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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Entièrement d'accord, à ceci près que l'attrition eut été selon moi infiniment plus rapide: la vitesse moyenne des chars et de tous les véhicules, les capacités de reco et de repérages, la battle awareness, la concentration des opérations (grande "densité" du théâtre des opérations: essentiellement l'Allemagne, l'Autriche et peut-être le nord de l'Italie, avec pas mal de zones inaccessibles, essentiellement les hautes montagnes), les rythmes de feu, la meilleure coordination.... Tout était la pour que la phase classique de la guerre soit la 2ème Guerre Mondiale 2.0 dont on a parlé. Tout en beaucoup plus vite et plus concentré. A se demander si les flottes de matériels auraient survécu assez longtemps; mais le point est qu'on ne peut le modéliser, tant la taille des parcs et réserves du Pacte de Varsovie permettent de moins mal vivre cette attrition, même si c'est pour poursuivre la guerre avec des divisions B partielles montées sur T-55, contre des brigades interarmes fantassins occidentaux sous mécanisés mais surdotés en armes antichars, les armées A soviétiques et les divisions lourdes OTAN ayant été bouffées en moins de 3 semaines. Toute l'interrogation difficilement concevable est de savoir si les Soviets pouvaient percer ou non, le temps que les Ricains puissent convoyer le reste de l'Army et une MEF depuis les USA. Pas vraiment "une guerre d'avance": juste plus de pognon pour pouvoir aménager et optimiser l'existant. Là c'est de l'effet quantité, qui permet à une partie importante de leur armée d'avoir à la fois leur matos à domicile pour s'entraîner et être projeté s'il y a le temps et le besoin, et des matos prépositionnés pour un déploiement en extrême urgence. Mais le fait est que l'option nucléaire est consubstantielle de ce conflit; on ne peut en aucun cas la mettre à part. Au final, on calculait même pas en semaines, mais en jours, le moment où l'option nucléaire devenait obligatoire. Les calculs d'attrition, même purement théoriques, devaient être terriblement alarmants. Parce qu'au final, en Europe, il n'y avait que 2 fronts principaux, 1 réduit et 1 optionnel, le reste n'étant au mieux que des opérations de diversions ou de raids limités (essentiellement côtiers): la trouée de Fulda/le centre-Allemagne eussent été des mortoirs en quelques heures, et la Bavière/zone nord alpestre aussi. Le front norvégien eut été plus limité en ampleur, et moins décisif, et le front optionnel eut été la Suède. Bref, tout se serait joué sur les 2 points principaux, la vitesse et les distances étant tels que tout contournement aurait pu ne représenter qu'une perte de temps et de moyens par rapport à l'objectif d'anéantissement, si concentré par l'exiguité de l'Europe. Même en admettant que la Yougoslavie ait participé à la fête, et donc fait du nord est de l'Italie un théâtre d'opérations, il n'y avait pas là les conditions de la percée. Donc tout se serait joué, comme prévu, en RFA, c'est-à-dire sur un front sans profondeur, entre Elbe et Rhin. Vu la masse de moyens, je comprends le décompte en jour. Peut-être des poches de résistance auraient bloqué l'accès aux grandes villes allemandes, mais la ligne n'est pas là, et le concept opérationnel russe restait fondamentalement axé sur l'anéantissement de la force adverse. J'ai mieux compris l'accumulation matérielle russe, incluant du vieux matos: vu les distances, l'effet de saturation valait mieux que l'airpower ou toutes les technolgies de pointe. De l'Elbe au Rhin, et vu les modes opérationels et les matos (surtout les vitesses de progression, les moyens de reco et de ciblage et les cadences de feu), les 3 ou 4 premier jours donnaient le ton. Et la domination aérienne dans un si court laps de temps ne permet pas d'assurer une capacité de destruction suffisante. Si l'option nucléaire pouvait être écartée, soit les "Varsoviens" perçaient, soit l'attrition faisaient de la France le champ de bataille avec des restants de forces privées de l'essentiel des unités de pointe. Mais à ce moment là, les renforts US pouvaient arriver, et eux avec de nouveau des unités de pointe. Et alors là, entre ces 2 options, le brouillard total pour les probabilités. mais un truc est sûr: le matériel (sa MCO, son endurance, sa fiabilité dans le laps de temps de la phase intensive, son comportement en vraie guerre, les niveau d'efficacité relatives des matos des 2 camps l'un face à l'autre....) est devenu une des TRES grandes composantes de la contingence, du brouillard de guerre. De facto, si l'on essaie de voir le "comportement" du facteur matériel (comme une espèce de moyenne du fonctionnement combiné de tous les matos d'une armée), il est encore moins chiffrable que le comportement humain. Le matos est devenu l'une des grandes inconnues devenant une part de la guerre.
  2. Je vais commencer à m'étendre sur cette double révolution militaire (celle des années 1770-1780, et celle des années 1790) qui est sans doute la plus importante de l'Histoire, chose qu'on se représente mal en raison de l'apparente constance des techniques et technologies (fausse apparence). Chuis un poil flemmard ce soit, alors je ferais juste la bande annonce. Je me suis rendu compte récemment à quel point les décalages étaient grands entre les armées, et à quel point le processus d'adaptation de la France révolutionnaire fut près de ne pas avoir lieu, tant le premier choc, celui des années 1791 à 1794 a failli lui être fatal. Il a fallu échanger des torrents de sans contre du temps, pour que la machine se mette en marche correctement, et ces années furent aussi un processus d'expérimentations militaires grandeur nature sans pitié. De ce bouillon-brouillon sanglant a pu naître la première des armées contemporaines et l'outil des conquêtes révolutionnaires et impérial. Et là, pour moi, entrent les facteurs de la contingence et de la démographie, en l'absence des facteurs d'un outil solide et d'un commandement ayant à la fois compétence, inspiration et connaissance/maîtrise de son outil et de son environnement. Peu de pays pouvaient offrir un effectif suffisant pour tenir cette phase d'adaptation. Mais la contingence joua aussi beaucoup: mauvaise coordination des armées adverses, lenteur de ces armées, mauvais commandement adverse, hasards nombreux, distances, terrain.... Beaucoup de facteurs non maîtrisables jouèrent dans cette phase chaotique. On oublie même aussi que le 3ème partage de la Pologne occupa une partie considérable des forces autrichiennes et prussiennes à un moment crucial, ce qui nous donna du temps et de l'espace; bien involontairement, les Polonais ont contribué, parmi d'autres contingences, à préserver la France pendant ces années de pur chaos militaire. Quand je faisais référence aux combats "ritualisés", je mentionnerais aussi les guerres des années 1670 à la Révolution: fondamentalement, elles obéissent à un schéma rituel (avec un cadre, des limites mentales, psychologiques et physiques) que la Révolution fout en l'air. Une guerre pouvait être perdue parce qu'elle avait été mal préparée ou à cause de facteurs de contingence, mais fondamentalement, le cadre était inchangé et les différences entre armées très marginales. Le cas de l'armée prussienne est ntéressant: contrairement à beaucoup de mythes, l'armée de Frédéric II, celle de sa grande période, n'est pas un outil ultra discipliné. Les grands drills, l'extrême pointillisme d'un entraînement permanent et des exercices de manoeuvre géométriques ne sont qu'une régulation qu'il imposa sur sa fin. Ses victoires sont dues avant tout à lui, non à un outil ou à un système militaire supérieur, ce qui fut d'ailleurs la cause des déboires ultérieurs de l'armée prussienne qui vécut dans un mythe complet de "meilleure armée d'Europe" de 1763 à 1806, avec une caste militaire globalement très moyenne, et des troupes de qualité tout aussi moyenne, surentraînées à des schémas de guerre totalement théoriques et sans lien avec des combats réels, qui correspondent peut-être même à un caprice, une coquetterie de fin de vie de l'autocrate génial et excentrique qu'était Frédéric II (comme son obsession pour concentrer les soldats de très grande taille dans un bataillon). Mais les officiers prussiens ont perpétué ce modèle absurde pendant 40 piges, par révérence servile pour la mythique personne de gloire frédéricienne, gloire qui s'est faite avec des soldats aussi moyens que ceux des autres armées, mais placés sous un chef génial, décidé, inspiré et qui plus est à la fois chef de guerre et chef politique, schéma toujours redoutable quand les 2 sont de qualité. Bref, dès lors qu'un "ordre international" est établi, on assiste à cette "ritualisation" tactique et stratégique qui correspond à un équilibre, cadre qui fonctionne jusqu'à ce que cet équilibre ne soit plus tenable. La guerre qui survient à la fin de ce cycle brise tous les cadres moraux, psychologiques et intellectuels (Guerre de Cent Ans, Guerre du Péloponèse, Guerre de Trente Ans, Guerres de la Révolution et de l'Empire, 1ère Guerre Mondiale). Les "révolutions militaires" peuvent être plus fréquentes et se passer ou non d'une guerre, telle celle des années 1780 qui voit la France révolutionner son outil technique (armée pleinement professionnnelle bien entretenue et entraînée, standardisation de l'équipement, révolution de l'artillerie) et le cadre tactique et opératique (= de "grande tactique": pensée en termes de lignes d'opérations et de divisions). Mais le point est que personne n'a jamais une guerre d'avance, même si les cadres de pensée et certain outils peuvent être déjà présents (l'armée prussienne en 1806 a déjà ses penseurs militaires critiques, comme l'armée française de 40); la vérité du feu déclenche la remise en cause et l'adaptation. Mais le premier choc est la phase du chaos, généralement la phase, en proportion et/ou en absolu, la plus meurtrière, principalement parce que la part de la contingence est la plus grande, notamment en raison de la méconnaissance pratique que les adversaires ont l'un de l'autre. En 1914 comme en 1870, en 1791 ou à un autre début d'une grande guerre, les protagonistes sont arrivés avec de vieilles certitudes théoriques et une masse d'interrogations pratiques. En bref, on ne sait pas à quoi le champ de bataille et le théâtre d'opération ressembleront, ni comment on les appréhendera, et encore moins comment les 2 armées "réagiront" l'une à l'autre. De ce côté là, en fait, 1914 est presque une caricature des sommes d'inconnues totales et de certitudes absolues (et imbéciles) des 2 côtés. Une des grandes interrogations restera celle de la Guerre Froide; Tom Clancy s'y est essayé avec Tempête Rouge, mais avec l'ensemble de ses biais et défauts habituels. En bref, matos russe = merdasse qui fonctionne mal, les missiles US touchent toujours, le commandement occidental est à tous les niveaux bien meilleur, le terrain ne joue pas, sauf contre les adversaires, le théâtre d'opération est très limité à ce qui est avantageux pour l'OTAN.... Mais au moins, il a essayé. Mais le fait est qu'on se demande vraiment à quoi ça aurait ressemblé, d'abord et avant tout parce que les projections de conflits classiques actuelles ne seraient pas très différentes. Et cela revient notamment à une des interrogations que j'ai mentionnées plus haut: quelle serait l'efficacité moyenne des missiles, des systèmes de contre-mesure, des anti-missiles, des leurres.... Dans un cadre de guerre dense et plus ou moins saturé? Quels seraient les rythmes d'attrition? Comment fonctionneraient vraiment les "interactions" antagonistes entre les matos OTAN et les matos russes? Quelles seraient les vraies distances moyennes d'engagement par rapport à la théorie ou aux pubs des fabricants? Les commandements seraient-ils capables d'appréhender leur outil dans son ensemble, et surtout dans le tempo accéléré d'aujourd'hui? L'airpower est-il si décisif (voir les pertes que les Serbes n'ont PAS subies)? je sais que je répète grosso merdo ce que j'ai déjà dit, mais je pense l'avoir mieux formulé ce coup là.
  3. Pas entièrement: l'armée de terre, par exemple, inclue encore 15 à 17 000 réservistes sur un effectif de 101 000h.
  4. Oh là, calmons-nous! J'ai rien inventé, me faites pas rougir. Mais sur ce sujet là, je crois avoir dit le plus gros; il me faut des questions, des attaques, des corrections, des critiques ou des remises en causes pour pouvoir continuer. A côté de ça, pour de l'ajout brut, j'ai plus que quelques trucs sur l'évolution de l'armée byzantine et l'affaiblissement du modèle au VIIème siècle. Après ça, il faudra entrer dans des conclusions et analyses plus personnelles, nécessairement moins étayées et essayant de sortir des amorces de "thèses" sur divers aspects du sujet.
  5. Et la question est: notre implication a t-elle la moindre chance, la plus petite once de chance, de changer quelque chose? Je ne le crois pas. Nous n'avons absolument aucun moyen de pression sur Israël, ou même sur l'autorité palestinienne (c'est par l'UE que les subsides leurs sont versés). La pression militaire serait potentiellement la seule, mais elle impliquerait des moyens autrement plus conséquents (limite massifs), qui pourraient par ailleurs faire de nous une partie prenante bien plus qu'un arbitre, donc une partie du problème, qui donnerait d'ailleurs de la crédibilité au côté "croisés francs". Pour l'instant, la seule existence de notre présence dans ce problème, ce sont des discours grandiloquents et chiants qui mettent toujours quelqu'un en colère sans que rien d'autre ne puisse être fait. Aucune visite officielle, aucune réception officielle, aucun discours, on laisse pisser; ce devrait être notre seule implication. L'émotion suscitée en France à l'occasion d'un bombardement israélien, d'un tir de roquette du Hamas, d'un attentat suicide ou d'un enlèvement de soldat, cette émotion fait la une des JT pendant 2-3 jours puis s'efface dans le flot de l'actu dès lors qu'on ne réagit pas. Tout au plus devrait-on faire un discours plein de pathos et de commisération, déplorant la cruauté du vaste monde. On n'intervient que si on a des moyens de pression débouchant sur des effets concrets, point barre: pour l'instant, on cause, on prend des attitudes et y'a rien derrière, ce qui nous fait prendre des coups sans pouvoir les rendre ni influer en quoi que ce soit. Les termes pudiques de "faire pression" ou "d'influencer" ne sont que du creux, parce qu'on a pas grand chose à proposer et encore moins à mettre en balance. S'il existait une vraie volonté (et non un désir) de paix des 2 côtés, notre implication ne serait pas nécessaire. Et s'il fallait la faire sans leur demander leur avis, il faudrait des moyens, soft et hard, très importants. Si ça doit merder carrément, scénario que tu mentionnes et qui pourrait étendre le désordre dans tout le MO, on n'a de toute façon ni possibilités de l'empêcher, ni possibilité de calmer en amont pour éviter la montée de la violence. On devrait juste dire publiquement qu'on s'en tape, mais que si ça touche à nos ressortissants, et encore plus à nos diplomates, y'aura des conséquences immédiates.
  6. On devrait faire violer l'ambassadeur israélien par un étalon percheron ou boulonnais bien de chez nous; après, on dira qu'on est quittes. Comme tu dis, c'est mineur; un peu de volonté politique et de fermeté suffiraient. Faut pas oublier que c'est avant tout un thème irrégulier de la sphère médiatico-politique et de ses habitués. Si la France renonçait à faire quoi que ce soit et à payer quoi que ce soit, y'aurait un peu de brouhaha de bien-pensants, et il suffirait d'un discours court et ferme de Pdt à 20h, exposant ce que sont les possibilités REELLES d'influer sur les événements depuis 40 piges, à moins d'une implication militaire totale, et ça finirait par se calmer. Certains abrutis diraient qu'on pourrait "négocier" ou "faire pression" (sans dire avec quoi), mais ça passerait vite. Si et seulement si la direction politique se fendait de 5 minutes de franchise (une sorte de quota sur une vie politique entière :lol:). :lol: L'Egypte n'y est plus beaucoup et le sera de moins en moins face à ses problèmes internes. Et au pire, on a encore un bon plan pour s'emparer du canal :lol:, Mousquetaire II, le retour du fils de la vengeance! Que les Palestiniens et Israël se foutent sur la gueule? Peu d'impact sur les routes maritimes, (et de toute façon, les supertankers passent encore par le Cap de Bonne Espérance). C'est du terrestre tout ça.
  7. Certes, mais il est aussi problématique de voir une part importante des palestiniens, des pays arabes et d'une bonne partie de l'opinion pro palestinienne, surtout en Europe, traiter Israël d'Etat Nazi (surtout quand on connaît le passé de la communauté musulmane de Palestine dans ses rapports au nazisme), et plus encore, nier le droit à exister d'Israël. Ce pays aurait-il du être créé? Selon moi non, trois fois non. Mais la question ne se pose plus; il l'a été, et l'essentiel de ses habitants n'a jamais connu d'autre terre. Au final, pourquoi on se fait chier avec ce carré de sable de merde? Rien que le problème des ressources en eau les conduira tous à la catastrophe.
  8. "Pays ami" est une expression d'ordre métaphysique; c'est bon pour les discours qui remplissent quelques minutes du journal télé. Sur le plan des intérêts: - les relations commerciales en tre France et Israël sont au mieux de l'ordre du minable - Israël ne peut être un allié militaire potentiel; ils n'ont aucune force de projection et aucune intention (ni aucun moyen) d'agir militairement ailleurs que sur leurs frontières - ils connaissent actuellement un processus idéologique qui par essence nous rejette - leurs besoins démographique renforcent ce processus et les incitent à poursuivre une politique active d'insultes constantes à notre égard - de quel équilibre Israël concourt-il? J'en vois pas vraiment Combien coûtent les efforts diplomatiques dans cette pétaudière? Je sais pas, mais c'est de l'argent, du temps et des efforts gâchés, tout connement parce qu'il n'existe aucune vraie volonté, et sans doute pas de grande possibilité, de paix durable et de coexistence. Evidemment, 500 à 600 000 Français sont juifs, et une part est profondément liée à Israël (famille, liens affectifs, solidarité religieuse). Une attitude favorable ou hostile a donc des répercussions politiques internes. J'emploierais d'ailleurs les mêmes arguments à l'encontre de la mouvance pro palestinienne qui fait tout autant chier et pollue autant notre arène politique et sociale interne qui a franchement d'autres caniches à fouetter. Et au final, j'en concluerais que le mieux qu'on aurait à faire serait d'annuler toute diplomatie (au-delà du strict nécessaire pour la circulation humaine et la protection de nos ressortissants) avec ce trou à merde. Des consulats pour les ressortissants et un institut culturel pour les Lieux Saints, et point barre. Et on se marre à les voir se trucider.
  9. Et ce même pays inconnu est celui d'Europe occupée qui a le mieux (ou le moins mal selon les goûts) protégé sa communauté juive. On va pas rentrer dans ce débat là, mais comme pour les conneries de repentance, les accusation d'ordre moral entre pays, je m'assieds dessus, les accusateurs devant se regarder dans un miroir avant de faire chier. Et ce encore plus quand victimes et bourreaux sont morts pour l'essentiel: les connards qui revendiquent la douleur des ancêtres me méritent aucune considération. Et dans le cas particulier d'Israël, j'aimerais les voir s'occuper un peu des anciens déportés de la Shoah dont beaucoup sont à la rue, alors qu'il existe pourtant une fondation extrêmement riche dont le but est précisément de veiller à cela, et qui ne trouve rien de mieux que de consacrer ses ressources à des projets d'éducation ultra sionistes. L'Etat qui laisse faire ça ne mérite pas vraiment de prendre un ton moralisant. Le fait est que les Israéliens utilisent cette culpabilité mais n'aiment pas les anciens déportés; ça fait désordre avec l'image "d'Israël vainqueur", et comme pour les irradiés d'Hiroshima, ces gens là se voient souvent montrés du doigt pour raisons idéologiques. Bref, a very unsavoury attitude. Il faudrait vraiment un buzz médiatique autour de cette histoire de diplomates agressés, pour forcer les politiques à prendre des positions. Une preuve de plus que la France n'est pas spécifiquement anti ou pro-israélienne, ou anti ou pro-palestinienne (globalement, elle s'en tape): si c'était le cas, chaque incident, dans un sens ou un autre, serait instrumentalisé à outrance dans les médias. Mais rien ne se passe. Le Betar et la LDJ restent groupusculaires et ridicules, comme les pro-palestiniens ultras dont la seule visibilité survient quand 3 glandus de banlieues agitent un drapeau pour avoir quelque chose à brandir. Pour mémoire sur ce coup là: - elles avaient été payées - plus de la moitié des Etat-Majors de la Marine et de l'AdT a été complice volontaire, jusqu'aux sentinelles et aux personnels des chantiers navals; les Israéliens se seraient paumés dans le bocage normand s'ils avaient du opérer seuls. Il est même probable que ce soient les militaires français qui les aient incité à tenter le coup - De Gaulle, passé une irritation momentanée (plus liée au fait que ce soient des militaires qui aient laissé faire), n'a pas ordonné d'interception en Méditerranée, ce qui était chose facile Gné :O??????!!!!!!!!!!!! Ca vient d'où, ça? Reconnaissons que ce truc est quand même salement aussi bancal que l'idée d'un grand Israël ou la situation actuelle. L'Etat palestinien serait éclaté en au moins 2 territoire et absolument pas viable. Et Israël serait de facto coupé en 2. Comment pourrait fonctionner l'ensemble? Il n'y a pas de bonnes solution; au final, ils s'extermineront. Peut-on croire à l'être humain au point de penser qu'une solution viable existe? La droite israélienne est entrée depuis longtemps dans l'affirmation de stéréotypes raciaux (plaçant les juifs au sommet bien sûr), mais comme dans toute l'humanité, passé ces mythologies débiles, il n'y a que de connards égoïstes dans tous les camps.
  10. Tant qu'ils auront la couverture de l'oncle Sam, ils se comporteront comme des gamins prétentieux. Mais là où il ne faut pas rêver, c'est qu'on a passé depuis longtemps le stade où on pourrait passer, dans les reproches habituels, pour ayant des illusions de grandeurs. Une part significative de l'opinion israélienne ne cache plus son racisme anti-européen, qui va dans le sens des partisans du mythique "camp occidental" sous leadership US. Pour eux, l'Europe est déjà envahie et acquise aux pays arabes (thèse "eurabia", reprise à l'envi par la "presse" type tabloïd), et nombre de lobbies et think tanks conservateurs et/ou religieux appuient dans ce sens. Ajoutez une bonne dose d'hostilité franche et claire à l'égard de "l'Europe antisémite par essence", opinion courante dans une bonne partie de la droite israélienne, et un sentiment de haine tout particulier pour la France. Et si après ça on me dit qu'il n'est pas opportun d'antagoniser ou de stigmatiser, je vomis; qu'apporte le dialogue avec ces abrutis là, les corrompus du Fatah ou les tarés du Hamas? Sur base de quoi négocie t-on? On n'a rien de concret à mettre dans la balance, rien qui soit suffisant pour faire bouger les lignes. Si NS avait la moindre paire de couilles et un peu de patriotisme, il aurait exigé des excuses publiquement lors de la visite de Netagnagna, sans avoir prévenu avant. On n'a surtout absolument AUCUN intérêt à foutre ne serait-ce qu'un doigt dans cet endroit puant. Si les Lieux Saints sont abîmés dans une guerre, on restaurera après. Qu'on les laisse tous s'entretuer sans rien foutre, on ne s'en portera que mieux.
  11. J'ai décidément envie d'organiser une manif pour gicler l'ambassade d'Israël et quelques autres: après tout, Israël fait quand même partie de ces pays dont on se demande à quoi peut bien servir d'avoir des relations avec lui. Relations commerciales insignifiantes et intérêt politique zéro. On pourrait faire de l'épuration dans l'immobilier parisien en virant absolument toutes les ambassades des pays dans ce genre de cas. Parce que là je veux bien être pondéré, mais j'ai juste de la bile qui remonte et envie de voir quelqu'un avoir mal.
  12. Ouaip, mais c'est globalement pour dire qu'on a pas les moyens de projection classique et le corps de bataille pour aller titiller les merks chez eux. Y sont courts sur pattes et Israël a les capacités de projection de puissance d'une assiette de moules-frites, mais chez eux, y'a pas grand-monde qui puisse les impressionner. Bien sûr que dans le cas d'une guerre, même sans le nucléaire, on a tous les moyens pour foutre Israël à genoux (rien que la coupure de leur appro en pétrole suffit), mais dans le cas d'une guerre seulement. Pour le reste, ils peuvent se permettre toutes les insolences, et ils le savent bien.
  13. Ouais, mais en attendant, nos Leclercs y sont juste un escadron. Je sais pas si c'est "le meilleur char du monde" ;), mais bon, face à tout Tsahal, faut pas pousser mémé. Pour revenir au fond de l'affaire, je trouve quand même que des agressions répétées contre du personnel diplomatique, et dont une part au moins ne peut pas ne pas être voulue à un niveau élevé de la hiérarchie policière et militaire, voire politique, passe aussi facilement que ça à la trappe! Y'a tout un pan de la conception même du droit minimum que les Etats doivent et ont intérêt à respecter qui part lentement vers le fond de la fosse qui est comme moi, sceptique. Et outre ça, l'atonie du gouvernement français est outrageante.
  14. Eux n'ont aucun lobby pro-israélien pour constituer une pression politique interne, aucun intérêt à un "Etat occidental" au Moyen Orient, et ont surtout toutes les raisons du monde d'être bien avec les pays pétroliers ET gros acheteurs d'armes.
  15. Moi j'dis qu'il y a un créneau; on pourrait même se mettre les bien-pensants dans la fouille vu l'échantillon excrémental jeté dans l'arène. Mais vaudrait mieux crypter le truc, que ça rapporte un peu. Le MRAP porterait plainte, mais tout le monde s'en fout.
  16. Tiens, une idée de rétorsion: pourrir le Betar et la Ligue de Défense Juive (les petits fachos ultrasionistes). J'aimerais organiser des Jeux du Cirque où ils se retrouveraient tous face aux groupes palestiniens ultras, aux enfoirés du Parti musulman, aux Blacks Supremacists (façon Kemi Seba), aux Skinheads du Parc des Princes et d'ailleurs, aux scientologues.... Une grande oeuvre de salubrité publique façon cage fight: spectacle non familial à mater avec beaucoup de charcuterie et d'alcool, ainsi que vos copains de toutes couleurs et confessions! Le versant crade du melting pot, quoi :lol:! On se retrouve dans une grande catharsis violente offrant les connards en holocauste. Restera à faire des bachanales (faut toujours un peu de cul). Et on bombarde le net avec des images de ce truc, surtout Israël et l'ordi perso de Netanyahu :lol:.
  17. - suffisance - bien-pensance moraliste - diabolisation de tout ce qui ne pense pas comme lui - surmédiatisation (combinée aux facteurs précédents) - absence de pensée originale - récurrence - insignifiance - prétention Je hais les directeurs de conscience (encore plus les autoproclamés) qui jettent des anathèmes médiatiques sur ceux qui n'ont pas l'heur d'entrer dans son cadre très étroit. La polémique et l'ostracisme public et professionnel qu'il a dirigé à l'encontre de Renaud Camus est proprement immonde et méprisable, totalement infondée. Il en a fait une espèce d'antisémite nazillant, ce qui n'a pas le moindre début de vérité. Mais Camus a été mis à l'écart de l'édition ainsi. A part ça, il m'a rien fait; mais il offense souvent mon espace visuel, auditif et réflexif, et pollue les rares espaces de débats potentiellement intéressants. Je réponds logiquement à cette agression. s Faut pas entrer dans la calomnie gratuite à tendance mythologique: ses écrits et paroles suffisent à le discréditer. Bon, d'accord, j'ai déjà senti mon café prendre un goût bizarre pendant une émission où il était évoqué.
  18. On notera aussi un caractère particulier des grands changements militaires, à savoir la "ritualisation" de la guerre qui, entre adversaires récurrents, a tendance à installer des codes implicites et/ou clairement formulés. A un moment ou à un autre, cet ensemble de codes éclate, et une intervention extérieure n'est pas toujours là pour l'expliquer. L'exemple le plus connu est celui de la Guerre du Péloponèse, où tous les codes de la guerre entre cités grecques ont explosé, tout en gardant les méthodes, tactiques et techniques de combat, donnant naissance à l'art occidental de la guerre. C'est le cadre intellectuel et moral qui définit ce changement qui changea radicalement la Grèce et la façon dont les Grecs se voyaient. On mentionnera aussi la révolution militaire initiée par Shaka chez les Zoulous, recherchant cette même efficacité froide face aux combats ritualisés entre tribus. En revanche, cette conception n'a explosé chez les peuples d'Amérique que quand les Européens ont débarqué. On a encore les modes d'affrontement de la chevalerie occidentale, que la Guerre de Cent Ans (vue comme la "Guerre du Péloponèse de la féodalité") fera éclater graduellement: les chevaliers mourraient très peu en bataille jusqu'ici. Entre gens de même caste, on ne se tuait pas (par contre, les pégus....), et on cherchait surtout à se rançonner. Qui plus est, on était surprotégés. Contrairement à ce qu'on dit, la bravoure des chevaliers n'est aps à exagérer, car la probabilité de mourir était somme toute peu élevée. Les croisades, dans un premier temps, ont changé cela, de même que les affrontements en Méditerranée, nettement moins chevaleresques (notamment les affrontements avec les Byzantins, quand les Normands sont entrés dans la danse). Mais la Guerre de Cent Ans s'affranchit de plus en plus de ces codes, tant via l'emploi d'armées de plus en plus professionnelles et l'usage anglais d'une arme de barrage indiscriminante, suivie par le développement de l'artillerie française, que par l'affaiblissement des idéaux chevaleresques (jamais vraiment appliqués, mais comme tout gadget de com, on aime s'y référer, surtout quand c'est à votre avantage) et surtout de la domination de la mentalité féodale sur la mentalité nationale naissante. La plus grande révolution en la matière fut sans doute la grande double révolution militaire, celle de la fin de l'Ancien Régime et celle de la Révolution. Et là, il est vraiment moins question d'équipement (on voit rarement de grands changements) que de mentalités et de pur "culture de guerre".
  19. Sur quoi? Dieu merci, je bouffe pas casher (me priver de charcutaille, moi???!!!! Et cette saloperie de pain sans sel???!!!). Mon houmous vient de Jaffa; va falloir que j'aille baguenauder pour trouver du libanais? Fait chier. On boycotte quoi, sinon? Qu'est-ce qu'Israël peut bien exporter en France? Le caviar d'aubergines? Même chose pour moi; je boycotte ou je trouve du libanais. Mais à part ça, je vois pas tellement de trucs venant d'Israël dans ma vie quotodienne. Et j'ai arrêté le Krav Maga y'a un moment :lol:. Y'avait bien un bon traiteur juif là où j'habitais avant, mais c'est une famille adorable, non israélienne (on va pas commencer à assimiler juifs et israéliens, qui plus est juste la frange plus ou moins importante de tarés radicaux ultrasionistes), et que je soupçonne fortement de faire semblant de garder l'accent yiddish pour raisons commerciales ou par coquetterie :lol: (ou alors le paternel est vraiment, mais alors vraiment fan de Popeck ). Bref, c'est pas comme si Israël entrait souvent dans notre consommation. Que peut-on faire pour les emmerder? Se mettre à tabasser ceux qui sortent de l'ambassade? C'est petit. Sinon je vois qu'une solution: faire une tarte à la crème énorme, mais alors gigantesque, ou alors en accumuler des milliers, et bombarder des colonies avec. Ca, ça va faire réfléchir. Mais ça gâche de la bouffe en temps de crise..... Raaaah! Dilemme!
  20. Entartons BHL! Bon, j'avoue, ça n'aurait absolument rien à voir avec l'Etat d'Israël.... Mais dans le doute, ça fait toujours du bien et, quelque part, ça sonne juste. J'ai décidé, en tout cas, de ne pas acheter de Houmous pendant un bon moment, na! Moi, faut pas me chercher :lol:.
  21. Je suggère quelque chose de plus sournois et douloureux: torpiller les appros en pétrole d'Israël. Y'a pas de pipe line entre les gisements golfiens et l'Etat hébreu; ils doivent s'approvisionner par la mer. C'est vraiment très fragile un bateau =).
  22. Certes, mais présentés sous le jour voulu par les hautes instances militaires. Disons que les gouvernements, sauf exception, décident des quantités, pas du type de modèle ni des concepts, doctrines et des matériels qui en découlent. 1870 vient en contre-exemple ;), même si le problème venait du commandement; celui-ci aurait du selon cette logique être plus adapté. Le problème dans un tel cas peut venir de la variété extrême des conflits et situations rencontrées; la seule solution pour maintenir la capacité de défense telle que tu la définis, serait d'avoir souvent des guerres à ses frontières, pour garantir l'adaptation permanente à la menace la plus pressante, mais un tel modèle entre moins dans l'idéal de la sécurité aux frontières, de l'allocation optimale des ressources, de la projection de puissance et de l'expansion des intérêts du pays. Le serpent se mord un peu la queue . Mais c'est sûr que la pression permanente est un gage d'adaptation, mais pas toujours: le modèle politique joue sans doute un rôle plus important encore. La nomination persistante de mauvais généraux mais qui ont la confiance du dirigeant, sont proches de lui et/ou savent lui présenter les choses, fut une plaie récurrente dans tous les pays.
  23. Oh, ben si t'as un nom à consonance vaguement juive, tu passes de bonnes vacances à Eilat; teasing pour l'immigration oblige :lol:. Faut pas exagérer quand même, la majorité des touristes s'en tire sans bobos. Faut pas oublier non plus que les 3 clergés chrétiens se partageant la garde des lieux saints sont aussi violents que les flics israéliens: pour les pèlerins, gaffe aux curetons! J'ai posé 4 hypothèses de base sur l'attitude à l'égard du corps diplomatique: laquelle a votre préférence?
  24. Y'a de ça, mais j'ai du mal avec les idées de "le payeur veut" et les trucs du genre; le payeur/décideur, c'est une masse de personnes n'ayant pas nécessairement les mêmes idées. Mais c'est vrai qu'une force d'inertie après tout logique incite au "un tiens vaut mieux que deux tu l'auras". Quand on gère la défense d'un pays (et j'écarte les autres motifs: économie/radinerie, défense comme variable d'ajustement, conservatisme jusqu'au boutiste qui est lui une idéologie), on peut difficilement prendre le risque d'une révolution militaire complète qui est un saut dans l'inconnu. C'est là que je retombe sur mon postulat qui est que personne, absolument personne, ne sait réellement à quoi la prochaine guerre avec un adversaire donné ressemblera: on peut évaluer chacun de ses matériels séparément, c'est plus dur de voir comment tous ses matos fonctionnent ensemble. On peut évaluer ses hommes et ses petites unités, il est plus dur d'appréhender comment l'ensemble d'une grande unité va fonctionner. Et il est carrément impossible de savoir comment ses décideurs militaires et politiques vont réagir et penser face à une situation de guerre avec toute ses particularités suivant les circonstances, de même qu'il est encore plus impossible d'évaluer comment vont "interagir" les 2 armées en s'affrontant. Par exemple, beaucoup d'analystes allemands, mais aussi français, ne donnaient pas un pet de lapin de l'artillerie de campagne française en 1914 comme risque majeur pour l'armée allemande, quand on la comparait aux effets ravageurs, et pour le coup de niveau stratégique, de l'artillerie lourde allemande. Pourtant l'attrition du 75 en grande série contribua grandement à rétablir une mesure d'équilibre qui sauva la France. Mais ça, c'était inquantifiable même pour l'EM allemand (comme pour le français d'ailleurs) qui comparait la puissance massive d'une concentration de gros calibres à l'alignement sur l'avant de batteries de 75. Sur le papier, ça devait pas faire un pli, surtout ajouté au plus grand nombre de grandes unités (meilleure articulation) et aux effectifs plus importants des Allemands. Mais tous les rapports à chaud indiquent le niveau dramatique de pertes allemandes, dépassant tous les calculs. Evaluer comment deux appareils militaires pas trop éloignés (pas en cas de gap gigantesque en quantité et/ou qualité) vont "réagir" l'un à l'autre relève de l'impossible. L'une des grandes inconnues aujourd'hui, que seule une guerre classique pourrait éclaircir, est l'efficacité moyenne des missiles AA et AN et des missiles d'interception AA. Les grandes armées, aviations et marines reposent énormément dessus, mais en cas de grande guerre ouverte dans un environnement complet (pas un cas théorique limité, genre un destroyer contre une flotte de X avions), quelle est la capacité réelle de défense AA d'un Aegis ou d'un ou de plusieurs GAN américains face à une attaque saturante, le tout sur un théâtre hostile type approche de la mer de Chine (menace aérienne, sous-marine, eaux moins connues, mines, éventualité de techno-guérilla navale, environnement de guerre électronique)? L'adversaire engagerait-il de grosses unités ou non? Et dans la préparation, il faut aussi mentionner le fournisseur comme parasite de la décision d'équipement, et par là de calibrage du modèle militaire: comme un grand couturier, il incite naturellement plus à l'accessorisation sans fin. Chaque nouveau programme est présenté comme porteur de toutes nouvelles capacités; ce peut être vrai ou non. Mais au global, dans la masse croissante des gadgets de toutes sortes, combien sont réellement utiles? Et surtout, le décideur militaire et politique a t-il encore les moyens de distinguer réellement la nouveauté utile de la superflue, ou même de la carrément inutile voire handicapante et ponctionneuse de ressources rares (MRAP)? Sous le flot des nouvelles technologies, plus que tout, il faut garder la cohérence et une vision globale du concept d'emploi, lequel ne peut être défini qu'à partir d'une vraie pensée en amont à laquelle il faut se tenir. C'est dur de percevoir la justesse dans cette masse de possibilités, dont parfois aucune ne peut être souhaitable (et il faut redéfinir des besoins). L'approche allemande dans les années 20 leur fut au final salutaire sans qu'ils s'en rendent compte: l'EM ne voulant pas d'une panzerwaffe, Gudérian obtint un régiment d'essai où les tanks étaient figurés par des bagnoles ou des châssis chenillés pourris recouverts de plaques de bois. Il s'en plaignait. Mais c'est par cette approche qu'ils ont pu définir quels étaient leurs besoins en matière de chars et matériels divers. Ils ont eu les hommes et équipages avant d'avoir le concept, puis le matos. Et ce processus fut le fruit du refus et du conservatisme des élites militaires. Les Anglais, à l'inverse, expérimentaient déjà une division blindée entièrement conceptualisée dans les années 20, et n'y ont pas cru, laissant le truc à l'état d'essai à demi foiré avant d'être contraint d'y revenir en catastrophe pour, au final, n'avoir qu'une DB pourrie en 40, avec des matos de merde et des équipages pas au point, son seul avantage étant d'avoir été pensée, dès l'origine, comme une unité entièrement mécanisée (soutien et appui compris). Mais cet avantage, nos DLM l'avaient aussi, et bien sûr les PzD aussi. Quand c'est le fournisseur qui se mêle du cahier des charges (lobbying, chantage aux emplois....), rien de bon ne peut en sortir. Des gadgets impressionnants oui, mais sans un concept global d'emploi pensé en amont et au service d'une stratégie.... Je repense sans arrêt à ce grand exercice militaire US opposant Marines et Army (avec en plus une force navale), où tout était fait pour que l'Army (version RMA) gagne (y compris "ressusciter" des unités dézinguées), et où les Marines l'ont joué à l'ancienne, pensant mieux la guerre et foutant une branlée au nouveau concept avec un matos bien inférieur, mais cohérent et mieux maîtrisé. La pacha des Marines démissionna face au déni de ce résultat (c'avait d'ailleurs été rappelé plus tard dans un DSI). Bref, quel que soit l'époque, ce sont toujours les mêmes logiques, mais je ne crois décidément pas au fait d'avoir "une guerre de retard". Hors des cas d'affrontements entre pays complètement décalés (Guerre du Golfe) 'est de la phrase facile qui sert plus souvent qu'à son tour à excuser le commandement.
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