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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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C'est un peu le problème: c'est pas si con que ça... Pensons-y une seconde: - beaucoup de gens, y compris éduqués, ne peuvent appréhender la réalité immense des domaines d'action politique, et leur intense complexité. Nous tous ici compris. Il y a une grande part de confiance, de foi, dans le vote, à cet égard - les programmes n'engagent que ceux qui y croient et sont toujours des documents superficiels dans le meilleur des cas, des amas incohérents de bonimenteurs dans le pire. Il y a donc aussi une grande part de confiance dans le vote à cet égard là, inutile de se voiler la face et de croire qu'en écoutant un politique déblatérer ses listes de propositions, on aura une idée de la solution à nos problèmes Qu'est-ce qu'il reste pour se décider? A quoi peut-on se fier ou à quoi va t-on croire qu'on peut se fier? Le degré de confiance qu'on a en une personne qu'on juge ou croit pouvoir juger par son comportement, sa tronche, sa voix et son passé. Parce que même si un candidat annonce le programme qui nous plaît le plus, qu'est-ce qui garantit que cette personne va même essayer de le mettre en oeuvre? Clinton peut annoncer qu'on rase gratis: son passé aux postes de décision, ce que révèlent les wikileaks, et l'impression qu'elle donne (extrêmement subjectif, j'en conviens aisément), n'inspirent pas vraiment ceux qui aiment le programme démocrate à croire qu'elle va perdre une nuit de sommeil à essayer de l'appliquer, que ce soit vrai ou non, qu'elle sache comment l'appliquer ou non.
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Pour ces gammes de revenus, le vrai différentiel est à trouver entre les races. Pour Rome, cela vient plus encore de la configuration de la ville, ou plutôt de la "polis", au moment où la mos majorum a été établie; la plus grande partie des électeurs vivaient en cambrousse au moins la moitié du temps, près de leurs champs, Rome étant alors, de façon dominante, une société de "classes moyennes" fondée sur des agriculteurs indépendants, avec une moindre polarisation des richesses et du pouvoir. Ca a changé ensuite, mais le découpage électoral (tribus, centuries) est resté le même, ou a peu changé, malgré l'adjonction de nouvelles circonscriptions électorales (plus de tribu, jusqu'au plafond final de 35), au profit total des circonscriptions rurales, désormais plus faites de gens dont la grande majorité ne pouvait se déplacer que rarement à Rome, et pour ceux qui le faisaient, seulement pour certaines fêtes, pas pour les élections: les aristocrates et élites restant désormais à Rome tout le temps, mais se faisant enregistrer dans les tribus rurales (ou y étant par tradition familiale), avaient de ce fait un vote surpuissant, là où le prolétariat urbain (des urbains de longue date appauvris, ou des ex-paysans expropriés par le processus de concentration agraire et l'impact des guerres) était surconcentré dans les 4 tribus urbaines dont l'effectif réduisait le poids de leur vote individuel à rien. Ca et le système de vote garantissaient que les "bonnes personnes" avaient le pouvoir. La croissance urbaine romaine a été la mort des éléments démocratiques de la république.
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Ce genre d'observations fait cependant abstraction des problèmes économiques dans beaucoup de zones péri-urbaines et dans les centre-villes; dans ces derniers, la situation est de plus en plus "a tale of two cities", avec des contrastes accrus et un amoindrissement de l'espace intermédiaire (classe moyenne), tandis que pour les banlieues, c'est de plus en plus une coupure entre banlieues de "haves" et banlieues de "have nots". Mais il est vrai que le contraste villes-zones rurales avait été complètement négligé par les médias depuis longtemps, et ça ne fait que quelques mois que cela a un peu changé. Ce qui l'exemplifie le mieux, peut-être, c'est le cas de la Pennsylvanie, Etat partagé entre un ouest rural et républicain et un est urbain et démocrate: elle n'a pas été vers un républicain depuis plus de 20 ans, mais hier soir, ça a changé (pas de beaucoup, mais de suffisamment), parce que Clinton n'a pas mobilisé à l'est autant que Trump a mobilisé à l'ouest. Une relative désaffection de l'électorat populaire/ouvrier blanc de l'est développé (mais dans la situation générale de la "rust belt", ces zones du nord est anciennement dynamique où l'industrie a beaucoup chuté) a pu jouer, autant que la faible capacité de Clinton à soulever de l'enthousiasme même dans ses électorats de référence.
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C'est ainsi depuis Athènes et Rome.... Quoique c'était particulièrement caricatural à Rome. Comme le disait César -celui de Pagnol, pas l'autre, le moins connu -: "tout dépend de la grôsseur des tiers"! (avé l'assent).
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C'est pas à moi qu'il faut le dire, mais l'abstention est quand même très significative, du moins pour une partie (il y a effectivement ceux qui se foutent de voter quoiqu'il arrive, ou qui en sont empêchés de façon impérative): elle exprime la démotivation, l'absence de conviction ou d'espoir, le rejet de l'offre politique existante, la désillusion vis-à-vis des promesses, des candidats, des partis et/ou du processus....
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Alors, les derniers chiffres que j'ai vu, pour ce qui concerne le vote populaire (cad un pur décompte des votes, sans se référer aux Etats où ils sont exprimés): - Clinton: 59 092 337 (48%) - Trump: 58 967 470 (48%) - Johnson: 3 998 948 (3%) Johnson a vraiment fait la différence dans certains Etats cruciaux: Floride, Pennsylvanie, Michigan, Wisconsin.... Nul doute que les démocrates establishment vont pointer des doigts en omettant leur propre responsabilité, parce que la défaite est moins une affaire de qui a piqué des voix à qui, qu'une affaire de qui a réussi à mobiliser sa base suffisamment, et à attirer du monde à sa candidature. Rien de nouveau.... Mais lui a vraiment donné dans la contorsion ridicule.
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On l'oublie souvent aux USA, et ont l'ignore en France (projection de notre mode de gouvernance), mais en politique intérieure, le personnage le plus puissant des USA, c'est le Speaker de la Chambre, pas le président.
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Info intéressante pour bien illustrer ce que je viens de dire: Donald Trump a obtenu hier soir MOINS de votes que Mitt Romney en 2012. D'où ma petite insistance sur la signification de la participation.
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J'ai des doutes: jamais l'abstention n'est prise en compte dans les débats, comme si c'était de l'ail pour les vampires que sont les journalistes. Ils ne sucent le sang que de ce qui les intéresse, avec pour résultat en cette instance qu'ils parlent comme si le niveau de participation était de 100%. A chaud comme longtemps après les élections, ils ne parlent que de ceux qui se sont pointés aux bureaux de vote comme s'ils étaient absolument tout le monde.
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Bon, ils le font ou pas ? Qui les Américains éliront-ils le 8 novembre ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est pas la première fois que Ségo ouvre sa gueule pour dire des bêtises.- 253 réponses
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Tu viens de m'inquiéter, alors je suis allé me rassurer: les magasins franchisés M&S dans l'alimentaire restent ouverts.... Oufff, tant pis pour celui de Beaugrenelle, qui va fermer: je me rabats sur celui d'Auteuil. Plus je regarde les commentaires dans les médias US, plus je me marre: ils sont vraiment incapables de prendre l'abstention en compte dans leur raisonnement, préférant parler de "déferlante" ou de trucs du genre. Quand on voit les résultats, il n'y a que bien peu de mouvement particulièrement pro-Trump: il a certes bien mobilisé la base non éduquée, mais il a sous-performé par rapport à Romney chez les blancs éduqués, et le résultat final semble bien plus dû à une Clinton qui s'est bananée dans ses électorats de référence, avant tout les noirs et les étudiants. L'électorat le plus décisif par rapport à ce qui était attendu n'a pas été celui des femmes, mais les blancs éduqués, qui ont moins évité Trump que prévu (les femmes blanches éduquées particulièrement: Clinton les a gagnées, mais par une petite marge). Le niveau de participation bas a empêché les démocrates de produire leur avantage démographique.... Et à qui est-ce du?
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J'entends bien, donc: le problème est que l'impression générale, en grande partie justifiée, est que pour toutes les décisions "qui comptent" (cad les choix économiques), les pourris, c'est tout le monde, indifféremment des étiquettes politiques. C'est ainsi quand le système de financement de la vie politique et les plans de carrière des élus sont adossés à la même chose. Sanders, Warren, Brown et quelques autres étaient bien seuls dans leur activité professionnelle encore récemment, et le resteront probablement: des voix isolées politiquement, et très souvent médiatiquement. Yep, c'est assez effrayant de voir à quel point le niveau de polarisation encourage ce fonctionnement naturel que nous avons tous: si un camp est critiqué, on en vient inconsciemment à angéliser l'autre par réaction, sur le point discuté, et c'est là que la culpabilité des médias actuels, surtout aux USA, est immense (et autant par collusion avec tel ou tel que par méthodes de prostituées pour faire de l'audience): on fait de la fausse équivalence, où on surcharge sur l'un ou l'autre suivant le besoin, on résume tout à un duel (qu'il y ait un ou deux aspects à une question, ou plus) dont on entretient le suspense, ou on se lance en chorus pour l'un ou contre l'autre si la situation le demande.... Et au final, ils ont érodé le niveau de confiance tout en en gardant suffisamment à l'occasion, créant antant d'antagonisme et de défiance instinctifs dans une part de l'opinion que de moutonnisme dans une autre. Les Clintons ne font pas de faute, c'est bien connu: c'est tout la faute aux Russes!
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J'ai vu ça sur le forum depuis un moment: c'est James COMEY le patron du FBI: tout le monde l'appelle Foley depuis plus d'une semaine, comme tout le monde s'est mis à appeler le président philippin Duarte ou Duerte (c'est Duterte).... Au début, j'ai mis quelques heures avant de comprendre qui était ce "Foley", dont vous parliez. Mais il a toutes les chances d'être récompensé, maintenant, même s'il n'est certainement pas trumpiste (anti-Clinton peut-être): il a juste fait ça parce qu'il était baisé s'il ne le faisait pas, et baisé s'il le faisait (dans l'éventualité d'une élection de Clinton). Là, il a eu du bol avec le résultat d'hier soir.
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Sans doute: j'émettais surtout des réserves quand à sa capacité à faire quoi que ce soit: côté capital politique et contrôle du Congrès, il a pas grand-chose. Les représentants et sénateurs républicains doivent plus de choses à d'autres entités que Trump (et je ne parle pas de Chtulhu). J'entends bien (je posais vraiment la question de "qui sont les déchets" dans ta formulation: c'était pas une question rhétorique): l'un des problèmes est que la différence n'est pas réellement sentie dans les domaines qui comptent le plus, et qu'elle ne se voit pas beaucoup pour la plupart des gens dans les positions prises par les élus démocrates qui, pour leur grande majorité depuis Bill Clinton, se sont intégrés complètement au système, ne concédant des postures de façade sur les sujets sociétaux que pour mieux se joindre aux républicains corporate sur les sujets économiques, avec ou sans une protestation pour la forme, dans un grand compromis de centre droit façon blairisme, qui ne satisfait quasiment personne. C'est pourquoi Biden est si populaire, par exemple, lui qui est un des derniers démocrates "pré-Clinton" encore en place, l'un des seuls à pouvoir parler aux classes ouvrières blanches et se faire applaudir. De fait, dans cette élection, il y a sans doute eu autant de gens qui n'ont pas été voter, ou ont voté républicain, pour dire aux démocrates "je ne te crois pas", que de gens qui ont voulu dire "merde" au système en place, lequel était, pour l'heure, incarné par la présidence démocrate (la majorité au Congrès comptant moins dans l'imagerie populaire: celui qui a la présidence donne l'impression d'être le dominant): ces derniers voteront sans doute à l'opposé à la prochaine, en 2018. Les démocrates se sont dilués dans ce compromis de centre-droit au point de ne plus offrir suffisamment d'alternative à l'offre républicaine qui, aussi glissante vers des positions dures, stupides ou extrêmes, est toujours restée plus claire: à part quelques points sociétaux, et malgré l'évolution démographique qui leur donne l'avantage dans le temps, ce sont les démocrates qui ont perdu la bataille d'image, en arrêtant de la livrer. Ils n'ont pas de position claire qui puisse résumer leur plate-forme, ce qui a été poussé un cran plus loin par une Clinton qui n'a en fait pas eu d'axe de campagne, contrairement à Sanders Le problème n'était là pas tant dans la plate-forme démocrate que dans la crédibilité de la candidate pour la mettre en oeuvre: à quoi bon promettre d'aider la dette étudiante et le salaire minimum, ou d'améliorer la couverture santé, si pas assez de monde ne croit en celle qui le propose, au vu du bilan démocrate depuis 1992, qui a toujours favorisé Wall Street et le big business, et obtenu ses quelques réussites "de gauche" au prix le plus fort possible (Obamacare -un programme initialement de la droite dure- sans changer les conditions du marché de la santé = ruineux et très incomplet.... Et ce qu'elle proposait pour l'améliorer ne changeait rien à l'affaire, au contraire)? Si on y ajoute les particularités de la personne publique de Clinton, en partie injustifiées mais pas totalement, on obtient cette absence totale de confiance en sa candidature pour faire ce qu'elle dit, ou même essayer de le faire.
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Bon, ils le font ou pas ? Qui les Américains éliront-ils le 8 novembre ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Ca dépend.... T'as mangé des haricots dernièrement? Je note que l'un des électorats les plus constants aux USA est l'électorat républicain (tendance conservateurs durs) du vieux sud, où la place du haricot rouge dans l'alimentation est très grande, assurant une continuité du vent dans la même direction. J'avoue que depuis 2-3 jours, j'en venais presque à souhaiter la victoire de Trump tant l'univocité médiatique et l'angélisation de Clinton, avec pour parallèle la diabolisation absolue de Trump, en étaient venues à m'énerver: le niveau de consensus bien-pensant pour démolir avec la plus grande condescendance toute réflexion anti-Clinton, foutant dans le même panier les radicaux racistes et débiles des manifs pro-Trump avec tous ceux souhaitant un vrai début de changement et/ou exprimant un profond dégoût de l'élite en place, m'ont fait vomir, et j'aimerais beaucoup qu'il soit possible de quantifier la chose, de voir si cette couverture médiatique (et pas seulement celle des émissions d'info, mais toutes les références et tous les codes acceptés dans tous les types d'émissions et d'articles) a impacté le vote simplement en inspirant dégoût et rejet par son mouvement général et moutonnier à sens absolument unique et irrévocablement moralisateur. Trump est un candidat répugnant et certainement la plus mauvaise plate-forme pour un changement dont il ne sera pas vraiment le propagateur ou l'initiateur (mais peut-être le déclencheur par son élection même, sans aucune action de sa part), et certainement pas le moteur d'un changement positif.... Mais il est amusant de constater à quel point la réaction à sa présence et à sa personne a provoqué elle-même une réaction qui, par elle-même, a pu influencer le vote en sens inverse..... Je le dis, et j'aimerais vraiment qu'il soit possible de mesurer la chose, parce que j'ai senti cette impression depuis un bail, mais depuis la fin de semaine dernière, voir les médias américains me donnait cette pulsion de manière viscérale, cette tentation (en tant qu'Américain fictif) de voter pour lui. Quand on dit que la politique est à 90% une affaire de perception.- 253 réponses
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Je comprends le principe; ce dont je doute, c'est de la volonté des élites européennes de se débarrasser de leurs oeillères qui ne sont qu'une métaphore pour la culture dominante à laquelle ils ont adhéré, dans laquelle ils ont grandi et/ou ont fait leur carrière, vers laquelle le système dans lequel ils baignent est entièrement tourné, par laquelle ils existent. Si changement il doit/peut y avoir, il sera générationnel, donc pas avant longtemps; même si je doute fortement de la capacité de Trump à faire même un dixième de ce qu'il a annoncé (et à mon avis, il ne le fera pas "pour de vrai": si les US commencent à faire des mouvements de retraits et/ou de non soutien en Europe, y'a des contrats d'armement -qui sont le paiement de la "dîme impériale" qui vont commencer à disparaître), y compris dans ce registre, les USA risquent de changer cet aspect des choses bien plus vite que les élites européennes n'ont de capacité à même accepter l'idée que ce changement arrive sous leurs yeux.
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Sinon, plus sérieusement, et sur un sujet crucial impacté directement par cette élection: elle avait le vent fortement en poupe depuis le début des primaires, les changements dans sa structure lui garantissaient une promotion massive et une explosion de ses revenus, mais le résultat d'hier pourrait lui faire revoir ses espérances un peu à la baisse.... Et oui, il n'est plus si sûr que Meghyn Kelly, la présentatrice vedette de FoxNews avec qui Trump s'était plus que pris le bec et qui s'était faite une image soudaine de "reporter dure à cuire" (pour une ou deux questions pertinentes au milieu d'un océan de platitudes, de "soft balls" et de léchages de cul gratuit de la droite débile), qui avait soudain été "libérée" par le départ de Roger Aisles de la chaîne (et qui a écrit un bouquin dessus), il n'est plus sûr, donc, qu'elle ait autant d'opportunités désormais (mais bon, à plus de 15 millions/an, on va pas pleurer pour elle).
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Tiens, j'y pense: un effet qui a pu/du aussi jouer dans la victoire de Trump, pour quelques pourcents (mais potentiellement décisifs) ici et là, ce sont les électeurs blancs éduqués qu'il avait perdu dans de larges mesures. Il les a finalement gagné, même si par une marge très inférieure à la moyenne républicaine (et loin derrière le score de Romney auprès d'eux), ce qui renvoie à un phénomène américain qui me fascine d'autant qu'on ne l'a pas réellement en France: le "tribalisme" des électeurs des deux grands partis. Le vote démocrate ou républicain a une forte composante culturelle, quelque chose qu'une bonne partie de l'électorat américan "hérite" en quelque sorte dans sa famille. Ce qui peut expliquer que même un candidat comme Trump a pu dégoûter des électeurs républicains hardcore (il y a 2 jours, 86% des républicains pensaient voter pour lui, contre plus de 92% des démocrates pour Clinton), mais finalement pas autant que prévu parce que une fois dans l'isoloir, le réflexe grégaire a repris le dessus ("je peux pas voter pour elle, je peux pas voter blanc, même s'il me fait gerber"). Ce sentiment d'appartenance de parti au niveau viscéral est une réalité très minoritaire en France, mais aux USA, il reste très puissant, même s'il a baissé depuis une vingtaine d'années: il est encore déterminant pour les deux tiers de l'électorat (dans les années 80, c'aurait plutôt été 80%), avec des variations suivant les Etats, le type de localité (grande ville ou zone rurale.....) et la population, mais reste bien réel, et suffisamment puissant pour produire des réflexes de dernière minute qui démentent des postures préalables. En Floride, il semblerait que ça ait ainsi plus joué que prévu dans l'électorat blanc éduqué, pourtant peu attiré par Trump. Le parti est avant tout une réalité au niveau de l'Etat (peu de gens votent républicain en se référant au niveau national/fédéral), ce pourquoi les partis d'une même étiquette générale diffèrent en fait beaucoup selon l'Etat: ce sentiment d'appartenance est une réalité puissante, sans aucun doute aussi rendue telle par la force du bipartisme de la vie politique. Ces deux dynamiques tendent à un niveau de polarisation permanent élevé (plus qu'ailleurs), et prédisposent à des pics de polarisation de la vie politique (comme actuellement) potentiellement divisifs. Avec quelques chiens de bergers et loups qui connaissent mieux la musique et se foutent éperdument que le troupeau aillent au fond d'un ravin du moment qu'il y a de la viande. Je souligne moins les discours en particulier que l'ensemble de tels procédés qui offrent des ressorts de carrière et de fortes rémunérations à une certaine portion de la vie politique, soit quand ils terminent leur carrière, soit quand ils sont "entre deux mandats" ou jobs, soit quand ils cherchent des fonds de campagne (cad tout le temps). Le système ainsi créé est pourri jusqu'à la moëlle et pourrit les gens qui en dépendent jusqu'à la moëlle, et j'avoue que ce qui me choque le plus est le niveau d'acceptation consciente ou inconsciente, ou le niveau de résignation, à son égard, en faisant le "business as usual" qu'il faut tolérer. Parce que qui sont les "déchets d'en face"? Quelle que soit la couleur politique, ils en dépendent et en croquent autant: aux USA, il n'y a à vrai dire pas beaucoup de choix vu que c'est ainsi que la vie politique se finance.
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Dans la vie politique américaine, la corruption a été tellement vidée de sens juridique qu'aujourd'hui, il faut littéralement donner un sac de fric avec la mention "pot de vin" dessus, et évidemment d'être pris en train de le faire, pour avoir une quasi certitude d'être inculpé. Les discours ultra-rémunérés ne sont qu'une des facettes de ce "demi monde", le point étant moins de se faire payer un discours que d'avoir ses entrées sur un ou plusieurs des "circuits" des discours rémunérés (universités, think tanks, entreprises, groupes d'intérêts....), et ça, qu'on le veuille ou non, c'est un mode de rémunération pour services rendus. Ceci dit, on va peut-être voir une nouveauté dans la forme de la présidence (non, c'est pas la première fois qu'un président a une moumoute): le rôle de la First Lady sera peut-être en partie ou totalement tenu par la First Daughter.
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En tout cas une chose est sûre: depuis la crise de 2008, on ne fait que confirmer que la capacité prédictive des marchés, en économie comme en politique, est décidément absolument nulle.
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Si et seulement si y'a quelqu'un pour vouloir et pouvoir se ré-accrocher à cette idée de l'indéopendance.... J'ai du mal à voir ça dans la classe politique en place. Aaaah, enfin un peu d'info: terre brûlée de Trump, principe d'une campagne négative qui dégoûte toujours une part des électeurs (changeant l'élection en un affrontement de militants) et faible attractivité de Clinton, plus un possible effet de "victoire annoncée" qui amoindrit la mobilisation du candidat favori? En tout cas, la "Obama coalition" ne s'est pas repointée aux urnes.
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Bon, ils le font ou pas ? Qui les Américains éliront-ils le 8 novembre ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Là tu rêves: tu factorise réellement la capacité des élites européennes à se repenser?- 253 réponses
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Il peut parler tant qu'il veut, ça ne lui donne pas une majorité à la Chambre ou au Sénat, et je parle là d'une majorité fonctionnelle, pas de la couleur politique affichée. Et les élus savent d'où vient le beurre sur leur tartine, savent qui les emploiera après le Congrès.... Ca va être bien plus compliqué. D'autant que ceux à qui Trump doit son financement vont aussi avoir leur mot à dire, et le principal d'entre eux est un pur "monsieur Wall Street". Non, c'est à la fin des années 90 que ça a été définitivement enterré, Clinton (grand "libérateur" de Wall Street) signant lui-même l'enterrement du Glass-Steagall Act, qui avait été déjà bien endommagé et progressivement vidé de sa substance depuis les années 70.
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Un des trucs qui me fascine, c'est que sur toutes les pages de médias et dans tous les débats, la participation n'est quasiment jamais mentionnée ou même considérée comme un facteur: ils persistent avec ce déni, préférant leurs explications sur des "raz de marée" de certains électorats, et oubliant complètement le fait que, confirmant la tendance lourde démographique, malgré sa nullité en tant que candidate, Clinton a emporté le vote populaire (cad elle a eu plus de d'électeurs que Trump).
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Pas encore complètement; j'attends de voir le détail de la participation, qui était LE caveat absolu auquel les analyses que j'ai faites étaient adossées, et que justement les analystes américains refusaient systématiquement de quantifier, de prendre en compte ou même de considérer. Tout le point était de savoir QUI participerait: dans l'ensemble, ni les sondages, ni leurs évolutions n'étaient faux: ils étaient juste très dépendants de la conversion des intentions de vote en votes effectifs. Au final, les trumpistes se sont plus mobilisés, mais ça va prendre du temps de voir ce qui a merdé pour Clinton et où (et qui). En tout cas, avec un juge de la Cour Suprême qui va pas tarder, l'Amérique est ancrée dans un mode de gouvernance de la droite affairiste pour longtemps. Mais pourquoi la référence au Brexit; je le voulais, j'y croyais juste pas. Et vu la marge qu'il y avait entre les deux options, y'avait pas de prédiction possible, c'était pile ou face.