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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Je crois que ce rôle là a été tenu par Chirac: il l'a connue en tant que bambin/jeune con boutonneux :lol:.
  2. On y est en fait condamné, quand on regarde surtout les pyramides des âges: maintenir un certain ratio d'actifs pour chaque personne âgée (ou enfant d'ailleurs) est un impératif sous peine de voir la charge financière des retraités écraser le reste, trop peser dans la décision politique (voir en Allemagne une politique faite par et pour les retraités, avant tout des rentiers de fait), et en réaction se développer des phénomènes néfastes dans les générations d'actifs et d'étudiants (départs du pays, grogne sociale, extrêmismes divers et variés....). Ou alors voir des pans entiers de la population âgée plongés dans la mouise, ce qui généralement, passé une certaine échelle, ne donne pas un bon moral à la population sur ses perspectives et de fait ampute le revenu d'une bonne part des actifs qui soutient sur son propre porte monnaie (et non via un système de retraite, pension ou autre) leurs aînés: le transfert générationnel de revenus marche dans les 2 sens (les vieux entretiennent les jeunes ou l'inverse), mais dans les 2 cas, c'est généralement problématique vu la grogne que ça crée, les tensions, et surtout vu ce que ça révèle d'une économie, et pire encore ce que ça entraîne comme dynamique (plus les vieux doivent soutenir les jeunes, plus ils votent pour favoriser leur rente, plus les jeunes doivent soutenir les vieux, plus ils cherchent à se barrer, à frauder ou diminuer l'impôt, à cumuler les jobs....). La Chine, l'Allemagne, l'Italie et plus encore le Japon se préparent des décennies difficiles à cet égard.
  3. Un peu cliché, un peu centré sur un seul fait, non? Les campagnes américaines renseignent aussi sur les énormités et les horreurs que les Ricains gobent massivement. Juste dire que les sujets d'attachement de la connerie et de la démagogie politicienne ne sont pas toujours au même endroit est plus juste ;). Et de fait, dire qu'on lit des bouquins (à part un seul, disponible dans toutes les chambres d'hôtel et églises :lol:) n'est pas payant électoralement auprès d'une énorme part de l'électorat. La faible natalité est un danger, mais faut pas verser aussi facilement dans le constat simplement comptable: un pays n'a pas une capacité d'intégration infinie, ce n'est pas un processus si facile, et cette capacité varie selon les époques. Dans l'état de la France actuelle, cette capacité est grandement réduite, précisément parce qu'affirmer la nation, quelle que soit la manière ou l'échelle à laquelle ça se fait, est depuis longtemps de faible effet et surtout devenu dans les esprits qui râlent un corollaire forcé d'une dérive qui mènerait au nazisme :lol:. Mais le résultat est qu'avec une conscience de groupe aussi faible et pointée du doigt dès qu'on la met en avant, ben toute immigration tend à énerver des pans très importants de la population. Ca aussi c'est une donnée mathématique incontournable, au même titre que le vieillissement et son coût.
  4. Merci ;). Ce qui me semble plus inquiétant pour la France actuellement, bien plus que l'état actuel de ses armées, c'est précisément le point de la "maîtrise" de l'entité collective: consensus social, degré "d'union" nationale, d'organisation de la société, gouvernance (légitimité et efficacité globale).... Le pays reste plutôt, à cet égard, dans le top ten mondial (du moins pour les pays d'une "taille" géopolitique qui compte), mais les signes pour l'avenir semblent moins marrants, peut-être dans l'absolu (c'est débattable) mais certainement en relatif par rapport à d'autres acteurs qui montent. Si la capacité extérieure à nuire au territoire semble réduite pour encore un bail, l'affaiblissement économique relatif et l'amoindrissement de la marge de manoeuvre publique font que le consensus social sera de plus en plus difficile, et ce à une époque où le sens collectif fait plus défaut. Une question qu'il faut se poser est de savoir quel est l'état de ce consensus, de cette "conscience" collective face au sujet de la guerre, de la sécurité internationale.... Moins par rapport à la situation actuelle que face à des états de tensions croissants qui deviendraient plus "palpables" pour le public, sans qu'il s'agisse pour autant d'une menace directe d'invasion de la métropole. Là est une des grandes inconnues qui indiquerait si oui ou non la capacité de décision nationale existe encore. Ce facteur me semble le plus essentiel de tous, car le reste peut découler de ce qui peut être comparé à une "volonté" collective, pour reprendre la métaphore du corps humain utilisée plus haut. La capacité de remontée rapide en puissance militaire, du moins tant que restent, même à petite échelle, une large gamme de savoirs-faires et de capacités, découle plus de cela que d'autre chose. Ce me semble même, au final, le premier facteur de crédibilité d'un pays, donc de puissance. Plus que la volonté politique comprise comme seulement celle des dirigeants du moment, plus que les moyens apparemment disponibles à un instant T, plus que le cash immédiatement disponible. Pour ne paraphraser que Clausewitz, "la guerre est l'affrontement des volontés" et "la continuation de la politique" (on pourrait dire plus précisément: c'est la même chose, avec des moyens spécifiques), donc la politique procède de la volonté avant tout, mais une volonté collective, qui est une chose difficile à quantifier, dont il est terriblement délicat d'évaluer tout ce qui la compose.
  5. Pas tellement une anomalie: la "puissance", ou en fait plutôt l'aptitude à la puissance dépendent de plusieurs facteurs fondamentaux, et la démographie n'est que l'un d'eux. On peut citer: - la situation géographique - des ressources (naturelles) et leur mise en valeur, ou des productions (en quantité, en rareté, en qualité, en rapport qualité ou quantité/prix) nécessaires aux autres, rendant le dit pays plus ou moins incontournable dans certains marchés - un poids relatif dans le commerce qui en fait un acteur dont les décisions pèsent sur tout ou partie des autres acteurs régionaux ou mondiaux - la mise en valeur du territoire et de la population, facteur essentiel de la richesse globale: infrastructures, éducation, capacités d'adaptation, de production et d'innovation, - la "maîtrise" de la population et du territoire: degré de consensus social (quelle que soit la façon de l'obtenir) et d'ordre (le système politique et l'organisation de la société civile y sont essentiels: la gouvernance en somme), contrôle du territoire et rapidité de circulation de l'information sous toutes ses formes, capacité à l'utiliser au mieux (ne serait-ce que pour y faire bouger des forces, par exemple: Russie, Chine ou Brésil sont relativement handicapés à cet égard) et à y intervenir de multiples façons (militaire/sécurité, économie, écologie, politique).... C'est au final la "connaissance de soi": on pourrait utiliser la métaphore d'un corps humain où cerveau, âme et corps ont un degré supérieur d'harmonie, de maîtrise, de fonctionnement, de coordination. En meilleure -ou moins mauvaise- santé, quoi, en même temps que disposant d'une plus grande maturité, face à des bébés géants mais patauds et maladroits (voire avec des membres ou organes refusant de fonctionner avec le reste) ;), pour exagérer un peu :lol:. - le cash, disponible et plus encore prévisible/disponible à un certain horizon: c'est surtout une conséquence des facteurs susmentionnés, mais c'est aussi de fait un facteur et une capacité d'action à tout moment, et une traduction -imparfaite et incomplète, mais réelle- de la crédibilité des facteurs de puissance Au final, ces facteurs, et d'autres, ont toujours présidé à l'essentiel de ce qui fait la puissance, bien au-delà de certaines données en apparence déterminantes: la Russie en 1914 était de fait loin de la capacité d'action des autres belligérants, même par comparaison avec une Italie qui, malgré tous ses handicaps, a en fait pour l'essentiel par elle-même mieux pu résister à bien des égards. Certains pays ont pesé pendant de très longues périodes, voire quasiment à toutes les époques de leur existence, bien plus que ce que leur population aurait pu leur permettre, et il n'est que de regarder l'Angleterre ou la Hollande, mais aussi la Prusse pré-Allemagne ou le Portugal, pour voir qu'en fait, avant l'époque industrielle et ses progrès en termes de communications pour une certaine taille de pays, les petits pays à la fois mieux "maîtrisés" et mieux "maîtrisables" (petites superficies, populations réduites, densités de population importantes, homogénéité plus grande....), avaient même un avantage relatif énorme sur les plus grands, qui permettait de limiter les dissenssions internes plus facilement ET de mieux maîtriser leur propre espace intérieur, libérant plus de "potentiel de puissance" (dans tous les domaines) pour agir à l'extérieur. Sur un autre plan, non territorial, c'est exactement ce qui est arrivé aux Mongols avec Gengis Khan: unir les clans leur a permis de se penser comme une population, au moins pour un temps, et de se "maîtriser" en tant qu'entité collective à un degré suffisant (avec les inconvénients et les avantages d'une population nomade donc sans "territoire"). Ou plus proche de nous, il y a le cas israélien qui, si on regarde de plus près sans se limiter à des chiffres absolus qui ne veulent rien dire, a toujours vu une population juive de fait plus "nombreuse" (en tenant compte de tous les facteurs fondamentaux pour pondérer les chiffres théoriques de population) que chacun de ses adversaires séparément ou collectivement, ceux-ci étant en fait faibles par la continuelle médiocrité de leur fonctionnement en tant qu'entités collectives.
  6. La vache :O! Qu'est-ce que ça révèle? L'interpénétration des réseaux politiques, maffieux, sectaires et de renseignement israéliens? De simples sordides affaires avec quelques individus particuliers qui ont un pied dans plusieurs chaussures? Parce que le résultat est quelque chose qui ne se fait pas si souvent, d'Etat à Etat: faire un grand nettoyage de réseaux de renseignement de temps à autres, ça veut dire que derrière, y'a de l'engueulade et de l'intimidation (et des individus cherchant en interne à marquer des points politiques), mais ça se fait de temps à autres. Mais interdire pour 10 ans toute vente à un constructeur majeur, ça c'est du message qui fait mal et veut dire beaucoup plus!
  7. Tancrède

    D'autres principes pour l'AdT

    Tout à fait, mais je pensais en fait à la conception qu'on a du rôle des officiers opérationnels, héritée en fait des armées de ligne et qui plaçaient avant tout un lieutenant, un capitaine ou un major/commandant pour tenir l'unité face au risque de débandement; ce devaient être des gens éduqués, généralement d'une caste sociale supérieure (raison pour laquelle les officiers issus du rang étaient rares et souvent mal vus par le soldat de base et le sous-off pour qui l'officier, aussi détesté soit-il, devait être un "monsieur"), dont le rôle était de comprendre ce qui se passait à plus grande échelle et de le rappeler à des sous-offs dont la fonction était juste de garder l'ordre dans les rangs. Peu importait qu'ils soient jeunes ou vieux, aptes à prendre des décisions autonomes ou non, dans des armées dont le souci était d'arriver à manier des masses humaines énormes et peu éduquées essentiellement à la voix et sans beaucoup d'autres systèmes de transmission, avec pour seule tâche mesurable sur le terrain de rester groupés en paquets denses et d'opérer un nombre limité de mouvements collectifs pour au final, un nombre de scénaris de conflits très limité (ce sont des armées faites pour affronter leurs "jumelles"). Une tâche dantesque, mais complètement sans rapport avec les armées modernes dont la filiation doctrinale/organisationnelle est plutôt à chercher du côté d'un étrange accouplement entre l'infanterie légère de cette époque et la cavalerie. De fait, cette conception est à la base de l'actuelle hiérarchie des officiers (donc un peu de l'organisation d'une armée) et de la façon dont doit se faire leur carrière. Or, plus les petites unités (compagnies, sections, mais aussi batteries, escadrons) sont l'outil essentiel de l'action de terrain proprement dite ("l'échelle" de la guerre au sol), et plus la formation et les transmissions sont développées, plus il importe que les chefs de ces unités aient eux-même derrière eux un cursus long et confirmé, et ne soient pas des jeunes lieutenants ou capitaines plutôt vers le début de leur carrière.... Il s'agit d'un métier beaucoup plus spécifique qu'à d'autres époques. Et pareil pour les EM de SGTIA, GTIA ou "brigade de déploiement", et évidemment les EM de taille supérieure: ce sont des métiers spécifiques réclamant autant des individus que des équipes de travail permanentes au parcours adapté. Que les futurs officiers d'EM fassent leurs classes comme jadis les "jeunes messieurs" en unités opérationnelles, c'est une nécessité, mais auprès d'un officier de terrain chevronné, et pas en tant que leur supérieur; les aides de camp de jadis avaient précisément un taf de ce genre. Qu'il leur confie des responsabilités ponctuelles s'il les estime aptes, ça va avec. Mais ce n'est pas leur boulot et ce ne doit pas être amené à le devenir à mon sens. Et là, y'a des choses qui, il me semble, peuvent permettre de répartir harmonieusement les forces opérationnelles en 2 ou 3 "corps" distincts, avec leurs propres cursus d'officiers de terrain (avec leur propre école de formation, essentiellement issue du rang: en équivalence, de lieutenant à chef de bataillon, avec des grades plus administratifs/honorifiques au-dessus) et un corps, par-dessus cela, d'officiers généraux interarmes (commençant par un cursus d'apprentissage comme enseigne, aide de camp puis officier d'EM avant d'avoir accès à des commandements en propre). En fait, pour essayer de trouver un compromis entre les nécessités budgétaires d'une armée tournant autour de 100 000h comme la française, et ceux d'avoir des corps projetables efficaces ET cherchant un certain niveau de spécificité, je suis en train de me dire que 2 écoles fondamentales sont un maximum: une mécanisée (ou plutôt une qui pense à partir du mécanisé) et une infanterie (qui pense à partir du fantassin), un peu comme les ricains. Une 3ème potentielle serait une petite brigade amphibie, pour le coup liée à la marine et concentrant la totalité de la "charge amphibie" (sans rognage par les autres) mais qu'on imagine partageant des infrastructures avec les autres corps (notamment les cursus pour le corps d'officiers généraux, véritablement interarme). Sur le global, ça me semble l'un des seuls moyens de vraiment réformer l'armée en cassant ses logiques internes qui survivent à des changements moins profonds. Redistribuer les cartes, quoi.
  8. Tancrède

    D'autres principes pour l'AdT

    Oui et non: de toute façon, aucun système n'est bon, à ce compte :lol:. Entre le régimentaire et l'unitaire, le débat est un peu le même.... La question est de dimensionner à mon sens: il faut strictement limiter la taille des classes d'officiers pour chaque "corps", et limiter aussi l'échelon maximal auquel chaque officier d'un corps peut parvenir. Un stade à partir duquel, s'il veut continuer, par exemple, 2 voies peuvent s'offrir: soit une voie "supérieure" au sein dudit corps, mais qui ne sera plus que métropolitaine, axée vers l'enseignement, la doctrine, l'administration interne.... Soit une carrière d'officier supérieur interarme/interarmée qui serait celle des commandements autonomes. Parce que là est l'os réel d'une armée de taille petite ou moyenne: en terme d'emploi opérationnel, là la probabilité d'action "inter corps" est élevée, du moins passé une certaine taille d'OPEX, et nécessite donc l'unité de commandement. Et l'AdA comme la Marine doivent aussi vouloir un interlocuteur "terre" unique :-[. Sinon, faudrait créer 3 CID :O ce qui là commence à faire beaucoup. C'est ça le trip en fait: à l'arrivée, il faut quand même n'avoir qu'une armée à envoyer en opération, sous peine de cumuler les défauts et d'avoir trois mini-armées dont la force combinée est inférieure à celle, théorique, du tout. Ca fait en fait pas mal de temps qu'une approche de ce genre me travaille, et plus j'y cogite, plus je me dis que la façon de concevoir le commandement aujourd'hui est désormais complètement dépassée, issue du temps des vastes armées de conscription et, même avant cela, des armées de grande taille faites de troupes peu éduquées et souvent mono-tâches. C'est pourquoi je me fonde sur l'exemple romain, avec une armée à 3 corps d'encadrement au lieu de 2: celui des sous-offs, celui des centurions (bas officiers issus du rang et/ou ayant un certain niveau d'éducation, puis avec le temps, une formation propre) et celui des officiers supérieurs ou d'EM, (des politiques ou quasi politiques, venant de leurs cursus propres). Chacun était un corps en soi, et il existait des passerelles et des modes d'interaction définis, mais il ne faut pas se tromper: il s'agissait de 3 types de carrières, de cursus différents. Appliqué au modèle suggéré, cela impliquerait de voir les 2 premiers (en tout cas certainement celui des "centurions") centré sur les brigades interarmes et le 3ème être une chose en soi (qui n'exclue pas "l'éducation" en déploiement opérationnel évidemment, mais pas à des postes de commandement direct d'unités), avec peut-être aussi un "4ème corps", plus interarme, pour ce qui concerne les cursus techniques (transmissions, logistique....). Cette spécialisation pourrait permettre de mieux calibrer les effectifs requis.
  9. Tancrède

    D'autres principes pour l'AdT

    Oui, la définition de la taille critique d'un tel système est cruciale: tant la taille de l'AdT au global que celle de chacun des "corps" ainsi obtenus. Mais je regardais la chose via l'exemple américain (et britannique), tout comme via l'exemple de la Légion qui est aussi de facto un tel corps (et ne coûte pas forcément plus cher par tête de soldat), opérant son propre recrutement et sa formation initiale. Une école de pensée par brigade, c'est trop, évidemment. Mais 3 "divisions" (des divisions territoriales/administratives/de formation en fait), voire même seulement 2, c'est en effet déjà mieux: un corps blindé, un corps "médian" et un corps "léger", pourquoi pas? Ou une dvision sur d'autres critères? Avec chacun leur propre doctrine et du coup leur propre organisation en terme d'unités élémentaires et d'unités de manoeuvre: là où le fantassin mécanisé doit appartenir à un GC plus petit et être lié organiquement à son véhicule, pourquoi le léger n'adopterait-il pas la vision des marines avec des GC, sections et compagnies plus maousses (13, 45 et 200h) et polyvalents (pas de division feu et manoeuvre dans les GC) et des unités de véhicules séparées n'ayant que les équipages, par exemple? De fait, autre exemple, un "corps léger" ne serait pas forcément idéal, ayant pour le coup trop de métiers différents: montagne, paras/aéromobiles et amphibie en sont trois spécialités dont les économies d'échelle ne sont pas évidentes :lol:, même si certains points seraient par ailleurs compatibles. La question devient aussi "jusqu'à quel niveau ou échelon" la différence est-elle soutenable? Quelles peuvent être les structures centrales pouvant/devant rester centrales et quelles sont celles décentralisables? Qu'appelles-tu une "école de guerre"? L'équivalent du CID? De même, si organisation, doctrine et donc matériels peuvent différer, il doit y avoir un organisme d'harmonisation relative vu qu'il serait difficile d'avoir 3 petites armées différentes. De toute façon, il ne pourrait s'agir que d'un modèle militaire hybride, pas d'une institutionalisation totale de 3 "sous armées" comme entités autonomes. Passé un certain niveau, les officiers (en tout cas officiers d'EM et officiers généraux) devraient quand même rester interchangeables.
  10. En un mot comme en cent: non. C'est une méconnaissance assez grave de l'histoire et un ethnocentrisme assez caractéristique. Non plus. Aec Hitler dedans :lol:, et quelques autres gugusses et mouvements de masses qui, au final, ne rendent pas la démocratie moins abusive ou plus stable que d'autres formes de gouvernement ayant existé (pas toutes les formes évidemment, ni même la majorité d'entre elles). Et dans les systèmes à suffrage universel aussi. L'envie ponctuelle de dire son mot dans les affaires de la communauté nationale est historiquement rien moins qu'évidente, et encore plus si on parle d'une volonté soutenue dans la durée: ponctuellement, quand la situation d'un pays est proprement abusive ou catastrophique, ce besoin s'exprime (plus d'ailleurs par des groupes constitués que par les individus), et parfois violemment, juste histoire de dire "enlève ta b... de mon c...." :-X. Mais pas plus. Hors situations un peu trop poussées, ce "besoin" d'avoir une voix dans la direction d'un pays n'a rien de naturel: ça c'est du fantasme délirant, précisément de l'idéologie vu qu'il n'y a aucune base historique ou biologique/psychologique d'aucune sorte pour le prouver, sinon une forme de récit de l'histoire tel qu'on le fait en occident depuis le XIXème siècle et qui ressemble a une maladie mentale formatant les esprits à croire que "l'Histoire" aurait une direction, et qu'on sait laquelle en plus (c'est ça qu'on appelle la ou les idéologies du progrès/progressistes). Entre ça et le dogme d'une religion, y'a pas vraiment de différence vu l'absence totale de fondement rationnel à cette méta lecture, en plus en version reader's digest. Pour ramener au sujet, ce genre de lecture/croyance qui impacte tellement les esprits (essentiellement occidentaux) en amont de toute forme de raisonnement articulé, a la fâcheuse tendance à formater aussi la solution à imposer, la direction à faire suivre, au besoin par la force. Je ne fais aucun relativisme, je constate juste que cette attitude/posture, cette façon de juger, et donc en aval d'imposer une solution ou d'y pousser, a au final le plus souvent le même résultat: l'échec total et complet, et en plus, il coûte cher :-[. C'est cela qui arrive quand on essaie de forcer Windows dans un Mac, quoi :lol:. A entendre les grandes déclarations, on a l'impression qu'on est tous pareils sur Terre et que tout le monde veut la même chose.... Seulement quand on s'intéresse un peu à l'autre, on se rend compte en grattant un peu que c'est pas si simple, et que les mots comme "liberté", "individu" ou "dignité" ne veulent pas du tout dire la même chose d'une culture à l'autre.
  11. Te rends tu comptes à quel point tu es précisément idéologique et centré sur la façon occidentale (et en plus une école de pensée précise) de voir, en disant cela? Ca n'a rien à voir avec la raison ou l'étude de l'histoire (le réel, quoi), là c'est de la croyance et rien d'autre, tout comme le fait tout aussi métaphysique de décider que l'Histoire a une "marche" ou un sens. Quand ai-je parlé d'un "luxe" pour occidentaux, d'un truc subsidiaire? Je parle juste d'aspirations basiques; parce que si on part de ton raisonnement, tout être humain qui ne pense pas selon ses critères et n'est pas immédiatement concerné par un impératif de survie au quotidien a une mentalité d'esclave. Or il y a mille exemples, actuels et passés, pour montrer d'autres formes d'organisation humaine dans lesquelles il n'en est rien, qu'il s'agisse de sociétés hiérarchisées ou non. A la naissance des processus démocratiques modernes, il y a d'ailleurs eu moult débats sur ce point, pour savoir si la préservation de la "dignité" humaine/individuelle impliquait nécessairement le suffrage universel, par exemple, l'âge auquel on peut voter, les critères qui font d'un être humain un citoyen (c'est pourquoi on parle des droits "de l'homme ET du citoyen": 2 choses pas nécessairement équivalentes). Et l'histoire prouve que c'est pas forcément les meilleures solutions (s'il y en a) qui ont été retenues déjà dans le seul occident qui choisit de se définir selon cette famille d'écoles de pensée qui lui est propre. Il y a une énorme différence entre l'aspiration à pouvoir agir sur sa propre vie en temps qu'individu ou membre d'une famille, et celle qui impliquerait de voter, d'avoir un degré de participation donné à la vie du groupe immédiat (quartier, village), celle du groupe supérieur (cité, région) ou du groupe général (nation, Etat), ou toute autre forme de groupe (professionnel, social, religieux). Les cultures ne définissent pas l'individu de la même façon, et il faut sortir de sa bulle pour voir que la façon de se penser par rapport au groupe varie grandement d'une culture à l'autre, changeant radicalement l'idée qu'on se fait de l'accomplissement, de la "liberté".... Toi tu pars d'une définition culturellement marquée de l'individu et de la liberté pour aboutir à la conclusion que la démocratie telle qu'on la pratique (où d'ailleurs en occident? Y'a quelques variantes qui sont autre choses que de simples différences de rédaction de constitutions) en procède et ressort exactement de la même chose. Désolé, là on est près du Dogme.
  12. Le titre paraphrase un autre topic mais qui est lui lié à une proposition de modèle plus précise, là où celui-ci vise plus à turbiner sur quelques pistes de réflexion qui me turlupinent, comme d'habitude à l'échelon du "généraliste" :-[ et des principes d'organisation. L'évolution actuelle des brigades interarmes en entités plus autonomes sur le plan de la préparation militaire et de la gestion tend à me relancer sur l'idée de différentes "écoles fondamentales" qui seraient peut-être salutaires dans une armée qui, il me semble, s'enferme sur bien des aspects dans sa réflexion sur elle-même, voit une certaine tendance au repli culturel sur la tradition et la perpétuation de moules de pensée issus du temps de la conscription. Et même si nombre de choses, évidemment, s'adaptent au temps, à l'étude, on a parfois -souvent- l'impression de bricolages parfois juste cosmétiques cachant mal une résistance au changement peut-être plus profondément implantée qu'ailleurs. On dit que les Anglais, quand il faut changer une institution, gardent le même nom et changent tout le reste, là où les Français gardent tout et changent le nom :lol:. C'est sans doute très exagéré et évidemment une boutade, mais on pourrait dire que ce n'est pas sans faire résonner quelques petites vérités pour ce qui regarde une armée française dont la propension aux changements de dénominations (toutes plus pourries les unes que les autres, imbittables et rarement prononçables) est une marque de fabrique. Or donc, que faut-il entendre par le terme "d'écoles"? Je m'explique: l'armée américaine a fondamentalement 2 grandes "écoles" pour les troupes terrestres, avec les 2 entités que sont l'Army et les Marines, 2 modèles militaires en soi dont la différence va bien au-delà des différences de cahier des charges et de panel de missions. Il s'agit de 2 moules intellectuels différents, de visions de la place de l'humain différentes, de formes d'organisations différentes, de calibrages pour une tâche donnée différents, de méthodes d'approche d'un problème différents, en somme, de 2 cultures différentes. Et l'affirmation des entités que sont les brigades interarmes pourrait permettre, à un moindre degré, d'animer un peu plus la sphère conceptuelle de la vision du combat terrestre en France, de même que les corps de tradition divers qui forment les unités terrestres. Cela impliquerait sans doute plus de moyens aux brigades (j'entends à leurs structures centrales), l'abandon d'un certain niveau de centralisation dont beaucoup d'objectifs de rationalisation semblent surtout liés au temps de la conscription d'une part, et au maintien de beaucoup de chapelles d'autre part. Cela impliquerait aussi sans doute des changements dans l'organisation géographique, objet politique s'il en est. Mais cela permettrait peut-être aussi de secouer certaines des actuelles chapelles, sans doute pour en reformer d'autre, mais faut bien dépoussiérer de temps en temps. Comme souvent, je pourrais partir de l'exemple de l'infanterie: aux USA, l'unité élémentaire d'infanterie n'est pas du tout la même entre l'Army et les Marines, et les relations des fantassins aux autres armes (typiquement le rapport infanterie-cavalerie) ne sont pas du tout les mêmes (avec des Marines voulant des chars d'appui et l'Army cherchant des unités blindées interarmes pour le combat mobile). Du groupe de combat à la grande unité de manoeuvre, modèle et école de pensée sont différents, là où l'AdT tend à chercher l'unformisation pour des raisons qui sont loin d'être uniquement liées au format global des forces. Ne vaudrait-il pas mieux, à cet égard par exemple, créer un corps blindé totalement intégré pour les brigades dites de décision, avec sa propre infanterie calibrant ses propres groupes de combat mécanisés à la taille qui leur va? Et avoir du coup d'autres "écoles" pour les troupes "médianes" et/ou les troupes "légères"? Je lance cela sans trop développer. Si ça vous semble con, je retirerai le sujet et le placerai dans la catégorie "délire du à l'abus de jus de raisin"....
  13. Ce qui est universel et présent en tout humain ressort plus de la psychologie que d'une aspiration à un concept abstrait (qui plus est correspondant à une culture particulière); il s'agit de la volonté profonde de sentir (à tort ou à raison) qu'on exerce un contrôle certain sur le cours de sa vie, généralement dans une sphère limitée à l'environnement domestique. En gros, être maître chez soi, avoir un taf qui permet de bouffer, de se sentir relativement fier de soi et d'élever une famille.... Bref, ce qu'un psy ramènerait toujours à une histoire de couilles (plutôt des aspirations basiques qu'elles impliquent et par lesquelles elles modèlent le psychisme) :lol:. C'est en gros l'aspiration à avoir une certaine souveraineté sur sa vie en tant qu'individu. Vouloir voir plus, c'est déjà bâtir à partir d'une construction abstraite et culturellement marquée, et plaquer le concept politique de "liberté" occidentale (qui a déjà de multiples versions dans le seul occident) qui n'a lui rien de naturel ni d'universel (sauf à écouter Georges Bush Jr) et procède d'une culture, d'une histoire d'une actualité et de groupes humains spécifiques dont l'autocentrisme n'est pas un universalisme ailleurs que dans leurs délires. Cette "liberté" vendue comme aspiration universelle est un méta concept politique (= une forme d'organisation de communautés humaines) et non une aspiration individuelle; au mieux, c'est une des formes que peut prendre la volonté de s'organiser en groupe pour garantir ce seuil minimum de souveraineté sur sa propre vie auquel tous les humains aspirent parce qu'il s'agit là d'un moteur quasi biologique. Tant qu'on confondra ce moteur individuel de base et le méta concept occidental actuel de "liberté", on se foutra le doigt dans l'oeil et on se prendra des effets retour et des foirades de politique extérieure monumentale, sans compter le ressentiment d'autres aires culturelles qui ne nous ont pas attendues pour exister et réfléchir à ces trucs là. Parce que c'est précisément cette confusion qui empêche les vendeurs de bonnes intentions de se remettre en question en leur donnant la conviction profonde que l'idée générale de mode d'organisation humaine occidentale type n'est qu'une solution locale imparfaite à un problème universel. Le problème n'est pas la "version actuelle" larmoyante et bien-pensante.
  14. Désolé, non. Je SUIS bon public pour ce domaine (vu les merdes authentiques auxquelles j'ai souvent réussi à trouver-inventer des qualités), mais y'a des moments où faut pas pousser mémé dans les orties (où elle passe trop de temps) et dire quand on trouve que la merde sent effectivement la merde. Scénario, dialogue, persos, montage sont au mieux fades par moments, et plus souvent à pleurer. Et non la mort des persos ne m'a pas touché (sauf celle de Marius évidemment :lol:), vu le peu d'effort de développement de persos corrects et la montagne de clichés, procédés vus mille fois (et pas réinventés) et de larmoyance bon marché qui sont censés leur servir de mise en valeur. 1h et demie de perdue, et pire encore, vu le résultat du film (le produit comme l'audience), il est à craindre que la prod française ne se relance pas dans ce type d'aventure avant longtemps. Donc non, c'est pour moi inexcusable. Ca ne veut pas dire que les critiques de Télérama et autres débiles idéologues sont justifiées: ils ont critiqué exactement ce qu'il ne fallait pas pour se lancer dans leurs antiennes anti-militaristes gratuites et infondées, sans doute par réflexe conditionné. Sérieusement, en deça d'un certain niveau de qualité, même un fana du genre doit retrouver sa dignité intellectuelle et se rendre compte qu'il y a des standards minimaux, parce qu'à un stade comme celui-là, j'ai eu pour ma part l'impression d'être pris pour un gland par un metteur en scène tout frétillant de jouer les geeks et oublieux de ce qui fait un film.
  15. Tancrède

    Nanas au combat

    Par cet exemple, on peut voir l'aspect général de la chose: les armées occidentales n'ont pas vraiment un choix terrible, au moins pour une proportion importante de leurs effectifs (y'a pas que des candidats très moyens ou de merde, heureusement). Par ailleurs, l'entraînement de base est encore fondamentalement ancré dans des processus anciens hérités des armées de conscription: il y a de bonnes raisons à cela (le coût, le côté "éprouvé", le besoin de standardiser) mais aussi beaucoup de mauvaises (conservation d'habitudes jamais remises en cause, absence de "R&D" dans ce domaine). Et ce alors même que la recrue est une denrée rare, surtout la bonne, et que ces processus (et la gestion de la ressource humaine dans les armées), face à la société occidentale actuelle, sont tellement calqués sur un moule (ancien) qu'ils peuvent transformer beaucoup de bons potentiels en soldats médiocres ou mauvais, voire tourner leur dos à des recrues qui ne demanderaient pas un effort tellement plus grand, peut-être juste différent. Or, le fait est que les progrès de la psychologie appliquée, de la connaissance du corps humain, des méthodes d'entraînement et d'enseignement.... Ont été énormes depuis 45, et on voit peu les armées en prendre compte. J'adore prendre l'exemple (simple, très limité, mais parlant) de ce qu'on sait aujourd'hui sur la meilleure façon d'obtenir des abdos en béton: des exercices pas alambiqués, des séances et répétitions bien moins nombreuses, un effort mieux ciblé et mieux exercé, un enseignement plus précis, permettent d'obtenir un meilleur résultat en un temps beaucoup plus court et ce sans se démolir le dos. Mais que ce soit à l'école ou à l'armée (ou dans la majorité des clubs sportifs, d'arts martiaux.... Ou dans la lecture grand public), les exercices préconisés sont toujours les mêmes ou des variations sur le même thème, avec des effets dévastateurs sur le dos (par ailleurs si pointé du doigt comme problème majeur dans les armées sur le sujet du poids de l'équipement). Après, pour recentrer sur le sujet, oui, repenser la préparation serait essentiel, et cet exemple le pointe du doigt, à ceci près qu'il y a pas mal d'inconnues évoquées plus haut (critères de sélection, standards hommes-femmes différents, standards de la réserve....); mais faut pas oublier non plus que l'entraînement, sur le sujet hommes-femmes, ne réduit pas les différences entre les sexes, il les accroît au contraire, les hommes prenant plus vite de la masse musculaire, de l'endurance et des réflexes physiques. Une préparation repensée, peut-être plus longue, mieux ciblée en fonction de publics différents et jointe à un recrutement plus efficace, pourrait à l'arrivée en fait écarter une proportion plus importante de femmes, en améliorant la qualité de la "matière première" des troupes terrestres. Ce qui va au final dans le sens de ce qui me semble être la seule voie pour une intégration de femmes en unités de combat: celles qui passeraient des critères rehaussés pourraient sembler d'autant plus "extraterrestres", et leur réunion en sous-unités spécifiques leur donneraient une meilleure chance de s'intégrer dans un ensemble d'autant plus macho. Cette question des femmes en unités de combat, comme évoqué plus haut, est de fait celle de la rareté du matériau humain de qualité moyenne à excellente dans les armées de paus développés qui ont pour la plupart abandonné la conscription, ou tout du moins une conscription efficace, et se trouvent le plus souvent en panne d'un nombre suffisant de volontaires corrects (voire même en manque de volontaires tout court) pour des forces professionnelles. Se greffe là-dessus la transformation de ce sujet en "opbjet" politique pour certains groupes de pression et certaines idéologies qui profitent en outre de la faiblesse politique du sujet sécurité-armée (plus vraiment pris très au sérieux par les classes politiques), particulièrement en Europe, et d'un conservatisme des institutions militaires de plus plus en plus acculées dans un rôle et une stature déconnectés des sociétés civiles et d'autant moins enclines à se repenser réellement.
  16. Tancrède

    Battlegame royal

    L'airpower est relativisé par plusieurs choses: y'a du relief aussi, les surfaces sont énormes, il s'agit de part et d'autre d'unités de manoeuvre de très haut niveau (avec une densité AA certaine et une capacité à jouer le jeu dispersion-leurrage-concentration sur un haut tempo) et on a même pas défini un quelconque orbat :lol: pour savoir ce qu'il y a de dispo. Pourquoi décider dans l'absolu que l'avion va s'imposer comme s'il s'agissait d'un principe?
  17. Tancrède

    Battlegame royal

    Je constate l'absolu non succès de ce type de scénario: trop honnête? Ceux qui veulent absolument de la bagarre symétrique conventionnelle ont besoin du prétexte géopolitique tiré par les cheveux et pas plausible pour 2 sous, qu'il faut raccommoder en cours de route avec des "on dit que ça, ça n'est pas là et c'est comme ça un point c'est tout"? Tom Clancy a donc vraiment trouvé comment marche son créneau de business....
  18. Si des agents avaient été enlevés, n'y aurait-il pas leurs photos en première page comme outil de propagande, des "confessions" télévisées, une campagne de presse. Pour 3 marins paumés, le régime iranien s'est plus que défoulé sur le plan média!
  19. Tancrède

    De l'unité à la capacité

    Si l'on considère qu'un RI a environs 900 opexables, à 20 RI, ça donne un total théorique de 18 000h. Dispos à 70-75%, ça doit tourner autour des 13 000 effectivement, soit quelque chose comme 650 par régiment, donc on va dire 20 bataillons "complets" (cad avec leur EM, leur log et leurs appuis organiques), 20 "pions d'infanterie". Pour un déploiement "en une fois, non renouvelable", pour 1 à 3 opérations majeures simultanées, je crois cependant que plus de 40% de ce total doivent être disponible, ce qui ramène effectivement la question aux matériels et unités dimensionnants. La réforme a par exemple standardisé les RA, la log (4 RTrain "complets" et des unités spécialisées), les trans (5 RTrans "complets" pour la fonction commandement) et le Mat. Mais la question est de voir la capacité obtenue en répartissant ce total sur 1 à 3 théâtres pour un effectif d'infanterie (faudrait aussi voir la cavalerie évidemment) de ce type. Qu'est-ce qu'un RLog ou un RTrans nouvelle formule peut soutenir seul? Pour combien de temps? La question du renseignement d'échelon supérieur à la brigade (avec en plus la faiblesse particulière côté drones) semble très limitante pour des déploiements conséquents: pas de capacité guerre électronique et une capacité très limitée d'écoute dans les BRB pour le rens EM! Cette capacité, centralisée au 44ème RT (pour le 54ème, sa capacité est centralisée à raison dans la BR), est aujourd'hui plus développée dans les pays alliés. Sans même compter la question des EM: les EMF (150 personnels par EMF) et le CRR-FR offrent une capacité globale (une unité de commandement déployable et son soutien intégré), mais passé un grand déploiement unique, pour lequel ils semblent capables de gérer, il faut voir ce qu'il est possible de faire, étant donné qu'un déploiement d'une certaine taille impliquera nécessairement plus qu'un seul EM de théâtre (une chose gourmande en moyens). Les EM de brigade représentent une cinquantaine de personnels, plus leur compagnie de trans et de soutien, qui doivent représenter en moyenne 150 personnels, avec au final peu de moyens propres centralisés (BRB et EEI émargent sur les régiments de mêlée et sont plutôt petits, GCP et GCM aussi): ça fait pas lourd, mais je ne sais absolument pas ce que cet effectif permet d'encadrer en OPEX, surtout quand apparemment, ces effectifs servent surtout à renforcer les EM de théâtre déployés (encore du lego permanent). Il faudrait aussi des EM intermédiaire rôdés (= permanence): Si on parle de 3x10 000h, il faut à chaque coup un EM de théâtre, et au moins 2 structures intermédiaires pour articulier le corps expéditionnaire en 2 à 3 "brigades" (chacune ayant 2 à 3 battlegroups). S'il s'agit de 2x15 000, pareil, il faut prévoir 2 EM de théâtre (interarmées) et de 3 à 4 structures intermédiaires. Pour faire ça, la capacité française semble largement sous-dimensionnée, vu ce à quoi ont été réduits les EM de brigades interarmées qui semblent être des organismes de gestion, sans même des cellules EM qui soient des "modules" de commandement complets (pour un échelon donné échelle brigade). C'est la première grande limite, sans même compter évidemment le problème de l'aéromobilité, éminemment dimensionnant mais qu'on garde à l'écart du sujet, ou même celui par exemple de la défense AA de théâtre, qui sera limitée à un max de 2 escadrons SAMPT (donc 2 opérations maxi, avec une couverture quand même pas gigantesque s'il ne faut compter que sur 1 seul escadron, même si ce sont les "mixtes" SAMPT-Crotale NG, un peu plus gros), complétés par la défense courte portée des batteries Mistral de chaque RA, plus les moyens du 54ème RA. Et les EDSA qui restent à l'armée de l'air ne sont pas vraiment faits pour accompagner une manoeuvre: pas assez de moyens d'acheminement sur théâtre, et surtout pas de moyens propres de soutien en campagne, de protection et de reco de sites (il faudrait pomper des éléments terre ou prendre des commandos de l'air qui n'ont pas cet entraînement). Quid de ce que peuvent définir les transmissions, le renseignement, la guerre électronique, le Mat? Et s'il faut avoir un standard plus "américanisé" côté densité des appuis, autonomie des unités?
  20. Le problème des fédéralistes est qu'ils n'ont toujours pas choisi, en 30 ans, entre élargissement et approfondissement.... Alors même que la taille atteinte entretemps empêche tout approfondissement (et toute démarche en ce sens accroît les risques d'éclatement aujourd'hui) si n'est pas envisagée une "régionalisation" de l'intégration (Europe à plusieurs vitesses, régions culturelles/géographiques....). Et c'est pas en massacrant ce qui fait l'union interne des Etats existants que l'union progressera, parce que là beaucoup de groupes humains historiques risquent de passer en mode "survie-agression" (pas au sens guerrier, mais politique quand même). L'exemple hongrois de sa majesté très Orbaniste :P risque de n'être qu'une caricature prémonitoire.
  21. A nuancer quand même: les étasuniens sont tous américains et proviennent d'une même matrice culturelle qui, malgré la vogue du multiculturalisme et la propension au communautarisme (qui les auront sans doute un jour), est encore dominante et n'a pas renoncé à elle-même (comme dans beaucoup de pays européens). Mais ils ont eu une histoire monétaire divergentes: même si tous leurs billets s'appelaient dollars, jusqu'à la dernière partie du XIXème siècle, il y avait en fait un dollar par Etat (la monnaie confédérée n'était qu'un pool des monnaies d'Etats), et il a fallu la très controversée création de la Federal Reserve (qui dans les faits est une OPA par les banques sur le contrôle de la monnaie) pour que le dollar soit réellement une monnaie fédérale. Avant elle, il y avait une distinction entre LES dollars américains, dont beaucoup ne valaient pas un pet en raison de la faiblesse économique de nombreux Etats, de la corruption qui régissait la masse monétaire, de la différence de nature des économies entre Etats de même que de leur différence de poids.... Sur ce point particulier, on peut voir que beaucoup d'Etats américains (surtout les Etats du centre) n'ont en fait jamais récupéré économiquement parce qu'ils ont du (en partie par leur faute, mais aussi en partie par une différence structurelle: économie, peuplement, emplacement géographique....) s'adapter à une monnaie qui n'était pas la leur. Là, le parallèle avec l'UE est à établir: imposer une monnaie unique, et à moins de subventions hyper massives pour restructuration industrielle/économique (que personne ne voudra accorder, surtout avec du fric qui manque), tuera économiquement l'avenir de nombreuses régions et de pas mal d'Etats. Et là, la différence avec les USA intervient, parce qu'il n'y a pas de matrice culturelle et politique commune en Europe, pas d'histoire de "groupe" européen. Les régions et Etats concernés ont et auront l'exutoire de la réaction nationale/identitaire face à un fédéralisme essentiellement d'essence élitaire et centraliste. Avec en plus le fait qu'outre l'identité des groupes nationaux/culturels formant l'Europe, la taille de l'ensemble et de pas mal de partie complique encore la tâche, même par rapport à l'exemple américain du XIXème siècle avec ses 100 millions d'habitants en majorité concentrés sur les littoraux et quelques zones qui avaient intérêt à la fédéralisation monétaire. Tant que l'euro sera l'outil de l'économie dominante (et de quelques affiliés) sur les autres, espérer en une pareille unification implique une garantie de réaction très brutale, à moins d'être prêt, et encore, à un transfert de richesses d'un tel niveau qu'il puisse permettre l'adaptation, ce qui semble hors des moyens d'aucune politique.
  22. Tant qu'ils ont pas leurs flingues, qu'ils sont pas en unités constituées et que, pour s'assurer de ce fait, les multiples services de sécurité syriens gardent au moins leurs officiers à l'oeil, voire au gnouf (ou 6 pieds sous terre), ils doivent considérer que c'est gérable. Mais d'un autre côté, s'il y a un risque de ce côté, c'est pas comme s'ils avaient beaucoup de choix ou de marge de manoeuvre non plus.
  23. Tancrède

    De l'unité à la capacité

    Là, c'est le débat sur l'organique (qui procure l'habitude de bosser ensemble, le rôdage à un environnement complet, la connaissance de ses besoins, capacités et limites....) ou le modulaire (qui permet d'ajuster), les deux n'étant pas, jusqu'à un certain point, exclusifs. Mais le modulaire me semble en France plus un prétexte pour réduire les trucs chers (et donc dimensionnants). Il n'empêche que réfléchir sur un nombre donné de GTIA "complets" n'enlève rien à la capacité d'en envoyer des "allégés" selon la mission (ou renforcés d'éléments d'autre nature), mais permet de déterminer en revanche une capacité globale. Les USA -exemple exagéré, je sais- savent ainsi pouvoir compter sur des pions de manoeuvre élémentaires clairs: - une bonne cinquantaine de BCT - ces BCT sont concentrables en une dizaine de divisions ou 4 corps d'armée - 7 MEU - 2 MEB et 2 MEF "complets" (plus un réduit) Chacun de ces pions a un environnement complet en terme de capacités, et le dimensionnement est ensuite ajusté pour ajouter distances (feux sol-sol, air-sol et sol-air, capacité détection) et temps (logistique et matériel). Mais à la base, ils ont ces capacités, juste portant jusqu'à un niveau donné selon ces facteurs de distance et de temps. Les bataillons interarmes de l'army ne sont pas complètement séparables en entités autonomes, les BCT étant très intégrées, et pour que chacun puisse être autonome, il faudrait sûrement plus de monde et des achats de matos chers supplémentaires (radars de contre batterie, matos génie....), mais chaque bataillon ainsi obtenu tournerait vraisemblablement dans la fourchette des 1800 à 2200h (au lieu de 1650-1950 théoriques obtenus en divisant l'effectif actuel des BCT). Notre "souplesse" via la modularité est plutôt du mauvais côté du concept si on veut commencer à parler de puissance: pour bricoler des GTIA "complets" (et un échelon supérieur qui en groupe 2 ou 3, avant d'avoir un EM division ou CA), à quelle vitesse épuise t-on le réservoir de "modules" de tous types disponibles avant d'avoir à littéralement déshabiller Pierre pour habiller Paul? Et à l'arrivée, ça donne quoi en capacité opexable sur un à 3 théâtres simultanés? Bref, on peut faire un sur mesure relativement satisfaisant pour l'Afghanistan et une mission de surveillance au Liban, plus une intervention "légère" en Côte d'Ivoire: la capacité obtenue est-elle impressionnante? La rapidité d'adaptation est-elle bonne? S'il avait fallu booster un ou plusieurs de ces théâtres? Et si cela avait été face à un adversaire quelques crans au-dessus techniquement, imposant un tempo plus élevé? je sais pas, j'ai pas trouvé de détails sur les compositions. Mais je me réfère aussi sur les unités ricaines (marines et army) qui sont quand même indicatives d'un environnement "terre" complet (sans hélicos). La brigade lafayette tourne autour de 2500-2800h, là avec ALAT. Prenons la question sous un autre angle.... La France peut armer un Corps d'armée, vraisemblablement: le CRR-FR est opérationnel et les 30 000h poexables sous son commandement semblent effectivement projetables. Quelles compositions pourrait-il avoir, chaque brigade étant mise à contribution? Cela représenterait au moins l'équivalent d'une dizaine-douzaine de GTIAs "complets" (plus les moyens "corps d'armée" et ceux d'un échelon intermédiaire, sans doute brigade), ce qui est sans doute possible dans le cas d'une concentration sur un théâtre où la centralisation peut se faire. Est-ce que c'est encore possible d'envoyer les EMF sur 2 théâtres séparés avec chacun la moitié de ces moyens, et d'avoir 2 "divisions" autonomes? Bref, si on peut faire 1x30 000 (le peut-on réellement?), peut-on faire 2x15 000? Ou 3x10 000? A chaque fois avec un niveau satisfaisant comparativement aux armées alliées/équivalentes techniquement? Les ricains se dimensionnent ainsi, pour avoir des "pions de manoeuvre" à chaque échelon offrant une capacité claire avec un spectre de capacités complet. Les Etats européens atlantistes, à leur échelle, suivent cet alignement. Et la France? J'ai l'impression de voir une grande armée avec au final peu de pions complets de ce type (de ce standard) réellement mobilisables, ce qui me fait me poser la question sur le décalage entre la taille et la capacité réelle: est-il plus grand qu'ailleurs?
  24. Tancrède

    De l'unité à la capacité

    Oui, ça a varié entre 700 et 900h par GTIA. Après, la question est quand même de savoir si c'est suffisant ou non comme "pion" crédible. Le format peu défini permet de la souplesse, mais pas vraiment une battle readiness ni un dimensionnement du dispositif global terribles (on peut faire du bricolage tant qu'il y a que 2-3 GTIA dehors, mais si plus sont requis?). Le ground element d'une MEU des marines, si on lui adjoint son soutien log et la partie du command element qui n'incluerait pas les éléments liés au domaine aérien, devrait tourner autour de 1500-1600h. Une BCT américaine a 2 bataillons interarmes complets et leur environnement soutien/appui, et sans être purement divisible (il s'agit d'une brigade organique, donc pas d'un lego), on peut dire que chacun de ces bataillons implique fictivement de 1650 à 1950h. Les battlegroups de l'UE, même si théoriques, reposent sur un postulat de 1500h de base, certains, selon les nations, allant jusqu'à 2500. La Norvège, qui a franchi le cap du battlegroup organique, tourne aussi autour de ce pot. Donc à moins qu'on sache tout faire mieux que tout le monde, je préfère me fonder sur ces exemples là aussi, le fonctionnement en Afghanistan étant à relativiser, même s'il a fait réapprendre tout ou partie de ce qu'il était nécessaire de fournir aux bas échelons en termes de capacités, matériels, effectifs (pour un échelon donné), encadrement et marge d'autonomie, mais face à une situation particulière. Par ailleurs, ne pas oublier un autre dimensionnement même dans les unités moins a priori "dimensionnantes", infanterie en tête: même un RI, s'il peut fournir un effectif donné, n'est pas aussi flexible pour fournir les appuis organiques. Reco, tireurs longue distance.... Sont des denrées plutôt maigrement développées dans les unités françaises. Toute façon, même en forçant la mule s'il y avait un conflit majeur de priorité AA+ ;), compter sur plus de 75-80% de dispo des unités est peu prudent.
  25. Tancrède

    De l'unité à la capacité

    Le GTIA était plutôt à compter dans les 1300-1500h, non? Et les brigades tournent plutôt autour de 6000-6500h en moyenne (moins s'il faut enlever les effectifs purement sédentaires) maintenant, sauf la brigade para avec ses 5 régiments de mêlée. 4 GTIA, c'est la totalité des effectifs, et encore, en divisant pas mal de trucs qui ne peuvent pas l'être (genre les batteries d'artillerie, pas vraiment divisibles vu que leur section de commandement ne peut se séparer en deux pour encadrer une section de tir). Alors évidemment, c'est pas 16 GTIA absolument indépendant, mais au moins opérant en tandem, dans un nouvel échelon de manoeuvre intermédiaire, une "brigade next gen", quoi (avec un vrai général de brigade, et un colonel pour chaque GTIA), soit quelque chose de comparable à une BCT ricaine. 2 GTIA complets par brigade interarme, pour un total de 16 opexables en 8 groupes de 2 (maxi 24 000h), sur un à 3 théâtres différents simultanés (soutiens et appuis d'échelon supérieur non comptés). : est-ce que ça, c'est même à notre portée (pas pour l'envoi en simultané, juste le fait de les entretenir)? Non, apparemment même pas en rêve.
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