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[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Ils ont épuré des persos pour faire un "back to basics" et, apparemment, un fil rouge de la saison qui sera plus simple, ou en tout cas, direct: pas d'arnaque à 3 ou 4 parties prenantes, juste une bonne quête de vengeance bien directe et, espérons-le, bien cradingue, puisque c'est le style de la série. Espérons que les épisodes suivants ne vont pas ajouter des couches de complication comme la dernière qui était franchement chiante et inutilement alambiquée (quand on veut jouer à ce jeu, faut être bon.... Et c'était pas le cas). Côté style, je souhaiterais que la baston revienne aussi aux fondamentaux du début: simple, vicieux, crade, et (voeu pieux: ça ne sera pas le cas... Cet épisode le prouve déjà) sans combattants improbables aux capacités de supehéros (filles gabarit mannequin ou maigrichons qui dégomment 15 armoires à glace et encaissent comme des punching balls, perso important qui a un trop gros "facteur héros" autorisant trop de n'importe quoi....). -
Je constate que sur ce forum, personne ne semble s'être engagé dans l'ardente polémique de Batman vs Superman.... Z'avez raison les gars: même pour les fanboys du domaine militaire, dont certains avec un authentique background dans le secteur de la violence professionnelle, c'est beaucoup trop sanglant, immoral et dur, plein de coup bas et d'horreurs indescriptibles. Quoiqu'il en soit, pour ceux qui seraient intéressés par le quoi, le pourquoi et le comment du film en tant qu'investissement, et qui voudraient comprendre en quoi, malgré les chiffres en apparence impressionnants (même si très loin des résultats mirobolants de films d'ambition et moyens comparables), celui-ci n'est pas forcément une grande réussite, même s'il n'est pas non plus la plantade souhaitée par les Marvel-fanboys (vous croyez que Coca vs Pepsi ou Star Wars vs Star Trek sont des conflits vicieux? Pfeeeuuuh!). http://www.forbes.com/sites/robcain/2016/04/06/was-the-400-million-warner-bros-paid-for-batman-v-superman-a-good-investment/#6ade4ac7d67b Une estimation à la louche d'un retour sur investissement de 30-35% n'est pas grandiose pour un investissement de cette taille: l'argent est investi sur des années (et l'immobilisation, comme les emprunts, coûtent, ce à quoi s'ajoutent les coûts d'opportunité -soit ce à quoi l'argent n'est pas employé et qui pourrait être mieux), il y a beaucoup de parties à satisfaire, c'est un secteur d'investissement à forts risques (dépendant de beaucoup de facteurs peu ou pas maîtrisables), avec peu de visibilité pendant les temps d'attente, et le business model dans lequel s'est engouffré Hollywood depuis 30 ans fait qu'un grand studio tend à se concentrer sur un nombre limité de blockbusters dont très peu seront réellement rentables (ou en tout cas rentables rapidement, ce qui compte le plus) ou produiront des bénéfices significatifs, ce qui rend le dit studio très dépendant d'au moins un ou deux méga-succès (genre à 100% ou plus de marge) par an. Donc, en l'occurrence, même si le CA estimé, toutes sources confondues, de ce film tournera autour de 900 et quelques millions pour un investissement nominal de 415 millions environs (production à 250 millions plus marketing à 165 millions; la réalité est que c'est en fait plus, avec les coûts d'immobilisations du capital et une foule d'autres coûts induits), le bénéfice réellement disponible pour le studio ne dépassera vraisemblablement pas les 120-130 millions avant impôts. Soit un retour très moyen pour un investissement long et risqué. De ce fait, et au vu des tendances observées sur d'autres récents films de superhéros (exception faite de Deadpool qui est aussi un signe des temps étant donné qu'il repose en grande partie sur le fait de chier sur une bonne part de ce qui fait ce type de films: il n'aurait pas marché comme ça il y a 5 ans), tant chez Marvel que chez DC, on peut se poser la question de savoir si: - c'est juste une superproduction de genre qui n'a pas été à la hauteur de son matériel et/ou de ses ambitions, soit un film pas réellement raté, mais franchement pas réussi (mérite individuel du produit) - il y a un vrai problème structurel chez DC : moins de worldbuilding, pas/peu de films mettant en place le décor et les persos avant de faire un film "ensemble cast".... Le problème serait là donc plus dans la famille du produit - la "bulle" des films de superhéros n'est pas en train de commencer à disparaître comme l'a prévu Spielberg, soit parce que le public devient très exigeant après avoir trop vu de la même chose, soit parce qu'il y a un ras le bol, ce qui se panacherait pour indiquer que les studios suralimentent le marché et le saturent avec des productions moins notables, des exigences de qualité de fait moindres. Ici, il s'agirait donc d'un problème du genre, de la mode en cours. Les raisons sont sans doute mêlées, mais elles peuvent être annonciatrices d'un début de changement significatif dans les gros investissements à Hollywood, qui ont été tellement trustés depuis maintenant un bail par le genre superhéros qui a réellement sucé une énorme part des fonds disponibles et de l'oxygène en général dans la production ciné américaine (mais aussi télé), limitant les autres genres, les autres tailles de films.... La prochaine étape de DC est Suicide Squads, qui a été littéralement re-tourné au vu de la réussite de Deadpool; ensuite viendra Wonder Woman. Et en attendant, Marvel n'a pas baissé sa programmation, en tout cas pour 2016, accroissant encore plus son emprise via la télé (enfin, Netflix), et par là, l'omniprésence du genre sur le temps de cerveau disponible; Civil War semble être pour eux un test bench majeur puisque le film a, au fil de sa production, explosé en ambition et moyens, devenant de fait un "ensemble cast movie" (rôle normalement dévolu aux rassemblements des Avengers), et ce alors que le cycle "Infinity Wars" reste sur les rails, avec une débauche de fric sans précédent. Donc 2016 sera encore une année à Superhéros, et, à moins d'une plantade spectaculaire, 2017 aussi; mais les décisions pour les films de 2018 et après sont prises maintenant ou ont déjà été prises (avec à ce stade encore un potentiel de retour en arrière).... A votre avis, que verra t-on?
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Ukraine 3
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Jojo67 dans Politique etrangère / Relations internationales
Spike Lee a écouté Aristophane (comme tout le monde devrait le faire plus souvent... Et avec lui Plaute et Molière: pourquoi les auteurs de théâtre sont-ils à 90% des tragédiens? Des flemmards narcissiques et dépressifs, ouais!), avec son dernier film (et avant de faire un très mauvais spot pour la campagne de Sanders), Chi-Raq (et non, aucun lien avec notre ex-ex-président, c'est juste une abbréviation de "Chicago-Irak"), où il reprend le principe de la pièce pour l'appliquer à un scénario à Chicago, contre l'extrême violence qui y règne (déjà 2016 y est une année record en meurtres). Les avis sont plus partagés sur la réalité de la réussite de cette grève du sexe au Libéria, ceci dit.... Quand à faire ça en Ukraine..... Je sais que là, ça va devenir plus négociable parce que c'est le printemps, mais avec Vlady qui tient le robinet de gaz, comment qu'ils vont se chauffer l'hiver, les Ukrainiens, si tu leur infliges ça en plus? OK, d'un côté ça pourrait expédier la négociation, mais sur un plan plus réaliste, c'est pas humain de risquer ça.... Doit y avoir des lois contre ça, non? -
Crise financière mondiale [info only]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de debonneguerre dans Economie et défense
Quasiment improuvable dans la plupart des cas, tout comme une activité discrète des banques d'investissement avec le type de prestataires de service qui tourne autour de cette filière de la gestion de patrimoine: un petit (ou moins petit) prêt flash pour qu'un des dits prestataires (avocats et autres) puisse faire une rapide opération boursière suivant un tuyau de la même banque ou d'une autre (ou juste d'un trader), se faire un rapide bénef au taux improbable, et rembourser, le tout en moins de deux jours. Le plus souvent avec de petites sommes (mais très souvent) pour rester sous la barre observée par le fisc. dans ce petit monde; ils le font tous, le tuyau assorti du prêt est un mode de rémunératio discrète, de renvoi d'ascenseur ou de simple signal pour dire "tu es toujours dans le club, tu as droit aux goodies" (c'est particulièrement fréquent chez les avocats et banquiers qui ont évidemment un accès privilégié aux infos côté décisions.... Vu qu'ils en sont les clercs: ces infos qui périment rapidement sont donc une bonne monnaie). Mais va prouver qu'il s'agit d'un délit d'initié. La marge est bonne pour la banque, excellente pour la personne concernée, et évidemment, ces marges et la multiplication de telles opérations tend avec le temps à favoriser une encore plus grande inclination à mobiliser l'argent dispo sur ces personnes et des opérations de ce type plutôt que pour le péquin ou l'entreprise lambda qui, insensiblement, perdent encore un peu plus un accès correct au crédit. -
C'est évidemment plus partagé que ce que les lettres ouvertes de gens comme Tim Cook (lui-même homo, donc ayant le "street cred" officiel pour parler d'autorité.... Même s'il est aussi le gars qui, comme PDG d'Apple, fait fabriquer ses produits dans des conditions douteuses en Chine et ailleurs.... Donc côté morale....) voudront bien présenter, mais bon, si les Américains ont vraiment une qualité (et un défaut) distinctive dans leur ADN national, c'est celle d'être des vendeurs et storytellers hors pair, donc quand un problème comme celui-là surgit et que des gens prennent des positions nettes, ça se fait à grandes envolées lyriques qui, à nos yeux étrangers, sembleront outrancières, sur-vendues, sanctimonieuses, trop pleines de pathos et de doigts pointés, d'emphase et de certitudes gratuites. Mais bon, pour le public américain, c'est comme ça qu'on vend et exprime quelque chose, y compris son opinion, même si évidemment, beaucoup ne sont pas pour autant aveugle aux abus de ce genre de procédés; ils sont juste en moyenne réglés moins sensibles côté détection du mélo et de l'outrance. Les positions des grandes boîtes en question devront être observées avec le ton, mais il y a de la réalité derrière, au moins pour une partie d'entre elles: c'est certainement vrai jusqu'à un certain degré pour les grosses boîtes qui dépendent en bonne partie de l'image moderne/XXIème siècle qu'elles veulent véhiculer, à commencer par les entreprises de haute technologie avec un rapport direct au consommateur, et d'autant plus pour celles ayant une forte base en Californie ou du côté de Seattle où la culture ambiante s'y prête plus. Apple, Paypal, Facebook, Coca Cola (qui a fait la même réaction en Georgie il y a quelques semaines, face au même type de loi).... Seront donc en tête dans ce combat, au moins dans les premières semaines de réaction. Après, pas sûr que ça demeure si les projecteurs s'éloignent: c'est là qu'on verra ceux pour qui c'est un calcul de plus longue haleine, et ceux pour qui il peut s'agir d'une manoeuvre d'opportunité pour se faire de la bonne pub gratos et/ou pour renégocier les concessions fiscales et autres avantages qu'ils peuvent espérer du gouvernement local.
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Crise financière mondiale [info only]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de debonneguerre dans Economie et défense
Oui, les "hommes de paille professionnels" sont une figure courante dans des lieux comme Panama City, à Jersey.... Ou au Delaware, où on trouve tant de gens ne payant pas de mine qui sont membres de "conseils d'administrations" (particulièrement oubliable et flatteur tout à la fois aux USA où on raffole des titres). Beaucoup sont des gens lambda à qui on donne un petit bréviaire des comportements à adopter et des réponses à fournir pour les rares cas où quelqu'un viendrait, certains forment une "élite" de ce métier en cumulant un maximum de tels jobs, souvent en ayant un minimum de qualification (être plus ou moins vaguement avocat, porter un costume la majorité de la journée, avoir plusieurs adresses....) et sachant donner les apparences de la respectabilité et de la légitimité du "businessman". Et plus simplement, n'importe qui dans la chaîne (l'avocat, le conseiller bancaire....) peut simplement être lui-même le prête-nom, sauf dans les endroits où plus de règles peuvent exister dans ce domaine, qui insistent sur une apparence de séparation entre qui peut-être juge et partie....Et là encore, réellement s'en rendre compte supposerait qu'on envoie suffisamment de monde pour une inspection physique de chaque maillon de la chaîne.... Y compris le lieu de domiciliation de la société écran qui peut aussi bien n'être qu'un terrain vague appartenant.... A une autre société écran. Quand on se balade à Jersey en cherchant ces petits détails, on trouve une foule de petites choses amusantes de ce type: c'est plus élégant et "1er monde" que dans des lieux comme Aruba, les îles Caïman ou Curaçao, mais ça garde aussi une certaine part du charme douteux des éleveurs de mouton planquant leur bas de laine et les profits de la distillerie clandestine des argousins. Comme si le métier de commissaire aux comptes, sa réalité, son utilité très théorique et sa réputation n'avaient pas déjà assez de cadavres dans le placard..... -
Crise financière mondiale [info only]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de debonneguerre dans Economie et défense
Je plussoie Ciders dans ce sens où les bons avocats fiscalistes et gestionnaires de fortunes ne sont pas non plus légions, et les très bons sont rares, tous ayant une tendance à concentrer le business dans quelques cabinets de taille très conséquente, ou à s'établir dans des très petits avec peu de clients (mais des maousses, à qui ils prélèvent un max). Avoir à la fois la compétence, une réputation à la fois importante et discrète (non, non, ce n'est pas incompatible) et le carnet d'adresse, c'est pas si fréquent, et dans un univers où il s'agit de faire confiance à des prestidigitateurs implantés dans des pays à faible visibilité et faible contrôle, les garanties que tu peux avoir sur eux ne sont pas toujours très nombreuses, et les capacités de contrôle sont très inégales. Donc le renom de la boîte ou de l'individu compte énormément, beaucoup plus que dans d'autres domaines, que ce soit toi directement qui opère avec eux, ou que ça passe (initialement) par l'intermédiaire d'une banque dans ton pays. Qui plus est, c'est pas un nouveau marché, donc il a eu plusieurs phases, et là il a tendance, dans les paradis fiscaux établis, à se concentrer (tout comme la majorité de l'argent des paradis fiscaux s'est lui-même concentré dans un nombre plus réduit d'endroits depuis 40 ans; y'en a un peu partout, mais les vrais gros sous sont nettement plus localisés). Faut pas oublier que ces processus ne sont pas gratuits du tout, et les intermédiaires et prestataires en tous genres prennent des pourcentages conséquents, donc il y a là aussi un processus économique de rationalisation des coûts, "d'industrialisation" de la filière, en somme. Ajoute à cela le fait, comme dit plus haut, qu'il s'agit d'un petit monde (au niveau international et dans chaque pays) qui communique et va, au final, dans les mêmes endroits (en nombre souvent très réduit) pour se saoûler, baiser, bouffer, se relaxer.... Et pour placer le fric: tout groupe humain ou animal a tendance à se rassurer dans les mouvements de foule de ses pairs, que ce soit justifié ou non.... Regarde l'histoire de Maddoff, en dernier recours: le mec a fait sa carrière en exploitant cette tendance. Même dans ces milieux censément mieux informés et plus malins que tout le monde, le moutonisme et les effets de mode abondent. On voit ça dans les bulles spéculatives, dans les "endroits du moment" où "il faut investir", sans toujours qu'on sache réellement pourquoi: l'histoire de l'afflux de capitaux occidentaux en Chine dans la décennie précédente est pleine d'histoires absurdes et de plantades monumentales de ce genre. En somme, beaucoup de facteurs font que seuls quelques noms émergeront dans chaque paradis fiscal: le succès attire le succès, que ce soit justifé ou non, pour de bonnes raisons.... Et des beaucoup moins bonnes. Enfin, faut quand même signaler que la somme de gens et organisations ayant du fric à planquer représente quand même pas mal de monde: si le business est concentré, y'en a aussi une certaine masse très ventilée. C'est encore plus complexe par le fait que la grande majorité des sociétés écrans et comptes gérés par des banques et intermédiaires divers sont eux-mêmes juste des "lieux" virtuels de transit de l'argent, très peu étant des destinations, si tant est que le but du montage ne soit pas le mouvement permanent des sommes en question. Pour 1 million que tu mets ainsi hors des radars, tu peux avoir des dizaines de sociétés écrans qui n'ont de réalité que sur le papier, au mieux sur une plaque en cuivre et une boîte au lettre (qui prend le courrier de plusieurs sociétés de ce type) sous le porche d'un immeuble pourri à Panama City, avec parfois un homme de paille qui prend une enveloppe pour dire, si jamais quelqu'un vient poser une question, que c'est sa boîte qui fait un business légitime (et qui retourne pêcher après). C'est pourquoi ces Panama Papers sont importants: moins pour les noms révélés que pour, potentiellement, l'entrée dans ce vaste réseau complexe du "dark money" pour des organismes publics qui pourraient ainsi avoir un gros boost dans leur capacité à tracer et cartographier certains flux.... Même si le "système" s'adapte et se recompose vite. -
Pour l'instant, c'est pas encore trop choquant parce que Clinton a encore un très net avantage en "pledged delegates", soit en termes de vote populaire: la question se posera vraiment si Sanders la rattrape dans ce domaine et établit une avance, la différence se faisant via les super délégués à la Convention. Pour l'instant, c'est pas le scénario le plus probable malgré l'élan récupéré de la campagne Sanders. L'essentiel du jeu va se jouer avec la primaire de NY, capitale symboliquement pour Clinton et capitale tout court pour Sanders qui ne peut concrètement se refaire que s'il l'emporte dans beaucoup d'Etats nettement, mais surtout à NY, en Pennsylvanie et en Californie. En tout cas la constante et très nette avance de Clinton juste en terme de délégués élus, malgré le nombre significatif de victoires de Sanders, souligne à quel point l'électorat noir pèse lourd dans le parti démocrate, et caricaturalement dans des primaires. C'est encore plus le cas quand la participation est moyenne ou basse, comme cette année, hors de l'effet Obama de 2008 qui avait fait venir des millions d'électeurs motivés et/ou enragés, dont une bonne partie de l'électorat blanc modeste/déclassé qui vote aujourd'hui Sanders ou Trump mais en plus petits effectifs; ce dernier point souligne d'ailleurs qu'une part de l'effet Obama était plutôt due aux circonstances exceptionnelles de l'époque (crise économique + anti-bushisme/républicanisme lié à la guerre en Irak). Quoiqu'il en soit, même s'ils ne sont pas surmobilisés cette année, les afro-américains restent plus mobilisés que beaucoup d'autres électorats côté démocrate, et dans les Etats du Sud et queqlues autres, ça a pesé très lourd. Si on y ajoute le poids des latinos dans quelques Etats comme le Texas, on trouve le pourquoi de la marge que Clinton a pu s'assurer: queqlues victoires avec une très forte marge dans ces Etats ont fait le truc. Un fait intéressant dans cette dernière primaire est de noter le fort tournant à gauche de l'électorat du Wisconsin, représentatif de l'électorat démocrate en général, mais en plus accentué, cet Etat ayant une très forte tradition progressiste, incarnée par Robert LaFollette Sr, et son fils du même nom (juste avec Jr pour faire la différence), qui trustèrent à eux deux le siège de "Senior Senator" de l'Etat au Congrès de 1906 à 1947 et pesèrent très lourd dans la politique de l'Etat sur une période plus longue encore.... En tant que Républicains; oui, à l'époque, la majorité du caucus progressiste était républicaine, avant de virer exclusivement côté démocrate entre les années 50 et l'arrivée de Reagan à la présidence, quand, dans le même temps, suite à la "southern strategy", l'électorat blanc du vieux -la dixiecratie et l'électorat populaire blanc- sud faisait le mouvement inverse. Le fait intéressant dans cette primaire peut être ainsi chiffré, si on décompose rapidement l'électorat démocrate en 3 blocs: - en 2008, les "liberals" (assimilables à la gauche des démocrates) pesaient 46% des électeurs à la primaire, les modérés 40% et les "conservatives" (aussi appelés "blue dogs" quoique dans le Wisconsin, la définition de cette aile soit nettement plus à gauche que dans le vieux sud) 14% - en 2016, les mêmes sont, respectivement, à 67%, 27% et 5% Une partie de cette évolution vient de la moindre participation qu'en 2008 qui avait été une primaire plus ouverte et "diluée" par l'afflux d'électeurs protestataires et/ou motivés par Obama, dont beaucoup étaient non encartés, voire des républicains déçus, mais aussi des démocrates votant peu. Mais il y a réellement un effet Bernie cette année qu'on voit dans la participation des jeunes, mais aussi, particulièrement dans le cas du Wisconsin, des hommes blancs de la "working class" qui n'ont pas été tous harponnés par Trump et pour qui Bernie a depuis le début fait une réelle concurrence, même si dans ce dernier cas, pour une telle proportion, c'est plus une exception de cet Etat très politique (haut niveau d'information, attachement à une certaine modération) où Trump a été particulièrement détesté. On constate aussi une évolution parallèle en face, où un nombre croissant de républicains se disent "conservatives" (74% contre 61% en 2008), et de moins en moins "moderate" (24 contre 29%) ou "liberals" (2% contre 10%). C'est très significatif dans un Etat comme le Wisconsin qui est plus tempéré dans ses moeurs politiques que la moyenne du pays, et à des années lumières du vieux sud en la matière: la polarisation continue à marquer la vie politique américaine, même s'il faut tempérer cette impression côté démocrate par le fait que la participation est bien moindre qu'en 2008 (= on a plus affaire à l'électorat démocrate hardcore, même s'il a une forte composante de primo-électeurs), et que la participation n'a pas été phénoménale (contrairement à d'autres Etats) côté républicain en la quasi absence d'un "effet Trump" ce coup là (ils l'ont vraiment pas aimé, les gens du Wisconsin).
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Crise financière mondiale [info only]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de debonneguerre dans Economie et défense
La question, à chaque fois que ce genre de décisions sera prise et criée sur les toits, sera de voir le nombre d'exceptions à la règle édictée, et la réversibilité de tels dispositifs. La faiblesse côté américain, comme ça a été le cas depuis que les démocrates ont perdu le pouvoir législatif, et plus généralement, depuis que leur vie publique est si polarisée et l'un des deux partis (aidé par une forte portion de l'autre) si profondément dépendant du financement par de grandes entités privées, est que ces décisions reposent sur des décrets présidentiels (executive actions), qui sont aisément tournés d'un trait de plume du président suivant. -
Moins classe, mais il faut noter que justement, la rareté de ce trophée dans la plupart des conflits rendrait l'exploit d'autant plus méritoire . On notera quand même le regroupement de ces 4 critères comme une de ces choses qui différencient une culture guerrière d'une culture militaire, et particulièrement le fait de "compter les coups", soit toucher un ennemi sans le blesser, ou pas trop, et sans être blessé (ou évidemment tué) soi-même (on notera que toucher une fortification ennemie pendant un assaut compte aussi). C'est plus un objectif individuel qui pourrait, dans pas mal de circonstances, être contre-productif par rapport à l'effort collectif, puisqu'il s'agit d'un but en soi, pour lequel on peut en venir à prendre des risques (mort, blessure, révéler position et/ou intention de ses troupes). J'imagine bien que les cultures dont émanent de tels impératifs ne sont pas complètement débiles, et qu'il doit y avoir des conditions, ou au moins un jugement des pairs sur l'action (j'en sais rien, peut-être que justement, il peut y avoir à l'inverse une survalorisation de l'acte individuel en dépit de conséquences néfastes: ça a existé partout), mais le point est que le choix de tels accomplissements (plutôt que d'autres) peut indiquer une inclination plus grande, une importance plus grande accordée à des comportements plus individuels, avec potentiel pour être individualistes, dans une activité -la guerre- où l'effort collectif prime. En France, l'histoire de la chevalerie, au Bas Moyen Age particulièrement, ou les tendances de la noblesse à des postes de commandement sous l'Ancien Régime (considérer par exemple comme un critère valable de jugement pour un officier, y compris un officier général, d'avoir un grand nombre de chevaux tués sous lui, ou d'avoir des pertes importantes, comme disculpant ou méritoire quand au mérite de ses choix et actions), devrait nous servir de leçon à cet égard. Entre la prise d'initiative et le risque inconsidéré, entre la décision forte et la recherche de gloriole, il y a souvent une ligne trop fine (ce qui est inévitable) qu'on ne départage trop superficiellement que par le succès ou l'échec ultime de l'action en question, sans examen plus approfondi (ce qui renvoie à l'adage ironique: "une initiative, c'est une indiscipline qui réussit").
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Ce n'est pas tous les jours qu'un chef de guerre certifié meurt: dimanche, Joe Medicine Crow, dernier chef de guerre de la nation Crow, s'est éteint à l'âge de 102 ans. Titulaire de la Bronze Star et de la Légion d'Honneur (accordées en 2008), il était historien et le dernier récipiendaire vivant de témoignages direct de la bataille de Little Big Horn, mais c'est comme combattant pendant la 2ème GM (103ème Division d'Infanterie) qu'il avait gagné son titre de chef de guerre selon les critères en vigueur dans son peuple: toucher un ennemi sans le tuer et en risquant sa propre vie (encore mieux si on s'en tire intact, ce qui fut le cas), prendre une arme à l'ennemi, mener un détachement dans une mission réussie et prendre un cheval à l'ennemi (il avait en fait poussé le vice et piqué 50 chevaux à un bataillon SS). Pour l'anecdote, comme beaucoup de gens issus de cultures tribales ou familiales particulières à cette époque, il portait des signes distinctifs au combat: ses peintures de guerres sous l'uniforme, une plume sous le casque, comme d'autres ont été signalés emportant qui un kilt et une claymore, qui un longbow, qui un visage peint à la guède (le bleu des guerriers celtes), qui des tatouages de toutes origines....
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Tu crois que si 2000 mégatonnes pétaient aujourd'hui dans un laps de temps relativement court, ça empêcherait tes bébés d'avoir deux têtes ou de briller dans le noir (ou en tout cas d'avoir un pourcentage élevé de quelque chose du genre, ou de moins fun), même si tu habites loin des zones de blast?
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Les conditions doivent quand même être réunies, et bien comprises par toutes les parties prenantes: ça veut dire qu'il faut non seulement que les objectifs du conflit soient limités de tous les côtés, mais que chacun des adversaires sache que l'autre/les autres n'iront pas au-delà d'un certain seuil. Est-ce réellement si facile de s'imposer ça, et plus encore, de faire comprendre à l'autre qu'on s'impose ça, sachant que la guerre a tendance à prendre sa vie propre, et que les décisions des dirigeants dépendent aussi grandement de la situation politique intérieure du moment? Ou n'a t-on pas plutôt eu du bol dans les quelques cas où la chose a été possible? Parce que la peur de ces armes a aussi un plafond, surtout dans la tête de dirigeants aux abois, et qui ne restent que des êtres humains.
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Crise financière mondiale [info only]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de debonneguerre dans Economie et défense
Toi, tu vas te faire bannir, et va y avoir des gens en costumes et lunettes noires qui vont venir cogner à ta porte. -
Arménie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Wallaby dans Politique etrangère / Relations internationales
Tant que le soutien consiste en paroles et en gesticulations télévisées, voire quelques aides matérielles limitées en quantité et/ou qualité, ça n'est pas vraiment du soutien: j'ai tendance à penser que quand, si rapidement dans une crise, on en vient à employer de telles formules que "soutien jusqu'à la mort", on a tendance à ne pas être très sérieux, surtout de la part d'un histrion (sur la scène internationale) comme Erdogan. Il agit beaucoup et fort dans ses frontières, mais hors des frontières, il n'a pour l'instant pas vraiment été un conquérant, plutôt un agitateur, un mec qui aime tremper dans l'embrouille, mais pas vraiment y risquer des plumes. Le vocabulaire employé, et la rapidité de réaction (surtout quand limitée à des déclarations), me font plutôt pencher vers une tendance à la prise de posture plus qu'à la prise de position. Surtout qu'il a d'autres chats à fouetter dans son sud et sud est. Je suis peut-être très biaisé, mais j'avoue avoir du mal à prendre Erdogan réellement au sérieux en termes d'action sur la scène internationale (le sujet de ce qui se passe DANS la Turquie étant mis à part, et très sérieux): beaucoup de bruit, beaucoup de petits rackets pour profiter de sa situation, mais pas grand chose d'autre. C'est sans doute en partie une paire d'oeillères que je me mets à moi-même, mais bon.... Plus largement, j'essaie surtout de cerner les enjeux pour les 3 poids lourds entourant Arménie et Azerbaïdjan, surtout dans le contexte actuel: y'a t-il un quelconque profit à tirer d'une situation dégradée, voire explosant, en ce moment? Ont-ils intérêts à être des forces agissantes dans ce merdage d'échelle locale dont je ne vois pas par ailleurs qu'il soit capable de déboucher sur des changements conséquents à moins qu'un ou plusieurs grands s'en mêle? -
Arménie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Wallaby dans Politique etrangère / Relations internationales
Est-il totalement exclu qu'il ne s'agisse en rien de quelque chose de préparé, mais d'un ou de plusieurs incidents ayant dégénéré dans un endroit qui est une poudrière où les tensions ne sont jamais redescendues, la politique se greffant ensuite dessus tant bien que mal, voyant des complots partout (la confiance entre les parties prenantes étant inexistante, la paranoïa totale) et accélérant des plans et visions jusqu'alors multiples et en préparation (plus ou moins), mais soudain devenant de vraies hypothèses de travail? Le déclenchement semble quand même extrêmement soudain, avec bien peu d'avantages à gagner pour aucune des deux parties exposées dans les conditions présentes; si, d'ici quelques jours/semaines/mois, on voit un "grand" du coin proposer ou imposer des troupes d'interposition (wink wink), on pourra commencer à parler d'un "crime" et de sa préméditation, mais avant ça, je préfère croire aux décisions du tout puissant Murphy telles que résumées par Rocard: ne jamais attribuer à la malice ce qui peut bien plus simplement résulter de l'incompétence/de la stupidité. Ce qu'on a pu lire des "opérations" en question ressemble bien peu à quelque chose de préparé; je veux bien que des incidents de frontières (en prélude à un mouvement majeur) puissent être maquillés, mais généralement, quand on se donne la peine de faire quelque chose dans ce genre, on a un "2ème échelon" prêt à exploiter le prétexte à l'échelle suffisante. Là, ça semble rester très local. Qu'un commandant local ait pu vouloir forcer la main à l'échelon supérieur (ce qui reste dans le registre général de la stupidité d'un des camps, ou des deux) reste aussi possible, sachant que de toute façon, dans de tels endroits, il n'en faut pas beaucoup pour que le mot ou le geste de trop soit lancé et amorce l'escalade. la ligne de front est une invraisemblable imbrication de populations et localités, et le terrain est pourri pour le mouvement et littéralement fait pour l'enlisement dans des combats pour chaque levée de terre/rocher, donc à moins de voir (et, pour nous spectateurs lointains, d'avoir confirmation sérieuse) des mouvements réellement massifs de troupes, j'en resterais à mon hypothèse de départ, surtout quand je lis les noms des localités concernées par les combats, qui sont essentiellement contigues aux enclaves azéries dans le Haut Karabakh (nord et sud est). S'il y a un crime, j'aimerais d'abord voir, avant de trouver quelqu'un à qui il profite, s'il a la moindre ampleur, un début d'objectif autre que quelques arpents de rocs avec 2-3 chèvres, et un début de volonté (entre autre représentée par les moyens mis en oeuvre pour la partie "pro active") suivie au moins chez une des parties directement exposées. Parce que pour l'instant, je vois pas beaucoup de profit pour qui que ce soit dans ces petites opérations qui sont des accrochages quasi statiques (même si meurtriers), à moins que ce "quelqu'un" ait simplement intérêt au bordel et à une montée des tensions sans réelle conséquence majeure. et encore, cela ne prouverait en rien une volonté agissante, juste que quelqu'un exploite un développement inattendu. -
[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Je ne l'ai découverte qu'hier et je ne sais pas si quelqu'un en a déjà parlé ici, mais je recommande chaudement la série Archer: c'est une série animée "d'espionnage" dont la 7ème saison a commencé cette semaine et, comment dire.... C'est assez décapant! Produite par la chaîne Fx (la chaîne de The Shield, Sons of Anarchy, Louie, Damages.... Les trucs bisounours, quoi), il s'agit d'une série avant tout satyrique, qui réussit le petit exploit de se payer la tronche des films d'espionnage tout en ayant sa propre histoire et son propre style, ne se contentant pas du simple pastiche. Le background est lui-même un pastiche: ça se passe bien au XXIème siècle, mais la technologie, la mode, la déco, les comportements sociaux.... Qu'on voit à l'écran couvrent toutes les périodes principales du "genre espionnage", soit des années 60 à nos jours: on verra aussi bien les centraux informatiques fonctionner sur des bandes magnétiques (ça reste l'image d'Epinal qui s'est implantée dans les rétines des fanas du cinéma d'espionnage) que des smartphones, des gadgets douteux façon James Bond "à l'ancienne" et des clés USB sécurisées.... Malgré d'énormes références au politiquement correct et aux interactions sociales de notre époque (principalement pour chier dessus et les respecter en même temps), un constant renvoi aux changements historiques en cours, on a aussi des personnages qui font référence à leur service pendant l'une des 2 guerres mondiales (ou autre chose), on a quand c'est utile des adversaires soviétiques (tout en reconnaissant aussi la réalité actuelle russe si on en a besoin).... Bref, c'est tout comme les héros récurrents de sagas d'espionnage, JB en tête: l'âge n'existe que s'il sert à quelque chose momentanément pour l'intrigue. Et un gag récurrent de la série est que personne ne peut répondre à la question "en quelle année sommes-nous"? De quoi s'agit-il donc? D'une pseudo agence de renseignement américaine, une petite officine (malencontreusement) appelée ISIS (évidemment, la série a commencé avant que l'actuel Daesh prenne ce nom), plus ou moins liée à la CIA, et dirigée par Malory Archer, une grande bourgeoise égocentrique, élitiste, raciste, alcoolique, blasée et cynique, ancienne espionne elle-même, qui passe son temps à monter des opérations plus ou moins foireuses avant tout pour satisfaire, aux frais de la princesse, ses propres ambitions, qui sont souvent d'ordre financier. Mais le personnage principal est son fils, Sterling Archer, archétype du James Bond like des années 60..... En tout cas à l'extérieur. Il a tout le package de l'espion: il est doué dans tout ce qui fait la bonne barbouze de film (combattant hors pair, qualités physiques exceptionnelles, agilité mentale, bol de cocu, vaste réservoir de connaissances, peut se servir expertement de tout véhicule....), mais pour le reste, c'est un "trou du cul à -relativement- bon fond". Aussi autocentré que sa mère, il est tout aussi alcoolique et corrompu, hédoniste, essentiellement incompétent, et n'espère qu'une chose de son job d'espion, que celui-ci lui paie le style de vie qu'il veut, à base de filles (souvent tarifées), de soins médicaux hors de prix (souvent des maladies vénériennes), de drogues, de belles bagnoles et de belles fringues, des gadgets cools, du droit de tuer, et d'un flot ininterrompu de boissons alcoolisées de qualité supérieure. En mission, c'est un flemmard (qui ne lit jamais ses briefs) au cul bordé de nouilles qui, à l'instar de James Bond, fait tout pour qu'on en arrive le plus vite possible au moment où il faut sortir les flingues, cogner et faire péter des trucs. Derrière suit une gallerie de personnages aussi hauts en couleur que très bien travaillés par les scénaristes, à commencer par la co-héroïne et amante-ex amante- re amante-amie-ennemie d'Archer, Lana Kane, autre archétype malmené des films d'espionnage. Très compétente, douée à peu près en tout, elle est aussi une chieuse dont les défauts de caractère amènent leur lot de problème (faut se moquer de TOUS les archétypes, après tout). Après ça, on a la secrétaire mi-niaise mi-tarée (nympho, pyromane et masochiste), le comptable geek complètement refoulé, en mode passif agressif permanent, la DRH pipelette dont l'imposant gabarit n'a d'égal que sa propension à faire sombrer les coups foireux des autres, et dont les passions personnelles (boxe à poings nus, combats de poissons, réaliser des films pornos avec tentacules, se foutre des boules de billard dans la bouche, bousiller la vie de sa soeur....) sont le propre d'un personnage réellement grandiose. J'ai maté une saison hier, j'étais mort de rire la moitié du temps: c'est un humour assez particulier, mais c'est plutôt bien écrit, à voir absolument en VO. -
[Union Européenne] nos projets, son futur
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Marechal_UE dans Politique etrangère / Relations internationales
Ca, de toute façon, c'est garanti, mais en attendant, c'est juste un "si". Et je ne crois franchement pas que le vote ira dans le sens de la sortie; la trouille du changement (organiquement liée au confort des habitudes existantes.... Qui peut n'être qu'un autre nom, plus positif, pour la même chose: le verre à moitié quelque chose, en somme) me semble toujours être la force dominante dans la plupart des choix politiques, même face à une colère profonde et durable mais dont la puissance atteint un pic très momentané avant de redescendre un ton plus bas. Il faut vraiment que le dit pic arrive au moment du choix pour que les choses bougent brutalement (parfois violemment), et ce genre de timing résulte de trop de facteurs pour être maîtrisé, ou prolongé. Si la crise des migrants connaît de nouveaux dramas à grande échelle dans les 2 mois, si quelque chose de spectaculaire arrive sur le plan économique, ou un attentat spectaculaire, voire si un énorme scandale politico-financier (impliquant les dirigeants anti-Brexit), alors oui, ça peut passer, mais sans ce genre de facteur conjoncturel pour fueler, je ne crois pas. La tendance semble rester du côté du maintien, et le nombre important d'hésitants me fait plus croire à l'importance décisive, surtout chez eux, du facteur "peur du changement", une décision de dernière minute tendant largement plus à favoriser le réel existant avec ses problèmes que le saut dans l'inconnu. On peut toujours se tromper, évidemment, mais je vois peu de facteurs de grand élan capables de changer à ce point les fondamentaux, sauf incident majeur. -
[Union Européenne] nos projets, son futur
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Marechal_UE dans Politique etrangère / Relations internationales
Les Chinois sont en crise depuis que leur boom artificiel de la construction s'est effondré (lui-même remplaçant le boom des exportations qui s'est largement tassé avec la crise de 2008), et leur sidérurgie est depuis dans la panade complète.... Et Londres ferait n'importe quoi pour continuer à voir affluer les capitaux russes et chinois qui s'expatrient continuellement et en quantités indécentes et sans cesse croissantes. L'équation se résoud vite et simplement: le veto continuera. -
L'affaire de la "DC Madam" (le terme "madam" pour les ricains se traduit dans ce contexte.... Comme chez nous: une mère maquerelle, généralement de luxe) rebondit 9 ans après (et 8 ans après le suicide de l'accusée): à l'époque, la dame en question avait menacé de révéler sa liste de clients si les charges contre elles n'étaient pas abandonnées.... Ca n'avait pas marché. Mais maintenant, son ex-avocat, qui détient encore la liste sur laquelle des scellés judiciaires sont apposés, a publié un article demandant à ce que la dite liste puisse être révélée car elle contiendrait de quoi changer le cours actuel de l'élection présidentielle américaine, en en apportant au public américain des informations nouvelles sur (au moins?) un des candidats encore en lice. http://thehill.com/blogs/blog-briefing-room/news/274512-former-attorney-asks-supreme-court-to-allow-release-of-dc-madam Suspense.... Beaucoup de monde n'avait déjà pas à l'époque intérêt à ce que cette liste soit publiée, et de fait, seuls deux noms l'avaient été: un haut fonctionnaire de l'administration Bush au State Department, et un parlementaire.... Qui a récemment perdu dans la course pour le poste de gouverneur de la Louisiane, son adversaire démocrate ayant lourdement insisté sur, entre autres, son hypocrisie (encore un qui s'appuyait sur les "strong family values") et sa moralité douteuse. A suivre.... L'avocat a dit que si la Cour Suprême (dans les mains de qui, apparemment, tout tient) ne se prononce pas ou refuse, il considèrera les scellés comme nuls et non avenus et publiera les 815 noms sur la liste, quelles qu'en soient les conséquences. Il risque la prison, mais s'est dit décidé à le faire dans un délai de 2 semaines. Ce personnage n'est pas vraiment net, et a un CV très haut en couleurs, mais il a là quelque chose dans les mains: la tentation sera t-elle trop forte, ou a t-il juste besoin de pub pour autre chose?
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Arabie saoudite, le pays et son influence internationale
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Illusions mon cher; outre le fait qu'un président Trump parlerait beaucoup de tons plus bas que le candidat Trump, et ferait infiniment moins qu'il n'annonce, en plus de ne pas pouvoir faire grand-chose de nouveau vu que le Congrès continuerait à exister et ne serait pas du tout à sa botte, l'AS, c'est du pognon, et Trump est, comme il le dit, là pour faire des bonnes affaires ("good deals, smart deals".... Parce qu'évidemment, les négociateurs du State Department sont des amateurs qui ne comprennent rien)..... Et l'AS continue à avoir trop de pognon et trop d'alternatives aux US pour qu'on lui dise merde à voix haute. -
Crise financière mondiale [info only]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de debonneguerre dans Economie et défense
Bien sûr que si: comme tout le monde, ils achètent des titres d'Etat et achètent des immeubles, déjà construits ou pas encore, dont une grande partie ne seront jamais occupés. Et des participations dans un peu tout et n'importe quoi, au gré des gestionnaires de fonds dont beaucoup sont essentiellement des moutons qui suivent les tendances (espérant comme la plupart être de ceux qui achètent et vendent juste avant les autres..... Sans jamais l'être) et les amplifient à des points absurdes..... Ces dernières années, je peux parier qu'une bonne partie de tels fonds s'exilant ont acheté, directement ou indirectement, volontairement/consciemment ou non, de la dette du pétrole de schiste américain (quelque chose comme 5 à 6000 milliards, essentiellement claqués en 6 ou 7 ans: c'est ZE bulle qui pose problème maintenant): entre ça (en écartant les bons du Trésor, la "constante sûre") et des immeubles vides à NY et Miami, on a un bon aperçu des grands gouffres à fric de notre époque, ceux des "investisseurs"/"job creators" si vantés, qui n'ont qu'une peur "rationnelle" pour leurs investissements, que, comme en 2008, un abruti pose soudain la question qui tue: "mais qu'est-ce que ça vaut vraiment, ces trucs là?". Mais pour continuer sur ton début de propos: la Chine n'achète plus de bons du Trésor US, mais comme tu le dis, les Chinois, c'est une autre histoire.... -
Crise financière mondiale [info only]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de debonneguerre dans Economie et défense
T'avais pas noté ça? Ca fait un moment qu'on voit circuler des chiffres qui doivent foutre les jetons aux dirigeants chinois: 100 milliards de dollars quitteraient le pays chaque mois depuis l'été dernier (la fuite des capitaux chinois a toujours été importante, mais pas à ce niveau, et compensée par les flux de l'extérieur), et c'était déjà gratiné avant ça, étant donné la fin de la bulle du BTP qui avait remplacé (par pure impulsion "d'en haut" -nationale et régionale- construisant des infrastructures en pagaille -pas toujours pertinentes- et des quartiers Potemkine à la pelle) la bulle des exportations (l'Australie, entre autres, sent passer sa douleur, ses exportations de métaux s'étant effondrées en conséquence). Le principal problème, de ce que j'ai lu, réside dans la part des réserves chinoises qui sont liquides: cette somme là serait désormais très réduite, ce qui risquerait d'amener à des choix cornéliens, si cette fuite continue, puisque la question d'une dévaluation (pas un ajustement, un vrai truc significatif) se poserait.... Et que celle-là, PERSONNE ne veut la poser à Pékin, tant elle fout la trouille, vu que ça devient une question de stabilité du régime qui tape fort dans l'ADN politique du régime. Ceci dit, pour l'instant encore, les sommes qui quittent la Chine à grande vitesse vont avant tout vers le dollar: la majorité va dans le voisinage proche, le reste va se placer essentiellement aux USA et à Londres. Un copain fraîchement revenu de Hong Kong me disait que pour l'instant, tout le monde était très content de l'afflux de capitaux chinois/continentaux (ils n'en prennent qu'une petite partie, mais sur des montants pareils....), mais que beaucoup s'interrogeaient sur la suite (à 1 ou 2 ans), surtout avec les problèmes qui s'aggravent autour du système politique hong-kongais (tentatives de mainmise de Pékin sur le processus politique de la ville qui sont de plus en plus fréquentes et ouvertes), parce qu'avec lui, c'est le système juridique qui peut être fragilisé, et c'est LE point qui attire les capitaux là-bas (Etat de droit, réglementations qui fonctionnent, corruption contrôlée). Après ça, les plus proches zones d'exil pour le fric commencent à s'éloigner rapidement: Taïwan et Singapour pour partie, puis les USA et l'Europe. -
Tu oublies une étape, ainsi qu'une évolution récente de ce processus: - l'étape manquante: la loi ne change pas, certes, mais globalement, RIEN ne change, et le débat retombe après une durée proportionnelle à la gravité de l'événement. Un truc comme celui-là ne fera même pas un NewsCycle - l'évolution récente: Donald Trump fait un commentaire et enflamme la twittosphère, relançant un moment de "high" dans la campagne pendant quelques heures ou jours, ce truc auquel les journaleux sont devenus dangereusement accros, se ruant sur le moindre "fix" de ce type pour sniffer à fond la vacuité absolue et la nullité crasse mais visible de ce genre de "nouvelles". Mais c'est si boooooonnnnnnnn, te diront-ils (en fait surtout le service dans leur média qui leur dit les chiffres d'audience), allez Donald, donnes-en encore.... Faut qu'tu fais tourner!
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Je parle du seul féminisme "qui compte", pour faire simple, c'est-à-dire celui qui est représenté dans des organisations qui pèsent en politique, celui qui s'est imposé dans les codes et représentations sociales et culturelles et dans la conversation générale, qui tient le haut du pavé dans les universités américaines.... Est-il représentatif du grand nombre de chapelles qui se tiennent sous ce nom? Certainement pas. Parle t-il au nom de tous les militants et de toutes les organisations qui revendiquent le label? Encore moins. C'est, au final, un microcosme (un de plus) qui tient le haut du pavé, autour de quelques icônes, et qui tend à se comporter comme l'Eglise de la grande époque, décrétant qui est une bonne brebis et qui est un/une hérétique (voir ainsi, par exemple, l'opposition entre l'icône Gloria Steinem et la "réprouvée" mais aussi connue Camille Paglia, qui exemplifie ce type d'opposition), attribuant les bons et mauvais points avec les moyens d'infliger des conséquences bien concrètes. Le point n'est pas de dire qu'il s'agit d'un phénomène très vaste et divers (ce qui est le cas), mais de mesurer la chose en terme d'influence politique, culturelle et sociale/sociétale, pour s'apercevoir qu'au final, seules quelques chapelles, guidées et/ou influencées par un nombre très limité de personnes et de courants, décident de ce qui se passe. Le point n'est pas d'en faire non plus exactement un complot organisé; c'est plus une impulsion venue du haut, produite par un nombre très réduit de gens influents fonctionnant en circuit fermé, comme d'autres "bulles" faites d'individus vivant dans les mêmes cercles et formant une caisse de résonnance qui n'écoute qu'elle-même (FoxNews et la bulle ultra-conservatrice par exemple). Ici, c'est la bulle "liberal" dans sa dimension féministe: un très petit univers qui a, pour citer un exemple lamentable qui bien va au-delà du seul thème féministe, fait des campus américains des lieux refusant toute liberté d'expression (conférenciers -parfois controversés, parfois non- interdits d'accès par des protestations d'étudiants et de profs....) au nom d'une doctrine très étroite d'esprit, faussement progressiste, qu'on retrouve sous d'autres formes dans nos propres milieux universitaires.