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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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Ou ils se retirent du marché, ou réduisent leur surface cultivée, si les perspectives de vente ne sont plus si attrayantes au nouveau prix qui en découle: vu qu'on parle avant tout d'Etats comme la Californie ou le texas, où l'approvisionnement en eau commence à être un problème structurel et le prix de l'investissement nécessaire est en augmentation constante et importante (sans pouvoir compenser le changement des circonstances naturelles), la question va peut-être commencer à se poser, malgré toute la puissance de lobbying de ces gens-là. Correction: le "jeu" de manipulation sur la participation de certains groupes par de multiples biais a un vrai et lourd impact sur les dits groupes, et dans certains Etats, il est déterminant: la durée des privations de droits civiques pour certains délits et après la sortie de prison, le tripatouillage des listes électorales, le moindre nombre de bureaux de vote dans des districts choisis, la limitation des horaires de vote ou des périodes et méthodes de vote anticipé/par correspondance/par procuration (voire leur interdiction), les conditions parfois absurdes, parfois coûteuses, pour accéder au vote (le cas des "voter ID").... Ces mille et une façons, directes et indirectes, d'affecter plus lourdement certaines populations que d'autres, ont un effet électoral bien réel dans de nombreux Etats, et plus encore à l'échelon local (comtés, villes....), qui est par incidence l'échelon prédominant pour "maîtriser" le processus électoral. La population noire est particulièrement touchée par le phénomène dans les Etats rouges dont un certain nombre ne seraient pas rouges sans ces pratiques. La Caroline du Nord en est un très bon exemple, de même que la Georgie, et la balance électorale serait moins hésitante en Floride (on le voit depuis l'élection de 2000). Ce n'est PAS anecdotique, et c'est assez fréquemment décisif: les noirs, les latinos, mais aussi les étudiants, le savent bien. Sinon, au risque de casser la bulle, ou le trip, de ceux, dont moi, qui veulent voir des révolutions partout, des grands messages du "bas" envoyés à "ceux d'en haut", je vais essayer d'apporte un bémol au consensus d'analyse qu'on a depuis ce matin: je ne prétends certainement pas que c'est l'unique explication, ou même l'explication dominante, mais que ça fait partie du mix. La participation a été, comme d'habitude, minime aux USA (Obama restant à ce jour une exception dans l'histoire récente des USA), et la "vague Trump" n'est en fait qu'un petit phénomène essentiellement centré dans l'électorat républicain, dans sa composante qui tendait ces dernières années à voter moins, et qu'il a su mieux mobiliser que Clinton n'a su convaincre sa base. Et la marge de victoire est étroite, dans les faits, le vote populaire allant côté HRC. Si bien que j'en viens à simplement me demander s'il n'y a pas là à l'oeuvre quelques pourcents qui auraient voté républicain quoiqu'il arrive, sans nécessairement être républicains eux-mêmes, et encore moins trumpistes, simplement parce qu'après 8 ans à la présidence, le parti vu comme dominant (cad celui qui a la Maison Blanche, le Congrès n'ayant pas cette aura) est perçu par certains comme "usé" et "à gicler". Soit les quelques pourcents du "retour de balancier" qui arrivent toujours dans toute élection, un phénomène qu'on connaît bien par chez nous, même si, comme aux USA et ailleurs, il est amplifié depuis maintenant 2-3 décennies, empêchant quasi systématiquement le parti au pouvoir de durer. On peut masquer ça en disant que c'est le merveilleux caractère de la démocratie que de permettre l'alternance, on peut aussi souligner que quand elle est systématique, il y a un problème. Mais quoiqu'il arrive, même dans le meilleur des temps, il y aura toujours une proportion de déçus et de gens en colère qui feront ce mouvement de balancier. Et là, hier soir, la marge de victoire est si réduite, et la participation si basse, que je ne crois pas que vouloir absolument caser de grandes thèses sur les conséquences de la mondialisation et de la polarisation des richesses (deux choses très vraies et très réelles, aux effets immenses et problématiques) soit une explication si absolument dominante sur le plan électoral. Les résultats au Congrès tendent à me confirmer dans cette opinion: le GOP a limité les dégâts via l'électorat Trump, mais il a baissé nettement. En fait je banalise un peu le résultat en remettant quelques éléments de causes "normales" de l'alternance, loin des grandes dissertations qu'alignent les journalistes, et nous-mêmes, depuis ce matin. Si 60% ou plus de l'électorat avaient voté, si Clinton avait bien mobilisé son électorat et convaincu plus d'indépendants, si trump avait emporté 55% ou plus du vote populaire.... On pourrait commencer à parler d'une "vague", d'un vrai mouvement de fond non seulement dans la société, mais aussi suivi d'effets dans les urnes, et ce dans un pays notoirement peu enclin à aller voter. Là, on a deux candidats impopulaires dont l'un a gagné le concours de qui emmerde ou dégoûte un peu moins que l'autre, et qui rallie un peu plus ses fanatiques. C'est moins glorieux que faire un grand roman avec l'imagerie des raisins de la colère, mais c'est peut-être pas injustifié. Quelques pourcents qui auraient de toute façon voté pour changer de parti au pouvoir, parce que cette direction leur a pas réussi, ça peut être décisif dans un tel contexte, si ces quelques pourcents (2-3 suffisent), peut-être même pas des gens ayant de graves problèmes, ont eu l'extrême courage (faut bien le présenter comme à, vu la participation) de se bouger le cul hors du canapé pour aller voter. Encore une fois, je ne dis pas que c'est l'explication unique ou dominante, juste qu'avec si peu de marge et si peu de monde, ces petites choses suffisent. L'élan révolutionnaire, le grand ras le bol, attend à mon avis fortement de réellement trouver à s'exprimer: si Sanders & Co s'activent dans la société civile dans les 2-3 ans qui viennent, si le mouvement s'affirme au sein du parti démocrate, au point de provoquer le clash public, ça va peut-être commencer à changer.
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Je préfère Keynes là-dessus: "the best and the worst never happen: it's always the unexpected" (sans doute ça qui fait chier les parieurs de Wall Street). Ses 5 banqueroutes et l'échec de ses multiples entreprises, ses difficultés à faire cracher suffisamment de cash à son empire pour soutenir ses charges et obligation, sans mentionner son statut de "asset rich, cash poor" au milieu de ses "pairs" milliardaire, n'ont pas semblé le déranger, pourtant. Tant qu'il peut prétendre qu'il est gagnant et génial plus fort que ses détracteurs ne peuvent (ou ont quelque chose à foutre de) affirmer ou prouver le contraire, il s'en tape, apparemment. Sa présidence pourrait être pareil, comme ces rois et empreurs de l'antiquité ou de la période moderne (ou des Etats de toutes époques en fait) qui frappaient des médailles de victoire et faisaient clamer des succès partout là où il n'y avait en fait rien, des matches nuls, voire des défaites, ou qui choisissaient d'ignorer simplement de tels événements et de masquer leur existence. Dernier exemple en date: un certain président américain sur le pont d'un certain porte-avions un certain jour de 2003, paradant et annonçant "mission accomplished" (ou félicitant son directeur de la FEMA après l'ouragan Katrina, à la Nouvelle Orléans: "a heck of a job").
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Et former une belle brochette de glands comme les "jeunes giscardiens" pour l'animer? Note, il a ses deux tronches de cons de fils pour faire ça....
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Oui, ces deux Etats, malgré tous leurs problèmes, restent fondamentalement démocrates, surtout le Wisconsin, qui (malgré le fait que Paul Ryan en soit un élu) est l'un des vrais "heartland" du progressisme aux USA: je suis bien certain que l'establishment démocrate va pointer des doigts vers Stein et tout faire pour éviter de se regarder en face, mais le fait est qu'ils ont sous-mobilisé dans ces Etats de la Rust Belt qui se sont avérés décisifs, alors pourtant qu'ils avaient là deux Etats prêts pour un candidat progressiste. Si on se souvient bien, pendant la primaire, le même coup était arrivé dans le Michigan: Clinton était annoncée large vainqueur (20 points d'avance la veille de la primaire, et encore la même certitude une heure avant la fin du scrutin), et Sanders l'a emporté avec de la marge le soir-même (ce qui arrive dans certains Etats difficiles à sonder, surtout parce que leur marché ne justifie pas une bonne infrastructure de sondage). Michael Moore (le Michigan est son Etat) annonçait une forte possibilité que la même chose arrive hier.... Ce qui s'est produit, avant tout par mobilisation insuffisante côté Clinton.... La faute à qui? Je sais pas s'il oserait aller jusque là, si Kushner et/ou Bannon poursuivaient l'entreprise: ça pourrait être un peu moins in-subtil, quand même.
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Tiens, j'aouterais un petit détail: l'idée que le véritable désir de Trump était plus de bâtir un empire médiatique que d'accéder réellement à la présidence (et je le maintiens; je pense toujours que c'est sa préférence) reste une réalité. Comme indiqué beaucoup plus haut (mais ça n'a que 2 semaines max), beaucoup de mouvements et décisions de Trump dans les derniers mois/semaines de la campagne ne faisaient sens qu'à l'aune d'un tel choix, et ils font encore ce sens. Désormais, il ne sera pas celui qui présidera à l'entreprise, mais son partenaire principal pour la chose, lui, reste en lice: c'est son gendre, Jared Kushner, fils d'une très grande famille juive de l'immobilier new yorkais (beaucoup plus riche que le Donald) et époux d'Ivanka, dont le désir de se lancer sur le marché des médias est bien connu, et qui a très activement co-dirigé (avec Stephen Bannon et quelques autres) le versant online et média de la campagne, notamment l'un des aspects les plus intéressants (économiquement) qu'elle a eu, à savoir bâtir et fidéliser une audience (dans sa plus large acception, les 24% de 55% de l'électorat que j'ai mentionné plus haut, mais étendu à la population entière, ça doit être quelque part entre 20 et 30%, peut-être un peu plus comme potentiel maximal). Il est donc bien possible que dans l'année à venir, la "Trump TV" qu'on a annoncé voie bien le jour (sous quelle forme? Mystère pour l'instant) afin de capitaliser sur cet accomplissement, sans doute sous un autre nom, ce qui procurerait au nouveau président un média "en propre", en remplacement (ou en complément pour encore un moment) d'une FoxNews qui va commencer sa "normalisation", mais qui surtout, comme les autres grandes chaînes, perd de l'audience à grande vitesse (dans son cas, au moins autant par la mort de vieillesse des spectateurs que par la fuite vers d'autres médias ou le dégoût général à l'égard des "institutionnels").
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Non: le leur a pas marché: "they are loooosers", pour paraphraser le leader maximo. Ceci dit, moi je me sens des envies d'investir dans une multitude de petits centres d'IVG privés sur la frontière canadienne: quelque chose me dit qu'il y aura bientôt du fric à se faire, là. Pourquoi? Ca fait maintenant plusieurs années (en fait depuis la crise) que le solde migratoire USA-Mexique indique une tendance continue au retour vers le Mexique. Et c'est pas l'élection de l'autre qui va inverser la courbe.
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Il est dit qu'il y a une relation exponentiellement inverse entre le statut et la durée d'un mariage d'un côté, et le sexe de l'autre. Pour citer le grand philosophe Bill Maher: "Gays want wame-sex mariage.... Why? For Married couples, it's exactly that: you're married, and every night, it's the same sex". Notons que l'augmentation des tarifs si médiatisée était la plus faible augmentation dans le domaine de l'assurance santé depuis longtemps.... Juste qu'elle est arrivée au mauvais moment, avec beaucoup de pub. C'est pas pour glorifier l'ACA, dont l'effet est modéré, mais pour pointer à quel point le système américain est délirant et abominable, et qu'il l'est depuis longtemps.
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Les chinoises? Qu'est-ce qu'elles viennent foutre là? Le monde, en tout cas la Chine, manque beaucoup de Chinoises: ils ont beaucoup trop de Chinois et pas assez de Chinoises. Qu'est-ce qu'elles vont aller s'emmerder à manipuler l'homme blanc, avec tous ces hommes jaunes à faire danser à leur cadence?
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En un sens: elles tendent beaucoup plus à être mariées. C'est surtout la confiscation du système par une élite endogène et endogame qui s'accroche et, comme dans toute organisation qui dure, voit la part de ceux qui existent et bossent pour l'organisation bouffer la part de ceux qui existent et bossent pour ce que l'organisation est censée faire.
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Je ne rentre pas dans le détail (trop de séries à regarder).... Juste un point: quand on parle de "l'électorat du Donald", faut déjà avant toute chose le diviser en 2 parties à peu près égales (cad deux ensembles d'un peu moins de 24% de 55% de l'électorat): une qui est vraiment "l'électorat trumpiste" (à divers degrés d'intoxication), et une qui globalement n'aime pas Donald, mais déteste Clinton, déteste l'establishment "DemRep" et Washington qui l'incarne, et/ou ne peut viscéralement pas voter démocrate (tant le sentiment d'appartenance à un parti est une chose puissante aux USA, contrairement à nos contrées).
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Ouais, du délire complet, comme tout programme politique, écrit d'ailleurs en grande partie par des purs reaganiens, qui persistent dans leurs errements qui sont à l'origine de la situation actuelle. BERNIE RULES!
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Et son fournisseur de béton était... Un maffieux. De même que le chargé de la "paix sociale": il a acheté, via le même maffieux, le syndicat local, alors que tout le secteur construction était alors en grève. Surtout pour qu'ils détournent le regard des ouvriers polonais clandestins qu'il employait au mépris de toute règle, y compris la décence humaine. Ca aussi tu peux le vérifier (il a d'ailleurs été jugé). Tout ça pour construire une tour avec beaucoup de matériaux et méthodes en-dessous des standards.
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Autres résultats: - les républicains auraient désormais 34 gouverneurs d'Etats, contre 31 hier. les démocrates perdant 3 Etats sur ce plan, se retrouvant à 15. 12 sièges de gouverneur étaient en jeu. A noter cependant que ces chiffres sont provisionnels, certains Etats étant encore "too close to call" et le décompte n'étant pas fini - A la Chambre, le GOP perd 5 sièges (à 240), les démocrates les gagnent (à 193) - au Sénat, le GOP perd 3 sièges (à 51), les démocrates en gagnent 3 (à 47), auxquels il faut adjoindre 2 indépendants qui font caucus avec les démocrates (Angus King, du Maine, et un certain sénateur du Vermont) - 44 Etats tiennent des élections législatives, avec 86 des 99 chambres (basses et hautes) ayant des sièges en jeu. Il y a assez peu de changement en général Et tu fais exactement la même erreur que les journaleux et universitaires que tu critiques: tu commentes et surinterprètes le vote d'à peine plus d'une moitié du corps électoral, où LA MAJORITE des gens, qui plus est, ont voté pour Clinton (200 000 voix d'écart au dernier décompte que j'ai vu). Est-ce à dire que les plus de 59,6 millions de gens qui ont voté Clinton sont des intellectuels, universitaires, publicitaires, artistes et autres? Ces gens là, toutes tendances confondues, seraient bien en peine d'être plus d'un million aux USA, en comptant large. Qui plus est, si tu regardes le décorticage sociologique du vote, tu verras que Clinton l'emporte chez les plus modestes.... Sauf chez les blancs. Faut vraiment arrêter ces visions fantasmatiques et purement esthétiques des "gens qui travaillent dur" qui ont voté pour Trump, et des "autres" -toujours une espèce de masse indéterminée- qui voteraient Clinton parce qu'ils sont des élites snobs et des suiveurs. On présentait déjà le même genre de débilité sans grand lien avec la réalité lors de l'élection de 2004: j'entends encore les commentaires débiles des néocons français (dont feu Maurice Dantec) qui, à la télé, débalaient ce type de présentations romancées sans connaître, ou même avoir survolé, la composition du vote. Les principales lignes de fracture observées dans ce vote: - blancs vs non-blancs - ruraux vs urbains - éduqués vs non éduqués (cad un "Highschool degree" ou moins) - hommes vs femmes même la fracture hommes-femmes n'a pas été si terrible (par rapport à d'habitude, il faut raison garder), principalement parce que les électrices blanches éduquées se sont moins détournées de Trump que prévu, et que les électrices de couleur ont moins voté que prévu. Mais dans l'ensemble, surtout parce que, comme indiqué plus haut.... LA PARTICIPATION EST RESTEE BASSE, dans la moyenne américaine, ce qui survalorise le vote des partisans et minimise le vote des indépendants. Et trump a juste un peu moins mal fait venir ses partisans. Je ne me fais pas l'avocat du camp HRC; je la déteste presque autant.
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De l'émission de Colbert: Donald Trump réalisera la vision des pères fondateurs au XVIIIème siècle: make America great again.... For rich white men with funny looking whigs !
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C'était la chute d'hier qui était "amusante".... Reeuuh, euh, euh , tu as dit "la bourse monte"..... Dehooooooors, déjà très loin! Mais même pô honte.
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C'est pourquoi les termes de "raz de marée" aux USA, hors moments exceptionnels comme Obama, ne sont pas de mise, voire complètement ridicules: c'est à qui arrive à mobiliser sa base (et plus ou moins d'indépendants) pour moins foirer son coup que l'autre. A ce niveau très bas de participation, la question va être de voir qui n'est PAS allé voter qui vote en temps normal.... Et de ce côté, la réponse est assez claire: Clinton n'a pas suscité assez d'enthousiasme chez: - les démocrates (un peu) - les noirs (pas gégène) - les latinos (en progrès, mais pas assez, et très inégalement) - les djeunz (gravissimement) Carton complet pour HRC: elle a sous-performé dans les électorats clés du parti démocrate. Côté Trump, il a bien mobilisé les blancs républicains/de droite (moins que Romney dans pas mal de segments démographiques), mais surtout, il a suffisamment mobilisé les blancs ruraux et ceux peu éduqués: pas dans des proportions dantesques, mais suffisamment pour profiter de la sous-performance clintonienne. Quand on vous dit que l'important, c'est QUI vient. La participation, oui, mais avec deux candidats très impopulaires, faut pas compter sur des "raz de marée", donc faut voir plus finement quels segments on arrive à bouger un peu plus que la moyenne. Oui, l'Etat a besoin de sous, et les paysans de revenus complémentaires.
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De ce que j'ai compris, c'est toujours 27 soldats (3 GC complets) pour un platoon de 4 Bradleys (3 à 7h et 1 à 6h). Ca semble donc toujours être un peu les chaises musicales.
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Non: la carte donne toujours cette impression, mais l'immense majorité des comtés (et Etats) républicains sont très peu peuplés: y'a beaucoup de superficie vide dans les zones rouges. En revanche, dans le fil de ce que j'avais dit un peu plus haut, on peut aussi s'attendre à une réduction des périodes "d'early voting" (malgré le fait que plus d'un tiers des Américains aient préféré voter avant mardi, cette année), partout où les législatures républicaines pourront essayer de le faire. Ca et toutes les autres mesures de truquage du vote qui vont être poussées encore un cran plus loin: le GOP va peut-être, par le résultat d'hier, s'offrir encore un délai avant de devoir affronter sa période de nécessaire remise en question interne. Peut-être 1 ou 2 cycles électoraux en plus: Trump leur a offert sur un plateau la possibilité de ne pas se regarder en face, une chose sur laquelle les politiciens sautent toujours, alors que tout indiquait que le parti était mûr pour se réformer et faire sa révolution pour se mettre en phase avec l'évolution démographique du pays, qui est désormais gravement à leur encontre. Côté démocrate, c'est peut-être un mal pour un bien, si l'establishment s'écrase.... Ce qui est douteux dans un premier temps: on va avoir une phase de déni où ce sera tout la faute aux Russes, tout la faute à Bernie, puis tout la faute au con de peuple, puis, plus finement, tout la faute à tel ou tel groupe, mais certainement pas à Ste Hillary ou aux autres caciques. S'ils font durer ça jusqu'en 2018, moment où une victoire aux midterms sera assez probable, ils se maintiendront peut-être encore un peu à moins que beaucoup de candidats "pirates" en interne ne se présentent contre les nominés "insiders". Donc la vitesse de changement des démocrates dépendra beaucoup des organisations de la base, des mouvements de contestation internes: il va leur falloir prendre d'assaut les positions électorales sans peur de faire foirer le parti.... Il faut de la colère. Un autre changement majeur dès le prochain cycle électoral, et encore plus pour 2020, est que l'environnement médiatique sera probablement très différent: dans l'année écoulée, les grandes chaînes télé (networks et câble) ont perdu 40% de leur audience moyenne chez les 18-24 ans. La tendance est similaire dans toutes les tranches d'âge jusqu'à 55 ans (plus l'âge s'élève, moins elle est importante, mais ça reste net), si bien que même la NFL (le football américain, véritable religion et vache à lait absolue) s'inquiète d'avoir moins d'options de "distribution" et de ne plus pouvoir tarifer ses droits de redif aussi cher et toucher autant de revenus de pub. Malgré les audiences de cette année électorale (contrairement aux commentaires enthousiastes des patrons de chaîne, c'était mieux que d'habitude, pas une explosion: en somme, un ralentissement de la baisse), la tendance amorcée depuis longtemps s'accélère donc, absolument pas compensée par le streaming online des chaînes traditionnelles, et ces élections ont aussi accru la tendance à la défiance à l'égard de leurs infos (la crédibilité des grands médias est aujourd'hui équivalente à celle du Congrès.... C'est-à-dire entre le haut de la bouse et le milieu de la pâquerette), ce que l'après élection risque de traduire par un fort retour de bâton dans leur gueule. Donc les plates-formes des prochaines élections seront multiples, beaucoup plus agressives, moins unifiantes, et l'environnement médiatique général de la politique reposera (avant un possible mouvement de re-concentration des audiences sur moins de médias d'un nouveau type qui prendra des années) pendant un temps beaucoup plus sur le contact direct entre candidats, activistes, militants et électeurs. Celui qui s'activera le plus sans passer par les grands médias gagnera: adios les méga-campagnes de pub hors de prix (pour un temps) dont l'efficacité est maintenant, au vu de tous, très surévaluée (ça fait un moment qu'on dit pourtant que ça marche peu dans les courses nationales: c'est en revanche bon au niveau local, si un fort déséquilibre peut être créé, mais aussi pour vite faire connaître un nouveau venu).
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Ca oublie le seul autre journal qui ait rallié Trump: Stormfront, le magazine des skinheads, néonazis et membres du Klan. Bon, ben, pour reprendre une métaphore d'hier (mais qui est maintenant pas mal de pages derrière), Héliogabale a été élu empereur! Attendez-vous à de la bouffonnerie et à un nouveau culte religieux!
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Une bonne nouvelle dans cette histoire: le terrible et célèbre shériff du comté de Maricopa dans l'Arizona, Joe Arpaio, qui incarnait la violence anti-immigrés et l'abus d'autorité, a été battu hier dans sa course à la réélection. Problème cependant: populaire dans les régions frontalières et dans la partie nationaliste du GOP, il pourrait être appelé par Trump pour présider une des grandes agences de sécurité, voire pour le portefeuille de l'Intérieur.
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Here, gimme, gimme, gimme La "nuclear option" a été passée quand les dems avaient encore une majorité: Obama peut plus la passer, donc exit la possibilité du filibuster contraignant à avoir 60% des votes au Sénat. Et avec Mike Pence comme Speaker du Sénat, le vote religieux a la place qu'il veut depuis longtemps. Ca va pas être triste, surtout dans les deux ans qui viennent: si le GOP veut se risquer dans les eaux de Roe v Wade, c'est le moment.... L'électorat féminin va faire du bruit.
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Le pire étant que je crois qu'il n'est toujours pas inscrit comme démocrate, donc pas membre du parti : dans le Vermont, y'a pas besoin d'être inscrit pour voter aux primaires. Mais bon, Elizabeth Warren, Sherrod Brown, Bernie Sanders, Keith Ellison, Tulsi Gabbard et quelques autres vont peut-être commencer à pouvoir s'offrir une avenue.
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Alors qu'on sait très bien que c'était un montage de la tronche de Sanders sur une photo de Shorr Kan s'amusant avec des poupées. Quel cochon ce Shorrky!
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D'accord avec le constat initial, la réaction immédiate.... Ensuite faut voir ce que seront les "bases plus saines": Trump va être libre de nommer un juge à la cour suprême, qui va entériner une majorité conservatrice dure, et l'ampleur de ce que ça va pouvoir bloquer ou favoriser est immense, notamment dans le domaine électoral (découpages de circonscriptions, "voting rights" surtout pour les minorités, listes électorales, accès aux bureaux de vote....), ce qui aura tendance à plutôt confirmer les avantages locaux des conservateurs, qui leur garantissent la Chambre ad vitam, surtout avec le niveau de contrôle qu'ils ont au niveau des Etats (législatures et gouverneurs). L'initiative pour voir s'il y aura du changement va être du côté démocrate: eux vont être confrontés à un choix déterminant majeur, voire une guerre civile. S'ils veulent avoir un espoir de gagner quelque chose autrement que conjoncturellement (cad comme ce qui s'annonce sans doute pour 2018, le parti à la présidence perdant quasi toujours les mid-terms), et capitaliser réellement sur le fait que la démographie est largement en leur faveur (encore une fois: Clinton-la-nulle a emporté le vote populaire) et un peu plus chaque jour, ils ont une révolution culturelle à faire, où leur establishment de centre droit va devoir revoir sa copie, parce qu'en l'état des choses..... Ils n'ont rien à proposer qui parle à tant de gens que ça, en tout cas pas suffisamment à la "marge de manoeuvre" des indépendants réellement hésitants, et pas suffisamment à leur base, qui normalement se mobilise plus en année présidentielle. AUTRE CONSEQUENCE MAJEURE DES ELECTIONS: les tarifs du couple Clinton vont sérieusement être revus à la baisse. Donc si vous voulez un discours politique (général ou une question spécifique de gouvernance, la maison fait au menu ou à la carte) à votre anniversaire, la Bat Mitzvah du neveu.... Vous pouvez appeler à la Fondation Clinton (appel payant, mais tarif maintenant négocié) et profiter des soldes. J'ai comme dans l'idée que les éditeurs vont leur proposer de moins bons deals de livres, et acheter nettement moins d'exemplaires à la tonne pour les mettre dans le haut du classement de la NY Times Bestseller list. Bref, les cours du marché....
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2 remarques cruciales: - "l'effet pouvoir" existe; maintenant que Trump est président, Melania, avec toute sa chirurgie, est devenue baisable à mes yeux - à votre avis, à quoi ressemblera la Maison Blanche quand Trump s'y sera vraiment "installé"? Déchaînez-vous sur les photos de mauvais goût