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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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Les forces armées terrestres russes
Tancrède a répondu à un(e) sujet de S-37 Berkut dans Asie / Océanie
Les Russes appellent leur système Strelets/streltsy? Historiquement pas très engageant: un beau moment à la naisssance, un long destin de Garde Prétorienne corrompue après. -
Les alliances de revers ont été perdues de fait dès la signature du traité de Locarno qui réoriente la stratégie et l'outil militaire français vers la défensive. Les difficultés à négocier avec l'Europe centrale ont commencé aussitôt. Et la proposition polonaise d'une guerre préventive contre l'Allemagne dès 33 fut clairement refusée par la France (avec appui britannique), ce qui a définitivement enlevé tout contenu à cette idée des alliances de revers qui est un mythe absolu. Une guerre en 38 aurait vu les Tchèques avec une guerre civile sur les bras, donc pas très utiles. Après, oui, c'est certain, taper l'Allemagne en 38 eut été plus facile, vu la taille réduite de son armée effectivement entraînée à ce moment, ou encore en 36 avec l'histoire rhénane, mais ça c'est pas un commentaire très nouveau.
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L'impact psychologique d'une charge de cavalerie lourde
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gran Capitan dans Histoire militaire
Je précise un truc sur Keegan: outre ses problèmes de biais extrêmement chauvin évoqués dans un autre topic, il est très adepte de l'explication par le petit échelon, vantant le résultat stratégique obtenu par telle ou telle capacité tactique, en l'occurrence la seule capacité tactique de l'armée anglaise, à savoir sa cadence de tir, corollaire d'une bonne tenue des unités, au moins en position fixe (cela dit, contrairement au mythe, les cadences de tir obtenues par les Anglais n'ont rien de miraculeuses: les Prussiens savent les tenir, et même à Waterloo, au stade de décomposition où en est l'armée française, le gros de la ligne les tient encore aussi). C'est une tendance partiellement légitime, mais très présente chez beaucoup d'historiens militaires qui en abusent souvent, comme Keegan. Et l'un des défauts de l'historiographie britannique, particulièrement sur cette période, est de présenter les cadences britanniques comme une espèce de préfiguration que le feu tue et que l'attaque frontale est devenue quasiment impossible. Quand on connaît un peu les performances des armes de l'époque et les réalités des guerres napoléoniennes, cela prête autant à rire que de dire que l'époque des migrations barbares constituent l'avènement de la cavalerie et sa supériorité sur l'infanterie. Ce sont des lieux communs historiques et des non sens tactiques et stratégiques. La charge des Scot Greys sur la Grande batterie est un fait anecdotique souvent monté en épingle par la Waterloo Industry: quelques éléments de la charge sont parvenus jusqu'à la Grande Batterie et ont fait fuir des artilleurs (et sans doute tué quelques-uns), mais le feu de ces canons n'en a à aucun moment été handicapé, puisqu'ils ont tiré toute la journée. A ce stade, la charge anglaise est complètement éparpillée depuis un moment, a déjà été partiellement anéantie et a depuis un bon moment fini par partir en couille (c'est déjà une indiscipline à la base, et la qualité de la cavalerie anglaise est très mauvaise, surtout pour la discipline et la cohésion). Le but de la cavalerie lourde est de percer, avant tout, mais l'artillerie est un objectif premier, et il y a une longue histoire de haine entre artilleurs et cavaliers. D'ordinaire, il est plutôt du ressort de la cavalerie légère de s'occuper d'eux, mais la réalité d'une bataille fait de l'artillerie une cible primaire pour tout cavalier dans le coin. -
L'impact psychologique d'une charge de cavalerie lourde
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gran Capitan dans Histoire militaire
Ils n'étaient pas en carré, ou même en ligne: ils étaient en colonne d'attaque, sans visibilité (le terrain est accidenté et ils sont en montée: le chemin creux a trompé pas mal de monde), et ils ne sont pas tout frais. Face à un surgissement brutal de la cavalerie dans ces conditions, y' pas des masses d'options. -
Les causes de la défaite de la France en mai-juin 1940
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Jojo67 dans Histoire militaire
D'où mon insistance très lourde sur le cadre d'emploi, non en guerre de mouvement sur de grandes plaines, mais en grande action frontale sur un théâtre très sectionné de coupures. -
L'impact psychologique d'une charge de cavalerie lourde
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gran Capitan dans Histoire militaire
L'impact psychologique, comme Davout le souligne (Davout tais-toi, rappelle-toi que tu es un maréchal fondamentalement fantassin :lol:), dépend avant tout de l'usure préalable de l'unité d'infanterie et du jeu de guerre des nerfs qui s'opère entre les attaquants et l'unité en défense. Primo, la charge au galop ne se lance effectivement que dans les 50 derniers mètres, sauf exception, dans le cas de la cavalerie lourde (cuirassiers essentiellement, mais aussi carabiniers, côté français), leurs chevaux (Boulonnais, Frisons, Percherons, Saxons, Ardennais, Comtois....) n'étant pas vraiment de grands galopeurs. Les unités légères (chevau-légers lanciers, hussards et chasseurs) peuvent lancer des attaques plus soutenues et de plus loin, voire répétées, même si leur force d'impact n'est pas la même. L'usure des unités attaquées vise moins à créer des pertes en soi qu'à ébranler les hommes: on sait que l'efficacité des tirs de salve reste encore relative à cette époque (puissance limitée de la balle, manque de précision....), mais l'artillerie, surtout l'artillerie à cheval, qui se porte au premier rang des points cruciaux de la bataille, joue à cet effet le compagnon idéal du cavalier de choc. Mais il faut aussi y ajouter les fantassins légers (ou employés comme tels) dont l'objectif est de concourir de cet effet en ciblant les officiers et les sous-officiers. Car c'est là tout l'enjeu: hors quelques unités de vétérans très endurcis, motivés ET conscients (ils comprennent ce qui se passe), même les meilleures unités de ligne se débanderont, au moins un moment, si elles ne sont pas extrêmement encadrées et gardées en rang par des sergents et officiers qui peuvent même les frapper au besoin. le sergent serre-file porte encore bien son nom. On notera d'ailleurs qu'à Waterloo, les 2/3 de la cavalerie de Wellington avaient été placés juste derrière l'infanterie pour réprimer tout débandement éventuel. Mais les fantassins légers, eux, visent ce qui fait toute la cohésion d'un bataillon: un sergent ou un officier, c'est celui qui vous remet dans le rang, par le soutien ou par la force, quand vos potes tombent à côté de vous, c'est la seule chose qui fait tenir. On peut même mettre le système dans son contexte: en moyenne, à 30% de pertes, un bataillon, officiers et sergents ou non, a toutes les chances de se débander, au moins un moment (il peut se reformer en arrière ou non). Si des snipers (chasseurs et fantassins légers) aligenent en priorité les officiers et sous-offs, de combien accélère t-on cet affaiblissement? La perte de l'officier supérieur est généralement un coup au moral ravageur, particulièrement dans les armées de systèmes monarchiques, ancrées profondément dans des mentalités de sociétés hiérarchiques. Ensuite vient l'asticotage des cavaliers (surtout les légers, les cuirassiers s'encombrant rarement du mousqueton règlementaire), qui peut durer longtemps, le tout sur fond de canonnade permanente et de harcèlement des snipers, en ajoutant que celui-ci fut employé à une échelle sans précédent par la Grande Armée (la proportion de fantassins légers de l'armée française a toujours été supérieure depuis la Révolution). Et tout le truc des cavaliers, c'est d'aller et venir en escadrons au plus près de la limite de portée des fantassins adverses, en envoyant en plus quelques éléments "défier" au plus près, déchargeant des cousp individuels énervants. L'objectif? Faire craquer un ou deux mecs, dont la nervosité les fera tirer: l'effet est toujours contagieux. Si, malgré les offs et sous-offs, un ou deux coups partent, il y a des chances que toute l'unité décharge, par contagion ou parce que chacun croit que l'ordre a été donné et qu'ils ne l'ont pas entendu (c'est bruyant et sans visibilité, un champ de bataille). Après, il y a l'impact proprement dit des cavaliers lourds: leur aspect est travaillé (rutilants, chevaux massifs et de grande taille, hauts couvre-chefs qui accroissent visuellement leur taille.... Tout est fait pour les rendre imposants et leur donner une aura), le bruit et la gueule de leurs chevaux sont forts (un régiment de 300 à 400 percherons en mouvement coordonné, ça remue le sol et les tripes), l'effet de masse est décisif.... Alors les taches de couleur sur les fonds de pantalons.... -
Les causes de la défaite de la France en mai-juin 1940
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Jojo67 dans Histoire militaire
Rappelons aussi, Loki, que la Wehrmacht de Barbarossa n'est pas non plus la Wehrmacht de mai 40: on a changé d'échelle avant toute chose. Mais surtout, attention avec le schwerpunkt translaté sur le front belge et hollandais: le terrain change tout, et c'est un terrain coupé, pas les plaines de Champagne. Qui plus est, le poids des PzD ne peut y être le même, et précisément avant tout dans la manoeuvre rapide à grande échelle, surtout face à une concentration adverse. Le niveau de coordination, par ailleurs, ne peut du coup y être le même, et l'efficacité de cette coordination supérieure de l'échelon opérationnel marche moins. Ajoutons aussi qu'un combat frontal de ce type aurait permis à la France de ne pas gaspiller ses divisions cuirassées, de leur laisser peut-être un peu plus de temps d'organisation, mais surtouit de ne pas les déployer comme elles l'ont été face à la percée des Ardennes. Je suis entièrement d'accord avec toi à l'avance, ça n'aurait pas amélioré de façon gigantesque les problèmes organiques de leur conception, mais un engagement de ce type, plus limité dans ses développements manoeuvriers, aurait mieux correspondu à leurs carences pour la même raison qu'il aurait réduit les possibilités des PzD. Rappelons aussi que pour les chiffres, les historiens ont des problèmes à se mettre d'accord, tant en raison de sources parfois contradictoires que de prises en compte différentes, suivant qu'on retient les véhicules effectivement disponible à un instant T, ceux disponibles jusqu'à une échéance donnée ou ceux détruits/capturés au sens strict (on a encore vu le problème s'établir un moment en 2006 avec les pertes israéliennes en chars). Mais en matière de chiffre, il faut aussi tenir compte de l'usure des stocks: de ce côté, les Français peuvent assurer un rythme de loin supérieur, y compris pour les remplacements des véhicules perdus (à ce propos, quelqu'un sait-il s'il est possible de se procurer des photos des dépôts et parcs de matériel, notamment Gien?). Mais bon, un de ces 4, va falloir qu'on soit d'accord de n'être pas d'accord, ou plutôt de définir très précisément les 2 ou 3 points fondamentaux où on n'est pas d'accord, et qui font varier nos opinions respectives à ce point. -
Les causes de la défaite de la France en mai-juin 1940
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Jojo67 dans Histoire militaire
Faut quand même pouvoir mesurer à la louche le résultat: les Allemands ont perdu plus de la moitié de leur outil blindé dans cette très courte campagne (et pas la plus mauvaise moitié), et ce alors même que le plus gros de la destruction de l'outil français s'est fait dans des conditions opérationnelles défavorables, à savoir la percée des Ardennes sur un flanc quasiment non protégé qui offre aux Allemands un effet multiplicateur énorme, et la "poursuite" qui s'ensuit en juin où s'opère une grosse partie des pertes françaises, humaines et matérielles. Au-delà de l'analyse point par point, je ne fais que constater que les taux de pertes dans tous les domaines, tant qu'on parle d'opérations de combat coordonnées, ne sont pas si absolument favorables aux Allemands. Qu'il s'agisse autant des effets du terrain, de la contingence et du commandement que de la combativité et de l'efficacité quand même avérée des soldats français, je n'en doute pas, mais le fait est là: les pertes matérielles allemandes sont sans appel tant qualitativement que quantitativement. Quand on pense en outre qu'une part très significative de l'outil blindé était d'origine étrangère (tchèque surtout), on peut voir l'impact concret, au plan de la planification industrielle et de la mesure de la capacité de combat globale. Le fait est que personne ne discute ici, malgré toutes les immenses carences constatées dans les PzD de mai 40, la supériorité de l'outil blindé allemand. Mais je pense que Loki surestime trop cet avantage et l'impact en soi de 10 PzD: on ne mesure pas ces choses dans l'absolu, mais par rapport à un terrain et à une temporalité donnée. Et de ce point de vue, malgré les avantages certains de la Panzerwaffe, le vrai levier qui démultiplie la puissance est l'opération des Ardennes. Mais même avec çà, les chiffres de pertes (dans le cadre de l'affrontement organisé, après, c'est du massacre comme dans la poursuite qui suit les batailles antiques ou médiévales) témoignent que l'avantage allemand, malgré même cette situation tactique très favorable, est extrêmement relatif. Le point est que sans l'opération des Ardennes qui offre ce multiplicateur de forces, on a du frontal, qui plus est non dans une zone de plaines, mais dans une zone nettement moins favorable aux mouvements rapides de grandes forces organisées dès lors que l'adversaire dispose de forces un peu conséquentes, et surtout d'une artillerie efficace et nombreuse. Dasn cette configuration, on a une usure très rapide de l'outil blindé, et une incapacité au moins relative à vraiment en tirer profit comme il conviendrait. On revient alors à du statique où là, il est vrai, les réserves démographiques allemandes peuvent parler, à la longue (mais dans un tel cadre, il y a alors le réservoir britannique). C'est le taux de perte matériel allemand qui le révèle, de même que les différences de cadences de production à ce stade de la guerre. -
Problèmes éternels et calvitie des officiers
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
A peu près tout: suivant le prix des denrées, pièces détachées, rechanges, consommables en tous genres et munitions, tu dimensionnes tes moyens, mais tu conditionnes aussi la vitesse de déplacement et le rayon d'action d'une armée, tu imposes un niveau de contraintes aux calculs du commandement et de comportement aux armées. L'acheminement, c'est le train, et il concourt de la même logique et des mêmes impacts en termes d'organisation, de liberté de mouvement, d'autonomie.... -
Les causes de la défaite de la France en mai-juin 1940
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Jojo67 dans Histoire militaire
Aaaaah! Le duel a repris! Avec Loki sur sa ligne adamante et Jojo sur la même que moi: je vais chercher mes munitions et je viens dans la tranchée. -
South Stream compromet l'indépendance énergétique de l'UE
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Sargon d'Akkad dans Economie et défense
Même si, pour une raison ou une autre, la Turquie devait être intégrée, faudrait pas jouer les vierges effarouchées devant les réactions populaires en Europe contre Bruxelles, pas tellement pour le cas turc mais comme la goutte d'eau dans un bol déjà trop plein. On s'avance vers des temps difficiles, déjà, et le climat social, partout en Europe, va être tendu pour les années à venir, particulièrement dans une Europe de l'est où les extrêmismes sont déjà nombreux et puissants, et rendus encore plus chatouilleux avec le déclin démographique (tiens à ce sujet, la France aura la 1ère population d'Europe d'ici 30 ans, pas de quoi en refaire le centre du monde, mais de l'UE, déjà plus). De même, outre ces 2 projets concurrents, faut pas oublier ce qui antagonise le plus la Pologne: le rapprochement germano-russe, notamment via le gazoduc baltique, signe d'une Allemagne qui tend à la rejouer de plus en plus perso et qui sera de moins en moins atlantiste à l'avenir. L'Italie le fait avant tout par atlantisme. Mais la question n'est pas là: il ne faut pas confondre les attitudes fondamentales et l'opinion des gouvernants du moment, dès lors qu'il s'agit d'une question qui s'étale sur 15 à 20 ans. -
Problèmes éternels et calvitie des officiers
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
C'est pas toujours vrai, ni si facile de départager: faut pas caricaturer les officiers métropolitains comme les premiers de classe théoriciens. D'autant plus qu'une partie des soldats coloniaux sont assi des "revanchards" forcenés pour qui les colonies, selon l'adage, sont une "école d'énergie" pour les hommes comme pour les chefs. Ajoutons que toutes les destinations d'outre mer ne sont pas vues de la même façon: l'Afrique du Nord est à part, par exemple. Cette opposition entre les obsédés de l'Empire et ceux de la Ligne Bleue des Vosges n'est pas spécifique aux militaires: elle est tout aussi politique. Mais bon, là on commence peut-être à s'éloigner un peu du sujet en s'enfonçant dans un sujet particulier sans plus renvoyer au général. -
Problèmes éternels et calvitie des officiers
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Gérer les gens dangereux/emmerdants (mais qui n'ont ouvertement rien fait de mal, parce que là on s'en débarrasse définitivement), ça s'est toujours fait de bien des façons: le recasage administratif ou dans un poste symbolique/chiant (inspection des forteresses, archives, corps honorifiques, gouvernorats symboliques ou lointains, comme les Invalides, ou Odessa puis Vladivostok pour Joukov....), la promotion incapacitante (nommer quelqu'un maréchal en France, est presque une appellation ironique dont le cas exemplaire fut Joffre en 1916) ou l'expédition lointaine où on espère que le titulaire va se bananer (mais s'il réussit, ben on peut aussi tirer le mérite à soi, et de toute façon ça fait moins de bruit en général). César et le proconsulat des Gaules, c'est avant tout pour l'écarter (et il a su contrer ça plutôt bien :lol:), de même que le Duc de Beaufort et l'expédition de Candie, Bonaparte en Italie.... Rappelons qu'aujourd'hui, l'évolution sociale fait que les militaires sont, pour un certain temps encore, très peu politisés, très peu impliqués dans le pouvoir proprement dit et, fondamentalement, de purs techniciens. Les recasages, mises au rang.... Sont plus le fait des querelles de chapelles entre les divers groupes au sein de l'armée (armes, spécialités, clans d'affiliations politiques, réseaux personnels.... Mais aussi orientations "idéologiques" des divers courants conceptuels des forces armées: les affaires Chauprade -même si c'est pas un soldat- ou Desportes, sont révélatrices de ces "courants"). -
Problèmes éternels et calvitie des officiers
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Pourquoi serait-ce hors du sujet? C'est moi qui décide si c'est HS ou non ;). J'ai créé ce sujet pour souligner précisément les problèmes auxquels sont confrontés depuis toujours les armées et opérations militaires et s'éloigner des commentaires faciles auxquels on a trop souvent droit, surtout dans les analyses historiques, du style "c'était plus simple avant" (une des plus grandes conneries), "les chefs étaient pas harcelés sans cesse par les décideurs politiques" (faut-il réellement un commentaire?).... Des exemples, du moment qu'on les développe un peu, sont tout aussi pertinents que des arguments. Pour revenir à l'exemple des chefs envoyés outre-mer, on s'aperçoit dans le cas de notre histoire coloniale, effectivement, qu'il y a un "soldat colonial", plus autonome, plus débrouillard, parfois moins politique. L'un de ceux qu'on ignore le plus (même pas la peine d'évoquer Lyautey, il est un archétype) est Galliéni qui, bien plus que Joffre, est aussi le père de la victoire de la Marne. En allant plus loin, on constate que ce phénomène d'écarter certains officiers existe aussi pour les soldats, parfois: la Légion a initialement été créée pour recaser des droits communs, mais surtout des agités politiques, avant même les étrangers. -
Nouvelle série de Spielberg, Pacific
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gran Capitan dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
La bien pensance est bien là, et je ne l'ai pas nié, mais faut pas faire de jugement facile non plus: le seul musulman ouvert (je ne dis pas "tolérant" tant ce mot est usé et abusé à toutes les sauces), c'est Saladin (et son pote), et derrière, on voit la cohorte des tarés de la guerre religieuse. Côté chrétien, je souligne que le comportement minable de l'archevèque et patriarche de Jérusalem est historiquement avéré, de même que le comportement des croisés fraîchement débarqués d'Europe (et souvent envoyés pour ce motif). Pour les histoires d'accent, tu les sors d'où? Celui qui joue Renaud de Châtillon, c'est Brendan Gleeson, et il a un putain d'accent british un tantinet populo, tandis que le héros n'a pas d'accent noté (pourrait même être ricain). Celui qui joue Guy de Lusignan n'a pas un accent français: il a un accent de l'est, que l'acteur (Marton Csokas ou un truc du genre) ramène de ses origines et qu'il trimballe dans tous ses films. Il n'essaie même pas d'avoir un faux accent français(que les Anglos n'imitent d'ailleurs pas comme ça). La bien pensance dans ce film, elle est dans ce néologisme contemporain, pas malheureux en soi mais historiquement incompatible avec les mentalités du temps, de pointer tous les religieux comme tarés et de montrer les hommes de bonne volonté de tous horizons. C'est naïf, mais ça ne renvoie en rien à ce que tu soulignes (la dhimmitude des chrétiens et juifs en terre d'Islam étant certes humiliantes, injuste et mal vécue, mais elle n'a rien à envier au statut des musulmans en terre chrétienne, comme en Sicile ou dans ces terres croisées du levant). Il s'agit juste de féodalité et d'abus mâtinés de religiosité et de préjugés faciles et inévitables, le tout emballé dans une situation de populations bien plus conscientes de leurs identités et de leurs différences que de nos jours. La perception de tolérance qu'on a de l'Islam ne passe que par Saladin, héros célébré pour sa chevalerie même en Occident à l'époque. Celle de l'ouverture du royaume de Jérusalem passe par les personnages de Baudoin IV et de ses suivants, qui figurent en fait la noblesse franque autochtone par opposition aux nouveaux arrivants d'Europe, opposition authentique que tu retrouveras dans tous les bouquins sur la période. La scène de la neige sur fond de végétation persistante, c'est zoli, et après? -
[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
C'est pas anti-français, honnêtement, cette empoignade: d'ailleurs, le "héros" se prend une pile au corps à corps, et il faut que Henno vienne l'aider pour le tirer de là (en tuant le Français par derrière; saloperie d'Albion :lol:). La fusillade qui suit voit des pertes des 2 côtés, avec les Français qui étaient en position défavorable. le tout, la situation, ça sent juste les habituels cafouillages de services secrets qui mènent leurs opérations quand ils le veulent. Comparé à The Unit, là y'a même pas photo: le ton de ce double épisode de ultimate Force est plutôt neutre (pas de commentaires anti-français, une situation juste constatée, un merdage dramatique des 2 côtés). Faut pas non plus être paranos. -
Problèmes éternels et calvitie des officiers
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Ca marche à tous les échelons dès lors qu'il s'agit de déléguer une responsabilité et que celui qui délègue ne peut pas avoir le nez dessus en permanence et qu'il connaît mal ou pas du tout son subordonné (dans ce sens, mieux vaut un con qu'on connaît qu'un génie qu'on connaît pas: on sait à quoi s'attendre, donc on peut plannifier avec, avec comme bonus que le con ne menacera jamais de prendre votre place, sauf si c'est un fils de évidemment). Le syndrôme du micromanagement est une tentation pour tous, même les meilleurs, et il est en partie souhaitable si on peut le maîtriser (c'est mieux que le grand chef qui ne vient jamais voir, ne s'implique pas et peut ainsi tout foutre sur le dos de son subordonné si ça merde). -
Problèmes éternels et calvitie des officiers
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
C'est ce que j'ai indiqué plus haut: on commence à le sentir comme colonel, et ça vient vraiment quand les étoiles sont dans le coin. Mais fondamentalement, ça se sent dès lors qu'on a un certain degré d'autonomie/responsabilité, étant donné que plus on en a, plus il y a de jaloux qui vous guettent et de supérieurs qui vous surveillent, parce qu'il se méfient de vous (ceux qui réussissent font peur) et plus encore parce que leur bilan est en partie en jeu dans votre action et la tentation de vous contrôler (qui peut aller jusqu'au parasitage pur et simple) est grande, tant la confiance est une chose parcimonieusement distribuée. Rappelons aussi, pour citer Louis XIV, que chaque fois qu'un poste est attribué, on fait 100 mécontents et 1 ingrat. Rappelons encore que même un mec compétent peut foirer totalement (hors bien sûr de l'action de l'adversaire) pour de multiples raisons: moyens inadéquats, mauvais contexte d'emploi, directives contradictoires, supérieurs méfiants et micromanageurs, absence de stratégie cohérente ou mauvaise stratégie générale, mauvaise coordination avec les autres forces de même rang, contraintes trop grandes, trop de comptes à rendre à l'autorité supérieure, autorité supérieure qui n'assume pas ou ne couvre pas, jalousies diverses et torpillages.... -
Problèmes éternels et calvitie des officiers
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Tiens, à propos des histoires de postes de commandement et de responsabilité, rappelons plus simplement qu'il s'agit d'une hiérarchie, et que tout le monde veut faire carrière et améliorer sa position: comme dans n'importe quelle organisation, chaque échelon choisit de promouvoir du vivier de l'échelon en-dessous (pas trop de l'extérieur dans le cadre d'une armée, évidemment: c'est pas un marché). Au niveau des grands postes à haute responsabilité, le choix est vaste et les postes très peu nombreux, et pourtant, il faut choisir quelqu'un qui aura des responsabilités étendues, couvrant plein de domaines, et aux limites pas extrêmement définies, soit un poste de fait politique: mais comme pour tout domaine d'activité, on choisit parmi des gens qu'on connaît peu ou pas, pour une tâche dont on maîtrise mal les données (surtout dans le cas du politique). Les critères d'évaluation plus ou moins objectifs (notations, évaluations, bilans....), à ce stade, valent peu de choses: donc il convient d'éviter les critiques faciles sur le fait que les meilleurs ne soient pas nécessairement choisis, parce que reconnaître les meilleurs dans ce cadre est quasi impossible (hors d'un contexte de guerre permanente où beaucoup de candidats ont déjà été éprouvés dans plein de contextes). Bien sûr, il y a aussi les autres critères de choix que j'ai évoqués, les néfastes: il faut faire leur part et là on peut critiquer. Mais globalement, il faut donc rappeler que le commandement est aussi une carrière et/ou une ambition (on distingue les 2 quand un homme recherche moins l'avancement qu'un accomplissement, une envie de faire quelque chose, qu'il en soit capable ou non). Les mêmes principes s'appliquent donc, et le premier dans l'observation des carrières: tout le monde s'élève jusqu'à atteindre son seuil d'incompétence.... Et les ambitieux vont un cran plus loin. -
Problèmes éternels et calvitie des officiers
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Ben non, t'as tellement les pieds dedans qu'ils en sont crades ;). Le but du sujet, c'est pas que chacun arrive avec sa liste de truc qui ont toujours été un problème, c'est d'en discuter et de se mettre d'accord pour établir une liste commune et pertinente valable pour toutes les époques, pas seulement celles qu'on connaît bien. D'où ma liste de plus haut, citée comme première proposition, à compléter, à présenter autrement, à discuter, à critiquer ou à démentir: - la ressource humaine: recrutement et gestion - le coût et l'acheminement de l'intendance - l'acquisition et le traitement du renseignement - la chaîne et les "systèmes" de commandement (organisation hiérarchique et pratique, sélection et choix des chefs, résoudre le conflit éternel entre autorité et souplesse, systèmes concrets de signaux et transmissions....) - l'apprentissage et l'intégration rapide de l'expérience acquise (surtout face à 2 grandes épreuves: le temps de paix et l'après victoire) -
Problèmes éternels et calvitie des officiers
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Pas nécessairement incompétent, mais on choisit rarement les plus compétents, et surtout pas les plus décidés, et ce pour de multiples raisons, pas une seule: faut pas simplifier le débat en disant que les politiques choisissent des incompétents, c'est une malonnêteté intellectuelle, et la réalité est infiniment plus nuancée et complexe. D'abord et avant tout, à moins de prsonnalités vraiment exceptionnelles et/ou d'une situation de guerre permanente et de grande ampleur où l'on peut voir beaucoup de généraux à l'oeuvre et confrontés à la réalité de très nombreux résultats, il est infiniment difficile de voir qui est réellement compétent ET chanceux. C'est pas pour rien que savoir repérer les compétences et les talents est une des aptitudes les plus rares qui soit au monde, et savoir en qui on peut avoir confiance et comment employer une personne de talent (dans le bon cadre, avec les bonnes conditions, les moyens qu'il faut au moment et à l'endroit qu'il faut, et les bons collaborateurs) l'est encore plus. Déléguer, c'est très compliqué. il faut savoir en plus que quand on conduit une statégie d'ensemble, à tous les échelons, on veut qu'elle soit bien comprise, exécutée et suivie, qu'elle soit juste ou non; même le plus grand dirigeant, même le meilleur général, a la tentation du micromanagement, qu'il n'ait pas une totale confiance en ses subordonnés, qu'il soit jaloux de son autorité ou qu'il soit complètement pris par son plan au point d'en être anxieux et d'être obsédé jusqu'au moindre détail, ce qui le fait empiéter sur l'activité de ses subordonnés, provoque leur énervement, voire leur défiance, énerve tout le monde et nuit à son activité principale. Contrairement à ce qu'il est facile d'affirmer, la répartition des tâches entre les échelons de commandement, depuis l'autorité politique jusqu'au sergent sur le terrain, n'est en rien quelque chose de bien délimité, tout simplement parce qu'on ne peut pas tout expliciter, donc répartir précisément les tâches, mais aussi parce qu'un plan suppose une coordination et des conditions d'applications que le responsable du dit plan veut voir observées de la façon dont lui les voit, et qu'il voudrait pouvoir veiller à tout. Pourquoi? Parce que la confiance est une chose très limitée, surtout quand il est question de gros enjeux. Ca vaut pour le politique comme pour le colonel d'un groupement autonome. Même quand tout le monde est de bonne volonté, comment définit-on où s'arrête la tâche d'un général et où commence celle d'un colonel? Où s'arrête le rôle du politique et où commence celui du militaire? Bref, dès lors qu'on est dans le monde réel, plein de détails et de complexité, les limites sont floues, même dans une configuration idéale. Les systèmes de commandement et de transmissions modernes impliquent de nouveaux problèmes, avec la tentation des EM et du politique à vouloir tout contrôler depuis la capitale, en parasitant toute la chaîne de commandement, y compris les commandants de théâtre. Et tout ça c'est sans même inclure les logiques de copinages, les coups fourrés, les ambitions de clans/castes/groupes d'intérêts/réseaux divers, les craintes et rivalités de carrière voire la crainte pour un régime.... Louis XIV a écarté son frère (Monsieur, qu'on aurait du appeler Madame :lol:, parce qu'il voulait diriger une armée en portant les robes qu'il affectionnait pour ses aventures et galipettes de tafiole baroque) des armées pour de telles raisons: le fait d'être homo et extrêmement efféminé ne l'empêchait pas d'être un excellent général, qui commençait à se tailler une grande popularité dans la troupe comme dans la population, et qui plus est, il était un des chouchoux du aprti aristocratique, chercahnt à se trouver une autonomie opérationnelle pour mener ses actions de guerre, luttant contre les directives de son frère et la stratégie de cabinet. Le souvenir de la Fronde restait vivace chez Louis XIV. -
Problèmes éternels et calvitie des officiers
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Disons que ma remarque s'adresse au choix des chefs à tous les échelons, jusqu'à un certain point, généralement celui du pur opérationnel, surtout dans le cadre d'un conflit qui dure. Mettons que jusqu'au grade de colonel, les motifs de compétence l'emportent généralement sur les autres, en tout cas pendant un conflit un peu prolongé. Au-dessus, les postes d'EM et tout ce qui implique au moins une étoile, impliquent une autre logique où la compétence est de moins en moins déterminante au fur et à mesure qu'on monte. Et au niveau des responsabilités de théâtres, d'armées, de groupements autonomes et d'EM politiques, c'est à se demander si la compétence, mais plus encore le mission-focus et le fait de placer l'objectif et sa responsabilité bien au-dessus de son ambition, de ses certitudes ou du simple fait de couvrir son cul, comptent encore vraiment. C'est pas pour sa compétence que Bonaparte s'est vu refiler le front d'Italie ou l'expédition d'Egypte. Et tous les plus grands généraux ont toujours passé le plus clair de leur temps à essayer de défendre leur poste et leur façon de mener leur action plutôt qu'à effectivement mener les opérations: Turenne, pourtant un prince régnant, a été dans ce cas, de même que Condé, ou encore Souvorov, Villars, Marlborough.... Mais il existe aussi des motifs légitimes de choix d'hommes pas nécessairement les meilleurs pour vous entourer: un général, même hors des mauvais motifs susmentionnés, préfère prendre avec lui des seconds qu'il connaît, avec qui il a l'habitude de travailler, dont il connaît les limites (au moins il peut tabler dessus avec certitude).... A tout prendre, c'est parfois mieux que des hommes bien plus brillants, mais imprévisibles, avec qui on doit prendre le temps de nouer une relation de travail, un degréde confiance bien établi (qu'il soit haut ou bas) et un mode relationnel spécifique; tout cela prend longtemps, et on a rarment ce facteur à disposition. Au niveau politique, ça joue aussi, même si les politiques (rois, autocrates ou républiques) veulent par essence des mecs sans consistance, des exécutants, de purs techniciens opérationnels, des toutoux obéissants et lèche-fions juste assez ambitieux pour pouvoir être contrôlé par des espoirs de promotions, de gratifications ou de titres ronflants. L'un des éternels problèmes est que la compétence, la hauteur de vue et l'autorité viennent rarement sans ambition forte, sans motivation quelconque (une vision, l'envie d'être calife à la place du calife, un idéal, un camp à faire avancer....) et sans intérêts divers à promouvoir, et surtout sans une forte personnalité. -
Problèmes éternels et calvitie des officiers
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Plus encore, le sujet sur Singapour m'y fait penser, je crois que LE plus grand problème historique des armées est le choix des chefs à tous les grands échelons, et c'est en fait la même chose en politique, dans l'entreprise et en fait partout. La nature humaine est ainsi faite que, dès lors qu'on a affaire à l'ambition et au sens de l'auto préservation, on choisit rarement les plus compétents pour de multiples raisons: - fiabilité politique (ça ne concerne que le top de la direction militaire, donc l'arbitrage par le politique): le général populaire est une figure qui fait toujours peur au politique, souvent à bon escient d'ailleurs: le pire exemple en France est sans doute la maintien de Villeroy par louis XIV, malgré des échecs catastrophiques et continuels - crainte de seconds trop brillants qui peuvent menacer votre place - copinages de chapelles ou de toutes sortes - renvois d'ascenseurs et "gestion de carrière" - difficulté, surtout en temps de paix, à vraiment discerner les meilleurs: on place les beaux parleurs, ceux qui savent bien présenter, ceux qui en imposent, ceux qui savent se positionner et se mettre en avant - travers du dernier critère: on met souvent en avant ceux qui vous disent ce que vous voulez entendre (dans notre armée actuelle, c'est symptomatique avec beaucoup de généraux très techniciens et politiques) Un des trucs qui m'a toujours frappé, en entreprise particulièrement, c'est de voir que dès lors qu'on parle de direction d'entreprise, on voit rarement les plus compétents aux postes de direction. Un PDG choisira surtout ceux qui ne menaceront jamais sa place, ou place des gens compétents dans des domaines qui ne sont pas les leurs. Comme quoi, la gestion de la confiance est tout, de même que le sens de l'auto-préservation. On en voit une caricature dans Un pont trop loin, avec cet officier d'EM britannique moustachu qui couvre son cul et celui de Montgomery. Un copain avocat me dit qu'il voit la quintessence de ça dans les cabinets d'avocats. Tout ça pour dire que les mecs compétents, sans ambition ou mentalité "politicienne", se font rarement reconnaître comme tels, que les places restent chères et que l'altruisme comme le sacrifice de son ambition et de sa carrière pour sa patrie sont rarement déterminants (il est appparemment toujours plus facile de sacrifier sa vie que l'idée qu'on a de soi-même et de sa carrière). -
Il suffit de regarder une carte topographique, puis une carte des forces en présence en 1918. Là on se rend compte du danger que pouvait faire peser l'armée d'Orient sur les empires centraux, mais aussi les limites de ce danger: à l'époque de la percée décisive de cette armée, l'Autriche est de facto out et ses moyens de se défendre sont limités et surtout centrés sur le front italien. Les forces allemandes de ce côté sont de plus en plus, au cours de l'année 1918, limitées à 2 groupes d'armées très limités: - le groupe d'armées Mackensen, qui devient la force d'occupation de la Roumanie - le groupe d'armées Von Schlotz (1 armée allemande, la 11ème, et 2 armées bulgares) dont les effectifs allemands sont très symboliques, et même inexistants avec la défection de la Bulgarie le groupe d'armées Von Eichhorn a été démantelé dès mars 1918 pour combler les pertes des grandes offensives à l'ouest. A partir de juillet, les Allemands ne peuvent plus combler leurs pertes, et le front ouest a la priorité absolue, ce qui fait d'autant plus douter d'une capacité à contrer une offensive venue du sud et du sud est, alors même que les Alliés, et surtout la France, y ont une vraie capacité: outre l'armée d'Orient, il y a l'armée du Danube. Et ces armées disposent d'un énorme potentiel de soutien qui leur a été envoyé depuis longtemps pour compenser la faiblesse des infrastructures locales, en Serbie comme en Macédoine. Mais ce qui me fait douter quand même d'une capacité de décision de grande échelle sur ce flanc, c'est la limite des moyens de l'armée d'orient: on parle quand même de grandes distances, d'un relief difficile, d'une grande profondeur entre la position de l'armée d'Orient et des objectifs stratégiques en Allemagne. Elle n'a tout simplement pas les effectifs pour pouvoir aligner une telle pénétration. Sa grande force, en revanche, et sa vraie réussite stratégique est de faire peser cette menace bien concrète, comme une sorte de tête de pont. Si la guerre avait contuinué, nul doute que l'abondance de réserves américaines, outre d'éventuelles grandes offensives sur le front ouest, aurait permis un renforcement massif de ce front, autorisant de ce fait de vraies offensives dans la profondeur sur le flanc sud de l'Allemagne, offensives rendues "clé en main" par le travail de l'armée d'orient, tant du point de vue du front et de l'action militaire qui ont donné des positions sur le terrain très favorables, que du point de vue du travail d'aménagement d'infrastructures (ferroviaires surtout) et de bases logistiques autorisant l'existence d'un front organisé de grande échelle. C'est l'autre boulot qu'a fait l'armée d'orient, et c'est sans doute le plus significatif au plan stratégique: dans la 2ème moitié de 1918, elle a aménagé un front en position très favorable, auquel il ne manque que des renforts pour pouvoir lancer un grand mouvement vers le coeur de l'Allemagne. Mais encore une fois, sans renfort, rien de vraiment décisif ne paraît possible contre l'Allemagne: elle n'a tout simplement pas assez de monde pour opérer une avance de 300 à 400km en terrain assez montagneux. Considérant l'effectif qu'il faut laisser derrière soi pour chaque avance de 20km, et bien sûr les pertes, ça manque tout simplement de monde.
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[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Ultimate force, c'est 2 choses: - 2 premières saisons excellentes et bien ficelées, avec surtout le bon "ton": les trucs sonnent vrai, la réalité est dre et cruelle, l'action bien faite et réaliste - 2 saisons que j'ai intitulé "cacabeurk": tonalité minable, bien-pensance, syndrôme du super héros, dialogues ridicules, situations improbables et stéréotypées, présence du quota féminin ridicule et artificiel dans le red team.... Entre les 2 que se passe t-il? Simple, toute l'équipe de rédaction (dont évidemment Chris Ryan) et l'essentiel des acteurs (leurs persosavec évidemment) se sont barrés.