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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Alcool et tabac aussi, chocolat aussi, une énorme part des médocs (voir l'épidémie gravissime qu'est la consommation d'antidépresseurs, mais aussi tous les médocs un tant soit peu costauds qui pompent sévère sur l'organisme), mais aussi les sports extrêmes ou les sports de combat, comme en fait toutes les consommations et tous les comportements obsessionnels et/ou compulsifs auxquels amènent le monde moderne trop rapide et hyper-urbanisé pour lequel l'organisme comme l'esprit humain ne sont pas faits (on est encore des chasseurs cueilleurs n'ayant pas évolué depuis l'apparition de l'homo sapiens). La consommation de came est, comme beaucoup de chose, une conséquence bien avant d'être une cause, un dérivatif artificiel dont l'inefficacité fondamentale est la même que toute autre chose, qui amène à la fuite en avant. Mais plus globalement c'est marrant que les opinions de café du commerce s'obstinent sans le moindre argument autre qu'anecdotique à refuser des constatations faites à de multiples reprises par des organismes venant d'horizons, de courants d'opinions et bords politiquess divers, appliquant des méthodes scientifiques et disposant de moyens importants. Et leurs conclusions sont les mêmes depuis 30 ans, ne faisant que se renforcer avec l'expérience coûteuse et inefficace de la "War on drugs" et de la lutte antidrogue en général. Disposes-tu d'informations que la réunion des académies scientifiques américaines, ou des organismes comme la RAND corporation et pas mal d'autres n'ont jamais trouvé? Bizarrement, il y a unanimité scientifique dans le constat, et seules des factions politiques et des groupes d'intérêts maintiennent les méthodes actuelles par démagogie et ententes à visées lucratives et électoralistes. Et si la moitié de ceux qui sortent de cure ne rechutent pas (et les taux de réussite sont généralement plus élevés que ça), dans le cadre d'une politique appliquée à l'ensemble des camés d'un pays de la taille des USA, ça fait autant de moins pour les cartels comme perspective de marché. Ajoute les politiques de prévention, et un changement dans les méthodes policières pour ce qui concerne le distingo entre criminels et délinquants, un changement de politique sur la majijuana (qui est loin de mener si souvent que ça aux drogues dures mais dont la criminalisation de l'offre crée là des réseaux qui eux sont totalement interpénétrés avec les traficants de tous types de came), et tu commences à sérieusement trucider la demande et à impacter les cartels au portefeuille en général, et en particulier au flux d'argent en temps réel qu'ils brassent à tout moment. L'accroissement des marges et des prix qu'ils opèreraient ne compenserait pas, et de loin, le manque à gagner, mais il réduirait d'autant la demande au moins le temps pour les traficants de trouver un nouvel équilibre économique. Débat typiquement américain, la "war on drugs" est un objet purement politicien qui s'est déconnecté des réalités effectivement observées depuis plus de 30 ans et dont les quantifications et expériences diverses ont depuis longtemps indiqué quelles étaient les solutions les plus efficaces sur le plan pratique. Ce qui peut aussi d'ailleurs s'observer en Afghanistan où la lutte militaire contre l'offre de drogue (avec bien moins de restrictions sur les moyens employés), première source de financement des insurgés (juste devant les contrats de soutien aux armées occidentales :lol:), s'est révélée totalement inefficace. L'Afghanistan a en 10 ans de guerre pruis l'essentiel de la production d'opium au niveau mondial, faisant exploser la production et chuter les prix, écrasant la concurrence du triangle d'or jusqu'ici absolument dominante.
  2. Israël n'a pas de capacité de bombardement stratégique (hors nucléaire), sauf pour des raids ponctuels limités en capacité, type Osirak, qui nécessitent une concentration de ressources pas ou peu renouvelables dans le cadre d'une guerre où le tempo nécessaire et le nombre de cibles sont bien au-delà de ses moyens, surtout quand on regarde les distances entre Israël et les cibles de valeur en Iran. Quand aux capacités terrestres, là c'est complètement hors des capacités de Tsahal, et ce d'autant plus que ses unités de manoeuvre (très peu nombreuses pour ce qui est de l'active) sont calibrées, entraînées et équipées désormais pour des opérations dans le voisinage. Le problème est que la seule menace crédible d'Israël est le nucléaire, qui n'est pas vraiment un outil diplomatique aisé d'emploi, étant donné que ses retombées -et les radiations sont les moindres d'entre elles :lol:- ont tendance à faire très mal. Donc Israël et Iran sont 2 pays qui peuvent juste se cracher dessus et se faire des petits coups de pute qui égratignent et irritent, mais sans plus. En fait, avec le Hezbollah, l'Iran a un outil de projection plus conséquent en terme de dommages infligés et de mobilisation de ressources israéliennes pour le contrer.
  3. Ouaif, enfin l'histoire libyenne vient quand même de démontrer la grande limite des armées expéditionnaires occidentales: même si elles y allaient sérieux et toutes ensembles, les frappes aériennes auraient des effets très limités sur un pays comme ça (outre le fait de souder la population, encore avant tout très patriote), et la masse de manoeuvre au sol manquerait. Comme si on était, tous ensembles, l'Angleterre de l'ère napoléonienne, mais sans la Russie et l'Autriche pour fournir les gros bataillons faisant le travail de fond. Et là-dedans, Tsahal, c'est un peu comme l'armée prussienne ou piémontaise de cette époque: un bon outil (et encore, le côté conventionnel au sol a baissé), mais sans la masse nécessaire ni l'allonge qu'il faut pour peser lourd.
  4. Mani, les conférences diplomatiques de Westphalie (1648), Vienne (1815), Berlin (1884) et Versailles (1918) ont passé un coup de fil; elles veulent te récupérer ;) :lol:. Découper des pays comme ça, sur carte d'Etat-Major, je sais pas trop si c'est encore à la mode :-[. L'Iran est quand même un truc assez solide par lui-même, régime des mollahs ou pas: leur question politique n'est pas de maintenir l'ensemble territorial, mais de savoir qui le dirige et peut se partager le gâteau. Sans compter qu'il faudrait d'abord aller poutrer le dit pays avant de commencer à s'en couper des tranches :-[. EDIT: oups, t'as retiré ton découpage ?
  5. On est d'accord, mais le tout serait en fait de faire une classification des Etats, parce que quand on met Chine ou Russie dans la balance, on parle là des Etats "haut du spectre", avec le fait à noter que dans un Etat bien institué, ces groupes "féodaux", religieux, politiques ou autres s'incarnent différemment, opérant plus en fonction justement du développement de l'Etat, avec de la violence proprement dite qui est plus réduite (coups tordus discrets -plus ou moins-, assassinats, chantages, menaces....) et un emploi plus élevé de moyens autres (économiques....) et de pression internes à l'appareil politique. Mais à l'arrivée, ce sont toujours des intérêts particuliers dont l'action est par nature entropique et, même si ce n'est pas un objectif en soi, peut mettre à bas l'Etat (à force d'abuser). Cependant, ces Etats "haut du spectre", qui peuvent voir la violence (à fins économiques, politiques....) cantonnée à des minimums très gérables ou s'incarnant dans d'autres formes de violence (économique, sociale....) et d'action, ils ne sont pas non plus une majorité si absolue. Y'a pas si longtemps, le Mexique était quand même considéré comme un "grand" Etat (malgré ses lacunes), un machin solide et bien en place et perçu comme indéboulonnable pour quelques siècles quels que soient ses problèmes. Il est pas encore effondré et ça n'a bien sûr rien de certain, mais ce qui se passe depuis quelques années amène quand même pas mal de scénaris potentiels très nouveaux et qui auraient été considérés comme irréalistes il y a encore une dizaine d'années. Et quand je parle de montée de cette "privatisation", je parle réellement au niveau global, pas pour TOUS les Etats, et s'il faut préciser mon ennoncé, à ce moment là, je dirais qu'il y a aujourd'hui, à mon sens, une part importante et croissante d'Etats qui sont et seront confrontés à ces phénomènes: en gros, au niveau global, ce serait la montée des groupes aux dépends des Etats fixes. Le problème d'un tel phénomène est que les modes d'actions violente, sociale et économique de nombre de ces acteurs a un effet global qui n'est pas sans impact sur les grands Etats, les économies étant interconnectées et, au final, assez fragiles. Exactement, et par le moyen de la guerre, pas du combat seulement: l'usage combiné de tous les moyens possibles et imaginables au service d'une stratégie (locale, sectorielle ou nationale), mais aussi l'impact sur des Etats de l'action cumulée de groupes dont beaucoup n'ont pas de buts politiques mais qui rongent de l'intérieur. Pour ta référence à l'empire romain, c'est la même que la mienne: il s'est effondré de l'intérieur avant tout, mais les soi-disants barbares étaient depuis longtemps partie prenantes au système romain: des contractors militaires ayant opéré des concentrations de plus en plus grandes (fédérations de tribus autour de chefs de guerre prestigieux pour louer des contingents importants "clé en main"). Ils vivaient aux crochets de Rome depuis un bail et Rome les entretenait à ses frontières comme populations tampon au-delà du limes. Une bonne partie de l'anone militaire (l'intendance) était dédiée à ces populations qui ne pouvaient assurer leur propre subsistance dans des proportions satisfaisantes, entretenant la symbiose de Rome avec ses "barbares proches". L'arrivée de nouvelles populations venues du nord et de l'est a compliqué la vie dans l'espace germanique et précipité la fin de ce système à l'équilibre délicat. Ca aurait pu encore passer, mais l'affaire de 376-378 a été déplorablement gérée et a abouti à l'événement qui a amorcé le cycle de destruction de l'empire d'occident. Alors même que les Goths ne voulaient en aucun cas de cet effondrement (ils voulaient être romains au début). Mais l'analogie est celle de la termitière; les Etats en place sont au final des systèmes fragiles soumis à l'entropie, et là on en fait nos propos doivent pouvoir se rejoindre, c'est au travers d'une classification des Etats en quelques groupes allant des plus théoriques (où en fait ce qui dirige, c'est une "bande" au milieu d'autres quasiment aussi puissantes ou autant, et parfois même moins) aux plus solides ("grands" Etats bien en place, développés, ayant de forts moyens de contrôle et/ou une bonne légitimité....), en passant par ceux qui sont plus ou moins vulnérables à ces forces internes ou proches de divers types. Et mon point est en fait de dire que les catégories d'Etats théoriques, fragiles ou vulnérables ont plutôt tendance à grossir, et celles des Etats solides plutôt tendance à devenir moins fournies. Ce n'est que dire en fait que l'Etat n'est plus la forme d'organisation absolument dominante qu'il a été. Et évidemment, ce phénomène s'incarne, sur le thème principal du forum ;), par la "banalisation", la diffusion de techniques, matériels et savoirs militaires (ou de matos civils équivalents) auprès de ces multiples forces non étatiques, à une échelle bien plus grandes que dans les décennies et 2-3 siècles (ceux de la "modernité" politique) passés. Et ces groupes ont tendance à être plus grands, plus nombreux, plus dangereux qu'avant, avec un pouvoir de nuisance bien plus grand et devenant vraiment emmerdant plus vite (même des groupes de petite capacité peuvent se faire plus emmerdants assez vite; symboliquement parce que là où ils arrivaient à avoir un 38 illégal, ils peuvent avoir un M-4 maintenant, et en plus avoir les cours du soir pour savoir s'en servir au lieu de défourailler sous spif). Je suis à peu près clair ou ça ressemble à du délire?
  6. Ne nous égarons pas trop; le sujet reste la "privatisation" de la guerre, terme abusif mais reflétant le développement de l'emploi de moyens guerriers de toutes échelles, et de stratégies guerrières, de la part d'une multitude d'organisations, groupes et structures non étatiques, soit la relativisation du monopole étatique de la violence. Même si cela n'a jamais totalement disparu, la vraie question est celle de l'échelle sans cesse croissante et des occurrences sans cesse plus nombreuses et permanentes du phénomène, ce qui change et changera à mon sens beaucoup et de plus en plus "l'ordre des choses" dans le paysage sécuritaire, politique et stratégique mondial. Ce phénomène me semble consubstantiel de l'affaiblissement dans bien des cas de l'Etat, dans le principe, la légitimité et surtout la puissance de fait (la puissance en terme de capacité de contrôle/maîtrise de territoire et de population, d'assurer un niveau de vie satisfaisant -assez pour garder la paix sociale-....); bref, si les missions fondamentales de l'Etat étaient un marché (consensus social minimum, paix civile, justice, frontières sûres, activité économique et niveau de vie), je dirais qu'on peut assister dans bien des cas à l'émergence de concurrents internes prétendant faire mieux sur tout ou partie d'un territoire (ou sur des territoires à cheval sur des Etats existants), et de "testeurs" que sont des groupes n'ayant pas nécessairement de visées de contrôle/gestion politique de territoire, mais dont la poursuite de leurs intérêts implique certains volants de ces missions, et surtout l'attaque directe ou feutrée (qu'elle soit volontaire ou induite par leur activité) du contrôle étatique. Désolé, ça devient alambiqué comme formulation; je ferais mieux la prochaine fois :-[ :-X. A noter que sur le plan pratique, le mouvement quasi universel de professionalisation des forces armées, avec la contraction des effectifs qui s'ensuit, réduit par essence la capacité "ultima ratio" de l'Etat à pouvoir effectivement contrôler son territoire dans un scénario de "tout fout le camp": 100 000h capables de faire face à de grandes armées ultramodernes n'ont pas forcément une grande capacité de contrôle de territoire, surtout le leur où ils ne pourraient ni ne voudraient exercer de politiques de terrorisme d'Etat ou de razzia à la Gengis Khan. Le cas américain n'est pas inintéressant pour l'avenir: vastes distances, contrastes croissants entre territoires et groupes sociaux, polarisation caricaturale d'un débat politique qui s'adresse de plus en plus exclusivement à ses seules clientèles électorales et reflète de ce fait de moins en moins sa population, moindre consensus national et sens du collectif (et individualisation/atomisation de la société), problèmes graves de l'Etat, et à l'autre bout du spectre, développement de groupes plus ou moins "hors du système", dont certains atteignent des tailles et moyens conséquents: qu'il s'agisse des multiples groupes de survivalistes, autonomistes en tous genres, allumés religieux en communautés, ou bien des vastes gangs ayant une échelle "fédérale" (bikers et mouvances d'extrême droite à cheval sur le communautarisme ethnique et l'activité mafieuse, immenses gangs noirs et latinos qui peuvent dépasser les 50 000 membres actifs), de même que les implantations de maffias externes (cartels mexicains et colombiens, triades, yakusas, russes....), y'a des structures en développement qui pourraient commencer à sérieusement prendre des places laissées vacantes (ou pas assez occupées/contrôlées) par l'Etat. Peut-être pas demain, mais la fragilisation de l'Etat, les perspectives éventuelles de crise.... Donnent du grain à moudre pour imaginer des futurs différents. Le fait est que nombre de ces groupes peuvent et/ou veulent devenir des systèmes sociaux alternatifs, tout comme à petite échelle, les mafias "ethniques" (italienne, allemande, hollandaise, irlandaise, juive, hispanique, jamaïcaine, chinoise, russe....) au sein des populations migrantes aux USA étaient acceptées par les dites populations (au moins pendant un temps) parce qu'elles offraient regroupement, protection, entrisme.... Les triades chinoises sont ainsi un vrai système social, le plus abouti dans ce registre, se fondant à la base sur des sociétés culturelles (les Tongs) organisant la vie communautaire, maintenant les liens dans le groupe et facilitant l'implantation, l'activité et la vie des migrants (crédit, services juridiques, formation, logement....). Malgré leurs méthodes et leurs abus, elles sont profondément acceptées (au moins autant que supportées/subies), tant par atavisme et transmission culturelle que par absence de choix et par constat réaliste du moindre empressement des autorités des pays d'accueil (encore vrai aujourd'hui même aux USA).
  7. C'est la loi de la liberté d'expression: émettre un avis en pensant qu'on est objectif et qu'on dit la vérité. Un "geste artistique neutre", c'est quoi? Ca a existé? C'est par définition impossible, même une pure contradiction dans les termes. Reste à savoir si le film est "artistique" ceci dit :lol:. C'est une version avec laquelle on peut n'être pas d'accord, et tout le monde est libre d'en écrire et diffuser une autre. Ce qui est plus criticable, c'est le parti pris généralement univoque, et souvent caricatural, sur ce type de question, de la presse et de la scène publique (les caisses de résonance d'un tel débat), de même que des organismes publics ou para-publics d'attribution de budgets de films, qui sont eux authentiquement trustés par des chapelles laissant peu de place à qui n'est pas d'accord avec eux. Là, le coupable est le fonctionnement de la dite scène publique en France, reflet de la nullité du débat et de l'univocité des courants d'opinions qui ont réellement droit de cité dans le débat public. Pas de point de vue autre qui puisse s'exprimer sans être condamné d'emblée par de multiples intervenants (ayant eux tout accès aux médias à toutes les heures du jour et de la nuit), ou même avoir une chance de s'exprimer autrement que de façon ponctuelle, partielle, tronquée et anecdotique. Là est le déséquilibre, pas dans le fait du film de Kassovitz qui est un objet parfaitement légitime en lui-même; je n'aime ni Kassovitz ni ce qu'il fait en général, et encore moins ses prises de position généralement non informées et superficielles, mais lui n'a pas commis de faute. Il bénéficie en revanche d'un système déséquilibré tant en amont (l'attribution des budgets, facilités et moyens pour la production: voir comment fonctionne l'avance sur recette est atterrant) qu'en aval (la caisse de résonnance et de promotion médiatique).
  8. Un petit distingo à faire quand même, sur 2 points: - l'échelle des actions concernées: petits pays et/ou petites régions concernées. Le cas mexicain: voisinage immédiat des USA, sujet brûlant de la drogue, moyens en cash que ça rapporte aux cartels, mais plus encore, l'implantation des cartels.... Il ne s'agit pas d'une ou deux petites zones rurales isolées, mais bien de TOUT LE MEXIQUE, réparti en territoires féodaux, et pas seulement de quelques villages ou petits bourgs, mais aussi de quartiers des grandes villes, et c'est partout à la fois. - le niveau international et l'intérêt porté/portable au pays visé: la Russie, personne l'emmerde vu le caractère encore salement nucléaire de Moscou, et sa dimension pétrolière et gazière incontournable (surtout en plus qu'à l'époque des faits, Moscou se faisait enculer sur tellement de sujets que celui-là, sans trop d'insistance portée dessus, était un peu sa petite dose de vaseline). Le Mexique, c'est pas vraiment le même trip, surtout avec les USA comme voisin de palier. Moins vrai avec cette génération de cartels qui a plutôt eu tendance à se gagner la population par une politique sociale et sécuritaire à l'échelon régional (ce que Escobar faisait pour la seule ville de Medellin, et seulement dans quelques domaines), gagnant plus de crédibilité que l'Etat fédéral à l'égard duquel la population mexicaine a aussi beaucoup de griefs (violences dommages collatéraux et exactions policières-militaires, nombreux cas de flics et militaires jouant les potentats locaux quand ils ne sont pas purement part au trafic, abus en tous genres, indifférence....). "Federales" n'est pas vraiment un compliment au Mexique :lol:. e ne crois pas: la loupe médiatique, c'est comme la spéculation quand elle est gardée dans des proportions raisonnables, soit un révélateur bien avant d'être un faiseur. Et les politiques n'en ont quelque chose à foutre que quand la dite loupe entraîne du concret, cad des mouvements d'opinion, voire de rues, ce qui est rarissime, les populations ayant généralement beaucoup d'autres sujets de préoccupations qui guident leurs choix dans les urnes (et dans le cas du Mexique dans de nombreux cas, les clientèles électorales se gagnent et se récupèrent à coups de subventions au niveau local). Plus encore, vu l'échelle des choses au Mexique (tout le pays est concerné, pas quelques régions et villages reculés), c'est pas quelques reportages qui changent la donne, surtout après 4-5 ans de guerre (et 40 000 morts) qui entraînent une certaine "habitude" de la population aux images télés. La réalité du quotidien, vécue dans tous les voisinages du pays, a nettement plus d'impact, et nettement plus durable, sur les opinions, le ras le bol.... Quand tout le monde a dans son entourage une histoire sordide liée aussi bien aux cartels qu'à l'impuissance de l'Etat ou à ses exactions, ça fait bouger beaucoup plus qu'une indignation médiatique pendant le dîner devant la télé. Et à l'arrivée, les subventions et programmes sociaux dans de nombreux endroits (y compris des zones urbaines importantes et régions très peuplées), ce sont les narcos qui les fournissent, pas l'Etat, de même qu'un niveau plus important de sécurité au jour le jour (avec "justice" sommaire et visible). Et ils le font savoir et s'implantent culturellement dans les jeunes générations. Avant toute chose, il faut différencier les cas: la Chine fait plutôt partie des Etats "haut du spectre" en matière de contrôle, de moyens et de marge de manoeuvre, au niveau mondial. C'est pas la méthode en elle-même qui fait que, c'est quand même avant tout le fait que Pékin a de la marge pour agir, une organisation et un appareil de renseignement intérieur et répression (et le contrôle en général) autrement plus maousse, sans compter la culture de l'Etat et d'un certain niveau de soumission atavique plus affirmé qu'ailleurs, de même qu'une conscience unitaire raciale et culturelle sans beaucoup d'équivalents dans le monde. Ensuite, faut relativiser: la Chine n'est pas exempte d'une montée constante et importante de ce type de problèmes, et le blackout de cette année (été surtout) a été édifiant: les mouvements insurrectionnels violents de tous types (grèves violentes, soulèvements de paysans expropriés et ouvriers surexploités, mouvements locaux anticorruptions, autonomismes et revendications de particularismes culturels....) n'ont jamais été aussi importants et, pour la première fois, ont commencé à se coordonner et à s'organisr ensemble. Dans toute la périphérie chinoise, l'été fut chaud! Avec le ralentissement économique et les prévisions problématiques des marchés export chinois (USA et Europe avant tout, soit l'essentiel), la maturation de nombre de problèmes internes en Chine, l'explosion des inégalités, le renchériment relatif de la vie qu'ils ont été enfin forcés d'engager (réévaluation des salaires.... Encore pourtant très modérée), tous ces mouvements deviendront encore plus dangereux alors même que l'attitude internationale de la Chine est plutôt la résultante de ces pressions internes qui leur impose une attitude conquérante, le fait de poser plus fort, de trouver des exutoires nationalistes.... Et ce pourtant alors que tous ces mouvements sont encore très peu organisés (contrairement à des cas comme le Mexique) et sont juste des multitudes de micro-mouvements encore pour beaucoup spontanés et sans structuration permanente. Enfin je rappelle encore que les Etats qui ne peuvent utiliser de méthodes gengiskhaniennes sont avant tout les Etats démocratiques et/ou avec un fort niveau de consensus social sur le pacte fondamental de l'Etat: des méthodes réellement brutales, et pas appliquées seulement à quelques bleds isolés et peu peuplés, changeraient complètement la donne de ce pacte.
  9. Non, ce n'est pas "le problème": les études croisées menées depuis le début des années 90 (depuis que la "War on drugs") indiquent le contraire, donc il vaut mieux ne pas se limiter aux habituels clichés. Cela inclue une étude de la RAND corporation, qui n'est pas connue pour être un repère de hippies antimilitaristes et actionnaires de centre de désintox. Y'a plein de camés qui replongent? Et après? Là on parle de résultats à l'échelle de populations entières, et les résultats cumulés depuis plus de 20 ans aux USA indiquent que le traitement préventif et la désintox marchent infiniment mieux et pour infiniment moins cher que la mobilisation tous azimuths de moyens policiers et militaires qui n'ont en rien enrayé l'explosion de la consommation de came aux USA, ni empêché les cartels l'acheminant de devenir de plus en plus menaçants. Le tout pour un coût prohibitif (absence totale de "rentabilité" de l'effort, de rentabilité stratégique dirons-nous) et une mobilisation permanente disproportionnée de moyens sécuritaires qui seraient bien mieux employés ailleurs. Référence de l'étude de la RAND: C. Peter Rydell, Controlling Cocaine: Supply Versus Demand Programs (Rand Drug Policy Research Center 1994). Pour la note, elle poursuit une première étude réalisée en 1986 par la même RAND Corporation qui prévoyait déjà l'inefficacité coûteuse de l'usage croisé de moyens militaires et policiers massifs contre les réseaux de producteurs et transporteurs de drogue. Juste pour le fun, la lettre ouverte de 500 économistes (dont 3 lauréats du Nobel, avec Milton Friedman à leur tête) à l'ex-président Bush, sur l'inefficacité absolue du traitement sécuritaire du cas de la marijuana sous l'angle d'une "politique de l'offre" :lol:: http://www.prohibitioncosts.org/endorsers.html Les conclusions de l'US National Research Council (organisme de travail des Académies Scientifiques américaines) sont sans appel et curieusement sont restées ignorées des décideurs politiques de l'ère Bush dont les intérêts sont ailleurs: The existing drug-use monitoring systems are strikingly inadequate to support the full range of policy decisions that the nation must make.... It is unconscionable for this country to continue to carry out a public policy of this magnitude and cost without any way of knowing whether and to what extent it is having the desired effect. Leading Committee Chair Charles Manski to conclude, that "the drug war has no interest in its own results" Les ricains ont pourtant eu la prohibition pour voir l'inefficacité de l'action sur l'offre: la maffia nord américaine y est réellement née et en est ressorti infiniment plus puissante qu'elle n'y était entrée.
  10. Déjà, une bonne partie du trafic de came passe cette frontière de façon tout à fait légale, cachée dans les flux de marchandises et de personnes (mules et autres, volontaires ou non) entre USA et Mexique, donc par les douanes, ce qu'un mur ultra Hi Tech ne changera en rien tout en accroissant les coûts de manière disproportionnée. Ensuite la came passe aussi au travers des fonctionnaires des douanes et autres services de contrôle par la combinaison très ancienne salaire de merde/corruption/intimidation/chantage/"tout le monde le fait". Ensuite, comme le dit Gally, fortifier la frontière pour la rendre assez imperméable, ça coûterait combien de plus? Là on est dans une autre dimension, avec explosion des coûts non pas à la marge, mais dans des ordres de grandeur de 200 à 300% au bas mot! Mur de fortification en dur (en fait plutôt 2 murs parallèles plus des clôtures barbelées) avec espace dégagé des 2 côtés, densité accrue des moyens électroniques de surveillance ET des moyens humains de patrouille (donc de l'équipement et du volant de réserve de personnels pour maintenir la permanence, mais aussi des effectifs et infrastructures fixes de contrôle/coordination, de logistique, de services juridiques....), surveillance aérienne (drones, hélicos, avions, temps de satellite voire satellites dédiés), sollicitation des volontaires locaux et l'encadrement qui va avec.... Y'a de quoi raquer. Sans compter les coûts de retard et autres dus à la politique: luttes de services et de turfs divers, coordination inter-Etats et autres "joint task forces" foireuses, guéguerres politico-économiques pour l'attribution des budgets et contrats de fournitures/soutien.... Tout cela accroît les délais, les temps de réflexion et réaction, le bordel, les chapelles permanentes se bouffant le nez sur un os de plus que tous essaient de ronger.... Pas besoin d'un mur de 50m: 6-7 suffisent, mais il faut aussi aller creuser profond pour empêcher ou en tout cas rendre très difficile de faire des tunnels, donc faut imaginer le chantier! C'est pas des pans de béton dont il est question, là, mais d'une structure profonde et épaisse où il est possible de circuler. Le tout sur combien de millier de kilomètres et combien de vastes zones de relief très difficile? Et pour quel résultat? une rentabilité nulle de l'effort, ou en tout cas minable au regard du coût. Traiter le problème par la prévention et la désintox a été révélé par de multiples études (dont une de la RAND qui a fait du bruit dans le landerneau républicain de la foireuse "War on drugs") comme étant infiniment plus efficace tant au global que pour chaque dollar investi, avec la possibilité de réduire la demande américaine d'un tiers (20 à 30 autres % étant considérés comme atteignable à un coût un peu plus élevé). Mais évidemment, le fric ne coulerait pas là vers les mêmes "clientèles" politiques.
  11. Merde! Le polonium va être déclaré kasher? .... Désolé :-X.... Je suis sorti et déjà très très loin :lol:.
  12. Cette droite, avant tout laïque, n'est-elle pas une sorte de "nouvelle droite", en ce sens qu'elle a connu un renouveau via l'arrivée en vagues importantes et l'organisation/structuration (politique avant tout) de populations d'origine russe/de l'est qui sont son nouvel électorat de base permanent leur assurant un seuil de nuisance politique assez constant? Lieberman n'en est-il pas une sorte d'incarnation? Et même pas qu'avec un seul 155, j'imagine bien :-[.... Justement, Liberman n'a t-il pas fait son service dans une unité d'artillerie :lol:? Sans doute, et c'est tout le vrai problème pour ce qui est d'une volonté politique israélienne qui casserait l'aspiration d'une part significative des décideurs et de la population de foncièrement refuser l'existence d'un Etat palestinien ou même la présence des Palestiniens dans ce qu'ils estiment être des territoires fondamentalement israéliens. Pris de l'extérieur, en terme d'attitude et de décisions effectives, ça donne un Etat d'Israël qui n peut que globalement tendre entre le statu quo, au mieux (mais dans le temps, ça veut dire pourrissement), un cassage permanent de toute construction politique palestinienne stable (qui verrait alors les plus extrêmes se faire relativiser dans leur poids) et un grignotage lent (territorial). De l'autre côté, c'est pas mieux, parce que l'instabilité ambiante et l'absence de perspective entretiennent la vigueur et, pire encore, la nécessité perçue et réelle de mouvements extrêmistes et violents qui assurent des aides sociales et financières, assurent des structures solides même si de petite échelle, et plus encore portent en elles la rage accumulée de vastes pans de population (dont certains peuvent les détester, mais dans leur situation, ils ne les dénonceront pas non plus, moins par peur que par absence d'alternative), de même qu'une certaine "fierté" collective palestinienne parce que ce sont eux qui rendent les coups, et que la fierté ne coûte pas cher quand il n'y a rien par ailleurs (mais c'est encore un fuel et un exutoire). Face à cette offre politique et dans le contexte socio économique des Palestiniens, de même que surtout face à l'absence de perspectives, il n'y a au final pas de marge de manoeuvre pour les éléments constructifs, qu'ils soient des mouvements à part ou des factions au sein des acteurs politiques existants (Fatah essentiellement): leur discours nécessairement plus modéré et complexe, ne peut qu'être fait de demandes et de promesses pour un futur indéterminé, ne peut pas se faire entendre très fort, ne peut que mal passer ou peu passer, et plus encore perd ce qui lui reste de crédibilité parce qu'il n'y a pas de réponse concrète côté israélien. Et plus l'instabilité et l'incertitude sont grandes, plus l'insécurité s'accroît ou dure, plus les intransigeants des 2 bords peuvent peser, même s'ils représentent peu en termes d'effectifs et de poids politique fondamental. Si tu ajoutes les divisions inhérentes, côté israélien, à une scène politique d'un pays développé (économie, société....), ça complique encore et enlève encore plus de possibilités de trouver des consensus, même a minima, et de fixer des lignes directrices sur lesquels une majorité est d'accord.
  13. En douce, quoi: faire dans le suave et dans le feutré comme aurait dit Audiard ;) :lol:. Genre le mec qui loupe une marche, s'électrocute avec son grille-pain, croise par hasard le chemin d'une fuite de gaz alors qu'il fume une clope, avale par erreur un thé au polonium (qu'il est distrait ce con :-[)....
  14. Les pays qui font fructifier une rente comparable au pétrole, et surtout durablement, sont même l'exception et non la règle, dans l'histoire: aujourd'hui, à part la Norvège et la Malaisie, et peut-être un peu le Canada, quel pays a su gérer son pétrole de façon intelligente et prévoyante? Ca remet souvent les patates au fond du sac quand on regarde la chose sous cet angle :lol:!!! Et encore plus quand on rapporte la chose à la superficie de la Russie: une population pas énorme (même ridicule par rapport à ce fait), vieillissante, pas en très bonne santé en moyenne, avec des inégalités terribles (qui encourage l'émigration, donc d'une partie des plus dynamiques), et avec des perspectives de déclin démographique pour encore un moment, doit "tenir" et faire fructifier un territoire absolument gigantesque, ce qui accroît les disparités, diminue la capacité de contrôle effectif du gouvernement central, implique des coûts de structure importants, dilue les efforts, accroît les contraintes notamment militaires.... Sur le plan militaire, surtout au regard des évolutions russes (accroissement qualitatif, professionalisation au moins partielle, mise à niveau technique), cela veut dire des moyens plus chers et plus rares, avec une mégachiée de kilomètres de frontières et 2 "fronts" potentiels majeurs, 2 moindres (mais chauds sur un plan de consommation d'effectifs: Caucase et Asie centrale), un en développement (la zone arctique). Ca laisse peu de marges de manoeuvre pour une capacité même modérée d'expansion/agressivité crédible. Surtout avec une population qui se stabilisera autour de 120-130 millions d'habitants d'ici 2-3 décennies avant de voir la pyramide des âges reprendre un aspect normal et de pouvoir reconnaître un accroissement naturel significatif et "utile" (soit l'augmentation de la proportion de jeunes).
  15. Y'a quand même des proportions à garder: un tel acte est moins de la rétorsion ciblée (elle peut n'être pas absente de l'action, mais elle n'est qu'une partie) que de l'intimidation ou un avertissement (ce qui a peu de chances de marcher contre le Hamas) et une pure réplique relativement inutile avant tout faite pour donner du grain aux enragés israéliens. Faut quand même garder à l'esprit que les gouvernements agissent à 80% pour des raisons de politique intérieure (pas toutes ni toujours nauséabondes et/ou politiciennes, ne caricaturons pas) et à 20% pour des raisons réellement d'intérêt national. Et plus une scène politique a un équilibre délicat, comme en Israël avec son éclatement politique en multiples petites entités partisanes en deals constants et bancals, plus c'est vrai. Aller bombarder à l'avion un poste de police, c'est savoir à l'avance que le résultat sera fait en majorité de dommages collatéraux pour, au mieux, la satisfaction limitée de "faire quelque chose" face à une action terroriste, et éventuellement le fait -incertain- d'avoir liquidé des exécutants de bas niveau, en tout cas pas vraiment un centre de décision, une cible à haute valeur ayant un impact sur le cours des événements ou même sur la capacité de nuisance du Hamas (à moins que ce poste de police ait été une usine secrète de roquettes artisanales, ce qui est douteux). Et si tu veux liquider une personne précise, surtout dans une zone urbaine sensible à retombées médiatiques et politiques coûteuses dans des négos, tu envoies des spécialistes au sol faire un carton en loucedé, ou tu attends d'identifier et de traquer des décideurs d'un certain niveau pour leur faire sentir le poids de ton amour ;), le tout loin des caméras tant que les dites cibles respirent encore. Envoyer un avion pour ça, c'est avant tout faire ce que les ricains appellent une "cascade politique", un truc pour faire de la pub, et le public visé n'est certainement pas la population palestinienne ou les membres des organisations hostiles et violentes à l'égard d'Israël qui en ont vu bien d'autres. Là c'est avant tout pour parler à son électorat et à ses "partenaires" politiques. Plus globalement, si les décideurs israéliens voulaient et avaient le capital politique pour faire quelque chose de productif (cad se mettre d'accord avec une majorité tacite sur le sujet, majorité ayant une chance de se maintenir quel que soit le gouvernement ou la majorité à la Knesset), ils feraient, et ça ne coûterait pas bien cher, de la formation de forces de police palestinienne, de la subvention économique basique (agriculture vivrière, secteurs de base....) et surtout organiseraient le tout en accord avec les factions réellement pacifistes côté palestinien, aussi minoritaires soient-elles, juste pour créer au sein des territoires des "green zones" où non seulement un niveau correct de sécurité au quotidien est assuré, mais surtout, la crédibilité de ce fait est suffisante pour donner de la visibilité à quelques années sur les perspectives de pouvoir y vivre décemment, toutes choses qui ne coûtent pas cher et dépendent avant tout de la volonté politique. Mais là on retombe avant tout dans la nature même de ce conflit et, côté israélien (mais y'a un clair problème aussi côté palestinien), l'absence de volonté politique globale d'un accord satisfaisant avec une entité territoriale et politique palestinienne viable. Je ne dis pas qu'il n'y a pas une partie significative de la scène politique israélienne qui y serait prête, et même enthousiaste à cette idée, juste qu'en terme de volonté globale de l'Etat israélien (soit le résultat de la confrontation entre les diverses forces animant les décisions de l'Etat israélien), cette volonté ne peut exister en l'état et encore moins être suivie d'actes. Et tout dépend pourtant avant tout d'Israël puisque c'est Israël qui est en position de force absolue, et se trouve donc en position d'avoir quelque chose à sacrifier (un peu, soit avant tout une certaine tolérance aux roquettes qui font au final peu voire pas de mal), des ressources et de la marge de manoeuvre. Vu l'état d'au moins une grande partie de la population palestinienne, avoir dans certaines zones, pour commencer, une autorité bâtarde de palestiniens qui s'apparenterait à une sorte de protectorat israélien (donc des "collabos" aux yeux de certains) ne poserait pas d'immenses problèmes si (et seulement si) la sécurité et un niveau de vie correct peuvent rapidement y être installés. Vu la taille de ce "théâtre d'opération", c'est assez faisable et pour pas cher. Mais tout tient là à une volonté politique.
  16. Merde alors, c'est comme si Israël ne voulait pas que l'autorité palestinienne parvienne à édifier des forces de l'ordre (internes: de la police) même vaguement capables de tenir debout :P, qui l'eut cru :lol:?
  17. Comme le cas du Nicaragua, mais à mon sens, il faut aussi remarquer quelque chose: ces structures en sont arrivés à un point où ils commençaient à ressembler à des Etats en termes d'organisations et de structures localisées, "en dur" en quelque sorte, opérant ainsi, en langage clausewitzien, une concentration qui était en fait prématurée au regard de leurs moyens comparés. L'évolution le long de cette échelle des moyens, organisations et tactiques est une chose, la réussite n'est cependant pas acquises, de même que le choix de brûler les étapes et le fait de faire des conneries ne sont pas des choses impossibles, très loin de là. Il faut néanmoins remarquer que de tels mouvements peuvent réussir (le Vietminh l'a fait, entre autres), que les Etats ne sont pas une chose acquise définitivement, loin de là et surtout à notre époque, et que le danger de l'action de nombreuses organisations, de même que leur impact, est bien réel et souvent dramatique, et ce à une échelle croissante. De ce point de vue, le cas sri lankais que tu mentionnes me semblent plus une connerie des Tigres qui ont voulu pousser le bouchon plus loin qu'ils n'en avaient les moyens, soit une erreur d'évaluation et de choix stratégique, un développement prématuré en somme. C'est d'autant plus saisissant que nombre des organisations peuvent n'avoir pas besoin de pousser jusqu'au développement de type étatique classique pour affaiblir durablement, voire mettre à bas, localement ou dans l'absolu, l'Etat auquel ils s'attaquent, ce que des groupes mafieux atteignant une certaine dimension démontrent en conservant le mode d'organisation pratique de leur "structure" de décision aligné sur le modèle de cellules et centres mobiles peu facilement trouvables, localisables, donc destructibles. Chose rendue encore plus dure par leur action de terrain: la population se tourne plus vers eux que vers l'Etat, démolissant toute source de renseignement et de légitimité de celui-ci. Sans compter que nombre de tels acteurs peuvent n'avoir pas pour objectif la destruction/le remplacement de l'Etat visé, seulement leur installation durable et une zone/population de contrôle.... En ajoutant le facteur de peser dans la décision étatique via des moyens divers: chantage à la violence et/ou violence effective (dans un quartier, une région, sur des personnes ciblées, des entreprises....), corruption de grande échelle, voire même introduction d'hommes totalement "à eux" dans le système. Ainsi, ils pèsent directement sur la décision étatique de leur faire la guerre et/ou sur la conduite des opérations si elle est lancée. Et contrairement à nos Etats administratifs séparant à outrance les domaines d'action et spécialisant chaque tâche et sous-tâches en autant de métiers, corps et chapelles, ces organisations conçoivent bien plus la stratégie, donc la politique, comme un tout, où les volants sociaux et politiques, entre autres, sont utilisés en complète coordination et continuité du volant de la violence.... Pour des résultats politiques bien plus réels: ils ne peuvent pas (encore?) se confronter à des divisions blindées.... Mais ils n'en ont pas besoin pour obtenir ce qu'ils veulent. Ils sont bien plus efficaces stratégiquement, et le temps joue pour eux. Ces méthodes ne sont pas que des méthodes: elles correspondent aussi à une culture différente, des objectifs différents et des réalités différentes. Le Mexique ne la joue pas Gengis Khan juste parce que ça ferait pas bien dans les journaux et qu'on a "pas les couilles" de faire ça: nous sommes dans des sociétés développées et dans le cas d'un Etat démocratique où la légitimité n'est pas compatible avec de telles actions. Ce n'est pas une question de principes abstraits: un Etat démocratique qui ferait ça verrait d'un coup des sécessions et insubordinations en masse, des refus d'obéir de la part d'une bonne partie des forces de l'ordre, des mouvements de masse, des grèves de l'impôt.... Les USA ont entamé leur guerre d'indépendance pour bien moins rude qu'une telle politique d'anéantissement, et ce sont des exactions de très petite échelle qui ont fait franchir le pas de la violence à l'opinion américaine, exaspérée par les impôts et l'absence de représentation, mais plus que largement loyaliste pourtant. Et ce à une époque moins "timide" que la nôtre sur les moyens du maintien de l'ordre. Un Etat par le peuple et pour le peuple ne tiendrait pas s'il envisageait seulement d'agir ainsi. Et pour mémoire, les Mongols ne faisaient que prélever un tribut et n'ont jamais obtenu durablement une assise de contrôle des populations de leur empire (rien que l'échec des invasions du Japon rappelle la désobéissance délibérée des sujets chinois de Khubilai Khan); leur empire n'a pas duré, et eux se sont toujours perçus comme extérieurs aux populations contrôlées qui le leur rendaient bien et se sont soulevées sans arrêt.... Alors même que la domination mongole a définitivement ruiné l'Asie centrale et la partie orientale de la Chine qui ne s'en sont en fait toujours pas remis. Une telle façon d'agir correspond à des populations de pillards ne cherchant pas la durée ni même la prospérité, surtout de sociétés sédentaires: les mongols ne comprenaient pas et méprisaient les économies et sociétés sédentaires, et plus encore, comme de nombreux groupes similaires, ne concevaient pas la postérité d'une conquête, qui était le fait d'un individu. A la mort d'un roi, les cartes étaient redistribuées, et ses conquêtes divisées parce que comprises comme une propriété privée de sa personne (même pas de sa famille), comme les sociétés germaniques qui succèdent à Rome en occident (à ceci près qu'elles ne massacraient pas beaucoup, voire très peu ou pas du tout, cherchant le consentement des populations "envahies" auxquelles ils se sont vite assimilés). Et à mon sens, tu raisonnes trop comme si les Etats dans leur puissance et leur rôle restaient des constantes équivalentes alors qu'il me semble que justement, notre époque accélère leur relativisation en tant qu'acteurs, surtout dans certaines régions où c'est à un point tel que l'Etat est de plus en plus théorique (en Afrique subsaharienne notamment). Le cas du Mexique est exemplaire en ce que la puissance militaire de l'Etat consacre surtout l'impuissance de l'Etat qui ne peut utiliser ce genre de moyens contre sa propre population, et pas juste parce que c'est pas correct et que ça fait mauvais genre ;).
  18. Regarde les Talibans: aujourd'hui, et ce depuis 2006, ils n'ont fait qu'accroître la qualité de leur entraînement militaire, tant au niveau individuel qu'à plusieurs échelons collectifs jusqu'à une équivalence du niveau bataillonnaire, développant parallèlement la capacité de mener des opérations complexes et coordonnées sur le plan tactique/manoeuvrier jusqu'à cet échelon, avec une efficacité assez bluffante. Ce qui s'ajoute avec leur niveau stratégique/opératif qui a appris à penser la guerre en fonction d'objectifs réalistes conçus et menés dans le temps, lesquels sont déclinés en actions concrètes, notamment militaires. Les guérillas, guerres révolutionnaires, conflits indépendantistes locaux.... Ont souvent un objectif "national" et politique qui les conduit, sur la pente de cette évolution, à s'orienter de plus en plus vers des formats et modes d'action militaire "classiques" (concentration, moyens et organisation d'armées de fait; le Vietmin est l'exemple type de cette ascension), mais la domination absolue des Etats développés sur ce niveau "symétrique" de conflit a conduit à une adaptation. Mouvements et organisations peuvent d'autant plus se cantonner à un échelon divers de cette évolution que de nombreux savoirs-faires, matériels et technologies sont aujourd'hui d'accès facile, voire très facile (l'exemple des téléphones portables, internet et réseaux sociaux est édifiant) et autorisent des capacités importantes, et souvent très suffisantes pour obtenir les résultats politiques voulus. Surtout à une époque où les armées modernes peinent à s'adapter (surtout de façon cost effective) réellement à ces environnements de conflictualité, du moins au-delà du spectre tactico-technique, le moins utile et le plus cher. Et là ce n'est qu'envisager le spectre des mouvements révolutionnaires, idéologiques et indépendantistes; il faut y ajouter les mouvements criminels (mafias, piraterie, bandes armées, pillards....), les potentats locaux (seigneurs de guerre), les grandes entreprises et la nébuleuse de contractants militaires qui va avec.... Peu de choses sont foncièrement nouvelles dans le principe de ces organisations diverses, mais l'affaiblissement de l'Etat dans de nombreux endroits (principe, légitimité, moyens, solidité interne, capacité de projection de force en terme de capacité politique à imposer sa volonté), la démocratisation de certains savoirs-faires et matériels/capacités (entre autres par le moindre différentiel technologique entre civil et militaire dans de nombreux domaines, la surspécification militaire inadaptée à beaucoup de types d'adversaires, le libre accès à nombre de moyens de communication) et l'explosion incontrôlable des des profits illicites et licites (détenus en propre ou détournés) bénéficiant à ces organisations, ont fait que ce qui est nouveau consiste en la dimension de leur capacité de nuisance, surtout au niveau global (en les considérant en cumulé ET dans tous les coins du monde). Cette menace nouvelle est présente partout, à divers degrés et sous diverses formes, et la capacité à l'endiguer diminue aussi bien en relatif qu'en absolu, et l'impact est toujours plus réel sur tout le monde via l'interpénétration croissante des économies et l'explosion des échanges (même si évidemment certains pays, certaines régions, sont infiniment plus touchés). En termes de volumes globaux et souvent locaux de capacité de financement, d'impact direct et indirect sur les économies et les sociétés (grands trafics, dont avant tout la drogue, contrefaçons, dont avant tout les médocs....), de capacité de nuisance et de coût de "traitement" (politique, diplomatique, militaire, économiques, sociaux....), on ne parle plus de quelques petites nuisances mineures qu'une fraction (généralement la plus mal vue et dotée) des forces armées et policières étatiques peuvent gérer, en étant vue avec condescendance (la "poussière navale", les militaires "assitantes sociales" et autres clichés débiles). Certaines de ces organisations ont de buts purement financiers, d'autres ont des objectifs idéologiques "globaux" (religieux, idéologiques, politiques), d'autres des objectifs nationaux, d'autres encore des ambitions plus locales (féodalisation de certaines régions, indépendantismes).... Mais tous se rejoignent sur 2 points: - la menace globale et cumulée qu'ils représentent, ainsi que, pour certains des plus nuisibles/importants, la déstabilisation de zones données importantes pour tous (points de passages d'axes commerciaux, zone de ressources cruciales ou leur voisinage) - les modes d'action armée qui, au final, ne sont pas si nombreux et sont tous partie d'une échelle d'évolution que ces organisations peuvent gravir sans nécessairement viser le dernier échelon, celui de l'armée moderne étatique telle que nous la concevons. Au final, le terrorisme n'est pas un phénomène particulier, mais juste un de ces échelons, un mode d'action tactique visant un résultat politique maximal avec des moyens très limités. Vrai pour l'instant, mais l'armée mexicaine ne peut pas et ne veut pas mener une guerre d'anéantissement sur son propre territoire, ce qui est un peu une contradiction dans les termes de sa raison d'être. Et surtout, vu la tendance actuelle des finances mexicaines et du contrôle effectif de territoire de l'Etat mexicain, qui dit que celui-ci pourra encore financer une armée dans 10 ans? L'une des principales raisons pour laquelle un groupe comme Las Zetas a pu se former et atteindre aujourd'hui la dimension de vrai potentat contrôlant une part du territoire mexicain, populations comprises, est précisément la désertion initiale de nombreux soldats sous-payés et surqualifiés qui ont par la suite continué à recruter dans leurs ex-unités une fois un premier niveau de fortune atteint. Et quel besoin ces organisations auraient de pouvoir anéantir une ville? Eux veulent en prendre le contrôle et s'y implanter comme autorité légitime, ce qu'ils ont fait dans de nombreux endroits (ils ont même leurs propres programmes télés!): villes et régions sont leur base, où d'ailleurs ils font une police très efficaces, notamment antidrogue (vendre la came, c'est hors de la zone de contrôle), et leur confrontation avec l'Etat mexicain, leur stratégie, c'est avant tout sur le mode des termites qui rongent l'édifice de l'Etat, dans ses moyens, son contrôle, et, partant, dans sa légitimité, choque dont ces groupes dits de "3ème génération" ont désormais les moyens à grande échelle: budgets d'armement, programmes sociaux et économiques, campagnes médiatiques et culturelles, crédibilité et légitimité auprès de populations entières, renseignement, corruption des autorités légitimes.... Les masses de cash qu'ils ont leur donnent beaucoup de marge de manoeuvre au jour le jour ET dans la durée, mais plus encore, ils pensent mieux et plus grand que les narcos d'avant: emploi sélectif de la violence (mais quand elle est utilisée, ça fait mal et ils le font savoir), savoirs-faires poussés, formation individuelle et collective (c'est plus des petites frappes avec un mac-10), équipement de haut niveau, coordination, stratégies pensées, maîtrise du terrain à tous les niveaux. Et tout ce qu'ils gagnent, c'est autant de perdu pour l'Etat mexicain (ou d'autres): l'Etat mexicain s'affaiblit (par leur action et pour d'autres raisons) et a peu de marges de manoeuvre, et eux se renforcent. Si l'impôt ne rentre plus dans de nombreux endroits, c'est autant de moyens en moins pour un Etat qui est par ailleurs toujours à flux tendus question finances. S'il avait pu mieux payer ses soldats, même d'unités spéciales, en serait-il là?
  19. Il y a beaucoup de surexploitation de ressources, et une grande part faite en pur gâchis, comme la filière bois en est un exemple (le Brésil a le même problème: jusqu'à 70% des bois coupés ne servent à rien). Mais pour le pétrole, le gaz et les autres ressources amenant beaucoup de cash, des économistes ont pointé depuis une dizaine d'années que ce que la Russie pompe comme fric dans ces dividendes et royalties n'est pas réinvesti dans la prospection et surtout l'amélioration de l'appareil de production et de distribution/transport de ces matières, ce qui est une contrainte forte dans de tels secteurs d'activités dont les grandes entreprises doivent investir énormément en permanence. Et la Russie procède ainsi depuis 20 ans: le retard accumulé dans l'investissement commence à se payer et se paiera très cher dans les années à venir, amenant une baisse importante du cash généré. Ce fait s'ajoute à la surconcentration des richesses dans les mains d'une oligarchie de fait qui détourne beaucoup de ces profits pour ne pas les réinvestir du tout dans l'économie, ce qui constitue un autre handicap pour l'économie russe à terme, avec son corollaire qui est l'absence d'un Etat de droit (mauvais pour le business en ce qu'il limite les capacités d'anticipation économique et les certitudes que donne un Etat de droit et un environnement des affaires aux règles correctes et appliquées). Les guerres se sont le plus souvent faites entre pays ayant de forts intérêts imbriqués: ceux avec qui on ne fait rien on quel intérêt ;) :lol:? Allemagne (s) et France ont toujours été le meilleur client l'un de l'autre, et ça n'a pas empêché les sentiments.
  20. Je commence ce sujet suite à l'actualité du fil sur les cartels mexicains et la féodalisation de fait du Mexique que leur ascension a entraîné, afin de donner une perspective historique au renouveau d'un ancien phénomène qui n'a jamais réellement disparu, à savoir la détention et l'utilisation de moyens authentiquement militaires par des entités privées, des organisations non étatiques, des groupes mafieux aussi bien que terroristes (voire à cheval sur les 2), des bandes armées, des autorités de type "traditionnel".... Loin de se limiter à des groupements et organisations visant l'indépendance de leur région ou de leur pays (ou ce qu'ils estiment tels), ce phénomène concerne en fait une immense nébuleuse révélatrice en premier lieu d'une seule chose, l'affaiblissement relatif de d'Etat en tant que concept aussi bien qu'en temps qu'organisation humaine capable de maintenir l'ordre dans sa zone théorique de contrôle, et ce dans beaucoup de régions du monde. Et ce fait est plus que largement encouragé par la "mondialisation" des échanges et la dépolarisation de la carte de la puissance: expansion des moyens de financement, accroissement exponentiel du volume global des trafics et activités plus ou moins illicites, aggravation de l'interpénétration des sphères économiques criminelles et légales.... Mais peut-être plus encore explosion du marché de la "sécurité" et de la disponibilité d'armements et de technologie permettant d'aller au-delà de la violence à petite échelle et de conduire de vraies opérations, et en fait de vraies stratégies militaires pensées et menées dans la durée. Plus encore, au final, et l'histoire récente de la nouvelle génération de gangs mexicains le montre, la "mise en circulation" en larges volumes de savoirs-faires proprement militaires, du plus petit échelon au plus vaste, témoigne d'une "démocratisation" sauvage de la capacité à faire ce qu'il est désormais légitime d'appeler la guerre, bien au-delà du simple niveau de violences criminelles locales. Capacités de commandement, coordination et contrôle, structures d'entraînement de haut niveau, du niveau individuel jusqu'au niveau bataillonnaire (ou équivalent) dans de nombreux cas, capacité d'action à longue distance, capacité de penser la guerre/l'action, impact au niveau politique (ultime et en fait seul critère d'utilisation légitime du mot "guerre"), capacité de saturation des moyens des forces "légales et légitimes", vastes ressources, contrôle local et régional, capacité de renseignement de haut niveau, influence au niveau des gouvernements en place.... Ce n'est évidemment pas une nouveauté et n'a jamais réellement disparu, même si on en a perdu l'habitude en France depuis la disparition définitive du droit, ou plutôt du fait, de guerre privée en 1653, avec ce dernier soubresaut dévastateur que fut la Fronde, après lequel l'Etat devint le seul détenteur légal, légitime ET de fait des moyens de la guerre. Pour simple piqûre de rappel, il convient aussi de dire que l'Empire romain, du moins l'occidental (mais avec lui la conception de "l'orbis" romain) est mort de cette violence privée (bandes armées et "contractants" militaires), et non d'un adversaire étatique, une violence privée dont la capacité d'action à l'échelon politique s'était mise à croître au point d'atteindre des capacités militaires de grande échelle. Bien au-delà du phénomène en renouveau du mercenariat et de ses multiples aspects qui donnent à des contractants de guerre des moyens de pression et d'action politiques (qui sont assez fréquemment utilisés à divers niveaux et de diverses façons, du lobbying au purement criminel en passant par l'action semi-indépendante), ce sujet concerne en fait tous les aspects actuels, passés et à venir de la violence professionnelle, guerrière et non étatique: son niveau qualitatif et quantitatif, sa capacité de nuisance, son rôle déterminant dans ce qui est appelé "les nouvelles conflictualités", et l'impact qu'elle a et aura de plus en plus sur le monde. Le "monopole de la violence légitime", et avec lui le sous entendu implicite de l'absolue domination de cette capacité de l'Etat à la violence, a t-il vécu?
  21. Comme le signalait un des pères fondateurs américains et justement le rédacteur principal de la Déclaration d'Indépendance et de la Constitution, à savoir Thomas Jefferson: - les amendements sont faits à la base parce que la Constitution n'est pas parfaite - les constitutions, il faudrait en changer tous les 20 ans pour pas trop que les personnels politiques prennent d'habitudes Et comme le faisait remarquer un commentateur américain dans un talk show il y a encore quelques semaines, si les pères fondateurs revenaient aujourd'hui, leur première remarque sur la constitution serait sans doute "vous utilisez encore ce vieux truc" :lol:?
  22. Puis faut voir le bilan récent des USA: la guerre du Vietnam, la guerre d'Irak II (le retour du fils de la vengeance :-[) et la guerre d'Afghanistan ont sans aucun doute enrichi Boeing, Lockheed, Halliburton et un tas d'autres, mais elles représentent des pertes pour les USA en tant que pays, et ce pour des gains géopolitiques nuls au mieux, et en fait aussi de ce côté là des reculs. Les conflits mondiaux ont avant tout représenté une perte pour les Européens parce qu'ils ont été, comme l'a signalé Gally, des guerres totales contre des adversaires de même type (même gamme de richesses, de niveau de développement et de moyens employés, de forme d'organisation....) et tous voisins: il y a donc la double claque d'avoir à dépenser pour une guerre à grande échelle impliquant tous les moyens des nations, et de faire ça sur son territoire. Le tout avec l'optique d'une guerre totale qui n'envisage rapidement que la capitulation sans condition (afin de prévenir tout relèvement rapide de l'adversaire) quand ce n'est pas son anéantissement pur et simple. Avec cette 2ème couche qui est celle de la dimension de ces Etats: assez voisine, donc il faut mettre tout en jeu. Les USA n'ont fait que de la guerre expéditionnaire, qui plus est à un seuil nettement en deçà de leur taille: à aucun moment les guerres mondiales n'ont impliqué une mobilisation totale de leurs moyens et de leur nation. En plus, ils sont entrés en cours de conflit, en se faisant d'abord le fournisseur officiel des compétiteurs :lol:. Mais faut pas oublier que si on parle de "puissance" au sortir des conflits (sujet épineux.... Sur lequel il y a un sujet dans la partie histoire ;) :lol:), c'est avant tout un comparatif: les USA peu atteints, sont à comparer à des Européens qui, au sortir de la première guerre mondiale, sont saignés quasiment à blanc, endettés et tout pleins de problèmes, et après 45, sont réellement ravagés et ratiboisés. Ils laissent beaucoup de places que les ricains sont alors largement en mesure de remplir.
  23. J'ai quand même l'impression depuis un bail que France, Grande Bretagne et Allemagne, ainsi qu'Italie et Espagne, alignent quand même le format de leurs forces sur un modèle quantitatif très similaires, du moins en termes de nombres de pions de manoeuvre terrestres, aériens et navals (avec évidemment des spécificités nationales): autour de 8 brigades terrestres (pour un équivalent d'une vingtaine de bataillons d'infanterie "standards" en moyenne), une douzaine de destroyers/grosses frégates, 200 avions de combat réellement en ligne, l'équivalent de 4 bataillons de chars....
  24. Il a même été jusqu'à 10% du budget de l'Etat dans les premières années, celles des travaux lourds (drainage du site, nivelage de la colline, fondations, construction des grands corps de bâtiments, aménagement de la ville de Versailles, installation du domaine et des jardins....), mais ça n'a pas empêché l'Etat de connaître des finances assainies et -fait rarissime- excédentaires pendant plusieurs années (en fait jusqu'à la guerre de Hollande), le pays de connaître une expansion économique sans précédent, la population de croître à vitesse grand V en faisant plus que compenser les ravages de la guerre de Trente Ans, de la Guerre franco-espagnole et de la Fronde.... En terme d'impact sur une population nationale, c'est moins que peanuts. La démographie a des périodes, c'est tout, et la plupart des nations européennes ont connu leur transition démographique: baisse rapide de la mortalité -surtout infantile- en raison de facteurs précis (urbanisation, défrichement agricole à grande échelle, paix dans les frontières d'un pays, stabilité politique -qui accroît la capacité à se projeter dans l'avenir-, développement technique, multiplication des axes de transport, "optimisme" et nuptialité....) dans le même temps qu'un maintien de la fécondité à son niveau (celui d'une population habituée à une forte mortalité infantile), voire une augmentation temporaire. La phase suivante, c'est l'adaptation du comportement natalitaire aux nouvelles conditions, sauf pour les pays qui ont encore de l'espace à peupler (espace = possibilités de développement/expansion économique à moindre coût, donc accessible aux plus humbles, possibilité pour les villes de s'étendre sans trop impacter le coût du logement....). Quand les comportements sont implantés dans une génération, ils mettront 2-3 générations à changer pour s'adapter au nouveau contexte économique. La France de l'après période révolution-empire avait des comportements natalitaires issus d'un siècle de transition démographique, soit la "phase" démographique dans laquelle les autres pays d'Europe continentale sont entrés à ce moment, sauf l'Angleterre qui avait commencé dans le dernier quart du XVIIIème siècle (et dont l'expansion démographique s'est ralentie bien avant celle de l'Allemagne). Le XIXème siècle a été celui d'une grande stabilité intérieure pour les grands pays européens (pas tous, mais la majorité), conjugué à une période de développement industriel, sanitaire et agricole sans précédent (effet multiplicateur). La France avait passé ce stade nettement plus tôt, et les lois sur la proporiété privée et la transmission, surtout dans le monde agricole (encore nettement majoritaire) ont, infiniment plus que les faiseuses d'anges, encouragé le contrôle (l'autocontrôle) des naissances pour limiter la dispersion des patrimoines familiaux et limité l'accroissement de population, de concert avec le passage à la phase suivante d'une transition démographique. L'expansion démographique de la France au XIXème siècle est assez concentrée dans les zones urbaines et industrielles, même en enlevant l'apport de l'exode rural: ce sont ces zones où la natalité est plus élevée face à des campagnes qui baisent moins :lol: bien plus qu'elles ne recourent au service après vente des faiseuses d'anges.
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