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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Sondage FoxNews national (oui, je sais, mais c'est un des "grands" sondages, réalisé constamment depuis des décennies) de cette semaine, réalisé après les primaires de mardi; - Trump est à 45% contre Clinton à 42% (le mois dernier, c'était 41 contre 48): la marge d'erreur étant autour de 3, c'est un match nul sur le plan statistique, pour la première fois dans l'histoire de ce sondage entre ces deux candidats - Sanders perd de son avance contre Trump, à 46% contre 42, contre 53-39 le mois dernier - la question "ce candidat est-il honnête et digne de confiance": 33% de "oui" pour Clinton, 40% pour Trump, 66% de "non" pour Clinton, 57% pour Trump. Dans les deux cas, c'est pas fameux, mais là aussi, ça a évolué en défaveur de Clinton. Il y a 2 ans, avant sa candidature (mais tout le monde savait qu'elle se présenterait), elle était à 54% de "oui" et 42% de "non" - les "favorables/unfavorables": 37-61% pour Clinton (donc une cote "nette" de -24), 41-56% pour Trump (cote nette de -15).. C'est la première fois que Trump prend ce genre "d'avance" Par ailleurs, dans un sondage test (d'un autre institut) dans le New Hampshire (qui, pour des raisons qui dépassent le cerveau des non Américains, est considéré comme un révélateur sérieux des tendances générales de la présidentielle), Clinton est à 44%, et Trump à 42%, soit un autre match nul statistique (marge d'erreur) dans un Etat qui, quoiqu'équilibré, tendrait un peu plus démocratique d'ordinaire, ou en tout cas refuse les radicaux. Dans le même sondage, Sanders est donné à 54%, contre 38% pour Trump. Difficile de dire s'il y a vraiment de la tendance lourde, et il est douteux de sentir là-dedans une vague républicaine, le parti étant hautement impopulaire: il s'agit avant tout d'une question de personne.... Et Hillary Clinton, c'est là peut-être la tendance lourde, n'est pas appréciée, et a du mal à changer sa perception, tandis que Trump, quoiqu'il dise ou fasse, a une aptitude à faire changer au moins un peu la perception de sa drôle de trogne (ou à, plus passivement, bénéficier des problèmes de Clinton sans souffrir). Une chose est sûre: la politique estampillée "establishment", à droite comme à gauche, a une TRES mauvaise image, provoquant des impressions épidermiques. Il est encore trop tôt, surtout tant que les conventions n'ont pas eu lieu, pour que ces sondages veuillent dire grand-chose, mais leurs évolutions restent de bons indicateurs. La polémique encore en cours sur la convention démocrate du Nevada ce WE, et l'affrontement Sanders-Parti Démocrate qui semble se dessiner à sa suite, est un autre révélateur; il y a maintenant des bruits selon lesquels Sanders ne s'aplatirait pas face aux remontrances de Debbie Wasserman Schultz (la patronne du Democratic National Committee) et aurait envisagé ouvertement une course en indépendant, emmenant avec lui ses militants: à ce stade, c'est plus une menace pour avoir des bargaining chips et faire sentir son poids, d'autant plus qu'il est difficile d'évaluer s'il pourrait effectivement "emmener" avec lui les nouveaux adhérents qu'il a amené aux démocrates, et les indépendants qui le suivent en majorité, ou encore les mécontents démocrates (très nombreux), ou en tout cas quelles proportions de ces 3 catégories il pourrait enlever aux démocrates, les candidatures de ce type ayant une histoire de faiblesse aux USA vu le système électoral et le besoin impératif de "voter utile".
  2. Evidemment: où ailleurs qu'à la négociation de paix pourrais-tu flinguer/poignarder ton adversaire de façon directe et infiniment plus aisée que lors d'une offensive grand style, par essence bordélique et sans visibilité? Les grandes batailles sont juste des préliminaires.
  3. Avant même tout énoncé d'avantages ou inconvénients d'appartenir à l'UE, je noterais quelques trucs: - il y aurait un désavantage à la quitter: rétorsions de la technostructure, essentiellement commerciales, coûts de transition.... En plus des avantages/inconvénients dans l'absolu, il y a des problèmes conjoncturels (et peu d'avantages dans cette période plus ou moins courte de changement) qui peuvent être dissuasifs, voire créer des problèmes structurels pour le pays qui part - il y a un autre débat qui va avec: avantages/inconvénients de CETTE UE telle qu'elle est et fonctionne présentement, versus ce qui pourrait être obtenu avec une autre configuration, qui elle nécessiterait de pouvoir réunir une masse de manoeuvre politique suffisante (sans quoi c'est de la fiction issue des discours de Mélenchon ou LePen & fille). Beaucoup des avantages de l'UE sont peu visibles ou sensibles parce qu'ils sont le statu quo actuel et non des objets distincts faciles à mettre en exergue dans un programme politique, et parce qu'ils sont essentiellement de nature commerciale: c'est l'accès détarifé à un grand marché où les droits de douane et nombre de normes sont rendus peu sensibles pour les participants, ce qui fluidifie et démultiplie l'activité marchande. Celui qui en sort ne bouge pas géographiquement, donc ne redessinera pas en grand la carte de son commerce extérieur, ce qui veut dire qu'il devra désormais raquer pour avoir accès à ce marché organisé face aux autorités duquel il sera en moins bonne position de négo. En revanche, les inconvénients sont à la fois plus sensibles et mis en avant à répétition par tous ceux qui y trouvent intérêt. Je ne suis pas un Européiste, mais si on veut poser le débat un peu honnêtement, ce sont des réalités qu'il faut quand même avoir à l'esprit. le trip "l'Europe c'est la paix" est une connerie de propagande, mais les Eurobéats ne sont pas non plus sans biscuits dans ce débat.
  4. Je pourrais être d'accord avec toi s'il n'y avait pas un facteur qui pèse lourdement en faveur du "remain", de façon absolument décisive selon moi: la trouille. On évoque la peur du changement, de l'inconnu, du risque.... Mais pour l'instant, aucune de ces intentions de vote n'est autre chose que théorique. Dans l'isoloir, ce sera réel, et hors des gens très décidés, voire des "idéologiques", la grande majorité aura cette trouille quand il s'agira d'avoir cette impression de jouer à pile ou face avec son destin et celui des siens -aussi grandiloquente et "self agrandizing" que sonne cette formule, c'est ce qui se passe en partie dans la caboche-, et face à cela, les grandes idées, les fantasmes, les certitudes qu'on croit avoir sur ce qui est bien ou ce qui doit "logiquement" se passer si on prend la voie A ou B, si on prend la pilule rouge ou bleue, ces choses, donc, tiennent peu solidement. Cette simple inquiétude face à la chose concrète balaie la plupart des opinions, voire des convictions, faisant opter moins pour le choix conscient et formulé qui semble le plus prudent (ici, le "stay") que, de manière plus primale, vers le statu quo, ce qui fait de nous autres humains des bestioles plutôt conservatrices de tempérament (un autre mot pour "trouillards"?). Ce mécanisme sera à l'oeuvre dans la majorité des cas, pour ceux qui ne sont pas déjà ardemment pré-convaincus dans un sens ou un autre, à moins d'un événement extraordinaire, spectaculaire, quelque chose qui puisse susciter assez de rage ou une autre forme de motivation épidermique chez suffisamment de monde. Bref, je ne parie pas sur le "remain", je parie sur la pétoche: elle a souvent une meilleure cote chez tous les bookmakers.... Mais un très mauvais rapport parce que beaucoup plus de monde se rue dessus.
  5. Morning Joe, il y a mieux en matière de journalisme.... Et Brzezinski m'a plutôt donné l'impression (encore ce matin, soit j'imagine l'épisode que tu regardes maintenant) d'avoir de forts penchants pro-Sanders ces derniers mois (dans la mesure où elle arrive à avoir une opinion et à éviter de jouer à l'institutrice qui veut que tout le monde s'entende et soit d'accord et gentil); ceci dit, Morning Joe et MSNBC, comme les autres grands médias télé/papier/web (mis dans l'étiquette commune "corporate media") ont été très partiaux depuis l'automne dernier contre Sanders, et notamment l'analyse de ses propositions et de ses discours, par rapport à ceux de Clinton qui, malgré les éloges sur leurs "réalisme" et "substance", n'ont en fait pas été moins génériques que ceux de Sanders selon les fact checkers (désormais les seuls à faire un peu de journalisme.... Avec quelques late night shows -les comédiens.... Oui, c'est atterrant). Le biais institutionnel en faveur de Clinton dans le discours médiatique est assez hallucinant, même si très logique vu le fonctionnement incestueux de l'establishment américain et le moutonnisme avancé des animateurs de l'opinion publique, qui a souvent été blatante sur des sujets comme l'économie (le "consensus de Washington" et le reaganisme comme bible fondamentale, même pour ceux qui les dénoncent -en fait très superficiellement); le "beltway thinking" opère dans des paramètres très resserrés qu'il nomme "réalisme", condamnant absolument tout ce qui ne respecte pas, même d'un poil, les limites ainsi imposées. Ca prend beaucoup de temps pour entendre des lieux communs, de l'extrême partisanerie sur certains sujets (notamment sécuritaires) où Scarborough veut voir ses opinions d'ignare confirmées, Mr Joe faire son numéro en coupant la parole à tout le monde en permanence, et, au final, pour être aspiré dans un micro-univers de répétition constante et de médiocrité dominante. C'est utile parce que c'est un show très regardé (donc il reflète l'humeur dominante chez les bien pensants et sur le Capitole, et aide à la former), mais faut arriver à le scanner en accéléré sans se laisser absorber par ce qui y est dit. C'est de l'access journalism dans toute sa vacuité (sacrifier toute pertinence pour avoir l'audience et les invités haut de gamme).
  6. Le problème d'un tel changement n'est pas tellement de se poser la question "comment faire passer une telle réforme"; à ce stade, les USA devraient plutôt commencer à se poser celle de "comment continuer sans une telle réforme". Au point où ils en sont, face aux évolutions qu'on voit dans l'électorat, à l'insoutenabilité de leur système économique (surtout dans des secteurs comme la santé) réellement exploiteur d'une part énorme de la population et barrant la mobilité sociale, ils devraient ouvrir les portes aux Sanders-like, parce que s'ils n'écoutent pas ce genre de populistes, c'est un autre style qui va commencer à réunir de larges audiences, et ce sera nettement moins folklorique. Quoiqu'il arrive, certains secteurs devront subir un choc de transition ou plus simplement commenceront à plafonner, puis à souffrir sous le poids de leurs coûts et de l'exigence extrême des actionnaires. Pour l'Obamacare, il a certes permis des progrès importants, mais il faut aussi observer les bémols: - l'arrêt de la progression des coûts n'est que modéré; ils ont continué à grimper sur pas mal de points, et surtout, la courbe n'est pas linéaire: il y a eu un holà, et il y a eu reprise de la hausse (moins vite certes, mais rien ne garantit que ça durera, surtout vu l'état moyen de l'infrastructure de santé aux USA) - beaucoup de monde a pu accéder à une assurance, mais le plus souvent une mauvaise (comme beaucoup de monde) - ce qui reçoit moins de couverture média est l'opposition croissante du secteur des assurances (dont au moins un grand acteur est "sorti" de l'ACA), qui a aussi, souvent dès les premiers mois d'implémentation de l'ACA, commencé à virer du monde, parce que même des polices cheaps (ce qui aux USA est très relatif) sont trop chères pour beaucoup de monde, surtout dans la durée, et très dépendantes d'un emploi stable (ce qui manque aux USA et que la reprise n'a pas amélioré) vu que l'essentiel des assurances passe par l'employeur . Résultat, le taux de giclage de nouvellement couverts est assez important, et en croissance, avec aucune garantie que les taux qui ont reçu beaucoup de pub seront maintenus, ce qui renvoie aussi au problème fondamental d'un système de santé n'offrant pas de couverture stable du début à la fin de la vie: pour "gérer" la santé publique, c'est au final plus cher, et ça ne peut pas beaucoup aider une amélioration vu que la santé, ça ne se gère pas de contrat à contrat, mais dans la durée. - la partie de l'expansion de la couverture santé via Medicare (très bonne couverture et organisme bien géré: ce que propose Sanders est essentiellement de généraliser Medicare et de lui donner les moyens d'être un "gatekeeper" du système de santé) est très chère pour l'Etat fédéral (vu que si la chose passe par les Etats, c'est Washington qui finance pour en faire une opération aussi blanche que possible pour eux), ajoutant au problème fondamental des "Entitlements" (Medicare et Social Security) très déficitaires (notre sécu et ses problèmes, c'est de la gnognotte à côté) non réformés. Obamacare est un patch partiel, complexe, lourd à gérer, plein de défauts et très cher qui n'a comme mérite que d'être la seule amélioration qui a été politiquement possible au moment où il a été créé.... Alors qu'initialement, c'était un projet de la droite dure (Heritage Foundation), dès qu'Obama y a touché, c'est devenu radioactif pour la "nouvelle droite", ce qui a posé un autre problème de ce fait: c'est un programme dès le début trop controversé pour être politiquement viable dans le temps, ce qui veut dire qu'il sera constamment assailli par mille et un détours, sur mille et un aspects et détails qui compromettront encore plus son fonctionnement et son financement, jusqu'au jour où le GOP sera en position de l'aborder directement et massivement. L'enracinement culturel du programme dans une majorité de la population est tout sauf garantie (Fox a fait son sale boulot), et les bénéfices sont trop peu évident pour beaucoup d'Américains.
  7. Je suis d'accord pour l'emploi du terme de "programme" qui est en fait très français: les Ricains utilisent le terme de "plate-forme", renvoyant à l'espace des objectifs politiques fondamentaux dans lequel un groupement politique est censé se tenir. Il ne m'a pas semblé l'entendre parler de 5% de croissance. Mais pour le "single payer system", beaucoup d'injustice lui a été faite par le traitement médiatique très orienté, parce qu'il renvoie en fait à des réalités assez simples: en Europe, les systèmes de santé "universels" représentent en moyenne 11 à 13% du PIB, avec des résultats infiniment supérieurs au système américain (et les Européens sont en moyenne en bien meilleure santé que les ricains.... Même les riches Américains). Aux USA, les dépenses de santé représentent plus de 18% du PIB pour des résultats globalement pas très bons et très inégaux (géographiquement et socialement (même si ce dernier point tend à devenir problématique en Europe, on est TRES loin du niveau américain), et un secteur qui est, pour la majorité de la population, un problème permanent: c'est pour eux une dépense très lourde, souvent handicapante, et la couverture santé obtenue par la majorité des Ricains (la plupart ne le savent même pas avant d'avoir un vrai problème) est assez minable. Les médocs sont hors de prix (5 fois plus chers qu'au Canada, le voisin avec son système "socialist"), les médecins (complètement à la botte des pharmas, bien plus que par chez nous) et hôpitaux surfacturent (dans des proportions hallucinantes: lire The Bitter Pill, de Steven Brill) et multiplient les prestations inutiles, parce qu'il n'y a aucun contrôle sérieux du système. Même le Medicare se voit légalement interdit de négocier le prix des prestations et médicaments, ce qui a bien évidemment été voulu par les assureurs, les pharmas et les hôpitaux privés, tous TRES bien pourvus en lobbyistes. C'est plutôt Sanders qui a un certain bon sens en évoquant sa réforme: un "single payer system" est la seule option pour faire baisser les coûts délirants de la santé aux USA et leur poids dans l'économie et, plus encore, dans les budgets de la classe moyenne et de la "working class". Condamner la chose comme un délire dépensier ne tient pas compte de réalités qu'on peut déterminer par simple comparaison; évidemment, en l'état du secteur santé aux USA, il y aurait un coût de transition (notamment en termes d'emplois), mais au final, il s'agit plus d'un effort de transfert de dépenses que de nouvelles dépenses. La seule option d'autoriser Medicare à négocier ses prix serait une révolution majeure, parce que c'est le seul très gros acheteur aux USA, bien plus que des grands assureurs ou rassemblements d'assureurs (type Blue Cross) qui sont des complices du système existant. Tout ce que Clinton propose, en face, c'est d'améliorer un ACA (Obamacare) qui ne fait qu'ajouter au poids global du système dont il; ne change pas la structure de coûts, mais c'est essentiellement ça que la presse (très orientée statu quo, ou carrément clintonienne) considère "mature" et "réaliste". Le pire a été atteint quand ce genre de jugements biaisés sur Sanders a été "analysé" par des think tanks de façon assez univoque... Mais dont l'un d'eux a admis (à petite voix) la semaine dernière qu'il n'avait pas compté les contreparties induites par les réformes proposées par Sanders. En essence, ça veut dire que les évaluations du coût de son programme ont été simplement ajoutées au budget (donc au déficit) actuel, sans compter les augmentations d'impôts sur les plus aisés et certains secteurs financiers, sans compter les économies et transferts/substitutions que ces réformes créent.... Ils le savaient tous, mais leurs organisations sont tout sauf neutres: le correctif -qui a eu beaucoup moins de pub que les publications originelles- n'arrive que 3 mois plus tard, quand le mal a été fait.... Pour servir à Mme Clinton et créer l'image du "socialiste irresponsable". Dans la même veine, ces analystes disaient aussi que l'Américain moyen paiera en net 8000 dollars de plus d'impôts par an..... Sans mentionner qu'il recevra aussi l'équivalent de 12-13 000 dollars de prestation sous diverses formes (principalement la santé). Le correctif n'est arrivé qu'il y a 2-3 semaines. Oups!
  8. Pour que le "mouvement", quelle que soit sa future forme, puisse exister, Sanders DOIT aller jusqu'au bout de cette primaire et disputer tout ce qu'il peut à Hillary. Avant toute chose, il doit affirmer au maximum son image pour incarner l'idée fondamentale (qui est essentiellement celle du parti démocrate AVANT l'arrivée des Clinton et le tournant centriste/centre-droit) et lui donner une consistance "visuelle" dans autant de cerveaux que possible dans un pays qui n'a plus réellement de parti de gauche depuis 20 ans, même si le parti démocrate a gardé une base fortement à gauche, mais muselée constamment. Ensuite, il doit continuer pour pouvoir obtenir de l'influence sur la plate-forme du candidat démocrate, ce qu'il ne peut faire qu'on combattant pied à pied afin de se rendre aussi indispensable que possible pour la campagne générale: il lui faut avoir le plus de monde possible derrière lui, et être l'intermédiaire obligé pour les rassembler, les faire voter (le point épineux: l'abstention risque d'être une conséquence de la candidature Clinton) et éviter le détournement vers Trump. Non seulement ça, mais il doit arriver à la Convention en ayant réellement persuadé les pontes du parti démocrate que c'est par lui que tout cela passera, qu'il est indispensable et qu'il ne sera pas amadoué avec 2-3 susucres symboliques dans le programme (qui n'est de toute façon jamais respecté, mais représente quand même les orientations principales du parti), voire un poste au Cabinet. Il a besoin de capital politique pour être à la table des grands et y rester. Et beaucoup s'obtiendra, ou se confirmera, via la Convention et la façon dont il va y jouer les cartes qu'il aura pu encore récolter. Il a besoin de concrétiser politiquement son incroyable odyssée via une forme ou une autre de victoire lors de la Convention, essentiellement être reconnu comme une force majeure dans le parti démocrate, pour rallier du monde, montrer qu'il ne va nulle part, qu'il n'est pas un feu de paille de l'année qui va disparaître ensuite (ça aide un peu qu'il soit sénateur et absolument indéboulonnable: le Vermont est intégralement et en permanence en état de "bernitude"), et qu'il pourra compter longtemps sur les réseaux de militants et de financements qu'il a pu former, sur les relais d'image.... Et c'est à la Convention qu'il va aussi devoir commencer à transformer l'essai de façon "professionnelle", et faire de sa campagne un groupement politique "durable" d'une forme ou d'une autre, ce qui est toujours délicat quand on parle de ce qui peut s'inscrire à l'intérieur des ombrelles des 2 grands partis "sédimentés" aux USA. Fonder un autre parti reste un exercice risqué, souvent considéré suicidaire, ce qui ramène à des formules d'autres sortes: coalitions plus ou moins solides, caucus de mouvances de chaque Etat.... Son carnet d'adresses de donneurs, de cadres (pros ou semi-pros) et de bénévoles et militants, bref, sa base de donnée et l'équipe qui la fait vivre, valent en ce moment de l'or en barre, tout comme son image personnelle, mais il a besoin de consolider la chose, et il a besoin de trouver plus d'élus et membres du parti pour pouvoir charpenter un "mouvement" durable. C'est aussi cela qu'il va faire à la Convention, d'où son insistance sur les "super délégués" par ailleurs si critiqués: ce sont en très grande majorité des élus ou ex-élus qui pèsent dans le parti, des pros de la politique qui ont des ressources, de l'accès, du carnet d'adresse, de la connaissance du terrain.... Un truc qui continue à sidérer les commentateurs est que même s'il n'y a maintenant plus qu'un deus ex machina qui peut sauver la candidature de Sanders, il continue à rassembler des foules monstres partout où il va: 4 à 5000 personnes dans l'Idaho ou le Kentucky récemment, par exemple (si vous avez déjà été dans ces Etats vides et sans grandes villes.... Rassembler ces chiffres est déjà dur pour Taylor Swift, One Republic ou Beyoncé; pour des politiques, ça n'arrive juste pas), 30 000 à Los Angeles. Et tous ces gens savent très bien qu'il ne sera pas le candidat démocrate. Ca devrait envoyer un message à l'establishment démocrate et à celui du GOP, et au secteur politique en général, mais ça a encore du mal à être accepté: ils comprennent, mais espèrent que ça passera, donc font les autruches calculatrices. Le fric continue à rentrer, même si ce ne sont plus les chiffres de février-mars (il y a aussi moins d'Etats qui doivent encore voter.... Ceci explique en partie cela). Sanders DOIT continuer à faire marcher la machine.... Pour qu'il puisse avoir une machine à faire marcher APRES juillet. Comme on dit aux USA: "you have to keep this business running to keep that business running". Capisce?
  9. Je reviens sur cet important point: c'est pas si souvent qu'on a 2 candidats qui ne font que des compliments sur le 3ème, et disent à quel point ils aimeraient être lui....
  10. T'exagères pour la Bud: leurs variantes peuvent souvent effectivement faire penser à l'urine ou à un dérivé (la Budweiser green lime est à cet égard un objet permanent de coups violents pour tous les comédiens, professionels et amateurs: voir ce qu'a fait John Oliver sur ce très mauvais produit), mais la Bud "originelle" elle-même ne m'a pas fappé ainsi.... C'est en revanche une des bières que j'ai essayées qui se rapproche le plus du.... Rien du tout. Elle a franchement le goût de rien. Comme l'a dit Stephen Colbert la semaine dernière, pour se foutre de la gueule de Budweiser qui va renommer son produit phare "America" le temps de la campagne présidentielle, ça permettra aux électeurs qui en boivent de dire, pendant les Conventions de partis, "America is tasteless", et après la désignation des candidats, "look, there goes America, right down the toilet". Je précise que je ne suis pas un amateur de bière.
  11. C'est encore un micro marché aux USA, avec peu de producteurs, peu de distributeurs, des quantités assez réduites et beaucoup de frais de transport.
  12. Ouais, ils sont censés faire ça, mais les bonnes pizzerias aux US, particulièrement à NY (où c'est un secteur incroyablement concurrentiel; littéralement la guerre des pizzaiolos dans les rues), font toutes (ou font faire dans une boucle très proche) leur propre mozzarelle (de vache, j'imagine: les bufflonnes doivent être plus dures à trouver). C'est un secret de polichinelle, et bien courageux le gouvernant qui voudrait s'attaquer à la chose. Par ailleurs, tout fromage au lait cru n'est pas interdit: ça fait maintenant quelques années qu'ils en autorisent, avec une limite sur le temps d'affinage, si bien que les productions locales n'iront pas au-delà de l'équivalent d'un chaource, question "puissance". Mais ils ont acquis le savoir-faire, et une demande se développe. C'est la taille qu'ils feraient, vu ce avec quoi ils les gavent, si les Américains ne les gardaient pas si peu longtemps dans leurs batteries, pour faire du flux. Après tout, as-tu déjà vu la taille de leurs dindes de Thanksgiving? J'ai déjà vu des moutons plus minces.
  13. Le problème de ce genre d'indicateurs est qu'ils reposent essentiellement sur les mesures prises dans chaque pays par leurs propres systèmes judiciaires et en fonction de leurs propres normes juridiques. Des copains avocat aiment ainsi me dire qu'en France, si on a un aussi mauvais classement dans l'OCDE, c'est quasi uniquement à cause de la figure du juge d'instruction; l'Italie était d'ailleurs mieux classée tant qu'elle avait un équivalent. Le score français s'améliorera à mesure qu'on continuera à réduire le nombre de juges d'instructions, leurs prérogatives et leurs moyens. Les USA restent classés à un niveau pas trop choquant étant donné l'énorme facilité donnée à l'opacité, mais surtout à la légalisation de pratiques que partout ailleurs on appelle "corruption". Personne n'est jugé sur le même standard dans ce classement, qui ne vaut essentiellement rien du tout, sauf quand on se concentre sur quelques thèmes précis comme la transparence des procédures judiciaires ou des systèmes de marchés publics (ce pourquoi les pays scandinaves sont particulièrement bons). Mais t'inquiètes pas pour la corruption: malgré les caricatures héritées de vieux réflexes nationalistes, les "latins" sont pas plus corrompus que les "germains", et les affaires se font de la même façon en Allemagne qu'en Angleterre ou en Italie. Et nous Français ne sommes pas plus pourris que les autres.... Peut-être même un peu moins hypocrites sur la chose que beaucoup d'autres.
  14. Antiquité latine (mais attention: l'escalier des Gémonies n'était pas dédié à une "expulsion" symbolique: c'était le lieu d'exécution de toutes sortes de condamnés pour lesquels il fallait un peu plus de spectacle dans la Rome impériale, la roche tarpéienne -pourtant à 2-3 pas- étant alors passée de mode), un peu de Lafontaine (très "les animaux malades de la peste" et le haro sur le malheureux baudet: le bouc émissaire est rarement pioché chez les puissants) et un mélange d'antiquité grecque et d'Ancien Testament pour conclure: on est quasiment en plein dans Antigone, là.... Tu veux être Créon ou Antigone dans ce choix entre 2 principes? La règle de l'un vs la l'intérêt du plus grand nombre (en l'état actuel du système) comme première problématique, avec tous ses mensonges et illusions potentiels? Ou bien le refus du paradigme en faveur d'une question directe "ensembles ou séparés"? Alexis, es-tu tragédien dans le civil?
  15. Et ça, c'est en plus le seul lobbying au niveau de chaque Etat (50 parlements, tribunaux/cours suprêmes et exécutifs, en plus de ceux de Washington), beaucoup moins visible parce qu'attirant nettement moins l'attention: même s'il y a un écosystème de presse dans chaque Etat -et dans certains, ils peuvent être très importants et développés-, c'est autant d'attention divisée entre le niveau national et le local, dans un contexte où le temps consacré par chacun aux infos "sérieuses" et à la démarche citoyenne est en moyenne limité. De fait, seuls ceux qui ont le temps, l'éducation et les moyens tendent à pouvoir s'intéresser productivement à la chose.... Et c'est en grande partie chez eux qu'on trouvera les lobbies. Soit ils ont les moyens par eux-mêmes (et n'ont besoin que de former de petits groupes: c'est là qu'on trouve, caricaturalement, chambres de commerce et country clubs), soit ils s'organisent en associations de divers types, mais dans ce dernier cas, ce sont seulement les causes très militantes et larges qui peuvent réunir assez de monde et de fric (les religieux et, encore dans une certaine mesure, les syndicats -pour ce qu'il en reste à force de se faire démolir par tous les moyens possibles). Ils ont légalement réduit la corruption dans sa définition au strict "quid pro quo", c'est-à-dire quelqu'un offrant du fric directement à un élu avec la mention spécifiée "pour avoir cette modification de la loi", ou "vous m'exemptez de ça". Ce qui est évidemment le cas de figure le moins fréquent et le plus évitable. Sans même compter que quand ça arrive encore, ça reste souvent dur à prouver à moins de pouvoir arranger un flagrant délit. Pour le reste, trouver une manière de qualifier le trafic d'influence est difficile, et il y a peu de motivation pour le faire (oh shocking): toute l'ironie de la chose a été pointée à répétition par Clinton pendant la primaire, qui, à chaque invective de Sanders sur l'influence de la finance en générale et de Goldman Sachs en particulier (sur Clinton et d'autres), elle répondait "quelle loi ai-je voté qui corresponde à un versement d'argent". C'est rhétoriquement facile, et ce n'est évidemment pas ainsi que la corruption marche. Et expliquer la chose simplement dans un format de débat ou d'interview, trouver une formule qui "marche", est difficile, ce qui ne laisse réellement comme option que l'accusation plus ou moins directe et le pointage de doigt sur les réalités puantes de certains chiffres et de corrélations qui sont évidentes, même si dans la forme, ça peut effectivement être pointé comme spécieux.... Surtout si les médias corporate ne vous aident pas, voire vous sont hostiles (ce qu'ils sont vu qu'ils appartiennent à ceux qui veulent le statu quo), refusant de faire du travail journalistique de base comme pointer, en l'occurrence, les contradictions des adversaires de Sanders (notamment Barney Frank, ex sénateur et pro-Hillary, parrain de la loi d'encadrement de la finance dite "Dodds-Frank", qui s'est retrouvé à ridiculiser des arguments de Sanders sur les speeches rémunérés, la "revolving door", les liens politiques-finance.... Que lui-même faisait mot pour mot encore l'an dernier). On a donc Sanders et Trump (même si chez lui, ça semble de plus en plus hypocrite) qui ont des airs d'accusateurs de foire parce qu'ils pointent l'évidence de la corruption extrême, parce que c'est réellement difficile (dans la forme et avec politiques et médias contre soi) de parvenir à démontrer le point de la corruption du système. Si on regarde bien les grands médias américains, la façon dont cette corruption fonctionne n'est quasiment jamais dans les sujets de discussion ou de reportage, sauf quand il y a un très grand scandale particulier qui survient (et qui est traité pendant quelques jours dans l'habituelle veine sensationnaliste où on fait tout pour se concentrer sur les histoires personnelles, pas les problèmes systémiques), alors que c'est un truc qui devrait être au menu toutes les semaines.
  16. Ca, c'est sûr qu'il y a le souhait de les voir partir, pas tellement pour les voir foirer ou non, mais pour le changement: s'ils restent, c'est retour au business as usual à Bruxelles, mais s'ils partent, on peut se dire qu'il y aura du ramdam. L'échiquier s'agiterait férocement, la seule redistribution de la carte financière -suite à ce que cela induirait pour la place de Londres- causerait un chahut sans précédent, et sur le plan institutionnel, on aurait d'un côté la tentation des Européistes de la jouer plus ou moins directement autoritaires pour faire rentrer tout le monde dans le monde et dans le rang et forcer la marche en avant qu'ils veulent, et de l'autre côté la résistance à ce mouvement, à la fois faite d'Européistes plus modérés choqués par la chose, de souverainistes et anti-européens encouragés, et de politiques nationaux voyant un coup à jouer pour eux. Ce qui en ressortirait est un mystère, mais le ton général du discours et les postures changeraient radicalement. Mais le vote de maintien tuera toute possibilité de vraie réforme dans l'UE pour un bon moment.
  17. Tu peux parier que tout événement d'importance qui pourrait influer sur un "non" à la hausse sera minimisé dans les principaux médias: le monde corporate est anti-Brexit, qu'on se le dise.... Et il le fera savoir par tous les moyens possibles. A moins d'un événement de gabarit réellement apocalyptique (façon 2008, ou un attentat majeur au coeur de Londres), ça va se jouer comme ça. Comme y'a peu de chances de voir des boat people de Syriens débarquer en masse devant les falaises blanches de Douvres, tout sujet sur la vague migratoire même s'il y a une réelle actualité en la matière, sera foutu sous le manteau. 'Pas déconner non plus !
  18. Nan, le leur, c'est le même que pour les boules de billards.... Ou tout autre sport de boules, de balles ou de ballons. C'est tellement commun, plat, indifférencié, et plein de règlements que ça manque d'initiative ou de capacité de franchir un cap qu'on se demande comment ils ont jamais pu sortir de leur île . Minute anglophobe du soir: faut bien que ça sorte de temps en temps. On reste français, oui ou merde? Très partagés oui, mais le vote pro-Brexit me semble le plus variable, donc le plus fragile, ce qui veut dire qu'une partie plus significative que de l'autre bord est plus purement épidermique et hésitante. Ce qui est intéressant, c'est que ce sont l'Ecosse et l'Irlande du Nord qui sont le plus anti-Brexit, avec une solide marge et une quasi parfaite persistance; l'Angleterre proprement dite est dans le schéma inverse (sauf région de Londres), et le Pays de Galles est équilibré, tendance anti-Brexit. C'est le nationalisme proprement anglais, pas britannique, qui pousse le plus au Brexit.
  19. Pareil: peut-être que ce sera un "close call" pour ce qui est du vote, mais la peur du changement écrasera la réalité des questions en jeu chez suffisamment de gens pour entériner le statu quo. Hors de ceux réellement profondément convaincus de l'une ou l'autre option (pour une litanie de raisons propres à chacun), la question elle-même sera même complètement obérée dans leur esprit par une autre, "changement ou pas changement", qui tape dans les peurs inconscientes.... Et de ce côté, la majorité des gens est toujours très "conservatrice" de fait, par simple trouille de l'inconnu; ça va revenir à un exercice de jouer à se faire peur pour le "swing vote". Better the devil you know than the devil you don't. En fait, la chose qui va vraiment m'intéresser, et, j'espère, me surprendre, sera le taux de participation.
  20. Vu les casseroles que ce secteur se traîne déjà dans tant de domaines (notamment l'écrasement des petits et moyens éleveurs qui fournissent la matière première, traitement des volailles au chlore, faible réglementations sanitaires....), ça devrait avoir un impact.... Mais non. En tout cas, ça donne pas envie de même envisager de bouffer la chiasse (littéralement) qui sort de leurs chaînes de production.
  21. Ah, ça évidemment, aux USA, ce genre de trucs passe forcément par un contractor qui s'en met plein les fouilles, n'aide pas vraiment, et parasite l'activité: et on croit que les marchés publics en France sont pourris.... Sinon, actualisation des cotes comparées Clinton/Trump (sondage NBC): - général: 48 contre 45 en faveur de Clinton (-1 pour Clinton, +1 pour Trump) - chez les femmes: 53 pour Clinton (-3 points), 38 pour Trump (+1 pt).... En notant que chez les hommes (oui, ça emmerde les féministes, mais c'est "l'autre moitié"), Trump garde une avance inchangée de 11 pts - chez les noirs: Clinton 84%, Trump 9% - chez les hispaniques: Clinton 65%, Trump 28% (en fait plus que Romney au même moment de la campagne et en fin de campagne) - chez les blancs: Clinton 39%, Trump 53% On trouvera aussi: - chez les démocrates: Clinton 87%, Trump 8% - chez les républicains: Clinton 7%, Trump 87% - chez les indépendants: Clinton 36%, Trump 44% Plus intéressant encore, chez les Républicains, 58% font confiance à Trump pour être le leader du parti, contre 39% pour Paul Ryan, actuel Speaker (personnage le plus puissant des USA en politique intérieure). Si cette tendance se confirmait, ce serait d'ampleur séismique, car c'est essentiellement une fin de non recevoir très forte pour l'establishment actuel du parti quand à la ligne politique adoptée par le GOP depuis maintenant plus de 20 ans.
  22. J'avais vu en passant le Daily Show se foutre de la gueule du nouveau système qui, en certains points, consistait à avoir une tablette grand luxe montée sur piédestal indiquer avec une flèche d'aller sur la file de droite ou de gauche: le logiciel derrière (dont cette fonction n'était qu'une petite partie évidemment) coûte une blinde et semble très mal fonctionner, en plus d'être très moyennement adapté. Et de toute façon, il ne peut pallier à un problème fondamental aux USA: l'état et l'obsolescence (organisation, construction, principes de fonctionnement, implantations) des aéroports, ce qui renvoie au très grave problèmes d'infrastructure des USA.
  23. Bloomberg avait suffisamment de base de notoriété nationale pour tenter le coup, mais l'histoire des 2 milliards, c'est de la foutaise: je doute qu'il aurait eu assez de fric liquide pour débloquer ça à une si brève échéance (y'a pas beaucoup d'individus qui puissent mobiliser cette échelle de cash sous forme liquide rapidement), et je doute encore plus qu'il ait même envisagé de cramer une telle part de sa fortune, surtout dans une aventure présidentielle qui, comme toutes les histoires de 3ème parti aux USA, est condamnée d'avance par le système électoral à un tour, qui est par essence bipolarisant. Un 3ème parti atteignant de l'ampleur peut au plus être un parasite pour l'un des deux concurrents principaux et lui coûter l'élection. Ce qu'il avait fait était de mettre une équipe sérieuse en place pour évaluer les chances d'une telle candidature et ce qu'il pouvait en espérer. Il a assez rapidement conclu "peau de balle": rien à gagner, du fric cramé et que des coups à prendre.
  24. Adelson! Si tu l'anderson-ise, tu lui fait perdre une de ses caractéristiques politiques principales: il est juif, et TRES insistant sur ce point, notamment parce qu'une bonne partie de ce pourquoi il fait pression via ses financements de campagne et la danse du ventre collective qu'il organise à Las Vegas au début de chaque campagne (pour faire ramper et gesticuler veulement tous les candidats potentiels qui viennent chercher ses faveurs), est un appui radical et massif à Israël, notamment par une guerre ouverte avec l'Iran, qu'il appelle de toute son âme noire et moisie. Mais à ma connaissance, c'est pas un mafieux: il a juste pas mal de casseroles et d'enquêtes en cours parce que le business des casinos est un secteur particulièrement sale, qu'on y trouve beaucoup de corruption, surtout quand il y a des deals internationaux (voir le cas de ses investissements à Macao, notamment). On pourra aussi trouver plein de trucs douteux sur son imposition, des manoeuvres et procédés puants via ses très importants investissements en politique.... Mais rien "d'inhabituel" pour une grande fortune de ce type, aussi nauséeuse que la somme de ces choses soient dans l'absolu, et aussi méprisable que soit le personnage lui-même, fort peu sympathique. Des trucs dans le genre, mais pas jusqu'à meurtrier.... Mais comme je parlais de divertissement, je ne sais pas si la "qualité" de meurtrier de feu ce monsieur Souza ajoutait à celle du spectacle; ça le rend plus écoeurant, peut-être, ça accroît le suspense à l'occasion, possiblement (va t-il se faire choper? Enfin?), mais je ne crois pas que ce soit vraiment un multiplicateur d'audience. Le show business est un art, et l'outrance doit se concentrer sur certains points précis. Demande à Donald comment ça marche: he's got it.
  25. J'ai adoré cette série, et j'attends la saison suivante.... Mais les quelques Colombiens que je connais ont soit refusé de la regarder, soit l'ont carbonisée de toutes les critiques possibles . Z'ont pas apprécié. Est-ce à cause du sujet évoqué qu'ils ne veulent pas voir revenir sur le tapis, sur l'image du pays qui en sort, ou parce que l'acteur jouant Escobar est un Brésilien ? Y'a un truc particulier entre Brésiliens et Colombiens? Et il faut céder ça aux Ricains: en matière de politique qui ressemble à un reality show, et à du divertissement en général, personne n'arrive à leur cheville! Aaaaah, ça c'est immanquable: les politiciens adorent ce business! Il y a tant de marges, et tant de cash (y compris physique) qui passe par là, que tout le monde peut prendre une part conséquente et rester ami. Par "tout le monde", entendez "le casino" (ou la boîte qui possède les casinos, physiques ou virtuels, et toutes les plates-formes possibles de jeu) et le politique (souvent en concurrence avec la mafia, physique ou virtuelle, qui considère que c'est son turf). Le jeu rend les politiciens heureux. Même les plus conservateurs et religieux ont souvent une attitude très libérale sur ce sujet, sortant tous les arguments genre "c'est inévitable, donc mieux vaut pouvoir le réguler et le contrôler pour limiter les dégâts".... Ce qu'ils n'osent en général pas encore faire pour l'avortement ou la marijuana (mais le font depuis toujours pour l'alcool et les clopes.... Allez comprendre).
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