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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. L'un des problèmes majeurs de cette nomination, c'est que Mattis est certes un commandant de terrain, voire un commandant de niveau stratégique (beaucoup plus discutable), mais ça n'en fait pas nécessairement un secrétaire à la Défense: il ne s'agit pas ici de commander une grande unité de manoeuvre (ce qu'il a fait avec succès), un secteur de théâtre (ce qu'il n'a pas fait) ou un théâtre d'opération (ce qu'il n'a pas fait, même s'il en a eu l'autorité au Central Command), mais de gérer et réformer (ce qui reste un doux rêve que tout nouveau SecDef proclame en arrivant, et doit oublier le lendemain, ou se contenter de se palucher sur l'idée) une gigantesque administration (faite de civils et de militaires sédentaires dont la plupart sont là pour le job 8h-18h et la sécurité de l'emploi), incarnée par le Pentagone, qui reste la plus grande surface concentrée de bureaux au monde pour une seule organisation.... Et qui, comme tout mammouth, réagit rageusement (avec lenteur et inertie cependant) quand on veut toucher à sa couenne. A t-il les capacités pour gérer ça? C'est pas du tout la même expérience et le même set de qualités. Et aura t-il derrière lui le poids politique pour imposer du changement? Trump n'en aura pas nécessairement beaucoup, et semble tendre à changer de direction toutes les minutes, et c'est avant tout au Congrès que cet appui se décidera, un Congrès GOP qui a ses propres baronnies et réseaux de clientèles à entretenir dans les grandes administrations, et ses deals en place pour garantir le maintien de ce qui compte le plus: le grand gâchis de fric qui fuite à tous les niveaux de cette entité massive, qui filtre mal les projets d'acquisitions et de financements, auxquels tout un tas de boîtes, tout un secteur économique, tient beaucoup parce que ça marche pour eux.... Et c'est évidemment ce même secteur qui finance les décideurs politiques. L'un des points importants à observer, ce sera l'entourage de Mattis: le choix du Deputy Secretary of Defense sera crucial, parce que s'il ne s'agit pas d'un bureaucrate expert de la machinerie du Pentagone, ça résumera vite les futurs "apports" de Mattis, qui seront modérés en termes de réformes. De même pour le Deputy Chief Management Officer, l'Executive Secretary for the Department of Defense, le General Counsel (juridique) et le Comptroller (finances). S'il ne s'agit pas d'une équipe de bureaucrates chevronnés ET pas trop englués dans le système (une équation difficile), on aura juste un Mattis qui aura peut-être une certaine efficacité sur le plan de la politique extérieure (pour peu que Trump apprenne à pas déconner, et pour peu qu'un bon SecState soit nommé, qui fonctionne bien avec Mattis), mais pas vraiment à même de changer grand-chose dans les directions majeures du ministère, à moins d'une irruption massive d'argent frais (cad une augmentation significative du budget). Rappelons que le budget militaire américain est aujourd'hui sans marges de manoeuvres, et en fait dépassé, au regard de ses engagements et besoins fondamentaux. Une réforme interne massive est nécessaire pour trouver de telles marges, à moins d'un budget en explosion, mais qui, dans le contexte actuel et plus encore vu le programme économique qui semble se dessiner, ne pourrait qu'impliquer un endettement croissant. Alors il pourra toujours faire des phrases qui font du buzz et sonnent comme du Patton-wannabee, mais c'est avant tout son équipe de bureaucrates qui déterminera son bilan.
  2. Même pas fait attention: Renzi a démissionné hier soir suite à un référendum assez catégorique, ouvrant une possible voie à un vote "Quitaly" par rapport à l'UE (au moins un sujet discuté maintenant), même si sans Renzi, la scène politique italienne risque d'avoir du mal à trouver une majorité (c'est pas la Ligue du Nord et le Mouvement 5 Etoiles qui vont former une coalition). Un article intéressant sur le vote des Italiens vivant hors d'Italie: ils ont lourdement voté "oui" sur le sujet, mais le lieu de résidence semble avoir eu un impact certain sur les tendances. http://www.telegraph.co.uk/news/2016/12/05/italian-referendum-italians-live-abroad-voted-against-home/
  3. Pour ceux qui croient encore que Trump pourrait avoir une vraie marge d'indépendance par rapport à la ploutocratie américaine et/ou à l'establishment du GOP, on pourrait signaler que les affaires liées à ses multiples conflits d'intérêts (dont beaucoup seront effectifs à la minute même de sa nomination, évitant ou non le procès suivant le degré d'inéquité de la justice américaine, qui a une géométrie extrêmement variable suivant la taille du porte-monnaie) seront sa principale vulnérabilité, aux côtés de son inexpérience et de son haut niveau d'impréparation au job présidentiel, ce qui est un des faits qui soulignent que la victoire a été très surprenante pour le camp Trump: ils ignoraient qu'un nouveau président doit restaffer l'intégralité du personnel de la Maison Blanche -hors domestiques et Service Secret-, ce qui représente autour de 2000-2500 personnes (très qualifiées et devant avoir un haut niveau de confiance, soit un processus de recrutement long et minutieux.... Qui n'a pas été réalisé côté Trump) et un budget de 350 à 400 millions de dollars. Mais cette grande vulnérabilité de Trump est la meilleure arme du GOP contre lui: sa meilleure arme à lui va dépendre plus de Steve Bannon, qui doit arriver à réellement créer et consolider une droite populiste organisée et militante pour peser dans le parti et donner au Donald un vrai capital politique qui dure un peu plus que le temps d'une élection. En attendant, Trump risque d'être entièrement à la merci du Congrès Républicain, et plus précisément du principal chien d'attaque de Paul Ryan, Jason Chaffetz, le très bête et très hypocrite chairman du House Committee on Oversight and Government Reform, le comité qui, dans les faits, organise les chasses aux sorcières politiques sur tous les élus et fonctionnaires. Hillary Clinton y a passé un temps infini sur le gril, dans la plupart des cas de façon dramatiquement et stupidement injustifiée (tant le type est nul et se fait aisément claquer le beignet face caméra, par ses dossiers mal ficelés et ses chefs d'accusation maladroits et ridicules). Z'auraient au moins pu chercher à l'épingler pour des trucs qu'elle avait réellement fait.... Mais bon, y'avait pas encore eu les fuites Wikileaks à cette époque (c'est ce même Chaffetz qui a dit peu avant le résultat de l'élection qu'il allait tout faire pour un impeachment de la "présidente" Clinton, que Wikileaks lui avait fourni au moins 2 ans de matériel). Et c'est bien là ce qui pend au nez de Trump: les conflits d'intérêts entre son groupe, sa famille, sa personne, d'un côté, et la fonction présidentielle de l'autre, son si nombreux et énormes, si internationaux (donc propres à toutes sortes de pressions potentielles et de "tentations" d'utiliser les moyens et la position de président -même passivement), qu'il est difficile de voir comment le sujet sera évité à moins d'une extrême complicité de la majorité républicaine (tant qu'elle dure) dans les deux Chambres. Chaffetz a répondu à une interview sur le sujet ce WE, disant aux journalistes de lâcher la grappe du Donald (comme si quiconque voulait tenir ça dans sa main ) vu qu'il n'avait même pas encore prêté serment. Ce qui est une façon politique de dire "pour l'instant, il fait ce qu'on dit, donc on le touche pas". La "emoluments clause" de la Constitution (qui adresse le sujet des conflits d'intérêt) sera donc une épée de Damoclès pour Trump tant que le Congrès républicain durera, et ils le feront danser comme ils veulent, parce que derrière Trump, ils ont le candidat de leurs rêves, Mike Pence, incarnation de toutes les aspirations de la droite radicale désormais très minoritaire aux USA et même en difficulté au sein du GOP: extrêmement religieux, extrêmement corporatiste/big business, minarchique (sauf sur les questions sociétales telles que l'avortement, la religion dans l'éducation, et l'armée), il est l'ombre derrière Trump, qui attend son heure si le Donald pose une palme de travers.... Ou si ces mêmes scandales potentiels des conflits d'intérêts prennent trop de place dans l'actu, si les médias décrédibilisés et affaiblis parviennent à en faire quelque chose et que le sujet devient un vrai "truc" permanent dans l'opinion. A ce moment là, le GOP pourrait décider de soudainement cesser d'être aveugle (beaucoup pointent déjà leur "étonnante" ignorance du sujet) et dire que Chaffetz doit se pencher dessus..... Quel que soit le scénario (un usage politique de cette menace pour contrôler Trump, ou le scandale qui éclate malgré tout et s'impose comme nouvelle réalité politique), la chose ne peut mener qu'à l'impeachment et à une démission forcée. Eviter une telle issue sera dur pour un Trump qui a un besoin vital de capital politique durable, d'une "power base" utilisable pour contrebalancer l'establishment GOP (qu'on peut battre dans un processus électoral ouvert certes, mais c'est du one shot: c'est juste un essai, et le transformer est une toute autre affaire), mais aussi de beaucoup de réussite pour se faire par ailleurs une image forte auprès d'une masse critique de citoyens, suffisante pour lui donner un "poids" présidentiel et l'image qu'il peut aller au bout de son mandat ET en briguer un 2ème (sans quoi personne ne se ralliera à lui). Ca semble plutôt hors de portée, et en tout cas dans l'immédiat et pour les mois, voire 1-2 années à venir, ça garantit une position d'extrême faiblesse dans la réalité; les apparences, c'est autre chose.... Et c'est le seul domaine qu'il pourra réellement travailler et gagner un peu de capital pour changer la donne.. Juste pour signaler qu'elle a commencé à exister, la page Wiki des conflits d'intérêt de Trump, appelée grandir: https://en.wikipedia.org/wiki/Conflicts_of_interest_of_President-elect_Donald_Trump On notera entre autres la situation avec la Deutsche Bank, à qui Trump doit 365 millions de dollars, et qui est en cours de négo avec le DoJ sur le sujet de sa petite amende de 14 milliards, que Trump se trouve soudain en position d'influencer, ou encore sa participation dans Goldman Sachs (dont il vient de nommer quelques membres au gouvernement). On pourrait aussi souligner (pas sur la liste) qu'un envoyé du groupe Trump est en ce moment à Taiwan pour négocier une implantation hôtelière sur l'île, un projet important sur lequel ils bossent depuis un bail; le coup de fil à Mme la présidente de Taiwan peut-il être détaché de la chose? Le point principal est que le doute ne devrait même pas exister. Et la même chose a aussi déjà commencé avec la Turquie, l'Indonésie le Brésil (celui de Temer, déjà nouveau bon pote), l'Argentine, l'Afrique du Sud, l'Egypte et l'Inde. Rappelons aussi que la Industrial and Commercial Bank of China est locataire chez Trump, et que le groupe Trump a beaucoup de dettes contractées auprès d'oligarques russes (vu que ça doit faire près de 15 ans que les banques américaines -et avec elles la plupart des banques sérieuses- ne lui prêtent plus rien).
  4. Pour ceux que le masochisme n'étouffe pas, ou qui ont des raisons profondes de regarder même si c'est nul (passé de rôliste, incapacité à ne pas mater des films sur le sujet, envie d'autoflagellation, pouvoir hypnotique des fesses de kate Beckinsale enrobée dans du latex....), le dernier volet en date de la série Underworld vient de sortir (en Asie: la sortie américaine est en janvier), Underworld: Blood Wars.... Avec encore un dans les tuyaux pour après. Je le signale parce qu'il en faut pour tous les goûts, et que tous les goûts s'expriment sur le forum, qui annonce, voire vante parfois, des films qui auraient leur place sur Netflix, dans ces listes interminables de titres oubliables, inconnus ou déjà oubliés qu'on essaie de filtrer pour parvenir à trouver les quelques vrais produits intéressants. 'Fin bref, Underworld, c'est important pour AD.Net, vu que ça cause conflit militaire.... Cette terrible guerre dont on ne parle jamais ici entre vampires et lycans...... Oui, je sais.....
  5. Sauf que le business sérieux, industriel compris, transite par HK, même si souvent discrètement, pour cette simple raison qu'une règle de droit fiable reste un atout surdimensionné et qu'on ne trouve pas dans tant d'endroits que ça sur la planète. La "montée en puissance" des villes côtières ne joue simplement pas dans la même catégorie, très loin de là: les montants en jeu ne sont pas dans la même galaxie, et surtout leur position dans le cycle de décision économique où HK est très en amont, est radicalement différente (c'est un centre de marché planétaire majeur, ce que les autres villes chinoises ne peuvent être, quelle que soit leur taille), même si le pic plus récent de leurs activités financières a plus à voir avec l'exode de capitaux chinois privés depuis le continent (les sorties massives de fric qui continuent depuis 2 ans), dont la cité est la première étape et le plus souvent, la base d'activité pour la suite. Mais ce que j'ai entendu sur les "locaux" (de la part de "locaux") n'est pas la crainte d'un "détrônement" (qui ne peut, comme je l'ai dit, avoir réellement lieu que si HK perd sa spécificité juridique, ce qui ne renverra pas son rôle vers le continent mais au contraire l'exportera), c'est plus celle d'une érosion de leurs libertés avec l'approbation de moins en moins cachée d'une part grandissante de leurs élites qui ne semblent pas combattre très fort et donnent l'impression d'avoir l'échine vraiment très souple.
  6. J'ai eu des commentaires plus directs de ce qui se passe "en coulisses" (derrière certaines coulisses en tout cas) en matière juridique et politique, et c'est une toute autre histoire: celle d'un grignottage constant de ce qui fait pourtant l'attractivité principale -y compris pour les capitaux chinois qui quittent le continent, pour les transactions financières en général, pour les opérations courantes du business- de HK, le droit (principalement des affaires, mais plus généralement la règle de droit) et sa fiabilité (contrairement au continent où la règle de droit est une fiction et les prébendes, la politique, les rapports de force et l'abus sont la règle). Et de ce côté, c'est beaucoup moins riant et c'est accompagné d'une acculturation et d'un alignement assez à plat-ventriste des élites locales, ce qui est en fait le vrai risque pour HK qui, en perdant cette spécificité d'un pouvoir un peu autonome à même de préserver, au-delà de ses quelques libertés, son droit fonctionnel plutôt fiable jusqu'ici, risque de perdre sa spécificité et d'être "normalisée". C'est ça qui lui fera risquer le "détrônement" qui n'est que de façade sinon. HK est l'une des 3 places financières mondiales qui initient les tendances (avec NY et Londres -qui risque elle-même de prendre un coup en cas de Brexit moisi): tant qu'elle arrive à préserver les conditions qui ont créé ce statut, le "détrônement restera le genre d'illusion typique des articles de magazine qui décrètent des tendances plus imaginaires qu'autre chose, qui annoncent que telle ville ou tel pays est "ZE" endroit du futur (et ils se gourent toujours, même si ça prend 5-10 ans pour être vraiment évident même pour les plus cons), que telle ville-champignon du Golfe Persique est le futur centre du monde et exactement comme par chez nous parce qu'il y a des gratte-ciels et des Starbucks... De ce que j'ai retenu des juristes hong-kongais (et anglais, et ricains, et français: ils essaient de mettre en place des instances régionales en ce moment) plus ou moins bien introduits à qui j'ai parlé, on assiste à un rognage continu de ce qui fait précisément cette spécificité de la ville qui est le pilier principal de son attractivité (principalement pour les capitaux, tout le reste découlant de ce flux de gros fric, y compris la place "culturelle" prééminente de la ville pour toute décision d'investissement, de négociation ou d'implantation corporate en Asie), avec en tête de file pour céder à tous les tournants, l'élite politique de la ville qui s'aplatit devant un pouvoir de Pékin qui veut toujours plus rogner tout en comprenant qu'il faudrait pas le faire parce que ça tuerait la poule aux oeufs d'or (nb: les capitaux à HK, le jour où la ville cessera de les encadrer et de les garantir comme elle le fait, c'est pas à Shangai qu'ils se réfugieront: ils iront à Singapour, Taipei et/ou Tokyo, voire plus loin). Mais le logiciel politique du régime est beaucoup trop puissant pour arrêter cet empiètement permanent, quelque soit la conscience qu'ils aient du problème que ça pose.
  7. Oui, j'avais lu un truc sur les énormes limitations du cinéma étranger en Chine. En essence, pour diffuser un film US en Chine, on peut: - avoir la chance de faire partie du quota autorisé de 34 films par an - co-produire avec une entreprise chinoise - recevoir un paiement forfaitaire La 3ème option est évitée comme la peste, car, à part pour les bouses intégrales au détail ou en paquets (que peu de distributeurs chinois prendront, et surtout paieront, parce qu'ils ont les leurs à refourguer), c'est une quasi garantie de recevoir une aumône comparé à l'investissement consenti, et surtout au profit que fera l'opérateur chinois acquérant les droits. La première option est la seule réellement préférable, mais la guerre pour faire partie du lot des 34 est le plus souvent un arrache-cul politicien et un jeu de calcul économique difficile pour l'exportateur (qui doit choisir entre ses produits; cf Suicide Squad qui a fait partie des "sacrifiés" de cette année), sans compter que ce n'est pas un exercice précisément gratuit puisque les distributeurs locaux sont voraces et tout-puissants (soutien étatique d'un système très déloyal), concèdent une part assez ridicule des recettes (autour de 25% en moyenne, avec à peine une concession un peu plus conséquente pour les 2 premières semaines), et que de forts pots-de-vins sont souvent inclus. Ces 34 films sont aussi nécessairement les méga-productions, celles pour lesquelles la nécessité de recettes massives et rapides est écrasante, celles ayant le plus de visibilité médiatique et de résonance culturelle.... Et ce sont aussi les productions qui seront le plus atteintes désormais par les normes de la censure chinoise sans pourtant que la production soit contrainte pendant le tournage ou le montage: c'est une forme de censure par mes attentes supposées de l'audience et la recherche de la bienveillance du censeur. On a déjà pu voir l'impact sur nombre de productions (Looper, iron Man 3....) où le script a été modifié pour racoler l'audience et les autorités chinoises. On transforme un méchant chinois en méchant nord-coréen, on place une scène à Shangaï plutôt qu'à Paris.... Reste la 2ème solution, la coproduction, qui est encore un exercice que les majors américaines hésitent à pratiquer en raison du comportement des "associés" chinois et de la partialité de l'encadrement politique-juridique, en raison aussi des obligations en matière de production ("consommer" local, tourner une certaine proportion en Chine, utiliser tel pourcentage de main-d'oeuvre chinoise....), mais peut-être encore plus à cause du rôle de la censure à toutes les étapes. Comme l'article le souligne, ça peut sembler un énorme avantage que la Chine extorque à d'autres, vampirisant le savoir-faire et l'image acquise par d'autres acteurs du secteur, mais c'est à double tranchant: les impératifs du secteur chinois sont très moyennement compatibles avec une audience mondiale et des goûts variés, le poids de la censure et d'autres impératifs étant assez étouffants pour une industrie créative, et aboutissent à quantité de films souvent emmerdants et interchangeables, prévisibles et sans surprises, où la critique obligeante s'empresse de remarquer, dans le meilleur des cas, pour le gratin des production, les qualités techniques (costumes, maquillage, cascades, CGI) et pas grand-chose d'autre. Comme le producteur interrogé le dit, l'impact sur la variété de l'offre globale en matière de cinoche sera important, et pas pour le meilleur. Et ce à un moment où structurellement, la demande solvable baisse (accélérée par l'inflation constante du prix du billet, le piratage....), rendant le marché chinois d'autant nécessaire aux producteurs du monde entier qui ne peuvent plus amortir des productions chères sur un ou deux gros marchés, surtout s'ils s'enferrent, comme c'est la déformation mentale actuellement dominante, dans la recherche à fonds perdus des "tentpole movies" et franchises/univers, qui coûtent une blinde, un rein, un poumon et un bras.
  8. Tancrède

    Nanas au combat

    Bref, les Israéliens établissent des hiérarchies d'unités spécifiques à leur modèle: - les unités "spéciales" qu'ils mutliplient beaucoup plus que les autres armées de pays développés, qui traduisent pour la majorité plus une spécialisation par métier plus poussée d'un certain nombre d'unités, qu'une "élitisation" en masse. Et il faudrait observer plus à la loupe les nuances en termes de "niveaux" dans ce vaste ensemble des unités "spéciales" d'Israël, du coup, pour hiérarchiser un peu. - les unités "d'assaut"/de pointe de l'armée d'active - les unités de "contrôle de zone" de l'active, soit ce qu'on évoque plus ici; les bouche-trous, souvent plus en unités indépendantes, plus théoriquement rattachées à des brigades "territoriales" qui reflètent plus une organisation géographique et une chaîne administrative qu'une grande unité de manoeuvre. Bref, sans vouloir être méprisant (j'ai juste pas d'autre formule pour décrire la chose), ce sont les ilôtiers. - sans doute une hiérarchie comparable pour les unités de réserve Dans une armée défensive, en position de forte supériorité (sur tous les plans), et qui recourt toujours à la conscription, c'est une évolution somme toute logique et historique: la main d'oeuvre est abondante, beaucoup trop au regard du besoin et des moyens dispo, surtout à une époque où l'évolution militaire -et la corruption du secteur- poussent vers une hyperinflation du coût du matos et une concentration vers l'investissement en matos. Donc on divise l'armée en un fer de lance mobile (qui prend de fait le chemin d'un degré ou d'un autre de professionnalisation) et des gardes-frontières sédentarisés pour lesquels le niveau d'exigence est bien moindre et la variété des savoirs-faires et capacité requis aussi. Depuis la division du travail dans l'armée romaine aux IIIème-IVème siècles, on n'a rien inventé, même s'il faut noter l'historique de dégradation des limitanei, initialement très professionnels, puis de moins en moins prioritaires dans les budgets et l'attention (et loins des centres de décision, aux chefs moins gradés et donc influents), de moins en moins exigeants sur le recrutement, qui finissent comme des "temps partiels", des miliciens ancrés localement, des paysans-soldats qui deviennent toujours plus paysans et toujours moins soldats passé un moment.
  9. Tancrède

    Nanas au combat

    C'est quand même LA différence majeure à prendre en compte avant toute analyse de Tsahal aujourd'hui: c'est une armée sédentaire, avec des unités et un cadre d'emploi extrêmement sectorisés géographiquement: en bref, on opère toujours dans sa proche banlieue, on ne nomadise pas longtemps, on est toujours proche de ses bases (qui plus est des bases permanentes, en dur, avec tout le confort) et jamais très loin de sa vie civile, avec en plus une énorme marge de supériorité sur tous les adversaires potentiels. Il y a toujours quelqu'un derrière pour prendre la relève rapidement en cas de pépin, même mineur, ou vous renforcer dans l'action, et toujours un maximum d'appuis, ce qui, joint à la faiblesse relative du camp d'en face, crée une situation beaucoup plus gérable où ce qui est exigé du soldat individuel dans 99% des cas est infiniment moindre que ce qu'on peut attendre de troupes expéditionnaires. Et ce encore plus avec une armée de conscription qui, même si le système fonctionne à petit régime (une part énorme d'exemptions et de gens sous les drapeaux qui ne foutent pas grand-chose, sont à "mi temps" de fait....), reste très nombreuse au regard des tâches à accomplir, et surtout, des adversaires prévisibles. L'effort demandé est assez faible pour la majorité des troupes, tout comme du coup le niveau d'exigence. J'observe la différenciation très spécifique entre "infanterie légère" et "infanterie d'assaut" que tu évoques.... Parce que dans nos armées expéditionnaires, et ce depuis longtemps, "infanterie légère", ça évoque plutôt des fantassins chargés comme des baudets parce qu'ils ont beaucoup moins de véhicules et sont appelés à opérer en avant, loin des lignes, voire derrière la "ligne de front" (si ça existe encore), et pendant de plus longues périodes, donc doivent se bousiller le dos et les genoux pour emporter tout ce que le train ne pourra pas leur amener régulièrement. Et on peut ajouter pour compléter le tableau que les unités comme le "bataillon Karakal", sont cantonnées dans des secteurs calmes sur les frontières les plus "sympas" pour Israël. Mais plus largement, vu les effectifs plutôt échantillonnaires de ce type d'unités (qui commence à accuser un certain âge: on est bien au-delà d'une durée "d'expérimentation"), j'en viens à me demander si c'est pas juste pour la pub, une concession politique pour calmer les lobbies faisant pression, et suffisante pour les réduire au silence via ce type de ségrégation à échelle réduite. Parce que si on envisage la chose sur le plan du coût par tête de pioche, ça fait des unités extrêmement chères (au moins le même prix qu'une unité normale) pour une efficacité d'ensemble moindre (avec seulement la "valeur publicité" comme variable d'ajustement, soit une valeur essentiellement politique/politicienne, pour l'image et le fait de calmer les féministes enragées).
  10. Le général Mattis pourrait bientôt être l'objet d'une polémique.... Militaire, en raison d'un incident survenu en Afghanistan au tout début de l'invasion de l'Afghanistan. http://www.nbcnews.com/news/military/former-special-forces-officer-gen-mad-dog-mattis-left-my-n691211
  11. Kyrsten Gillibrand, la fausse passionaria démocrate qui s'est faite la tête de file de la lutte contre les aggressions sexuelles dans les armées, a déjà annoncé que ça ne passera pas si facilement. Savoir si elle va avoir les moyens de faire autre chose qu'annoncer est une autre affaire. Mais bon, le cadavre politique d'HRC était pas encore refroidi qu'elle prenait déjà des positions annonçant clairement qu'elle serait candidate présidentielle en 2020, donc faut pas espérer autre chose que de la démagogie gratuite de la part de ce genre de personnage, qui a d'ailleurs attaqué Tulsi Gabbard (la représentante démocrate -et vétéran- qui avait quitté le DNC pour soutenir Sanders) la semaine dernière, pour le crime d'avoir rencontré Trump et parlé avec lui d'une politique étrangère non interventionniste. Sinon, 2000 vétérans (et beaucoup plus online, ce qui compte, mais moins) sont en train de se diriger vers Standing Rock, réunis par le mouvement lancé par Wesley Clarke Jr et Sr (Sr étant l'ex-général), afin d'être présents pour la deadline annoncée par les autorités locales pour l'évacuation du site de construction (dimanche-lundi), et ce alors même que les tensions ont monté encore d'un cran.
  12. Pffft, espèce de sceptique: ça coûterait à peine 1,5 trillions pour extirper ces 20 milliards de barrils totalisant 900 milliards (si tant est qu'ils existent, mais ils existent bien sûr, oubliez l'exemple californien avec des estimations baissées de 96% l'an dernier. Y'a que les gauchistes qui veulent pas pomper ).... Soit rien qu'une bonne baisse d'impôts (et un bon effort de socialisme pour les riches de bonne gouvernance) ne puisse résoudre, puisque c'est bien connu, les baisses d'impôts et charges résolvent toujours tout.... Même si on attend encore de voir la chose se réaliser, la théorie est forcément juste. Ce sont les éventuels bénéficiaires de ces baisses qui le disent. La logique est implacable. Au fait, où en est le nouvel eldorado pétrolier au large de la Guyane dont on nous disait encore récemment que la taille résoudrait tous les problèmes de la France, nouvelle Arabie Saoudite du monde?
  13. Oui pour l'instant encore, dans l'ensemble, parce que "démocratie" veut dire un ensemble de choses assez vaste, tenant aussi bien aux institutions qu'à l'état d'esprit, la culture ambiante.... Cependant, outre que c'est une démocratie devenue vraiment très dysfonctionnelle, ce n'en est pas non plus une pour tout le monde, et des changements culturels profonds sont en train de lentement traduire dans "l'esprit du temps" la nature toujours plus ploutocratique du pouvoir.
  14. L'un des moyens les plus simples dont vont user et abuser les Républicains est le tronçonnage des procédures de vote anticipé: tout va être fait pour limiter le temps disponible pour la chose, quand elle ne va pas purement et simplement être annulée partout où ce sera possible, pour ne laisser que le "voting day" qui, aux USA, est toujours un jour de semaine sans congé spécial ou excuse pour une pause, ce qui désavantage évidemment les électeurs défavorisés (bossant généralement loin de chez eux, avec moins de mobilité, pour qui absence du job même d'une heure = renvoi, qui doivent cumuler les jobs, donc pas de vraie fin de journée....). Et quand ce ne sera pas possible, la procédure en sera compliquée (documents requis, temps d'inscription, vérifications....), tout comme le recours obligatoire à la correspondance (dans certains Etats, le vote anticipé ne passe que par la poste) qui peut lui aussi avoir ses tracasseries ciblées (notamment la fenêtre temporelle pour l'envoi et la réception, compliquable à l'envi). Dans un Etat à majorité républicaine, ces milliers de petites modifications passent à grande vitesse (elles sont pensées et écrites par des organismes comme ALEC), et il faut de longues procédures judiciaires (souvent payables au moins partiellement par les plaignants, et/ou à la merci du parti tenant les cordons de la bourse dans l'Etat) pour les dézinguer (quand c'est possible), alors même qu'un nouveau batch de telles mesures (à peine différentes dans la forme) est tout prêt à repartir dans les tuyaux pour des parlements d'Etat tout aussi prêts à les voter. Avec 66 chambres sur 98, plus l'exécutif de 35 Etats, les républicains sont en bonne position pour procéder ainsi. Et après ce point qui est en mesure d'exclure de fait des dizaines de millions de gens du suffrage (plus d'un tiers des votants ont eu recours à l'early voting cette année), et/ou de congestionner les bureaux de vote le jour J (et il est loisible à une législature dominée par le GOP de restreindre le nombre de bureaux, surtout là où il y en a besoin.... Pour les démocrates), il y a toute la litanie d'autres méthodes de limitation d'accès aux listes, au droit de vote, ou à la possibilité pratique de voter, dont on a déjà amplement parlé sur ce topic, comme par exemple les multiples versions du problème des "Voter ID", ou le susmentionné nombre de bureaux de vote (pour ce dernier, rien de plus simple pour l'agence en charge de dire "on n'a pas le budget"). Des mesures souvent plus contestables juridiquement, mais qui réclament quand même des procédures longues et répétées, avec là aussi des partis républicains locaux disposant de versions légèrement amendées prêtes à être revotées sitôt la première mouture battue en brèche? Qu'ils fassent cela dans les semaines précédant une élection, et ça leur suffit. Ca arrive tellement souvent, en permanence, un peu partout à la fois (à un échelon local qui intéresse moins les médias), que c'est difficile à suivre pour les médias nationaux qui ne s'y intéressent qu'occasionnellement, à un moment où les médias locaux sont souvent en voie de disparition ou gravement fragilisés (évolution du secteur des médias: ils ont de moins en moins de moyens d'investigation et de capacité à capter l'attention).
  15. Pas besoin de se salir les mains comme ça, avec quelque chose d'aussi voyant: quand on peut de fait purger les listes électorales de millions de citoyens de plein droit, avoir un système judiciaire inaccessible qui fait barrage à toute protestation, une police militarisée, un vaste territoire aux populations dispersées, un système médiatique qui la boucle la grande majorité du temps sur les problèmes socio-économiques importants (pour mieux se concentrer sur les futiles qui concentrent l'audience et l'attention dans une suite incessante de fausses crises de très court terme), et qu'on peut en plus entretenir une division des populations défavorisées sur des bases raciales et religieuses, il y a tout lieu de croire qu'on peut se servir comme on veut et instrumentaliser l'économie à loisir sans avoir de comptes à rendre. Et d'ici à ce que les ingrédients du changement, voire du changement violent, soient réellement réunis à un niveau suffisant pour changer significativement l'ensemble, il peut se passer du temps, ce qui ne préoccupe pas vraiment une certaine partie de l'élite dont l'horizon est court et les certitudes d'avoir toujours raison et que tout roulera toujours dans leur sens, sont grandes. Rappelons la loi essentielle: la dictature, c'est "ferme ta gueule", la démocratie, c'est "cause toujours". [Mode haute bourgeoisie réactionnaire du XIXème siècle ON] Grand dieu, les Américains auraient-ils trouvé LA formule? Vite, copions! [Mode haute bourgeoisie réactionnaire du XIXème siècle OFF] Soulignons quand même que la démographie ne va pas dans le sens de la majorité bancale du GOP qui refuse obstinément de changer de logiciel; elle est même contre lui depuis un bail et ne tient que via un ensemble coordonné de truquages du système, un certain niveau d'apathie de l'électorat (qui pourrait ne pas durer si le bouchon est poussé beaucoup plus loin) et l'absence d'alternative politique motivante (à voir si c'est l'élément qui va changer avec le conflit interne au parti démocrate qui vient de commencer). Le nouveau cabinet qui se profile essaiera sans doute de faire durer ces avantages de toutes les manières possibles (on va voir combien de citoyens ils parviendront à priver du vote avant que ça devienne le sujet de conversation dominant que même les grands médias ne pourront éviter), mais la victoire de Trump a été trop fragile, trop circonstancielle, pour que cette stratégie fondamentale soit viable longtemps. Les 3-4 Etats qui ont fait la différence restent fondamentalement progressistes et nettement plus ancrés à gauche, avec une forte composante de vote protestataire (qui se retournera quasiment à chaque élection à moins de forts changements), et n'attendent que des candidats démocrates corrects et un parti qui se bouge le cul pour eux (en soi une gageure si l'establishment actuel reste en place et continue à chercher avant tout les financements corporates); il y faudra encore plus de purges, et de très grande ampleur, qu'il n'y en a eu juste avant l'élection pour reproduire le résultat une fois que l'actuelle majorité montrera ses couleurs et subira l'usure qui va avec l'exercice effectif du pouvoir dans un pays où les inégalités et la stratification sociale et économique sont si énormes. Incarnation du problème mentionné: ce qui se passe depuis maintenant plus de 6 mois à Standing Rock, dans le Dakota du Nord: Entre dimanche et lundi, on risque d'arriver à un moment critique, puisque c'est la date butoir assignée par les autorités pour l'évacuation du site de construction du tronçon de franchissement par le Dakota Access Pipeline des cours d'eau majeurs pour la préservation desquels le mouvement a commencé (20 millions de personnes dépendent directement de cette zone précise pour l'accès à l'eau potable).... En plus évidemment du site funéraire majeur de la tribu sioux de Standing Rock, sur lequel le pipeline passe (le tout étant sur une terre reconnue par traité comme appartenant à la nation souveraine sioux du Dakota... Non que ça ait arrêté les ricains, historiquement, de chier sur leurs propres traités avec les indiens). La répression s'est durcie depuis quelques jours, les autorités locales (visiblement payées par les pétroliers) essaient d'interdire le ciel et le sol aux caméras, mais la foule continue à aller et venir (environs 9000 personnes au milieu de nulle part, à mille lieues d'où que ce soit, avec un noyau dur de 5000 personnes qui campent en permanence dans des températures désormais négatives), des soutiens arrivent de partout, et l'évolution de la situation et de sa perception ont été tels que maintenant, les polices des Etats voisins, qui normalement viennent aider leus collègues d'autres Etats à la demande en cas de besoin (catastrophes naturelles surtout, mais aussi contrôle de foule), refusent désormais de venir prêter main forte au shériff local et à la police d'Etat (et à la milice de l'entreprise bâtissant le pipeline). Même les grands médias, après 6 mois de montée des tensions et de tragédies (blessures graves, dénis de droits répétés, tactiques pourries....), daignent commencer à parler un peu de la chose. Et on voit même un peu plus d'attention portée à la réalité du business des pipelines, notamment l'omniprésence, la constance, de fuites, même dans les plus récents, et l'effort persistant des pétroliers pour étouffer la chose (blocages et menaces juridiques, parfois physiques, pots de vins, silence des parties lésées acheté à vil prix) et les conséquences (avant tout la pollution de l'approvisionnement en eau potable et les conséquences sanitaires pour les gens vivants dans la zone d'un pipeline). De fait, s'il peut encore y avoir un espoir pour ces gens, c'est le fait que l'événement est peut-être en train de gagner suffisamment d'attention pour devenir un point focal de l'actualité de la nation, la campagne de soutien, notamment le WE dernier pour Thanksgiving (ironique vu que c'est pas vraiment la fête préférée des "Indiens"), ayant démontré un assez vaste élan, et l'engagement important d'associations de vétérans pour le WE prochain risquant d'offrir des images dont les pétroliers et les autorités se passeraient bien.
  16. Oui, je l'ai mentionné à plusieurs reprises: ce directeur des finances de la campagne Trump a reçu le doux surnom de "foreclosure machine" ("machine à saisie") pour sa posture pendant et après la crise de 2008, organisant un vaste système d'expropriations pas trop discriminées, incluant dans le lot un nombre assez effrayant de gens qui n'étaient pas en défaut de paiement, mais surtout un plus vaste encore de gens qui auraient pu continuer à payer avec juste une renégociation. Mais ça ne cadrait pas avec le business plan qui reposait sur le fait de faire très vite et très grand, donc avec des méthodes douteuses, peu de monde, et sans faire de détail. Il y a eu pas mal de purs salauds de ce type qui ont exploité le malheur, abusé de la situation dans des manières que la décence réprouve, mais aussi, bien souvent, la loi (si tant est qu'on ait voulu la faire parler, ce qui n'a pas été le cas), et même beaucoup (dont des banques, via ce type de personnages ou par leurs structures propres) qui ont abusé à l'extrême, en saisissant de vastes quantités de biens (dont les proprios pouvaient payer) illégalement (équivalent des chevaliers de l'an mil qui prenaient un village, et "réarrangaient" les propriétés et les tenanciers manu militari, pour s'en faire les seigneurs), mais très peu qui l'ont fait à une telle échelle, et encore moins qui ont été à ce point remarqués par les victimes qu'ils ont eu droit à des piquets de protestation devant leurs baraques (cas de Steven Mnuchin à Los Angeles, pendant plusieurs mois). L'ère des barons-brigands féodaux est de nouveau en train de se déployer, que je vous dis. Avec un système judiciaire devenu si illisible, inaccessible et inique qu'il en est clairement plus un système d'oppression de ceux qui peuvent se le payer, un système politique fondé jusqu'à la racine sur le "pay for play", et un système d'information (grands médias surtout) dominant qui sélectionne massivement ses choix éditoriaux en fonction des besoins de ses bailleurs de fonds (parce que c'est plus vraiment les abonnements ou la pub grand public qui paient suffisamment), on peut se faire du souci. Dans l'exemple des expropriés illicitement par Mnuchin: toujours rien en justice, et aucun politique ou média ne s'en empare, 8 ans après: ça dit quoi?
  17. Ils ont disparu, en partie par la nouvelle culture (universelle à l'ouest, mais avec des abcès prononcés dans certains endroits) multiculturalisme béni oui-oui/political correctness fascisante/thérapie-pour-tous-car-tout-est-pathologique, et en partie par le néolibéralisme de pratique qui est la mentalité unique "profonde".... Comme l'a si bien analysé et adopté un éminent politicien britannique qui a remplacé le moule (en grande partie fantasmé) que tu décris; de la stiff upper lip, il n'a gardé que la posture labiale proprement dite, et rien derrière, pour mieux réaliser ses buts. Et cette nouvelle culture dominante.... ALAN B'STARD..... APPROVES OF. Bicoze.... .... GRISBI!
  18. Non, il doit se sentir soutenu, ça lui évite d'avoir à se faire pousser des couilles (qu'il n'a pas, soyons vraiment TRES clair: c'est un second couteau né), et ça lui permet de puiser dans le Répertoire-des-politiques-qui-en-avaient, pour se donner l'impression d'appartenir au club. Y'a rien de tel pour un déburné (nom scientifique pour qualifier la masse de suivistes arrivistes garnissant les rangs de la politique) que d'appartenir au camp qui a un peu plus de cartes en main; depuis les petites classes, où on voit la majorité converger vers le camp ou l'individu qui semble avoir le vent pour lui (par la force, par la situation, par divers avantages circonstanciels) pour mieux se défouler sur ceux ainsi désavantagés, rien ne change. Mais attention, si d'aventure les circonstances évoluaient et donnaient un avantage à l'autre camp, les gens comme Barnier n'hésiteraient pas, dans la seconde, à ramper obséquieusement tout en niant qu'ils le font, continuant à user d'un vocabulaire grandiloquent (qui sonnerait d'un coup nettement moins viril, ou gaulliste) pour mieux s'aplatir, parce qu'il faut toujours rappeler que l'entrée dans les hautes sphères de la politique est avant tout une sélection génétique: n'entrent que les gens à qui manquent les parties du cerveau produisant les trucs comme la décence, ou la honte.
  19. Le futur cabinet de Trump se précise, et semble peindre un panorama de ce que la politique suivie sera: - Sessions à la Justice, qui est depuis toujours un opposant du Voting Rights Act de 1965 - Tom Price à la Santé, qui est LE type par qui toutes les (jusqu'ici) vaines tentatives de destruction d'Obamacare sont passées, et qui est l'un des chefs de file de la privatisation de Medicare/Medicaid (et la privatisation de l'assurance santé des vétérans, une politique contre laquelle quasiment 100% des vétérans sont) - Betsy DeVos à l'Education, qui va tout faire pour démolir les syndicats de l'éducation et ce qu'il reste de l'école publique aux USA au profit des écoles privées, surtout religieuses, et aux dépends des populations les plus modestes, dont il est prouvé que toute augmentation des school vouchers ne peut pas aider en proportion équivalente à l'école publique (qui est un moyen plus efficace de concentration des ressources). - Kris Kobach, qui semble le nom le plus discuté pour l'Intérieur, est connu pour son efficacité à "purger" (très sélectivement) les listes électorales (ce qu'il a abondamment fait dans son Etat du Kansas, qu'on ne peut pourtant rendre plus conservateur qu'avec grande difficulté) et à participer à l'ensemble des politiques visant à restreindre le droit et/ou l'accès au vote Si on y ajoute le sieur Steve Bannon, qui a été cité comme ayant souvent évoqué un penchant pour le suffrage censitaire (fondé sur la propriété, donc, qui reste un important marqueur différenciant les groupes ethniques aux USA), on commence à avoir une idée de quels penchants du parti républicain seront favorisés. De facto ou de jure, s'ils arrivent à avancer significativement leurs idées, la société américaine se stratifiera encore plus, avec une proportion conséquente de la population qui sera structurellement aussi exclue du vote que de l'accès aux opportunités (et c'est déjà le cas aujourd'hui, mais ce sera pire).
  20. Le type est un étudiant (apparemment un bon en plus, diplômé Suma Cum Laude), ET un réfugié de Somalie (entré aux USA en 2007), qui semble avoir opéré une transition vers la radicalité assez rapidement au cours de l'année, étant passé du modèle d'intégration au fou furieux sanguinaire. Impact de la campagne électorale et de la sale ambiance qu'elle a créé aux USA? Radicalisation en ligne et mauvaises influences? Personne ne le sait pour le moment.... Mais 11 personnes sont à l'hôpital.
  21. Un autre truc qui est passé sous silence, dans la grande tradition des médias et politiques qui se concentrent sur des analyses très superficielles de qui a voté: ceux qui n'ont PAS voté. Et là, outre les abstentionnistes et ceux ayant laissé la case présidentielle en blanc, surtout dans les 4 Etats-clés (en fait 3 suffisent à inverser le résultat: Michigan, Wisconsin et Pennsylvanie), il faut souligner les énormes purges d'électeurs ayant eu lieu dans les mois précédant l'élection, mais aussi l'annulation automatique de votes déjà passés. Plus de 50 000 dans le Michigan, par exemple. Des gens qui se sont retrouvés sans droit de vote essentiellement via les désormais habituelles tactiques peaufinées par le GOP, notamment le fait d'éliminer tous les noms similaires à ceux de personnes déjà inscrites avant eux, ou ayant voté, pour éviter les "risques de fraude", ces gens pouvant en effet être des tricheurs ayant voté deux fois. Un indice: ce genre de manoeuvre concerne plus les noms hispaniques, asiatiques, musulmans ou afro-américains (pour eux, les prénoms tendent à être plus fréquemment indicatifs), que les Jones, Hansen ou O'Neil. Rien qu'avec le truc des bulletins démocrates à case présidentielle laissée en blanc, on s'aperçoit déjà que dans un certain nombre d'Etats, Trump n'a pas de majorité; si on tient compte de l'abstention et des penchants dominants chez les abstentionnistes volontaires (ceux qui seraient allés voter en d'autres circonstances, pas ceux qui ne vont pas voter quoiqu'il se passe), cela réduit encore la chose, et c'est pareil avec les non inscrits. Mais si on tient compte de toutes les purges d'électeurs, réalisées sur des années avec mille et une méthodes (jusqu'à la prolongation, voire pérennisation, "stratégique" des privations de droits civiques pour les ex-détenus -et souvent ceux qui portent le même nom que des détenus et ex-détenus.... Cf la Floride en 2000) très travaillées, on voit à quel point il n'y a pas eu de "déferlante" Trump, et à quel point son électorat est une chose vraiment réduite, juste montée en épingle pour la caméra.
  22. Chacun généralement décrit beaucoup plus sa propre situation que le tableau complet, prenant son histoire et son point de vue (nécessairement près du sol) pour une généralité. A noter que dans ce genre d'interviews, en plus, on tendra à n'avoir que des gens qui ont bien réussi, qui se sont fait remarquer. Y'en a quelques-uns quand même, mais comme dans beaucoup de domaines, c'est pas ceux qu'on va chercher pour passer à la télé, expertise militaire comprise, on en sait quelque chose ici, mais aussi sécurité intérieure/terrorisme: à quand remonte le dernier bon intervenant que quelqu'un ici ait vu dans une émission de grande audience? Et même des bons choisissent de "styliser" à outrance leur analyse pour avoir du caricatural, du conformiste, du tranché, du simpliste, sous peine de n'être pas réinvités. Autre problème avec des pays comme la Russie: pas facile d'avoir un portrait, vu les limites de l'information qu'on peut en tirer. De ce que je déduirais de mes lectures et autres sources d'infos sur le pays, j'en déduirais que c'est avant tout un bordel hyper contrasté, sans juste milieu (socialement incarné par une classe moyenne, matériellement par un niveau d'infrastructure et de qualité de construction plus ou moins homogène.... Rien de tout cela n'existe: c'est tout much dans l'hyper qualité ou la merdasse rouillée, avec un entre-deux beaucoup trop limité en ampleur), où les sources et acteurs de pouvoir tirent à hue et à dia, avec juste un centre qui garde une mesure de contrôle. Si j'étais Russe, et même en ayant exactement les mêmes infos que j'ai en tant qu'occidental, je serais sans doute Poutinien (tout en désaprouvant tout du gars et de ses méthodes et objectifs), parce qu'il me semble vraiment que c'est une situation de "après moi le déluge", un "empire" en fait très féodal que seul un autocrate brutal (parce que foncièrement faible) empêche d'éclater et/ou de sombrer dans le "free for all" de l'ultra-corruption sans égard pour la direction du pays. Il a sans doute voulu en partie créer une telle situation (pour être indispensable et sans rival sérieux, donc irremplaçable), mais du coup, ça laisse peu d'autres options: et ça fout plus qu'un peu les jetons. Mais évidemment, dire que la Russie est un bordel difficile à résumer en quelques lignes de pitch passe mal chez un consultant média: il faut une "storyline" unifiante, si possible un peu idéologique parce que ça permet d'invoquer la morale, mise sans mot dire dans le camp du spectateur dès lors qu'on présente la chose en pointant des doigts, mais pas trop ouvertement. De toute façon, C'EST l'empire du Mal.... Ou un des empires du Mal. La preuve? Ce n'est pas nous. Donc tout ce qui n'est pas nous ou peut nous emmerder est le mal, géopolitiquement parlant. Logique, non?
  23. Un tantinet, et complètement acculturé, mais surtout à la partie de la société dans laquelle il vit, cad l'élite russe: quand il dit "les Russes" et qu'il décrit les comportements, ça sonne plus comme le panorama d'un microcosme que comme celui d'un pays. Il me fait penser à ces architectes qui vont en Chine et aux Emirats et se voient confier d'immenses projets, et décrivent ensuite ces endroits comme des paradis sur terre où tout est parfait, des endroits "où les trucs se passent", en se foutant de bonnes oeillères. Il y a toujours un peu de vrai, mais pointer les autres comme étant les prisonniers de la caverne de Platon, c'est un tantinet facile et un peu prétentieux pour des qui vivent dans des pays (et uniquement dans les très bons coins et situations de ces pays) où l'information est.... Un peu plus orientée qu'ailleurs.
  24. On devrait relancer le sujet sur le problème n°1 du forum avec ça: il m'arrive aussi de croire que certains ici usent de ce méprisable outil de l'ironie qui, comme le calembour (Mao est arrivé à pied par la Chine; Général, ne vous tordez pas sur mon char....), n'a pas sa place dans une discussion civilisée et élégante. Je pense même que parfois, de mauvais esprits farcissent leurs posts de..... J'ose à peine le dire.... Sarcasmes . Honni soit qui trop y pense!
  25. C'est en grande partie parce que beaucoup y voient ce qu'ils veulent y voir: la plupart des gens en occident, avant tout, ne prêtent pas vraiment une attention quelconque à la Russie, et au mieux, quand on les y fait penser, ils caseront des séries incohérentes de clichés de toutes époques (donc déjà en eux-mêmes souvent exagérés dans un sens ou un autre) qu'ils juxtaposeront: puissance et sentiment de menace issus de l'URSS, vision déformée du pays à travers sa simple taille vue sur une carte, "statut" inconsciemment accordé par le fait d'avoir des armes nucléaires (qui fait souvent supposer que tout le reste de la puissance est à l'avenant), visions d'anarchie criminalo-capitaliste corrompue issue des années 90, publicité poutinienne.... Pour ceux qui se penchent dessus, mais surtout veulent s'en servir, l'image de la Russie se répartit au final en quelques "camps" qui projettent leurs fantasmes dessus, essentiellement pour l'instrumentaliser: - les pros: ceux qui présentent le pays "d'ordre" sous Poutine, comme un partenaire, sans insister sur d'autres aspects, mais en revanche en pointant que "c'est pas les USA" (sous entendu: "qui sont les grands méchants"). Ceux-là pointeront que regarder les émissions de RT a beaucoup de mérite. - les anti (qu'on trouvera souvent de l'autre côté de l'Atlantique) feront appel à tous les réflexes de la Guerre Froide qu'ils essaient de maintenir en vie pour refaire de Moscou l'épouvantail dont ils peuvent avoir besoin pour divers objectifs, notamment travailler les budgets militaires et les engagements en Europe de l'Est. Ceux-là, évidemment, et j'en entends régulièrement sur la télé américaine qui ne sont jamais contestés dans leurs "analyses", vous balanceront des séries de clichés parfois délirants qui empruntent beaucoup aux descriptifs de la puissance militaire de l'URSS, faisant croire que la Russie a les moyens d'envahir l'UE, que Poutine est un maître d'échecs anticipant tout et préparant ses mouvements 10 coups à l'avance, avec la puissance pour soutenir tous ses choix politiques La pub de la Russie actuelle marche avant tout parce que la majorité s'en fout, par chez nous, et parce que ceux qui ne s'en foutent pas veulent que cette pub marche.... Pour s'en servir dans LEUR vision, en plaquant sur le matériel poutinien leurs propres déformations, selon les besoins du moment.
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