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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Finalement, de ce que j'ai vu, le plan est encore de tourner encore 13 épisodes, qui pourraient être répartis en 2 saisons: une de 7 et une, la dernière, de 6.
  2. N'exagérons rien non plus sur la réduction de la démocratie au vote: hors élections, un vote comme le référendum représente le droit de chacun à avoir un avis dans une orientation majeure, en même temps qu'il représente un socle (ce que tu appelles pacification) légitimant la dite orientation, et par là, un recours politique pour un gouvernant face à une impasse (quelle que soit sa nature). Beaucoup repose sur la définition, la nature des questions qui peuvent être soumises à une telle procédure. Si on renverse la logique, on peut dire que tout remettre à la représentation nationale est aussi une forme d'absolutisme porteur de beaucoup de problèmes potentiels, et un système trop univoque, sans contrepoids (surtout si on considère l'homogénéisation sociale et intellectuelle qui vient souvent avec une classe élue, qui tend plus à devenir endogène qu'à se renouveler en quantité suffisante). Face à cela, le référendum est plus qu'une soupape de sécurité: c'est un contrepoids, et bien limité puisque généralement soumis au bon vouloir du gouvernant. Enlever ce genre de capacité d'appel, de contournement de la procédure, favorise le cloisonnement d'une classe politique insuffisamment renouvelée par l'élection.
  3. Exemple parfait de trou du cul élitiste déconnecté de toute réalité autre que celle dans laquelle il est né et a vécu, autre que celle dans laquelle il jouit de ses privilèges sans considérer le monde autour de lui qui ne lui ressemble pas. Avec une forte illusion sur ce qui fait fonctionner une communauté humaine, vu sa propension à souhaiter un Londres vu comme une "gated community"; mais à part ça, dans son discours, ce sont les nations qui sont des camps de concentration avec barbelés. Et on appelle ça un philosophe, un intellectuel? Sérieusement? Et on lui ouvre les pages d'un journal? La soi-disant grande presse classique signale décidément son déclin qualitatif profond et son inadaptation au monde, déjà depuis longtemps avalisés par une audience en berne (ce qui explique son resserrement narratif sur un lectorat peu représentatif qui a besoin d'une caisse de résonance prônant une bulle informationnelle toujours plus biaisée). Et il perpétue en plus le mensonge que "75% des jeunes ont voté remain", ou que "la majorité des moins de 50 ans a voté remain", alors que les chiffres que j'ai vu semblent plutôt indiquer que la césure par âge se situe quelque part un peu au-dessus de 35 ans, entre 35 et 40 ans pour prendre une fourchette large (et que les 2/3 des jeunes se sont abstenus). Comprend-il même la pure bêtise de sa "vision" anti-nation qui recréerait quand même un Etat, et ne pourrait empêcher des communautés humaines d'exister? C'est un point qu'on retrouve si souvent dans une certaine partie de la soi-disant "élite" qui confond les privilèges pratiques de son existence (qui rendent la communauté moins nécessaire dans les aspects visibles, et fait nier sa nécessité pour tout ce qu'il considère comme "normal" mais est en fait du à la dite communauté) avec la réalité qu'il souhaite. Et cette élite ne se rend même pas compte à quel point elle est minoritaire.
  4. Oups, my bad, bien vu! J'avais oublié.... Sans doute parce que toute la sous-inrigue de Bran me fait royalement chier.... Un peu comme les tribulations de Frodo et Sam dans LoTR: dans les films, grâce au chapitrage des DVD, je pouvais heureusement les zapper systématiquement. Bref, les délires mystiques dans le grand Nord au-delà du mur m'ont profondément pompé le derche.
  5. Ils n'ont pas utilisé le personnage de Young Griff, le potentiel Aegon VI (censé avoir été tué par Clegane alors qu'il était bébé) dans la série. Cela n'en laisse qu'un seul, révélé dans l'épisode de dimanche (mais qui n'a aucun moyen de savoir ce qu'il est). Et Daenerys n'a besoin de personne pour conquérir Westeros, si elle le veut (et elle a de toute façon 2 alliés motivés, 3 si on compte les Ironborns): elle a une vaste armée incomparablement plus dangereuse que ce que les autres peuvent lui foutre en face, dans l'état où sont les 7 royaumes... Et ELLE A 3 DRAGONS! Son ancêtre a initialement conquis Westeros avec une poignée d'hommes et 3 dragons. Jeu, set et match! Pareil, j'ai vraiment eu un sentiment de remplissage à la va vite (genre bourrage de dernière minute), ou de sur-traitement de quelque chose qui n'en valait pas tant. Comme s'ils avaient perdu le sens du dosage, le goût juste de ce qu'il faut montrer ou pas montrer, depuis quelques temps, ce qui a enlevé beaucoup de flamboyance aux feux d'artifices que devaient être ces deux derniers épisodes. Il y avait bien plus de montée en tension et de sens du climax dans les saisons précédentes (les 3, 4 et 5 surtout avaient du punch: des noces rouges à la mort d'Oberyn, la série a bien géré ces moments, les a bien amené, a su créer la surprise).
  6. Y'a sans doute moyen de les amadouer en jouant sur le prix du ticket d'entrée qui sera demandé aux Brits pour avoir accès au marché unique.
  7. Pfff, au pire, si Cirsei ne finit pas dézinguée indistinctement dans un assaut des troupes de Daenerys, ou violée par un Dothraki, ça finirait en duel judiciaire entre champions: la Montagne version bionique, contre un dragon. Ser Gregor devient un tas indistinct de métal et de chair fondus, et point barre!
  8. Ajoutons, dans le cadre des aides et prestations sociales, que le logement en général et les aides qui vont avec, favorisent les migrants, souvent préférés par les logeurs ou les institutions publiques gérant des HLM, parce qu'ils acceptent des conditions plus dures (notamment l'entassement) sans se plaindre (parce qu'ils sont plus giclables) et qu'il y a des incitations (comparable à ce qu'on a pu voir en Allemagne avec la crise des réfugiés, où l'on voyait des loueurs foutre des Allemands dehors pour accueillir des migrants et le bonus financier qui allait avec). De façon plus générale, le premier problème de l'immigration qui échauffe le plus grand nombre de "leavers", c'est précisément.... Le nombre: la pression sur les prix du logement en a été accrue, à un moment où la bulle immobilière des villes anglaises (surtout là où l'activité économique est surconcentrée) a atteint des sommets, aussi favorisés par les achats de riches étrangers et nationaux qui ont pu, à eux seuls, orienter le marché de la construction vers un schéma désormais classique dans beaucoup de grandes villes en soi-disant boom: beaucoup d'immeubles et projets de haut standing dont un grand nombre seront inoccupés (ghost appartments: dans des villes comme Londres, cela peut représenter jusqu'à un quart du parc d'habitation dispo); servant essentiellement de coffre fort pour les fortunes qui n'ont nulle part où s'investir.
  9. Une prophétie de son enfance dit que tu as tort . Et sa propre petitesse, son manque d'intelligence, sa préférence pour les démonstrations creuses de pouvoir, donc sa vanité (bien supérieure à son intelligence plutôt pas énorme), la condamnent.
  10. Donc personnellement, je ne vois pas vraiment ce qu'ils pourraient tirer sur plus d'une saison, vu ce qu'ils ont fait avec celle-là: ce qui s'est passé dans cette saison aurait pu en remplir deux (avec plus de développement du coup, pour BIEN remplir), surtout après ce qui s'est passé dans les deux derniers épisodes qui ont été pour moi du bâclage où ils ont essayé de faire rentrer trop de trucs qui auraient mérité plus de temps. Sérieusement, essaye d'y repenser: t'as vu tout ce qui s'est déroulé, dans ces 2 épisodes? Et le dernier est littéralement surchargé! Il n'a pas écrit d'épisode spécifique depuis la saison 4, mais c'est lui qui a recruté l'équipe de production, et particulièrement le staff scénaristique, dont il a guidé le travail pendant 4 saisons et à qui il a donné l'architecture de l'histoire jusqu'à la fin. Ils ont continué majoritairement seul à partir de la saison 5, lui se concentrant plus sur la poursuite des livres, mais il est resté co-producteur exécutif et exerce encore un contrôle (de quelle nature, je ne sais pas), et le fait demeure: il les a "moulés" pendant 4 saisons et a donné les directions à suivre. Où va l'intrigue, comment ça se termine, ce qui arrive aux persos importants....
  11. Je n'ai pas suivi ce topic récemment, donc je ne sais pas si ça a été mentionné, mais les accords de dévolution qui régissent le fonctionnement du Royaume Uni donnent à chaque nation de l'ensemble un veto pour tout vote d'importance comme la sortie de l'UE, et c'est l'un des principaux trucs agités par Sturgeon, mais aussi l'un des biais juridiques évoqués en ce moment pour bloquer le Brexit, avec le vote au Parlement de Westminster où une grande majorité de MPs discutent ouvertement de dire merde au référendum. Il s'agit d'une situation délicate, étant donné que, côté légal, TOUS les arguments et outils sont dans le camp des remainers, et l'intérêt "supérieur" de maintenir l'union du Royaume peut aussi procurer un fort point de légitimité, qui serait soutenu aussi bien par la partie de la population qui a un "buyer's remorse" (pour l'instant inchiffrable), mais aussi par de nombreux acteurs sur le continent. De fait, Nicola Sturgeon a brandi la première son outil-massue, ce veto qui, bien plus qu'un référendum sur l'indépendance écossaise, arme de seconde frappe moins aisément employable (qui sert plus de menace et de bargaining chip), pourrait poser problème dans le processus interne de décision du RU et l'activation de l'article 50. Donc bien avant le déclenchement d'un processus d'indépendance écossaise qui est effectivement pour l'instant plus agité que sérieusement envisagé pour le futur très proche, il y a cette question lancinante d'une potentielle paralysie interne de tout changement via les institutions même du RU, assez uniques dans leurs formes: si l'Irlande du Nord restera vraisemblablement pro-leave, et sans doute le Pays de Galle aussi, l'Ecosse est fermement pro-remain, et dispose de cet outil apparemment infranchissable, soit un jeton de négo conséquent dont je ne sais pas s'il peut être contourné, et qui doit l'être encore moins étant donné les préférences dans la Chambre des Communes.
  12. Un bon article sur l'explication du Brexit par le sujet crucial de l'immigration et ses nuances, loin des sirènes bien-pensantes qu'on entend partout et qui catégorisent tout ce qui n'est pas d'accord avec la ligne générique de "raciste": http://www.slate.com/articles/news_and_politics/politics/2016/06/immigration_and_brexit_how_a_rising_tide_of_european_immigrants_fueled_the.html Un point d'autant plus crucial à établir que la question va continuer à se poser par chez nous, avec des conséquences potentiellement dangereuses, surtout si le dialogue courant continue à être réduit à une présentation biaisée entre les gens "ouverts" (aussi connus sous le nom de "gentils") et les "racistes" (évidemment célèbres sous l'appellation "méchants").
  13. GRR Martin est le scénariste de la série (faire des scripts pour l'écran est son premier métier; il l'a fait pendant 40 ans), donc ce qui se passe dans les grandes lignes dans la série est ce qui se passe et se passera dans les bouquins, la différence résidant principalement dans ce qu'on peut caser de façon élégante et efficace dans un format d'épisode d'une petite heure, dans des saisons de 10 épisodes, et dans un nombre de saisons limité (la prochaine étant sans doute la dernière). La narration visuelle est un exercice très différent de la narration écrite, avec des contraintes radicalement différentes, un besoin d'efficacité dans chaque épisode, moins de possibilités de "temps morts" et d'ellipses, moins de possibilités de développer un vaste monde, beaucoup d'intrigues et sous-intrigues, un grand nombre de personnages.... Du coup, compresser comme ils ont du le faire avec cette série a requis de tronçonner et simplifier beaucoup de choses, d'alourdir le rôle de certains persos, d'en effacer beaucoup, de se concentrer sur quelques intrigues seulement.... Et quand on fait ça, on se rend compte qu'il y a quelques changements qui doivent arriver dans le déroulement des dites intrigues et dans l'histoire individuelle de certains personnages, sans même prendre en compte ce qu'on doit faire pour que chaque épisode ait le charme et le punch nécessaire pour attirer de l'audience. Et ce travail, c'est GRR Martin qui l'a fait, avec un niveau de contrainte (de la part de la production) que je ne connais pas, même si je peux voir à l'écran qu'il n'a pas eu la bride sur le cou.
  14. On peut aussi voir l'échelon européen (dont tu sous-estimes grandement le niveau d'autonomie et la vie propre qu'il a acquise) comme un multiplicateur de forces de qui domine sur le continent, soit depuis une décennie l'Allemagne, les équilibres qui préservaient plus l'union ayant disparu. Personnellement, je pointe plus du doigt le recours qu'est devenu cet échelon (qui est aussi un moule de pensée) pour des gouvernants beaucoup plus homogènes idéologiquement que leurs pays, et tendant à être décidés à imposer une certaine vue de ce que doit être la gestion nationale, lourdement influencée par ceux (membres, non membres, entreprises et groupements divers) qui savent peser à Bruxelles ET dans les capitales nationales (qui sont eux souvent plus intégrés au plan européen et mondial). Rien n'est univoque évidemment, et plusieurs logiques se joignent et s'affrontent dans ce "grand jeu" continental, mais cet aspect pèse lourdement.
  15. Je sais que cette saison a battu tous les records de critiques favorables et a bien tenu son audience, mais j'ai quand même senti un fort nivellement vers le bas de la série, côté intelligence et intention: ça se moralise, ça tend à plus châtier les méchants que les gentils, à plus favoriser la résolution que la richesse de l'intrigue.... Des choses qu'on peut aimer voir, mais là ça s'est fait à mon sens au détriment du réalisme terre-à-terre et sans idéalisme ou moralisme qui avait fait la particularité et le caractère de la série. En somme, maintenant que tout le monde est bien accroché à "ses" personnages et aux diverses intrigues, on peut aller plus vers les basiques confortants, les routines narratives.... Tout en gardant l'habillage de la série. J'ai eu ainsi tout au long de cette saison l'impression que tout s'emboîte trop facilement et nettement dans le sens d'une issue facile à percevoir et un tantinet décevante à l'avance (ne resterait que la qualité des scènes et de l'image, le grandiose des décors et l'explosivité de l'action, pour satisfaire le chaland), là où le principe narratif qui a fait la grande originalité de GoT était précisément, d'être un monde plus "humain", où les réussites sont suivies d'échecs, où les conneries s'accumulent, où les personnages font (par fidélité à leur caractère, leurs traumas et leurs problèmes) des bourdes soudaines au moment où ils ne devraient pas les faire, où tout le monde trouve vite ses limites, où personne n'est en sécurité, où la morale gentillette/bien-pensante de l'immense majorité des séries est foutue aux chiottes, où de mauvaises choses arrivent à des personnes bien, où personne n'est vraiment si "bien" que ça (même les gens profondément moraux sont confrontés à leur propre vanité et aux conséquences de leur supposée vertu), et où aucun fil narratif n'est prévisible. Bref, cette saison sentait plus la routine hollywoodienne qui récolte les fruits de ce qui avait été tellement mieux préparé avant, surfe sur le succès créé avec une originalité allant à contre-courant des codes narratifs, et y surimpose sa facilité masquée par des tonnes d'action, de situations extraordinaires, de résolutions rapides de nombreuses intrigues, et de scènes de grande ampleur. Bref, comme je l'ai vu chez pas mal de critiques sur le net, cette saison "has dumbed down Game of Thrones".
  16. Tony Blair était interviewé ce matin sur un talk show américain (Morning Joe), et disait qu'il ne fallait pas encore effacer le RU de l'Union Européenne, laissant supposer qu'un autre référendum est possible, même si pas immédiatement. Evidemment, comme depuis qu'il n'est plus PM, Blair a montré à de multiples reprises qu'il est incapable d'autocritique, présentant son cas avec suffisance et défendant bec et ongles sa vision idéologique du "new labour" et de la mentalité unique de la technocratie dominante, méprisant et condescendant envers les populismes actuels et la légitimité de leurs doléances; la pure attitude du "ce que j'ai fait était la meilleure option possible, point barre, sujet clos, tous ceux qui pensent différemment sont des cons qui ne connaissent rien".
  17. "On nous dit que nos rois dépensaient sans compter, prenant notre argent sans prendre nos conseils" (Guitry.... la suite de la citation est plus lyrique et HS). Là on est dans un débat quasi sans fin.... Le problème est de savoir quelle compétence technique: avec nos énarques et les parcours formatés qu'ils doivent suivre, on a des gens qui connaissent sur le bout des doigts le fonctionnement théorique et pratique de l'appareil d'Etat, les enjeux et les implications de toute modification.... Le problème dans ce registre -si on met de côté la dérive politicienne ou les guéguerres internes d'egos ou d'organisations qui sont inévitables- est moins dans leur sélection et leurs parcours que dans peut-être une certaine culture du management en France, qui est très élitiste et "top down", déléguant peu, micro-manageant tout, centralisant au maximum toute décision, bloquant les parcours et opportunités de carrière de tout ce qui n'est pas issu du grand corps et ne perpétue pas sa culture, donc ne sollicitant pas la meilleure volonté de la majorité des fonctionnaires (voire encourageant de fait de la mauvaise volonté, de l'attentisme, une certaine robotisation peu productive), ne développant pas leurs compétences, ne déléguant rien, congestionnant beaucoup de choses par une surcharge de travail disproportionnée du peu qui ont un vrai pouvoir de décision ou d'arbitrage....
  18. Ca dépend où: dans l'ensemble, le tourisme au RU s'est plutôt développé, et je crois que là tu parles un peu sans trop connaître: il y a vraiment plein d'endroits magnifiques tant pour le tourisme culturel que pour les espaces naturels, plein de villes et villages anciens qui attirent beaucoup de monde, il y a des trips spécifiques genre Stonehenge ou la virée celtique en Ecosse, des festivals, des espaces naturels aménagés (rando, activités sportives....) et des infrastructures importantes.... Pour les stations balnéaires, il y en a qui marchent, il y en a qui ne marchent plus, souvent parce que l'hinterland qui les alimentait est lui-même déshérité et/ou parce que les autres activités qui les soutenaient (pêche et traitement du poisson, ou activités portuaires commerciales) se sont effondrées, le tourisme seul, comme toujours, ne suffisant que pour un nombre plus limité de lieux, généralement en raison de leur localisation, de la proximité d'un hinterland plus aisé, et/ou d'investissements judicieux pour faire venir du monde de plus loin et/ou des gens plus aisés. Dans l'ensemble, le tourisme chez les Rosbifs s'est plutôt beaucoup développé et se porte plutôt bien, Londres étant très loin d'en constituer l'essentiel. Ca et le temps disponible: la saturation d'informations (difficiles à toutes suivre, encore plus difficile à ingérer et à trier) a remplacé la pénurie et/ou la censure (quoiqu'elle s'applique sous de nouvelles formes, via les médias privés).
  19. Sur ce point du suffrage, la question se pose exactement dans les mêmes termes qu'il y a un siècle, deux ou vingt: le point n'est pas celui de la compétence mais de la protection de chacun, ce qu'on a appelé dans la DDH l'égalité en droits et dignité. Elle ne saurait être garantie pour tous si tous n'ont pas accès à l'ultime moyen de contrôle. Dès lors que tu décides d'une forme ou d'une autre de suffrage censitaire ou "capacitaire" (ta proposition au final renvoie au suffrage capacitaire proposé par Siéyès pendant la Révolution), tu réduis drastiquement le pool d'électeurs, et tu formes une classe de citoyens privilégiés qui -c'est un fait sociologique prouvé encore et encore- tendra très lourdement à ne voter qu'en fonction de ses intérêts, de ses priorités et de ses préférences et valeurs, ce à quoi il s'identifie. La compétence n'est pas neutre, elle n'est pas exempte de lourdes erreurs (et il est souvent plus difficile de revenir des erreurs du compétent), elle ne tend pas particulièrement plus au "bien commun" (à supposer qu'elle soit si qualifiée et/ou si unanime pour le définir), et elle n'est certainement que rarement désintéressée, ou altruiste. Quand à la "stabilité": tu me diras comment tu la trouves si tu mets des pans entiers de population hors du processus de décision tout en les astreignant à payer quand même les conséquences des décisions publiques. Il semble qu'une certaine partie de la population britannique a dit ce qu'elle pensait de telles choses jeudi dernier. Si elle n'avait pas eu le suffrage pour l'exprimer, je doute qu'elle en serait restée là.
  20. Oui, que de spoilers, mais après tout, si le sujet vous tient à coeur..... Je ne veux pas briser les conjectures sans fin, les remues-méninges stériles, les délires complets et sodomie de coléoptères en plein vol qui vont avec une fiction qui vous prend aux tripes. Car j'énonce la vérité..... Et évidemment, depuis l'épisode de dimanche, la vérité a été confirmée, et une de cet acabit ne sera pas une différence entre la série et les bouquins....
  21. Dans le cas présent, mais aussi, au final dans tant d'autres, le clivage était là: le vote n'a fait que le révéler, et peut-être évité qu'il sorte plus tard sous une autre forme, qu'il s'agisse d'une majorité UKIP (qui aurait mis le référendum sur la table et l'aurait lourdement favorisé) ou de méthodes plus violentes. Mais de toute façon, les passions étaient là, depuis très longtemps, étouffées au point d'ébullition. Et il y a peu de pays en Europe où ces clivages que tu évoques étaient aussi prononcés qu'au RU, où la stratification sociale est aussi importante.
  22. Il y a peut-être quelque chose à travailler sur le débat préalable, comme on l'a évoqué plus haut, parce que la "liberté de presse" n'a pas montré son meilleur visage sur ce coup là (comme sur d'autres), alors qu'elle a eu pourtant plusieurs années pour travailler la chose. N'est-ce pas plutôt là qu'un processus ordonné pourrait être implémenté, fournissant une sorte de "colonne vertébrale" à l'anarchie du "libre discours" (sans l'interdire ou le remettre en question)? Evidemment, une des difficultés est de trouver ce "canal neutre", cet arbitre métaphysique (le "philosophe roi" puisqu'il a été évoqué?) dont je doute fortement qu'il existe, ou qu'il puisse être admis comme tel par tous même s'il existait (dans ce cas, même la reine, ou un panel sélectionné par elle, n'aurait pas été admise comme telle). C'est pas parfait, très loin de là, et ça ne changerait peut-être pas grand-chose, mais à un moment, il faut simplement accepter que les choses soient ainsi en suspens, en partie à la merci de passions conjoncturelles, de démagogues, de sales cons (la démocratie, c'est aussi le droit d'être un connard: c'est un de ses fondements moraux ) et du hasard. Après tout, on a bien voté le tondu et Badinguet empereurs.
  23. La saison de GoT s'est terminée EN FANFARE dimanche..... Et je ne résiste pas au triomphalisme! J'avais raison!!!!!! Depuis des années, depuis avant que la série télé ait commencé, avant que ça devienne une théorie populaire chez les nerds sur les foras de discussion!!!!!!!! (Spoiler alert..... Et c'est une GROSSE alerte) Aaaaah, la joie du geek. Complètement vide, mais si jouissive.
  24. Non, tout le monde n'a pas ces armes, mais en suivant cette ligne de pensée, qui te dit que toi ou moi, ou d'autres plus encore éduqués les ont? Pourquoi ne pas limiter le vote à ceux qui sont dans le secret des événements politiques? Le point du suffrage universel n'est pas là, et ceux qui l'ont choisi, par conviction ou à reculons, l'admettaient (parce que sur ce point, la question ne se posait pas différemment il y a un siècle ou deux): il repose sur le droit de chacun à avoir quelque chose à dire pour son futur, et à censurer ceux qui en ont la charge, et c'est déjà un droit bien limité, si aisément minimalisable ou contournable par tant de dispositifs et d'échelons de gouvernance que l'enlever serait infiniment plus risqué pour la stabilité d'une société de culture démocratique que de le maintenir, ou même de lui redonner un peu de punch. Parce que l'alternative, ce serait quoi? Un suffrage censitaire, ou pas de suffrage du tout, soit un système de gouvernement nettement moins comptable de ses actions (encore moins) et/ou un qui, par définition, n'a d'obligation qu'envers un nombre plus réduit de personnes (tu crois que ce qu'on a actuellement favorise trop le haut du panier? Attends de voir ce que ça donnerait avec un suffrage censitaire), ne laissant au reste que l'option de l'écrasement passif ou de la violence, dans une société où le sentiment d'être bon an mal an dans le même bateau ne serait même plus sur la table. On est déjà plus si loin d'une évolution amenant dans cette direction, mais là on passerait beaucoup d'étapes. Faut quand même se rendre compte que plus on donne d'avantages à une certaine portion de la population, plus cette portion tend à regarder les choses, à définir "le bien" (pour "tous", pour "la nation"....), même ceux qui le font en toute bonne conscience ou avec idéalisme, en fonction de leur propre situation (un peu comme ceux qui ont -sincèrement- mal réagi au vote du Brexit en Angleterre: ils nient totalement les doléances des anti) et de ce qui les avantage. Et plus cette portion, prise comme un tout, tend toujours, plus ou moins lourdement, à favoriser, consciemment ou non, ses intérêts et ce à quoi elle s'identifie.... Ce que j'appellerais presque le syndrôme "qu'ils mangent des gâteaux", pour ceux qui aiment la référence. Le fonctionnement de la justice montre souvent la réalité crue de ce genre de comportements, où, à crime identique, on condamne plus lourdement ceux qui sont plus loin de vous socialement, identitairement.... Le suffrage universel est une sorte de garantie à minima que même celui qui est au plus bas de l'échelle a une forme de recours.
  25. Il vient de passer devant Chirac qui était en bonne position avec la dissolution de 97 et le référendum de 2005.... Battu à plate couture, le Chi.
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