Aller au contenu
Fini la pub... bienvenue à la cagnotte ! ×
AIR-DEFENSE.NET

Tancrède

Members
  • Compteur de contenus

    18 697
  • Inscription

  • Dernière visite

  • Jours gagnés

    166

Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. L'affaire n'en est pas réellement une: Clinton était avocate commise d'office pour le client en question, dont la bande audio qui a fuité révèle entre autres choses qu'elle était convaincue de sa culpabilité. Elle devait cependant faire son boulot au mieux de ses capacités, et c'est ce qu'elle a fait, ce qui d'ailleurs ne fut pas très dur (elle a quand même été chercher un expert jusqu'à NY) tant le bureau du procureur avait apparemment bâclé et foiré son cas sous tous les angles possibles. La responsabilité est là entièrement du côté de l'accusation. Ensuite, la bande montre une Clinton qui rit du ridicule du système (le détecteur de mensonges) et de la nullité crasse de l'accusation, pas du cas. La victime a d'ailleurs par la suite déclaré n'avoir rien contre Clinton, disant qu'elle avait fait son boulot (et c'était pas pour le profit).... Avant de changer d'avis très récemment, contre rétribution apparemment; c'est là l'oeuvre de Roger Stone, un très sinistre personnage bien connu sur la scène de Washington depuis Nixon pour être un opérateur politique "sale", amateur (expert, devrait-on dire) de coups tordus en tous genres (calomnies, fausses polémiques, harcèlement, espionnage, campagnes négatives, corruption, campagnes de rumeurs pourries et de dénigrement....). Nixon était connu sous le délicat sobriquet de Richard "Dirty Tricks" Nixon: Stone était un de ses "dirty tricksters", ayant appris le métier à cette école, et a fait sa carrière ensuite ainsi, toujours très à droite, allant de scandales en scandales, et faisant beaucoup de fric en passant. Aujourd'hui il bosse pour Trump, même s'il a, sur un plan strictement formel, démissionné en août 2015, opérant de manière moins directe, comme consultant, "consigliere", et dirigeant d'une organisation pro-Trump. "Embaucher" les ex-victimes de Bill Clinton et organiser leur témoignage, c'est lui. Roger Stone, et Roger Ailes (ex patron de Fox News), deux ex-Nixoniens à mentalité et méthodes similaires, tous deux bossant maintenant auprès de Trump, avec leurs copain Paul Manafort (qui n'a quitté que récemment), un autre du même genre (et longtemps associé de Stone), le "petit nouveau" Stephen Banon (patron de Breitbart) et son soutien, le financier milliardaire Robert Mercer (la seule raison pour laquelle Breitbart est encore à flot) qui sponsorise toute entreprise de cette "alt right" en plus de tout politicien qui lui fournira des moyens d'exemptions d'impôts.... Que des mecs à même mentalité, sortis tout droit de Mad Men.
  2. Dans l'ensemble, c'est plutôt le contraire, même si avec des nuances: la population latino est effectivement divisée en deux ensembles, mais pas exactement ceux que tu décris: les "migrants" (non nés aux USA mais immigrés légalement), et les "natifs" (nés aux USA, souvent avec 2 générations ou plus avant eux), mais avec beaucoup plus de diversité que ça, parce que "latino" n'est pas une identité (ou elle l'est seulement pour les blancs de type "européen" qui les regardent comme un ensemble et ne savent pas grand-chose); chaque pays (même uniquement les hispanophones) d'Amérique centrale et du sud est culturellement différent, et ces différences sont scrupuleusement reproduites aux USA, notamment dans les environnements communautaires qui restent assez cloisonnés entre nationalités. Les Cubains sont ceux qui adopteront le plus le comportement que tu décris. Pour le reste, c'est infiniment plus divers. Les grandes tendances chez les "migrants" (ceux non nés aux USA, et leurs enfants -la 2ème génération) légaux sont massivement démocrates, pro-légalisation des illégaux.... Ils ont souvent beaucoup plus de famille et de relations concernée par le problème de près ou de loin et ont beaucoup plus d'empathie pour le problème. Cet effet est moins puissants chez les "natifs" pour qui le souvenir des difficultés de la migration et de l'intégration est plus lointain dans la famille, et cette population là est de fait nettement plus partagée, mais pas "massivement" anti-immigrés illégaux: c'est plus, pour schématiser, un "fifty-fifty" démocrates-républicains; rappelons aussi que le parti républicain des 2 dernières décennies a tendu à avoir beaucoup de portions de son discours, de comportements politique et physique (dans nombre d'Etats), et de portions de son électorat, qui ne faisaient pas beaucoup de différences entre latinos et ne leur présentaient pas un visage souriant (pour euphémiser). Comme tu le dis, l'Etat de résidence, ou même plus précisément le lieu de résidence, est un facteur important, et la présence de la frontière sud dans l'environnement immédiat est déterminante (par exemple, entre les latinos du nord et du sud du texas, on aura déjà une différence de posture marquée), mais la culture (surtout politique) du dit Etat compte aussi: le latino "natif" de San Diego, pourtant quasiment sur la frontière, restera nettement plus à gauche et pro-légalisation, que celui de la frontière au Texas (et si, au Texas, on parle des "Tejanos" -ceux qui étaient là avant l'indépendance du Texas et l'intégration aux USA-, on trouvera pas plus ultra conservateurs). Dans l'ensemble, le GOP de ces 30 dernières années a perdu les latinos, même natifs et très intégrés, et à un rythme accéléré dans les 15-20 dernières années, la personnalité de GW Bush n'ayant que ponctuellement aidé, et juste pour la présidentielle de 2000. Electoralement, cette réalité plutôt constante n'a pas eu la traduction qu'elle aurait du (nettement plus massive) en raison du faible taux d'inscription sur les listes des latinos, particulièrement des migrants légaux et des 2èmes générations (voire 3èmes), dont l'intégration dans le tissu associatif et la vie locale reste difficile (forte mobilité géographique, problèmes d'emplois et de ressources, différences culturelles plus marquées, voire mauvaise maîtrise de la langue, ostracisme de fait par les locaux....).
  3. Ajoute une ex Miss Utah à la liste. La tempête médiatique est repartie, et si il est difficile de ne pas éprouver un certain dégoût à la posture de la presse, qui est nettement partisane et ajoute en plus son habituelle rapacité à sauter sur le sordide, il est tout aussi difficile de ne pas souhaiter voir ces histoires sortir au grand jour: les femmes en question ont du s'écraser pendant des années pour la seule raison qu'un type intouchable de par son argent et son statut était leur avait causé du tort. On récolte ce qu'on sème.... Enfin parfois. Et là, les trucs sont franchement largement crédibles, étant donné qu'il s'agit ni plus ni moins que d'un Trump faisant ce qu'il disait faire dans la vidéo de la semaine dernière. Qui plus est, ce genre de comportement était de notoriété publique depuis longtemps, même si de façon moins ouverte. On est à l'ère des médias sociaux et de la vidéo qui circule aisément en bypassant tous les anciens gardes fous et contraintes, faut s'y faire. Si Bill Clinton avait été président (ou gouverneur) en une ère comparable, sa carrière aurait connu un arrêt nettement plus abrupt, et ses problèmes auraient été d'une autre ampleur. On notera par ailleurs que ces polémiques ont désormais un effet direct sur l'élection, qui commence à être mesurable, d'abord par les sondages et leur évolution, mais aussi maintenant sur les votes effectivement réalisés dans les Etats ayant commencé leurs périodes "d'early voting". On a ainsi pu voir le vote Trump chuter, parfois massivement, entre jeudi et dimanche dernier, ce qui souligne l'impact de ces scandales sur un électorat, même si évidemment, dans nombre de cas, ce peut simplement être un dégoût momentané et pas une absolue fin de non recevoir: il reste encore du temps à ces personnes pour voter. Mais il est quand même douteux que beaucoup de gens soient brutalement et massivement dégoûtés par le personnage un jour, et retournent voter pour lui quelques jours ou semaines après. Ca arrivera, bien sûr, mais pas forcément dans des proportions massives, et une part de ces non votants sont clairement une perte sèche. Depuis le début, je dis que le niveau d'abstention (et la nature de l'abstention: qui reste à la maison le plus) sera déterminant, et il est établi que plus une campagne va dans la boue, moins la participation est élevée. Et quand on dit "dans la boue", d'habitude, ça veut juste dire plein de clips de pub négative: là, on est dans une autre dimension. Les derniers jours semblent désormais de nature à créer plus d'abstention en général, mais aussi plus d'abstention dans le vote Trump et le vote protestataire.
  4. C'est pas comme si démontrer ses incohérences, l'absurdité de ses propositions et de son discours, les horreurs qu'il débite, ou les constantes contradictions dans ses discours, ses arguments, voire ses phrases.... Avait eu le moindre effet sur la presse ou le public. Et puis, "all is fair in love and war" (et la politique, c'est la guerre).
  5. Ca dépend: l'armée a les bons vaccins pour opérer au RU? C'est qu'on peut choper des trucs flippants, là-bas: la chaudebière, la vache folle (à la menthe), la sodomie (qui s'attrape apparemment dans les écoles anglaises pour garçons: le plan d'occupation devra en tenir compte), des crises sanitaires mal gérées (par understatement des symptômes), et un tas de maladies locales sans doute mal connues mais dont l'un des effets terrifiants est de vous rendre inintelligible (donnant l'apparence de quantité d'accents locaux imbittables). Franchement, le SSA devrait avoir peur.
  6. Les positions diplomatiques sont déjà à peu près aussi dures qu'elles peuvent l'être à moins d'un état relevant d'une course à la guerre, et les sanctions, si elles devaient être accrues, ne pourraient l'être de beaucoup plus à moins d'organiser un blocus et de faire râler très très fort les pays européens et de coûter beaucoup de capital politique aux USA qui devraient d'une manière ou d'une autre compenser partiellement l'effort qu'ils demandent à leurs partenaires: c'est pas gratuit ce genre de posture, ça coûte de bien des façons, et ça a en plus un impact multiforme dans d'autres domaines, notamment les échanges (projets d'investissement, sécurité des routes commerciales, fragilisation de certains pays....). Pour ce qui est de "plus d'aide aux modérés", les USA buttent sur le problème d'une manière concrète depuis plusieurs années: définir qui est "modéré". Si Clinton optait pour obtenir des effets rapides, alors la définition deviendrait celle de la CIA: distribuer des armes à quiconque tire sur les assadiens, comme s'il s'agissait de bonbons.... Quitte à avoir un retour de bâton plus ou moins rapide. C'est pas si évident, et ce n'est pas qu'une question de volonté: la situation sur le terrain commande une grande part de l'horizon des possibles et du souhaitable.
  7. Je doute personnellement qu'elle soit aussi va t'en guerre une fois élue (ou alors elle a de vrais graves problèmes psychologiques avec son image et la crainte de passer pour "faible" parce que femme): la Russie a maintenant étendu sa couverture AA à tout le territoire syrien, si bien que, à moins que Poutine ne soit pas si sérieux que ça, on est effectivement dans une situation potentiellement explosive, qui ne pourrait être résolue que par un accord de partage de fait, et/ou de négociations en coulisses sur un statu quo qui garantit la perpétuation de la merde au MO mais allège les tensions entre USA et Russie. Par ailleurs, toute avancée au MO par un président US impliquerait un plus fort investissement militaire, et par plusieurs degrés de magnitude, ce qui veut dire le passage à une toute autre gamme de moyens et d'effectifs déployés, avec ou non une implication directe dans les combats au sol par des troupes US dont l'activité n'est pas niable (contrairement au cas de petits effectifs de forces spéciales et clandestines).... Et ça, la population américaine a amplement démontré ces dernières années qu'elle est activement pas chaude pour, de même que personne n'a très envie de voir l'impact sur le budget que cela impliquerait (ou plutôt: beaucoup seraient prêt à pointer cet impact d'un doigt, et pointer le responsable d'un autre). Politiquement, c'est une patate chaude qui nécessiterait un très fort travail sur la population, ce qui reste possible mais prend du temps, et décale donc l'hypothétique moment d'une intervention plus "musclée" qui, en outre, apporterait son propre lot de problèmes sur place pour ceux qui n'ont pas retenu les leçons de l'Irak, à commencer par le fait que voir des militaires américains ne vous garantit pas un succès d'estime parmi les locaux.... Qui aujourd'hui sont bien mieux armés et organisés, et dont beaucoup sont parrainés par des "grands frères" pas très américanophiles. Evidemment, on court toujours le risque conjoncturel d'une Clinton se sentant obligée de monter le ton, ne serait-ce que pour la forme, et de devenir prisonnière de sa rhétorique (surtout depuis 2013 et la "ligne rouge", les USA ne peuvent plus s'offrir une autre reculade publique), volontairement ou non (un "travail" de l'opinion accéléré, en jouant tout sur une courte crise); face à une tragédie ou une autre, un événement particulièrement choquant, un mauvais cycle pourrait ainsi se mettre en place, ce qui revient, dans la situation syrienne, à mettre plus ou moins rapidement Clinton directement en confrontation avec Poutine, dans un jeu très malsain de celui/celle qui pisse le plus loin, avec impossibilité de se défausser sans passer pour le perdant, pour un con, et pour la petite salope de l'autre (tout à la fois). Vu le différentiel fondamental entre le potentiel de guerre ricain et le russe, Poutine serait-il forcé de s'écraser au bout d'un moment? Est-ce le genre de jeu que Clinton pourrait vouloir créer pour se faire une image, entrer dans les livres d'histoire? Entrerait-elle dans ce jeu de façon plus "sotto voce" en ménageant une porte de sortie à Poutine, cad juste tenter de montrer un peu les muscles pour rétablir l'image américaine dans le monde et sur place (et peut-être plus encore l'image de la présidence dans l'opinion US), mais sans aller si loin que ça, histoire d'arriver vite à un accord de fait ou de droit avec les Russes (qui s'apparentera, sous une forme ou une autre, à des zones d'influence et un partage de la Syrie)? Impossible à dire, et là tout repose sur les personnalités et aspirations des décideurs. Je doute que les complexes et ambitions personnels de Clinton aient besoin d'une guerre avec la Russie pour trouver leur catharsis, ceci dit. L'ambition affichée de Clinton était d'établir une no fly zone et un territoire sanctuarisé (d'ambition non définie en terme de taille) pour des populations civiles: même une zone limitée réclamera beaucoup de moyens, et il n'est pas sûr que Clinton ait envie de risquer ce genre d'investissement, au-delà des outrages verbaux face à la situation. D'un autre côté, si elle est élue, beaucoup dépendra aussi du Congrès qu'elle se paiera, et même si depuis quelques jours, le Sénat semble de nouveau un truc sûr pour novembre et si la Chambre pourrait être de nouveau envisageable (avec la débandade républicaine depuis une semaine, et la guerre civile qui a commencé), rien n'est garantit. Pareillement, même en cas de victoire au Congrès, ça ne serait pas forcément une majorité forte, pas forcément une majorité unie, pas forcément une majorité populaire (le contraire est même garanti), donc pas forcément une majorité prête à faire n'importe quoi et à considérer qu'elle a un mandat clair ou la bride sur le cou. L'Arabie Saoudite continue à ensemencer les élus et la scène des think tanks et lobbies de petits papiers verts, et ça pourrait jouer, de même qu'un Congrès difficile pourrait inciter Clinton à tenter le gambit de la guerre pour se faire une popularité momentanée et se donner des marges de manoeuvre, mais encore une fois, toute décision en ce sens est une dépense énorme, pas un petit truc qu'on peut bricoler avec un corps expéditionnaire de 5000h: un politicien aussi prudent qu'elle, voire lâche, qui pré-teste tout, qui s'imagine qu'on peut couvrir tous ses angles morts avant de se lancer.... Ne me semble pas le sujet le plus enclin à faire ce genre de saut dans le vide, qui l'engagerait pour tout un mandat, et de façon visible et massive. Pour moi, son vote de 2003, c'est celui d'une suiviste qui voulait surfer sur la tendance et se faire une image "dure", hurler avec les loups et pas détonner dans le cadre, à un moment où -au moins pour le politicien lambda, ambitieux et auto-centré- voter contre la guerre en Irak pouvait être légitimement vu comme un suicide politique. Après, ses prises de position, même si clairement orientées "faucon", n'ont pas forcément obéi à des convictions, mais toujours à ce besoin de se faire une image, ce qui ne coûtait rien politiquement parce qu'elle n'a jamais été réellement en position de "faire" la politique du pays (pas avec sa faible expérience de dirigeant effectif, et pas avec Obama aux rênes -avec qui les relations ne sont pas bonnes-, conseillé par un Biden très connaisseur), juste d'être sur la photo prouvant qu'elle était toujours dans la salle où "ça se passe", à la table des grands. Il y a toujours eu quelqu'un pour avoir l'essentiel de la responsabilité. Si elle est élue, c'est tout autre chose: y'a plus personne sur qui se défausser.
  8. C'est ce que j'entends par programme républicain aux hormones: c'est encore plus caricatural que les habituelles promesses des candidats GOP qui annoncent diminuer les impôts drastiquement (entendre: ceux des riches), diminuer les dépenses, tout en ne touchant pas à la sécurité sociale et en augmentant les dépenses militaires (tout le reste du budget fédéral est peanuts: il n'y a que ces deux postes qui pèsent réellement; le reste, ce sont politiquement des gadgets dont on agite la suppression pour se montrer vertueux et économe). L'équation ne peut être résolue de facto que par un déficit massif, mais évidemment, on n'en parle pas, et on décrète la croissance massive que ces magnifiques réformes vont relancer pour dire que tout s'équilibrera ainsi. Et évidemment, on récite le catéchisme du capitalisme vertueux en annonçant qu'on fera disparaître toutes les possibilités d'évasion fiscale, tous les trucs du code des impôts.... Sans, tout aussi évidemment, aucune intention de le faire. C'est essentiellement ça la plate-forme économique républicaine depuis plus de 30 ans. Trump ne fait que dire la même chose, en accroissant les proportions annoncées, notamment dans le registre des dépenses, avec effectivement un accent supplémentaire sur l'infrastructure, dont on se demande comment il compterait financer le renouvellement, en même temps que son envie de surdépenser militairement (parcours imposé pour un candidat républicain), étant donné qu'il annonce par ailleurs qu'il va diminuer les impôts, surtout ceux des riches.... Enfin, il l'annonce pas à voix haute: il l'écrit dans son programme, et récite une autre leçon à l'oral, une qui repose avant tout sur la fin des "carried interests", ce principal moyen de déduction de fait des revenus des gens riches, un des principaux biais de triche avec le code des impôts.... Mais il n'innove pas: la disparition des carried interests (ou l'alignement de leur taxation) est annoncée par les candidats républicains (et démocrates) depuis plus de 20 ans. Je signale que, ironie des choses, Romney aussi (et donc Ryan) annonçait vouloir s'y attaquer en 2012, alors que sa boîte, Bain Capital, est bien connue pour utiliser massivement et habilement de ce système. C'est une arlésienne dans le discours électoral républicain, utilisée juste pour l'audience, et entrant dans la catégorie des promesses politiques, celles qui n'engagent que ceux qui y croient. Tout candidat "third party" est gravement handicapé par le système politique, le système médiatique (et leur relation incestueuse, incarnée par l'organisme qui régit les débats depuis les années 70, un duopole rep-dem), les difficultés de financement autonome (Sanders aurait eu du mal à garder le rythme de ses plus beaux mois, et aurait eu une base trop réduite pour une campagne nationale face aux deux partis principaux), et par le système électoral qui favorise automatiquement le bipartisme de fait, donnant une prime au "vote utile" comme dans nos seconds tours. Il aurait pu faire un beau score, sans doute d'ailleurs en s'alliant avec Jill Stein (qui lui a proposé de mener le ticket écolo en juillet-août), peut-être de nature à bouffer des PDM à Clinton et Trump, mais sans doute plus à Clinton, mais insuffisant pour s'imposer. Il est en fait arrivé à un stade de notoriété et d'attrait qui lui aurait autorisé un fort score, de nature à temporairement bousculer le bipartisme, mais pas à un niveau suffisant pour avoir une chance: au pifomètre, je pense qu'il aurait pu, avec un bon niveau de participation générale (et pas trop d'accidents, et en supposant un financement correct), taper dans les 15-20% au grand max, ce seuil des politiques créant un mouvement relativement uni ayant un temps le vent en poupe, mais qui est un plafond nécessitant des alliances plus complexes pour aller à l'étape supérieure. Rappelons que si la grande majorité des démocrates étaient très favorables à ce que Sanders reste dans la course jusqu'au bout et pèse dans la définition de la plate-forme, ils étaient aussi majoritairement pour le ralliement autour de Clinton, et il y a eu en fait assez peu de "désertion" des Bernistes pour Trump ou les 2 autres candidats (sauf un petit va et viens variable avec le candidat libertarien, plutôt en baisse d'ailleurs), même si pour le désistement en faveur de l'abstention (cette candidate éternellement séduisante), ça reste à voir. La mentalité du "vote utile" est un phénomène très puissant dans toutes les démocraties, et fait voter beaucoup de monde à contrecoeur, mais voter quand même.
  9. C'est ce dont on parle sur ce topic depuis je ne sais combien de dizaines de pages: cette indignation est réelle et puissante, mais sa puissance est encore en bonne mesure divisée par les lignes de partis, et surtout, surtout, Donald Trump est un très mauvais porteur pour ce message, et s'est révélé tous les jours un peu moins capable d'attirer à lui une proportion énorme de ceux pour qui ça compte. Sanders était nettement plus rassembleur et crédible à cet égard. En essence, loin de quelques-unes de ses promesses et paroles (de toute façon sans arrêt contradictoires et souvent sans queue ni tête), son programme est du "trickle down economics", soit le programme républicain "normal" (cad encore moins d'impôts pour les riches, viser la flat tax, surdépenser dans le militaire, couper la social security autant que possible, gicler les limitations sur Wall Street et le Big Business....) mais dopé aux hormones, avec un parfum additionnel de guerre commerciale/tarifaire pour ce qui est du commerce extérieur (quoique ce soit nettement moins défini). Le mec parvient à vendre tout et son contraire à une audience captive (insuffisante en proportion), et n'arrive de ce fait pas à se rendre crédible auprès de suffisamment de monde en dehors de cette sphère, dont pourtant beaucoup seraient prêts à voter pour quasiment n'importe qui n'est PAS un apparatchik. A force de courtiser la droite de la droite, de s'en prendre à tout ce qui n'est pas blanc et mâle (dire après coup "nobody respects women like me", ou "I have tremendous respect for latinos", ça sonne pas super vrai), et pire encore, de ne pas assumer, à force de n'écouter que des trucs comme Breitbard ou le Drudge Report (publications hautement subventionnées par des poches très profondes, au modèle économique douteux, et certainement pas financées par leur audience), faut pas s'étonner qu'il se soit enfermé dans une impasse. Mais sinon, en face, il est aussi vrai qu'on voit l'élite serrer les rangs en se mettant sous l'ombrelle de la "décence", de l'antiracisme et du féminisme (en partie à raison, mais les revendiquer pour soi blanchit bien des âmes douteuses de nos jours), ce qui semble augurer de l'évolution du parti démocrate si Clinton et ses potes s'y imposent durablement (à voir ce que Bernie, Warren et leur village gaulois feront): un autre parti oligarchique vendu au big business qui ne tiendra ses troupes que par les contraintes du bipartisme, en agitant les hochets sociétaux (LGBTQ, féminisme, antiracisme) et en pointant du doigt les méchants fascistes en face. Une recette connue en France, en somme. C'est pas pour rien qu'elle a choisi Tim Kaine, qui n'est ni un candidat pouvant lui "amener" un Etat sensible, ou un pouvant aider son image: c'est un comparse de travail et d'intérêt (ces 3 éléments sont les 3 profils possibles d'un VP), un vice-président co-équipier qui est là pour former une équipe de travail avec elle. Ils sont essentiellement d'accord sur tout: c'est pas un mauvais bougre, et il a un joli parcours, mais c'est un pur corporatiste.
  10. Descriptions trop vagues: lequel est lequel, dans ta phrase ?
  11. D'accord avec toi, mais cette année n'est pas le moment de "lowballer" ce manque d'originalité, parce que c'est précisément l'un des trucs qui irrite le plus, à divers degrés (donc pas assez, pour beaucoup de monde, pour voter Trump), le public américain: la relation incestueuse au sein des élites entre l'argent et le pouvoir, qui a atteint un niveau trop élevé pour que la chose se tasse, et ce à une époque où beaucoup plus de choses qu'auparavant peuvent être, et seront, étalées en place publique. C'est une chose de savoir que les Clinton comptent parmi les rois de ce système, c'en est une autre de le voir écrit noir sur blanc comme s'il s'agissait d'une banale conversation. En l'occurrence, avec les Podesta leaks, et sans doute aussi parce que la presse est remontée contre Trump (à juste titre pour l'essentiel, mais ils en font beaucoup trop) et "complice" des Clinton (à divers degrés, y compris simplement complice de facto par la priorité donnée au Trump bashing par dégoût du personnage), ont été un pétard mouillé parce que la chose n'a pas été bien marketée. Sinon, une de ces infos qui font peu parler d'elles mais sont très significatives: Mike Pence a du annuler une levée de fonds dans le Nebraska parce que le milliardaire qui l'organisait n'a pas pu trouver assez de riches donneurs intéressés par le ticket présidentiel républicain; c'est désormais devenu assez fréquent pour la candidature Trump de trouver ce genre de portes fermées, signe que la "donour class" se détourne de Trump de façon désormais très active, et que la récolte de fonds côté républicain, pour ce qui est de la présidentielle, n'est pas bonne, compromettant ainsi les moyens de Trump de faire du "média blitz" dans la dernière semaine/les derniers jours, et surtout d'avoir assez de monde au sol pour activer et motiver la troupe pour aller voter le jour J (un point fondamental des campagnes, que les SuperPACS, ne peuvent aider).
  12. J'ai lâché en cours de 2ème épisode: chiant à crever.
  13. Bien des choses peuvent arriver, bien sûr: 3 semaines, c'est l'éternité en politique. Mais les "points" dont on parle ne sont pas juste des pourcentages indifférenciés: ce sont des individus, des catégories d'individus, avec chacun leurs penchants, leurs préférences, leurs rages, leurs points sensibles, et, surtout dans la politique américaine hyper-professionnelle et surfinancée, ce sont des catégories assez bien délimitées, examinées et comprises. La capacité "mécanique" de Trump à remonter est limitée par les électorats qu'il s'est aliéné de façon assez radicale (minorités ethniques, gens éduqués -même les blancs, un comble pour le candidat GOP-, et surtout les femmes -et encore plus depuis vendredi): il va certainement reprendre quelques points si aucune autre de ses casseroles significatives ne ressurgit et ne reçoit de traitement type matraquage par la presse, mais pas assez. Sa campagne, sa personnalité, son passé et son style lui ont imposé un plafond plutôt limité, y compris auprès de l'électorat mouvant, voire démocrate, souhaitant avec rage un grand coup de pied dans la fourmilière washingtonienne, et dès qu'il semble un peu se calmer, il ne peut pas s'empêcher de retomber dans ses excès en appuyant sur tous les boutons qui lui ont assuré le soutien inconditionnel de la "droite Breitbart" (y'a pas vraiment de nom, celui-là est juste l'un des derniers en date: "talk show conservatives", "alt right".... En sont d'autres du moment), cette nébuleuse ni définie par le conservatisme ou néo-conservatisme "traditionnels", ni par la religion (la droite évangélique le soutient en bonne part, mais a en partie pris ses distances depuis une semaine: l'abstention pourrait désormais plus jouer dans cette population), ni par les marqueurs socio-économico-culturels des "suburban conservatives" (incarnés par Paul Ryan et l'establishment du parti: la "droite traditionnelle" très fermement conservatrice). Et cette population, c'est au mieux 20% du pays (moins si on compte surtout les hommes), auxquels il faut ajouter les républicains enragés par leur parti et la politique, et les indépendants enragés par Washington. En tout peut-être 35% de l'électorat qui peuvent être considérés comme fermement trumpistes, et qui constitueront, quel que soit le résultat, un énorme problème pour le GOP d'après l'élection, qui aura du mal à trouver un nouvel équilibre, même si Trump perd. Un chiffre révélateur, cependant, dont on a pu suivre l'évolution depuis quelques mois: la proportion des électeurs de chaque candidat qui vote avant tout CONTRE le candidat d'en face. Clinton a ainsi un peu plus de ses intentions de vote motivées par sa candidature (un petit peu au-dessus de 50% depuis quelques temps), alors que chez Trump, c'est l'inverse (assez nettement depuis 2 semaines: autour de 44-45% votent POUR Trump, et 55% contre HRC). Dans les deux cas, on notera toutefois que ce sont de mauvais chiffres: n'avoir qu'autour de la moitié des gens qui votent vraiment POUR vous et/ou votre programme n'est pas quelque chose de très sain ou l'indicateur d'une forte assise, et donc d'un fort soutien politique plus tard, pour celui/celle qui sera élu(e). Cela souligne aussi l'extrême niveau de division de l'électorat américain (parce que ces intentions en faveur ou contre ne sont pas forcément totalement liées aux candidats, mais aussi à ce qu'ils incarnent, à leurs partis, à "leur Amérique"). Il y a aujourd'hui un profond rift culturel dans la population américaine, qui se surimpose à un fossé désormais difficilement franchissable entre une part grandissante de la population et "le système" (ou ce qui est perçu comme tel); ces deux divisions ne recouvrent pas exactement les mêmes portions de population, mais pas mal se recouvrent quand même (comme on a pu le voir il y a quelques mois dans les projections de vote si Sanders avait été candidat face à un républicain traditionnel, si Trump -pré-catastrophes- avait été en face de Sanders ou d'une Clinton pas encore adoubée....). En face, on a effectivement la possibilité de voir non pas Trump regagner des points, mais Clinton en perdre, soit par l'abstention (donc en relatif et/ou en absolu), soit par des merdes qui lui tomberaient, ou plutôt lui retomberaient (parce qu'elle en a lancé beaucoup dans sa carrière) sur la tête. A cet égard, et sans vouloir donner dans la théorie du complot, ça m'a frappé que les "Podesta Leaks" de Wikileaks sortent ce WE en pleine tourmente du toucher de ch..tte de Trump: quelqu'un a voulu rééquilibrer le jeu? Etait-ce pur hasard? Quelqu'un a t-il voulu que ce soit relâché sans pour autant abîmer Clinton? Parce que dans les faits, c'est bien plutôt ce dernier cas de figure qui s'est produit: ces fuites ont été incapables de produire un effet médiatique suffisant pour entamer même un peu le scandale Trump et l'écho du 2ème débat (sauf chez les anti-Clinton convaincus). Soit c'est intentionnel, soit ça a été extrêmement foiré, tout comme la publication de la correspondance de Colin Powell à propos de Clinton, ou les publications des mails internes du DNC: les grands médias ont-ils activement ignoré ces fuites, les traitant aussi peu que possible? C'est assez probable dans pas mal de cas. Est-il difficile d'assurer l'authenticité de ces "révélations" pour en faire de véritables preuves journalistiques? Les gens de Wikileaks sont-ils réellement nuls en ce qui concerne la médiatisation de leur "production"? Le fait est que pour l'instant, ces trucs n'ont pas pris tout en étant relativement couverts par les médias, ce qui veut dire qu'ils sont vite devenus des denrées périmées, non sensationnelles, avec donc une moindre chance de revenir sur le devant de l'affiche sitôt la dernière "Trump Shitstorm" un peu calmée.
  14. Là tu fais du wishful thinking: Trump s'est aliéné trop d'électorats potentiels pour ne pas avoir un plafond maximum de remontée, insuffisant pour dépasser Clinton à moins qu'un truc maousse se passe. Pour le 3ème débat, il faudra voir: Trump a plus survécu à celui-là, sans pour autant faire des étincelles: il a tout au plus marqué suffisamment de points pour arrêter l'effondrement qui était en cours dans les 72h précédant la confrontation, ramenant ainsi sa base vers lui, ce qui reste très insuffisant. Il s'est créé lui-même un plafond de fait qui tourne autour de 40% (un peu plus un peu moins en fonction du taux de participation, pas des changements d'avis de l'électorat mouvant), sauf pics d'antipathie de Clinton ou problème massif ponctuel d'elle et de son camp. Ce sont vraiment deux très mauvais candidats, et les dernières semaines confirment à quel point Clinton n'aurait eu aucune chance contre qui que ce soit d'autre, malgré tous les énormes avantages "build in" pour elle, notamment l'étonnant niveau de complicité des grands médias, qui tous bouffent à son râtelier et sont abonnés aux "dîners en ville" de la campagne démocrate (entendez celle de l'establishment) depuis maintenant un an. Avec cette impression générale que le parti démocrate de Clinton est de plus en plus en train de se solidifier en parti aligné sur le big business, avec juste quelques gimmicks de gauche sur les plans sociétaux (avortement, droits des LGBTQ, féminisme idéologique.... Rien qui coûte cher). Bref, un autre détaillant pour les mêmes grossistes, pour paraphraser un certain politique français. A voir comment la sauce va prendre au sein du parti, maintenant que la cause de la base a quelques visages (deux sénateurs très visibles notamment) et des organisations ayant trouvé financements, audience, relais et empreintes au sol dans les 50 Etats. Le tiers! Je l'ai écrit dans les deux posts précédents..... Personne ne lit? C'est trô zinjuste. Un neveu de George HW Bush (donc cousin de W)... Qui vient de se faire virer du Today Show suite à ce scandale..... Ce qui n'a dérangé personne apparemment, surtout après avoir vu son salaire qui, comme tous les proches d'élus, était anormalement élevé pour la fonction (cf l'embauche facile d'enfants d'ex-présidents à des salaires hallucinants dans les médias et quantité de compagnies).
  15. Je l'ai mentionné plus haut (et je l'avais fait avec plus de références quelques pages plus haut): lors du dernier cycle présidentiel, ça tournait autour de 31-32%, et on prévoit que ce coup-ci, ce sera assez nettement au-dessus du tiers des votes. L'augmentation a été très forte dans les années 2000, et depuis 2008, l'augmentation a nettement ralenti, ce qui indiquerait une sorte de "plafond" autour du tiers de l'électorat, quoiqu'il soit assez difficile de l'évaluer exactement en raison du fort niveau d'abstention en général aux USA, et sans doute particulièrement cette année. Rappelons que les USA n'ont pas un jour spécial pour voter: "election day" n'est pas férié, et se trouve placé en cours de semaine, contrairement à l'Europe où on tend à voter le dimanche. Par ailleurs, il y a une plus forte part de la population américaine qui se trouve éloignée de facto des bureaux de vote, par la plus grande dispersion humaine dans un très grand pays, et par la mobilité réduite de pas mal de monde (moyens réduits, pas de véhicule, transports en commun faiblards avec souvent une couverture peu dense, retraités et handicapés ayant d'évidents problèmes supplémentaires), mais aussi l'impossibilité pour beaucoup de gens actifs de prendre une pause (surtout dans les emplois précaires/temps partiels où la contrainte implicite est grande, et le renvoi facile), et ce encore plus dans beaucoup d'Etats républicains où tout est fait pour minimiser le nombre de bureaux de vote (surtout dans les circonscriptions à électorat penchant plus démocrate) et handicaper leur fonctionnement (peu de staff, horaires contraignants, durs à trouver, endroits moins accessibles, faible visibilité....) pour allonger les files d'attente (désormais, depuis 3-4 cycles, on a pu voir des files de 4-5 heures ne plus être des cas exceptionnels).
  16. Il faut aussi noter un truc, qui ajoute à la désormais quasi certitude que Trump est foutu (à moins de quelque chose de vraiment héneaurme): le vote a déjà commencé dans de multiples Etats, y compris des swing states, et avant tout la Floride. Le vote anticipé, en personne ou par correspondance, malgré tout ce que les républicains ont pu essayer de le limiter ici et là, est désormais une procédure à laquelle les Américains recourent beaucoup, surtout les électeurs démocrates dont beaucoup ne pourraient pas voter le jour J (faible mobilité, horaires de travail n'autorisant pas la pause, surtout quand elle doit être longue parce que l'attente est longue....) et qui se trouvaient ainsi disproportionnellement touchés. Jusqu'à un tiers des Américains pourraient ainsi voter, mais pas le jour J. Et le vote de ces dernières semaines et de cette semaine, et sans doute de la semaine prochaine, est largement influencé par l'actualité, extrêmement défavorable à Trump. On n'est plus en période de primaire, en mode pré-convention, ou même "hors du radar" comme pendant les mois d'été: chaque mot compte triple, maintenant, chaque connerie est une perte sèche effective. Et là, le GOP est de fait en guerre civile assez ouverte, suite aux retournements de nombre d'élus républicains depuis vendredi, à la large condamnation de Trump, au débat qui a arrêté la saignée qu'il a subi entre vendredi et dimanche-lundi. Les républicains essaient de foutre leur actuelle impopularité sur Trump, alors même que la tendance de l'opinion est de préférer l'idée d'un Congrès démocrate par une marge (8%, à 49 contre 41) qui n'a pas été vue depuis le "government shutdown" de Ted Cruz, largement imputé par l'opinion au GOP (ce qui était le cas, mais ce n'est pas forcément reflété dans la population). La possibilité de reprendre le Sénat, voire une forte probabilité, est toujours là, mais pour ce qui est de la Chambre, la pente est nettement plus rude vu le fonctionnement de cette élection. Il est assez incontestable que Trump a plutôt endommagé les perspectives républicaines, mais principalement, ils se sont fait mal eux-mêmes, et leur attitude vis-à-vis de Trump, tantôt supportant, tantôt condamnant, tantôt supportant tout en condamnant, tantôt condamnant sans dire qu'il faut voter Clinton (voire parfois votant Clinton), ne trouvant pas de pied sur lequel danser et se pliant dans tous les sens, leur attitude donc, a été lamentable dans l'ensemble, et avant tout pour les leaders, Reince Priebus et Paul Ryan en tête (Mitch McConnell a réussi à se distancier de tout le bouzin présidentiel, en bon rat visqueux qu'il est). Donald Trump s'est aliéné à peu près tout le monde sauf sa base la plus convaincue et la partie la plus irréductible et furieuse de ceux qui veulent voir le système oligarchique péter à tout prix, ce qui ne constitue plus une possibilité de majorité, même relative (dans la course à 4 et avec l'abstention). Le dommage au système politique américain, et au GOP en particulier, restera cependant lourd, et il est douteux qu'un parti démocrate même vainqueur absolu (et surtout vainqueur absolu, dira t-on même) s'attaquera réellement aux problèmes du dit système dans l'état de son fonctionnement et de sa réalité interne actuelle, hautement corporatiste et faite d'apparatchiks. La seule chance de Trump, qui doit maintenant opérer en conjonction avec un événement extraordinaire, de nature à créer une autre "october surprise" (ainsi nommées parce que les accidents de parcours et deus ex machinae arrivant en octobre d'une élection présidentielle ne pardonnent pas), c'est le niveau d'abstention, et plus une campagne racle le caniveau, plus l'abstention grimpe. Et là, on est en train de lécher l'angle entre le trottoir et la rigole. Autre aide pour le Donald: malgré toutes ses conneries, et le retard énorme et structurel qu'il a pris, c'est pas pour autant que Clinton est devenue populaire. Elle n'a pas tellement fait un bond dans les sondages (et une partie de ce qu'elle a fait peut être attribué à une augmentation de l'abstention prévisible, ce qui booste proportionnellement un même score de voix), et ses "unfavorables" restent peu changés. Si 51% des électeurs pensent que Trump est raciste, 55% pensent que Clinton est corrompue. Si 60% pensent qu'il est sexiste, 63% pensent qu'elle cache des (trop de) choses.
  17. Messieurs, messieurs, on respire, on fait un pas en arrière, on tire l'élastique du caleçon pour que ça respire, et on décontracte le gland. Mais surtout, on arrête de s'éloigner du vrai sujet: Trump en a peloté combien à la manière qu'il décrit, à votre avis? Sinon, n'allez pas sur les médias américains: les talk shows sont hystériques pour l'instant, la classe médiatique est entièrement remontée contre Trump (ce qui n'est pas forcément grave en soi) au point de caricature, de déni et de facilité (ce qui l'est plus), et les discussions sont de toute façon ridicules, chacun tirant ses conclusions et certitudes selon une partition prédéterminée et arrangeant trop les impressions génériques à la sauce de ces propres préconceptions. Ce que j'ai vu sur un certain nombre de chaînes (networks, câble et internet) était tellement pitoyable que, en comparaison, même Morning Joe paraissait presque intelligent (c'est dire à quel point le niveau est minable.... Et dire qu'on n'arrête pas de faire de l'autoflagellation sur la scène médiatique française: c'est pas qu'elle est bonne.... Mais les autres ne sont pas mieux). Va juste falloir attendre un peu que les hormones retombent et que la tendance des intentions de vote permette de dire un peu quelque chose, même si ce sera aussi très partiel, notamment par l'incapacité à déterminer l'abstention: combien et qui? Trump semble toasté, malgré tout, à moins qu'il fasse quelque chose d'étincelant dans le 3ème débat. Mais on va voir ce que journaleux et pundits vont faire flotter comme les interprétations et thèmes dominants cette semaine, et quelle influence ça aura sur les perceptions. Faut juste attendre que les 2-3 jours de hurlements hystériques (qu'ils qualifient souvent "d'intérêt passionnel" pour le sujet: ça sonne mieux) passent.
  18. Tu as regardé la fiscalité prévue dans le programme de Trump? Ca sonne pas des masses "de gauche" ou plus à gauche que Clinton.
  19. Et il l'est: rappelons que le personnage dont Stone s'est inspiré pour G Gekko s'était déclaré il y a quelques mois pour Bernie Sanders, arguant (et sur CNBC, la chaîne des Gekko-wannabees) que son programme économique était le plus favorable à la croissance!!!
  20. Ils chantent des platitudes ultra-émotives qui flattent l'ego et les sentiments aux hormones des jeunes filles en fleur, ils ont beaucoup de marketing autour d'eux qui surmultiplie l'effet d'image (trouver son image et son positionnement -très dur- et le faire savoir -très fort), et la gueule de minet éphèbe (oui, Sinatra aussi quand il était jeune) qui va avec.... Mais ils le font bien (ce qui est tout un métier, très dur), surfant sur les tendances musicales, le "son" du moment (parce qu'aucun de ces chanteurs n'a jamais innové artistiquement: les Beattles et les années 60 en général ont été l'exception à la règle, où certains des chanteurs-idoles étaient AUSSI des artistes créatifs), et généralement la voix qui va avec (plutôt mielleuse) et touche particulièrement les filles de cette gamme d'âge. Servi avec un bon plat berrichon: les oeufs pochés à la couille d'âne, pour rester dans le thème. Si, si, c'est un vrai truc:
  21. Il est pas le seul: depuis les Beattles, c'est un spectacle qu'on voit régulièrement chez les adolescentes, pour l'une ou l'autre des idoles du moment (la vague Boy's Band de la fin des années 90 était à cet égard édifiante). Et en fait bien avant ça, même s'il n'y avait pas de télé pour qu'on puisse le voir: Tino Rossi et Frank Sinatra avaient cet effet, ces résultats, dans leurs années de jeunes premiers. Et ils n'étaient certainement pas les premiers. Ce qui est plus préoccupant, c'est que l'effet marche aussi sur toi. Tu consultes? Je sais, on ne devrait pas partir en couille sur un sujet, surtout un aussi grave, mais j'invoque ici le passe spécial du dimanche soir (si, si, c'est un truc réel ): on n'est pas dans un état normal, on est fatigués, déconcentrés, hors du monde, avec un reliquat de l'angoisse de jeunesse en fin de WE (retour à l'école le lendemain, beeeuuurk). Le PSDS; que les modos aillent vérifier la paperasse, j'ai rempli un formulaire .
  22. On ne devrait pas dignifier ce genre de commentaire avec une réponse, pfffff.... Mais bon, la dignité, on s'en tape sur ce forum. Et pis j'écoute aussi Miley Cyrus... A l'occasion. Comme je sais de source sûre que, tout vieux croûlant que tu sois, tu es aussi un "bieberite" convaincu: tu aimes tellement les gémissements de l'autre Justin du Canada (mais je t'avertis: un jour, il devra passer la puberté, et il muera). Mon seul pronostic fiable est que je vais me faire une Poutine cette semaine, à Paris. Au-delà de ça....
  23. Naaan, perso, je faisais des "moments" 99 red balloons sur la grande plage, quand j'avais chopé une moto: poignée dans le coin, défonçant les passants quand y'en avait, ou écrasant le perso dans des crashes spectaculaires.... De la poésie, quoi.
  24. C'est pourquoi le remède est simple.... Et en fait double (désolé, même pô honte): - se rappeler que la chanson n'est pas tellement à propos de la guerre, et juste de la connerie, surtout celle des gens un peu trop nerveux. Si ton prof en a profité pour faire un laïus pacifiste, c'est sa connerie à lui - regarder le clip: Nena toute jeune en tenue années 80 (la bonne partie, pas les délires visuels) met tout de suite de meilleure humeur Et perso, la mélodie et le rythme de la chanson m'ont toujours foutu la pêche (aaaah, malgré toute sa facilité, rien n'égale le rock FM bien commercial pour un petit shoot d'énergie), inspiré occasionnellement quelques délires (notamment au temps jadis sur Grand Theft Auto), et généralement mis de bonne humeur. Et puis les déclinaisons allemandes, franchement, ça fait peur à 15 ans, et on y survit. Par contre les putains d'accords d'adjectifs.... 3ème argument pour Nena: si vraiment la chanson passe pas telle qu'elle est..... Ecoute (et regarde) la version anglaise, toujours par Nena. Ca marche très bien aussi. Si tu veux pas, c'est de la mauvaise volonté: mais TU VAS AVOIR PECHE ET BONNE HUMEUR, BORDEL? J'essaie de faire ton bonheur, là, alors tu te tais et tu écoutes, ou ça va claquer! Capisce? Tu mets combien de tiges d'orties fraîches dans le bouquet avec lequel tu te fouettes tous les matins?
×
×
  • Créer...