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[Iran]


Messages recommandés

https://www.lefigaro.fr/international/en-direct-iran-manifestations-trump-regime-contestation-frappes-etats-unis-israel-khamenei-20260113

L'aide est en route selon Donald... 

Je me demande ce qu'il a préparé aux pouvoirs iraniens... 

Après, il pourrait d'agir d'un gros coup de bluff pour faire craquer les négociateurs iraniens pour qu'ils cèdent sur le programme nucléaire et le reste... 

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Il y a 2 heures, Claudio Lopez a dit :

https://www.lefigaro.fr/international/en-direct-iran-manifestations-trump-regime-contestation-frappes-etats-unis-israel-khamenei-20260113

L'aide est en route selon Donald... 

Je me demande ce qu'il a préparé aux pouvoirs iraniens... 

Après, il pourrait d'agir d'un gros coup de bluff pour faire craquer les négociateurs iraniens pour qu'ils cèdent sur le programme nucléaire et le reste... 

Il bluffe ET il cherche à obtenir que ça lâche en face. Mais à trop bluffer, il pourrait pousser le régime à chuter, ce qui lui permettrait également d'envisager de discuter en position de force derrière.

Il y a 2 heures, greg0ry a dit :

Quelles sont les possibilités de Donald?

une frappe est possible mais qui viserait quels objectifs ?

des troupes au sol? Je ne pense pas.

des frappes répétées? Depuis où avec qui ? 

Avis personnel ? Éliminer le Guide. 

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il y a 7 minutes, loki a dit :

Comme aucune négociation n'est actuellement en cours......

Si il y a des négociateurs Americain et iraniens a Oman à Muscat en ce moment... Et les bruits de couloir disent que les iraniens sont prêt à faire beaucoup de compromis pour éviter l'intervention américaine. 

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Iranian Patriots, KEEP PROTESTING – TAKE OVER YOUR INSTITUTIONS!!! Save the names of the killers and abusers. They will pay a big price. I have cancelled all meetings with Iranian Officials until the senseless killing of protesters STOPS. HELP IS ON ITS WAY. MIGA!!! PRESIDENT DONALD J. TRUMP

il y a 2 minutes, Claudio Lopez a dit :

Si il y a des négociateurs Americain et iraniens a Oman à Muscat en ce moment... Et les bruits de couloir disent que les iraniens sont prêt à faire beaucoup de compromis pour éviter l'intervention américaine. 

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Les habitants de Teheran en train d'identifier les corps des membres de leur famille.

Je mets le lien YT, il y a "que" des visages des décédés qui défilent sur des moniteurs et les corps sont dans des sacs mortuaires.

Si la modération considère les images inappropriées, effacez et mes excuses.

L'auteur du post vidéo désire un maximum de publication.

https://youtu.be/OCImIDreJzs?si=9L-XH-nM8ObQ01or

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il y a 3 minutes, greg0ry a dit :

Personne pour lui dire que c’est une mauvaise idée ?

En temps normal, non. Maintenant, alors qu'il se croit tout puissant, protégé par la Providence et en mesure de tout réussir, avec les murmures lénifiants d'amis bien placés ? Absolument personne. 

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il y a 5 minutes, Akilius G. a dit :

On évoque plusieurs milliers de morts, sans plus de précisions sur le lieux et le profil des victimes.

Le régime n est quand même pas très futé pour recourir a un tel niveau de violence...

Ou il a très, très peur de choir et ses derniers soutiens sont très violents (au hasard…) ?

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il y a 31 minutes, Benoitleg a dit :

Ou il a très, très peur de choir et ses derniers soutiens sont très violents (au hasard…) ?

Du peu que j’ai pu entendre ça serait les bassidji qui principalement s’occuperaient du traitement des manifestations.

Personnels non formés , très politisés et fanatisés …. Le meilleur mélange pour un maintient de l’ordre au manche de pioche …..

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il y a 22 minutes, gustave a dit :

De ce que j'ai cru entendre on aurait dépassé depuis longtemps le stade du manche de pioche et les victimes du côté des forces de l'ordre seraient très nombreuses également, plusieurs dizaines voire centaines. Donc du côté des manifestants probablement très très nombreuses...

J'ai effectivement essayé de comprendre l'ampleur et les précedents, là on décrit quelque chose de vraiment très fort.

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https://legrandcontinent.eu/fr/2026/01/13/iran-shah-reza-pahlavi-trump/

En 1951, Mohammad Mossadegh était porté par les électeurs au poste de Premier ministre.

Citation

 

La popularité de ce dernier reposait sur ses promesses de défendre l’autodétermination nationale et de construire un ordre économique plus équitable — en s’appuyant notamment sur un programme de nationalisation des ressources pétrolières de l’Iran.

Lorsque des milliers de personnes envahirent les rues pour soutenir la vision de Mossadegh, le shah s’enfuit et la foule en liesse démolit ses statues.

Publiquement, les États-Unis offrirent leur aide à condition que Mossadegh rétablisse l’ordre, mais la CIA était gênée par cette soudaine ascension : les décideurs politiques américains ne voulaient pas qu’un autre pays du Sud affirme son contrôle sur ses propres ressources. Ils n’étaient pas les seuls : les politiques de Mossadegh avaient suscité l’opposition d’intérêts bien établis, notamment les monarchistes, les industriels et les institutions religieuses iraniens. 

La CIA a cherché à amplifier ces opinions en payant des foules pour qu’elles se rassemblent — créant ainsi l’illusion d’un soutien populaire au shah. Dans le même temps, l’agence a soutenu une faction militaire qui prévoyait de mener un coup d’État. 

En 1953, sous la houlette d’un homme nommé Shaban Jafari — surnommé « Shaban le Sans-Cerveau » (Shaban Bi-Mokh) par les Iraniens — les foules soutenues par la CIA envahirent les rues pour réclamer le retour du shah.

Au milieu du chaos, « BBC Persian » diffusa un message incitant les officiers à lancer un coup d’État. Mossadegh fut arrêté, les mouvements politiques indépendants réprimés et le shah rétabli — établissant enfin un contrôle autocratique total sur le pays. 

Dans les mois qui suivirent, la BBC qualifia ces événements de « révolution populaire ».

Le shah avait une seconde chance — il la saisit.

C’est à partir de ce moment que son règne est devenu de plus en plus corrompu et brutal, fondé sur la torture, le meurtre, l’incarcération et l’intimidation par la SAVAK 7.

En tant que force majeure derrière l’installation forcée d’un tyran, les États-Unis furent à partir de ce moment-là considérés par de nombreux Iraniens comme le principal obstacle à leur liberté : les manifestations de masse de la fin des années 1970 visaient ainsi à la fois le shah et ses soutiens américains.

- - - -

Dans les années 2010, deux nouvelles chaînes privées ont fait leur apparition.

Raffinées, sophistiquées et diffusant un large éventail de contenus, Iran International et Manoto ont remodelé l’environnement médiatique en langue persane 15.

Une enquête menée en 2018 par le Guardian a néanmoins révélé qu’Iran International avait reçu un quart de milliard de dollars de l’Arabie saoudite 17.

Les deux chaînes prônent une ligne éditoriale qui favorise le retour à la monarchie.

Manoto, en particulier, produit des documentaires nostalgiques sur le règne du shah, reprenant son ancienne propagande et insistant, comme lui, sur le thème de l’Iran dirigé par les Pahlavi comme un État moderne tourné vers l’avenir. La chaîne trouve le moyen de puiser dans les archives de la télévision d’État d’avant 1979 — mais la manière dont elle se procure ces bobines reste un mystère.

Ces programmes nostalgiques évitent soigneusement de mentionner les inégalités extrêmes et la répression quasi totale de la liberté d’expression sous le règne du shah, se concentrant plutôt sur la réhabilitation de l’image des Pahlavi.

Manoto va jusqu’à justifier certaines des atrocités commises à cette époque, en diffusant notamment une interview complaisante de l’ancien adjoint de la SAVAK, Parviz Sabeti, que ses victimes décrivent pourtant comme « l’architecte de l’institutionnalisation de la torture en Iran ». Bon nombre des pires traits de la République islamique — ceux que les opposants citent le plus souvent pour justifier un changement de régime — trouvent en effet leurs racines dans l’ère Pahlavi, si idylliquement dépeinte dans les programmes d’Iran International et de Manoto.

- - - -

Les Irano-Américains se sont activement opposés au Muslim Ban décrété par Trump pendant son premier mandat 21 et ont largement rejeté la politique de sanctions américaines contre l’Iran. Une enquête réalisée en 2025 avant la guerre de juin a révélé que la plupart des Irano-Américains s’opposaient également à une attaque américaine contre l’Iran 22.

Pourtant, sur les réseaux sociaux tels que celui d’Elon Musk, X (ex-Twitter), les voix iraniennes de la diaspora qui comptent le plus d’abonnés sont celles des partisans de Trump, des défenseurs d’Israël et des partisans de la guerre et des sanctions, tandis que les Irano-Américains qui s’opposent à ces politiques sont assaillis de commentaires de rage en anglais et en persan. 

De nombreuses preuves ont ainsi été mises au jour ces dernières années révélant une vaste campagne sur les  réseaux sociaux — menée principalement depuis Israël, l’Arabie saoudite et les États-Unis — qui a artificiellement amplifié l’influence d’un petit groupe d’influenceurs de droite favorisant un changement de régime et soutenant Reza Pahlavi.

- - - -

La manipulation des réseaux sociaux iraniens m’est apparue clairement pour la première fois en novembre 2019.

À l’époque, je vivais à Téhéran lorsque des manifestations ont éclaté contre un projet du gouvernement visant à supprimer les subventions sur l’essence.

Dans l’espoir d’apaiser la colère et d’empêcher l’organisation, le gouvernement a coupé l’accès à Internet dans tout le pays. Au cours de cette même semaine, l’État a également réprimé la population et tué des centaines de personnes — usant des mêmes procédés qu’aujourd’hui en Iran.

Pourtant, alors que le pays était déconnecté d’Internet, les réseaux sociaux iraniens ont explosé de messages promouvant un changement de régime et Reza Pahlavi comme « la voix des Iraniens ». 

Des milliers de tweets faisaient référence à des manifestants qui auraient crié « Reza Shah Rouhet Shad » (« Que Dieu te bénisse, Reza Shah », en référence au grand-père de Pahlavi). 

Lorsqu’Internet a finalement été rétabli, ceux d’entre nous qui se trouvaient en Iran ont été stupéfaits de voir ce qui s’était passé en ligne pendant le blackout.

C’est peu ou prou ce qu’on observe pendant la séquence actuelle.

D’où qu’ils proviennent, ces messages ne venaient pas de l’intérieur du pays : tout portait à croire qu’une opération d’influence était en cours.

Après l’arrivée au pouvoir de Trump et la sortie de l’accord nucléaire de 2015, de faux comptes ont commencé à se multiplier, publiant en masse des commentaires en faveur de Reza Pahlavi et contre les personnes et les organisations soutenant la diplomatie entre les États-Unis et l’Iran.

Ces comptes se concentraient sur la promotion de hashtags tels que #TrumpWillDestroyIran, attisant la colère contre ceux qui osaient être en désaccord. 

D’autres, comme #IRGCTerrorist, exigeaient que les États-Unis ajoutent le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) à leur liste des organisations terroristes étrangères — ce que Trump a d’ailleurs fait en 2019, cette désignation étant maintenue depuis lors.

Geoff Golberg est l’un des journalistes d’investigation qui a contribué à faire la lumière sur cette opération 23. 

Fondateur de Social Forensics, une société d’analyse des réseaux sociaux, il rapporte que son intérêt a été éveillé début 2019 par un expert en campagnes de désinformation, Ben Nimmo, qui était alors membre fondateur du Digital Forensics Research Lab de l’Atlantic Council, avant de devenir responsable mondial du renseignement sur les menaces chez Meta et d’occuper aujourd’hui un poste similaire chez OpenAI.

Ben Nimmo avait tweeté à propos d’un trafic suspect promouvant un hashtag en soutien d’un sommet organisé par Trump à Varsovie dans le but de former une coalition mondiale anti-Iran (#WeSupportPolandSummit).

Lorsque Golberg a commencé son enquête, il a découvert que le hashtag avait effectivement été amplifié artificiellement par de faux comptes.

Pour donner suite à cette découverte, il a commencé à suivre les comptes qui comptaient des milliers d’abonnés mais n’avaient aucune existence physique discernable — et dont beaucoup étaient associés à des groupes pro-Pahlavi 24.

Lorsque Golberg a écrit et tweeté ses conclusions, il a été ridiculisé et traité de pion du régime iranien. Lui et sa famille ont été victimes de doxxing. Leurs adresses et numéros de téléphone ont été divulgués. 

En creusant, il a découvert que bon nombre de ces comptes semblaient être liés à l’Iran Disinformation Project 25, un projet financé par le département d’État américain visant à « troller » les militants des droits humains, les journalistes et les personnalités publiques opposés à la guerre contre l’Iran. 

Parmi les cibles récurrentes de cette opération figuraient Jason Rezaian, un journaliste du Washington Post précédemment emprisonné en Iran, et Tara Sepehri Far, chercheuse à Human Rights Watch.

En mai 2019, à la suite de rapports sur ses attaques, le département d’État a résilié le contrat du projet Iran Disinformation Project. 

Grâce à un procès intenté en vertu de la loi sur la liberté d’information, le journal d’investigation The Intercept a appris par la suite que des fonds continuaient d’être versés à l’organisation qui le mettait en œuvre — l’E-Collaborative for Civic Education — qui a reçu près de 10 millions de dollars du gouvernement américain au cours des années 2010 pour mener à bien un certain nombre de projets liés à l’Iran.

Pendant ce temps, Golberg a continué à s’intéresser à l’affaire.

À la suite de l’assassinat par les États-Unis du général Qasem Soleimani, membre du Corps des gardiens de la révolution islamique, au début de l’année 2020, il a étudié le hashtag #IraniansDetestSoleimani, identifiant ainsi un vaste réseau de faux comptes et une poignée de personnalités réelles qui y étaient liées — tous deux en lien avec le projet Iran Disinformation Project 26. 

Et les comptes inauthentiques ont tweeté en bien plus grand nombre que les comptes organiques, ce qui leur a permis d’avoir un impact disproportionné. Golberg a décrit la campagne comme « des faux comptes retweetant d’autres faux comptes ». La rhétorique visait à présenter les positions anti-guerre comme pro-régime.

Une partie du contenu produit l’Iran Disinformation Project a été pris en charge par la Foundation for the Defense of Democracies (FDD), un groupe de réflexion néoconservateur dirigé par Clifford May, faucon de la guerre en Irak et ancien directeur de la communication du Comité national républicain, et soutenu depuis des années par des personnalités telles que les milliardaires Bernard Marcus et Sheldon Adelson — aujourd’hui décédés — grands donateurs de Trump.

Saeed Ghasseminejad, conseiller principal de la FDD, qui compte plus de 100 000 followers sur X, où il se présente comme un « libéral classique » et « non partisan », était un prestataire du projet de désinformation, selon Responsible Statecraft. 

Son compte Twitter a été l’un des premiers à tenter de discréditer Golberg.

Aujourd’hui, l’objectif déclaré du FDD est de « renforcer la sécurité nationale des États-Unis et de réduire ou d’éliminer les menaces posées par les adversaires et les ennemis des États-Unis ». 

Mais comme l’a rapporté The Nation en 2014 27, le FDD a commencé sous le nom d’Emet : An Educational Initiative, un groupe fondé en 2001 qui visait à « améliorer l’image d’Israël en Amérique du Nord ». 

Les deux objectifs ont toujours été flous, et la vague de tweets de 2020 encourageant la guerre contre l’Iran a fait avancer les deux à la fois. Ou plutôt, c’est ce qu’on pourrait penser si on part du principe que les efforts de propagande visant à ouvrir la voie à un changement de régime en Iran « renforcent la sécurité nationale des États-Unis », comme semble le croire le gouvernement américain.

Ces efforts ne semblent être que la partie émergée de l’iceberg d’une tentative plus large de déstabiliser l’Iran par la manipulation des réseaux sociaux.

En 2017, le prince saoudien Mohammed ben Salmane a ainsi rencontré la société israélienne Psy-Group pour discuter d’un plan qui consistait à « créer de faux comptes sur les réseaux sociaux en farsi afin de fomenter des troubles en Iran » et à « financer des groupes d’opposition iraniens » 28. Une enquête menée en 2019 par le New Yorker a qualifié Psy-Group de « partie intégrante d’une nouvelle vague de sociétés de renseignement privées qui recrutent parmi les rangs des services secrets israéliens » afin de « façonner la réalité » grâce à « l’utilisation d’identités fictives élaborées pour manipuler leurs cibles » 29.

Une partie de la difficulté à tracer et à exposer la cyberguerre réside dans le fait que les auteurs nient généralement la mener et sont toujours désireux de la dissimuler. 

Mais le fait que le gouvernement saoudien et Psy-Group aient pris part à des discussions directes, ce que les deux nient publiquement, suggère fortement que les armées de bots qui ont inondé les réseaux sociaux iraniens — alimentées par des comptes arborant des couronnes, des lions et des drapeaux israéliens et faisant l’éloge de Pahlavi — pourraient trouver là leur origine humaine.

D’autres sont arrivés en octobre 2022, lorsque les bots ont amplifié les figures de droite qui se sont greffées au mouvement Femme, Vie, Liberté pour critiquer les voix anti-guerre en les qualifiant d’« apologistes du régime ».

Suscitée par l’assassinat de Mahsa Amini, qui aurait refusé de porter le hijab alors qu’elle était en garde à vue, le mouvement a exigé la fin de la discrimination sexuelle et ethnique et de la répression politique.

Les bots et les trolls ont suivi : le hashtag #MahsaAmini a reçu plus de 330 millions de tweets en seulement un mois, tandis que #BlackLivesMatter a été tweeté quelque 83 millions de fois en huit ans 30.

Comme le montre Golberg, Israël a joué à ce moment-là un rôle central dans la manipulation des armées de bots.

Le gouvernement israélien développait depuis des années des capacités similaires, allant même jusqu’à admettre en 2023 avoir déployé ce que l’Associated Press a qualifié de « guerriers du clavier » 31. 

Soutenus par des cyberbrigades israéliennes, des tweets ont qualifié l’écrivain et activiste Trita Parsi, cofondateur du Quincy Institute for Responsible Statecraft, de marionnette des mollahs — ce qui est peu probable, compte tenu de sa foi zoroastrienne — et les journalistes exilées Farnaz Fassihi et Negar Mortazavi d’agents du régime.

Même la militante des droits humains et future lauréate du prix Nobel de la paix Narges Mohammadi, qui était alors détenue comme prisonnière politique à Evin, a fait l’objet d’insultes.

L’épouse de Reza Pahlavi, Yasmine, a alimenté les attaques — alléguant que Mohammadi était en mesure de communiquer avec le monde extérieur grâce à des relations peu recommandables au sein du régime. En réalité, comme la plupart des prisonniers en Iran, elle était autorisée à passer des appels téléphoniques et faisait régulièrement passer des notes en cachette.

Cette vague de haine en ligne a atteint son apogée contre la plus grande organisation civile iranienne américaine, le National Iranian American Council (NIAC). 

Le NIAC s’est construit une base en s’opposant à la guerre et aux sanctions et en défendant les droits civils des Irano-Américains. 

Il a également été à une époque une puissance diplomatique, encourageant les négociations entre les États-Unis et l’Iran qui ont abouti à l’accord nucléaire de 2015.

Les attaques contre le NIAC ont commencé avec une vidéo tweetée par Emily Schrader, consultante en marketing israélo-américaine et PDG d’une société appelée Social Lite Creative 32, qui affirme travailler aux côtés des Forces de défense israéliennes (FDI) pour « mener des efforts sur les réseaux sociaux » concernant la guerre menée par Israël contre Gaza en 2014. Le mari de Schrader, Yoseph Haddad, est par ailleurs un influenceur pro-israélien bien connu qui a servi dans les FDI. 

Schrader a partagé la vidéo d’elle-même, accompagnée de sous-titres en persan, début octobre, quelques semaines après le début des manifestations « Femme, vie, liberté ». 

Depuis des années, le NIAC exprime son soutien aux mouvements populaires et aux manifestations en Iran et critique le bilan de la République islamique en matière de droits humains. Il n’y a qu’à consulter son site web pour lire les nombreuses condamnations de la répression exercée par l’État iranien 33. 

Dans la vidéo, Schrader accuse à tort le NIAC de fermer les yeux sur les droits humains et le qualifie à tort d’« organe actif du régime iranien ». 

Ces accusations ont été rapidement amplifiées par un vaste réseau de bots sur les réseaux sociaux en langue persane, et très vite, Iran International a même produit un documentaire reprenant ces fausses allégations.

Sur les quelque 200 000 comptes Twitter impliqués dans cette croisade en ligne, la moitié n’existait que depuis un an ou deux — et les deux tiers comptaient moins de 300 abonnés 34. 

Des comptes récents, avec peu d’abonnés et encore moins de tweets, ont soudainement publié des centaines de messages par jour sur le prétendu lobbying du NIAC en faveur des mollahs dictateurs iraniens et ont multiplié les tweets harcelants à l’encontre des Irano-Américains opposés à la guerre et aux sanctions. 

Et même si le faible nombre d’abonnés limitait la portée de ces messages, ces comptes ont tout de même joué un rôle dans le « détournement » de l’algorithme de tendance de Twitter, comme le note Golberg.

En creusant davantage, Golberg a remarqué des liens inquiétants.

Les comptes officiels du gouvernement israélien, notamment ceux de Hananya Naftali, l’assistant numérique de Netanyahou, ainsi que celui d’Israel Persian, le compte officiel en persan du ministère israélien des Affaires étrangères, suivaient des comptes en persan non authentiques et non vérifiés, comptant des centaines de milliers d’abonnés, qui publiaient chaque jour des centaines, voire des milliers de tweets faisant la promotion de Reza Pahlavi et d’Israël.

Pourtant, rien ne pourrait être plus préjudiciable aux mouvements pro-démocratiques iraniens que l’insistance sur le fait que l’opposition à la République islamique nécessite de soutenir un monarque impopulaire et déchu, lié à Israël et aux néoconservateurs américains. 

La République islamique cherche depuis longtemps à discréditer ses opposants en les accusant d’être à la solde d’Israël et des États-Unis. En se rapprochant de Netanyahou tout en se positionnant comme la voix de l’opposition, Pahlavi se montre contre-productif. 

Lorsque Yasmine Pahlavi fait l’éloge des soldats israéliens pour avoir soi-disant incarné les idéaux de la femme, de la vie et de la liberté, la lutte pour la liberté en Iran fait un pas en arrière 36.

 

Tout comme les foules de Téhéran à la solde de la CIA en 1953, les efforts de propagande dirigés par le Département d’État et les influenceurs pro-israéliens créent l’illusion d’un soutien populaire à l’installation d’un monarque par des puissances étrangères.

Alex Shams

Ce texte est adapté de l’enquête publiée à l’origine dans la Boston Review le 6 août 2025.

https://www.bostonreview.net/articles/our-man-for-tehran/

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il y a une heure, gustave a dit :

De ce que j'ai cru entendre on aurait dépassé depuis longtemps le stade du manche de pioche et les victimes du côté des forces de l'ordre seraient très nombreuses également, plusieurs dizaines voire centaines. Donc du côté des manifestants probablement très très nombreuses...

J'ai lu 102 ou 106 "martyrs" ( c'est la terminologie utilisée par le pouvoir  ) dans les forces de l'ordre. 

Et ça date de 48 heures. 

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L'armée régulière avec un soutien extérieur n'aurait pas la carrure ni l'envie de rejoindre l'insurrection et se voir garantir une reprise au premier rang une fois le drame passé ?

Ca me fou en boule de voir une jeunesse vouloir se libérer et se faire tuer pour cela... 

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Il y a 6 heures, Colstudent a dit :

L'armée régulière avec un soutien extérieur n'aurait pas la carrure ni l'envie de rejoindre l'insurrection et se voir garantir une reprise au premier rang une fois le drame passé ?

Ca me fou en boule de voir une jeunesse vouloir se libérer et se faire tuer pour cela... 

le scénario dont tu parles pourrais ressembler à celui qui s’est déroulé en Irak en 1991 dans les provinces du Sud.

ici contrairement à la Syrie le parti dirigeant est homogène religieusement et ethniquement avec la majorité de la population.

Et si ce sont les bassidji qui sont déployés ainsi que des unités de l’armée c’est je pense pour garder l’irgc en réserve pour surveiller tout ce monde 

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Je pense qu'il faut faire très attention à plusieurs éléments.

D'abord les racines de cette révolte sont économiques et liées au manque d'eau. Par dessus est plaqué le rejet du régime et donc récupéré par les US et Israël qui n'en espéraient pas autant compte tenu de la tentative foireuse de déstabilisation d'il y a un an. Vu leurs hésitations on peut dire qu'il n'étaient pas prêt et qu'ils ne savent pas comment gérer le truc compte tenu que les US auraient un second front à gérer en plus des caraïbes voir du Groenland.

Ensuite ni la foule ni le régime n'en sont à leur premier rodéo. Ca fait quelques milliers d'année que ca se passe comme çà. Le sentiments souverainiste y est donc suffisamment présent pour interroger toute politique de déstabilisation de ce pays. Pour le dire simplement chaque famille de ce pays a ou a eu un ou plusieurs de ces membres impliqué dans l'administration. Bonne chance pour faire passer un gouvernement plaqué de l'extérieur dans ces conditions.

Enfin et surtout le président actuel n'est pas le pouvoir, il en est qu'une facade. Le pouvoir réel en Iran est très diffus et très peu incarné. C'est pas une personne qu'il faut abattre mais plusieurs centaines ou millier. Pour abattre une telle structure çà ne peut venir que de l'intérieur, que de sa foi en elle-même. La structure monarchique d'avant était bien plus fragile et surtout serait incapable de tenir très longtemps sans soutien intérieur.

Je crois donc illusoire un changement de régime. 

Modifié par herciv
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Il y a 11 heures, greg0ry a dit :

Du peu que j’ai pu entendre ça serait les bassidji qui principalement s’occuperaient du traitement des manifestations.

Personnels non formés , très politisés et fanatisés …. Le meilleur mélange pour un maintient de l’ordre au manche de pioche …..

Ca me parait une politique faite pour maintenir les institutions, surtout l'armée, loin des violences pour qu'elles ne soient pas salies par cette répression. Une politique Good Cop bad Cop à l'échelle d'un pays. Encore une fois çà n'est pas leur premier rodéo.

Modifié par herciv
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Il y a 13 heures, Ciders a dit :

Avis personnel ? Éliminer le Guide

Il peut mais il sera remplacé au pied levé par le régime. Si il veut installer un pantin comme au Vénézuela, il faut que le pantin s'appui sur une administration bienveillante. Bonne chance à lui.

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Il y a 4 heures, herciv a dit :

D'abord les racines de cette révolte sont économiques et liées au manque d'eau.

À partir d'une révolte économique liée au manque d'eau, les puissances extérieures peuvent fournir des armes et alimenter une guerre civile de 10 ans comme en Syrie.

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