Aller au contenu
Fini la pub... bienvenue à la cagnotte ! ×
AIR-DEFENSE.NET

Alexis

Members
  • Compteur de contenus

    17 220
  • Inscription

  • Dernière visite

  • Jours gagnés

    280

Tout ce qui a été posté par Alexis

  1. "Toutes les conditions fixées par la Russie", cela pourrait être très large. Mais sait-on quel est le minimum ? Oui. Car il y avait eu des informations début avril, lorsque les pourparlers Russie-Ukraine ont été pratiquement suspendus après leur échec. Je remets un lien vers un résumé que j'avais rapporté à l'époque Je conseille de lire ce texte instructif. Mais s'il faut résumer le résumé, le minimum qu'exigeait la Russie en avril, c'était : - Frontières : l'Ukraine reconnaît rattachement de la Crimée à la Russie et indépendance des deux oblasts du Donbass - Neutralité : l'Ukraine garantit par traité qu'elle restera neutre - Démilitarisation : l'Ukraine s'engage à une taille maximum de ses forces armées de 50 000 militaires - "Dénazification" : Elimination totale des groupes politiques de droite, conditions culturelles sur le statut de la langue russe en Ukraine C'était le minimum d'avril. Depuis, il a très probablement empiré. Je n'ai plus le lien, mais Poutine avait dit à l'époque que les conditions pourraient être durcies à l'avenir si l'Ukraine n'acceptait pas immédiatement. A voir ce qui s'est passé depuis, il paraît clair qu'au minimum les oblasts de Kherson et Zaporijjia seraient aussi séparés de l'Ukraine - et intégrés sous une forme ou sous une autre à la Russie. Le logiciel de Poutine semble clair : "Tant que je n'ai pas ce que je veux, je continue la guerre". Il semble que la seule manière de le faire sortir de ce logiciel soit de lui retirer les moyens physiques de l'exécuter. C'est-à-dire de vaincre l'armée russe sur le terrain. Ce qui - à ce stade du moins - est très loin d'être fait, voire peut paraître vraiment improbable. La situation de l'Ukraine est vraiment très grave
  2. Tu demandes ce que sera la suite à ce moment-là ? Je peux déjà te montrer l'image L'OTAN n'a PAS de dissuasion nucléaire. Trois pays membres de l'OTAN ont chacun une dissuasion nucléaire. Ce n'est pas la même chose. Ces trois pays ont, chacun avec leurs propres mots, annoncé que leur armement nucléaire pourrait entrer en jeu si leurs intérêts vitaux (ou expression équivalente) étaient menacés. Qu'est-ce que leurs intérêts vitaux respectifs ont à voir avec les 27 autres pays de l'OTAN ? Eh bien, c'est une bonne question. Une très bonne question. La réalité est que personne n'en sait rien, ce qui peut éventuellement inquiéter quelque peu les 27. Le seul facteur (un peu) rassurant pour eux, c'est que les dirigeants russe, chinois etc. ... n'en savent rien non plus.
  3. Intéressant. Même si ce n'est pas le sujet, je remarque la réaction de Biden - ou plutôt son absence de réaction. Je remarque aussi qu'il y a suffisamment de personnes américaines autour des présidents américain et français pour que le message passe quand même. Je veux dire, pour que les paroles du président français soient répétées aux dirigeants américains. Dirigeants dont - et c'est hallucinant à écrire je sais - j'ignore le nom ...
  4. Tout est toujours possible sur le principe. Dans ce cas précis, une personne de ma connaissance se trouvait à 400 mètres de l'explosion. Indemne, mais vivant proche de l'endroit et sans doute au courant de ce qui s'y passe. Sa réaction n'était pas "Mince, ils auraient pas du mettre des soldats là !" C'était de passer à l'ukrainien pour communiquer, de préférence au russe ... Donc à titre personnel je n'ai guère de doute.
  5. Le point essentiel de l'article «La partie ukrainienne peut mettre fin (au conflit) dans la journée. Il faut ordonner aux unités nationalistes de déposer les armes, il faut ordonner aux soldats ukrainiens de déposer les armes et il faut mettre en œuvre toutes les conditions fixées par la Russie. Alors tout sera fini en une journée», a déclaré Dmitri Peskov, le porte-parole de Vladimir Poutine. Je me permets cependant de préciser la phrase du porte-parole - qu'il ne se formalise pas de mon audace il faut mettre en œuvre toutes les conditions déjà fixées ou fixées à l'avenir par la Russie Voilà qui est plus précis que votre tournure initiale. Je vous en prie, Monsieur le porte-parole !
  6. C'est une possibilité, oui. Ou alors, c'est un élément d'une politique de terreur. Je préfère le premier scénario. Mais je n'exclus pas le second. De toute façon, du point de vue des blessés, des familles touchées...
  7. "Seul, pendant que ton meilleur copain drague ton ancienne fiancée" - seulement si tu as répondu "Non" à la question précédente
  8. Moi je le verrais plutôt comme le vieil oncle qui pendant les mariages se charge de raconter les histoires drôles et de bien faire rire la salle ... Et du point de vue chinois, je peux aisément imaginer que BRICS c'est : "la Chine et ses vassaux partenaires" De même que du point de vue américain, G7 et OTAN c'est : "l'Amérique et ses v... pardon, partenaires" A noter que les Indiens sont peut-être les plus rétifs à ce genre de vision dans l'équipe "BRICS"... de même que la France dans l'équipe "G7/NATO" est peut-être le pays le plus rétif à cette vision. Même si dans un cas comme dans l'autre, on pourrait rajouter "pas tout à fait le seul" L'Inde est à coup sûr un pays avec lequel nous devrions continuer à développer les relations. Et le Brésil et l'Afrique du Sud aussi, hein ! Et tous les autres... du moment qu'ils sont sur la même optique, que l'on peut résumer comme au choix "Hmmmoui je suis dans l'équipe NATO / l'équipe BRICS, mais bof c'est diplomatique mon cœur n'y est pas vraiment", ou bien plus ouvert "Ah nan NATO / BRICS c'est pas pour moi merci" Et oui, ça fait du monde On ne le fera pas avec la Russie. Et pourtant on y était prêt ! Dommage... surtout pour eux. Leur président a choisi d'être un vassal chinois, pourvu que ça lui assure l'Ukraine. Voilà. Et tant pis.
  9. L'expression "coalition anti-occidentale" est utilisée par le commentateur russe. Pas sûr que Xi, Modi ni les autres l'auraient reprises à leur compte si Poutine l'avait utilisée devant eux
  10. C'est Vladimir Poutine qui porte un toast Le président russe Vladimir Poutine, s'exprimant lors du sommet des BRICS, a porté un toast avec une nouvelle tasse souvenir (...) Il a déclaré que l'autorité des BRICS sur la scène mondiale ne cesse de croître. Sur ces mots, le chef de la Fédération de Russie a soulevé une tasse en porcelaine offerte par la partie chinoise. Son geste a été suivi par d'autres participants au sommet, les dirigeants de la Chine, de l'Inde, du Brésil et de l'Afrique du Sud. C'était le 23 juin. La vidéo est là Autour de la table, il y a plus de 41% de la population mondiale et 25% de l'économie mondiale.
  11. Exactement. De petites économies pendant les années de paix apparemment indéfinie, et d'insouciance - on laisse certaines chaînes de production fermer (Leclerc), on réduit d'autres à la portion congrue avec très peu de gens possédant les compétences spécialisées nécessaires ce qui empêche de remonter en cadence rapidement. Il est vrai que maintenir des bassins de compétence un peu plus grands, conserver telle chaîne ouverte avec une faible production (même s'il y aurait pu aussi y avoir des contrats exports supplémentaires), cela aurait coûté quelque chose. Assez peu. Un jour on tombe de l'armoire, parce que la séquence de 77 ans sans guerre de conquête à grande échelle (*), exceptionnelle à la fois dans le temps l'Histoire longue de l'Europe, et dans l'espace car l'Europe est la seule région du Monde à en avoir bénéficié... a pris fin. Parce que nous sommes, que cela plaise ou non, de retour dans l'Histoire de l'Europe au sens classique du terme. Nous ne sommes pas de retour dans la première moitié du XXème siècle avec ses guerres mondiales catastrophiques - enfin il semble qu'on ait une bonne chance de continuer à l'éviter. Mais nous sommes bien de retour aux XIXème, XVIIIème, XVIIème, XVIème siècles... Et oui, la question de la paix, de la guerre, de l'équilibre et de l'agression sera avec nous... de manière indéfinie à vue humaine. L'Europe a bénéficié d'une période exceptionnelle, que pouvaient nous envier tous les Asiatiques, Moyen-Orientaux et Africains. ==>C'est fini Et on découvre que le pays se retrouve Gros Jean comme devant, avec des forces armées certes bien entraînées et à l'équipement de qualité, mais petite, et surtout à laquelle on ne peut créer des réserves et de la "profondeur" rapidement. Certes la France est très loin d'être l'Etat européen le plus mal loti, elle n'est même pas très loin de la position du borgne au milieu des aveugles... mais elle reste borgne. (*) Bien sûr, il y a eu des guerres en Europe entre 1945 et 2021, Yougoslavie, Moldavie, Irlande du Nord, Pays basque espagnol, Kosovo, Chypre, Crimée, Donbass... il ne s'agit pas de le nier. Mais aucune n'avait la dimension de l'invasion de l'Ukraine Peu avant la phase de montée des tensions - vers la fin 2021 de mémoire - la Russie a rendu public l'ensemble des échanges et négociations ayant mené aux accords Minsk 1 et Minsk 2, au grand dam à la fois de Berlin et de Paris. Diplomatiquement, c'est l'équivalent d'une gifle. Et surtout cela compromet la volonté des parties de négocier à l'avenir avec la liberté de parole que confère la confidentialité. La France ne fait ici que rendre à la Russie la monnaie de sa pièce. Et à signaler que oui nous avons bien pris en compte les nouvelles règles des négociations avec Moscou : tout échange peut être publié à tout moment si l'une des parties en a la fantaisie. On peut avoir une discussion savante pour soupeser l'influence de tel ou tel facteur. Et loin de moi de prétendre que la question n'est pas intéressante. Mais la conclusion globale est déjà claire : - Les restrictions au commerce d'énergies fossiles causées par les sanctions occidentales depuis fin février sont une composante lourde, pour les raisons que tu as citées. Ceci est particulièrement vrai pour l'Europe - L'inflation mondiale était déjà en train d'augmenter très fortement, c'était par exemple évident aux Etats-Unis (7% même avant le début de l'invasion), ceci du fait des troubles sur les chaînes logistiques mondiales provoqués par la phase Covid intense 2020-21, plus les restrictions persistantes à l'activité en Chine à ce jour, causées aussi par le Covid, plus l'impression énorme d'argent décidée à partir de 2020 à un rythme plus intense encore que sur la période 2009-2019, plus les effondrements de bourses mondiales résultant des doutes sur les profits futurs du fait du Covid (si bien que l'argent imprimé qui ne va pas dans la Bourse... doit bien aller ailleurs) Les deux séries de facteurs ont un poids important. Et je ne dis pas ça seulement parce que je suis Normand ... Même ça est un avantage plus théorique que pratique. A court terme, l'inflation qui bat des records générationnels pousse les Banques centrales à augmenter leurs taux. Même si elles le font dans de bien moindres proportions que l'augmentation de l'inflation, il en résulte un alourdissement considérable du service de la dette (le montant qu'il faut dépenser pour la faire rouler dans l'avenir), d'où des déficits qui s'aggravent à la fois pour acteurs publics et privés. On peut compter que à terme le poids de la dette diminue... mais à court / moyen terme, c'est le service de la dette qui augmente. Et à long terme comme disait Keynes "nous sommes tous morts" La "finlandisation" a des inconvénients, surtout si on la compare à des situations géopolitiques enviables, par exemple être protégé par deux océans et une dissuasion nucléaire - comme les Etats-Unis - ou être entouré de pays alliés et avoir une dissuasion nucléaire - comme la France - ou être entouré d'alliés et bénéficier d'une promesse de soutien de la superpuissance - comme l'Allemagne. ==>Seulement voilà, quelle situation géopolitique réellement atteignable pourrait être préférable à la finlandisation pour l'Ukraine ? Ceux qui proposent autre chose que la finlandisation de l'Ukraine omettent souvent de préciser quelle est leur solution. Ou alors ils en proposent une qui n'a aucune chance dans le monde réel, comme "L'Ukraine dans l'OTAN !", alors que l'OTAN c'est essentiellement "L'Amérique s'engage à vous protéger" et que Washington a dit, redit et répété que s'engager à protéger l'Ukraine c'est NON, NON et NON. Cela dit, cette discussion "Finlandisation oui ou non" n'est aujourd'hui que théorique, ou bien historique sous forme d'uchronie. La question présente est de savoir : - Si l'Ukraine, même avec le meilleur soutien occidental imaginable (par exemple, tous les pays de l'OTAN lui donnent 24% de leur meilleure artillerie, comme l'a fait la France... oui, c'est à vous que je parle M'sieur le Président Joe), a une chance de repousser l'armée russe hors de son territoire (*) - Ou si du moins le meilleur soutien imaginable, plus beaucoup de courage et de sacrifices, plus un peu de chance, pourrait permettre qu'il reste du moins un pays indépendant appelé "Ukraine" à la fin de cette guerre, même s'il est plus petit qu'avant (**) - Ou si à l'issue d'une guerre qui sera encore sanglante et longue, l'Ukraine se retrouvera dans la position de la Pologne en 1831, et que l'on ne puisse que dire "L'ordre règne à Kiev" (*) Non (**) Peut-être, et ça vaudrait la peine de faire des efforts pour ça. Ca justifie à mon sens que la France sacrifie temporairement un quart de sa meilleure artillerie - si ça peut contribuer, et il semble que oui
  12. Eh bien parce qu'il mange des pains au chocolat, alors qu'il faut évidemment manger des chocolatines, voyons ! Là, d'accord. J'ai une préférence personnelle pour l'art apolitique, mais je sais que d'autres accordent une valeur à l'art à dimension politique. Dans ce cas cependant, le seul art valable est celui qui gratte, qui va à contre-courant et interpelle. Une statue de Poutine à cheval sur un char miniature aurait une véritable valeur d'art politique... si l'artiste était russe et le jardin public à Moscou. Comme ce n'est pas le cas, l' "artiste" flattant le sens du poil et le sentiment commun... n'en est pas un.
  13. Sauf à ce que cette photo soit un pur montage, ce pauvre homme est effectivement bien à plaindre
  14. Voici Generation Cancellation (Génération Annulation), chanson du groupe d'electro-rave russe Little Big, populaire en Russie. C'est en anglais. De toute façon les paroles ne sont pas le plus important - plutôt le clip, et ça se passe de commentaires il me semble...
  15. Merci. Il semble donc que Moscou ait vraiment l'option d'emm..der sérieusement la Lituanie ainsi que les autres pays Baltes en rendant plus difficile et coûteux leurs transports, de manière symétrique à l'emm..dement qu'elle subit à Kaliningrad. Je pense que c'est paradoxalement une bonne nouvelle, car il ne devrait du coup pas y avoir de tentation à Moscou d'augmenter les enchères et de changer de registre. Il faut probablement s'attendre à ce que les trois pays Baltes demandent une compensation financière au reste de l'UE. Ce serait juste, puisque c'est eux qui s'occupent d'emm..der les Russes pour nous, et en subiront des conséquences.
  16. Merci. Je me baffe de n'avoir pas pensé à faire la vérification moi-même... alors que j'insiste à longueur de post sur la nécessité de ne pas prendre comme argent comptant les affirmations des divers experts (qui souvent sont en fait des "experts") ...
  17. Article intéressant dans Vedomosti sur la situation avec la Lituanie et Kaliningrad, et description d'une possible riposte économique de la Russie envers la Lituanie sans aucun élément militaire Les autorités russes discutent d'une réponse à la Lituanie concernant l'interdiction du transit d'un certain nombre de marchandises par son territoire sous prétexte de mettre en œuvre les sanctions de l'Union européenne (UE). Cela a été annoncé aux journalistes dans l'après-midi du 22 juin par le secrétaire de presse du président russe Dmitri Peskov. Le 21 juin, le secrétaire du Conseil de sécurité russe, Nikolai Patrushev, a déclaré que le peuple lituanien ressentirait sérieusement les conséquences de ces mesures. La réponse de la Russie aux restrictions de transit par Kaliningrad comporte trois étapes - à mesure que la situation s'aggrave, il s'agira de mesures économiques, politiques et militaires, explique Alexander Nosovich, un expert du groupe de réflexion Valdai. Très probablement, la réponse principale sera une restriction symétrique du transit vers la Lituanie. Le transport entre les États baltes et l'UE, y compris la Pologne, avec laquelle la Lituanie a une frontière, passe également par le rail via l'enclave russe. Au point de contrôle "Chernyakhovsk", il y a un point pour changer le gabarit de celui européen (la région de Kaliningrad l'a en commun avec les pays baltes - 1520 mm), dit Nosovich. Si la Russie interdit le transit par Kaliningrad, la Lituanie subira des pertes économiques. Une option proportionnelle peut être choisie, adéquate à la moitié de la nomenclature de transit interdite par la Lituanie. Dans ce cas, tout d'abord, le transit des engrais peut être suspendu, ainsi que des produits pétroliers du continent européen. Malgré le fait que la Lituanie ait formellement renoncé aux produits pétroliers russes, sa raffinerie de Mazeikiai (à temps partiel le plus gros contribuable du pays) fonctionne avec des matières premières livrées de Pologne via la région de Kaliningrad, rappelle Nosovich. (reste de l'article accessible seulement aux abonnés) J'espère que c'est ce genre de tactique de pression que choisira Moscou, plutôt qu'une action militaro-technique. Il me semble que c'est de loin le plus probable - puisque ce genre de pression économique semble effectivement possible Sinon, un rappel intéressant par Le Parisien Fallait-il automatiquement appliquer les sanctions à l’enclave de Klaningrad ? En mai, le vice-ministre lituanien des affaires étrangères, Mantas Adomenas, déclarait pourtant au Monde que ce transit était « protégé par les traités internationaux, et exclu de toutes sanctions ». « L’aspect purement technocratique l’a emporté, mais l’impact géostratégique sur les Russes n’a pas suffisamment été pris en compte, déplore le politologue Patrick Martin-Genier, spécialiste des questions européennes. Cette mesure peu utile pourrait provoquer un incident très rapidement. » Serait-ce une technocratie obtuse qui aurait frappé, comme le suppose ce politologue ?
  18. Je signale sur le même sujet l'avertissement très clair du sénateur Vladimir Djabarov, de la commission des Affaires étrangères du sénat de Russie, lorsque l'éventualité d'un blocus de Kaliningrad avait été évoquée début avril La Russie peut briser le blocus de Kaliningrad si l'Occident s'y met - mise en garde d'un sénateur "Je pense que pour l'instant, c'est un jeu, on teste les eaux <...>. En cas de blocus, comme ils le disent, l'Union soviétique sait comment briser les blocus, nous (la Russie en tant que successeur de l'Union soviétique - TASS) avons une vaste expérience", a déclaré le sénateur. "S'ils veulent aller jusqu'à nous faire briser ce blocus pour sauver la vie de notre peuple, qui vit là-bas, nous pouvons le faire", a déclaré M. Dzhabarov dans une interview vidéo au centre de presse de Parlamentskaya Gazeta (journal parlementaire). Il a toutefois exprimé l'espoir que l'Occident "aura assez de cervelle pour opter contre cela". On pourra évidemment jouer la carte du purisme. "Il n'y a pas de véritable blocus, en effet nous bloquons seulement 50% des marchandises !" ou bien "Mais ils peuvent toujours passer par la mer !" Cependant, je ne vois pas Moscou l'entendre de cette oreille, et de fait ils utilisent déjà le mot "blocus". Tout ce qu'on peut dire, c'est que l'avertissement n'a pas été entendu. Etait-ce "que de la gueule" ?
  19. Voic un document utile pour apprécier les conséquences de cette décision de la Commission européenne, précisant à la Lituanie que oui il faut bloquer les marchandises circulant entre la province de Kaliningrad et le reste de la Russie et qui auraient été interdites d'importation si leur destination finale avait été sur le territoire de l'UE (ce qui n'est évidemment pas le cas), décision que Vilnius applique obligeamment. Il s'agit de la Déclaration conjointe sur l'élargissement de l'UE et les relations entre l'UE et la Russie qui date de 2004, où l'on peut notamment lire nous confirmons que, sur la base de l'article 12 de l'APC et de l'article V du GATT, nous veillerons à la mise en œuvre effective du principe de la liberté de transit des marchandises, y compris de l'énergie, entre la région de Kaliningrad et le reste de la Russie. En particulier, nous confirmons que ce transit sera libre, que les marchandises en transit ne feront pas l'objet de retards ou de restrictions inutiles, qu'elles seront exemptées de droits de douane et de droits de transit ou d'autres frais liés au transit, à l'exception des frais de transport ou des frais correspondant aux frais administratifs résultant du transit ou aux coûts des services rendus, et que ces marchandises en transit, à destination ou en provenance de la région de Kaliningrad, bénéficieront d'un traitement non moins favorable que celui qui leur aurait été accordé si elles avaient été transportées sans transiter par le territoire de l'UE, conformément aux conditions générales applicables à tous les échanges de marchandises entre l'UE et la Russie nous notons que, sur la base de l'article 19 de l'APC, des interdictions ou des restrictions ne peuvent être imposées à des marchandises en transit que si elles sont justifiées, entre autres, par des raisons d'ordre public, de protection de la santé et de la vie des personnes ou de protection de la propriété intellectuelle, industrielle et commerciale. Nous notons également que ces interdictions ou restrictions ne doivent cependant constituer ni un moyen de discrimination arbitraire, ni une restriction déguisée au transit, dans les limites des compétences conférées à la Communauté A noter que l'APC, accord de partenariat et de coopération entre Russie et Union européenne, est toujours en vigueur. En somme, et sous réserve qu'un juriste, utilisant des inscriptions en petits caractères écrites quelque part, parvienne à démontrer le contraire, il semble bien que l'UE en ordonnant le blocage d'une bonne partie du transit de marchandises entre Kaliningrad et le reste de la Russie, et la Lituanie en s'exécutant, viole des engagements existants. Est-ce important, puisqu'après tout ce n'est que des Russes qu'il s'agit ? Non et oui. - Non, puisqu'après tout la Russie a violé la première certains engagements, par exemple celui de ne pas attaquer l'Ukraine, et que sur le plan de la morale pure elle est bien mal placée pour reprocher à d'autres de violer leurs engagements à eux. - Oui, parce que le viol des engagements - et pas sur un petit sujet, ni sur un sujet sans importance aux yeux de Moscou - a tendance ou du moins risque de mener à certains types de relations. Par exemple le type de relations qui existe aujourd'hui entre la Russie et l'Ukraine. Ce n'est pas qu'il y mène certainement - mais le risque en est ouvert. - Oui encore, parce que la Russie va sans doute chercher une riposte à la hauteur de la gêne et de l'humiliation qu'elle subit. La solution la plus simple, qui serait privilégiée si c'était possible, est sans doute de leur couper le gaz - et ça leur fera les pieds ! Seulement voilà, Vilnius s'est rendu indépendant du gaz russe... plus possible de riposter de cette manière-là. D'où mon questionnement. Les autorités russes ont précisé dès le 21 juin que les mesures qui seront prises auront "un impact négatif grave sur la population lituanienne". Soit. Seulement voilà, gêner économiquement la Lituanie ne semble guère envisageable, voire c'est complètement bloqué. ==>Alors qu'est-ce que Moscou peut faire au juste ? Il y a deux pensées dans mon esprit : - Bien sûr la Russie ne va pas envahir l'Ukraine et tenter d'en prendre le contrôle. Le traité de l'OTAN est en vigueur, le président américain a dit être décidé à en appliquer rigoureusement l'article 5 sur la défense collective, et d'ailleurs même les Russes nationalistes ne sont pas intéressés par les pays baltes - ce sont les Slaves qu'ils veulent "rassembler" - Mais, sachant que la Russie va forcément faire quelque chose, et pas une simple bouderie genre rappel d'un ambassadeur, qu'est-ce qu'elle peut faire au juste sinon quelque chose de militaire ? ==>J'aimerais bien me rassurer en trouvant un type de riposte à la fois sérieux et totalement non agressif - si des gens non initiés peuvent le trouver, alors les dirigeants russes le trouveront aussi sans doute. Je n'en ai pas trouvé. Quelqu'un a une idée ? Ce qui serait grave voire "fou" - mais peut-être pas suffisamment pour que Poutine l'écarte d'emblée - ce serait non pas une invasion en bonne et due forme à laquelle je ne crois personnellement pas, mais un acte d'agression caractérisé, cependant inférieur à l'invasion pure et simple. A visée d'intimidation. Les possibilités sont nombreuses, par exemple l'attaque d'une infrastructure majeure comme le port de Klaipėda ou la principale centrale électrique du pays à Elektrėnai, de manière éventuellement limitée (coup de semonce) voire avec déni en utilisant des drones - sur le modèle de l'attaque iranienne de 2019 sur une infrastructure pétrolière majeure en Arabie saoudite à Abqaïq. Et bien d'autres. ==>Le calcul serait qu'une attaque de nature militaire, mais laissant l'option de faire semblant de croire qu'elle serait en-dessous du seuil et ne semblant pas être destinée à se répéter, ne devrait pas être suffisante pour que le président Biden sorte de sa réticence à faire la guerre à la Russie Il serait évidemment nettement plus prudent pour Moscou de "laisser couler". Mais ça ne semble pas être leur humeur en ce moment. Sauf, encore une fois, s'il est possible de trouver une riposte seulement économique ? Je pense qu'un très mauvais signe dans cette situation serait que Moscou s'adresse à Washington pour qu'il résolve le problème. Car ce serait un message sans équivoque sur le thème "Votre dépendant cause un problème qui pourrait spiraler hors de contrôle, merci de maintenir de l'ordre parmi vos vassaux". Et ce genre de message serait une indication d'une possible réaction militaro-technique - c'est le terme consacré
  20. Je mets un lien vers cet extrait intéressant de propagande interne russe, que j'ai placé sur le fil Russie mais qui aurait tout aussi bien pu être ici
  21. Une petite note d'ambiance / de propagande / de mentalité, c'est cette vidéo publiée par Rogozine le PDG de Roskosmos - qui s'occupe des lanceurs spatiaux... et accessoirement des missiles balistiques - où il récite sur fond d'images militaires un poème qui fait allusion à un film célèbre : "Brat 2" Voici le texte original de ce poème et une tentative de traduction (pas de tomates pourries, please !) J'ai découvert que j'ai Une grande famille Et un chemin et une forêt Chaque oreille dans le champ La rivière, le ciel bleu Tout cela est ma maison Voilà ma Patrie, Moi j'aime tous les êtres sous le ciel ! Le sens originel du poème est à l'évidence l'amour et la fraternité avec chaque être dans le monde, et le Monde entier reconnu comme patrie. Ce poème est cependant récité vers la fin du film Brat 2 ("Le Frère" 2), thriller criminel où le héros va jusqu'en Amérique pour redresser un tort - il y sortira d'un enfer une jeune femme qui s'y est perdu. Le film se termine bien, c'est-à-dire qu'ils reviennent tous deux dans la Patrie - la Russie bien évidemment, non le monde entier. Plus précisément, le héros le récite en s'introduisant dans le repère des méchants à New York. Où il réalise un véritable massacre. Ces méchants sont, bien évidemment, tous des Américains. Dans l'histoire, les Russes du mauvais côté sont essentiellement des gens qui se sont perdus aux lumières de l'Amérique. "Moi j'aime tous les êtres sous le ciel !" en prend un autre sens, bien particulier... Voici le lien Youtube, qui ne peut être collé sur un autre site Quant à Rogozine, il récite sur fond d'images de l'armée russe. Et il est bien clair que par forêt et rivière, nous sommes invités à entendre : ceux de la seule Russie, la Patrie dont il est question. Le vers final "Moi j'aime tous les êtres sous le ciel !" est récité... sur fond d'essai de lancement de balistique intercontinental ... Et la devise finale "Сила в правде" c'est-à-dire La Force est dans la Vérité est elle aussi reprise du film Brat 2. Car lorsque le héros se tient l'arme à la main devant le chef des méchants, qui se décompose littéralement de peur et ne conserve aucune dignité, il lui tient ce discours Dis-moi, l'Américain, qu'est-ce que la force ? L'argent ? Mon frère dit que c'est l'argent. Tu as beaucoup d'argent, et alors... ? Je pense que la force est dans la vérité. Celui qui a la vérité est le plus fort. Tu as trompé quelqu'un, gagné de l'argent, et quoi, tu es devenu plus fort ? Non ! Parce que la vérité n'est pas avec toi ! Et celui que tu as trompé, il a la vérité derrière lui. Donc il est plus fort. Oui ?! Ce passage est ultra-connu en Russie. Là bien sûr, il faut que le Français dise un mot. Ou le Belge, l'Allemand, le Kenyan - en tout cas un type qui n'est pas directement impliqué dans cette petite dispute entre Russes et Américains - à moins bien sûr que ce ne soit plutôt une fantasmagorie russe sur une vision de l'Amérique pas nécessairement conforme à la réalité. Et il va forcément remarquer que certes, le héros du film a raison de dire que l'argent que le méchant a volé par tromperie ne lui sert plus à rien. Mais que ce n'est pas tellement à cause d'un truc appelé "Vérité". Plutôt d'un truc comme "Pistolet chargé dans la main du gentil" (qu'est-ce qu'il peut être cynique, ce Français !) Comme le Français est cynique - et qu'il a plus ou moins suivi ce qui se passe depuis février - il pourra aussi émettre quelques doutes sur l'idée que le gouvernement russe serait toujours du côté de la Vérité. Quant à l'idée d'aller sauver les Russes qui se sont perdus aux lumières de l'Amérique - laquelle contrôlerait entièrement l'Ukraine - il pourra aussi remarquer que Marioupol comme Severodonetsk sont des villes du Donbass, qu'il n'en reste plus grand chose de fonctionnel, que d'ailleurs tous les cadavres n'ont pas encore été retirés des décombres, et que ça fait un peu désordre s'il s'agit de sauver des gens. C'est dire s'il est cynique, ce Français !
  22. Nouveau rappel du fait que si l'ambiance sur AD est plutôt type "vestiaire masculin" c'est bien parce que l'aimable assistance rassemble 99,9% d'hommes et <0,1% de femmes. Nan, parce que ce genre de remarques ne serait pas faite si une oreille féminine était à portée ! Certes, quand les bornes sont franchies il n'y a plus de limites, mais... Moi j'aimerais bien que ces deux-là en restent aux enfantillages - «Boris Nemtsov Plaza» pour l'ambassade de Russie à Washington ? Attends, j'vais t'en donner de la «place de la République populaire de Donetsk» pour ton ambassade à Moscou ! Parce que si seules ces bornes là sont franchies, eh bien je peux encore m'en accommoder. Plus, j'suis pas sûr
  23. Le problème dont tu parles est avant tout médiatique. Lorsque Madeleine Albright a disparu, je n'ai pas vu en tête des articles qui l'évoquaient le moindre rappel de ses plus belles citations, comme "A quoi sert votre belle armée, si on ne peut pas l'utiliser ?" (dit à Colin Powell) ou "La mort de 500 000 enfants irakiens [ du fait de l'embargo maintenu par les Etats-Unis ] ça valait la peine" Lorsque Colin Powell a disparu, il y a eu à peine quelques allusions gênées au fait qu'il avait agité certaines fioles à l'ONU. Il aurait été plus juste d'écrire "Ce criminel / Cette criminelle est mort(e). Dieu ait son âme" Plus court, aussi, que les habituels panégyriques
  24. Le secrétaire du Conseil de sécurité de la Russie Nicolai Patrouchev confirme que la riposte à la restriction, décidée par Vilnius sur impulsion de Bruxelles, des transports vers Kaliningrad passant par la Lituanie ne tardera pas, et qu'elle sera lourde "Le dernier exemple en date est le blocus par la Lituanie , à la suggestion des pays occidentaux, en violation des normes et principes du droit international, du transit par son territoire vers la région de Kaliningrad d'un grand groupe de marchandises (...) Des mesures appropriées sont en cours d'élaboration dans un format interministériel et seront prises dans un proche avenir. Leurs conséquences auront un impact négatif grave sur la population lituanienne" Je ne sais pas ce que sera exactement cette riposte. Mais si l'impact s'avère effectivement "grave" comme l'affirme Patrouchev, il sera toujours possible d'expliquer aux Lituaniens qu'ils peuvent être rassurés, la décision de Bruxelles et Vilnius est la bonne puisqu'elle aide grandement les Ukrainiens. En effet la suspension de la moitié du trafic entre Kaliningrad et le reste de la Russie gênera énormément Moscou pour poursuivre son invasion.
×
×
  • Créer...