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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Non, les accidents arrivent; mais par simple jugement quantitatif, il est plus prudent de partir du principe qu'il dit des conneries, ça donne une bien meilleure chance d'être dans le vrai :lol:. Et puis y'a quelque chose avec ce gars: s'il dit qu'il pleut, y'a cette envie irrépressible de ne pas prendre de parapluie.... Encore une fois le coût strictement opérationnel de l'action armée n'est rien, le vrai coût est ailleurs. Et les "avoirs libyens" qui compenseraient, c'est quoi? On a saisi des trucs qu'on ne rendra que s'ils nous filent plein de contrats? Ca marche pas comme ça, ces procédures, et encore moins dès lors qu'on a reconnu officiellement le CNT comme interlocuteur légitime.
  2. J'en ai fait, et pour la note tu proposes rien sinon de dire que tout est merveilleux et qu'il suffirait juste d'une pincée de ci et d'un zeste de ça (en employant des termes très vagues pour les ingrédients) pour que la perfection soit atteinte. Les fantasmes ne tuent personne.... C'est marrant, quand on décrit une réalité simple, y'en a toujours pour vous traiter de pessimiste ou d'opposant à tout :P (c'est la tactique Copé sur un plateau télé: on pointe une énormité qui mérite un débat qui aurait du avoir lieu y'a 20 ans, et il répond toujours "c'est pas constructif cette attitude" :P); je statue un fait, rien d'autre. Et ce fait est simplement que le lobbying est une force politique énorme, anti-démocratique, déformante, qui teinte le jugement des députés européens parce qu'entre autres ils n'ont aucun moyen d'expertise autonome sur aucun sujet, et que cette force politique accroît la seule ligne qui marche pour l'UE à savoir l'inertie du laisser-faire, toute politique réellement volontariste et sortant du credo religieux du libre-échangisme n'a aucune chance de rassembler le moindre embryon de majorité ni même d'avoir le droit de s'exprimer, étant forcément rejeté d'emblée dans les limbes du nationalisme étroit voulant créer une "forteresse europe" :P et sans doute rétablir le nazisme et la guerre. Et dès lors qu'on critique un dysfonctionnement européen, ça ne fait pas de vous un "anti-européen", avec un truc dont j'ai réellement RAS LE BOL, c'est ce systématisme des anathèmes et des réactions du tout au tout: " si tu critiques, t'es contre tout", "si t'es pas chaud pour le blanc, c'est que t'es noir" :P..... Etre contre une bonne partie (sinon toutes) des politiques européennes ne fait pas forcément de quelqu'un un anti-européen. Etre contre l'UE telle qu'elle est et fonctionne ne fait pas de quelqu'un un anti-européen. Lancer des anathèmes en "anti-européanisme", c'est condamner toute diversité d'opinion, voire toute pensée critique d'emblée puisqu'apparemment, ne pas croire à l'UE, pointer du doigt ce qui fait qu'il n'y a pas d'intégration et qu'elle est peu probable, montrer l'évolution de l'attitude allemande, la disparité des espaces et situations économiques, l'alignement atlantiste et le refus d'Europe puissance/politique dans la très grande majorité des pays européens.... Pointer ces choses du doigt, c'est être, apparemment au sens large "anti-européen". Ouaaaah, fin du sujet, voyons le suivant. Et ne pas croire à l'idée d'une Europe unie avec 27 membres ou plus, c'est pas être anti-européen, c'est juste avoir les yeux en face des trous.
  3. Oui, apparemment, l'URSS et ses centaines de divisions, son apocalypse nucléaire et son couteau entre les dents, l'Oncle Sam, l'OTAN, toussa, ça a pas l'air d'être vraiment la cause première (et de TRES loin) de la paix, de même que le souvenir des guerres, l'épuisement, la réaction démocratique au dictatures.... Non, apparemment, c'est la CEE qui a tout fait. En oubliant aussi au passage que l'Europe était avant 14 et avant 40 son premier marché, que France et Allemagne étaient le premier client l'un de l'autre depuis.... Toujours. Et que ça n'a jamais empêché les sentiments :lol:.
  4. C'est bien le problème, et il est alimenté par la force politique du lobbying qui accélère cette inertie sans contrepartie. Les intérêts au sein d'un même pays sont éminemment contradictoires, mais ont quelques dénominateurs commun qu'il est PARFOIS possible de mettre au diapason: espérer que l'UE, c'est "la même chose en plus grand", c'est soit naïf, soit admettre implicitement que des régions entières et des pans de populations énormes seront purement et simplement sacrifiés sans contrepartie équivalente.
  5. Y'a des prix? Fifty fifty, faut faire les 2 :lol:; les moyens et ressources sont une donnée, mais le temps aussi. Et le temps rogne la marge de manoeuvre; faut pas non plus se faire trop naïfs en invoquant le besoin de "volonté politique" comme si c'était une matière première miracle qui ne dépendait que des dirigeants eux-mêmes. Ils ne sont pas aveugles et peuvent chiffrer mieux que la plupart les évolutions à venir; mais l'équilibre politique qui tient un pays stable, qui fait fonctionner un système politique, dépend de cette marge de manoeuvre qui est souvent méprisée et classée indistinctement dans cette "politique politicienne" ou "petite politique" qu'il est facile de balayer d'un trait de plume pour ne regarder que la "grande" politique, les grandes décisions qui changent tout et agissent sur les grandes données.... Mais cette "grande" politique n'est que la partie émergée de l'iceberg, et elle est facile à qui a le capital politique pour l'appliquer sans infliger trop de dégâts ou en s'en foutant (c'est le fantasme des technocrates, ou la version Bac+5 du "y'a qu'à faut qu'on".... C'est aussi le ressort des dictatures). Mais à regarder de plus près comment un pays fonctionne, c'est cette "petite" politique, faite d'échanges, de deals, de retours d'ascenseurs, d'arbitrages parfois nauséabonds.... C'est elle qui permet d'avoir un capital politique pour agir. Et c'est à elle en définitive que réagissent le plus les citoyens. Qui n'a pas été un jour observer ce qui se passe dans une permanence de député ne comprendra jamais rien à la politique et donc à ce qui rend possible depuis la base les grandes décisions, et celui-là restera toujours dans l'invocation mi-niaise mi snobinarde des "grandes décisions" et de ce qu'il "faut faire" depuis le sommet. Parce que s'il faut chercher à piger le truc, c'est dans une permanence que ça commence: échange de service contre vote, retours d'ascenseurs, contrats, subventions.... Et de loin en loin, en remontant la pyramide, c'est cet arbitrage à chaque échelon de ce qui est obtenu et de ce qui est du qui crée une marge d'action politique. Ceux qui ne veulent pas comprendre que cet équilibre là est le premier qui compte (et que la stabilité d'un pays repose dessus avant toute autre chose, à moins de considérer le sacrifice de pans entiers de la population et/ou l'usage de la violence), ceux-là sont les militants partisans de niveau national (les "cons" tels qu'ils sont parfois appelés) ou les mesureurs de sexe des anges et causeurs de comptoir. Et pour ça, y'a pas de mystère, à un moment, faut du fric pour huiler la machine. Et c'est pareil dans tous les pays: l'Allemagne n'a rien fait d'autre que faire fonctionner ce truc avec ceux qui, à la base, alimentent les élus de base (en vote, en fric, en soutien actif....), et ceux-là sont les vieux. Depuis les hiérarchies de patronage de la Rome Antique, rien n'a été inventé: il est loisible d'appeler cela du "clientélisme", et de le mépriser, mais à part le réguler, il est illusoire et peu souhaitable de vouloir s'y attaquer. L'électeur de base peut certes avoir un niveau de conscience pour le groupe régional, et un pour le national, mais il en a avant tout un pour son niveau local et surtout individuel: votant en son âme et conscience, il constate surtout que sans corps et intérêt immédiat, aucune n'existe.
  6. "A long terme, nous sommes tous morts", disait Keynes: tout dépend des dites anticipations justement, et donc de ce sur quoi elles se basent, à savoir un vaste ensemble de critères très loin d'être tous quantifiables, et surtout même rationnels. Et ce d'autant plus qu'ils évoluent avec les générations. Autre facteur, "l'humeur", le niveau d'optimisme (la confiance, quoi). A noter aussi que juger du niveau d'anticipation global des acteurs économiques comme de la population est trop abstrait et conduit à des erreurs; selon la taille d'une entreprise, le niveau socio-économique d'un individu, sa situation, son âge (donc cela dépend aussi de l'âge moyen d'une population, ou de l'importance relative de ses tranches d'âge pour affiner une politique pertinente), les anticipations varient du tout au tout. Enfin il faut prendre en compte la base de l'intervention keynésienne qui repose tout connement sur le fait que l'activité crée l'activité, à condition évidemment que la dite activité "impulsée" d'en haut soit calculée de façon juste pour qu'un effet multiplicateur (de la consommation comme de l'investissement) fonctionne vertueusement. Et le potentiel destructeur de ne pas le traiter est aussi tel que.... La question est que de toute façon, refuser d'aborder un débat parce qu'il porte aussi en lui des conséquences dangereuses est le meilleur moyen de ne parler de rien du tout et de ne rien faire du tout; des oeillères, sous prétexte que "la situation est tendue", "c'est une pente glissante", "ce n'est pas le moment", c'est se condamner d'avance, parce que ce n'est jamais le bon moment apparemment.
  7. Non, évidemment, et c'est bien ce que je souligne: pour préserver ce qui est souhaitable, il faut se faire un bouclier pour qu'une épée puisse aussi avoir son sens, parce qu'en attendant, la situation fait qu'on invoque le fait d'avoir une épée affûtée sans pour autant le faire assez, et on se prive de bouclier. Mais en face, il y a des Etats qui se pensent comme Etats non seulement en statique (aujourd'hui) mais aussi en projection à court et moyen terme, et agissent en ce sens en tant qu'entités avec une direction unique. On peut apprécier ou non, trouver les conséquences condamnables ou non, mais le fait est là, et c'est en attendant ce à quoi les pays européens sont confrontés, et il faut bien constater que ça marche salement bien contre eux. Favoriser une partie de la population au détriment d'une autre, c'est différent dans les cas chinois et allemands: la Chine favorise un "tiers utile" au détriment du reste (avec des modulations parfois énormes au sein de ce tiers), l'Allemagne favorise ses vieux rentiers au détriment de la majorité de la population active et des jeunes (disproportion démographique oblige: les vieux actifs et les retraités pèsent en nombre, et encore plus proportionnellement parce que ce sont eux qui financent les partis, eux dont les économies constituent le capital des banques, et eux qui s'impliquent plus en politique). Surtout qu'il n'a été qu'invoqué: aucune déclaration n'a été suivie d'effets. Mais la question n'est pas de choisir entre compétitivité et protectionnisme, juste d'articuler les 2, ce qui dans les 2 cas implique une volonté politique, laquelle, outre ses problèmes et blocages propres, a quand même mauvaises presse en tant que telle dans l'idéologie courante, et beaucoup de freins. Mais il est tout autant démago de blâmer l'étranger que de dire qu'il faut juste s'occuper de nos blocages: l'un ou l'autre pris isolément conduisent à une situation intenable pour une société dite développée (l'adaptation compétitive seule se faisant dans les conditions commerciales actuelles conduira forcément à toujours plus de nivellement par le bas et à un pays à plusieurs vitesses, dont celles du bas absolument invivables et causes de problèmes sociaux et politiques majeurs).... C'est l'un ET l'autre qui doivent être traités. Ben si, en tout cas la moitié de l'essentiel :lol:, mais surtout que le temps de se poser ces questions, c'est toujours un peu plus de marge d'action qui s'envole vers d'autres cieux. Il faut noter à cet égard que la politique, surtout dans un régime démocratique, a besoin de cette marge de manoeuvre pour agir, parce qu'au final, la politique, quel que soit le régime, est toujours un agencement pyramidal d'échanges de services et de fric (sectoriellement et géographiquement) qui a besoin d'une manne à distribuer et faire circuler pour fonctionner et tenir un pays de façon relativement stable. L'alternative à ce fonctionnement calme (qui permet à une économie de fonctionner), c'est la violence: les Chinois manient les 2, nous refusons, et il faut que ça reste ainsi, d'envisager cette 2ème méthode.
  8. Et on se paie le défaut opposé, à savoir l'exposition totale sur un plateau de jeu totalement inégal aux règles plus que biaisées, avec en plus le comportement moyen des décideurs économiques privés (y'a une sociologie des décideurs sur les 40 dernières années, qui est vraiment à faire) qui accroît ce défaut. Et le laisser-faire n'a qu'un temps: d'abord parce qu'en attendant, les places se perdent, les actifs et les atouts avec, les problèmes inhérents au pays s'accroissent et se diversifient (et on en revient pas vite: c'est souvent générationnel et reproductif), ensuite parce qu'est à craindre une réaction inverse qui, quelle qu'en soit la forme, en appellera aux grands ressorts de la démagogie et du repli pour le coup imbécile, improductif et radical. Est-ce tant de la faute des pouvoirs publics? Ils en ont certes une bonne part, mais faut aussi leur reconnaître qu'ils ont perdu beaucoup de leurs moyens d'action et que les autres acteurs du jeu, étatiques ou non, ont pas mal bouffé d'espace. Côté Chinois, on note quand même tous les niveaux du protectionnisme: droits de douane élevés et ciblés, stratégies administratives, normes techniques et sanitaires foireuses (un comble vu ce qu'ils exportent), législation ciblée et volontariste, marchés protégés, préférence nationale sans la moindre "honte", mais surtout, plus que tout, la monnaie comme mode de protection premier. Et ils se sont fort bien accommodés d'un appareil industriel peu adaptable en se dopant à la monnaie sous-évaluée; en attendant, c'est comme ça qu'ils drainent la richesse mondiale (eux et d'autres). Le temps n'est pas neutre dans l'affaire, et il faut pas attendre d'eux une soumission aux "règles immanentes" de l'économie libre-échangiste: au premier signe de rééquilibrage dans un secteur, ils fermeront plus le dit secteur. De l'avantage d'avoir une stratégie générale et de la mettre en oeuvre dans tous ses aspects. Le colbertisme chinois est à mettre à la lumière de la phrase de Staline: "ce qui est à moi est à moi, le reste est négociable".... Saloperie de monétariste :lol:! Ou de la vie humaine.... Un comble pour un système qui dit que sa justification première est l'individu :P!
  9. C'est ce que font les Chinois et tous les pays émergents, et forcément, ça serait un jeu de bascule qui finirait par trouver son équilibre, ce qui est nettement plus faisable tant qu'on pèse encore un peu en tant que producteur et encore beaucoup en tant que consommateur (les Chinois sont encore essentiellement dépendants à l'exportation vers l'occident). Tu réfléchis en absolus; "si on fait ça, c'est la fermeture des frontières en chaîne".... La preuve que non: les pays émergents le font, et on a pas réagi en conséquence, en perpétuation des réflexes, cadres mentaux et attitudes hérités d'une période où on se pensait tellement en avance qu'on était irratrappable, donc que l'ouverture était tout bénef pour tout le monde (à eux quelques masses de miettes, à nous les parts de gâteaux), le tout encouragé d'une part par des élites économiques "déterritorialisées" et fondées sur le profit puremet financier à court terme, et d'autre part par des Etats trop contents de maintenir l'apparence d'un pouvoir d'achat équivalent (produits cheaps) au prix d'une compression ou d'une stagnation des salaires (compensée par l'endettement massif dans certains cas) tout en favorisant les marges de leurs bailleurs de fonds. La Chine et les autres émergents font du colbertisme, et ça roule pour eux (comme ça a roulé pour nous sous Colbert); et on leur fournit même la vaseline en plus de leur présenter une rondelle frétillante. Le business de toute façon se fera, et les rétorsions, inévitables à toute évolution même marginale d'une posture internationale, seront toujours proportionnées à l'aune de ce fait. Mais il faudrait arrêter de voir aussi les mesures de protection, ou un équilibre d'ajustage permanent entre protectionnisme et libre-échangisme, comme étant limités aux seuls droits de douane, précisément parce que le premier agent de protectionnisme, qui est aussi l'objectif en soi du mode de développement, ce sont les normes techniques, sanitaires, sociales et environnementales, le droit de la propriété industrielle et intellectuelle et l'intérêt stratégique (comme justification en soi d'un contingement purement quantitatif) de maîtriser son propre marché intérieur. Ca s'est fait en d'autres temps, et c'est bien ce que font Chinois et autres qui ont bien compris que la maîtrise d'un certain seuil de leur marché intérieur dans tous les secteurs est un objectif et une justification en soi. Leur degré d'ouverture est subordonné à cet objectif premier.
  10. A ceci près que: - la moindre menace austro-française sur cet ensemble rhénan appelait directement l'intervention anglaise et mobilisait la Russie (qui préfèrait voir la Prusse occupée à l'ouest) - en attendant, cet ensemble, ce sont des rentrées fiscales et du PIB qui donnent des moyens très accrus à la Prusse, notamment avec les débuts de la révolution industrielle. Ces moyens donnent un important surcroît de capacités à une Prusse plus capable d'agir sur le théâtre allemand, avec la "rationalisation" de feu le St Empire et l'amorce d'un "espace germanique" au sens politique. La Prusse, dans l'affaire, se tape quand même la Rhénanie et la Westphalie, ensembles importants, et surtout quasiment les 2/3 de la Saxe (celle qui reste est réduite), la Poméranie Suédoise et le duché de Posen, ces 3 derniers ensembles étant en continuité territoriale avec la Prusse qui y gagne autant une profondeur stratégique que des zones développées et peuplées. J'ai pas dit le contraire, juste qu'en 1815, la Prusse bénéficie d'un boost qui lui fait franchir un cap certain en terme de puissance, par rapport à ce qu'elle était avant les guerres de la révolution et de l'empire, et ce malgré l'épisode frédéricien qui, s'il avait facilité certaines choses pour l'Etat prussien, le laissait encore dans la cour des "moyens".
  11. Il préconise d'abord de ne pas penser en absolus, ce qui est la négation même de la pensée: c'est pas parce que je critique le libre-échangISME (comme toute idéologie, il utilise les principes et vertus vagues du libre échange -oubliant les défauts et conditions au passage- pour justifier l'excès outrancier d'une application bigote) que mon idée est la fermeture soviétique des frontières, argument sans cesse balancé par les européistes et libre-échangistes à tout crin qui ne savent pas quoi argumenter d'autre.... "Si c'est pas ce qui se fait actuellement, ça veut dire que c'est la fermeture totale et la mort et le franchouillard béret-baguette et raciste"; pitié sur ces trucs là, Alain Minc et Guy Sorman balancent suffisamment de ces conneries à longueur de temps pour vendre leurs bouquins pleins de vide. Tu veux du Yin et Yang? Ben justement, équilibre ouverture et protection (pas "protectionisme": j'ai une allergie totale aux mots en "-isme" qui impliquent toujours la systématisation imbécile d'idées simples qui en deviennent simplistes et absolues) dans des proportions équivalentes (pas juste "un zeste" comme si c'était une concession grandiose), avec comme arbitre le fait suprême et incontournable de recommencer à se percevoir comme un pays avec ses propres intérêts (immédiat et de moyen terme, donc une pesnée pluri-générationnelle, gravement atteinte par l'individualisme actuel) en tant que collectivité avant toute autre chose. En somme FAIRE EXACTEMENT CE QUE FONT LES CHINOIS! Commercer avec eux, pourquoi pas, mais sur un terrain de jeu égal secteur par secteur et qui permet de garantir pas mal d'acquis qui forment la base de notre modèle occidental, avant tout démocratique (et la démocratie n'existe qu'avec une écrasante majorité de classe moyenne éduquée ayant un certain temps de loisirs, toutes choses interdites par les normes économiques et sociales de fait imposées graduellement par la concurrence chinoise). Dans un jeu de concurrence où on accepte les règles de l'autre, même si uniquement pour lui-même dans un premier temps, de fait ce sont les normes les plus basses qui finissent par s'imposer partout.
  12. Pour moi, c'est pire que tout en ce que cela revient à sacrifier des pans entiers de l'économie au mirage de la montée en gamme perpétuelle, ce qui suppose (comme je l'ai dit plus haut) que les pays émergents se cantonneront aux productions à moindre VA éternellement alors qu'ils ont tous une stratégie de développement multispectre, et surtout que les nouveaux jobs créés en occident, voire les nouveaux secteurs, compenseront les pertes d'activité en volume.... Mais on ne transformera pas une population entière en cadres et ingénieurs ou en techniciens surqualifiés car une économie se doit d'être complète. Le premier coup de semonce est venu dès la fin des années 90, quand les call centers et centres de télémarketing, censés être le "produit de substitution" (avec d'autres trucs) aux chaînes d'usine pour les jobs de moindre qualification, sont allés aussi en Inde, en Chine, au Maghreb et ailleurs: les pays émergents pouvaient et voulaient les jobs d'usine aussi bien que ceux par lesquels on comptait les remplacer. Et ils veulent les tafs d'ingénieurs aussi. Le marché intérieur, c'est pas que les trucs à super VA, c'est aussi la consommation courante, de l'agroalimentaire aux produits pharma-cosmétiques "de base", en passant par l'électroménager à court cycle de vie ou les biens "durables" (bagnoles, électroménager "lourd", matos hi-fi....). Les "services" en général ne sont pas un produit de substitution, ayant par nature en moyenne de très faibles VA avec des marges qui ne peuvent se faire qu'en massacrant sur les salaires. L'un des autres mirages de cette évolution, corollaire de ce phénomène, c'est le mépris pour l'industrie qui a eu lieu en Europe et aux USA. Le tout est encouragé par la rapacité, l'égoïsme (encouragé) et la courte vue des acteurs économiques dont l'évolution sur critères financiers a atrophié toute vision industrielle et raccourci l'horizon de décision au profit immédiat ou de très court terme (moins de 5 ans, soit la durée moyenne actuelle d'un mandat de PDG, le plus souvent un candidat choisi par un CA et qui a un ratio annuel à présenter qui constitue son seul horizon). Face à des pays qui la jouent en tant que pays avec des stratégies de moyens et long terme, l'effet est radical; ils ne sont ouverts que là où ça leur est avantageux et aux conditions qui leur conviennent le plus, et strictement rien d'autre. Dès lors que l'ouverture menacera tel ou tel aspect de leur croissance, ils se fermeront graduellement. Ca me rappelle au final la courte vue des armateurs anglais et français pendant la 1ère Guerre Mondiale: à quantité de navire égale, l'organisation du transport transatlantique et transmanche permis de faire plus que doubler la capacité alliée, et de fait de sauver l'effort de guerre, là où ces "entrepreneurs" clamaient haut et fort, économistes et experts à l'appui, que le système d'individualisme capitalistique était le grand garant de l'efficacité. Ils ont hurlé comme des gorets à l'atteinte à la liberté, clamé l'antipatriotisme d'Etats condamnant l'effort de guerre, puis se sont fait imposer le "diktat" qui a en fait sauvé la guerre. Merci Jean Monnet d'ailleurs, puisque c'est lui qui est à l'origine de cela. Il se retournerait dans sa tombe s'il voyait ce que les dirigeants européens actuels ont fait de la zone économique et du libre échange raisonné qu'il avait en tête pour l'Europe.
  13. Frédéric II a tenté un coup fumant et a fini par empocher une mise correcte, mais si ce fut une réussite, ça n'a pas fait de la Prusse un Etat majeur européen au sens où elle était encore très loin d'avoir la masse critique pour s'opposer même à un seul "grand"; même la qualité de Frédéric II comme chef de guerre ne l'a pas rendu capable de l'emporter systématiquement sur l'Autriche dont les troupes étaient de qualité pour une grande part, et qui n'avait pas que des corniauds à leur tête. A la fin de la Guerre de 7 ans, la Prusse, même aggrandie, reste un Etat de second ordre, et son armée a plus d'illusions sur elle-même que de qualités suffisamment décisives pour en faire un instrument stratégique si déterminant que ça: elle a des qualités, c'est certain, mais elle n'est pas gigantesque, l'Etat prussien est exsangue et reste économiquement moyennement développé, et une bonne part de l'efficacité rencontrée a tenu avant tout à la personne de Frédéric II lui-même et à la configuration stratégique (soutien anglais entre autre, attitude russe, direction nullissime à Paris). En 1815 en revanche, un cap certain est franchi en terme de masse critique pour l'Etat prussien qui a en outre pu se réorganiser aux frais de l'Angleterre pour mettre en place les bases de son outil militaire, chose qu'il n'aurait pas forcément pu faire par lui-même, non par manque de vision ou de volonté, mais de moyens.
  14. Et elle maintient de plus en plus difficilement son avantage comparatif sur les machines outils, secteur qui de toute façon ne compense ni en volume ni en valeur le raz de marée de produits chinois.
  15. L'empire séleucide surtout avait en plus des confins (Inde-Pakistan) qui le mobilisaient aussi. Mais ces Etats ont donc plus que tout manqué de paix, donc de temps, pour consolider une organisation capable de perpétuer le système, apparemment. Apparemment, c'est le moment où Alexandre a beaucoup recruté de locaux, surtout des montagnards, mais plus encore, adapté les troupes macédoniennes à l'environnement: de son vivant même, l'armée se composait et se recomposait en fonction de la tâche: - un corps d'interprètes a été créé pour accompagner les task forces locales, ce qui montre une modulation de l'outil vers des opérations pas forcément uniquement létales (du "win hearts and minds" :lol:?) - des escadrons de cavaliers "démontables", sortes de dragons capables de combattre à pied et à cheval (les demachoi), ont été créés afin de s'adapter à leurs zones d'opération loin de l'armée principale en mouvement - des unités perses d'élite sont créées, surtout dans l'infanterie légère/médiane, pour ces opérations, notamment les mélophores, qui, peu ou prou, calquent leur panel de capacités sur celui des hypaspistes - Perses et Mèdes fournissent des contingents de cavalerie de haut niveau (peuples cavaliers quand même) - il était fréquent de voir les unités de phalangistes lâcher leurs sarisses pour aller, "à la légère", taquiner le montagnard, accompagnés ou non de spécialistes locaux Le fait est qu'une bonne part de ces adaptations permanentes se fondaient aussi sur un matériau de base de haute qualité: l'éducation guerrière macédonienne (plus encore que la grecque en général) était longue et variée, à l'opposé de toute spécialisation monomaniaque, de même que le système des unités et sous-unités homogénéisé par Philippe avait créé un cadre (et l'encadrement qui allait avec, qui n'était plus dans les effectifs des sous-unités et unités) qui se révalait fortement adaptable et recomposable à l'envi, sans doute aussi par la longueur de la mobilisation de ces unités qui avaient à ce stade des années de campagne dans les pattes. Il faut en fait noter qu'Alexandre a rapidement, de fait, 2 armées: la principale qui avance vers l'Inde et recompose pas mal d'éléments en fonction du terrain et de l'ennemi tout en gardant son coeur de métier, et une d'occupation qui se décline souvent plus localement et mêle une proportion plus élevée de locaux à des troupes grecques et macédoniennes elles-mêmes ancrées autour des colonies de vétérans qui s'implantent un peu partout et deviennent, outre des ilôts d'hellénisme, des centres de formation y compris pour jeunes asiatiques. Au niveau "royal/impérial", Alexandre duplique d'ailleurs le système macédonien (avec son articulation de niveaux local et royal) en créant aussi une "académie" à Suse (ou Babylone, chuis plus sûr) où un contingent de 30 000 Perses issus de l'aristocratie est appelé pour recevoir une éducation macédonienne (c'est l'antitagma).
  16. Autre façon de voir: elle ne fait pas (encore) de déficit majeur ;). Autre conséquence de l'idéologie cette histoire là: avoir créé une monnaie qui n'est adapté qu'à une seule économie :P, et qui dont la favorise; une monnaie est l'émanation, la conséquence d'une économie, en même temps qu'un moyen. Tu noteras aussi les excédents allemands dans leur zone de "colonisation économique" en Europe de l'est, situation d'ailleurs autorisée par un positionnement ayant reposé sur beaucoup d'investissements publics pas très regardants sur les notions de libre-échange et de concurrence :lol:.
  17. C'est un peu ça le problème: tout système doit avoir un gendarme, et ce gendarme doit nécessairement être le plus costaud. Pour le commerce mondial, "costaud" est donc non militaire, mais doit représenter une capacité à peser sur le marché suffisante pour être incontournable. Ce que les USA étaient au temps de ce libre échangisme promu comme "facteur de paix c'est comme ça un point c'est tout", surtout parce que les USA étaient en position de force sur TOUS les marchés dans tous les secteurs, avec peu de concurrents. C'est quoi le régulateur aujourd'hui? Le G8, G8+2, G20 maintenant? A 20 pays antagonistes on décide quelque chose? Ce serait nouveau. Une économie de libre échange n'est valable que si les règles et circonstances/conditions sont les mêmes pour tous (donc avec un flic pour les faire respecter), ne variant qu'à la marge. Loin d'être le cas aujourd'hui.
  18. Et toi arrêtes de balancer ce genre de trucs dès que ça va pas dans ton sens ou que précisément faut regarder un peu plus que les gros titres de temps en temps. Quand je visite un pays, j'essaie de lire plus que le prospectus et le guide Lonely Planet, et surtout de sortir de l'hôtel/beach club; la réalité est généralement différente. Justement, et je suis loin d'être le seul à pointer ça du doigt; y'a que les idéologues béni-oui-ouistes du libre échange en Europe qui débilisent à outrance sur ces mêmes arguments depuis 10 ans. Il ne s'agit PAS de détail quand précisément les pays concernés oeuvrent de façon volontaire en visant le maximum d'autosuffisance et se torchent allègrement le cul des "règles" et contreparties présupposées par l'idéologie libre-échangiste, Chine en tête. :lol:Là faut vraiment revenir sur terre: quand ils achètent, c'est uniquement ce qu'ils ne peuvent produire eux-mêmes ou ne pourront produire à un horizon visible, attitude que les pays européens ont totalement abandonnée en espérant le "rééquilibrage". Décrété par qui? C'est pas en répétant ça comme un mantra religieux que ça rendra la chose vraie, et c'est surtout pas en disant que c'est "ou la mondialisation ou le protectionnisme" comme s'il s'agissait de 2 choix, que ça donnera de la pertinence au discours. Pitié, on n'est pas en campagne électorale. Y'a un moment où il faut arrêter de confondre la "mondialisation", nom nouveau pour un fait ancien et quasi-éternel, qu'il n'est pas lieu de contester, vu que ce serait comme manifester contre la pluie, avec l'idéologie libre-échangiste qui est un postulat débilitant et universalisant édicté en un temps autre et des circonstances différentes que des glandus ont jugé éternelles et immuables. L'Allemagne a sacrifié son économie et son marché intérieur aux industries d'exportation (automobile, chimie lourde, machine-outils) qui pèsent moins de 10% de sa population active, une part très minoritaire de son PIB mais une part importante du solde de sa balance des paiements afin de tout faire pour une et une seule chose: la rente de ses vioques, majoritaires et déterminants électoralement. Moins 30% en terme de niveau de vie en une quinzaine d'années: faut le faire, grandiose! Le pays n'a pas d'horizon de moyen terme de par ces conséquences économiques de son problèmes démographique. Regarde leur économie hors secteurs d'exportation, c'est assez atterrant. Et pour la note, la Chine fait tout pour se passer des machine outils allemandes et leur fermera son marché dès lors qu'un niveau d'expertise suffisant aura été développé, tandis que l'Allemagne/l'Europe ne se fermera pas aux biens de consommation, et bientôt aux biens de production chinois: là est la vérité du modèle et la stupidité absolue des libre-échangistes qui imaginent des lois immanentes qui imposeraient des comportements. Faudrait quand même arrêter de fixer sur l'exportation comme si c'était ZE marque d'une pertinence économique: un pays développé est un pays qui maîtrise avant tout son marché intérieur et produit pour lui en premier lieu; un pays qui repose avant tout sur l'exportation, c'est un pays en voie de développement. Nuance. Faut pas encourager les mauvais comportements: la majorité des produits cheaps aujourd'hui le sont pour de très mauvaises raisons: outre le quasi esclavage dans de nombreux pays producteurs, des conditions de vie et de travail qui par l'ouverture deviennent et impose la norme, il s'agit surtout d'une absence de comptabilité réelle. Les vrais coûts de l'énergie, du transport ne sont pas pris en compte (forcément, tout ce qui est normes sociales ou écologiques, c'est des "trucs de gauchistes", pas des trucs de "gens sérieux" :P :-[).... Ils le seront en fin de compte me dira l'autre; peut-être, mais c'est comme le reste, à ce moment, il sera trop tard pour l'économie européenne. Par ailleurs, cette mentalité de tout trouver pour pas cher prend autant racine dans l'écrasement des revenus et du modèle fondé sur un niveau de vie décent pour le plus grand nombre, que dans le consumérisme à tout crin qui ravage les cervelles des pays développés. Un de ces quatre,faudra retrouver le vrai prix des choses. Tu vois, ça c'est le discours tenu dans les années 90: on achète les trucs bas de gamme qui réclament que de la sueur, ils nous prennent les trucs chers à forte VA, et s'ils produisent des trucs d'un segment un cran plus haut, on aura monté en gamme depuis..... Seulement: - Airbus, TGV et autres, c'est bien, mais c'est uniquement le quart supérieur d'une industrie, le très fondé sur la R&D et la haute valeur ajoutée.... Et celui qui n'emploie qu'une part réduite d'une population active. Ceux qui bossaient jadis dans les 3 autres quarts de l'industrie, ils font quoi? Les brouzoufs que cela permettait pour la maîtrise du marché intérieur et un équilibre de la balance des paiements, ils sont devenus quoi? Une population, comme une économie, a besoin d'un spectre COMPLET, pas juste de se focaliser sur le haut de gamme qui ne sera accessible qu'à une partie réduite (tout le monde ne peut pas être ingénieur et personne ne fera passer même la moitié d'un pays à un niveau Bac+5): il lui faut des emplois qui mobilisent de gros bataillons. - faut pas prendre le Chinois et autres pour des cons, ce que cette vision présuppose: eux aussi veulent vendre des airbus et des trucs à forte marge, et plus encore ne plus nous les acheter. Résultat, ils font tout pour en tant que collectif, tant pour le versant "produire par eux-mêmes" que pour le versant "fermer l'accès aux trucs des autres".
  19. Cette seule phrase, d'une rare connerie, invalide tout le reste :lol:: TOUS les pays émergents pratiquent le protectionnisme à un niveau terriblement plus élevé que l'UE, et vraiment, mais alors vraiment pas qu'au niveau des droits de douane. Difficile de prendre cette phrase 100% idéologique au sérieux, surtout avec dans le même article un auteur qui se moque des "alternatives au capitalisme": il délire sur le même niveau de niaiseries. Il n'y a que des nations jouant leur intérêt, qui utilisent les règles qui les arrangent dans de modèle idéologique évoqué par Baverez (fantasme jamais appliqué) et s'asseyent sur les autres.... Ca doit emmerder les gens qui veulent réfléchir en grands systèmes bien organisés....
  20. L'empire séleucide est une exception de par sa seule taille et la variét de ses adversaires, non? Immense, avec plusieurs adversaires majeurs, il doit déjà faire du nombre et avoir plusieurs fronts à gérer en simultané. Mais faut aussi voir qu'il a préservé une part professionnelle (il faut imaginer que ce fut dans la limite des moyens dispo); déjà sous Alexandre, des contingents de dizaines de milliers de jeunes asiatiques venant de chaque satrapie ont suivi un entraînement militaire macédonien, étendant le modèle au-delà de sa base ethnique initiale et amorçant la généralisation du modèle. Par ailleurs, l'empire séleucide a bien du s'adapter à son terrain, sa population et ses distances: plus de cavalerie (nombre de peuples cavaliers) pour couvrir les grands espaces, troupes légères pour l'abondance de zones montagneuses, conservation d'une masse de manoeuvre de type macédonien comme "réserve stratégique" et armée à dispo du patron pour gérer les gouverneurs de satrapie emmerdants. Ca, ça semble effectivement le cas: le mix n'a pas été travaillé.... Avaient-ils le temps et la possibilité? Pour la qualification des unités proprement dites, ne fut-ce pas surtout un choix? La même évolution se voit en fait dans la Macédoine post Alexandre. Ne faut-il pas voir surtout là l'évolution d'un modèle, pendant les guerres des diadoques, uniquement tourné vers le fait de se friter avec lui-même, amorçant une évolution en vase clos où la quantité a plus fait la différence (avec sans doute un manque d'imagination tactique/stratégique chez les chefs)? Peut-être faut-il aussi y voir le signe d'une évolution politique de grandes entités étatiques au pouvoir plus centralisé et autocratique, s'asseyant graduellement sur les institutions traditionnelles qui faisaient aussi la force du modèle semi-conscrit en terme de recrutement et motivation, avec le défaut inhérent aux armées de tels Etats qui deviennent plus des armées pro permanentes dont la qualité du recrutement et la considération moyenne pour le soldat et ce qu'il peut faire (donc l'entraînement qui lui est accordé, aussi) sont à la baisse. Encore une fois, l'évolution a été plutôt la même en Macédoine.... Alors, un modèle qui a souffert de n'être confronté.... Qu'à lui-même?
  21. C'est un sujet qui a vraiment quelque chose de pointu quand il est vu en transversal, en ce qu'il représente la naissance de la culture hiérarchique, de l'Etat, de la guerre (au sens militaire) et du pouvoir (pour l'occident), ceci dit: contrairement à nombre de peuples restés plus longtemps dans le nomadisme et arrivés un cran plus tard (celtes, germains, doriens, latins), les peuples du Croissant Fertile ont été les premiers, via l'agriculture, à pouvoir mettre en place des stocks, à avoir de quoi voir venir, donc à se sédentariser non seulement autour des zones de cultures, mais surtout en villes fixes liées au stockage, à la protection du dit stock et de la population qui le cultive (et qui peut croître), au commerce que cela autorise..... Mais du coup, ce fait transforme les rapports sociaux en créant de la hiérarchie, celle des propriétés, celle de l'autorité et des champs de compétence qui deviennent plus "stratégiques" et rares (religion/savoir/administration/justice, protection/diplomatie/guerre et commerce/gestion), se sédimentent en castes/lignées.... De même se crée le rapport à la terre fixe, par la conception de la propriété privée, autorisée par des institutions et un territoire fixes, mais aussi par rapport au sentiment collectif d'appartenance. Né dans des pôles urbains, il explique la persistance du syndrôme de la Cité Etat et la difficulté à établir des empires stables de cette période, la notion de royaume (soit un territoire non palpable parce que trop grand, mais pour lequel existe le patriotisme), malgré certaines appellations, restant peu accessible, sauf en Egypte. Le phénomène impérial (sorte de "fédéralisme de la force") est le seul qui peut s'ancrer en se surimposant aux entités particulières que sont les cités, et à part quelques grandes cités, l'impérialisme est le fait de peuples arrivant dans la zone et s'y imposant. C'est à mettre en parallèle avec l'évolution des peuples arrivant en Grèce, en Italie puis dans la zone celte/germanique plus tard: ces peuples sont à un stade où la culture hiérarchique est nettement moins développée et implantée, l'individualisme encore tenace à un degré nettement plus élevé, la conscience d'appartenance beaucoup moins avancée.... Et c'est à partir de ce stade là que ces peuples vont commencer l'évolution vers la sédentarisation, la différence dans le temps expliquant pour beaucoup les évolutions culturelles entre le proche orient, le monde méditerranéen et l'Europe du nord.
  22. Ca va, l'histoire de la mésopotamie du Vème au IIème millénaire av JC n'a pas trop changé depuis :lol:. Pour le remplissage, faut aller voir du côté des manuels universitaires Ier cycle, t'auras des trucs généralistes avec plan et structuration détaillés, pas des pavés spécialisés et indigestes à peine chapitrés. Faut juste arriver à se figurer les grands mouvements avant d'entrer dans le détail: chronologie très générale (qui est sur place, qui arrive par vagues migratoires/invasives: Hittites et Assyriens sont les 2 grandes vagues migrantes d'Indo-Européens), mise en perspective avec des zones plus familières (Egypte et monde grec: la Guerre de Troie comme point d'accrochage entre le monde hittite et les achéens période mycénienne, entrée dans l'âge sombre grec en même temps que déclin hittite juste après, désagrégation relative du monde mésopotamien à ce moment qui sera restructuré en fait par la montée de la Perse pendant que la Grèce, envahie par les Doriens, va lentement émerger vers son "miracle"...), et situations générales sur cartes (avoir la géographie en tête AVANT est primordial, sinon le remplissage ultérieur est en partie inutile). Après, une petite fiche technique de chaque grand empire ou entité (pas besoin qu'elle soit longue), pour leur donner un peu corps, toujours pour pouvoir, lors de lectures de remplissage, ne pas avoir à se poser de questions fondamentales dessus. Le tout (la structuration) peut se faire en un petit après-midi de WE; si ça prend plus, c'est déjà trop entrer dans le détail.
  23. Désolé de pas pouvoir faire plus, mais entre Wikipédia et un atlas historique correct, ça doit déjà te filer des bases solides. Y'a pas le Duby dans ta biblio :O? Dans le genre classique qui se trouve partout, c'est un des plus basiques (surtout le grand format plus que le petit).
  24. Il y a toujours de quoi faire, et les montants qu'ils y consacrent démontrent que c'est leur priorité en tant que garantie de sanctuarisation du territoire, pour laquelle ils démontrent leur volonté d'usage. C'est pourquoi la dissuasion joue à plein: les Chinois, malgré leur réservoir humain, ne sont ni cyniques au point de sacrifier une part de leur territoire et de leur population, ni tarés au point de croire que les Russes viseraient les zones rurales pourries de Chine :lol:. Les premières cibles sont les capitales économiques, sites militaires, centres politiques.... De la Chine "utile". Et dans cette logique, la question est que laisser échapper UN SEUL missile à une frappe préventive, ou même que fonder un plan sur le présupposé que les Russes n'ont pas anticipé une telle frappe et ne sauraient pas au moins en partie y répondre, une telle hypothèse de départ est irréaliste, de même que l'idée d'une certitude à 100% de pouvoir éliminer toute la capacité russe de frappe stratégique. Après, la question est de savoir si surgira un jour un pays acceptant sciemment d'emblée de sacrifier des grandes villes à son expansion militaire: le calcul semble douteux.
  25. Discuter ce point est le premier cours de tout cursus économique :lol:! Yup.... S'il faut en croire les "praticiens" (terme à définir), dans l'histoire de la science, le soleil tourne autour d'une terre plate (encore ce dernier fait peut être invalidé assez simplement par raisonnement pratique, je suis vache). Le problème qui permet souvent de critiquer, un peu gratuitement d'ailleurs, est que l'immensité du champ d'expertise qu'est la macro économie fait qu'elle est difficile à appréhender (politique, micro-économies sectorielles, sociologie, finance, commerce, économétrie.... Tout entre dedans), raison pour laquelle il y a des écoles de pensées et des théories contradictoires; mais une théorie n'est jamais qu'un essai de mise en concordance précisément de champs d'expertises "concrets" innombrables, dont chaque expert dira que son idée et sa pratique sont meilleurs. Il faut aussi rappeler aussi que les universitaires qui conseillent les gouvernants sont rarement suivis dans l'intégralité de leurs recommandations -loin d'être toujours parfaites, il est vrai- avant tout parce que les politiques font ce qui est dans leur intérêt politique ou dans leurs moyens politiques. Ce qui est grave, c'est d'utiliser les erreurs -réelles par ailleurs- des macro-économistes (universitaires, consultants et experts, politiques....) et de ce champ d'expertise pour dénier la légitimité et la réalité de ce champ d'expertise en tant que tel. Il s'agit d'un business différent, d'une expertise différente, pas d'une extension "en plus grand". Le maître tacticien est un maître tacticien spécialisé (infanterie, cavalerie.... Et après moult années, il peut devenir un maître tacticien de l'emploi d'unités interarmes à une échelle donnée) mais ne deviendra pas pour autant un stratège (il aurait pu l'être s'il avait commencé le cursus dès l'abord) capable de gérer une armée autonome et/ou un théâtre d'opération, parce qu'il s'agit d'une affaire politique, et la politique est un champ d'expertise, même si moins clairement défini. Ce n'est pas prendre les 1% ou 0,1% des généraux issus du bas du rang et du "terrain" qui sont devenus des grands stratèges, que cela changera la chose, car l'exception n'est pas la règle même si elle la fait.
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