Kamelot Posté(e) samedi à 14:02 Share Posté(e) samedi à 14:02 Incroyable mais vrai... Ne pas se gausser des malheurs des Anglois et en prendre bonne note pour nos propres matériels, actuels et futurs. https://www.opex360.com/2026/01/24/le-ministere-britannique-de-la-defense-a-limoge-le-responsable-du-programme-de-blindes-ajax/ 1 1 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Titus K Posté(e) mardi à 14:25 Share Posté(e) mardi à 14:25 Fil très interessant sur le retex des blindés à roues canadiens, qui est aussi à rapprocher de l'étude polonaise que citait @blablachars (https://blablachars.blogspot.com/2026/01/une-etude-aux-resultats-contrastes-et.html) et une impression : "le segment médian, c'est mort"...Quote Roy @GrandpaRoy2 · Jan 16 Canada has donated 89 new “ASCV” (Armored Combat Support Vehicles) with really modern technology and protection to Ukraine, but apparently they haven’t fared well. Problems include excessive weight (29.5 tons), leading to increased tire wear and ruptures in intense conditions. Ce segment (très présent dans l'armée française) repose sur des véhicules (souvent à roues) blindés (mais pas trop) et dont la protection repose beaucoup sur des brouilleurs et des systèmes actifs. Ce sont des véhicules "très connectés", qui émettent beaucoup... (beaucoup d'émission EM, mais aussi beaucoup de chaleur). La conséquence est qu'ils sont repérés plutôt facilement et que face à une masse de drones FPV, ils sont submergés et brulent "aussi facilement que des camions". Ces véhicules sacrifient en outre souvent la mobilité tactique pour avoir une très bonne mobilité opérative, et sont hauts sur caisse pour résister aux IED, ce qui les rend très visibles sur le champ de bataille. Et ne parlons pas des grands pare-brise, à double tranchant... Couteux et compliqués à mettre en oeuvre, trop chers pour être "consommables" (comme les vieux VAB), pas assez rustiques pour être soutenus en première ligne (les blindés français s'en sortiraient sans doute mieux que les LAV), ce segment pensé comme "moyen en tout" ne l'est pas. Il s'avère singulièrement peu adapté aux conditions actuelles du champ de bataille ukrainien, là où les chars lourds dotés de protections actives et passives (et se cantonnant dans l'appui feu) demandent une masse considérable d'effecteurs pour être neutralisés. Tout en bas du "spectre", le segment "très léger" reste d'actualité : buggies, fardiers, moto et tricycles, véhicules légers peu ou pas blindés mais comptant sur leur vitesse, leur petite taille, leur facilité de mise en œuvre, leur manoeuvrabilité et leur faible cout... Il y a peut-être une forme de "polarisation" à l’œuvre : on a toujours besoin d'infanterie mécanisée sous blindage, mais très très bien protégée. Ou alors d'infanterie "volante" en véhicules très légers. Et pour l'appui feu, il faut de la chenille, du blindage lourd... ...ou alors de la mobilité et une capacité à pouvoir recharger rapidement pour ne pas transporter trop d'obus sur le champ de bataille, ce qui rend très vulnérable aux explosions sympathiques. Le volume d'effecteurs et de capteurs rend le combat "hyper connecté" compliqué et entraine un besoin de sobriété des émissions EM, de déconcentration du commandement... Bref du commandement par intention et de l'improvisation. Les forces "lourdes" demeurent pertinentes, pour les coups d'arrêt ou les coups de boutoir, au prix d'une manoeuvre logistique plus fragile et compliquée, notamment pour l'évacuation des matériels lourds et leur réparation, ou l'acheminement des munitions lourdes. Si on ajoute le retex CAESAR présenté dans le @DSI_Magazine du mois, on voit aussi l'évolution de la puissance de feu : il faut soit de l'allonge (lance-roquettes), soit de la mobilité rustique (CAESAR), soit de l'appui feu "très blindé" (char de combat en rôle d'obusier)... ...soit, au plus près du combattant, une combinaison "trame antichar, lance-grenades, mortiers d'infanterie, mines, drones antidrones et petites munitions téléopérées" (donc un renforcement des armes de l'infanterie) pour qu'elle puisse faire face partout. Finalement, loin d'être l'avenir, le modèle "brigade médiane" serait une impasse. Il faudrait plutôt : multiplier les "brigades très légères", hyper mobiles, mettant en œuvre des véhicules légers et une infanterie surarmée, apte à aller "s'enkyster" loin, vite, longtemps. 2) penser les appuis avec d'avantage d'allonge pour pouvoir soit frapper loin dans la profondeur adverse, soit frapper le front depuis une zone a l'abri des frappes adverses (lance-roquettes d'une portée de 80 à 150km). Ce qui simplifie aussi la log de ce segment gourmand. 3) créer des "brigades super lourdes", disposant d'un char de transition qui serait en fait un "gros automoteur très blindé" pensé pour le tir indirect près du front. Quelque chose entre le Stridsvagn 103 et le StuH 42, vite produit, rustique, puissant, sur-motorisé. Ces brigades disposeraient de "super VBCI", très bien blindés, pour pouvoir approcher le front avec une infanterie disposant d'une chance raisonnable de survivre dans la kill zone. Et bien fournies en systèmes SHORAD et brouilleurs. 4) Enfin, créer une fonction "soutien de combat" regroupant génie de combat et log de combat, qui serait apte "en même temps" à ravitailler les premières lignes, valoriser les positions rapidement, déminer des couloirs... Le tout sous le feu. Fonction là encore déclinée en "unités très légères de log et génie volant" et "unités lourdes de soutien blindées chenillées". Alors bon, bien entendu, cela suppose d'effacer... A peu près toutes nos brigades médianes. Je ne vais pas me faire des amis. Je conviens aisément qu'effacer les choix actuels ne peut se faire d'un trait de plume. Et que l'Ukraine n'est pas l'alpha et l'omega du combat moderne. Mais à mon avis, expérimenter une ou deux brigades "super légères" ET une brigade "super lourde" n'est pas irréaliste. Et avoir un vrai plan d'évolution pour la prochaine LPM qui ne se contente pas de "prolonger les courbes" ça serait bien aussi. Même si cela veut dire "mettre à la casse des matériels de manière anticipée" (et puis on peut les revendre d'occasion avec bon potentiel). Bref : les retex qui viennent d'Ukraine confirment qu'on est maintenant loin des conditions du combat des années 2000-2010. Certaines surprises sont bonnes (le CAESAR), d'autres bien moins (les blindés médians à roues modernes), d'autres surprenantes (le char en appui). Dans tous les cas, il faut à la fois retrouver de la masse, de l'allonge, de la saturation, de la protection ou de l'agilité, garder une bonne mobilité opérative et ne pas sacrifier la mobilité tactique. Dans un environnement saturé d'effecteurs et de GE. Pas simple. FIN 1 2 1 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Polybe Posté(e) mardi à 18:59 Share Posté(e) mardi à 18:59 Il y a 4 heures, Titus K a dit : Fil très interessant sur le retex des blindés à roues canadiens, qui est aussi à rapprocher de l'étude polonaise que citait @blablachars (https://blablachars.blogspot.com/2026/01/une-etude-aux-resultats-contrastes-et.html) et une impression : "le segment médian, c'est mort"...Quote Roy @GrandpaRoy2 · Jan 16 Canada has donated 89 new “ASCV” (Armored Combat Support Vehicles) with really modern technology and protection to Ukraine, but apparently they haven’t fared well. Problems include excessive weight (29.5 tons), leading to increased tire wear and ruptures in intense conditions. Ce segment (très présent dans l'armée française) repose sur des véhicules (souvent à roues) blindés (mais pas trop) et dont la protection repose beaucoup sur des brouilleurs et des systèmes actifs. Ce sont des véhicules "très connectés", qui émettent beaucoup... (beaucoup d'émission EM, mais aussi beaucoup de chaleur). La conséquence est qu'ils sont repérés plutôt facilement et que face à une masse de drones FPV, ils sont submergés et brulent "aussi facilement que des camions". Ces véhicules sacrifient en outre souvent la mobilité tactique pour avoir une très bonne mobilité opérative, et sont hauts sur caisse pour résister aux IED, ce qui les rend très visibles sur le champ de bataille. Et ne parlons pas des grands pare-brise, à double tranchant... Couteux et compliqués à mettre en oeuvre, trop chers pour être "consommables" (comme les vieux VAB), pas assez rustiques pour être soutenus en première ligne (les blindés français s'en sortiraient sans doute mieux que les LAV), ce segment pensé comme "moyen en tout" ne l'est pas. Il s'avère singulièrement peu adapté aux conditions actuelles du champ de bataille ukrainien, là où les chars lourds dotés de protections actives et passives (et se cantonnant dans l'appui feu) demandent une masse considérable d'effecteurs pour être neutralisés. Tout en bas du "spectre", le segment "très léger" reste d'actualité : buggies, fardiers, moto et tricycles, véhicules légers peu ou pas blindés mais comptant sur leur vitesse, leur petite taille, leur facilité de mise en œuvre, leur manoeuvrabilité et leur faible cout... Il y a peut-être une forme de "polarisation" à l’œuvre : on a toujours besoin d'infanterie mécanisée sous blindage, mais très très bien protégée. Ou alors d'infanterie "volante" en véhicules très légers. Et pour l'appui feu, il faut de la chenille, du blindage lourd... ...ou alors de la mobilité et une capacité à pouvoir recharger rapidement pour ne pas transporter trop d'obus sur le champ de bataille, ce qui rend très vulnérable aux explosions sympathiques. Le volume d'effecteurs et de capteurs rend le combat "hyper connecté" compliqué et entraine un besoin de sobriété des émissions EM, de déconcentration du commandement... Bref du commandement par intention et de l'improvisation. Les forces "lourdes" demeurent pertinentes, pour les coups d'arrêt ou les coups de boutoir, au prix d'une manoeuvre logistique plus fragile et compliquée, notamment pour l'évacuation des matériels lourds et leur réparation, ou l'acheminement des munitions lourdes. Si on ajoute le retex CAESAR présenté dans le @DSI_Magazine du mois, on voit aussi l'évolution de la puissance de feu : il faut soit de l'allonge (lance-roquettes), soit de la mobilité rustique (CAESAR), soit de l'appui feu "très blindé" (char de combat en rôle d'obusier)... ...soit, au plus près du combattant, une combinaison "trame antichar, lance-grenades, mortiers d'infanterie, mines, drones antidrones et petites munitions téléopérées" (donc un renforcement des armes de l'infanterie) pour qu'elle puisse faire face partout. Finalement, loin d'être l'avenir, le modèle "brigade médiane" serait une impasse. Il faudrait plutôt : multiplier les "brigades très légères", hyper mobiles, mettant en œuvre des véhicules légers et une infanterie surarmée, apte à aller "s'enkyster" loin, vite, longtemps. 2) penser les appuis avec d'avantage d'allonge pour pouvoir soit frapper loin dans la profondeur adverse, soit frapper le front depuis une zone a l'abri des frappes adverses (lance-roquettes d'une portée de 80 à 150km). Ce qui simplifie aussi la log de ce segment gourmand. 3) créer des "brigades super lourdes", disposant d'un char de transition qui serait en fait un "gros automoteur très blindé" pensé pour le tir indirect près du front. Quelque chose entre le Stridsvagn 103 et le StuH 42, vite produit, rustique, puissant, sur-motorisé. Ces brigades disposeraient de "super VBCI", très bien blindés, pour pouvoir approcher le front avec une infanterie disposant d'une chance raisonnable de survivre dans la kill zone. Et bien fournies en systèmes SHORAD et brouilleurs. 4) Enfin, créer une fonction "soutien de combat" regroupant génie de combat et log de combat, qui serait apte "en même temps" à ravitailler les premières lignes, valoriser les positions rapidement, déminer des couloirs... Le tout sous le feu. Fonction là encore déclinée en "unités très légères de log et génie volant" et "unités lourdes de soutien blindées chenillées". Alors bon, bien entendu, cela suppose d'effacer... A peu près toutes nos brigades médianes. Je ne vais pas me faire des amis. Je conviens aisément qu'effacer les choix actuels ne peut se faire d'un trait de plume. Et que l'Ukraine n'est pas l'alpha et l'omega du combat moderne. Mais à mon avis, expérimenter une ou deux brigades "super légères" ET une brigade "super lourde" n'est pas irréaliste. Et avoir un vrai plan d'évolution pour la prochaine LPM qui ne se contente pas de "prolonger les courbes" ça serait bien aussi. Même si cela veut dire "mettre à la casse des matériels de manière anticipée" (et puis on peut les revendre d'occasion avec bon potentiel). Bref : les retex qui viennent d'Ukraine confirment qu'on est maintenant loin des conditions du combat des années 2000-2010. Certaines surprises sont bonnes (le CAESAR), d'autres bien moins (les blindés médians à roues modernes), d'autres surprenantes (le char en appui). Dans tous les cas, il faut à la fois retrouver de la masse, de l'allonge, de la saturation, de la protection ou de l'agilité, garder une bonne mobilité opérative et ne pas sacrifier la mobilité tactique. Dans un environnement saturé d'effecteurs et de GE. Pas simple. FIN Sans du tout contester ce que tu écris (rien à redire) quelques réflexions : - voir quand même comment les Ukrainiens ont utilisé leur matos. On l'a vu avec nos 10RC, initialement ils en ont fait des MBT, bon c'est pas l'idée du truc... ; - si je prend ton segment très léger + très lourd, c'est bien...pour l'Ukraine. Maintenant, cet ORBAT là sur nos OPEX ces dernières années, est-ce que ça marche ? Là comme ça, pas sur... 1 1 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
BPCs Posté(e) il y a 18 heures Share Posté(e) il y a 18 heures @Titus K On rappelle que l'étude polonaise c'était surtout 1,5 char lourd survivant sur un peloton de 4 attaqué par seulement 10 drones FPV filaires. Donc de là à dire que seul le segment médian est mort, c'est un peu excessif. Surtout que le segment léger russe prend également très cher lors des assauts. (Je n'arrive pas à savoir ce qui est de toi ou de Audran dans ton post) 1 2 1 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Salverius Posté(e) il y a 17 heures Share Posté(e) il y a 17 heures Il y a 17 heures, Titus K a dit : Dans tous les cas, il faut à la fois retrouver de la masse, de l'allonge, de la saturation, de la protection ou de l'agilité, garder une bonne mobilité opérative et ne pas sacrifier la mobilité tactique. Dans un environnement saturé d'effecteurs et de GE. Pas simple. FIN Je ne vois toujours pas comment faire de la masse avec des chars lourds à 33 millions € pièce. https://fr.euronews.com/2025/12/12/la-croatie-achete-des-leopard-allemands-apres-avoir-fait-don-de-chars-a-lukraine Seul le segment médian, auquel appartient le VBCI (mais aussi le Jaguar) peut proposer un niveau de protection appréciable pour un coût maîtrisé. Il faut surtout que les occidentaux développent des solutions anti MTO pour leurs blindés, qu'ils soient lourds, moyens ou légers. 1 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
mehari Posté(e) il y a 16 heures Share Posté(e) il y a 16 heures Vis à vis des problèmes de l'ACSV, est-ce qu'une partie de ceux-ci ne viennent pas du fait qu'il s'agisse grosso-modo d'un LAV III upgradé et passant du coup de 17t à presque 30? Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
BPCs Posté(e) il y a 12 heures Share Posté(e) il y a 12 heures Il y a 3 heures, mehari a dit : Vis à vis des problèmes de l'ACSV, est-ce qu'une partie de ceux-ci ne viennent pas du fait qu'il s'agisse grosso-modo d'un LAV III upgradé et passant du coup de 17t à presque 30? C'est un peu la question que l'on peut se poser, quand on voit les soucis de l'Ajax dérivé d'un Pandur plus léger ou même les problèmes du stryker MGS qui structurellement encaissait mal la puissance du 105mm. Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
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