Aller au contenu
Fini la pub... bienvenue à la cagnotte ! ×
AIR-DEFENSE.NET

Tancrède

Members
  • Compteur de contenus

    18 697
  • Inscription

  • Dernière visite

  • Jours gagnés

    166

Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Pas seulement: il faut, exactement dans le même temps et pour comprendre les nouveautés fondamentales, quels sont les fondamentaux immuables de la guerre qui s'appliquent dans le conflit présent. Quand on ragarde dans le détail, on s'aperçoit qu'il y peu de vraies nouveautés. Cette idée, pour 40, qu'on y aurait réfléchi en termes de 14, est fausse et issue d'une pensée concevant en systèmes globalisants, ce qui est la mort de la pensée. S'il y a un truc qu'on ne peut pas enlever à Xeygand, par exemple, c'est d'avoir compris ce qui lui tombait dessus; il a compris, il avait peu de moyens de réagir en l'état des choses, et il fait ce qu'il a pu (ça n'évite pas les erreurs, mais il y en a peu qu'on puisse vraiment reprocher à un chef opérationnel pendant les opérations; on sait que beaucoup de conneries seront faites de toute façon, c'est le tempo de la guerre qui veut ça). Ce fut la défense en hérisson. La seule vraie nouveauté de 40, c'est le tempo autorisé par la radio, et l'organisation qui en découle. Au niveau de la préparation, en revanche, c'est une autre histoire. Pour la guerre actuelle, comment peut-on discerner les fondamentaux de l'analyse dans le but, qui est toujours le même, de gagner la guerre? En partant de l'extrême amont et de l'extrême aval. Pour l'extrême amont, c'est la théorie et la décision: il faut définir ce qu'on veut et ce qu'on est prêt à sacrifier et à engager, en fric, en temps, en moyens et en hommes. En aval, c'est le retex à organiser le plus vite possible: on en prend le plus possible et on évite de les faire passe par le filtre critique d'échelons intermédiaires, idéologies et conservatismes en tous genres, complaisances et systèmes de castes divers (l'armée aussi a son "militairement correct"). Mais au niveau purement combattant, faut arrêter de réinventer l'eau tiède; c'est de la guérilla, et c'est vieux comme le monde. Et les réponses sont toujours les mêmes: l'extrême répression, pour laquelle il faudrait être prêt à faire bien pire que les Soviétiques, et s'orienter vers des solutions romaines ou macédoniennes, avec une partie state building n'arrivant que quand le pays sera exsangue et sa population divisée par 3 ou 4. Quelqu'un le sent bien. Sinon, c'est la collaboration (pas d'allusion ;)), pour laquelle des modes opératoires entre les missions de combat, de sécurité et de reconstruction/construction nationale doivent être très sérieusement redéfinis avec la même préoccupation depuis toujours. Le facteur déterminant de ce type de guerre est la population: comment en met-on un tiers fermement de son côté et comment en achète ou en "loue" t-on un autre tiers? La deuxième partie est plus facile que la première: on paie, on aide des chefs de guerre jusqu'à un certain point, on leur offre une assistance économique pour développer leur point et on en fait des acteurs: ils jouent leur propre armée et police localement et n'en sortiront pas. Accordons leur des appuis d'hélicos et de moyens d'appui modernes en collaboration (faut pas leur donner des beaux joujoux) et mettons leur l'électricité. Ils s'occuperont bien d'eux-mêmes, voire prêterons quelques hommes surnuméraires pour aller faire le coup de feu contre les talibans hors de leurs zones. Reste le premier tiers dont il faut, en fait, faire un Etat ou un proto Etat qui sera l'acteur majeur, à défaut d'être l'acteur unique, sur la scène afghane. Et là, y'a pas de mystère, faut du fric et des moyens, et pas qu'un peu, et une priorité aux opérations civilo-militaires sur cette zone là.
  2. Et d'où tires-tu ces prodigieuses conclusions? Parce que Pétain au-dessus des autres généraux, à part pour Pedroncini, et encore, c'est une grande nouveauté.
  3. Non, le nous est la majorité et le reste. Mais là où le bât blesse dans ce beau principe, c'est quand la position du gouvernement est pliée avant le vote et que le débat n'y peut rien changer, dans le principe comme dans le moindre détail. On peut dire que c'est comme un vote de confiance, ce qui n'est pas faux. Mais là on a un problème des relations entre la majorité parlementaire et le gouvernement, la première n'étant plus qu'un parti de godillots. Là, la démocratie parlementaire y perd sa nature et c'est là que se trouve le malaise ressenti par beaucoup. Ce pourrait être du hors sujet mais pas tant que ça: là, on est dans le principe, mais dans la suite des événements, quand le conflit continuera de s'enliser en raison de l'incapacité des parties prenantes à s'organiser en un commandement unifié avec une stratégie définie sur laquelle on puisse s'accorder (on rappellera qu'il a fallu 3 ans et demie et quelques désastres pour que les Alliés unifient leur commandement pendant la guerre mondiale, dans des circonstances autrement plus pressantes), ce procédé pourra avoir des conséquences politiques ET militaires dramatiques, en Afghanistan comme en France ou dans les relations intra OTAN. La république peut vraiment y laisser des plumes et on peut, à terme, se retrouver dans de nouveaux blocages entre le gouvernement et le Parlement. Et au bout de cette chaîne d'indécision, de retards, de conflits mesquins, de blocages, de ces valses hésitations sur la stratégie et les moyens, on a des retards ou des annulations de renforts et d'équipements, des merdages à grande échelle et de l'immobilisme dont qui sera victime? Sans prêter à Dupont Aignan plus de valeur qu'il n'en a, on va pas dire qu'un représentant qui donne son avis, qui plus est cohérent, qu'il est un médiocre, surtout par rapport aux hypocrites en masse et aux opinions stupides et décousues émises par les godillots et les râleurs des gros bataillons parlementaires. Nul doute que quelqu'un ait dit quelque chose comme ça d'Henri de Kérillis en 1938; c'est toujours facile de dire que quelqu'un est un médiocre parce qu'il n'a pas beaucoup de monde derrière lui, mais il arrive à des voix isolées d'avoir raison, même en politique.
  4. Puisqu'il faut être factuel, je cite mes sources sur Copé: - des contacts personnels avec ses assistants parlementaires et quelques autres quand j'étais à l'Assemblée (ne conseillez à PERSONNE d'essayer d'y bosser: c'est pas un acte amical), y compris 2-3 commentaires de députés et sénateurs (surtout en fin de carrière, des calmes sans ambition) qui connaissent le bestiau. - quelques anecdotes d'un ex-secrétaire d'Etat de Mitterrand qui garde un pied en politique sans s'y mouiller: sans doute ma meilleure source! - des souvenirs de profs de Sciences Po qui étaient étudiants avec lui. - la source absolue: les portes des chiottes des mecs à Sciences Po, sur lesquelles on trouvait jusqu'en 2000 des monuments d'archives gravées, d'anecdotes et de commentaires acides dont la véracité était bien connue de tous. Ceux qui ne les ont jamais vues ont vraiment loupé quelques trucs (y'en avait sur Beigbeider, Roumanoff, Hollande -en tant que prof-....). Comme quoi, vous voyez l'objectivité extrême de mon analyse que ce triste connard, expression agressive et familière mais employée ici dans toute la puissance et l'implacable rigueur de sa stricte définition.
  5. C'est pourquoi je me suis efforcé d'être objectif en insultant tout le monde :lol:; soit dit en passant, j'ai fait part des réactions gastriques face à la politique avec avant tout à l'esprit de montrer à quel point l'hypocrisie des diverses positions n'a rien à voir avec la réalité du terrain, et que la nature même de ces hypocrisies influe sur les décisions et sur la façon de mener la guerre. Elle révèle nature des lignes de fracture avant tout politiciennes et non politiques qui peuvent mettre nos pioupious dans la merde ou leur obtenir de menus avantages. Parce que, sérieusement, 100 soldats avec 3-4 hélicos, des gazelles qui ne serviront à rien du tout et quelques mortiers 120 (ça c'est toujours bon à avoir), c'est même pas des renforts, c'est juste un geste politique. C'est même pas assez pour être appelé du saupoudrage: à Dien Bien Phu, le commandement se couvrait politiquement en saupoudrant avec des bataillons, là le gouvernement se donne une posture en assaisonnant avec moins que des compagnies.
  6. Ca changera quand même un peu étant donné que le modèle occidental, désormais, est fondé exclusivement sur la projection. On n'est plus à l'époque du Pacte de Varsovie et des armées en défense: le transport lourd n'était qu'une obligation américaine, l'Europe n'ayant que les courtes distances de axes défensifs à gérer, ce qui se faisait par la route, qui plus est avec des armées pléthoriques. Maintenant, on est confrontés au modèle de la projection lointaine et de l'extrême rareté de la ressource militaire, tant au regar des divers théâtres d'engagement dans le monde (peu de monde à répartir dans toutes les OPEX) que sur chacun de ces théâtres (peu de monde sur des zones qui restent grandes). Le transport stratégique est plus important que jamais, mais il existe aussi un échelon entre le stratégique (schématiquement, entre la métropole et un théâtre) et le tactique (sur une zone du théâtre): sur un truc comme l'Afghanistan, on a besoin du "stratégique de théâtre", pouvant gérer au mieux l'allocation des ressource sà l'échelle des engagements français sur toute la surface de l'Afghanistan, ou en tout cas des régions où l'on est. En cela, le Mi-26 serait bon pour optimiser l'allocation des véhicules et moyens d'appui, mais aussi de renforts pour des opérations nécessitant des effectifs importants pour un temps bref (genre, on amène une compagnie pour une opé de 3 jours et on la ramène à sa garnison à 3 ou 400 bornes juste après: ça, c'est profiter d'une mobilité supérieure à l'adversaire).
  7. C'est pas la question: je ne dis pas qu'une éventuelle scission nécessiterait de demander la permission. Je dis en revanche que beaucoups d'acteurs, y compris l'union, influeraient de facto dans son processus, au point d'en modifier la nature et le contenu dans le sens de leur intérêt, et que ces influences contradictoires ou non auraient leur part dans ce qui adviendrait par la suite. Je ne dis pas que ça empêcherait nécessairement le divorce, seulement qu'une part de ce qui adviendrait ne serait pas du ressort des seuls Belges. C'est comme ça que marchent les affaires entre pays.
  8. On a des politiciens de petit niveau; le volume d'engagement sera le volume de crédits qu'ils débloqueront sans taper sans les vrais gaspillages ni mettre en danger leurs positions politiques, certainement pas le volume de troupes et de forces sur le terrain ni la cohérence du dispositif. Tout ce qui les intéresse au niveau international, c'est la posture et son apparence, donc le nombre stricto sensu, qui permet de dire "on a tout ça, donc on doit être à la table des grands"; aucun Etat, sauf ceux dont c'est l'intérêt, ne rasionne ne terme d'efficacité du dispositif sur le terrain, l'avantage étant que celle-ci est toujours difficile à quantifier donc à présenter comme un argument. Akhilleus, honnêtement, le débat politique et la façon dont il est biaisé est directement aux prises avec le sujet; peut-être cet aspect a t-il plus sa place dans le topic sur la stratégie afghane (mais je crois pas, celui-là est plus théorique et devrait le rester), mais il convient d'en parler. Là, c'est la décision et ses conséquences rélles malgré les discours d'apparence.
  9. Si c'est la seule alternative possible, entièrement d'accord, mais je crois savoir que les Hollandais ne veulent absolument pas de la Flandre et qu'une partie des indépendantistes flamands ne veut pas de la Hollande. C'est mignon, mais ce genre d'intérêts a généralement tendance à être imposé et/ou négocié discrètement ou non dans ce type d'occasions: entre Etats, y'a pas de droit quoiqu'on en dise. Là tu parles comme un Besancenot qui raisonne à économie fermée quand il parle d'économie(c'est d'ailleurs pour ça que ça sonne simple dans sa bouche): la réalité du business international est que les Etats ont toujours le nez et la main dans les affaires des autres. Tout le monde se tire les moustaches, les poils ou les.... Encore une fois, c'est très mignon, mais on vit dans le monde réel, où personne ne se demande son avis, où le plus gros (ou en tout cas celui qui a les bons leviers, au bon endroit, au bon moment) s'impose, où le droit est une fiction et où tout le monde marche sur les plates-bandes du voisin.
  10. au fait le vote a eu lieu ? Pas encore, c'est Kouchner qui bave, là. Mais de toute façon, le vote est plié? Tout ce que pouvaient faire les anti et opposants au gouvernement (donc votant contre tout ce que fait le gouvernement), et qu'une partie a fait, c'est se barrer pour que le oui massif ait l'air de ce qu'il est, à savoir une formalité donnant une importance de façade au Parlement pour qui cette nouveauté n'est qu'apparence. Non, NS est bien sûr gravement atteint, mais crois-le ou non, il est vraiment convaincu par pas mal de trucs; y'a une différence entre ceux pour qui l'hypocrisie est en partie un moyen, et ceux pour qui elle est le mode de vie, la raison, le but et le moyen, l'alpha et l'omega (Copé, Devedjian, Hollande, Lang, Dray).
  11. Faut pas raisonner dans des fondamentaux pareils; c'est toujours difficile de dire que tel truc est dans l'intérêt d'un pays dans l'absolu. Ce qui est dans l'intérêt du pays, c'est ce que ses décideurs jugent comme tel. Et majoritairement, à ce qu'on a pu entendre, la classe politique française a pas l'air de croire que la division de la Belgique et l'intégration de la Wallonie soient dans l'intérêt français. Il y a de multiple sraisons, notamment le côté épineux actuellement du débat entre le droit des populations (dont l'acceptation semble trop large) et l'immuabilité des frontières, mais aussi la dangerosité des mouvements autonomistes et de l'atomisation de l'Europe. Il y a bien sûr aussi des politiques français pas forcément réjouis à l'idée de se récupérer un territoire mal en point économiquement, qui récupèrerait sa part de la dette nationale belge et qui amènerait un tissu politique local apparemment plus louche que celui de la Côte d'Azur. Là encore, tu raisonnes à partir d'un idéal fédéral désormais mort pour longtemps. Même si ce devait être le cas, pourquoi les énormes länders allemands, par exemple, devraient-ils se diviser? Ils n'en ont aucune envie. Si l'Europe avait le moindre souci de cohérence et de structuration d'un Etat central, elle arrêterait de soutenir les autonomistes divers et avariés, qui n'est qu'une politique de minage des Etats. Mais l'opposition entre grands et petits Etats européens ne sera rien comparé à celle entre des zones croupions qui n'auraient de région que le nom, et des entités énormes (bavière, Rhénanie du Nord Westphalie, Grand Londres, Région Parisienne, Barcelone....) qui s'assiéraient sur ces petits croupions de quelques centaines de milliers ou de quelques millions d'habitants. Un Etat Fédéral hypothétique dépendrait de facto bien plus des desideratas de ces gros pôles que de la préservation des petits particularismes locaux. Pourquoi de grandes régions, surtout historiques, voudraient-elles se séparer? Elles n'ont ni intérêt ni envie de le faire, et il n'y a aucun droit de le leur imposer. Comme toujours dans l'Histoire, les petits ont tort. Et c'est surtout oublier les Etats qui sont eux, porteurs de sens et de légitimité, bien plus que l'Union. Les temps devenant plus délicats pour l'Occident, je crains que la place disproportionnée des nabots politiques de l'Europe, issue des velléités de conciliation des décennies précédentes, ne soit du registre du passé. Mais bon, je m'étends et ça ne fait pas avancer mon scénario sur l'influence des acteurs non belges dans l'hypothèse d'un principe de scission décidé.
  12. Le Mi-26, c'est un hélico de "transport stratégique de théâtre" (nouveau concept :lol:): Tu peux transporter des hommes, mais dans la profondeur d'un dispositif, afin de concentrer plus rapidement de la puissance. Et évidemment, tu peux concentrer du matériel. Techniquement, s'il existait des navires capables de l'opérer, le Mi-26 serait le rêve humide de tout planificateur, stratège et commandant de théâtre du Corps des Marines. Pour faire de l'Air Land Battle et de la concentration rapide des feux, y'a pas mieux!
  13. Avant tout sa génération: il appartient à ces post-grande époque ayant commencé dans les années 80-90, détachés du moindre reliquat d'idéaux ou d'idéologie initiale. A Sciences Po, il était connu, alors qu'il était en prep'ENA, pour aller faire son marché dans les antennes étudiantes des divers partis pour voir lequel lui offrait le meilleur plan de carrière. C'est pas un cas particulier, mais il est un des pires en la matière, même s'il n'est pas le seul. C'est l'amibe politique dans toute sa splendeur, sans aucune conviction, sans aucun scrupule ni rien d'autre chose que lui-même à l'esprit. Avec en plus quelques trucs irritants dans sa manière de débattre, notamment réagir à la moindre critique en disant, la larme à l'oeil "c'est facile de dire ça, mais c'est pas constructif et ça n'amène rien; moi j'ai envie de travailler avec tout le monde et j'accepte la critique, mais si ça permet de bosser ensemble". Bien sûr, la "critique constructive" selon lui, c'est l'approbation veule, servile et sans réserve. Rien de bien nouveau en politique, mais chez lui ça va un degré plus loin; il assume l'hypocrisie encore mieux que les autres et sans le moindre scrupule. Et question cumul des mandats, c'est un des pires en la matière, ajoutant, petite pointe de franche malhonnêteté assumée publiquement, le cumul de divers mandats (déjà un truc vomitif) avec une fonction d'avocat conseil et associé dans un gros cabinet très intéressé aux marchés publics. On sait qu'il n'y est que pour toucher des jetons de présence et du pourcentage, et faire jouer son carnet d'adresse, évidemment. Donc en soi rien de spécialement original, mais il pousse un degré plus loin les défauts et l'hypocrisie, sans avoir même les quelques reliquats de qualité présents chez certains membres de générations politiques précédentes. Mais je peux en citer d'autres, à droite comme à gauche.
  14. J'aimerais renouer avec ce sujet en élargissant sa perception: en se basant sur une hypothèse de scission, quelles seraient la réaction et les conséquences dans l'Union Européenne? Il y a de multiples aspects de réponse, bien sûr, mais essayons de circonscrire un peu, en partant de l'hypothèse la plus rapide, à savoir, par une méthode X ou Y, les Belges décideraient qu'ils divorcent. Le principe est acquis, aucune modalité n'est définie, le statut et le devenir de Bruxelles et des territoires germanophones ainsi que des facilités ne sont pas tranchés. Je place le problème à ce "moment" hypothétique, parce qu'aucun scénario ne se fera sans interventions et influences diverses du voisinage immédiat, de l'Union et d'influences d'autres types (économiques, sociales, régionales....), qui changeront de facto et de jure la nature du processus malgré les désideratas stricts des ex-Belges et la nature du compromis que Wallons et Flamands mettraient au point. L'extérieur s'implique toujours et influe toujours sur les deals. En particulier, les intérêts, actions et volontés de plusieurs groupes m'intriguent dans cette hypothèse: - les Etats voisins: France, Angleterre, Pays-Bas et Allemagne - les mouvements régionalistes/autonomistes/indépendantistes européens - l'Union Européenne en tant qu'institution, donc plus la Commission que le Parlement, du moins que la session plénière du parlement (certains groupes et commissions auraient logiquement plus de constance sur le dossier) - des acteurs économiques majeurs et régionaux (deux choses pouvant diverger) cherchant à tirer profit de la situation, voire à influer sur son évolution.
  15. Je regardais un bout du débat parlementaire et j'ai du arrêter pour cause de nausées aigues: - Fillon dans la larmoyance humanitaro-occidentaliste-bonne conscience-droit de l'hommiste. Résumé: on a tout bien fait à quelques détails près que notre génial gouvernment corrige illico. Nos hommes sont exemplaires et les Afghans nosu idolâtrzent d'avoir déjà reconstruit une grosse partie de leur pays. - quelques supplétifs lèche-culs de tel ou tel camp, justifiant avec la même mauvaise foi et la même absence de talent et d'argumentation la position de tel ou tel. Le pire étant l'appel à nos "braves petits gars". L'un des dits sycophantes glaireux, en l'occurrence un de la majorité (Sauvadet, un des clébards du nouveau centre), se donne des airs d'impertinente objectivité en approuvant tout en bloc, en louant les soldats, mais en demandant des chiffres sur les équipements au ministre. Ils font tous mal semblant d'avoir une personnalité. - une partie de la gauche se casse théâtralement de l'hémicycle, dans un grand-guignol minable de vertu outragée. - Mamère franchit beaucoup de bornes dans la fatuité et l'opposition mesquine en rejetant tout en bloc, demandant tout et son contraire (notamment le retrait des troupes, mais en même temps une réévaluation complète de la stratégie pour agir autrement; je me demande comment il concilie les deux), accusant ses adversaires d'hypocrisie atlantiste béni-oui-ouiste (bon, ça c'est un peu vrai) mais surtout en faisant de cas isolé des généralités quotidiennes, se fondant sur des chiffres gonflés comme sur des statistiques fiables. Il décrète la "sale guerre" perdue, les Afghans se soulevant déjà en masse contre l'oppresseur, invoquant les mânes des conflits indochinois et algériens, décrétant que l'Irak est un bourbier irrécupérable.... Il décrète par ailleurs que l'ANA est faite presque à moitié de déserteurs et de traîtres prêts à nous sauter à la gueule. Et le pire dans tout ça est l'habitude de tous ces connards à utiliser les soldats tués, reprenant cet éternelle et répugnante pratique politique de faire voter les morts, un procédé que ces sous-merdes connaissent généralement bien dans leurs circonscritpions. Au moment où j'écris, l'une des pires raclures commence son torrent de merde, j'ai nommé Copé; il ne lui faut pas 25 secondes pour faire voter les 24 soldats morts en Afghanistan (ils auraient approuvé le gouvernement, évidemment). Oh merde! Il invoque le 14 juillet maintenant; je crois que je vais gerber.
  16. Faut aller jusqu'au bout du raisonnement: Bismarck ne pouvait pas démembrer la France ou s'y éterniser. Y'aurait eu risque de guérilla intensive (pleins de Surobi dans le Gers, le Gévaudan, la Beauce en Bretagne, chez les Ch'tis.... ;)) longue et chère, d'opprobre internationale, et plus encore de retournement de l'opinion soit vers une république forte, autoritaire, fondée par les armes (autre chose que la 3ème). Mais surtout il aurait commencé à avoir le reste de l'Europe, et surtout les Anglais sur le paletot; ils ne nous aiment pas, mais là, leur équilibre européen chéri l'aurait eu mauvaise, et les autres puissances l'auraient mal pris aussi, la Russie, par exemple, n'aimant l'Allemagne que s'il y a la France derrière capable d'ouvrir un deuxième front. Et l'Autriche-Hongrie, depuis Sadowa, n'aurait pas eu trop de mal à se laisser entraîner dans l'histoire. Bref, Bismarck dansait sur des oeufs avec des bottes cloutées, et seul son talent d'équilibriste a pu maintenir, pendant 20 ans, les très bancales "alliances des 3 empereurs" dans leurs différentes versions. Une victoire "modérée" était la seule façon de garder à cette guerre un rayonnement local et non des conséquences continentales; qui plus est, la prised de l'Alsace-Moselle a été mal vue par les Anglais qui ont constaté l'émergence d'une grosse puissance au coeur de l'Europe. Seule la confiance en la modération de Bismarck a gardé les Rosbifs de commencer à bouger. Mais ils étaient maintenant méfiants, et l'arrivée de l'excité au bras atrophié (non, pas Jamel Debbouze, juste Guillaume II) et de ses velléités navales et coloniales les a mis sur les dents. Pour le revanchisme, on oublie que l'Alsace-Moselle n'en fut pas le déclencheur: dur à imaginer aujourd'hui, mais la fierté patriote, assez apolitique (il est vrai qu'on changeait vite de régime alors), était TRES chatouilleuse. Les armées levées très rapidement par Gambetta sur la Loire et ailleurs, des personnalités énormes comme Garibaldi.... témoignent de cette ferveur encore ignorante du sort des provinces de l'est. Loki, tu lis trop Pedroncini :lol:; Pétain un grand général??????? Faut lire autre chose que M. Pedroncini: Pétain était un bon organisateur et il avait compris la différence entre des soldats et des soldats-citoyens, ainsi que l'inhumanité des conditions de vie des soldats, mais en aucun cas ce n'était un décideur. C'était un subordonné dans l'âme, et il a toujours reculé devant les décisions majeures (tout en protestant du contraire plus tard) par rapport à un Foch nettemnt plus décidé. Je préfère me référer à Taillemite, Duroselle et Miquel sur le sujet. Ca n'en fait pas un mauvais bougre (à l'époque du moins ;)) ni un officier incompétent (certainement pas), mais en aucun cas un stratège ou un vrai décisionnaire. Son rôle fut capital, certes, mais pour rétablir la confiance et le moral de l'armée, pas pour conduire la guerre. A côté de mecs comme Franchet d'Esperey, Lyautey, Foch, Castelnau.... il ne fait pas chef de guerre. Je ne déifie pas ces derniers, la Première guerre n'ayant pas vraiment produit de grands chefs; mais je me pose souvent la question de savoir si le "warfare" de la Grande Guerre donnait de grandes possibilités aux généraux d'agir vraiment sur le cours des choses après la planification initiale d'une offensive. Les communications disparaissaient en tant qu'outil de combat sitôt les premiers barrages d'artillerie: ils n'avaient plus d'informations fiables, complètes et en temps réel. Quand à être sur le front et risquer leur peau, c'eut sans doute été utile pour leur mettre le nez dans leur merde, mais la taille du front aurait enlevé à cette présence toute forme d'utilité opérationnelle. Pour moi, cette guerre était une impasse pour les généraux, aussi bons soient-ils, du moins sur le front principal. En Orient, il y avait plus de place pour l'action d'un commandant en chef. Je me demande parfois si les grandes offensives absurdes n'étaient pas pour ces officiers, en plus de l'obsession idéologique pour l'attaque, le seul moyen d'exister vu que planifier la dite offensive était leur seule possibilité; une fois l'opération lancée, ou bien une fois une attaque adverse lancée, ils n'avaient aucun contrôle sur leurs troupes.
  17. Forcément, en août 1918, les Allemands n'ont presque plus de Sturmtruppen en gros effectifs: ils sont gaspilleurs :lol:. D'où l'impasse de ce principe qui nécessitera des porteurs blindés pour devenir efficace. On notera cependant que si les grendes offensives d'août à novembre sont meurtrières pour tous, le plus gros des pertes alliées arrive au début: plus le recul allemand est rapide, moins l'attaque est meurtrière, ce qui n'est pas sans une certaine logique . Il y eut bien sûr des combats d'arrière-garde sanglants, des actions de retardement.... Mais à l'approche de la ligne Metz-Bruges et plus encore quand celle-ci est passée, c'est là qu'on sent venir le début de déroute: après, on peut gloser éternellement sur son imminence ou non (moi j'dit oui, na :lol:), mais le fait est là, l'armée allemande commençait à laisser ses grosses affaires sur le sol (pas de jeu de mot scato ;)). Pour les what if: - Ludendorff avait quand même rappelé le plus gros des troupes de l'est pour les offensives de mars. Il restait quoi à l'est à ce moment? Maxi 200 000h en tout. Le gros de la transition s'est fait après Brest Litovsk. Donc là, je vois pas de quoi tu parles. - Pour le cassage des Alliés sur les flancs, c'est plus épineux, mais rigolo à imaginer: je vois plus un effort majeur sur la Grèce, mais la Bulgarie est déjà sortie de la guerre à ce moment, et les Alliés y sont en force, ce qui n'est pas en soi nécessairement insurmontable, mais le terrain est limité. Là, il faudra que je regarde une carte. Pour l'Italie, j'y crois pas: l'armée italienne a fait sa réforme et reçu des renforts. Elle est bien campée sur son terrain et l'Autriche n'est plus vraiment un allié efficace à ce moment. Mais surtout, le front italien est quelque chose de très réduit, étroit, et un terrain très difficile pour l'assaillant: c'est un terrain plus meurtrier que les Flandres ou la Champagne (montagnes et rocailles, meurtriers sous l'artillerie lourde) et offrant peu de sol plat apte aux grandes offensives. Je serais dans un EM, je ne ferais pas vraiment de paris reposant sur une percée en Italie, difficilement factorisable. - si l'offensive mikael réussit, ben.... comment t'aimes cuire les carottes? J'exagère, mais en fait j'y crois pas: les raisons de l'échec sont structurelles et tiennent au fait humain. Les troupes régulières ne peuvent suivre les sturmtruppen, et ceux-ci ont connu une attrition phénoménale, mais surtout, ben.... y sont crevés et y z'ont rien à becqueter à part leur espèce d'ersatz de pain noir gélatineux. Mais si on décrète que ça passe (et là j'entends ZE percée du dispositif jusqu'à l'arrière), ben la seule chose que je peux imaginer, c'est un recul allié sur un tiers du front au moins jusqu'à pouvoir refaire une jonction. L'avantage, c'est que ce recul ne serait pas nécessairement long en raison de l'essoufflement des attaquants, qui reste aussi dans le what if. l'inconvénient, c'est que ce recul place Paris de facto dans le nouveau dispositif défensif, pas en première ligne mais largement à portée de tir de l'artillerie lourde allemande (pas besoin de grosse Bertha ou de Dora). Du coup, le commandement, mais surtout l'Etat français, ferait pression pour déclencher immédiatement une contre-offensive improvisée, se passant sans doute de certaines logiques militaires. Si cette contre-offensive peut se faire très vite, après un saut de puce en arrière permettant de refaire une jonction, elle peut être brutale et efficace malgré l'impréparation, avant tout grâce à la désorganisation allemande, conséquance nécessaire d'une offensive réussie (on n'a pas encore eu le temps de consolider son dispositif, de rééchelonner les lignes....). Mais ce serait une boucherie sans nom, les Alliés étant pris sous le feu d'une artillerie allemande massée sur ce secteur et bien à l'avant pour l'offensive. Et les ALlemands y perdraient aussi énormément: le reste des sturmtruppen restés en avant, mais surtout les effectifs de ligne massés à l'avant pour suivre. Un barrage d'artillerie alliée ferait de la boucherie en gros.
  18. On est assez d'accord, on a juste des différences d'expression (l'inconvénient des posts sur un forum: même longs, ils restent des visions rapides et nécessairement tronquées). Sûr que les généraux allemands craignaient 1919: y'aurait eu au bas mot des effectifs anglo-français constants et plus de 2 millions d'Américains au front ou en réserve, sans compter un minimum de 10 000 chars alliés (l'EM de Foch en prévoyait 30 000 en ligne en tout sur l'année!). Déséquilibre majeur. Cependant, la conduite générale de la troupe peut continuer d'être bonne un moment, mais pas éternellement: ça ne démentit pas l'analyse et la crainte des généraux, mais on ne peut calculer le moment où arrive le point de rupture: on le sent venir, c'est tout, mais on ne le voit jamais venir avant qu'il soit inévitable. Mais je pense que la déroute, en plus de cela, était imminente, en raison des positions à la fin des grandes offensives alliées: sitôt la ligne de chemin de fer Metz-Bruges franchie, le front allemand avait perdu sa cohérence stratégique. Cette ligne était la seule transversale d'importance donnant sa cohérence et son organisation logistique au front allemand, les transversales suivantes étaient en Allemagne même, loin derrière les lignes et pas d'une telle importance (et rarement continue comme celle-ci entre les grandes voies axiales). Passée cette ligne, l'armée allemande largue de plus en plus de son gros matos, mais elle perd surtout de facto la capacité à opérer des concentrations importantes d'hommes et de matériel sur des points donnés du front, soit LA capacité stratégique majeure sur un front. Elle perd aussi, plus prosaïquement, la capacité à organiser et à répartir ses approvisionnements et ses renforts qui ne peuvent plus venir que des axiales, assez espacées. Il lui aurait fallu reculer sur 150-200 km avec des appros déficients (bouffe, et surtout munitions) pour une bonne partie des troupes (même les mieux approvisionnées avaient déjà le moral dans les chaussettes) avant de pouvoir espérer refaire un semblant de front continu organisé. Plus de 150-200 km avec une bonne partie des unités entre les axes mal approvisionnées en munitions et en nourriture et des alliés mieux coordonnés et soutenus (autre vantage du camion). Ca fait beaucoup quand on recule en se battant et avec un moral pourri. Les problèmes d'allonge alliés semblent plus légers comparé à ça. Ceci dit, pour les pertes allemandes, j'avais plutôt le chiffre de 2,2 millions de morts; je vérifierai. Mais sur les effectifs, tu raisonnes sur tous les mobilisés de la guerre (un peu plus de 9 millions pour la France, soit une mobilisation proportionnellement un peu plus importante, fait assez remarquable pour une population structurellement plus vieille, et que les effectifs de coloniaux n'expliquent pas entièrement): les Allemands n'avaient pas 7 millions d'hommes sous les drapeaux en 1918: tu oublies les démobilisés (ancienneté, âge....). C'est vrai que ça compte moins pour les unités de première ligne faites avant tout des 18-35 ans, mais en 1918 avec l'attrition et la guerre industrielle, ça compte quand même en raison du fait que le soldat moyen, y compris en unités de front, avait tendance à vieillir après avoir fortement rajeuni entre 1914 et 1917 (normal: l'attrition fait que seuls les jeunes arrivants remplissent les unités). On versait des plus anciens pour combler les trous, sans compter le fait que les vétérans du front est avaient artificiellement modifié les statistiques démographiques du front ouest (eux avaient échappé pour un temps à l'ignoble arithmétique de l'attrition, pendant le temps de l'apaisement du front est, des trouble russes, de l'avancée "facile", de Brest Litovsk et du transport vers l'ouest). C'est pas encore le spectacle pitoyable de la Volksturm hitlérienne, mais c'est déjà assez révélateur. Jusqu'ici, les plus vieux mobilisés, guerre industrielle oblige, étaient au soutien uniquement. Mais tous les mobilisés en limite d'âge de 1914 à 1918, du moins ceux qui ont survécu, ont continué à retourner normalement à l'arrière sitôt leur période d'engagement étendue achevée. Et il faut ajouter encore les milliers de bras nécessaires à l'économie de guerre, surtout les plus qualifiés (ouvriers en masse, malgré le travail des femmes et les prisonniers, agriculteurs....): on n'est pas dans des économies automatisées, et les moissons se font encore avec des paires de bras, de même que les chaînes de production. La France a mobilisé plus de 9 millions d'hommes et en a perdu 1,3, plus autour d'1 million de blessés qui n'ont jamais pu retourner en unité (je suis pas sûr du chiffre); elle n'avait pas 6,7 millions d'hommes sous les drapeaux en 1918. Si c'avait été le cas, on n'aurait pas eu besoin des Ricains :lol:. Les Anglais ont eu moins de problèmes de ce côté, les effectifs de coloniaux et des dominions étant proportionnellement bien plus importants que chez nous. Je dois avoir une étude des effectifs quelque part, je vais essayer de la retrouver; j'en ai pour l'armée française particulièrement, faut juste que je me décide à replonger dedans (flemme :lol:). L'offensive allemande de 1918 n'a pas tant visé les Anglais en particulier, justement: elle a visé l'articulation du dispositif allié en premier lieu, même si c'est vrai qu'en cas d'offensive réussie dans la profondeur, elle devait remonter pour faire paniquer les Anglais sur leur éternelle porte de sortie en Flandres. Mais ça n'eut pas lieu, et les deux alliés se sont mangés le gros de l'offensive précisément là où ça fait mal et où c'est plus dur de se coordonner. Maintenant, pour l'efficacité des offensives, oui, ça reste coûteux et je me suis mal exprimé. La différence est que par rapport aux années précédentes, c'est redevenu possible. Plus encore, c'est redevenu possible malgré l'adaptation des armées des deux camps à la guerre défensive: l'ensemble des armements, entraînements, organisations et dispositifs tactiques aurait du rendre encore plus impossibles des offensives comme celles des années précédentes. Mais les deux camps ont trouvé le moyen de percer; la différence est que la méthode allemande s'essouffle plus vite. Et elle est encore plus coûteuse en ce qu'elle coûte les meilleures troupes, soit une perte proportionnellement bien plus élevée en ce que les unités de sturmtruppen vampirisent les meilleurs hommes, les plus jeunes, els plus forts.... A qui on consacre plus de temps, d'argent et d'attention et ce, dans le cadre d'une économie rationnée, aux dépends des autres. Sans compter que le dispositif repose du coup plus sur eux: s'ils disparaissent, l'outil militaire allemand perd d'un coup une partie de sa valeur infiniment plus grande que ce que le seul bodycount n'implique. De ce fait, de ce point de vue, la meilleure économie des forces côté allemand n'est plus tellement meilleure. A ce compte là, sur le plan stratégique, l'économie des forces alliée est plus pertinente, et il faut bien sûr ajouter tout le nouveau dispositif interarme incluant les tanks à divers degrés. Le FT-17 n'est qu'un porteur de pièces d'appui qui accompagne l'infanterie, mais il le fait avec un effectif si important (aucun autre pays n'a quoi que ce soit de comparable en effectifs: plus de 3000 en ligne!) qu'il offre de facto une couverture autant qu'un appui à tous les fantassins qui avancent. L'usage des tanks lourds achetés aux Anglais était, lui, réservé au franchissement pur et dur des lignes de tranchées, en front continu de chars, d'où les premiers gadgets qu'on peut voir (tapis sur dérouleurs....). Et les préparations courtes d'artillerie autant que la vitesse de concentration permettent de réduire le feu adverse: pas le temps de concentrer l'artillerie en réponse, et surtout les réserves ne peuvent monter aussi vite. On notera cependant que les Alliés aussi ont adopté des positions de défense en profondeur: ta remarque est plus valide jusqu'à la fin 1917, où les Alliés renoncent enfin à la massification des troupes à l'avant, qui correspondait à l'idée de l'offensive majeure à tout prix et au mythe de la percée. Les Allemands, plus contraints à l'économie des forces et disposant d'un réseau ferré plus organisé; le réseau nord est français, excellent alors, a été désorganisé par le fait de l'avance allemande et de l'emplacement de la ligne de front. Toutes les transversales ont été coupées et il a fallu le rebâtir. C'est pourquoi le camion fut aussi important pour les Alliés que le Liberty Ship pendant la 2ème Guerre mondiale, assurant la mobilité stratégique à un point jusqu'ici inenvisageable; mais il a fallu attendre le début 1918 pour que le parc soit suffisamment important (en 1916, la Voie Sacrée mobilisait quasiment tous les camions français, déjà bien plus nombreux que le parc allemand). Enfin, Haig se plaignait des effectifs, c'est sûr, mais bon, tout le monde s'en plaignait (assez compréhensible) d'abord en raison de l'attrition mais aussi par nécessité et habitude politique (demander tout pour avoir un peu). Cependant, haig était vraiment une prima donna avec, lui aussi, des aspects un poil dramaturgiques :lol:. Grosso merdo, j'aime pas du tout le personnage.
  19. Merci pour l'article Roland, je vais l'étudier. Mais je fais toujours gaffe à ce qu'écrit Pedroncini qui a des postulats avec lesquels j'ai du mal, particullièrement dans le cas Pétain qui, à l'entendre, serait le plus grand général de la guerre et le stratège absolu. Je suis plus convaincu par sa pusillanimité comme chef opérationnel et surtout comme décisionnaire (attention, je ne nie pas sa pertinence et son efficacité dans le traitement de la troupe, ainsi que sa grande intelligence quand à la perception de la gestion du capital humain).
  20. D'accord sur Ludendorff et Hoffman. Cependant, ce que j'ai lu sur l'armée allemande fin 1918 n'est pas aussi catégorique; il y a des faiblesses dans la ligne. Une partie de l'armée ne tient plus. Et ce n'est pas seulement le réservoir allié qui persuade les généraux allemands. L'artillerie lourde et moyenne alliée, française en particulier, est désormais très supérieure en nombre et en qualité, et plus encore en appros: le volume de feu n'est tout simplement plus le même, et la production fait une différence dramatique. Les chars ne sont pas le seul avantage matériel allié: l'artillerie et l'aviation le sont aussi, et plus encore la log, plus souple, plus nombreuse et plus rapide. Et ce malgré les efforts allemands: le ciel est en large mesure à l'avantage des alliés (on ne caricature pas non plus: c'est pas 44-45). Vrai pour la défense en profondeur (mais on s'est adapté aussi, faut pas exagérer, surtout que la mobilité alliée est désormais plus grande), mais on notera que les pertes allemandes des grandes offensives sont avant tout les meilleures troupes allemandes véritablement saignées par leur effort. Ce sont les meilleurs hommes et ceux auxquels d'importantes ressources ont été consacrées, souvent aux dépends des untiés régulières qui, d'ailleurs, furent de fait moins impliquées et mises en avant que les spécialistes de l'offensive qu'étaient devenues les sturmtruppen. Comme souvent dans les guerres, le fait de perdre son fer de lance porte des coups disproportionnés. La déroute en 1918 n'était pas loin et fut évitée en apparence par l'armistice: si l'effort allié s'était poursuivi, elle se serait produite assez rapidement, ce qui fut d'ailleurs une des raisons majeures de l'EM pour demander l'armistice (agitations, soutien et intendance annihilés, commandement ouvertement mis en doute....). On notera d'ailleurs pour les Anglais que Haig se plaignait souvent ainsi des problèmes d'effectifs: depuis la Somme et le passage à des divisions de 12 000h, la complainte est récurrente et assez logique. Cependant, c'est fin 1918 que le gouvernement anglais l'a vraiment admis et surtout utilisé pour justifier sa position d'arrêter l'offensive à la frontière, en accord reluctant avec un Clemenceau qui partage aussi leur crainte de voir les Américains devenir majoritaires dans l'effort de guerre sur le terrain, et donc prépondérants dans la conduite de la guerre. Concernant l'impact des chars, je ne suis pas aussi catégorique que toi: la capacité de percer et d'exploiter la percée est bien réelle. les fronts ne sont pas non plus d'une profondeur telle que toute percée est impossible. Le combat de flanquement est justement redevenu possible en 1918. La fiabilité des bestioles n'est plus aussi catastrophique qu'aux débuts, mais surtout l'important pour les chars n'est pas tant de percer le dispositif adverse en tant que tel, mais de percer le front pour que l'effort puisse passer. Ils sont là pour limiter l'attrition des offensives, et que les unités puissent arriver en effectifs suffisants pour que l'offensive ait un intérêt. Là est tout leur point à ce moment, et certainement pas, en effet, la percée complète et le contournement façon Hannibal à Cannes ou offensive de 40. Qui plus est, ils offrent, comme je l'ai dit, la possibilité de multiplier les attaques à de nombreux endroits car leur coût humain est désormais moindre. On peut mordiller divers endroits de la ligne adverse et voir où ça fait mal sans y claquer le gros de ses troupes (un genre de renseignement agressif :lol:), afin d'attirer l'attention allemande sur divers points (donc de maintenir la possibilité de surprise locale, ou de concentration plus rapide), de tâter le dispositif et de recréer un vrai brouillard de guerre, la mobilité du transport permettant ensuite de concentrer l'effort plus vite et plus souplement pour coordonner et renforcer une attaque. Mais le char est surtout vu comme un porteur d'artillerie et de mitrailleuses d'appui rapproché: il est donc là pour créer la brèche, mais pas celle du dispositif; juste celle de la première ligne. Et il est là pour la créer à moindre coût humain. Je dis pas plus que ça. Après, la percée du dispositif allemand dans sa profondeur, ou tout au moins la création d'un coin suffisamment grand pour y foutre des effectifs et de l'artillerie et flanquer une position plus rapidement qu'elle ne peut retraiter, reposera toujours sur les forces plus traditionnelles. Mais justement ces forces traditionnelles sont désormais plus rapides que les allemandes pour se concentrer en un point du front; et leur avance se fait à un coût infiniment moindre grâce aux batteries blindées que sont les chars et grâce à un feu d'artillerie infiniment plus puissant et surtout mieux coordonné et plus mobile (batteries tractées en grand nombre, et pas par des chevaux). L'avance à pieds est moins éprouvante et meurtrière. Mais tant qu'on est dans le what if sans soldats américains, j'en profite pour évoquer un autre facteur anecdotique mais puissant: une guerre qui se prolonge (pas d'offensives de mars empressées donc moins d'attrition allemande et alliée; pas d'Américains donc plus de prudence alliée qui continuent à accumuler du matériel) implqiue une situation de novembre-décembre 1918 plus figée, donc UN NOUVEL HIVER sur le front ouest. Hors, l'hiver, c'est la boue (moins qu'au printemps, mais quand même) ou le gel, le froid (celui de 1918 fut rude) et des conditions éprouvantes pour le matériel (les moteurs sont très sensibles au froid à ce moment, la lubrification étant problématique, au moins autant que le refroidissement). Des offensives de chars et des concentrations par camion sont moins rapides, renforcçant la prudence des EM. Bref, on continue à s'enterrer. Ce cas de figure ferait alors de l'année 1918 la moins meurtrière de la guerre (dans l'histoire normale, elle fut la plus meurtrière), et le printemps 1919 le moment de tous les dangers.
  21. C'est potentiellement un facteur, mais pas encore important. Avant la fin 1918, le risque de contagion est plus faible: les populations sont encore mobilisées par l'urgence et en grande partie focalisées sur les tâches de l'économie régulée dans le cadre d'une nécessité encore bien perçue par chacun. Le sentiment d'urgence n'est pas mort et la mobilisation encore bien réelle. A l'ouest c'est encore plus vrai et encouragé par des privations moindres: les productions agricole française et américaine ont explosé et nourrissent mieux des populations et des armées qui ont accès à la fois à des quantités plus élevées (c'est pas l'abondance non plus) et à une variété plus importante. Les Allemands en revanche ressentent de plein fouet l'isolement du pays et les restrictions à plein tubes, peu et mal compensées par les ersatz. Le risque de contagion est réel si la tension de l'effort de guerre diminue et la prise des gouvernements sur la société et l'économie s'affaiblit. Mais la cohésion morale s'est relevée des tensions de 1917, moins importantes que l'historiographie de gauche aimerait le faire croire: on chiffre les mutineries de 17 autour de 80 000 vrais mutins qui étaient pour l'essentiel des "grévistes de l'attaque", comme le prouve la faiblesse des attaques de l'autorité, les officiers de terrains n'étant quasiment jamais été mis en danger, bien au contraire. Les positions n'ont jamais été abandonnées et les unités n'ont quasiment jamais cessé de se tenir prêtes à les défendre. On est revenu, mais de pas si loin, et la création d'une vraie GRH des armées suite aux abus sans nom des EM a produit des effets réels et puissants (bouffe meilleure et plus abondante, courrier plus régulier, rotations plus fréquentes, meilleur soutien, stratégie enfin adaptée, restauration de la confiance). En ce sens comme pour ce que je décrivais plus haut, Verdun a vraiment été le laboratoire de la gestion moderne du soutien d'une armée de l'ère industrielle. La contagion révolutionnaire pouvait moins prendre à l'ouest en 1918, car la confiance avait été pas mal rétablie, de même que le sens d'un effort commun perceptible (l'Allemagne n'avait plus vraiment de but de guerre facilement compréhensible autre que la défense pure à l'ouest). J'ajoute que la présence américaine a été un boost moral incomparable autant pour les troupes que pour la population. Dans le cadre du what if, la question est plus épineuse. Mais pour ce qui est de l'Allemagne, l'absence de troupes américaines aurait prolongé l'effort, donc la mobilisation, avec de plus sérieuses chances de s'en tirer, tout au moins en apparence pour l'opinion publique. Et la prolongation de l'état de guerre aurait limité les possibilités de contagion depuis la Russie (contacts moins faciles....). D'un autre côté, les mêmes facteurs survenus en 1919 auraient pu agir quand même, mais il ne faut pas oublier quand même que le gros de la contestation interne à l'Allemagne en 1918 est avant tout une coalition bourgeoise libérale conservatrice, pas une agitation révlutionnaire qui n'a pu vraiment se produire qu'avec la démobilisation, le retour des troupes, la fin de l'effort de guerre, de la mobilisation de la population et de la focalisation nationale, le constat et la prise de conscience de l'épuisement des êtres, de l'économie et du pays. La contagion n'aurait pu arriver dans le pays mobilisé, en guerre: les forces qui ont pu y arriver en Russie n'existent pas dans les mêmes dimensions en Russie, et certainement pas avec la même organisation et le même degré d'idéologie. De même, l'Allemagne de 1918, même ruinée par la guerre, n'est pas dans le même état que la Russie de 1917: la population est moins profondément divisée, les abus, insuffisances et dysfonctionnements ne sont pas aussi gigantesques, les incompétences d'une partie des élites ne sont pas aussi abyssales, ni cette partie aussi grande. De fait, la population est plus unie, malgré les tensions et fractures bien réelles. Et la mobilisation de l'effort de guerre garde l'union, même forcée et incomplète, bien réelle. Le point est que l'état de la Russie en 1917 n'a rien à voir avec celui des autres grands Etats en guerre: ses déséquilibres presque caricaturaux, ces contradictions plus grandes et ses insuffisances trop criantes ont été poussées au point de rupture. Après, on ne va pas refaire l'histoire de la révolution russe: elle fut le fait de minorités agissantes et de concours de circonstances parfois incroyables, c'est certain. Mais le pays était bel et bien dans un état de tensions multiples et de fragilité dont même l'Allemagne de 1918 est TRES loin. L'Etat allemand proprement dit est infiniment plus stable et puissant que l'Etat russe: le dégagement du régime impérial ne change pas ce fait, et ce même Etat reprend vite la main en 1919 malgré le chaos de l'après guerre. Bref, dans le cas du what if, tant que l'état de guerre se prolongeait, je pense sincèrement qu'il y aurait eu peu de chances d'une contagion révolutionnaire parce que les circonstances et tensions n'étaient pas à un degré si caricatural qu'en Russie, parce qu'il n'y avait pas de forces révolutionnaires aussi potentiellement puissantes et organisées (ou à tout le moins parce qu'il y avait des forces contre-révolutionnaires ou potentiellement contre-révolutionnaires très puissantes, des opinions publiques moins radicalement divisées....) et parce qu'il manquait les séries d'étincelles qui ont permi l'incendie russe. Les Allemands ont eux-mêmes favorisé la révolution russe: sans entrer dans le débat sur les bolcheviks et le renseignement allemand, on sait quand même que nombre de révolutionnaires russes furent de facto aidés et soutenus par les services allemands. Ca ne fait pas de la révolution une Black Ops allemande complète, mais l'action des services allemands a certainement joué un rôle pivot dans le déclenchement. Sur un plan purement pragmatique, c'est de bonne guerre et une excellente action de barbouzes. A l'inverse, les Russes, dans le cadre d'une guerre se prolongeant sans les Américains sur le terrain, auraient eu autre chose à foutre que monter de telles opérations contre une Allemagne qui ne les intéressait plus après Brest Litovsk, si tant est qu'ils en auraient eu les moyens, ce dont je doute beaucoup (pas encore de vrai appareil d'Etat et encore moins de renseignement; et les pros réchappés de la purge de l'Okhrana n'ont pas cette culture du renseignement, l'Okhrana étant un organe de collecte de rens extérieur et de police politique interne, pas un service action). La guerre civile russe aurait eu une toute autre gueule, commençant en 1918 aussi sans doute mais sans soutien allié (hors peut-être les Japonais). Quoiqu'il en soit, elle aurait eu peu d'impact sur une Allemagne mobilisée par la guerre, la mobilisation repoussant pour un temps le point de rupture social.
  22. Faut toujours lire Keegan avec de la distance (plus que d'habitude), mais là, stratégiquement, c'est on ne peut plus vrai: c'est l'afflux de Sammies, et non leur engagement au combat (très limité et très loin d'être décisif même au niveau d'un théâtre particulier du front ouest), qui fut l'élément déterminant. En tout cas, c'est l'un des éléments déterminants de 1918. On peut débattre, mais il me semble qu'il y en a d'autres non négligeables, voire de la même dimension: - l'arrivée des chars en effectifs importants et plus encore leur intégration au sein du dispositif interarme avec une vraie doctrine et des véhicules d'accompagnement et un environnement rendant leur action réellement efficace (variété des armements suite aux RETEX, engins de franchissement, véhicules d'observation d'artillerie....). La conséquence? L'offensive redevient possible, qui plus est avec des effectifs moins importants, des préparatifs (surtout d'artillerie) plus courts et pouvant les accompagner plus loin (meilleure coordination, artillerie lourde et moyenne plus nombreuse....). - Résultats de l'explosion de la production de guerre entamée en 1916: l'artillerie lourde et moyenne française dépasse désormais l'Allemande en quantité et en efficacité, de même que la production de munitions. L'armée française s'est mécanisée en masse (camions et chars) au point qu'on peut coordonner des attaques en plusieurs points du front et recalibrer le dispositif rapidement pour aiguiller les réserves là où ça perce. Ce qui a été fait à Verdun via la Voie Sacrée ("le camion français l'emporte sur le rail allemand" selon le mot d'un général allemand) peut désormais être réalisé à l'échelle du front ouest tout entier. - Conséquence ET cause des facteurs précédents, il y a désormais possibilité de multiples offensives efficaces et avec des moyens limités, que des réserves massives peuvent renforcer rapidement là où ça passe: la coordination et la rapidité du dispositif allié sont désormais infiniment plus élevées que celle des Allemands, grâce à toute une série de progrès industriels (production massive en avions, chars, canons et munitions), économiques et commerciaux (rationalisation des convois atlantiques via l'organisation étatique du commerce, véritablement inventée par Jean Monnet), organisationnels (adaptation des unités de combat avec de meilleures structures, commandement unifié, répartition des tâches, dépassement de certaines querelles, mais aussi reprise en main de la décision politique par le gouvernement Clemenceau), technologiques (char et son environnement, TSF en plus grand nombre, explosion de la puissance de feu des groupes de combat, l'adaptation des armements par de bonnes RETEX depuis 1916 arrive enfin à maturité à grand échelle....). Les armées alliées, surtout française et britannique, sont désormais des armées modernes, bien plus que les autres. La française est à tous niveaux la plus efficace et la plus puissante: aviation de combat et de bombardement, chars et artillerie. Effectifs et qualité moyenne sont au plus haut. Et plus encore, la coordination est très prometteuse. C'est cet outil qui sera trucidé après le traité de Locarno de 1925, véritable pierre tombale de la modernisation de l'armée jusqu'en 1938-39. Là, on entre dans un gros what if: si les USA s'étaient contenté du soutien économique et naval et que les Européens avaient du continuer le combat seuls, en l'état des forces, que se serait-il passé? L'allemagne avait fait aussi d'énormes changements dont témoigne le gambit des offensives de mars: les Sturmtruppen et le dispositif tactique qu'elles impliquent (préparation courtes et discrètes, surprise stratégique, effort sur les tactiques d'artillerie, adaptations du matériel....) ressortent des mêmes conclusions que les réflexions alliées et d'un effort d'équipement énorme (un GC sturmtruppen devait coûter 5 fois le prix d'un GC normal, tant pour le temps d'entraînement que pour les coûts et spécificités de l'équipement -notamment les lances-flammes en masse et la proportion énorme de FM). Mais les insuffisances en chars (pas de bons modèles, productions insuffisantes) et plus encore en camions (la log allemande dépend avant tout des trains, ce qui rigidifie le dispositif) handicape le dispositif tactique, sans même compter l'infériorité de l'aviation, désormais nette. La capacité allemande de percer a moins de portée: les sturmtruppen produisent un effort intense, mais bref au regard des distances et de sprofondeurs des dispositifs, et leur attrition est rapide, de même que leur épuisement. Les troupes régulières ont pâti de l'effort consécré aux sturmtruppen, et ont de toute façon de grandes difficultés à exploiter les percées réalisées. Les deux camps ne sont plus dans le même temps stratégique et tactique: les Alliés peuvent frapper plus loin et plus fort. Alors ma petite conclusion perso du what if est que la victoire alliée était inexorable, mais que le coût en aurait été beaucoup plus élevé, en pertes humaines comme en argent: sans grosses réserves, les EM alliés auraient été plus mesurés dans leurs offensives, et l'EM allemand aurait put prolonger son effort. LEs offensives de mars n'auraient peut-être pas eu lieu (l'arrivée massive des ricains les ont précipitées) et l'attrition aurait été ralentie, donc la guerre prolongée. Mais à terme, la capacité industrielle parle, et celle des Alliés était désormais infiniement plus importante, de même que le ravitaillement: la stratégie, en conséquence, aurait été plus patiente, mais le temps jouait pour les Alliés. La surprise tactique aurait toujours été possible, et une percée allemande mieux pensée aurait pu passer, mais les probabilités étaient plus grandes côté allié. La question la plus épineuse dans ce what if concerne la fin de la guerre: aurait-on continué en Allemagne sans la présence, et donc la pression américaines? L'armée allemande aurait-elle craqué comme elle a fini par le faire? Se serait-on battu jusqu'à berlin? Les Anglais auraient-ils pu faire passer l'idée d'un armistice au niveau de la frontière si l'armée allemande avait craqué assez tôt?
  23. Faut pas exagérer non plus: ils ont comblé des trous dans le front. Mais surtout, à partir de juillet 1918, même s'ils ne sont qu'en effectifs anecdotiques au front, ils sont près d'un million à l'entraînement en France même et plus encore aux USA; à l'armistice, ils sont deux millions. Même si très peu ont vu le combat et étaient prêts à être mis en ligne, ils étaient "virtuellement" là et entraient dans les analyses stratégiques alliées et allemandes. C'est d'ailleurs en partie pourquoi l'Etat Major allemand a incité à l'armistice malgré le mythe de "l'armée invaincue" (elle l'a été, on le sait, et elle était en repli en novembre 1918, avec en plus quelques endroits où elle était en déroute, avec des désertions massives: le front allemand était bel et bien percé) qu'il a cherché à entretenir par la suite. L'EM allemand savait désormais que les Alliés avaient une réserve opérationnelle énorme essentiellement américaine et a donc agi rationnellement, vu l'état de sa propre armée et de son ravitaillement, en demandant l'armistice, qui fut accepté côté allié pour d'autres raisons, notamment la volonté anglaise de ne pas entrer en Allemagne autrement qu'en créant des têtes de pont (volonté d'équilibre européen, crainte stupide d'une résurgence de l'hégémonie française....), et la volonté américaine analogue (volonté de paix perpétuelle de Wilson, attachement à l'Allemagne d'une partie de l'opinion US....). Clemenceau n'a d'ailleurs pas insisté pour continuer le combat, craignant que l'afflux d'Américains sur le front ne donne à ceux-ci la domination absolue du clan allié (à ce rythme de recrutement, les US auraient représenté la moitié des ccombattants alliés un an plus tard). Enfin il ne faut pas oublier, en plus du seul aspect maritime, l'apport économique américain (prêts, facilités industrielles....). Mais question combat proprement dit, ils n'ont pas été plus importants que les Italiens sur le front ouest (quelques divisions) et à peine plus que les Portugais (2 divisions en permance depuis 1915), voire les Russes (2 à 4 divisions, mutinées par la suite). Cependant, leur rôle fut éminemment stratégique et incontournable: argent et réserves humaines. Qui sait ce qu'aurait pu décider l'Etat-Major allemand à l'été et à l'automne 1918 si les Alliés n'avaient pas eu des centaines de milliers, puis des millions de soldats US en réserve? A épuisement de réserves comparables, n'auraient-ils pas tenté de poursuivre le combat? Les dernières offensives auraient-elles été aussi victorieuses. Auraient-elles été déclenchées (on économise plus ses forces quand on en a peu)? Les offensives de mars sont le dernier vrai grand gaspillage de la guerre: les Allemands déciment leurs meilleurs troupes pour se retrouver dans un état alarmant de réserves d'hommes, d'appros et de matériel face auquel l'afflux de soldats US et l'explosion de l'industrie de guerre alliée (avec du financement avant tout US) semble désormais une menace insurpassable. Mais si l'un de ces deux facteurs au moins, en l'occurrence la masse humaine des soldats US, avait fait défaut; quelle aurait pu être l'analyse allemande?
  24. Surtout qu'ils présentent St Mihiel comme un tournant de la guerre, la "rupture" du front continu, soit le mythe des EM de toute la guerre; quand on revient dans la réalité, St Mihiel est un petit succès local, pas une percée du front. Des ruptures comme ça, Anglais et Français en ont fait plein pendant toute la guerre. Et surtout, ce fut une bataille très limitée où tout était organisé pour la prise du saillant, mais rien pour exploiter la suite: l'attaque américaine n'a débouché sur rien vu l'incapacité de leur artillerie à avancer et de leur train à suivre. Et le tout s'est fait avec une quasi-absence de l'artillerie allemande déjà partie ou en train de faire ses paquets :lol:; c'est dire l'avantage énorme des alliés dans l'affaire. On notera pourtant que les pertes alliées sont plus importantes que les Allemandes. Bref, Pershing nous a a obtenu, en septembre 1918, un beau petit succès local sans lendemain dans la grande tradition de 1915. Good job catching up, mate! Ensuite faut pas oublier qu'il y avait 50 000 Français dans le bastringue aussi, quand même ;). Mais bon, c'était leur première opération solo sous commandement pleinement ricain, et pour l'imagerie, c'est leur petit machin, comme le Bois-Belleau pour les Marines. Faut leur laisser leurs petits joujoux, ça leur fait plaisir et ça mange pas de pain.
  25. J'en ai trop de différentes; j'les confonds toutes. De mon temps, pas si loin, j'ai bouffé du drill jusqu'à l'abrutissement (enfin, tout sauf tirer des cartouches en doses industrielles; vous savez ce que c'est de ce côté là), non mais. Ca c'est très vrai; on ne répètera jamais assez que le soldat idéal a entre 25 (minimum) et 35 ans et au moins un contrat derrière lui sinon 2, pas entre 17 et 24 ans comme les politiques de rémunération tendent à vouloir l'imposer. Mais faut aussi noter que la Légion a rajeuni depuis une quarantaine d'années: proportionnellement, y'a nettement moins de gars qui traînent de la bouteilles et quelques casseroles en arrivant dans la cuisine de la Légion :lol:. Beaucoup plus de jeunes qu'avant (sauf au REP bien sûr, où ceux qui n'ont pas d'expérience militaire préalable semblent plus l'exception que la règle :lol:). Assez marrant de le présenter comme ça d'ailleurs; j'avais fait une petite étude historique sur les premiers temps de la Légion, aux débuts de laquelle on trouvait quelques éléments de la Garde qui avaient fait les campagnes de 1813 à 1815, en plus des effectifs d ela légion de Hohenlohe. Ca donnait un côté passation de flambeau assez marrant pour ceux qui aiment ce genre de choses ;). Maintenant, fierté d'arme mise à part, il faut reconnaître qu'il y a un problème d'entraînement (et d'appui); j'arrive pas à me sortir la petite vidéo sur la bande de manches qui se fait attaquer par "la porte bleue" (je sais plus quelle vidéo c'est): le mec qui cafouille avec son chargeur, le sergent qui se fait pas obéir.... La crise d'urticaire pointe et je me rappelle pas la couleur des pilules pour ça (j'en ai trop).
×
×
  • Créer...