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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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Sans oublier un détail de l'armée US actuelle: la tolérance aux morts et la doctrine qui en découle. Surdépenser en appuis et moyens de sécurité, manoeuvrer seulement à coup sûr et lentement, en maîtrisant tout.... Ca fait lent, lourd et cher dans un théâtre découpé. Et les Ricains sont-ils prêts à des pertes lourdes? Sans compter l'ensemble des pertes matérielles, chaque matos étant plus rare et plus cher, plus lourd d'entretien, et donc une perte lourde en terme de rupture capacitaire, même temporaire.
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Quel était le profil des soldats dans une armée des guerres Napoléonienne ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Histoire militaire
Impossible de généraliser comme ça: aucun élevage, aucune région entière, ne pouvait fournir même une si part significative de la cavalerie de si grandes armées. La Normandie fournissait une partie des chevaux lourds pour les cuirassiers et carabiniers, soit en tout 16 régiments au plus haut de la période napoléoniennes, à 2-3 escadrons par régiment en moyenne (plus les remontes), ce qui fait pas si lourd. Un élevage ne peut pas dégager tant de surplus que ça s'il veut continuer à fournir l'année suivante, et un cheval met quelques années (croissance, sélection, débourrage) à être bon pour l'entraînement militaire -qui lui-même est long, ne serait-ce que pour l'habituer au son et à la vue des armes. Pour ces seuls régiments lourds, Napoléon devait écumer l'Europe entière (achats, réquisitions et saisies sur l'ennemi vaincu) sans même pouvoir avoir assez de remonte. Parce qu'il faut se rendre compte que les chevaux crèvent encore plus vite que les hommes en campagne: rien qu'en bataille, ils meurent 2 à 3 fois plus (cible plus facile, blessures graves arrivant vite). Et le tout se fait à flux plus que tendus puisque dès les années 1806-1807, il n'y a pas en France de quoi fournir la moitié des besoins: la qualité s'en ressent directement. Au moment de la campagne de Russie, si un certain nombre de régiments ont ce qu'il leur faut, la majorité est très mal montée, a peu de remonte, et la logistique est bien trop réduite par ces manques (ce qui sera en plus très décisif, en s'ajoutant au sous-dimensionnement de cette logistique déjà à la base). Les hussards et chasseurs montent de petits chevaux rapides et endurants pour les longs raids et le harcèlement, les dragons montent souvent du tout venant (du moins les dragons qui sont encore vraiment des fantassins montés) ou des chevaux de guerre "classiques" (endurants et capables de manoeuvre rapide), les cuirassiers montent les chevaux les plus chers (rares, très entraînés pour le choc et la mêlée), la logistique prend du tout venant (mais plus costaud que les dragons), l'artillerie prend du puissant et lourd avec entraînement spécial pour tolérer le bruit des explosions et ne pas paniquer.... Pour les Russes, des petits chevaux qui savent pâturer sous la neige, ça semble être le truc des Cosaques. Les régiments de ligne et de choc étaient montés comme leurs homologues de France et d'ailleurs: un cavalier cuirassé pèse son poids, et les cavaliers de choc et mêlée en général sont pris parmi les grand gabarits, et leurs montures ont un entraînement long et spécifique qui en fait partout des sprinters à forte capacité d'impact, mais qui nécessairement fatiguent vite sous de telles épreuves (surtout que les mouvements en formation réclament plein de petits ajustements permanents, manoeuvres et contre-manoeuvres pour garder le groupe entier, ce qui fatigue vite malgré les faibles distances parcourues dans l'absolu). -
[Union Européenne] nos projets, son futur
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Marechal_UE dans Politique etrangère / Relations internationales
Parce que, peut-être: - le monde n'est pas une démocratie, juste une jungle où prévaut le droit du plus fort, avec juste quelques concessions aux formes (qui comptent et contraignent un peu, circonscrivent des comportements) - des états-croupions par dizaines ont leur voix à vendre et forment des pools pour d'autres Etats plus forts en Assemblée générale, ce qui bloque tout autant avec encore moins de monde - les Etats qui ont le veto sont les Etats qui se donnent la peine de pouvoir intervenir à l'extérieur et offrent la garantie nucléaire en plus: comme tout système, le système international a besoin de régulateurs disposant de la capacité, donc de l'autorité de fait, à influer sur certaines affaires. Ca s'appelle être un garant, et ceux qui ont ce veto en paient aussi un certain prix (en dépense, en interventions, en exposition et effets boomerang de leurs prises de position....). C'est peut-être moyennement juste sur le plan de la morale métaphysique, mais personne n'a mieux à proposer ni la volonté de s'investir - la planète n'est pas gouvernée par l'ONU: les 7 milliards d'humains ne sont pas "bloqués" en grand-chose par les Etats les plus puissants -
Quel était le profil des soldats dans une armée des guerres Napoléonienne ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Histoire militaire
Un exemple bien frappant des différentiels de qualité, par exemple en prenant un type de troupe qui a le meilleur "matos" (chevaux, équipement) de très loin et le meilleur entraînement (en termes de temps passé et de qualification de base), face à une qui a une meilleure doctrine, un meilleur entraînement collectif (surtout à partir de l'échelon compagnie) et un encadrement plus pro: les cavaleries anglaise et française. La française est, à partir de la campagne d'Allemagne et définitivement après la campagne de Russie, la plus mal montée d'Europe, et graduellement celle avec la plus courte, voire superficielle, formation individuelle: escrime montée et à pied, tir, capacités équestres, connaissance des chevaux (les chevaux français mourraient de beaucoup de choses par ce manque: pâture non ratissée....), les cavaliers français sont à ces égards les plus mauvais en moyenne, et ceux des unités de l'armée d'Espagne (et d'Italie) sont encore pires, les meilleurs ou moins mauvais allant à la Grande Armée. Quand aux chevaux, les élevages européens sont décimés par les guerres permanentes, tant en quantité qu'en qualité. Les spécifications doivent baisser drastiquement, et même là, seule une partie de la cavalerie peut avoir des montures, même des mauvaises (et petites), ce qui est encore plus dramatique pour certains corps qui ont besoin de chevaux particuliers (les cuirassiers et carabiniers ont besoin de montures lourdes -types Holsteiner, Percheron, Boulonnais, Frison, Ardennais-, les chasseurs et hussards de chevaux rapides et endurants). Les temps de dressage sont plus courts, comme les cycles d'entraînement (attrition, besoin permanent) des hommes, alors que la cavalerie nécessite plus de temps de formation. En face, les Brits ont une cavalerie telle que peut en fournir une monarchie traditionnelle: une noblesse et une bourgeoisie pour ainsi dire nées à cheval et formées à l'escrime dès l'enfance, qui en veulent, et plus encore, un pays qui n'a pas connu les désordres d'une invasion et/ou d'une révolution, et s'est très peu engagé dans la guerre terrestre, donc ayant peu ponctionné ses populations et subi aucun dommage, avec des élevages équestres ayant beaucoup de volant et pouvant donner le meilleur. Les unités sont permanentes, se sont formées au calme avec tout le temps nécessaire et tout les financements voulus, ont des cadres bien en place.... Mais aussi tous les défauts d'une armée d'Ancien Régime: charges vénales ou obtenues à faveur, ségrégation sociale, absence de promotion du rang, conservatisme de la doctrine, indiscipline dans l'action, faible formation des cadres (qui plus est souvent des cons, les meilleurs allant à la Navy), entraînement collectif moyen au mieux, faible coordination avec les autres armes ou même avec d'autres unités de cavalerie (pas de grandes unités permanentes: défaut du système régimentaire non compensé). Unité d'élite ou pas, le bilan est le même partout. Et pour mémoire, en 1806, les unités prussiennes de la Garde ont présenté des défauts similaires, criants dans la cavalerie (sauf les hussards à tête de mort). Même chose pour les Russes dont les chevaliers-gardes se sont signalés par un grand esprit de sacrifice et des actions de retardement d'une exrême bravoure, mais dont le bilan global fut celui d'une efficacité mitigée en tant que régiments ou brigades. Pourtant, de l'aveu même de Wellington avéré par les campagnes d'Espagne et d'ailleurs, et encore constaté en Flandres, la cavalerie anglaise, au-delà d'affrontements très limités (jusqu'à l'échelon compagnie, escadron au mieux), a un bilan unilatéralement catastrophique face à son homologue française, pourtant pas vraiment bien équipée pour ça. Même pas d'équilibre: doctrine, emploi, commandement, discipline font tout, et pour des résultats sans appels et sans "ça s'est joué à rien". -
Quel était le profil des soldats dans une armée des guerres Napoléonienne ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Histoire militaire
Le différentiel de qualité existe et dans le cas des Vieilles et Moyennes Gardes, il est même attesté, maintenant il tient aussi à de nombreux facteurs; passé un certain degré, le courage ne se mesure pas même en constatant le suivi d'année et année. Cependant il reste: - la motivation et le goût de la victoire: une armée qui a le vent en poupe, comme une qui a le goût de la défaite, développent des superstitions qui font qu'on ose plus ou moins par exemple - l'origine de l'unité et son "esprit": les unités de Garde se transmettent une mémoire fraîche, encore vécue par nombre de témoins vivants, dont une partie remonte jusqu'aux jours de l'an II et de la patrie en danger. Une mémoire continue et pratiquée, plus vivante que par les seules traditions, un niveau d'exigence qui voit les premiers membres encore vivants soit participer encore aux unités, soit au dépôt veillant à la sélection, à la formation, à la transmission. Et le tout dans une pratique continue de la guerre, sans temps mort, dans un tas de configurations différentes. - les pratiques: les retex, l'autocritique.... Sont permanents dans une unité neuve, sans poids des traditions et débarrassée des rangs sociaux et statuts d'anciennes figures et pratiques qui n'ont pas eu le temps d'être sacralisés et de scléroser la pensée - le culte, la mission: la Garde est un mélange quintessentiel du professionalisme (sélection, entraînement, aguerrissement, pratique), du statut d'élite (paie, considération, avantages) et de la motivation. Si la pure idéologie révolutionnaire disparaît graduellement, il y a le culte montant de l'empereur, et ce pour des mecs qui sont pour l'essentiel sortis du rang, devant tout à l'empereur lui-même, pas un de ses descendants ou une tradition, mais le gars en face d'eux, dont ils ont suivi l'ascension. Et ce n'est pas n'importe quel mec: le génie, l'aura et le passé (venu "du bas" dans une bonne mesure), la réussite (qu'il ne faut jamais sous estimer: une quasi superstition inconsciente genre "celui-là, il a les dieux avec lui").... Le patriotisme en plus, le sentiment du "seul contre tous", l'idéologie de l'élite.... - la sélection: les critères d'exigences sont plus poussés que n'importe où ailleurs, mais surtout il y a le niveau d'exigence, posé autant par l'empereur que par la première génération de la Garde Consulaire, soit des mecs qui ont fait toutes les guerres de la Révolution, passés par cette sélection darwinienne extrême et qui placent d'emblée leur niveau comme un plancher. Dans la formation d'une unité, un commencement importe beaucoup. Et il ne faut pas oublier que là on parle d'une sélection à l'échelle d'une armée de conscription, la seule d'alors, et ce dans l'armée du pays le plus peuplé d'Europe! Le pool de sélection est immense et propose le meilleur de la nation là où les unités d'ancien régime choisissent parmi des armées plus limitées faites de volontaires le plus souvent issus du bas de la société (et généralement pas les plus malins, forts, motivés.... Car c'est pas un métier qui fait venir la crème) et de recrues de force. Et ces gens là n'ont pas de perspectives d'ascension sociale importante (un homme du rang ne passe jamais officier, ou alors si exceptionnellement que c'est juste pour l'affiche). Les unités de garde ne sélectionnent que là-dedans ou dans une noblesse qui y va pour le prestige social. - l'entraînement: encore une fois, un niveau d'exigence très poussé, sans doute plus qu'ailleurs même si passé un certain nombre d'heures par jour, le différentiel créé est infinitésimal. Cependant, ça se fait avec du meilleur monde. - la doctrine: encore une fois, une unité qui est née des nouvelles pratiques de la guerre pendant la décennie 1790, et qui n'a fait que s'adapter et affiner, avec des officiers et soldats non embarrassés par le carcan de ce qui a précédé ou d'autres contraintes liées au statut, aux convenances, aux ambitions politiques (ne pas vexer tel tenant de telle doctrine, parce que c'est son cul que je dois lécher pour obtenir tel poste).... Unité jeune, née et vivant dans le professionalisme pur tout en gardant encore l'empreinte de la sélection issue de la conscription, la Garde, ce n'est pas seulement un type de fonctionnement dans l'absolu, mais aussi un moment de l'histoire: si l'empire avait duré, dans une période de paix, nul doute qu'elle aurait pris de mauvaises habitudes 50 ans plus tard. - l'encadrement: encore plus drastiquement sélectionné et plus aguerri, malin et pro, c'est une des plus grandes différences entre unités de garde d'Europe et de France. Pas de vénalité des charges, d'obgligation de noblesse, de postes politiques et de passes-droits pour des aristos passant leur temps à la cour et jamais en unités! Les officiers vivent avec leurs hommes et s'entraînent autant qu'eux.... D'autant plus qu'ils viennent souvent de leurs rangs. - l'emploi: une unité d'élite employée au bon moment, au bon endroit, produit un effet décisif. Une unité d'élite fanatisée version "++" employée par un des plus grands chefs militaires de l'histoire, en appui d'une armée qui, sur l'essentiel de la période, a été qualitativement la meilleure, ça donne quoi? Beaucoup de ces facteurs existent dans d'autres unités d'élite, mais à mon avis pour beaucoup à un bien moinde degré. L'encadrement et l'emploi, immenses multiplicateurs de force, y comptent beaucoup, mais franchement, le matos humain et sa motivation aussi me semblent afficher un différentiel certain. Pas dans l'absolu, mais le niveau de pratique individuelle et collective, la qualité de l'encadrement à tous échelons, la motivation, le courage, la solidité.... Font que ça se pratique à un tout autre niveau, de façon plus constante de campagne en campagne.... Sans oublier que le niveau d'expérience permet justement d'avoir une capacité d'autonomie (surtout chez les Chasseurs) bien plus grande et pertinente à de plus petits échelons, autorisant infiniment plus de variations tactiques, de rapidité de décision.... Pour exemple, dans la ligne, la France est longtemps la seule dont l'armée est capable d'adopter les 3 grandes formations (ligne, carré, colonne) dans des temps corrects tout en maintenant la capacité de 3 tirs de salve par minute et en pouvant marcher à une cadence supérieure pour les mouvements tactiques. De même, la coordination des bataillons et brigades entre eux est plus rapide, permettant aussi les changements de formation plus rapidement, notamment la mise en ordre de bataille ou le lancement d'un mouvement d'opportunité. Un autre détail au niveau bataillon: l'armée française est la seule d'alors dont les bataillons n'ont pas forcément besoin de s'aligner en bataille dans l'ordre des compagnies, chacune pouvant se placer indifféremment, reflet de la meilleure qualité des cadres de bas niveau et de la formation des soldats. -
Quel était le profil des soldats dans une armée des guerres Napoléonienne ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Histoire militaire
Si, ce sont Detmers et Chassé qui portent le coup décisif en arrivant avec des bataillons tout frais sur les bataillons de Garde encore occupés à tirer et marcher alors qu'ils sont crevés et déjà salement décimés (et ils étaient à la base en sous-effectifs comme toute l'armée française des 100 jours) et qu'ils se trouvent au milieu de la partie la plus dense du dispositif défensif anglo-allié. 5 bataillons non appuyés, bien ravagés et crevés, à 1 contre 4 dans l'absolu (plus les réserves et le fait qu'ils sont en 2 échelons séparés) et c'est là-dessus que les Anglais fondent un mythe! -
Quel était le profil des soldats dans une armée des guerres Napoléonienne ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Histoire militaire
Ouais, les mutilations volontaires ont une longue histoire: les fils de soldats romains, à partir du IIIème siècle, étaient obligés de suivre la carrière de leur père. Certains allaient jusqu'à se couper le pouce pour éviter ça (de là vient le terme "poltron", abbréviation de "pollice tronconatus" ou un truc comme ça). Pour le 1er Régiment de Grenadiers, oui, mais t'es bon pour le 1er Chasseur, donc tu peux encore être un grognard (seuls les Ier Grenadiers et Chasseurs ont droit à ce titre).... Si tu remplis les autres critères :lol:. Ca arrive souvent quand on connaît mal une époque (ça commence comme ça quand on aborde le sujet), et au bout, tu t'aperçois qu'il faut différencier les unités par type de recrutement, niveau de formation et d'expérience, mission (et adaptation à la mission), théâtre d'opération le plus fréquent, niveau de permanence/financement/battle readiness.... Et évidemment, chaque unité doit se subdiviser jusqu'à l'échelon essentiel (groupe de combat et autre) parce que ça, c'est une constante depuis le début de l'histoire militaire: il faut organiser, coordonner, savoir, articuler les unités, économiser les troupes, garder des réserves, pouvoir "manier" une armée.... Et il faut voir l'organisation opérationnelle: un régiment (de 2 à 3 bataillons, parfois plus) a un bataillon de dépôt (formation), mais c'est une unité administrative et de formation. En campagne, l'armée opère en brigades, divisions, corps d'armées et armées. Les corps d'armées sont le pion opératif/stratégique essentiel: petite armée "complète" et autonome (entre 20 000 et 30 000h environs), et confiée à un maréchal avec un EM permanent conséquent, c'est l'outil de base de la manoeuvre stratégique napoléonienne. Les brigades (groupements de bataillons ou d'escadrons d'une même arme) et divisions (groupements de cavalerie ou d'infanterie de plusieurs types, avec un petit EM et quelques moyens propres, notamment d'artillerie) sont des pions de manoeuvre pour le champ de bataille et des éléments qui peuvent passer d'un corps à l'autre "clé en main" pour essayer de préserver les habitudes et automatismes si cruciaux pour le combat à grande échelle. Ceci dit, pour l'essentiel de la période, il faut considérer que le bataillon moyen (léger ou ligne) a 4 compagnies standard et 2 "spéciales". Le nombre s'est réduit moins en raison de l'attrition que face au besoin de mouvement et coordination rapide. En revanche, par rapport à la période précédente, les compagnies ont tendance à avoir plus de soldats (de 50 à 80 sous l'ancien régime, autour d'une centaine pendant la période napoléonienne, 140 en théorie à partir de 1808). Petit correctif: les bataillons de ligne sont faits de fusiliers (les standards), grenadiers et voltigeurs, les légers sont faits de chasseurs, carabiniers (ce sont les meilleurs snipers de l'armée) et voltigeurs. Lé période standard est de 5 ans, à partir de 20 ans et jusqu'à l'âge de 25 ans. mais on peut s'enrôler volontairement ou en avance de service à partir de 18 ans (dans la pratique, on passait facilement à partir de 16 ans, voire plus jeune encore pour les pupilles et tambours). Le tirage au sort, la plupart du temps, prend l'équivalent d'un tiers des inscrits au rôle des "bons pour le service" (l'ensemble d'une classe d'âge moins les carrément inaptes et exemptés). Cette pratique est tempérée ou alourdie par un quota d'effectifs assigné à chaque canton (et c'est ce quota que l'empereur peut modifier pour appeler une part plus importante d'une classe d'âge). La Moyenne Garde, ce sont des unités d'élite avec des critères un peu moins draconiens (mais durs quand même) et des effectifs plus nombreux, qui servent, encore plus que la Vieille Garde, de réserve d'intervention en bataille, d'unité de choc chargée de faire la décision ou d'intervenir dans les points chauds en dernière minute. De très haute qualité, ce sont les unités les plus employées (la Vieille Garde, ce sont 2 régiments à 2 bataillons, soit un outil petit même si ses capacités, sur un coup ponctuel, sont immenses), et elles ont franchement beaucoup servi. 4 régiments de Grenadiers, 3 de chasseurs, 3 de fusilliers. Pour tout ce qui concerne la Garde, faut pas oublier la cavalerie non plus (2 régiments dans la Vieille), et l'artillerie, plus le Génie (une compagnie de Vieille Garde), la Marine et quelques petits corps à part. La Jeune garde est une création de 1809-1810, un projet de Napoléon en même temps qu'un palliatif aux hécatombes de campagnes de 1807-1809: il s'agit de prélever les conscrits les plus prometteurs et les soldats méritants un peu partout pour les faire tourner quelques années dans ces régiments de Garde et ensuite les renvoyer dans la ligne ou la légère (avec une promotion) pour servir de cadres et vétérans chargés de renforcer des bataillons où la proportion de recrues sans grande expérience et à l'entraînement plus court qu'avant devenait plus importante. De fait, les régiments de la Jeune Garde sont nettement plus nombreux (jusqu'à 44) et sont des "écoles à sergents", très employés au front, avec un taux de mortalité qui devient terrible en Russie et après. Extrêmement motivés (la moyenne d'âge est basse) et compétents, ils ont été une masse de manoeuvre utile qui cependant par son nombre fragilisait temporairement l'armée en la privant d'une partie de ses meilleurs éléments à un moment où l'attrition la bouffait et contraignait sans cesse la proportion de soldats aguerris. -
Quel était le profil des soldats dans une armée des guerres Napoléonienne ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Histoire militaire
Pour la vidéo, le bout portant est rare, d'abord et avant tout parce que les servants se feraient flinguer directement par le carré ou par les nuées de tirailleurs (issus des bataillons légers ou des compagnies légères des bataillons d'infanterie) éparpillés autour des troupes de ligne. Ca pouvait arriver à l'occasion, mais le carré aurait souvent eu lui aussi quelques canons de petit calibre pour cracher de la mitraille dans ses rangs, l'infanterie n'ayant alors pas renoncé à ses canons d'accompagnement et ayant toujours un certain nombre de pièces de 6 livres dans ses rangs, qui servent d'armes collectives et de booster au moral (parce que l'efficacité du canon de 6, quoiqu'appréciable à l'occasion au niveau individuel, ne donne pas vraiment de grands effets). Les canons d'infanterie suivent cependant peu un bataillon qui avance sur le champ de bataille et servent surtout aux unités en défense restant sur ou près des lignes de départ: ils ne sont emmenés dans une avance que pour les mouvements planifiés, en terrain plat, et quand il s'agit d'une attaque conséquente (beaucoup d'unités, soit un mouvement majeur). Même si leur maniement et leur mise en batterie sont assez rapide et nécessitent peu de personnel (6-7 personnes environs, voire moins hors mouvement), ils ralentissent une unité dès lors qu'elle a besoin de faire des mouvements rapides, d'opérer ses conversions, de se coordonner avec les bataillons voisins. Les canons sont issus du système Gribeauval revu et corrigé par Napoléon A la base, c'est le Charleville modèle 1777 (conçu par Gribeauval, le réformateur de l'artillerie), mais c'est un peu plus qu'une seule arme: c'est un système, une arme déclinée en un certain nombre de modèles (autour de 6): plus court pour la cavalerie (mousqueton), plus long pour l'infanterie légère (précision accrue).... Ce fut le fusil le plus produit de son temps, et faire un comparatif entre armes est difficile: s'encrassant assez vite, il était cependant complètement standardisé (pièces interchangeables entre armes, une nouveauté à l'époque), facile d'emploi, le plus précis des fusils de grande production d'alors (ce qui ne veut pas forcément dire "très précis" :lol:), ayant une bonne cadence....Il était surtout connu pour être increvable, avoir un canon qui ne se déformait que très peu à l'usage, la kalashnikov de l'époque, quoi (entre 7 et 8 millions produits en France seule, plus des licenses ailleurs). Un bataillon entraîné devait s'aligner sur la norme des 3 tirs en salve à la minute, avec une portée utile allant de 80 à 125m (les conditions atmosphérique impactant les armes à poudre dans des "cartouches" de papier, la qualité de poudre étant inégale, le canon s'encrassant vite....). Par comparaison, le Brown Bess anglais avait une cadence un peu supérieure en théorie (c'est l'entraînement, l'usage, qui fait cependant l'essentiel), mais surtout une plus grande puissance de tir (calibre supérieur), mais pas de bonne précision (même pas de mire). La garde, c'est beaucoup de régiments, mais son accès est celui d'une sélection des meilleurs: il se fonde sur l'âge, la taille (1,83m en moyenne pour les grenadiers, autour d'1,70m pour les chasseurs), l'éducation (savoir lire et écrire), un certificat de bonne vie et moeurs (grosso modo, une équivalence d'un casier judiciaire vierge), éventuellement une lettre de recommandation d'un officier, et surtout un nombre plancher de campagnes effectuées et/ou une durée de service (10 ans pour le 1er Régiment de Grenadier, l'élite absolue), un certain nombre de citations et éventuellement de décorations (beaucoup de membres de la garde sont titulaires de la légion d'honneur, tous le sont au 1er Grenadiers ou au 1er Chasseurs). La sélection des officiers est encore plus exigeante. A noter cependant que les critères ne sont pas les mêmes pour les Vieilles, Moyenne et Jeune Garde. Il n'y a pas d'affiliation régionale/géographique, culturelle ou liguistique dans la Garde à la base, sauf pour quelques unités spécifiques: les Mamelouks de la Garde (un escadron), le 1er Chevau-Légers Lanciers (Polonais), le 2ème Chevau-Léger Lanciers (les "lanciers rouges", issus des hussards de la Garde Royale hollandaise), plus quelques unités éphémères comme les chasseurs à cheval de Berg et les tartares lituaniens. Oui au-delà d'une certaine durée de service: il y a les pensions et les demi-soldes (ce dernier truc étant pour ceux pouvant encore être rappelés, soit la réserve), mais c'est pas grand-chose. Ben c'est des humains, pas des aliens, et qui pratiquent un métier exigeant: on s'aperçoit dans l'histoire militaire que le total calorique nécessaire quotidiennement a peu varié et a toujours constitué la base des calculs d'intendance depuis qu'il y a des archives militaires. Le phalangistes macédonien, le légionnaire romain, le piquiers de la Renaissance, le fantassin de Louis XIV ou le Grognard bouffait, ou était censé bouffer, à peu près la même chose en opération que ce que le fantassin actuel avale. Evidemment, y'a des périodes de manque, des périodes où les armées, en proie à des difficultés ou mal financées, bouffent mel et/ou peu, mais grosso modo, il s'agit des mêmes quantités pour le standard. Et la qualité varie beaucoup selon les moments. Mais le soldat de cette époque bouffe avant tout du pain (presque un kilo par jour), du biscuit (version longue conservation du pain) ou du gruau (quand y'a pénurie), de la soupe et/ou des légumes, de la viande (salée ou en conserves de verre -nouveauté de la Grande Armée) et du vin (coupé d'eau comme ça s'est toujours fait jusqu'au XXème siècle, tant pour limiter l'ivrognerie que pour rendre l'eau buvable). Le troufion anglais a l'intendance la plus fournie de l'époque (sans quoi, vu la qualité merdique du recrutement et le traitement des soldats, y'aurait désertion massive et mutineries permanentes), ce qui rendait l'armée anglaise très lente, et une de ses spécificités est la ration quotidienne de whisky ou de rhum (en plus de la bière) qui, comme dans la Navy, est considérée comme un droit sacré. Très long sujet, et ça dépen du type d'unité, mais pour schématiser et faire les types les plus nombreux: - infanterie de ligne - infanterie légère - cavalerie lourde - cavalerie de ligne - cavalerie légère - artillerie à cheval - artillerie de ligne (obusiers et canons longs -12 et 24 livres-, plus mortiers) L'infanterie de ligne comme l'infanterie légère reposent sur des régiments de 2 à 3 bataillons en général, chaque bataillon ayant un nombre donné de compagnies (uniforme pour toute l'armée en France, mais ce nombre a évolué pendant la période, au fil des réformes). Les bataillons sont en gros formé d'un EM permanent et d'un nombre donné (de 4 à 10 suivant le moment, à l'effectif qui a aussi varié) de fusiliers standards (fusiliers dans la ligne, tirailleurs dans la légère), d'une compagnie de fantassins légers (chasseurs dans la ligne, voltigeurs dans la légère) et d'une de fantassins de choc (grenadiers dans la ligne, carabiniers dans la légère), la sélection de ces 2 compagnies spéciales se faisant sur la qualité (actions,comportement), le gabarit (les fantassins de choc sont grands, les fantassins légers sont des petits) et le caractère. les compagnies légères essaiment par petits paquets (souvent par binômes coordonnés) devant les bataillons de ligne en bataille, pour harceler l'adversaire (sniper les officiers et sous-offs, affaiblir la ligne de front adverse, dégommer leurs homoliogues), mais rentrent dans la ligne quand le contact est proche (ou harcèlent le flanc). Ils font les flancs-gardes en ordre de marche. Les bataillons légers, surtout dans l'armée française (la seule à en avoir de telles quantité: 1/3 de l'infanterie) font la même chose à plus grande échelle et à plus grande distance, complétant l'effet de l'artillerie pour faire mal de loin et en permanence, avec un effet numériquement et qualitativement significatif. En ordre de marche, ce sont les troupes de reco, d'opérations spéciales et commandos, qui sécurisent les axes, saisissent les points de passage, procurent le premier échelon de sécurisation des armées sur l'avant et sur les flancs, à une certaine distance. L'armée française de Louis XIV était aussi connue pour sa discipline sévère (les châtiments, outre l'exécution, pouvant aussi inclure le marquage de la Fleur de Lys au fer rouge, le nez coupé, et des punitions diverses comme les verges ou le piquet): toutes les armées d'ancien régime, professionnelles, pratiquaient de telles horreurs pour essayer de lutter contre le brigandage (au moins sur le territoire national), la désobéissance et la désertion (massive dans ces armées). La Prussienne et la Russe n'étaient pas tendres non plus. L'armée révolutionnaire française fut à cet égard un changement: la première à interdire les châtiments corporels, ce qui, avec la motivation nationale, introduisit un nouvel esprit qui rendit possible de constater une nouvelle équation: moins on châtie, moins ils désertent. L'armée prussienne, la plus connue pour ses châtiments, quand elle opère sa réforme après les râclées de 1806-1807, abolit les châtiments et le traitement inhumain, en copiant le modèle français, notamment celui de la promotion au mérite de soldats du rang, et forme une armée nationale. Autre nouveauté française (encore que la Suède et des Etats plus petits aient eu des institutions préfigurant cela), le recrutement est issu de la conscription: mais si elle est universelle (tous peuvent être appelés), ça ne veut pas dire qu'on prend toute une classe d'âge. Au sein de chaque classe et de chaque circonscription géographique, on procède ensuite par tirage au sort selon les besoins. Le reste peut encore être rappelé si le besoin s'en fait sentir (nouveau tirage au sort, voire raclage de toute la classe vers la fin de l'empire), et il faut enlever les exemptions à titre divers, et ajouter l'effectif des volontaires (nombreux pendant toute la période, y compris encore en 1813-1814). L'armée prussienne est la première à suivre ce modèle (et sera la première à opérer la conscription universelle systématique de TOUTE une classe d'âge) que tous les Etats européens adopteront graduellement au XIXème siècle sauf l'Angleterre. Cambronne (qui commandait un bataillon de Chasseurs de la Vieille Garde) aurait plutôt dit la première partie que la seconde :lol: avant d'être blessé par un cavalier anglais. Mais le dernier carré de la Gardea effectivement tenu et couvert la retraite de l'armée, intimidant les éléments britanniques "de pointe", peu nombreux parce qu'après une avance d'une centaine de mètres, ils se sont grosso modo arrêtés, Wellington prétextant que son armée était épuisée d'avoir combattu toute la journée et laissant aux Prussiens le soin de la poursuite (comme si les Prussiens avaient pas combattu toute la journée :P, en plus eux après une marche forcée). Ce sont les unités de la Vieille Garde qui ont couvert le retrait du champ de bataille, en ordre parfait et sans se presser. Si, c'est la Moyenne Garde qui a fait l'avance contre le centre droit anglais, à 5 bataillons sous-dimensionnés contre le quadruple (en position de défense, donc avec un grand avantage), appuyé par des batteries d'artillerie, le tout opérant des tirs croisés et tendus à mitraille sur les gardes français qui, comble du trip, devaient monter une pente sous ce déluge. Et pourtant ces unités ont fait fuir les gardes anglais (qui, comble de l'hypocrisie, adopteront le bonnet à poil pour une réussite qu'ils n'ont pas eu et contre des unités françaises qui n'en avaient pas, le bonnet à poil étant l'apanage de la Vieille Garde) et quelques autres, tenant un long moment à un contre 5 (l'avance étant en 2 échelons, ces 5 bataillons ont attaqué en 2 groupe successifs). -
Il a été amplement démontré depuis un bout de temps que ça n'est qu'un argument des SMP américaines dans leur lobbying à Washington et qu'à tous égards, il est largement faux, surtout en considérant les coûts dans la durée.
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A l'image c'est une chose, à la politique, souvent en devenant contre-productifs, c'en est une toute autre. Et résumer la chose comme "historiquement, y'a toujours eu des mercenaires", c'est juste ne même pas regarder le sujet, même si on ne parlait dans ce sujet que du mercenariat: - il n'y a pas, et de loin, que des Etats qui emploient des mercenaires - il y a des soldats à louer de tous types dans l'histoire, et les étrangers au service de la France, surtout à partir du XVIème siècle, peuvent être qualifiés de mercenaires, mais ils ne sont pas pour autant des soldats à louer: ils ne servent QUE la France tout au long de leur carrière, dans un cadre juridique donné, une structure institutionnelle et opérationnelle donnée, avec des règles qui sont celles du droit public, de la guerre et du pays qu'ils servent, selon des règlements militaires bien particuliers, sans autonomie de décision ni d'autre but que de servir l'Etat employeur (pas servir une société pour laquelle ils bossent avant de turbiner pour le client). En ce sens, et c'est bien ce qu'est la Légion et qui la différencie radicalement des SMP, ils ne sont qu'un pool de recrutement à l'étranger pour faire des soldats français à part entière. Les "Etats englués dans les lois et règles" :P; il t'es jamais venu à l'idée que ces lois et règles, même si elles posent problèmes ponctuellement, ont des raisons d'être qui correspondent à des réalités et intérêts politiques un peu plus vastes, mais aussi des nécessités bien senties constatées au fil des siècles et dont pas mal d'équilibres et de comportements dépendent, même si elles sont imparfaitement respectées? Mais bon, faut sans doute aller dire à Dyncorp et l'ex-Blackwater que faire du trafic en zone de guerre, torturer, tirer sur les passants ou les écraser parce qu'on veut pas réduire la vitesse dans une agglomération, se foutre dans la merde et s'aliéner les populations locales tout en appelant ensuite les soldats réguliers à la rescousse ou en les laissant éponger la merde, que c'est tout cool et que c'est ça, "l'efficacité" :P. Des fouteurs de merde surpayés qui sont surestimés grâce au lobbying et au copinage, c'est "normal" et c'est souhaitable apparemment.
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En fait, et pour revenir au sujet, les troupes paras semblent aujourd'hui ne plus se justifier en tant que grandes unités. Pour l'insertion de FS, le moyen reste pertinent, de même que la capacité de largage de matos et appros par parachutages; pour le reste, seule une capacité de "prise d'assaut" aérien, d'entrée de théâtre, semble encore nécessaire, mais ne demande que de petits effectifs (en revanche un effectif interarme très bien intégré et rôdé). Le reste, soit avoir un certain nombre de bataillons légers "de réaction rapide" -donc aérotransportable-, demande t-il une grande spécialisation? A noter quand même que dans la BP, le 2ème REP semble avoir carrément senti cette évolution depuis un bail en adoptant son organisation très particulière, calquée sur la répartition des rôles entre sous-unités à la façon du SAS/du 13ème RDP: sont-ils dans les faits très différents des autres régiments paras?
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Les noyaux sont la réponse logique aux spécialisations poussées qui sont nécessaires, on est très d'accord. Mais quand on a dit ça, on est loin d'avoir tout dit ;) étant donné qu'il faut en définir le volume/ratio adapté: par exemple, combien d'amphibiens pour telle quantité de troupes données et/ou par rapport à quelle dimension d'adversaire (bref, qu'est-ce qui faut pour créer une tête de pont solide? Les RM sont-ils encore un volume pertinent au regard des scénaris envisagés? Surtout avec ce qui les attend comme coupes?), ou combien de paras pour la même mission version tête de pont en rase cambrousse ou en saisie d'aéroports? Les paras n'ont pas besoin d'une logistique aussi étendue que celle d'une opération amphibie, ni forcément d'un tel volume. A cet égard, mieux vaudraient 2 ou 3 petits groupements aéromobiles (gabarit compagnie interarme) et paras (en qualification) avec leurs hélicos à demeure (par dimensionnés pour en avoir un dispo à tout moment). Les alpins, c'est plus délicat, vu qu'il s'agit moins d'une troupe dédiée à la prise de têtes de ponts que de troupes opérant sur un type de théâtre en soi: à cet égard, en termes de volumes, ils sont peut-être ceux qui en nécessite le plus en permanence (surtout avec le découpage extrême propre au milieu montagneux et aux concentrations de plus petite échelle mais nombreuses qui vont avec). Et qu'entends-tu par "corps de bataille", en le différenciant des "polyvalents"? La masse de manoeuvre proprement blindée, pensée par et pour la guerre de mouvement en masses blindées/mécanisées? Le problème des "polyvalents", c'est qu'à considérer le problème comme ça, on risque d'en faire un "non concept" :lol:, même si évidemment, ils semblent destinés à fournir la masse décisive accompagnant les spécialistes. Ce n'est que mon opinion, mais outre les évolutions internes et les tendances des chapelles à étendre leurs champs de compétence (quitte à abandonner leur métier de base ou à le mettre en sourdine) et leurs aspirations en termes de missions et de budgets, ces "polyvalents", à moins d'avoir un niveau d'excellence extrême (sélection, formation, fidélisation, entraînement continu, disponibilité), se subdiviseraient vite quand même en spécialités jusqu'à un certain point: - certaines missions nécessiteraient des appuis blindés lourds comme les récents théâtres "asymétriques" l'ont montré, donc réclameraient leurs blindés d'appui d'infanterie et la doctrine qui va avec - certains, apportant le 2ème échelon aux amphibiens :lol: ou alpins, réclameraient aussi un certain niveau d'adaptation au milieu Sans compter que, autre spécialité qui semble appelée à un certain avenir, il faidrait peut-être envisager l'intervention dans des "failed states" comme une capacité en soi, nécessitant autre chose que de l'assemblage de dernière minute et en fait des unités d'un certain échelon aptes à gérer des opérations de ce type(et donc encadrant les "polyvalents" et autres), combinant moyens militaires, policiers et civils.
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D'un autre côté, l'Afghanistan permet de retrouver/maintenir les fondamentaux de l'infanterie légère.... A ceci près que cela ne concerne qu'une petite partie des troupes et surtout que l'on ne réfléchit plus qu'à l'échelle d'une armée très limitée en nombre. La légère suppose un peu plus qu'avoir quelques compagnies, voire bataillons, capables de s'éloigner des véhicules, de tenir les hauts.... C'est une pensée en soi, nécessitant donc une organisation adaptée et une tactique à grande échelle, pouvant mettre en oeuvre et coordonner des bataillons entiers extrêmement dispersés sur de vastes surfaces et pouvant se reconcentrer rapidement, à pinces et/ou par hélicos. Ce que font, hélicos en moins..... Les talibans ! Alors effectivement, à l'échelle de notre petite armée expéditionnaire, pas besoin de nombreux bataillons de légers/mobiles: juste de quoi baguenauder autour des axes où se déplacent les véhicules, pour sécuriser leurs mouvements et leurs arrêts, accroître leur "bulle" de sécurité et d'action dans un rayon très limité. Résultat, les seules forces qui agissent encore comme de la légère à part entière, les effectifs en moins, sont les FS qui crient souvent à hue et à dia que ce n'est pas leur métier.... Y'a juste personne d'autre pour le faire. Il est à cet égard assez troublant de constater que même chez les ricains, avec leurs effectifs, ce segment existe peu: leurs divisions aéroportées, donc les brigades qui les composent, sont alignées sur le modèle général des Infantry Brigade Combat Teams, avec peu de concessions à leurs spécificités. Même les Marines, censés être avant tout de l'infanterie légère, sont bouffés par leur taille qui implique une certaine uniformisation de la pensée et de l'emploi, et par les impératifs des théâtres d'opération, qui les font employer au final comme l'infanterie de l'Army en Afghanistan. Résultat, chez les ricains aussi, la seule infanterie légère au plein sens du terme, c'est l'USSOCOM, à ceci près qu'ils en ont plus (Rangers, Special Forces, marines recon....). Et les unités paras servent juste d'infanterie classique -et sont calibrées pour- plus déployables par avion, donc ne sont spécifiques qu'à l'échelon stratégique/opératif, dont l'utilité est rendue douteuse par le coût et la logistique induite, comme tendrait à le prouver l'envoi au kurdistan en 2003 d'unités de manoeuvre aéroportées au prix d'un effort logistique lourd, vulnérable et très coûteux. Tant que des engagements outre-mer limités sont envisagés, et/ou des engagements classiques/symétriques, ça ne changera pas, surtout avec les coupes budgétaires en vue. Dans des conflits tels que l'Afghanistan, où les nécessités tactiques ne sont pas les plus exigeantes (même si ça n'est pas de la "basse intensité" à l'échelon tactique/local), il n'empêche que la superficie du théâtre d'opération, accrue par son relief, contraint énormément la capacité globale de l'infanterie en limitant son nombre et ses possibilités: faible rayon d'action, faible autonomie, effectifs très limités, accroissent d'autant le besoin absolu en capacités d'appui coûteuses (renseignement, appuis-feux divers, logistique) à l'efficacité au mieux locale, et contraignant la pensée militaire à ne rien concevoir d'autre. Le problème de l'infanterie légère en général, et plus encore de l'infanterie aéroportée/para à cet égard, est qu'elle est à maints égars, à mon sens, l'antithèse du nconflit classique qui part avant tout de la concentration à grande échelle: l'infanterie légère dépend d'une pensée de dispersion, de concentration locale brève à échelons plus réduits, de décentrage du commandement et de la décision, répondant à un adversaire opérant de même, avec un centre mobile, ou plutôt des centres multiples et mobiles. Et dans cette pensée, le nombre ne se remplace que beaucoup moins, et plus mal, par la technologie. A cet égard, les troupes paras ont peu de pertinence à grande échelle (surtout vu leur surcoût), tout comme en fait elles en avaient peu en tant que grandes unités de manoeuvre dans un conflit classique; des troupes légères et mobiles (tactiquement et au niveau opératif) en nombre, soutenus par un parc d'hélicos adaptés, oui, mais des grandes opérations de larguage? A quoi ça sert?
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Edifiant, et si on se place dans une optique contemporaine, ça n'a jamais totalement disparu, et cela semble en passe de retrouver une certaine légitimité ici ou là (de fait ou de droit); les USA pourraient même être un "pionnier" en la matière, vu le coût de la justice (qui en barre l'accès à une proportion croissante de population) et les mécontentements qu'elle inspire, la taille de nombreuses organisations criminelles, le repli communautaire d'ethnies, sous-cultures, religions, groupes sociaux ou zones géographiques.... Les fantasmes d'auto-régulation d'un marché de la violence totalement libre et sans forces étatiques qu'on trouve chez les anarcho-capitalistes comme David Friedman (fils de Milton) ne sont pas si éloignés que ça. Fondamentalement, on peut constater, il me semble, que l'histoire des Etats correspond à des cycles entropiques qui les voit, après une période d'ascension, perdre graduellement leurs marges de manoeuvre tout en restant dans l'absolu la force dominante dans leur espace politique.... Mais c'est de plus en plus un absolu théorique et de fait, face aux multiples pouvoirs concurrents, y compris des pouvoirs employant la voie des armes, l'Etat peut de moins en moins les affronter tous ensembles et doit en accepter certains pour taper les autres, jusqu'à ce qu'il soit obligé de concéder beaucoup plus, voire qu'il s'effondre, ou qu'une révolution interne (révolution proprement dite, changement de régime, changement de dynastie, héritier ambitieux et volontaire, guerre civile avec un vainqueur net, "grande guerre" extérieure qui nécessite une mobilisation totale, permet de se refaire un capital politique et/ou permet d'envoyer les emmerdeurs à l'extérieur ou de les affaiblir....) crée un nouveau cycle. Le poids, le coût en fait, du système étatique, croît toujours trop vite, représentant l'ensemble des compromis internes nécessaires en permanence et l'ensemble des charges et contraintes d'un Etat; les concurrents ont généralement moins d'embarras et sont donc plus évolutifs, s'adaptant de diverses manières (légales, illégales, de fait) au fonctionnement de cette lourde machine et exploitant au mieux ses règles de fonctionnement, qu'il s'agisse de ses lois, de sa manière de tenir l'espace politique.... Ne tendons-nous pas aujourd'hui vers un stade où l'Etat va devoir sacréement se renouveler sous peine de se retrouver submergé par ses charges autant que par une litanie de nouveaux acteurs jouant de ses faiblesses?
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[Belgique]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Jojo67 dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est l'argument de tous les "libéraux de façade" qui utilisent et abusent de facilités de langage, en l'occurrence d'inspiration libérale (mais que les penseurs libéraux non ayatollesques désavouent), pour couvrir juste le maintien des avantages et abus en place. Dans le discours de ces gens, le salaire chinois semble être la norme à envier, puisque c'est la Chine qui est "compétitive". Ben oui, mais c'est toute la contradiction: il faut bien qu'une autorité ait un moyen de sanctionner. En l'occurrence, ce serait pas forcément plus mal étant donné que si cela n'arrivait pas, certains groupes politiques belges seraient bien capables de faire durer le pourrissement jusqu'à un terme explosif. Une sanction effective de l'Europe pourrait mettre le holà en faisant porter publiquement le blâme à ceux qui semblent donner dans cette tactique et en profiter le plus. Une sorte de façon de "marquer le coup" et de casser la routine (depuis le temps que ça dure, l'opinion publique est moins choquée qu'au début, ce qui aide à faire durer) en braquant des projecteurs plus aigus sur plus que de l'irresponsabilité, de la culpabilité. Que les systèmes démocratiques-scène médiatique soient bloqués en occident, et moins représentatifs et réactifs qu'ils ne l'ont été, c'est un fait, et que l'électorat ait moins d'emprise et de contrôle sur l'offre politique assez largement oligarchique, c'en est un autre.... Mais à un moment, faut aussi se rendre compte que la population y peut quelque chose et que, jusqu'à un certain point, on a les gouvernants et gouvernements qu'on mérite (ou les absences de gouvernements en l'occurrence). Qu'est-ce qui empêche la population de s'organiser et de fédérer des mouvements spontanés (les réseaux sociaux, ça existe, les cafés et bars aussi, les associations en tous genres....), organiser des mouvements, faire un suivi.... Qu'est-ce qui empêche de faire pression, même à l'échelle qu'on peut en essayant de faire tache d'huile? Organiser des boycotts de journaux pour forcer les rédactions à réagir plus, des bloquages de rues.... Ne rien faire de cela, c'est juste voir la citoyenneté comme un statut de "consommateur" de politique, le cul dans la chaise en se plaignant du spectacle. Liberté = responsabilité. Si les gouvernants et leurs opposants en place sont cons et incapables de s'accorder, faut leur signifier par tous les moyens qu'ils doivent dégager, sinon les élections ne feront qu'élire et réélire les mêmes, puisqu'ils se cooptent et se renouvellent peu. -
Chine
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
Ben ils chargent ce qui va contre leur intérêt, et ce qui va dans leur sens est qualifié de "constructif, bénéfique à tous et oeuvrant pour la paix".... Qui ne fait pas ça :lol:? -
Lapsus corrigé :-[ :-X. Problème du sud à renforcer d'autres facteurs: - concentration de la croissance dans les villes, laissant les campagnes stagner au mieux (en fait même pas vu les dégâts de la guerre) alors que le pays est encore très majoritairement rural et que les campagnes ne sont pas réellement "tenues" ou sécurisées. - répartition de la richesse trop inégale dans les villes, avec concentration sur un trop faible segment de population alors que l'exode rural a commencé et que donc d'importantes populations se concentrent dans des villes sans pouvoir être employées - captation d'une part trop vaste de la croissance et de la richesse dans les mains d'une élite corrompue, un système qui "coûte" trop cher à maintenir et ne se renouvelle ni ne se réforme de façon satisfaisante malgré certaines apparences démocratiques Quand au Nord, ses problèmes économiques sont certains, mais ils sont en partie compensés par le soutien sino-russe (sans qu'il y ait trop de détournement) et le fait est qu'il faut constater l'extrême motivation et mobilisation de la population. Même si la contrainte y est très présente, il y a une volonté politique recoupant la volonté populaire, et le résultat est tout connement que le Nord continue à faire la guerre, et à bien la faire. Et la guerre, c'est l'affrontement des volontés avant tout: tant qu'un belligérant veut gagner et tient, une défaite n'est qu'un revers tactique et rien n'est décisif.
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Gagnable? C'est à mon avis mésestimer à quel point le gouvernement sud-vietnamien était corrompu, inefficace et décrédibilisé auprès de sa propre population, surtout celle des campagnes alors immensément majoritaire. Comme le signale Loki, le commandement fut nul, surtout en haut de l'échelle, en raison principalement de son intégration complète à un tel système politique dont il était une émanation directe; les hauts commandements étaient des baronnies de pouvoir sans grand rapport avec les compétences opérationnelles, et l'aide militaire américaine massive a servi d'apport externe (lui-même objet de corruption) enlevant à cet Etat le besoin de se réformer et de faire émerger une volonté politique suivie d'effets face à la nécessité de gérer ses propres ressources. Dilemme de cet Etat (et des US): impossible de gagner sans le soutien américain massif, mais ce soutien condamne toute réforme interne.... La faute aux US qui ont mal géré leur apport? Oui, mais avant tout la faute au Sud VN, Etat fantoche qui n'a pas su se transformer et devenir un Etat solide ayant le soutien d'une portion significative de sa population. La direction de la guerre, tant au niveau du commandement, de la pensée stratégique et opérative que de l'attribution des ressources, en eut été radicalement différente. Le reste aurait suivi puisque ces domaines comptent plus que tout dans la conduite de la guerre et qu'au début des années 70, les problèmes d'efficacité des unités de combat de cette armée avaient largement été réglés et il est difficile de dire qu'il s'agissait de mauvaises troupes à ce stade. Même le commandement à bas échelons était assez compétent, les commandements intermédiaires étant plus disparates, dépendant d'un clientélisme politique qui pouvait faire place à de bons chefs, mais pas pour les bonnes raisons, et laissait encore émerger trop de marionnettes et nuls qui pesaient politiquement et/ou servaient à faire peser leurs patrons. Dans un tel système, c'est pas les gadgets technologiques qui changent quoi que ce soit (juste les commissions perçues sur les détournements de matos revendus ailleurs). La motivation de la troupe s'en ressent, et plus encore la direction des opérations et la conduite générale de la guerre. En face, il y avait un système qui savait prioriser, penser la guerre, décider, attribuer les ressources (dont celles venues du soutien extérieur) et conduire les opérations. Et ce système savait conduire un effort collectif et avoir le soutien (même forcé) de la majorité de sa population.
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USA - DOD au coeur des négociations sur les coupes budgétaire
Tancrède a répondu à un(e) sujet de zx dans Economie et défense
Pas uniquement: ce point restera encore un moment, effectivement, mais quid de la part de participation "active" qu'ils exigent de plus en plus et demandent de moins en moins. L'OTAN a un fondement nucléaire, mais se veut un bras armé qui sert "l'empire". Les ricains n'investiraient pas tant dedans et ne pousseraient pas autant les européens à s'aligner sur les normes otaniennes (le plus souvent en achetant ricain, copiant ricain, pensant ricain) si c'était juste pour dire que tout le monde est dans la même bande. Dans leur optique, ils veulent une OTAN qui leur fournit du nombre partout où ils veulent intervenir ou peser, et ce sans discuter. Et depuis un certain temps, ils en ont besoin, face à leurs propres politiques et moyens. Donc le bataillon ou l'escadrille européenne, si elle est rare, devient chère pour eux. Et s'ils offrent moins de contrepartie tout en exigeant un alignement continuel sur leurs normes et matos, un achat permanent de leurs trucs.... Va y'avoir comme un hiatus qui pourrait faire réenvisager la valeur de leur garantie nucléaire, ou tout au moins commencer à faire réfléchir certains pays européens sur le fait que la garantie franco-anglaise pourrait n'être pas si mal que ça, ou en tout cas moins chère, étant donné qu'elle est pour ainsi dire automatique (aujourd'hui, quelle menace à l'arme de destruction massive sur un pays européen quelconque verrait la France et/ou la Gibi laisser pisser?). Mais quelle que soit la formule retenue, les ricains ne pourront pas baisser leur investissement impérial en Europe ET garder le même niveau d'influence: là, c'est directement incompatible. -
USA - DOD au coeur des négociations sur les coupes budgétaire
Tancrède a répondu à un(e) sujet de zx dans Economie et défense
Ce qu'ils auraient plus de mal à admettre, c'est que si les choses se passaient ainsi, les Européens leur diraient nettement plus souvent merde, et que Washington pèserait vite sensiblement moins localement, dans un conflit X ou Y. Mais évidemment, c'est en supposant que les Européens augmentent leurs dépenses, ce qui ne semble pas à l'ordre du jour. Et qu'ils veuillent agir en dehors de leurs frontières, ce qui n'est une réalité que pour la France et l'Angleterre. Les autres vont se trouver à devoir choisir entre une sujétion aux USA qui coûtera plus cher, et "le grand large". Les négos sur le F-35, notamment dans des pays qui ont réduit leur capacité de participation au minimum symbolique (type Hollande), seront un indicateur parmi d'autres de la réaction à une telle évolution des USA qui semblent ne pas vouloir comprendre que leur "leadership" ne tient qu'à l'importance relative et absolue de leur dépense militaire, pas à une sujétion "qui va de soi". Ils ont un empire et ne veulent pas l'assumer. -
C'est en partie vrai (à mon avis) si tu pars du principe que toute opération de guerre se fera forcément à une vaste échelle et en mode "guerre totale" classique ou "guerre au milieu des populations" mais à l'échelle d'un pays immense. Il reste cependant le travail en coalition (où il faut peser) pour ces schémas, mais aussi et surtout des opérations limitées (FS et "coups de poing", conflit dur mais dans une zone limitée, effondrement d'un pays et nécessité d'y avoir des points d'appuis défendus....), d'éventuelles prises de gages (territoriaux/économiques), des appuis partiels (type Lybie pour le domaine aérien) ou encore des affrontements entre corps expéditionnaires (peu de nations peuvent projeter beaucoup de monde, surtout beaucoup de monde sur un théâtre hostile sans tête de pont préalable). Pour le côté infanterie légère/lourde, il me semble d'ailleurs que c'est une distinction qui reprend tous les jours un peu plus de sens, même si évidemment ce n'est pas forcément une "cuirasse" qui fait la différence, ou le poids emporté, ou même l'équipement et les véhicules (quoique ça puisse jouer); ce sont les modes d'actions, les tactiques, l'emploi, la répartition sur le terrain (donc l'unité de base la plus fréquemment employée et, de là, la taille de l'unité interarme servant de "pion de manoeuvre" le plus fréquent), le profil des soldats et officiers qui y servent, la formation.... Pour les paras, c'est un peu comme pour les amphibiens ;) :lol: ou les montagnards, selon moi: il y a le "fait" de l'infanterie légère en général, qui est à distinguer d'une spécialité proprement dite d'entrée de théâtre. Les paras sont la plus discutable de toute dès lors qu'il s'agit d'en avoir à une certaine échelle, mais la spécialité, au-delà du domaine FS, a une pertinence en tant que savoir-faire et capacité d'entrée de théâtre. A tout prendre, je dirais que 3 compagnies interarmes entièrement aéromobile/parachutables seraient une capacité suffisante pour maintenir le savoir-faire et disposer d'une composante pouvant constituer une force d'action rapide (saisie de points d'entrée comme des aéroports, renforts sur zone en urgence) utile. Le reste de régiments paras pourraient se contenter d'être une force d'infanterie légère gardant une capacité aéromobile en arrière-plan (notamment constituer le 2ème échelon acheminé rapidement une fois un aéroport saisi), ne nécessitant pas la capacité parachutiste et les coûts et contraintes qui vont avec. Les Anglais, il me semble, ont déjà largement fait ce chemin.
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Quelles qualités selon toi? Le côté système D, endurance, rusticité, mordant, manoeuvrier? En fait le truc de toute infanterie légère? La question est (si ce sont bien les qualités auxquelles tu penses) plutôt là de savoir s'il est même possible de les maintenir vu les conditions d'emploi de l'infanterie en occident actuellement, qui se prêtent peu à faire nomadiser des unités pendant des semaines ou des mois (en plus savoir s'il y aurait de la recrue candidate à ça dans la société moderne :-[....). Et s'il s'agit du volant tactique/manoeuvrier, là c'est un problème que toute l'infanterie a, non? Instruction, durée sous les drapeaux, entraînement, poids de l'équipement.... Y'a du grain à moudre.
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Ce qu'il dénonce, c'est plus la faible pertinence de l'emploi de paras à grande échelle, celle d'unités de manoeuvre, essentiellement divisionnaires/brigades. Ca ne veut pas dire que l'arme n'a pas de pertinence comme moyen d'insertion: commandos et FS évidemment, mais aussi peut-être pour de petits groupements de l'ordre d'une compagnie interarme, dans l'optique de création de têtes de pont/entrées de théâtre. Une brigade, est-ce trop? Surtout avec ses 4 bataillons d'infanterie? Oui, sûrement. Un régiment avec des éléments d'appuis (artillerie, génie, log....) suffirait sans doute amplement, le reste étant requalifié "d'aéromobile". Mais un petit détail con d'ailleurs mentionné dans l'article: le label "para" est une puissante motivation pour faire venir la recrue, et surtout la recrue de qualité et motivée. Beaucoup pensent "para" avant de penser "soldat". Note: c'est moi qui suis dyslexique ou y'a pas une petite typo dans le titre ;)?
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La brigade para est avant tout une brigade d'infanterie légère: ce qui coûte en plus, ce sont les heures de vol et le matos parachutiste. C'est ça qui peut être sucré dans une coupe budgétaire. Si tu coupes la brigade entière, c'est que tu veux tronçonner les forces, pas seulement le principe d'une brigade para :lol:. Surtout que le surcoût des unités paras n'est pas si énorme: c'est pas comme si l'outil aérien de transport en France était dimensionné pour expédier la brigade entière en une ou deux rotation.... Et y'a longtemps que l'équipement de la brigade n'est plus si spécifiquement "para" (c'est pas vraiment comme les soviets qui faisaient des blindés spécifiquement parachutables pour des brigades et divisions entières).
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Et ce que tu ne sembles pas vouloir comprendre, c'est que la question est de se demander en quoi ce truc reflète la réalité d'une opération de guerre en particulier, et surtout la réalité d'une capacité opérationnelle en général, qui plus est une capacité opérationnelle qui n'est pas un one shot, mais un truc à faire à longueur d'années. Ca fait généralement la différence entre une affiche pub et le monde réel. Avec comme question subsidiaire.... Qui sont les gens qui vont là-bas? De ce que j'ai souvent vu dans ces compètes, c'est plutôt les officiers en formation/juste sortis de formation et les personnels d'unités non projetables et bases qui vont faire ça, y compris dans les plus prestigieuses (notamment la Cambrian Patrol). Les autres sont un peu occuppés et ont rarement envie de se faire une entorse dans une compète parce qu'il y a le taf réel après.