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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. C'est, c'est vraiment TRES spécifique/ et ça se raccroche plus aux aspects de "traître", ou de "cafteur" (dans une acception plus édulcorée). On pourrait adopter le mot tel quel (et faire gueuler Zemmour), vu qu'il n'y a rien couvrant exactement le même concept; après tout, les anglo-saxons, parmi leurs milliers d'emprunts au français, se gênent pas pour utiliser le terme "panache" (prononcez "peunache"), absolument intraduisible en anglais, ou encore utilisent fréquemment "je ne sais quoi".
  2. Trop générique, n'indique pas spécifiquement l'aspect de tyran/"chef de bande" auto-imposé. Même chose pour "brute", ou "petite brute". On n'a pas d'équivalent, c'est tout: c'est comme ça, les langues. Les mots et expressions ne sont pas toujours exactement transposables, ne couvrent pas les mêmes champs, concepts et nuances: y'a des décalages, et là, pour ce mot précis, on a un creux en français, quelque part entre la brute et le petit tyran (et "petit tyran", ou pire, "petit tyran de cour d'école", c'est un peu long et ça roule pas spécifiquement sans accroc sur la langue).
  3. Je sais: y'a juste pas de formule équivalente en français. C'est frustrant.
  4. C'est effectivement choquant dans le principe et la formulation, mais il est aussi à noter, et c'est encore vrai aujourd'hui, que le système informatique et de communication du Département d'Etat est à chier pour tout ce qui concerne les communications "de tous les jours", ce qui nécessite d'aller vite et de ne pas s'embarrasser de procédure (la "main courante" qu'un tel job nécessite -sans même parler de la vie personnelle et des autres activités de quelqu'un comme Clinton): autant les procédures que le système lui-même sont complètement à l'ouest et empêchent littéralement de faire le travail correctement, bouffant un temps monstre qui, si on s'astreignait au règlement et qu'on s'en tenait aux outils recommandés, serait rapidement perdu et ferait accumuler un retard très rapidement dommageable. Et ils n'ont jamais débloqué les fonds pour une vraie refonte du système, tant le hardware/software que les procédures en place. Albright le soulignait déjà en son temps. On est donc face à une mauvaise réponse face à un vrai problème structurel. C'est pas pour décharger Clinton, juste pour mettre en perspective.
  5. Tancrède

    US Army: le facteur humain

    Une critique amusante et anecdotique de la mentalité des officiers généraux américains, ici de l'USMC, à travers l'une des lectures recommandées par le Corps à ses officiers: Ender's Game, de Orson Scott Card. https://fabiusmaximus.com/2010/09/07/21211/ Où l'on retrouve les délires encore bien vivaces de cette "mentalité RMA", de la guerre fantasmée, du général-démiurge voyant tout et contrôlant tout, loin de la certitude de façade qu'ont les officiers américains de "déléguer" aux échelons inférieurs, alors qu'en fait préside chez eux une conception très "mécaniste" des forces, réduisant le soldat à une machine-outil semi-qualifiée, et la tactique à des recettes toutes faites limitées en nombre et assimilables à des espérances d'équation (si on fait A+B, on obtient C).
  6. Deux articles intéressants et complémentaires (le 2ème corrige les défauts du premier, assez pertinemment selon moi) pour bien anticiper ce qui se passera après le 8, quel que soit l'élu: http://www.vox.com/2014/5/20/5732208/the-green-lantern-theory-of-the-presidency-explained https://www.bloomberg.com/view/articles/2014-05-20/is-obama-weak-or-is-the-presidency J'aime cette notion de "Green Lantern Theory" pour, à l'aune d'un niveau de polarisation politique sans précédent dans l'histoire américaine récente, résumer la croyance qui semble si répandue dans la classe médiatique et politique du pays, surtout à droite, selon laquelle ce qui foire est du à un manque de volonté, une inaptitude au leadership. La volonté politique compte énormément, mais la résumer à celle du leader en titre relève de la croyance enfantine, de la pensée magique, un thème que le parti républicain a, dans la décennie écoulée, fortement dévéloppé au point de la débilité profonde. Qu'on se souvienne de Marco Rubio pendant les primaires, qui déclarait que la libération des otages américains par l'Iran dans les jours suivant l'entrée en fonction de Ronald Reagan était dû à la seule force de sa personnalité et à la terreur par anticipation que son personnage amenait (alors qu'évidemment, c'était un hasard du calendrier, et la libération l'oeuvre de son prédécesseur). Par extension, cette nouvelle et amusante "théorie" (plus une bonne formule pour qualifier un ensemble de croyances, postures, postulats et attitudes longs et complexes à résumer) qui applique le thème générique de la pensée magique à un domaine particulier, souligne à quel point les illusions sont grandes sur le personnage du président, et, plus largement, sur ce que l'Etat peut réellement accomplir, particulièrement en politique étrangère, et encore plus particulièrement via le rôle des forces armées, désormais perçues dans le discours comme l'outil ultime qui permet de faire n'importe quoi, de disposer des populations et des événements comme on veut.... Pour peu qu'on ait "la volonté", la "personnalité", le "leadership", qui deviennent des mots vides de sens quand on les emploie ainsi, comme des invocations d'enfants décrétant que si on veut on peut, quelles que soient les circonstances, et qu'on peut tout si on veut tout. C'est du pur comportement de "bully" (ça m'énerve de pas avoir d'équivalent exact de ce terme en français): il veut montrer qui a la plus grande, peut-être dissuader d'autres d'essayer de faire pareil, sentir son propre pouvoir ("juste 'cause I can").... J'avoue que je ne comprendrais jamais réellement ce genre de choses, tant la part d'irrationnel (donc de très personnel) dans ce choix d'action semble grande par rapport à la part "rationnelle" (si on peut dire: rationalité politicienne, logiques froides d'exercice du pouvoir et de concurrence politique, guerre d'influence....). Même du point de vue politicien/guerre d'autorité seulement, c'était un mouvement beaucoup trop risqué et abusif, avec trop de risques que ça vous retombe sur la gueule. Quoique, on verra peut-être plus encore de ce genre de choses avec la disparition lente, mais certaine, des médias locaux. Les élus, au moins à l'échelon local, seront peut-être de plus en plus en mesure d'opérer ainsi en toute impunité.
  7. Je l'avais évoqué quand c'était sorti (ça doit..... Oulàlà, beaucoup de pages plus haut); une crasse politique qui va bien dans les méthodes de tyran aux petits pieds de Christie, et tout le monde sait que ça vient de lui même si c'est évidemment difficile de prouver ce genre de choses..... Les sous-fifres en politique (et ailleurs), c'est fait pour encaisser ce genre de coups, selon le vieil adage "quand c'est moi qui pète, c'est lui qui pue" (Clemenceau). Mais les deux ont parlé, et de toute façon, personne n'était dupe, ce qui a plombé Christie depuis le début de l'affaire. Et son impopularité croissante dans le NJ n'a pas aidé: corruption manifeste, très mauvais résultats, beaucoup de com' très coûteuse pour les maquiller (particulièrement criant dans la gestion des fonds fédéraux de soutien post ouragan Sandy), méthodes de brute.... Enfin, foutre ce genre de contraintes sur le pont routier au trafic le plus dense du monde (c'est LE pont des mouvements pendulaires entre NY et le New Jersey), faut pas être un génie pour se rendre compte que ça allait se voir. Hubris....
  8. Yannopoulos est un professionnel, qui bosse pour Breitbart (entre autres); je ne sais même pas s'il croit une seule des choses qu'il dit. Même s'il affiche un semblant de cohérence générale dans cette "famile" du débat politique et sociétal, je crois qu'il le fait plus pour avoir une audience: c'est un troll professionnel, qui a appris à faire son beurre sur le scandale et l'outrance. Je le range plus dans la catégorie des cyniques de ce business. Watson semble plus être un convaincu par ce qu'il dit, et a clairement moins d'audience et de recherche de la confrontation, préférant les longs monologues, les manifestes et l'affirmation de ses "thèses" qui sont essentiellement du niveau café du commerce. En bref, c'est un exact reflet des "Social Justice Warriors" et autres béni-oui-ouis louant les modes bien-pensantes du moment, qui n'ont pas un meilleur niveau mais sont bien en cour, donc passent dans les "grands" médias (et sont étrangement sur-représentés dans les rédactions comme celles du huffington post). Ils s'opposent, mais sont essentiellement aussi mauvais les uns que les autres.
  9. Sans doute pas à ce point: c'est un anti-"liberal" (au sens américain), anti-féministe aggressif -tendance Milo Yannopoulos- (je suis anti-féministe, parce que je suis anti-"ismes" et anti-idéologie, mais ces gens-là, c'est autre chose), plutôt radicalement nationaliste et conservateur de façon vraiment idéologique, avec un focus anti-élites "globalistes" (parce que "cosmopolites", ça sonne trop années 30), mais je ne crois pas que ça aille jusqu'à l'antisémitisme. Evidemment, faut rester prudent avec ces trucs, vu que maintenant, dans les publications si radicales, plus ou moins complotistes, et si souvent déconnectées de beaucoup de réalités (intentionnellement ou non), beaucoup de formules relativement neutres voire qui sonnent très bien contiennent souvent des "mots clés" qu'un certain public comprend très bien et d'une façon très différente de la plupart des gens (l'équivalent écrit/online d'un clin d'oeil).
  10. Oulà! Lui, c'est un "chargé": extrêmement idéologique et à fond dans sa bulle sur une multitude de sujets, il est plus qu'à prendre avec des pincettes: il est à éviter. C'est du déclaratif pur et dur, extrêmement partial, se fondant sur peu de sources, refusant la contradiction, et qui se prend extrêmement au sérieux. C'est un pur produit de la bulle Breitbard-Drudge Report.
  11. Oui, c'est l'impression générale qui ressort, et elle a de la cohérence avec ce qui s'observe depuis des mois: camps d'entraînement systématiquement bombardés, sur-sollicitation sur plusieurs fronts, attrition élevée, frontières moins perméables, drastique réduction du flux de combattants étrangers (je ne sais pas pour le niveau du volontariat, mais pour le contrôle aux "frontières" de la zone, c'est nettement plus resserré), ressources entamées, destruction du capital de production.... Ils sont dans la mouise. Le fait est en plus qu'ils sont victimes de leur forme de succès; ayant essaimé à l'étranger, le flux de volontaires s'est aussi réorienté sur ces zones en même temps que la priorité des nations concernées s'est beaucoup portée sur l'EI dans toutes ses itérations, et un mouvement qui a cru si vite et du intégrer autant de monde et de diversité se retrouve en prime en proie à des inévitables divisions internes, accrues par le faible niveau de communication et de contrôle entre les différentes entités. Et maintenant on voit cette division, qui était déjà plus ou moins évoquées depuis l'an dernier, dans la maison-mère en Syrie-Irak. Et elle est tout aussi inévitablement multipliée quand les nouvelles sont mauvaises et les ressources dispo moindres. A quand les scissions, à quand les affrontements internes violents, à quand le lâchage par des tribus/clans sunnites n'ayant joint que par un mélange de peur et d'absence d'autres options? Tu veux dire qu'ils ne peuvent plus offrir un service complet de 72 vierges? Qui doivent plus être si vierges depuis le temps. Le problème est et reste en fait double: - l'EI spécifiquement, garde une forte capacité de nuisance et, désormais, une "marque" établie, dont je doute que les opérations actuelles, même victorieuses, arriveront à la détruire: c'est désormais un précédent établi, des cellules/groupes qui continueront à exister, même si pas à la même échelle. Et cette marque est internationale, s'étant répandue un peu partout, et ayant établi un certain "capital": réseaux, instructeurs, équipes de com/propagande.... - la zone sunnite d'instabilité entre Irak et Syrie restera au coeur du problème, capable de faire émerger une nouvelle horreur, et certainement vouée, pour l'avenir visible, à continuer de constituer une zone grise explosive (et en fait en explosion), sans qu'aucun n'acteur n'ait la légitimité et la capacité à proposer quelque chose à ces populations. En prime, pour la situation de Mossoul, les remarques faites plus haut demeurent: il reste, à un niveau déterminé par la proportion de combattants daéchiens motivés et qualifiés, le potentiel pour quelque chose de très crade. Peut-être pas tellement une longue bataille ultra-sanglante pour les Irakiens and Co, mais un désastre humanitaire et des horreurs sans nom, et pire encore, mises en scène et largement diffusées par la propagande de l'EI. Même s'ils n'ont sans doute plus le pouvoir d'ifluer sur le cours de la bataille au niveau tactique (en tout cas pas pour longtemps), et s'ils ne l'ont sans doute jamais eu au niveau opératique, dès les début du siège, ils peuvent encore avoir un impact stratégique par ce duo atrocité-publicité: ils peuvent influer sur la narration des événements via leurs capacités et par la seule cible encore à leur portée, la population restée sur place. S'ils ne peuvent plus jouer la montre, c'est leur seule option pour encore avoir un impact, aussi horrible et vain que cela puisse sembler. Parce que l'impact qu'ils peuvent créer est aidé par des choses comme la présence et l'action des milices chiites, la division des forces assiégeantes, la méfiance des populations face aux "libérateurs".... Avec une chronologie accélérée par cette étonnante faiblesse militaire plus importante que prévue d'une mouvance acculée, je crains la probabilité d'horreurs massives concentrées dans une période très courte. Et ce très bientôt. Si cela n'arrive pas -souhaitons-le -, c'est vraiment que l'EI à Mossoul, ce n'était plus que de l'esbrouffe, un nombre réduit de cadres motivés/qualifiés encadrant un effectif de gens bien peu volontaires.
  12. Depuis le début, l'effectif disponible des daéchiens m'étonne par sa faiblesse, surtout quand on prend en compte le fait qu'une bonne proportion d'entre eux ne doit pas être composée de foudres de guerre et de vétérans, incluant même une bonne dose de "temps partiels" (miliciens d'une sorte ou d'une autre) sans grande formation, et avec un taux d'encadrement qu'on peut deviner. Ca fait des mois qu'on sait que l'attrition des forces de l'EI est bien réelle: ils "consomment" leurs soldats au moins un peu expérimentés bien plus vite qu'ils ne peuvent en produire, et ce depuis un bail, et les cadres des opérations éclairs de 2014 doivent avoir disparu en bonne partie. Si l'hypothèse est bonne, cela explique la faible défense de Mossoul: peu de possibilités de renforcer, tant par l'encerclement de la ville, "porte de sortie" comprise (il y a un long chemin directement sous le feu des Kurdes sur des dizaines de kilomètres, et l'aviation alliée est là, avec désormais de meilleurs moyens de renseignement), que par le simple manque de ressources. Et une Mossoul encerclée n'était de toute façon plus une zone de ressources et de production significative pour l'EI depuis un moment, ce qui ne laisse que l'importance symbolique: jusqu'à quel point compte t-elle? Malgré tout leur fanatisme, ils sont pas non plus complètement irrationnels et doivent bien faire leurs comptes à un moment ou un autre. Leurs forces, surtout la partie plus ou moins qualifiée, sont désormais à la fois moins abondantes et plus sollicitées ("front" turc, "front" kurde-syrien and co, "front" assado-russe, et évidemment le front irakien désormais très enfoncé dans sa partie la plus "utile"): les préserver devient plus crucial. Et là, ils ont une force assez maigre dans une ville énorme assaillie de toute part par des forces très supérieures en nombre et en appuis, sans grand espoir d'évacuer autre chose que de petits groupes. Quel degré de motivation dans les diverses composantes des forces sur place? Quelle part des forces de l'EI à Mossoul est réellement prête à aller jusqu'au bout et basculer dans l'horreur complète? Et même là, quel impact (sur la population comme sur la défense de la ville) peuvent-elles avoir en étant si peu nombreuses? A moins d'avoir foutu des explosifs partout et de tout pouvoir faire péter avec quelques commandes centralisées (ce qui sonne un peu cartoonesque), il est possible qu'on assiste en direct à la première manifestation, vraiment visible et incontestable, d'impuissance de l'EI, avec un Al-Baghdadi qui pourrait commencer à ressembler à "Baghdad Bob". En plus haineux (et pendant encore un moment, en plus dangereux, mais pas à l'échelle stratégique/opératique). Je repense aux commentaires d'une volontaire danoise qui était allé combattre auprès des Kurdes en tant que sniper, et, du haut de sa très faible expérience (elle savait tirer depuis l'enfance, mais avait zéro expérience militaire), trouvait les combattants de l'EI extrêmement nuls tant ils se déplaçaient mal (contrairement aux troupes pro-Assad apparemment) et se jetaient littéralement sur les balles. J'imagine bien que ce n'est qu'anecdotique et pas forcément très représentatif, mais ce à quoi on assiste maintenant va peut-être un peu dégonfler la baudruche, le croquemitaine que les médias ont fait de l'EI depuis 2-3 ans.
  13. Pas à ce point, mais l'idée est bien de placer une barre, sorte de "seuil de légitimité". Il y a d'autres options possibles pour placer ce pouvoir de sanction directe dans le peuple (pétitions spéciales/votations réalisées dans une temporalité donnée et nécessitant un nombre de voix donné?), mais celle-là-semble la plus probante pour compléter le principe du "vote sanction" tel qu'on l'a aujourd'hui, qui est très nettement insuffisant face à des phénomènes néfastes comme l'absence de renouvellement du personnel politique, ou l'offre politique limitée et le duopole de fait de "grands partis" qui en viennent toujours à concentrer trop de prérogatives de fait et un contrôle absolu de la crédibilité gouvernementale (tous les réseaux de hauts fonctionnaires et les capacités concrètes de gouverner finissent par ne graviter qu'entre ces deux partis, les autres n'ayant plus que des prétentions et des idées, mais pas de capacités réelles), ne laissant comme option de protestation concrète que le vote extrême. C'est plutôt malsain. Mieux vaut risquer un peu, et encore: il n'y aurait de risque réel qu'au tout début d'un tel système, le monde politique s'adaptant ensuite, de façon moins concentrée.
  14. Et puis, grâce à Donald Trump, tu sais par où les attraper. D'un autre côté, ça te ferais du bien: ferrer et ramener un thon adulte, c'est du sport! Comme se trimballer des cageots.
  15. Au final, je crois que c'est l'écrivain Karim Daoud qui a le mieux résumé l'Arabie saoudite sur le plan idéologique/religieux: "l'Arabie Saoudite est un Daesh qui a réussi".
  16. Tu veux t'entraîner à tirer qui quoi? On va tous aller pécher ensemble (re- et direct à la confession)....
  17. Bon, mon pronostic officiel (si, si, officiel, avec tampon, date, certificat, vote des deux chambres -la mienne et la chambre d'amis-, confirmation par le pape, sceau....): Clinton l'emportera avec une marge confortable. Ma raison principale? Je crois en le pouvoir du travail au sol: Clinton a consacré un effort massif au développement d'un vaste système coordonné de démarchage et de campagne, qui peut faire toute la différence à lui seul, parce qu'il peut aller chercher l'électeur moyennement motivé, le transporter au bureau de vote, ne pas le lâcher pendant la durée de la campagne, qu'il peut aller convaincre et re-convaincre, qu'il peut booster l'inscription sur les listes et la participation ("get out the vote operation").... Et ça, c'est bon pour les 1-4% cruciaux dans les Etats où ça se décide à ce genre de marge. Et parce que je crois en la puissance de cette capacité, je doute donc fortement du camp qui ne la développe pas, et dans cette élection, il y a un fort contraste, vu que la campagne Trump n'a quasiment rien fait dans ce domaine, par rapport à l'échelle des besoins, créant ainsi un contraste fort entre les deux candidats. C'est bien joli de voir des intentions de vote exprimées et fluctuer au fil des jours, mais leur transformation en votes effectifs est autre chose, surtout dans un pays comme les USA où la participation est si problématique: jusqu'au moment du vote concret, on est dans un grand feuilleton de télé-réalité; je ne parlerai donc pas des candidats et de leurs bagages, des variations de l'opinion, du contenu des programmes et de leur compréhension par l'électorat.... Juste ici du fait que chaque camp a une masse indéterminée d'électeurs ou de gens moyennement ou peu convaincus qui n'iront pas voter (souvent dans une décision de dernier moment, mais pas que), et que les quelques pourcents qui font la différence peuvent être obtenus.... Quand on va les chercher (non seulement le jour J, mais bien avant, en amont, quand on a un processus pour les créer: faire des neutres des partisans, faire des tièdes des motivés, faire des atones des résignés....); c'est ce que les campagnes d'Obama ont démontré/rappelé. Et pour ça, un camp s'est très bien outillé, et l'autre pas: avoir la capacité de convertir les intentions en vote effectif est crucial. Il n'y a que quatre Etats où le camp Trump a (un peu) plus de bureaux que le camp Clinton, tous sont des Etats profondément "rouges" (donc où il n'aurait même pas besoin de faire l'effort), et même ce différentiel ne reflète pas le fait que ce sont des structures plus petites, avec moins de staff pro, encadrant moins de volontaires: ce sont l'Arizona, le Dakota du Sud, le Mississippi et l'Arkansas. Il n'y a que 3 Etats où la campagne Trump, avec les mêmes caveat, a autant de bureaux que la campagne Clinton: Illinois, Kansas et Idaho. Seul l'Illinois a un intérêt pour un effort (très peuplé, et pas républicain), et cet effort est pourtant limité.
  18. T'as d'beaux yeux, tu sais..... Et la patate tout en bas, au milieu, prend, je ne sais pas pourquoi, un caractère obscène .
  19. Ils avaient refait des sondages en juillet-août il me semble qui confirmaient la décision, avec la même marge: c'était suite à la massive campagne de presse directement après le vote, où il y avait toute cette vague de "témoignages" de gens regrettant leur décision, cette "gueule de bois" nationale qui s'est avérée être plus un thème journalistiques qu'une réalité. Plus de 4 mois après, je ne sais pas. Mais à un moment ou un autre, et malgré les aspects absurdes d'une décision si fondamentale se jouant en une seule fois et/ou sans exigence d'une majorité plus nette, on a décidé de faire des choix sous une forme donnée (en l'occurrence le référendum unique à majorité simple): si cette forme n'est pas respectée, quelle valeur a cette possibilité de choix? C'est -littéralement- la souveraineté populaire qui a été invoquée de façon directe. Les Anglais se vantent d'être le berceau de la démocratie moderne (et on peut beaucoup rire à cela: on a le droit), mais s'ils chient sur le référendum dont ils ont annoncé depuis plus de 2 ans qu'il était le mode de décision adopté et accepté, qu'est-ce que ça fait de leur prétention, qu'est-ce que ça fait de leur régime? La Vème république des mangeurs de grenouilles? Quoi, 2005, qu'est-ce que c'est 2005?! je ne sais pas où ça se trouve Alésia, 2005! Je suis curieux de voir ce que le grand complot illuminati les ploutocrates vont faire. Et j'attends de voir la réaction en Europe si ce changement de procédure ré-ouvrait une incertitude quand à la décision finale: je me suis un peu éloigné du sujet, donc j'ai pas vraiment suivi les postures et opinions des autres gouvernements en Europe. Y'a t-il maintenant une majorité de gens dans les hautes sphères qui sont contents de voir partir les Rosbifs? Ou bien tous seraient-ils ravis de voir l'option Brexit se diluer dans un magma procédurier et de négociations apparentes de multiples "statuts spéciaux", assez longtemps pour que la chose se fasse oublier? Je ne crois pas que beaucoup de dirigeants seraient timides face à cette façon de faire, même s'ils sont bien conscients du niveau de mécontentement que cela risque de créer, de la flambée de populismes un peu partout et du bois sec qu'ils lui donneraient ainsi pour s'alimenter: le politique, aussi intelligent soit-il, est trop enfermé dans un univers mental dont l'espace-temps est limité à l'horizon d'une ou deux élections. Il ne peut en être autrement. Et la plupart acquièrent cet étonnant travers qui les rend certains de passer à travers toutes les gouttes, qu'il y a toujours pour eux une carte à jouer, quelque chose qui va changer dans les circonstances dont ils pourront profiter. En bref, ils ne réfléchissent qu'au "grand jeu" dans lequel ils sont, se déconnectant partiellement d'une part de la réalité sur laquelle ils président. Et ça, dans les circonstances actuelles, c'est particulièrement dangereux.
  20. C'est un peu la contradiction fondamentale qui me fait m'étonner de la décision de la haute cour: en essence, ce cas de figure ne devrait pas se présenter, à moins d'un passage au Parlement qui soit purement de forme, consultatif, sans vote ou avec un vote unanime pour l'image. Pourquoi une contradiction? Parce que le référendum est par essence antithétique du Parlement: c'est un acte de démocratie directe qui, presque par définition, se passe de l'intermédiaire qu'est le Parlement. De leur côté, les représentants sont élus pour représenter le peuple en votant "en leur âme et conscience" (je sais, la formule fait toujours rire quand on compare à la réalité de la politique); leur fonction même est de voter ce qu'ils pensent être le mieux pour leurs électeurs, faisant d'eux des vecteurs indirects et partiaux de la volonté populaire. Donc, dans le cas de figure évoqué, soit ils votent dans le sens du Brexit, tel qu'exprimé par le peuple, et une bonne partie d'entre eux seront, quelque part, en porte-à-faux avec leur mission première qui n'est pas d'être un vecteur neutre (et la majorité d'entre eux est opposée au Brexit), soit ils votent contre, en suivant leur propre opinion/intérêt, et mettent le Parlement en opposition directe avec un mandat du peuple directement exprimé sous forme de décision politique fondamentale. C'est radicalement contradictoire: soit ils passent un vote en grande partie malhonnête, et ce de façon visible et criante, soit ils compromettent la validité du vote populaire d'une façon directe (pas l'habituelle déception de la démocratie représentative où on élit un gars qui va faire son business et ne pas tenir des promesses déjà au départ intenables). La faute me semble du côté de la haute cour, ou bien de la place d'un référendum dans la gouvernance britannique: je ne connais pas assez la loi, surtout "constitutionnelle" (façon de parler dans un pays qui n'a pas de constitution formelle), du pays pour statuer, mais il me semble là y avoir une contradiction fondamentale dans les principes (un référendum est en essence un moyen de bypasser le parlement en faisant directement statuer ceux dont il tient sa légitimité, dont le vote a force de loi) sur laquelle les juges semblent avoir fumblé. Grave. Sachant qu'ils ne sont pas une force neutre, et certainement pas sans opinions et préférences personnelles, ça risque de compliquer vraiment BEAUCOUP de choses. De ce que j'ai compris après avoir survolé le sujet, la position du gouvernement était que le Parlement, en votant l'acte de 2015 (European Union Referendum Act) autorisant le référendum, connaissait l'article 50 (pas nouveau) et donnait donc par son vote toute latitude au PM pour agir selon l'opinion exprimée par le peuple selon le "prerogative power" de l'exécutif. Apparemment, la partie plaignante (la nommée Miller ET un épicier portugais du nom de Santos) contestait la possibilité d'user de ce pouvoir dans de telles circonstances en ce qu'elle faisait disparaître des droits établis, obtenus par traité et validés par le Parlement (depuis l'entrée du RU dans la CEE en 72, et reconfirmés depuis par les traités successifs), puisque ces droits étaient depuis les dits traités, aussi garantis par des instances européennes qui avaient de ce fait obtenu une compétence législative. J'ai l'impression qu'on est entré là dans la métaphysique du droit, et que ce qui se règle dans cette cour est autant un contentieux entre le judiciaire et l'exécutif qu'un point complexe de droit constitutionnel qui n'a pas de précédent (et ça, c'est légitime), mais que la chose va se heurter de plein fouet à une réalité politique qui, elle, n'a pas les mêmes filtres ni une grande patience. Ca risque de donner des impressions contradictoires: - un, qu'il s'agit des "gens d'en haut" qui cherchent à annuler le choix des "gens d'en bas", au mépris de la démocratie, en retardant au maximum la décision en espérant que quelque chose arrive entre-temps qui permettra de bloquer le Brexit (au mieux), voire en organisant un blocage direct au Parlement, aussi vite que possible. - deux, que les mêmes "gens d'en haut", quelle que soit leur opinion sur le sujet du Brexit, se complaisent dans ces batailles de procédures quel que soit le temps qu'elles prennent, et ne réfléchissent ni ne vivent dans la même temporalité que le reste du pays, pouvant se payer le luxe des délais et de l'incertitude, même pour une bataille futile Quoiqu'il en soit, le camp du "remain" a un avantage: tout ça se passe dans le coeur des grandes villes où ils sont dominants et en sécurité, mais surtout, où ils sont groupés: les brexiteurs sont éparpillés, et ont beaucoup moins de moyens pour se connecter, avoir le temps et l'argent de se concerter de façon productive (c'est plus qu'un bref échange sur twitter qui est nécessaire), pour avoir des organisations permanentes et puissantes pour faire pression.... Les remainers sont bien mieux armés pour ce travail de lobbying qui repose avant tout sur le fait de faire jouer la montre. Résultat, on risque une alternance de passivité globale avec un niveau de déception et de colère rentrée sans précédent, ou des explosions de violence, grande ou petite, nombreuses ou non (voire les deux, en succession ou en simultané)... Et je ne sais pas ce qui est pire à terme.
  21. J'avais pas vu passer ça: si la procédure est obligatoire, ça va devenir très compliqué, vu le tropisme dominant chez les élus. Et si un vote s'opposant à l'invocation de l'article 50 arrivait, on verrait l'état de la démocratie moderne.
  22. T'as fini d'évoquer des images comme ça aux heures de repas, enfin! J'ai lu ton message à voix haute, et aussitôt, j'ai entendu quelqu'un tomber dans l'appart' au-dessus, et quelqu'un gerber (je crois) dans celui d'en-dessous. Et je suis pas sûr, mais je crois bien avoir vu 2 pigeons tomber en plein vol, tels deux Messerschmitts flakés au-dessus de Londres en 1940. Sinon, il faut le signaler, parce qu'après tout, c'est l'élection où Chtulhu se présente et que la magie noire a donc sa place dans le commentaire de l'actualité: les Cubs de Chicago ont remporté les World Series hier (qui comme leur nom ne l'indique pas, sont la phase finale des championnats américains de baseball..... Mais vu le niveau de pratique de ce sport à l'échelle mondiale, l'ego américain n'est peut-être pas si mal placé dans ce domaine: y'a que chez eux qu'il y a une compète), brisant ce faisant une tradition qui a été depuis longtemps assimilée à une malédiction. Les Cubs n'avaient pas gagné les World Series depuis 108 ans, et n'avaient même pas accédé à cette phase du championnat depuis 71 ans, la chose étant attribuée à la "malédiction de Billy Goat" qui, selon la légende, aurait été lancée par un commerçant de Chicago en 1945, Billy Sianis, qui, après avoir été éconduit du stade de Wrigley Field parce qu'il y était venu avec une chèvre (qui apparemment n'utilisait pas de déodorant), emblème de sa chaîne de bars (Billy Goat tavern, qui existe encore aujourd'hui). Avec le temps, beaucoup de choses ont été tentées pour briser ce mauvais sort, dont l'exécution de plusieurs chèvres innocentes (authentique! Une a été retrouvée pendue devant le siège des Cubs en 2009), et des événements bizarre ont eu lieu qui ont vraiment fait penser que le sort s'acharnait en poussant parfois le bouchon (comme l'intervention de spectacteurs pendant une phase de jeu à un moment crucial en 2003, qui confondit un voltigeur de l'équipe et lui fit manquer sa réception et aurait changé le cours du match). La propension des Cubs à perdre était devenu proverbiale, et les voir se faire dézinguer était devenu une tradition, tout comme être fan des Cubs était devenu une sorte de sacerdoce culturel passé de père en fils dans une moitié de Chicago, histoire de se différencier de l'autre moitié qui soutient l'autre équipe de la ville, aussi une équipe "Major" (fait rare aux USA), les White Sox (dont Obama est fan); pour l'occasion du match d'hier, les fans des White Sox ont mis la rivalité au placard pour aller gueuler le nom de leur ville, tant l'événement était d'un niveau culturel important, mais aussi parce que les White Sox ont eu leur propre malédiction: pour avoir triché dans les World Series de 1919 (scandale de paris pour lesquels l'équipe a accepté de perdre), les White Sox ont du attendre 2005 avant de remporter les World Series. Quoiqu'importante pour les fans du club, cette malédiction n'a pas eu le même impact culturel que celle des Cubs. Et après avoir écrit ça, je me rends compte à quel point le phénomène de l'addiction au sport professionnel, ou celui d'être fan d'un club de sport, m'est incompréhensible. Mais bon, une référence culturelle vient de disparaître, un tas d'adages viennent de perdre toute pertinence, And you can't Un-see it..... Tu l'emporteras dans ta tombe . Tu te trompes, ignare! Tout le monde sait très bien d'où viennent la musique et l'idée originelle:
  23. .... Ou de Chelsea en posture coquine . On me signale que je ne peux plus aller dîner: j'ai comme un haut le coeur, là....
  24. C'est pas toi: la langue est rentrée. Tu es encore en train de flemmer quelque part. Il faut un stimulus plus fort? Y'a ça.... .... Plus ça.... ..... Et évidemment ça, parce que c'est le topic USA....
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