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  1. Je vais répété ce que j'ai déjà dis: l'aéronavale brésilienne sait très bien qu'elle n'a pas de porte-avions pour l'instant, et qu'elle n'en aura probablement pas avant une vingtaine d'années, si elle a BEAUCOUP de chance. Par contre, elle a une dizaine de A-4 Skyhawk à remplacer, Skyhawk qui pour l'instant opèrent à terre. Il y a aujourd'hui 3 solutions envisageables: - l'abandon de cette composante pour raisons budgétaires (pas idéal vus les investissements off-shore du pays) - l'achat d'avions "équivalents" aux A-4 Skyhawk, mais modernes. Autrement dit des trucs de la gamme M-346, voire éventuellement TA-50. - l'acquisition d'un escadron de Gripen supplémentaire, option évidemment poussée par l'armée de l'air qui rêve de réintégrer la composante aéronavale en son sein. Mais je reste persuadé qu'on pourrait être proactifs en proposant une quatrième voie, en offrant 10 à 12 Rafale M d'occasion. A mon sens, on devrait profiter de la relance de la chaîne Rafale M pour l'Indian Navy (et pour le Rafale F5 de la Marine nationale) pour augmenter un peu notre dotation propre d'une douzaine d'appareils au potentiel neuf, au standard F5, et proposer une douzaine d'appareils d'ancienne génération, au standard F4 Full, à la Marine brésilienne. Peu importe que les appareils n'opèrent pas d'un porte-avions: c'est déjà le cas des Skyhawk. Mais ils disposeraient alors d'appareils robustes, très performants, résistants aux environnements marins, dotés d'armes qu'ils apprécient (Exocet notamment). Et on pourrait leur "vendre" le rêve de pouvoir, un jour à nouveau, disposer d'un "vrai" porte-avions (à tremplin éventuellement) déjà compatible avec leur nouvelle chasse. Je ne dis vraiment pas ça en l'air. Pour moi, c'est une carte à jouer si on veut prendre pied sur le continent américain, et je pense que la séquence politique est relativement bonne pour un tel coup (nonobstant notre propre instabilité politique, évidemment). Et, dans tous les cas, c'est pas plus con de de "vendre" un Gripen navalisé. Mais on est bien d'accord que, pour le moment, c'est du what-if
  2. Je mise toujours 10 balles sur la Marine brésilienne, perso Les chances sont faibles, mais la cote est plus qu'intéressante ! Ça prouve bien qu'ils n'ont rien compris au contexte. Rappelez-vous dans quel état ils ont laissé pourrir leurs Mirage 2000. Les Grecs ont toujours eu du mal avec le MCO "à la française", qui laisse plus de latitude à l'opérateur, préférant souvent le MCO "à l'américaine", où l'industriel se charge du gros du boulot. Sachant que, avec le F-16V, ils disposent d'un outil industriel local bien adapté au maintien des appareils, le Viper va clairement rester leur cheval de bataille principal pendant un moment. Après, c'est à eux de faire les efforts de ne pas laisser leur flotte de Rafale finir moisie sur pieds comme ils l'avaient fait avec une partie de leurs Mirage 2000.
  3. Vu la campagne qu'on se prend simplement pour oser vouloir quitter l'Eurodrone, sans même parler du NGF, oui je pense que tu peux parier là-dessus oui. Et sur l'origine du financement de ces campagnes de dénigrement d'ailleurs. Ils ont toujours eu besoin de 57 avions dans la Marine indienne, ça n'est absolument pas nouveau. Ils avaient réduit à 26 pour des raisons de coût, et pour brosser dans le sens du poil les nationo-bisounours persuadés que l'industrie locale pourra leur fournir un équivalent du Rafale furtif et navalisé avant la fin de livraison des 26 premiers. Mais comme ça n'arrivera jamais, l'Indian Navy a toujours su qu'elle se doterait de 57 Rafale pour armer ses deux porte-avions simultanément (le besoin réel actuel serait d'ailleurs sans doute plus proche de 80-90 appareils, mais bon, chaque chose en son temps)
  4. Hum, plus ou moins. D'ici que l'appel d'offre MRCA a quand même été annulé pour les raisons mêmes qui faisaient que Dassault ne voulait pas y aller. Au final oui, l'histoire nous a montré, grâce aux 36 de gré à gré, qu'on a bien fait d'y aller. Mais c'est facile de refaire le match après l'avoir gagné ; à l'époque c'était moins évident pour Dassault. Et, effectivement, en 2012 et jusqu'au contrat de 2016, le constat était à la perte sèche pour le groupe, en Inde. Il faut bien voir que certains industriels n'ont pas les moyens ou l'envie de prendre de tels risques. Les choses s'arrangent peu à peu. Et ce n'est pas qu'une question de secteur privé / secteur public. Dans le spatial indien, par exemple, tout roule, parce qu'il y a une continuité de financements et de moyens. Dans le naval et l'aérien, c'est nettement plus compliqué. Dans le naval, c'est surtout parce qu'il n'y a pas de lissage entre les programmes, donc ils doivent tout réapprendre à chaque fois, littéralement, parce que ce ne sont ni les mêmes ingé ni les mêmes techniciens ni les mêmes ouvriers (et des fois même pas le même chantier naval / bassin d'emploi). Dans l'aérien, c'est surtout que HAL a une culture d'entreprise catastrophique (et je ne blâmerais pas forcément le fait que ce soit une boîte publique. Ça joue peut-être, mais on a bien vu avec Boeing que c'est pas le seul critère) et a eu la main mise sur l'ensemble des programmes structurants depuis des décennies. C'est en train de changer, mais ça prend du temps et les programmes aéronautiques modernes sont trèèèès complexes et prennent déjà énormément de temps pour des boîtes qui maîtrisent leur sujet. Je ne peux ni infirmer ni confirmer cet élément Honnêtement, Naval Group avait déjà ouvert la voie. Pour le Scorpène, on leur a fourni (enfin, on le leur a vendu hein !) un outil industriel clé en main, on les a aidé à former leur personnel, à moderniser tout un pan de leur construction navale. Et ils ont décidé pour des raisons politiques à la con de pas du tout rentabiliser ces investissements. LEURS investissements. Mais oui, nos industriels savent faire ça et savent le faire bien. Là, pour le coup, Dassault a la "chance" de voir l'urgence opérationnelle pousser les Indiens à passer rapidement d'autres commandes, ce qui permet une montée en puissance régulière des transferts de compétence et de technologie. Mais, vraiment, je maintiens que c'est un coup de chance, parce que globalement les gouvernements indiens sont incapables de faire de la planification industrielle stratégique dès que ça ne concerne pas la dissuasion et le spatial (les deux étant liés) Je pense que l'IAF apprécie beaucoup, et qu'au Ministère de la Défense on sait bien que c'est la bonne façon de faire les choses. Mais dans la presse ça ne passe pas, et je suis persuadé que les services com' des ministères et des partis politiques au pouvoir préfèreraient une annonce de contrat moins mirobolante, quitte à payer bien plus cher au final mais avec une myriade de factures qui passeront plus ou moins inaperçu. Et pour le coup, j'avoue qu'en terme d'image, je préfèrerais aussi qu'on signe un contrat "Rafale" moi important, assorti d'un contrat "armement" et d'un autre "soutien" à part, pour couper l'herbe sous le pied des détracteurs. Mais je sais bien que ce serait donner bien trop d'informations sur le contenu de nos offres et que l'approche actuelle est sans doute le meilleur compromis. Et, honnêtement, sachant que Dassault rêvait d'un premier contrat, c'est VRAIMENT tout à leur honneur d'avoir été capables de gérer ça !
  5. Dassault ne voulait pas aller en Inde pour MRCA, c'est l'Élysée qui les y a poussé au cul. Naval Group serre les dents, mais ils en ont également marre des conneries indiennes sur P75i, et ils laissent leur branche Naval Group India gérer une partie de ce bordel (notamment "l'aide sur le futur SNA indien", qui revient apparemment assez souvent à "pisser dans un violon", je cite, vu que les interlocuteurs en face semblent en avoir pas grand chose à faire des experts occidentaux) Dans les deux cas, heureusement, ils savent comment fonctionne le marché indien, et comment s'en prémunir. Notamment en restant fermes sur leurs appuis: Dassault n'a rien cédé à HAL en 2012, et au final a bien eu raison de le faire. Je pense que NG fait la même chose: ils n'ont pas de grosses attentes et récupèrent l'investissement temps/argent/humain sur le prix des contrats signés, ce qui est bien normal. Les vrais perdants dans cette histoire, ce sont les forces indiennes qui récupèrent exactement le même matos que ce qui était prévu au départ mais avec 15 ans de retard, et les contribuables indiens qui payent plus cher à cause des errements administratifs et politiques de leur pays (tout en étant persuadés que ce sont les fournisseurs occidentaux qui se gavent sur leur dos, évidemment) Par contre, d'autres n'ont plus du tout envie d'y aller, y compris des très gros industriels français et européens qu'on n'est pas prêt de voir mettre un pied en Inde. Ce n'est pas forcément de la rancune, c'est du pragmatisme. Les Indiens ne sont pas méchant, mais ils sont relou, comme tu le dis. Et ce n'est souvent pas la faute des personnes impliquées, mais bien d'un système politique et administratif qui marche sur la tête. Ils font de gros efforts pour changer et simplifier tout ça, mais ça va prendre du temps, et encore plus de temps pour renouer la confiance. Du côté Dassault, ça va quand même bien mieux maintenant que HAL est hors course, et que les opérations récentes ont montré l'urgence de la situation à l'IAF et au grand public. Pour le reste, bah justement, le Make in India ça coûte très cher. Certains industriels de certains pays se feraient un plaisir de facturer que dalle à la signature du contrat, avant d'aligner les surcoûts et retards de plusieurs milliards. Mais pour le coup, ce n'est pas dans la culture française, ni dans la culture Dassault Aviation. Si on cherche à établir un partenariat à long terme, c'est peut-être préférable de pas prendre le client pour un jambon. Mais en contrepartie, ça implique d'être honnête avec le client, ce qui n'est pas toujours évident à faire sans le vexer. Et s'il faut lui dire "Ecoute, l'usine va coûter 2 fois plus cher que tes meilleurs devis, et tes ouvriers seront 8 fois moins efficaces que les nôtres même s'ils sont payés 5 fois moins, donc je vais devoir gonfler la facture de 3-4 milliards", bah on le dit, et on ajuste le prix en fonction, en essayant de s'y tenir sur la durée. Bah, à la limite, si ça permettait de corriger un peu le tir et d'aller dans le bon sens avec eux, ça m'irait. Mais oui, sur le papier, c'est pas plus souverain que le reste des options. Ceci dit, tous ces équipements ont l'avantage d'offrir un peu plus d'interopérabilité avec nos partenaires européens que le Pinaka, et surtout ce sont des équipements qui, techniquement, sont nettement plus aboutis et performants que le Pinaka. Mais bon, après si c'est une solution intérimaire, c'est mieux que littéralement le rien du tout qui nous pend au né. Bon après, j'aurais des choses à dire sur le sujet, mais justement on n'est pas dans le bon fil de discussion.
  6. Y'a donc un monde parallèle où le Rafale équipe le Brésil et le Koweit, tandis que les EAU volent sur Super Hornet... Ça me donne envie de refaire des maquettes tiens ! Ça vient d'où la citation ? C'est parfaitement logique. En schématisant très grossièrement, on peut faire deux calculs qui donnent ce genre de cohérence: - Un Gripen E, c'est 80% du poids d'un Rafale C. Si on part du principe que, à technologies équivalentes, plus un avion est lourd plus il est cher, alors le Gripen E coûte à peu près 80% d'un Rafale - Autre approximation (à mon sens un peu plus juste de nos jours): le Gripen E, c'est juste un Rafale avec un moteur en moins, et une grosse tonne de taule (ou de composites) en moins. Et un peu moins de fioritures dans certains équipements. Bon bah, on retombe à peu près sur ces ordres de grandeurs. Perso, au pifomètre, j'aurais dit 80% du prix avec le premier calcul, et plutôt 85% avec le second. Avec 82, on est au milieu. Bah une chaîne d'assemblage locale. On va pas là leur filer gratuitement non plus hein ! + les transferts techno, qui se facturent cher aussi. Et puis on ne va pas se mentir, on leur facture aussi leur cassecouillerie, d'une manière ou d'une autre. Je dis ça sans preuve pour le Rafale, mais plusieurs indus de la BITD m'ont déjà dit, en gros: "En Inde, on n'y va plus, ce sont des chieurs. Si on doit vraiment y aller parce que l'Elysée ou le Quai d'Orsay nous pousse au cul, on margera comme des porcs, parce que le risque de se prendre un revers quelconque y est bien trop important. Et tous les autres fournisseurs occidentaux font pareil." Je paraphrase, mais c'est vraiment ce qu'on a pu me dire. Pour le coup, je ne pense pas que Dassault s'amuse à ça: l'Inde est leur plus gros client, et ils ont déjà fait leurs preuves. Mais s'il y a d'autres industriels impliqués sur la partie armement, infrastructure, etc, alors il est évident que tout le monde va se faire une "marge indienne". Autre piste qu'il faut creuser: ça fait un moment qu'on entend des rumeurs très sérieuses, comme quoi les Indiens auraient accepté de payer un peu plus cher et/ou de réduire leurs exigences sur les ToT si jamais la France acceptait, en échange, d'acheter leurs MLRS Pinaka (que l'Armée de Terre ne veut surtout pas). Ils nous feraient ce qu'on a fait avec les Leclerc aux Emirats ? J'en sais rien. Mais clairement, ce contrat, quand (si) il sera signé, il portera sur bien d'autres choses que 114 Rafale. Alors, ça peut sembler surprenant, mais de sources bien placées, je sais qu'en Corée du Sud l'hypothèse était pas complètement exclue. Pas forcément d'acheter du Rafale sur étagère, mais de se rapprocher de la France peut-être sur le NGF, peut-être autre chose. Mais c'est côté français que ça "bloque", pas forcément activement, mais plutôt dans le sens où y'a absolument personne en France pour prendre les demandes de partenariat coréennes au sérieux vu qu'ils nous l'ont déjà mis à l'envers plus d'une fois. Idem pour le Canada: il me semble qu'ils ont assez officiellement posé des questions récemment, mais qu'on leur a renvoyé une fin de non recevoir. Pour le coup, Singapour n'est pas totalement à exclure non plus, même si ta réflexion nous pousse quand même loin dans la science-fiction. Mais en fonction des résultats de leurs tests opérationnels du F-35B, de la suite du programme F-35, des relations internationales avec les USA... Spontanément, je ne serais pas parti sur les clients Indopacifique du F-35 pour te répondre, vu que c'est LA zone que les US ne lâchent pas du regard. Mais c'est aussi LA zone où les besoins pour du double approvisionnement sont sans doute les plus grands. Je l'ai déjà dit à plusieurs reprises, les "moments Rafale" (comme les "moments F-16V" d'ailleurs), ce sont des cycles de 3 à 5 ans (selon le backlog et la cadence de prod). En ce moment, les gens achètent ce qui est dispo dans les temps, et pas uniquement ce qu'ils veulent le plus. Quand on n'aura plus moyen de promettre une livraison en moins de 4 ans, et pour peu que ça se libère côté chaîne du F-16V et que ça se réveille côté chaîne de Gripen E, ce sont les monomoteurs qui auront (temporairement) le vent en poupe. Après, ça reste un effet relativement marginal, c'est loin d'être le seul critère déterminant sur un marché aussi stratégique et longtermiste. Mais, à mon sens, c'est ce qui fait qu'on passe d'une période de vente normale à un "moment" marqué. Ils n'ont pas spécialement d'urgence opérationnelle, aucun besoin pour un multirôle, ni pour un biréacteur. Et ils aiment bien les produits suédois. S'ils prennent autre chose que le Gripen E, ce sera d'ailleurs un gros camouflet symbolique pour Saab. Au Portugal, on essaie de pousser la FDI et le Rafale. Honnêtement, si on pouvait en avoir un des deux ce serait sympa, et tant qu'à faire je préfèrerai que ce soit la FDI. On n'avait jamais gagné le Pérou, déjà. La Colombie, on peut éventuellement en discuter puisque Bogota avait fait des annonces fracassantes très précipitées. Mais le Pérou n'avait jamais annoncé une victoire du Rafale. Et surtout, rien n'est signé encore, ni pour l'un ni pour l'autre, même si le rouleau compresseur de la diplomatie de la canonnière US va clairement mettre toute l'AmSud au pas.
  7. Evidemment je plaisantais pour Duolinguo et le CPF. Mais pas sur le fait qu'on passe pour des brêles à l'international Alors, certes... Mais on a conçu les FDI spécifiquement pour les rendre attrayantes à l'exportation, et on envoie spécifiquement la tête de classe faire le VRP sur les zones où on cherche à la vendre. Donc non, ce n'est malheureusement pas "tout à fait annexe" de parler en Anglais face caméra, que ce soit pour le commandant du navire ou (surtout) l'ambassadeur en place. Comme le dit @pascal, je veux bien que le capitaine du navire ne soit pas doué en Anglais. Mais quand on l'envoie jouer les VRP à bord d'un navire vitrine, qu'on lui adjoigne quelqu'un qui, lui (ou elle), saura se démerder. Parce que ce n'est vraiment pas qu'une question d'accent (les Italiens n'ont pas un meilleur accent que nous), mais vraiment d'aisance, de maîtrise des subtilités linguistiques. Pas vraiment d'accord. Dans certains cas, oui, ça fait partie du "french bashing". Mais dans d'autres, non. Globalement, les Français (de la BITD) ne sont pas bons commerciaux. Pas "juste" parce qu'ils sont français, mais parce qu'ils ont du mal à se plier aux contraintes culturelles et administratives de leurs clients export, souvent trop habitués qu'ils sont à devoir gérer les particularités de leur client principal, la DGA. Au-delà des blocages culturels, il y a aussi une organisation structurelle qui est faite pour répondre au client français avant tout, ce qui est logique, mais qui manque donc de souplesse et d'agilité pour répondre aux différents marchés export. Typiquement, quand la DGA adore parler avec des ingénieurs, les clients nordiques vont eux plutôt préférer parler à des commerciaux puis à des avocats en droit des affaires. Et j'ai assisté à suffisamment de réunions de négo export défense pour voir que des ingénieurs qui ne parlent pas bien la même langue arrivent toujours à se démerder pour se comprendre (c'est d'ailleurs très marrant de les voir dialoguer par schémas et formules sur tableau blanc , sachant que moi je suis une bille en math/physique), mais que par contre un commercial qui ne maîtrise pas bien l'Anglais (pas la prononciation encore une fois, mais bien la langue) va rapidement passer pour un con, et faire passer sa boîte toute entière pour des cons. Ce n'est pas "juste", ce n'est sans doute pas "fair", et c'est probablement idiot de la part du client d'avoir des préjugés de la sorte. Mais c'est comme ça, c'est connu, c'est documenté, c'est humain, et si ce n'est pas pris en compte par nos industriels, c'est aussi un peu de leur faute aussi. Bon après, je cherche pas à catastropher là-dessus ! A la base, je faisais juste la réflexion que c'est un peu dommage de passer pour des bouseux auprès du reste du monde quand on parle dans les médias. Ça ne veut pas dire pour autant que notre ambassadeur là-bas fait du mauvais boulot, loin de là ! (d'autant plus que ce ne sont pas les traducteurs qui manquent dans les ambassades). Bref, je ne dis pas que c'est grave, je dis que c'est dommage.
  8. C'est moi qui ai rédigé cet article, mais à dire vrai je reste très dubitatif à l'idée de mettre un Aarok (ou n'importe quel drone de 20m+ d'envergure en fait) sur un PHA. Patrick Gaillard lui-même, quand je lui en avais parlé il y a deux ans, ne voyait pas trop l'intérêt pour la Marine d'intégrer des drones MALE lourds sur PHA ou même sur PA. Pour lui, tout l'intérêt d'un drone comme l'AAROK, c'est d'être rustique et peu cher. Et donc de pouvoir être acheté en suffisamment grande quantité pour être déployé sur nos bases outre-mer. Sachant qu'il a une très grande autonomie, un plot outre-mer équipé de 3 ou 4 AAROK pourrait assurer une couverture SURMAR 24/7 sur n'importe quelle zone maritime, y compris en soutien au GAN ou à un groupe amphibie, sans avoir à s'emmerder à navaliser l'appareil (ce qui lui ferait perdre en rusticité, et ferait augmenter largement la facture). Après, le but du contrat NG/TG, c'est simplement d'étudier les possibles. Les PHA sont déjà des porte-drones (dixit le CEMM), et les successeurs le seront nativement. La Marine va donc vouloir étudier les différentes options. Dit autrement, est-ce qu'elle voudra un truc de la taille de l'AAROK/MQ-9B STOL ? Ou est-ce qu'elle préfèrerait un drone de la taille du Mojave ? Voire de la taille du TB3/Patroller ? Si c'est la première solution, et qu'ils veulent un dérivé de l'AAROK, Turgis Gaillard le leur proposera (sans doute en s'alliant à un autre indus, la navalisation n'est pas un sport de masse). Si on part sur la seconde solution (qui me semble plus adaptée au format PHA/PAN), ça pourrait sans doute être un dérivé plus court de l'AAROK, qui aurait l'avantage d'être conçu dès l'origine pour cette tâche. Si on part par contre sur la 3e solution, c'est d'un gros drone tactique, TG ne seront sans doute pas les mieux placés, et ce ne sera certainement pas un Patroller non plus ! Pour le coup, je verrais plutôt bien une solution Airbus/SurveyCopter, voire Delair ou Daher. Enfin bon, on n'en est pas là pour l'instant.
  9. Bah c'est juste que si Babcock et Saab peuvent partir sur une prise de participation croisées assez facilement, ce ne sera pas aussi évident pour Naval Group vu l'actionnariat comparé de ces trois entreprises. Mais bon, c'est hors sujet, et on verra bien in fine quels critères conduisent à la sélection (ou à l'éviction) de la FDI sur le marché nordique. Bah c'est assez explicite: la FDI n'est pas pleinement opérationnelle, donc pour le moment pas question d'aller en Baltique. Ce qui n'est pas dit (parce que visiblement ça a l'air trop compliqué de faire de longues phrases en Anglais*) c'est que pour déclarer la FDI opérationnelle, y'a un paquet de trucs à faire en conditions et environnement opérationnel, notamment en lien avec le CAPTAS. Et en l'occurrence, c'est pas avec 40m de fond qu'on pourra valider la case "CAPTAS pleine profondeur - OK" ! *Sérieusement, au bout d'un moment, va peut-être falloir forcer nos officiers (et visiblement nos ambassadeurs) à claquer leur CPF chez Duolinguo, parce que vraiment ça ne nous fait pas honneur
  10. Son programme de base c'était l'Atlantique Nord il me semble, pas sûr qu'il y ai besoin de la déployer dans la Baltique
  11. Ah mais, je suis assez d'accord qu'on est bien cons aussi de pas demander de contreparties. Perso, je comprends pas qu'on arrive à faire des Lancaster House avec les Britanniques, mais qu'on ne soit pas foutu de faire un vrai partenariat d'échange avec les Suédois (Globaleye+CV90 vs FDI par exemple), ou qu'on se retrouve à acheter des PC-21 sans le lien à la vente de Rafale par exemple. Pour le coup, nous sommes très mauvais lorsqu'il s'agit de lier diplomatie, industrie et ventes d'armes sur de grandes échelles. On pense toujours que la qualité de notre matos (et le déplacement d'un président) va compenser le fait qu'on ne sache pas occuper le terrain (alors que les Anglais et les Allemands font exactement l'inverse). J'imagine que chaque pays, chaque culture a ses qualités et ses défauts. C'est un peu dommage que nos commerciaux, nos diplomates et nos ingénieurs ne savent pas très bien travailler main dans la main, même si y'a du mieux par rapport à il y a une vingtaine d'années. C'est plus compliqué en France. Sans même parler politique (côté LFI, RN et LR, y'a quand même un bon paquet de pro-russes qui ne se cachent même pas), le simple fait qu'on soit le cul entre deux chaises, à disperser nos moyens entre Atlantique et Méditerranée, et bien ça fait que sur chaque façade maritime on se retrouve avec des partenaires moins dispersés qui ont plus de présence militaire/diplomatique, et une plus grande continuité politique dans la zone (UK dans le nord, Italie et Grèce au sud). Après, on compte vraiment ! Mais on n'a pas les moyens de compter autant et simultanément sur nos deux façades maritimes (pour ça, c'est 25 frégates qu'il nous faudrait, pas 15 ni même 18). Barf... Tu sais, y'a des réseaux diplomatiques étrangers qui s'adressent à nous, journalistes français, pour comprendre notre mode politique. C'est tout à leur honneur, mais ça montre surtout une incompréhension, une difficulté à saisir véritablement les enjeux en France, et qui fait qu'ils ont effectivement des peurs pas forcément justifiées ou rationnelles, et qu'ils ont beaucoup d'idées préconçues. Et l'inverse est vrai: mes confrères qui connaissent très bien l'Allemagne me disent tous que les politiciens français sont totalement à côté de la plaque quand il s'agit d'analyser la politique allemande et les relations franco-allemandes, simplement parce qu'ils transfèrent sur leurs homologues allemands des clichés plutôt que des réalités. Il y a sans doute un gros travail à fournir pour déconstruire les images des uns et des autres, et sans doute que ma corporation a un rôle à jouer là-dedans (je m'y emploie à mon échelle, sur certains pays), mais ce n'est pas évident et ça prend du temps. Ah bah, on est bien d'accord ! Et aussi "combien d'équipage" ;) (suis-je en train de faire de la pub subtile pour mon dernier papier publié ce jour chez Mer et Marine ? Peut-êêêtre ! :P ) C'est exactement ça. Et pour le coup ça, c'est structurel, on ne peut pas y faire grand chose (ou en tous cas pas facilement)
  12. Alors j'y suis en ce moment, ça dépend quand même de quel anglais on parle Ils savent quand même bien qu'ils sont dans la merde, c'est pas pour rien qu'ils lancent leur Hybrid Navy et Atlantic Bastion, qui n'est finalement qu'une façon de déléguer certaines responsabilités à leurs alliés locaux, en leur fournissant des moyens lourds et du soutien industriel, et en se chargeant de gérer les infrastructures dispersées (drones et cloud) plutôt que les grosses unités navales. Mais oui, on est d'accord, ils sont dans la sauce. Mais ils sont très forts pour en faire une force plutôt qu'une faiblesse, pour le coup.
  13. Bah oui, mais c'est ce que je dis: le navire plaît, mais le souci est au niveau de la politique industriel En l'occurrence, le fait qu'il soit français n'est pas un souci. Le souci, c'est que la France (en l'occurrence Naval Group) ne peut pas proposer un rapprochement d'égal à égal et gagnant-gagnant entre Saab et NG. Alors que Saab et Babcock auraient beaucoup à gagner d'un rapprochement industriel. Si Babcock était français, ils auraient toujours autant de chances, sur les aspects industriels. Bref, c'est la même problématique qu'en Norvège: les marines aiment le bateau, les politiques aiment l'idée d'un rapprochement industriel localisé en Europe du Nord. Peu importe. Les UK restent un régime parlementaire, et tous les bords politiques sont partant pour soutenir la Royal Navy et ses alliés régionaux. Pour le coup, Macron a marqué des points récemments, mais les Suédois (je le sais de source sûre) craignent qu'un Bardella téléguidé par la Maison Blanche (et soutenu par tous les réseaux sociaux US) n'arrivent à l'Elysée. Pour eux, c'est bien plus effrayant que le chaos habituel à Downing Street, tout simplement parce qu'ils savent que le RN au pouvoir sera là pour le rester, et ne fera rien de bon pour l'Europe de la Défense. Ouais alors pas tout de suite. Apparemment les Indiens voudraient, en contrepartie, qu'on leur prenne leur merde de MLRS, donc bon, c'est pas gagné de suite Leur réseau diplomatique est absolument incroyable, probablement un des meilleurs du monde. Et ils ont aussi d'excellents services de renseignement, et un investissement dans l'Arctique et l'Atlantique Nord qui se mesure à l'échelle d'un siècle, alors que nous on semble redécouvrir ce coin du monde depuis moins de 10 ans. Alors oui, leur flotte de surface et leur flotte sous-marine est aux fraises, mais les pays européens du coin savent que si ça pète, ils auront a minima tout le soutien logistique UK avec eux. Ce n'est pas rien. C'est valable pour toi aussi. Je viens à l'instant d'échanger avec des CEMM de plusieurs pays NATO (dont US), et il est quand même assez clair que le risque de perdre des alliés historiques conduit quand même les hauts gradés américains (ceux qui ne sont pas complètement débiles) à pousser POTUS à faire marche arrière. Peut-être pas autant que la réaction des marchés financiers, certes, mais ça a pesé. Et pour le coup, Macron a marqué des points. Mais faut aussi admettre que si on a pu déployer notre flotte là-bas, c'est parce qu'on a eu de la chance sur le calendrier (Orion était prévu et lancé) et les Anglais de la malchance (ils ont plus grand chose de dispo)
  14. Je suis d'accord. Ce serai vraiment génial que la FDI se positionne là-bas, mais honnêtement un rapprochement Danemark Suède sur le sujet me fait vraiment craindre que la T31 ne remporte toute la mise en Europe du nord. La FDI est clairement le navire que les marines veulent, mais sur le plan industriel, la France ne peut rien proposer pour contrer le probablement rapprochement entre Saab et Babcock.
  15. Ils viennent de qui ces visuels ? Y'a des trucs intéressants ! Si on ne veut pas que ce soit profond du tout, on peut aussi se "contenter" de lanceurs horizontaux. Les Formidable peuvent théoriquement embarquer jusqu'à 24 Harpoon dans 6 lanceurs quadruples. Si on devait rallonger une FDI de 9m, et que l'aspect essentiel ce soit la densification en missiles, on pourrait avoir 16 ou 24 missiles (au lieu de 8), avec l'avantage que les FMAN/FMC permettront d'embarquer aussi bien des Exocet que des missiles anti-navires supersoniques, des missiles de croisière ou des missiles anti-radar. Le tout sans pénétrer le pont, libérant du volume pour des drones d'escorte, des systèmes anti-mines, des modules commandos, etc. C'est même relativement catastrophique sur le plan commercial, mais malheureusement c'est assez courant chez NG. Ils ont toujours eu un gros souci avec le site de Ruelle, qui manque de plan de charge. Et du coup on se retrouve à leur filer le développement d'un lance-leurre anti-torpilles spécifique pour les FDI (avec l'argent du contribuable puisque dans le contrat FDI) et à manquer du coup d'argent pour intégrer sur ces mêmes frégates un lance-leurre anti-missile Sylena Mk1. Alors même que si on n'avait pas payé le développement de ce système, on aurait pu équiper les FDI avec du Sylena Mk2 qui fait anti-missiles ET anti-torpilles (les Grecs, eux, ont aligné le pognon pour avoir le lance-leurre anti-torpilles de NG, et le Sylena Mk1 de Lacroix). Même son de cloche pour le LMP (que je n'apprécie qu'un tout petit peu plus que le RapidFire, autrement dit pas énormément) qui est surtout là pour faire bosser Ruelle en tentant de drainer le pognon des munitionnaires partenaires pour en boucler le développement (munitionnaires qui, sauf Thales, disposent tous de leurs propres solutions de lanceurs, donc on imagine aisément qu'ils sont pas chaud-chaud pour financer le plan de charge d'un site industriel de la concurrence). Bref... J'ai toujours pensé qu'on aurait mieux fait de filer le développement des Sylver à MBDA dès l'origine, mais bon...
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