Aller au contenu
Fini la pub... bienvenue à la cagnotte ! ×
AIR-DEFENSE.NET

Tancrède

Members
  • Compteur de contenus

    18 697
  • Inscription

  • Dernière visite

  • Jours gagnés

    166

Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Sans doute, mais de fait, une bonne partie des Force Recon telles qu'elles étaient avant a été embarquée pour former la base du MARSOC: toutes leurs unités d'action directe et une partie des unités de reconnaissance en profondeur a été chopée, forçant le Corps à reformer en interne les capacités piquées par l'USSOCOM.
  2. Cette fois :O :lol:???? Ca c'est de l'euphémisme!!!! Si il finit par être viré, ça complètera la cure d'assainissement après le dégagement de Glenn Beck!
  3. Ben c'est déjà plus ou moins le cas avec le 4ème RHFS où se trouvent des personnels et hélicos "air"; si la réforme évoquée sur l'évolution des 2 autres CPA se fait, y'a aussi des chances de voir ce mouvement s'accentuer. Les besoins opérationnels sont ceux d'une totale disponibilité: le politique s'en sert apparemment ainsi. Déjà plus ou moins le cas, mais le niveau de sollicitation est déjà tel, et appelé à ne faire qu'augmenter, que l'augmentation des effectifs FS comme la rationalisation des moyens semblent liés à un impératif certain de garder la machine au niveau des demandes. Peut-on dire, après, que ça correspond à une définition trop vague et large de l'emploi des FS et/ou à une trop grande propension du politique à y recourir? De fait, cette propension est-elle plus dictée par une "aura" des FS qui touche le politique, par leur tendance au micromanagement qui découle des problèmes (médiatiques et politiques) de la moindre bavure lors d'opérations militaires, réclamant des personnels super-qualifiés même pour certaines missions que d'autres pourraient faire? Ou n'intervient qu'une simple raison de coût des opérations militaires? Comme toujours, la question n'est pas de savoir si c'est tout l'un ou tout l'autre, mais de voir jusqu'à quel point les FS sont un multiplicateur de la capacité stratégique/diplomatique/politique/opérationnelle-tactique d'un pays, et à partir de quel point ils commencent à vampiriser le reste de la capacité armée. Qu'il faille mieux former et équiper les unités conventionnelles, disposer au moins d'un segment d'entre elles qui soit aptes à certains types d'actions dites "spéciales", ce sont des faits. Mais il est des opérations et des circonstances où l'emploi de FS en tant que telles est irremplaçable et/ou représente la meilleure solution au meilleur coût: il ne faut pas dénier non plus le caractère réel du domaine (malgré tout difficilement défini) des opérations spéciales, même en exceptant le domaine spécifique des opérations clandestines qui demeure majoritairement (et c'est logique) le turf des services secrets. Les Marines ont résolu le problème en donnant à des unités régulières pas mal de capacités habituellement liées aux FS: CSAR, libération d'otages, abordage de navires à l mer, évacuation de ressortissants, formation d'unités étrangères, reconnaissance et surveillance clandestine, renseignement électronique discret.... Il est sûr que les unités opérationnelles ne peuvent pas remplir tous les scénaris de chacun de ces types de mission, le "haut du spectre" restant du seul domaine des FS. Mais en attendant, ça accroît le champ d'action, dégage de la marge de manoeuvre et permet de dégager les FS de beaucoup de situations où ils sont un peu "overkill", limitant par ailleurs leur propension de chapelle à toujours englober plus.
  4. Plutôt d'accord, mais à quel niveau une cata? Le renforcement permanent et la structuration du pôle FS dans l'absolu ne sont pas mauvais à tous égards (et le cycle sélection entraînement initial n'est pas hyper coûteux, pouvant donc rester dans chaque arme), mais c'est le recours abusif et permanent aux FS qui est néfaste à mon avis, renforçant la logique propre de cet outil qui, partant d'un besoin exprimé en croissance constante, ne pourra qu'évoluer en chapelle toujours plus politiquement prioritaire, développant une doctrine toujours plus large appelant effectifs, moyens, structure.... Ce qui, dans une armée aux effectifs combattants très comptés, aura vite un effet direct sur le reste. Je le recite, mais voir 41 hélicos dédiés aux FS (avec la DGSE qui doit aussi taper dedans), comparé au parc français dans son entier, ça commence à être inquiétant: c'est le genre de chiffre qui est appelé à monter plus qu'à redescendre, contrairement au dit parc.
  5. En fait le problème des "écoles" globales pour l'organisation interarmes et interarmées d'une force reflète le problème de ne pas avoir d'adversaire désigné: il y a peu voire pas de moments dans l'histoire où une armée n'ait pas eu à se calibrer contre un adversaire précis ou en tout cas un nombre très limité d'adversaires. Là, il faut autant "se préparer" dans l'absolu (ce qui ne peut correspondre à quasiment aucun modèle militaire) que s'aligner grosso merdo sur deux ou trois très vastes familles d'adversaires (le classique adversaire symétrique -la Chine essentiellement-, l'adversaire régional étatique important -genre Iran, Corée du nord....- et "l'adversaire asymétrique", nébuleuse infinie, très variée) que se préparer face à un vaste nombre de scénaris. Est-ce même possible? La priorité est évidemment de pouvoir affronter la première période d'un conflit quelconque avant d'entamer un processus de montée en puissance et d'adaptation au théâtre. Mais même là, le champ reste vaste, et les budgets sont contraints. Les USA ont, par simple effet de taille/quantité et d'avance technique, une marge de manoeuvre énorme qu'aucun Etat européen n'a: l'urgence est moindre pour eux. Les Marines sont versatiles, certes, et ils le doivent au haut degré de dispo et de préparation humaine tout comme à leur taille et à l'intégration interarme/interarmée, mais même eux sont calibrés pour un nombre limité de scénaris.
  6. Ben justement, la question se pose peut-être quand les FS commencent à atteindre une proportion significative de l'orbat disponible (surtout en proportion des "boots on the ground"), et on peut demander en retour "est-ce le boulot des quelques bataillons de fantassins qu'il nous reste de former des OMLT quand il y a par ailleurs besoin de présence partout" ;)? Les 2 façons de voir ont leur légitimité, mais avec des FS en telle croissance dans les orbat (absolue et/ou relative), chacun peut dire qu'il a un "coeur de métier" et que cette mission lui pompe sa dispo (voire en interne la lui fait voir comme une "voie de garage"). Sauf évidemment, si le truc que je mentionne -à savoir une "brigade FS interarme et interarmée" de taille conséquente- se confirme, à former un "régiment d'assistance et de formation" regroupant des équipes mi intervention mi-formation, qui empêcherait cette vampirisation des uns ou des autres (un peu sur le modèle des compagnies FAST des marines qui font de l'intervention et de l'encadrement). Un peu, avec une tendance naturelle à l'hypertrophie, dès lors qu'une force s'institutionalise et devient une chapelle en soi, développant ses réseaux, son lobbying, ses moyens, cherchant à étendre ses missions, fondant sa réflexion avant tout sur elle-même (par rapport à une réflexion globale sur l'ensemble des forces et comment chaque partie sert le tout). Et en tant qu'unités les plus dispos, formées et "stratégiques", ce seraient les "mieux en cours", les plus sollicitées, et donc les plus choyées et intouchables. Ca ferait plutôt 3-4 bataillons interarmes de FS rassemblant tous les savoirs-faires et matériels (2 de l'AdT, 1 de la Marine et un de l'AdA), un régiment d'hélicos, une flottille.... Des unités très très chères, ce qui, à l'échelle d'armées comme l'anglaise ou la française, impacterait beaucoup le reste. En bref, une armée gratin dauphinois: - le gratin proprement dit: les FS - la crème: les unités conventionnelles de réaction rapide et "de pointe" - les patates: le reste, sous budgété Et au global, une capacité amoindrie par cette concentration, très pointue et efficace pour quelques types de situation, et insuffisante pour tout le reste: le gratin se voit et couvre tout, mais il est très très fin. Les ricains imposent de fait ce modèle, mais eux peuvent se le permettre dans une plus large mesure, par la simple taille de leur appareil militaire. D'un autre côté, les Marines représentent pour eux "l'autre école", celle qui refuse plus ce mouvement vers les FS et sait plus garder une optique globale et interarme/interarmée. Ils ont en fait toutes les écoles, modèle que France et GB ne peuvent suivre.
  7. Bon, juste pour faire du teasing.... Les FS se construisent de façon de plus en plus "complète" et "autonome": croissance en quantité et variété des hélicoptères détenus désormais "en propre", couverture large du spectre des capacités nécessaires à des opérations spéciales, accroissement de la capacité d'action en groupes importants (niveau plusieurs compagnies en simultané), accroissement du parc véhicules en général.... Ces capacités se structurent de plus en plus, et l'alignement semble à peu près similaire partout en occident: une unité pathfinder/rens stratégique, une d'action, une d'aéronefs, une cellule C3I.... Et chaque groupement de chaque arme se constitue suivant ce modèle, et définit de plus en plus sa doctrine d'emploi et de là, les capacités qui lui sont nécessaires. Logique dans une pensée centrée autour du principe FS, cette façon de faire risque t-elle (ou jusqu'à quel point le risque t-elle) d'impacter les forces conventionnelles? Quand on prend l'exemple de la France, 41 hélicos pour les FS, dont des hélicos d'attaque, ça commence à représenter un pourcentage non négligeable du parc global (surtout en plus quand on regarde le coût d'une dispo maxi pour ce parc FS). Un COS qui va dépasser les 4000h (sans compter tous les personnels des structures fixes, notamment pour la marine et l'AdA), ça commence aussi à compter, au point que la BFST pourrait plus globalement, si la logique du regroupement géographique opère -ce qui semble souhaitable pour rationaliser l'usage des matos chers et de la plate-forme opérationnelle- devenir à terme une "brigade interarme et interarmée" de plus dans l'orbat global. A quand des pelotons leclercs et VBCI d'appui FS ;) avec des matos plus poussés et des doctrines d'emploi spécifiques? Des BVs FS? Est-ce si délirant de l'envisager dès lors qu'on voit la montée en puissance actuelle?
  8. Inaugurons ce nouveau segment avec une réflexion prospective et collective sur le devenir des FS en occident (la notion de FS pouvant être différente ailleurs): leurs définitions semblent généralement assez proches, et même si on peut distinguer des nuances, on se trouve quand même dans un ensemble relativement proche culturellement et qui plus est existant sous l'égide d'un "modèle" américain qui donne le ton et influe concrètement sur les concepts, doctrines, organisation et matériels militaires. Quelles sont les grandes tendances d'évolution? Vous semble t-il y avoir des trajectoires de plus en plus communes? J'ai l'impression de voir lentement s'affirmer des "armées en miniature", et si je poussais la prospective, je dirais même que cela s'inscrit dans un panorama d'armées occidentales expéditionnaires à plusieurs vitesses, avec un premier segment tournant autour des FS (et peut-être quelques unités d'élite/de pointe les accompagnant régulièrement), un segment conventionnel expéditionnaire "agressif", fait pour l'entrée de théâtre et la constitution d'unités plus mobiles et réactives, et enfin un segment conventionnel (avec selon les cas une composante réserve/conscription/garde nationale) chargé du "contrôle de zone", de la sécurisation/occupation, du peacekeaping.... Sans aller jusqu'à projeter un tel modèle qui me fait furieusement penser à l'empire romain tardif et son armée professionnelle pareillement classifiée en 3-4 grandes familles d'unités à vocations différentes (en simplifiant: scholes palatinae et palatins, comitatus et limitanei) formant de fait des armées différentes, il me semble quand même possible de dire que l'évolution actuelle des FS les différencie de plus en plus de l'armée régulière et en fait purement et simplement un service à part, distincts des armées de terre, des marines et des armées de l'air dont pourtant leurs personnels sont issus le plus souvent. De même, "en amont", elles ne sont pas confondues avec les unités et branches paramilitaires des services secrets (même en Angleterre où pourtant cette distinction n'existait pas encore il y a quelques années). Par essence interarmes (et étant de plus en plus structurées ainsi), elles concentrent de plus en plus de moyens (surtout par tête de combattant opérationnel), couvrent un panel de plus en plus large de capacités, apprennent à savoir agir à une échelle croissante (engageant simultanément des effectifs plus grands), regroupent moyens, bases et activités pour rechercher les économies d'échelles et synergies d'une "arme", établissent leur propre chapelle en interne des institutions, leur réputation et leur mythe, deviennent un objet conceptuel et un outil en soi.... Si elles présentent et présenteront encore longtemps des capacités complétant celles des unités conventionnelles, des savoirs-faires d'appui qui leurs sont nécessaires, elles sont quand même désormaisn très à part, et on peut l'observer par exemple en voyant simplement le fait que quand une unité à capacité spéciale ou "commando" est drainée vers le pool FS, cela crée un manque dans les unités conventionnelles d'origine, qui contraint immanquablement ces unités à recréer la capacité perdue qui ne sera au mieux compensée qu'à temps partiel (voir le cas emblématique des Force Recon et du MARSOC chez les Marines). Que vous en semble?
  9. On est d'accord, mais sur le point de Friedmann (attention, je parlais aussi de 2 Friedmann dans mon post :lol:), il faut noter l'ambiguité du personnage, qui dit ne pas contester le principe d'action de l'Etat mais aime à "démontrer" par ailleurs que toutes les interventions concrètes sont mauvaises dans leurs principes et leurs effets, en laissant entendre sans le dire directement que le marché aurait par essence un fonctionnement vertueux et productif à la place (ce qui est d'un angélisme béat dans la plupart des cas, et fonctionne encore mieux quand on le suggère sans le dire). Encore une fois, on est d'accord, mais l'Etat reste la seule grande féodalité dont l'ensemble d'une population est actionnaire ;) et, sur laquelle, pour peu qu'ils sachent s'organiser, il est possible d'exercer une pression réelle. En plus, il a LA légitimité par rapport aux autres "féodaux". A supposer que syndicalisme, actionnariat de petits porteurs regroupés en grandes tendances et groupements de consommateurs puissent réellement être organisés (3 domaines où c'est délicat, contesté, et souvent faiblard), le même niveau d'influence serait difficile à avoir (surtout sur des entreprises mondiales), même si ce serait sans doute salutaire à bien des égards (mais ça ferait beaucoup d'implications dans beaucoup de domaines, et beaucoup de temps demandé aux individus) et si ça risquerait de créer d'autres "classes politiques" (mais la concurrence des forces est la base de la liberté, après tout :lol:). Mais ce qui est sûr, c'est qu'un Etat réduit n'aurait qu'une puissance théorique face à de grandes entreprises multinationales telles que celles d'aujourd'hui, sauf peut-être à considérer que le système politique doit être financé par l'argent public et des dons individuels plafonnés et rien d'autre, et disposer de tous les moyens d'information, de recherche et d'enquête possibles et imaginables. Mais dans le monde réel, les lois ne sont pas observées parce qu'elles sont des lois, ni l'Etat obéi parce qu'il est l'Etat.
  10. Tancrède

    Manif pro-FS

    Désolé, formulation irrespectueuse :-[ :-X. Vrai, il y a un vaste panel de missions, et des unités qui en couvrent une partie plus ou moins large, cherchent à en développer de nouveaux aspects ou à simplement couvrir une plus large palette de ces missions, et à acquérir les statuts et budgets qui vont avec. Ce mouvement s'accompagne d'une autonomisation plus grande (toutes ces unités cherchent à être "complètes"), et le secteur dans son entier connaît souvent une structuration de fait qui s'ancre de plus en plus dans la réalité institutionnelle, géographique, organisationnelle, budgétaire.... Avec des unités "premier tiers" (les clandés, les "crème de la crème de la crème avec toppings au chocolat et cerise dessus" :lol:), des unités spéciales "lambda" :O, des "spécialisées mais spéciales quand même", des ex-commandos d'ordinaires rattachés à des commandements conventionnels mais rameutés dans les spéciaux parce qu'il faut du monde (avec des conventionnels qui s'empressent de recréer de quoi combler le manque).... Toutes choses qui montrent un fait simple: il s'agit d'une branche de l'action armée d'un Etat, qui se structure et se renforce, et ce faisant, se distingue de plus en plus des autres services. Une des questions qui vient alors est celle de délimiter leurs "zones" d'action, de savoir quel est ce créneau qui s'étend entre l'action clandestine pure et dure des services de renseignement, et celle des opérations conventionnelles (surtout dans leur partie "commandos et actions spécialisées" qui utilise des personnels et unités aux capacités souvent proches/voisines). De plus en plus intégrées et interarmes en occident, ces unités deviennent un pôle désormais non négligeable en termes budgétaires et numériques.
  11. Tancrède

    Manif pro-FS

    Division qui apparemment est appelée à disparaître et/ou changer étant donné qu'il semble que les 2 autres CPA vont gicler au COS. Mais la définition du périmètre FS serait précisément un des points de discussion "thématique/généraliste" du sujet, étant donné que les FS en général (commence pas à t'acharner sur un arbre en oubliant qu'il y a une forêt ;)) sont devenues un "objet" en soi et non plus un truc marginal/périphérique, voire un concept central. Parce qu'il n'y a pas que ces problématiques et missions qui concernent les FS en général: suivant les pays, tu vois des unités spéciales qui sont plus souvent dédiées à la tranche "haut de gamme" du maintien de l'ordre/protection du régime dans le cas de dictatures et autres Etats autoritaires, ou des Etats où existent des problèmes spécifiques structurels nécessitant ce type d'unité (regardez le cas de l'Angleterre en Irlande du nord pendant très longtemps). Quand la question est si cruciale pour un Etat, une branche de leurs FS, voire parfois la majorité de ces FS, peut être assignée à cette tâche domestique parce que pour eux, elle est d'une importance stratégique, et du coup naît un service disposant des moyens, savoirs-faires, latitude d'action.... Qui sont les attributs des FS. Suivant que tu définis les FS par une certaine gamme d'attributs ou de missions, de place dans "l'orbat".... Tu arrives à des périmètres variés. Rien que le cas russe, avec la répartition de groupes d'intervention spéciaux entre le ministère de l'intérieur (au sens des services de sécurité centraux), celui de la défense, les douanes ou encore les services de renseignement extérieurs, est un cas à part. Mais se cantonner d'emblée aux définitions d'orfèvre centrées sur la conception anglaise des FS (qui est en fait actuellement en pleine évolution), si culturellement et historiquement impactante chez nous, c'est déjà oublier les 3/4 du sujet. Donc définir un périmètre sur ces seuls critères semble difficile.
  12. Tancrède

    Manif pro-FS

    Tu oublies que les FS selon Tom Clancy, c'est John Clark qui fait tout et représente à lui seul 80% du potentiel "black ops" des USA :lol:.
  13. Tancrède

    Manif pro-FS

    Va falloir mettre fusilier au boulot sur les commandos marine, parce que là, le topic existant concerne à la fois les commandos marine et les fusiliers marins. Et tant qu'à faire, ça permettra de parler un peu des CPA qui sont si délaissés en général :lol:. Imaginons un peu la structure du sous-forum: - une section dédiée aux FS du monde, d'Europe, de France, de Navarre et du 9-3 - une section "générale", thématique, sur les problématiques et prospectives de cette "entité" FS "Forces spéciales et clandestines"?
  14. Tancrède

    Manif pro-FS

    Oui, plutôt que des sujets épars: les FS sont devenues une problématique en soi, un investissement désormais plus anecdotique, une logique d'emploi, sont de fait un service ayant par lui-même un rapport particulier avec les autres branches des armées, sont un outil pensé en soi et pour soi par le décideur....
  15. C'est décidé, je fais une manif (beurk, ça sonne de gauche ;) :lol:); je propose de créer une section dédiée aux FS, non que je sois un fan particulier de l'évolution actuelle, mais force est de constater que les FS dans les pays développés deviennent une branche des forces armées, quasiment au même titre que les autres grands services, qu'elles sont regroupées, de plus en plus rationalisées autour de pôles de troncs communs (moyens et autres), développent des logiques propres mais aussi leur propre chapelle, correspondent à des logiques d'emploi spécifiques et cherchant à s'accroître, sont "séparées" des armées à de tels égards parfois que celles-ci doivent le plus souvent recréer en interne des services aux capacités approchantes, reprenant tout un panel de métiers dont les FS étaient censées se charger mais ne le peuvent plus parce qu'elles bossent pour un autre patron.... Par ailleurs, elles sont souvent présentées comme l'embryon des "forces du futur", plus réactives, entraînées et équipées, comme si elles allaient devenir une armée "premier tiers", avec un "2ème tiers" représenté par les unités conventionnelles et un 3ème par les unités de réserve/garde nationale/conscription. Quand les ricains ont un USSOCOM qui flirte avec les 60 000 personnels et dispose désormais de fait d'une existence autonome (administrative, politique, budgétaire et opérationnelle) qui en fait un 5ème service de facto, on peut se dire que le statut des FS comme "fer de lance" numériquement marginal n'est plus si pertinent comme façon de voir. Quand je lis tout d'un coup que les CPA 20 et 30 risquent de virer au COS qui pourrait ainsi dépasser les 4000-4500 personnels (sur qui se concentrent nettement plus de brouzoufs par tête) et plus de 40 hélicos, je ne considère plus la chose comme marginale vu la place prise par ce "concept" des FS.
  16. Mais de quel fait? L'aviation? Ou aussi peut-être l'avancée des armées alliées et la disruption graduelle de la continuité du territoire allemand sur le plan des axes de communication (qui mobilise du coup du monde pour reconstruire au fur et à mesure en de multiples points)? Parce que ce qui est clair, c'est que les unités et centres de production allemands eux-même n'ont pas été très impactés par les bombardements. Clairement, au niveau stratégique, les USA ont, discutablement, été le premier contributeur à la victoire. Peut-être que l'affirmation habituelle sur le rôle des Soviets peut se limiter aux combats, où ils ont été à tous égards le premier acteur côté allié: la part qu'ils ont prise dans la victoire strictement militaire est de loin la première (pareil pour le côté sacrifice: ils ont payé le plus lourd du tribut). Et il faut voir aussi qu'entre 41 et 44, ce sont eux qui ont fait en sorte qu'il y ait encore une guerre à livrer. Sans un front de l'est engageant l'essentiel des moyens allemands, les ricains auraient tout bonnement jeté les pouces vu l'absence de chances de succès d'un débarquement dans ces conditions; donc là, c'est une importance décisive et stratégique qu'ils aient simplement tenu. Par ailleurs, en termes de puissance relative, s'il n'y avait pas eu de débarquement et si le rôle US s'était limité à l'effort logistique vers l'URSS (peut-être accru par la non mobilisation d'une armée en Europe, ou juste de quoi garantir l'espace aérien de l'Angleterre) et au Pacifique, l'URSS aurait-elle pu remporter seule la victoire en Europe? Au vu de la situation, il n'est pas exagéré de dire que oui.
  17. Oui, à mon avis, ça vaut mieux: on peut garder une compréhension du niveau technologique et "bâtir" un pays fictif relativement crédible. - sur 10-20 ans, ça ne marche pas comme ça: les organisations humaines géantes que sont les Etats, groupes ethniques et culturels ou religions ne sont pas si aisément modifiables. Et la logique des rapports politiques et de ce qui fait une organisation de grande échelle solide est quelque chose de réel et contraignant. Regarde le temps qu'a passé Un géant comme Gengis Khan à unir un groupe pourtant ethniquement et culturellement homogène: les 2/3 de sa vie! La conquête de l'empire mongol avec cela lui a pris moitié moins de temps. "L'Afrique" comme entité globale est un truc qui a l'air logique sur une carte, parce que c'est un continent: c'est pas pour autant que la réalité peut en être impactée, vu que les groupes humains qui la composent (ethniques, religieux, géographiques, culturels, historiques, politiques) ont des réalités infiniment plus puissantes. C'est mal connaître l'histoire européenne que de voir l'ère des nationalismes comme étant allée de soi, s'étant instaurée rapidement.... Et alors même qu'elle a concerné des groupes plus petits et homogènes ayant des logiques historiques autrement plus anciennes. - outre l'union et ses conditions, il faut ensuite arriver à faire un Etat solide et durable (une entreprise titanesque), et qui plus est un qui puisse mobiliser une part de ressources capables d'aller jouer dans la cour des grands au niveau mondial, donc en menant des OPEX, fussent-elles de proximité relative et d'ampleur limitée. Il y a quand même une limite à un scénario fondé sur des postulats: s'ils sont gratuits, la cohérence ne tient pas parce que la stratégie est quelque chose de global, où chaque cause induit une myriade de conséquences. On ne peut pas "neutraliser" la donne nucléaire juste comme ça, ni tous les intervenants du monde capables d'agir de loin juste parce qu'on veut voir un "Europe vs Africa" sur le terrain de batailles conventionnelles. Tu envoies les facteurs qui t'emmerdent par la fenêtre et la complexité du jeu stratégique fait qu'ils reviennent par une autre.
  18. " Ben il suffit de voir que l'Allemagne n'a jamais autant produit qu'en 1944 :lol:.
  19. Je vois en fait plutôt une recomposition de la carte africaine, en fonction de rapports de force nouveaux établis par des mouvements, régions ou groupes au départ non étatiques, dont la force reposerait plus sur des groupes humains plus "homogènes" (logiques locales, ethniques, religieuses, géographiques, culturelles/religieuses) et sur la déliquescence parallèle de tout ou partie des Etats actuels issus du découpage "colonial" et dont aucun ne dispose de la masse critique suffisante pour s'imposer à une grande aire géographique, qui sont entravés par leurs antagonismes et l'équilibre déjà) existant entre eux, dont beaucoup sont au bout d'un cycle entropique pour maintenir leurs équilibres internes, qui les prive de la marge de manoeuvre extérieure nécessaire. Certains survivraient, parce qu'ils sont encore solides, "réels" (dont ceux que tu as mentionné), mais ils se conquerraient une petite zone, ou tomberaient sous l'influence plus ou moins prononcée d'un "nouvel empire". Ne pas oublier non plus la barrière naturelle du Sahara, qui rend douteuse une "unification" s'étendant de part et d'autres d'un tel obstacle. Comme les Cités grecques en leur temps, les Etats africains existants me semblent arrivés à un point, sur le plan des relations internationales, où l'équilibre actuel ne peut pas voir un acteur soudain pouvoir devenir dominant. La recomposition viendrait d'une déliquescence interne amenant la possibilité d'émergence de nouveaux acteurs.
  20. Tancrède

    La guerre en 1870

    Pour revenir au sujet initial, je crois qu'il s'agit ici de voir à quoi ressemblaient les affrontements de cette époque. Sur le plan des escarmouches (reco....) et des combats urbains, en fait rien de si original/nouveau, sinon l'accroissement des portées et de la létalité des balles et obus. Pour l'affrontement d'armées en rase cambrousse, il est intéressant de noter que, comme dans la guerre de Sécession, cette époque est celle d'une transition où en fait les chefs d'unités de manoeuvre ne savent pas vraiment comment faire: ils sont culturellement et pratiquement contraints d'opérer comme lors des batailles napoléoniennes, mais "en plus grand", ce qui implique un ordre en ligne et en colonnes pour l'ordonnancement des troupes, principalement parce que personne ne sait faire autrement et que techniquement, il n'y a pas vraiment d'autre choix vu l'impossibilité de coordonner des masses humaines si énormes autrement qu'à la voix, aux emblèmes, aux estafettes.... Ce qui rend la bataille proprement dite assez rigide, concentrée, et surtout inhumainement meurtrière. On est à une période de transition: aucun moyen de communication opérationnelle moderne n'a permis de changer les dispositifs de rase campagne, mais la portée et la puissance des armes ont explosé, rendant au plan tactique l'offensive terriblement coûteuse et difficile: il faut qu'une unité avance dans une zone ultra-létale d'environs 600 à 1000m (grosso modo, là où les balles et obus peuvent porter ensemble) avec des précisions et densités de feux multipliées par un facteur énorme par rapport à l'ère précédente, et pas de déperdition d'énergie suffisante dans les balles pour perdre en létalité (à l'ère des mousquets, passés les 200m, le feu de salve n'infligeait pas de dégâts forcément énormes). Face à des formations d'infanterie denses, l'effet est dantesque et l'offensive devient une option dangereuse, sauf à créer un surnombre énorme compensant les pertes et/ou à aligner une densité de feux d'artillerie immensément supérieure. Dans ce conflit, on peut voir que la phase des affrontements d'armées régulières (avant la période des armées de la Loire) n'a pas été au désavantage des Français en termes de bodycount: l'attitude offensive jusqu'au boutiste des Prussiens leur a coûté cher, de même que la portée et la cadence supérieures des fusils français, dont les effets sont multipliés par la posture tactique défensive (soldats souvent allongés, sur des positions préparées) et la qualité individuelle (durée de conscription longue, importance de la proportion de soldats de métiers, expérience des conflits extérieurs). On est alors à ce moment où une ligne de défense suffisamment dense peut arrêter la plupart des vagues offensives (au niveau des unités élémentaires) ou leur infliger des dégâts énormes rendant l'opération peu rentable. La guerre s'est gagnée à un autre niveau côté prussien. Mais ce paradigme, que certains font démarrer à Waterloo, ne sera en fait pas encore résolu en 1914: c'est le problème tactique majeur du XIXème siècle entre grandes armées.
  21. C'est vrai que c'est la seule alternative "crédible", l'autre étant le temps: un scénario d'union sur 50 ou 60 ans, sur base de guerres civiles, d'affaiblissement des Etats face à divers problèmes (effets de l'ingérence économique de la Chine, désertification, grandes épidémies, conflits religieux, corruption et compétition pour des ressources plus rares relativement à une population croissante, ascension des chefs de guerres, grands groupes maffieux et guérillas en tous genres en tant qu'acteurs politiques....), qui verraient du coup une recomposition politique somme toute rapide à l'échelle de l'histoire, avec des chefs de guerre/clan/ethnies qui conquerraient dans leurs affrontements des zones d'influence croissante (en s'éliminant) recomposant la carte politique de l'Afrique subsaharienne jusqu'à ce qu'un point de relatif équilibre soit atteint et/ou qu'un d'eux, particulièrement génial et/ou juste là aux bons moments aux bons endroits (et/ou recevant un soutien plus marqué d'autres grandes puissances) acquiert un territoire représentant une masse critique suffisante pour asseoir une domination plus durable, et de là l'étendre.
  22. Tancrède

    La guerre en 1870

    Oh, faut pas non plus caricaturer la charge de la brigade légère: coûteuse et un peu débile, c'est vrai, et la même tâche eut pu être réalisée autrement avec un coût moindre, mais faut pas oublier que dans l'histoire, cette charge a quand même donné un vrai résultat sur le plan tactique. Et puis vu l'utilité relative de la cavalerie déjà à cette époque, le coût dans l'absolu est "modéré" (la perte d'unités d'infanterie ou d'artillerie aurait été plus grave), sauf humainement pour les hommes qui ont du réaliser cette connerie.
  23. Tancrède

    Battlegame royal

    Satellites et caméras sont partout, évidemment: il faut une audience.... Mais il faut aussi un but de guerre: le camp gagnant est celui qui aura le droit d'être ramené à la maison. L'autre ira se faire frire un Twinkie ou un nem (du moins ses survivants). Ca devrait motiver les troupes. Le rapatriement concernera quand même aussi les prisonniers de guerre jusqu'à un nombre plafonné (et délibérément très en-dessous des effectifs potentiels), histoire de laisser une petite porte de sortie pour certains, d'inclure une contrainte de comportement (un peu d'humanité quand même, mais aussi la tentation d'une immobilisation de ressources pour les garder), mais aussi de créer avec le temps un enjeu variant légèrement du simple poutrage frontal (ben oui, vu qu'il va s'agir d'armées comptant des centaines de milliers d'hommes, ça peut durer un peu) en ce que délivrer des effectifs conséquents pour les réinjecter dans les rangs peut devenir un objectif ponctuel. Le terrain: - pas trop d'idées sur les dimensions, mais on va partir sur un carré de 2000km de côté, dilaté sur le tiers central des côtés est et ouest, représentant la zone de ressource principale (2 "cornes d'abondance", espacées de moins de 100 bornes) et de concentration initiale des adversaires, ainsi reculée de 300km par rapport au côté théorique du carré - une grande plaine aride au centre, appelée "la plaine" - une vaste zone plus humide (herbe épaisse, petites forêts, coupures humides) et très légèrement accidentée au nord et au sud de la plaine: "la lande" - une frange de collines au sud et au nord, appelées "collines du nord" et "collines du sud" par un poète local :lol: - une zone montagneuse encore plus au nord et encore plus au sud (devinez les noms :lol:) - une zone de ressource supplémentaire dans chaque camp se trouve dans les collines nord, en avant de 500km par rapport aux côtés est et ouest. Le terrain est donc découpé par tranches est-ouest, ouvert au centre où les 2 camps sont en "face à face", mais cette zone centrale est la plus aride et poussiéreuse, et la plus longue du fait du recul des zones de ressources principales.
  24. Tancrède

    Battlegame royal

    Certains en ont rêvé, je le fais: finis les scénaris bancals pour essayer de l'obtenir, finis les délires géopolitiques à l'emporte-pièce pour pouvoir avoir ce petit plaisir, finis de passer les 3/4 d'un topic pour voir qu'il ne peut pas donner ce que le créateur en attend..... 2020.... La Chine a terminé le plus gros de sa période de rattrapage militaire, disposant d'une armée "aux normes" modernes. Les USA sont toujours là, et les Européens plus ou moins.... Mais personne n'ose se foutre sur la tronche malgré les envies.... Bandes de tapettes! Vous croyez que AirDéfense va accepter ça? Se contenter de "et si on disait que.... Mais si quand même ça peut arriver, non?" Résultat, dans un accès de colère, les modos d'AD (toujours les mêmes, les modos sont des entités divines qui ne vieillissent pas et n'arrivent pas à décrocher: l'addiction leur donne leurs pouvoirs et la vie quasi éternelle.... Du moins, et pour para-titrer un film de guerre célèbre, "tant qu'il y aura des geeks") décident que cela doit changer. Ils pourraient faire disparaître les armes nucléaires de la planète, mais Berkut ne peut s'y résoudre, il est trop sentimental. Alors d'un commun accord, ils transportent une part significative des 2 armées en présence sur une terre avec peu de relief et des limites clairement circonscrites, pour qu'elles se poutrent sans toutes ces conneries de géopolitique, stratégie, géographie, populations civiles.... Un carré plat (ou presque) pour que les enfants puissent jouer; un bac à sable pour grandes unités de manoeuvre, et les ressources pour faire fonctionner le tout, réparties dans chaque camp entre 3 ou 4 points majeurs appelés "cornes d'abondance" (parce que carbu, munitions et autres consommables, mais aussi pièces détachées et tout ce dont il y a besoin en sortent :lol:). A vous de déterminer les autres paramètres..... Je me dis qu'il fallait bien lancer un truc du genre plutôt que de voir émerger des scénaris rapidement ficelés qui cachent mal le désir simple de ne pas se préoccuper des conditions et de la nature de guerres possibles/probables/improbables pour n'avoir en face à face que 2 armées maousses et modernes cherchant à se faire mal de la plus simple façon possible: taper jusqu'au KO. C'est Command & Conquer, quoi :lol:!
  25. Non mais c'est le principe de la citation: la négation qu'un service qu'ils considèrent comme normal ou dus (alors qu'ils sont de droite, et de droite américaine tendance anti-"Big Government") vienne de l'Etat. Négation en plus par ignorance complète, et qui témoigne bien, même s'il s'agit ici de quelque chose de caricatural relevant de la stupidité crasse, de ce que l'immensité de ce que fait un Etat, même pas un trop présent, pour un pays rien que pour ce qui regarde la création et le maintien des conditions d'une activité économique soutenue. Et c'est bien là qu'est l'os dans la théorie fondamentale de tous les courants libertariens de droite aux USA; même à des plus hauts niveaux, il y a négation, consciente ou inconsciente, d'une bonne part de ce qu'ils doivent à la dépense collective, et leur pensée magique est que l'activité privée peut suppléer à tout en mieux, qu'un Etat réduit à ses fonctions essentielles serait capable de contenir la puissance des grandes entreprises modernes, qu'une société pourrait garder une grande part de méritocratie (alors que dans les faits, il y aurait polarisation des richesses et une rapide sédimentation sociale), que toute régulation est par essence néfaste et apparemment est un fatras de lois chères et inutiles qui ne change rien sinon faire de la paperasse.... Il est assez intéressant de voir à quel point même Milton Friedman, pourtant Prix Nobel d'économie, reposait sur des axiomes de ce genre qui, selon lui, allaient sans dire. La pensée non, mais ce qui m'intéresse en l'occurrence, c'est la scène politique, celle qui crée des majorités et, en définitive, gouverne; et là, la polarisation est une réalité. Par la décadence du système médiatique, celle des systèmes électoraux (financement particulièrement) et politique (lobbying entre autres), l'évolution des mentalités (infantilisation, consumérisme, disparition de toute forme de conscience collective impliquante, sauf pour des causes spécialisées), l'atomisation des sociétés développées qui fait qu'il est plus difficile et cher de regrouper/structurer l'électorat, ce qui contraint à des compromis aussi obligatoires que bancals (et à des baronnies électorales sur diverses bases: reigieuses, sociales, géographiques, culturelles.... Qui sont l'un des avatars de communautarismes prenant la place laissée vide par les grands mouvements et la cause nationale).... Bref, les évolutions récentes font que la polarisation, à grands renforts de communication, est une réalité incontournable, aussi néfaste que nécessaire.... Et qu'elle coûte de plus en plus cher, renforçant tous les aspects de ce cercle vicieux. De fait, la politique est de plus en plus binaire, et le débat public encore plus: l'ère du sentimentalisme aux dépends de toute trace de débat dépassionné implique d'avoir des discours qui peuvent toujours au final se schématiser en "je suis le gentil et mon adversaire est trrrrrrès méchant". De par des spécificités culturelles et politiques, mais aussi par la taille du pays, les USA sont l'exemple le plus abouti de cette évolution. Le dernier point est débattable. Mais ton premier point, en fait, est reflète une mentalité très européenne ;): un libertarien américain ne reconnaîtrait pas nécessairement son fondement. Par ailleurs, je pense plus personnellement qu'un Etat purement "régalien" est une absurdité dont l'idée ne peut résulter que d'une réflexion extrêmement abstraite, vraiment de la théorie assimilable à une discussion sur le sexe des anges. Plus encore dans le monde d'aujourd'hui qui suppose, pour qu'une population puisse être productive, relativement unie/en paix (y compris si besoin était de se défendre), mais aussi citoyenne (l'instruction n'est pas une fonction régalienne: pourquoi se faire chier avec cette idée socialiste d'une instruction publique, te demanderait la droite US), consciente d'elle-même, il faut beaucoup plus. Pareil pour la place de l'Etat dans l'activité économique (sinon, comme disait De Gaulle, on se tournerait vers la production de porte clés: c'est facile et ça se vent bien). Mais aussi pour constituer le seul grand acteur de pouvoir face aux nouvelles féodalités, au premier rang desquels se trouvent les très grandes entreprises. De façon moins temporelle, l'idée d'un Etat purement régalien ne tient pas et n'a en fait jamais tenu (à moins de tellement saturer la société de contrôleurs/inspecteurs/arbitres en tous genres dans tous les domaines qu'on arrive à une autre hypertrophie de fonctionnaires). Ca peut encore se justifier dans une Cité Etat de quelques dizaines de milliers d'habitants, voire un peu plus, mais pas dans des pays de plusieurs millions d'habitants. C'est la négation de réalités de ce type qui rend les droites libertariennes américaines aussi dangereuses que délirantes: ils ne veulent pas voir le coût réel de la stabilité institutionnelle, sociale et politique, et invoquent à cet égard de vrais deus ex machina qui aident à faire tenir l'édifice abstrait de leurs croyances (il s'agit à ce stade d'une vraie croyance, pas d'une pensée). Il est d'ailleurs amusant qu'ils ne prennent chez Adam Smith que ce qui les arrange, notamment la "main invisible" et la rationalité supposée de chacun (sans même différencier la rationalité du consommateur et celle du citoyen, de l'actif et de l'individu, la rationalité à court terme et celle projetée dans l'avenir), mais oubliant les conditions édictées par Smith comme nécessaires pour un fonctionnement vertueux du marché (notamment les 5 conditions dites d'un marché "pur et parfait"), et son insistance sur une forme développée de Welfare State pour compenser les inévitables dérives et abus, même à conditions idéales.
×
×
  • Créer...