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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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Et ça se faisait en quoi? En maillot de bain, en treillis ou en équipement complet? La vitesse de natation sans poids supplémentaire et sans trop d'épreuves avant dépend en grande partie du rapport poids puissance, que des femmes entraînées peuvent maximiser. Mets ça en revanche dans un contexte de mission de guerre, avec déjà du crapahutage avant, un tas d'équipement sur le dos, du crapahutage après, de l'infiltration, la mission elle-même, le chemin du retour (donc pas mal à s'économiser avant cela), les imprévus, le stress à tout moment.... Le tout sans se défoncer parce qu'il faut garder la tête froide et toute son attention sur le taf. Et dans ce tableau, chaque minute qui passe pompe sur la réserve qui elle est unique, et, la nature l'a fait ainsi, se trouve plus importante chez les hommes que chez les femmes, surtout quand on tape dans le haut du panier question sélection génétique (les personnels FS ayant tendance à rarement représenter le glandu moyen, mais plutôt à faire partie des 10-15% de tête d'une population à bien des égards). Une compète de natation révèle quoi? Qu'il y a de bons sprinters et sprinteuses, de bons nageurs et nageuses pour se tirer la bourre. La guerre est un sport un peu plus complet. Je suis sûr qu'un de mes potes nage plus vite que la plupart des membres du commando Hubert; ça veut pas dire qu'il sait et peut faire le dixième de ce qu'ils savent et peuvent faire, et surtout pas qu'il peut aussi nager plus vite qu'eux s'il doit le faire dans les conditions de travail de ces gars.
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[Belgique]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Jojo67 dans Politique etrangère / Relations internationales
Et c'est inadmissible en Belgique de rendre la chose progressive, ou de faire des taux/taxes spécifiques pour le haut du panier? -
:lol: Attention quand même: le Huffington Post, dirigé par Arianna Huffington, n'est pas vraiment un truc très neutre (attention euphémisme), et sa patronne, après avoir été une conservatrice dans les années 90, est maintenant une "liberal" pur jus, qui ne donne pas souvent dans la nuance (à juste titre dans bien des cas). Comme souvent aux USA, elle instruit à charge :lol:.
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C'est vraiment un sujet de merde..... :-[ :-X, désolé, quelqu'un devait la faire (si, si, je vous assure): j'ai honte et je suis déjà loin, mais ça devait être dit :lol:. De même que les trucs comme "petite cause, grands effets", "the Navy's going down the drain", "carriers flush the money away".... Et bien sûr, "avec la crise, c'est la merde pour la Navy" :-X. J'ai honte, mais j'ai honte :-X. Un oubli: le nom du PA en question.... "Démarrage en fanfare pour le Georges H Bush" .
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Et la "règle" pour le contrôle effectif d'un pays, c'est d'avoir au minimum (aucune victoire garantie) des troupes représentant 5 à 7% de la population, soit dans ce cas, un effectif plancher de.... 4 millions d'hommes.... Nope, personne peut envoyer ça. Résultat, il s'agirait nécessairement -scénario de guerre réellement totale, donc nucléaire, à part- d'opérations limitées pouvant inclure: - du bombardement des grands centres urbains, noeuds d'axes de communication et autres cibles importantes - de l'occupation de têtes de ponts et zones données, sans réelle possibilité d'expansion de ces zones - d'opérations de contrôle/nettoyage dans les hinterland de ces zones choisies - de raids type FS ici et là Et à quel intérêt correspondraient des stratégies limitées à ça? Qu'est-ce qui justifierait les dépenses et coûts (incluant l'impact sur les flux commerciaux, le Vietnam étant désormais un acteur économique réel) énormes de telles opérations et les faibles résultats à en attendre? Parce qu'au vu des effectifs réellement déployables essentiellement par les USA, y'a pas de quoi faire autre chose qu'un coup de poing: certainement pas de quoi prendre la direction du pays pour en faire un satellite US.
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Surtout que premier souci: quel volume les USA plus les alliés (si on prend les mêmes qu'à l'époque, donc l'équivalent de 20% du contingent US au mieux) peuvent envoyer aujourd'hui? Sachant en outre qu'ils n'auraient pas le volume supplémentaire procuré par l'armée sud-vietnamienne. Pour occuper le pays, ça donnerait quoi? Que dalle: les US pourraient au plus maintenir 250 000-300 000h en siphonnant toutes les autres marges de manoeuvre dont ils disposent (contre 550 000h en 1968, point haut de la guerre du Vietnam, plus 100 000 alliés extérieurs, plus autour d'1 million d'hommes dans l'armée du Sud Vietnam, plus les forces de police), soit pas vraiment de quoi tenir un pays de cette taille, de ce relief et ayant cette démographie. Même les centres urbains n'ont rien à voir avec ceux des années 60, certains étant des métropoles immenses, donc incontrôlables à moins d'y avoir des effectifs majeurs en permanence (donc non dispo pour le reste). Le problème là est que partir du point de vue de 2011 implique de trouver la raison du conflit et de déterminer ses circonstances, faits qui amènent à rappeler que les déterminants du résultat d'une guerre ne sont pas les gadgets et outils utilisés, mais les volontés en présence et la pensée et l'organisation qu'elles mettent en place. A contrario, le Vietnam actuel n'est pas non plus celui de l'époque: même s'ils ne sont pas des occidentaux urbanisés pour une grande part, les Viets ne sont plus les masses quasi fanatisées et endurcies par des décennies de difficultés qu'ils étaient dans les années 60, et leur leaders ne sont plus l'oncle Ho, Giap (même s'il est encore vivant) et d'autres, tout comme l'atmosphère n'est plus à la résolution nationaliste/anticolonialiste/communiste incroyable de cette époque. Sinon, autant dire que la motivation moyenne du soldat français actuel est celle de 1792 ou de 1914 . Et l'armée vietnamienne n'est pas non plus l'outil qu'elle était alors, aboutissement et incarnation de la volonté nationale, ensemble aguerri par une pratique constante de la guerre pendant plus de 20 ans, acceptant n'importe quel niveau de pertes, se contentant d'un bol de riz, voyant des volontaires ramasser le premier fusil tombé pour se lancer à l'assaut ou à l'entraînement. Je suis pas du tout dans un trip "tout pour les forces morales", mais là, il y a quand même des déterminants qui existaient dans le conflit précédent qui ne sont plus là aujourd'hui. Et ils sont loin de se limiter aux seules forces morales. Qu'en pensez-vous?
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La "politisation" est en fait un terme à prendre avec des pincettes en ce que ces groupes, dans le cas du Mexique, n'ont pas de programme politique global national au sens où nous l'entendons communément, mais ont soit des convictions sur certaines "valeurs" (comme cela semble avoir été le cas dans le gang dit "la familia") soit les mettent en exergue pour un besoin bien senti de contrôle social au niveau local/régional, accordant dès lors leurs intérêts purement pécuniers avec les besoins d'une communauté humaine donnée, généralement au niveau d'un quartier, d'une ville ou d'une région, réalité humaine qui nécessite une gestion complexe impliquant des investissements et un suivi dans les domaines sociaux, économiques, culturels.... Le résultat final étant qu'ils assurent ainsi une mainmise sur des entités territoriales et deviennent de ce fait des acteurs politiques que j'aime à appeler "féodaux" en ce qu'ils deviennent de fait les dirigeants de zones géographiques données et entrent dans le jeu politique, souvent quand l'Etat est défaillant ou insuffisant dans certains secteurs, ou n'est carrément pas réellement à la hauteur dans des régions entières. De ce point de vue là, ils deviennent des autorités de substitution, renouvelant l'offre politique par un système d'allégeance alternatif à l'état, simplement par le cash et l'activité qu'ils génèrent et qui leur donnent la marge de manoeuvre nécessaire pour remplir l'espace laissé vide par l'Etat. Avec le temps, ils deviennent une partie du paysage "normal", ce qui se traduit entre autres par ces phénomènes tels que la "culture narco" dans laquelle grandit une partie de la jeunesse mexicaine: ils ont leur imagerie, leur culte.... En fait, ils disposent ainsi d'une forme de légitimité. Attention, après la chute officielle de l'empire d'occident (qui à l'époque fut un non événement), l'empire romain est bien vivant, et a sa capitale à Constantinople, et ce jusqu'en 1204, et cette légitimité romaine se double de celle de la papauté qui dispense encore nombre d'honneurs et de survivances romaines dont le poids politique est lourd jusqu'au XIIIème siècle. Les Capétiens, par exemple (et onc tout ce qui est encore Bourbon ou Orléans aujourd'hui), ont ainsi bénéficié d'une authentique reconnaissance "romaine" dès les origines: les Capétiens, dès avant Hugues Capets, quand ils étaient encore les Robertiens, furent des "Dux Bellum", Rec Francorum", "homme excellent", "magister militum".... Et les carolingiens ont fait leur ascension comme maire du palais des Mérivingiens via cette reconnaissance officielle de leur pouvoir de fait qui a fait la légitimité de Charles Martel, de Pépin le Bref et, en apothéose, de Charlemagne. Sur un plan cynique, mais aussi au final en partie prosaïque, on peut dire que nombre d'Etats, sinon tous, sont nés de groupements d'individus qui ont su et pu rassembler le plus grand nombre derrière eux; mais pour ce faire, ils ont du acquérir du pouvoir pour être en position de gérer des populations de façon plus "responsable". Il n'est pas d'activité qui soit plus difficile que celle de réunir beaucoup de monde pour une cause commune et de maintenir cette communauté dans le temps. Si bien qu'on peut dire que beaucoup d'Etats, sinon tous, sont nés de "mafias" qui ont réussi et duré. Les autres, celles considérées comme criminelles, sont celles qui sont restées à un stade de développement moins avancé (et peuvent s'y cantonner éternellement) ont ont tout simplement foiré (si elles avaient d'autres buts) ;).
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Pas exactement: Cosa Nostra est née de petits contractors offrant leurs services de protection armée dans les exploitations agricoles autour des grandes villes siciliennes, en fait l'agriculture maraîchère (les célèbres oranges de Sicile entre autres, liées dans l'imaginaire à la maffia), dont les productions se vendaient très cher et autour desquels existaient des luttes (aller dégommer la production du voisin pour faire monter les prix et tuer la concurrence). Rapidement, ces bandes se sont concentrées (union ou élimination), créant un marché de la "sécurité" qui devint bien souvent plus puissant que ses employeurs, forçant souvent ceux-ci à louer leurs services sous la menace, puis se mêlant (par mariage, rachat et/ou acquisitions agressives des productions), enrichissement oblige, à cette petite (et moins petite) aristocratie terrienne et à la bourgeoisie locale elle-même souvent très liée à des réseaux de sociétés secrètes type "carbonari" qui baignaient littéralement dans le bain politique local et national. Bref, les contractors montés en grande accroissèrent leurs intérêts, leurs zones de contrôle, leurs domaines d'activités légaux (marchés publics, négoce, agriculture et transformation) et illégaux ("impôt" pour la protection sur les commerces....), leurs cercles de relations (Eglise, patronnages religieux et sociaux, aristocratie et bourgeoisie, classe politique....) pour s'implanter durablement dans le paysage. La féodalité européenne est née, du moins en occident, de l'union progressive de la "caste guerrière" (l'aristocratie des groupes de tribus dits "germaniques" -qui ne l'étaient qu'en partie) et de la noblesse terrienne gallo-romaine, en même temps que l'acculturation rapide des nouveaux venus se faisait (et que les populations locales prenaient beaucoup de caractères de ces peuples). Mais le fond de la naissance est avant tout guerrier, et correspond à la société d'ordres, de castes, à la répartition de la société en grandes fonctions dans lesquelles on naît mais qui, jusqu'au début du XIIIème siècle, sont encore très perméables les unes aux autres. Pour la note, je ne crois pas qu'une seule famille aristocratique en Europe puisse remonter assez loin pour trouver un soldat romain dans ses rangs: tout au plus les Capets (Robertiens avant que le patronyme capet apparaissent), les Mortemart, Rohan et quelques autres, peuvent parfois remonter jusqu'aux alentours des VIème-VIIème siècles et à la haute aristocratie franque dont beaucoup recevaient des titres romains de la papauté et/ou de l'empereur byzantin. Clovis était ainsi "magister militum per occidentes" (en gros "général des armées de l'ouest"), "magister equitem" (maître de cavalerie: pareil que le précédent, mais en plus classe :lol:), "Dux bellum" ("chef de guerre", "dux étant un grade de l'armée romaine tardive), "homme excellent et insigne" (c'est un statut reconnu, le 3ème plus important dans la titulature romaine) et rex francorum ("roi des Francs": reconnaissance romaine du titre "tribal" des rois et princes "barbares"). A noter que le titre de "roi" était dans la titulature romaine le moins important de tous (une royauté barbare étant peu de chose aux yeux des romains). Mais il est clair que l'acceptation négociée des Francs dans l'espace gallo romain par les élites locales (les Francs ont en fait pas tant "envahis" qu'ils n'ont été appelés) correspond à l'ambition de ces élites, à un certain rejet du centre romain lié en partie au défaut de sécurité donné par Ravenne (capitale impériale de l'ouest) qui laissa de plus en plus, à partir de la fin du IVème siècle, la préfecture des Gaules à elle-même et à ses forces propres sans envoyer les corps de réserve palatins du centre en renfort. Face aux effectifs importants des Alamans, Alains et autres, les Francs, en partie intégrés (une partie était implantée depuis la moitié du IVème siècle dans le nord est des Gaules) et de toute façon romanisés et en contact depuis longtemps avec les élites locales (voire mêlés à elles), apportaient des contingents formés immédiatement disponibles qui donnaient à la moitié nord des Gaules la masse de manoeuvre nécessaire pour se protéger et rendre les coups.
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Amérique latine : l'armée en guerre contre les cartels de drogue
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
Dans l'absolu oui, c'est une dépense, mais la question est de la rapporter à une efficacité mesurée autant qu'il est possible, et c'est là justement que les multiples études sur le sujet de la part d'organismes très différents ont abouti à des conclusions unanimes: la "war on drugs" est une dépense aussi faramineuse qu'inutile, l'ensemble prévention-désintox a une efficacité certifiée sur les populations de "consommateurs", et encore plus si on sort la majijuana de l'équation. Légalisée, elle cesse d'alimenter les populations carcérales en effectifs importants et pas vraiment dangereux pour la plupart -chose qui coûte cher, surtout avec les prisons privatisées aux USA- et surtout cela fait disparaître toute une infrastructure criminelle (les réseaux de production, de blanchiment et de distribution de majijuana, interpénétrés avec les réseaux de drogues dures). La pub sur tous types de support (exposition consciente et inconsciente), le bruit et autres nuisances, les contraintes de la vie urbaine, le fait de devoir aller à droite à gauche à toute berzingue et dans un environnement urbain lui-même stressant.... L'attention est captée à tout moment par mille et un trucs (la plupart inutiles et non recherchés) dans les grandes agglomérations, le contact est permanent, les niveaux moyens de stress trop élevés par rapport à ce pourquoi l'organisme est fait. Cumulé sur des années, c'est une réalité médicale et psychologique déterminante. A des niveaux moins contraignants, tous facteurs confondus.... Les concentrations de population, c'est la même chose, mais en surmultiplié, par le simple effet quantitatif. Que l'être humain soit souvent un enfoiré nombriliste à la cambrousse ou en ville, c'est un fait, mais la grande ville est caricature ces phénomènes et en multiplie les occurrences, dans un nombre d'heures par jour qui est le même où qu'on se trouve. Et pour être prosaïque, en terme de mesure d'impact sur une population nationale, les populations rurales ne sont plus statistiquement importantes dans les pays développés :-[.- 635 réponses
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Pour l'instant, on en est encore au stade de la consolidation du secteur de la sécurité, les SMP et autres boîtes disposant de gros bras armés tendant à se regrouper et à s'addosser à de grandes structures capitalistiques type compagnies d'assurances. Ce qui est quelque part plus inquiétant, c'est cette branche de l'intelligence économique qui donne dans le renseignement, l'opération cradasse.... Ce sont de vraies capacités de services secrets dont disposent désormais toutes les grandes boîtes, et vraiment pas que pour le renseignement. Analogie historique: le Japon féodal, quand la caste montante des samouraïs (en fait des contractors locaux et régionaux) s'est d'abord de plus en plus mêlée à la noblesse provinciale pour poursuivre sa "concentration" et sa hiérarchisation au point de se mêler en partie à la noblesse impériale puis de finir de la supplanter en établissant le premier shogunat. De même pour les Turcs débarquant dans le califat abasside, ou en fait les Goths et autres tribus germaniques ou iraniennes supplantant régionalement et impérialement (en s'y mêlant aussi) les élites impériales romaines.... Les contractors, quoi....
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Petit délire pour imaginer ce qui pourrait être réellement fait face aux terribles restrictions budgétaires dans toute l'UE, aux perspectives aléatoires et aux problèmes politiques entre Etats membres, surtout au sein de la zone Euro. Et petit délire où on cherchera à éviter le débat des europhiles et eurobéats contre les alter-européens :lol:, eurosceptiques et europhages. Le point est: quels scénaris de gestion, organisation et commandes en commun vous semblent compatibles avec l'UE telle qu'elle est et semble devoir rester pendant encore longtemps, mais pour autant nécéssaire face au manque de sous? Clairement, les Etats, surtout les Etats comme la France et la Gibi, mais aussi l'Espagne et l'Italie dans une moindre mesure, ainsi que l'Allemagne pour d'autres raisons (avant tout de politique intérieure et de politique industrielle), ont encore besoin et intérêt à des politiques d'équipement et/ou d'emploi de leurs forces qui soient purement nationales, une "res publica" européenne n'existant pas: pas de société civile européenne, pas de débat européen, rivalité/concurrence inter-étatique, consensus encore nationaux, perception des intérêts nationaux primordiale, donc politique extérieure -et définition et usage de l'armée- fait pour s'y accorder. Mais l'argent pose problème, et nombre d'Etats, si ce n'est tous, en sont au point où il n'est plus question de sabrer des régiments et autres unités, mais bien de perdre ou de garder des capacités entières, donc d'avoir à choisir quelle capacité d'action extérieure on ampute! Le seul point de l'uchronie est de partir du principe qu'une conférence au sommet est décidée pour rationaliser au mieux ce qui peut l'être tout en gardant à l'esprit que chacun, en tout cas les plus grands, voudra garder son armée, la plus complète possible et donc sa politique extérieure (seul scénario probable aujourd'hui). Dans quelle mesure cette rationalisation peut autoriser des économies réellement importantes qui soient aussi compatibles avec cette volonté politique de rester autonome dans son action? Quels différents scénaris peuvent en sortir?
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Waterloo, victoire française ! Vraiment ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Suchet dans Histoire militaire
Dans le dernier Science & Vie / Guerre et histoire, ils avaient un truc sur ce point en particulier: la Bérézina en elle-même est effectivement une victoire française, et même une victoire stratégique en fait puisque l'enjeu, c'était l'anéantissement total des forces françaises en Russie ET la capture de Napoléon et du trésor impérial. Un enjeu dont la conséquence eut été la fin quasi immédiate de la guerre. Le tout au milieu d'une défaite stratégique française, la campagne de Russie dans son ensemble, dont l'impact a retourné l'échiquier européen en affaiblissant durablement l'Empire (meilleures troupes drainées; les moins renouvelables), mais aussi en donnant le temps aux autres puissances de se préparer, de se retourner, et en leur montrant un échec majeur de Napoléon (une défaite en bataille, c'était déjà arrivé, mais là c'est autre chose). Mais la Bérézina, c'est quand même un truc important au niveau stratégique et tactique. Qu'entends-tu par "prématurément", et sur quelle partie du centre adverse? Le centre français était occupé par la grande batterie, qui mine de rien prend de la place donc ne peut réellement laisser passer des effectifs conséquents. Et au centre droit, ce fut le corps d'Erlon qui partit le premier, et c'était l'offensive qui aurait du être décisive mais a foiré dans des circonstances où les Anglais ont eu vraiment du bol (indiscipline d'Uxbridge, confusion des bataillons de tête dont la panique a entraîné le retrait désordonné du reste du corps, principalement en raison du terrain segmenté). Le centre gauche, là où la Moyenne Garde lancera sa dernière offensive avec 5-6 petits bataillons (beaucoup trop faible face à la concentration ennemie et au 2ème échelon belge qui sauvera pourtant ce secteur), est trop étroit pour engager des effectifs importants. Et le temps que le corps d'Erlon avance puis échoue, puis dégage le terrain et se remette un peu en ordre, que la cavalerie anglaise se fasse étriper, mine de rien, les Prussiens ont déjà concentré leurs premiers échelons sur le flanc droit et la réserve commence à s'aiguiller là pour soutenir le tout petit corps de Lobau. C'est aussi le moment où les grandes charges de Ney commencent, sans appui d'infanterie puisqu'il commence déjà à ne plus y en avoir de dispo (c'est le moment où, devant une demande de Ney en fantassins, Napoléon s'énerve en disant "il veut que je lui en fabrique?"). C'est un peu HS, mais je me demande ce qui se serait passé si Napoléon avait pu tourner le flanc de Wellington les jours précédents, après avoir dispersé l'armée prussienne, et se retrouver entre lui et les ports de Flandres: Wellington n'aurait plus eu son intendance hyper abondante dont l'armée anglaise ne pouvait se passer (c'est de loin la plus dépendante des armées d'Europe), et aurait vu son principal souci stratégique coupé de lui. Sans possibilité de faire sa jonction avec un Blücher encore en train de réorganiser son armée (même si le vrai tournant de cette campagne fut la rapidité de ce fait, 2-3 jours avant la bataille, c'était pas réalisé), surtout si un ou plusieurs corps de surveillance français avaient été chargés de presser et bloquer, l'Anglais aurait été contraint à l'offensive d'urgence, ce que les circonstances de ses campagnes n'ont jamais exigé (sauf avec une supériorité stratégique et numérique énorme en 1814), lui rendant la tâche infiniment plus facile qu'à ses adversaires. Là, il aurait morflé. -
Y'a quelques mois, y'a même eu une polémique parce que les industriels foutaient jusqu'à 40% de graisses ajoutées dans les pots pour bébé, en plus des surdosages en sucre.... Les ricains sont travaillés au corps dès le berceau: born to be obese!
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Pire encore: on ne parle pas ici de pizza "à l'italienne" (et on oublie, quel que soit le type de pizza, avec quels ingrédients et quels procédés elles sont faites), mais de pizza à l'américaine, avec la pâte huileuse à la farine surtraitée (plus c'est traité, plus c'est complexe à décomposer pour le foie), avec une triple couche de fromage bien industriel (très saturé en graisses ajoutées pour faire volume, et en produits divers) par dessus: à poids égal, elles sont 1,5 à 2 fois plus caloriques, et pas dans les bons aspects (pas beaucoup plus de protéines et sucres lents, beaucoup plus de lipides et sucres rapides), et accroît démesurément l'apport de protéines animales dans l'alimentation quotidienne déjà très saturée en la matière aux USA. Sans oublier 2 tendances bien américaines: - le surdosage, qui est un facteur d'addiction en plus d'en être un d'obésité et d'alimentation déséquilibrée.... "Is there anything better than a slice of pie (la tarte est un objet sacré aux USA)? Two slices of pie" :lol: - les ajouts en sucre et/ou sel dans absolument tous les ingrédients de la bouffe industrielle: pour rendre plus addictif! Et ça fausse le sens du goût: tout ce qui n'a pas ces surdosages semble plus fadasse, ce qui entraîne la fuite en avant dans ce type de bouffe.
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Amérique latine : l'armée en guerre contre les cartels de drogue
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
My bad :-X.- 635 réponses
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Amérique latine : l'armée en guerre contre les cartels de drogue
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
La dissuasion/peur de la punition existe néanmoins, et doit exister, de même que le fait de devoir écarter les vrais éléments criminels de la société pour longtemps voir toujours. Il est aussi assez généralement constaté que les "vrais" criminels ne sont pas récupérables ni réinsérables, ce pourquoi il faut insister sur la distinction criminels/délinquants (de divers degrés, à distinguer et traiter différemment dans des lieux différents) et ne pas laisser les délinquants devenir le pool de recrutement des criminels dans les "académies" que sont les prisons qui, par ailleurs, estampillent à vie même les petits délinquants (peu de perspectives en en sortant, plus un certain ostracisme qui facilite encore plus le retour vers une vie criminelle). C'est d'ailleurs assez édifiant de voir ce qu'était la prison comme concept avant la fin du XVIIIème siècle (et les "idées des lumières" globalisantes, simplificatrices, artificielles, théoriques et sans grande visée pragmatique): elle ne marquait pas tant que ça et ne formait pas des criminels.- 635 réponses
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Guerre civile en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de maminowski dans Politique etrangère / Relations internationales
Hé, la politique extérieure d'un pays n'est ni purement cynique, ni idéaliste: elle est un compromis réajusté en permanence entre les 2. Dire qu'on fait les choses par intérêt est vrai, et c'est NORMAL: personne ne peut sauver le monde à lui seul et s'occuper de soi (surtout un grand pays) est déjà très compliqué, à la limite de l'impossible. Cependant, faut pas verser dans le cynisme facile parce que l'idéalisme/les principes existent aussi en politique étrangère, ne serait-ce que parce que diverses forces souhaitant des actions d'ingérence pour divers motifs non liés à l'intérêt matériel (fric, ressources, sécurité....) existent, et que quand ces forces se structurent et s'activent, elles sont des forces politiques, des groupes de pressions parmi d'autres dont la voix est entendue et dont les décideurs ont besoin à divers titres, ne serait-ce qu'électoraux (décideurs qui ont aussi des passions et restent malgré tout humains). Quand une diaspora agit pour la démocratisation de son pays d'origine, par exemple, c'est un lobby non lié à des intérêts matériels, mais dont l'action impacte la décision politique dans le pays d'accueil. Surtout si cette diaspora est organisée, nombreuse et/ou riche. De même pour tout groupement autour d'une cause. Après, il faut se confronter à une réalité pratique: a t-on les moyens de faire une intervention? Si la réponse est non, tout ce qu'on peut faire, c'est pointer du doigt le pays à problème, le garder sous les spotlights.... Quitte à parfois passer pour des bonnes consciences larmoyantes qui parlent fort et agissent peu (c'est le corollaire), mais on peut pas tout faire partout, et vu l'état des forces armées actuellement, on peut même pas faire beaucoup dans beaucoup d'endroits. Ca veut pas dire qu'il faut rien faire du tout. Mais garder ses intérêts à l'esprit et agir pour eux, ça a quoi de mal ou d'hypocrite? C'est le devoir premier d'un Etat, et l'un des grands plus des Etats démocratiques est que l'action humanitaire et/ou pro-démocratique, aussi teintée d'intérêts matériels soit-elle, fait aussi partie des intérêts de l'Etat. Y'en a pas tant que ça sur terre où ce soit le cas. Mais on a un peu facilement tendance à dire que si on n'a pas une action extérieure entièrement désintéressée, c'est qu'on en a une uniquement cynique, "néocolonialiste" et rapace. -
MRE et autres rations de combats
Tancrède a répondu à un(e) sujet de marc Boudon dans Demandes d'articles
Ce peut-être un compromis avec les républicains face aux risques de grogne sociale importante (aider, mais discrètement), et qui se trouve facilité par le recours à un fournisseur militaire qui déguise la chose et/ou soutient des fournisseurs de fonds de campagne (surtout aux républicains). Ou une tentative de conquête de bailleurs de tels fonds par l'administration Obama qui, rappelons-le, est en campagne depuis un an (le mandat, c'est 2 ans de gouvernement et 2 ans de campagne, mais 4 ans de levée de fonds de campagne :-[). Peut-être est-ce à mettre au compte de la récente polémique sur un volet de l'aide sociale, y compris aux militaires, qui a vu Obama être qualifié par les conservateurs type FoxNews de "President Food Stamps" (président tickets d'alimentation) vu l'augmentation -et les essais d'augmentation- de l'aide alimentaire aux USA, par ailleurs vivement critiqués par les candidats à la candidature républicaine, Michelle -l'abrutie délirante- Bachman en tête qui balançait ses débilités sur la "self reliance", disant/citant que "qui ne travaille pas n'a pas le droit de manger" :-[.... De la surenchère démagogique en campagne dans le paysage républicain actuel.... Rappelons pour mémoire qu'une bonne partie des effectifs des forces armées américaines dépend des "food stamps" dans beaucoup d'Etats américains, en plus de l'accroissement de la population qui en dépend à demeure (dont une bonne partie bosse en collectionnant les temps partiels cumulés). Donc une commande surdimensionnée de MRE est-elle tout simplement une extension de l'aide alimentaire qui ne dit pas son nom, obtenue par compromis "acceptable" pour les républicains désormais majoritaires au Congrès et conscients de la grogne sociale même s'ils ne peuvent mécontenter leur base électorale? -
Guerre civile en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de maminowski dans Politique etrangère / Relations internationales
Apparemment, des déserteurs membres de "l'armée syrienne libre" auraient tiré sur un bâtiment des services de renseignement (enfin un des services de rens syriens :-[). -
MRE et autres rations de combats
Tancrède a répondu à un(e) sujet de marc Boudon dans Demandes d'articles
Ils prévoient des difficultés d'alimentation sur le sol US et achètent en conséquence? Il faut rappeler que les MRE existent en formules dites "humanitaires", destinées aux populations civiles en cas de catastrophes naturelles, désastres humanitaires, camps de réfugiés.... Ou alors les sociétés produisant les rations bénéficient d'un coup de pouce pour maintenir l'emploi. C'est quelque chose dans ce goût là, ou alors les USA prévoient une opération massive et encore pour l'instant hyper secrète :lol:. -
Amérique latine : l'armée en guerre contre les cartels de drogue
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
Ben c'est bizarre, mais dans ce domaine, et l'exemple américain (mais aussi l'anglais, pays dont ce fait est une triste spécialité) le montre de manière caricaturale, l'existence de cours d'éducation sexuelle et de campagnes d'informations fait chuter plus que drastiquement le nombre de grossesses chez les ados, les ramenant à des proportions normales/incompressibles. Les Etats ayant des taux records (en relatif) et absolument hallucinants (en absolu)? Ceux de la Bible Belt, où l'abstinence est prônée (et décrétée la meilleure méthode: c'est vrai qu'interdire de baiser à des ados, c'est facile :P) et l'éducation sexuelle condamnée. C'est pas parce qu'on a envie que la punition fasse de l'effet qu'elle en a dans la réalité, c'est ce que les multiples études sur le cas de la "war on drugs" ont fait plus que montrer. Qu'il faille enfermer (ou buter) les criminels hardcore, personne ne le niera, mais ils représentent un effectif faible; traiter les délinquants en criminels et étendre trop largement la définition de "délinquant", là c'est garantir leur maintien et leur progression dans la société criminelle. La prison n'éduque pas, hors quelques cas individuels qui fournissent à l'occasion quelques histoires édifiantes mais restant anecdotiques. Là, le problème touche à la loi des grands nombres, et pour celle-là, ça défrise peut-être les conservateurs américains et d'autres, mais le duo prévention-désintox est le seul QUI MARCHE! Comme le disent les ricains: you don't argue with results. Consumérisme, surinformation, sollicitation permanente de toute part, stress et rythme de la vie courante, toxicité de l'environnement urbain et domestique, mode d'alimentation, absence d'exercice en quantité suffisante, isolement de l'individu, solitude, jugement social, contraintes des normes sociétales, monoparentalité et éclatement familial, nombrilisme/individualisme.... Non, c'est pas dire bonjour au voisin qui changera grand-chose; là, c'est de l'ordre du voeu pieu. On est pas calibrés pour vivre en agglomérations de millions d'habitants, surtout avec le rythme de vie moderne.- 635 réponses
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Amérique latine : l'armée en guerre contre les cartels de drogue
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
Yep, c'est une évidence désormais: le mode de vie urbain moderne est profondément incompatible avec l'être humain, et le sera de plus en plus. Il y a de sérieux changements sociaux à faire. Mais en attendant, prévention et désintox sont le meilleur moyen, si appliqués correctement et à grande échelle, pour faire très mal aux traficants et diminuer plus que sensiblement la demande. Ca ne résoudra pas le problème, mais ça en diminuera drastiquement l'ampleur, et de là le coût à tous égards pour la société. Ca restera un phénomène important, et les traficants seront encore des entités puissantes, mais quand même plusieurs catégories en-dessous. Parce que là, on en est au point où les Etats américains frontaliers du Mexique se font mexicaniser sur pas mal d'aspects (corruption, populations dépendantes de ces activités et formant un terrain "ami" pour les cartels....), pas forcément de façon encore spectaculaire, mais ça commence comme ça, et à un moment où l'Etat américain n'est pas au mieux de ses marges de manoeuvre, ni au mieux de son consensus social ou du contrôle effectif de certains pans de son territoire (les gigantesques agglomérations comme les zones rurales isolées.... Sont un terrau favorable).- 635 réponses
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Waterloo, victoire française ! Vraiment ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Suchet dans Histoire militaire
A ceci près qu'ils arrivaient en ordre dispersé via un chemin étroit et semi boueux au travers d'un bois dense: si le tondu avait pu n'avoir qu'eux sur qui se concentrer à partir du milieu de l'après-midi, ils auraient dérouillé sévère en se faisant bloquer à la sortie du dit bois, après écrasement facile d'une tête de pont (les premières unités ayant pu se concentrer) qui s'est révélée en revanche ingérable dans la bataille telle qu'elle s'est déroulée vu l'effectif limité dédié au début à la protection du flanc droit (et par la suite renforcé par paquets, mais à moindre rythme et avec moins de réserves que les Prussiens). -
Evidemment, le hardware est un détail: ça compte, mais c'est pas l'essentiel, et c'est pourquoi j'insistais plus sur la diffusion de plus en plus large des savoirs-faires et la disponibilité de personnels qualifiés (par corruption/désertion, ou plus prosaïquement par la croissance du secteur des contractors, plus ou moins régulé selon les pays). Ce qu'on a pu voir, par exemple dans le cas de groupes narcos, c'est la montée d'opérations coups de poing, de vraies opérations spéciales, parfois très loin des bases (type les cartels sur le sol ricain, et en uniforme ricain). Et faut pas se leurrer non plus: le killcount ne précise que rarement le niveau de qualification des morts, et il est quand même probable que la majorité soient des petites mains et glandus armés qui forment pour l'instant encore les gros bataillons des grandes organisations criminelles. Mais ce sont des organismes qui s'adaptent très vite, évoluent sans cesse, et où la proportion de professionnels de la violence militaire ou militarisée a radicalement augmenté ces derniers temps. Et ils s'organisent aussi, et dans beaucoup de cas, savent opérer en "unités" coordonnées (mais surtout se coordonner au niveau "stratégique/opératif"); n'oublions quand même pas que dans les grandes opérations, l'attaquant a toujours l'avantage parce qu'il n'attaque que quand il a pris ses renseignements et s'est préparé en conséquence, cherchant le moment où il surprendra sa cible et la massacrera. Si deux unités spéciales purement militaires s'affrontaient, elles ne le feraient pas "au champ d'honneur", mais en cherchant à surprendre avant tout, à attaquer l'adversaire quand il a son froc baissé. Et là, super-soldat ou non, l'attaqué crève vite, et en nombre, dans la plupart des cas (ou alors il a trompé l'attaquant et préparé un piège, et là c'est l'attaquant qui morfle dur avec un différentiel de morts énorme). Les mondes des PMC et du crime, de même que celui du terrorisme/des groupes politiques violents, sont éminemment interpénétrés: la Russie, par exemple, fut et reste une grande pourvoyeuse de personnels qualifiés, et vraiment pas que pour les Etats. Quand on voit la "démocratisation" de domaines comme la guerre électronique, y'a de quoi se poser des questions. Mais le grand danger de tous ces acteurs non étatiques au final tient effectivement à une montée de leur capacité à la violence organisée mais aussi de la croissance de leur taille et importance au niveau mondial, entre autres via leur impact sur l'économie, la politique, la société: pas ces domaines pris séparément, mais l'ensemble de ces choses qui, au final, sont des outils au service de volontés, de stratégies, avec des décideurs qui savent souvent s'en servir de façon coordonnée. Et pire encore, c'est une menace globale: un Etat un peu solide peut évidemment traiter une organisation de ce type, aussi vaste soit elle. Mais 10, 20 ou plus? Qui opèrent pour des raisons et dans des activités différentes, dans des lieux différents, avec des temporalités et des logiques différentes? Sachant en outre que celles qui agissent dans d'autres pays impactent aussi le dit pays, de même qu'elles impactent les partenaires de ce pays et donc les flux commerciaux, les rentrées fiscales, nécessitent des mesures de sécurité sans cesse renforcées tous azimuths (et donc coûteuses)? Alors même que les Etats modernes sont quand même confrontés à des défis assez maousses dans leur champ d'activité normal? Ca fait lourd et cher à gérer pour des Etats dont globalement les moyens, relatifs et/ou absolus, baissent par rapport aux besoins.
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Waterloo, victoire française ! Vraiment ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Suchet dans Histoire militaire
Sur le plan de la bataille stricto censu (évitons le what if sur la campagne, il est sans fin), c'est même le résultat le moins probable qui a eu lieu. Wellington était prêt à rembarquer au moindre prétexte ou résultat un peu aléatoire, et son premier objectif stratégique (dictant toutes les priorités) était de préserver à cet effet les axes de retraite vers les ports de Flandres (dans le cas de Waterloo, ça donne le fait de préserver la route de Bruxelles comme premier objectif). L'armée anglaise n'était pas vraiment excellente (cavalerie bien montée et artillerie bien équipée, mais les 2 peu qualifiées, infanterie peu mobile et manoeuvrière, et loin des mythes de solidité et de compétence que la Waterloo industry a ultérieurement produit), et représentait l'élément le moins mobile des alliés, stratégiquement et tactiquement, l'outil le moins souple et adaptable. Sans compter la posture anglaise fondamentale qui était d'être prêt à lâcher le terrain et à laisser faire les alliés en toute occasion. L'armée de Wellington est en plus disparate (l'élément britannique ne comptant que pour 1/3, le reste étant fait d'Allemands, de Hollandais et de Belges), ce qui a peu compté dans une campagne aussi courte, mais aurait plus impacté une campagne longue, surtout une aux mauvais résultats; même pendant la bataille (et dans son récit après), ces dissenssions se voient (et le rôle des Belges et Hollandais y fut trucidé alors qu'ils ont sauvé l'armée anglaise). Les 2 tournants majeurs de la journée: - l'échec de l'offensive du corps d'Erlon, au début de l'après-midi, contre toute attente (et pour des causes vraiment infimes), le moment où la bataille s'est installée dans la durée - l'arrivée des Prussiens peu après, en paquets croissants, qui bouffent toute la réserve française et empêchent de continuer l'offensive de façon suffisante A côté de ça, on trouve aussi le fait de porter l'effort sur Hougoumont qui a drainé un peu trop de troupes, mais ces troupes ne représentaient pas forcément la masse de manoeuvre suffisante pour percer au milieu. Et surtout le fait de n'avoir pas attaqué assez et le plus tôt possible la Haye Sainte, dont la prise en fin d'après-midi a pourtant montré, pendant quelques instants, que quelques canons là-haut pouvaient anéantir le centre gauche anglais (les concentrations de carrés derrière la contre-pente). Cette position aurait du être anéantie au canon dès le début et ses décombres nettoyés au plus tôt; là, une partie des réserves drainées par Hougoumont a manqué (même si la chose a quand même été réalisée sans).