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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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Les néocons sont pour Clinton, majoritairement par absence de choix à leurs yeux, même si beaucoup aiment dire -et ce n'est pas faux- qu'elle est l'une des pires des faucons (pas la même chose que les néocons) de Washington: à leurs yeux, son penchant pour balancer des bombes n'est pas une qualité suffisante. "L'appareil d'Etat" aux USA est une trop vaste réalité, y compris sur le plan politicien, pour être résumée simplement; la majorité des hauts fonctionnaires des grandes agences, et surtout de renseignement (il y en a 16, rappelons-le) est certainement pro-Clinton, par conviction, par réalisme, par obligation, par opportunisme ou par défaut, et sans doute pas par une petite marge. Mais l'armée est une autre chose: s'il est certain qu'on trouvera une majorité pro-Clinton dans les rangs des officiers généraux et des colonels (ou équivalents), ce ne sera pas une large majorité. Et pour l'ensemble des troupes, Trump a dominé largement pendant un bout de temps, et partage la vedette maintenant avec Johnson, Clinton arrivant bonne 3ème. En général: Trump: 40.5 percent Clinton: 20.6 percent Gary Johnson: 27 percent Jill Stein: 1.7 percent Hommes du rang: Trump: 43.3 percent Clinton: 18.4 percent Johnson: 26.2 percent Stein: 1.9 percent Officiers: Clinton: 31.7 percent Trump: 26.2 percent Johnson: 31.3 percent Stein: 0.5 percent Plus amusant, les résultats chez les soldats de sexe masculin uniquement: Trump: 43.1 percent in October; 39.6 percent in September Clinton: 17.8 percent in October, 15.1 percent in September Johnson: 27.7 percent in October; 36.3 in September Stein: 1.4 percent in October; 1 percent in September Chez les femmes militaires: Trump: 25.7 percent in October; 26.7 percent in September Clinton: 36.1 percent in October; 23 percent in September Johnson: 23.4 percent in October; 38 percent in September Stein: 3.3 percent in October; 2.3 percent in September La différence est très nette, et vu que les femmes sont proportionnellement beaucoup plus présentes chez les officiers, on peut se dire que la division des sexes chez les gradés doit être assez spectaculaire. Des forces à la mentalité pas si commune que ça?
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Si c'est ton régime, tu vas les manquer, ces feux d'artifices: dans le meilleur des cas, tu seras sur la lunette de tes toilettes (tête ou cul vers le bas, ça reste à voir) ou plié en 4 au fond de ton lit, grelottant..... Dans le pire, tu seras en train d'adresser un sourire embarrassé à l'infirmière qui t'administrera ton lavement en te disant de pas t'étouffer avec les brocolis que tu devras bouffer pendant les semaines qui suivront. Ceci dit, faut souhaiter que les fanas de révolution violente se tapent tellement un délire rétro qu'ils n'utilisent que des mousquets: ça facilitera la répression.... Parce que là, si certains d'entre vous se souviennent de la prise d'un poste d'une agence fédérale dans l'Oregon il y a quelques mois par une bande d'illuminés armés dirigés par le fils du rancher débile qui avait lancé une opération armée parce qu'il voulait pas payer ses impôts il y a 2 ans..... Leur procès s'est terminé la semaine dernière, sur un non-lieu. Les mecs ont pris et détérioré la propriété d'une agence fédérale et menacé pendant des semaines des agents asermentés les armes à la main, l'un d'entre eux est mort stupidement malgré toutes les précautions des flics, ils ont clairement appelé à la révolte armée sur les ondes.... Mais ils sont libérés comme ça. S'ils avaient été blacks, ils auraient été abattus dans les premières heures de la crise, et les flics n'auraient même pas été inquiétés.
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Wikileaks a annoncé une nouvelle sortie cette semaine, soit disant un truc maousse.... Depuis qu'ils disent ça, et vu la couverture très partielle et partiale de ces révélations (et les défenses de l'appareil clintonien), à moins d'un mail de HRC décrivant son hobby de torture sur petits enfants, je doute que ça pèse suffisamment lourd. Surtout que Clinton a un puissant "ground game" qui est une autre forme de média, bien plus efficace, pour démentir, rassurer, motiver/remotiver.... Sans que ça se sente rapidement au niveau des "grands médias" et des sondages: Trump n'a rien de comparable, et la majorité de ce qu'il a dans ce registre, ce sont les volontaires du GOP, qui bossent avant tout pour le GOP et les candidats au Congrès (et les locaux). Sinon, j'ai vu passer un chiffre intéressant: depuis 48h, le nom de Clinton est apparu dans les médias autant de fois que celui de James Comey, le directeur du FBI: beaucoup y sentent la patte de la campagne Clinton, qui est sortie en grand, agitant toutes ses relations, faisant toutes les déclarations possibles, pour que "l'affaire" médiatique ayant commencé vendredi soit plus à propos du choix de Comey de faire son annonce, que directement à propos de Clinton. Rappelons par ailleurs un autre minimiseur d'impact: plus de 20 millions de vote ont déjà été enregistrés, dont une partie proportionnellement plus lourde dans les "battleground states". Le fait de voter ainsi, avant la date, renvoie plus souvent à des contraintes personnelles qu'à une motivation partisane particulière, donc les fans de l'un ou de l'autre ne se sont pas spécialement engouffés dans les bureaux pour voter, ce qui veut dire que beaucoup "d'indépendants" font partie du tas.... Et ne peuvent plus revenir sur leurs choix, essentiellement réalisés dans les dernières semaines, où Trump était au plus bas. Si la course est serrée, ce sont des votes qui vont faire mal le jour J, et plutôt à Trump qu'à Clinton. Dans le Nevada, le Colorado et en Floride, un quart de l'électorat a déjà voté: l'impact d'un nouveau scandale Clinton en sera diminué d'autant, sinon plus. Surtout qu'un autre facteur est aujourd'hui déterminant dans cette élection; les Américains EN ONT RAS LE BOL, de cette élection! Ils veulent voir autre chose aux infos, ils ne s'intéressent, dans leur grande majorité, que de façon distraite et distante aux flux et reflux de l'actualité sur ce sujet, et des termes comme "breaking news", ou "scandale", ne veulent plus dire grand-chose tant ils en ont vu et tant ces expressions ont été usées jusqu'à la corde pour tout et pour rien du tout, dans une élection qui a décrédibilisé les classes politiques et journalistique plus qu'elles ne l'étaient déjà. Les ficelles dont usent les journalistes, à force d'abus, ne fonctionnent plus beaucoup. Pourtant, les ricains ont aussi la comtine du gamin qui a trop crié "au loup".... Un dernier point sur ce qui risque d'arriver cette semaine, qui s'annonce surchargée dans tous les sens possibles du terme: parmi les facteurs "amortisseurs" de l'impact du nouveau chapitre du "emailgate" et du futur infodump soit disant décisif de wikileaks, on trouve aussi le grand risque d'un gigantesque "oppo dump" des campagnes, soit le fait que les deux vont vider leurs fonds de tiroir de toute la saleté qu'elles ont encore l'une sur l'autre, sur les deux candidats, pour étouffer les scandales en faisant du scandale.... En bref, cette semaine, on risque la saturation absolue en terme d'info, des journaleux dont la tête part dans tous les sens, et un public encore moins attentif parce que littéralement blasé, lassé et incapable de (et sans doute ne voulant pas) se concentrer sur un afflux brutal de nouvelles horreurs de tous calibres. A ce stade, comme dit plus haut, il faudrait un snuff movie de Clinton avec des petits enfants, ou une sextape de Trump avec des écolières, pour surnager un peu dans le flot de ce qui sort et de ce qui est "débattu" (désolé de salir le beau concept de débat pour qualifier la diarrhée verbale qui tient lieu de commentaires de campagne actuellement aux USA).
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[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
J'ai entendu du bien de Code Black, censément plus "médicale" que affectif/personnel, mais je n'ai pas vu le truc..... Comme les polars, les trucs médicaux me gonflent. -
Sinon, il semble qu'il y ait de la friction au sein du FBI sur le sujet, surtout autour de la posture du Department of Justice (qu'on soupçonne d'être très partisan, via la personnalité de Loretta Lynch et de ses liens supposés avec les Clintons) quand à l'enquête sur la Fondation Clinton, et ce, depuis le début. Cette nuit est apparemment tombé une info sur ces tensions dans le Wall Street Journal, révélant notamment la teneur des meetings entre les chefs d'équipe chapeautant ces enquêtes (impliquant 4 bureaux de terrain du FBI), les hauts cadres du FBI et les représentants du DOJ: ces derniers auraient à plusieurs reprises enjoint le FBI de lâcher l'affaire, par des commentaires implicites, ce à quoi la direction du FBI aurait demandé cash s'ils leur demandaient de tout arrêter. Comme ces conversations tendent à fuiter, et que beaucoup sont enregistrées et/ou retranscrites, la réponse du DOJ fut toujours "non, bien sûr". Mais les agents de terrain et leurs chefs d'équipes auraient entendu un tout autre son de cloche, recevant à toutes leurs étapes des injonctions informelles d'arrêter. On trouve des traces de ce genre d'échanges un peu surréalistes depuis au moins le mois de février, avec une crise particulièrement aigue en août. Le DOJ a exercé une pression continuelle, et le FBI a continué l'enquête en se tenant à des méthodes discrètes (ce n'est pas informel, illégal ou "off the books": c'est juste discret, moins invasif, et requiert moins de moyens, tout en étant exercé à la discrétion du Bureau sans avoir à suivre la tutelle du ministère): une enquête ouverte avec tous les moyens théoriquement disponibles requérant une approbation du DOJ, qui ne serait pas venue, et rendant qui plus est le Bureau partisan en ce qu'une enquête "full form" serait publique, ce qui ne peut être neutre en période électorale. Les agents en charge ont du mal à sentir un fort soutien de la part de leur direction, et voient clairement l'hostilité du DOJ: on sent plus un James Comey en train de couvrir son cul, ou de naviguer, mais très mal, entre des écueil difficiles à éviter, la situation ne lui laissant aucune option de non partisanisme de fait. Le DOJ et le FBI sont clairement en bisbille, mais la déchirure entre les échelons de terrain et la direction au FBI est nettement plus problématique. http://www.wsj.com/articles/laptop-may-include-thousands-of-emails-linked-to-hillary-clintons-private-server-1477854957 L'un des points intéressants semble avant tout que pas grand-monde, sinon personne, à ce stade, ne sait ce qu'il y a dans le dernier batch d'emails révélé vendredi dernier.
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turquie La Turquie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de madmax dans Politique etrangère / Relations internationales
Pffff, p'tit joueur: moi, je dis qu'on doit nucléariser l'île de Patmos: une base de missile sur le site d'écriture de l'Apocalypse.... Et après, on noie la mer Egée de pétrole et on y fout le feu..... Et enlevez-moi cette chemise à manches qui se boutonnent dans le dos, c'est pas pratique du tout de taper sur le clavier avec le nez! -
[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Oui, à part une proximité superficielle dans le comportement extérieur, essentiellement excentrique et un peu sans queue ni tête, du personnage principal, il n'y a pas vraiment de similarité entre Doctor Who et Dirk Gently, ni dans les séries, ni dans les individus. Et Dirk Gently est clairement moins "tous publics" que Doctor Who.... Et certainement bien mieux écrit que le truc de pure fantasy pour enfants qu'est Doctor Who, où, essentiellement il s'agit d'un magicien qui résout tout, y compris des planètes qui s'emboîtent, par un tritouillage de boutons sonores dans sa cabine téléphonique. Le fait qu'il y a un élément de voyage temporel dans Dirk Gently n'amène en rien les deux univers sur un plan de comparaison. -
turquie La Turquie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de madmax dans Politique etrangère / Relations internationales
Les îles du Dodécanèse? C'est reparti pour ce truc? Il veut surtout Rhodes, Cos et Patmos?! Ach! Il va falloir relancer une sainte croisade! Et déclencher l'apocalypse en Europe pour, entre autre, le bout de roc où St Jean a écrit..... L'apocalypse. Tartarin d'Ankara a encore frappé. -
Là tu m'insultes.... Quoique pour l'aligot, j'étais, il fut un temps, plus un habitué du Mont Lozère, sur l'esplanade de Beaubourg.... Ou la Maison de la Lozère.... Oui, j'avais un copain qui venait du coin.... Mais il a mal tourné: il est entré au cabinet de Sarkozy, et depuis, j'évite la 2ème adresse. Le genre de film qui sera exclusivement vu par ceux qui sont déjà convaincus. Et il n'aura pas une "wide release", ou même une sortie en salle: il sera diffusé sur la National Geographic Channel, qui n'est pas vraiment la chaîne la plus regardée aux USA. Même si, par ailleurs, la diffusion sera rendue aisée, avant tout par la gratuité, je crois qu'il s'agira d'un film réservé à une audience déjà acquise: il ne convertira pas grand monde, mais participera simplement du "climat" () des générations montantes, si tant est qu'il soit même un succès dans cette audience (rien ne dit qu'il soit bon et/ou qu'il "marche"), constituant un élément de plus dans cet univers. Pour l'instant, on ne sait pas grand-chose, mais effectivement, tout le monde conjecture. Il n'est même pas sûr que Clinton ait grand-chose à voir avec ces mails, et qu'il s'agisse du travail d'Abedin, qui les sortait pour les imprimer (pour le compte de Clinton). On soupçonne aussi une décision de Comey pour se dédouaner, faisant de ce fait un foin de pas grand-chose en vérité: il était pris dans une situation merdique, du type "damned if you do, damned if you don't". Il sortait le truc et se prenait de la flak pour influencer potentiellement les élections, ou le faisait plus tard, et se voyait accuser d'avoir privé les Américains d'une info cruciale..... Sachant qu'il ne pouvait de toute façon détailler le contenu des infos à ce stade. Il a choisi le premier cas de figure, et la machine s'en est emparée, avant même qu'aucun contenu ne soit connu, y compris des enquêteurs. La nature a horreur du vide, mais la machine médiatique l'adore: c'est encore plus facile de le remplir.... Avec encore plus de creux. Parce qu'il faut quand même rappeler quelque chose sur ce nouveau batch d'emails: une grande partie n'a rien à voir avec Clinton (ça vient quand même du portable de deux autres personnes), une autre bonne partie contient ce qui a déjà été abondamment revu par le FBI dans les précédentes procédures, et ce qui reste a bien peu de chances de contenir grand-chose de très nouveau ou choquant. On notera cependant que Trump semble avoir enfin compris, moins de deux semaines avant l'élection, que cette campagne a une règle absolue: si elle est à propos de lui, il perd, si elle est à propos de Clinton, elle perd, tant ces deux candidats partagent avant tout la caractéristique d'être immensément impopulaires auprès de la grande majorité de la population. Qu'a fait Trump depuis vendredi? Pour une fois, il n'a pas essayé d'être en haut de l'affiche et de hurler sur tous les médias, ni n'a tout ramené à lui; il a commenté dans des meetings, pas cherché la couverture maximale, et laissé faire la machine médiatique. Résultat? Clinton a pris une tasse. Tout le monde essaie de lui faire comprendre ça depuis au moins le mois d'avril, mais il vient seulement de piger..... A moins qu'il ne puisse s'empêcher cette semaine de refaire une série de sorties tonitruantes, de dire le mot de trop (ou plutôt les 350 mots de trop..... Toutes les heures), d'aller trop loin ou de ramener la couverture à lui (vu que dans son univers mental, il est au centre de tout et tout doit parler de lui).
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C'est parce qu'elles sont là où il faut pas.... Ou parce qu'elles sont petites ? Celle-là, elle va lui rester longtemps collée aux basques, après cette campagne, en bonne partie parce qu'il avait passé la semaine suivant l'ironie de Rubio à démentir, en exhibant les dits appendices (rôôô, suis-je salace).... Rien que cet incident aurait du prouver à tout le monde qu'il est trop con, trop égotiste, trop immature et de tempérament impropre, pour briguer la présidence.... Quel con, quel adulte, ou même quel adolescent de plus de 15-16 ans s'enfonce dans ce genre d'échange? Pour un individu au top de l'arène politique? C'est pas si choquant que ça, surtout que ça doit représenter le trafic de plusieurs années, et peut-être pas seulement celui de Clinton, vu l'ordi sur lequel c'était. Un politique de haut niveau doit correspondre avec vraiment BEAUCOUP de monde, et le faire avec une fréquence terrifiante. Surtout que l'immense majorité de ces mails doit être faite de longues séquences de "one liners" échangés du tac au tac..... Ceux qui vont devoir les éplucher vont royalement se faire chier en attendant de tomber sur une perle. C'est la nuit de dimanche à lundi, Alexis est trèèèèèès fatigué. La remontée de Trump, ou simplement un effondrement de Clinton, soit directement, par des gens qui se reportent sur Trump ou surtout les 2 autres glandus (ou le vote blanc dans la case présidentielle du bulletin), soit par une chute brutale et vraiment significative de la participation. J'ai cependant quelques doutes: il faudrait que ce soit réellement terrifiant, outrageusement scandaleux ET évident (pas un truc suralambiqué), pour provoquer une telle réaction à une si grande échelle, alors qu'il reste peu de temps dans la campagne, que la plupart des électeurs ont fait leur choix et s'y sont rangés fermement (tant le niveau de polarisation et de diabolisation du camp d'en face est élevé), et que les deux candidats, mais surtout Trump, ont été "érigés", "rebâtis", par la narration continue des derniers mois. L'opinion de quelques pourcents peut varier vite et du tout au tout, mais l'essentiel est un courant beaucoup plus dur à infléchir: il faut du temps, et les quelques pourcents volatiles, dans cette campagne et à ce stade, ne seront pas décisifs dans la plupart des Etats. Si les deux campagnes étaient à un stade un peu moins déséquilibré, cette petite portion de population, variable selon l'Etat, pourrait peser plus, voire de façon déterminante, mais pas là. Il faudrait donc vraiment que le niveau d'horreur présent dans les mails soit d'ampleur biblique, et tellement clair qu'il n'y ait aucune place pour l'interprétation ou le débat.... Qui plus est, il faudrait que ça sorte vite, ce qui est douteux vu la masse de documents indiquée. Il reste une grosse semaine: je sais pas si le FBI peut décortiquer correctement 650 000 emails, analyser la chose correctement pour se faire une vue d'ensemble, et publier des résultats préliminaires ayant valeur de certitude (parce que le FBI est tenu à des standards judiciaires: il peut pas jouer à wikileaks), non seulement avant le 8 novembre, mais surtout avant la fin de la semaine qui vient, pour que l'info ait le temps de faire un peu de parcours dans une partie de l'opinion (aussi choquant que ça paraisse à beaucoup..... Je doute qu'il y ait plus de 50 ou 60% d'Américains qui aient entendu la nouvelle, s'en soucient, et essaieront d'en savoir plus). La logique veut donc qu'à moins d'un travail hyper-rapide du FBI (qui semble hors de portée) et/ou d'une fabuleuse campagne de dénigrement du camp Trump (et il manque de cash à ce stade, sans parler de la démotivation de son équipe, et de son objectif d'empire médiatique qui me semble plus correspondre au schéma de son comportement et de la posture de sa campagne depuis quelques semaines), c'est ta dernière solution qui est probable: une Clinton élue, qui sera dans une position politique encore plus faible que ce qu'on pouvait déjà escompter (cad avec une majorité GOP à la Chambre, ultra-hostile, obstructionniste par principe, et chargée de biscuits wikileaks). Ce qui est flippant, parce que je ne sais pas ce qui est pire: une gouvernance américaine quasiment au point mort encore pour au moins 2 ans, sans doute 4? Ou une Clinton qui ouvre les vannes de ses penchants naturels et se crée une semi-majorité de fait avec les républicains "ryan-esques" et les démocrates corporate (blue dogs et autres centre-droitistes déguisés en démocrate, avec pour seule couverture un petit tas de réformes symboliques sur le mariage gay et la légalisation de la beuh), cad un gouvernement complètement aligné sur le big business, quasiment sans faux-semblants, et opérant ainsi sous le prétexte qu'il n'y a absolument aucune autre possibilité de gouverner (ce qui, dans cette configuration, serait en plus vrai.... En grande partie par la faute de la position de Clinton)? Que de grandes perpectives..... Si Clinton est élue, une 3ème guerre mondiale deviendrait presque une bonne idée pour se refaire un peu de capital politique..... Je blague, je blague..... Ou alors...... Quelqu'un a l'adresse d'une bonne caverne dans le Cantal ou un endroit comme ça, le plus loin possible de toute agglomération un peu conséquente?
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Oulà, tu dates, là: on ne détourne plus l'attention en accusant les "mainstream medias".... C'est tellement d'il y a 2 mois, pfffff. So uncool. Maintenant, on dit que c'est la faute des Russes: les années 50-60 font un comeback très trendy, dans la com des Clinton (et vu qu'en face, on a le Donald et son casting qu'on croirait issu de Mad Men, ça reste dans le ton).
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On notera tout de même, notamment par la publication des échanges de Colin Powell avec un important contributeur de longue date des Clinton, mais aussi par les dernières en date sur Bill, que les Clinton semblent avoir poussé le vice à un autre niveau, question enrichissement personnel et jusqu'au-boutisme pour racler autant de soutiens que possible à n'importe quel prix. Ca n'en fait pas des innovateurs, mais ça en fait des gens plus "efficaces"/corrompus que la moyenne du gratin politique US. Difficile de dire à quel point ça les rend dépendants de leurs soutiens financiers, tout comme il est difficile de dire à quel point baigner dans ces sphères sociétales éthérées en continu, à haute dose, et depuis maintenant 30 ans (et 15 ans de plus avant cela au niveau de l'Arkansas où un politique, surtout fauché comme les Clinton à cette époque, dépend à l'extrême de ses financiers), vous donne la vision du monde des dits soutiens, et vous fait confondre leurs intérêts avec l'intérêt général. Mon petit doigt me dit que si ce n'est pas un alignement complet, c'est TRES loin d'être neutre. De ce qui transparaît des Clinton, ils n'ont pas vraiment de conviction (surtout HRC paraîtrait-il) et ils veulent être au pouvoir à tout prix. Colin Powell, qui la fréquente depuis longtemps, résume son opinion ainsi: "Everything HRC touches she kind of screws up with hubris". Comme tu le dis, ces fuites nous donnent un petit aperçu de l'envers normal du décor, ou, comme on dit aux USA, ils nous montrent "how the sausages are made" (en référence au dicton politique: "there are two things you don't wanna see being made: laws and sausages". Ce serait de Bismarck, ou de Mark Twain, on sait pas trop); mais on ne peut non plus simplement banaliser ce qui a été publié en disant que c'est juste un peu plus de la même chose, ce serait trop facile. Il y a une part d'originalité, une spécificité des Clinton (comme d'autres en auraient aussi), et une autre échelle de choses problématiques dans le comportement, rarement observée ailleurs (ça change un peu les paramètres si c'est BEAUCOUP plus de la même chose). Sans être paniquards et annoncer la fin du monde pour autant.
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[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Une nouvelle série que j'ai trouvé très prometteuse: Dirk Gently's Holistic Detective Agency. Co-production de BBC America et Netflix, il est dur de lui trouver un genre d'appartenance: mélange de Science-Fiction, de fantasy en environnement moderne, d'aventure temporelle, de "detective story", de road movie, de slasher et de comédie de moeurs, c'est un truc en fait complètement barré, s'il faut se fier au pilote. Mais c'est une production ambitieuse, car s'il est difficile de trouver les codes de référence vu l'absence de genre dominant (ce qui en soit est déjà attractif et intéressant), on peut toujours se fier à la qualité de l'écriture, du jeu et de la réalisation... Et ces choses semblent bien présentes, d'abord et avant tout via l'histoire de fond et son écriture: la série est tirée d'un roman anglais (qui allait devenir une série après le 2ème bouquin, mais l'auteur est mort en 2001 pendant l'écriture du 3ème) qui a connu un grand succès, avant tout pour son humour loufoque, décalé, satyrique et souvent complètement taré, que la série essaie de retranscrire. Pour l'instant, j'avoue que le premier épisode m'a bluffé dans ce domaine: c'est du bizarre, quasiment du "twin peaks bizarre", mais sans être pris dans le rythme lent, l'absence de cohérence apparente, le glauque et la tension sans but qui parfois m'énervent chez Lynch. Ici, le rythme est plutôt sympa, alternant entre des longueurs juste suffisantes pour amener un peu de tension et constituer des pauses, et des phases où tout pète dans un invraisemblable chaos d'actions et/ou d'échanges verbaux assez jouissifs, parfois sans queue ni tête (apparentes), et toujours délirants. Les personnages sont prometteurs, servis par un bon casting dont le plus visible n'est pas celui jouant le personnage titre (qui est excellent par ailleurs, mais plus connu en Angleterre: c'est avant tout un théâtreux.... Ce qui se voit), mais son partenaire, joué par Elijah Wood (oui, Frodon est de retour, la larmoyance proto-homosexuelle en moins). Pour pitcher rapidement: Todd est un gars pour qui les choses ne roulent pas du tout dans la vie. Groom dans un hôtel de luxe, il est à court de cash, doit aider sa soeur qui souffre d'un trouble neuro-psychologique héréditaire lourd dont il n'est lui-même sorti que récemment. Il commence cependant à voir des choses bizarres un peu partout dans sa vie, qu'il note juste comme des petits détails ici et là avant qu'elles ne commencent à survenir à une cadence supérieure et à devenir plus spectaculaire. Quand un meurtre est commis dans son hôtel, il se retrouve sur le radar de la police, d'une équipe de bras cassés de la CIA, et dun très étrange personnage, Dirk Gently, qui se dit "détective holistique" et semble persuadé que, désormais, Todd est son assistant, s'invitant dans sa vie sans demander la permission, et amenant avec lui un cortège supplémentaire d'événements et de gens bizarres.... Et dangereux. La notion de "détective holistique", si elle semble son propre concept dans l'univers du livre et de la série, me semble aussi un énorme pied de nez aux séries de détectives et polars en tous genres qui saturent nos écrans et nos cervelles depuis si longtemps (l'auteur était un satyriste). Comme le dit Gently lui-même, un détective holistique ne s'emmerde pas avec des indices ou preuves matérielles, ni ne cherche à remonter la timeline d'un crime ou l'enchaînement logique d'événements menant à un crime, une personne ou un objet.... Il se lance au hasard et attend de voir ce qui arrive, voyant des connexions entre un peu tout et n'importe quoi, qui obéissent à une mystérieuse "synchronicité" qui existerait dans le chaos général du monde. Il gaffe tout le temps, met les pieds dans le plat abondamment, merdoie goulûment, déblatère incessamment, et se gourre souvent.... Mais en fait presque jamais, au bout du compte. Ce premier épisode part dans tous les sens tout en donnant l'impression qu'il y a un plan derrière, une logique cachée dont on a envie de voir ce qu'elle peut être, vu à quel point c'est un bordel complet. On a un détective douteux et loufoque cherchant à embarquer un assistant qui n'en est pas un, un milliardaire qui engage le dit détective pour trouver son assassin plusieurs semaines avant qu'il ne soit tué (événement qui démarre l'intrigue) et retrouver sa fille pas encore kidnappée, une "assassin holistique" tarée qui semble tuer des gens au hasard et n'être engagée par personne, des policiers, agents du FBI et de la CIA fonctionnant chacun en assez délectables duos d'excentriques complètement à l'ouest, un groupe de hooligans ayant des airs et méthodes des cavaliers de l'Apocalypse, et en fait toute une gallerie de personnages hauts en couleurs qui, chacun, ont l'air de savoir ce qu'ils font, ce qui est heureux (et intrigant), vu que le spectateur n'en a aucune idée. -
"Quand on se regarde, on s'inquière, quand on se compare, on se rassure", comme disait Talleyrand. Crois bien qu'ailleurs, ils n'ont pas mieux, et c'est souvent bien pire dans les régimes peu ou pas démocratiques. Mais évidemment, on ne voit que l'herbe verte, quand on regarde chez le voisin, et on ne voit des autres que ce qu'ils publient sur Facebook/Instagram pour faire croire et se faire croire que leur vie est géniale et tellement mieux que celle des autres. Et c'est encore pire dans les susmentionnés régimes peu/pas démocratiques, où toute communication est surveillée et régulée, quand elle n'est pas interdite et plus ou moins avalée par une propagande organisée. N'oublions jamais que la démocratie est juste ce qu'il y a de moins pire comme régime, essentiellement parce qu'elle a plus de chances de corriger au moins un peu ses conneries quand elle en fait, contrairement à des régimes autoritaires ou oligarchiques dont on fait grand cas les rares fois où ils ont un "moment" où un ou plusieurs chefs semblent (c'est pas forcément le cas en vrai, ou en tout cas pour la majorité du pays) imposer une bonne gouvernance.... Ce qui dure rarement, le compromis politique dans ces régimes étant coûteux, gourmand et sans capacité d'auto-répression (comme on disait jadis sur la Russie: "une monarchie absolue tempérée par l'assassinat"). Trump n'essaie pas de se faire élire pour échapper à quelque chose: comme je l'ai mentionné plus haut, je ne crois pas qu'il essaie vraiment de se faire élire, juste de se constituer une vaste clientèle pour un business majeur, et de satisfaire son ego en essayant de se donner une stature de "grand homme", parce qu'il nourrirait certains complexes par rapport à l'élite établie. Son ex-femme (qui pourtant s'était tenue à l'écart des polémiques et avait démenti les attaques contre lui) mentionnait récemment un incident quand il était encore en train de la draguer: il l'a emmenée faire du ski pour essayer de lui en imposer et de montrer à quel point il était bon en ski.... Avant de se rendre compte qu'elle avait littéralement été élevée sur des skis et avait un très haut niveau. Que fait le Donald en voyant qu'il est nul en comparaison? Il rentre rageusement à l'hôtel en balançant son matos et va bouder. Je crois que ça résume bien le personnage: il n'a jamais fait d'effort de sa vie, ne veut rien apprendre, s'est vu tout offrir sur un plateau, mais il veut tout sans rien contribuer ni sacrifier. Comment l'équation se résoud-elle? Un, en ayant d'emblée beaucoup de fric et un paternel qui a corrigé ses conneries et l'a secouru pendant 30 ans; deux, en compensant par la vantardise et le discours creux pour affirmer qu'il est le meilleur en tout et réussit tout; trois, en usant de sa position pour faire taire tous ceux qui pourraient le contredire (par des procès ou menaces de procès, par l'abus de son statut social, par des clauses de confidentialité extrêmes, voire abusives, dans TOUTES ses relations, qu'il régule par contrat -parfois de simples relations sociales: tout contact avec le Donald est judiciarisé). Et j'ajouterais un 4ème point: l'abus de sa position médiatique depuis qu'il en a acquis une (ça va au-delà du simple exercice de la "force" induite par une position socio-économique supérieure), ce qui inclue les médias sociaux. Il a une voix forte et un accès préférentiel aux médias, ce qui permet de noyer toute contestation ou accusation sous un torrent de bruit et de contre accusations, d'employer cette plate-forme pour détruire des réputations et des carrières, condamner des gens à la mort sociale et/ou professionnelle. Jusqu'à récemment: il aura fallu une campagne présidentielle pour faire resurgir le passé avec la force médiatique nécessaire (voire maintenant excessive; mais "karma's like payback: it's a bitch", comme qu'y disent là-bas). Attention: Huma Abedin, c'est pas juste "une cadre de l'équipe". C'est l'une des plus proches collaboratrices et amies de Clinton, quasi-littéralement son bras droit; peut-être pas strictement hiérarchiquement la plus haute (ça doit être John Podesta, qui sera sans doute le "White House Chief of Staff" de Clinton), mais sans doute la plus proche de ses conseillers. Quand à savoir pourquoi ils veulent le portable de son abruti d'ex.... Vu les casseroles répétées du gars quand il était membre du Congrès (qui s'est fait choper pour son sexting avec des prostituées qui ont cafté, et l'expédition de photos de son service trois pièces.... Puis s'est excusé, presque refait une réputation dans la course à l'investiture pour la mairie de NY.... Avant de se refaire choper à faire la même chose), c'est peut-être: - qu'il y a de petits voyeurs au FBI avec des goûts un peu zarbi - qu'ils espèrent que vu ce que le mec est prêt à sexter envoyer, il a pu aussi lâcher quelques secrets du cercle intime de Clinton - qu'ils veulent juste se poiler un peu, parce que depuis 3 ans, taper sur Anthony Weiner (le bien nommé: le terme allemand"Wiener" -qui se prononce pareil pour les ricains- est aussi le terme employé pour parler des saucisses standards -celles des hot dogs-, et, par extension, une métaphore pour la teube) fait toujours marrer tout le monde. Un humour très rassembleur, ce qui est appréciable en ces temps de division profonde.
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Sinon, les choses moins sérieuses.... Du 1er au 19 octobre: - Clinton a récolté 101,4 millions de dollars, dépensé 125,3, et avait au soir du 19 autour de 153,5 millions de disponible - Trump a récolté 61,1 millions de dollars, dépensé 87,3, et avait au soir du 19 autour de 67,6 millions de disponible Cela joue dans le sens de sa rhétorique de "Hillary est le système", mais d'un autre côté, Clinton peut parler bien plus fort (et le fait) et se faire entendre beaucoup plus, beaucoup mieux, et dans beaucoup plus d'endroits, auprès de plus de publics différents, par plus de moyens, notamment le plus productif, le travail " au sol" (démarchage, porte à porte, meetings locaux....). Ces sommes ne reflètent pas non plus la différence de l'équilibre des dépenses, comme je le mentionnais plus haut: Trump concentre proportionnellement beaucoup plus de moyens dans son outillage informatique (Clinton dépense plus, et mieux -électoralement parlant- dans ce domaine, notons-le) et ses meetings (et là non plus, les Clintonites ne sont pas en reste) aux dépends des autres postes budgétaires, et avant tout le travail de terrain, très négligé. Clinton peut par ailleurs forcer les Trumpistes et les républicains en général à combattre dans des Etats où ils n'auraient normalement pas à devoir combattre: une telle masse de cash, "hard" et "soft", permet de porter la lutte dans les "red states" (notamment l'Arizona, la Georgie, le Missouri, la Caroline du Nord et même le Texas) dont certains sont même devenus d'authentique "battleground states", avec un GOP qui ne peut financer des efforts partout, vu que le problème avec Trump l'a privé de ressources qu'il aurait du normalement avoir. Ils ont pu en urgence mobiliser beaucoup de fric "soft" pour certaines courses sénatoriales, et cette source de cash (essentiellement de méga donneurs) a recommencé à affluer depuis quelques temps pour ces échelons, mais l'absence de coordination, la mauvaise pub pour un parti désormais très nettement plus impopulaire que les démocrates, les guéguerres permanentes et visibles entre les chefs, autour de la question Trump.... Ont gravement handicapé leurs efforts de campagne un peu partout. On a même le cas extrême de l'Utah, un Etat indéboulonnablement rouge, qui risque d'aller dans l'escarcelle d'un candidat (Evan McMullin, que j'ai présenté plus haut) qui n'aura de score significatif que dans cet Etat. Sur le sujet du cash, encore une fois, un détail frappant: Donald Trump a mis pas mal d'argent dans sa campagne, mais surtout au début des primaires (dont il n'a cependant financé qu'une partie très minoritaire), et a ensuite financé sa "générale" symboliquement, en mettant en moyenne autour de 2 millions/mois dedans. Signe que, loin des délires oratoires, la campagne Trump (comme confirmé dans les déclarations sotto voce des employés du Trump bunker) sait que la victoire est maintenant, sauf miracle/accident, hors de portée..... Le Donald a arrêté de mettre de l'argent dedans depuis un petit moment. Donc j'avour que je ne fais que me renforcer dans mon opinion (un sentiment depuis de nombreux mois, mais vraiment quelque chose en quoi je crois depuis quelques semaines); Donald Trump se taille une clientèle, et c'est son principal objectif, à l'exclusion de tout autre. Et il le fait aux frais de la princesse: il a utilisé le fonctionnement des médias et les moyens du GOP pour s'approprier une vaste audience plus ou moins captive, sans aucune intention d'avoir ou de donner du sens à sa campagne.
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Et un petit coup sur Tim Kaine:
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Amusant détail: les activités du "Trump Bunker" basé à San Antonio sont appelées "Project Alamo"... Quelqu'un a dit à Trump comment l'histoire d'Alamo s'était terminée? Le type qui gère la structure est le moins connu des membres du cercle intime de Trump, un nommé Brad Parscale, qui bosse pour lui depuis 6 ans. C'est un intime de la famille Trump qui s'est fait une spécialité, apparemment, de bâtir des infrastructures informatiques pour pas cher (et qui bosse en partie pro bono pour Trump). Il opère via une série de logiciels d'analyse d'une société londonienne, Cambridge Analytica, qui, ô coïncidence, fut au coeur des QG de la campagne Brexit. La campagne Trump aurait ainsi déjà dépensé plus de 70 millions de dollars pour cultiver via cette structure la base de données des supporters de Trump et en faire un "univers Trump" en grande partie lié par Facebook. 50 millions des dépenses de publicité de la campagne seraient passés par le "Project Alamo" en gestion directe (donc vers des réseaux publicitaires en ligne), en plus du travail via médias sociaux. Par ailleurs, il semblerait que le gendre de Trump ait joué un grand rôle dans la façon dont a été pensée cette organisation médiatique/informatique: fils d'une grande famille juive new yorkaise et à la tête d'un empire immobilier bien plus conséquent que celui de Trump, Jared Kushner aurait, parait-il, des ambitions dans le domaine des médias, et il aurait vu dans son beau-père le moyen de commencer à créer un empire dans ce domaine, ce qui est plus facile et moins cher que d'essayer d'entrer sur le marché médiatique existant quand on a à disposition un tel personnage et une plate-forme comme une campagne présidentielle qui offre de fait, gratuitement, l'équivalent d'un investissement marketing absolument dantesque: publicité gratuite mesurée en milliards, audience nationale directe, frais payés par les contributeurs de campagne, les médias et le GOP (qui fait en outre de fait profiter de son infrastructure pour atteindre le futur "client").... Kushner et Trump ont ainsi, en essence, pu se créer un nouveau marché pour un investissement minime, voire ridicule, au regard de ce qu'il coûterait dans des circonstances normales; rappelons par exemple que Rupert Murdoch a du, dans les années 90, investir plus de 600 millions de dollars en pure perte pendant 4 ans, en plus du prix de rachat initial, avant de voir le premier bénéfice venir de FoxNews, qui avait déjà pourtant une audience existante, un nom établi et une infrastructure en place. Selon BusinessWeek et Bloomberg, la base de données obtenue par Trump (noms et coordonnées, y compris bancaires -numéro de carte de crédit compris) et le niveau moyen de fidélisation obtenu pourrait valoir entre 36 et 112 millions de dollars à elle seule, et appartiendra entièrement à Trump après la campagne. Evidemment, ce type de "recrutement" n'a de valeur commerciale (et politique) que dans un certain contexte (le type de "client" ainsi recruté, fidélisé, fanatisé pour une portion d'entre eux, n'est pas disponible pour n'importe quel produit et n'importe quel type de "consommation") et avec un certain personnel aux commandes, qui garde et développe la dynamique actuelle en état de marche et le "mouvement" sur sa lancée. Il ne doit pas perdre l'élan acquis, ce qui veut dire des frais importants après le 8 novembre, pour conserver la valeur du produit, et/ou des partenaires, et un objectif. Sans quoi, l'investissement aura été pour rien. Des membres de la campagne digitale de Sanders, elle-même remarquable, auraient ainsi observé cette structure Trump, et y ont vu beaucoup de similarités avec la leur, sur laquelle j'essaie de trouver des nouvelles: dans quelle mesure Sanders peut-il et veut-il l'entretenir et en faire quelque chose? Pas beaucoup de parutions depuis juillet sur ce sujet, surtout après les disputes internes suite à la nomination du président de "Our Revolution", le mouvement de Sanders. Enfin, je signale que les gens du "Project Alamo" ont confirmé que leurs chiffres sur l'élection étaient similaires à ceux de Nate Silver, qui annoncent un désastre pour Trump.... Ce qui incidemment me confirme dans une opinion établie: l'investissement de Trump a été de façon écrasante dans sa machinerie informatique et ses goodies commerciaux, avec rien pour le travail au sol, et une partie anormalement, parfois absurdement, élevée de ses déplacements personnels (outre les nombreux décrochages pour aller promouvoir et soutenir ses businesses) et ceux de sa famille a été consacrée aux endroits et Etats où il est déjà fort ou sûr de l'emporter, ce qu'aucun candidat ne perd son temps à faire. L'équilibre des dépenses et efforts est très différent chez Clinton. On fait ça quand on veut se tailler un marché et fidéliser une clientèle, pas quand on veut gagner une élection, qui nécessite un énorme effort de terrain. L'infrastructure de Trump, limitée par les faiblesses du candidat (notamment l'égocentrisme qui le voit vouloir ne faire que de grands meetings), l'est aussi sans doute par ses objectifs: se faire une clientèle et une caisse de résonance pour son ego. Il n'est pas réellement prêt (ni même capable), qu'il se l'admette ou non, à faire les efforts nécessaires à une campagne. Il a opéré une segmentation commerciale pour se créer un marché clairement délimité.
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Sa marque a quand même pris de sérieux coups depuis qu'il est entré en campagne, et il a du dépenser pas mal de sa poche pendant un bail, lui qui n'en a pas des masses; comparé à son patrimoine immobilier, son cash disponible est très réduit (il a une masse de dettes, contrairement à ce qu'il affirme, et ses marges ne sont pas énormes). Comme l'a dit Mark Cuban, un milliardaire très médiatique et lui très à flots, Trump est "asset rich, cash poor". Et les produits Trump ne lui rapportent pas tant que ça, surtout à l'échelle de ses besoins et des besoins de son groupe (et de ce qu'il a du débourser pour sa campagne): c'est plutôt des clopinettes, dans ce registre, des produits à faible marge, tout comme ses mille et une arnaques à deux balles qui, pour beaucoup, se sont plantées. Comme dit plus haut, pour Trump, c'est avant tout l'ego, l'image qu'il se fait de lui, et cette règle qui semble difficile à comprendre pour qui n'a pas cette tournure d'esprit, mais gouverne pourtant tellement de gens, surtout ceux qu'on trouve en haut de la pyramide: "toujours plus". Il en faut toujours plus à certaines personnes, peu importe ce qu'elles ont déjà; et Trump a non seulement besoin de beaucoup plus de fric pour simplement se maintenir à flots (voir plus haut), mais surtout besoin d'être toujours plus un centre d'attention, quels que soient ses mérites ou son absence de mérite. Son père lui aurait dit "be whatever you want, but don't be a nothing", et apparemment, l'ordonnance paternelle a particulièrement fonctionné sur la personnalité du Donald, qui ferait n'importe quoi pour avoir son nom en haut de l'affiche, qu'il produise quelque chose de valable ou non. C'est pourquoi beaucoup pensent qu'il pourrait vraiment vouloir ETRE président, mais certainement pas faire le job de président, ce dernier point expliquant la façon dont il avait décrit ce que serait le job de Mike Pence s'ils étaient élus: politique intérieure, politique extérieure, budget, rapports avec le Congrès.... Donald se concentrant sur "making America great again". Il veut la position et l'attention, certainement pas la réalité de la fonction qui est aux antipodes de son personnage, de ses compétences et du niveau d'efforts et de sacrifices personnels qu'il est capable de consentir. Par ailleurs, Trump n'est pas si bien introduit que ça dans les cercles relationnels des gens "comme il faut": il joue beaucoup et très faussement de cette image de l'outsider qui rue dans les brancards des élites établies, alors qu'il est un gosse de riche à qui tout a été offert sur un plateau et qui a eu son père pendant 30 ans de carrière pour corriger ses conneries multiples et massives, mais ce n'est pas non plus sans une certaine réalité; il n'a jamais été très accepté par les "movers and shakers" de NY ou de l'élite américaine en général, pour des raisons sociales/culturelles/psychologiques/de caste (vulgarité, scandales, famille de parvenus, trop d'affichage et de pub....), et pour la mauvaise réputation qu'il a acquise en affaires (petites combines à deux balles, tricherie, tromperie de ses associés et partenaires, nullité comme manager). Et cette exclusion de fait a toujours travaillé certains complexes qu'il aurait, chose dont il a fait, avec pas mal d'efficacité, son positionnement marketing dans cette campagne (avec essentiellement 99% d'invention et d'auto-romanticisation). Sinon, autre raison plus concrète pour Trump dans cette campagne: cette idée d'un empire médiatique, quelle que soit la forme que ça pourrait prendre. La réalité bien concrète de l'intérêt matériel de Trump à une campagne se trouve au Texas, à San Antonio, dans ce qui est maintenant appelé le "Trump Bunker"; c'est le centre nerveux de la campagne du Donald, là où un universitaire britannique a bâti (de façon très cheap) un data center qui est essentiellement un outil marketing de grande capacité pour gérer l'acquisition, la fidélisation et la croissance d'une audience pouvant aussi bien être une "power base" politique (pour un mouvement puissant au sein du GOP ou un nouveau parti) qu'une clientèle commerciale (pour une télé ou n'importe quel type de plate-forme médiatique: média social, portail "universel" pour l'interaction entre individus et groupes et la vente de produits....). Des chiffres? D'ici au 8 novembre, ce centre aura obtenu de 12 à 14 millions de "dossiers" de partisans motivés (coordonnées, renseignement individuels....) et autour de 2,5 millions de petits donneurs individuels réguliers (qui auront en tout allongé autour de 275 millions de dollars pour la campagne Trump), sans parler de plus de contacts et coordonnées de gens moins directement ou intensément motivés par le candidat. Le tout passe par les médias sociaux, mais avant tout par Facebook. Stephen Bannon, le patron de Breitbart (qui a essentiellement crû par Facebook), a confirmé que même pour Trump, il n'aurait pas rejoint la campagne s'il n'y avait pas cet outil massif: c'est pour lui "du vrai pouvoir". L'électorat américain qui vote, c'est environs 130-140 millions de gens: si Trump en mobilise de façon solide environs 35%, ça représente une masse quelque part entre 40 et 50 millions de gens. En considérant (quelques sondages l'indiquent) que la moitié environs restera "avec lui" pour plus de quelques mois après l'élection en cas de défaite , on peut compter sur une audience potentielle solide (de divers niveau d'intensité dans leur attention et soutien) d'environs 20 millions de gens (toujours prendre le bas de la fourchette: c'est nécessaire en marketing où le coefficient de dégradation dans les estimations est élevé: la clientèle est toujours dure à acquérir, et très facile à perdre) qui constituent donc un coeur de cible plus qu'appréciable (rappelons qu'il a eu pour lui 14 millions de votes pendant les primaires), dont une partie est prête à payer et acheter quasiment n'importe quoi venant du produit central (Trump lui-même), soient autour de 4 millions de gens. Je table sur environs 20% du total maximal comme "rule of thumbs": les clients payants -ou ceux payant significativement- sont toujours bien moins nombreux que la masse totale des clients. Mais 4 millions, c'est plus qu'une base importante pour démarrer quelque chose, en supposant par exemple qu'ils sont prêts à claquer 100 à 150 dollars par an en "Trump-eries" (abonnements, goodies commerciaux, livres et parutions diverses, meetings....): c'est énorme sur le plan commercial, et énorme sur le plan politique, s'ils se démerdent bien. Et pour un produit à cheval sur le politique et le commercial, comme une plate-forme médiatique rassemblant une clientèle commerciale, militante et électorale, c'est un outil potentiellement massif, ce que Stephen Bannon a largement confirmé. Selon les lois de campagne électorale aux USA, la campagne trump, donc Trump lui-même une fois que l'élection est passée, est propriétaire de plein droits de l'infrastructure et des données obtenues. Les 2,5 millions de petits contributeurs mentionnés plus haut ont donné de façon jointe à la campagne Trump et au GOP, donc les données sont partagées, mais il y aura eu, d'ici au 8 novembre, un total de 8 à 10 millions de petits contributeurs déclarés comme "activistes" et soutiens (cad ayant donné, de façon régulière ou non) de la campagne Trump seulement: cette liste là sera entièrement à Trump, qui a payé seul pour faire la pub et constituer cette base de données. Si quelqu'un ne voit pas là une motivation plus que tangible qui à elle seule peut se passer complètement d'une victoire à la présidentielle, je ne sais pas vraiment quoi dire de plus: dans la république romaine, les grandes familles assassinaient ou déclenchaient des émeutes, voire des guerres civiles, pour ce genre de clientèle politique. Les grandes multinationales corrompent le processus politique de dizaines de pays, commettent des délits, abusent des principes de l'Etat de droit et de l'économie de marché, et se livrent à des guerres commerciales infiniment coûteuses pour ce genre de clientèle. Appelez ça clientèle, marché, audience, "power base" ou n'importe quoi d'autre, c'est la même chose. Et là, Trump a établi plus que les premiers jalons pour se tailler une part de gâteau de ce type. C'est du pouvoir, c'est du fric, c'est de l'attention, c'est de l'accès.... Qui dit mieux? Rien n'est évidemment garanti, et beaucoup dépend de ce que Trump pourra en faire, et il a abondamment prouvé qu'il n'est pas un bon manager, ni n'est prêt à fournir le genre d'effort et d'attention soutenue aux tâches longues et ingrates que ce genre d'entreprise nécessite. Surtout qu'un Trump vaincu le 8 novembre subira quand même un vaste retour de bâton, parce qu'un camp perdant se déchire toujours pour pointer des doigts et lancer des accusations dans tous les sens, que les audiences fanatisées qui n'obtiennent rien subissent une forte attrition via la déception (accrue par le spectacle du déchirement), que maintenir une union est difficile et coûteux.... Donc tout reste à voir, et certains se font peut-être beaucoup d'illusions. Mais les premiers jalons sont là.
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[Irak] La Bataille de Mossoul
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Ca n'es pas forcément invrasemblable: entre les frappes aériennes et l'artillerie, avec quand même de bonnes capacités d'observation et une bonne réactivité, mais aussi l'approche "sans faire le détail" des forces au sol, d'une part, et la probable grande disparité des troupes de l'EI sur place d'autre part, ce genre de pertes dans la première phase n'est pas si inimaginable. La ville est vaste, l'EI a du vouloir se diluer pas mal pour tenir la plus vaste population possible entre eux et l'ennemi, et pour éviter de présenter des gros paquets de troupes à la supériorité des appuis adverses, mais il faut bien un premier rideau contre cette approche sur plusieurs fronts, ce qui, vu l'échelle des opérations, représente du monde. Et dans cette première phase "d'entrée", c'est le monde le plus exposé et, on peut aussi supposer, pas le plus qualifié, laissant le darwinisme du champ de bataille faire son oeuvre la plus conséquente dans ce contact initial, avant que chacun prenne réellement la mesure de l'autre dans les circonstances particulières de ce terrain. Ca ne veut pas dire que ce rythme sera maintenu, juste que la phase la plus fluide (avec donc la plus haute fréquence de pertes) est en train de se passer, ou de finir de se passer. Après, c'est pied à pied, immeuble par immeuble: nettement moins dynamique (moins meurtrière peut-être en termes de rythme des pertes), plus stressante et plus dangereuse pour les attaquants, avec le dispositif défensif d'une zone urbaine qui peut réellement jouer, et des défenseurs qui sont littéralement dos au mur et sans autre option, donc très dangereux (et aussi avec une proportion croissante de compétents et/ou malins, soit ceux qui survivent plus longtemps). .- 617 réponses
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[Irak] La Bataille de Mossoul
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Le bodycount semble pour l'instant "équilibré": les chiffres qu'on voit circuler sont dans ces ordres de grandeur, un peu en-dessous du millier de chaque côté, même si l'attaquant, dans une telle situation, est censé prendre plus de pertes, et si le défenseur, dans cette configuration précise (effectif plus limité, avec une portion seulement de troupes réellement formées), ne peut pas remplacer ses pertes. C'est une bien triste arithmétique, d'autant plus que les pertes les plus nombreuses, celles des civils, ne seront pas réellement connues avant bien longtemps. Et les deux nuages massifs de saleté envoyés dans l'atmosphère (les puits de pétrole et l'espèce de gigantesque tas de souffre enflammé) ne vont pas aider de ce côté.- 617 réponses
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- irak
- etat islamique
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Les résultats d'une enquête qui m'avaient beaucoup amusé en début de semaine: Bernie Sanders est la personnalité politique (ou approchant la politique) la plus populaire des USA, et pas par une petite marge. C'est vrai dans toutes les tranches d'âge, et, chose encore plus amusante, dans une partie significative des électeurs républicains. Il passe même devant Barrack Obama et, chose encore plus difficile, devant Michelle Obama (qui depuis un à deux ans, marche sur l'eau, loin de ses débuts difficiles). La chose accompagne une enquête qui fait paniquer la droite américaine: les moins de 39 ans, et plus encore les moins de 30 ans, sont très en phase avec les idées appelées "socialistes" aux USA, notamment l'idée d'une assurance maladie universelle (single payer system) et le tronçonnage, voire la disparition (par un financement national unifié) des études supérieures. De même, le sujet de préoccupation principal de cette "génération" est désormais, d'assez loin, les inégalités de revenus. Le GOP est profondément déphasé par rapport à cet ordre de priorité, et plusieurs stratégistes du parti ont averti que ces tendances n'étaient pas conjoncturelles, que la jeunesse américaine était la plus "liberal" de l'histoire du pays et qu'il ne fallait pas s'attendre à ce qu'avec l'âge, les choses se rééquilibrent pour en amener grosso modo entre un tiers et 40% à droite (comme jadis). Le GOP a lourdement perdu la jeunesse et les jeunes adultes depuis une dizaine d'années, et ces mêmes stratégistes avertissent donc que les grandes lignes actuelles qui définissent le conservatisme ne sont pas tenables électoralement et politiquement (outre la démonstration continue de leur échec pratique depuis 40 piges). L'avertissement devrait cependant être aussi entendu dans l'establishment démocrate qui ressemble de plus en plus à une nouvelle forme de droite affairiste tapant dans le registre du blairisme (mais bon, vu que c'était un clintonisme anglais.... Le cycle se boucle, quoi) et ne semble pas vouloir prendre la mesure de ce qui se passe dans ses rangs: l'absence réelle d'alternative (encouragée par le système à un tour et le bipartisme contraint) favorise cette posture dans le très court terme, c'est un fait, et on peut parier qu'une présidence Clinton fera tout pour trouver son centre entre cette aile corporatiste du parti démocrate (qui a les faveurs de sans doute moins d'un tiers, plutôt un quart, des électeurs du parti, mais "pèse" la grande majorité des élus au Congrès) et les gens "sérieux" du GOP (la branche Ryan-McConnell), si tant est qu'ils soient disposés à être moins obstructionniste.... Ce qui est tout sauf garanti vu ce qui se dit déjà sur une Clinton présidente au sein du GOP, à savoir que, selon les mots d'un sénateur, "wikileaks leur a donné déjà au moins 2 ans de matériel" pour des attaques constantes, des commissions d'enquête.... Il semblerait que les USA ne soient pas sortis de la gouvernance de merde.
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Autre petit détail qui me fait marrer: Clinton touchait en moyenne 250 000 dollars par discours dans les années 2000 (sans compter certaines prestations exceptionnelles où le tarif peut exploser), déjà un truc choquant parce que le principe même de ces circuits de parole publique (ou dans des environnements plus "exclusifs") est complètement vicié et pourri (pléonasme? Redondance? Non, on n'insistera jamais assez dessus). Mais du jour où sa femme est devenue secrétaire d'Etat, le prix est passé à 500 000 dollars: il est soudain devenu sacrément meilleur en blablatage public, ou bien....
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Les discours politique à Gettysburg: on est loin de la "Gettysburg address" de 1863: De Lincoln à Donald Trump: how the mighty have fallen....
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66 millions, c'est ce qui est mentionné texto: ça ne veut pas dire que c'est tout. Et on parle là juste du fric personnel, pas de ce qui est chopé (directement ou en différé) pour les campagnes politiques à venir. Par ailleurs, c'est toujours beaucoup de fric, infiniment plus que ce que 99,999999% des politiques américains les plus vendus réussiront à choper dans toute leur carrière. La fortune des Clinton est supposée tourner autour de plus de 200 millions de dollars: en sortant de la Maison Blanche, s'ils n'étaient pas "fauchés" comme HRC l'a mentionné (et s'est faite punir immédiatement dans les médias) il y a quelques mois, ils n'avaient pas grand-chose, et beaucoup de frais en cours (notamment de justice). Et ces 66 millions ne parlent que d'une de leurs sources de revenus: ils en ont d'autres, notamment les contrats et ventes de livres, dont on sait désormais qu'ils sont aussi une manière de rémunération par de grandes sociétés, via des tarifs sans grands liens avec les perspectives commerciales des bouquins (surtout quand les politiques concernés en sortent un par an, souvent essentiellement le même avec une autre couverture), des achats groupés massifs pour booster artificiellement les ventes et rémunérer indirectement les auteurs.... Et il y a aussi évidemment les discours et autres formes de prestations publiques. Sans même parler de tout ce qui n'est pas payé en argent, mais en nature: vacances et déplacements gratos, logement, grandes occasions, cadeaux.... Les Clinton ont largement vécu aux frais de la princesse (ou de beaucoup de princesses) depuis leur sortie de la Maison Blanche. Ca limite les frais. Là, on a juste un aperçu de rémunérations placées sous l'appellation "consulting fees", ou des trucs du genre. Et on sait pas très bien le genre de "conseil" que Clinton procure pour ces montants. Apparemment, le contenu des emails serait d'autant plus choquant qu'il y a beaucoup de vantardise et de cynisme dans les propos tenus (notamment le fait de se marrer de pouvoir racler du fric auprès de grandes boîtes pour des bonnes oeuvres, puis de les faire raquer aussi pour des campagnes politiques ET pour des "cash bonus" allant directement sur les comptes perso), mais le point est qu'il est bien directement question d'enrichissement personnel, d'utilisation aussi bien d'une position de ministre des affaires étrangères que d'oeuvres de bienfaisance pour soutirer toujours un peu plus (pour des objectifs politiques et personnels). De fait, les Clinton ont géré un business de protection politique et d'accès aux hauts niveaux de décision contre paiement. Ironie du sort, beaucoup des emails en question sont dus au fait que Chelsea Clinton aurait commencé à un moment à soupçonner la chose, à la trouver choquante et à poser des questions qui grattent, notamment sur Doug Band, un ex-assistant de Bill Clinton qui est au coeur de toutes ces affaires et conflits d'intérêts (appellation pudique). Suite à son conflit avec Chelsea Clinton, il a du quitter la Fondation en 2015. L'Amérique a donc un magnifique choix présidentiel: la corruption versus la catastrophe. L'entropie ou la crise..... Ou comme dit plus haut: SNAFU vs FUBAR.
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Tiens, les "Podesta Leaks" pourraient enfin donner quelque chose qui trouverait de l'attention dans les grands médias: c'est pas encore fait, mais le NY Times et 2-3 talk shows ce matin ont rebondi dessus. Les dernières fuites Wikileaks confirmeraient verbatim que le couple Clinton a intensément utilisé la Fondation Clinton sans la moindre vergogne pour non seulement ratisser du cash de campagne, mais aussi s'enrichir personnellement, à hauteur d'au moins 66 millions de dollars sur 9 ans, incluant donc le temps où Mme Clinton était secrétaire d'Etat, et où ce système a utilisé le carnet d'adresse et moyen de pression mondial ainsi obtenur pour se taper un "pourcentage" sur tout échange ou promesse d'échange ou de service (on a signalé par exemple les 12 millions versés par le roi du Maroc). En son temps, Talleyrand faisait ça, mais lui avait de la classe et était efficace.