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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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Oui, mais vu sous l'angle des politiques, la seule chose qui compte, c'est que quelle que soit la motivation (en tout cas la motivation principale), on ne peut pas voter au second degré: le résultat du bulletin est le même, et c'est tout ce qui leur importe, beaucoup trop souvent. Et maintenant, alors même que les hôtels Trumps battaient de l'aile depuis des mois, ils affichent complet depuis le 9 novembre: les réservations pour l'inauguration dans celui de Washington sont bookées, à des prix 5 fois supérieurs à la normale, un phénomène qui se retrouve dans les autres hôtels de la marque. Mais y'a sans doute aucun conflit d'intérêt ni aucune visée de faire fructifier la position nouvellement acquise. La corruption a été pour l'essentiel légalisée aux USA, mais apparemment, Trump est déjà en train de pousser la chose un cran plus loin. Là où c'est vraiment amusant, c'est l'absence totale de réaction sur la chose côté GOP, et la réaction très modérée côté grands médias, où c'est à peine souligné, au mieux un peu étudié sur quelques chaînes, la caste des journalistes-courtisans s'habituant déjà au système; beaucoup des mêmes qui s'offusquaient (et avec raison) du système de drainage financier de la Fondation Clinton, ne pipent mot face à ce qui est déjà en train de se mettre en place et a commencé à fonctionner côté Trump, qui est à une échelle bien plus vaste, et pour des motifs bien plus avides. La compréhension du Blind Trust selon la famille Trump: "you people, be blind, and trust".
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Disons qu'à tout le moins, on ne peut pas en discuter purement dans l'absolu: - si entre deux maux, on choisit le moindre, ça reste quand même le mal, c'est vrai:. Le point en complément est que dans ce cas, on le fait par nécessité et absence totale d'autres options. Faut juste pas être hypocrite à cet égard comme la communication politique nous y incite si souvent, et comme beaucoup, à commencer par les médias, s'y prêtent si souvent, parlant de radieux horizons et acceptant trop facilement la situation, la "nouvelle normalité" du régime juste élu, passant trop sous silence, voire oubliant, la rélaité de la situation - dans le cas particulier de la situation américaine, dont on parle ici, la chose a un intérêt précisément en raison de la configuration politique fondamenale pas différente en principes de notre situation, mais beaucoup plus développée. L'argument est justement contre le fait de choisir le moindre mal, ou en tout cas l'hypocrisie rassurante qui est éternellement rebalancée à chaque élection, à savoir qu'il faut "voter utile", ou "éviter le danger majeur et ultime d'un des candidats", qu'aucun candidat n'est parfait, que ceux qui ne votent pas mettent la tête dans le sable.... On a entendu mille fois la chose à chaque élection. Dans le cas des USA, cette attitude soit disant "réaliste" ou "adulte" est souvent la position de repli si commode pour ceux qui refusent de voir le plus grand problème ou la plus grande évidence: la conjonction entre une offre politique sclérosée parce que le paradigme en est verrouillé par l'élite dominante, et la massive abstention (à laquelle on pourrait ajouter une partie du vote indépendant, quii change de parti d'une élection à l'autre, ou toutes les deux élections, par dégoût et/ou protestation). Eviter le "mal", dans cette situation, serait de tailler dans ce "marché" qui est délibérément nié et tend à représenter une majorité, ou en tout cas au moins autant que chacun des deux autres partis, avec, c'est quand même assez étudié, suffisamment de points communs pour faire une plate-forme. Le vote Sanders tout comme une partie du vote Trump ont révélé les points communs de cet enthousiasme potentiel: un rôle accru et renouvelé de l'Etat, plus de protection, plus de justice, un rejet total du rôle des grandes entreprises et de l'argent en politique.... Des thèmes récuttents, mais désormais formulés à voix haute, et surtout, plus important que tout, dont on a vu qu'ils comptaient plus que les thèmes exclusifs de chaque parti pour une masse suffisante, voire critique, de gens. Voilà un "bien" qui est aujourd'hui ciblé par le courant progressiste qui a le vent en poupe à gauche mais va sans doute rencontrer des obstacles potentiellement paralysants dans le parti démocrate (déjà en train de freiner des quatre fers en détournant les "lecçons" de l'élection) dont l'ancrage corporatiste est désormais puissant, mais aussi d'une certaine façon plus limitée (et avec quelques orientations plus spécifiques: angles racial et religieux) à droite (ce que Steve Bannon va sans doute essayer de faire, même s'il semble vouloir construire une aile semi-indépendante des républicains pour ce faire).. Quoiqu'il en soit, c'est ainsi qu'on échappe à l'équation, à la fausse alternance posée par le dicton présenté par Harendt, et qu'on l'invalide. Mais ça suppose d'abord de ne pas se laisser enfermer par cette putain de rengaine que chaque politicien pro te balanceras à la face pour mettre fin au débat. Certes non, mais comme je te l'avais indiqué quelques posts plus haut, c'est pas parce que j'attaque Trump que je suis Hillariste, et c'est pas parce qu'on en noircit un qu'il faut automatiquement penser qu'on angélise l'autre. Trump est un pourri de première et un être assez méprisable. Et désormais, le passer au crible est ce qui compte puisqu'il est élu. Clinton est désormais hors du jeu: elle pourrait aussi bien être morte. Elle ne compte plus, comme ses nouveaux tarifs pour des discours risquent de le montrer (si on lui en propose encore hors de certains cercles de bien-pensants et quelques universités voulant mettre en avant le rôle des femmes).
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Il a été placé là initialement parce que les gens sérieux au Congrès savaient que ces procédures ne menaient à rien et que du coup personne de "valable" n'allait y sacrifier sa réputation, son image ou son temps. Du coup, ils ont mis ce backbencher qui essaie de parler 3 octaves au-dessus de sa voix naturelle pour se donner une stature, et avec des formules à la John Wayne afin de passer pour sérieux.... Ce qui est assez ridicule au final. C'est un poids plume sans capital politique et sans autorité ou image auprès de quiconque. Un fusible amené au premier plan pour l'occasion, quoi... Et pour y être grillé une fois que l'objectif est accompli, à savoir faire perdre du temps à Clinton et faire durer ces procédures inutiles pendant de longs mois et années pour lui causer un dommage permanent dans la durée, même si, quand on observe à un instant donné (surtout quand, à l'occasion d'une nouvelle non info, le cycle médiatique du jour se concentre dessus), c'est le plus souvent ridicule, sans objet et un pur gaspillage de fric et de temps d'attention médiatique: c'est en essence la même chose que balancer des myriades de bots sur twitter avec de fausses infos, se lançant dans de fausses vagues d'accusation engageant des polémiques creuses qui dominent l'attention sur les fils attirant le trafic..... Mais en plus visible et plus cher. Gowdy, dans l'interstice, a pu jouer aux grands, sans doute obtenir quelques trucs pour ses administrés, et se faire garantir un job confortable dans une firme de lobbying ou chez un sponsor pour sa reconversion en cas de défaite ou démission. C'est le business tel qu'il fonctionne: un des multiples aspects de la stratégie républicaine anti-Clinton (depuis un bail), celui-ci focalisé sur un travail de grignotage anecdotique dont on attend pas forcément beaucoup, mais qui peut payer, ou en tout cas réaliser sa part du travail de fond, de contexte, sur la cible (ce qui a sans doute aidé à accroître la méfiance générale à l'égard de Clinton). Et tant qu'à faire, ça se réalise aux frais de la princesse pour l'essentiel: ça coûte rien au GOP, et encore moins quand on le fait faire par un sous-fifre qui ne demande que ça pour avoir un bout de susucre.
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Oui, et il a voté comme tout le monde le renouvellement régulier du civil rights act, pour la même raison: parce que c'est de la survie politique quand le consensus dominant l'impose. Le vote doit non seulement passer, mais chacun doit être vu en train de le passer, sous peine de mort politique. Y'a pas mal de raisons pour lesquelles Jeff Sessions a été mis à l'écart même au sein du parti républicain depuis 30 ans: même ce parti qui n'a pas réglé ses ambiguités sur le sujet racial, et tolère beaucoup qui ne devrait pas être toléré à cet égard, afin de garder son niveau minimum de consensus qui lui garantit le vieux sud (son centre de gravité), a gardé Sessions aussi loin que possible de toute fonction significative, raison pour laquelle il a été écarté du barreau et de toute activité judiciaire dans les années 80, et qu'il est resté un backbencher depuis. Qu'il ait essayé à l'occasion de se racheter une image à bon compte ne change rien à la chose. Il a une longue histoire de mauvais rattrapages, ou de corrections de pures formes, pour des déclarations et positions qui en révèlent bien plus. Pour le cas de Michael Donald, c'est tout simplement faux; il ne s'est pas occupé du cas (c'était un district attorney appelé Chris Galanos), c'est juste que c'est par son bureau qu'est passée la question puisque les "hate crimes" passent au registre fédéral et doivent donc être revus, plaçant l'US attorney du lieu (ici le district sud d'Alabama) en charge de l'enquête si un service fédéral est impliqué.
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Non, mais c'est la première fois qu'on a vu le jus de la moisissure à la lumière, c'est différent: tu crois que les mails du parti républicain auraient révélé quelque chose de vraiment très différent, même si peut-être avec une autre gamme de médias (notamment l'immense sphère de groupes d'intérêts, fondations et think tanks divers, associations locales et paroisses.... Où les républicains ont une structure plus développée)? Toujours la même chose: "il y a deux choses dont on ne veut pas voir comment elles sont faites: les lois et les saucisses". Plus que les lois en particulier, c'est la politique en général, en fait: et là, on a vu les saucisses d'une des parties en présence. Est-ce que, pour certaines raisons conjoncturelles, ça a pu être un peu plus poussé que d'habitude dans certains domaines (avidité particulière des Clintons côté fric, organisation plus efficace du "système Clinton" par rapport à d'autres organisations pourries du même style, plus de complaisance dans certaines parties de la presse par le surdéveloppement de la sphère des "social justice warriors"/political correctness en ce moment)? C'est très possible, mais pas non plus radicalement outrancier par rapport à "la norme" (nauséabonde en soi), principalement parce que l'autre camp fait pareil, dans les mêmes sphères et dans d'autres, avec plus ou moins de succès. C'est choquant, c'est puant, c'est un système qui en est peut-être à un degré élevé de corruption et d'entropie qui appelle un coup de barre dans un autre sens (qui sera plus ou moins brutal selon qu'au moins un des partis l'admet), mais c'est ainsi. Là, on a juste eu une vue directe sur ce qu'il y a à l'intérieur d'une des saucisses. Et je ne parle pas de Bill Clinton ou de Wiener: Maintenant on a tous les ex-staffers de Clinton qui font des pieds et des mains auprès de toutes leurs relations, surtout dans la presse, pour orienter la trame narrative des leçons de la défaite et pointer des doigts: c'est la faute aux Bernistes, aux progressistes, aux racistes, aux sexistes, aux médias.... A tout le monde sauf eux. Et ils se plaignent que le plus grave de l'affaire est que leur "guilded future" ("futur doré") leur a été injustement enlevé (toujours cette assomption mentalement gravée que "c'était le tour de HRC", qu'elle y "avait droit", que cela leur était du, en quelques sortes), parce que c'est tout ce qui compte pour ces gens là (comme pour ceux qui entourent Trump et tous ceux qui se ruent à sa porte maintenant); ils n'ont qu'un horizon de 4 à 8 ans, se foutant bien du service public ou du pays, en tout cas le mettant derrière leurs priorités de carrière, qui impliquent la "revolving door" entre le privé (lobbying, punditry, contrats d'édition, places dans des boards divers et variés....) et le public. Ils sont le système, faut pas attendre d'eux qu'ils le combattent.
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Honnêtement, le débat ici n'est pas à avoir dans l'absolu: des journalistes qui se gourrent, des journalistes idéologisés au point de laisser leurs opinions écraser leur objectivité et leurs connaissances, des journalistes incompétents, il y en a toujours eu, et la tendance s'est renforcée ces dernières années sous diverses impulsions: - des tendances vicieuses dues à l'agenda des sociétés possédant les médias concernés, qui ont parfois jusqu'à des stratégies d'influence orientant lourdement la politique éditoriale, afin de peser sur le débat, de favoriser ou d'éparner certains acteurs (secteurs économiques, entreprises particulières, politiques particulières, hommes politiques), notamment via le choix de sujets traités ou non traités (plus souvent que l'angle ou le traitement lui-même quand il arrive: théorie de l'agenda, soit là où on fixe l'attention, le thème narratif dominant sur un sujet), l'angle sous lequel on aborde telle ou telle chose - les problèmes économiques de la presse professionnelle: vrais pour tous, ils ont eu un impact lourd depuis près de deux décennies sur le recrutement et la GRH des médias, où désormais, le pigiste plus ou moins compétent et ayant rarement un bagage quelconque sur un sujet précis, et ayant peu de temps pour le traiter, forme la majorité du pool disponible, le grand reporter ou simplement le journaliste expérimenté et/ou spécialisé, sont devenus des figures rares - la temporalité: l'exigence de réactivité extrême, la cadence de travail du métier.... Tout s'est accéléré à un point qui empêche le plus souvent la réflexion sur la majorité des choses qui remplissent ce qu'on regarde le plus, l'essentiel de l'info qu'on absorbe au quotidien. Les articles ou reportages fouillés, qui prennent leur temps (ou en tout cas un peu plus) sont quantitativement et qualitativement (en terme de niveau d'attention) relégués au second plan, les petits desserts qu'on s'offre quand on a le temps et la bonne volonté (donc occupent bien moins de place dans ce qui est regardé par le grand nombre, qui en plus, les consultant moins, choisit plus soigneusement ceux auxquels il va consacrer ce peu de temps disponible, selon des critères de préférence personnelle....) - les impératifs commerciaux: satisfaire le financier du média ou ne pas l'offenser, faire du buzz à tout prix en favorisant les tactiques et angles de vue centrés sur le racolage.... Cela favorise un ton polémique, des sujets plus gratuits, asservissant plus les lignes éditoriales à ce qui était jadis du ressort des faits divers, des anecdotes de société, de la rubrique mondaine (pour faire chic: en fait, ragot-rumeur), du voyeurisme des tabloïds, de leur tendance à la fausse polémique et aux tendances à créer ou inventer des tempêtes dans des verres d'eau qui ne sont bien souvent même pas ça Mais comme je le dis, le problème est quantitatif: toutes ces tendances ont toujours existé dans la presse, mais "the medium is the message", et le medium actuel, quel que soit son support exact, repose sur une immédiateté et un temps d'attention ultra-court qu'il favorise lourdement, et qui asservissent toute la logique médiatique. La presse dite "sérieuse" ne peut que suivre, parfois bien malgré elle. Quantitatif aussi parce que malgré tous ses défauts, la presse professionnelle, sans doute avant tout par le nombre de ses acteurs et leurs oppositions et contradictions, jouait un rôle de filtre en tant qu'entité générale (pas un média en particulier), filtre qui reposait sur les pools d'expertise et d'expérience (collective et individuelle) au sein de chaque média. Quantitatif encore parce que, jusqu'à une période très récente (explosion du nombre de chaînes télé -satellite puis numérique-, puis internet), les supports (et surtout ceux concentrant assez de moyens pour être dans le job de l'info) étaient en quantité relativement finie et du coup rationnée, contraignant bon an mal an à un minimum d'intelligence dans leur utilisation, un usage plus raisonné, surtout quand, côté demande, le temps de cerveau disponible est lui aussi plafonné (tout comme le nombre de cerveaux dispos). On concentre plus de jus de cervelle et de pertinence pour attirer et garder le chaland quand la ressource est rare, les opportunités de sortir quelque chose moins fréquentes (une parution par jour au mieux, entièrement à un seul moment). La gratuité, l'actualisation permanente et la quantité littéralement infinie qu'internet offre bouleversent ce marché et permettent simplement de le transformer en espace de lutte pour qui occupe la place, où distinguer le vrai du faux, le trop biaisé du raisonnablement biaisé, devient impossible pour le plus grand nombre face au flot permanent, à l'attaque de toute part: la démocratie peut être aussi bien vaincue par l'asbence d'info et de débat que par la saturation. Dans les deux cas, ce qui compte est qui contrôle le flot, quelles forces antagonistes/concurrentes se disputent ce contrôle et règlent leur affrontement par la quantité. Et les médias sociaux, c'est la pleine réalisation du phénomène: plus aucun filtre ou prétention d'en avoir: le pur bordel, le flot sans mesure, sans aucun repère ou contrôle, aucun point de référence. où va l'être humain dans ce maelström? Là où il a déjà des potes, là où son opinion va être confirmée, où il trouvera une caisse de résonnance, où il ne sera pas contrarié par des faits ou opinions divergents, là où il n'aura pas (ou plutôt, là où il ne croira pas avoir) à faire le tri. Parce que le temps de cerveau dispo n'augmente pas, voire se réduit, le nombre de cerveaux augmente très peu, les moyens d'avoir des filtres individuels restent constants dans l'absolu (dépendent du niveau d'éducation et/ou d'expérience de la vie, et de l'intelligence) et diminent en relatif (face au flot d'infos en expansion). A cet égard, il est amusant de noter que la campagne Trump avait 5 fois plus de twitterbots que la campagne Clinton: c'est absolument pas pour angéliser la campagne Clinton, qui a donné dans la pratique, juste pour souligner que l'occupation du terrain social-médiatique est purement un acte quantitatif, une stratégie de saturation qui anéantit le débat, amoindrit la capacité à s'en distancier même quelques instants, et surtout, démolit la capacité globale de tri, de filtre de l'info. La seule réalité du problème que j'évoque est quantitative: la presse professionnelle, avec tous ses défauts, constituait (et constitue encore) un filtre avec des obligations (même si insuffisantes, imparfaitement respectées et, plus récemment, cooptées par les financiers du système de presse), des contraintes, un certain niveau d'expertise... Qui prenaient de la valeur -outre la valeur intrinsèque de CERTAINS médias et/ou journaliste à un moment ou un autre- surtout en tant que collectif, que corps de métier en général: leurs débats et contradictions étaient en somme un système de "checks and balances" certes imparfait et incomplet (et susceptible à certains moments à des tendances à la pensée unique/dominante sur un sujet ou plus), pour le flot d'information. C'est désormais en train de disparaître, au profit d'une scène internet de tribus se réunissant uniquement entre elles et se montant le bourrichon sans beaucoup de filtres, expertises et débats en réunion intra-groupes, et de quelques espaces de confrontation qui sont juste là pour la foire d'empoigne sans réel objectif de débat ou d'info, sans encadrement, et libre d'accès pour tout et surtout n'importe quoi, y compris des flots de faux acteurs et fausses infos pour lesquels aucune barrière sérieuse n'existe. Personnellement, je suis en train de me demander si la démocratie n'a pas été possible pendant la période en train de s'achever, juste en raison d'un hasard historique ayant fait coïncider la limite matérielle en matière de supports d'informations (papier, ondes radios) avec certaines autres conditions; l'abondance littéralement infinie de supports fait voler cet équilibre en éclat, et peut-être avec lui la simple possibilité d'avoir une scène médiatique donnée pour une entité politique donnée. Et tout ce qui resterait, c'est le potentat qui peut innonder le "marché" virtuel, gueuler le plus fort, déterminer où se détourne l'attention d'un public sans points de référence analytique pour l'info autre que leur propre jugement individuel qui est une chose bien limitée et bien fragile (même pour les meilleurs d'entre nous) face à la masse d'infos (vraies, fausses importantes, anecdotiques, futiles....) qui circulent, et à son rythme continu et infernal.
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Nouvelle du jour: le règlement du cas "Trump University" a été négocié et conclu. L'accord entre les parties permet à Trump de ne pas avoir à admettre avoir mal agi, et de n'avoir pas à être le premier président en exercice à devoir aller témoigner dans une audience publique. Ce dernier point, et le potentiel embarras de traîner encore cette affaire après sont inauguration, ont sans doute été des éléments facilitant la négociation pour les parties plaignantes. En échange de ces concessions, dans une affaire qui était plutôt accablante pour la défense, Trump devra payer 25 millions de dollars aux quelques 6000 victimes de l'arnaque, plus un million de dollars en pénalités à l'Etat de NY. C'est loin des montants escroqués (sans compter la valeur temporelle de l'argent, surtout pour beaucoup de ces victimes qui sont de condition souvent modeste), mais le procès, aussi potentiellement embarrassant fut-il pour le nouveau président, aurait pu, comme souvent aux USA, traîner longtemps, multiplier les frais judiciaires de façon insupportable pour les plaignants (c'est déjà le cas: les avocats vont largement se payer sur l'argent obtenu), et avec la durée (et le nouveau statut de l'accusé), se retourner contre eux. Evidemment, les clauses de l'accord semblant avant tout protéger, côté Trump, les apparences (rendues d'autant plus cruciales par son élection), il a pu ensuite communiquer en disant n'importe quoi (notamment que la victoire en cas de procès aurait été garantie tant il avait un bon dossier), et continuer à jouer le Donald en toute impunité.
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Sauf que le portrait est très biaisé par ce joli tableau de pur communicant qu'il a voulu peindre de lui-même: il a fait par exemple une "jolie" interview de Trump de l'an dernier dans Breitbart (que le WaPo a déterré cette semaine) où c'est le Donald qui passe pour modéré, où il invente des statistiques délirantes pour dire qu'il y a trop de chef d'entreprises asiatiques dans la Silicon Valley (asiatiques-américains et non américains représentent 14% des chefs d'entreprises de la zone, là où lui décrète qu'ils en sont les deux tiers, voire les 3/4), et, essentiellement, pointer la conversation sur un ton racial. Malgré les cris d'orfraies et outrages sélectifs de la presse, surtout bien pensante, qui nous a habitué à une forme de biais dominant parfois très déformant, faut pas avoir d'illusion sur l'ex patron de Breitbart qui a forgé le média à son image: c'est un racialiste/raciste et un antisémite notoire, sans scrupules et plus qu'un tantinet idéologue. Tout paraît bien complexe et nuancé quand on veut en donner l'impression, mais la réalité des actions et choix, surtout dans la durée, parle nettement plus fort. Sur le truc des asiatiques, il aurait très bien pu pointer ce qui est devenu un vrai problème, à savoir un usage trop libéral de visas de travail, avec la complicité du gouvernement, pour faire venir des travailleurs qualifiés en grand nombre et moins chers et faire ainsi baisser gravement les niveaux de salaires dans le secteur tech (qui devient ainsi un exemple illustratif de ce qui se passe dans de nombreux secteurs), mais non, tout ce qui l'intéresse, ce n'est pas la réalité des chiffres (qui n'ont rien "d'effrayant", même pour un raciste patenté: 27% de la main d'oeuvre de la Silicon Valley et 14% des chefs d'entreprise sont asiatiques d'origine, ou citoyens d'un pays d'Asie; dans un secteur aussi international et dynamique, c'est pas la mort de la race blanche), mais le seul aspect racial de la chose. Parce que l'aspect économique du problème ne choque pas cet ancien de Goldman Sachs et factotum de Robert Mercer. Franchement, y'a pas grand-chose à attendre de Bannon.
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Autre nouvelle en direct des Untede States of Family First: Le Dakota Access Pipeline (projet à 3,7 milliards), sur le tracé duquel se déroule depuis des mois une âpre lutte entre la tribu indienne vivant sur ces terres (plus une foule de militants de tous types) et les compagnies impliquées dans le projet (aidées par le gouvernement local et une force de police très militarisée et violente), a toutes les chances de voir ses derniers obstacles levés sitôt l'investiture de Trump passée: je viens d'apprendre que Donald Trump était actionnaire de la boîte construisant, possédant le pipeline, et appelée à l'opérer, Energy Transfer Partners, boîte dont le CEO, un nommé Kelcy Warren, a par ailleurs contribué à la campagne Trump à hauteur de 103 000 dollars. Soit une double motivation pour un Trump qui n'a pas renoncé à connaître et (même si indirectement) contrôler son business. On apprend par ailleurs que les flics locaux chargés de ce qu'on ne peut qualifier que comme une répression, touchent des compléments de revenus importants (même si ça passe par le gouvernement local, l'origine ne semble pas fiscale, vu que le budget n'a pas accru ses ressources normales), et que l'Etat du Dakota a reçu un extra de 4 millions de dollars par le compagnies impliquées, spécifiquement pour financer l'équipement de la dite police. Les mêmes compagnies avaient déjà annoncé, alors même que l'Army Corps of Engineer avait émis un avis négatif quand aux forages à réaliser, qu'elles se passeraient de l'autorisation.... Et demandaient à l'Etat du Dakota de mettre fin aux protestations en invoquant leur violence, alors même qu'aucune violence n'a été constatée pendant tous les mois du mouvement (abondamment documentés par la quantité de smartphones présents), sauf une fois (entièrement enregistrée) où un type armé a menacé les policiers.... Jusqu'à ce qu'on s'aperçoive qu'il s'agissait d'un agent provocateur employé par les pétroliers. Petit rayon de soleil sur ce sujet: parmi la litanie de célébrités qui ont été sur place et/ou militent sur le sujet, on notera que l'ancien général (très médiatique, en tout cas à une époque) Wesley Clark ira sur place avec quelques centaines de vétérans, pour s'opposer à la construction du pipeline. Oups! Correction, c'est son fils qui ira (ils ont le même nom, je me suis gourré).... Mais quand même avec les vétérans, et la représentante Tulsi Gabbard.
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Trey Gowdy? C'est un homme de paille (avec toujours une coupe douteuse) qui a du mal à remplir ses costumes.
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Naaan. "On est les gipsies de la caravane On couche à 25 on chauffe au méthane...." (avec l'air de la macarena, pour ceux qui ne connaissent pas)
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Pas midwest: c'est littéralement l'hymne du "southern rock"... Va pas mettre les gens des plaines là-dedans, ils te cracheront à la gueule. Y'a pas, genre 30 000 demandes à youtube de dégager la vidéo ??!! C'est un tantinet politiquement incorrect, en dehors de certains Etats US, de diffuser cette musique.
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C'est officiel: - Michael T Flynn a accepté le poste de National Security Adviser - le nouveau directeur de la CIA sera Mike Pompeo, représentant du Kansas à la Chambre et ancien officier de cavalerie (7ème de cavalerie, l'unité de Custer à Little Big Horn; espérons pour les ricains et cette unité que c'est pas une tradition d'avoir des débiles vaniteux comme officiers). C'est un pur produit conservateur made in "corporate America" (pro-torture, pro-Guantanamo, anti-avortement, chouchou de la NRA, pro-big business, le changement climatique est une arnaque....), qui a fait sa carrière avec le sponsor des frères Koch (dont le Kansas est le domaine féodal particulier). Jeff Sessions (j'ai fait un bref portrait plus haut de ce sinistre personnage, dixiecrat pur jus de l'Alabama) serait pressenti comme Attorney General, ce qui met fin aux rumeurs sur Ted Cruz à ce poste.
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Vaudrait mieux, parce que si tout le budget US allait à la conquête de Mars, la Terre serait vite encore plus invivable. Sinon, un petit truc amusant sur le plan juridique, et inquiétant sur le plan politique et historique est en train de se passer autour de l'équipe Trump: Jared Kushner serait sur les rangs pour un job important à la Maison Blanche, et la famille essaie de pousser en ce sens. L'obstacle, ce sont les lois sur le népotisme, assez précises aux USA. L'argument juridique n'est encore que théorique, pas devant un tribunal, mais le principe de la position des Trumps est que si Jared Kushner renonçait au salaire lié à la fonction, la loi serait respectée. Evidemment, la position inverse est largement la plus répandue, autant par contradiction politique automatique que, surtout, par logique: le népotisme ne consiste pas uniquement à donner une rémunération contre un emploi, fictif ou non, mais plus largement à mettre une position et ses attributs formels et informels à la disposition de la famille, pour que tout ou partie des avantages potentiels puissent être obtenus. Kushner est milliardaire, il se fout bien du salaire gouvernemental d'un haut fonctionnaire qui doit être inférieur à son budget mensuel pour les chaussettes, mais quelqu'un comme lui dans ce genre de positions peut retirer des avantages colossaux qui n'ont rien à voir avec le fait d'avoir un job et/ou une rémunération. Même mettre ses avoirs dans un (vrai) blind trust ne suffirait pas, puisqu'il serait en position de'influer sur la préparation à l'avance de positions (lois, règlements, nominations....) avantageuses pour ses investissements. On est dans le contexte des derniers jours, à savoir ceux où les dernières tentatives des républicains de feindre l'indignation face à Trump ont disparu: tout le monde veut un job, tout le monde veut être bien en cour, donc tout le monde va baiser l'anneau et applaudir le leader maximo. Même Ted Cruz, avec qui les invectives sont allées très loin, est allé à la Trump Tower, avec son nom évoqué pour le job d'Attorney General (ministre de la Justice). Et Chris Christie et ceux qui ont même seulement respiré le même air que lui ont été blackboulés brutalement, mis sur une voie de garage (made in Kushner). Le point le plus important de l'affaire Kushner, au-delà du procédé choquant et potentiellement très problématique, ethniquement, juridiquement et politiquement, est le précédent qu'elle impliquerait: de fait, les lois sur le népotisme continueraient à s'appliquer, mais uniquement pour les gens non riches, ceux qui peuvent se passer du salaire gouvernemental. Les riches, c'est-à-dire ceux contre qui ces lois sont principalement édifiées, seraient de fait exempts de telles obligations, en contradiction ouverte avec l'esprit des dites lois: ironique, non? Il suffirait à l'avenir de pouvoir se passer du salaire pour être nommé à un poste hautement sensible par papa-maman-oncle-tantine-cousins, et participer au "business" familial. La nuit du 4 août est loooiiiiinnnnnn.... Non, les médias "alternatifs" ont boosté leur audience, mais pas mal sont devant Breitbart qui, par ailleurs, a toujours un grave problème économique, de par son modèle foireux et sa dépendance à l'égard de son principal "sugar daddy", Robert Mercer (aussi le principal financier de Trump). Les grands gagnants médiatiques de cette élection, ce sont: - malgré tout les grands médias, qui se sont partagés l'essentiel des plus de 4 milliards dépensés en pub pendant le cycle électoral, et ont refait (même si c'est conjoncturel) beaucoup d'audience pendant l'année écoulée, en contradiction avec la tendance lourde de leur déclin (qui est de toute façon la norme) - les médias sociaux, et Facebook plus que tout autre: de très loin les vainqueurs de l'affaire en terme d'audience et d'impact, ce qui fait que ce sont eux le nouveau problème grave du débat public, avant tout en raison de l'absence de filtres, contrôles et expertises et de la massive diffusion de fausses informations qui en découle. 44% des adultes américains s'informent désormais sur Facebook seul, 62% des Américains en général s'informent uniquement ou prioritairement sur les médias sociaux: ça résume beaucoup.
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Ah peut-être.... Après tout, les prisons, c'est un secteur qui rapporte pas mal aux USA .... Quand à y aller lui-même, ne rêve pas: c'est la justice américaine dont on parle. En tout cas notons bien un truc: les évaluations sur la fortune de Trump varient beaucoup, mais on pense que son patrimoine est évalué autour de 3,5 milliards, et le groupe lui-même n'est pas un générateur de cash flow énorme vu les charges et dettes qu'il doit supporter, et l'accès au capital d'investissement qui lui a été restreint depuis un bail. Les banques ne lui prêtaient plus depuis longtemps.... Etrangement, je me dis que ça va changer maintenant, mais faut pas dire que c'est parce qu'il est président, parce que ça voudrait dire que le groupe Trump et la présidence Trump ne sont pas séparés . Quoiqu'il en soit, les revenus propres de Trump ne sont pas énormes pour un "milliardaire", et il n'aurait pas besoin d'intenter des centaines de procès chaque année ou d'organiser des arnaques "à deux balles" comme son université s'il était si milliardaire que ça. Mais on verra dans quatre ans l'état du "groupe Trump" et de la fortune familiale. Et donc du nouveau/ancien "système" de Washington.
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Un article sur Flynn d'avant mardi dernier, par quelqu'un qui a de bons contacts, a suivi le sujet, n'a pas de compte à régler avec lui, et dont le travail a été jugé par plusieurs généraux comme "équilibré": http://www.politico.com/magazine/story/2016/10/how-mike-flynn-became-americas-angriest-general-214362
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Un fait amusant: toutes les élections du cycle de la semaine dernière ne sont pas terminées. Certaines sont encore au stade du décompte, notamment le résultat très attendu du gouvenorat de Caroline du Nord, où le controversé gouverneur Pat McRory (désormais célèbre pour sa posture lors de la polémique des "bathroom laws", mais aussi pour quelques autres trucs) est en ballottage face à son concurrent démocrate, qui est pour l'instant un tout petit cran devant. Importante aussi, l'élection sénatoriale qui a lieu en Louisiane, et où notamment l'ex "sorcier suprême" (ou je suis plus sûr du titre exact) du KKK et avide supporter de Donald Trump, David Duke, était en lice et avait participé dans des circonstances dramatiques à un débat sur le campus d'une université noire; le mode d'élection en Louisiane est appelé une "jungle election", car les barrières à l'entrée sont très légères, autorisant de multiples candidatures, y compris au sein du même parti (sans primaires), et voyant donc une atomisation du vote sur un vaste panel de candidats. Aucun n'ayant atteint une majorité (ou un seuil minimum, je suis plus sûr), il va y avoir un 2ème tour entre les deux candidats ayant eu le plus de voix dans quelques semaines: le résultat est très attendu, puisque si les démocrates l'emportaient, la majorité républicaine au Sénat ne serait que d'une seule voix, ce qui en fait quelque chose de très manageable pour la manoeuvre politique, le "vote de conscience" et les majorités de circonstances. Sinon, une nouvelle en direct des United States of "Family First" (et donc de la nouvelle "first family"): avant-hier, "Trump Post Office LLC" a déposé une plainte devant une cour du District of Columbia. Cette LLC est la structure légale qui possède et gère les intérêts de la famille Trump dans la capitale, à savoir essentiellement le nouveau et déjà très controversé Trump Hotel, installé comme il se doit dans un ancien centre du Postal Service (comme un autre hôtel Trump à NY). Les Trumps louent le bâtiment au gouvernement fédéral à la General Services Administration (l'intendance du service public ricain), et désormais, Donald nomme le patron de cette agence, soit la personne qui décide du montant et des conditions du loyer de l'hôtel... Peut-on parier que les dits loyers et conditions seront plus accommodants à l'avenir? Mais la raison de la plainte de mercredi est différente: la famille Trump conteste l'imposition de son entreprise hôtelière, fondée sur la valeur du terrain et du bâtiment, estimée à 98 millions de dollars (ce qui ne semble pas excessif vu le bâtiment et l'adresse, dans une Washington qui est depuis maintenant un bail la zone à plus fort PIB par tête aux USA), et demandent en conséquence l'abaissement de leur charge et le remboursement des impôts déjà payés, sur base d'une valeur qu'ils estiment à 28 millions de dollars. Rappelons que maintenant, Donald Trump est AUSSI le gars qui va nommer le nouveau ministre de la Justice, AUSSI BIEN que le nouveau patron de l'IRS (le fisc). Y'a encore des gens qui ne voient pas la masse de conflits d'intérêts que Donald ne semble pas vraiment pressé de résoudre, voir même d'admettre? Cerise sur le gâteau: désormais, on a un président américain qui, comme toute personne dans cette position, va recevoir des gens du monde entier, aussi bien des officiels gouvernementaux que des démarcheurs privés, qui seront là pour demander quelque chose. L'hôtel Trump de Washington, qui avait du mal à trouver des clients lors de son démarrage effectué pendant la campagne (avec toute la pub attenante), ne va plus être une entité neutre dans ce nouveau fonctionnement du monde; quelle inévitable étape pour qui veut demander quelque chose au président Trump et/ou à la famille Trump, que de descendre dans l'hôtel éponyme. Je soupçonne que ceux qui feront l'erreur de ne pas y réserver seront barrés d'emblée de toute démarche, ou seront les rares qui ont autant à demander qu'à offrir et pourront se permettre de ne PAS avoir à "baiser l'anneau" de cette façon. Mais c'est merveilleux, il va démolir le "système"....
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Pour le sujet stricto sensu.... La masse des emplois que le nouveau président doit pourvoir, en accord avec le Sénat, formel (vote de la Chambre Haute) ou informel (accord politique dépendant des rapports de force), ou par lui-même, est résumée dans un manuel appelé le "Plum Book", où on trouve 4000 postes ainsi listés, plus 3000 autres moins politisés (et ces gens, en tout, nommeront autour de 24 000 personnels dans leurs hiérarchies, ce qui constituera l'essentiel de la transition concrètement: beaucoup de postes, beaucoup de faveurs, beaucoup de capital). 400 tiennent au seul Department of State, et plus encore au DoD et au DHS, sans compter les agences de renseignement indépendantes et ce qui appartient au Department of Justice mais tient à la sécurité nationale. La majorité de ces postes, et pour les importants et sensibles, c'est un impératif catégorique, doit avoir un nouvel occupant prêt pour le 20 janvier à midi pétante, date de la transition présidentielle officielle. On sait que Donald Trump n'a aucun bagage géopolitique sinon superficiel, et, de façon plus importante, une liste de connaissances très limitée des gens pouvant remplir ces jobs, de leurs personnalités réelles et tropismes, de leurs obligations, de leurs interactions passées, présentes et probables (donc des dynamiques, rivalités et coopérations qu'ils auront entre eux).... Il faut avoir vécu dans le système pour avoir une cartographie sérieuse de cette réalité. Il dépendra donc plus que beaucoup d'autres présidents de ceux qui formeront son entourage immédiat et quotidien, et un seul nom a pour l'instant émergé, qui a beaucoup de chances de prendre la place la plus cruciale dans l'appareil de sécurité américain (NSC) et la définition de la politique étrangère: Michael T Flynn, ancien général 3 étoiles et ancien DIA (2012-214), qui a quitté son poste dans la controverse sans qu'il soit aisé de savoir vraiment pourquoi (opposition à la politique en place, mauvais management, idéologie trop affirmée.... Pas la peine de faire de polémique, aucun de nous n'aura de réelle certitude). Il a accompagné Trump dans toute sa campagne et semble la seule figure significative du domaine sécurité/affaires étrangères à avoir eu ce genre de proximité. Quoiqu'il arrive, quelle que soit la future politique étrangère US et la vision "stratégique" que devra essayer de se forger Trump, c'est ce gars-là qui va en être le principal artisan s'il est bien nommé National Security Council, cad le type qui a son bureau dans le même couloir que le bureau ovale et qui, avec le White House Chief of Staff (et on suppose, dans l'architecture de CETTE Maison Blanche, le "conseiller en stratégie" Bannon), a le plus accès au président (les quelques personnes qui peuvent entrer dans le bureau ovale sans RdV). Et lui a une vision, et une longue expérience, qui auront donc une influence déterminante ne serait-ce que par la vertu de la différence de niveau d'expertise, par celle de la position (le NSC centralise toutes les infos dans le domaine sécurité/politique étrangère pour le président, étant son principal filtre en la matière) et par celle de la permanence (c'est lui qui a le nez dedans: plus un président délègue, plus il renforce ce personnage). Plus encore que Kissinger qui fut l'un des plus éminents et puissants NSC, Flynn aura de facto un niveau d'autorité immense. https://en.wikipedia.org/wiki/Michael_T._Flynn C'est un type qui est devenu clairement en porte-à-faux avec l'establishment de la Sécurité Nationale aux USA, mais faut pas pour autant penser que c'est automatiquement une bonne chose juste parce qu'on aime les anti-conformistes et/ou qu'on a envie de voir les faucons, néocons et vrais cons se faire rabattre le caquet: il a de forts liens avec la Russie et, a t-on découvert récemment, bosse pour la Turquie comme consultant, s'est apparemment pas mal opposé juste pour le principe et pour marquer sa différence (problèmes d'ego ou de carrière contrariée?), et a beaucoup changé d'opinions au fil des ans (s'est affirmé un démocrate de naissance et tout au long de sa carrière, et pro-avortement, par exemple, avant de changer totalement avec la campagne Trump). Quoiqu'il en soit, ca risque fortement d'être lui, le monsieur sécurité et politique étrangère de Trump (en tant qu'ancien DIA, il semble le seul à avoir le bagage, le CV et l'autorité, en plus de la confiance de Trump, ce qui semble plus déterminant qu'à l'ordinaire avec ce président), donc celui qui posera les premiers jalons de la nouvelle posture américaine. Celle-ci pourrait, avec quelqu'un comme Trump, être pendant un temps au moins une politique dite "d'aventurier", de joueur, vu la fascination de Trump pour les décisions sur le coup, le fait d'y aller à l'instinct, le refus de suivre une ligne déterminée.... Le genre de politique qui peut offrir des résultats spectaculaires, mais surtout de court terme (et je vois déjà les groupies applaudir en clamant que c'est parce qu'il vient d'en dehors du système.... Tout comme d'autres applaudissaient les victoires et fuites en avant de Napoléon, Hitler.... Et d'autres dans la même position de "joueur", sans regarder les conséquences de moyen-long terme), et qu'il sera difficile de contrôler et surtout de mettre en cohérence. Stanley McChrystal, qui le connaît bien, a dit récemment que Flynn avait changé brutalement depuis 1 à 2 ans, se lancant toujours plus dans la polémique et l'invective, y compris contre le président. Il est clairement pour un rapprochement significatif et une coopération importante avec la Russie (que serait-il prêt à consentir pour un tel mouvement? L'Ukraine? Les pays Baltes?) et entrera probablement assez tôt en conflit avec les faucons et la majorité des opinions au Congrès. Sinon, dans les autres noms qui ont vraiment des chances d'être au premier plan; Chris Kobach (secrétaire d'Etat du Kansas) et Jeff Sessions (sénateur de l'Alabama), deux ultras anti-immigration qui n'ont jusqu'ici jamais reçu de confirmations du Congrès pour des postes fédéraux, tant ils sont polémiques, y compris dans la majorité républicaine. Beaucoup de relents de racisme, surtout côté Sessions (qui a à de nombreuses reprises insulté les associations noires quand il était procureur dans l'Alabama, et moultement employé le "N word" à leur égard), mais ce sont de grands amis de Stephen Bannon, qui aura entre autre comme impératif dans les prochains mois de garder les fans de Trump mobilisés et de les organiser pour peser dans le GOP.
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Un article intéressant sur l'histoire du phénomène qu'on a décrit plus haut, à savoir l'aliénation des classes populaires blanches par le Parti Démocrate. Il apparaîtrait que la chose a été au moins en partie voulue, pensée et formulée dans les années 70: http://www.theatlantic.com/politics/archive/2016/10/how-democrats-killed-their-populist-soul/504710/ On pourrait ajouter que Bill Clinton a ajouté un élément à cette stratégie: l'adosser au big business afin de reconquérir la scène politique perdue dans les années 80, et on a alors la ligne du parti démocrate et celle de l'establishment démocrate actuel, les deux partis ressemblant du coup plus à deux détaillants d'un même fournisseur sur le plan économique (l'un ayant une version plus hardcore de la vente), se différenciant juste sur le blabla et les quelques cadeaux à deux balles donnés à la majorité des clients (le discours religieux et sécuritaire d'un côté, le bén oui-ouisme multiculturaliste de l'autre). Cette nouvelle stratégie politique fait écho au "Powell Memorandum" de la même période, qui prônait, à l'opposé du spectre, une "reprise en main" du pays par "corporate America", un terme alors pas nécessairement perçu comme péjoratif, surtout au vu de certains excès de "kéynésianistes" (barbarisme plus pertinent en l'occurrence que "keynésiens") utilisant le prétexte idéologique de cette pensée économique pour sur-développer l'administration et le champ d'action étatique tout en se créant des baronnies immenses), dans une Amérique (et un occident) où les deux bords politiques ne pensaient rien en dehors de l'Etat. Allié au nouveau conservatisme prôné par Buckley (qui avait pris son rythme de croisière en tant que figure nationale à ce moment), à la forme de populisme inaugurée par Barry Goldwater (reprise par ses concurrents) et à l'entrée en force des mouvances religieuses, surtout évangélistes, sur la scène politique nationale (organisation massive, mises en commun de vastes réserves de fonds, édification de grandes entreprises de collecte, formation de ce qui deviendra la "moral majority"....) à l'occasion de la légalisation de l'avortement qui cristallisa leur structuration, cet agenda hyper big business-centrique en vint à dominer l'establishment républicain de manière absolue, à teinter toute son action politique, et surtout à instrumentaliser les électorats, organisations et pensées pré-cités pour ses objectifs. Le Powell memo décrivait ce qui est depuis devenu la norme de la politique américaine: le système multicouches d'organisations de lobbying de toutes sortes (les think tanks et autres organismes de recherche pour le lobbying de la pensée et de la législation, les grandes organisations de collecte, les fondations des grandes familles pour servir autre chose que des intérêts caritatifs....), la concertation informelle de toutes ces organisations pour diviser le travail sur lequel elles sont d'accord, l'agenda néolibéral absolument dominant (avec une insistance particulière contre les protections des consommateurs et usagers, domaine de prédilection de Powell), le rognage des lois et règlements électoraux (surtout côté financement) au niveau des Etats et de l'échelon fédéral (les principes de "corporations are people", "money is speech" et citizens united étaient définis clairement dans le mémo), le floutage des lignes (dans le discours et la loi) entre organisations à but non lucratif et organisations d'intérêt public d'un côté, et les objectifs lucratifs de leurs financiers (ce qu'on voit par exemple dans les polémiques sur la taxation d'organisation très idéologiques et actives politiquement, dont la proportion de dépenses dans le caritatif -légalement définie- est censée leur permettre de prétendre autre chose).... Sans l'abandon des couches populaires blanches par les démocrates, cette nouvelle droite n'aurait sans doute pas eu un tel boulevard, celui dans lequel Reagan fut le premier à s'engouffrer. Le memorandum Powell (titre: "Attack on American free enterprise system")et la stratégie de Dutton furent donc les points de départ politique, à peu près au même moment (71 pour le premier, 72 pour la seconde), des grands axes de la scène politique américaine actuelle.... Celle qui vient peut-être de commencer à crever depuis cette élection.
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Et en même temps, il est entré à fond dans "l'esprit" de "drill baby drill", pour le keystone pipeline (même si celui-ci avait perdu de l'intérêt avec le temps, côté canadien... Mais il restait un symbole pour le discours) et pour l'actuel pipeline sur le tracé duquel se déroulent d'importantes (et tragiques) manifestations dans le Dakota du Nord, à Standing Rock (Dakota Access Pipeline).... Si l'ALENA/NAFTA était même mise en doute pour quelques mois, avec des prises de positions initiales fortes de Trump, tous ces projets, dont certains en cours de réalisation, voire à un stade avancé, pourraient être en balance. A Standing Rock, il ne manque littéralement que l'installation de les portions du pipeline passant sous le Missouri, le Mississippi et un lac; les cours et plans d'eau sont propriété fédérale et requièrent donc la recommandation de l'Army Corps of Engineer -qui réalise aussi les travaux, au moins en partie- et l'approbation du haut niveau politique.... Donc ultimement du président. Mais ça met un peu le Donald en position contradictoire: bousiller les accords peut changer radicalement le calcul économique de ces infrastructures, mais il est certain que les délais impliqués par une renégociation de tels accords sont de nature à avoir le même effet en pratique: une telle immobilisation de moyens coûte, et les boîtes en question ont déjà souvent investi beaucoup. Donc ça peut aussi sentir le bluff, ou alors ça annonce les passes-droits et "exceptions" massifs. J'aimerais être optimiste pour les manifestants de Standing Rock qui en ont pris plein la poire depuis des mois (deux flics ayant participé à la répression ont publiquement démissionné en évoquant leur écoeurement par rapport aux tactiques employées et à la forme d'asservissement du gouvernement local aux compagnies pétrolières), et on pourrait imaginer qu'un Trump qui se torche avec les accords dès janvier pourrait les aider involontairement.... Mais quelque part j'ai des doutes.
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I noticed... #sad .
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OOOOOOOh, surprise. Il va voir les limites de son pouvoir assez vite, surtout avec des gens comme McConnell, qui se foutent bien d'être populaires, seront financés pour leurs campagnes quoiqu'il arrive, et connaissent la musique mieux que personne.
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L'un des graves problèmes aux USA est que la plupart des agences, ministères et services fédéraux sont en grave sous-effectifs et manque de moyens, et ce depuis un bail, principalement en raison de la posture prise par les républicains depuis les années 80: ils ont passé depuis longtemps le point où le tronçonnage d'effectifs était un exercice nécessaire, sauf au Pentagone (et dans les forces armées en général), le DHS et beaucoup d'agences de renseignement et de sécurité, où tous les maux d'une sur-bureaucratie sont présents et nuisibles comme il se doit. Manque de bol, c'est l'organisation qui a le budget le plus vaste et le plus intouchable, avec les employés les plus indéboulonnables. Tu trouveras ici et là des services présentant les mêmes problèmes (certains dans le domaine de la Social Security), mais dans l'ensemble, la machine gouvernementale a accumulé de graves problèmes par manque de personnels et sous-financement. L'iRS lui-même en est un bon exemple (qui a désormais très peu de moyens d'enquête), mais aussi le Department of Justice, et un tas d'agences diverses comme le Department of Transportation, le National Park Service....
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Non, la mise à l'écart de Christie et de sa bande, c'est de la pure vengeance personnelle à deux degrés: - à un moindre degré, c'est Trump qui sanctionne Christie pour avoir été trop tiède, avoir essayé de jouer le politicien à la moindre occasion, ou de prendre quelques distances chaque fois que les perspectives de Trump diminuaient - nettement plus fort: c'est le compte à régler personnel de Jared Kushner, le mari d'Ivanka, issu d'une famille de magnats de l'immobilier (beaucoup plus riches que Donald). Christie, quand il était procureur fédéral, a mené un vaste procès contre le père de Kushner, Charles Kushner (contributions politiques illégales, fraude fiscale et subornation de témoins), et a utilisé tous les ressorts médiatiques possibles, dont certains très humiliants, pour aider à la condamnation, dont de la prison ferme (dans un pays où si t'es riche, faut vraiment violer le cadavre d'une petite fille après l'avoir tuée devant une caméra pour être condamné). Christie se prend le retour de bâton maintenant, parce que c'est pas le genre de situation où quelqu'un va dire "c'est professionnel, pas personnel". Surtout avec un Chris Christie qui, dans toute sa carrière, à toujours tout fait pour se donner un maximum de pub, faire dans le spectaculaire et se présenter dans un registre manichéen (donc en bousillant la réputation des autres quand il gagne). Plus largement, pour les variations incessantes dans le "programme", l'explication la plus probable est l'amateurisme: même pour un politicien rôdé, il est difficile de parvenir à même seulement entrevoir l'immensité de la tâche représentée par la présidence et ses exigences. Pour quelqu'un qui pense tout savoir et pouvoir tout gérer, et s'estime un être supérieur de par sa naissance (et non, ce n'est pas de la conjecture anti-Trump, il y a de multiples interviews de lui depuis bien longtemps où il dit clairement ce genre de choses: le type se croit vraiment sorti de la cuisse de Jupiter), et qui n'avait possiblement pas réellement anticipé la victoire, ce genre de cafouillage est très probable, surtout dans les premières semaines, avec en plus l'euphorie qui suit la victoire, l'impression de pouvoir tout faire, tout dire, nommer n'importe qui, se faire courtiser par les milliers de lèches-culs qui radinent maintenant.... Pour un ego aussi sensible et en manque permanent de validation, on va dire que c'est normal. L'équipe de transition a un peu plus de 4000 postes importants à pourvoir qui sont directement sous l'autorité du président, certains étant à confirmer par le Sénat, mais la majorité étant purement discrétionnaires: ça fait vraiment beaucoup de monde à voir et à sélectionner, encore plus de gens qui demandent quelque chose, pas mal qui ont réellement quelque chose à offrir en retour (sans qu'il soit facile d'évaluer qui), et le petit détail qu'il est impératif d'en avoir quelques-uns de compétents ET voulant être efficaces dans le job, et pas non plus trop d'insiders dont la priorité absolument dominante est d'être dans le "jeu" de Washington.... Ce qui est aussi inévitable que pas si facile à évaluer. Le tout pour un Trump qui, quoiqu'il en dise, connaît et comprend bien trop peu la machine gouvernementale massive d'un pays comme les USA, les rapports politiques (forcément politiques) au sommet que tant d'organisations et de gens impliquent (rien que pour l'appareil d'Etat lui-même, sans même parler de la dialectique avec le Congrès, et les autres interactions cruciales avec l'inévitable écosystème de la capitale, et ses multiples intervenants).... Il connaît peu, voire pas, la dite machinerie, et ne peut du coup connaître non plus tous les candidats potentiels pour les jobs, même les seuls "grands" jobs dans cette liste de 4000 qui est littéralement l'une des quelques échalottes de la course: c'est l'endroit où on case les copains, les favoris, les poulains qu'on a sous le coude, les adversaires qu'on veut occuper/neutraliser, les gens qu'on veut foutre au placard ou démolir (en leur rendant la tâche impossible, ou parce qu'on les met dans un organisme qu'on veut fermer/amoindrir....), les gens en vue pour une certaine audience qu'on veut satisfaire.... C'est du capital politique, de l'or en barre pour se faire de la puissance. Et ce capital est dès le départ partagé: Pence et Priebus, plus le mot qu'auront à dire, nécessairement, Ryan et McConnell, plus quelques autres probablement (surtout côté bailleurs de fonds), veulent leur part et sont placés au coeur du système de distribution des (co)pains. Et puis le Donald, il doit avoir envie de faire danser du monde juste pour se faire plaisir et se donner l'impression qu'il est plus expert qu'il ne l'est. Parce que concrètement, ce jeu de placement est d'une complexité inouïe: c'est la concrétisation en temps réel des rapports de force politique dans la majorité élue, dans toutes ses composantes (groupes et individus), la rencontre de stratégies de pouvoirs divergentes, voire opposées, d'aspirations très différentes en matière de programmes.... Et bien vite, pour ces gens, 4000 postes, ça semblera trop peu pour satisfaire tous ceux qu'il faut satisfaire. Sans même prendre en compte l'occasionnelle nécessité d'avoir quelques trucs qui fonctionnent (et si possible, qui fonctionnent pas trop mal ensembles) dans le gouvernement dont ils ont la charge. Ca va sans doute être l'une des premières leçons du Donald sur les limites de son nouveau pouvoir, et sur ce que les chefs du GOP peuvent lui imposer. Même si nous, on ne verra que très peu de choses de cela. Ceci dit, je m'étonne que l'histoire des conflits d'intérêts entre la famille Trump et la présidence ne choque pas plus de monde ici: on a le gars qui peut glisser à ses gamins que le lendemain, il va prendre une décision influant sur les cours de bourse ou sur mille et une autres choses, leur permettant d'en profiter, qui peut très discrètement favoriser le business familial de mille et une manières difficiles à déceler pour la presse et quasi impossibles à prouver (sauf peut-être des années après, ce qui ne changera rien), et.... Rien du tout ou presque ici. Le gars peut même littéralement faire du n'importe quoi avec la législation ou la politique de son pays (dans certaines limites on l'imagine.... Ou on l'espère), ou dire n'importe quoi (toute parole du président a un impact, notamment sur les marchés, même si c'est de court terme) parce que dans sa tête, tel aspect du gouvernement peut être subordonné à l'intérêt du business familial, il peut utiliser des ressources gouvernementales et/ou la simple position de négo de son pays pour aider directement ou indirectement ses gamins à faire un deal, et..... Bouef, non, pas plus que ça. Pour favoriser ce genre de choses, la présidence a beaucoup d'autonomie pour pas mal de trucs qui permettent déjà beaucoup, mais par ailleurs, bien des choses ne sont pas trop dures à négocier avec le Congrès, surtout ce Congrès et pour des choses que Donald peut vouloir (= free for all pour les one percenters). C'est pas pour rien qu'on demande généralement dans de telles situations qu'il y ait un "blind trust" pour le dirigeant (là, il a ses 3 gamins "principaux" mis à la tête d'un truc surnommé "blind trust" pour le style), qui ne doit pas savoir en quoi consiste désormais son capital et quelle politique l'impactera. Apparemment, Berlusconi n'a pas suffi, comme mauvais exemple: Donald doit le juger un très bon précédent.
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Je suis pas sûr..... A un moment, je croyais que c'était toi, puis je me suis dit que ça devait être Eddie Redmayne; j'ai même été sûr à un point que c'était Justin Bieber, mais il n'est que le hérault de la fin des temps, pas sa cause.... Puis il a été question de Katy Perry et de quelques autres dans ce goût là, parce que franchement, pourquoi l'antéchrist devrait-il nécessairement être un mec? C'est pas comme si on avait le monopole des catastrophes, bordel. Mais à l'arrivée, suis pô sur. Trump? Mêêêh, juste une hypothèse. Pas la plus convaincante. Il remplit très bien la définition du trou du cul, ce qui est déjà une occupation chargée en soi (par définition ).