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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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Pourquoi la France a capitulé en 1940?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Histoire militaire
Yup! Lu l'article. C'est marrant qu'il ait fallu attendre si longtemps (voire les bons scores de vente du bouquin de Lormier) pour qu'une timide réhabilitation de cette partie de la guerre ait droit de cité ailleurs que dans les seuls cénacles d'initiés et face aux grands mythes débiles répandus par les manuels d'histoire. -
Batellerie et engin & moyens de débarquement
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Fusilier dans Divers marine
Y'avait peut-être aussi les performances théoriques initiales et la vérité découverte avec les essais et les contraintes bien réelles. -
République du Gabon
Tancrède a répondu à un(e) sujet de roland dans Politique etrangère / Relations internationales
Si justement, la dimension change tout, et ton raisonnement sera faux tant que tu n'intègreras pas l'effet quantité: le pillage des ressources africaines, quand la Chine est impliquée, revient à l'épuisement rapide. Même au temps de la colonisation, ce que la France a fait n'a jamais été que du petit artisanat comparé à la destruction industrielle systématique qu'opère la Chine non seulement en Afrique, mais aussi en Asie du Sud Est (surtout au Myanmar et en Indonésie) et en Amérique du Sud. Notre "rapacité" fut bien peu de choses comparé à ce qui se passe. A côté de ça, désolé, mais les histoires de valeurs, de discours et de modèles, que de toute façon personne n'applique jamais, tout le monde s'en branle à deux mains. Ce ne sont que des questions de rhétorique dans la bulle médiatique franco-française, dont tout le monde s'est toujours foutu dans la réalité des négociations, sauf peut-être nous justement (en partie seulement) parce que cela correspond à une contrainte politique intérieure. Ca n'a jamais rien fait dans le monde réel; ce ne sont que des histoires médiatiques et quelques coûts additionnels pour les opérateurs français en Afrique. Encore une fois, en quoi? Dans les négociations entre chefs d'Etat, tu crois sérieusement que ça rentre en ligne de compte même une seule seconde? il n'y a que des histoires de coûts, de prix, de pots-de-vins et d'avantages de toute sorte. Si ça énervait tant que ça les Africains, nous aurions été foutus dehors depuis les années 70. -
République du Gabon
Tancrède a répondu à un(e) sujet de roland dans Politique etrangère / Relations internationales
Faux, ce n'est la seule différence que si on raisonne dans le monde éthéré de l'abstrait et des grands principes. Dans le monde réel, il y a aussi les dimensions du phénomène, liées au gabarit de la Chine et de ses immenses besoins. Ca veut dire une toute autre proportion de mise en coupe réglée des ressources africaines, ça veut dire une toute autre proportion (notamment aussi via les prix pratiqués par les entreprises chinoises à la main d'oeuvre bien plus exploitée qu'aucune autre) de la masse de marchés pris en main par la Chine. Ca veut aussi dire bien moins de précautions, bien moins de considérations d'ordre moral (si, si, contrairement à ce que beaucoup de gens suggèrent trop facilement), parce que chez nous, beaucoup de forces politiques et citoyennes (diasporas africaines comprises) peuvent s'informer et exercer une certaine mesure de pressions médiatiques et politiques pour contraindre (en partie bien sûr) l'Etat, et par là certaines entreprises, à ne pas aller trop loin, à ne pas se lâcher.... C'est plus sous surveillance (relative, encore une fois). Sans compter que nos capacités en matière d'offre ont aussi des contraintes économiques sur le coût de la main-d'oeuvre, ce qui limite de fait le nombre de marchés gagnables vu qu'on ne peut offrir les mêmes prix que les Chinois et leur main-d'oeuvre quasi servile. En plus, on est moins gros, donc moins dangereux. Maintenant, faut arrêter de balancer sans arrêt le côté exploiteur: ce sont des relations internationales. Tout le monde cherche à se baiser, et les Africains se privent pas de le faire avec nous dès qu'ils en ont l'occasion. personne ne fait de cadeau à personne. Comme le dit Victor hugo (à prendre comme une caricature et non les faits) "l'esclave serait tyran s'il le pouvait". -
Sait-on quels seront les déploiements permanents outre-mer des SAMP-T? J'imagine Djibouti, mais à part ça? Sans doute pas Abu Dhabi, vu que les Emiratis viennent d'acheter la taille au-dessus (les THAAD).
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Ne digressons pas trop.... Je me suis moi-même laissé entraîner vers du HS version lourde :lol:.... Et j'ai hooonnnte. Ils ont très bien performé, pour des unités B. Quand aux artilleurs, ben.... C'est assez normal de se barrer quand on se croit attaqué par de la cavalerie. En revanche, les unités de couverture ou de surveillance de l'artillerie n'ont pas fait leur boulot. Sinon Loki, je me suis bien fait comprendre ou pas dans mon post un peu plus haut, en réponse à ta question sur la définition du sujet et mon postulat de proposition? Je suis pas sûr d'être bien arrivé à mettre les mots exacts sur une interrogation qui est claire dans ma caboche mais n'est pas encore assez implémentée pour être clairement déclinée en termes précis. Ca se décante à mesure qu'on en parle, en fait, mais plus j'en parle, plus j'en reviens avant tout à ce "brouillard de guerre" de niveau stratégique qui prélude au primo affrontement (le premier choc) et aux choix d'outils militaires en amont de la guerre, qui doivent être faits dans un contexte d'opacité quasi totale, de quelques choix clairement définis qu'il faut faire dans la nébuleuse immense des possibles. Le sujet concerne aussi bien sûr le processus d'adaptation en cours de guerre (si le premier choc n'a pas emporté l'un des belligérants), mais moins car celui-ci ne se fait plus en aveugle, ou en tout cas beaucoup moins. Il faudrait mesurer par exemple les sommes et le temps consacrés aux programmes d'armement qui ne sont PAS choisis lors des appels d'offres, avant et pendant une guerre.
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République du Gabon
Tancrède a répondu à un(e) sujet de roland dans Politique etrangère / Relations internationales
Au Soudan, les Chinois ont plus de 20 000 "conseillers militaires": c'est pas de l'ingérence politique? Quand tu imposes de construire des grands programmes de BTP selon tes conditions et liquides les artisanats et productions manufacturières locaux, quand tu introduit des effectifs importants de chinois (ouvriers, conseillers, mais aussi populations permanentes; leur sécurité doit être garantie et ils sont de fait des outils de politique extérieure), tu ne fais pas de l'ingérence politique? Le business, c'est de la politique. Le business chez quelqu'un, c'est de la politique extérieure. Le business dans des conditions de négociations inégales, c'est de l'ingérence politique. Assez avec "la Chine fait du business", comme si c'était autre chose. La Chine place des pions, établit des réseaux, établit de nouvelles dépendances, et trucide les ressources naturelles à une vitesse jamais vue auparavant en Afrique. Pour exemple, au rythme où ils vont, la forêt gabonaise pourrait avoir disparu dans moins de 30 ans; outre la perte en ressource et biodiversité, cela veut dire aussi une érosion accélérée des sols, une moindre rétention des eaux de pluie, bref, la désertification et l'appauvrissement des espaces agricoles. Mais c'est pas de l'ingérence politique, sauf si c'est le grand méchant occidental qui le fait? Au moins nous, dans notre politique extérieure, il y a une part de la décision qui dépend aussi de critères moraux (opinion publique, pressions électoralistes, contraintes légales diverses, presse à peu près libre malgré tout, mouvements associatifs....) et mettent des bâtons dans les roues et des mesures de contrôle sur l'attitude des décisionnaires. Mais bon, s'il y en a qui refusent de voir que la Chine est en train de placer l'Afrique sous une dépendance quasi coloniale et surtout de la mettre au pillage dans des proportions dont Cecil Rhodes lui-même n'aurait jamais osé rêver.... -
Ca c'est un sujet que je connais beaucoup mieux. Cela correspond à des mythes historiographiques, surtout ceux des "premiers temps" de l'Histoire enseignée largement à savoir les grandes visions englobantes issues de l'historiographie du XIXème siècle, l'Histoire hégélienne en somme, faite de visions holistes et parlant des pays et civilisations comme de grands ensembles pensants et agissant comme un être unique (pensée issue de la physiocratie au moins autant que de la vision hégélienne), ce qui est un anthropomorphisme pour moi aussi stupide que la condamnation de la chasse par projection de l'humanité et de son affect sur des animaux (chaque fois qu'on bouffe du chevreuil on massacre Bambi, bordel!). Que l'usage de civilisation, de corps sociaux ou de pays comme "objet" de référence par facilité de langage, pour globaliser rapidos une analyse, c'est une chose normale et pratique, on l'utilise comme une métaphore de l'analyse réelle. Ce qui devient condamnable et stupide, c'est de juger de l'ensemble d'un corps social pour y attribuer des attitudes, des jugements de valeurs, des comportements, comme une personne, ça devient de la stupidité et du fumage de substances condamnables, c'est le fait de "grands penseurs" qui ne réfléchissent que sur le temps longs et donc dans une abstraction tout à fait ridicule. Ce sont ces gens là qui vous parlent de "décadence" (qu'elle soit celle de la bourgeoise, de "l'esprit de jouissance" ou d'autres fadaises à but politique), de supposées "vertus" plus importantes auparavant, d'un "âge d'or" lointain.... Tout ça, ce sont des conneries vraiment indignes de gens qui se prétendent historiens. Il est sans doute possible de trouver de vraies dynamiques de temps long, mais pas sous ces simplismes qui sont avant tout des objets idéologiques sortis par des écoles de pensées recherchant avant tout un effet politique. Alors j'ai tout lu sur 40, sur la "décadence morale", sur "l'esprit de jouissance", le "complot de la bourgeoisie", la cinquième colonne et autres débilités qui sont autant de théories du complot ou de la décadence (dans une version plus documentée et argumentée que les théories de complot habituelles, mais ce sont les mêmes logiques qui motivent cela) d'ailleurs absolument toutes contradictoires. Mais surtout ces explications surgissent et fonctionnent parce qu'il FAUT des explications, parce qu'il FAUT des responsables clairement visibles, surtout quand un nouveau pouvoir se met en place (le premier boulot de tout gouvernement, dès que quelque chose merde, est toujours de noircir le précédent); il faut pointer des doigts et trouver des explications rapidement digérables et si possible exonérant le plus possible de la population (on préfère se sentir trahi que coupable.... D'ailleurs on se sent rarement coupable ou fautif: on blâme le voisin, et on ne soutient certainement pas un gouvernement qui vous accuse). De même que la IIIème République finissante n'a pas, loin de là, autant de torts que ce qu'on lui a mis sur le dos, Vichy, surtout avant novembre 42, est loin d'être uniquement blâmable. Qui sait que le rapide rebondissement économique de l'après guerre est dû aux réformes mises en place par Darlan, par exemple, ou que le baby boom a été grandement facilité par les changements apportés sous Vichy. Je n'aime pas pour autant ce régime, mais en termes d'analyse historique, les jugements moraux, les absolus et les jugements de valeurs relèvent du niveau de pertinence le plus minable. J'ai aussi lu que la génération de combattants de 40 était faite essentiellement de femmelettes jouisseuses parce qu'ils avaient été élevé par leurs mères en 14-18 pendant que les pères étaient au combat.... J'ai jamais entendu dire que les marins étaient des tapettes sous prétexte qu'ils étaient élevés par leurs mères, les pères étant absents l'essentiel de l'année (et pas juste pendant 4 ans, mais toute leur vie). Ni que les générations élevées par leurs mères pendant les guerres longues (on a pas eu que 14, je le rappelle) devenaient des fiottes. Et les études un peu détaillées des combats de 40 ne montrent rien de mauvais concernant la troupe. Si on peut voir des problèmes, je rappelle que quand une unité n'a plus, pendant un bon moment, de contact avec sa chaîne de commandement et qu'elle est au combat les pertes s'accumulent, le soutien n'arrive plus, on se sent isolé, abandonné et encerclé....), il n'y a pas une armée où cette unité ne finirait pas par se débander, sauf queqlues exceptions (qui deviennent généralement des images d'Epinal et exemples exceptionnels de vertus guerrières). De même pour une unité qui prend un bombardement continu des jours durant sans pouvoir faire grand-chose en retour ni pouvoir évacuer, ou encore de même pour une unité qui prend entre un tiers et la moitié de pertes. Les calculs prévisionnels de pertes et de comportement se basent sur de telles données à l'époque. Y'avait 2 divisions de réservistes (unités B) et 1 division d'active (sous-dotées en matos antichar) face à un énorme corps blindé: tu crois quoi? Et il est vrai que ces débandades ont eu lieu.... Après plusieurs jours de bombardement continu (comme en 14, où on a appris dans tous les camps que la densité moderne de bombardements trucide le moral, voire rend dingue) et de pertes importantes, qui plus est sans pouvoir rendre les coups.
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Les BD qui parlent de défense
Tancrède a répondu à un(e) sujet de cvs dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Ouais, le délire en Angleterre a vraiment commencé à être un pédalage dans la choucroute. Mais de toute façon, ils n'ont pas l'air d'avoir continué la série. pour l'iconographie, la série l'Epervier est excellente: la marine sous Louis XV, les corsaires, les milices garde-côtes, les fortifications, la Guyane des débuts.... Tout est merveilleusement documenté, pour les geeks de navires anciens surtout. -
Encore une fois, c'est un peu facile à résumer avec le recul historique: les bons choix sont clairs. Mais même là, il faudrait pouvoir quantifier. Faut pas croire que Pétain ou Gamelin voulaient perdre la guerre, ou encore que même les ministères successifs considéraient la défense comme une variable d'ajustement, ou même que les politiques d'avant-guerre étaient encore, dans les années 30 (ou en tout cas après 34), aveugles et sourds ou encore béats et pacifistes à tout prix devant la pactomanie à la Briand. Daladier a pas eu besoin d'attendre 38 pour regarder la foule pacifiste et penser "les cons"; le "taureau du Vaucluse" était tout sauf un naïf ou un lâche, comme Doumergue, Blum ou Reynaud. Rester à la pointe de la technologie: dans quels domaines? Le champ est immense, et même si on a beaucoup de ressources, il faut pouvoir prioriser. Et la France n'était pas mal armée de ce côté en 40. C'est pas une différence technologique qui explique les événements. Une base industrielle solide: ça veut dire quoi? A partir de combien d'usines, de quelle masse d'ouvriers qualifiés, de quel niveau d'autonomie en matière de recherche, de conception amont et d'industrialisation on considère qu'une base est solide? Comment on chiffre ça? Comment on finance ça à perte en temps de paix? Comme les Allemands; ils ont fait du sport et vécu la vie de Caserne, pour la part des unités dans et derrière la Ligne Maginot. Les armées mobiles se sont entraînées assez activement, en fait. On essaie généralement. Pour reprendre l'exemple de 40, le tout est qu'on a beau le faire, cela renvoie à mon propos du primo affrontement, le 1er choc: on ne peut pas quantifier, on ne peut mesurer quel sera l'effet des tactiques et des armes, et pas seulement quelles seront ces tactiques et ces armes (ça, c'est ce qu'on peut savoir, qu'on savait en 40 et qu'on sait en général, 1870 et 1914 constituant des exceptions dans l'Histoire, des deux côtés d'ailleurs). Les Allemands non plus ne savaient pas qu'une bonne partie de leurs chars serait inutile (trop légers, canons sans effets), que la coordination globale serait mauvaise (radios à trop courte portée, posant problème en milieu humide comme dans les Flandres et en Hollande), ou que leur capacité de bombardement serait bien plus limitée que prévu, même après avoir retranché le facteur "baratin de Goering". Sauf cas vraiment caricaturaux (et 40 n'en est pas un, contrairement à ce que les historiens présentent un peu facilement), on ne sait qu'après coup qu'un dogme en est un. Et en 40, les unités ont bien tenu: celles qui ont lâché étaient généralement celles qui avaient déjà beaucoup mangé et perdu une bonne part de leur encadrement et de leurs effectifs, et/ou qui se retrouvaient sans communications avec le reste de l'armée, soit des cas normaux de débandement. Y'en a quand même marre de cette idéologie reprise par tous qui feraient des combattants de 4à et de la nation un tas de femmelettes indignes de leurs parents; il n'y a absolument AUCUNE preuve historique de ça. Et d'ailleurs, la désertion en 39-40 (à la mobilisation j'entends) n'est en aucun cas importante, et l'atmosphère de la mobilisation est à la résignation, comme en 14 (qui contrairement à la légende, n'est en aucun cas euphorique hors de quelques cas et quelques photos). C'es marrant, je bosse sur un scénario analogue, en m'inspirant grandement du cas des événements qui précèdent la bataille d'Andrinople.
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Quand je parle de parcs, je parle des parcs de réserve, pas des unités actives; j'ai mentionné plus haut que justement, elle n'a, comme les autres gros pays européens, plus qu'une division blindée lourde, comme l'Angleterre, comme la France, comme l'Italie. Pour ce faire, son objectif n'est même pas de 408 chars, étant donné qu'une partie de ces derniers est encore faite de 2A4 et 2A5. A terme, les 2A4 seront dégagés et les 2 A5 réservés à l'entraînement et aux 3 bataillons du Stabilisierungskräfte, la Heer ne gardant au final que 3 bataillons de A6 plus un certain nombre de A6M pour l'urbain, ventilés sur les 3 bataillons de A6 et 1 bataillon de A5. Le total en ligne tournera autour de 264 chars (dont 3 bataillons pas entraînés au standard de première ligne), le bataillon de chars allemand étant à 44 bestioles. Pour le reste, elle a eu plus de 2400 leopard II pour son armée, et elle est loin d'en avoir revendu la moitié. Y'a pas eu de démantèlement non plus. Donc, oui, il y a des parcs gigantesques avec le restant.
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C'était à peu près le coeur de l'amorce du sujet tel que je l'ai lancé, sans vraiment, je l'avoue, l'avoir délimité. Si je rappelle à l'ordre, c'est juste pour éviter que le topic se transforme en polémique sur tel ou tel exemple de guerre, et en l'occurrence, y'a toutes les chances que le sujet devienne un énième machin sur mai 1940. Disons qu'il y a de ça; en fait, à partir des expressions toutes faites du genre "c'est bien français, toujours en retard d'une guerre", qui m'énervent souverainement, j'essayais de rebondir plus particulièrement sur ces grandes visions et analyses souvent historiques, réalisées a posteriori, qui voient des schémas logiques là où il n'y avait que des suites d'événements, et critiquent facilement les décisionnaires avec la grande sagesse du regard historique. Comme je l'ai souligné dans mon dernier post, on ne voit pas à l'avance ce que va être la guerre, et ma "théorie" du primo affrontement est sans doute le moment le plus chaotique du conflit, qui ne peut absolument pas avoir été planifié par l'un ou l'autre camp (à moins bien sûr d'une supériorité totale et écrasante) tant les deux outils se connaissent mal eux-mêmes, connaissent l'autre uniquement en théorie et n'ont eu aucun moyen d'anticiper comment leurs deux outils militaires pourraient "réagir" l'un à l'autre. La guerre est le lieu du "chaos ordonné", mais c'est surtout vrai dans cette première phase absolument non quantifiable. quand la guerre dure, on a un processus d'adaptation, généralement en grande partie par le bas (les RETEX et impros étant immédiats) mais aussi, à mesure de l'industrialisation des guerres, par de grandes planifications issues de certains axes de réflexions préexistants (y'en avait une masse de différents, la réalité permet de trier) et de la masse accumulée de RETEX grandeur nature, toutes choses qui permettent de faire des certitudes de ce qui n'étaient que des conjectures avant la guerre, et qui autorisent d'engager des ressources importantes dans de grands programmes avec une plus grande marge de confiance. Mais cela n'est possible que parce que la guerre est déjà là. Or, la question à laquelle ce topic renvoie est "peut-on vraiment prévoir ce que sera la guerre?", ou encore "un pays l'a t-il déjà vraiment fait?", et mon point est de dire que non. Et la révélation se fait avant tout, au point le plus caricatural, par ce primo-affrontement entre 2 outils militaires qui ne sont que le résultat de sommes de conjectures, de choix, de ressources limitées et de compromis réalisés en temps de paix, alors qu'il n'y a QUE des conjectures (des milliers, qui vont dans tous les sens, et dont beaucoup se tiennent). Et on juge un peu facilement a posteriori de ce qui aurait du être fait. Ni De Gaulle ni Gudérian n'étaient convaincus des grandes chances d'une victoire allemande en France avant juin 40. Comme je l'ai dit, ça fait effectivement partie du sujet, mais il est plus large, et ma question "peut-on prévoir la guerre?" concerne plus en priorité l'avant-guerre, quand on essaie de deviner à quoi ça va ressembler, quand on essaie de la penser.... Par exemple, Moltke en 1870 a le premier perçu et réussit à penser le niveau stratégique de la guerre, mais pas en-dessous de ce niveau. D'où la réussite globale mais aussi les pertes proportionnellement monstrueuses des Allemands. Il est cependant vrai aussi que même pendant la guerre, prévoir l'évolution des modes d'opérations et du cadre stratégique n'est pas si évident et le choix reste aléatoire, mais quand même bien moins, car la dynamique est entamée et les inconnues sont moins grandes (on constate immédiatement ses besoins face au réel) quand aux évolutions à donner à la stratégie et à l'outil qui la sert.
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Les BD qui parlent de défense
Tancrède a répondu à un(e) sujet de cvs dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
En vaudeville? On parle bien de la même BD? -
Batellerie et engin & moyens de débarquement
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Fusilier dans Divers marine
Si le chiffre définitif est de 8, ça veut dire qu'il n'y aura pas de batellerie complémentaire? Pas de chalands plus petits pour pouvoir adapter la capacité? Pas de remplacement aux bâtiments plus spécialisés? Et on attend toujours ce qui pourrait remplacer les BATRAL. -
Pitié, on ne glisse pas trop sur 40, on ne commence pas les polémiques pile poil sur 40, même si c'est l'exemple par excellence; essayons de garder de la mesure. Ca Zamorana, il faut justement se dégager de ces simplismes répétés à l'envi: le point est justement qu'ON NE SAIT PAS A L'AVANCE CE QUI MARCHE, et plus encore, on ne sait pas comment l'outil ennemi va agir dans l'absolu et aussi comment il va agir et réagir, sur le terrain particulier de l'affrontement et face à ce qu'on a nous. Malgré la somme de renseignements qu'on peut accumuler, ces points restent des inconnues quasi totales et absolument inquantifiables. Les analystes et penseurs alignent des kilomètres de pages contradictoires pour savoir à quoi ressemblera le conflit à venir en général, et plus encore les théâtres où nous serons impliqués, et ce sont rarement des amateurs, tous ont de bons et de mauvais arguments, des données de base pertinentes ou moins pertinentes (difficiles à départager tant que c'est théorique).... Ajoutons que la vision de "penseurs théoriques" et de "pratiques" (par laquelle on peut facilement et avec bonne conscience rejeter les premiers et aduler les seconds) est une séparation souvent très artificielle faite après coup, par les historiens ou les langues de putes. Avant le conflit, tout cela est un magma permanent où il est quasiment impossible de trier tour le bon grain et toute l'ivraie: on ne trouve pas quelques réponses dans un vaste désert où la visibilité est bonne, on doit les élaborer à partir de millions de bribes d'informations éparpillées dans un océan d'informations analogues et pas nécessairement totalement sans intérêt. Souvent, de purs soldats intellectuels ont trouvé bien plus de réponses que des praticiens blanchis sous le harnais, et les écoles de pensée que l'on rejette facilement n'ont pas eu que des effets négatifs ou n'ont pas été si catastrophiques que ça. La Jeune Ecole en est un exemple: je n'en suis pas un thuriféraire, mais j'ai appris à ne pas la rejeter si facilement. L'amiral Aubé était un mec très intelligent et non dénué d'expérience pratique. Et ce qu'il a impulsé a créé une nouvelle génération de bâtiments légers qui sont en fait la base de nos escorteurs modernes, au final assez complémentaires d'une bonne flotte de haute mer et de capacités de présence démultipliées par rapport à des flottes de Dreadnougth trop concentrées. A l'inverse, le Dreadnougth de l'amiral Fisher n'a pas été la révolution attendue, ou il l'est trop devenue au point de devenir une unité qu'on n'ose trop risquer, et pour laquelle il a fallu créer de nouvelles gammes d'unités (croiseurs lourds, croiseurs de bataille) offrant un écran à ces capital ship hors de prix, et coûtant eux-mêmes une fortune mobilisant d'importantes ressources et contraignant à une concentration permanente limitant un peu plus les capacités de mouvement et d'engagement. L'engagement lui-même est devenu une possibilité infiniment moins envisageable, tant par le risque encouru que par la mobilisation de ressources impliquées, comme une version moins grande des mécanismes de la dissuasion. Bref, on ne peut pas avoir une guerre d'avance à moins d'un différentiel gigantesque entre 2 adversaires, et dans ce cas, c'est plutôt l'un des deux qui a une guerre de retard. Et les deux plus gros éléments du différentiel qui peut exister (hors des cas caricaturaux de colonisation/agression/punition de pays technologiquement arriérés) sont intellectuels et circonstanciels: il ne s'agit pas tant de l'outil militaire proprement dit que du terrain et des distances et circonstances d'engagement d'un côté, et des processus de pensée et de décision politiques/stratégiques/militaires de l'autre. Que les Zoulous avec leurs assegaïs aient posé des problèmes aux Brits et nécessité un investissement disproportionné par rapport au gain obtenu et à l'outil militaire affronté est révélateur de ce que les distances, le terrain non maîtrisé et mal connu, mais aussi la révolution "institutionnelle" entraînée par Shaka et son impact sur la pensée, les pratiques et la décision, ont entraîné une explosion de la capacité globale de guerre des populations locales, sans pour autant que l'armement ait fait un quelconque bond technologique, ni l'aspect général du guerrier zoulou connu une sensible évolution. Le passage de la Sagaie (lance) à l'assegaï (espèce de bâtard lance-épée) constitue la seule évolution. Mais la conception de la guerre change: on recherche l'affrontement "réel", on va au contact, on s'organise en unités, on s'organise politiquement non plus en tribus, mais en peuple sous un chef absolu, on utilise le terrain, on articule le combat et on va jusqu'au bout. Et pour vaincre cela, les Brits ont du financer à perte des moyens militaires absolument disproportionnés. Ce fut peu visiblement douloureux parce que dans l'absolu, cela restait un conflit local, mais c'est révélateur. Côté français, il y aurait de même beaucoup de leçons à tirer de la conquête de l'Annam et du Tonkin et de la guerre subséquente avec la Chine, qui ne fut pas aussi nettement et facilement victorieuse qu'on le croit. Plus globalement, outre les facteurs circonstanciels (temps, terrain, distances, conditions climatiques, politiques, éonomiques....), il y a ce facteur intellectuel que j'ai résumé aux processus de pensée et de décision politiques, stratégiques et militaires. Cela implique d'abord et avant tout l'organisation politique, et son impact sur l'outil militaire, mais aussi les courants intellectuels généraux et spécialisés (surtout économiques, stratégiques, politiques et militaires) qui influent sur les décideurs. Les militaires, du moins le haut commandement, est étroitement lié aux décideurs, lui rend des comptes et entre dans un mode de relations particulier avec lui, qui influe sur l'outil, sur la décision stratégique, les choix de conflits et la conduite de la guerre.
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Batellerie et engin & moyens de débarquement
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Fusilier dans Divers marine
Apparemment, l'addition tourne autour de 15 millions la pièce, achat et entretien. Belle bestiole. -
L'évolution des armements : Les chars...
Tancrède a répondu à un(e) sujet de *Th3 *DEAD* dans Divers Terre
Non, justement, c'est ce que souligne Chassilian (concepteur de l'engin, on peut quand même le croire quand il parle du principe créant le véhicule): la tourelle est interchangeable avec celle de 120. Et les autres équipements sont "cosmétiques": ce sont des kits externes, principalement issus du programme AZUR. Ca, de toute façon, y'a longtemps que les stocks de pièces détachées posent problème; de toute façon, il faudra les accroître. Qu'entends-tu avec "passer par"? Là, je comprends pas. D'un autre côté, pour les 2 brigades de décision, il correspond à un besoin réel et pourrait avantageusement remplacer l'EBRC. Et si c'est pour former 2 ou 4 escadrons de 12-13 bestioles, c'est pas la mort. Mais il est pas fait pour la cavalerie légère, plus pour un compromis entre une capacité d'avant-garde/reco immédiate antichar d'un côté, et une d'appui rapproché à l'infanterie. De toute façon, un pelot de 40, on en a toujours l'utilité. Ca c'est une certitude. Si, aux Allemands ça leur rapporte de continuer à faire tourner l'industrie nationale. Mais niveau protection, il est en-dessous d'un MBT, niveau transport d'infanterie, il fait dans le réduit, niveau armement, on peut mettre la même chose sur plus lourd ou plus léger, niveau poids/mobilité/projetabilité, il est à chier, et niveau traîne logistique, ben.... Bref, les Allemands viennent de faire le meilleur de tous les VCI.... pour la Guerre Froide. Attention, le PUMA et le CV90, c'est pas du tout la même catégorie. Le PUMA est beaucoup moins versatile et nettement plus lourd. Le CV90, dans toute sa panoplie offre quand même une toute autre gamme de services. Et vraiment, mais alors vraiment pas au même prix. -
Les BD qui parlent de défense
Tancrède a répondu à un(e) sujet de cvs dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
C'est pour ça que ça s'appelle Corto Maltese et non Rob1 :lol: :lol:.... Désolé, j'ai pas pu résister. Mais c'est justement ça la puissance de l'aventure, son côté magnifique et tragique à la fois, lumineux et sombre (seul le contraste créant la beauté du récit et la fascination, faite d'horreur et d'émerveillement, pour l'histoire). C'est pas une série américaine avec des gentils et des méchants, où les premiers survivent (sauf éventuellement une victime-quota) et les seconds sont châtiés, où les héros ne perdent rien matériellement ou spirituellement et ne font que gagner et s'enrichir en prime. Bref, toute la différence entre le savoureux et le fade, le fascinant et le consommable, le naïf (Corto a sa part d'ingénu) et le niais. C'est toujours tout le mystère (et ça doit rester mystérieux): Pratt connaissait les zones d'ombre de l'Histoire, la grande et la petite, celle des peuples et des individus. C'était un des plus grands experts du monde des sociétés secrètes et mouvances idéologiques (pan-turquisme d'Enver Pacha, Loges maçonniques, triades et sociétés secrètes chinoises, mafias, groupements de grands propriétaires, castes de tous types....), des religions et cultes de tous types, des civilisations disparues et des personnalités hors normes. Butch Cassidy a t-il survécu à la Bolivie comme Pratt le suggère dans Tango? Byron a t-il réellement trouvé la piste du Trésor d'Alexandre? Pour quelle raison les Jeunes Turcs se sont-ils méfiés des Derviches? Il soulève mille points de cet ordre, et qu'il n'invente jamais ou presque: ce sont des interrogations réelles, fondées ou non. Mais on s'éloigne du sujet. Apparemment, on est d'accord pour dire que Pratt, Tardi et Dimitri ont bien cerné et montré de vrais aspects de ce que sont la guerre et l'homme de guerre/l'homme en guerre. Mais y'en a d'autres. -
Les BD qui parlent de défense
Tancrède a répondu à un(e) sujet de cvs dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Ca se travaille.... En écrivant :lol:. C'est pas tellement mon sentiment (mais c'est perso): l'individu trouve toujours un moyen, et Pratt montre des personnalités exceptionnelles, des hommes hors du commun qui trouvent toujours des zones frontières, des zones charnières et chaotiques où tout est possible. Ce qui disparaît dans le monde que décrit Pratt, à mon sens, c'est en grande partie l'inconnu: les zones sauvages reculent, les frontières sont précises, les territoires toujours plus maîtrisés et contrôlés, les blancs des cartes s'effacent.... Bref, le monde perd une partie de son charme pour les aventuriers dès lors que ses contours sont connus et occupés. Mais il restera toujours les zones frontières, les zones grises, les territoires chaotiques où les gentilshommes de fortune, héros et salauds (souvent les 2 à la fois) pourront agir et se faire remarquer, les conflits, surtout les "petits", où des personnalités exceptionnelles se révéleront, tels TE Lawrence dans cette partie presque "artisanale" de la Première Guerre Mondiale qu'est le front du moyen Orient. Les Celtiques, surtout le récit sur le songe, c'est déjà l'effacement du monde ancien, celui des rêves et des fées, un thème éternel de la littérature. Et un truc avec Puck/Robin Goodfellow comme perso et la référence à Lawrence d'Arabie sur ceux qui rêvent les yeux ouverts pour "agir leurs rêves", ne peut qu'être bon :lol:. Message presque subliminal: Achetez et lisez De cape et de Crocs :lol:. On a les mêmes thèmes baroques, fantaisistes et aventureux, sous un autre angle et surtout un autre ton. -
Je ne commencerai pas la polémique sur 40 ici pour ne pas polluer le topic si tu veux bien; si tu veux, on peut aller se prendre le chou dessus sur un topic adapté. C'est lequel? Le "pourquoi la reddition de 40" n'est pas exactement adapté. y'a un topic spécifique sur l'offensive de 40? Pour les affontements plus anciens, c'est àmon avis encore plus vrai, ou tout au moins plus caricatural. Ou un modèle est nettement plus pertinent sur un point décisif, et il gagne sans mesure, ou tout dépend des chefs. A l'époque où l'humain prédomine sur des systèmes d'armes pas nettement ravageurs en eux-mêmes, et où ce qui est aujourd'hui clairement établi dans des doctrines et des manuels d'armées permanentes et structurées, ou clairement quantifié par l'étude des armements, tout ceci donc, n'existe pas, le facteur humain est totalement décisif, de même que le terrain et son usage. C'est comparer l'essence empirique de l'artisanat à la scientificité de l'industrie. On n'est certainement pas affranchi du terrain et de l'ensemble du contexte d'un affrontement aujourd'hui, mais technicité et technologie ont permis de se tailler une marge d'affranchissement à leur égard bien plus nette que les armées antiques, médiévales et de l'époque moderne. Je peux renvoyer à mon truc sur l'armée romaine tardive et notamment la partie où on fait une confrontation hypothétique avec l'autre grand modèle militaire, celui de la Chine des Hans. Mais l'hypothèse d'une armée mongole grande époque, donc XIIème-XIIIème siècle, face à une armée européenne du même temps, ne peut s'affranchir du terrain: quelles possibilités stratégiques et tactiques pour l'armée mongole dès lors qu'on passe les zones de grandes plaines (qui se terminent en Pologne) et qu'on entre dans des zones cloisonnées et boisées de Centre Europe et d'Europe occidentale qui sont aussi infiniment plus densément peuplées? Un affrontement ne peut se faire dans l'absolu, et quand quelqu'un fait un what if en demandant ce qui se passe si telle armée en rencontre une autre sur une grande plaine vide, loin des 2 pays confrontés, il n'est déjà plus neutre (une des 2 armées peut être plus adaptée à la plaine....)? Pour les soviets, ils ne l'ont pas tant appréhendé que ça vu le temps d'adaptation qu'il leur a fallu, sans même compter l'épuration massive des officiers novateurs en 37. Etre sur la défensive ne veut pas dire qu'on se prépare à subir la volonté, dès lors que l'on a pensé sa stratégie défensive en fonction d'une bonne prévision de la nature de l'offensive. Ce n'est pas l'offensive qui donne l'initiative, mais la réflexion qui préside à la stratégie choisie, et le dispositif qui en découle. C'est penser avec un temps d'avance qui permet d'imposer sa volonté, pas le fait de prendre l'offensive. Si l'on sait identifier la totalité de la menace: l'action militaire seule ne le fera peut-être pas, au contraire. Pour reprendre l'exemple de l'Afghanistan ou de l'Irak, faut jamais oublier que toute action entraîne une réaction, et que la guerre préventive peut elle-même créer plus de problèmes qu'elle n'en résout. Ou un avantage, si le fait de gagner du temps te renforce plus toi que ton adversaire. Mais la diplomatie et la guerre, c'est la même chose: c'est de la politique, et la stratégie est l'essence de la pensée d'un décideur politique (ou devrait l'être).
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La logique en Europe n'est plus tellement au combat blindé massif pour la bonne et simple raison qu'aucune menace blindée n'existe sur l'UE. Et plus encore, si cette menace revenait, elle impliquerait nécessairement toute l'Europe. Or chaque grand pays européen garde de quoi monter une grosse division blindée lourde ultra-moderne, et un peu plus dans le cas de certains pays (pays de l'est, où le niveau technologique moyen est aussi un peu plus faible mais avance vers les standards OTAN, mais aussi la Grèce). Au global, qui voudrait exercer une menace classique sur l'UE aurait à affronter un corps de bataille blindé extrêmement important. Ca c'est pour la défensive. Pour ce qui est de la projection, on s'adapte aux théâtre relativement prévisibles, mais surtout à nos moyens de projection et à nos moyens financiers consacrés à cette mission. Pour l'instant, il n'y a pas lieu d'envoyer des DB sur les théâtres visibles (hors du cas de mobilisation maximum qui reste possible à bricoler, mais à très grands frais, donc dans le cas d'une situation exceptionnelle), et le volet malheureux est qu'il faudrait quand même avoir cette capacité fondamentale, au moins à l'échelon européen. Pour les Brits, ils sont en train de passer au format à 4 Rgts 58 (4 saber squadrons), le 5ème rgt de char n'ayant pas été dissout mais remonté sur engins de reco blindés. Et l'effectif de MBT de réserve a été sabré pour raisons de coûts. Comme nous, ils n'ont plus qu'une réserve réduite et pas de lignes de prod de chars gérdée en réserve. Seule l'Allemagne (et l'Espagne, sous license) ont encore une prod active pouvant être rapidement accélérée (et encore, je ne sais pas où en est la chaîne de montage des Leo II, la Heer préférant la reconversion d'engins existants au dernier standard). Mais l'Allemagne a une marge de manoeuvre avec ses gigantesques parcs. Cependant, au global en Europe, toutes les armées sacrifient l'essentiel des parcs de réserve.
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L'évolution des armements : Les chars...
Tancrède a répondu à un(e) sujet de *Th3 *DEAD* dans Divers Terre
2 erreurs en une demi-ligne. Les Leclercs existent déjà: ils ne recoûtent pas 4 ou 5 millions. Et d'où tu sors que les modifs coûtent 5 millions? C'est un délire personnel? Les modifs coûtent le prix des matos additionnels et les heures de travail (d'ouvriers qui sont déjà budgétés; ce genre de programme ne fera pas d'embauches), et là tu nous balances une gamme de prix d'un programme industriel lancé depuis une page blanche. -
Les BD qui parlent de défense
Tancrède a répondu à un(e) sujet de cvs dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
:lol: :lol: Grandiose! Mais c'est vrai que dans Corto, on sent vraiment beaucoup plus le caractère des hommes de guerre, qu'il s'agisse de gentilshommes de fortune passés sous l'uniforme ou de soldats. Ce n'est bien sûr pas une série sur la défense ou l'armée, mais dieu que la guerre, le hasard, la fatalité, la richesse des émotions fortes sont prégnants dans les caractères. Les Celtiques, Corto en Sibérie, les Ethiopiques, la Maison Dorée de Samarkande, Tango et Fables de Venise: mon florilège personnel. Le synopsis ou bien la mise en scène: c'est vrai que le mode de narration et les fils de dialogues sont parfois un peu décousus. Mais l'ambiance de l'expédition d'Egypte, celle du Camp de Boulogne et celle des micro-événements avant, autour et après Austerlitz, sont juste fabuleux. Et un truc qu'on ne peut enlever à Michel Faure, c'est sa patte, surtout dans les scènes équestres. Une série récente assez amusante: le trône d'argile, sur la dernière phase de la Guerre de Cent Ans. Et ma série de BD préférée, toutes catégories confondues, a, dans son dernier album, une vision amusante de la confrontation de la culture militaire et de l'imagerie chevaleresque dans un XVIIème siècle surréaliste et délirant. On y voit notamment l'organisation de tercios faits de mimes sauvages (oui, oui, vous avez bien lu), et toute la caricature des armées du XVIIème. C'est la série De cape et de crocs, que je ne recommanderais jamais assez. -
Ne pas oublier que tu n'as pas là les seuls effectifs combattants, mais bien aussi l'ensemble du soutien, des appuis et des effectifs d'Etat-Major. Pour mémoire, un EM de groupe d'armées à la fin de la guerre, c'est plus de 20 000h; en retranchant l'étoffement du à l'enrichissement du métier pendant la guerre, et en ramenant à la proportion du seul BEF en 1914, l'EM de French devait quand même compter facilement dans les 5 à 6000h. Ajoute le soutien, particulièrement fourni das les forces britanniques, et tu as un fort contingent de non-combattants. Il faut pas oublier non plus que l'effectif britannique n'est pas celui du début de la guerre; les pertes subies depuis Mons ont été importantes, et les renforts encore faiblards et pas tous arrivés (les 4 brigades que je mentionne ne sont pas toutes présentes au jour de l'offensive). Que chaque homme ait compté, c'est un fait, mais je crois pas que le BEF ait pesé d'un poids décisif, d'autant plus qu'il n'a pas tellement combattu, mais surtout marché. Ce qui fut plus important, c'est le fait qu'il soit là où Joffre l'a placé, en renfort de troupes françaises en plein dans la brèche, soit en position de menacer le flanc allemand.
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L'armée romaine tardive et l'armée byzantine
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Peut-être, peut-être pas (on sait toujours plus de trucs qu'on croit), mais il reste possible de critiquer ce que j'ai écrit; le texte n'est pas parfait, et il y a (ou doit y avoir) des incohérences. y'a pas mal de conclusions personnelles.