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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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Un des premiers pas révélateurs de Trump réside dans ce qui se dessine de l'architecture de sa Maison Blanche; je mentionne ce fait dans ce fil plutôt que le fil USA, sans vraiment savoir si c'est la meilleure place pour ce faire, mais c'est un fait qui, pour l'instant, entame la définition du "Trumpland". La nomination de Reince Priebus comme WHCoS est accompagnée de celle de Stephen Bannon comme "chief strategist" avec un statut équivalent (cad le niveau d'accréditation et d'accès au président, la protection juridique, un budget discrétionnaire, un niveau d'autorité sur certaines fonctions, personnels et organismes....). Même si c'est un statut plus informel, il n'en est pas moins puissant: c'est une architecture peu courante dans l'organisation de la présidence: dans le passé récent, ce fut George W Bush qui y eut recours, avec Karl Rove pour occuper ce poste qui, dans les faits, est un court circuit pour le Chief of Staff. Priebus est nécessaire parce qu'indispensable comme courroie de transmission avec le GOP qu'il connaît dans les détails, même s'il n'a jamais eu de fonction gouvernementale et n'a pas le savoir-faire pour la chose (et encore moins à ce niveau). Certains vont jusqu'à dire qu'il n'est pas non plus "the sharpest tool in the box", et qu'il n'a une personnalité très affirmée. Bannon, lui, est un idéologue et harangueur professionnel d'un certain public, mais très malin, manipulateur et dominateur, et la "liaison" indispensable avec ce monde de "l'alt right" qu'il a largement contribué à unifier (et qu'il essaie maintenant d'étendre en Europe, au point que l'on parle d'une "internationale fasciste" chez les gens qui utilisent les mots en "-isme" à tout propos.... Et crient donc tellement au loup qu'on risque de ne pas les voir arriver). Ceux qui connaissent les deux pensent que Bannon bouffera Priebus au p'tit déj, mais il faut noter aussi que les deux sont non seulement des gens de politique purement intérieure, mais plus encore, des gens de politique "pure": peu ou pas d'expérience gouvernementale ou de dirigeants de grandes structures; l'expérience de Bannon est multifacette, en partie entrepreneuriale, mais limitée en échelle et taille à des projets: Breitbart, sa seule entreprise durable, est un modèle économique foireux, en fait une entreprise à fonds perdus chapeautée par un mécène. Les "gouvernants" et ceux connaissant le monde semblent devoir être relégués au second plan, à moins que n'émerge une 3ème figure forte (Priebus n'étant pas "fort", mais indispensable parce que la liaison avec le GOP passera par lui comme condition absolue) dans l'entourage intime de Trump, qui adressera la Sécurité Nationale.
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Pour ma remarque sur la vitesse de circulation de la monnaie, je souligne juste rapidement qu'en examinant le sujet à l'aune des chiffres (du Bureau of Labor Statistics et de la Social Security Administration) que j'ai cités plus haut sur le sujet des revenus et de l'emploi aux USA, c'est au fond assez évident: en l'état actuel des choses, la capacité de l'essentiel de la population américaine à "faire des transactions" (et donc impacter le dit indicateur) ne fait que diminuer, vu l'évolution du pouvoir d'achat réel et l'augmentation structurelle des coûts fixes de la vie. Cette réduction constante de la demande est pour l'instant la seule perspective dominante structurant les calculs économiques, avec le niveau d'endettement (public et/ou privé) comme seule vraie variable d'atténuation (temporaire) du phénomène. On peut voir ici l'opportunité qu'il y aurait à rétablir quelque chose du type de Glass Steagall, dans un cadre général de ré-incitation des banques "chiantes" à prêter dans ce qu'on appelle (superficiellement mais bien commodément) "l'économie réelle" plutôt qu'à aller jouer au casino, et/ou à trouver des ressorts plus proches des actifs/consommateurs pour remettre du fuel dans la machine (les banques locales et régionales, d'autres organismes? Ou, évidemment, la méphitique action directe de l'Etat via des grands travaux à une toute autre échelle, et autres méthodes).
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Tu m'as emmerdé avec cette question: j'avais pas replongé sur le sujet depuis que le "real life" Gordon Gekko l'avait amené en se déclarant pour Bernie Sanders, n'ayant gardé du coup que l'idée générale en tête. Faudrait que je retrouve les sources que j'avais zieutées à ce moment.
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Regarde où "l'investissement" s'est fait depuis la crise, ou avant la crise, comparé aux masses de cash disponibles. Il n'y a pas de demande, sauf dans certains secteurs quand ils sont artificiellement soutenus (à coup de déficits publics massifs). Compare aussi à la vitesse de circulation des capitaux sur les marchés financiers (pas la vitesse de circulation de la monnaie qui est elle en diminution constante depuis un bail -autre problème). Si tu veux voir où sont les masses de cash disponibles qui ne sont en aucun cas vraiment réinjectées dans l'économie, il te suffit de regarder par ta fenêtre (si tu es dans une grande ville; de vastes quantités d'immeubles et appartements vides, jamais destinés à être occupés, qui font baisser l'activité économique des dites cités), de regarder les marchés de la dette d'Etat et de suivre les flux de fric qui bougent rapidement entre titres et marchés sans jamais avoir le temps d'être un investissement "réel".
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Ce dernier point suppose un temps long de transition, sans garantie de résultats, par essence incompatible avec le temps politique des dirigeants à la petite semaine (et les ricains viennent d'élire peut-être le président qui suivra le plus sa cote de popularité). Et évidemment, une telle hypothèse de protectionnisme suppose qu'il n'y aura pas de guerre commerciale meurtrière, mais surtout qu'il y ait une majorité pour la mise en place, ce qui n'est pas le cas, et si les pressentis au cabinet de Trump sont un indice, ça ne risque pas d'arriver. Wall Street veut le libre-échangisme, et Wall Street est d'ores et déjà à la Maison Blanche (et évidemment occupe le Capitole depuis longtemps). Ouaip! Le premier grand pardon fiscal de ce type, sous Georges W Bush, avait ramené le fric, acté une perte massive pour le Trésor, et rien récupéré économiquement en retour, alors même que l'Amérique se portait mieux dans sa bulle de crédit massif. Mais faut pas demander au GOP de changer de logiciel: ils sont trop bien au chaud.
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Ce genre de politiques favorise la sphère financière, de la création de richesses apparentes (réelles pour seulement quelques-uns) au détriment de l'investissement "réel" (comme qu'on dit). C'est d'ailleurs principalement pour éviter ça que le Glass Steagall Act avait été initialement créé, pour séparer le casino de la banque "chiante" à investissements longs. Ce que risque de faire le duo Trump-Ryan, c'est un retour massif à la situation de 2007: y'aura dans un premier temps une apparence de chiffres de croissance élevés, un sous-investissement croissant dans le "réel", une expansion du crédit là où il ne devrait pas être (cf subprimes).... Et bis repetita. Et au passage, ils vont en plus tirer l'épargne des autres pays (y compris le pays des nous) pour alimenter ce faux moteur de croissance.
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Les actuelles projections financières pour le gouvernement US: - l'actuel programme fiscal et budgétaire prévoit une augmentation du taux d'endettement à hauteur de 86% du PIB en 2026 (contre 75% aujourd'hui) - le "plan Ryan", la position du Speaker dans ses tractations avec Trump, l'amèneraient à 96% du PIB en 2026 (essentiellement via des baisses d'impôts) - le "plan Trump", tel que prévu, l'amèneraient à 111% du PIB en 2026 Le programme fiscal de Trump implique environs 5 trillions de baisses d'impôts sur 10 ans, dont plus de 4 profiteront aux 20% les plus riches (et pour être honnêtes, l'essentiel ira au one percenters).
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Cory Booker est plus establishment que l'establishment: c'est un des plus gros suceurs (pas d'idées déplacées) de contributions de la Silicon Valley et de Wall Street. Pas compter sur lui pour quoi que ce soit de différent par rapport à HRC: c'est la ligne "social justice warriors" au plan sociétal, endettement pour quelques programmes sociaux et économiques très limités, et pour tout le reste, collusion-dérégulation-bride sur le cou à corporate America. On va déjà voir si Keith Ellison (R-Minnessota, progressiste, pro-Bernie, noir et musulman en prime), dont le nom est maintenant sur les rangs pour reprendre le DNC, va arriver à récolter assez de soutien pour commencer à attaquer la forteresse.
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C'est une phrase gratuite et assez fausse, qui dévalorise grandement le métier, le savoir-faire, d'acteur, même s'il est vrai que beaucoup de blockbusters ne s'embarrassent pas de ce détail, tout comme de celui d'un script bon et adapté à ses acteurs/persos, le plus souvent au détriment de leurs résultats en salle. Qu'on le veuille ou non, acteur, c'est un métier, et un acteur/une actrice qui devient une figure, qui marque dans un film ou plusieurs, est quelqu'un qui a passé non seulement beaucoup de temps à s'explorer le nombril (dans la vie, par une carrière fournie et variée) pour mieux comprendre et savoir rendre des émotions sur son visage, ses expressions, ses gestes.... Mais aussi quelqu'un qui a passé le filtre de multiples castings, de multiples tournages, expériences et visionnages par divers publics, qui ont fait émerger impitoyablement ceux qui ont un petit quelque chose en plus, un visage (pas forcément un beau ou un classiquement beau) qui fait mieux passer quelque chose, une façon de mieux passer à la caméra, un charisme d'une sorte ou d'une autre qui fait qu'on fait plus attention à cette personne, parfois des détails aussi cons qu'une peau qui prend mieux la lumière.... Gina Carano est très jolie, mais on peut noter que si les réalisateurs prennent des nanas plus au gabarit mannequin (ou d'autres types comme Scarlett Johansson), c'est parce que c'est ce que le public a envie de voir (les filles pour s'y identifier, les mecs pour....), et pour ce qui est du réalisme du combat, si je ne suis pas fan du trop grand côté cartoon de 99% de la violence à l'écran, acceptons aussi le fait que les vrais "praticiens" n'ont pas tant d'avantages que ça (à part éventuellement la crédibilité de leur nom s'ils sont assez célèbres et permettent ainsi de créer cette attente dans la majorité des spectateurs), parce que la "vraie" violence n'est absolument pas ciné/télé-génique (un vrai combat ne ressemble à rien vu de l'extérieur, un combat de MMA serait archi-chiant à l'écran: c'est déjà très chiant comme spectacle sauf si t'es à fond dans le trip et/ou que tu veux juste voir du sang: en termes esthétiques, c'est bouef). Les danseurs-euses à qui on apprend des jolis gestes sont effectivement le meilleur compromis qu'on puisse trouver, si tant est qu'il y en ait qui soient aussi de bons acteurs. A moins évidemment que tu trouves l'acteur qui pratique des sports de combat depuis longtemps, ou que ta prod puisse lui offrir 6 mois à un an de préparation intensive à une forme de "stage fighting". Problème de Carano: rigide, mono-expression, diction et jeu plats, charisme très limité, tendance à se fondre dans le décor plus qu'à crever l'écran, même en ayant un réalisateur obsédé qui centre tout sur sa pomme. Pas vraiment du matériel à faire radiner des centaines de millions de gens dans des salles de ciné. Faudrait qu'elle aille passer 2-3 ans à l'Actor's Studio pour voir si elle est capable de se détacher de l'arrière-plan. Autrement elle va continuer à jouer les seconds couteaux dans des séries B, et disparaître assez vite (comme sa carrière MMA). Plus, dans Haywire; oui, mal pour Ewan McGregor (dit "la crevette") et sans doute aussi pour Michael Fassbender (aka "l'asperge"), mais Channing Tatum, je m'en suis pas trop fait pour lui. Pour une actrice: de la chorégraphie et beaucoup de cul . Blague à part, la mode des plans surdécoupés est effectivement merdique, et semble énerver pas mal de monde. Pour les chorégraphies, tout dépend du chorégraphe: là aussi, il y a des modes, et il me semble que beaucoup suivent les mauvaises.
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Ils feraient mieux de s'activer dans le monde réel plutôt que de cliquer: aller reconquérir les boards d'éducation et assoces de parents d'élève, les sièges de conseils municipaux, les diverses organisations et institutions de comtés ou d'Etats qui comptent politiquement.... C'est ce que les Républicains ont fait, et ce par quoi ils ont un pouvoir que leur importance électorale ne justifie pas. Mais l'establishment démocrate a depuis longtemps sous-investi dans ces choses, tout comme il a sous-investi dans les élections aux Parlements d'Etats, pour se concentrer sur "le haut"; à croire qu'ils prennent l'argent corporate pour garantir que la gauche reste en retrait et faite de loosers qui se déchirent entre eux.
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L'a pas tort non plus: l'évoquer est pertinent sur le topic, mais s'enfoncer dedans et entrer dans le détail, ça fait de nous un peu la même chose que les grands médias US: on s'enferme dans les trucs mineurs et les à-côtés, en oubliant la working class et les poorly educated le sujet principal . Mais bon, j'dis ça, j'dis rien .... Désolé, humour post-électoral.
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Glandiose ! Mais pour le Retour du Jedi, j'aurais mis Elizabeth Warren: Bernie sera trop vieux, et il a plus une tête de Yoda, chargé de l'entraînement de Warren. Quoique je ne sois pas sûr qu'elle puisse dégager le même "charme" en campagne (si, si, le côté bourru sincère, avec une tendance au monologue, qui donne l'impression qu'il va vous hurler dessus, ça a son charme); à voir si Tulsi Gabbard (représentants de Hawaï et l'un des premiers parlementaires à se ranger derrière Sanders, quittant son poste au DNC pour ce faire) ne pourrait pas être "groomée" pour être sur les rangs en 2020. Elle a plus le look, et le passage dans l'armée peut aider.
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de madmax dans Politique etrangère / Relations internationales
"Erdogan et le Sublime Pote" Ou, choquant et novateur: "la Turquie". -
turquie La Turquie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de madmax dans Politique etrangère / Relations internationales
Ca m'a fait penser à la description par un Anglais de la façon dont Angleterre et France gèrent leurs institutions: les Français changent le nom de l'institution, et gardent tout ce qu'elle était intact, les Anglais ferment l'institution et en refont une autre, mais gardent le nom. En réponse à ton post, je propose donc de faire à l'anglaise et de rebaptiser le fil, et tout deviendra d'un coup plus pertinent . Même si un jour, faudra vraiment trouver un moyen de rendre les longs fils plus aisément consultables, comme une bibliothèque.... -
Et Mnuchin chargé des questions financières de l'équipe de transition, et possiblement futur Secrétaire au Trésor: un pur escroc made in Wall Street (une firme inconnue nommée Goldman Sachs.... Sûrement du caritatif) et par la suite un de ces vautours qui ont expulsé des gens par milliers post 2008 (dont un bon nombre qui n'avaient pas de retards de paiement, mais bon, c'est géré par logiciel, donc on fait pas le détail et on accepte les glitches, même quand c'est des milliers de vies qu'on fout par terre). Ah, ça, il va sûrement aussi nettoyer ce marais là.... Y'en a encore qui croient à la guerre aux "one percenters" par Donald?
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En fait, c'était en rapport avec un élément de conclusion que j'ai oublié de faire.... Oups! Ce qui m'étonne dans le vote militaire pour Trump, outre le n'importe quoi de ses propales en matière de politique étrangère et sa très manifeste méconnaissance du domaine qui sue par tous les pores de son discours et de son bronzage artificiel, c'est pas qu'il ne soit pas vétéran, ou même qu'il ait activement profité de son statut social pour éviter la conscription (on peut dire que beaucoup de gens, même patriotes, auraient eu le même réflexe face à la guerre en général, mais surtout à une comme le VN où personne ne comprenait l'objectif ou l'intérêt pour le pays: une guerre sans sens pour personne, pas vraiment quelque chose qui corresponde à l'emploi de conscrits), non, ce qui m'étonne est plutôt le côté matamore à deux balles qui prétend savoir, connaître et comprendre le domaine. Il a évité d'être sous les drapeaux, soit, mais se vante d'être un gros dur, pose comme un vétéran, s'attribue une éducation militaire parce qu'il a fait un ou deux ans dans une école en uniforme pour gosses de riches où ils jouaient aux soldats pour les apparences, et il se donne des grands airs de chef militaire sans aucun bagage pour; c'est ce côté prétention d'avoir le background et "ce qu'il faut", cette attitude de poseur au propos gratuit. S'il a évité le VN, qu'il ne prétende pas savoir ou avoir les cojones. C'est ça qui m'interpelle dans le choix des militaires: une fois de plus, le volant culturel de la majorité de l'armée (Etats d'origine et ce que j'ai décrit plus haut), et cet adage informulé qui attribue aux républicains le monopole du caractère "dur et fort", du savoir sur le fait sécuritaire et la chose militaire (alors que le passé récent indique qu'ils sont les plus mauvais, corrompus et idéologiques là-dessus, ces derniers temps).... Bref, ces choses ont parlé plus fort. Personnellement (et je ne suis pas militaire ou vétéran), un type qui pose comme ça et prétend avoir le background serait disqualifié d'emblée à mes yeux, et un tantinet révulsant juste pour ça: il a évité le VN en faisant jouer son statut, qu'il la ramène pas sur le sujet ou prétende être "the best at the military" pour reprendre son expression, et surtout, qu'il s'en prenne pas à des vétérans comme McCain, ou à des parents de KIA. Il y avait déjà les "chickenhawks", tout ces néocons qui prêchent la guerre partout et ont tous évité de servir (ou au mieux, ont été en uniforme.... En restant au pays et en évitant le danger, souvent en faisant jouer les relations), qui posent et parlent virilement et jugent qui sont les hommes et qui sont les tapettes (Dick Cheney les incarne tous dans ce registre), mais Trump me semble pousser le style un cran plus loin.
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Apparemment.... Au moins pour le début.
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Le "vote militaire", aux USA, est à prendre avec des pincettes: l'armée est de facto très politisée en termes culturels, de mentalité, mais pas en comportements politiques, et ses hautes sphères, en revanche, sont très politisées, moins en paroles qu'en imbrication dans le "système" de Washington: un grand nid de carriéristes conformistes très avides d'ascension hiérarchique et de juteux contrats de consultants ou de belles reconversions chez les fournisseurs et/ou dans des think tanks et lobbies bien en cour. Mais en terme de mentalités, le corps des officiers de l'Air Force (pesant relativement le plus lourd par rapport à l'effectif du service) est le plus à droite, et religieusement marqué, tout en étant, intensité capitalistique de l'arme oblige, extrêmement bien introduit à Washington. Le corps des officiers de l'armée est aussi à droite, d'une autre manière, même s'il est moins bien introduit à Washingon (ils pèsent moins lourd dans les budgets et les marges dégagées par le secteur terrestre), avec par conséquent des batailles et concurrences internes plus dures pour la promotion. Comme pour l'effectif du rang de l'Army, il y a chez les officiers une culture de droit nettement plus liée aux Etats d'origine d'une grande majorité des forces: 4 Etats fournissent à eux seuls autour de 40% des troupes et officiers (dont les Carolines et la Georgie, Etats les plus militarisés), et largement plus de la moitié vient du vieux sud et du midwest. Culturellement, ça marque fortement l'Army (et c'est assez vrai aussi pour les Marines, même si le recrutement est plus divers vu les principaux lieux de garnison: Californie, Caroline du nord et Virginie), culture pro-gun, sensibilité au discours agressif et à une forme d'autoritarisme, moindre envie "impériale" (en tout cas positions plus partagées entre isolationnisme et présence mondiale).... Le "cosmopolitisme" se trouvera plus dans la Marine qui, quoiqu'aussi très introduite dans le jeu washingtonien et tout aussi vénale pour ce qui concerne les hautes sphères, est le seul lieu notable de concentration de "progressistes". Et aussi le service le plus "impérial". Une répartition des idéologies au final assez classique dans l'histoire politique des forces armées. On notera aussi l'USSOCOM, désormais de fait un service en soi, et par son rôle, très au coeur des hautes sphères: il est résolument marqué à droite, avec beaucoup de néocons interventionnistes.
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Au gouverneur. -
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Alors regarde la,suite, pour son cas.... -
Y'a pas mal de gens qui ne voient pas Ruth Bader Ginsburg durer encore très longtemps (83 ans). Les juges peuvent certes rester en poste jusqu'à la mort, mais en pratique, beaucoup partent avant ce terme biologique, suivant la situation politique (personne ne voit Ginsburg partir, vu l'élection), leur propre santé et état mental.... Et à part elle, 2 autres ont plus de 78 ans: 1 démocrate, et 1 républicain. Il y a tout à parier que Kennedy va lâcher son poste au nom du parti, pour se faire remplacer par un jeune. Ca fait 1 nominations sûre qui changera immédiatement la majorité (avec une marge d'incertitude occasionnelle parce que Kennedy n'est pas systématiquement conservateur dans ses postures), une très probable plus ou moins rapidement (surtout si les midterms de 2018 se profilent mal: une démission avec nomination express, et hop!), plus deux probables sans date fixe. Et même sur beaucoup de sujet, la cour est déjà relativement conservatrice: 2 des "liberals" prennent systématiquement des positions très pro big business quand le sujet est économique. Donc SCOTUS restera très marquée à droite quoiqu'il arrive; pour la note, il n'y a pas eu de majorité "liberal" à la cour suprême depuis plus de 50 ans. Edit: grillé
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Valérian et Laureline
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Conan le Barbare dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Bon, après quelques jours passés, je me suis réchauffé sur le sujet du casting: j'ai binge-relu un paquet d'albums de V&L, et je me suis aperçu d'un truc vraiment notable qui doit être la raison absolue pour laquelle Besson a casté Delevingne: Laureline a vraiment de gros sourcils noirs qui contrastent avec ses cheveux roux/blonds vénitien. Et l'actrice choisie est notamment connue pour ses sourcils. Tout s'explique donc! Même le minet lisse aux faux airs de Norman Bates (c'est dans le regard: je suis sûr qu'il a égorgé des hamsters quand il était petit) n'est finalement pas si mal, même s'il faut décidément trop jeune pour un Valérian censé être, au moins physiquement, un peu plus le type "héros à mâchoire carrée" qu'éphèbe en demande. Mais comme l'a bien dit un commentateur du teaser, surtout dans notre ère de blockbusters produits en masse et banalisant absolument tout, c'est pas mal d'avoir des héros qui sont beaux, mais ont un peu aussi, quelque part, l'air de psychopathes, ou au moins d'être un peu zarbis. -
J'apporte une correction aux chiffres que je citais plus haut sur la ventilation de la population américaine par tranches de revenus. Soit je me suis emmêlé les pédales en traduisant (ne faisant pas attention s'il s'agissait des actifs, des gens ayant un travail, des adultes en général ou des foyers, ou si cela n'incluait que les revenus du travail ou aussi ceux du capital -hautement concentré vers le haut de la pyramide sociale), soit mes sources se contredisent (ce qui est douteux, vu que les deux étaient officielles). Selon le Bureau of Labor Statistics et la Social Security Administration ( chiffres de la fin 2015): - 38% des adultes employés américains gagnent moins de 20 000$ par an - 51% gagnent moins de 30 000$ par an (taux de pauvreté officiel: autour de 28 000$ par an) - 62% gagnent moins de 40 000$ par an - 71% gagnent moins de 50 000$ par an La "barre" des 50 000 approche ce qui est censé être le revenu médian par foyer (autour de 52 000 il me semble). Mais cette vision obère le fait que le revenu médian par personne employée est de 28 000$ par an. Il faut y ajouter les chômeurs officiels, soient environs 8 millions d'individus, et les adultes hors du marché du travail (ce qui inclue les retraités il me semble, le terme étant "adults of working age"; je ne sais pas s'ils incluent un plafond à cet âge), soient 94,7 millions d'individus. Un commentateur disait récemment que l'Amérique avait, en proportion, moins d'hommes adultes sur le marché du travail (ayant ou recherchant activement un emploi) que la France (et vous savez que les choses vont mal quand des Américains emploient la France en référence), et moins de femmes adultes sur ce marché que le Japon (qui a une particularité à cet égard). Un quart des Américains ont dans les faits une "net worth" (situation nette, "valeur" au plan financier) négative (dont Donald Trump ?), et 49% des Américains vivent dans un foyer qui reçoit de l'argent du gouvernement chaque mois. L'estimation est qu'il faut environs 50 000 dollars par an à un foyer pour soutenir un niveau de vie de classe moyenne pour une famille "classique" de 4 individus, de nos jours, à ceci près que c'est une moyenne très globale qui ne tient pas compte du lieu de résidence: dans ou près d'une grande ville, il faut nettement plus. en grande banlieue ou en zone rurale, il faut moins. Mais peu de gens gagnent cela en zone rurale ou en grande banlieue (zéro opportunités, déserts d'activité, offre commerciale -surtout alimentaire- restreinte....), et, comme indiqué plus haut, peu de gens gagnent 50 000 ou plus: les foyers dépassant ce seuil sont des foyers à 2 revenus, qui sont nettement moins la norme qu'auparavant. Et cela ne prend pas en compte le niveau d'insécurité de l'emploi et du revenu, beaucoup plus grand qu'auparavant, ou la chute du niveau réel de l'épargne individuelle, l'augmentation du niveau d'endettement depuis les années 80, l'accroissement permanent et rapide de dépenses fondamentales (santé et éducation au premier chef, surtout, évidemment, l'éducation supérieure) qui conditionnent le niveau d'espérance que chacun peut avoir en l'avenir, nécessaire au mode de vie attribué à ce qu'on appelle "la classe moyenne". La définition de la "classe moyenne" est difficile: elle est financière, ce qui est déjà difficile à encadrer vu les diversités induites par les lieux de résidence, les contraintes, le coût de la vie.... Mais elle est aussi culturelle, reposant sur un ressenti individuel, un niveau de capacité à voir venir et amortir les chocs, et des perspectives, en plus de certains marqueurs sociaux. Difficile de définir ce que chacun interprète comme un certain niveau de confort de vie, qui est tout sauf limité au confort matériel immédiat: il y a une notion de rapport au temps et de capacité de transfert générationnel qui jouent. Mais même en tenant compte de cela, il est clair que beaucoup de gens aux USA se considèrent comme appartenant à la "middle class", au besoin en précisant "lower middle class", alors que leurs revenus et perspectives économiques (pour eux et leurs enfants) indiquent que ce n'est pas ou plus le cas. La famille à deux revenus est moins répandue qu'avant, et si son revenu global est bien supérieur à celui de la famille classique à un revenu (celui du père) d'il y a une ou deux générations, elle a 25% d'argent en moins de disponible pour les "dépenses discrétionnaires", les coûts structurels/fixes de la vie (logement, assurances, alimentation...) ayant augmenté drastiquement en proportion, en grande partie à cause de l'évolution du système de santé, de l'explosion des coûts de l'éducation (pas que supérieure, mais celle-ci est à une moyenne de plus de 25 000 dollars par an pour au moins 4 ans) et de celle des coûts du logement. Le coût de l'appartenance à la classe moyenne (cad d'un mode de vie impliquant optimisme, espoir en l'avenir, enfants bien structurés et employables, un niveau d'endettement tolérable et productif....), beaucoup moins mesuré et facilement mesurable que le coût de la vie en général, est devenu inatteignable pour la plupart des Américains. Plus grave encore est le développement des foyers à multiples sources de revenus par adulte (cad cumuler les petits jobs), avec ce que cela implique en stress, inaptitude à élever les enfants correctement et autres conséquences sociales dont les effets se font sentir plus tard, mais aussi des foyers dont les enfants ne partent pas (parce qu'il n'y a pas de jobs, ou pas de jobs permettant l'émancipation, pas parce qu'ils sont des "Tanguys"; ça, c'est l'aspect du problème dans les CSP++): 55% des jeunes actifs sont dans ce dernier cas. Par comparaison, un foyer à un seul revenu dans les années 70 était en moyenne en bien meilleure situation qu'un foyer à deux revenus des années 2000. On ne soulignera jamais assez le rôle d'immense accélérateur de ces dynamiques (en place et actives depuis les années 80) qu'a joué la crise de 2007-2008: le niveau d'endettement (fondé sur l'immobilier dans ce mode de vie) pensé comme dominant a pu, tant bien que mal, faire durer les choses pour une partie de la population; avec la crise, les dernières illusions sont parties. Autre indication du vote Trump: la crise de 2008, qui a disproportionnellement frappé le secteur du bâtiment, a été la plus douloureuse pour les hommes, surtout ceux sans diplôme universitaire, ce qui fut essentiellement le facteur déterminant pour le fait que la population active est maintenant également divisée entre hommes et femmes (y'a pas eu de boost de l'emploi des femmes, c'est un nivellement par le bas), avec beaucoup de ces dernières se retrouvant comme principal ou (surtout) seul revenu dans un foyer (et une sur-représentation dans les statistiques de la pauvreté). Une définition très large et contestable du terme indique que la "middle class" au sens large est censée contenir les foyers gagnant entre 35 000 et 100 000$ par an, ce qui est exagérer de beaucoup étant donné qu'entre 35 000 et 50 000, hors zones rurales, il n'est vraiment pas aisé de vivre aux USA, surtout si on parle d'un foyer à plus d'une personne et/ou du niveau d'endettement qui est courant dans le pays (université et/ou mortgage). Mais même avec cette définition: - 58,5% des gens employés gagnent moins de 35 000$ par an - 34,5% gagnent entre 35 000 et 100 000$ (avec beaucoup une plus forte proportion en-dessous de la barre des 50 000, comme vu plus haut) - 6,9% gagnent plus de 100 000$ par an Cela souligne beaucoup la "qualité" des emplois créés depuis la crise, et même avant. De même que la mention, en passant, que si le chômage officiel a baissé, cela ne tient compte ni du fait que la population adulte hors marché du travail a beaucoup augmenté, que le niveau d'endettement est effrayant, et que le nombre global d'heures travaillées par semaine, lui, n'a pas bougé depuis plus de deux ans. En bref, voilà le premier moteur de tout comportement électoral prévisible pour les USA. Et pour la gouvernance qui en découlera.