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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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[Belgique]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Jojo67 dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est marrant comme on peut constater le vide absolu de réel contenu chez tous les mouvements régionalistes/autonomistes: d'un côté, on gueule pour les "mouvements culturels" et l'autonomie régionale toujours plus forte, de l'autre, quand on en vient au réel des grandes questions, à savoir la défense, l'organisation politique générale, la crédibilité étatique du nouvel ensemble, la position internationale.... On n'a rien du tout, rien d'autre que de vagues allusion à "l'Europe" sans trop de détails. Car quand on y regarde de plus près, ces mêmes électorats identitaires sont, tout ou partie, consciemment ou inconsciemment, anti-européens par essence. Soient qu'ils y voient le grand oppresseur étatique et niveleur de demain, la menace à venir sur leur "identité" (comme tout grand ensemble qui recherchera un tronc commun culturel et linguistique), l'agent des USA, de la mondialisation ou des grands Etats européens hégémonistes, soient, et là c'est vraiment inconsciemment, parce que tout connement ils sont précisément par leurs revendications ce qui empêcherait tout réel rapprochement politique fédéral (ils sont plus identitaristes qu'identitaires), sans pour autant que ça les empêche de se revendiquer européens (en étant très vague sur le contenu, mais on devine que ce qui peut être concédé à un niveau supérieur est un reliquat, et quils ne veulent rien céder sur le reste). Bref, ce sont des micro ebntités qui veulent devenir des Etats-croupions sans assumer de le dire vu le niveau très bas de leur discours politique qui n'a de réel contenu un tant soit peu détaillé que sur leur programme régional; essentiellement éducation, culture "nationale" revue à la sauce politique (genre "à l'origine étaient les Flamands, purs, bons, supérieurs et libres"....), programmes économiques et sociaux régionaux (intérêts des lobbies économiques qui sponsorisent l'indépendantisme) et pas grand chose d'autre. Seulement, pour ceux qui y croient (pas mon cas), une union politique européenne fédérale exigera ce qu'ils ne veulent précisément pas concéder, et leur identitarisme agressif est précisément ce qui empêchera encore plus la possibilité d'une fédération qui, hors des grands discours et slogans creux genre "unis dans la diversité", ne se fonde pas sur une somme de différences affirmées mais bien sur des troncs communs effectifs qu'il faut développer (et la logique de tout fédéralisme est précisément de tout aplanir en limitant les différences à l'accessoire). Je ne sais plus qui est ce politicard flamand indépendantiste et très con et ridicule que Canal + a particulièrement brocardé (très théâtral et injurieux, parlant "d'emballer le roi, la reine et le p'tit prince et de les expédier en Wallonnie"), mais il est l'exemple type du radical qui fait que, si chaque région européenne avait, ne serait-ce qu'une minorité de tels identitaires, aucune mesure d'Europe fédérée ne serait possible. Je ne voudrais pour rien au monde avoir quoi que ce soit de commun sur mon passeport avec ce genre de connards là. Aucun soldat wallon membre d'une hypothétique armée européenne ne voudrait crever pour ce genre d'abruti. Et si le modèle région identitaire-Etat central européen était général, on n'aurait que ça. Tout le problème de cette faune là est qu'elle est politiquement très limitée à sa région, à courte vue et irréaliste, caractère typique des politiciens déconnectés qui vivent dans un protectorat où les grandes questions peuvent être évacuées du champ des préoccupations. -
La guerre d'anéantissement n'est pas vraiment une cause de la guerre, c'est une façon de la mener, (pas si fréquente d'ailleurs); qu'il s'agisse d'un raid punitif sans rémission, comme la 3ème Guerre Punique (Carthago delenda est), la destruction de Thèbes par Alexandre le Grand ou, plus ponctuellement, de la "punition" contre une ville qui a résisté à un assiégeant (dans le cas d'une Cité-Etat ou d'une région sous tutelle d'une grande cité-Etat, ça marche aussi), comme Bagdad face à Gengis Khan, ce n'est pas non plus la façon dont les guerres sont en général menées. Les grandes causes par type: - guerre ethnique: y'en a, mais pas tant que ça (ça vient en fait surtout dans des guerres civiles) - guerres de conquête: oui, pas de doute sur ce motif là, bien qu'on le cache souvent sous d'autres causes, que ce soient aussi de vraies causes mêlées ou de simples prétextes pour ne pas avoir le mauvais rôle (genre "je veux unifier la chrétienté", "c'est vous qu'avez commencé", "vous faites rien qu'à m'embêter", "c'est pour votre bien", "c'est le fardeau des civisilisations plus avancées", "c'est au nom de la vraie religion", "vous menacez mes alliés", "vous êtes super-méchants", "votre régime est honteux"....) - guerre préventive: éternel problème de la sécurité aux frontières et de la paranoia plus ou moins justifiée qui va avec - guerre défensive, menace aux frontières: liée au précédent. Au global, ces 2 concourent du motif de recherche de la sécurité de ses frontières - querelle de voisinage: c'est un méli-mélo des 2 précédentes, avec aussi des objectifs plus ou moins marqués (faire du butin, arrondir ses frontières, calmer le voisin pour une ou deux générations....), et plus encore le cas éternel des territoires litigieux, revendiqués simultanément par les parties en présence (de nos jours, le Golan ou les îles Spratleys sont 2 exemples de ce genre de litiges qui peuvent dégénérer en guerre dans un contexte international vraiment tendu). - la guerre de butin: le "hold up" pour du numéraire, des ressources, des esclaves.... S'apparente en fait plus à un raid ponctuel à objectifs limités dans la plupart des cas. Mais si l'objectif est un Etat un peu conséquent, cela contraint à des calculs plus complexes et des combats plus aléatoires qui peuvent faire durer un conflit. Exemple, ce jour craint où les Chinois iront emmerder les Russes pour les ressources de la Sibérie (peut aussi s'apparenter à la guerre de conquête, mais je l'utilise ici car les Chinois ne le feront que quand les populations migrantes chinoises seront majoritaires, usant de cet argument et de la faiblesse démographique russe pour justifier un tel raid). Ou encore la mobilisation historique des Chinois face aux populations de la steppe: plutôt qu'adopter le comportement traditionnel des sédentaires qui reconstruisent après les raids de populations nomades, la Chine s'est organisée et mobilisée dans la durée contre les raids mongols, faisant monter le niveau d'hostilité et l'ampleur des opérations. Ce qui a eu pour corollaire d'accroître graduellement la structure "fédérale" des populations turco-mongoles, en aiguillant lentement un certain nombre, au fil des siècles, vers la formation d'un peuple, face au besoin de mobiliser des armées de plus en plus grandes (face à des armées, des fiortification et une mobilisation chinoise toujours plus vastes). - la guerre religieuse (en fait politico-religieuse): une logique à part, qui ne concourt pas que du principe de conquête - la guerre civile qui attire les mouches: un Etat déchiré attire les convoitises matérielles (terres, richesses) ou ceux qui pensent pouvoir y gagner de la sécurité ou du prestige, voirel'accomplissement d'objectifs spirituels. Bref, une guerre civile dégénère souvent en guerre internationale. La 2ème partie de la guerre de cent ans (à partir de 1415) n'aurait jamais eu lieu sans la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons. Même si l'Italie n'était pas un pays, les Guerres d'Itlaie n'auraient pas eu lieu sans l'affrontement Guelfes-Guibelins qui fut avant tout dans les faits une guerre épisodique en Italie. De même, l'Histoire du St Empire a permis à sa guerre interne de religion (qui eut lieu comme en France ou en Angleterre) de dégénérer en une guerre totale entre 1618 et 1648
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qu'entends-tu par "livre contemporain"????? Qu'il est récent?
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Il ne faut pas confondre une société où le domaine militaire prend beaucoup de place, ce qui peut résulter d'une situation de nécessité (menace permanente: Espagne de la Reconquista, Prusse du XVIIIème siècle....), ou d'une manifestation de citoyenneté à côté d'autres tout aussi exigeantes (l'essentiel des Cités grecques, par exemple, hors Sparte), avec le militarisme qui est une doctrine et une démarche active et volontariste impactant tous les aspects de la dite société. C'est pourquoi j'ai fait une césure dans le militarisme prussien, où le caractère de militarisme ne serait réellement pertinent qu'à partir de l'après 1815 et vraiment fort qu'à partir de l'unification allemande. La militarisation de l'indépendance américaine ou des milices suisses, la levée en masse (d'ailleurs moins importante numériquement que l'appel à la population de Louis XIV en 1707-1708) ne constitue pas pour autant un militarisme quelconque, juste une situation de nécessité. Dans ces cas là, on ne fait pas un modèle global d'une solution plus ou moins temporaire. L'exemple suisse est d'ailleurs assez marrant, et on pourrait lui en adjoindre d'autres: il s'agit d'un mode d'organisation militaire populaire qui aurait pu se perpétuer dans un modèle militariste (assez analogue à Sparte) suite à un allongement anormal de la situation de nécessité (les guerres des cantons suisses contre les Autrichiens furent prolongées par les guerres de Bourgogne), mais a trouvé un dérivatif dans le mercenariat institutionalisé. Le problème de ces situations d'exceptions est que si elles se prolongent, on est face à plusieurs générations d'hommes qui ont pris le pli de la guerre. L'Angleterre de la Guerre de Cent Ans, à petite échelle, a connu de nombreux troubles à cause de cela, de même que la France à la même époque (importance du problème des Grandes Compagnies, explosion des guerres féodales entre aristos belliqueux), mais pour ces 2 pays, il ne s'agissait pas de pans entiers de la population. De même, la généralisation de la mobilisation populaire dans l'Espagne catholique a, au moment de la fin de la Reconquista, trouvé un dérivatif immédiat via les Guerres d'Italie, évitant soient des troubles internes, soit une société non noble fortement organisée par sa structuration militaire traditionnelle (sorte de militarisme "spontané"), et donc dangerese pour l'organisation de la société aristocratique.
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Différences entre batailles anciennes et modernes.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Charles XII dans Histoire militaire
Ajoutons, Pascal, les rythmes d'opérations en corrélation avec les distances à couvrir; un champ de bataille de quelques kilomètres comparé aux gigantesques terrains des 2 guerres mondiales et des guerres "classiques" dans le schéma actuel est aussi une forte différence, sachant que les quelques kilomètres devront être faits à pinces par les glorieux anciens (en fait, jusqu'à la Grande Guerre) et les grands terrains seront couverts par des armées mécanisées moins densément réparties en raison de la surface de la "zone dangereuse" (cad tout ce qui est dans le gros des portées de tir constituant la "bulle" des feux croisés des 2 camps). Je ne sais pas si ces calculs ont été faits (je crois que si, par la RAND Corporation; j'en avais lu un chiffrage, pas exactement sur cet aspect, dans un bouquin de Murawiec), mais je parierais pour un rapport temps d'opération/temps de combat pur infiniment plus élevé côté guerre mécanisée, la distance prenant une importance démesurée avec l'accroissement radical des distances d'engagement, tant pour l'artillerie que pour les armes de mêlée. Je relativiserais ça, Loki: à mon sens, ça vient aussi du fait que la perception qu'on en a est limitée par la moindre documentation, les méthodes de chroniquage....On accordait moins d'importance aux accrochages qui parsèment une campagne (et qui font en fait l'essentiel des pertes numériquement) pour se focaliser sur les batailles et sièges. Même dans les périodes récentes (napoléoniennes), on peut comparer entre les pertes d'une campagne et celles des batailles qui la parsèment, et n'y voir que l'explication de la moitié, ou moins, des morts, prisonniers, disparus et blessés de l'effectif de début de campagne. Même en retranchant le taux conséquent de maladies et désertion, on aura encore facilement 1/3 des pertes non expliquées par les batailles principales. Plus on est dans une période de guerre de mouvement, plus ce taux est important: comme le disait Turenne "beaucoup de combats, peu de batailles". Pour le côté historiographique, par exemple, on ne sait rien, dans les campagnes d'Alexandre, des centaines d'accrochages d'avant et d'arrières-gardes ou d'ailes de couverture qui ont lieu avant et après les 3 grandes batailles auquelles on résume sa conquête de la Perse achéménide. En revanche, on sait à peu près quelle fut l'importance du flot constant de renforts envoyés par convois depuis la Grèce. Et par rapport aux effectifs en bataille et aux pertes qui y sont enregistrées, ces chiffres sont énormes et n'expliquent pas un remplacement l'identique de l'armée de campagne qui reste à effectifs constants (ou presque) de bataille en bataille. Dans la campagne orientale, la croissance de l'armée s'explique par les contingents de l'empire perse, l'effectif grec diminuant même en absolu, alors que le flot venu de Macédoine reste constant, causant d'ailleurs de nombreux problèmes politiques. Certes Alexandre fait fonder des villes nouvelles, mais peuplées de vétérans, et ces hommes ne sont pas comptés en pertes. On oublie juste que l'essentiel des combats d'escarmouches, de rencontre ou d'avant-gardes ne font pas les choux gras des hagiographes. Ou encore plus, que la conquête de l'Afghanistan et de tout l'Hindu kush et la Sogdiane, qui occasionna d'ailleurs la conversion d'une bonne partie de l'infanterie macédonienne au combat d'infanterie légère en montagne, est mentionné vaguement ici et là, malgré le fait qu'on sache que les combats y furent longs, intenses et meurtriers. Le problème, pour les temps "anciens" est aussi donc en partie qu'on les connaît mal, ce qui fausse l'appréciation. S'il fallait placer une vraie ligne de fracture, je la foutrais quelque part au XIXème siècle, quand l'artillerie a vu ses portées moyennes exploser, ses effets destructeurs centuplés (obus explosifs, industrialisation....) et, en général, quand la puissance de feu, qualitativement et quantitativement (cadences, portées, efficacité, mobilité, nombre de pièces et taille des armées), a pris un caractère aussi absolument décisif (avec un point de caricature en 14-18). Sinon, c'est la mécanisation qui offre un contrepoint à cette domination si absolue tactiquement, mais côté distances, donc durées, elle concourt aussi de la dilution de la notion de "bataille". -
Entre un Etat où le domaine militaire compte beaucoup pour des raisons de sécurité pressantes (menace immédiate aux frontières....) et un Etat militariste on pourrait faire une marge, mais il faudrait en fait définir le sujet: qu'entends-tu par militarisme pour ce sujet? A mon sens, le militarisme est une composante militaire/sécuritaire érigée en idéal national, comme référent absolu du code de valeur et élément intouchable au point d'avoir un impact sur la plupart, sinon tous les aspects de la vie en société, de son mode de vie quotidienne à son organisation en général en passant par ses référents imaginaires et esthétiques. Ainsi, de nos jours, par exemple, je dirais que les USA, plus que pendant la Guerre Froide, ont des aspects fortement militaristes, de même qu'Israël (même si dans ce dernier cas, ce serait plutôt une tendance récente, la place importante de l'armée n'ayant pas empiété, hors d'une certaine limite, sur la société). Historiquement, je dirais que l'Electorat de Brandebourg, augmenté par la suite du Duché de Prusse et devenant le Royaume de Prusse, fut l'Etat européen le plus militariste de l'Histoire du continent. Du dernier quart du XVIIème siècle jusqu'à 1918 (système prussien étendu à l'Allemagne unifiée), ce mode d'organisation, d'objectifs collectif et de référents constitua un phénomène d'une ampleur rarement égalée. On disait ainsi que la Prusse n'était pas un Etat qui a une armée, mais une armée qui a un Etat. Les corps de cadets, dissouts en 1918, en étaient sans doute l'institution la plus emblématique. De façon plus discutable, la Suède du XVIIème siècle, jusqu'à Charles XII, a beaucoup d'aspects militaristes. Dans la Grèce Antique, Sparte est évidemment un pré-modèle, de même que la Macédoine réorganisée par Philippe II. La Rome républicaine est un modèle citoyen qui devient éminemment militaire, voire militariste, à l'occasion des Guerres Puniques et des débuts de l'expansion pan-méditerranéenne, mais avant la réforme de Marius qui professionalise l'armée et démilitarise partiellement la société. Mais il est plus dur de statuer pour rome, à mon sens, car à la sacralisation de la guerre répondent les sacralisations des autres aspects de la vie; ce serait donc seulement dans la période des Guerres Puniques, qui voient une mobilisation de la société en grand pendant plusieurs générations, que je parlerais d'un militarisme romain. Pour le cas français, je situerais plusieurs périodes pouvant répondre aux critères définissant une société militariste (j'écarte en fait tout le Moyen Age qui ne répond pas à cette définition en général, l'idéal chevaleresque, les façons de faire la guerre et les mentalités ne correspondant pas à ce que nous appelons le militarisme): - quand même pour le Moyen Age; la période de la Guerre de Cent Ans à partir de Charles V, et surtout de Charles VII et Louis XI, qui révolutionnèrent leur époque en organisant le pays dans un vrai premier modèle de guerre totale et surtout, change radicalement la notion d'Etat en faisant passer le premier impôt permanent. A mettre entre guillemets.... - de même pour la réorganisation (économique, administrative, politique, militaire....) du royaume, sa mobilisation permanente et de son iconographie, créant un vrai modèle pré-absolutiste dont le militarisme, encore empreint d'imagerie chevaleresque (à laquelle l'imagerie militaire doit beaucoup), est plus qu'avéré. - la Guerre de trente Ans, poursuivie par la première période du règne personnel de Louis XIV, mettons jusqu'à la Guerre de la Ligue d'Augsbourg: c'est la période d'une militarisation massive de la société, à une échelle jamais vue, avec en fait l'invention de l'organisation militaire moderne, son impact à tous les degrés de la société et de la vie quotidienne, l'importance de la guerre dans la vie et la pensée du pays, dans son imagerie.... - la période napoléonienne: très courte, elle n'en est pas moins l'un des sociétés les plus militaristes qui soit - la IIIème République jusqu'en 1918: sans doute la caractéristation typioque du militarisme pour une société, de la maternelle à la mort, de l'économie à la politique, de l'organisation du territoire à la politique des sports et à l'imaginaire et l'iconographie collectifs. Lire La Société Militaire de Raoul Girardet, un vrai chef-d'oeuvre Au final, je pense que le militarisme appliqué à une société ne peut être réellement qu'on moment particulier, voire une situation d'exception. Comme toute chose trop poussée, trop univoque, cela ne peut durer vraiment longtemps. Sa durée exceptionnelle en Prusse et, par extension, en Allemagne, correspond selon moi à plusiuers facteurs: - la première période, celle de la Prusse-Brandebourg, peut n'être pas qualifiée de militarisme malgré l'organisation de l'etat autour de l'armée: c'est une monarchie à fonctionnement despotique, l'iconographie et la religion sont des choses qui concernent plus le roi que l'armée, l'administration et l'armée sont des pourvoyeurs de commandes à l'économie, et, hors temps de guerre et de mobilisation, la société et l'armée restent des réalités assez éloignées pour l'essentiel, comme dans toutes les armées d'Ancien Régime - ce serait en fait à partir des réformes de Scharnhorst et Gneisenau, pendant et après les guerres napoléoniennes, qu'on pourrait parler de militarisme proprement dit, au moins en fondements (organisation des corps de cadets, conscritpion massive, permanence du grand QG, organisation du territoire et de l'économie en fonction des besoins stratégiques, notamment le rail, iconographie nationalisto-militaire....). Mais c'est surtout l'émergence et la concomittance de la Révolution Industrielle, de l'expansion démographique massive du XIXème, du romantisme et du nationalisme (ces deux derniers étant liés) qui donnent réellement cet impact massif à la façon dont se pense et s'organise le pays. Et l'unificationa llemande en est à la fois un objectif, un moyen et un produit.
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Le schtroumpf à lunette, lui, il s'est tapé plus qu'un peu de littérature sur le sujet avant de faire 450 lignes (comme si c'était mal; tu veux comparer à 10 lignes balancées gratuitement et de façon péremptoire et catégorique? Question crédibilité et amabilité, ça pêche), alors que visiblement, d'autres affirment sans savoir. Je sais lire, c'est peut-être toi qui devrait apprendre à formuler; y'a des bouquins pour ça, avec marqué "grammaire" ou "syntaxe". Mais sur mes posts longs, désolé, tant que j'ai plus de retours positifs que négatifs, je continue. Quand aux noms d'oiseaux et au mépris facile, on peut aussi en venir là s'il le faut. Désolé Akhilleus, mais le schtroumpf aigri me bourre un peu.
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Ca dépend où, ça dépend pourquoi, peut-on parler de cette dynamique partout et pour toutes les disciplines? Surtout que là tu parles du top moumoute de l'élite suprême, le haut du panier des quelques grands maîtres et de leurs élèves directs: en karaté kyokushinkai, le fondateur aussi sera loin d'être égalable avant longtemps, sa force venant, plus que de sa technique, de son parcours personnel extrêmement dur (les docks pourris de Tokyo gangrenés par les yakuzas et leurs méthodes "syndicales", le mépris musclé pour les burakus, les temps de privation de la guerre et des débuts de l'occupation américaine, la recherche constante d'adversaires "à l'ancienne" en jouant les coureurs de défis en dojos....). Mais là on parle plus d'individus particuliers qui ont existé et existeront toujours à toutes les époques. Sans doute en plus grand nombre à d'autres époques, mais y'en a toujours, et ça repartira sans doute où et quand les temps seront durs et ce genre de compétences (ou de défouloirs, ou de quêtes personnelles) plus recherchées/nécessaires/possible. On peut aussi dire d'un autre côté que l'enseignement, au niveau mondial, des arts, méthodes et disciplines de combat n'a jamais été aussi répandu, donc que la compétence moyenne pour le combat (pas pour la guerre, attention) n'a jamais été aussi élevée. Ce qui a l'avantage corollaire d'offrir statistiquement un bien meilleur vivier de recrutement, et ce d'autant plus que les compétitions entre villes, régions, pays, clubs.... Au niveau international n'ont jamais été aussi nombreuses, ni les disciplines différentes aussi souvent confrontées et en processus permanent de modification. Donc ce qui est perdu d'un côté dans de nombreux cas (pas tous) peut aussi être compensé par ces faits là. La famille Gracie, par exemple, a donné l'exemple d'une discipline assez complète et de praticiens de grand niveau en full contact. Peut-être, mais ni toi ni moi n'avons dédié notre vie, 15h par jour à l'étude du corps à corps et à la discipline de vie qui va avec; j'ai pas prétendu être un maître de la montagne des cinq pics au lac bleu azur ni une machine à tuer avec 25 ans d'expérience de la guerre secrète qui tache où il m'aurait fallu quotidiennement survivre en jungle en mangeant mes propres excréments, combattre des fauves à mains nues, affrronter des hordes de moudjahiddins-ninjas surentraînés (commandés par Chuck Norris et Jack Bauer) avec un couteau à crevettes, subir des entraînements sans sommeil pendant des semaines à base de tabassages collectifs, de balles réelles et de sodomie dans les douches.... Donc à part mon dim mak / Kaméhaméha à base de cassoulet ou de choucroute, j'ai pas de super combo ou de coup spécial pour boss de fin de niveau qu'on m'aurait enseigné sous le sceau d'un serment du sang. Et ça n'existe pas d'ailleurs; non que je crois que si ça existait, on me l'aurait enseigné, mais faut pas exagérer le grand guignol, y'a pas de baguette magique ou de coup, ou de botte secrète qu'on apprend et qui fait rétamer n'importe qui. C'est comme en escrime, les bottes secrètes, ça n'existe pas, malgré la littérature. Ceci dit, mes cours de Bagua/Xing Yi sont loin d'être chiants. Le coup du marchage sur poteau est vreaiment fun, et vous fait souhaiter apprendre à maîtriser la plus mythique des techniques secrètes des arts martiaux: le remonté de couilles derrière le pelvis, histoire de protéger :lol:. Euh.... Le prends pas mal, mais j'ai vraiment rien pigé à tes deux derniers posts.
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Avoue quand même qu'entre l'affichage de techniques sur Youtube et la technique secrète (qui tue 203,24 adversaires en un pet)version secret de famille transmis uniquement à l'aîné les soirs de pleine lune dans un monastère secret d'une montagne oubliée, y'a un peu de marge. Et cette marge, essentiellement, c'est tout connement l'enseignement suivi avec assiduité et intelligence chez un bon prof. Tu veux le voir mon bagua :lol:?
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On sait toujours intellectuellement que ça marche: on le sait avant, on le sait après, c'est juste ue pendant, ça va trop vite et, qu'à moins d'avoir pu bâtir un réflexe dessus (et je vois pas trop comment faire), il faut en passer par l'étape du dépucelage, potentiellement très douloureuse si on a affaire à un ou des connards vraiment expérimentés. J'ai juste eu du bol que les mecs, malgré leur nombre et visiblement un peu d'expérience, n'aient pas été des foudres de guerre. De même que les connards à la terrasse du café d'à côté (honnêtement pas à plus de 5 mètres) n'aient pas bougé m'a foutu en rogne: je sais que personne ne bouge spontanément dans ces cas là, pas tellement par lâcheté mais plus par panurgisme, immobilisme inconscient et tout le bastringue (il suffirait qu'un seul bouge pour en entraîner la moitié au moins), mais vu le nombre (au moins 60 personnes sur la terrasse), que pas un seul (l'exception statistique) n'ait remué son cul m'a laissé sur le mien. Bref, j'ai eu du cul, le "attends, attends" me fait plus d'effet et j'ai eu l'occasion de réitérer ce genre de situations avec plus de brio. Formateur mais humilliant rétrospectivement.... Encore une fois comme un vrai dépucelage. Au final, c'est toujours l'essentuiel: celui qui occupe l'espace, qui avance et est sur l'attaque gagne dans 90% des cas, du moins s'il est pas trop manche. Même contre des bons en Kravmaga ou autres trucs assimilés qui ne fonctionnent vraiment qu'en contres (et j'ai fait mon temps de krav), dans la réalité c'est toujours comme ça: agressivité maîtrisée et un niveau minimum de technique = plus hautes probabilités de victoire rapide. Tu rentres dedans, tu casses systématiquement les distances, tu imposes ton tempo, tu ne laisses pas le temps de bien aligner les contres, et les chances sont en majorité de ton côté. C'est peut-être aussi et surtout aidé par le fait que dans mon cas, j'ai un bon gabarit et peux encaisser pas mal pendant un moment; mes 85kg aident pas mal quand même. Il faut vraiment, contre ce genre d'attitude, un très bon en krav ou autre pour pouvoir retourner un état de fait engagé comme ça, quelqu'un qui a tous les bons réflexes profondément implanté dans le logiciel et dans les nerfs, puisque la défensive doit toujours déployer plus d'efforts et de techniques pour contrer (réagir correctement, voire anticiper, est plus dur qu'agir). Bien sûr, je parle de l'essentiel des situations réelles, même si on les limite au plus gros des gens ayant une expérience de combat et de la pratique. C'est d'ailleurs marrant de voir à quel point prendre l'initiative rapidement change l'état d'esprit de l'attaqué dans beaucoup de cas: même des expérimentés se mettent souvent instinctivement, au moins pour quelques instants, dans une attitude défensive et passive qui est une invitation à chercher quelque chose de décisif.
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Ben, je peux raconter mon premier contact "réel" (je veux dire, hors d'une cour d'école): j'atais avec 2 copines qui se sont faites siffler et insulter par une bande de racailles en bagnole (immatriculée 93, évidemment). Je suis resté devant la caisse sans trop savoir quoi foutre, mais ça leur a suffi pour le prendre comme un défi. Ces cons sont sortis de la voiture (on était quand même à un feu rouge rue de Tilsitt, à 2 pas de l'Etoile) à 4 et se sont foutus autour de moi: ça commence à teaser et pendant un moment, je crois que personne ne savait vraiment quoi foutre :lol:. Puis un premier, plus petit que moi mais salement râblé et massif a commencé à me cogner. Je précise qu'à l'époque, j'avais déjà 6 ans de pratique (boxe thaï, un peu de judo et shorinjikenpo). Donc le mec m'aligne, et dans un premier telmps, y'a pas de problème de réflexes. J'encaisse une beigne (phalange à plat sur ma joue, le con, impact fort, mais pas de dégâts), je la lui rends et là arrive le moment vraiment con: on est en train de s'accrocher, et il arrête pas de parler et soudain dit "attends, attends!".... Et comme un con je m'arrête et le lâche. Il m'en recolle une direct. Bon, juste après, je profite de ce que je suis plu grand pour la balancer sur un poteau, et j'ai pu éviter que les autres s'y mettent tous en même temps (j'ai filé à la terrasse du café le plus proche juste après en avoir séché un avec une grosse beigne.... Pour l'honneur :lol:). Résumé: - les mecs étaient des manches, ou alors n'avaient eu aucune idée de s'y mettre direct tous ensembles (au début, ils étaient à 4 autour de moi.... J'ai fait de l'huile) - j'ai un un bol monstre de pas voir sortir un couteau, ou pire. Ou de pas en sentir un dans mon dos sans l'avoir vu - mais surtout, surtout, je m'explique toujours difficilement ce point d'arrêt instinctif et automatique quand le glandu a dit "attends, attends".... Ou plutôt je me l'explique et je me traite de con rétrospectivement Bref, depuis j'ai plus ce genre de réflexes malheureux (j'avais à peine 18 piges), mais ça a été mon dépucelage en situation réelle: rien de bien glorieux, ça a été vite, j'ai pas tout compris et j'ai vraiment eu du bol que ça n'ait pas été pire.... Comme un vrai dépucelage :lol:. Euh, moi je sais faire un kaméhaméha, mais il faut du matos et de la préparation: - un gros cassoulet toulousain (iou de Castelnaudary, ça marche aussi), une choucroute (très dangereux) ou tout plat à base massive de haricots ou de choux - 2 heures de digestion - 1 briquet avec une flamme pas rachitique Même sans briquet, j'ai déjà vu un copain faire dégager 3 personnes d'une pièce, dont une au bord de l'asphyxie :lol:. A aucun moment il n'avait touché qui que ce soit; sa technique reposait sur un usage massif du choux au lardons..... Effet vraiment radical. Quel maître!
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[Union Européenne] nos projets, son futur
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Marechal_UE dans Politique etrangère / Relations internationales
Ben, sur la PESC, la récente opération au Tchad a montré qu'il n'y avait aucune volonté de puissance, de projection ou même de rôle international quelconque dans la plupart des pays, hors France et Grande Bretagne; quelle "coopération renforcée" peut-on attendre sans volonté politique ou même compréhension de l'importance d'une politique extérieure active. Les intérêts, les mentalités et les histoires des pays européens soulignent la volonté de non implication hors de l'UE pour la plupart d'entre eux, aspect renforcé par leur seul axe de politique extérieure: l'atlantisme au point de l'alignement sur statuit de protectorat. La seule coopération qu'on verra, c'est une meilleure coordination au sein d'un OTAN sous commandement absolu américain. La validité de la garantie américaine de sécurité sera pour très longtemps plus valide que celle d'une UE qui n'a pas de volonté d'investissement dans la défense; et dans la course actuel aux armements, chaque jour est un pas en arrière, ce qui renforce cet état de fait. A moins d'une crise grave qui verrait les USA donner des ordres ouvertement, j'y crois pas; la tutelle douce est une force sûre pour la plupart des pays d'Europe qui n'ont pas d'intérêts globaux contrecarrés par l'omniprésence US. Et c'est pas demain ni après-demain que naîtra un nationalisme pan européen qui rendrait cette tutelle, imperceptible pour les peuples et très confortable pour les gouvernants, insupportable. Faudrait déjà que les opinions (et les politiques) se préoccupent de cette guerre au-delà des 3 minutes qui suivent un reportage sur 2 ou 3 soldats tués. Surtout qu'un échec en Afghanistan, comme une victoire, ne prendrait jamais la forme d'un jour précis avec quelqu'un claironnant une victoire totale devant des millers de prisonniers occidentaux (ou talibans), et une capitulation solennelle d'un des 2 camps. Rien d'aussi visible ou immédiatement sensible pour provoquer un impact. -
La question n'est pas vraiment là: dès lors qu'on l'accepte sous les drapeaux, il ne devrait plus y avoir de problèmes. "Français par le sang versé", ça doit vouloir dire quelque chose; s'il devait y avoir contestation, celle-ci aurait du arriver au moment de l'examen de son dossier à l'incorporation. Le coup des harkuis est une tache indélébile, et y'a pas de contestation là-dessus. Mais je suis d'accord avec toi sur indigènes qui pue la bien-pensance facile érigée en jugement moral, même si le film a au moins eu le mérite de faire aboutir le cas du gel des pensions. j'ai pas apprécié le jamel debbouze prof d'histoire qui a aligné conneries sur conneries sur un sujet auquel il ne connaissait rien: - qui sait encore que les troupes coloniales, en 1918 comme en 1944 et 1945, ont défilé sur les Champs Elysées comme les autres, avec le privilège rarement accordé de passer sous l'Arc de Triomphe? - qui sait que le drapeau des unités concernées sont présents à chaque commémoration, qu'il y ait ou non des survivants des dites unités? - qui sait que les souvenirs et raditions de ces unités sont encore présents dans l'armée, parfois dans leurs héritières directes (le 1er RTir est le plus connu, évidemment)? - qui sait qu'une association d'officiers (lancée, entre autres, par De lattre et Leclerc), depuis 45, militait pour l'alignement des pensions? - honnêtement, moi j'ai eu droit à l'école à la mention du rôle des unités coloniales, pas qu'en entrefilet: mais ça n'a pas empêché les bonnes âmes d'invoquer un genre de complot du silence sur le sujet. On croit rêver je crois surtout que ces polémiques sur les troupes coloniales, outre l'action de lobbies, de bien-pensants médiatiques et surtout de masses d'incultes et d'ignorants, vient de la méconnaissance et du mépris récent pour l'histoire militaire du pays, et de la baisse du niveau en histoire en géénral, pas d'une quelconque intention ou politique. Avant d'accuser, ces lobbies méddiatiques devraient peu-être se regarder en face. Et poyur en avoir croisé, je crois pas que les vétérans des untiés coloniales aiment se faire traiter de "victimes". J'approuve d'autant plus qu'on ne souligne jamais la mobilisation exceptionnelle des pieds noirs et de tous les Européens d'Afrique: il semblerait qu'en proportion, aucune population dans l'Histoire ne se soit autant mobilisée pour intégrer une armée. Grosso modo, plus d'un homme sur deux en âge de se battre s'est engagé entre 41 et 45 dans ces populations. Et pas vraiment pour la solde. Ca représentait, si mes souvenirs sont bons, entre 15 et 20% de la population totale des français de l'Empire (en tout cas pour l'Afrique du Nord), la moitié de la population masculine. Mais ça, tout le monde s'en tape apparemment; il vaut mieux les caricaturer comme étant tous des colons exploiteurs, racistes et méchants, vivant tous comme des nababs dans de grandes plantations où ils asservissaient les populations locales. C'est plus vendeur.
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Mais on ne fait pas des longbow avec du chêne; on utilise l'if, pas vraiment aussi fréquent, ou à la rigueur le noisetier ou quelques autres essences, au prix d'une performance infiniment moindre. L'if pousse peu en Angleterre, et celui des arcs longs est un produit d'importation venu d'Italie, mais surtout du sud de la Gascogne et du Nord de l'Espagne. pas bon marché. En apprence, le longbow anglais a l'air à peine travaillé; c'est un morceau de bois qui semble assez brut, avec les noeuds, nervures et irrégularités du bois. Seulement c'est là le truc: le bois est peu travaillé hors de la coupe parce qu'on prend un morceau entier et bien particulier à la jonction entre le coeur d'un arbre (le duramen) et la couche externe (l'aubier), pour que l'arc puisse travailler en extension d'un côté et en compression de l'autre. C'est en quelque sorte un arc composite naturel. Ce qu'on ne met pas en travail d'assemblage, on le met en sélection drastique des bois et en travail de coupe, gâchant pas mal de bois sur un arbre au passage. La corde cirée elle-même n'est pas non plus celle d'un arc long normal, et il en faut beaucoup en rechange pour un seul archer. Enfin les artisans spécialistes qui lles fabriquaient bénéficiaient d'un statut particulier et en lui-même onéreux: franchise fiscale totale, paiement des dettes par la couronne. Le magazine Moyen Age a consacré il y a un an et quelques une étude au sujet: j'engage ceux que ça intéresse à la lire. Piour finir, l'astreinte de l'entraînement au tir à l'arc dans la yeomanry et chez tous les hommes libres (parce que les longbowmen étaient sélectionnés, l'arc nécessitant des hommes pluis forts et grands vu ses contraintes et dimensions: il fallait donc un bassin de recrutement plus large), je le répète, est créée par Edouard Ier, suite aux guerres du pays de Galles; lui-même n'a pu en bénéficier de son vivant le temps que l'institution se mette en place et a eu recours au recrutement de mercenaires et conscrits de force uniquement gallois. Il a fait interdire la pratique de tout autre sport le dimanche. On peut trouver cette information dans toute histoire de l'Angleterre ou toute biographie d'edouard Ier. L'arc long en if est lui connu dans les îles britanniques depuis longtemps (avant Rome).
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Tu crois pas que c'est encore une opposition artificielle déterminée par Hollywood Akhilleus ;)? Qu'il y aurait le combat enseigné en dojo ou à l'armée, propre avec des règles absolues, et le combat de rue, sorte de martingale qui gagne parce qu'on ne respecte pas de règles? Les méthodes de close combat sont précisément "sales" parce qu'elles recherchent la victoire rapide dans le plus grand nombre de situations réelles avec peu de techniques différentes, et les arts martiaux recherchent aussi la victoire (mais pas que) dans le combat, et pas que des duels bien ordonnés en compète (ou alors c'est quon est dans un très mauvais dojo). La différence, sans doute, est que l'adversaire issu "de la rue" est accoutumé à la violence, et que là est un avantage énorme contre qui n'a jamais pratiqué le combat qu'en environnement contrôlé et "pour du beurre"; il y a ce cap de la réalité, du "combat proven" qui est comme un dépucelage. Le meilleur praticien peut se retrouver sans savoir quoi foutre face à une agression, jusqu'au premier contact: les réflexes prennent le dessus, mais pas toujours.
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de Marechal_UE dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est un fait: personne ne veut de l'Europe puissance hors de France, ou presque. Et appremment, malgré de longs post sur ce sujet, tout le monde ne veut pas comprendre ce que sont les incompatibilités culturelles profondes entre différents pays et régions d'Europe, et à quel point ces différences sont fondamentales quand on en vient à leur impact sur la vie publique: j'ai effectivement pas envie qu'un tchèque, un polonais, un grec ou un irlandais vienne me dire ce qu'il faut faire pour la place de la religion dans la sphère publique, et j'ai aucun envie de lui dire ce qu'elle doit être chez lui. Seul un noyau unifié et cohérent suffisamment dominant et puissant pourrait unifier l'Europe; pas vraiment possible. J'ai pas dit que la population ne devait pas avoir une mesure de voix au chapitre: depuis le tribuniciat de la plèbe, on sait qu'il faut garder un pouvoir de veto, de censure ou de sanction même dans une république aristocratique, et il y a d'autres organisations que le cens (qui avait au moins le mérite de réellement contraindre fiscalement et juridiquement les classes puissantes) pour structurer une république non démocratique dans son fonctionnement tout en préservant un Etat de droit (le critère de citoyenneté "active" pourrait être tout connement un service, civil et/ou militaire, de 2, 3 ans ou plus, accompli volontairement). L'Allemagne willehlminienne n'était pas pour me déplaire en tant que système politique, combinant Etat de droit et pourtant absence de démocratie pleine. Ceci dit c'est un sujet que j'adore, si tu veux on peut se défouler dessus parce que là, on n'a pas le loisir d'entrer dans le détail sur ce topic. Sauf que tu choisis la définitionj du nationalisme et celle du patriotisme qui te conviennent, encore une fois pour classer des méchants et des gentils. Mais la définition du nationalisme n'est pas forcément celle-là, et il ne correspond pas nécessairement à une idéologie, ou à un comportement de rejet, mais à une affirmation de cohérence du groupe. Comme toute idée politique (absolument toutes les idées politiques), il a une mesure d'extrêmisme sur ses marges, qui comporte des attitudes répugnantes. Mais il ne faut pas limiter le nationalisme, ou plutôt l'idée nationale (j'aime pas les mots en -isme qui impliquent une systématisation d'un dogme) à l'avant 1914 qui correspond à une situation particulière, par exemple le revanchisme français qui a impliqué la construction d'une haine ciblée et militariste contre l'Allemagne (et inversement en Allemagne avec les délires pan-germanistes à différencier du nationalisme allemand). L'Europe n'est pas un pays, c'est un mecano mal assemblé; la France n'est pas un pays, c'est une nation. Et avant de dire que tu considères l'Europe comme ton pays, il faudrait la connaître. Le vrai amour de son pays n'est pas une idée abstraite; ça c'est facile. LM'identité, ça passe par une vraie et profonde connaissance culturelle, une pratique des langyues, le fait de conaîtere la géographie et l'histoire des endroits concernés, mais plus encore d'en connaître la réalité aussi bien que l'imaginaire, les moeurs, la mentalité publique, "l'esprit" de la vie sociale et politique, les rêves et désirs profonds, les permanences..... Bref, le "pays réel" et le "pays charnel", la terre et les morts. Soit un peu autre chose que des affirmations creuses et généralistes qui, si elles sont généreuses, ne donnent pas de force à un propos et à une identité. Donc à la solidarité de groupe qui en découle. Les classes politiques manipulent toujours, certes, mais pas plus qu'aujourd'hui; et justement, avant 1914, je crois plus au sens des responsabilités d'une classe politique dont la moitié a rejoint ses unités de combat à la mobilisation (l'autre ayant passé la limite d'âge). Et contrairement aux affirmations idéologiques, les rois n'étaient pas si irresponsables que ça; la réalité est quand même plus riche. Quand aux peuples, le sentiment rétrospectif, généralement destructeur en Histoire, on a toujours tendance à voir nos ancêtres comme des cons par rapport aux gens éclairés et intelligents que nous serions aujourd'hui.... je crois que ça se passerait de commentaires. Extrêmement vrai, mais ça n'en fait pas non plus des concepts creux dans l'absolu, ni n'efface le fait qu'il est des cohérences de groupe qui correspondent à des identités, des aspirations, des solidarités, des réflexes, un imaginaire collectif et une certaine mesure de projection commune dans le futur. -
T'es sûr que tu sais ce que sont les spetsnaz?????!!!!! 5 ans d'examen d'entrée, et un brevet de super héros plus une autorisation de port de cape rouge? Les spetsnaz sont nés à l'époque de l'URSS, soit d'une armée de conscription massive qui refusait en grande partie la logique de sergents de carrière (l'âme par essence des unités spéciales), un fait que l'armée russe a encore du mal à changer aujourd'hui même si elle en a pris la voie. Même en doublant le temps de conscription, ce qu'ils faisaient pour certaines unités et certains cursus, un conscrit ne faisait pas ce temps là. Et les spetsnaz, y'en avait partout: chaque division militaire en avait un détachement, chaque district militaire en avait une brigade, sans compter les unités diirectement rattachées au commandement centrales, au ministère de l'intérieur, aux douanes et au services de renseignements extérieurs (notamment pour les fameux réseaux de stay behind en RFA). Ca représente un effectif énorme Sur ce sujet, il suffit de lire le bouquin écrit par le transfuge Viktor Suvorov (pas son vrai nom) qui reste à ce jour le seul bouquin réel et réaliste écrit sur le spetsnaz comme institution. Faut pas sombrer dans les mythologies que les forces spéciales créent autour d'elles; ça les amuse beaucoup. Et aujourd'hui, vu les problèmes de recrutement, de sélection, de qualité des recrues chez les Russes, mais aussi les manques de moyens pour l'entraînement, je doute fortement qu'on ait autre chose, pour l'essentiel des unités de spetsnaz, qu'une bonne infanterie légère aptes aux opérations commandos. La résolution de la prise d'otages de Beslan ne plaide pas vraiment en la faveur d'un très haut niveau. Pour la note, l'expert en wing chun, c'est Didier Beddar, le boss du wing chun en France: pas vraiment 40 ans derrière lui (40 ans, c'est plutôt son âge; à l'époque du combat mentionné, il devait avoir moins de 35 ans). Et George Dillman était un expert reconnu en arts martiaux, avec un putain de bagage derrière lui, autrement plus que ce qu'un militaire, russe, américain ou patagon pouvait pratiquer dans toute sa carrière. Et il avait pratiqué, étudié et approfondi une somme d'arts martiaux autrement plus conséquente que ce que des bricoleurs militaires cherchant à créer une méthode complète s'enseignant le plus rapidement possible, pouvaient développer. Entre la quête d'une vie fondée sur le retour d'expérience de dizaines de générations et un système clé en main, la crédibilité penche de quel côté (avant qu'on entre dans le domaine de cette connerie de pouvoir assommer sans toucher)? Ca c'est encore des racontars de bonnes femmes sur les "techniques secrètes de la mort qui tue sur la montagne des cinq pics"; l'enseignement familial du ninjutsu, par exemple, s'est éteint au début du XXème siècel avec la disparition partielle des traditions Higa et Koga qui ne survivent que par l'enseignement désormais académique du ninpo. Et y'a jamais eu de techniques ultra secrètes qui inversent le flux d'une rivière, change le sens de la circulation du sang ou explosent un membre avec un toucher du "Chi". "Ken le survivant" n'est pas un documentaire, et ça fait des siècles qu'il y a des canulars de ce type sur des arts martiaux "mystérieux"; les dernières en date remontent aux années 60-70 et au soi-disant Comte Dante, puis au douteux Frank Dux (dont l'histoire a inspiré le très mauvais film de Vandamme Bloodsport ). Là aussi, on a droit aux mystérieruses "familles" qui se transmettraient des techniques quasi magiques. C'est du flan.
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de Marechal_UE dans Politique etrangère / Relations internationales
"Unis dans la diversité" c'est du slogan, c'est mignon, ça sonne bien, mais c'est vreux. On a toujours un bon publiciste pour sortir un slogan, ça ne veut jamais dire que le produit est bon ou non. C'est juste une façon de dire, et de mentir en le disant "vous allez voir, ça va rien changer à ce que vous aimez et ça n'apportera que du bon en plus", bref, c'est dire qu'on aura le beurre, l'argent du beurre et le sourire de la crémière voire plus si affinités. Les choses ont toutes un prix, tout le monde le sait et c'est pourquoi ce genre de slogan pue à plein nez. Et l'UE ne cherche aucunement à créer de l'appartenance: c'est pas avec quelques célébrations et des affirmations souvent gratuites qu'on crée quelque chose. les nations se créent dans le sang, la nécessité et l'adversité la plus rude, sous la contrainte d'une volonté politique forte et implacable, avec une idée, voire une idéologie, forte, un ciment d'une autre trempe que les slogans creux et le béni oui-ouisme bien-pensant et fadasse vendu par les élites politiques et médiatiques actuelles qui n'ont pas la moindre idée pour la plupart de ce qui fait une communauté vraiment forte. Si les gamins non musulmans de banlieue sont attirés par l'islam (et pas toujours le plus tendre), c'est qu'il préfèrent un modèle, dominant dans leur envrionnement immédiat, qui affirme puissamment quelque chose, juste ou injuste, et leur donne le sentiment d'appartenir concrètement, au jour le jour, à quelque chose. C'est juste un exemple caricatural et ultra local, mais c'est ça l'appartenance communautaire. On ne l'a pas créé démocratiquement: ce sont des siècles de volonté permanente de l'Etat central, en l'occurrence la monarchie, qui l'ont voulu et l'ont tenu à bout de bras, contre vents et marées parce que c'était le patrimoine des rois; et ça s'est fait sans consulter les peuples. C'est une loyauté cimentée par des solidarités locales et régionales, des similarités culturelles plus fortes que celles entre pays d'Europe, une mentalité de société hiérarchique et religieuse, des allégeances puissantes, une volonté maintenue par la force et par un système politique qui se voyait vraiment dans la durée TRES longue. C'est ensuite un patriotisme lentement émergent depuis Philippe Auguste et vraiment né dans l'adversité de la Guerre de Cent Ans, qui a suppléé cette volonté politique (après des siècles d'existence, notons-le bien) et porté l'idée d'une nation dans le plus grand nombre. Par la suite, c'est l'apparition de la citoyenneté et, sa validation et sa défense par 25 ans de guerre quasi-permanente qui a implanté profondément le logiciel politique national dans les esprits, par delà les différences extrêmes entre régions françaises. Et ce logiciel a été remis en question plusieurs fois depuis (révolutions et guerres) et toujours pas pris en défaut sur le principe, malgré les inévitables aléas conjoncturels. Et ce processus s'est fait sur plus de mille ans, et via un niveau de contrainte, et parfois de violence, autrement plus conséquent que ce qu'on peut accepter aujourd'hui. Même l'union allemande du XIXème n'a été rendue possible que par des facteurs difficilement applicables à l'UE: - proximité culturelle et linguistique nettement plus grande qu'entre pays européens - régimes non démocratiques (ça ne veut pas dire sans osutien populaire, mais ça implique une capacité de décision et de maintien de la décision dans le temps très supérieure) - nationalisme pan-germaniste d'une puissance incompréhensible pour nos consciences actuelles - la contrainte et la force employées avec succès par la Prusse (les Etats catholiques et les Etats rhénans ne voulaient pas d'une union sous l'égide de la Prusse, mais l'Autriche a échoué à s'y opposer): il a fallu des décennies de manoeuvres politiques, de contraintes, de chantages, de menaces, et finalement 3 guerres (contre l'Autriche, le Danemark et la France) pour y arriver. Mélanchon est un facho ou un coco internationaliste? Je savais pas. Que dire de Chevènement, Marie-France Garraud, Dupont-Aignan, mais surtout du grand nombre de centristes ou membres de l'UMP comme du PS qui disaient publiquement "oui" en se cachant à peine qu'ils étaient personnellement contre, tout connement parce qu'ils voulaient continuer à avoir une carrière politique et que les cordons de la bourse des partis et les décideurs des nominations électorales éavaient décidé que c'était "oui" et que tous ceux qui étaient contre devaient dégager? Faudra arrêter de se faire l'illusion de croire qu'il y a les gentils d'un côté et les méchants de l'autre, et que la majorité du peuple qui a voté non n'est composée que d'imbéciles, de fachos ou de braves gens crédules abusés par les méchants. Et bien sûr, les partisans du oui sont les gens éclairés et intelligents dans ce joli petit monde parfait? Si j'ai répliqué vivement c'est qu'ayant voté non et n'estimant pas faire parti des catégories mentionnées, comme énormément de monde, je n'apprécie pas d'être directement insulté, surtout avec aussi peu de biscuits et par une rhétorique binaire et manichéenne. Et rarement cet avis a aussi peu compté; comme quoi, entre la pub et la réalité.... Il y a 2 moyens d'abuser quelqu'un: ne rien lui dire ou lui en dire trop pour le noyer sous le flot de faits. Le néant ou la saturation: vu le flot incessant d'informations contraduictoires, on peut dire et faire dire ce qu'on veut, faire gloser à l'nfini, ça permet d'entretenir doute et confusion en permanence. Il y a un monde de différence entre avoir un flot d'informations et avoir la bonne information. Et encore faut-il pouvoir savoir ET comprendre cette bonne information, qui plus est AU BON MOMENT. Ca fait beaucoup d'étapes pendant lesquelles on peut biaiser, mésinformer, orienter, créer la confusion.... Si tu connaissais la politique, tu saurais que rien n'est jamais dépassé; y'a juste des modes :lol: (phrase bien connue en politique). D'ailleurs, il suffisait de lire le projet de "VIème république" de l'autre folle et de l'avocat blabla (nommémment Ségolène "Jeanne d'Arc" Royal et Arnaud "moi moi moi" Montebourg). Et rien n'est plus démagogue que cette oppisition artificielle entre ce qui est "moderne" et ce qui est "dépassé", ou "désuet"; c'est l'un des plus vieux artifices du discours public, déjà usé dans la démocratie athénienne. Ce qu'on n'aime pas, on le décrète "dépassé", et ce qu'on promeut, on le dit "moderne", alors qu'en fait on ne fait u'user des formes éternelles de la politique avec une com au goût du jour. On peut vendre une théocratie païenne, une dictature du prolétariat (demande au facteur) ou une monarchie de droit divin comme ça. Et oui, je regrette le niveau de conscience citoyenne de certaines époques où on était prêt à aller jusqu'au bout si besoin était, parce que ces choses étaient prises au sérieux. Où sont les citoyens prêts à s'indigner autrement qu'en paroles? Où sont les consciences prêtes à sacrifier beaucoup de leur temps, voire de leur bien-être, pour leur pays ou une vraie cause? Où sont les hommes politiques prêts à dégommer leur carrière pour une idée? Ca existe ici et là, mais la notion de devoir citoyen (le tout compte au moins autant que les parties) et celle de conscience de l'importance de la communauté nationale se sont salement effondrées. Je ne regrette pas les guerres, mais la résolution et la volonté qui permettaient d'y survivre ensemble. Je ne regrette pas les morts en duels, mais la classe politique et médiatique qui avait au moins la décence et les couilles de risquer sa peau pour ce qu'ils affirmaient publiquement, qu'ils soient corrompus, menteurs, démagogues ou hypocites. Ca dénote un autre genre de caractère. Je ne regrette pas les invectives personnelles et les commentaires racistes, antisémites ou anathèmes de la presse d'opinion, mais la vivacité des polémiques démocratiques et de la liberté d'expression qui allaient avec (et dont elles étaient l'extrême du spectre) face au néant politiquement correct et inculte actuel. Je ne regrette pas la violence massive des syndicats ou des partis politiques dans la rue, mais le degré d'implication dans la politique et la volonté de changement social que cela donnait pour des millions de militants par rapport aux quelques milliers de militants actuels dont le dévouement ultime ne va pas au-delà d'une campagne d'affichage (et encore, ça c'est pour 10 à 20% d'entre eux). Ces millions de gens qui ont été faire leur devoir et ont souvent laissé leur peau sans, le plus souvent, y être contraints le couteau sous la gorge, ne peuvent être foutus dans le sac étiqueté "nationalisme" et méprisés comme tu le fais. Et ce d'autant plus que si jamais une nation européenne devait naître (et j'y crois pas), elle ne ferait pas moins et elle ferait tout pour développer un patriotisme analogue, sans quoi elle ne tiendrait pas, parce que ce que tu appelles nationalisme comme si cétait le mal absolu, en méprisant au passage, par facilité, la simple notion de patriotisme (on critique l'extrême du spectre, c'est plus facile), ça n'est jamais que le sentiment d'appartenance à une communauté nationale. Mais là j'imagine que si ça se faisait de ton vivant, tu applaudirais des deux mains parce que tout d'un coup, ça servirait ton propos. Ah? La quête de la pureté est le but des fonctionnaires et élus européens? Et les fonctionnaires et élus nationaux, ils cherchent du coup quoi? La ciorruption et la décadence? Quel joli petit monde. Désolé si je suis sarcarstique et agressif parfois, mais si tu arrêtais avec cette rhétorique binaire et orientée (jusqu'à l'idéologie), je serais moins offensé à chacune de tes affirmations. le point élémentaire d'un débat est de comprendre que l'autre peut avoir des arguments, surtout s'il essaie de les expliquer. Quand tu affirmes et décrètes qu'il y a à chaque fois et sur chaque point la "bonne voie" (européenne apparemment selon toi), gentille, douce, moderne, démocratique, voulue par tous et idéale, et la "mauvaise voie" méchante, stupide, antidémocratique, ultra minoritaire, haineuse et extrêmiste, désolé si je me sens directement attaqué. Et honnêtement, je caricature à peine tes posts. De grandes plumes et de grands analystes, qui n'ont rien d'extrêmistes ou d'idéologues, ont dit bien mieux que moi et continuent à écrire et à étayer ce que je résume rapidement sur ce topic (je le sors pas de nulle part même s'il y a aussi ma contribution personnelle). Des millions de gens normaux continuent à ne pas croire à l'UE, et certainement pas aux orientations et dérives idéologiques de la classe politique et administrative européenne, sans même compter l'immense problème des élites européennes en général qui ont aujourd'hui un niveau de nullité, d'égoïsme et d'irresponsabilité rarement atteint. Contrairement à toi, je ne méprise pas les points de vue opposé (une courte majorité de mes amis ayant été pro-traités, à divers degrés), je ne m'en débarrasse pas en quelques affirmations méprisantes et surtout faciles et je peux mesurer la complexité du débat. Et entendons-nous bien (j'ai déjà fait cette mise au point, mais apparemment faut la refaire): je ne suis pas anti-fédéraliste: - je ne crois pas une seconde à une union politique à 27, c'est un fait (et pas grand-monde y croit) - je crois à des aires culturelles en Europe: il y a 3 à 5 grandes lignes de fractures définissant des aires où la compatibilité me semble pertinente et les possibilités réelles - pour que ces possibilités aient une chance de donner quelque chose un jour (lointain), il faudrait un autre genre de résolution politique et surtout une toute autre catégorie de personnel politique, et sans doute aussi des changements de mentalité dans les populations concernées, avant tout en ce qui concerne la conscience de ce que veut vraiment dire la citoyenneté (risquer sa peau si besoin est, avoir conscience que sa communauté nationale passe avant le reste du monde pour ce qui concerne son vote, qu'on ne peut pas favoriser les siens ET sauver le monde....) et le degré d'implication et de conscience du tout que cela suppose (le riche qui peut voter pour faire augmenter ses impôts, le pauvre qui ne vote pas pour qui promet d'avoir la peau des riches....). - personnellement, je ne suis pas particulièrement démocrate: République et Etat de droit sont des impératifs absolus pour moi, mais la démocratie, surtout au point où elle en est et dans l'état de la société actuelle, je peux vivre sans et j'en mesure le degré d'entropie. -
Désolé, mais j'y crois pas une seconde; et la dernière fois qu'un maître en arts martiaux (George Dillman pour être précis) a prétendu ça, la National Geographic Society l'a pris au mot et a organisé une session sur des sujets volontaires, l'échec fut lamentable et les explications de Dillman, pourtant en aucun cas un glandu en matière de combat et d'arts martiaux, furent plutôt lamentables. C'est le débat du "cri qui tue" sous une autre forme, et pas un des profs que j'ai eu (et j'en ai aligné quelques-uns qui sont vraiment pas des manches et plutôt des experts avec une putain de pratique), en arts martiaux comme en méthodes de close combat, ne souscrit à ce genre de trucs. Sans doute, oui, de bonnes méthodes de self defense: des méthodes qui enseignent l'essentiel pour les situations de combat prévisibles réalistes (c'est-à-dire que dans l'essentiel des cas, le combat sera pas vraiment un affrontement de maîtres, mais une élimination rapide, et surtout faite par surprise, pas vraiment un combat annoncé où les 2 adversaires sont au courant que ça va friter), et qui n'impliquent pas une discipline et un entraînement long pour le combat parce que les armées n'ont pas besoin de combattants à mains nues extrêmement géniaux. Dans la plupart des cas, on est rarement confronté à un expert en arts martiaux et close combat. Et si c'était le cas, on s'en chargerait surtout au couteau, dans le dos et par surprise, ou avec un flingue. les militaires le sont rarement pour plus de 5 à 8 ans, et l'essentiel de leur entraînement va à des savoirs-faires techniques, au tir, au sens tactique et à l'endurance physique. On a juste besoin qu'ils soient capables d'un niveau de corps à corps suffisant pour la plupart des cas, c'est-à-dire pas gigantesque non plus, y compris dans les forces spéciales. Les méthodes qu'on développe doivent donc être avant tout rapides à apprendre et aussi complètes que possibles dans ce court temps d'apprentissage et de pratique. Mais dans l'absolu, ça n'en fait pas des disciplines de combat fabuleuses par rapport à d'autres qui s'enseignent pendant des années. Maintenant, les combattants ont souvent le goût pour ces choses et du coup pratiquent fréquemment d'autres arts martiaux et disciplines sur leur temps libre, et font souvent du sparring et de la compète. parce qu'au final, seuls la pratique (entraînements aussi réels que possible et vraies situations), les bons profs et partenaires, et l'expérience font de bons combattants. J'ai vu des pros en krav maga, sambo et autres méthodes de close combat se faire ratatiner; un en particulier par un prof de wing chun, l'art martial typique qu'on juge comme inefficace et inadapté à "la rue" et aux situations de combat "réelles". Ca remet les patates au fond du sac, avec le genre d'attitude qui fait dire facilement qu'il y a les arts martiaux, abstraits et absolus, et le combat réel. Tous les arts martiaux viennent autant d'une volonté de former des méthodes de combat efficaces (et l'avantage de l'ancienneté est que ces méthodes ont été pensées, repensées, critiquées et modifiées; bref, du RETEX permanent) que de développer le corps et l'esprit tout au long de la vie, et pas juste le temps d'un ou deux contrats d'engagement. Mais comme partout, y'a des dogmatiques qui ne remettent jamais en cause ce qu'ils ont appris, ou des gens qui peuvent être de bons praticiens mais de mauvais profs. Ou encore la connection avec l'éléève ne se fait pas et celui-ci n'apprend pas ou apprend mal. Y'a des mauvais profs de ninpo ou de kung fu comme il y a de mauvais profs de Kravmaga ou de sambo. Et y'a encore des élèves qui persistent à vouloir apprendre des méthodes ou arts martiaux qui ne conviennent pas à leur morphologie ou à leur état d'esprit (je ne parle même pas de ceux qui n'y vont qu'avec la motivation que "c'est cool" et "on m'a garanti sur facture que c'était l'art martial ultime"): un gros gabarit n'a honnêtement rien à faire en viet vodao ou dans les branches "aériennes" du hapkido (qui par contre àd'excellentes techniques de self defense rapides à choper) ou du ninpo (c'est mon cas), une personne qui aime comprendre ce qu'il apprend et comment ça marche pour bien l'intégrer dans ses réflexes et sa pensée aura du mal avec les méthodes comme le kravmaga.... Parce que grosso merdo, aucune discipline, aucune méthode, acun art n'a de gestes ou techniques réellement particuliers, ou très peu: les gestes sont les mêmes, les cibles sont les mêmes, les fondements des stratégies sont les mêmes, et les méthodes d'entraînement visent avant tout à détacher l'esprit et l'attention des gestes particuliers, qui doivent devenir instinctifs, pour pouvoir se projeter dans le combat et même prévoir et anticiper les instants qui suivent. La particularité d'un art martial ou d'une discipline est avant tout son approche: approche de l'enseignement, approche de la conception du combat. Les méthodes de close combat, qu'elles soient internes (kapap, systema) ou externes (kravmaga, méthodes de close combat propres à chaque armée, le sambo étant un peu à part vu qu'il s'est développé en véritable art martial), visent à former rapidement quelqu'un qui ne sera pas nécessairement très en forme physiquement ou spécifiquement entraîné, et surtout à le former à un nombre très limité de techniques applicables dans un maximum de situations auxquelles il pourra réellement être confronté. Historiquement, le kravmaga a été développé pour échapper au tabassage au coin d'une ruelle de Varsovie ou de Jérusalem; rapidement échapper au premier assaillant pour pouvoir se barrer et éviter le lynchage par ses potes. Pour le coup de "former des tueurs", ne me cite pas de travers s'il te plaît: y'a pas des arts martiaux secrets enseignant des techniques caballistiques auxquelles personne n'a jamais pensé ailleurs, et surtout pas dans le cadre des forces armées où les personnels ne restent pas, en général, plus d'une dizaine d'années (et où le corps à corps n'est pas vraiment la priorité, que ce soit pour les réguliers ou les FS). S'il faut tuer à mains nues, c'est que quelque chose a réellement foiré dans l'opération,e t pas qu'un peu. S'il faut prévoir de tuer à mains nues à chaque coup, c'est que l'armée est organisée de travers ou qu'elle a pas assez de fric pour s'acheter des flingues.
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de Marechal_UE dans Politique etrangère / Relations internationales
Oui, faudrait quand même arrêter de dire avec tant de facilité que parce qu'il y a eu élection, il y a démocratie: les élections en irak ou en Afghanistan n'ont pas apporté de vraie légitimité aux gouvernements de ces pays, et une élection européenne n'a pas le même degré d'implication pour les citoyens qu'une élection nationale. Un suffrage peut aussi bien représenter une authentique démocratie qu'une tronquée ou encore beaucoup d'autres régimes pas vraiment savoureux. On ne peut se fier à ce critère, parce que quelles que soient les circonstances, ce ne sont jamais que des urnes remplies de bulletins. Les sentiments d'appartenance, les identités, les traditions, l'atavisme citoyen (qui ne peut résulter que de la durée et d'une volonté commune forte), les habitudes de dialoguer et de s'engueler ensemble, les automatismes, les solidarités, les cohérences de groupe, les références culturelles.... Sont des choses moins facilement explicables et moins rapidement démontrables et résumables, mais ce sont elles qui donnent son originalité à un pays, son identité, sa force et sa vitalité en tant que communauté, la légitimité à son organisation politique et la confiance dans la projection de cette communauté dans l'avenir. C'est une construction fragile et terriblement longue, et qui ne marche pas quels que soient les facteurs de base, ce que les technocrates européistes ne veulent pas comprendre: il ne suffit pas de décréter que 27 pays vont en faire un parce qu'on les additionne. Et on est loin de pouvoir comparer aisément avec les USA qui sont partis d'une base autrement plus homogène avec un modèle culturel, politique et économique dominant. Si les USA pouvaient être comparés au cas européen, il aurait fallu pour cela qu'ils soient capables de s'agréger avec des Indiens organisés en Etats; mais ils sont partis de communautés politiques certes autonomes, mais initialement très similaires, voire identiques, dans la mentalité, les habitudes, les us et coutumes, les pratiques légales, la religion et sa place dans la société, les fondements du droit, la culture et plus encore la langue. Et le facteur unifiant fut une guerre contre un adversaire commun. Rien de comparable au cas européen. Personne ne se sent représenté par un député européen, personne ne se sent représenté par le Parlement européen: les débats dont ils s'occupent ne sont pas des débats européens dans le sens où il n'y a pas de société civile européenne, pas de vrais partis européens (seulement des coalitions parlementaires, soit un rassemblement d'élus, eux-mêmes peu représentatifs: on est dans la démocratie indirecte au combientième degré?) et certainement pas de conscience politique européenne partagée. Plus encore, il n'y a pas de volonté politique européenne dans les peuples, et pas réellement dans l'essentiel des classes politiques, ce dernier fait correspondant à un tas de mauvaises et de bonnes raisons: disparition de la conception de l'Etat et de la collectivité (ou plutot ramollissement fort), dilution du sens de l'identité et de l'appartenance au profit de grands slogans creux et surtout d'une tribalisation forte aux bas niveaux (communautés, localités, niches ethniques, culturelles, religieuses ou sociales), carriérisme politique, pressions de groupes d'intérêts ou idéologiques de tous niveaux, tutelle américaine, déresponsabilisation des sociétés et des classes politiques, idéologie mondialiste, élites déconnectées.... Je soulignais plutôt la connection (plutôt l'effet concomittant) entre le gap démocratique européen et la décadence de la démocratie dans chaque pays. -
Un longbow, c'est précisément un peu plus qu'un bout de bois: c'est pas n'importe quel bois, pas n'importe quelle partie de l'arbre, pas une absence de délais et de stockage pour le traitement du bois, pas n'importe quel artisan qui peut le faire.... Et surtout, encore une fois, les flèches sont de loin le plus gros investissement, en qualité et en quantité. Faut-il vraiment se lancer dans une étude compta analytique pour comparer le prix d'un armement de longbowman et celui d'un piquier communal? Une massue plombée, un fléau, une pique ou une lance ne représentent pas vraiment la même catégorie de coûts. Comment dois-je prendre ça?
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[Union Européenne] nos projets, son futur
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Marechal_UE dans Politique etrangère / Relations internationales
Tu l'as lu?????? Il n'a rien de simple, de cohérent ou de court, et certainement rien de minimaliste. C'est une usine à gaz, une version à peine retouchée du précédent, et un fatras de jargon technique. pas vraiment du matériel de texte fondateur. Dans ce cas, pourquoi pas faire voter les USA, le Mexique et l'Inde en plus? 1,5 milliards d'habitants en plus qui disent oui, ça doit donc être encore plus démocratique vu qu'apparemment, la démocratie est uniquement mathématique et addition. Mais apparemment, ta définition de la démocratie est à géométrie variable: 3 peuples (sur 4 consultés) disent non, et la réponse est temporaire. Mais quand ils disent oui, c'est définitif et arrêté? Ouaaaaaah! Ca c'est de la démocratie. Et quand un peuple a dit non, son Parlement peut le shunter? C'est beau et noble et juste la démocratie. On souligne depuis longtemps l'immensité du gap démocratique en Europe et la décadence de la démocratie dans les pays occidentaux, mais là, quand les Parlements vont systématiquement contre les opinions publiques, c'est parfaitement légitime quoiqu'il arrive? Le taux de participation là où le oui est passé dans les urnes fut minable au mieux, et quand le non est passé il a été important, mais apparemment, on qualifie de "raz de marée" et de vote massif des peuples le passage du oui alors qu'en fait il s'agit de minorités réduites de l'électorat..... QU'ON M'EPARGNE LA PROPAGANDE DEBILITANTE ET HYPOCRITE! MERCI. Où est la majorité populaire? Certainement pas dans ce qui s'est passé: aucun analyste politique, qu'il soit pour ou contre le traité, n'a eu l'hypocrisie de dire que ce traité est passé de façon démocratique, et il y a quand même plus qu'un consensus pour dire qu'on l'a fait passer sur la gueule des peuples. C'est quoi un libéraliste? Je connais pas cette espèce là. Et désolé, mais les "ultra-libéraux", faudrait te réveiller, ce sont ceux qui viennent tous d'éjaculer à la signature du traité: le supermarché vient de finir d'ouvrir ses portes, et barroso, leur lèche-cul préféré (un bon toutou), vient de leur dérouler le tapis rouge. Parce que précisément, tu trouveras rarement les intérêts corporatistes et financiers du côté des défenseurs d'identité et de ceux qui pensent aux collectivités avant de penser à leurs intérêts. Maintenant continue à traiter, comme tu le fais depuis le début de ce topic, ceux qui sont contre le traité de racistes haineux, d'extrêmistes, de profiteurs ou d'exploiteurs de peurs, et tu continueras à justifier qu'on s'oppose à l'idéologie euro-béate, sans identité, sans cohérence et sans légitimité. Par ailleurs, ceux qui n'ont pas compris que ce traité est un des clous du cercueil de tout projet d'Europe politique devraient vraiment étudier le sujet au lieu de s'en tenir aux propagandes officielles. La quasi totalité des pays européens est contre l'Europe fédérée, surtout à l'est, et là, on ne fait que confirmer que le statut qu'on signe est celui d'un protectorat américain. C'est pourtant pas si difficile à comprendre, à moins de vraiment croire les discours de politicards (qui eux savent très bien ce qui se passe et ne se font pas d'illusions quand on leur parle hors champ de caméras) et de quelques idéologues. Et y'a quelques lignes, tu justifiais les choix de Parlements en désaccord avec les opinions publiques. Rappelons que la majorité des populations non consultées étaient CONTRE le traité, là où leurs Parlements ont voté pour. Mais tant que ça va avec ton opinion, c'est démocratique et légitime apparemment. Touchant, on y croirait presque. Pressions, lobbying, idéologie, croyance sincère (il doit y en avoir encore), syndrôme de la Tour d'Ivoire, alignement, renoncement à l'idée d'un vrai Etat indépendant ou d'une union d'Etats (pas 27, y'a vraiment que les idéologues qui y croient) qui se conçoive comme une puissance, carriérisme, panurgisme, différences de perception de ce que sont les intérêts du pays.... Faut-il vraiment toutes les nommer? Et faudrait-il vraiment voir en détail quelle proportion d'une classe politique se soucie réellement des intérêts de son pays? Faut sortir du pays des Bisounours de temps en temps. Parce qu'ils veulent des subventions et l'accès ouvert à des marchés plus vastes, soit du fric. Certainement pas une quelconque illusion d'union continentale. -
La conscription n'est pas une invention spécifiquement scandinave: que diraient les Romains et les Grecs qui la pratiquaient à une échelle infiniment plus grande, plus ordonnée, plus efficace et surtout couverte de succès qui ont un peu plus marqué l'Histoire? Pour le côté particulier, l'entraînement hebdomadaire à l'arc est devenu une obligation en Angleterre sous Edouard Ier, non parce qu'il s'agissait d'une arme peu chère, mais parce qu'au sortir de la conquête du Pays de Galles, le roi anglais avait été surpris de l'extrême efficacité du longbow employé par les troupes des derniers rois celtes brittoniques, qui avait infligé des pertes terribles et disproportionnées aux troupes des Plantagenêts. Pour note aussi, le longbow n'était pas une arme bon marché, et plus encore, les flèches qui vont avec, et qui sont nécessaires en nombres énormes pour permettre la tactique de feu défensif saturant, coûtent des sommes absolument faramineuses (ce sont des flèches chères, et il en faut un gros paquet par archer). Bref, cet entraînement accompli comme devoir de milice est entièrement voulu par la couronne: auparavant, l'entraînement des hommes libres était plutôt tourné, là où il était autorisé (généralement, les aristos n'aiment pas que leurs pégus apprennent à se battre, ça leur donne des idées), vers des armes de corps à corps telles que le fléau, lépée, le coutelas, mais surtout la pique, la guisarme et la massue plombée, comme ailleurs en Europe. Mais ce sont là des spécificités régionales dépendant des pouvoirs locaux: en France, les Gascons, certaines zones de Provence, les Champenois, les Bretons, les Normands et le nord de la Picardie avaient fréquemment de telles pratiques coutumières. Ailleurs, l'aristocratie combattait ces traditions héritées des Mérovingiens (et plus loin, de Rome) et systématisées par Charlemagne. Partout où l'esprit et l'organisation communale étaient très développés, les populations urbaines travaillaient ce savoir-faire (Italie du Nord, Flandres, Suisse....). Mais il n'ya vraiment qu'en Espagne chrétienne et en Angleterre que les monarchies ont réellement organisé une politique systématique et absolument obligatoire d'entraînement (nécessaire vue la faiblesse démographique et l'indiscipline nobiliaire). Enfin, rappelons que l'archerie obligatoire est avant tout le fait de la yeomanry, c'est à dire les couches supérieures de la paysannerie et des citadins, soient les hommes libres et relativement autosuffisants (la classe moyenne de l'époque). C'était pas pour les branleurs et les pégus de base, et certainement pas pour les serfs là où le servage était en vigueur.
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Je remonte ce sujet parce qu'il me manquait, mais aussi parce que, suivant de dernières lectures, je trouve la conflictualité féodale et médiévale (2 choses à différencier) assez proche des situations que l'on peut trouver dans nos actuels conflits dits asymétriques, où l'on ne peut être sûr durablement de ses alliés plus ou moins réguliers, des populations et "aristocraties" locales, où la ville (ou plutôt le tissu urbain d'une région ou d'un pays) est un enjeu et un univers trop grand comparé aux tailles des armées, de même que les échelles des pays et régions sont trop grandes pour qu'une armée puisse espérer les contrôler, ce qui implique d'autres logiques pour penser la guerre et obtenir un effet politique qu'on qualifiera ou non de victoire. A cet égard, l'action et la stratégie asymétriques de Du Guesclin et Charles VII dans les années 1360-1370 me semblent particulièrement éclairantes.
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Pour commencer, rappelons que le "meilleur art martial" est une notion abstraite qui n'existe que dans les séries télé; les techniques ultra secrètes de la mort qui tue, c'est avant tout du folklore. Il n'ya que de la pratique et des praticiens, et l'essentiel est de trouver une discipline qui convient àn sa morphologie, à son état d'esprit, à sa façon d'apprendre, à sa façon de bouger et de penser. Et plus encore, il faut trouver le prof qui sait vous faire passer la leçon. Maintenant, les techniques qui assomment sans toucher ou regarder, j'en connais que 2: le poison (la technique russe du polonium a encore récemment fait ses preuves :lol:) ou le projectile (à balle ou à main), et encore, vaut mieux regarder pour viser dans le dernier cas. Les histoires de "cri qui tue" et tout ce bastringue là, faut arrêter de pousser mémé dans les orties (où elle est décidément très souvent). Le systema, c'est (je me suis bien penché dessus depuis mes derniers posts) un art martial interne reposant sur les mêmes principes que le Baguazang ou le Xing Yi (souvent enseignés ensembles; c'est ce que je fais maintenant): c'est plus souple, fondé sur l'économie des forces (moins de pratique en explosion), on va direct à l'essentiel et c'est meilleur pour le corps dans la durée. La mathématisation des angles d'attaque, on trouve ça un peu partout, c'est une approche modernisée de la plupart des arts martiaux qui ont adopté le procédé d'étude à des degrés plus ou moins importants. En ninjutsu/ninpo, on en bouffe beaucoup. De même, l'approche médicale, notamment via l'étude des connections nerveuses et points névralgiques, c'est devenu assez commun dans toutes les disciplines visant à l'application pratique en combat réel. Bref, faut éviter de se raconter des histoires en se disant qu'il y a un art martial ou une discipline de combat supérieur aux autres, parce que ce n'est jamais le cas, et encore moins quand on considère l'extrême hétérogénéité de chaque discipline dont les bons profs savent toujours éviter d'être trop dogmatiques. Evidemment, il y a un grand nombre de salles et dojos où le but est celui de la voie des arts martiaux en tant qu'idéal de vie, pas de former des tueurs; pour ceux-là, l'objectif est l'épanouissement physique et mental au travers d'une discipline vécue comme un mode de vie et une approche philosophique, ou alors un simple défoulement sportif. Et même là, faut quand même se l'avouer, un praticien correct en sortira avec une capacité de se défendre supérieure à celle de 95% de la population qui ne pratique aucun sport de combat et s'en fout dans les grandes largeurs. Comme pour les disciplines, faut pas non plus sombrer dans les mythologies des unités d'élite: spetsnaz, SAS ou autres, les "dieux de la guerre", c'est avant tout une image et une réputation travaillée autant pour attirer les recrues que pour avoir un impact psychologique. Surtout dans le cas des Spetsnaz, terme qui veut tout et rien dire vu l'hétérogénéité des unités portant ce titre: entre les commandos du Ministère de l'Intérieur russe, élite absolue des unités spéciales russes, et les commandos de districts militaires souffrant de tous les maux de l'armée russe, y'a un monde de différence, et pourtant le terme spetsnaz est employé aussi bien pour les 2 types d'unités.