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Alexis

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Tout ce qui a été posté par Alexis

  1. Voyons le bon côté des choses, un certain nombre des personnes interrogées font des réponses tout à fait adéquates. Comme celui à qui on rappelle que Medvedev a parlé de la Pologne et qui répond "Que Medvedev aille se faire f.....", celui à qui on fait miroiter de voyager sans visa en Pologne et qui répond "Je ne pense pas qu'il faut faire la guerre pour ça", et encore quelques autres. Reste que quelques-uns sont vraiment Deux ou trois femmes plutôt âgées sont vraiment extrémistes. Quelques autres se pensent probablement modérées, mais ne le sont vraiment pas. Comme celui qui répond la Pologne non on a déjà du mal en Ukraine (mais ne remet donc pas en cause la conquête de l'Ukraine), celle qui répond la Pologne non mais les terres "historiquement russes" comme l'ouest de l'Ukraine avec Lviv et Jytomyr il ne faut pas que les Polonais y touchent, celui qui dit la Pologne non mais les pays Baltes si parce que c'est plus petit et à quoi servent ces territoires aussi ils ne savent pas rester neutres comme les Finlandais pendant la guerre froide... Il vaut la peine de remarquer que la géographie qui se dessine à écouter les plus agressives de ces personnes est celle de l'URSS. Pas la Pologne pour la plupart, pas la Finlande en tout cas. Mais l'Ukraine y compris de l'ouest avec Lviv, mais les pays Baltes... Une partie importante de la population russe - majoritaire ou pas, impossible de savoir, un micro-trottoir n'est pas un sondage - a été convaincue que les "vraies frontières" de leur pays sont celles de l'Union soviétique. Ces gens veulent revenir en 1980, moins le communisme. Ne pas imaginer en tirer des indications chiffrées, en effet, ça n'est pas un sondage. Mais la tendance "agressive plus plus" existe bel et bien en Russie, sauf à imaginer effectivement que le micro-trottoir soit complètement bidonné en ayant éliminé les 95% de gens les plus pacifiques. Ne pas oublier non plus que le micro-trottoir a été fait à Moscou... ville plus riche et plus libérale que la moyenne de la Russie.
  2. La question, si c'est confirmé, est de savoir si le commandement ukrainien a réussi à évacuer tout son monde à l'avance. Sourovikine y était arrivé au moins en très grande partie lors de l'évacuation de Kherson.
  3. J'ai vu passer un démenti ukrainien. Le président Zelenski a corrigé l'information : il ne s'agit évidemment pas de sabotage, mais d'une opération militaire spéciale Tu fais le fier, mais en réalité ce rapport est tout à fait public. Du moins la fuite sur ce rapport, qui est résumée ici. Non seulement il apparaît que les pertes ukrainiennes sont 6 à 7 fois supérieures à celles des forces russes, mais les presque 3000 combattants de l'OTAN morts en Ukraine sont cités. Les rangées de nouvelles tombes dans les cimetières militaires allemands et polonais, c'est pour ça. C'est bien un rapport du Mossad. Enfin, la branche du Mossad dans laquelle Vladimir Poutine a travaillé dans sa jeunesse ... On observera en tout cas que les belligérants sont d'accord pour dire que les pertes de l'ennemi sont au moins cinq fois supérieures aux nôtres...
  4. Je n'ai jamais dit le contraire. Je parlais seulement de la possibilité pour la Russie d'atteindre un - et un seul - de ses objectifs principaux cette année, c'est-à-dire prendre le contrôle de l'ensemble du Donbass. A ce rythme, atteindre l'ensemble de leurs objectifs prendra clairement plusieurs années. J'ai rajouté l'option qui manquait Faire "tourner" les troupes qui combattent sur le front est de bonne gestion dans le cadre d'une guerre longue.
  5. D'accord pour ce qui du scénario le plus probable à court / moyen terme. Sur le plus long terme, je ne suis pas optimiste sur les chances de l'Ukraine de "tenir" dans ce qui serait une répétition de la situation de blocage des grandes offensives constatée pendant la 1ère GM, à cause de deux différences essentielles : - L'Ukraine a 4 fois moins de population que la Russie. Or "il est d'usage que Dieu soit du côté des gros bataillons contre les petits", à plus forte raison dans une situation où c'est la masse qui compte, et encore le volume de l'artillerie où la Russie a aussi un avantage important. L'Allemagne a échoué à Verdun dans son plan de "saigner à blanc" l'armée française parce qu'elle a saigné tout autant, mais Berlin n'avait pas un très gros avantage démographique sur Paris, et avait encore d'autres adversaires que la France. La Russie en revanche peut tout à fait se permettre un "taux d'échange" de 1 contre 1 si c'est pour saigner à blanc l'armée ukrainienne, son seul adversaire sur le terrain - Contrairement à la 1ère GM, un et un seul des protagonistes peut affaiblir progressivement son adversaire par le bombardement stratégique - à commencer par sa capacité économique. L'asymétrie est majeure, et le fait que la campagne anti-infrastructures de Moscou n'ait pas à elle seule fait s'écrouler l'économie ukrainienne n'empêche pas qu'elle a eu des résultats profonds, et qu'elle peut être prolongée essentiellement indéfiniment Poutine semble avoir le peuple russe derrière lui pour une guerre de longue haleine - certains sont probablement moins convaincus que d'autres, mais enfin l'ensemble suit. Dans une telle guerre de plusieurs années, je vois mal les avantages structurels profonds de la Russie sur l'Ukraine - taille démographique, asymétrie du bombardement - être sans effet sur l'équilibre du front. Et je ne vois pas le bloc occidental faire les efforts très importants qui seraient nécessaires pour compenser ces avantages et donner à l'Ukraine une chance de "tenir" jusqu'à ce que - dans un scénario optimiste - le peuple russe finisse après plusieurs années à rechigner et demander au pouvoir de trouver d'autres options. Je veux dire que ce n'est pas ce que fait le bloc occidental maintenant... or est-il raisonnable d'imaginer que la détermination des Occidentaux aille croissant avec le temps ? Reste bien sûr les scénarios alternatifs, qui semblent plus incertains mais dont l'un ou l'autre pourrait toujours arriver. En vrac et sans exhaustivité : - Offensive russe débordant l'armée ukrainienne sur une autre partie du front, par exemple à la frontière avec la Biélorussie - Un nouveau président américain décide de laisser les Européens soutenir l'Ukraine seuls - Effondrement politique en Russie - La Chine impose aux protagonistes une solution dont elle définit les principaux paramètres etc. etc.
  6. Sarcasme mis à part, si la Russie réussit à réduire Bakhmout, la conséquence probable semble être de condamner l'avant-dernière ligne de défense ukrainienne dans le Donbass, la dernière passant par Sloviansk et Kramatorsk où les Ukrainiens seraient alors obligés de faire retraite. La suite dépendrait naturellement de pas mal de choses, y compris des potentielles contre-attaques ukrainiennes - si Kiev dispose vraiment des moyens d'en monter, ce qui est une question - mais la Russie pourrait alors envisager avec une certaine confiance de parvenir à conquérir cette dernière ligne de défense avant l'automne. Donc d'arriver à leur premier - non le seul - objectif le contrôle sur l'ensemble du Donbass.
  7. Poutine ne nie pas l'identité, mais bien la souveraineté de l'Ukraine. Bismarck ne niait pas la souveraineté française. La Chine nie bien la souveraineté tibétaine ou ouïghoure, et la France n'aurait reconnu une souveraineté néo-calédonienne que si les habitants l'avaient décidé. La volonté de "renégocier" les frontières - enfin une renégociation de calibre 152 mm ... - n'est pas seule en cause. Quand Poutine veut imposer à l'Ukraine non seulement l'abandon de provinces, mais la neutralité et une démilitarisation poussée - voir les conditions exigées par la Russie lors de la négociation de mars-avril 2022 - il veut la mettre dans une situation d'impossibilité de se défendre devant la Russie. Ce qui aurait pour conséquence assez claire de compromettre sa souveraineté. Qu'est-ce qui empêcherait alors Poutine de constater deux ans plus tard "Mais y a encore des nazis chez vous !" et de revenir pour "finir le travail" ? Les Ukrainiens peuvent le voir venir gros comme une maison... Le message est clair oui. Surtout quand on le met en rapport avec le petit nombre de chars lourds modernes que Allemagne, Finlande, Portugal et Canada vont envoyer bientôt - 25 Leopard 2 si j'ai bien compté. Les 14 chars lourds que la Grande-Bretagne va envoyer. Les 31 M1 que les Etats-Unis enverront... peut-être l'année prochaine, enfin on espère que ce ne sera pas en 2025. La centaine de Leopard 1 que l'Allemagne enverra en 2023-2024 - dans le même temps l'armée russe devrait recevoir 800 chars nouvellement rénovés, T62 (même génération que Leopard 1) ou supérieurs. (Tout ceci alors que les Etats-Unis alignent plus de 3500 M1 dans leurs réserves... Et qu'à part obus de 155 mm et Caesar, l'industrie militaire n'est guère mobilisée) Et on peut encore citer les péroraisons à la conférence d'autocongratulation de sécurité de Munich - Russie pas beau, Ukraine on les aime ! Et la visite de Biden à Kiev tous sourires sortis - il n'a pas dit "Я з Києва" l'équivalent du "Ich bin ein Berliner" de Kennedy, mais c'était tout comme. Le message à Moscou est clair en effet. Et rassurant pour Poutine
  8. "Capable d'audace et d'ambition" ... Oui, un peu trop même ! C'est un plantage phénoménal... En effet. Le problème est que pour Poutine, admettre l'échec, l'échec "sec", franc et massif n'est pas envisageable. Il y risque trop, à la fois personnellement et - peut-être surtout - quant à la trace qu'il laissera dans l'Histoire russe, qui lui importe peut-être plus que tout. Il cherche donc une solution, bien sûr. Mais seulement vers l'avant.
  9. La Turquie a une certaine capacité de jouer les bons offices, pouvant se revendiquer proche à des titres divers à la fois de l'Ukraine et de la Russie. Et elle l'a utilisée avec succès pour négocier l'accord sur l'exportation des céréales. Cela dit, elle n'a guère de moyen de pression. La Chine, si - et pas des petits.
  10. "Puissances mondiales indépendantes et responsables", c'est très agréable à entendre d'un point de vue français, comme je suppose allemand, mais il faut reconnaître que c'est du bonissage de la bath, pour parler un argot vieillot - mais que comprendrait OSS117 - c'est-à-dire de la flatterie Cela dit, s'il s'agit de dire que Paris et Berlin ont chacun un certain poids, et qu'il pourrait être dans leurs intérêts de l'utiliser en vue de... leurs intérêts, c'est un discours qui se tient. Car bien sûr, dénoncer les "flatteries" de la Chine, d'un point de vue américain / OTAN-conforme, c'est surtout un moyen de pousser les Européens de l'ouest à ne surtout pas se demander où sont leurs intérêts propres, et comment ils pourraient les servir. Mieux vaut s'en remettre aux Etats-Unis, qui savent fort bien que le mieux est pour tous les pays du monde de les appuyer contre la puissance qui menace de les supplanter ou du moins de remettre en question leur primauté mondiale le centre de l'autocratie, de la dictature et de tout ce qui est mauvais en ce monde. Et de fait, les tentatives de paix chinoises vont plutôt dans le sens des intérêts français. Quant à voir la Chine jouer un rôle important dans un accord de paix européen, je ne vois pas en quoi cela devrait être un problème. Nos ancêtres d'il y a 4 générations avaient certes des idées assez orgueilleuses de supériorité culturelle voire raciale, mais nous avons depuis longtemps décidé de mettre ces idées de côté.
  11. C'est encore une réponse aux appels du pied des Européens, notamment de Emmanuel Macron Le 15 novembre Le président français Emmanuel Macron a appelé ce mardi 15 novembre son homologue chinois Xi Jinping à « unir » leurs « forces » contre la guerre en Ukraine, soulignant que la « stabilité » dans le monde était aussi dans « l’intérêt » de la Chine. Il convient « d’unir nos forces pour répondre (..) aux crises internationales comme la guerre lancée par la Russie en Ukraine », a lancé le chef de l’Etat français au début d’un entretien bilatéral en marge du sommet du G20. Il y va de « l’intérêt et de la Chine et de la France, c’est-à-dire une véritable stabilité », a-t-il ajouté. Le 27 janvier Le président français Emmanuel Macron a assuré qu'il continuerait à "parler à la Russie", malgré les critiques que cela suscite, mais a aussi appelé la Chine à se prononcer contre la "guerre impérialiste" en Ukraine. "Tous nos pays ont une position à tenir, celle du respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale (...) quelles que soient les amitiés, les alliances que l'on peut nourrir", a-t-il dit lors d'une réception à l'Élysée à l'occasion du Nouvel An du calendrier lunaire. La Chine a discuté ses propositions avec Allemagne, France et Italie avant de les rendre publiques.
  12. Le plan chinois semble à première lecture très général, mais en fait il me semble qu'il est possible d'en tirer des dispositions applicables - je veux dire dont on peut imaginer que les différentes parties les appliquent, surtout bien sûr si elles sont "motivées" par une pression suffisante de Pékin. Un petit exemple à partir du texte en français dont j'ai donné le lien plus haut 1. Respecter la souveraineté de tous les pays. Le droit international universellement reconnu, y compris les buts et principes de la Charte des Nations Unies, doit être strictement observé. La souveraineté, l’indépendance et l’intégrité territoriale de tous les pays doivent être effectivement garanties. Les pays, qu’ils soient grands ou petits, puissants ou faibles, riches ou pauvres, sont membres égaux de la communauté internationale. Les différentes parties doivent préserver ensemble les normes fondamentales régissant les relations internationales et défendre l’équité et la justice internationales. Il faut promouvoir une application égale et uniforme du droit international et rejeter le deux poids deux mesures. C'est la principale difficulté. D'une part le droit international est clair : les cinq provinces en dispute font partie du territoire ukrainien. D'autre part la constitution russe est tout aussi claire : ce sont des parties de la Russie, qu'il est interdit d'aliéner. Ca ne veut pas dire qu'une solution soit impensable. Toute solution autre que la victoire totale d'un côté ou de l'autre ne peut manquer de "faire mal" aux deux parties à la fois. Une option envisageable : joindre à la réaffirmation de l'inaliénabilité du territoire internationalement reconnu la réaffirmation de la possibilité de référendums d'autodétermination, les organiser sous contrôle international dans chacun des cinq oblasts en question et faire approuver la chose par le peuple russe dans un référendum constitutionnel ("oui on est d'accord pour que les locaux décident") ainsi que par le peuple ukrainien ("nous aussi"). Résultat très probable : Crimée russe, Zaporijjia et Kherson ukrainiens, Donetsk et Louhansk à voir ça pourrait être l'un ou l'autre Evidemment, il faudrait une pression intense de Pékin pour que Moscou et Kiev s'y résolvent 2. Renoncer à la mentalité de la guerre froide. Il ne faut pas rechercher la sécurité d’un pays au détriment de celle des autres, ni garantir la sécurité d’une région par le renforcement voire l’expansion des blocs militaires. Les intérêts et préoccupations sécuritaires légitimes des différents pays doivent être pris au sérieux et traités de manière appropriée. Il n’y a pas de solution simple aux problèmes complexes. Toutes les parties doivent poursuivre la vision de sécurité commune, intégrée, coopérative et durable, garder à l’esprit la paix et la stabilité de long terme dans le monde, et promouvoir la construction d’une architecture de sécurité européenne équilibrée, effective et durable. Il faut s’opposer à ce qu’un pays recherche sa propre sécurité au prix de celle d’autrui, prévenir la confrontation des blocs, et œuvrer ensemble à la paix et à la stabilité sur le continent eurasiatique. Là, c'est les Etats-Unis et l'OTAN qui sont à la peine. Garantie par traité que l'Ukraine ne rejoindra jamais l'OTAN ni n'établira de partenariat stratégique équivalent avec les Etats-Unis. Référendum constitutionnel en Ukraine pour changer la constitution sur ce point - depuis 2019, elle rend obligatoire de rechercher l'intégration du pays à l'OTAN. 3. Cesser les hostilités. Les conflits et guerres ne font de bien à personne. Les parties doivent toutes garder la raison et la retenue, s’abstenir de mettre de l’huile sur le feu et d’aggraver les tensions, et prévenir une nouvelle détérioration ou même un dérapage de la crise ukrainienne. Il faut soutenir la Russie et l’Ukraine de sorte qu’elles travaillent dans la même direction pour reprendre au plus tôt un dialogue direct, promouvoir progressivement la désescalade de la situation et parvenir finalement à un cessez-le-feu complet.  Cessez-le-feu intégral. Pas le plus difficile à appliquer. 4. Lancer les pourparlers de paix. (...) 5.Régler la crise humanitaire. (...) 6.Protéger les civils et les prisonniers de guerre. (...) Assez consensuel. Reste à le faire. 7.Préserver la sécurité des centrales nucléaires. La Chine s’oppose aux attaques armées contre les centrales nucléaires (...) Plus d'attaque ukrainienne sur le site de la centrale nucléaire de Zaporijjia. Bon, de toute façon, s'il y a cessez-le-feu... 8.Réduire les risques stratégiques. (...) 9.Faciliter l’exportation des céréales. (...) Assez consensuel. 10.Mettre fin aux sanctions unilatérales. Les sanctions unilatérales et la pression maximale n’aident pas à régler les problèmes et ne font que créer de nouveaux problèmes. La Chine s’oppose à toute sanction unilatérale non autorisée par le Conseil de Sécurité des Nations Unies. (...) Toutes les sanctions économiques contre la Russie... sont levées. 11.Assurer la stabilité des chaînes industrielles et d’approvisionnement. (...) Découle du point précédent. 12.Promouvoir la reconstruction post-conflit. La communauté internationale doit prendre des mesures pour soutenir la reconstruction post-conflit dans les zones de conflit. La Chine est prête à accorder son assistance et à jouer un rôle constructif à cet égard. Plan d'aide, crédits etc. pour la reconstruction des zones dévastées. Si la Chine est prête à mettre la main au portefeuille... elle exigera sans doute aussi que la Russie apporte son aide, et pas pour trois kopecks. Je ne prétends pas que c'est la seule solution, mais ça me semble un exemple d'application vraisemblable de ce plan. Ca ferait mal à tout le monde, oui ! C'est le propre des traités de paix qui ne sont pas la traduction d'une victoire pure et simple de l'une des parties. Et ce serait dans l'ensemble... très raisonnable
  13. Voici la version française sur le site du MAE chinois POSITION DE LA CHINE SUR LE RÈGLEMENT POLITIQUE DE LA CRISE UKRAINIENNE Les moyens d'influence de la Chine sont très puissants, si - et c'est justement le "si" - elle souhaite les utiliser. Je ne les vois pas s'engager autant, mais s'ils le voulaient - et s'ils abandonnaient toute idée de politiquement correct ce qui ne leur ressemble certes pas - Pékin pourrait dire en substance Vous les Blancs êtes vraiment irresponsables, vous créez des problèmes pour le monde entier avec vos guerres européennes, leurs conséquences économiques et les risques d'escalade. Donc j'ai défini la solution politique à votre conflit. Il ne vous reste qu'à signer là, et là... Et le premier qui moufte, je lui fais perdre la guerre ! La Russie, jusqu'en 2021, était certes le partenaire junior de la Chine, mais elle pouvait équilibrer et limiter le risque d'être dominée dans ce partenariat notamment par les relations économiques intenses qu'elle avait avec l'Europe. C'est fini. Dépendant des pays du Sud, mais avant tout de la Chine, pour le plus clair de son commerce et pour lui fournir les produits de consommation et de technologie avancée qu'elle ne sait produire... elle est dans les mains de Pékin ==>Si la Chine veut faire perdre la Russie, elle peut L'Ukraine n'a pour résister à l'invasion russe que l'espoir que des livraisons d'armes suffisamment nombreuses, suffisamment tôt et suffisamment avancées permettent de compenser ses faiblesses structurelles (population quatre fois inférieure à la russe, territoire ouvert aux frappes russes quand l'inverse n'est pas vrai). Si la Chine livre des armes à la Russie - elle n'aurait pas à les donner, la Russie peut payer - cet espoir s'effondre ==>Si la Chine veut faire perdre l'Ukraine, elle peut Encore une fois, je ne suis pas sûr du tout que Pékin veuille aller jusqu'à décider de l'issue de la guerre et écrire pour l'Europe de l'est une "paix chinoise". A mon avis, ils ne le feraient que s'ils avaient vraiment peur que la guerre s'étende, et finisse par les entraîner. D'un autre côté, s'ils le faisaient... nous entrerions dans un nouveau siècle. Sauf erreur de ma part, la Chine n'est jamais dans l'Histoire intervenue pour définir la paix suite à une guerre européenne !
  14. Le "score" me paraît assez juste. C'est la minute qui me surprend J'aurais dit 30ème minute. Et encore. Poutine semble prêt à continuer cette guerre pendant des années s'il l'estime nécessaire, et je ne vois pas qui pourrait l'en empêcher - sauf la Chine sans doute, mais bon... Que les Ukrainiens refusent absolument l'occupation de leurs provinces s'entend évidemment très bien, mais pourquoi une Ukraine amputée de la partie actuellement occupée serait elle non viable ? L'accès à la Mer noire est essentiel pour les exportations - même si sans doute pas vital, il serait possible à Kiev d'exporter par la Pologne ou la Roumanie, quoique avec pas mal de coûts induits. Mais cet accès continuerait d'être assuré par Mykolaïv et Odessa même si la guerre se figeait sur la ligne de front actuelle.
  15. Les opinions sont différentes, oui. Elles influent naturellement sur la présentation des faits, oui. Mais franchement... là ! Franchement, cette phrase est à encadrer, non ? La Syrie, la Libye... "chasse gardée" des Occidentaux ? L'Ukraine, la Géorgie... pas dans le "pré carré" de la Russie ? On peut adopter la vision du droit international strict, auquel cas les notions de "chasse gardée" et "pré carré" n'ont aucune valeur, ni pour les Etats-Unis (l'Occident) ni pour la Russie. Mais si on pense qu'elles en ont une... il me semble nécessaire de l'appliquer avec un peu plus d'équilibre. Les analyses de Kyrylo Boudanov sont souvent intéressantes. Voir : - La retraite de Severodonetsk est "tactique" et les troupes russes auront du mal à parvenir à Lysychansk (juin 2022) - "Nous gagnerons d'ici la fin de l'année" (juin 2022) Pas forcément très crédibles, cela dit...
  16. Petit intermède... Car la question est bien de savoir si les dirigeants concernés, ici si Joe Biden va dépasser la ligne rouge !
  17. Je crois que c'est plutôt parce que beaucoup de Français connaissent la pièce de Shakespeare Ces articles dithyrambiques donnent l'impression que leurs auteurs croient la communication plus importante que l'action, et le style plus important que le fond. Il y a aussi plus d'une affirmation hasardeuse : L'article du Zeit prétend que Pendant (la présidence de Trump), il y avait une prise de conscience croissante en Europe qu'on ne pouvait plus faire confiance aux États-Unis sans réserve. Que vous avez affaire à un pays politiquement instable, imprévisible, une puissance mondiale en déclin. "L'époque où nous pouvions entièrement compter sur les autres est révolue depuis longtemps" - c'est ce que la chancelière Angela Merkel a déclaré à l'époque. Les Européens prennent une décision : devenir plus indépendants des USA, militairement, économiquement et politiquement. Non, c'est complètement faux. Devenir plus indépendants des Etats-Unis est précisément la décision que les Européens n'ont pas prise. Forcément, quand on ne fait pas quelque chose, on n'en a pas le fruit ! Non seulement Vladimir Poutine tremblait des genoux en faisant son discours hier - si, si, je l'ai vu... ou alors, il tremblait intérieurement du moins ! Mais Xi Jinping aussi m'a-t-on dit, lorsque Anthony Blinken s'est mis à menacer la Chine au cas où elle vendrait des armes à la Russie, s'est réfugié sous la couette en suçant son pouce. La terreur se lisait sur son visage. Je n'ai pas l'accès à l'article du Welt. Mais de fait les rapports de force dans l'UE ont été bouleversés par la guerre : - La taille des économies d'abord, puisque le PIB polonais est maintenant supérieur à l'allemand, le tchèque au français et le hongrois à l'italien - Les populations : la Pologne est aussi peuplée que France et Allemagne prises ensemble - Et les droits de vote au sein des institutions de l'UE, qui ont été modifiés en conséquence
  18. Avec l'hypothèse qu'il y a eu effectivement 300 000 mobilisés et pas davantage, et l'information du général Dutartre sur le nombre de ceux qui ont été vus sur le front... il y aurait donc 170 000 à 200 000 mobilisés maintenus en réserve, pour la seule "consommation ordinaire" ? Ca me paraît beaucoup. Si on se réfère à l'estimation "crédible" la plus lourde des pertes russes celle rapportée par les autorités norvégiennes à 180 000 tués + blessés + disparus en janvier donc sur 11 mois, soit une moyenne de 17 000 par mois, dont une partie sera récupérable (les blessés les plus légers revenant au combat après quelques semaines ou mois)... la réserve de 170-200 k mobilisés permettrait de poursuivre les opérations en "rythme moyen" pendant 1 à 2 ans (suivant que 10% à 50% des pertes peuvent être "récupérées" après guérison) C'est possible, mais alors pourquoi avoir préparé une réserve pour si longtemps, alors que ces troupes devront bien être payées dans l'intervalle ? Il aurait été plus simple de faire une mobilisation plus petite, quitte à en faire une deuxième 6 mois / 1 an plus tard. Je pense plus probable qu'une offensive plus lourde soit en préparation (du côté de Soumy / Kharkiv peut-être ?) Inévitable oui, mais avant la fin du printemps seulement si 1) il y a bien offensive plus lourde dans les semaines à venir comme je le suppose 2) cette offensive échoue Sinon, si le plan est simplement de "durer", la réserve créée par la première mobilisation devrait durer au moins 1 an. Donc une nouvelle mobilisation à l'automne au plus tôt, afin de disposer d'un nouveau contingent formé vers début ou printemps 2024
  19. C'est sans doute à l'esprit des décideurs américains, mais puisque le véritable sujet est la Chine il faut tout de même noter plusieurs points : - Ce n'est pas seulement la Russie qui est affaiblie, mais encore l'Europe - qui "rate une marche" du point de vue industriel, ouvrant l'opportunité pour Pékin notamment d'en profiter pour renforcer ses positions. Et l'Amérique qui a abîmé sa domination monétaire en démontrant qu'elle peut si facilement la transformer en une arme - la dédollarisation en sera sans doute avancée dans le temps. Si pendant que l'Amérique s'occupe d'affaiblir la Russie, elle-même s'affaiblit pendant que la Chine se renforce... - La Chine aussi peut jouer sur les envois d'armes pour intervenir dans le conflit. Notamment si la Russie était trop affaiblie, ce qui ne serait pas dans l'intérêt de Pékin. Ou encore pour "occuper" plus longtemps Américains et Européens. Voire même pour humilier l'Amérique si Pékin le considérait judicieux, avec des envois d'armes en masse de façon à rendre possible une victoire totale de Moscou en Ukraine. La Chine pourrait par exemple considérer (stratégie "active") qu'il serait intéressant de démontrer que Etats-Unis et OTAN ne peuvent même pas assurer la survie politique d'une nation face à la seule Russie, afin de faire planer un doute encore plus profond sur la capacité américaine à défendre une nation contre - carrément - la Chine. Cela ne coûterait d'ailleurs rien à la Chine, puisque la Russie, à la différence de l'Ukraine, peut payer les armes qu'on lui envoie ! Ce serait du business... et la Chine adapterait en un sens la maxime du président américain Coolidge en disant "The business of China is business" Bien sûr, Pékin pourrait aussi adopter un objectif plus modéré et prudent, de tenter de pousser tout le monde à un compromis et à arrêter la guerre au plus vite ==>On devrait en savoir plus à la lecture des propositions de paix chinoises annoncées pour le 24 février Sinon, au cas où la guerre continuerait encore fin 2024, il faut noter que The Orange Man non seulement est toujours dans la course, mais qu'il devient de plus en plus... hmmm... Disons que s'il était réélu, je ne suis pas sûr que les Polonais en soient si heureux cette fois-ci Trump affirme que le département d'État de l'ère Obama a soutenu les soulèvements de 2014 en Ukraine. S'exprimant dans une vidéo, dans laquelle il a déclaré que "la troisième guerre mondiale n'a jamais été aussi proche qu'en ce moment", Trump a juré de "faire le ménage de tous les bellicistes et des derniers mondialistes de l'Amérique" (...) "Pendant des décennies, nous avons eu les mêmes personnes, comme (l'actuelle sous-secrétaire d'État aux affaires politiques) Victoria Nuland et beaucoup d'autres comme elle, obsédées par le fait de pousser l'Ukraine vers l'OTAN, sans parler du soutien du département d'État aux soulèvements en Ukraine. "Ces gens cherchent la confrontation depuis longtemps, un peu comme c'est le cas en Irak et dans d'autres parties du monde. Et maintenant, nous vacillons au bord de la troisième guerre mondiale", a-t-il ajouté. Donald Trump a également déclaré qu'une future administration sous sa direction pourrait mettre fin à la guerre en Ukraine en un jour. "Nous pourrions mettre fin au conflit en Ukraine en 24 heures avec le bon leadership. À la fin de mes quatre prochaines années, les bellicistes, les fraudeurs et les ratés des hauts rangs de notre gouvernement seront tous partis", a-t-il déclaré. A la fois les messages de Poutine et de Biden hier se plaçaient dans la perspective d'une guerre longue, laquelle nécessiterait un soutien prolongé, en fait indéfini de l'Amérique. Savoir si les citoyens américains sont plus ou moins disposés à l'accepter... est une question qui pourrait finir par devenir fondamentale.
  20. Il en avait déjà été question au printemps dernier, avec Varsovie proposant de livrer ses MiG-29 à l'Ukraine en passant par la base américaine de Ramstein en Allemagne - de manière à bien s'assurer d'impliquer Washington dans l'affaire - et les Etats-Unis répondant en substance que Varsovie a tout à fait le droit de donner ses MiG à l'Ukraine oui... mais toute seule Finalement ça ne s'est pas fait. Varsovie ne fait que réitérer cette proposition. Dans C Dans l'Air hier, le général Patrick Dutartre précisait que parmi les 300 000 mobilisés annoncés en septembre dernier - au passage, il existe une évaluation rapportée par Anna Colin Lebedev comme quoi ils seraient en fait 500 000 - "On en a vu 100 à 130 000 sur le front". Les autres sont ailleurs. Encore en formation plus poussée / spécialisée ? En réserve ? Prêts à servir une offensive majeure qui serait dévoilée dans les prochains jours / semaines ? Mystère ... "On" ? France et Royaume-Uni garantissent leur indépendance eux-mêmes, à base nucléaire. La Pologne entreprend de se doter d'une "dissuasion conventionnelle", à base d'une armée de terre nombreuse et très lourdement armée... "On" ? Qui devrait conquérir Kaliningrad ? La Pologne ? Et la Crimée ? La Turquie ? "On" est rarement un bon pronom. Il sert souvent à embrouiller... et rend plus difficile de détecter les idées incohérentes.
  21. Euh... S'il s'agit bien d'une réponse à la question d' @Akhilleussur l'autre fil, il faut rappeler qu'il posait la question de la stratégie pour atteindre les objectifs. Tu proposes ici une liste d'objectifs. Mais sans stratégie pour les atteindre, ce ne serait plus qu'une collection de voeux pieux.
  22. De ce que j'ai lu, Sunak en parlant d'armes à longue portée pourrait avoir eu à l'esprit plutôt des drones suicide Kindred. Développé tout récemment, imprimé en 3D... L'équivalent britannique du Shahed iranien ! "Le drone imprimé en 3D fait partie d'une initiative plus vaste du gouvernement britannique appelée KINDRED, qui examine quels types d'armements et de technologies l'Ukraine pourrait éventuellement mettre en service dans les quatre prochains mois. Le programme de drone a été géré selon un calendrier encore plus court, l'équipe dirigée par QinetiQ n'ayant eu droit qu'à trois semaines pour montrer aux hauts responsables du ministère britannique de la défense une variété de nouveaux drones."
  23. Les estimations que je proposais étaient beaucoup plus simples, voire brutales, mais un peu différentes. Je pars de la somme de la population de la Russie en 2021, hors Crimée soit 144 millions, plus la population de l'Ukraine en 2021, dans ses frontières de 1991 c'est-à-dire 45 millions ==>Base 189 millions J'enlève 0, 7 ou 10 millions suivant que les provinces de l'Ouest sont incluses, ou non, et dans quel périmètre. Et encore "à la louche" 7 à 9 millions qui se réfugieraient dans les autres pays européens, ou dans les provinces de l'Ouest si elles restent indépendantes - en pratique, les femmes et les enfants sont déjà partis à l'ouest, les maris suivent. A noter que la population ukrainienne privée des provinces de l'Ouest acception étendue (10 millions) et des territoires sous contrôle russe depuis 2014 (7 millions) ça fait 28 millions. J'ai juste supposé que 1/4 à 1/3 de ce total préfère l'exil à la vie sous contrôle russe - j'admets sortir cette estimation de mon chapeau. ==>J'obtiens "à la très grosse louche" une fourchette de 170-180 millions Mais bon. Autant tous ceux qui parlent de la reconquête du Donbass voire de la Crimée doivent entendre qu'il est un peu tôt pour parler de vendre la peau, étant donné que l'ours court toujours dans les bois. Autant ce genre de calculs est utile pour "ordre de grandeur" mais reste très théorique étant donné que l'ours ukrainien aussi court toujours dans les bois.
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