sont faites de frontaliers, et seront d'ailleurs employées dans leur zone de recrutement, en défense de leur province, mais graduellement, face aux besoins anciens et nouveaux (dragons de moins en moins rompus à ces tâches, nouveaux concepts d'emploi, besoins plus grands vu la taille des armées) en troupes légères, la pratique se développe. Au XVIIème siècle déjà, cette pratique était constante: les compagnies franches et leurs multiples dénominations (miquelets, francs-tireurs, volontaires, arquebusiers, fusillers....) n'ont rien de nouveau. Au XVIIIème, leur effectif global explose, mais aussi la taille des unités, qui deviennent de véritables corps francs et "s'interarmisent", comptant tout le temps désormais des cavaliers et des fantassins (ils essaient le plus souvent d'avoir 2 fantassins pour un cavalier), mais aussi du génie (saboteurs, experts, sapeurs) et parfois de l'artillerie, comme ce fut le cas notamment pour la "Légion de Lauzun" envoyée aider les insurgents américains au sein du corps de Rochambeau. Bref, ces corps grandissent et s'institutionalisent en même temps que leur capacité s'étend et qu'une doctrine se forme; et Fischer fut sans doute le plus innovant dans ce domaine, et l'un des principaux lobbyistes qui aidera à faire institutionnaliser l'arme des troupes légères, donnant à la France une avance énorme en la matière (unités existantes, doctrine, savoirs-faires) dont la Révolution profitera beaucoup. Après les guerre de 7 ans, les "légers" deviennent permanents et sont formés d'abord en "légions" mixtes (dragons, grenadiers, fusiliers), puis en compagnies rattachées à chaque RI de ligne, puis ensuite en bataillons interarmes avec les nouveaux Chasseurs à Cheval, moment où l'appellation "chasseur" devient générale et permanente. A la veille de la Révolution, une dernière réforme sépare les Chasseurs à pieds et à cheval, constituant des bataillons de chaque. Mais à l'époque que tu mentionnes, celle de Fischer, il s'agit d'unités encore assez diverses (même si un modèle s'affirme pour l'emploi), opérant très majoritairement en dehors du champ de bataille (mais on se pose aussi la question des troupes légères comme "écran" de tirailleurs en batailles rangée) pour faire la "petite guerre" pendant les mouvements d'armée: reco, escarmouches, battage d'estrade, embuscadres, accrochages, fourrageage, escorte de convois, renseignement, saisie d'objectifs, éclairage et repérage d'itinéraire, étapiers.... Certaines, on imagine que cela dépend du général commandant une armée (plus ou moins agressif, cherchant le mouvement) et de la qualité des unités à sa dispo (qui grandit avec la longueur des conflits), voire de la nature de l'adversaire (un qui s'évade et temporise ou un agressif ne se traite pas de la même façon), sont employées plus indépendamment. La taille des armées de l'époque de toute façon amène à apprendre à décentraliser un peu la décision pour assouplir la conduite de dispositifs croissants et rigides, développant une culture d'EM, un accent plus grand sur le renseignement, une allocation plus fine des ressources. Le développement des routes, la densification démographique et la plus grande disponibilité de stocks de vivres favorise cette évolution vers le mouvement. Et c'est là que des chefs comme Fischer émergent, montant des opérations de plus longue portée, visant des objectifs plus ambitieux et ayant plus de moyens à leur disposition et plus d'autonomie: ils nomadisent, foutent le dawa sur les arrières ennemis, détruisent ou saisissent des points de passage, font du rens dans la profondeur, entretiennent l'insécurité dans des zones ciblées (pour avoir un effet matériel ou tromper l'ennemi sur les intentions du général français).... Très mobiles, ayant un grand rayon d'action, ils frappent loin et avec plus de force que les compagnies franches de jadis: Fischer a eu jusqu'à un bon millier d'hommes dans son corps franc. Pour l'historique particulier du corps de Fischer: il a commencé comme groupement de volontaires partisans (ou francs tireurs) dans une des tâches subalternes des armées, surtout des unités de cavalerie.... Aller récupérer les chevaux piqués par la cavalerie légère adverse (les hussards autrichiens faisaient ça souvent, ayant une culture de peuple nomade qui restait marquante). Ses premiers volontaires sont des domestiques et des palefreniers (comme Fischer lui-même à la base), des armées ou non (des locaux, des serviteurs d'officiers aristos....). Fischer, déjà remarqué pour sa bravoure (alors qu'il n'est pas soldat) se voit confié cette mission régulièrement. Sa première commission est délivrée en 1743, en tant que capitaine, l'unité étant reconnue comme compagnie franche (un statut existant) de chasseurs (première apparition du nom), et comme d'autres unités franches, c'est un mix cavaliers-fantassins. Elle va rapidement croître pour devenir un "corps" d'une taille équivalente à un bataillon, dès 1747, Fischer est lieutenant colonel (exceptionnel pour un roturier, étranger de surcroît). A son summum, l'unité doit avoisiner les 2000h (1100-1200 seulement étant des réguliers toutefois), et Fischer utilise ainsi un vrai détachement pouvant porter des coups durs. Surtout vu le rôdage de l'unité: aguerris, depuis longtemps sous les drapeaux (surtout un groupe de cadres de longue durée), bien financés et entraînés, les chasseurs attirent en plus du monde et peuvent se permettre de faire de la sélection (contrairement à beaucoup d'unités de ligne), y compris pour les officiers. Fischer est alors brigadier (= général de brigade), une distinction et une fonction temporaire, pas un grade. Il est à noter que cette arme des "légers" à cette époque est très diverse, et le rôle qu'a joué Fischer était du à l'unité exceptionnelle qu'il avait formé et à sa qualité personnelle. Il y en avait d'autres, mais au global, ils ne représentaient pas toute "l'arme". -
Forces spéciales israéliennes
Tancrède a répondu à un(e) sujet de tom dans Forces spéciales et clandestines
Oui, les Palmach étaient un modèle social autant que, de fait, les seules troupes permanentes de la Hagannah (avec aussi une composante réserve en plus), ce qui leur donnait un statut d'élite par rapport à une troupe "régulière" pas en permanence sous les drapeaux, un vrai réservoir de savoir-faire gardé au chaud et s'exerçant à tout moment. Pour la droite, Etsel et le Lehi ont une importance politique plus grande encore il me semble, étant à l'époque nettement plus petits que la Hagannah, tout comme les pans de population qu'ils représentent sont plus réduits: ce sont des multiplicateurs de puissance politique énormes dans les négos internes à la population juive. Pour faire un autre parallèle, ou même plusieurs, où de petites actions ont provoqué de grands changements: la guerre d'indépendance américaine, comme le disait Lafayette, a vu de petits bataillons obtenir de plus grands résultats politiques que les immenses armées d'Europe. Dans une guerre à cette échelle, les petits groupes et les actions ciblées pèsent beaucoup plus. De même, l'histoire de France au Moyen Age est le plus souvent le fait de l'affrontement de petits groupes, et la reconquête du royaume par Du Guesclin et Charles V a été faite sur le terrain opérationnel par une troupe permanente n'ayant jamais dépassé le millier d'hommes et opérant par petits partis de quelques dizaine d'hommes refusant la bataille rangée et ayant tout de vrais commandos. L'histoire romaine elle-même est parsemée de tels événements: rien que l'enlèvement des Sabines le montre (l'opération spéciale la plus justifiée de tous les temps! Aller choper des nanas ). -
Forces spéciales israéliennes
Tancrède a répondu à un(e) sujet de tom dans Forces spéciales et clandestines
Personnellement, même si ce n'est pas entièrement dans le sujet, je ne vois pas ça comme un HS, au contraire, parce qu'il s'agit bien d'une dimension particulière aux FS, tant dans leur nature et leur composition que dans la dimension de leurs actions. Si on s'en tient même à la définition anglaise stricte des FS, on est même là directement dans le sujet, parce que leur action et leurs modes opératoires sont précisément ciblés pour obtenir des effets stratégiques, donc politiques, souvent à fort impact "médiatique" (quelle que soit l'époque, il y a des médias). Et dans le monde antique, séparer la dimension politique de la dimension religieuse est impossible et illusoire. De ces petites victoires est venu le maintien et le renforcement de l'entité politique et religieuse juive. Dans cette entité est né le christianisme. Le christianisme et le judaïsme se sont tiré la bourre dans un monde romain unifié autour de la Méditerranée (donc sans barrières politiques intérieures: pas besoin d'expansionisme militaire pour qu'il y ait expansionnisme religieux), jeu qui s'est arrêté quand le lobbying chrétien l'a emporté en ciblant le bon client: l'empereur Constantin lui-même. A partir de lui, les jeux sont faits: le christianisme se mêle au culte impérial et à la structure politique interne de l'empire, profite des infrastructures existantes et d'un système juridique, financier, social et religieux existant, au sein de la plus puissante et pénétrante entité politique de cette partie du monde. C'est moins la théorie du chaos, à mon sens que la petite force décisive appliquée au bon endroit au bon moment, l'effet levier/point d'appui en somme :lol:. "Donnez-moi un bon point d'appui, et je soulève le monde". Pour revenir au domaine FS actuel en général, et israélien en particulier (le sujet en fait, suis-je distrait), quel usage a fait l'Etat hébreu de l'impact de ses FS pour l'action stratégique, ponctuelle (une opération) ou de long terme (cet outil comme "dissuasion", "effet multiplicateur" d'une menace ou d'une action)? Quel impact ont-elles dans Israël même aujourd'hui? Sont-elles la partie "épargnée" de l'armée qui garde tout son aura? Un enjeu politique pour les factions internes qui taillent leurs territoires (immigrants russes, orthodoxes....)? Un facteur de recrutement qui ne connaît pas la crise d'attractivité du reste de Tsahal? Un moyen de conserver et développer les savoirs-faires de haut niveau dans TOUS les domaines (pas seulement ceux généralement assimilés aux FS) face à une masse de conscrits de moins en moins entraînés, appelés à faire une guerre improbable, voire même convoqués assez souvent? Sont-elles de ce fait une "armée idéale" en réduction, calibrée, à tort ou à raison, pour la politique d'emploi de l'outil militaire actuel d'Israël? Si oui, est-ce un choix pertinent? Et pour moi, oui, toutes ces questions sont profondément dans la continuité qu'on peut trouver avec des parallèles bibliques, par l'impact historique des événements, individus et groupes qu'ils évoquent, fut-ce de façon allégorique. Personnellement, je ne vois pas de rupture, mais bien un parallélisme et surtout une aide à la lecture pour avoir un autre angle d'approche sur le sujet dans toutes ses dimensions: militaires/opérationnel, stratégique, politique, sociale et sociologique. L'histoire du Roi David ferait d'ailleurs bien d'être méditée pour les guéguerres politiques internes d'Israël: un "berger" en fait venant d'une famille de compagnon d'armes du roi Saül (en ces temps, ça veut dire un hobereau qui sait se battre -savoir-faire rare, voire privilège- et a des relations même s'il n'a pas forcément le fric), réussit une bonne opération dont l'impact est démesuré par rapport à la dimension, juste parce qu'il est un peu plus malin que les autres. Mais après, sa réussite rend jaloux jusqu'au roi; traduction, le mec a un peu trop le vent en poupe, et le patron est pas joasse parce que le larbin est plus populaire que lui (= récolte des soutiens, du fric, une faction.... Et donc pèse politiquement en plus d'être une menace potentielle), sans doute aussi au sein des forces armées. Résultat, il est viré, et parvient à se tirer de justesse de tentatives d'assassinat. Hors de l'enceinte du palais, il peut rassembler sa base, profiter de sa popularité et de ses soutiens, et revenir dégager le boss. Aujourd'hui, des factions politiques qui prennent le contrôle, ou à tout le moins de l'influence au sein des unités spéciales dont Tsahal regorge, tiennent de fait les unités clés du dispositif militaire permanent de l'Etat, celles dont l'impact actif (capacités, disponibilité, souplesse d'emploi) et passif (aura, effet psychologique et politique) est le plus grand. Et toute action militaire réussie par l'une devient alors un outil politique (ce qu'on aurait jadis appelé "prestige") qui sert la faction qui la contrôle. Les risques évoqués souvent de division interne à Israël peuvent se lire aussi sous cet angle "pratique".... Et ne sont pas sans rappeler l'histoire biblique si on se donne la peine de la dépoussiérer. -
Forces spéciales israéliennes
Tancrède a répondu à un(e) sujet de tom dans Forces spéciales et clandestines
Quand on voit l'échelle que devait avoir la plupart des pays en guerre évoqués dans l'Ancien Testament, on se dit de toute façon que les effectifs militaires en jeu, sauf pour quelques cas (ceux qui impliquent l'Egypte et après l'ancien testament, Rome), devaient pas casser 3 pattes à un canard. Donc l'importance relative de raids "commandos" ou d'opérations qu'on qualifierait aujourd'hui de FS devait être énorme parce que leur effet, même strictement militaire devait pouvoir se multiplier à une échelle directement sensible sur de telles armées. Décapite un corps d'armée en butant son EM ou simplement son chef (surtout à cette époque, un chef militaire était le plus souvent aussi un haut aristo/un chef politique), et tu as un effet direct majeur impossible à compenser à court terme au moins, sachant qu'un tel corps doit peser au moins un quart ou un tiers d'un ordre de bataille de ce temps, et que souvent, vu la nature socio-politique des Etats d'alors, l'encadrement doit être directement dépendant du dit chef assassiné en tant que clientèle personnelle, féal.... L'effet obtenu doit être spectaculaire pour un contemporain, réellement décisif, et la mythification qui en découle (même en faisant abstraction du bouche à oreille à travers les siècles) doit être déjà gratinée à la base. Si ça se trouve, David était en fait le chef d'une petite bande de bergers sachant manier la fronde (ou de "fantassins légers" jouant les enfants perdus), qui est allé se colleter un contingent d'élite philistin (apparemment, y'a tout un truc sur le fait que Goliath était un hoplite dans une armée héllénisante: le hoplite est au coeur du dispositif, mais il n'en est qu'une partie) qui était en terrain difficile, donc sans possibilité de se déployer correctement; une bonne embuscade, ils les trucident sans leur laisser une chance, et hop, les Philistins perdent d'un coup leur fer de lance, leur plus important outil de dissuasion, leur multiplicateur de force (pour des batailles rangées) et, vu qu'il s'agit d'unités d'élite, sans doute leurs "héros" et/ou des personnages politiquement et socialement importants. Effet psychologique ravageur, effet de désorganisation sur une armée en campagne décisif. Emballé c'est pesé! Les fantassins juifs qui essayaient de s'aligner sur les philistins la ramènent moins puisque des fantassins légers avec un cerveau ont réussi en une fois ce qu'eux n'ont jamais su faire. Et le chef de cette joyeuse bande a lui une bargaining chip majeure pour changer de carrière. Dans le monde antique, les ruses (appelées souvent "stratagèmes") qui réussissent sont souvent montées en épingle dans des proportions mythiques précisément en raison de cet impact disproportionné, et dans ce cas précis, il faut à la fois prendre cet effet en compte aux côtés du mythe du hoplite, à la fois vecteur de prestige militaire (aura d'invincibilité, centralité du concept dans la culture urbaine et citoyenne grecque) et de prestige politique et social (hoplite = friqué, élite sociale, archétype politique du citoyen soldat....). Ca et le fait que dans la vision et la superstition d'alors, la victoire est toujours un signe de "choix des dieux", donnant une aura énorme à celui qui l'obtient, et encore plus quand il y a peu de monde en jeu: la chose peut être encore plus personnalisée. Et au final, mythifie t-on moins les FS contemporaines? Ce sont les super-héros de notre époque: à voir 99% des séries et films avec des FS, on est franchement à des années lumières de la réalité. Difficile de voir à quoi ressembleront ces mythes modernes dans 30 ans, dans 50 ou dans 100: toutes les bornes du ridicule, du superstitieux/religieux seront-elles franchies? -
Forces spéciales israéliennes
Tancrède a répondu à un(e) sujet de tom dans Forces spéciales et clandestines
Je ne sais pas si c'est totalement hors sujet à part pour le ton sarcastique; ça l'est fondamentalement puisqu'on parle ici de l'Israël moderne et non du royaume antique, mais je me demande toujours, à travers le méli mélo du bouche à oreille et des siècles, les déformations en tous genres et l'amphase lyrique initiale de la première version écrite, quelle est la part d'historicité de ces récits bibliques. Beaucoup d'entre eux sont des récits, certains portés au niveau du symbolisme, qui se mêlent à des mythes purs mais aussi à une mythification de la réalité. Et le point serait de trouver cette part de réalité au travers de morceaux du récit biblique pour les événements dont on sait qu'ils ont eu lieu, les personnages dont on sait qu'ils ont existé: David en est un, l'affrontement Hébreux-Philistins a été un fait. Tout comme la guerre de Troie. Et je trouve toujours amusant, à côté des grandes batailles recensées ou d'accrochages mineurs, parfois décisifs cependant, montés en épingle, de me demander si à l'occasion, certains des personnages mis en exergue n'ont pas à un moment ou à un autre réellement réussi de petites opérations au bon endroit au bon moment, qui se sont révélées absolument décisives.... Ce qu'on appelle aujourd'hui des opérations spéciales. Après tout, le coup de Dalila, c'est une opération d'infiltration avec réussite exceptionnelle :lol:. De même que la prise de Troie par les Mycéniens, loin d'une bataille titanesque, a vraisemblablement été un raid (un peu façon viking) de pillage réussi dont le mode opératoire est purement et simplement ce qu'on classe aujourd'hui dans le registre commando/opérations spéciales (avec une opération d'intox préalable à base d'équidé en bois :lol:, dont l'historicité est plus douteuse). Quand on voit aujourd'hui la mythification des forces spéciales, de leurs opérateurs et de leurs actions, réelles ou fictives, que ce soit dans la fiction écrite ou audiovisuelle (ou les jeux vidéos), on se dit qu'on a déjà une vision carrément déformée des FS de notre propre époque. Dans le cas israélien, pour se raccrocher au sujet du bout des ongles, cette mythification est même plus forte qu'ailleurs vu la situation géopolitique du pays et son histoire récente, et elle a mieux survécu d'ailleurs que celle de l'armée qui avait jusqu'aux années 70 une image déformante de ce type dans les mentalités et la culture populaire israélienne. Si on essayait d'évaluer non la réalité mais l'image du raid d'Entebbe dans l'esprit de l'Israélien moyen, aurait-on quelque chose qui ressemble tant que ça à la réalité? Serait-on, après tout et toutes proportions gardées, si loin de déformations telles que la Bible peut en présenter sur les personnages et événements historiques qu'elle évoque? Ecce homo comme dirait l'autre, et radio rumeur date d'avant la radio :lol:. Au final, c'est un aspect des FS dont on parle peu ici mais qui concourt pleinement de leur particularité, de leur attractivité (pour les candidats et pour les fanas/spectateurs) et, dans une certaine mesure, de leur efficacité: leur mythification, aussi bien la part de fait (récits, écho dans les populations....) que celle volontairement créée (par le secret, le mystère, mais aussi par une forme de "propagande" plus ou moins savamment orchestrée). Et Israël, plus que d'autres nations en raison de sa situation, utilise cet effet (et le subit aussi) parce que c'est un besoin autant qu'un fait inhérent aux FS. Ca vous semble si HS que ça? Pas à moi. -
Forces spéciales israéliennes
Tancrède a répondu à un(e) sujet de tom dans Forces spéciales et clandestines
Merde! Les cours de catéchisme sont trop loin..... Mais bon, avantage d'être catho: quelques paters et quelques ave, et je suis pardonné ;) :lol:. -
Forces spéciales israéliennes
Tancrède a répondu à un(e) sujet de tom dans Forces spéciales et clandestines
Ben il a des excuses: sa bourgeoise venait de l'entuber, il venait de perdre ses cheveux (alors qu'il était tout jeune et pétant de santé) et par là ce qui lui permettait de pratiquer son métier (= plus de job), les Philistins en ont profité pour lui faire passer un sale quart d'heure.... Laisse souffler ce pauv'gars avant de lui refiler l'étiquette de commando suicide.... Une dépression pré-trentaine, c'est rude, même pour un opérateur FS! Alors on va plutôt mettre ça sur une crise de stress post-traumatique :lol:! Bon, en plus, les Philistins, apparemment, étaient pas vraiment une population apparentée aux locaux, mais plutôt des Grecs, si ma mémoire est bonne.... Ca complique encore la géopolitique de cette opération spéciale . Entre un Ariel Sharon qui finit en légume qu'on n'ose pas débrancher, emmêlé dans des scandales de pots de vins et corruption, un Netahnyaou en phase de délire jusqu'au boutiste ou un barak semi-obèse avec sa tronche de charcutier mesquin d'un côté, et un sniper nommé David qui devient roi, un nageur de combat faisant une infiltration en baleine (Job) ou un opérateur "action" comme Samson qui sait ce que partir avec panache veut dire, de l'autre côté, je dis que les FS israéliennes sont vraiment à la ramasse et qu'elles ont perdu la main. Et pas qu'un peu. -
Forces spéciales israéliennes
Tancrède a répondu à un(e) sujet de tom dans Forces spéciales et clandestines
Enfile ta kippa et file dans la première yeshiva, mécréant! Tu me copieras cent fois: "Samson est mort de sa main en faisant s'écrouler un temple dont il a pu bousiller les colonnes de soutien après avoir résolu ses problèmes de calvitie aussi involontaires que précoces".... Non mais! Honte à toi! Je sais que les Israéliens donnent peu de détails sur leurs opérateurs de forces spéciales, mais Samson, c'est comme Andy McNab et quelques autres: il a fait couler pas mal d'ancre.... Samson et Dalila Bravo Two Zero: le retour.... Ceci dit, cette histoire particulière, en pointant le rôle de Dalila dans le sabotage du principal multiplicateur de forces du dit opérateur est-il là pour souligner le risque d'infiltration des unités FS israéliennes par des opérateurs palestiniens/philistins? Ou pour dire que Dieu ne veut pas de femmes dans les unités spéciales ? -
[Union Européenne] nos projets, son futur
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Marechal_UE dans Politique etrangère / Relations internationales
Mais bordel c'est quoi cette invention que les Européens se seraient "tournés" vers les Français? Ca n'a jamais été le cas. Faut arrêter d'essayer de réinventer l'histoire diplomatique. Et l'OTAN n'était pas sur un "lit de mort" au milieu des années 90, désolé de revenir sur la planète réalité. Gné? Depuis quand c'est séparé? Défense = armée. Armée = outil principal et premier de politique extérieure. Armée = faite en fonction précisément de la posture de politique extérieure.... = Chou Vert et Vert Chou. Parce qu'ils ont une économie structurellement plus alignée sur le modèle allemand? Parce qu'ils sont de fait des colonies économiques allemandes? Dans le genre "ne veux pas comprendre, tu te poses là: rien que les pays que j'ai mentionné, avec la France, c'est près de 180 millions d'habitants (contre quoi d'autre aux côtés de l'Allemagne? Les Pays Bas?). Qui décrète que leur économie est mauvaise par principe et que celui de l'Allemagne, imposé par l'euro, est bon? D'accord, donc on importe chinois parce que ce sont des produits de qualité ;). Non, elle est faite pour une autre monnaie avec une autre politique monétaire, c'est apparemment ça que tu veux pas comprendre. Faut lire quelques bouquins d'économie, sérieusement; compétitivité qualité ou compétitivité prix, ce sont les 2 grandes familles d'option, et nous on a une économie qui était plutôt fondée sur l'une mais qui doit fonctionner avec la monnaie de l'autre, et dans l'intervalle, il faut payer un coût d'adaptation que la concurrence sur modèle allemand n'a pas à se coltiner.... Sans le fric pour faire la dite adaptation. On découpe des planches en France, la question est pourquoi on le fait moins qu'avant: pourquoi c'est devenu une activité de moins en moins rentable.... -
[Union Européenne] nos projets, son futur
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Marechal_UE dans Politique etrangère / Relations internationales
Ca sort d'où cette invention :O? L'essentiel des pays européens a toujours été fait de pays "casaniers", sans histoire (donc sans intérêts développés pendant longtemps) extérieure à l'Europe ou une très limitée (ou qui ne l'ont plus), de puissance faible ou moyenne et radicalement centrés sur des intérêts locaux. Ce n'est pas notre cas, pas plus que celui de l'Angleterre. Ces pays sont pour la plupart aujourd'hui atlantistes ET L'ONT TOUJOURS ETE dans les 5 ou 6 dernières décennies. Y'a pas eu "d'occasion" pour la France dans les années 90; ça c'est du délire, désolé de le dire ainsi. Comment concevoir même une seule seconde qu'il puisse y avoir une politique extérieure européenne unie qui ne soit pas contraire, voire radicalement contraire, aux intérêts d'une France et d'une Angleterre pour qui ces déterminants ne sont pas si absolus (aussi atlantistes -mais pour d'autres raisons- que soient les Anglais)? Et par là une armée, puisque une armée procède d'une compréhension d'intérêts extérieurs, donc d'une politique étrangère. Construire une armée européenne et après voir à quoi a peut servir, c'est d'une connerie monumentale et un faux prétexte pour faire des économies. Avec juste le quota d'unités de supplétifs ou de coolies prêtes à l'emploi pour une armée américaine qui elle procède d'une compréhension du monde en fonction d'intérêts réels et bien sentis. Espagnols, Italiens, Hongrois, Irlandais et quelques autres n'en sont pas fanas non plus, pour des raisons différentes; une monnaie reflète une économie. Et là l'euro est fait pour l'économie allemande. Ce n'est pas la seule raison de la perte de compétitivité française, mais c'est une raison énorme vu le cours de l'euro. Sauf que, rien que pour reprendre ton exemple, il faudrait peut-être regarder si: - exporter est rentable/supportable pour le petit entrepreneur français - si, surtout, l'entrepreneur français vend les mêmes vitres que l'entrepreneur allemand Parce que c'est un peu ça le problème par lequel les arguments auxquels répond (caricaturalement) Asselineau sont en fait aussi spécieux que les siens: les économies sont différentes, mais la monnaie est unique, et cette monnaie favorise une économie et handicape les autres. Ton vitrier français avait peut-être un modèle fondé sur des vitres sans rien de spécial, mais compétitives au niveau prix, là où son "homologue" allemand fait des vitres chères, anti-UV, écolos, hyper sécurisée.... Qui ne fondent pas leur compétitivité sur le prix. Et une petite taille ne permet pas forcément l'adaptation (surtout dans un contexte financier/monétaire favorisant la rente, ce qui est le propre d'un environnement en monnaie forte, et non l'investissement) ou la handicape, surtout quand en plus le dit petit vitrier est forcé de faire ce choix (sans les moyens de le faire en fait) et doit aller sur un marché déjà occupé par le vitrier allemand, et en général en fait saturé au niveau mondial. Pas impossible, mais dur, et si le petit vitrier français y parvient, ça voudra cependant dire que les 3/4 de ses homologues français se seront bananés en chemin face à un secteur vitrier allemand qui n'a pas eu à payer l'adaptation parce qu'il était déjà en général sur ce marché et occupait déjà des positions, pouvant librement continuer sans avoir à subir une phase de transition coûteuse, voire hors de ses moyens, et risquée. Et le petit vitrier français est forcé d'aller sur un marché qu'il ne connaît pas, n'a pas les moyens de maîtriser rapidement et ce alors même qu'il a du s'endetter et risquer beaucoup pour y être, face à un vitrier allemand déjà installé et n'ayant pas de coût autre qu'habituel à assumer. Alors le petit vitrier français, parce qu'il est pas forcément con, sait faire ce calcul à l'avance et reste sur son petit marché, ou bien se voit refuser tout prêt pour un tel développement parce que la banque, frileuse et portée sur les rentes de capital dans de grosses entités économiques, ne lui voit pas beaucoup d'avenir dans le marché de la vitre haut de gamme: il préfère filer du fric au vitrier allemand déjà confirmé dans son marché et plus grand. On ne prête qu'aux riches, et les plus riches sont toujours ceux qui sont installés dans leur marché tel qu'il fonctionne. A cet égard, l'euro aggrandit les conditions qui favorisent ainsi l'Allemagne et heurtent les PME françaises (certes souvent trop petites, aussi pour des raisons dont la France est responsable). Et le dit banquier sera d'autant plus content d'investir dans l'allemand que l'euro, c'est le mark - 30%, ce qui améliore d'autant le vitrier allemand sans qu'il ait rien eu à faire, à payer ou à risquer pour cela. Désolé, mais l'argument selon lequel le petit entrepreneur veut rester petit et dans son coin, c'est la même chose que celui selon lequel les chômeurs sont chômeurs parce qu'ils le veulent (pour toucher les allocs et/ou parce qu'ils sont flemmards); c'est certainement vrai dans un certain nombre de cas, mais ces cas sont une proportion très réduite des entrepreneurs. -
Pourquoi tu es aussi défensif? Tu exagères énormément: certains ici font certes des commentaires très unilatéraux, mais il s'agit d'un sujet spécifiquement centré sur les USA, alors oui, les points délicats, précisément ceux qui font l'objet d'un débat (y'a rien à dire quand les choses marchent :lol:) ont un niveau de focus plus élevé. Mais toi, à l'inverse, minimise tous ces points comme "négligeables" ou "pareil que partout ailleurs" comme s'il n'y avait aucune spécificité aux USA. Et oui, les défauts de nos démocraties sont catalysés aux USA qui restent d'une part (subjective) le point focal du monde en la matière, qu'on le veuille ou non, et d'une autre part (plus mesurable dans de nombreux domaines) un lieu de plus grande caricature dans les défauts et les qualités du fonctionnement de la démocratie, particulièrement leur arène publique: désolé, mais une scène publique où une chaîne de grande audience comme FoxNews peut dire ce qu'elle dit et comme elle le dit (ayant apparemment un grand problème avec les chiffres et les faits) a de fait un énorme problème, que les autres démocraties n'ont pas a un tel niveau: on a des gens qui disent n'importe quoi et exagèrent énormément tout, mais pas à ce niveau d'audience et de pénétration, et pas de façon aussi idéologiquement teintée. L'autre bord politique aux USA n'a rien d'équivalent à Fox, à part peut-être à l'avenir ce qui semble commencer à se faire à MSNBC (qui n'a cependant pas la même gamme d'audience). Autres caricatures spécifiques aux USA en politique: la primaire républicaine, désolé de le dire, n'a RIEN d'équivalent dans les autres démocraties occidentales, pas plus que le nombre et l'importance de faux sujets imposés sur le devant de la scène et accaparant l'attention publique pour mieux ne pas parler du reste (grosso modo, quand tu résumes à "God, guns and gays", Evolution vs Creationism inclu dans le lot, tu as l'idée). On a évidemment aussi des faux sujets de crispation et une dérive des médias, mais désolé encore, c'est VRAIMENT pas au même niveau. Everything's bigger in the States, pour paraphraser un slogan :lol:. Le sujet sur les fraudes électorales, c'est pareil: on retrouve les mêmes principes de dérives, truquages, erreurs et arnaques en tous genres parce que c'est inhérent à la démocratie et qu'il n'y a pas un nombre infini de façon de fausser un processus électoral. Mais là encore, le niveau n'est pas le même.... Sauf si on compte la Corse évidemment :lol:.
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Plus encore, Obama avait par ces méthodes acquis un fond de roulement inhabituellement important fondé sur les donations individuelles, qui lui avait donné plus de marge de manoeuvre dans sa campagne (pas dans la campagne post primaire des deux côtés, vu que les sommes en jeu à ce stade sont d'un autre calibre).... Si certains craignent qu'il réitère le porte à porte qui rapporte des voix habituellement non exprimées, il est néanmoins certain que ce coup du financement n'aura pas de redite. Pas au même niveau en tout cas.
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Oui pour les différences théoriques, mais il y a aussi les différences pratiques: la disponibilité de structures administratives pouvant donner les documents en est une. Si t'en as aucune dans un rayon de plusieurs centaines de kilomètres, c'est de facto un problème, même si tu as un droit théorique à faire valoir. De même que l'usage peut constituer un autre obstacle que des groupes de pression et/ou majorités (ou minorités actives) peuvent utiliser: lenteurs administratives pour fournir les dits documents, examens plus tâtillons pour certains que pour d'autres, blocages volontaires.... Quand il n'y a pas tout simplement des fraudes organisées à plus ou moins grandes échelles, lesquelles peuvent être facilitées, volontairement ou non par un système fonctionnant mal (mauvaise organisation volontairement entretenue, système informatique défaillant et/ou trop complexe....), ce qui peut être un fait sciemment orchestré (entre autre pour "démontrer" que par essence, l'administration fonctionne mal). Ce n'est pas de la théorie du complot, c'est un fait dans beaucoup d'Etats américains (et pas qu'aux USA d'ailleurs), ne serait-ce que pour la simple raison que qui veut buter son chien l'accuse d'abord d'avoir la rage, ce pourquoi il y a mille et une façons de lui en donner les symptômes. L'école publique américaine est là pour le prouver depuis 40 ans. Pour le permis de port d'armes, il faut aussi noter que les critères pour l'obtenir varient beaucoup d'un Etat à l'autre, si bien qu'il est beaucoup d'Etats où aucun examen ou presque ne préside à son obtention.
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[Union Européenne] nos projets, son futur
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Marechal_UE dans Politique etrangère / Relations internationales
Que le mec déforme bien des choses, c'est un fait (j'ai réussi à écouter 1h et demie), mais franchement, faut pas non plus déconner vu le niveau de la soupe européiste qui est balancée, et très souvent sur ce topic même.... Et qui est EXACTEMENT DU MEME NIVEAU, juste du point de vue opposé. Pitié, comme si il y avait même une seule structure de l'UE ayant la moindre crédibilité dans ce domaine.... Si, il y en a une: Interpol :lol:. Créée au début du XXème siècle et ne dépendant surtout pas de l'UE. Et puis c'est pas tellement européen :lol:. Ce qu'Asselineau a particulièrement raison de pointer, c'est la façon dont la France se tire des balles dans les pieds en essayant de s'aligner sur une monnaie ne correspondant pas à son économie, à participer aux fonds structurels de façon globale, sans lien avec ses intérêts économiques (l'exemple pointé de la Lithuanie est vrai: pourquoi ne pas comptabiliser les contributions européennes qui vont à de tels pays comme partie intégrante de "l'aide au développement"?), et ce aux dépends de la francophonie et de la politique économique qui va avec, qui sont des multiplicateurs de puissance et des investissements de long terme qui eux produiront des résultats. L'aide apportée aux pays de l'est ne profite qu'à l'Allemagne et va dans le sens de l'intérêt économique allemand, pas dans celui de la France. Là où il a tort sur ce point, ce en fait où il utilise mal cet exemple, est que au final, travailler cette sphère d'intérêts nationaux aurait pu quand même continuer à être mené, même si cela aurait supposé plus de discipline budgétaire (là la faute est française) et une opposition franche et nette avec l'Allemagne et quelques autres pays, au besoin en provoquant un clash politique. Quand il s'énerve sur le slogan "l'Europe c'est la paix, l'UE a fait la paix en Europe", là il a totalement raison et pointe du doigt une démagogie débile qui a été martelée depuis de longues décennies. Pareil quand il pointe le volet militaire, les Européistes ne voulant pas comprendre comment marche le principe d'une action extérieure et ne comprenant visiblement pas ce qu'est une politique extérieure et de quoi elle procède. Vouloir faire une armée européenne sans comprendre cela est atterrant, et c'est refuser de comprendre que la France, comme l'Angleterre d'ailleurs, est l'Etat qui y perdrait le plus sans y gagner grand-chose. -
Forces spéciales israéliennes
Tancrède a répondu à un(e) sujet de tom dans Forces spéciales et clandestines
La profusion des "unités spéciales" en Israël (chaque branche, chaque arme, chaque spécialité en a) ne vient-elle pas du fait de la conscription, et plus encore de la (mauvaise) façon dont elle fonctionne aujourd'hui? Une armée d'active microscopique en termes d'effectifs de combat, avec quand même un certain besoin ponctuel, n'a t-il pas amené à faire beaucoup de sélection dans les pools d'active (pros et conscrits) pour former autant d'unités "spéciales" que possibles, autant pour disposer d'un réservoir global suffisant de soldats qualifiés dans tous les métiers (donc aussi une "école" de savoirs-faires opérationnels) que pour avoir un pool "spécial" fourni pour chaque zone militaire. Beaucoup de ces unités sont-elles si "spéciales" que ça? -
Je crois que je parlais des officiers de terrain, les chefs d'unités élémentaires ou des "brigades" et "divisions" de cette époque (essentiellement des regroupements physiques d'unités de même type pour pouvoir les "manier" tactiquement); l'emploi du terme "officier opérationnel" était un mauvais choix de ma part. Je ne parlais pas des officiers d'EM. Ceci dit, à l'époque classique, il ne faut pas non plus ramener ces choses à des personnalités: même si des structures formelles permanentes (et en majorité immuable quel que soit le commandant en chef) n'existaient pas, des "équipes" permanentes (ou presque) existaient de fait à travers la clientèle des "grands" du royaume (pour l'essentiel ceux qui se partageaient les grands commandements jusqu'à Louis XIV) et des professionnels permanents de moindre lignage mais étant présents aux armées à l'année et/ou patronnés par un "Grand" ou le Roi lui-même. Sans être des structures formelles et définies, il s'agissait bien d'équipes de commandement d'une certaine manière "clé en main" (plug and play) dont il était généralement acquis que toute personne susceptible de commander devait s'entourer. Au XVIIIème siècle, avec la révolution intellectuelle militaire et l'obligation (depuis Louvois) d'un cantonnement permanent des chefs avec leurs unités, cette pratique était devenue une constante de fait (les frères De Broglie en furent des exemples aboutis) même si les chefs proprement dit faisaient la navette entre le cantonnement et la Cour. A noter aussi que les réformes post guerre de 7 ans ont imposé un "grand EM" permanent et des EM "de théâtre" souvent occultés dans l'historiographie, structures dont les armées de la Révolution, entre autres innovations, vont hériter, et que Napoléon poussera à un plus haut degré de développement. Le Generalstab prussien, institué dans les années 1820 même si son embryon naît réellement dans les réformes militaires de 1806 à 1813, est directement "pompé" sur celui de Napoléon. Son développement au XIXème siècle a en effet trouvé une bonne formule EM-terrain pour la gestion de ses personnels, chose que le 2nd Empire n'a pas su faire (moins de temps, rapports Napoléon III -armée, corps des officiers assez pourri). Il faut aussi notet que des EM "professionnels" finissaient rapidement par se former dans le contexte de guerres s'étalant sur des années, les équipes se sédimentant par simple obligation. Au final, cela n'a jamais disparu même dans les armées modernes: en 1918, la capacité à commander au niveau opératif est la première à avoir disparu (même si c'est peu visible en temps de paix), et l'Afghanistan a montré que les armées pros actuelles conservaient les éternels mauvais réflexes d'une période de retour à la paix. Oui, c'est d'ailleurs en 1870 qu'on le voit le mieux, avec un generalstab en avance et largement supérieur, et des commandements de grandes unités absolument minables, pas meilleurs (voire pires) que leurs homologues français. 2 familles de conséquences inévitables: - la guerre de chapelles au sein de la décision opérationnelle interarmée est moindre, ou en tout cas se voit imposer une "loi" supérieure - cette "loi" supérieure vient d'une quasi caste qui devient de fait aussi une chapelle en soi Aucune de ces 2 gammes de conséquences n'est par essence absolue, et la question est de savoir comment en limiter les effets; difficile, parce que là il s'agit moins de régulations et directives proprement dites (pour l'essentiel, si le système est fait correctement.... Pas comme l'EM français de 1870 qui cumulait les mauvais points) mais de culture et de modes de comportement. Mais une caste d'EM aurait au moins plus de poids en tant qu'arbitre pour avoir une vision de l'effet global interarme obtenu/souhaitable, une vision plus structurante d'un modèle général de forces terrestres. La question est là: comment on vire, garde ou promeut pour limiter les effets pervers? Une large part des choses peut-être laissée à l'appréciation des supérieurs, ce qui implique autant d'avantages (moindre formalisme, lecture entre les lignes, appréciation de caractère, esprit de corps....) que de problèmes ("clientèles" internes, petits accords entre amis, politique politicienne dans l'institution, reportage de blâmes sur des boucs émissaires....). Mais là déjà, à mon avis, séparer de fait le corps des officiers en "opérationnels" et "EM" aurait déjà un effet majeur sur des carrières n'ayant pas les mêmes types d'impératifs ni les mêmes cercles. Outre le fait d'avoir 2 (voire 3 avec un corps d'officiers purement "technique/scientifique/ingénierie") corps d'officiers, je me demande depuis un bout de temps s'il ne faudrait pas simplement faire disparaître pas mal de grades afin d'avoir justement un accent porté sur la fonction proprement dite au moment où elle est exercée, soit une séparation nette entre un statut d'officier, limité dans chaque corps à un nombre restreint de grades (plus restreint qu'actuellement), et un "acting rank" de fonction, les 2 choses n'ayant aucun rapport en terme d'appellations. Exemples historiques: - le "brigadier" ou était un colonel temporairement en charge d'un regroupement d'unités. Il a disparu en France (c'est pourquoi y'a pas de général à 1 étoile) mais reste dans d'autres pays même s'il est devenu un grade permanent. - Le colonel lui-même était à la base un capitaine "primus inter pares" placé à la tête d'une "colonne" de plusieurs compagnies qui, en se regroupant en unités permanentes au XVIème siècle devinrent des régiments avec un colonel permanent à leur tête - un commodore était un capitaine mis à la tête d'une "task force" navale (ou navale et amphibie) pour une expédition ponctuelle - toujours valide aujourd'hui, ce type de distinction est cependant plus circonscrit autour du corps des généraux, qui cependant continuent à se segmenter de fait via le nombre d'étoiles On différencie trop artificiellement les orientations historiques entre la "promotion à l'ancienneté" et la "promotion au mérite", en oubliant souvent que le mérite n'est pas quelque chose de si évident que ça à constater la plupart du temps parce qu'il n'est pas une révélation divine: quelqu'un doit le constater et recommander la promotion/l'affectation, et ce quelqu'un est souvent biaisé, de milles façons différentes (népotisme et clientélismes, antipathies et sympathies personnelles, regard imparfait sur une situation à juger....). Aucun système d'évaluation "quantifié" n'est réellement très révélateur. Et plus encore, la concurrence interne (accrue par les sureffectifs et/ou la rareté des occasions de se distinguer) provoque des comportements de compétition qui sont loin de toujours reposer sur la seule conduite opérationnelle, tant horizontalement (des officiers de même grade) que verticalement (un supérieur cherchant à tirer la couverture à lui ou à déléguer le blâme au subalterne). Au final, un système "au mérite" reproduit souvent beaucoup des dysfonctionnements de systèmes "clientélistes", "à l'ancienneté" ou fondés sur la naissance qui tous se teintaient de défauts similaires et n'avaient pas que des désavantages. Mais dire "au mérite" passe mieux dans l'oreille :lol:. Parallèlement, et plus que la simple question du/des corps d'officiers, il faut noter un détail dont je trouve qu'on le néglige facilement dans l'organisation d'une armée: le rassemblement physique en "grandes bases" rassemblant plusieurs unités faciliterait de beaucoup cette évolution d'une armée en corps. Sur une même grande base avec terrains de manoeuvre, beaucoup de questions sont résolues d'elles-mêmes quand aux problèmes inhérents au dualisme entre unités interarmes organiques et unités d'armes, donc de fait entre "armée unifiée" et "armée de corps". Au final, il s'agit d'un problème de fonds pour avoir un certain niveau de battle-readiness à tous échelons, et c'est un des autres problèmes que les armées ont souvent rencontré: les grandes manoeuvres (rassemblant des unités éparpillées) coûtent cher et sont les premières sabrées dans tout budget. Et l'éclatement géographique d'unités d'armes ne fait qu'accentuer la faible pratique de l'interarme même à des échelons réduits qui sont pourtant aujourd'hui les "pions" de manoeuvre essentiels, que ce soit en raison de l'échelle/typologie d'une grande part des conflits actuels et prévisibles qu'en raison des développements sociologiques, techniques/technologiques et tactiques qui permettent de rendre des unités jadis très subalternes (des "exécutants" quasi mono-tâches) "intelligentes", autonomes, capables d'opérer et de faire la décision par elles-mêmes.
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de Marechal_UE dans Politique etrangère / Relations internationales
Y'en a qu'une partie qui est comme ça, surtout au NY Times.... Mais là où ils sont plus hypocrites pris comme un tout, c'est au vu de leur propre politique d'immigration sélective uniquement calculée en fonction d'impératifs d'utilité économique ou sociale/démographique, et strictement modulée en quotas renouvelés régulièrement. Là, pointer les autres du doigt pour faire quelque chose d'infiniment moins sélectif a un goût de "faites ce que je dis, pas ce que je fais" :lol:. -
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de Marechal_UE dans Politique etrangère / Relations internationales
Surtout quand le facteur qui pèse, et de loin, le plus dans les décisions européennes est le poids cumulé des lobbies les mieux financés qui sont la source majoritaire d'information (et d'autres à côtés :-[) de ceux qui prennent les décisions. -
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de Marechal_UE dans Politique etrangère / Relations internationales
Difficile de faire un comparatif entre des pays grands/moyens et de petits/micro pays: la Norvège, par exemple, doit tout au pétrole (bien géré, certes, mais avant les années 70, la Norvège avait une économie microbienne). La Suisse n'aurait pas vraiment d'économie sans une spécificité bancaire pouvant par ailleurs être vue comme parasitaire par d'autres pays. Singapour doit beaucoup, sinon tout, à sa position géographique et aux investissements massifs de l'époque britannique (pas vraiment justifiés par une quelconque rationalité économique) qui lui ont donné une place incontournable. Un petit pays est par nature très homogène dans sa population, a un consensus national nettement plus facile à réaliser, une maîtrise de son territoire (ou au moins de son territoire utile) plus facile à opérer.... Un pays grand ou moyen reflète une réalité nettement plus diverse et donc dure à gérer. A ce compte, on pourrait se demander "mais pourquoi la France ne fait pas comme le Luxembourg".... Parce que c'est raisonner en global, sans tenir compte de la multiplicité des intérêts particuliers qui chacun essaient de peser avec leurs moyens sur la décision globale, à l'aune de leurs besoins, de leurs impératifs, de leurs égoïsmes.... Qui chacun ont leur légitimité jusqu'à un certain point. Sans compter la contrainte extérieure (principalement européenne) qui impacte nécessairement aussi les comportements. Que le pays gère mal pas mal de dossiers, c'est un fait, mais ce n'est pas le seul facteur en cause, et cette gestion a des explications et des logiques internes qui ne sont pas aussi simples à gérer que dans des pays minuscules. -
Marines et Army n'ont pas vraiment les mêmes modes opératoires même sur ce plan là, ne fonctionnent pas selon les mêmes logiques ou organisation ni les mêmes mouvements, de même qu'on peut voir de grandes différences dans ces ensembles entre des pays pourtant très proches. A l'arrivée, ça fait des fantassins et des cavaliers aussi, mais ce sont des appellations très générales. A ce compte, seule la formation strictement individuelle, ou de la "fireteam" peut être réellement considérée comme commune. Pour les chars, l'exemple marines-army existe encore: l'essentiel de la formation de base peut-être commune, mais entre des unités d'appui (façon marines) à une doctrine d'infanterie et des unités mécanisées dont le métier principal est celui d'une arme blindée intégrée, y'a de la différence. Mais je trouve ta nomenclature déjà assez arbitraire: dire ce qui est "simple" et ce qui ne l'est pas, n'est-ce pas déjà plus prendre parti que décrire une réalité peut-être un poil moins évidente? Les écoles de formation sont-elles réellement ce qui coûte cher dans l'armée? On a plutôt l'impression d'une institution qui fait des économies de bouts de chandelles sur de multiples domaines, dont les écoles ou centres d'aguerrissement, pour mieux ne rien faire au niveau de choses bien plus chères où les économies sont nettement plus.... Politiques. Sans compter que pour des écoles, plusieurs cursus et classes peuvent partager une même infrastructure: ce sont les profs et cours qui changent, avec au besoin quelques structures en dur (champs d'exercices....) spécifiques qui peuvent exister. Pour les officiers, je mentionne juste que les Royal Marines (moins de 8000 personnels en tout et pour tout, pour une armée comparable à la nôtre et qui a fait des coupes budgétaires méchantes) forment leurs propres officiers en interne et n'ont pas l'air de s'en porter plus mal. Tout comme ils ont leurs propres structures de formation de tous niveaux. C'est pas un peu nier la spécificité de certains milieux et métiers que de juger aussi hâtivement? Un chef est un chef quelle que soit l'unité, certes (c'est un caractère, une façon d'avoir de l'autorité, de gérer des équipes de commandement), mais il y a des spécificité affirmées et des métiers. Si un chef infanterie est capable de gérer du méca, ça veut pas dire qu'ils sera réellement performant à faire joujou avec une unité de montagne en montagne, ou avec une unité amphibie dans un débarquement. Il peut apprendre, certes, et un bon apprend plus vite, mais à ce compte, on néglige le facteur temps totalement, les équipes de travail d'un métier, les spécificités de chacun, au profit de modèles généralistes qui me semblent dans la réalité souvent plus théoriques qu'autre chose, souvent plus portés sur le fait d'aspirer à un principe général qui ne peut avoir tellement de transcription dans la réalité. C'est d'ailleurs pourquoi je préfère l'idée d'un corps d'officiers nettement séparé en 2 écoles, "technique/terrain" et "EM". Ne pas oublier que l'origine de notre division actuelle entre officiers et sous-offs vient d'une époque lointaine où les chefs d'unités venaient d'une caste guerrière PAYANT les unités élémentaires, et ce au plus jeune âge possible, quel que soit leur degré de qualification; et une caste guerrière qui utilisait avant tout ce moyen pour peser sur la décision politique en interne. Autre que la spécificité de milieu, faut quand même pas non plus nier que le "chef" n'est pas une entité dans l'absolu: de très bons, voire excellents chefs de bataillons n'ont pas nécessairement "ce qu'il faut" pour être plus, et c'est valable à tous les niveaux. Le seuil d'incompétence n'épargne que des individus absolument exceptionnels, et passé certains grades, la sélection des officiers repose de moins en moins sur des critères quantifiables/appréciables/maîtrisables, et obéit d'ailleurs souvent en partie par ce fait à des logiques radicalement différentes de "l'intérêt du service". Par ailleurs, un commandement indépendant et interarme/interarmée est une chose différente d'une fonction d'exécution, et c'est pourquoi il ne faut pas nier la spécificité du commandement d'EM qui est au final une responsabilité réellement politique, incuant un vaste ensemble de donnée que même le meilleur chef opérationnel ne maîtrisera pas forcément, aussi "chef" soit-il, ne serait-ce que parce qu'il n'a pas forcément accès au secret des dieux (sauf en tant que "consultant technique"), n'est pas calibré par formation pour penser en ces termes.... A tous égards, quelqu'un qui a passé la majorité de sa carrière à apprendre à gérer et conduire des unités et des services d'une armée (une activité spécifique en soi, infiniment technique) ne s'inscrit pas forcément dans le cadre mental le plus disponible pour penser une action politique appliquée telle que la gestion d'un théâtre d'opération: reconnaître qu'il peut s'agir d'une fonction spécifique et non d'une suite logique de carrière n'insulte personne. Et qui y prendra la priorité? les blindés sans doute? C'est précisément ce genre de trucs qui crée une "pensée unique", un moule unique qui a d'autant moins de chances de jamais être capable de se regarder en face, de se remettre en question et de se rendre adaptable, la logique d'une institution unique, dès lors que les ressources sont tendues, étant toujours d'accorder une priorité croissante à ce qui est, à un moment ou à un autre, appelé un "coeur de métier" très arbitrairement délimité, aux dépends des autres.
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de Marechal_UE dans Politique etrangère / Relations internationales
De notoriété publique, la formation professionnelle est rien moins que minable en France, malgré un coût énorme. Résultat, du monde inemployé et inemployable, et plus encore, un temps de "transition" d'un métier à l'autre beaucoup trop long dans les faits, ce que la mauvaise organisation du marché du travail n'aide pas, pas plus que la faiblesse de l'investissement. Ajoute le comportement du secteur privé qui veut recruter de l'immédiatement disponible et exactement qualifié pour le job (et éjectable à tout moment), le tout pour toujours moins cher, avec volonté de créer une masse employable constante pour faire pression à la baisse sur les salaires et toujours disposer de marge de manoeuvre en la matière. Les conditions sont réunies pour encourager éternellement le recours à l'importation cheap et rapidement dispo, surtout quand celle-ci a pu monter en gamme et proposer autre chose que simplement des bras pour des jobs non qualifiés. Entre ça et une propension accrue (et loin d'être toujours justifiée en termes économiques) à l'outsourcing....