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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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:O Ils renoncent à l'idée même d'un vrai hélico lourd au profit de la capacité vraiment moindre de l'Osprey (sans parler de sa dispo et de son soutien)???? Y'a du sérieux lobbying derrière ça!
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Pas de danger! A l'époque, les snipers de l'infanterie de marine française avaient une vraie formation spécialisée, et elle était pas dégagée à chaque pseudo-réforme :lol: comme les sections TE vont l'être. Nelson a pas été raté, et il restait plus assez de cervelle pour qu'un esprit put s'en échapper.... Quand à savoir s'il avait une âme :P.... Ben, c'était jamais qu'un Anglais ;). Ben ça semble même le truc précisément en question à cette heure; évidemment, les grands modèles et choix d'orientation existent, et la vraie question est de savoir lequel sera utilisé comme prétexte au sabrage et apportera un semblant de discrimination au dit sabrage. Parce que l'un des avis émis plus haut est sans doute vrai: la RN chercherait à préserver un spectre complet de capacités mais en version réduite, soit le passage de la flotte en mode "marmotte pour l'hiver" :lol:. Mais l'autre versant de ce genre de stratégie est celui des capacités industrielles: en-dessous de combien d'unités de chaque type la production cesse t-elle d'en être viable et soutenable à moins de considérer ce type de dépense comme un investissement de guerre (à long terme) en soi. C'est par exemple le choix fait par les Japonais pour pas mal d'armements de types jugés importants, notablement certaines séries d'avions plus ou moins nationaux (plutôt plus que moins ces derniers temps), ou encore leurs chars de combat, produits et maintenus en productions ralenties à un coût réellement exorbitant mais jugé stratégiquement pertinent. Produire 1 CVF, c'est reposer la question de leurs chantiers navals d'ici à 3-4 ans. En produire deux, c'est peut-être relancer la chose, ou en tout cas se donner assez de temps pour envisager l'avenir, y compris dans le militaire. Mais la question se pose déjà -et ils l'ont posée- pour leurs SNLE et leur remplacement. Si le choix de 3 unités est fait, voudront-ils garder à la fois la volonté et la capacité de produire de telles unités, leurs équipements et leur technologie (ou même perdre des "bargaining chips" avec les Ricains pour ce faire)? Quand à la question de la "poussière navale" et autres petites unités de tous types, du petit patrouilleur local non océanique jusqu'aux navires potentiellement "hybrides" pouvant faire de la présence et ayant un minimum d'équipements pour appuyer, si besoin était, une force "Blue Water Navy" (sans doute surtout par des missiles antinavires et des capacités de patrouille/protection contre les petites menaces), elle est sans doute plus réelle et un véritable enjeu pour les marines à vocation "grand large" qu'elle ne l'a été depuis longtemps. Précisément parce que les traffics et menaces non étatiques ou para-étatiques, avec ou sans Etats (fragiles ou en guerre civile) à leurs côtés, sont un enjeu de sécurité quantitativement gigantesque aujourd'hui, appelant à une redafinition du rôle de beaucoup de marines, d'abord et avant tout parce que peu d'Etats ont les moyens d'assurer contrôle et sécurité, et ensuite parce qu'aucune autre force ne peut faire ce taf encore politiquement, stratégiquement et juridiquement mal défini. Caser ce genre de forces sous l'appellation traditionnelle de "poussière navale" ne résumera pas une vraie question de sécurité qui ne répond pas au monolithisme de la théorie mahanienne sur l'affrontement décisif de flottes de haute mer (théorie déjà partielle en son temps et largement critiquée). Il s'agit tout connement d'une ancienne menace dont la dimension a changé, et qui se présente donc sous un nouveau jour et acquiert de ce fait une nouvelle nature appelant une nouvelle conception et définition d'une partie des Marines qui ne sont pas que des flottes de combat de haute intensité. Surtout dans le cas de puissances voulant avoir un siège, ou même un tabouret, à la table des grands du monde. Plus que la France, l'Angleterre doit affronter ce fait plus têt, notamment en raison de sa plus faible "empreinte au sol" (ou plutôt à la mer) au niveau mondial. Si elle opte pour une surconcentration des deniers dispos sur la capacité de projection d'une force amphibie et d'une force aéronavale, aux dépends de tout le reste, elle ne sera plus qu'une "Italie de luxe" aux yeux des ricains: un partenaire fréquemment aligné qui amène une capacité d'appoint satisfaisante et parfaitement contrôlable quand il y a une invasion à faire ou un Etat à bombarder, comme l'Italie ou l'Espagne mais en plus autonome, interopérable et complet. Et rien d'autre.
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Pourquoi? La Marine britannique va devoir procéder à un changement qui de fait impose un choix de modèle, d'orientation et de missions donné. Le fil n'est-il donc réservé qu'aux descriptifs d'armements qui seront ou non sur tel ou tel navire?
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Blackwater : L'ascension de l'armée privée la plus puissante du monde
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Suchet dans Politique etrangère / Relations internationales
Blackwater/Xe fait aussi dans la formation; ils sont multi-services. Comme beaucoup d'autres boîtes du même genre, ils récupèrent même nombre de spécialités d'entraînement que les forces armées choisissent de ne plus assurer, en outsourcing. Le chéri a apparemment bobo à l'âme parce qu'il a plus Rumsfeld pour lui garantir des contrats en or pour foutre sa merde partout en se disant "patriote"? Va t-il outsourcer pour faire pleurer sur son sort? -
C'est vrai, mais dans le cas de l'exemple évoqué, il s'agissait des Antilles et du Golfe du Mexique qui sont complètement quadrillés par les USA, par tradition de chasse gardée, mais surtout en raison de la guerre antidrogue qui mobilise des moyens énormes de la Navy, des Coast Guards et de l'US Air Force (plusieurs AWACS se relaient notamment pour assurer une permanence sur la moitié du Golfe), avec en plus des implantations au sol comme celle, évidemment, du Panama, et sans évoquer les moyens des divers services fédéraux qui s'adressent à la lutte antitraffic (FBI, DEA, ATF plus des officines spécialisées) ou encore les structures de coopération avec les Etats de la zone et qui, de fait, sont chapeautées par les Ricains. Cette zone est sans doute la zone maritime la plus surveillée de la planète. Les Anglais, puisqu'il s'agit quand même d'eux dans ce sujet, vont faire un choix, quoiqu'il arrive avec les coupes annoncées, qu'elles prennent le chemin le plus rude ou limitent les dégâts: même les options de coupes les plus modérées vont changer durablement leurs capacités et diminuer d'un cran leur champ global d'action. Sans doute, comme Philippe le dit, ont-ils encore de la marge pour conserver leur puissance d'intervention ponctuelle à un niveau d'autonomie, mais de petit niveau (projection d'une brigade réduite accompagnée en différé d'un GAN respectable), mais quid du reste? C'est ce reste qui fait la vraie puissance hors temps de crise (les 2 domaines sont inséparables, et n'en envisager qu'un est suicidaire): les Ricains ont besoin, mais pas un besoin vital, de cette capacité supplétive, et en tant que capacité autonome de menace, cette force sera comme elle l'est déjà aujourd'hui, à savoir une menace crédible pour un nombre assez limité d'adversaires potentiels.... Sauf pour ce qui concerne la flotte sous-marine, une flotte de 6-7 SNA restant encore aujourd'hui une force que peu de pays peuvent contrer; mais évidemment, les SNA ne sont une menace réelle que contre des cibles maritimes, et un petit appoint pour l'action vers la terre. Donc faible capacité en ce qui concerne l'action ponctuelle, mais ça, ça ne change pas. Et il y a le reste, qui lui de toute façon va morfler sévère. le fait que le contrôle et la sécurité des mers ne soit plus un sport très pratiqué ne veut pas dire qu'il n'a pas besoin de l'être; il veut juste dire que les Etats s'en affranchissent de plus en plus depuis les années 80.... Et qu'à la place s'installe un vide que le privé investit à la marge (hommes armés à bord des navires....), mais qui au global est et sera de plus en plus une cause de problèmes. La surveillance des zones de pêche est bien le moindre des problèmes que la "poussière navale" doit traiter. Donc au final, que dire sinon précisément que ce champ devrai être réinvesti sérieusement par des Etats occidentaux qui l'ont déserté alors même que leur capacité fondamentale pour ce qui est de la traditionnelle Blue Water Navy mahanienne est de toute façon cantonnée à une dimension minimum? L'Angleterre sera la première à franchement envisager la réduction à l'extrême minimum tolérable de sa capacité "classique" de haute intensité. N'est-ce pas l'occasion d'un redéploiement sur ce créneau méprisé des OPV, navires de petit tonnage, avions, drones et hélicos de surveillance, créneau qui devrait franchement être repensé comme autre chose que le terme de "poussière navale" qui empêche de prendre le problème plus sérieusement? Autant sacrifier les remplaçants des T22 pour ne garder que de quoi assurer l'escorte ASM de 2 groupes maxi (amphibie ou GAN), et avoir une force cohérente d'action "ultima ratio", et mieux envisager le reste, parce qu'il s'agit d'un "secteur d'activité" très maltraité depuis 3 décennies. Les Etats sont forts avant tout parce qu'ils assurent la sécurité des axes commerciaux, mais aussi parce qu'ils les régulent et arbitrent les litiges. Les ricains s'affranchissent en grande partie de cette réflexion, d'abord et avant tout parce qu'ils ont les Coast Guards qui sont quand même dans le top ten des flottes du monde en tonnage.
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L'une des possibilités qui s'offre aux Anglais dans cette optique est de concentrer à l'extrême la Navy, sur le spectre des interventions pures et dures, en ne gardant réellement que le stric minimum pour avoir une force amphibie et une aéronavale, avec un dimensionnement réduit de l'escorte pour pouvoir les accompagner. Et à l'opposé du spectre, développer au maximum les forces de patrouille et poussières navales pouvant opérer à grande distance et durablement.... Et plus rien entre les 2. C'est une option possible vu leur capacité à faire des choix tranchés. Et il suffit de voir à quel point la simple opération de police des mers au large de la Somalie est devenue une affaire multinationale qui, à soi seule, impacte gravement la dispo des flottes occidentales alors que ça devrait même pas être une affaire digne de médiatisation. Limiter la chose à la capacité fondamentale à intervenir et non à un minimum de présence permanente, c'est nier le fait que les trafics ont une dimension énorme et permanente qui réclament des efforts parallèles. Mais plus encore, c'est se priver d'une capacité de dissuasion pour tout ce qui est "low profile": la capacité d'intervention comme dissuasion n'est pas que contre une agression militaire directe et massive, mais aussi contre des accrochages répétés entre certains pays (pas les grands) aux confins douteux de leurs eaux territoriales incontrôlées, contre des pays un peu trop complaisants (par corruption et/ou manque de moyens, voire une certaine mesure de volonté politique) avec les trafics en tous genres voire même des activités de piraterie, contre toute gamme d'abus de faible ampleur par des acteur étatiques ou non.... Pour ce qui est des positionnements permanents outre-mer, encore faut-il qu'ils soient aptes à recevoir et soutenir si besoin est de forces de grandes dimensions, et qu'ils soient défendables un minimum par eux-mêmes pendant un temps (est-ce le cas de la Polynésie?). Coopération, c'est quand on a son mot à dire: travailler comme supplétif est le terme plus adéquat ;) :lol:. Là n'était pas le point: le fait est que peu de pays peuvent assurer ces normes, qu'elles soient suffisantes ou non, ce qui veut dire que pour la masse des pays à façade maritime qui n'ont pas ces moyens, les trafics sont en zone plus ou moins libre, et posent un problème de sécurité qui aujourd'hui a atteint une échelle réellement énorme. Et une bonne part de ce problème est de facto du ressort de la sécurité maritime et hors de toute atteinte des polices et douanes qui se débattent dans leurs frontières. Problème de sécurité global traitable en amont + hors des frontières + conséquences géopolitiques bien concrètes et plus chères à traiter en aval = du ressort du militaire au temps jadis.
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Blackwater : L'ascension de l'armée privée la plus puissante du monde
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Suchet dans Politique etrangère / Relations internationales
Ce qui est hallucinant, c'est l'absence de vrai débat sur ce qui est "coeur de métier"; apparemment, tout le monde a l'air de considérer comme un acquis que le seul boulot de l'armée, c'est le combat au sens le plus strictement défini qui soit, en niant le fait que c'est une perception extrêmement réductrice et historiquement complètement fausse. Le recours au privé pour nombre de spécialités qui ont l'air d'être aujourd'hui présentées comme "non militaires" a été de toutes les époques.... Et à chaque fois, les résultats se sont avérés lamentables dans le moyen terme (évidemment pas pour les fortunes faites par les dits acteurs), au mieux, et problématiques jusque dans les questions diplomatiques, au pire (de tels acteurs devenant des facteurs de guerre). Mais apparemment, faut redécouvrir cette leçon régulièrement, et tant pis pour les dégâts causés entre temps. Evidemment, un des envers du débat est la mauvaise gestion des armées (comme toute structure de grande taille) sur beaucoup de facteurs, dont un des plus importants est la "2ème carrière" des bons éléments des forces, et en fait les perspectives offertes à ces hommes. Mais résultat, pour nombre de personnels de haute valeur, l'armée est juste un moyen de se "diplômer" pour accéder à ces boîtes. -
Blackwater : L'ascension de l'armée privée la plus puissante du monde
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Suchet dans Politique etrangère / Relations internationales
Avantages multiples, et pour l'essentiel des avantages de très court terme: - de petites structures (plus si petites maintenant) ne payant pas en permanence leurs employés (qui ne sont que référencés et payés quand ils sont en mission) offrent une solution d'ajustement rapide à la marge.... Seulement "à la marge" en parlant de l'armée US et de ses engagements, c'est énorme - mythe de l'outsourcing à outrance - tout ce qui n'est pas jugé dans le "core business" dans une définition elle-même très restrictive de ce qu'est la force armée, est écarté par les "puristes" :P de l'armée qui est réduite à sa stricte dimension d'intervention: protection d'ambassades et de sites sensibles dans et hors des frontières, protection de personnalités politiques, entraînement de forces alliées, mais aussi intervention pure et dure dans de nombreux cas - engagements monstrueux et permanents des forces US, en parallèle avec 20 ans de réduction de format et d'affaiblissement de la notion d'Etat et de "monopole de la violence légitime" - difficultés de recrutement, surtout qualitatif, dans les forces conventionnelles - tradition US du recours indifférencié à des privés pour des actions complémentaires de celle de l'armée, même si, jusqu'aux années 80-90, les "privés" pour tout ce qui regarde l'action proprement dite, avaient été cantonnés à la sphère très discrète et réduite de l'action clandestine - tradition aussi extensive aux USA du recours au privé pour le gardiennage de certains types de structures et bâtiments (centrales nucléaires....), ainsi que pour des métiers d'investigation (pour le compte d'assurances surtout) parfois proches du renseignement: Kroll, Wackenhutt et nombre d'autres étaient déjà des géants dans leur genre bien avant cette vague d'explosion des contractors. Ce fait a permis l'existence de vastes entreprises qui avaient donc déjà une "base industrielle" pour nombre de ces activités qui sont surtout en phase d'expansion massive plutôt que d'invention/réinvention - last but not least, le flou juridique absolu face à des situations de guerres "sales" et non étatiques: bien commode d'avoir recours à d'autres pour faire du sale boulot tout en faisant semblant de vouloir l'interdire Problème, ces boîtes prennent des logiques de marché: extension permanente de l'offre en variété, en qualité, en quantité, lobbying déformant (avec pour effet bien réel de déformer la perception du public comme des décideurs sur bien des sujets, notamment leur fameuse "rentabilité"), expansion du domaine du marché, concentration, abus de positions et de moyens (souvent dans des Etats en reconstruction: activités purement criminelles, pressions plus ou moins directes sur les dits Etats, abus des facilités dispensées par les forces US ou anglaises....), abus du flou juridique, corruption-surfacturation-conflits d'intérêts (c'est général, mais dans un secteur comme la violence professionnelle, ça ne devrait pas être si irrégulable), vampirisation des meilleurs éléments des forces armées (sergents de carrière, opérateurs de FS).... Bref, c'est plus la dimension du phénomène et ses logiques de développement et d'intérêt que son principe même qui posent le réel problème et en amplifient d'autres. Ce n'est pas un phénomène neutre et sans conséquences qui n'induit que des facilités comptables, par ailleurs elles-mêmes souvent douteuses. Et il ne fera que se renforcer, si bien qu'il est très probable que d'ici peu, de grands groupes multinationaux disposeront de forces armées et seront devenus d'authentiques acteurs étatiques de fait, encore plus qu'ils ne le sont maintenant, et sans réel contrôle. Mais le vrai drame est qu'il s'agit d'un secteur économique très faiblement régulé, et surtout peu régulable (personne n'est d'accord dessus, et surtout pas au niveau mondial: qu'importe si quelques pays adoptent un cadre légal strict), et dont l'intérêt est par essence l'instabilité et le sentiment d'insécurité. -
Dans les frontières, oui évidemment.... Mais combien d'Etats sur la planète ont les moyens et la volonté d'assurer même le service minimum? Pas vraiment la majorité; y'en a même pas mal dont c'est l'intérêt de ne pas le faire (en Europe même, l'Albanie est l'exemple le plus caricatural). Et principe ou non, théorie ou non, à l'arrivée, une arme en contrebande est infiniment plus chère et longue à "traiter" une fois qu'elle est entre les mains de son utilisateur final. Les routes commerciales comme leurs points de départ/arrivée sont un enjeu stratégique, mais le dimensionnement actuel des moyens militaires, seuls capables de les garantir en l'absence d'une majorité d'Etats capables et volontaires, est limité à ne pouvoir s'en occuper que si elles étaient menacées de la pire et plus extrême des façons, à savoir une offensive militaire (et encore, en un seul point). C'était précisément la stratégique britannique historique de créer des routes (et de faire la guerre pour elles au besoin) qui étaient, dans leur trajet comme dans leurs escales) aussi sûres et fiables que possible (et pas que contre une menace militaire, mais contre toute la gamme des menaces) pour offrir un niveau de garantie tel que le coût de trajet devenait de plus en plus négligeable. Et accessoirement pour pouvoir imposer ses règles de commerce et ses intérêts aux autres ;). Apparemment, cette leçon est passée aux chiottes. Et que restera t-il? Une capacité d'intervention réduite, loin même de la capacité de la guerre des Malouines. D'où le fait de n'avoir que le droit de la fermer en dehors des petits trafics. Pas seulement, justement, parce que les trafics impactent toute la planète, et les pays développés aussi même quand ils se passent en dehors de leurs frontières. Mais encore une fois, peu de pays sont même capables de contrôle fiables sur X% des marchandises en transit.... Quelle valeur cela peut-il avoir?
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Blackwater : L'ascension de l'armée privée la plus puissante du monde
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Suchet dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est alarmant et déjà discuté sur plusieurs autres topics, mais c'est un vrai enjeu de politique internationale. Evidemment, il y aura aussi un temps de transition: au-delà du seul sujet de la fausse rentabilité de ces services, le marché, comme tout autre, atteindra un jour un niveau de fin de "primo-équipement" dans les conditions actuelles: leurs super "ex des forces spéciales" sont une ressource rare et de toute façon limitée, et vampiriser les forces nationales comme ils le font peut menacer cet approvisionnement pour eux. Ca pose une sérieuse limite de croissance à moins de changer de logique et d'entraîner eux-mêmes des opératifs de tel niveau en quantités importantes et de les maintenir sur le pied de guerre, ce qui n'est pas du tout la même gamme de coûts et de structures. Mais en attendant, une structure comme BW et quelques-unes de ses homologues sont de fait devenues un secteur économique puissant et influent auprès des grands décideurs, et c'est un secteur économique dont l'intérêt et la logique sont l'instabilité. Quand en plus il faut se rappeler que ce secteur se concentre, mais se rapproche aussi de tout ce qui concerne la sécurité au sens large, y compris d'authentiques structures de renseignement privées qui sont loin de n'être que des bases de données (mais donnent aussi dans le sale business), et s'adosse à des géants de l'assurance, y'a de quoi s'en faire un peu plus pour l'avenir. -
Vrai, mais la capacité de contrôle française n'est pas plus grande que la britannique: il y a des forces stationnaires dans la ZEE, certes, mais qu'ont-elles de crédible? Et elles ne peuvent certainement pas, de là, représenter une force de sécurisation des axes commerciaux, par leur faiblesse même et leur ambition toute locale et, au mieux, spécialisée (lutte antidrogue). mais de fait, c'est aussi un problème plus général que la police des mers, la sécurité ET le contrôle (notamment antitraffics) des axes commerciaux, sont des domaines défaillants au sens large, et de plus en plus lâchés par les grands Etats. Comment s'étonner, par exemple, que le trafic d'armes ait connu une telle explosion ces 2 dernières décennies si le contrôle douanier, portuaire et maritime est devenu aussi lâche, malgré une sophistication toujours plus grande? Les polices et douanes ne peuvent gérer que ce qui passe par leur eaux territoriales, et plutôt au sens restreint (et en plus dans des proportions très insuffisantes), et le nombre d'Etats sur la planète qui peuvent et veulent assurer même ce niveau minimum de contrôle, ce nombre est assez réduit, et seuls les militaires et la volonté politique des grands Etats peut apporter un minimum de correction. Parce qu'en définitive, pour rester dans le seul exemple restreint pris plus haut, ces mêmes armes qui sont trafiquées sont 10 fois plus "chères à affronter et traiter" quand elles sont aux mains de leur destinataire final? Sans compter que plus le contrôle sur les axes commerciaux se relâche, plus les coûts du transport maritime en général augmente; la piraterie et la montée des coûts d'assurance maritime ne sont qu'un avatar particulièrement spectaculaire de ce problème. Or, dans les grands débats stratégiques qui orientent les choix d'appareil militaire, l'impression générale est quand même que ce domaine majeur est écarté au profit du seul "domaine sexy" de l'intervention, qui reste seulement l'ultima ratio regnum en particulier de l'ultima ratio regnum en général :lol:que sont les forces armées. Forcément, ça parle et c'est plus "visuel", mais en attendant, c'est quand même un constat de merdage en amont quand il faut en arriver là.
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Il y a surtout la question du délayage inévitable dans le temps des projets en cours (ou de ceux qui vont y survivre, en totalité ou en partie); pas les mêmes coûts dans l'absolu, pas les mêmes coûts annuels. Quoiqu'il arrive, ils vont redéfinir leur capacité globale parce que de toute façon, elle sera impactée durement, et l'équilibrisme actuel pour les missions sera balayé. Ils ont l'air de tout sacrifier à la préservation (hors dissuasion) d'une capacité d'intervention ponctuelle crédible (GAN, SNA, amphibie), ce qui est un choix, celui de la capacité de guerre maximale, même si à échelle si réduite qu'elle contraint de facto au rôle de pur auxiliaire, sauf s'il faut aller réduire la terrifiante puissance de la Sierra Leone. Mais pour ce qui est de la surveillance des axes commerciaux, de la capacité de présence permanente, de la police des mers en général.... Toutes choses liées au statut et à la capacité de puissance dirigeante, tout cela semble destiné à être définitivement enterré. La puissance anglaise, bien plus que sur les colonies proprement dites, s'est bâtie sur la stratégie de contrôle des flux et donc la capacité à les surveiller, à les sécuriser en permanence. Perdre cette capacité pour la seule conservation d'une base de force d'intervention est un choix rationnel en l'état des choses, mais ça ne sera pas sans impact sur l'influence anglaise (ce qu'il en reste).. C'est pareil pour la France d'ailleurs, même si avec des choix moins tranchés, des hésitations coûteuses et une persévérance dans les demi-décisions.
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N'est-il pas à craindre qu'ils sabrent dans le programme de remplacement de leurs frégates (hors T45)? Mais alors sabrer pas qu'à moitié: en l'état des choses, c'est, politiquement et financièrement, le plus vulnérable des grands programmes. Les T45 conserveraient leur effectif plancher à 6, mais se verraient cantonnées à jouer les frégates multi-usages, et ce d'autant plus que si un PA était sabré, quel besoin d'aligner 6 machins pareils, auquel cas certaines pourraient ne pas recevoir tout le package PAAMS. En l'état, leur flotte de surface est surtout définie comme escorte, aux dépends de tout le reste, soit un besoin d'emploi ponctuel: remettre en cause un PA, c'est viser aussi ce qui va avec.
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S'ils l'annoncent aussi publiquement, y'a sans doute des chances pour que ce soit justement pour obtenir le prétexte politique de ne pas l'annuler. D'autant que ce cas est politiquement très sensible car, outre les dimensions symboliques, stratégiques et financières (maousse= visible), il s'agit de questions plus larges de politique intérieure, à commencer par la restructuration des chantiers navals qui accompagne le projet.
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J'ai pas étudié le sujet des masses, sauf pour les racines. Mais si il y a à la base (lointaine) des peuples cavaliers ayant toujours été nomades (du groupe iranien ou turco-mongol), il ne s'agit en aucun cas d'ethnies, car au fil des siècles, ces groupes ont été rejoints par les masses successives de paysans chassés de leurs terres, de laissés pour compte, d'évadés et personnes en délicatesse avec la loi, de déserteurs.... Les cosaques sont-ils des peuples? Dur à définir, mais globalement non. Ce sont des groupes avant tout longtemps définis par leur mode de vie nomade et semi-indépendants, et la culture qui en découle, mais qui se sont presque toujours conçus hors d'une notion d'Etat, concluant historiquement un arrangement plus ou moins permanent avec des Etats institués (ils rendent service et en échange, ils sont pas emmerdés et un territoire frontalier est laissé à leur discrétion), même si ponctuellement, des tentatives de rébellion ou d'authentiques ambitions étatiques ont pu exister. Il y a plusieurs grands groupes de cosaques, qui sont les branches principales de hordes "historiques", et ce nombre s'est multiplié en plus petites entités au fil de l'expansion russe dont les cosaques ont toujours constitué les unités d'avant-poste et de "pacification", étant par nature des unités de frontaliers. "Cosaque" vient du turc "qazaq", qui veut grosso merdo dire "homme libre", "aventurier", "indépendant", ou encore "errant".
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USA : politique intérieure
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
Est-ce plus le pouvoir en soi des médias, l'absolue inculture/malléabilité du public US, ou la réelle infiabilité des sondages :lol:? Un mélange des 3, certainement, mais lequel est le plus déterminant? Il y a un distingo entre les 2 premiers, en ce que sur des questions où l'information est large, variée et entrée dans les moeurs et esprits, il est nettement moins facile de faire changer l'opinion, quelle que soit l'importance de la campagne médiatique. -
[Belgique]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Jojo67 dans Politique etrangère / Relations internationales
Bof, de toute façon, elle était déterrée depuis longtemps: quand le grand argument des administrations en Flandres qui contraignent à l'emploi absolument unique du flamand se résume à "on doit parler la langue du pays dans lequel on est" (en "oubliant" que le dit pays, c'est la Belgique), faut pas s'attendre à grand chose de plus d'une telle bande de connards trop hypocrites pour mettre franco le sujet sur la table. -
Mais en parfait accord, voyons, comment oses-tu douter du contraire :P? De même, le 5,56 est la munition de loin la plus adaptée à un tel théâtre, et il doit rester le calibre de base de tous les fantassins de chaque GC; cela aussi est un RETEX absolu et sans contestation possible .
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Pour les étudiants américains de 2010, la tchécoslovaquie n'a jamais existé.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Divers
Dans les facs US, c'est même une activité importante avec une administration conséquente. -
Pour les étudiants américains de 2010, la tchécoslovaquie n'a jamais existé.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Divers
En même temps, faut quand même reconnaître un truc.... La Tchécoslovaquie, qui en a quelque chose à foutre? Ca a pas duré longtemps, ça n'a servi à rien et ça n'a pas pesé grand-chose ;) :P.... -
Pour les étudiants américains de 2010, la tchécoslovaquie n'a jamais existé.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Divers
Parce qu'en France, la recherche, surtout appliquée, ne se trouve pas dans les universités. Qu'il y ait un problème de recherche en France, c'est un fait, mais faut pas le caricaturer. Les labos des facs US sont encore de grands labos de recherche appliquée, travaillant en réseaux complémentaires avec des structures publiques, mais surtout des labos privés (auxquels ils commencent d'ailleurs à appartenir en totalité, mais c'est un autre débat), c'est un fait. Mais la production paperassière est liée à ça aussi, recherche appliquée comme fondamentale: un prof américain faisant de la recherche, fondamentale ou non, produira chaque année 10 papiers là où seulement 1 serait justifié, voire même pas toujours (les résultats en science ne sont pas automatiques, ni même les leçons d'une foirade), parce que c'est un critère quantitatif mesurable qui sert à produire un ratio qui donne l'impression aux administratifs et financiers qu'il y a "du résultat". Peu de monde est réellement dupe, mais c'est comme ça. Mais le problème est que cette production (et c'est là le débat, pas le niveau de la recherche en général) sert à déterminer grandement la "qualité" affichée de structures d'enseignement, alors que ça a peu à voir avec la formation d'étudiants, sinon pour dire "regardez, y'a des putains de chercheurs ici"..... Les choux servent à justifier les serviettes ;) :P. De même, le réseau d'anciens est l'autre grand facteur déterrminant, ce qui est aussi déconnecté de la qualité de l'enseignement et du résultat "produit fini" qu'es censé être un diplômé. Alors effectivement, un réseau relationnel est utile et ajoute quelque chose à un étudiant, évidemment; mais là c'est considérer comme essentiel quelque chose qui est complémentaire. Et c'est d'autant plus vrai que vu la taille des structures et des dits réseaux (ça se compte en dizaines/centaines de milliers "d'alumni), ça n'a aucune crédibilité en tant que réseau professionnel et relationnel ou même comme "facilité" d'accès à d'autres personnes. La quantité dévalorise la notion de réseau vu que à peu près n'importe qui y a accès. résultat, les vrais réseaux sont ceux des sociétés d'étudiants (surtout celles dites "secrètes", même pas les fraternités qui, depuis qu'elles se fédèrent au niveau des USA entiers, amènent le même problème de quantité). Mais voilà 2 facteurs qui n'ont rien à voir avec la qualité de l'enseignement, et encore moins avec la qualité moyenne des diplômés, et qui sont quand même pris comme les premiers critères d'appréciation d'une université. D'où la nullité de ces classements. -
Pour les étudiants américains de 2010, la tchécoslovaquie n'a jamais existé.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Divers
Ben.... Pour revenir au sujet, faut dire que les étudiants, syndiqués ou non, n'ont pas le bagage pour réfléchir à ces sujets :lol:.... -
Pour les étudiants américains de 2010, la tchécoslovaquie n'a jamais existé.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Divers
Ce n'est d'ailleurs même pas seulement un problème sur un système éducatif qui n'est pas là que pour faire des actifs (mais aussi des individus ayant le potentiel de s'épanouir, et des citoyens), car même de ce côté là, ça pêche de plus en plus: la formation surspécialise pour le premier métier, et sous-arme pour progresser/changer de carrière. Produire des spécialistes et dézinguer tout ce qui fait des généralistes, ce n'est pas seulement cloisonner et tuer les grands domaines de la pensée et de l'analyse à haut niveau, c'est aussi enfermer les élèves/étudiants. Les classements d'université, c'est en grande partie de la blague pour attirer les budgets et les étudiants aux parents fortunés et donateurs; le premier indicateur pour ce département "recherche", c'est le nombre de papiers publiés.... Juste le nombre; résultat, les chercheurs sont incités à produire des quantités de papier sur que dalle, répétant mille fois de diverses manières des faits et choses connues et déjà traitées mille fois, sans aucun apport. Les 3/4 de ces papiers de "recherche" ne valent pas les arbres massacrés pour les imprimer. Souvent de l'avis même de leurs auteurs qui sont incités à ce stackhanovisme creux. -
Pour les étudiants américains de 2010, la tchécoslovaquie n'a jamais existé.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Divers
Beaucoup de cas très notoires se retrouvent jusque dans les annales de concours de grandes écoles.... Quelques perles connues à Sciences Po: - Salazar: gare parisienne :lol: - "Singapour" écrit "Saint Gapour" L'histoire ne dit pas si ces candidats ont été admis malgré ça, mais vu pas mal d'exemplaires fréquentés à la rue St Guillaume, c'est pas impossible.... Et ça se retrouve partout dans l'enseignement supérieur dans tous les pays: tout ce qui n'est pas matière directement appliquée et applicable (business, sciences exactes....) est dévalué et foutu aux orties, et/ou mal enseigné/idéologisé. Le monde actuel veut des masses d'idiots savants, spécialisés dans un domaine et shootés à la pop culture pour le reste. Et pourtant, tout cela ne veut pas dire que c'était tellement mieux avant; après tout, la population la plus éduquée et cultivée d'Europe à son époque (taux d'alphabétisation et niveaux de scolarités les plus élevés) a bien voté démocratiquement pour Hitler et favorisé, dans les rues, son organisation de petits chefs venus des couches les plus incultes et obtuses de la société. Ne pas sous-estimer la culture, mais pas non plus la surestimer; elle ne formate pas nécessairement l'être humain dans une mesure importante. Si tu examinais l'ensemble des gens, toutes époques confondues, qui ont lu, au hasard, 40 grands classiques de la littérature et qui connaissent leurs cartes du monde raisonnablement bien, tu ne trouverais pas forcément même 10% de gens intelligents, éclairés et ouverts sur l'autre. Et quelqu'un qui ne lit que de l'heroic fantasy et aucun roman dit "de qualité" ne sera même pas forcément une meilleure proie pour les populismes les plus abjects que celui qui dispose d'une grande culture générale. -
Pour les étudiants américains de 2010, la tchécoslovaquie n'a jamais existé.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Divers
L'un des pires trucs de ce mode d'enseignement, et c'est assez symbolique, c'est d'autoriser la calculette très tôt; c'est symptomatique de vouloir "débarrasser" l'élève de cette "basse intendance" du calcul comme d'autres matières sont débarrassées de l'apprentissage des données (qui doit apparemment s'opérer via le St Esprit et la bonne volonté d'enfants et pré-ados :P)..... Le but est quand même moins de leur faire faire des caculs répétitifs que de développer leur bordel de mémoire et de leur apprendre à activer leurs cellules grises!!!!! Personne apparemment n'a appris aux abrutis qui font ces choix que les réseaux neuronaux, les circuits mémoriels et toutes les interactions dans le ciboulot ne sont pas innées, elles se créent comme des routines sur lesquelles toute la vie se basera? Comme un ordi, le cerveau doit se constituer une bibliothèque de référence et des circuits de traitement pour devenir efficace, les 2 apprenant à bosser ensemble.