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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Tancrède

    FREMM Grecques

    C'est mort pour les bateaux. Ils concentreront sur l'AdT et l'AdA qui sont les premières préoccupations.
  2. Faut pas exagérer; toutes les raisons pour lesquelles on foire une guerre ne sont pas liées à l'impréparation ou à un retard. De mauvais choix stratégiques et tactiques sont du ressort de la contingence et du commandement. Le but de ce topic, c'est justement de dire que "en retard d'une guerre" ne veut rien dire; tous les pays ne font que préparer une version améliorée, ou ce qu'ils pensent l'être, de la dernière guerre. Les moments où des pays ont préparé la guerre telle qu'elle arrive ensuite, en changeant radicalement leurs concepts et leurs outils, ces moments là se comptent sur les doigts d'une main dans l'Histoire. Le plus souvent, et pour tous les pays, et c'est mon point, je ne constate que des outils de la guerre précédente, améliorés bien sûr, et des concepts juste affinés. Tu restes dans le poncif facile Roland: tout ce que tu dis suppose qu'on sait quand la prochaine guerre arrivera et quelle sera sa forme. Mais en temps réel, une armée doit être prête au conflit en permanence, et on ne peut donc pas la réformer en profondeur rapidement. Mais surtout, on ne sait pas à l'avance "ce qui marche". Des centaines de gens aux idées très différentes "sortent des sentiers battus", et les armées testent des dizaines de concepts qui sont ou ont l'air de "bonnes idées", qu'elles marchent ou non du premier coup. Au final, je suis très dubitatif sur la capacité réelle d'anticipation de l'être humain; les seules vraies révolutions militaires où un protagonistes a sorti un réel outil fabuleux ont correspondu avant tout à des changements politiques, techniques et/ou sociaux majeurs, ou bien à une claque monstrueuse dans la gueule. Y'a qu'à voir un aspect de la France qu'on sous-estime: la baffe de 40 a eu une réponse et une seule, la dissuasion. La IVème comme De Gaulle ont senti que le seul conflit menaçant réellement la France était le conflit entre les Blocs. Et pour ça, aucune armée classique n'aurait rien changé face au déferlement soviétique. On sait aujourd'hui qu'aucun EM de l'OTAN ne tablait réellement sur un combat classique prolongé avant d'en venir au nucléaire. Résultat, l'arme nucléaire, pour créer notre propre dissuasion (explosifs, vecteurs, système de transmission et de décision): la France s'est parfaitement adaptée (à son échelle) à la seule guerre qui pouvait la menacer. En Allemagne, après 1918, il a fallu non seulement la défaite, mais aussi une révolution politique, idéologique et sociale sans précédent pour qu'un changement important de l'outil militaire puisse avoir lieu, et encore fut-il partiel. Un aspect rarement évoqué me semble important dans ce fait: l'enkystement de la réflexion militaire est souvent du à la dilution de la responsabilité des choix. On évoque la bureaucratisation, mais en soi, cela ne veut rien dire. La bureaucratie est inévitable dans les organismes de grande taille, et il est facile de voir les défauts d'une armée sans bureaucratie, avec quelques décideurs seulement, ça s'appelle une structure féodale, et ça a rarement donné de bons résultats. C'est un défaut qu'on peut gérer si on sait le garder un peu sous contrôle (via la rationalisation économique surtout). Mais la dilution de la responsabilité est inexcusable; des têtes doivent pouvoir tomber ou se mettre en avant, et avant tout celles des chefs qui ne doivent pas pouvoir refiler la patate chaude à des subordonnés, tant dans les projets d'armements que dans les choix stratégiques et doctrinaux. Pour revenir à la notion de "guerre de retard", c'est pour moi une expression avant tout venue d'une rhétorique de salon, facile et accusatoire. Hors les quelques cas de révolution militaire qui peuvent donner des avantages nets sur certains aspects ou beaucoup d'aspects, la faute d'une défaite incombe les 3/4 du temps au commandement et/ou à une contingence particulièrement défavorable (terrain, circonstances, hasards malheureux). Mentionnons aussi, bien sûr, le facteur quantitatif qui reste une qualité en soi. En 1870, la France n'a pas une guerre de retard; elle a certes un désavantage relatif dans l'artillerie et un certain niveau d'infériorité numérique, aucun des deux n'étant insurmontable. L'armée prussienne n'est pas non plus sans de grands défauts (artillerie conscrite moyennement entraînée, part significative des troupes peu entraînée, commandement aux bas échelons -brigades et divisions- complètement abrutis et inadaptés, troupes de conscrits nettement moins bons que les professionnels français, fusil inférieur....). La faute est entièrement celle du haut commandement: amateurisme, inanité, amorphe et sans largeur de vue. Et en face, la Prusse a un haut EM professionnel, et plus encore un commandant en chef, sans doute le seul de son époque, qui a compris la nouvelle dimension du théâtre d'opérations. Et cet EM est né de la baffe majeure et complète de 1806, elle même permise par 2 révolutions militaires, celle de la fin de l'Ancien Régime (théories, concepts doctrinaux, matériels, unités et entraînements) et celle de la Révolution (conscription nationale, esprit patriotique, élan révolutionnaire/messianique, promotion en masse des cadres issus du rang et des couches modestes).
  3. C'est un des trucs inquiétant parmi d'autres: une ambassade et la fonction diplomatique sont par essence inviolables. Faire "mumuse" avec ce principe traduit une évolution fâcheuse vis-à-vis de la notion même de droit. Mettre la politique au-dessus, même pas du droit, mais de quelques niches du droit qui sont considérées comme des éléments de stabilité minimum pour que les affaires puissent continuer, est quand même très préoccupant. Il ne s'agit pas d'incidents isolés mais d'événements de plus en plus récurrents, notés régulièrement par les corps diplomatiques. Bien sûr, il arrive que des diplomates abusent (affaires d'espionnage pour les grands trucs, escroqueries et abus de privilèges pour les petits) et que des personnes sous immunité diplomatique (copains de gouvernants, familles royales....) se livrent carrément à des trucs dégueulasses (escroquerie, non paiement de factures pour des montants astronomiques, mais aussi esclavage, meurtres, violences, tortures, trafics....). Mais ça faisait partie des péchés "tolérés" (jusqu'à un certain point), et pour l'espionnage, ça fait partie du jeu et tout le monde s'y livre. Le point était que la confiance dans le statut prime tout, pour que les ponts ne puissent être coupés. Mais dès lors que des autorités d'un pays, de façon répétée, sur ordre ou non, s'en prennent à du personnel diplomatique, on n'est plus sur une pente glissante. En théorie, ce serait même un casus belli, même si on ne déclenche jamais une guerre pour ça (on s'en est déjà servi comme prétexte, toutefois). - sont-ce des éléments des forces de sécurité bien fanatisés par les mouvances radicales entourant le Likoud, et se livrant juste à des exactions sachant qu'ils seront couverts? - est-ce une opération suivie voulue par les services israéliens, et maquillée en série d'incidents? J'en vois mal le but, mais bon.... Messages, avertissements, création d'une "ambiance", actions pour "faire réagir".... - s'agit-il d'une politique systématique (mais sans circulaire écrite) visant à une rétorsion systématique des étrangers agissant à Gaza ou auprès des populations palestiniennes? Tous les personnels concernés ne le faisaient pas - s'agit-il d'événements totalement déconnectés, arrivant juste à de nombreuses personnes qui se trouvent au mauvais moment au mauvais endroit face à des petits cons fanatisés ou plus simplement bien abrutis et trop pleins d'hormones? Il faudrait pouvoir lister les incidents récurrents du même type en dehors de la seule sphère des diplomates Ce qui est sûr, c'est que la radicalisation d'une partie de la population israélienne est bien en marche: abrutis fanas du "Grand Israël", racistes bien ancrés clamant les statut "d'untermensch" des Arabes, tarés réclamant l'épuration ethnique du Moyen Orient, glandus persuadés que la Bible est autant un bouquin d'Histoire rigoureux qu'un titre de propriété, plus simplement nationalistes d'extrême droite.... Nommez les, il y en a pour tous les goûts. Ils ont leur antenne en France, des petits fachos du Betar aux connards de la ligue de Défense juive: pas dur de trouver leur rhétorique. Un copier collé, avec quelques aménagements, des skinheads, des extrêmistes palestiniens ou des black supremacists; la même engeance où que ce soit. Ce qui est certain, c'est qu'ils haïssent les Européens en général et la France en particulier, et qu'ils se gênent pas pour le faire savoir. Je signale que Netanyahu vient vraiment de ce marigot bien puant. On a demandé aux personnels diplomatiques de ne pas la ramener à cause de sa visite: on aurait du annuler la visite. Après tout, c'est pas comme si Israël était un partenaire commercial majeur. S'ils boycottent le Bordeaux, on y survivra. Mais non, on va rentrer dans le rang atlantiste....
  4. Ils seront couverts, la droite israélienne veille. Et combien pariez-vous que ça ne deviendra même pas une polémique en France? Des incidents répétés, et il est garanti que les autorités israéliennes encourageront encore à l'alyah avec moult campagnes faisant de la France un pays antisémite? Du tout garanti. Il fut un temps pas si lointain où toute l'ambassade du pays concerné aurait été foutue à la porte et le dit pays sommé de s'aplatir en excuses; là, le pli a été trop pris de laisser pisser. Faut pas s'étonner que certains se croient tout permis.
  5. Juste pour la note: les Belges n'ont que 12 divisions en 40, pas 20, et ce sont des divisions 2 fois moins nombreuses que les françaises ou anglaises.
  6. Est-ce là l'expression de la droite dure israélienne, qui hait la France activement depuis longtemps? Après tout, faut pas oublier d'où vient Netanyahu, et particulièrement son père, pour qui tout retrait de Gaza est un "crime contre l'humanité", et qui encourageait les prêches de rabbins radicaux aux armées, clamant que tuer un arabe était dans le grand plan de Dieu, dans le pur style croisade. Un ami qui a de la famille en Israël me dit que la police, comme la classe politique, est très IVème République: tout le monde sera couvert. Et c'est pas la carpette atlantiste qu'on a comme président qui en profiterait pour élever la voix et se donner une meilleure position de négociation.
  7. Un bombardement nucléaire s'impose. Pour dissuader. Faisceau d'évenements isolés, attitude générale due à un mouvement d'opinion ou bien actes voulus par diverses personnes dans l'appareil d'Etat? Le degré de couverture, par l'Etat israélien, des flics et militaires impliqués, révèlera l'essentiel.
  8. Si j'étais capable de lister l'ensemble des facteurs qui font la vctoire ou la défaite, je serais très riche et on me demanderait de faire des conférences partout. Ben justement, je suis pas d'accord: le recul historique nous permet d'envisager les choses au global, c'est-à-dire comme les grands décideurs essayaient de les voir, en chiffrage global. Pour tout dire, je serais à la tête d'un Etat lors de ces guerres, je préfèrerais nettement 3 défaites à Bailen plutôt qu'une victoire à Borodino. La seule chose qui compte, c'est pas la bataille, mais la capacité de combat que tu gardes (au niveau global et au niveau d'un front dans son entier) après la bataille: Malplaquet en est un autre exemple. C'est une défaite, fondamentalement, mais un succès stratégique. Evidemment, le symbole a son importance, et bien exploité, il peut même jouer un grand rôle, mais au final, dans la tête d'un décideur, c'est quand même la capacité de combat réelle et effective qui est la donnée stratégique de base, celle qui guide le plus les choix et donc fait les retournements. Un vaincu peut être dans une bien meilleure forme qu'un vainqueur, et repartir plus vite à l'assaut, Pyrrhus te le dira. Regarde le cas autrichien: aucune nation n'a été aussi roustée pendant la période napoléonienne. Ca ne veut pas dire que les Autrichiens sont des tarlouzes, bien sûr, ni qu'ils devaient nécessairement perdre tout espoir de victoire parce que leurs armées avaient été anéanties. Ils gardaient la capacité de combat que donne un grand territoire avec une forte population et des moyens (fournis par l'Angleterre), donc leur décision d'être de presque toutes les coalitions n'a rien d'irrationnel et d'obsessionnel, ou recherchant le symbole. Les batailles mentionnées par Akhilleus sont pour moi souvent de grands échecs: regarde l'attrition de la Grande Armée de la campagne de 1805 à Tilsitt. Les pertes vont au-delà du supportable pour la qualité de l'outil militaire principal de Napoléon. On en eput pas reformer à ce rythme des effectifs d'une telle qualité. L'armée qui sort du camp de Boulogne en 1805 est l'outil miulitaire le plus abouti de toute cette période, affichant une supériorité nette dans tous les domaines et capable d'obtenir des décisions rapides. Mais il succombe à un usage surintensif. De plus en plus, avec la baisse de la qualité, l'outil offre moins de possibilités, et Napoléon ne peut plus être aussi décisif ni remporter des victoires avec un différentiel de pertes réellement significatif. L'armée est moins mobile et manoeuvrière, Napoléon ne peut plus créer la surprise et doit constituer ses grandes batteries de plus en plus massives, dans des batailles de plus en plus meurtrières. Et ça c'est un rythme que la Grande Armée ne peut supporter. Il faut 3 ans après Tilsitt, pour reformer une Grande Armée approchant du niveau de 1805.... Et la refoutre en l'air en Russie. Il faudrait pouvoir séparer plusieurs choses: - ce que la victoire à 20 000 pertes contre 45 000 offre (ou non: il y a des tas de victoires inutiles) - ce que ces 45 000 pertes pèsent dans l'orbat adverse - la valeur symbolique accordée par Napoléon au symbole, qui plus est sur un théâtre que lui voit comme secondaire Bref, très dur de pondérer ces facteurs dans la tête du tondu: perso, je crois pas qu'il ait fait une scène façon Auguste gueulant comme un putois "Varus, où sont mes légions". Mais je crois qu'un esprit froid et mathématique comme le sien, passé l'énervement du symbole, ne change pas ses calculs fondamentaux. 20 000 hommes perdus, dans un cas ou dans l'autre, c'est supportable. Si c'est 8000h de la Garde Impériale qui se font avoir dans un coup bien pourri, là je veux bien croire à une crise colère. Et encore, pas trop longue. "L'Etat est un monstre froid". Je connais pas assez bien le détail de l'opération de Napoléon (en personne) en Espagne en 1808, surtout ses motifs. Et comme je l'ai dit plus haut, il faudrait bien connaître: - l'ensemble de ses impératifs stratégiques en 1808, et pouvoir les pondérer. S'il est intervenu en Espagne, c'est aussi parce que le danger n'était pas trop pressant ailleurs - le rôle du "prestige", du symbolique, non dans l'absolu, mais dans les décision réelles et bien concrètes des chefs d'Etat en général et du tondu en particulier
  9. Oui et non, l'impact sur les rentrées fiscales fut réellement rude, mais il est vrai qu'au niveau stratégique, le fait de garder le Canada et ses bases navales, ainsi que les Antilles anglaises, a rendu la perte tolérable, et ce d'autant plus que le commerce a vite repris avec les USA. Cependant, le refroidissement des relations entre les 2 pays puis la guerre de 1812 a montré quand même la fragilisation de l'Angleterre, en ce que, entre 1811 et 1813, l'Angleterre a failli sombrer dans une crise économique totale (effets ravageurs du blocus, fermeture du marché hors européen le plus solvable, crise boursière) et s'effondrer. N'aurait été le clash franco-russe, Albion était à genoux. On le souligne rarement, mais Napoléon s'était adapté à la guerre économique avec un blocus continental qui, malgré des fuites, était globalement efficace et gravement impactant sur l'économie anglaise. A cet égard, la campagne de Russie est encore plus une connerie et un retournement stratégique; il eut mieux valu se concilier avec le Tsar et envisager les moyens de soutenir l'économie russe pour pallier son besoin d'exporter en Angleterre, au moins pour un temps. S'adapter à la guerre future, je ne crois pas que ce soit réellement possible hors de quelques inspirations exceptionnelles dans l'Histoire; on assiste plus, quand un Etat essaie de calibrer une armée pour ce qu'il pense être la guerre de demain, à des dépenses en quasi pure perte et des programmes au final inédaptés. Comment les historiens militaires jugeront-ils la RMA ou la défense antimissile stratégique dans 50 ou 100 ans? S'il est certain qu'elles ont permi de grandes avancées, il faut aussi mettre en parallèle l'immensité des ressources consacrées face à la probabilité des situations qu'elles sont censées affronter, et à la réalité des situations réellement affrontées. Masse de ressources qui eussent pu avantageusement servir à autre chose. Et là le rôle des lobbies militaro-industriels, bien plus que des idéologues de tel ou tel type de guerre et de tel ou tel type d'armes, ou bien plus que nombre de chapelles conservatrices, est sans doute pour moi le plus gros risque d'inadaptation militaire.
  10. Pour appuyer ce fait, je rappelle ce que j'ai dit plus haut: Iéna et Auerstedt, pourtant des victoires de plus grande échelle, ne sont pas en elle-même décisive. C'est la poursuite de l'armée prussienne et l'attrition massive qu'elle occasionne qui constituent l'accomplissement de l'objectif stratégique de Napoléon. La double bataille n'a fait que permettre cela. Bailen n'est pas un tournant stratégique parce que la perte occasionnée, comme dans la plupart des batailles, n'est pas fondamentalement impactante sur la capacité militaire française, ni donc sur la réflexion et la décision du grand patron. De même, les autres puissances suivent le même calcul: pas décisif = ne change pas les données fondamentales. Tout le monde calcule avec les mêmes maths. Une autre question qu'on peut se poser, cependant, en plus de l'impact de l'exploitation médiatique de la bataille sur les opinions publiques, est de savoir si l'intervention française qui suit, cette fois avec le tondu en personne et une partie de la Grande Armée, n'est pas une conséquence directe de Bailen, non tellement au sens stratégique (Napoléon aurait pu se contenter d'envoyer 1 ou 2 corps de remplacement) mais pour rétablir l'effet symbolique (ce qui serait un de ces cas rares où le symbole joue un rôle décisif par lui-même). Si tel fut le cas, on se demandera alors si cette réaction napoléonienne n'eut pas, elle, son influence directe sur la couronne autrichienne (sans passer par les filtres habituels et antagonistes d'une cour). Je connais mal le processus de décision de l'Empire d'Autriche, mais le fait que Napoléon a cru devoir ou du intervenir directement (comme "réplique symbolique ou non") peut avoir incité les Autrichiens à y voir une faiblesse, ou alors une fenêtre d'opportunité tablant sur un maintien de Napoléon en Espagne (et non une campagne éclair). Donc: - quels sont les motifs de l'intervention directe de Napoléon en Espagne? - quel est l'ensemble des facteurs de décision de la couronne autrichienne? Si vous répondez à ces questions, vous saurez si Bailen, en elle-même un événement surtout symbolique, a directement ou indirectement joué un rôle important dans le retour en guerre de l'Autriche et la formation d'une nouvelle coalition. Alors pourquoi m'as-tu sauté à la gueule comme si j'avais traité les Espagnols de lâches ou d'incompétents: j'essaie juste de factoriser les faits qui entrent dans le calcul stratégique de Napoléon, et perdre un régiment de conscrits moins formés ou un régiment de ligne aguerri, ça n'a pas le même impact et n'entraîne pas la même réaction. Et j'essaie d'aller au-delà de ces symboles faciles des manuels d'histoires qui prennent des batailles non comme repère (facilité de mémorisation historique bien excusable) mais comme moment de changement en elles-mêmes (alors qu'il faut voir la campagne et les autres fronts), ce qui est d'une fausseté insultante pour tout intelligence. Comme je l'ai dit, des batailles qui sont en elles-mêmes (sans la campagne) des tournants, elles se comptent sur les doigts dans toute l'Histoire. Et Bailen ne fut pas suivie d'une poursuite ou d'un grand mouvement impactant d'autres corps de troupes français. Cette période est celle où il faut anéantir une proportion lourde de l'armée adverse, qui se compte alors en centaines de milliers d'hommes et doit dépasser les capacités de renouvellement du dit pays. Maintenant, si j'ai eu un ton trop agressif, désolé.
  11. Tancrède

    Marine espagnole

    Le BPE est quand même d'une conception autrement plus complexe que les BPC, non? Il est fait selon des normes militaires, il me semble, pas un truc civil un peu militarisé comme le BPC.
  12. Entièrement d'accord. Mais on peut aussi se demander à quoi ressemblerait une guerre classique entre adversaires lointains, et non entre pays contigus. La modernité navale est plus grande que la modernité terrestre, et évidemment, j'ai du mal à imaginer un autre grand conflit potentiel qu'entre Chine et USA, ne serait-ce que pour la "beauté" du what if gigantesque. J'ai mentionné plusieurs fois la réflexion que semble avoir la Chine quand au fait de contrer les USA par des tactiques cheap. Le fait est que plus généralement, préparer la future guerre devrait selon moi commencer avec un certain affranchissement vis-à-vis de la gadgetomania et des complexes militaro industriels. En admettant qu'un grand conflit classique guette, il commencerait, si le schéma que je porte jusqu'ici est correct, avec les moyens d'une 2ème Guerre Mondiale version 2.0, même s'il se ferait sans doute dans un contexte et selon des concepts opérationnels différents. L'adaptation se ferait ensuite. Mais une guerre de grande ampleur imposer plus de standardisation afin d'obtenir des quantités supérieures et de la redondance, choses dont nos armées d'échantillon technologiques ne disposent plus. Tout est payé trop cher, tout prend trop de temps à être mis en place. C'est pas tellement avoir une guerre de retard là, c'est mal faire la guerre dans l'absolu :lol:. Tu peux préciser la notion de "pas compatible"? Je pige mal. Je crois saisir l'idée générale ceci dit; on rappellera aussi, par exemple, l'importance de Cortez au Mexique, dont les troupes ont failli être battues (les locaux n'étaient pas inaptes au combat et restaient nombreux, faut pas l'oublier), et qui changea les cours des événements par son commandement. On utilise trop souvent l'excuse classique des armes à feu pour oublier l'extrême intelligence politique et les grandes qualités de chef militaire de Cortez.
  13. Ai-je dit le contraire? A un seul moment? NON! Alors évite les procès d'intention en nationalisme, merci. Il m'a semblé avoir mentionné pourquoi j'avais cité la mauvaise qualité des troupes françaises d'Espagne, et c'était pas pour parler de la bataille elle-même, mais pour souligner la façon dont la perte d'un corps entrait dans les calculs stratégiques de grande échelle, à commencer par ceux de Napoléon. Merci d'arrêter de regarder par le petit bout de la lorgnette et de réagir comme un bébé. Je sais pas pourquoi tu te sens agressé dès qu'on ne dit pas que les tercios sont des guerriers invincibles, mais c'est vraiment exaspérant. Non, la Grande Armée, c'est l'armée d'Allemagne, celle du front principal: c'est à elle que Napoléon consacre le plus de ressources (orientation des meilleures recrues, plus forte proportion de troupes de vétérans, plus longues périodes d'entraînement, équipement plus abondant) et c'est par elle qu'il entend faire la décision. Ca ne veut pas dire qu'il n'y a que du mauvais en Espagne ou en Italie, mais que la proportion d'unités d'élite, de vétérans aguerris et de soldats expérimentés y est nettement moindre que dans la Grande Armée. Les recrues conscrites sont de même orientées prioritairement vers l'Espagne et l'Italie au-delà d'un certain nombre (généralement les plus prometteurs) prélevé pour la Grande Armée, mais limité pour ne pas réduire la proportion de soldats aguerris. C'est un exemple parfait de gestion des forces totalement disproportionnée: l'une draine tout aux dépends des autres.
  14. On essaie de dégager de VRAIS événements et surtout des suites d'événements sur du temps long: toi tu nous balances qu'un événement ponctuel, dont je me fous bien de savoir à l'avantage de qui il s'est terminé, a changé le cours d'une guerre. On est à l'époque où ce qui compte, ce sont les campagnes, les événements enchaînés et poursuivis, l'exploitation ou non d'une réussite, le rétablissement après un échec ou l'anéantissement complet. Les batailles qui ont en elle-même (j'entends la bataille elle-même, stricto sensu) des conséquences stratégiques bouleversant totalement le cours d'une guerre, elles se comptent très vite pour toute l'histoire de l'humanité. Sans les événements qui les suivent et ceux qui les précèdent, elles ont rarement un impact majeur. Et à partir des guerres de la Révolution et de l'Empire, et des bouleversements stratégiques qui s'y opèrent, cela devient plus vrai que jamais. La campagne est ce qui compte, la bataille, c'est pour la pub. Valmy, par exemple, c'est une pure esbrouffe patriotique érigée en symbole romantico-mystico-politico-militaire par quelques intellos contemporains et surtout par des générations de manuels scolaires. Valmy ne change rien: l'armée prussienne n'est pas plus faible après, et son commandement n'est pas terrifié. De même que Gergovie n'entame en rien la puissance de Casar ni n'inverse le cours de la guerre (pourquoi? Parce que la réussite n'a pas été EXPLOITEE). En allant même un cran plus loin, Iéna et Auerstedt n'auraient pas été des batailles totalement décisives, malgré l'impact sur l'armée et l'Etat prussien, sans la poursuite qui s'ensuit et couvre un certain moment qui s'étend bien au-delà de la double bataille. Ce n'est pas "défendre l'Histoire de son pays": ça, ça ne veut rien dire. Personne ici n'attaque personne et l'Histoire ne se juge pas. Quand je dis que les troupes en Espagne, et en Italie, d'ailleurs, étaient plutôt en général les moins bonnes troupes, ou franchement les plus mauvaises, c'est pas pour exonérer qui que ce soit ou enlever quelque chose à qui que ce soit: je cite simplement un fait établi correspondant à une réalité militaire (constatable dans les commentaires d'époque aussi bien que dans les études sur la gestion des effectifs ou les places dans l'ordre de bataille), et plus encore politique, stratégique et symbolique. Napoléon a concentré efforts et ressources sur la Grande Armée, pour un tas de bonnes et de mauvaises raisons, et drainé les autres armées (Espagne, Italie et garnisons diverses) dès qu'elles commençaient à former des unités potables avec le temps et l'expérience. Le fait de souligner qu'il ne s'agissait pas des meilleures troupes renvoie à une simple pondération pour expliquer des choix stratégiques: perdre un seul corps d'armée influe peu sur la politique des grandes puissances de l'époque, et pour Napoléon, s'il ne s'agit même pas de troupes de la Grande Armée, ça veut dire encore moins. Perdre 20 000h = moyennement grave militairement. Perdre 20 000 hommes de la Grande Armée = déjà plus grave. Mais de toute façon perdre un corps complet = grave symboliquement. Mais s'il n'y avait que le symbolique, ça ne justifierait pas un changement de politique. Ce qui est sûr, c'est que Bailen l'a mis quand même en rogne, avant tout pour le symbole, et la conséquence directe a été de participer à sa décision d'aller lui-même en Espagne avec la Grande Armée faire une opération décisive (ce qui a réussi), dissuasive (ce qui a nettement moins réussi) et symbolique (ce qui n'a pas vraiment beaucoup réussi). Maintenant, si tu veux absolument soutenir que les troupes françaises à Bailen étaient l'élite de l'armée française, libre à toi, mais ne crois pas parler d'histoire, ou "sauver l'honneur" d'un quelconque drapeau. Le but, c''est d'essayer de comprendre, ce qui est un poil différent. J'en ai absolument rien à foutre de savoir qui a gagné ou perdu: ils sont tous morts depuis longtemps. Si on pouvait passer outre ces mythologies chauvines débiles dont j'ai passé l'âge et essayer d'analyser froidement les faits, ce qu'on peut quantifier et étayer sur du concret, personne s'en porterait plus mal. Maintenant désolé si j'ai un ton agressif aujourd'hui, c'était pas volontaire, juste un long énervement dans la journée. Ceci dit je te trouve mal placé pour jouer les offensés du patriotisme, vu le contenu de ta phrase de signature. Dans le genre chaunvinisme agressif, condescendant et insultant, c'est quand même pas mal ;).
  15. Le sujet a été posé et répété, et le but n'est pas une engueulade sur les millions de raisons de la défaite de 40. Mai 40 entre dans le sujet, comme toutes les guerres, SI on l'ouvre et on le compare à d'autres pour en tirer une réflexion. On a remonté les sujets sur 40 pour ceux qui veulent se défouler dessus. Y'a du grain à moudre: la souplesse offre une marge de manoeuvre supplémentaire. Mais je joins aussi comme facteurs décisifs la contingence (les hasards divers, les circonstances, le terrain) et plus encore le commandement. Je suis rarement convaincu par les différences faites par l'outil militaire en lui-même, à moins d'un décalage qualitatif et/ou quantitatif réellement énorme. L'outil mongol, lui, offre un décalage important avec les forces qui lui furent confrontées, mais il faut aussi souligner les différences de commandement, la façon dont les chefs mongols ont leur outil "en mains", et plus encore le terrain, les vastes plaines ouvertes qui favorisent la mobilité. Cependant, c'est un cas emblématique où l'un des 2 outils militaires est nettement supérieur à l'autre. A l'inverse, l'opposition phalange-légion est plus délicate; d'abord parce que la confrontation Rome-Macédoine s'est jouée à un cheveu, en terme de confrontation strictement militaire, ensuite parce qu'il ne s'agit pas tant de mobilité que de capacité "tout terrain" dans l'ordre de bataille. La légion ne se déplace pas plus vite que les fantassins grecs, en revanche son ordre de bataille lui permet de fonctionner sur un terrain plus accidenté que l'ordre de la phalange. Mais il ne faut pas non plus réduire l'armée macédonienne, et toutes les armées post-alexandriennes, à la phalange, même si le royaume macédonien s'était enkysté dans une caricature du modèle alexandrien où la phalange n'a jamais dépassé le tiers de l'armée, qui devait reposer sur une coopération interarme incluant des fantassins légers, archers, fantassins d'assaut et cavaliers (légers et de choc), autrement mieux formés à leurs tâches que les légionnaires romains et leurs auxiliaires engagés pour une campagne. Mais l'armée macédonienne post alexandrienne a fait grimper en flèche la proportion de phalangistes dans l'ordre de bataille. A la limite, si on pouvait (et c'est déjà abusif) opposer 2 caractères dominants de cette armée macédonienne là à la légion romaine, c'est celui de la spécialisation (avec une spécialité trop dominante) face à la standardisation. Mais au final, là, la contingence joue le plus gros, et le commandement au premier chef. En 1870, le facteur décisif est le commandement selon moi: l'outil prussien en lui-même est moins bon, sauf pour l'artillerie dont l'avantage est trop limité pour constituer un facteur explicatif. C'est l'Etat Major allemand, et plus particulièrement son commandant en chef, qui offre un avantage décisif. L'avantage de mobilité n'existe alors que dans la vitesse de mobilisation et de concentration à la frontière, liées au chemin de fer. Pour la manoeuvre, les troupes professionnelles françaises sont nettement plus au point. Mais leur haut commandement n'existe pour ainsi dire pas, stagnant dans l'indécision totale. Reste l'histoire du 1er choc: est-ce avoir nécessairement un conflit de retard, avoir un modèle inadapté, que de craquer lors de cette phase là? Pour moi, les facteurs de hasards et d'adaptabilité des décisionnaires (essentiellement le haut commandement) sont ceux qui jouent le plus, et de loin, dans cette phase toujours la plus chaotique d'une guerre. Aucun schéma, aucune habitude et une connaissance de l'adversaire limitée en grande partie à la théorie caractérisent ces débuts de guerre. A moins du décalage énorme (susmentionné) entre les outils, j'ai du mal à voir une fatalité absolue à la défaite ou à la victoire.
  16. CE N'EST PAS UN SUJET SUR 40 =(!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
  17. Arrête de me faire le coup du chauvinisme à chaque fois pour éviter la question. C'est trop facile. J'ai dit effectivement que les troupes battues ne sont pas vraiment la crème de l'armée, et que question quantité, c'est pas vraiment des pertes majeures. C'est l'attrition en Espagne sur 6 ans qui a valeur stratégique, c'est la pompe aspirante à effectifs permanente qui a valeur stratégique. La quantité est une qualité en soi, et c'est l'aspiration de cette quantité qui a graduellement absorbé une partie de la capacité à se renouveler de la Grande Armée. Non, la seule question qui vaille est de savoir ce qui a motivé la décision d'entrer en guerre: les dirigeants ne sont pas des mystiques réagissant aux symboles. Ce sont des animaux froids et calculateurs, tâtant mille fois le terrain avant de prendre ou non une décision. La décision autrichienne n'a certainement ni été motivée par le fait que Napoléon avait perdu 20 000h, ou par le fait qu'une armée française avait été battue. Sortant de ces raccourcis de manuels scolaires, il faut envisager les raisons, et elles sont nombreuses, et les débats qui ont présidé à la formation de la coalition suivante. Les trucs du genre "l'effet moral", c'est bon pour l'homme de la rue, pas pour l'empereur d'Autriche. C'est pourquoi la vraie question simple qu'on peut poser à l'aune du sujet, c'est de voir si oui ou non les propagandes anglaise et espagnole qui se sont déchaînées après Bailen ont pu avoir un impact sur les opinions publiques (notion plus restreinte que les peuples), les cours et les partis/lobbies/caballes/clans s'affrontant dans l'entourage des souverains. Suffisamment mis en exergue et bien instrumentalisés, ces choses deviennent des armes, des arguments, des outils pour les divers courants d'intérêts et d'opinions qui se disputent l'oreille d'un souverain. Mais c'est pas le fait que le tondu ait ou non perdu un corps d'armée qui va engager la gigantesque mécanique d'un empire, "ouvrir les yeux" d'un chef d'Etat, lui apprendre qu'une armée peut être battue ou soudain bouleverser les calculs de possibilités de victoires. Faut être sérieux 2 minutes et focaliser un peu plus large sur les processus de décision et l'infinité de facteurs et de calculs qui entrent en compte. Je suis pour une réhabilitation de l'histoire-bataille, mais faut pas exagérer non plus: surtout à partir de cette époque là, une bataille ne change pas le cours des choses. Une campagne déjà plus. Plusieurs, certainement. Et encore, là on s'en tient aux facteurs purement militaires.
  18. Tancrède

    Treillis F-2 de l'armée française

    Ca fait un gros cul et ça veut donner un look 2ème Guerre Mondiale, mais avec une coupe de merde pour le treillis.
  19. S'il vous palît, CE N'EST PAS UN DEBAT SUR 40!!!!! Si vous évoquez 40, c'est uniquement à l'aune du sujet, ou au moins en essayant de s'y racrocher! Pour l'envoi de troupes en Belgique, je dirais même que c'est une faute politique au moins autant qu'elle est celle de l'EM: la Belgique et la Hollande ont refusé, par souci de neutralité, toute coordination de plans d'EM, opérant à part, mais on a quand même maintenu l'opération au nord; il eut fallu sans doute trancher, ce que soulignaient nombre de parlementaires et Weygand lui-même. Le facteur d'éviter la guerre sur le sol des départements meurtris du nord n'a pas autant joué qu'on le dit trop souvent. Il eut enf ait fallu mettre les Belges et les Hollandais en face de leurs responsabilités: contrairement à 1914, les Anglais étaient résolus à la guerre depuis 1938, la Belgique n'était plus en soi un facteur conditionnel, et ce d'autant plus que tout le monde était d'accord pour dire que les Allemands ne passeraient pas par le Rhin. Dès avant la guerre, et ce fut un débat houleux à l'Assemblée et à l'EM, il a été question de la Ligne Maginot qui devait, pour une bonne stratégie défensive, être poursuivie jusqu'à la Mer du Nord. Stratégie défensive ou offensive, là n'est pas la question pour avoir une stratégie efficace; les 2 sont bonnes si on les opère intelligemment et avec constance et cohérence. Une Ligne Maginot (qui n'est pas ce qui a vampirisé les crédits comme beaucoup d'historiens, surtout gaullistes, l'ont écrit: comme les Ateliers Nationaux, le "gouffre" de la Ligne Maginot, ne fut qu'un mythe d'opposants politiques) complète avec l'armée en appui immédiat pour assurer la profondeur et la puissance d'appui, eut été un mouroir pour toute offensive allemande. Mais la seule raison de la non continuation de la Ligne fut, dès 1935, la course au maintien des liens avec la Belgique. Il n'y a pas de "guerre de retard", ni même tant de mauvais choix que ça: il y a eu en revanche une absence de choix tranchés au niveau des recommandations d'un EM qui n'a JAMAIS donné de cohérence à ses grandes orientations, et qui a souffert de la même indécision au niveau de la conduite opérationnelle de la guerre. Weygand a fait ce qu'il a pu avec ce qui restait.
  20. Bailen n'est pas un tournant au sens militaire et stratégique: les pertes sont supportables, surtout en 1808, et il ne s'agit pas des meilleures troupes pour l'essentiel (les meilleures sont faciles à trouver: vous cherchez Napoléon sur la carte, elles sont avec lui :lol:, ça donne meilleur look à un mec qui s'auto-intitule empereur). De même, les histoires de "les dirigeants d'Europe ont vu que les Français pouvaient être battus" sont avant tout des facilités de langage d'historiens et des fariboles. Les dirigeants, surtout militaires, savent très bien qu'aucune armée n'est invincible et savent calculer. En revanche, la question vaut débat au niveau symbolique, dans l'impact sur les mentalités moyennes qui forment l'opinion publique (pas les populations) de l'époque, et donc une partie du sentiment national. les propagandes, surtout espagnoles et anglaises, se sont déchâinées à cette occasion et il serait vraiment intéressant de se poser la question à cette aune là, pour voir quelle influence a eu l'exploitation médiatique de la bataille, et son effet sur les opinions et par là les peuples (ou en tout cas la partie des peuples qui "compte" dans l'esprit des dirigeants; ceux qui donnent le ton du "moral national") dans la décision des dirigeants européens. Ca, c'est un effet concret qui peut à beaucoup d'égards constituer un vrai tournant. Sinon, le tournant stratégique est effectivement et indéniablement la campagne de Russie, mais uniquement combinée à la campagne d'Allemagne qui suit: la première anéantit l'outil militaire décisif de Napoléon, la seconde empêche sa reformation. Les campagnes d'Allemagne de 1806 et de Pologne les années suivantes, et en fait tous les combats jusqu'à Tilsitt, ont failli constituer un tournant décisif tant l'attrition fut importante. La paix relative de 1809 à 1812 a permis de s'en remettre dans une large mesure. Mais il était indicatif de voir à ce moment la tactique de Napoléon se reposer de plus en plus sur le feu et non plus la manoeuvre et le choc: la baisse qualitative moyenne des troupes en raison de l'attrition rapide l'a ainsi contraint à se reposer de plus en plus sur une tactique moins surprenante compensant la moindre mobilité par la composition systématique de grandes batteries avec des parcs de canons plus massifs.
  21. Oui et non, j'ai vraiment lu tout et son contraire en matière de RETEX issus de la Guerre de Sécession qui est un véritable OVNI entre une guerre moderne par certains aspects, surtout technologiques (sur mer surtout) et une survivance de guerre napoléonienne parfois faite en dépit du bon sens. La Guerre de Crimée a montré par beaucoup d'aspects plus de modernité. Pour être précis, la régression s'opère après 1925 et le traité de Locarno qui consacre l'attitude défensive de la France au profit de la garantie de ses frontières orientales. C'est à partir de là que la doctrine militaire commence à être calibrée sur la défensive. Il faut d'ailleurs préciser: - que le pacifisme ambiant conduit à une réduction des budgets militaires partout, y compris en Allemagne. Le réarmement ne commencera très lentement qu'en 1932-33 en Allemagne, et vraiment qu'en 1935 - que la France est "sous surveillance" des Anglais et Américains qui la voient comme la puissance potentiellement impérialiste du continent (comme en ont témoigné les conférences sur les armements navals) - une arme blindée est considérée comme un outil "impérialiste" dans les mentalités et postures dilomatiques des années 20 et jusque vers 1932-33. Et la France a encore plus besoin d'alliés que de de divisions blindées. De l'inconvénient d'être nettement plus petit que l'adversaire potentiel: on est dépendants Bien sûr qu'il faut voir ce qui se fait ailleurs: on l'a fait, comme tout le monde. Encore faut-il en tirer les bonnes leçons et les appliquer. Ne crois pas que je joue les critiques faciles de tout ce que tu avances, mais encore une fois, avant que "the shit hits the fan", il y a des centaines de penseurs militaires qui établissent des théories pratiques et propositions de concepts tactiques différents, tous potentiellement pertinents. L'idée d'une stratégie défensive n'est pas par essence mauvaise: imaginons que l'outil français ait été calibré pour une défense souple, avec une dotation d'armes AC et AA 3 à 4 fois plus importante (rien que 2 fois aurait nettement changé la donne). Les dotations en armes AC (en 47 et 25mm AC) n'étaient pas complètes, à peine la moitié de ce qui était prévu, et ce d'autant plus qu'on avait du en refiler plein aux Anglais qui n'en avaient pas (les Bren Carriers qui étaient les chasseurs de chars brits, n'avaient qu'un fusil AC lourd). L'avantage aujourd'hui est que pour la première fois, nous avons ce luxe "à l'anglaise" d'être une île en termes stratégiques: la veille technique et technologique permet de se donner le temps, sin tant est qu'on préserve aussi l'appareil industriel pour pouvoir remonter en puissance le cas échéant. Mais la "guerre classique" aujourd'hui, qu'est-ce que c'est? Techniquement, la guerre contre un adversaire étatique de bon niveau technologique et d'une taille conséquente. Si l'option nucléaire est écartée, il reste que cet adversaire sera sans doute lointain, ce qui implique de se doter d'un appareil de projection représentant une part importante des ressources consacrées à la défense. Reste l'outil de combat lui-même; la question n'est-elle pas aussi de se rendre compte que la capacité militaire classique de niveau correct s'est "démocratisée" au point qu'il semble quasi impossible d'espérer pouvoir menacer sérieusement d'invasion (je ne parle pas de bombardements) un quelconque adversaire étatique un peu sérieux? A part les USA, personne ne peut sérieusement envisager une guerre terrestre classique lointaine contre un adversaire classique autre qu'un Etat lilliputien ou arriéré. Mais même pour l'affrontement classique au sens global, je mentionnais plus haut la posture d'adaptation adoptée par la Chine: des nuées de mini navires en partie furtifs, porteurs de 2 à 4 gros missiles AN de forte portée. Une quarantaine de ces bâtiments très low cost, ajoutée à l'upgrade a minima d'un grand nombre d'avions (niveau Mig-21) qui n'ont pour but que d'emporter 2 missiles modernes, a eu pour conséquence le fait que les USA ne peuvent plus envisager le soutien à Taiwan que par l'envoi de la moitié de leur flotte de PA. Simple et efficace. Oui et non. Peut-être une conflagration massive face à des acteurs sérieux arrivera t-elle et démontrera l'inanité de beaucoup de ces concepts. Il y aura alors, dans 10, 20 ou 50 ans, un autreRoland sur un forum disant que les penseurs militaires ont préparé la Guerre du Golfe de 1991, que c'étaient tous des cons et des vieux croûlants ;). Evidemment que vouloir maximiser le Battle Awareness semble de toute façon la bonne idée. Mais pour moi, les vrais bâtisseurs de la réflexion moderne sont ceux qui pensent face à ce modèle un peu trop universel: quelles tactiques low cost mais à grande échelle permettront de contrer cet avantage absolu des armées modernes, avantage dont elles sont devenues totalement dépendantes. A petite comme à grande échelle, on n'avance plus si on n'a pas des photos et films en temps réel de la zone visée, on essaie de ne plus rien risquer. C'est bie sûr normal de chercher à ne pas perdre d'hommes et de matos, mais j'ai peur que ce systématisme finisse graduellement par devenir une seconde nature: c'est ça la dépendance à l'info surabondante. Et fondamentalement, ça peut à terme impacter en profondeur le sens de la prise de risque, de choix dans le brouillard.... Chercher à gommer le "brouillard de guerre" a pour corollaire de s'y rendre totalement allergique. hors ce brouillard existera toujours, et un adversaire cherchera nécessairement à la maximiser. La Chine semble axer ses développements et réflexions vers ce moyen de contrer à bas coût les avantages technologiques abslus des occidentaux: c'est dans la recherche de la simplicité que réside la vraie pertinence. Regarde ce qu'on fait en occident; chaque fois que 15, 40 ou 100 soldats sont tués en quelques mois, on décrète qu'il s'agit d'un nouveau type de menace et des milliards sont dépensés dans des centaines de programmes de toute taille pour "s'adapter". Du temps et de l'argent sont aussi consacrés pour réapprendre aux soldats à combattre face à cette "nouvelle menace". Mais les IED ne sont jamais que des mines artisanales et les "low intensity conflicts" des affaires de guérillas. Rien de nouveau; mais le temps et l'argent consacrés à contrer cette menace et cette menace seulement sont eux des gâchis monumentaux impactant l'adaptation plus générale des outils militaires. Les milliards dépensés dans le gigantesque programme MRAP ne seront pas récupérés et ont causé l'annulation de nombreux programmes, menacé la transformation de l'US Army et le rééquipement des Marines, et peu apporté au final: ni les Marines ni l'Army ne veulent les garder, ou même consacrer du temps, des moyens et de l'argent à les ramener d'Irak. Et pour contrer nos armées classiques dans un cadre de guerre symétrique (ou relativement symétrique), quelles sont les stratégies simples? - la quantité saturante de matos nettement moins cher (surtout les missiles) - le surdéveloppement des activités de parasitages et de saturation des réseaux d'information: c'est notre force, c'est donc ça qui sera visé. Et les moyens de cette lutte ne sont pas fondamentalement chers, surtout si on peut mettre la quantité. - l'évitement de l'affrontement en rase cambrousse, le refus du timing imposé par la RMA - le développement des moyens antisatellitaires D'autre part, qui dit que la gestion des internets de bataille sera vraiment quelque chose de pertinent dans le cadre d'un grand affrontement: saturation des réseaux, surabondance de l'information, capacité trop limitée au tri pertinent.... Nous pouvons nous mêmes nous flinguer: personne ne sait à quoi ressemblerons les hubs de tri informationnel à tous les niveaux, dans le cadre d'une guerre classique de grande ampleur.
  22. L'armée grecque est encore une armée de conscription: face à son seul adversaire potentiel, la Turquie, elle ne peut se permettre de n'avoir qu'une armée professionnelle, hyper technologique et réduite qui, par rapport à la taille du pays, tournerait autour de 60 à 70 000h maxi, toutes forces confondues (le niveau de la Hollande, ce qui est un parallèle déjà exagéré étant donné que la Hollande est plus peuplée et beaucoup plus riche). L'armée grecque est avant tout un outil de défense constitué autour d'une menace potentielle directe et importante aux frontières. Elle est globalement peu projetable, au-delà de déploiements rapides et limités en mer Egée et jusque sur les rives de l'Anatolie, avec une réserve théorique pour l'envoi de soutien aux populations grecques de Chypre. En conséquence, elle se calibre surtout autour d'un corps de bataille blindé et mécanisé visant la lutte sur la frontière nord et nord-est, avec une réserve importante pour contrer un éventuel débarquement turc, nécessaire pour pallier l'étroitesse du front. L'armée de l'air est de même un corollaire vital. La Grèce n'est vraiment pas dans un modèle de corps expéditionnaire projetable important. Si l'Allemagne était encore une menace, ou si la menace classique russe était encore très réelle, crois-tu qu'on aurait professionalisé l'armée? Crois-tu qu'on n'aurait que l'équivalent d'une grosse division blindée? On en serait encore au modèle à 1000 Leclercs et au moins autant de gros chenillés d'infanterie, avec un successeur direct à l'AuF1 et du MLRS encore à pleine dotation. La carte militaire ne tournerait pas autour de l'axe rhodanien, mais bien des grands camps du nord est. On aurait 3 grosses DB en ligne et 3 mécanisées, ou le double en divisions plus légères comme dans les années 80. Ben les Grecs, c'est pareil. Et s'ils dégagent les chars Patton améliorés, ils vont garder encore un moment leurs 500 Léo IA5 et leurs 180 Léo II A4 (en plus des tout récents Léo IIHEL, version grecque du A6). Leur flotte est très révélatrice: ils visent une marine puissante de frégates et de soums pour le contrôle des lignes d'appro (lutte AN, ASM et AA en mer Egée), le soutien à leurs nombreuses îles et une capacité d'opérations courtes. Pas de gros bâtiment de projection: les Zubr sont là pour opérer dans un rayon de 300 bornes maxi, mais vite et brutalement.
  23. J'ajoute une illustration qui est celle de l'après guerre de 7 ans: l'intensité de la réflexion militaire invente, ré-invente, systématise et théorise ce qui était jusqu'ici avant tout de l'empirisme. Jamais, depuis l'Antiquité, la Guerre, et plus particulièrement la guerre a venir n'a été à ce point intellectuellement préparée. Et au premier chef, les travaux de Folard et plus encore Guibert annoncent ce qui suivra: des guerres où l'intérêt du peuple et l'intérêt du souverain ne sont plus dissociés, des guerres où l'armée représentera la totalité du peuple et non plus sa lie, assimilée pour l'essentiel à des mercenaires stipendiés, même si ce sont des nationaux (la Suède avait déjà donné un exemple limité d'une telle évolution). Plus encore, l'outil commence, en France, à être préparé, mais c'est la Révolution qui devra faire l'essentiel des réformes de profondeur, en cours de route, après le 1er choc tenu presque par chance. Et là on peut bien cerner l'ensemble des rigidités à l'oeuvre et des freins aux réformes profondes: ils sont avant tout de nature politique et sociale. Le cadre de la guerre ne pouvait, sous l'Ancien Régime, dépasser le cadre des strictes limites financières de la monarchie: on ne pouvait avoir que la guerre qu'on pouvait se payer, et compte tenu des finances des royaumes d'Europe, la limite était forte. On avait les soldats de ses moyens, le corps d'officiers de ses moyens et de sa société. Le mouvement de "démocratisation" des postes d'officiers lancé sous Louis XIV fut amputé par la réaction nobiliaire qui suivit, puis réamorcé sous Choiseul et remis au placard par le renouveau de cette réaction nobiliaire, notamment sous le ministre St Germain (auteur, en revanche, d'ambitieuses réformes sur la discipline, l'armement et l'organisation). Les fondamentaux de l'organisation militaire, en terme d'outils et d'organisation, tournent et devraient toujours tourner autour de la recherche de souplesse et de marges de manoeuvre: souplesse du commandement, économie des forces, reconnaissance la plus lointaine possible, discipline des soldats (qui donne de la visibilité et de la prévisibilité pour le commandant qui peut ainsi connaître le timing des mouvements de ses forces).... Communications, procédures règlementées et standardisées (= professionalisme des cadres).... Sont autant de choses élémentaires que l'entraînement, l'éducation et la technique peuvent améliorer. Et c'est là qu'est souvent l'os: un ordre existant, qui est prouvé et éprouvé comme fonctionnant, avec ses qualités et ses défauts (mais qui sont connus et donc anticipés: on sait faire avec), suppose un niveau de rigidités certain. Au XVIIIème, il est hasardeux de vouloir remettre tout en question au nom de la seule nouveauté quand le fonctionnement de l'outil existant suppose un entraînement très lourd: déployer une armée en bataille, faire passer des bataillons de l'ordre de marche à l'ordre de bataille, faire s'aligner 40 bataillons de l'un à l'autre.... Suppose une chaîne de commandement reposant uniquement sur l'humain et donc sur des procédures et des habitudes extrêmement complexes et codifiées. Changer l'outil dans ce cadre est très dangereux (surtout dans une Europe où la guerre peut surgir du jour au lendemain), et d'autant plus que le matériel humain des armées n'est pas de premier choix (nulle part en Europe) et que les permanents ne représentent qu'une partie de l'armée (les armées doublent de force, au moins, du temps de paix au temps de guerre). Les réformes Choiseul commencent à remédier à cela en constituant une armée permanente qui n'a pas vocation à doubler à l'entrée en guerre: chaque soldat, à partir de Choiseul, coûte plus de 3 ou 4 fois plus cher (matos, garnisons permanentes en caserne qui deviennent la règle, entraînement, vêtements, paie assurée....). C'est mine de rien à partir de cette armée que la Révolution pourra constituer les demi-brigades de bataille jouxtant un bataillon de volontaires à chaque bataillon de soldats expérimentés au sein de régiments non plus éclatés, mais utilisés comme tels. La révolution politique et sociale a pu fournir à cet outil les cadres qui lui ont fait défaut, mais le 1er choc fut celui de l'improvisation totale, et c'est la chair humaine qui offrit le temps de l'adaptation de l'outil. On l'oublie, mais les campagnes de 1792 et 1793 furent sanglantes pour les hommes en uniformes français, et pas franchement glorieuses en terme d'efficacité militaire. Les armée monarchiques, avec tous leurs défauts, on bien failli l'emporter par ce professionalisme qui, même appliqué à des effectifs limités d'hommes issus des milieux louches de leurs sociétés, assurait néanmoins une efficacité garantie. En bref, l'ancien monolithique et sclérosé fut à 2 doigts de trucider le nouveau moderne et plein d'allant. Et encore une fois, c'est dans la contingence seule qu'on peut trouver l'explication du fait que la France ait pu encaisser ce choc et donner à son outil le temps de s'adapter. L'outil militaire français de 1789 était pourtant le plus moderne et le mieux préparé à la modernité militaire, mais son affaiblissement par l'exil de nombreux cadres (pourtant pas franchement fabuleux, même s'ils commençaient à être mieux formés; le choix était pourtant exclusivement contraint par la réalité sociale et politique, à savoir la société nobiliaire) avait suffi à le mettre en danger, les bas officiers et sous-officiers non nobles ou de petite noblesse ne pouvant assumer rapidement des fonctions de commandement. Ils se sont pourtant vite adaptés, mais par 2 fois, la Révolution fut à 2 doigts de se retrouver totalement vaincue, et même pas par des effectifs supérieurs: en 1792-93, mais aussi en 1794-95. Bref, des armées qui refaisaient la guerre de 7 ans (la prussienne, l'autrichienne et la russe) ont bien failli avoir raison de l'outil nouveau, précisément parce qu'un outil vieux et rigide mais bien rôdé peut valoir aussi bien qu'un outil nouveau, mieux pensé, mais jeune. L'analogie est pour moi pertinente avec la confrontation de 40.
  24. Rêvons un peu: faudrait trouver les commanditaires, en buter un et envoyer les morceaux aux autres.... Avec une jolie carte postale, c'est plus personnel et civilisé. Quelqu'un a vu la série "reporters" sur Canal? Elle décrit des événements analogues (ainsi que d'autres) en ayant été écrite il y a plus de 2 ans.
  25. En fait dans les visions d'historiens, il y a 3 "guerres", ou périodes de guerre, entre la France et l'Angleterre, aussi appelées les 3 Guerres de Cent Ans: - la première, c'est celle des Ducs de Normandie finissants (la continuité de Guillaume le Conquérant n'est pas longue) puis de l'Empire Angevin contre la dynastie capétienne naissante, qui commence au XIIème siècle et se termine réellement avec la commise des terres angevines en France par Philippe Auguste (1204), et symboliquement à Taillebourg, sous St Louis. - la seconde, c'est la plusconnue, le premier affrontement entre France et Angleterre: le précédent était purement une guerre féodale française, avec l'Angleterre qui n'existait que pour donner titre et rang de roi aux Normands et Angevins. Celle là, de 1337 à 1453, commence de la même façon et n'est rien d'autre jusqu'à la fin du XIVème siècle; mais sa 2ème phase, de 1415 à 1453, est celle d'une guerre entre nations naissantes au sens où nous pouvons l'entendre. - la 3ème, c'est celle amorcée à partir des années 1680, de la Glorious Revolution, de l'expansionnisme louis-quatorzien et de l'avènement de Guillaume d'Orange, et qui ne se termine réellement qu'en 1815. Au final, on mène encore à la marque, à 2 victoires contre 1 :lol:. Ma. is il ne s'agit pas d'une "Guerre de 750 ans", même symbolique: des années 1240 au démarrage des hostilités dans les années 1330, l'Angleterre est docile. Des années 1450 aux années 1620, hors quelques accrochages ponctuels sans effets, l'Angleterre ne pèse pas grand-chose, malgré toute la prétention d'Henry VIII puis le mythe très anglais de l'Invincible Armada.
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