-
Compteur de contenus
18 697 -
Inscription
-
Dernière visite
-
Jours gagnés
166
Tout ce qui a été posté par Tancrède
-
La cavalerie: une arme, un principe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Quels ennemis? Avec une flotte d'ERC 90, tu fais peur aux Djandjawids et à des groupes armés sur technicals, et pas grand chose de plus. Le 90mm comme horizon maxi? Ca fait pas grand chose en urbain, et ça vaut rien face à des véhicules blindés standards: les Belges, après polémique, y ont renoncé pour cette raison, alors que eux ne visent en projection qu'une capacité de faire face à un spectre de menaces très limité. Et tout le problème d'une armée en projection, c'est qu'à chaque fois que tu dimensionnes l'unité interarme élémentaire dont tu as besoin sur le terrain (le bataillon interarme avec soutien autonome), tu dois avoir la capacité de transport qui va avec pour que ta menace/crédibilité soit effective. Bref, si t'as 800 blindés légers ou 400 Leclercs, il faut déjà avoir les 800 VAB like ou 400 VBCI like d'accompagnement, les centaines de camions et autres véhicules qui vont avec pour en faire une force crédible et opérationnelle..... Et la dizaine de BPC et TCD qui va avec pour pouvoir en transporter une première vague dont la crédibilité doit être équivalente à celle du parc total qui, tant qu'il est en métropole, n'est que théorique et ne fait peur à personne, plus la flotte de Roros pour transbahuter la suite de cette armée et assurer le flux logistique énorme et constant qu'elle nécessiterait. Là, pour la petite économie que tu as faite en prenant des véhicules légers en grand nombre, tu te retrouves avec une surdépense énorme pour les navires et avions de transports, la capacité logistique et les unités et matériels de soutien et appui terrestres pour aller avec. Quand tu parles avions, navires (et donc, mathématiquement, les frégates de protection en plus qu'il faut pour cette flotte de transport et ses axes), soutiens.... Là tu commences à parler de très grosses sommes, à côté desquelles la question "200 Leclercs ou 800 ERC" ne coûte rien du tout et ne fait qu'une économie anecdotique. Tes 800 ERC-like, ils impliquent dix fois plus de véhicules (et donc soldats et unités) pour aller avec. Ca fait cher. Mais si tu gardes 4 BPC et quelques Roros affrêtés pour transporter (ce qui est déjà cher), ta menace ne vaut pas plus que la capacité de projection française actuelle (elle vaut même moins parce qu'il y a plus de lourd à balancer dans ce format). Ce qui peut intimider, c'est la force que tu peux envoyer effectivement et soutenir sur le terrain. C'est ça qui est vraiment cher. Et le format fondamental des armées compte peu s'il n'est pas dimensionné à ça. Uniquement s'ils sont dans un grand pays tout plat, ce qui limite sérieusement les capacités. Et si cet ennemi n'a pas une force blindée un peu conséquente contre laquelle les SPHINX sont bien trop légers et n'ont que peu de puissance de feu. C'est un véhicule de reco, fait pour observer et éventuellement mener une petite opération coup de poing au missile antichar, mais il est pas fait pour faire le gros du boulot, quels que soient ses effectifs. -
La cavalerie: une arme, un principe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
C'est une idée d'interarme qui en vaut une autre (quoique l'ERC 90 est vraiment trop léger: c'est une voiture blindée plus qu'un char léger à roues), à ceci près qu'elle ne prend en compte qu'un nombre trop limité d'adversaires/de guerres possibles: - la capacité "haut du spectre" disparaîtrait totalement: une telle force terrestre ne compenserait pas par le nombre ce qu'elle perdrait face à des adversaires disposant d'une vraie capacité blindée lourde. Et le 1er rôle d'une armée, avant même d'engager le combat, c'est d'être dissusasive/crédible contre une gamme de menaces la plus vaste possible. - avoir une force de ce type contraint aussi à un point qui limite le spectre des guerres qu'il est possible de mener: si elle peut compenser sa faiblesse en protection par la mobilité, la "bulle informationnelle", les capacités de repérage.... Ca n'est valable que sur terrain plat ou relativement plat avec de très grandes distances (la mobilité et la "situation awareness" étant les premières protections): ce postulat, celui de la RMA américaine, a été largement battu en brèche depuis 10 ans. Il faut prendre en compte le spectre des guerres probables et des zones d'intervention probables/définies comme prioritaires. Beaucoup sont cloisonnées (montagnes, environnements découpés, villes, végétation....), incluent des espaces marécageux/lagunaires (qui nécessitent des moyens de franchissement et des chenilles....), impliquent dans une large proportion une forte dimension de combat urbain (ou le lourd reprend ses droits, voire la chenille). A cet égard, par exemple, mieux vaut des MBT moins rapides, avec des canons portant moins loin (bien moins chers), mais disposant d'une vaste palette de types de munitions (mais du coup il faut que les autres véhicules aient une mobilité alignées sur ce MBT). - s'il est vrai que les pays développés sont devenus paranos sur les pertes et la protection, ce fait n'est pas pour autant aisément contournable: les opinions publiques sont plus sensibles aux pertes (raisons d'évolution psychologique ou utilisation politique pour contester le conflit), les médias en surjouent.... Mais aussi, le soldat d'aujourd'hui n'est plus le soldat des guerres mondiales, des guerres de masses et des armées de conscription: il est plus cher et long à former, plus cher à équiper, sa perte est plus impactante pour ces raisons.... C'est un aspect perdu de vue à l'examen des guerres mondiales, mais il y était tout aussi vrai: les équipages de chars et penzergrenadiers que l'Allemagne a perdu en mai-juin 40 en grandes quantités étaient ceux de l'armée de métier limitée des années 20-30 (l'armée "de cadres"), des professionnels triés sur le volet, expérimentés, extrêmement entraînés dans des unités elles-mêmes très soudées et entraînées à opérer ensemble depuis longtemps. Cette perte fut importante quantitativement, mais relative à cet égard. En revanche, qualitativement, elle ne fut jamais remplacée, vu qu'en état de guerre, perdre une telle quantité de personnels de TRES haut niveau était impossible à compenser. Dans le cadre d'armées pros, et surtout d'armées pro qui, comme pour l'occident, sont contraintes à être des corps expéiationnaires de projection (et de projection lointaine: encore plus cher), à part les USA, personne ne peut spécialiser réellement son corps de bataille ni en grand (toute l'armée sur un modèle fait pour un type de conflit) ni par morceaux (un corps lourd, 1 médian et 1 léger). France et RU le font de façon partielle, mais au global, avec un format de 8 brigades environs, toutes doivent être capables de s'adapter à plus qu'un seul type d'adversaire. La "rupture" est quelque chose de très relatif, et aujourd'hui très abstrait: sans front continu, quelle rupture y'a t-il? Sans ligne de bataille au niveau tatique ponctuel, quelle rupture locale est possible? Plus l'échelon interarme de référence est petit, plus une armée est faite d'éléments autonomes pouvant prendre des décisions par eux-mêmes et ayant les moyens de rompre et de se regrouper vite en arrière. Si l'élément interarme autonome de référence actuel est le battlegroup (de 1500 à 3000 personnes), ou même son sous-groupement, le bataillon interarme, voire des compagnes interarmes renforcées, le front se compose et se recompose très vite en petits éléments autonomes là où jadis, il y avait une ligne de bataille (jusqu'à 1918) à rompre, ou, plus tard, des concentrations d'élements autonomes mais qui devaient rester ainsi sur de grandes périodes de temps vu les moyens de commandement et de contrôle, les délais de la logistiques et la lenteur des véhicules (toujours s'aligner sur le plus lent pour planifier). Même dans la Wermacht de la 2ème GM, les Kampfgruppe (battlegroups) que pouvaient composer ponctuellement certaines divisions n'étaient pas nombreux (seule l'élite le faisait) et n'avaient pas beaucoup d'autonomie et de souplesse (à moins de complètement vampiriser les moyens de la division dont ils venaient). Tout cela plaide précisément pour nier la façon dont la "cavalerie" se pense et s'organise aujourd'hui, pense et conçoit sa doctrine, c'est-à-dire à part, comme si le conflit pour lequel elle se conçoit existait encore dans le champ des possibles. Plus encore, elle veut se penser ainsi comme si le char, léger ou lourd, la "différenciait" du reste, alors que l'art du combat est par essence interarme (si elle ne se pensait pas à part, il n'y aurait pas besoin de penser à "l'interarme"), mais surtout que toute unité de combat est aujourd'hui organiquement montée sur des véhicules qui sont, pour la plupart, censés suivre le même tempo. Le temps est loin où le cheval imposait son rythme et ses comportements au mode d'organisation des armées. La différenciation n'a plus lieu d'être. Du coup, l'organisation des unités permanentes, celles qui vivent sur la même base et s'entraînent au quotidien ensemble (cad celles qui auront le plus d'efficacité), est aujourd'hui complètement inadaptée, car elle repose encorr sur une conception complètement dépassée en "unités de cavalerie" et "unités d'infanterie", n'opérant des entraînements "interarmes" qu'occasionnnellement là où ce devrait être la norme du quotidien. Réorganiser en unités permanentes composites (chars légers ou lourds, infanterie sur VCI et infanterie portée sur APC plus légers, plus moyens d'appuis divers et moyens du génie -au moins pour la partie génie-assaut) de la taille d'un régiment renforcé serait le minimum. Et de fait, quand l'unité de référence sur une base devient un tel amalgame, il n'y a plus de cavalerie, plus d'infanterie.... Au sens où ces spécialités se pensent comme des corps en soi avant de penser à la globalité du combat. L'organisation pratique dicte le cadre de pensée tactique: si l'inverse se fait, y'a problème. -
Leur faire une frégate sans armements (ils ont ce qu'il faut) et en échange, ils s'arrangent pour caser au moins un Kashtan sur chaque frégate française :lol:? La différence est à payer en mazout :lol:. Question aux experts: les FREMM sont mentionnées comme ayant une réserve d'espace pour 2 sylvers supplémentaires à l'avant.... Au vu des plans, je me demande bien où peut être cette réserve :O ....
-
La cavalerie: une arme, un principe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
- Si et seulement si il y a un front à percer, hors aujourd'hui, qu'il s'agisse de conflits asymétriques sans front du tout (le "front" est virtuel, étant donné que les combats n'y sont pas une priorité, l'objectif réel étant le "win hearts and minds" et le nation building) ou de conflits symétriques où la taille plus réduite des armées, mais surtout les immenses progrès des capacités de command and control font que la concentration (moyen de frapper fort, mais aussi d'être visible et vulnérable) n'est réalisée qu'un très court instant, juste pour frapper, sans long préavis et sans conservation en l'état après coup. Il n'y a pas de rupture d'un front qui n'existe que très partiellement et momentanément: il y a des concentrations de chaque côté, ponctuelles, qui recherchent ou non le choc. Sinon, il y a un dispositif très étalé et réparti qui se concentrera pour opérer la dite concentration en attaque, et un autre qui lui répondra en laissant progresser, se regroupant en arrière pour la contre attaque - pour ce faire, et c'est le 2ème point, il convient de remarquer que TOUT LE MONDE EST ORGANIQUEMENT SUR VEHICULE, et que ces véhicules ont tous des capacités antichar (ou plutôt, celles-ci sont réparties dans toutes les armes). Un RI sur VAB est-il à ce point différent en terme de mobilité tactique qu'un régiment de cavalerie légère? Ou un VCI chenillé d'un char? Non. Et c'est le point: appeler encore ça cavalerie est un conservatisme terrible qui ne serait pas grave si ça n'était que pour le folklore et les coutumes des unités, mais qui est dommageable à un point élevé parce que ces unités se pensent comme ça. Tu le mentionnes toi-même dans ton post: le char remplace le cheval. Ah? En quoi le VAB, tout APC ou le VCI chenillé ou à roues remplaceraient-ils moins le cheval? Pourquoi le char serait-il un engin de cavalerie spécifiquement? Pourquoi pas un blockhaus mobile et/ou, une protection anti-blindé et un appui d'infanterie, surtout en milieu cloisonné (conception des Marines)? Pourquoi pas, avec une palette plus étendue de munitions (et moins d'obus HEAT renouvelés tout le temps et qui ne servent jamais), un poste d'artillerie "de proximité" couvrant une petite zone ou soutenant des formations d'infanterie en assaut et des progressions de colonnes? La "revendication" du MBT par la cavalerie, et sa spécialisation dessus (avec déclinaisons pour les blindés légers roue-canons) est une pollution mentale qui est une sur-réaction à mai 40 en France. Là où d'autres armées ont une vision plus saine d'une "force blindée" intégrée/interarme pour ce qui concerne l'hypotthèse du combat classique/symétrique de formations blindées (déjà une spécialisation qui commence à être battue en brêche), en France, les chapelles font qu'une séparation plus ancienne prévale et pollue la réflexion tactique. -
Philippe, pitié, arrête de prendre 1991 pour un démonstrateur de quoi que ce soit de pertinent: l'opposition était nulle et non avenue :lol:. Jusqu'à preuve du contraire, et surtout pour la capacité de guerre conventionnelle symétrique, le point d'une armée comme est censée être encore la France, c'est de s'aligner sur le mieux disant, ou plutôt un mélange entre le mieux disant et l'adversaire possible/probable. S'il fallait s'aligner sur l'Irak de 1991 (ou d'aujourd'hui d'ailleurs), autant réactiver la 2ème DB vintage 1945 et ressusciter Leclerc ;), il sera moins cher que son char éponyme, et beaucoup plus versatile. Raisonnement valide pendant la 2ème GM et la Guerre Froide, surtout dans des opérations à front continu impliquant de très larges effectifs et du terrain plat. Ca fait quelques vaches de conditions très spécifiques pour tabler dessus comme tu le fais. Même ddans le cas d'une concentration importante, la mobilité et le domaine C4ISR ont beaucoup progressé et continuent à le faire, au point que même des capacités très cheaps existent dans le commerce pour en tenir lieu (voir les mouvements, la rapidité et la fluidité de flottes de centaines de technicals au Tchad ou ailleurs). C'est pas pour dire que le MLRS est ce qu'il faut pour traiter des nuées de 4x4 évidemment, mais juste pour dire que beaucoup d'armées ont des concentrations qui ne sont pas les hordes massives de la Guerre Froide (en plus sur un terrain étroit, prévu, connu et balisé) où il est quasiment certain de taper quelque chose chaque fois qu'un missile, une roquette ou un obus part (oui d'accord, là ça caricature un peu :lol:). Et ces concentrations plus réduites peuvent ne pas être gardées groupées en permanence et ne s'opérer que pendant une fenêtre de temps très courte (et tabler sur la supériorité informationnelle A PRIORI n'est pas un calcul tactique sain, comme décréter -ainsi que l'OTAN le fait toujours- que la supériorité aérienne est un fait acquis de toute éternité). C'est grâce à l'artillerie US? Ou grâce à l'extrême supériorité qualitative (genre une armée des années 50-60 contre l'OTAN des années 80) et quantitative de l'ensemble du dispositif allié? Encore une fois, 1991 n'est un exemple que dans les romans de Tom Clancy où tout marche toujours comme prévu avec un taux de réussite irréaliste, un adversaire complètement débile et statique qui défile comme à la parade, des conditions parfaites et idéales pour exactement le dispositif américain (bref les conditions requises par la RMA :lol:). La première marque de la tactique est de NE PAS combattre un adversaire là où il peut faire jouer ses avantages. Les Serbes ont été moins cons que les Irakiens, et eux n'ont pas perdu leur potentiel militaire. Non, mais l'abandon était politiquement justifié (et la guerre ne se fait QUE pour des raisons politiques): ça a rapporté de le faire.... Ou plutôt ça aurait coûté politiquement de NE PAS le faire. Etant donné que la plupart des OPEX réalisées et prévisibles encore pour un petit moment se fait dans des pays-zones grises où le but est la population civile, la sous-munition est politiquement nuisible, donc facteur de mauvais résultat et d'action contre-productive, donc un facteur d'échec militaire. La sous-munition employée massivement en roquette ou container larguable a t-elle encore un avenir? Apparemment oui, mais si et seulement si l'adversaire est une armée massive et groupée.... Soit un cas de figure qui n'existe aujourd'hui qu'en 3 occurrences dont 2 sont peu probables au mieux: se taper la Chine ou la Corée du Nord (peu de chances, et la France comme le RU n'y seraient que des supplétifs marginaux vu les moyens qui seraient à réunir), et aller prendre un café à Téhéran. Si un cas de figure le justifiant se présentait, la France se rééquiperait-elle discrètement et rapidement en containers larguables auprès des USA? Possible. En roquettes? Si l'ancien type de roquette est compatible, oui, sinon.... De toute façon, encore une fois, ce serait en tant que supplétif. Quel intérêt stratégique et politique à garder ces roquettes? Zéro. Quel poids cette capacité donnerait? Aucun, car dans les seules et rares occurrences où cette capacité pourrait être encore pertinente.... La France comme le RU ne seraient que des capacités additionnelles au mieux un peu plus que marginales. Maintenant, des armées comme celle de la Finlande ne font pas de projection aud-elà du symbolique: leur dispositif de défense est entièrement tourné vers unemenace et une seule, la Russie. La puissance de feu destinée à maximiser les pertes dissuasives et à rendre décourageant le "cost of doing business with them" est donc un de leurs seuls vrais atouts, avec le terrain. Mais la projection, pour la Finlande, c'est pouvoir faire avancer sa réserve blnde de 100km vers sa frontière. Wikipedia est très inégal sur les régiments: sur certains, les pages sont systématiquement à jour, sur d'autres, elles bougent pas en 3 ans. Le chiffre global de 24 MLRS restants est avéré, donc ça ferait bien 3x8, ou y'a t'il possibilité que les batteries soient passées au format 6 MLRS? Dans l'organigramme général, ils donnaient l'impression que la 2ème et la 7ème BB pouvaient aligner chacune un "bataillon" de MLRS issu du premier RA, donc on imagine 2 batteries avec une BO minimale.
-
Il est pas passé à 4 batteries de tir avec le "dédoublement" pour les 2 BB?
-
C'était plus pour voir s'ils marchaient :lol:. Même au prix de la roquette par rapport au missile ou à la bombe, y'avait pas de cible rentable :lol:.
-
Ce qui tue ceux qui voudraient s'en débarrasser, c'est qu'il n'est pas "sécable" en capacités, le char, surtout les MBT de dernière génération dont une bonne partie des capacités sont un luxe inutile..... Problème, son "fond de commerce" (blindage lourd, chenille, un gros canon, capteurs) reste lui indispensable, et c'est une leçon rendue encore plus évidente depuis les débuts de l'affaire irakienne. Pour la diversité de ces munitions, ça reste curieux comme l'essentiel des recherches vont encore à qui fera le super ultime obus HEAT qui eput faire 3,2% de plus et mieux que le précédent, plutôt que de développer massivement une palette d'obus moins chers et plus utiles pour les applications nécessaires aujourd'hui? Peut-être parce que ça pourrait inciter certains à penser que le char a autant de vocation à être vu comme une artillerie montée ou un blockhaus mobile pour l'infanterie que comme un engin de cavalerie :lol:!
-
Si et seulement si il y a un adversaire à la fois assez maousse pour justifier cette capacité (donc qu'il faut pouvoir les projeter loin ces engins), et concentré en un ou quelques gros paquets pour que ça puisse faire effet; si l'adversaire est étalé sur une grande surface (tendance actuelle), ça reste que 48 bestioles (ou plutôt 6 batteries) sans don d'ubiquité et à la puissance trop concentrée. Si l'adversaire ne se concentre pas du tout, vaut mieux plein de "petits" canons. Mais le politique a tranché: peu de petits canons, et peu ou pas de MLRS :P.
-
Faire semblant de faire quelque chose pour des raisons budgétaires tout en ne faisant presque rien pour des raisons politiques.... Et les coûts pour faire coïncider les 2 sont payés par les dommages faits aux forces qui ne peuvent mettre en avant leurs raisons bassement opérationnelles. Ca te semble logique :lol:?
-
Pas quelqu'un qui veut être capable de projeter ses MBT :lol:. Elle vaut combien à la pièce, cette bestiole?
-
L'armée romaine tardive et l'armée byzantine
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Et n'était pas une armée très efficace; la grande force des Romains alors était de s'adapter plus vite que les autres et de se remettre d'un choc. Au fur et à mesure de l'expansion, en Italie et autour, l'armée de la République était de moins en moins un outil adapté: les campagnes s'allongeaient, les ennemis n'étaient plus juste des Cités-Etats et avaient des dispositifs plus nombreux, complets et professionnels, et la société romaine n'était plus juste la seule cité de Rome et ses environs, ou même le seul latium. Ca ne pouvait plus fonctionner de la même façon. La réforme de Marius, de standardisation, de simplification, de professionalisation et de prise en charge par l'Etat et les sénateurs d'une bonne partie du budget préparation-équipement n'a pas été faite sans raison. Un service militaire de 5 ans calculé sur les périodes du cens (recensement démographique, familial, économique et fiscal sur bases des "centuries" et tribus de Rome) ne pouvait exister que dans une Cité Etat et, sur le plan opérationnel, n'avait de pertinence et d'efficacité (pas maximale, mais bonne) que dans l'hypothèse d'une défense de la zone territoriale de la Cité Etat. De fait, la guerre aux IVème-Vème siècle est plus "professionnelle" en ce que le nombre d'acteurs géopolitiques (Etats et peuplades migrantes) disposant d'effectifs de guerriers professionnels en quantités importantes s'est largement accru, et tous se sont plus ou moins mis au diapason de l'armée romaine, modèle des modèles. Et l'Empire a plus d'adversaires importants en de multiples points très éloignés de sa géographie logistiquement très difficile: une mer et toute sa périphérie, peu de profondeur stratégique terrestre et beaucoup de distances de marches, souvent allongées par du relief (Balkans, Alpes, Anatolie....). L'Empire est souvent comparé aux USA pour bien des raisons, mais celle de la logistique militaire (points d'appuis, routes, garnisons, magasins, planification, timing.... Qui se traduisent par des entraînements, les marches cadencées, les régulations....) est l'une des plus pertinentes: l'Annone, en plus d'une administration impériale générale et d'un outil diplomatique, était l'ancêtre du Air Command et du Sealift Command :lol:. Mais le débat éternel conscription/pros ne peut être aussi facile, y compris dans ce seul exemple romain: toute la société romaine, à part au tout début, n'était pas appelée à servir, loin de là, et la conscription n'était que théorique. Tout citoyen pouvait être APPELE à servir, mais il n'y avait pas de période d'entraînement conscrit avec retour à un statut de réserviste après. Ca c'est la conscription moderne. Il n'y avait pas d'armée permanente, active ou pro, et l'Etat romain ne voulait et ne pouvait pas prendre une telle charge. Aucun modèle n'est bon ou pas dans l'absolu: la force de la conscitpion initiale à Rome fut le mordant qui ne venait pas tant de la qualité de l'armée que du "sentiment national" de la citoyenneté romaine, plus forte encore que beaucoup d'autres, comme la "manifest destiny" américaine. La citoyenneté romaine fut le principe qui donna une grande force de cohésion, mais ça ne pouvait marcher ainsi que jusqu'à une certaine échelle et, dans un certain sens, la réaction face à Hannibal serait peut-être la dernière manifestation de ce "sentiment national" de la Cité Etat. Et encore faut-il signaler que ce qui a sauvé Rome, c'est plus le temps qu'Hannibal a laissé aux Romains pour se retourner (il était paralysé par le non envoi de renforts, moyens et argent en raison de l'opposition politique à Carthage): même des centaines de milliers de volontaires enthousiastes ne se sont jamais transformés en guerriers compétents du jour au lendemain, quand bien même certains d'entre eux auraient servi quelques années dans le passé. Former des unités de combat efficaces, c'est long. Ce temps, allongé par la stratégie fabienne de terre brûlée et de refus de l'engagement, affaiblissait Hannibal qui perdit une part de ses mercenaires, et renforçait Rome qui pouvait entraîner en grand ses unités. Mais déjà alors, et plus ensuite, de profonds changements dans la société romaine invalident graduellement ce modèle: l'expansion romaine et le fonctionnement économique ont impliqué une concentration croissante des richesses (et surtout des terres agricoles) qui a lentement fait exploser la cohésion socio-économique et les équilibres politiques fragiles définis à la fin de la royauté et à la fondation de la République (aristocratie républicaine compensée par la représentation votante de la plèbe), équilibres fondateurs de la cohésion romaine. Grands domaines agricoles et conquêtes ont joué de concert pour massifier les populations serviles dans l'agriculture et l'artisanat, au point que des pans entiers de la société se retrouvaient déclassés vers la plus basse classe de citoyens, celle sans obligation militaire par ailleurs. Mais surtout, Rome en interne se vivait de plus en plus comme une aristocratie pure et dure, et la division politique traditionnelle entre populares et optimates a atteint un niveau d'hostilité occasionnant plusieurs guerres civiles, périodes de dictatures.... Jusqu'à l'éclatement final sous César. Dans un tel cadre, la conscription ne marchait déjà plus du tout, les effectifs formellement recrutables avaient chuté, les durées de temps de service quand une légion était levée ne suffisaient pas à former suffisamment les soldats face aux nouvelles exigences, et encore moins à assurer des temps de disponibilité satisfaisants pour les campagnes hors d'Italie. La réforme de Marius et le modèle (pour l'aspect recrutement) qui prévaut en fait de lui jusqu'à, symboliquement, l'Edit de Caracalla (212 après JC) est sans doute un bon compromis, même si les circonstances ont fait qu'il a été entretenu par les événements et menaces. L'armée est professionnelle, le temps de service minimal plus long, mais à un moment aussi où le "sentiment national" est extrêmement fort (et non plus dépendat d'un équilibre social et politique) et "l'idée romaine" est devenue une croyance messianique, présente à tous les degrés, mais toujours présente, dans toutes les couches de la citoyenneté romaine (ça peut n'être qu'un bête sentiment de supériorité, mais ça peut être plus, notamment le sentiment d'une "mission", ou d'un "destin" de Rome qu'il est légitime et même recommandable de servir, une vie digne d'être vécue, ce qui donnerait presque un aspect moral au pillage pour le légionnaire individuel :lol:). La citoyenneté est alors quelque chose qui n'est pas le fait de tout le monde dans l'empire, qui est extrêmement valorisé et méritoire, même en ne comptant pas les esclaves, et l'armée est quasiment le seul moyen pour qui n'est pas né citoyen ou n'appartient pas à l'élite, d'y accéder. Une armée pro peut présenter aussi tous les défauts, et avant tout ceux de la qualité du recrutement et de la motivation qui peuvent laisser à désirer si le sentiment national baisse (sur-représentation de la lie de la société et de ceux qui ne sont pas voulus ailleurs, un phénomène bien connu des sociétés d'Ancien Régime). Dans une société trop aristocratique, cela peut aussi impliquer une fermeture des postes d'encadrement à partir d'un certain niveau. Enfin, et ce fut le cas à Rome, l'interdiction des métiers militaires aux élites dirigeantes peut nuire à la société et à l'outil militaire en écartant ces élites de toute notion ou conscience de l'intérêt national, en même temps qu'elle prive l'armée de hauts cadres aux prises avec la perception stratégique d'une action militaire, qui font naturellement la jonction entre niveau stratégique et politique, et niveau opérationnel et tactique. Ce fut une des grandes forces du modèle romain, dans le cursus honorum, que d'imposer le service des armes à tous les rejetons de grandes familles qui avaient la moindre ambition d'un jour participer à la direction des affaires de Rome. L'encadrement professionnel des centurions, concept à mi-chemin entre le sous-off et l'officer (bas officier essentiellement, mais aussi pas mal de postes médians et quelques-uns d'officiers généraux, et de toute façon toujours impliqués dans les grandes décisions en tant qu'experts opérationnels), fut l'autre grande force de ce système de répartition des rôles avec les élites, en constituant un grand moyen d'ascension sociale en même temps qu'une des institutions d'encadrement militaire les plus solides qui aient jamais existé. Il faut ainsi noter plusieurs choses: - comme toujours, une armée s'adapte à sa situation stratégique, tactique, mais aussi à la société et à l'économue dont elle émane. - l'armée "citoyenne" de la république était adptée à une défense proche de ses bases, dans un terrain donné (l'Italie centrale montagneuse qui a imposé le système manulaire aux dépends des grandes formations de phalanges, le combat rapproché et moins l'attaque ou la défense massive de ces formations). - les nombreuses faiblesses de ce système ont imposé les changements professionnels de Marius, ne serait-ce que sur le plan tactique: création de la cohorte avant tout face aux manques des maniules, trop petites et déconnectées face à des armées plus vastes et complexes - sociologiquement, la réforme de Marius est arrivée à un moment où la conscription ne pouvait plus fournir les effectifs et la qualité suffisante, et où la société romaine, bien que "nationaliste" dans son ensemble, était divisée, l'ascenseur social brisé et les richesses concentrées. L'ancien système militaire, initialement analogue à celui des Cités Etats grecques, n'existait et ne pouvait le faire que dans le cadre d'un petit territoire (Rome et le Latium, voire un peu plus) qui combat près de chez lui et assez peu souvent, et où les élites prennent plus que leur part dans la charge combattante (temps passé, moyens consacrés....). L'armée romaine n'a pas à se poser la question du recrutement pendant un long moment, le volontariat étant abondant, l'armée offrant des perspectives de carrière en même temps que le statut de citoyen pour les méritants, et le sentiment national restant fort pendant longtemps. - les Guerres puniques ont montré bien des faiblesses du modèle, au-delà de l'inadaptation à un combat de haut niveau loin du territoire d'origine: l'armée de citoyens fantassins, avec peu de cavaliers, était faite pour affronter les voisins immédiats, de moindre dimension ou équivalents, ayant des armées similaires et peu variées. Face à un dispositif interarme complexe, le business n'est plus le même, et le recours aux unités mercenaires pour toutes les spécialités (archers, frondeurs, cavalerie légère, cavalerie lourde, infanterie montée, infanterie légère) est une nécessité qui atteint alors la parité numérique avec les effectifs légionnaires. l'historiographie romaine peut fausser le jugement parce que, jusqu'au Haut Empire, elle n'évoque que le mérite et l'action des légionnaires, mais la réalité est que dans un combat interarme, le système militaire romain n'est, à partir des Guerres Puniques, plus qu'à moitié fondé sur les légions qui ne pourraient pas faire grand chose seules. Le Haut Empire pousse la réforme Marienne un cran plus loin en "officialisant" les unités d'auxiliaires, et en les ouvrant graduellement aux citoyens avant d'en faire des unités régulières comme les légions qui, de leur côté, sont moins employées comme telles pour constituer des "task forces" dosées et adaptées à chaque situation. L'armée tardive est un modèle militaire très abouti qui résume la pensée militaire romaine après des siècles d'évolution. Aurait-il bénéficié d'avoir plus de moyens? Certainement, et la question d'une réserve n'est jamais sans fondement. Mais ça restera toujours un problème: comment avoir une réserve abondante, mais aussi assez qualifiée (les soldats du Bas Empire servent 20 à 25 ans: à la retraite, ils sont plus très frais), qui ne pompe pas trop de moyens ET qui soit acceptée par la population comme système (si elle doit être efficace, il faut plus que de petites périodes de rappel) sans pour autant que le niveau politique en abuse et y recoure souvent pour pallier des dépenses qui auraient du être faites dans l'armée régulière, le tout dans un contexte où l'engagement opérationnel est permanent, important (avec au moins un adversaire majeur à tout instant: la Perse) et en de multiples endroits? Dans l'Histoire, personne n'a jamais trouvé la réponse à cette question, et c'est pas le système US actuel de réserves/Garde Nationale qui apportera la réponse: il a déjà connu problèmes et surchauffe pour un conflit mineur en Irak. -
Ils s'entraînent comment en attendant? Ils remplissent les trous en OPEX? Ou est-ce une nouvelle tactique politique pour refiler une "rage" apparente à une unité et la supprimer quelques années plus tard parce que ça n'a pas été osé initialement?
-
La cavalerie: une arme, un principe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
C'est un des thèmes pour essayer de poser la question de savoir ce qu'est vraiment la cavalerie aujourd'hui, ou si de telles distinctions sont encore d'actualité, ou en tout cas sont encore assez réelles et importantes pour justifier des doctrines si séparées, des cultures différentes, des organisations différentes et, à l'arrivée des armes (au sens ABC, infanterie....) et des garnisons différentes, toutes choses qui sont des "organisations appliquées" de temps de paix qui se transforment en chapelles, lobbies, querelles, cultures.... Au point qu'il faut parler "d'interarme", sorte de réinvention de l'eau tiède consacrée comme un "concept" :P, là où il n'y a qu'une seule chose, le combat terrestre, qui doit être le début et la fin de la réflexion et de l'organisation, toute spécialisation lui étant subordonnée et au mieux un chapitre intermédiaire dans le cheminement intellectuel: - le cavalier, à travers l'histoire, avait un cheval dirait M. De la Palisse :lol:: qu'il ait été un soldat spécialiste ou émanant d'une caste sociale autorisant ce poste parce qu'il y avait besoin d'une cavalerie et que peu pouvaient payer (à commencer par l'Etat d'alors qui ne pouvait payer beaucoup d'unités pros permanentes, et surtout pas un truc aussi cher que la bourrinerie cavalerie), il avait un canasson. Ce qui voulait dire un truc qui n'obéit pas vraiment et ne peut se comporter, tactiquement, de la même façon qu'une unité de fantassins, qui a des fragilités plus grandes et certaines forces nettement plus grandes. Et entre cavalerie et infanterie, les différences de rythme, d'usage et de mouvements sont telles qu'elles ne peuvent être pensées du tout de la même façon, avec les mêmes distances, les mêmes niveaux de prévisibilité/planification, même si il faut bien, à l'arrivée et au moins en bataille, bosser ensemble dans un espace restreint. - certaines unités tranchent; qu'il s'agisse de cavaliers entraînés à combattre aussi bien à cheval qu'à pied (surtout dans la Légère), ou d'infanterie montée (dragons), une nécessaire jonction a du se faire, et a même du se formaliser en unités spécifiques à cause de tendances à la spécialisation. Plus une mentalité se pose par et pour elle-même, plus la spécialisation se fera, et seulement en partie pour des raisons tactiques. Là encore, chapelles et cultures internes peuvent être à l'oeuvre. Et, comme le montre le cas des dragons, beaucoup sont forcés de "prendre parti" et se spécialiser à leur tour, recréant un espace vide entre les armes alors précisément que les généraux se plaignent souvent de ces manques capacitaires "intermédiaires", de polyvalence. - l'arrivée de la machine fait voler ça en éclat: la distinction cavalier/fantassin ne tient plus dès lors que le char arrive. Plus encore, seule la doctrine d'armées/grandes unités de chars autonomes et dictant leur rythme permet encore de séparer, plus ou moins bancalement, les 2. Mais même là, cette conception vole en éclat avec l'arrivée de toutes les gammes de véhicules blindés, et avant tout l'introuvable concept de véhicule de combat d'accompagnement/d'infanterie (c'est plutôt l'un ou plutôt l'autre). La cohérence qui a prévalu jusqu'à maintenant est celle, au fond, formalisée par les Allemands au niveau divisionnaire (toutes les unités mises au rythme de la même mécanique dans une Panzerdivision) et par les soviétiques au niveau Théâtre (une armée de chars et méchas pour 2 armées de fusiliers motorisés). A cette échelle, l'idée même de cavalerie aurait du disparaître (sauf éventuellement pour le folklore) au profit d'une différenciation entre Armée blindée (Panzerwaffe) et Armée légère/d'Intervention (Paras, Alpins, Amhibie). Ce sont ces chapelles qui auraient du remplacer, et non se confondre, avec les précédentes, pour que des cultures cohérentes émergent (voir les débats en France sur roue-chenille pour les brigades blindées). Ce dernier phénomène est encore plus vrai aujourd'hui, avec la "démocratisation" de la capacité antichar dans l'orbat et la généralisation des véhicules à toutes les unités qui disposent organiquement de leurs propres moyens de transport tactique. Dans un RI, un équipage d'APC à roue avec une équipe AC dans ses flancs et/ou carrément un TOW sur le toit est-il fondamentalement moins "cavalier" que l'équipage d'un VCI accompagnant des MBT, qui a aussi son groupe d'infanterie? Seule la doctrine d'emploi (mùême pas fondamentalement la capacité) les différencient, pas le principe de leur capacité. Et le combat de chars, même dans l'optique d'une guerre symétrique, n'arrivera plus comme prévu jadis: la bulle informationnelle, la répartition des moyens antichars, la reconsidération des capacités du char comme étant aussi un vecteur d'appui de l'infanterie (principe trop religieusement écarté en France après le coup de 40) ou un blochaus mobile.... Font que ces distinctions cavalerie/infanterie sont beaucoup trop artificielles mais qu'elles persistent à être bien plus que de simples traditions pittoresques, pour le plus grand dommage de l'efficacité globale, de la compréhension de l'appareil militaire, pour son organisation pratique (en unités de garnison comme en formations de combat), sa préparation et son entraînement. -
[Belgique]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Jojo67 dans Politique etrangère / Relations internationales
Ca t'apprendra à boire du Hoolong plutôt que de vrais thés verts ou noirs :lol:! -
VBCI: - moins d'1% du parc prévu: tremblez, sales talisurgés batteurs de femmes, 1% de la puissance méca française suffisent à vous faire chier dans vos babouches - 3% du parc d'alerte prévu: Ah? Euh, ben quand même, z'avez les babouches qui débordent - 6-7% du parc total actuel: ??????????? Euh, ben ça les fait trembler quand même, ces ennemis de la liberté, de la dignité et de l'héro élitiste - 10-12% du parc d'alerte actuel: ah? Heu.... Les rayez pas siouplaît, y sont encore en rôdage et y'a pas de garantie. PEGP, la nouvelle arithmétique de la puissance :P! Muhahahahahahahaha!
-
[Belgique]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Jojo67 dans Politique etrangère / Relations internationales
En ce moment, y'a quasiment aucun sujet que j'arrive pas à mettre en parallèle avec ça :lol:. C'est compulsif :lol:. Tu vas te faire traiter de sectaire, à qualifier ainsi les Flamands :lol:. -
La cavalerie: une arme, un principe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
C'est pas tant un hors sujet que ça, et c'est particulièrement le cas avec la cavalerie dans l'Histoire européenne en général et française en particulier arme "noble" au sens où elle a été l'exclusivité de la noblesse et a transmis ses modes d'existence, de pensée, de se penser, d'agir et de voir les choses aux officiers actuels, dès lors que la noblesse s'est imposée dans les cercles de commandement naissant des armées, en tout cas pour les corps de mêlée. Génie et artillerie ont, dès leurs débuts, requis des officiers d'un autre genre, et les aristos devaient passer par le moule scientifique pour y accéder dès lors qu'ils sont devenus des armes à part entière; mais, et surtout avec le XIXème, ces armes sont aussi devenues un genre d'aristocratie, d'abord en tant que chapelles et coteries cherchant à imposer leurs vues et défendre leurs budgets, mais aussi avec la sociologie particulière des ingénieurs, surtout en France (les Grands Corps, la chapelle Polytechnique-Armée....) à l'ère contemporaine. Il s'agit vraiment aussi bien de culture que de groupes organisés qui se perpétuent de loin en loin depuis le XVIème siècle (ce sont pas des clubs fixes avec règles et listes de membres, mais un mode de fonctionnement); et ils sont issus des comportements et pensées d'une culture et d'une sociologie particulière, l'aristocratie féodale et son adaptation à l'outil de guerre moderne. C'est pourquoi la cavalerie n'est à cet égard pas une chose neutre, vu que c'est elle qui a la plus forte histoire dans ce registre, et la plus forte identité à cet égard, en tant que chapelle, coterie, matrice de la culture d'officier.... Pour refaire le parallèle romain, au moins sur ce plan, la cavalerie lourde avait au moins jusqu'à l'affirmation de la féodalité hérité d'une continuité: les cavaliers étaient l'élite de combat et les chefs parce qu'ils étaient aussi les chefs de haut et bas niveau au civil: petits et grands propriétaires, aristocratie et "compagnons" des grands comtes carolingiens et du roi, ils avaient du bien (donc de quoi payer l'équipement), du temps (pour s'informer et s'entraîner), le devoir de plus se préparer et surtout, chacun à leur niveau, en tant qu'élites sociales (régionales, locales ou nationales), rencontraient et connaissaient plus de monde, les gens dont ils avaient la charge quand la mobilisation étaient réunis. Et ils constituaient les intérmédiaires, chacun, à son niveau, sachant de quoi il retournait au niveau supérieur, ce qui implique, à haut niveau, que les "officiers généraux) (autre notion), comprenaient et avaient part à la décision stratégique. Aujourd'hui, l'officier est un singe savant, un consultant spécialisé pour le pouvoir: la chevalerie avait déjà caricaturé le système carolingien en même temps qu'elle s'était fermée comme classe sociale. Mais au moins, à haut niveau, les chefs étaient encore à la fois des combattants et des parties prenantes (ou au moins comprenantes) de la décision politique. -
La cavalerie: une arme, un principe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Beaucoup d'officiers sont pas non plus totalement arriérés, mais le raisonnement, l'organisation et le mode de fonctionnement des chapelles est un puissant déterminisme interne aux forces armées: c'est un fonctionnement existant depuis le XVIIème-XVIIIème siècles, et dans lequel l'officier diplômé, intelligent ou non, arrive.... Un fonctionnement avec ses coteries, ses lobbies, ses logiques, ses groupes, ses cercles, ses réseaux et ses intrigues existants et en cours de fonctionnement perpétuel. Il ne peut guère le changer, surtout en temps de paix (la guerre mettant plus facilement en évidence qui a raison et qui a tort, et mettant beaucoup de gens en face de leurs responsabilités même si c'est loin d'être toujours le cas). Et même le plus dévoué des officiers a une carrière à gérer, ce qui implique de recevoir et renvoyer des ascenseurs. Et les chapelles? Ben face aux restrictions budgétaires et à l'incurie du politique (vision court termiste, absence de connaissance, mépris pour la chose militaire, nullité géopolitique....), même certaines de leurs "têtes pensantes" peuvent comprendre l'objet de l'interarme et voir les absurdités du système.... Mais c'est pas pour autant qu'ils vont pas essayer de sauver les meubles avant tout pour LEUR paroisse (déjà bien s'ils y arrivent, dans leur esprit), ce faisant au détriment des autres, et qu'ils ne vont pas la fermer pour ne pas nuire à leur carrière. Un parallèle avec Camus: "j'aime et je crois en la Justice, mais si la Justice s'attaque à ma mère, que ce soit fondé ou non, je choisis ma mère" ;). Dans un système organisé comme ça, le problème reste entier: les jeunes officiers vont quand même devoir commander de vraies unités dans un contexte où les capitaines et lieutenants n'ont jamais été aussi autonomes et, de fait, de vrais petits chefs tactiques indépendants, ce qui réclame un autre profil. Déjà évoqué sur un autre fil, mais il vaudrait mieux adapter le système à la réalité plutôt que faire ces rustines bancales et peu claires. Le système romain avait aussi ceci de particulier qu'il était le vrai service militaire obligatoire des élites dirigeantes (nécessaire à qui veut faire sa carrière en politique.... C'est-à-dire tous): ils étaient les officiers généraux et les jeunes les officiers d'EM, précisément parce qu'eux baignaient dans le milieu politique, donc dans les cercles où la décision politique et stratégique est faite, ce qui leur procurait un niveau d'expertise (et un poids dans la décision) que même les meilleurs officiers généraux n'auront jamais s'ils ne viennent que d'un cursus militaire qui les prépare à n'être que des exécutants. L'expertise militaire proprement dite n'allait pas au-delà de l'équivalent d'un lieutenant-colonel, mais à l'inverse, les politiques ne pouvaient être moins qu'un lieutenant-colonel.... Chacun son turf et son domaine de connaissances et de maîtrise, et les vaches étaient mieux gardées. -
[Belgique]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Jojo67 dans Politique etrangère / Relations internationales
Ca c'est au moins un truc qui a du sens :P. Faut envoyer des casques bleus dans BHL (oh, juste écrire ça.... Des images de BHL -l'autre- avec un MBT blanc qui écrase sa tronche de philosophe pour midinette dépressive des années 60 :lol:). -
La cavalerie: une arme, un principe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Essai de réflexion sur un système d'arme en termes actuels: la cavalerie lourde.... Celle avec des chevaux pas vapeur. Il faudrait plutôt en fait la définir comme une cavalerie de choc frontal, visant la rupture du disporitif adverse: elle n'est pas toujours si lourde que ça, même si d'une façon générale, elle a toujours impliqué un certain dosage de blindage pour ses hommes, et, en conséquence, un gabarit supérieur pour ses chevaux (du destrier moyenâgeux au percheron, boulonnais ou frison des cuirassiers). La cavalerie lourde à l'époque moderne (XVIème siècle-Révolution/Empire) part d'un point haut pour arriver à son chant du cygne ( avec une pause d'un siècle avant que les développements du char recadrent l'idée théorique), en passant par une définition inégale. Au début des Guerres d'Italie, la cavalerie lourde est encore vue comme l'arme de la décision, même si les récents conflits placent une infanterie disciplinée et entraïnée au coeur du dispositif de bataille de nombreux pays, dans de nouvelles combinaisons groupant (toujours l'interarme organique) piquiers lourds, hallebardiers, épéistes (ou haches, même si celle-ci s'efface) et arbalêtriers (l'arc n'est alors plus utilisé sauf en Angleterre). L'artillerie aussi a fait son entrée comme unité mobile (relativement), et son placement sur un champ de bataille, comme son déplacement en campagne, rythment désormais le mouvement et la tactique d'une armée, quoique certaines s'en passent encore, le plus souvent en fonctionnant comme des task forces d'action rapide (certain font des campagnes entières ainsi). La cavalerie lourde française, la gendarmerie d'ordonnance, est alors la plus réputée et la meilleure de très loin, mais a recommencé, et ce plus encore avec François Ier et ses délire de chevalerie sur le tard, à ne se penser que par elle et pour elle, en chapelle aussi bien militaire que sociale (la noblesse féodale traditionnelle est alors concurrencée par une bourgeoisie qui prend de l'importance, et son rôle tactique en a pris plein la gueule). Les formations de gendarmes sont alors des groupements réunis pour une bataille, ou une campagne; en administratifs, ils appartiennent aux "lances fournies" par lesquelles l'obligation féodale, avec aide royale, est de disposer de groupes homogènes de 6h (2 chevaliers, 2 "archers à cheval", en fait des sergents pros, et 2 servants non combattants). Mais en campagne, les sergents/archers sont le plus souvent démontés et sont le noyau professionnel de l'infanterie. Les gendarmes sont réunis en compagnies de tailles diverses (sur base géographique pour la connaissance et l'homogénéité, avec une obligation d'entraînement commun plus ou moins respectée). Certaines sont permanentes et rétribuées comme telles par le ro qui a, par ailleurs, fondé en 1494 les chevau-légers, une cavalerie légère médiane apte à la charge comme aux rôles de reconnaissance et faite de nobles et de professionnels. Cette cavalerie médiane, par exemple, est plus fréquente en Espagne, où les effectifs de cavalerie lourde (et les élevages de chevaux de ce gabarit) sont nettement plus ténus. Au fil des Guerres d'Italie et du XVIème siècle, la gendarmerie d'ordonnance va pour ainsi dire complètement disparaître et avec elle les armures complètes, ne laissant en fait que des chevau-légers (en demi-armure au mieux) montés sur des chevaux plus agiles: le choc frontal recherché par des unités ne faisant que ça, n'avait plus vraiment d'utilité et de chances de succès face aux formations d'infanterie solides et aux cadences de feu accrues amenées par les armes à feu portatives qui remplacent l'arbalète. La manoeuvre devient obligatoire, de même que la coordination avec l'infanterie dans un art militaire désormais pensé plus globalement par la seule expertise que les artistocrates peuvent espérer conserver, celle de la guerre.... Mais de la vraie guerre, loin de leurs fantasmes initiaux. Le fantassin et l'artilleur lui sont imposés, et le rôle de la cavalerie, tout comme dans la guerre de Cent Ans (dont ils ont vite oublié les leçons sitôt qu'elle fut terminée) ramené à une simple partie du tout qu'est l'art de la guerre.... Et même pas la partie la plus importante, comme en témoigne l'obligation sans cesse grandissante sur la période de conserver un nombre croissant de troupes permanentes de toutes les armes pour disposer d'unités professionnelles et d'encadrement professionnel pour les unités relevées lors d'un conflit. De même, la lance disparaît de l'armement de la cavalerie, sauf en Pologne: face aux unités professionnelles armées de piques, elle ne permettait rien. Mais il faudra quand même plus d'un siècle, entre la disparition de la pique dans l'infanterie et la suppression des dernières armures dans la cavalerie (fin XVIIème) pour s'apercevoir que la lance redevenait de ce fait quelque chose de pertinent pour la cavalerie (développement sous Napoléon, généralisation au XIXème). Les guerres de religion en France sont un moment particulier, un peu à part des développements de l'art militaire pour la France: guerres mobiles aux effectifs limités, l'artillerie y est peu présente, et l'emploi de l'infanterie se fait plus par petites unités et de façon très agressives. les batailles sont courtes et sanglantes, et l'interarme à bas niveau, où naissent réellement l'escadron et le bataillon, est la norme, surtout à partir d'Henri IV, capitaine agressif et partisan des campagnes très mobiles faites de beaucoup d'acrochages et de peu de batailles. Au même moment et au début de la guerre de Trente Ans, ce sont les suédois et les Hollandais qui innovent dans la formation de grandes unités de combat interarme (les brigades). L'usage de la cavalerie, dans cette conception de la guerre, devient extrêmement spécialisé, devant s'accorder très étroitement avec les autres armes pour maximiser les effets d'armées réduites (Suédois et Hollandais sont moins abondamment pourvus en hommes et doivent faire au mieux avec peu); le commandement ne conçoit plus le combat que comme combinaison imposant de savoir ordonner un timing précis inspiré par l'expérience. En France, et jusqu'à la Fronde, la cavalerie est encore l'arme nobiliaire où les commandements s'obtiennent par relations et faveurs: son indiscipline sur le champ de bataille n'a d'égale que sa qualité, et il faudra toute la guerre de Trente Ans, la Fronde et les réformes de Louvois pour qu'elle devienne une partie du dispositif de l'armée plus qu'un outil semi-indépendant et culturellement différent. Elle opère cependant longtemps par escadrons groupés en grandes masses (aux ailes généralement) et n'opère surtout que par la charge de flanc, plus rarement de pleine face. C'est avec Frédéric II que la cavalerie de choc et de rupture recommence à émerger: la cavalerie lourde prussienne est pensée par lui comme un outil spécialisé, à utiliser dans des circonstances particulières. Mais elle est désormais entraînée à charger en rang serré, comme de l'infanterie, de face et pour faire éclater le dispositif adverse qui, au XVIIIème siècle, à lâché les groupements de bataillons denses: l'accélération des cadences de feu et de l'entraînement ont permis en effet de laisser la pique de côté et d'étendre le dispositif de bataille pour aligner le maximum de tireurs. C'est le combat en ligne, qui devient très statique vu la "largeur" d'un champ de bataille (ces lignes s'étendent sur de grandes surfaces) et l'accroissement constant des effectifs; l'entraînement des unités à la manoeuvre pour faire adopter ces dispositifs devient lourd, et le commandement, qui ne peut plus voir toute son armée d'un coup, ne maîtrise que peu rapidement cet outil. Une cavalerie faite pour la rupture de ces lignes puissantes, mais fines, redevient donc pertinente. plus tard, la colonne d'infanterie sera vue comme le complément sûr de cette action, lui offrant profondeur et puissance. Napoléon portera ce développement à son apogée avec un grand nombre d'unités de cuirassiers. Ca semble long, incohérent? Faut se dire que chaque fois que des penseurs et/ou chefs de cette époque ont réfléchi à l'aune de la réalité, ils se sont penchés sur l'interarme ou la combinaison des spécialités dans l'infanterie: il n'y , à cette période, plus de pensée générale de la cavalerie comme arme principale ou seule. Quelques-uns, comme Turenne, gardent un attachement partiellement culturel à la cavalerie, mais aussi coçoivent la guerre en troupes légères, préférant refuser la bataille et multiplier les accrochages et mouvements rapides, comptant sur la surprise. Fondamentalement, il y a une leçon à tirer de l'Histoire de la Guerre en général: à toutes les époques, dans toutes les guerres, il y a une ou plusieurs catégories de combattants qui sont plus libres, autonomes, efficaces, moins dépendant du commandement, tout comme il y a une élite dans l'armée de bataille (spartiates, élite des phalangistes macédoniens, légionnaires, grenadiers....), les surdisciplinés qui sont au coeur des grandes batailles mais ne combattent que dans un nombre limité de configurations. Les premiers, ce sont un peu les "aventuriers dans la guerre", ceux qui sont un peu plus "guerriers" et un peu moins "soldats", électrons plus ou moins libres qui sont très efficaces comme ça, mais pas toujours: ce sont les unités de supplétifs, les unités expérimentales, les groupements de circonstances, ceux qui font ce que les unités spécialisées ne font pas.... Et quand un chef sait les employer, les résultats sont parfois spectaculaires au point de faire école et de devenir une institution permanente. Ainsi, il a pu y avoir: - les auxillaires légers du Haut Empire Romain - les troupes légères de l'Ancien Régime, qu'elles soient françaises ou mercenaires (estradiots, hussards) - les cosaques - certaines unités indigènes des empires coloniaux - parfois des unités spécifiques, comme la Légion - aujourd'hui, ce seraient plutôt le rôle des Forces Spéciales Et à partir des Xème-XIème siècles, la particularité du féodalisme a fait que les armées régulières se sont effacées au profit d'une mentalité plus guerrière, sorte de parenthèse historique qui a totalement identifié la guerre (la vraie, la noble) et la décision à une classe sociale et à un type de "système d'arme": la cavalerie, et plus précisément, la chevalerie, qui n'est pas seulement un concept militaire, mais un concept culturel et social qui fait de l'aristocrate "l'homme libre" de sociétés médiévales, qui n'est soumis à personne mais consent au mieux un serment de vassalité, soit un accord entre inégaux en puissance, mais égaux en dignité fondamentale, et qui n'a de force que d'homme à homme. Par essence, cette conception de l'être humain est RADICALEMENT incompatible avec la mentalité militaire et l'idée d'armées permanentes où existe une hiérarchie. Et c'est là qu'est l'os pour lHistoire de la cavalerie comme arme: jusqu'à la fin de l'Ancien Régime, et au-delà jusqu'à la Première Guerre Mondiale, malgré une militarisation sans cesse croissante, la cavalerie en Europe, et particulièrement en France, n'a jamais pu se débarrasser de ce mal endémique que fut la perpétuation de la mentalité nobiliaire (pas de jugement de valeur: le terme de "mal" est ici par opposition avec l'efficacité militaire) dans la cavalerie, de ces comportements de chapelles issues des coteries nobiliaires internes à l'armée (répartition de postes et de régiments, promotions par patronages, chasses gardées, fermeture sociale, lobbyings propres à chaques corps et armes, luttes pour la distinction de telles unités à un statut privilégié, lutte pour les transformations de certaines types de troupes en corps, avec les grades et postes afférents....). La façon de fonctionner de l'administration militaire est une continuité que même la Révolution n'a jamais réellement changé en profondeur, et ce mode de relations internes a continué et s'est adapté jusqu'à aujourd'hui. Avec en plus ce caractère particulier de la généralisation de la mentalité nobiliaire à l'ensemble des officiers, particulièrement dans les amres "nobles" (infanterie et cavalerie, puis artillerie au XIXème siècle). C'est en effet au tournant de la "professionalisation" des armées (XVIIème-XVIIIème, que la noblesse a perpétué son rôle et sa présence dans l'encadrement (même si la cavalerie gardait leur préférence), et tous les officiers se sont donc alignés sur ce modèle nobiliaire. qui fut le moule de naissance de l'officier moderne. Poursuite de l'Ancien Régime aussi, particulièrement dans ce qui se passe dans l'armée après la guerre de 7 ans et la refonte des réformes Choiseul et St Germain qui redéfinissent la façon dont les armes se parlent entre elles, moins sur le plan opérationnel et plus en temps de paix, en interne. Et en temps de paix, les armes, ce sont les chapelles. La graduelle mise à l'écart de l'institution militaire vis-à-vis de la société au XXème siècle n'a fait que renforcer ce comportement. De même, la stratifiation et la sédimentation des grades et rangs, qui sont aussi des critères sociologiques, n'a fait que confirmer ces évolutions. Et sur ce plan, il serait intéressant de souligner à quel point le modèle de l'armée romaine, par essence professionnel à partir de la réforme de Marius, semble plus approprié à l'époque actuelle: les aristos, les élites, ne sont et peuvent être qu'officiers de haut niveau, les officiers généraux en prise avec la réalité des décisions politiques auxquelles ils participent et sont appelés à participer, et qu'il comprendront toujours mieux que des militaires purement professionnels. Aucun aristo ne peut alors être un officier de bas niveau, rôle éminemment opérationnel qui requiert lui aussi son expertise et son expérience, ainsi qu'un statut humain acquis avec le temps. Aujourd'hui, les bas officiers, ceux en charge d'unités opérationnelles à un niveau où se fait la décision, sont les jeunes, ce qui est absurde et correspond à une autre époque, celle des armées de masse se groupant en larges concentrations denses où le bas officiers doit être éduqué, mais n'aura jamais une grande autonomie, étant sous l'oeil de son supérieur, lui-même aussi sous l'oeil du sien.... -
[Porte-Avions, arbitrage décisionnel une affaire et une volonté Politique]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Europe
Quel optimisme :lol:. "Would be" serait plus approprié :P. -
Quand les Etats-Unis égarent les codes pour l'arme nucléaire
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Lord Aevy dans Politique etrangère / Relations internationales
S'ils visent Beaubourg et/ou l'Opéra Bastille, l'anti-américanisme va baisser :P.... A supposer qu'ils puissent ne détruire que ça. -
Un truc marrant qui a aussi été l'objet d'études sociologiques (sur les milieux fermés) au point de devenir une référence: le cas des unités de bases de lancement de missiles nucléaires aux USA. Ils avaient vu que le facteur temps et l'isolement rendaient ces gens les moins enclins à accepter de balancer la purée, le comportement changeant radicalement, et assez vite, dans ce genre de garnisons très isolées. Et au global, les personnels de ces unités se "démilitarisaient" dans une bonne mesure au fil de leur séjour sur base (ils devenaient pas antimilitaristes quand même).
-
budget Les budgets militaires en Europe vont-ils souffrir de la crise ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de S-37 Berkut dans Economie et défense
Comme quoi, l'argument d'une "armée européenne", dans la bouche des dirigeants actuels, ça ne correspond qu'à une compréhension budgétaire de la chose.... Faudrait leur dire qu'une armée, c'est fait pour faire quelque chose: on ne décide pas d'avoir une armée dans l'absolu. En l'état, une "armée européenne" serait faite selon les desideratas de la majorité des pays, à savoir un machin léger dont l'essentiel ne pourrait être projeté (et personne ne le voudrait) sauf pour des jobs anecdotiques de supplétifs de la volonté US et quelques opérations humanitaires pour faire bien devant la caméra, sans politique ni volonté réelle, ni conception d'une sphère d'intérêts. Et ça supposerait aussi, bien sûr, une industrie concentrée toujours selon l'arbitrage et la volonté de ceux qui dominent et ont la faveur des ricains (tous ces gens qui s'abonnent au F-35 et au bouclier antimissile, à la couverture de théâtre made in USA et aux drones yankees....). Les Allemands feraient tous les véhicules blindés, accessoirement, leurs sites aéronautiques toujours pas réformés depuis les scandales divers seraient garantis de préservation, leurs chantiers navals placés au coeur d'un dispositif "européen".... France et RU gardant des capacités de niche et une part du gâteau aéronautique et naval. Le tout avec le beau langage politique fleuri pour parler de "rationalisations", "d'intérêts de toute l'Europe", "d'indépendance" et autres hypocrisies.